‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 366 sur 403 · CORBLEU · texte numérisé non relu

CORBLEU

CORBILLARD (kor-bi-llar, H mouillées, et non cor-bi-yar; le d ne se lie jamais; au pluriel, Ys ne se lie pas : les kor-bi-llar et les chevaux ; cependant quelques-uns lient cette s: les kor-bi-llar-z et les chevaux), s. m. || 1° Nom donné autrefois au coche d'eau de Paris à Corbeil. || 2° Par extension, grand carrosse. Inusité en ce sens. Trois grands corbillards comblés de laquais, grands comme des Suisses et chamarrés de livrées tranchantes, parurent dans la cour et débarquèrent toute la noce, hamilt. Gramm. (2. || 3° Char sur lequel on transporte les morts. L'un veut guider le corbillard, Et l'autre d'un ton nasillard Me psalmodie une prière, bêrang. Mon enterr.

— HIST. xvi' s. Corbillat, grande barque dont on se sert pour aller en un lieu près Paris, oudin, Met.

— ETYM. Corbeil. Dans une gravure d'Iswelinc, qui représente le plan de l'Ile Saint-Louis et des deux ponts, avec les rues projetées et exécutées vers 1618, on remarque sur la Seine uncoclie d'eau, nommé corbillac , parce qu'il faisait le trajet de Paris à Corbeil. Richelet écrit conformément à l'étymologie, corbeillard.

CORBILLAT (kor-bi-lla, Il mouillées, etnonkorbi-ya), s. m. Petit corbeau.

— REM. L'Académie écrit cornillas, le petit d'une corneille. Pourquoi cette différence entre cornillas et corbillat f

— ÉTYM. Diminutif de corbeau.

CORBILLON (kor-bi-llon, Il mouillées, et non

kor-bi-yon), s. m. || 1° Sorte de petite corbeille. On sert le pain bénit dans un corbillon. On vit le comédien Destin couché sur un matelas, un corbillon sur la tête, qui lui servait de couronne, scarron, Rom. com. ch. 2. ||2° Jeu de société, où l'on doit répondre par un mot rimant en on à la demande : que met-on dans mon corbillon? Je prétends que ma femme, en clarté peu sublime, Même ne sache pas ce que c'est qu'une rime ; Et s'il faut qu'avec elle on joue au corbillon.... Je veux qu'elle réponde: une tarte à la crème, mol. Èc. des f. i, t. || Petite corbeille dans laquelle on met les enjeux. || 3° Terme de marine. Un demi-baril où l'on met chaque joui le biscuit pour l'équipage. || Proverbe. Changement de corbillon fait appétit de pain bénit, ou, simplement, changement de corbillon fait trouver le pain bon, c'est-à-dire il y a parfois plaisir à changer. Les changements de corbillon sont admirables, SÉV. 367.

— HIST. xm' s. Quatre rat à moie [mue] Fai soient monnoie D'un viex corbillon , Fatrasies, jubinal, t. n, p. 220. Se pains est aportés à col do la vile de Paris en marchié ou en autres jours, il porra avoir tant de corbillons comme il li plaira. lit), des met. 3(0. Talemelier puent, au diemenebe, porter leur pain en leur corbeillons ou eu leu/

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bajoes, et porter leur estai ou buftez ou tables, portant que li estaus ne soit plus Ions que de 6 pies, Liv. des met. 16. || xiv* s. Mettre en garde le surplus en corbeillons et corbeilles, Ménagier, II, 4. Il xv* s. 11 donna tout, chascun le scet, Table, tretteaulx, pain, corbilion, villon, Épitaplie. \\x\i' s. [Pallas] En corbilion tissu d'ozier attique , Avoit l'enfant Erichtone enfermé, marot, IV, 86.

— ÊTYM. Diminutif de corbeille.

t CORBILLOT (kor-bi-Uo, II mouillées), », m. Le même que corbillat.

CORBIN (kor-bin), s. m. || 1° Corbeau. Inusité en ce sens. || 2° Bec-de-corbin, bec-à-corbin, nom d'instruments recourbés et terminés en pointe. [| Canne à bec-de-corbin, canne dont la poignée est faite en forme de bec. || Nez en bec-à-corbin, nez qui a une forme recourbée. || Autrefois, espèce de hallebarde armée d'un crochet que portait une compagnie particulière des gardes du roi. Gentilhomme à bec de corbin ou au bec de corbin.... Rodillard de Choupille, Noble au bec de corbin, grand gruyer de Berry, Et qui fut votre père, étant bien mon mari, regnard, Distrait , I, 4. || Ces sortes de gardes. Cauvisson eut une place dans les cent gentilhommes de la maison du roi, c'est-à-dire les becs de corbin, ST-S1M. t43, 83.

— ETYM. Lat. corvinus, dérivé de corvus , corbeau, t CORBINE (kor-bi-n'), s. f. Espèce de corbeau

d'Europe. || Corneille vulgaire.

— ÉTYM. Corbin, un des noms du corbeau.

t CORBIVEAU (kor-bi-vô), s. m. Sorte de corbeau d'Afrique.

t CORBLEU (kor-bleu). Sorte de juron. Avec moi, corbleu! Il [le roi] verra beau jeu, bêhang. Carabas. Par la corbleu! gardez d'échauffer trop ma bile, mol. Sgan.i, 4. M'interdire! corbleu! voilà donc de vos œuvres! gresset, Méchant, v, 9.

— WST. xii' s. Outre, cuivers! li cors Deu te honnie, Ronc. p. 68. || un* s. Une marastre [j] avoie, le cors Dieu la gravent, Berle, xlvii. Et Aliste sa fille, cui li cors Dieu maudie, ib. lx. Par le carbiu! mar i fut fait, Lai d'Ignaur. Qu'est-ce? dist li vilains, me diras-tu eil [autre chose!? Par le cuer beu! se je te tenoie, tu ne m'escaperbies hui mais, Chr. de Rains, 237. Por le cuer bieu, qu'avez vos fet? Ren. 9349. Por la char bieu, ne savez-vous Conques nul bien ne sot li rous? ib. 4 8)77. Renart, fet il, par le cuer bé, Tu m'as hui honni et gabé, ib. 4641. || xv* s. Par le corps bieu, c'est une robe, Plaine de quoy? Charbieu, de paille? villon, Archer de Ragnolet.

— ÊTYM. Corbleu, corbieu; altération de prononciation pour corps Dieu, c'est-à-dire corps de Dieu, Dieu en personne; altération suggérée par le désir de ne pas mettre le nom de Dieu dans des locutions irrévérencieuses. Par le corps de Dieu est un juron fait comme sambleu (le sang de Dieu, de Jésus- Christ), morbleu (mort-Dieu, la mort de Dieu, de Jésus-Christ), ventrebleu (le ventre de Dieu). Dans corps Dieu, Dieu est au régime; ce qui marquait le rapport que nous exprimons aujourd'hui par la préposition de, comme dans hôtel-Dieu.

f CORBULE (kor-bu-F), s. f. Terme de conchyliologie. Genre de coquilles marines, petites, bivalves, de la famille des pandores.

— ETYM. Diminutif du latin corbis, corbeille. CORCELET (kor-se-lè), i. m. Voy. corselet.

f CORCERONS (kor-se-ron) , s. m. plur. Terme de pêche. Morceaux de liège dits aussi flottes, attachés aux empiles.

— êtym. Angl. kork, liège.

7 CORCHORE (kor-ko-r') , s. f. Genre de plantes de la famille des liliacées et appartenant aux régions intertropicales.

— ÊTYM. Kôpxopo?, espèce de légume.

t CORCULE (kor-ku-f), s. m. Terme de botanique. Nom donné quelquefois au germe.

— ETYM. Latin, corculum, petit cœur, diminutif de cor, cœur.

t CORDACE (kor-da-s'), s. f. Terme d'antiquité. Sorte de danse inconvenante qui n'était dansée que par des gens ivres ou grossiers.

— ÉTYM. K6p6a|.

CORDAGE (kor-da-j'), s. tn. ||i° Toute corde qui sert à la manœuvre d'un navire, au jeu d'une machine. On tend les cordages, on lève les voiles, fén. Tél. xxhi. || Se dit aussi des cordes des maçons, etc. || 2° Manière de mesurer le bois à la corde.

— hist. xvi* s. Quand vous serez hors d'aage, Et que vos nerfs sembleront un cordage, marot, ii, 65. Comme le sanglier qui, après maintes feintes, est contraint de se jeter dans les cordages, yver, p. 607. Il s'attacha seulement à manier les voiles et

le cordage, amyot, Phoc 5. Seront les dits priseurs et arpenteurs tenus d'arrester sur le lieu et par chacune pièce de terre qu'ils priseront et corderont la quantité et estimation d'icelle, auparavant entrer au cordage et estimation des autres terres qui seront à priser, Coust. génér. t. II, p. 816.

— ÊTYM. Corde.

t CORDAGER (kor-da-jé) , v . ». Faire du petit cordage. || Peu usité.

— ÊTYM. Cordage.

t CORDASSON (kor-da-son), s. m. Terme de commerce. Sorte de toile grossière.

t CORDAT (kor-da), s. m. Terme de commerce. Grosse serge de laine croisée et drapée. || Toile d'emballage.

— ÊTYM. Corde.

CORDE (kor-d'),ï. f. || 1° Terme de musique. Partie de boyau de mouton nettoyée, tendue, séchéo et préparée pour être montée sur certains instruments tels que violon et guitare; et aussi fil de métal passé par les filières qu'on monte sur certains instruments tels que la harpe, le piano, etc. Corde de boyau ou corde à boyau. Cordes de boyaux , le cent pesantestimé à3o livres, Déclar. du roi, no», tmo, tarif. Dirions-nous que les cordes d'un violon seraient venues d'elles-mêmes se ranger sur un bois? fënel. Exist. VI. Je mets sous ses yeux un instrument à cordes, 1. 1. rouss. Ém. iv. Nous croyons entendre des fables, lorsqu'on nous dit que, chez les Grecs, une corde ajoutée à la lyre était une innovation politique; que les sages même en auguraient un changement dans les mœurs, une révolution dans l'État, marmont. Élém.litt. t. xix, p. 3)2, dans pougens. || Flatter la corde, la toucher légèrement. || Double corde, manière de jouer du violon ou du violoncelle, en touchant deux cordes à la fois et en faisant ainsi deux parties différentes. La double corde produit souvent beaucoup d'effet. || Fig. Voltaire a brisé la corde la plus harmonieuse de sa lyre, en refusant de chanter cette armée de martyrs, chateaub. Génie, n, I, 6. 11 faudrait être insensé pour rejeter un culte qui a ajouté de nouvelles cordes à l'âme, m. ib. n, ni, 4. || La grosse corde, lesoî argenté du violon, le sol et Vut argentés du violoncelle. || Fig. Toucher la grosse corde, parler de ce qu'il y a de principal dans une affaire. || La grosse corde, le principal personnage. M. de Turenne était dans le moment la grosse corde du parti, retz, n, 307. || Toucher la corde sensible, parler de ce qui intéresse le plus. 11 ne faut point toucher à cette corde-là, mol. les Am. magn. l, 2. Il faut toucher cette corde délicatement, boss. Lctt. quiét. 4(6. En causant, je touchai sa corde favorite, l'érudition, dider. Sot. sur les caractères. || Dans l'ancienne musique, violon à cordes avalées, violon accordé à la quarte. || Terme d'anatomie. Cordes vocales, les ligaments inférieurs de la glotte. Cordes sonores, petits conduits membraneux que contiennent les canaux demi-circulaires de l'oreille interne. || Notes de la gamme. La voix de ce chanteur est belle dans les cordes élevées. La corde fondamentale. Dans l'accord de septième, sol si ré fa, sol tout seul est la corde fondamentale. || 2° Tortis fait de matière textile. La corde d'un puits, d'une cloche. || Mettre une chose en corde , lui donner la forme d'une corde. Tabac en corde. || Fig. Si la corde ne rompt, c'est-à-dire si les moyens employés pour réussir ne manquent pas. Nous allons voir beau jeu si la corde ne rompt , mol. l'Étour. m , < O.Un dauphin [fils de Louis XIV] qui n'a jamais été rien ni de rien , et sur qui la corde a cassé de tant d'espérances, de craintes et de projets, st-sim. 295, 28. || Tirer sur la même corde, agir de concert. || Corde sans fin, la corde qui entoure la roue des tours, des rouets à filer, etc. H Corde nouée, ou corde à nœuds, grosso corde garnie de nœuds pour monter le long des murs. || Corde se dit aussi d'une corde qu'on suspend en guise de rampe dans un escalier. Tenez bien la corde. No lâchez pas la corde. || Corde dont les enfants se servent pour sauter, soit que, tenant un des bouts dans chaque main, ils la fassent rapidement passer sous leurs pieds, soit que, deux personnes tenant chacune un bout et la faisant tourner, l'enfant saute à chaque tour. Sauter à la corde. Acheter une corde. || Terme de marine. Corde de défense, paquet de grosses cordes pour rompre le choc ou empêcher les avaries. Naviguer à mâts et à cordes, naviguer vent arrière avec toutes les voiles serrées. || Terme de pêche. Maltresse corde, la plus forte de celles dont on se sert pour pêcher aux cordes. Pêcher aux cordes, pêcher avec une longue corde à laquelle on attache des lignes. || Terme de manège. Grande longe que l'on tient |

à l'entour du pilier où le cheval est attaché pour le faire manœuvrer. Faire donner un cheval dans les cordes, le dresser à sauter. || Fig. et bassement. Chier des cordes, aller péniblement à la selle. |l 3° Corde de jeu de paume, grosse corde tendue au milieu du jeu de paume ot garnie de filets jusqu'en bas pour arrêter la balle qui ne passe pas par-dessus. Friser la corde. Mettre sous la corde. || Fig. Cette affaire a passé à fleur de corde, il s'en est peu fallu qu'elle n'échouât. || Fig. Friser la corde, courir un grand danger, être au moment de périr, de se ruiner ou défaire quelque mauvaise affaire. || 4° Corde qui, dans les hippodromes, sert à limiter le champ dans lequel courent les chevaux. Tenir la corde se dit de l'écuyer qui, dans une course de chevaux, est le plus près de la corde. 11 tient, il a gagné, il a perdu la corde. Et fig. Tenir la corde so dit d'une personne qui a une avance ou un avantage sur les autres. || 6° Corde d'estrapade, corde avec laquelle on guindait ceux qui étaient condamnés à avoir l'estrapade. Donner trois coups de corde à quelqu'un, le guinder trois fois en haut et le laisser retomber de sa pesanteur à un pied de terre. On a dit aussi trait de corde pour coup d'estrapade. || 6° Gros cible tendu en l'airsur lequel certains bateleurs font des exercices. Dunseur de corde. || Danser sur la corde , marcher, sauter, courir ou danser sur une corde tendue à une hauteur plus ou moins grande. Et fig. Être engagé dans quelque chose de hasardeux. || 7* Corde qu'on met aux arcs et aux arbalètes. Tendre la corde. Commençons dans deux jours, et mangeons cependant La corde de cet arc: il faut que l'on l'ait faite De vrai boyau.... la font. Fabl. vin, 27. || Fig. Avoir deux cordes, plusieurs cordes à son arc, plus d'une corde à son arc, avoir plusieurs ressources. || Terme de géométrie. La corde d'un arc, la ligne droite qui joint les deux extrémités de cet arc. Pour le faire [passer l'Escaut] , Vendôme suivait la corde, qui était très-courte; pour l'empêcher, Marlborough avait à marcher sur l'aro fort étendu et courbé, st-sim. 203, t07. Un bras de mer forme comme la corde de l'arc des montagnes, chateadb. /tin. 156. || Terme de vénerie. Demicorde, endroit fourré de bois, où se réfugient les bêtes fauves. || 8° Terme d'horlogerie. Corde de montre, corde de boyau qu'on mettait autrefois aux montres et qui servait à tendre le grand ressort; elle est aujourd'hui remplacée par une petite chaîne en acier. Cette montre est au bout de sa corde. || Terme de relieur. Ficelles de diverses grosseurs dont les relieurs se servent pour faire les nervures des livres qu'ils relient. || Corde àfeu, mèche de corde servant à mettre le feu aux artifices. || 9° Corde pour étrangler ou pendre; mort par la strangulation ; supplice de la potence. Sans nulle miséricorde, Je serais digne de la corde, Régnier, Mac. Un traître qui.... Par argent ou faveur s'est sauvé de la corde , id. Sat. v. C'est avec la corde, le fer ou le poison qu'on ôte pour l'ordinaire la vie aux coupables, barthêl. Anach. ch. (9. Quoi! dit-il, sans mourir je perdrai cette somme ! Je ne me pendrai pas ! Et vraiment si ferai, Ou de corde je manquerai, la font. Fabl. ix, 16. || La corde au cou, dans l'attitude d'un criminel qui va être pendu; et fig. sans condition, à merci. Edouard III exigea que six bourgeois vinssent lui demander pardon la corde au cou, volt. Mœurs, 75. || Mettre la corde au cou à quelqu'un, le perdre, le ruiner. En l'écoutant seulement [le projet de Georges et du Régent], disait Alberoni, elle [la Hollande] se mettait la cordeau cou, stsim. 600, 42. || Filer sa corde, se livrer à des actes qui doivent conduire à la potence, qui doivent mener à la ruine. || Il a frisé la corde, se dit d'un homme qui a échappé à grand'peine à la potence, à uns condamnation capitale. Cette locution provient d'une confusion avec friser la corde du jeu de paume. || Se racheter de la corde, corrompre le juge de manière à échapper à une juste condamnation. Justice est sans miséricorde X l'égard d'un petit larron; Mais au gros elle fait pardon, Quand il se peut racheter de la corde, dans biciielet. Il Avoir de la corde de pendu dans sa poche, se dit de celui qui gagne toujours, quia constamment du bonheur; locution tirée d'une vieille et absurde superstition qui attribue à la corde de pendu des vertus magiques. || Un homme de sac et de corde, un vrai scélérat, un homme capable de tout, ainsi dit parce qu'on pendait avec la corde ou noyait dans un sac le3 scélérats. || 10* Terme de tisserand. Fil dont une étoffe est tissue. Ce drap a la corde fine. Habit usé jusqu'à la corde. || Fig. Cela est usé jusqu'à la corde, cela est rebattu à satiété. C'est un homme qui est de mise un quart d'heure

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de suite, qui le moment d'après baisse, dégénère et perd le peu de lustre qu'un peu de mémoire lui •Sonnait, et montre la corde, la bbuy. h, || Cethomme montre la corde, laisse voir l'embarras de sa position, de ses affaires. Vos soins sont usés, on voit la corde, sév. 16). Le prétexte étant si mince, on voyait la corde et le fond, id. 4 68. Le roi montra la corde [ce qui le blessait] par le refus chagrin qu'il fit tout net à Monsieur [d'employer à la guerre le duc de Chartres] pour qu'on ne lui en parlât plus, stsm. 81 , 203. || 11" Mesure de bois à brûler, qu'on prenait avec une corde et qui équivaut à peu près à quatre stères. La corde de Paris valait 3,8 stères; la corde de grand bois 4,4 , et la corde de port 4,8. Une corde de bois. || Bois de corde qui se nomme à présent bois do stère, le bois qui se mesure, à la différence des fagots, falourdes, etc. qu'on achète au nombre. || 12° Terme d'anatomie. Corde du tympan, rameau du nerf vidien qui s'introduit dans la caisse du tympan. || Terme de pathologie. Engorgement oblong et plus ou moins douloureux de l'urèthre, qui survient souvent dans la blennorrhagie. Il Tension d'un muscle causée par quelque lésion. 11 avait mal au bras et y sentait une corde qui le gênait. || Terme de vétérinaire. Corde de farcin, engorgement des vaisseaux lymphatiques sous-cutanés, qui ressemble à une corde. || 13° Nom, au billard, de deux clous placés sur les deux bandes des côtés, en deçà desquels un joueur doit placer sa bille pour commencer à jouer. || 14° Un des noms de la lamproie. || 15° Sous corde, loc. adv. qui, dans le commerce, signifie en ballot, sans défaire la corde qui lie le ballot, par opposition à en détail, pièce à pièce. Leur avons permis de vendre des bas par sixains entiers et sous corde, Lettr. pat. 26 janvier 4735. Il Proverbes. Il ne faut point parler de corde dans la maison d'un pendu, c'est-à-dire il ne faut point parler en une compagnie d'une chose qui puisse faire à quelqu'un un secret reproche. || Le fouet et la corde en sont dehors, se dit d'une affaire épineuse sans doute, mais où il n'y a point de peine afflictive à craindre, d'extrême danger à courir.

— hist. xii* s. D'enfer puet saint iglise les portes depecier; N'est mie sages hum qui la volttrebuchier; Semble humme qui à corde volt le mund jus sachier, Th. le mart. 85. Les cordes de enfern me unt lied, e les laz de mort m'unt saisid, Rois, 205. || xin' s. [Ils] lui ont mis celé corde, ce fu grant cruauté, Berte, xv. Biausfillues [filleul], faites prendre une corde, et le [la] me faites mettre entour le col, Chr. des Rains, p. 43. Nus cordier ne puet ne ne doit nule corde faire de quelque manière que ele soit.... Liv.des met. 44. Keme sait moult de renart; Deux cordes a en sou arc, Ifs. de poésies fr. avant 4300, t. il, p. 723, dans lacurne. ||xivs. Lors te souviengne de celle mort, Et te gard d'aler en son port, Et te gard bien qu'elle ne te morde, Ne qu'à ton coul mecte la corde, Le liv. du bon Jeh. 4229. || xv* s. Car les exemples anciens Nous sont et cordes et liens De nous garder des grans périls Que nous trouvons, parleurs escripts, E. desch. Poésies mss f" 529, dans lacurne. Car sa doulce miséricorde De justice attrempe la corde, Afin que trop griement ne fiere, ift'r. de Ste Genev. ûr nous trayons donc sur Aele, respondirent les deux chevaliers, et ainsi nous aurons deux cordes à un arc, froiss. n, m, 79. Qui plus despend que n'a vaillant , Il fait la corde à quoy se pend, leroux de lincy, Prov. t. il, p. 402. || xvi' s. 11 y aura beau jeu, si la chorde ne rompt, rab. Pant. iv, 5. Des boyaulx on fera chordes de violons et herpès, id. ib. 6. Tu n'as Cousteau, serpe ne serpillon, Qui sceust coupper corde, ne cordillon.... marot, n, 43. La royne tenoit pour criminels tous ceux qui touchoient cette corde, d'aub. Hist. i, 90. D'assiéger et prendre le roi dedans Dieppe, ou lui faire quitter la partie et s'embarquer pour gagner l'Angleterre : à la vérité c'eust esté perdre le roiaume qui estoit sous la corde, id. ib. m, 218. Curio, qui defendoit pour lors le party de Csesar, tira à sa corde Antonius, amyot, Anton. 7. Comme ce cordier là que l'on paint en la description des enfers, laisse consumer à un asne paissant auprès de luy, autant de chorde de genest, comme il en peult plier et tordre, id. De la tranq. d'âme, 30. Corde triplée est de durée, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 464. X gros larron grosse corde, cotgrave. à. longue corde tire qui mort d'autrui désire, ID. La lieue de Bourgogne contient cinquante portées de longueur, la portée douze cordes, la corde douze aulnes de Provins, l'aulne deux pieds et demi, le pied douze poulces, Coust. génér. 1. 1, p. 915. Persista toujours en ses dénégations; à raison de quoy il ordonna qu'il fusl misa la corde; mais plus on luy bailloit la

question forte et cruelle, plus se rendoit opiniastre, Nuits de Straparole, t. n, p. 299, dans lacurne.

— ÉTYM. Wallon, coide; provenç. et ital. corda; espagn. cuerda ; du latin chorda, proprement boyau , puis corde à boyau, puis corde en général, de yopSn-

t i. CORDÉ, ÊE (kor-dé, dée), ad]. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un cœur de carte à jouer.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur.

2. CORDÉ, ÉE (kor-dé, dée), part, passé. || i°Mis en corde. Du chanvre cordé. || 2" Qui a la forme d'une corde. Racine cordée, racine filandreuse et ligneuse. || Terme de blason. Arcs, instruments de musique cordés, ceux dont lei cordes sont d'un autre émail que le corps. || Terme de vétérinaire. P'ianc cordé, flanc présentant una cavité profonde en avant de l'angle de la hanche. || Terme de pathologie. Chaudepisse cordée, nom vulgaire de la blennorrhagie dans laquelle il se forme une sorte de corde par la violence de l'inflammation. || Terme de pèche. Lamproie cordée, lamproie qui se corde et cesse d'être bonne à manger.

— ÉTYM. Corde.

CORDEAU (kor-dô), s. m. || 1" Petite corde pour mesurer et aligner. Des rues tirées au cordeau. Tout est tiré au cordeau dans Saturne et dans Jupiter, volt. Miarom. 4. Vieux soldats de plomb que nous sommes, Au cordeau nous alignant tous, bérang. Fous. Vous ne voyez rien d'aligné, rien de nivelé, jamais le cordeau n'entra dans ce lieu; la nature ne plante rien au cordeau, J. J. rouss. Hél. rv, 4 4 . || Fig. Ce petit bel esprit, orateur du barreau, Alignant froidement ses phrases au cordeau, volt, la Vanité. || 2° Corde menue dont on se sert pour conduire un bateau. Tirer au cordeau. || Dans les courses de chevaux, tenir le cordeau se dit dans le même sens que tenir la corde, pour signifier être, parmi les coureurs, le plus près de la corde intérieure du champ de course. Les coureurs tirent au sort à qui aura le cordeau. || 3° Corde dont on se servait pour étrangler. On dit aujourd'hui de préférence cordon. Et le plus saint d'entre eux, sauf le droit du cordeau. Vivait au cabaret pour mourir au bordeau, réonier, Sat. x. Elle n'e>\ plus vivante I — Quoil si tôt? par le feu, le fer ou le cordeau? tristan, Jfort de Chrispe,\, »o. Celui-ci se l'attache [le lacs] et se pend bien et beau; Ce qui le consola peut-être Fut qu'un autre eût, pour lui, fait les frais du cordeau, la font. Fabl. ix, 46. L'empire romain mis à l'encan, et celui des Ottomans exposé tous les jours au cordeau nous marquent l'aveuglement de ceux qui ne font consister l'autorité que dans la force, retz, n, 93. Louis leHutin fit périr sa femme Marguerite de Bourgogne par le cordeau, volt. Mœurs, 75. Le prix de tant de peines [du vizir] a été souvent l'exil ou le cordeau, id. ib. 93. || ^Lisières de certaines étoffes de laine de dernière qualité. || 5°Terme de pêche. Cordeau de nuit, la ligne de fond pour les anguilles. || Cordeaui, morceaux de fioelle, attachés de distance en distance à la ligne de fond.

— HIST. xii' s. Par la ventaille [du casque] [il] fait les cordais [tresses de sa barbe] sacher, Ronc. p. 4 34. || xiv s. Pren un cordel, et puis l'attache à la lesse, llodus, f lxxxii, verso. Les cordeaux si peu amorsés es oches qu'ilz chieent [tombent] legierement, se l'esprevier se fiert dedans, t'6. cxxm. || xv* s. Et disoient là les-aucuns que le duc de Bretagne avoit fait et brassé tout ce cordel, froiss. m, iv, 29. Furent ammenez à Paris tous liez en un chariot et le cordel au col ; mais madame de Guyenne leur sauva la vie par sa prière, Hist. d'Artus m, connest. du duc de Bret. p. 774 , dans lacurne. || xvi' s. Un usurier à la teste pelée D'un petit blanc acheta un cordeau Pour s'estrangler, marot, m, 4 82. Il commencèa à faire aligner et tirer le cordeau pour la citadelle, carl. vi, 44.

— ÉTYM. Diminutif de corde; wallon, coirdai; namur. coirdia; provenç. et espagn. cordel.

t CORDÉE (kor-dée), s. f. || l°Ce qui peut être contenu dans une corde. Une cordée de bois. || 2" Terme de pêche. Ficelle à laquelle sont attachés plusieurs hameçons.

— hist. xvi' s. Et ceste longue cordée de fortunes et de rencontres, mont, m, 230.

— ÉTYM. Corde.

t CORDELAT (kor-de-la), s. n. Étoffe de laine grossière.

—ÉTYM. Corde.

CORDELÉ, ÉE (kor-de-lé, lée), part, passé. Cheveux cordelés. || Terme d'histoire naturelle. Qui est marqué connue de tours de cordes.

CORDELER (kor-de-lé. VI se double quand In syllabe qui suit est muette: je cordelle; je cordellerai) , v. a. Tordre ou tresser en forme de corde.

— HIST. xvi' s. Bourdeille avec ses cheiuux gris cordelez, d'aub. Fcen. lv, 43.

— ÉTYM. Cordclb\

CORDELETTE (kor-(ie-lè-t'), s. f. Petite corde. || Terme de conchyliologie. Elévation longue et étroite qui règne le long d'une coquille.

— HIST. xiv s. Sachet de toile pendu à une cordelette, Wénagier, u, 6. Bien attachié à une forte et longue cordelette, llodus, f° lxxiv. || xvr* s. Il faut mettre entre les dents du patient une cordelette, et frapper dessus, paré, viii, 2. Le bastoii sur le quel les dames d'Italie font, à l'aiguille, de» cordelettes et autres menus ouvrages, Nuits de Straparole, t. n, p. 369, dans LACURNE.

— ÉTYM. Diminutif de cordelle.

CORDELIER (kor-de-lié; IV ne se lie jamais; au

pluriel, l's se lie ; les cordeliers et leur couvent; dites: les kor-de-lié-z et....), *. m. || l'Nom des religieux de l'ordre de St-François d'Assise, qui sont habillés de gros drap brun ou noir avec un petit capuce, un chaperon et un manteau de même étoffe, et qui ont une ceinture de corde où il y a trois nœuds : on les appelle aussi franciscains et frères mineurs. Ils se divisent en conventuels ou de la grande observance à qui il est permis de posséder des immeubles, et en observantins ou de l'étroite observance qui ne peuvent rien posséder. Les cordeliers embrassent les sentiments de Scot, parce que Scot était cordelier, mallebr. Recherche, v, 6. Un cordelier, son orateur [de Jean duc de Bourgogne], nommé Jean Petit, soutint, en présence du dauphin qui présidait, que le duc d'Orléans, par diverses actions, s'était montré un impie et un tyran, saint-foix, Ess. Paris, Œuvres, t. v, p. 457, dans pougens. || Aller sur lahaquenée, sur la mule des cordeliers, voyager le bâton à la main. || Avoir la conscience large comme la manche d'un cordelier, être peu scrupuleux. || Parler latin devant les cordeliers, parler avec assurance d'une chose qu'on connaît mal devant des gens qui la connaissent bien. || Être gris comme un cordelier, être ivre, par un mauvais jeu de mots sur le vêtement gris que les cordeliers portaient autrefois. || 2° Dans la Révolution française , membre du club des cordeliers , club ainsi" nommé parce qu'il siégeait dans un ancien couvent de cordeliers. Camille Desmoulins avait été membre de ce club, et c'est pour cela qu'il intitula le Vieux cordelier le journal où il blâmait les excès révolutionnaires et qui le fit bientôt périr sur l'échafaud. || 3° S. f. Cordelières, religieuses de l'ordre de St-François d'Assise, qui doivent leur fondation et leur établissement à Blanche , fille du roi saint Louis. Leur habit se rapproche de celui des cordeliers.

— HIST. xui' s Cil cordeler ....Qui tousjours vont deschauz et se frotent au lange, Chantepleure , ms. de St-Germain, f° 404, dans lacurne. Or sui Robers, or sui Robins, Or cordeliers, or jacobins, la Rose, 44240. || xiv* s. Li uns des cordeliers, qui estoit moult prodons, Salua hautement chevaliers et barons, Guescl. 8705. Aus ordres mendians, à la gent cordelière Donna tant de florins, que cil à voit [voix] legiere Crioient hautement.... Baud. de Seb. I, 894. ||xv*s. Vous en sçavez assez, et seroit parler latin devant les cordeliers, comm. ni, 4. || xvi' s. Et que surtout il se gardast que son mari ne le vist aller aux cordeliers, marg. iVoui'. xxxv. Il la trouva encore en la chapelle, si désespérée, que, s'il lui eut esté licite de se rendre cordelière, elle y fut demeurée,», t'6. exiv. Un mal et un cordelier, rarement seul par sentier, leroux de lincy, Prov. 1. 1, p. ».

— ÉTYM. Cordelle; bourguig. codelei.

CORDEUËRE (kor-de-liè-r'), *. f. || 1" Corde à

plusieurs nœuds que les religieux et religieuses de St-François portent autour du corps. || Par analogie, corde élégante en laine ou en soie pour serrer une robe de chambre autour du corps. || 2" Espèce de collier que l'on mettait autour des armoiries et particulièrement des armoiries des veuves et des filles, pour marquer la dévotion à saint François d'Assise. L'an 4 470, Claude de Montagu ayant été tué au combat de Bussy, Louise de la Tour d'Auvergne, sa veuve, prit pour devise une cordelière à nœuds déliés et rompus, avec ces mots : j'ai le corps délié, Dict. des ordres relig. Cordelière. || 3" Autrefois, petite tresse à plusieurs nœuds que les femmes portaient autour du cou. || 4° Torsade de soie, d'argent ou d'or. || 5° Terme d'architecture. Baguette sculptée en forme de corde. || 6° Terme de typographie. Petit rang de vignettes de fui.tc pour cadres.

— HtST. xv's. Quatre chaînes d'or, l'une faite à cordelière .l'autre à petites boucles pleines, l'autre.... gobefroy, Observ. sur Charles Vlll, p. 308, dans lacurne. Il xvi* s. Velour cramoisi, semé de cordelières d'or, p. choque, dans leroux de lincy, Bibl. des Chartes, 6* série, t. n, p. 106. Je leur donne le frontal de cordes liées en cordelière, je les pends par les aisselles, Satyr. Mén. p. 98.

— ÊTYM. Cordelier.

f CORDEL1NE (kor-de-li-n') , s. f. Lisière d'une étoffe de soie. || Petite tringle servant à prendre le verre fondu qu'il faut pour faire le cordon d'une bouteille.

— ÉTYM. Cordelle.

CORDELLE (kor-dè-l') , s. f. Corde dont on se sert pour le halagc des bateaux en rivière et, sur mer, pour divers usages de chaloupes. Nos matelots nous tiraient à la cordelle, chateauh. ttin. tu, 70. Il Par extension. Une clef.... Qui tire à sa cordelle une noix d'arhaleste, régnieb, Sat. x. || Fig. On a souvent parlé ailleurs de toute cette cordelle de bâtardise [de toute la séquelle des bâtards de Louis XIV] , st-sim. 484, 12. || C'est un homme de sa cordelle, c'est un homme de son parti, de sa cabale.

— IIIST. xin' s. C'est cil qui, por aprivoisier, Bat son chat et puis le rapele, Por le lier à sa cordele, la liose, 9772. Ha! Bel-Acueil, ge sai de voir Qu'il vous béent à décevoir, Et faire tant par lor fiavele [parole] Qu'il vous traient à lor cordele, ib. 4060. Et en tele voie pot aler quarete l'une après l'autre, mais bestes n'i poent aler fors en cordele, beaum. xxv, 2. Moult tient bien de sa gent la compaigne serrée, S'ont lor sas [sacs] à lor cols à cordele torsée, Ch. d'Ânt. compl. 95. Or me dites, por Dieu, se nos tuit nos rendons As frères des cordeles ou as autres maisons [si nous nous faisons tous cordeliers], Doctrinal, vis. de St-Germain, f° 103, dans lacurne. || xiv* s. Une déliée cordelle qui soit si forte qu'elle puisse soffrir le tirer que le chevreul fera quant il sera prins, Modus, f° lxxi. ||xv*s. Ils s'encontrerent de plein eslai et de droite visée et aussi bien comme s'ils l'eussent ligné à la cordelle, fboiss. n, m, 59. Et [le duc d'Yrlande] attraioit toutes manières de chevaliers et d'escuyers à sa cordelle et opinion, id. n, m, 74. || xvi" s. Les Vitelliens avoient jà tiré à leur cordelle les deux plus grands [fils de Brutus], pource qu'ilz hantoient familièrement ensemble comme cousins germains, amyot, Publ. 5. Touchant son cueur, je l'ay en ma cordelle, Et son mari n'a sinon le corps d'elle, marot, n, 397. Il se servit d'un sien compagnon, qui d'une fenestre en hors tiroit une cordelle ceinte à travers le corps du travaillant, d'aub. Hist. i, 316. Bestail en cordelle [bétail mené avec une corde] , Covst. gêner, t. i, p. 370. La mort cruelle Qui de ceux-là romp la cordelle, qui s'entraimoient uniquement, Opuscules de P. Ênoc, p. 83, dans lacubne.

— ÉTYM. Diminutif de corde; bourguig. co délie ; wallon, cnirdale; namurois, coirdèle; Berry, tirer à la cordelle, tirer à soi; provenç. et ital. cordella.

CORDER (kor-dé), v. a. || 1° Mettre en corde. Corder du chanvre. || Par extension, corder du tabac, rouler des feuilles ensemble. Corder un ballot, le ficeler. || 2° Mesurer à la corde. Corder du bois. || 3° Se corder, v. réfl. Se tresser en corde. Il y a des matières qui se cordent bien mieux les unes que les autres. || Se durcir au milieu , en parlant de plantes, de racines. Voici le temps que les raves se cordent. ][ X une certaine époque de l'année, les lamproies se cordent, c'est-à-dire ont une dureté longitudinale dans le corps et cessent d'être bonnes à manger. ||Étre mesuré à la corde, en parlant du bois. Le bois tortu ne se corde pas bien.

— REM. On dit souvent dans le peuple corder pour : être, vivre en bonne intelligence : Ces époux cordent bien. Corder en ce sens n'a sans doute rien de commun avec corder, mettre en corde; ce semble être une apocope de accorder.

— HIST. xiii" s. Li premiers trousiaus donra quatre deniers, et tout li autres trousiau cordé après, deux deniers, Liv. des met. 28). N'aurés de moi, par le cors Dé, Fors cote et sorcot de cordé, la Rose, 9336. || xv* s. Par ma foi, Perrot! il n'est pas en ma puissance, mais venez par ci: et faites apporter pos eschelles cordées [faites de cordes], fboiss. ii, m, 99. Escheles cordées à graves de fer, pour jeter sur les murs et attacher aux guérites, id. i, i, 499. Et cordée comme une lamproye, coquillart, Enquesle entre la simple et ia rusée. || xvi" s. 50(10 paires de souliers communs, 11000 paires de iouliers cordez, d'aub. Hist. m, 87.

— ÉTYM. Corde; provenç. cordar.

CORDERIE (kor-de-rie), s. f. Atelier où l'on fa-

COR

brique des cordes. || L'art du cordier. Il perfectionna l'art de la corderie; il prouva qu'en tordant moins les câbles, on avait des cordages aussi forts, plus durables, moins pesants, qui exigeaient et moins de matière et moins de main-d'œuvre, condorcet, Duhamel. || Endroit où l'on dépose les cordes.

— ÊTYM. Corder.

CORDIAL, ALE (kor-di-al, a-P), adj. || 1* Terme de médecine. Réconfortant. Potion cordiale. Des remèdes cordiaux. Afin d'augmenter la gaieté de nos repas indiens par ces douces et cordiales productions de l'Europe, bern. de s.-p. Paul et Virginie, p. (02. || Substantivement. Les cordiaux, médicaments qui ont la propriété d'augmenter promptement la chaleur générale du corps et l'action du cœur et do l'estomac. Avait-elle rempli cette boîte pour son époux de cordiaux achetés du fruit de ses épargnes? ciiateaub. Génie, i, v, il. || 2" Fig. Qui est dévoué de cœur, qui vient du cœur. C'est un ami cordial. Son accueil fut très-cordial.

— IIIST. xh' s. Chascun pleure sa terre et son païs, Quant il se part de ses coraux amis, Couci, xxiv. || xiii" s. Tu ne leur dois mie estre si tendrement coreux. Que tu en entroblies les poures langoreux, J. de meiing, Test. 382. || xvi* s. La cordiale affection de laquelle tousjours ha chery ses subjeetz, rab. Garg. i, 31. Une opiatte cordialle, id. Pant. v, Prol. Il les a voulu amener à une droite repentance et cordiale, se monstrant si humain envers eux, calv. Instit. 483. Ce ne sont pas tant remèdes pour adoucir le mal que venins arrousez de miel, afin de n'offenser point trop par leur rudesse le premier goust, ains tromper et entrer aux parties cordiales avant qu'estre senttiz, m. ib. 499. Une crainte cordiale de son nom [de Dieu], id. ib. 609. Il ne s'y doit ouir autres prières que cordiales, id. ib. 708. La façon de prier doit provenir d'un désir cordial, id. ib. 677. Vin blanc ou eaux cordiales. — Luy sera appliqué sur la région du coeur un epitheme cordial, paré, ix, 24. Attendu que par crainte ilz décernent de mesmes choses qu'ils feroient par vraye et cordiale amitié , amyot, Démétr. 40. La modestie, la recognoissance cordiale et sérieuse de son peu est un bon tesmoignage de bon et sain jugement, charbon, Sagesse, p. 233, dans laclbne.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. cordial; ital. cordiale; du latin cor, cordis, cœur. L'ancien français disait coral et non cordial. Pourtant cordial se trouve dans cordialment dès le xiv" siècle.

CORDIALEMENT (kor-di-a-le-man), adv. D'une manière cordiale. 11 m'a parlé cordialement. Je vous embrasse très-tendrement et très-cordialement, c'est un mot de ma grand'mère, sév. 439. Est-ce là agir sincèrement et cordialement? pasc. Prou. 2. Le roi alla au bout de la salle des gardes au-devant de lui [.lacques II] ; le roi d'Angleterre se baissa fort comme s'il eût voulu embrasser ses genoux; le roi l'en empêcha et l'embrassa à trois ou quatre reprises fort cordialement, sév. 505. Je le pardonne non point seulement de bouche ni en apparence, mais sincèrement, mais cordialement, boubd. Pensées, t. n, p. 80. || Par antiphrase, haïrcordialementquelqu'un, franchement et ouvertement. MM. Servien et le Tellier se haïssaient cordialement, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 327, dans pouoens.

— HIST. xiii" s. Por quoi je le devroie amer trop corelment, j. de mf.uno, Test. 262. ||xiv" s. Et l'admonestèrent qu'elle amast cordialment son mari, Ménagier, i, 5. Pensez très ententivement et cordialment à tous vos pechiés pour vous, en deschargier, ib. I, 3. || xv* s. Aimer cordiallement, Perceforest, t. iv, f° 1 38. || xvi* s. Aussi ils ne l'aiment pas cordialement de leur costé comme estans les enfans, mais sont poussez d'une affection mercenaire, calv. Inslil. 428. 11 avoit une sœur, laquelle luy estoit fort fidèle et l'aimoit cordialement, amyot, l'ab. 43.

— ÉTYM. Cordiale, et le suffixe ment. L'ancien français disait corelnunt.

CORDIALITÉ (kor-di-a-li-té) , s. f. Bienveillance ouverte et sincère, franche. Accueillir avec cordialité. Parler avec cordialité. Il ne m'y manqua que d'un moment, et le moment m'eût infailliblement donné la liberté; j'en ai la même obligation à M. d'Hacqueville; mais je suis assuré que, de l'humeur et de la cordialité dont il est , il n'en eut pas la même joie, retz, Mém. t. ni, liv. iv, p. 4to,dans pougens. Elles s'embrassèrent en pleurant; et il y eut même entre elles de la cordialité et de la franchise, attendu que l'entrevue ne se faisait pas dans un palais, volt. Babylone, 5.

— HIST. xvi* s. Cordialité, oudin, Dict.

— ÉTYM. Cordial.

COR

CORDIKR (kor-dié; \'r ne se lie jamais; au pluriel, l'« se lie : les cordiers et les cordes, dites : les kor-dié-z et les cordes), s. m. || 1° Fabricant do . || 2° Terme do pêche. Celui qui pêche avec des cordes garnies d'hameçons. || Adj. Bateau cordier, celui qui va à cette pêche. Pêcheur cordier.

— HIST. xiii* s. Il puet estre cordier à Paris qui veut, c'est à savoir faisierres de cordes de tnute< manières de fil, lie. des met. 41. || xv* s (

uns homs, Voire deux meurdrierset larrons.... Donnez-leur l'ordre du cordier [pendez-les] , v.. desci*. Poésies mss. f° 236, dans lacurne. || xvi" s. Faire comme le cordier, gagner sa vie à reculons, oudw, Curios. franc.

— ÊTYM. Corde ; provenç. cord<~ ■ "'■"•tue. eordoeiro; ital. cordajo.

fCORDIFOLIÉ, ÉE (kor-di-fo-li-é, êe),adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en cœur.

— ÊTYM. Lat. cor, cordis, cœur, et folium, feuille. CORDIIORME (kor-di-for-m') , adj. Terme de botanique. Qui est en forme de cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur, et forma, forme.

t CORDIGÈRK (kor-di-jè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une marque en forme de cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur, et gerere, porter. t CORDILLAS (kor-di-Ilâ, Il mouillées), s. m.

Terme de commerce. Nom d'une ancienne étoffe grossière de laine.

— HIST. xvi* s. La plus fine partie destinera elle à faire des fines sarges, et des bons draps, des burats, des reverches, des cordillats, o. de serres, 883.

— êtym. Corde.

t CORDILLE (kor-di-11', Il mouillées),', m. Terme de pêche. Jeune thon qui sort de l'œuf.

— ETYM. Diminutif de corde, à cause de la ténuité du jeune poisson.

t CORDIMANE (kor-di-ma-n') , adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes faites en forme de cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cœur, et manus, main.

t CORDITÈLE (kor-di-tè-1'), adj. f. Terme de zoologie. Qui jette des fils solitaires en manière de cordes; se dit de l'araignée qui, au lieu de toile, fait de ces fils.

— ÊTYM. Corde, et le latin tela, toile.

t CORDOMÈTRE (kor-do-mè-tr'), s. m. Terme de musique. Instrument pour mesurer la grosseur des cordes.

— ÊTYM. Corde, et mètre, mesure.

CORDON (kor-don), s. m. || 1" Une des petites cordes dont la corde est composée, une corde totale étant formée de plusieurs cordes partielles tordues ensemble. || Terme de marine. Aussières commises pour servir à la composition du grelin. || Cordon de chanvre, chanvre prêt à filer. || 2° Sorte de petite corde. La bête scélérate Xde certains cordons se tenait par la patte, la font. Fabl. m, 8. || 3* Corde par laquelle un portier ouvre, de sa loge, la porte. Les portiers tirent le cordon pour ouvrir. Portier, ce soir, gardez-vous de m'attendre; Je veux sortir : le cordon s'il vous plaît, bérang. Cordon. || 4° Tissu fait ordinairement d'une matière plus précieuse que le chanvre. Cordon de fil, de soie, de coton, de laine. Cordon rond, plat. Cordon de montre. ]| Cordon de chapeau, ou, simplement, cordon, le cordon ou' ruban dont on entoure la forme d'un chapeau, soit pour le tenir en état, soit pour l'orner. Couvert d'un vieux chapeau de cordon dépouillé, boil. Sat. x. || Cordons de souliors, les cordons qui servent à attacher les souliers. || Fig. N'être pas digne de dénouer les cordons des souliers de quelqu'un, lui être très-inférieur en mérite. |[Les cordons de la bourse, les liens qui la ferment. || Fig. Tenir les cordons de la bourse, avoir le maniement de l'argent dans le ménage. Qu'on soit bien fait, qu'on ait quelque talent; Que les cordonsde la bourse ne tiennent [no soient pas fermés], la font. Magn. \\ Délier, desserrer, dénouer les cordons de la bourse, donner de l'argent. || 5° Lacet do soie qui sert à étrangler. Lo Grand Seigneur envoya le cordon au pacha. Ne savez-vous pas [Timon] qu'on ne manqueàAthènes ni de cordons coulants ni de précipices? fén. xix, 202. || 6° Cordon d'un ordre de chevalerie, ruban auquel on porte attachées les marques de cet ordre, passé ordinairement en écharpe, de droite à gauche, ou do gaucho à droite. Porter le cordon île plusieurs ordres. Cette multitude nombreuse, éblouie et subjuguée par les décorations extérieures, et à qui un cordon en impose plus qu'un bon ouvrage, d'alemb. Éloges, Clerembaut. J'aime à fronder les préjugés gothiques Et les cordons de toutes les

COR

couleurs, bérang. Nouv. Diog. Que de géants là-bas je vois paraître! Vieux ou nouveaux, tous nobles à «ordons ! id. Dix mille f.\\he grand cordon de la Légion d'honneur. || Cordon rouge, ruban large et couleur de feu, auquel est attachée une croix de Saint- Louis. Et aussi la personne qui porte ce cordon. || Le cordon bleu était l'insigne des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit. Un cordon bleu, un homme décoré du cordon de cet ordre. Il y avait plusieurs cordons bleus. Un vieux rarabère, cordon bleu, lui demanda en parlant de la dernière bataille qu'il avait perdue : Monsieur, pourquoi la donniez-vous? Monsieur, lui répondit le duc de Weimar, c'est que je croyais la gagner ; et puis se tourna : Qui est ce sot cordon bleu-là? sév. 208. Dans le doigt d'une dame un marquis cordon bleu Vit un gros diamant brillant et plein de feu, boursault, dans richf.let. Ils [les maréchau*] préfèrent au cordon bleu De l'honneur l'étoile sacrée, bérang. Deux cous. || Par extension. Je n'ai pas trouvé dans le Ménagiana ce que j'avais dit à M. Ménage et dont il était convenu, que l'Académie française était le cordon bleu des beaux esprits; il le disait souvent comme venant de moi, segrais, Mémoires, anecdot , t. ir, p. 6.JJ Familièrement et par plaisanterie. Un coraon bleu, une cuisinière très-habile. || Le cordon noir, ruban large, moiré et noir auquel était attachée la croix de l'ordre de Saint-Michel. || 7° Terme de blason. Marque qui accompagne l'écusson d'un dignitaire ecclésiastique. Les cardinaux ont un cordon rouge, d'où pendent, de chaque côté, quinze houppes de même couleur, en cinq rangs. Les archevêques ont le cordon et dix houppes de sinoplo, en quatre rangs. Les évêques l'ont aussi de sinople, mais n'ont que six houppes en trois rangs. || 8° Cordelette bénite que portaient les membres de certaines confréries. Et l'ordre du cordon des pères recollets, Régnier, Sat. xra. || Cordon de Saint-François, ceinture dont les religieux de Saint-François sont ceints. || Confrérie du cordon de Saint-François, conftêrii instituée en mémoire des liens dont Jésus-Christ futattaché. Être du cordonde Saint- François. (| 9° Terme de botanique. Cordon ombilical, filet plus ou moins développé, plus ou moins délié, qui est fixé d'une part au placenta, et de l'autre à l'ombilic de la graine. || Cordon pistillaire, ensemble de vaisseaux qui vont du stigmate aux ovules. || Terme d'anatomie. Cordon ombilical, et, absolument, cordon, le cordon qui unit le placenta au fœtus. Nouer, couper le cordon. || Cordons nerveux, les principales divisions d'un nerf. || 10° Terme de jardinage. Cordon, forme donnée à certains arbres fruitiers, tels que le pommier ouïe poirier, pour en faire des bordures. Ils sont placés à 1 mètre de distance, courbés à 25 centimètres de hauteur, palissés sur un fil de fer jusqu'à ce que chaque tige ait atteint 1 mètre de longueur; alors on les greffe les uns sur les autres, ils se soutiennent d'eux-mêmes. || Forme donnée à la vigne en treille. || Cordon de gazon, étroite bande de gazon le long de certaines plates-bandes. || 11° Rangée d'objets placés en file. Un cordon de lampions. Autour vie cet amas de viandes entassées, Régnait un long cordon d'alouettes pressées, boil. Sat. m. || Cordon de martres, plusieurs queues de ces animaux attachées ensemble. || Terme d'eaux et forêts. Lisière, bordure d'arbres. || 12° Terme de fortification. Cordon de muraille, pierres en forme de cordon qui ceignent les murailles des places fortes. Aux ouvrages de terre, lo cordon s'appelle fraise. || 13° Terme d'architecture. Ornement des murs, consistant dans une bande extérieure de pierre arrondie, qui règne dans toute leur longueur. || 14° Terme de guerre. Suite de postes établis pour couper certaines communications. La communication étant interdite par un cordonde troupes, volt. Bot de Pr. 159. || Cordon sanitaire, ligne de défense établie, soit aux frontières d'un État, soit aux limites d'une province, d'un département, et composée de troupes ayant pour consigne de s'opposer à l'introduction des hommes, des animaux et de tous autres objets suspects provenant des lieux où règne une maladie contagieuse. || 15° Bord façonné qui règne autour d'une pièce de monnaie. || Sorte de lien de fer qui est à chaque moyeu de carrosse, ou près des rais de la roue. || Terme d'artillerie. Cercle de renfort, d'ornement ou de division dans une bouche à feu; on dit aussi astragale. || 16° Veine de cailloux qui empêche de travailler le bloc d'ardoise. || 17° Cordon noir, espèce du genre sylvie, oiseau.

— HIST. xiii* s. Chevalier en mon vivant, N'amai onc fors Marion, La cortoise, la vaillant, Qui m'a donné riche don, Panetière de cordon, Ms. de poésies franc, avant t3oo, t. n, p. 550, dans lacurne.

COR

En la corde s'encordent cordée à trois cordons, jtcteb. 181. || xiv s. Il avoient tendu, par noble establison, De soie un petit fil, menu fu le cordon, Guescl. 21533. || xvi" s. Car vous sçavez qu'à gorge blanche et grasse Le cordon noir n'a point mauvaise grâce, marot, h, 119. Un grand chapeau à large rebras et doubles cordons, amyot, Démétr. 57. Il demanda à son homme de chambre un cordon d'esmeraudes qu'il avoit porté le jour de devant ses nopees, d'aub. Ilist. n, 122. Tel larron, tel cordon,

COTGBAVE.

— ÉTYM. Corde; bourguig. codon; provenç. cordo; espagn. cordon ; ital. cordone.

CORDONNÉ, ÉE (kor-do-né, née), part, passé. Le duc d'Anjou porta la toison d'or avec un ruban noir cordonné, en attendant d'en recevoir le collier en Espagne, st-sim. 83, 86. || Coquille cordonnée, coquille marquée de saillies en forme de cordons.

CORDONNER (kor-do-né) , v. a. Tordre en forme de cordon. Cordonner de la soie. Cordonner des cheveux, les tresser.

— êtym Cordon.

CORDONNERIE (kor-do-ne-rie) , s. f. Le métier de cordonnier. Apprendre la cordonnerie. || Atelier de cordonniers. || Lieu où l'on vend des chaussures. (| Dans certains établissements, lieu où l'on dépose les chaussures.

— HIST. xm* s. Quiconques fet le mestier de cordouanerie de soulers et de hueses, il doit chascun an douze deniers au roy, Liv. des met. 229.

— ÊTYM. Cordonnier.

CORDONNET (kor-do-nè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: des kordo-nè-z élégants; cordonnets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Petit cordon pour attacher, nouer ou enfiler quelque chose. || 2° Grosse soie torse pour coudre, faite avec la bourre de soie traitée par le peignage. || Ganse de soie ou de fil ferrée par un bout. || 3° Terme de monnaie. Marque empreinte sur la tranche des pièces d'or ou d'argent.

— ÉTYM. Diminutif de cordon ; provenç. cordonet.

CORDONNffiR, UÏRE (kor-do-nié.niè-r"), s.m. et/. || 1° Celui , celle qui fait les chaussures. Lisez mon nom, vous le pouvez, messieurs; Mon cordonnier l'a mis autour de ma semelle, la font. Fabl. xn, 17. En même temps ils mirent à leur tête un Kelesiski, maître cordonnier, qui leur fit un corps de doctrine qu'on appela les formes de Kelesiski, boss. Variât, xi, § 173. Je suis cordonnier pour femmes, lesage, Les trois commères, actei, se. 9. Apollodore me dit: il est fils d'un cordonnier, et gendre de Cotys, roi de Thrace; il s'appelle Iphicrate [général athénien], barthél. Anach. ch. 7. || 2° Nom vulgaire donné à une espèce de goélands bruns et noirs. || Poisson du golfe de Guinée. |[ Proverbes. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, c'est-àdire ceux qui ont les choses en main négligent de s'en servir, d'en tirer parti. || Cordonnier, mêlezvous de votre pantoufle , se dit quelquefois pour avertir quelqu'un de ne pas parler de ce qu'il ne connaît pas, de ce qui est au-dessus de sa portée, par allusion à ce qu'on raconte du peintre Apelle, qui, acceptant la critique d'un cordonnier pour la chaussure d'un de ses personnages, le renvoya aux pantoufles quand il voulut critiquer d'autres parties du tableau. C'est une imitation du proverbe latin : Ne sutor supra crepidam (que le cordonnier n'aille pas au-dessus de la bottine).

HIST. xme s. Nuz cordouaniers ne puet ne ne

doit mètre bazane avecques cordouan en nule œuvre qu'il face, Liv. des met. 228. Mais onques, ce ne fet douter, Cordoaniers n'ot bons solers; N'ainc drapiers ne fu bien vestus, Hist. lin. t. xxm, p. 581 . || xiv" s. Et mettroit le charpentier en l'angle a et le corduennier en b, oresme, Eth. 151. ||xv s. 11 estoit fils d'un cordouanier d'une petite ville, comm. vu, 3. Il devint amoureux de la femme d'un cordouannier. — Il fit tant qu'il parla à la belle cordouanniere, louisxi, Nouv. lxvii. || xvi" s. La pluspart n'est non plus propre à exercer cest office que serait un cordouannier à labourer les champs, calv. Instit. 604. Cordonnier, id. ib. 878. À quoy ayde cette coustume que les mariages sont defl'endus de l'un mestier à l'aultre; ne peult une de race courdonniere espouser un charpentier, mont, iii, 321. Gain du cordouanier entre par l'huys et ist [sort] par le fumier, leroux de lincy, Prov. t. n,

— ÉTYM. Ane. franc, cordouan, cuir, ainsi dit de la ville de Cordoue, où on le préparait; provenç. cordoneir; ital. cordovaniere.

1 , CORÉE (ko-rée) , s. f. Voy. chorée.

COR

t 2. CORÉE (ko-rée), s. f. Variété de pommes à cidre du Calvados.

t CORÉGENCE (ko-ré-jan-s') , i. /. Dignité, fonctions de corégent.

t CORÉGENT (ko-ré-jan), s. m. Prince qui partage avec un autre les fonctions de régent du royaume.

— ÉTYM. Co, avec, et régent.

CORELIGIONNAIRE (ko-re-li-jio-nê-r'), s.m. etf.

Celui, celle qui professe la même religion qu'un autre. Il défendit les intérêts de ses coreligionnaires.

— REM. Pourquoi l'Académie, qui écrit corrélation, corrélatif, avec deux r, écrit-elle coreligionnaire avec une seule r?

— ÉTYM. Co, avec, et religion.

t CORESSE (ko-rè-s') , s. f. Terme de pêche. Magasin où l'on prépare les harengs saurs à Dunkerque et à Calais.

f CORET (ko-rè), s. m. Espèce de petite coquille (planorbe) très-abondante au Sénégal dans les eaux douces.

t CORETTE (ko-rè-f), s. f. Terme de botanique. Corette potagère {corchorus olitorius, L. ), plante d'Egypte cultivée aussi en Asie et en Amérique pour ses feuilles qui sont alimentaires; dite aussi guimauve potagère, mauve des Juifs. || On le trouve aussi dans les dictionnaires écrit corùte.

+ CORGE (kor-j') ou COURGE (kour-j') ,s. f. Terme de commerce. Paquet de 20 pièces de toile de coton des Indes.

— ÉTYM. Probablement courge 2.

CORIACE (ko-ri-a-s'), adj. Qui est dur comme du cuir. Chair, viande coriace. Les Orientaux ont tiré parti de la graine coriace et acerbe du café par la torréfaction, bern. de st-p. Harm. liv. i, Tabl. génér. || Fig. C'est un homme coriace, se dit d'un avare de qui on a peine à tirer quelque chose. Il faudrait être doué d'une patience bien coriace , hamilt. Gramm. 10. La troisième [fille de Larochefoucauld], plus coriace que les autres, voulut absolument un mari, st-sim. 337, 175. Parouba se mit à genoux et dit: Les cieux annoncent Dieu; tout l'équipage était autour du vénérable Freind, regardait et admirait; le coriace Birton avança sans rien regarder et parla ainsi.... volt. Jenni, 10.

— HIST. xv* s. Pour ce qu'ilz se doubtoientd'estn congneus, ilz entrèrent en la forest, si enveloppèrent leurs escuz d'une herbe qui porte fueilles en manière de vigne, et qui a les rinceaux longs et codas, Perce forest, t. vi, f°94.

— ÉTYM. On le tire du latin corium, cuir. Furetière remarque que le peuple prononçait, de son temps, corjace;ce qui est singulier

CORIACE, ÉE (ko-ri-a-sé, sée), adj. Qui a la résistance, la ténacité du cuir. || Peu usité.

— ÉTYM. Lat. corium (voy. cuir).

f COHIAIRE (ko-ri-ê-r'), adj. Terme didactique. Qui sert au tannage des cuirs. || S. f. Terme de botanique. La coriaire, autre nom de la corroyère à feuille de myrte (coriaria myrlifolia).

— ÊTYM. Lat. corium, cuir.

COHIAMBE (ko-ri-an-b') , s. m. Voy. choriambe.

CORIANDRE (ko-ri-an-dr'), s. f. Plante aromatique de la famille des ombellileres (coriandrum sativum, L.), dont les graines vertes ont une odeur de punaise, et, sèches, un goût très-agréable. Dragées de coriandre. || Fig. Le roi le paya [le premier président] de propos et de la commission de travailler à la diminution du blé dans la ville et banlieue de Paris; il fit semblant d'être content des discours et de cette coriandre, et n'en vécut pas moins enragé, st-sim. 69, 133.

— HIST. xvi* s. Dragée commune, ou anis, fenouil, coriande confits, paré, vin, 14. Anis, coriandre, noix de muguette, id. xv, 21. Au lieu du pain, ils usent d'une certaine matière blanche comme du coriandre confiet, mont, i, 237.

— ÉTYM. Lat. coriandrum, de xopt'avov, coriandre; génev. coriande. Le d a été appelé par la nasale n.

f CORIARINE (ko-ri-a-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Alcaloïde trouvé dans la coriaire.

T CORINDE (ko-rin-d'), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille dessapindées, dont les semences servent à faire des colliers pour les femmes.

| CORINDON (ko-rin-don), s. m. Pierre précieuse, la plus dure et la plus estimée après le diamant, et dont le caractère essentiel est d'être composée d'alumine pure et d'avoir pour forme cristalline un rhomboèdre aigu de 86,6 degrés. || Graine de l'Inde connue dans le commerce sous le nom de bois de merveille.

— ÉTYM. Korund, nom indien; du sanscrit kuruvinda, rubis, sel noir, cinabre.

COR

f COR1NDONIQUE (ko-nn-do-ni-k'), adj. Qui a rapport au corindon. || S. f. plur. Les corindoniques, genre de roches pierreuses dans lequel on place l'émeri.

f CORINTHE (ko-rin-f), s. m. Corinthe blanc, variété de raisin nommée aussi passe ou passarelle.

— ÈTYM. Corinthe, -ville de Grèce.

CORINTHIEN, IENNE (ko-rin-tiin, tiô-n'), adj.

Terme d'architecture. Se dit de l'ordre le plus riche des quatre ordres que les Grecs comptaient : le chapiteau est orné de deux rangs de feuilles, entre lesquelles s'élèvent de petits rangs qui forment les volutes; il fut suggéré par un panier plein de feuilles d'acanthe. Quoique le panier avec l'acanthe n'eussent aucun rapport avec le chapiteau d'une colonne et avec un bâtiment massif, il en imita la manière dans les colonnes qu'il fit depuis à Corinthe, établissant et réglant sur ce modèle les proportions et les ornements de l'ordre corinthien, kollin, Hist. anc. Œuvres, t. xi, t" part. p. 20, dans pougens. Une jeune fille de Corinthe prête à marier étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau dans un panier quelques petits vases que cette fille avait aimés pendant sa vie, et, afin que le temps ne les gStrU pas sitôt étant à découvert, elle mit une tuile sur le panier, qui ayant été posé par hasard sur la racine d'une plante d'acanthe, il arriva, lorsque au printemps les feuilles et les tiges commencèrent à sortir, que le panier qui était sur le milieu de la racine, fit élever le long de ses côtés les tiges de la iplante, qui, rencontrant les coins de la tuile, furent contraintes de se recourber en leur extrémité et faire le contournement des volutes; le sculpteur Callimachus, passant auprès ds ce tombeau, vit le panier et de quelle sorte ces feuilles naissantes l'avaient environné; cette forme nouvelle lui plut infiniment , et ii en imita la manière dans les colonnes qu'il fit depuis à Corinthe, établissant et réglant sur ce modèle les proportions et la manière de l'ordre corinthien, Perrault, Vitruve, iv, 1. 1| Substantivement. Le corinthien, l'ordre corinthien. Le dorique sans fard, l'élégant ionique, Et le corinthien superbe et magnifique, L'un sur l'autre placés élèvent jusqu'aux cieux Ce pompeux édifice où tout charme les yeux, la font. Psyché, i, p. 41.

— HIST. xvi* s. Quand j'ois nos architectes s'enfler de ces gros mots de pilastres, architraves, corniches, d'ouvrage corinthien et dorique et semblables de leur jargon, mont, i, 382.

— ÉTYM. Corinthe, ville de Grèce.

CORIS (ko-ri), s. m. Voy. cauris.

f CORISE (ko-ri-z'), s. f. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des hydrocorées, dont plusieurs espèces font des piqûres douloureuses.

t CORLIEU (kor-lieu), s. m. Terme de chasse. Le petit du courlis.

— ÉTYM. Voy. CODRLIS.

CORME (kor-m'), s. f. Fruit du cormier.

— HIST. xv' s. Le moyne estoit soubçonnô qu'il avoit joué la fourbe à monsieur le duc de Guyenne et baillé la corme verte [le poison], et qu'iceluy moine fut cause de le mettre hors de la terre des vivans, Cabinet du roi Louis XI, à la suite du comines, t. iv, p. 218, dans lacurne. Il xvi" s. Coings, cormes, nelles et cornoille, paré, xviii, 66. Subit la langue et le gosier leur deviennent si aspres que s'ils avoient pris du jus de cormes vertes, paré, xxiii, 46. Des pépins de cormes ou sorbes, o. de serres, 633. Les cormes sont aussi appellées sorbes, du mot latin sorbus, et leur arbre sorbier. Le cormier ou sorbier sera planté en mesme lieu, sous inesme aer que le pommier. — Il y a cormier masle , et cormier femelle; cestui-ci est seul fertile, o. de serres, 693. Et le pavot qui les hommes endort, Et la cormeille au dur noyau de pierre, La corme aussi qui le ventre resserre, rons. 942.

— ÉTYM. Berry , corbe; du latin cornum, corme, t CORME (kor-mé), s. m. Boisson fermentée faite

avec des cormes.

— hist. xvi" s. Vin, peré, corme, bière, paré,

t. III, p. 637.

— ÉTYM. Corme.

CORMIER (kor-mié; IV ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les kor-mié-z et les cormes), s. m. Nom du sorbier domestique (sorbus domestica, L.). Le bois du cormier est fort dur. Ce marbre [le tranchant d'une hache de pierre] avait été inséré comme une greffe dans la tige fendue d'un cormier, chateaub. Natch. ii, 28. L'if en arc est ployé, le cormier fait des dards, delille, Céorg. IL,

— HIST. xin" s. Il escria s'enseigne pour sa gent raloier, Plus de cinquante mile à lor ars de cormier Uepairent à l'estour por Brohadas vengier,

COR

Ch. d'Ant. vin, 1080. ||xvr s. Poiriers, pommiers, cormiers, o. de serres, 631 Corniers, cornouillers, meuriers, id. 642.

— ÉTYM. Corme. Cor, dans l'ancien français, dérive directement de cornum, nom de l'arbre en latin.

t CORMIÈRE (kor-miè-r') , s. f. Terme de marine. La dernière pièce de bois à l'extrémité de la poupe.

CORMORAN (kor-mo-ran), s. m. Oiseau aquatique de l'ordre des palmipèdes. Le cormoran, appelé aussi le pélican chinois, dressé à cet emploi, va chercher pour ses maîtres, en plongeant, le poisson qu'il avalerait sans doute lui-même si un anneau ne resserrait pas son cou, Armand, Gazette médicale de Paris, année 1860, p. 811. Le cormoran, le bon apôtre, Les ayant mis [les poissons] en un endroit Transparent, peu creux, fort étroit, Vous les prenait sans peine un jour l'un, un jour l'autre, la font. Fabl. x, 4. || Les pêcheurs disent aussi cormarin ou cormaran.

— HIST. xv" s. Contre l'aigle trop ont cuer chault, Quant prandre voient leur poulaille S brehiers, à villenaille, Â cosmarans qui se font baux [hardis] Pour l'aigle et ne sont que ribaux, e. desch. Poésies mss. f° 319, dans lacurne. De cormaransou de butors, Et d'autres semblables oyseaulx, ib. î" 488. || xvi" s. Les animaux qui n'ont qu'un boyau tout droit qui vient de l'estomach au siège, comme le loup-cervier et le cormoran, paré, i, 15.

— ÉTYM. Provenç. corpmari; catal. corbmari; portug. corvomarinho. Il n'est pas douteux que les mots provençal, catalan et portugais viennent de corvus, corbeau, et marinus, marin; et l'on serait tenté de voir dans cormoran une altération de corbmarin; mais les étymologistes, vu la provenance du mot qui paraît originaire des côtes de l'Ouest, y reconnaissent une formation pléonastique et hybride, de cor pour cori», corbeau, et le bas-breton môrvran, de môr, la mer, et bran, corbeau.

CORNAC (kor-nak) , s. m. Nom qu'on donne dans les Indes au conducteur d'un éléphant, qui, assis sur le cou de l'animal, tient en sa main, au lieu de bride, deux crochets de différente grandeur, dont il se sert pour le gouverner, en le frappant au front. || Par extension, conducteur de toute sorte de bêtes sauvages. || Fig. Homme qui se fait l'introducteur, le prôneur d'un autre. C'est le cornac de ce poète.

— ÉTYM. Sanscrit, karnikin, éléphant.

fCORNACHINE (kor-na-chi-n') , ad;'. Terme de

médecine. Poudre coruachine, purgatif composé d'antimoine diaphorétique, de diagrède et de.crème de tartre, mêlés en parties égales.

t CORNADE (kor-na-d'), s. f. Coup de corne. Pendant qu'au péril de cent mille cornades je combats des taureaux.... scarron, Dora Japhet d'Arm. i, e.

— ÉTYM. Corne.

i. CORNAGE (kor-na-j'), t. m. Terme de vétérinaire. Bruit que les chevaux poussifs font entendre en respirant et que l'on a comparé à celui que produit une corne dans laquelle on souffle. || Dit aussi sifflage.

— ÉTYM. Corner.

f 2. CORNAGE (kor-na-j'), *. m. Terme de droit féodal. Droit qui se lovait sur les bêtes à cornes.

— HIST. xvi" s. Sur chascun ayant bœufs, quatre parisis pour couple de bœufs, et se appelle le dict droict de cornage, thaumassiêre, Coust. de Berry, ch. 98, art. 5.

— êtym. Corne.

[CORNAILLE (kor-na-U', II mouillées), s.f. Râpures de cornes employées comme engrais.

— HIST. xvi" s. On le menaceoit que s'il se marioit en cette maison, qu'il serait marié en une cornière de la ville, et que la vaisselle qu'on luy donnerait en mariage serait de cornailles, bouchet, Séries, liv. î, p. 285. dans lacurne.

— ÉTYM. Corne.

f CORNAUXER (kor-nâ-llé, Il mouillées), v. n. Ne pas entrer, en parlant d'un tenon, carrément dans la mortaise.

— étym. Corne.

■f- CORNAL (kor-nal), s. m. Espèce de pintade de la Guinée.

t C0RNAL1ÈRE (kor-na-liè-r') , s. [. Terme d'eaux et forêts. Douve cornue.

— ÉTYM. Corne.

CORNALINE (kor-na-li-n'), s. (. Agate demi-transparente, et ordinairement d'un rouge foncé, dont on fait des cachets et autres bijoux.

— HIST. xiv" s. Un signet, où il a une corneline en laquelle a un lyon qui mangue une autre beste, assis sur une verge d'or, neellée à lettres et à deux estoilles,aux deux côtés, à jour, le laborde, Émaux,

COU

p. 227. || xvi" s. Un livre d'heures, escript en parchemin, enrichi de rubis et turquoises, couvert de deux grandes cornalynes, id. ib.

— ÊTYM. Provenç. anc. espagn. et portug. cornelina; ital. cornalina et corniola ; m ni. i on

du latin cornu, corne, parce que la couleur en ressemble à l'ongle rosé du doigt (l'ongle assimilé à la corne) ; de là le nom d'ivuj, ongle , qu'elle portait en grec.

l. CORNARD (kor-nar: le d ne so lie jamais: un cor-nar effronté; au pluriel, l's ne se lie pas: 1m kor-nar effrontés; mais plusieurs la lient : kor-nar-z effrontés), s. m. ||1" Qui a des cornes. Un diable, cornard effronté, Vilains, ici guette vos belles, M> rang. Contrat de m. || 2° Terme d'injure. Celui d< rit la femme est infidèle. L'un amasse du bien dont sa femme fait part X ceux qui prennent soin de le faire cornard, mol. Éc.desf.i, i. Ménélaûs, le franc cornard, scarron, Virg. trav. il. || 3° Cornard ou conard, membre d'une société bouffonne en Normandie, au xvi" siècle. Il y avait en Normandie un abbé de conards qu'on promenait sur un char, volt. Mœurs, 82. ||4° Instrument dont se servent les foa deurs de glaces pour ouvrir leur four.

— HIST. xm" s. S'est plus cornars qu'uns cers rames Riches hons qui cuide estre amés, la Hase, 4825. || xv* s. Moult est uns clers qui a bon bénéfice, Dont il se puet seurement gouverner, Foui et cornart [sot], oultrecuidé et nice, Qui mondains veult au secle retourner, eust. desch. Poésies mss. f" 357. || xvi* s. Les triomphes de l'abbaye des conards, titre d'un livre imprimé à Rouen en 1587, du cange, abbas. Les conards ont leur confrairie à Notre Dame de Bonnes-nouvelles où ils ont un bureau pour consulter de leurs affaires. Ils ont par choix et élection un abbé mitre, crosse et enrichi de perles, quand solennellement il est traîné en un charriot à quatre chevaux le dimanche gras et autres jours de 1m nales , id. ib. Un arest rendu par devant l'abbé des cornards en ses grands jours tenus à Rouen, id. ib.

— ÉTYM. Corn* ; bourguig. conard.

f 2. CORNARD (kor-nar) , adj. m. Cheval cornard (voy. corneur).

t CORNARET (kor-na-rè) , s. m. Terme de botanique. Martynie annuelle.

CORNE (kor-n'), s. f. || 1* Terme d'histoire naturelle. Nom d'éminences coniques et dures qui naissent sur le front des ruminants, sur le nez du rhinocéros. Les bêtes à cornes, les bœufs, les vaches, les chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes. Son front large est orné de cornes menaçantes, rac. Phcd. v, 6. Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles, Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles, la font. Fabl. v, 4. On les fera passer [les oreilles du lièvre] pour cornes, Dit l'animal craintif, et cornes de licornes, id. ib. || Fig. Attaquer, prendre le taureau par les cornes, entamer un» affaire par le côté le plus difficile, et aussi attaquer en face les difficultés. || Montrer les cornes, se mettre en état de défense. M. de Fréjus commença, tout petit garçon qu'il était encore, à montrer les cornes au cardinal de Noailles, st-sim. 450, 38. || Lever les cornes, se mettre en état d'agir contre son supérieur. || Terme de vétérinaire. Catarrhe des cornes , affection de la membrane muqueuse des sinus frontaux du bœuf, caractérisée par l'inflammation et une sécrétion abondante de mucosités. || Fig. Les cornes lui en sont venues à la tête, il en a été tout surpris. || Il est aussi étonné que si les cornes lui venaient à la tête, se dit pour exprimer l'étonnement d'un homme pour quelque nouvelle, quelque événement. Contez cela au coadjuteur pour lui faire venir des cornes à la tête, sèv. 161. || Faire les cornes à quelqu'un , faire aveclea doigts disposés de manière à représenter des cornes, un geste qui est un geste de raillerie et injurieux. On dit aussi dans le même sens : montrer les cornes. || Mettre des cornes à un enfant qui ne sait pas ses leçons, qui fait mal ses devoirs, lui placer derrière lés oreilles des feuillets, de papier roulés en forme de cornes. Je n'ai dormi qu'un moment, Et voilà son rudiment, Le coquin m'en fait des cornes, bérang. iPd'dcole. || Fig. Porter des cornes, avoir des cornes, être trompé par sa femme, par allusion sans doute aux cornes, symbole de moquerie. Cocu de long et de travers, Sot au delà de toutes bornes, Comment te plains-tu de mes vers, Toi qui souffres si bien les cornes? malh. lv, ti. Je ne veux point porter des cornes, si je puis, mol. Éc. des maris, i, 2. Voilà un hardi maraut .le vouloir planter des cornes à Jupiter, d'ablancourt,

COR

Lucien, t. i, dans richelet. Une femme qui ait déjà planté cornes au front de son mari , voi.t. PMI. m, 329. || 2° Attribut que la mythologie donnait aux représentations des fleuves et aux satyres. Qui n'a vu dessous leurs combats Le PO mettre les cornes bas'MALH. iv, 6. || 3» Attribut que la légende chrétienne a donné aux diables. Le diable et ses cornes. Le Tasse, en donnant des cornes à Satan, l'a rendu presque ridicule, chateaub. Génie, il, v, 9. || Fig. Voilà qui fut fait, je lui trouvai des cornes [je le trouvai laid], sëv. 233. || Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un grand mangeur. || 4° Corne de cerf, le bois du cerf lorsqu'il est employé dans les arts. Qui croirait avilir l'honneur de ses châteaux, Si de cinquante cerfs les cornes menaçantes N'ornaient pompeusement acs portes triomphantes? delille, Homme des chumps, i. || Terme de vénerie. Corne, la tête du chevreuil. || Corne de narval ou de licorne de mer, (font conique, droite et longue de la mâchoire supérieure d'un cétacé. || Terme de pathologie. Cornes cutanées, productions morbides qui s'observent chez l'homme, surtout chez les vieillards, à la face, aux mains et aux autres parties du corps habituellement découvertes. || 5" Substance compacte, blanchâtre ou noirâtre, terne ou luisante, dure ou molle, qui revêt ordinairement des parties du corps de certains animaux. || La partie dure qui est aux pieds du cheval, de l'âne, etc. Voyant son maître en joie, il [l'âne] s'en vient lourdement, Lève une corne tout usée, La lui porte au menton fort amoureusement, la font. Fab. iv, 6. || Substance cornée. Tabatière, peigne de corne. L'autre [porte des enfers] est faite de corne , et du sein des lieux sombres Elle donne passage aux véritables ombres, delille, Enéide, vi. || C'est de la corne, se dit d'une viande qui est dure. Il 6° Nom de différents ustensiles. || Corne d'amorce, corne de bœuf façonnée en étui et renfermant de la poudre. || Terme de jeux. Tenir la corne, avoir les dés et jouer pour son compte. Corne est ici pour cornet. Il Terme de vétérinaire. Donner un coup de corne à un cheval, le saigner au palais avec une corne de cerf ou de chevreuil dont le bout est pointu et affilé. || Il n'a pas besoin qu'on lui donne un coup de corne pour avoir de l'appétit, se dit d'un homme qui mange de grand appétit. || Petite palette en corne, dite aussi chausse-pied, dont on se sert pour mettre ses souliers. || Instrument à vent, dont se servent les vachers et qui est ordinairement fait d'une corne. Les Romains se formaient en bataille aux éclats de la corne et du lituus, chateaub. Mari, tw. || 7° Appendice assimilé à une corne. || Petites touffes de plumes qui sont sur la tête du duc, sorte d'oiseau de nuit. || Éminences pointues que le céraste d'Egypte [serpent] porte au-dessus de chaque œil. || Prolongement qui surmonte la tête ou le corselet de divers insectes. Ce cerf-volant a de belles cornes. || Pédicules qui supportent les yeux des limaçons. Les limaçons montrent leurs cornes. À peine étais-je assis sur une de ces bornes Que deux gros limaçons me présentent les cornes, boursault, Merc. gai. m, 4. || Terme de botanique. Appendices qui naissent sur la fructification de certains cryptogames. Eperons de certaines fleurs. || Terme d'anatomie. Nom de diverses parties plus ou moins saillantes à la surface des organes dont elles dépendent. Les cornes de l'os hyoïde. Les cornes de l'utérus. || 8° Terme du langage poétique. Corne d'abondance, corne de la chèvre Amalthée, nourrice de Jupiter, de laquelle il avait voulu, pour récompense, qu'il sortît sans cesse une abondance de toutes sortes de biens. 11 le dépeignait tenant en main la corne d'abondance, fén. Tél. xiv. D'augustes déités Qui viennent sur les pas de la belle espéiance Verser la corne d'or où fleurit l'abondance, a. chén. 36. || Corne d'or ou d'abondance. On nommait ainsi autrefois le port de Constantinople, parce que le commerce y transportait tous les produits de l'univers. || 9° Angle saillant et recourbé comme une corne. Les cornes d'un autel antique. || Les cornes do la charrue, nom donné au manche de la charrue, parce qu'il présente en effet deux bâtons qui vont en s'écartant l'un de l'autre comme des cornes. Nouveau Cincinnatus, on l'a vu [M. Lullin de Châteauvieux] tenir alternativement les rênes du gouvernement et les cornes de la charrue, bonnet, Usage des feuilles, 6* mém. || Chapeau à trois cornes, chapeau dont le bord a été relevé en trois parties, de manière à présenter trois pointes ou cornes. 11 n'est guère en usage que chez les ecclésiastiques. Dans le chapeau d'ordonnance qu'on nomme souvent à trois cornes par suite d'anciennes habitudes, «ne des cornes s'i-at aplatie et a disparu ; il n'en

COR

reste vraiment que deux. Le capuce et la toque à trois cornes Ont extorqué des hommages sans bornes. volt. P. diable. \\ Corne ducale, bonnet que portait le doge de Venise et qui avait une pointe arrondie sur le derrière. || Faire une corne à un livre, y faire une marque en pliant le coin d'une page. || Cornes du croissant de la lune, les parties du croissant qui sont tournées vers la région du ciel opposée au soleil. Voilà deux grandes cornes [le Péloponnèse et l'Egypte] arrachées au croissant des Turcs, volt. Lett. à Cath. 45. || Terme de marine. Corne d'artimon, vergue qui porte la voile du mât de ce nom. || Terme de géographie. Sommet anguleux d'une montagne, dit aussi aiguille et dent. || 10° Terme de fortification. Ouvrage à cornes, pièce extérieure, dont la tête est fortifiée de deux demi-bastions, joints par une courtine, et fermés de deux côtés par deux ailes parallèles l'une à l'autre. Prendre les dehors du plus bel ouvrage à cornes, sév. 30t. C'est la prise d'un ouvrage à cornes, id. 472. || 11" Terme d'architecture. Corne d'abaque, encoignure du tailloir des chapiteaux corinthiens. || Corne de bélier, ornement qui sert de volute au chapiteau ionique composé. || Corne de vache, espèce de voûte, en cône tronqué. || Maison corne en coin, maison mal orientée. || 12° Terme de botanique. Corne de cerf, nom vulgaire de la sènebière corne de cerf et du plantain. || 13° Corne d'Ammon, genre de coquillage fossile, en forme de corne de bélier. Voy. ammon. || 14" Terme de métiers. Ëminence qui dépasse le rebord d'un réchaud. || Nom de plusieurs outils de tonnelier et de charron. || Raie blanche sur la tranche de cuir indiquant qu'il a été mal tanné. || Proverbes. Il entend de corne, il a mangé de la vache, se dit de quelqu'un qui a mal entendu. || On prend les hommes par les paroles et les bêtes par les cornes.

— HIST. xn« s. Je dis as mesfaisanz : ne voilez [veuillez] exalcer la corne, Liber psalm. p. 100. Si ad enpaint Reinalt qu'ariere rehusa [recula] , E le corn del mantel hors des mains li sacha, Th. le mart. t48. Sedechias, h fiz Chanaa, se fist cornes de fer, si d\st.... Rois, 336. E Sadoc prist une corne à ulie [huile] del tabernacle, e enuinst à rei Salomun, ib. 225. || xm" s. [La mitre] a deux cornes, dont l'une senefie confession et l'autre satisfacion, Chron. de Rains, p. t05. Jehan le Ermin, qui estoit artillier le roy, ala lors à Damas pour acheter cornes et glus pour faire arbalestres, joinv. 258. Belin [le bélier] s'esmuet de grant ravine -, Quant vint au leu [loup], ses cornes cline, Ren. 6428. Et Turc aux ars de cor les vont bien destruisant, Chanson d'Ânlioche, t. i, p. Si. || xiv" s. Item un arc de cor d'arbaleste ou prix de vingt sols, de laborde, Émaux, p. 223. Arbalestes de cor et d'if, id. ib. || xv° s. Les dames et damoiselles menoient grands et excessifs estats, et cornes merveilleuses hautes et larges, et avoient de chascun costé en lieu de bourleis deux grandes oreilles si larges que, quand elles vouloient passer l'huys d'une chambre, il falloit qu'elles se tournassent de costé et baissassent, ou elles n'eussent pu passer, juv. des ursins, Hisl. de Cliarles VI, p. 336, dans lacurne. Et eurent les Anglois sur corne [furent battus], Vigiles de Charles VU, t. Il, p. 97, dans lacurne. Pour bailler aux Anglois sur corne, ib. p. 67. Et elle, qui fut tant esbahie que se cornes lui fussent venues, de primesaut ne sut gue repondre, louis xi, Nouv. xxxi. || xvi* s. Plusieurs garçons lui faisoientdes cornes par derrière, en signe de moquerie, marg. Nouv. m. Afin que, quand vos maris vous donneront les cornes de chevreuil, vous leur en donniez de cerf, id. ib. m. On veoit croistre la nuict des cornes à tel qui ne les avoit pas en se couchant, mont, i, 92. S'humilier et baisser les cornes, id. n, 227. Des couppes d'argent, des tasses et gobelets faits en forme des cornes d'abondance, amyot, P. Mm. 65. Suivoient six vingt bœufs gras et refaicts, ayans toutes les cornes dorées et les testes couronnées de festons, id. ib. 66. Et la recueille Ion ne plus ne moins qu'une rosée dedans la corne du pied d'un asne, pour ce qu'il n'y a autre sorte de vaisseau qui la puisse contenir, id. Alex. )23. Le mareschal d'Aumont faisoit la corne [l'aile] gauche, aiant à chacun de ses estriers un régiment françois, d'aub. Uist. m, 229. 11 se sent, tant mon obligé, que c'est pour l'amour de moy qu'il porte cette corne de cheveux, d'aub. Conf. n, t. Les elephans, estant irrités, chargent les hommes sur leurs cornes, et les jettent si haut, que.... paré, Animaux, <3. La corne-de-cerf, le cerfeuil, le nazitor ou cresson alenois, et autres menues herbes, o. de serres, 636. Nous fismes une autre grande attaque, en la quelle nous ecornasmes la moitié de la corne, bas-

sompierre, Mém. t. il, p. 234, dans lacurne. Doncq quel proufit vient il à l'humain gendre [au genre humain] Dessus son chief les cornes d'orgueil prendre? Les triomphes de Pétrarque , trad. par le baron d'opede, f°97, dans lacurne. Bœufs portent cornes, et veaux cornettes, des accords, Bigarr. f° 48, dans lacurne.

— ÉTYM. Bourguig. cône; wallon, coine; provenç. corn; espagn. cuerno; ital. corno; du latin cornu; grec, xépaç; aliem. Horn. On remarquera dans l'historique, arc de cor: c'est un arc fait de deux cornes reliées par le milieu avec du bois d'if; que cor puisse provenir de cornu, c'est ce que prouvent les cors du cerf.

t 2. CORNE (kor-n'), s. f. Le fruit du cornouiller, dit aussi cornouille.

— HIST. xiue s. Cornes sont froides et seke3; mais quant eles sont bien meures, si ne sont pas si froides, alebrant, f°66, verso.

— ÉTYM. Voy. cornouille.

1. CORNÉ, ÉE (kor-né, née), part, passé de corner I . Les chiens cornés par le veneur. || Fig. Mauvais propos, cornés dans toute la ville.

2. CORNE, ÉE (kor-né, née), part, passé de corner 2. S quoi on a fait une corne. Carte cornée.

3. CORNÉ, ÉE (kor-né, née), adj. || 1° Qui est de la nature ou qui a l'apparence de la corne. || Terme d'anatomie. Tissu corné, nom générique sous lequel on réunit les ongles, les cornes, les sabots. La substance cornée de l'ergot [d'un coq] imite assez celle d'une corne, bonnet, Consid. corps organ. OiCuvres, t. vi, p. 78, dans pougens. || 2° Terme d'ancienne chimie. Lune cornée, argent corné, le chlorhydrate d'argent. || 3° Pierre cornée, pierre de la nature du jaspe. || 4° Terme de pêche. Harengs cornés, harengs près de frayer, qui deviennent coriaces quand ils ont été mis dans le sel.

— HIST. xvi* s. Quant aux masles [boucs] cornés ou escornés, o. de serres, 329.

t t. CORNEAU (kor-nô), s. m. Terme de chasse. Chien issu du mâtin et du chien courant.

t 2. CORNEAD (kor-nô), s. m. Terme de marine. Conduit des bouteilles et de la poulaine.

— étym. Corne.

CORNÉE (kor-né), s. f. Terme d'anatomie. La tunique transparente de l'œil, et la plus épaisse, celle quj en revêt le cinquième antérieur, par laquelle pénètrent les rayons lumineux et qui laisse voir la couleur du fond de l'œil. Quoique nous soyons encore bien éloignés de connaître tout le mécanisme de l'œil, nous savons cependant que la cornée est plus ou moins convexe, condillac, Conn. hum. sect. 6. || Autrefois on distinguait la cornée transparente, "celle dont il s'agit plus haut, et la cornée opaque, qui est la sclérotique dite vulgairement blanc de l'œil.

— HIST. xvi* s. La conjonctive et partie de la cornée. — S'il y a du pus entre la cornée et l'uvée , sera vacué par incision, paré, Introd. 2.

— ÉTYM. Corné 3.

t 2. CORNÉE (kor-née), s. f. Terme d'artificier. La quantité de matière combustible qu'on verse à h fois dans une cartouche d'artifice.

— étym. Corne.

CORNÉENNE (kor-né-è-n') , s. f. Terme de géologie. Substance pierreuse qui fait la base des diverses roches mélangées.

— ETYM. Corne.

t CORNEILLARD (kor-nè-llar, U mouillées), t. m. Petit de la corneille.

— étym. Corneille.

t. CORNEILLE (kor-nè-lf, U mouillées; et non kor-nè-ye), s. f. Oiseau plus petit que le corbeau et noir comme lui. Les cris de la corneille ont annoncé l'orage; Le bélier effrayé veut rentrer au hameau, st-lambert, Saisons, u. Seule errante à pas lents sur l'aride rivage, La corneille enrouée appella aussi l'orage, delille, Géorg. i. || Corneille emmantelée, sorte de corneille qui a une partie du corps noir et le reste grisâtre. Corneille chauve, le freux. Corneille d'église, le choucas. || La corneille d'Esope, ou la corneille de la fable, se dit d'une personne se parant avec ce qui ne lui appartient pas. || Fig. Bayer aux corneilles, s'amuser niaisement à regarder en l'air la bouche ouverte. Allons, vous, vous rêvez et bayez aux corneilles; JourdeDieul je saurai vous frotter les oreilles, mol. Tart. i, i. || Familièrement. Y aller de cul et de tête comme une corneille qui abat des noix, s'employer à quelque chose avec zèle, sans doute, mais avec maladresse et sans réflexion. || Dans l'antiquité la corneille fournissait des présages. Hélas! s'écria Ésope, les présages sont bien trompeu-s ! moi qui ai vu deux corneilles, je suis

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battu: et mon maître, qui n'en a vu qu'une, est prié de noce, la font, Vie d'Ésope.

— MST. mi' s. Et la corneille a en ses cris Le k qui est en lettre mis, jubinal, Senefiance de l'A, B, C, t. H, p. 280. Kn tant com il se dementoit, Lieve sa teste et venir voit Une cornaille à la volée, }\en. 22841. An temps que les corneilles braient Et la froidure s'achemine.... ruteb. ii, G6. Sor un fust [il] vit une cornille, Qui de novel s'estoit baignie, Ken. 7674. La corneille fut en agait, Avant ala, le

bec uvri, Fiert l'escaille marie, Fabl. 43. X tart

crie la corneille, quant li laz la tient par le col, leïtorx de lincy, Prov. t. I, p. 474. || xvr* s. Et si faisoit [en lavant son linge] du cul et de la pointe comme une corneille qui abat noix, desper. Contes , xxxvi.

— ÉTYM. Provenç. cornelha; catal. cornella;espagn. corneja; ital. cornacchia; du latin cornicula, diminutif de cornix, dont le radical cor se trouve dans cor-vus, corbeau.

f 2. CORNEILLE (kor-nè-11', II mouillées) , s. f. Terme de botanique. Lysimachie.

j- COUNEILLON (kor-nè-llon , H mouillées) , s. m. Jeune freux et jeune corbine.

— ÉTYM. Corneille 4.

f CORNÉITE (kor-né-i-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la cornée.

— ÉTYM. Cornée.

f CORNÉLIEN, IENNE (kor-né-liin, liè-n'), adj. Qui a le caractère du style et du vers de P. Corneille ; qui a rapport aux tragédies de Corneille. Le vers cornélien a de la grandeur, de la simplicité et une grave harmonie. J'ai ôté toutes les dissertations cornéliennes qui anéantissent l'intérêt, volt. Lelt. Chauvelin, 25 sept. 4 764.

— ÉTYM. Corneille, célèbre poète tragique de la première moitié du xvh* siècle.

f CORNF.MENT (kor-ne-man) , s. m. || 1" État des oreilles qui cornent. || 2° Bruit que fait un tuyau quand la soupape est ouverte.

— MST. xvi" s. De la vient le tintement ou cornement d'oreilles, paré, iv, 4 0.

— étym. Corner 4.

CORNEMUSE (kor-ne-mu-z'), s. f. Instrument de musique champêtre formé d'une espèce de sac de cuir, qui est un réservoir d'air que l'on entretient ■.nue la bouche, et qu'on place sous l'aisselle droite pour chasser l'air par la pression : à ce réservoir sont adaptés deux tuyaux, l'un percé de trous sur lesquels on dispose les doigts pour produire les différents sons, l'autre ne donnant qu'un son qui forme comme une pédale d'accompagnement. Le berger.... Enfle sa cornemuse en l'honneur de Henri, Régnier, Épit. i. Sans oublier la cornemuse, la font. Fabl. m, 3. Au-dessous du poumon est l'estomac, qui est un grand sac en forme d'une bourse ou d'une cornemuse, uoss. Conn. n, 3. Leurs cris, la cornemuse et le chant des bergères Vont apprendre leur joie aux échos solitaires, st-lambert, Saisons, n. |1 Proverbe. Quand la cornemuse est pleine, on en cliante mieux, c'est-à-dire, quand on a fait bonne chère, on chante mieux, on cause mieux.

— HIST. xiv* s. Et tant qu'une fois entr'oy Cornemuses, trompes, naquaires Et d'instrumens plus de sept paires, machault, p. 76. Une cornemuse esmaillée, de laborde, Émaux, p. 228. || xv* s. Si tourna pour tous remèdes [dans une lutte] sa teste par dessous le bras de messire Jaques, et ainsi [son adversaire] le teint à la cornemuse [sous le bras comme une cornemuse], o. de la marche, Mém. liv. i, p. 316, dans lacurne. || xvi* s. La figure du ventricule est ronde etoblongue, semblable à une musette ou cornemuse, paré, i, 4 4. Toutes les huiles sont tirées par un vaisseau appelle retorte, et cornemuse des François, id. xxvi, 44. S'en reviennent rapportans ia cornemuse au sac, comme dit le proverbe [sans avoir rien fait], merlin cocaïe, t. i, p. 33, dans lacurne.

— ÉTYM. Berry, cormeuse, cormuse, commette; provenç. et italien, cornamusa ; de corne , dans le sens <le cor, et muse, musette (voy. musette).

t CORNEMUSEUR (kor-ne-mu-zeur) , s. m. Celui qui joue de la cornemuse.

— HIST. xvie s. Un autre cria tant haut en braillant : sonne, cornemuseur, lapavanne, merlin cocaïe, t. i, p. 175, dans lacurne.

— ÉTYM. Cornemuse.

f CORNÉOLE (kor-né-o-V) , s. f. Terme de botanique. Genêt des teinturiers (voy. lysimachie).

— HIST. xvi* s. Corneole ou chassebosse, o. de serres.

4. CORNER (kor-né) , v. n. || 1° Sonner du cornet, d'une corne ou d'une trompe. Le vacher a corné dès

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le matin. || 2° Parler dans un cornet pour se faire entendre au loin ou pour se faire entendre à un sourd. Il continue et corne à toute outrance : 116veillez-vous.... la font, lierm. || 3» Bourdonner, en parlant des oreilles percevant un bruit qui n'a rien (le réel. Les oreilles me cornent. || Fig. Les oreilles vous cornent, se dit à quelqu'un qui croit entendre ce qu'on ne lui dit pas ou un bruit qui n'est pu réel. Il faut que les oreilles m'aient corné, mol. Malade, m, 4 2. Les oreilles me cornent, id. Éc. des maris, i, 5. || Les oreilles ont bien dû vous corner, on a bien souvent parlé de vous. ||4° V. a. Fig. Publier partout. En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter ce cas, le corner par la ville, la font. /'. av. Quelqu'un qui bientôt En mille endroits cornera le mystère, id. Mandr. Vendôme crie, écrit, corne bataille et victoire, et prépare à Mgr de Bourgogne tout l'affront d'avoir manqué le secours, st-sim. 208, 64. || Rebattre sans cesse la même chose. J'entends sans cesse corner à mes oreilles : L'homme est un animal raisonnable, la bruy. XII, || 5° Terme de vénerie. Corner les chiens, sonner du cor pour les exciter ou pour les rappeler. Corner requête, sonner du cor pour qu'ils quêtent de nouveau, lorsqu'ils sont en défaut.

— HIST. xi' s. Ce dist Rolanz : cornerai l'olifant, Ch. de Roi. cxxvn. Jà li corners ne nous aureit mestier, ib. cxxx. || xn* s. Je cornerai se vous le me louez [conseillez], iîonc. p. 81. Tel venjance frai sur Juda e sur Jérusalem que à ce-* ki l'orrunt, tut les orilles lur en cornerunt, Rois, 420. Lores cornad Saûl une buisine par la terre, e dist : iço voil que oient li Hébreu, Rois, 42. || xnr* s. Quant il oï la gaite corner le jour, si se leva et ala a l'église proier Dieu qu'il li aidast, Cliron. de Rains, p. 64. Ne ne pourront ouvrer que de la guete cornant au matin jusques à la nuit, sanz candele tant seulement, Liv. des met. 92. Li veneor lor cors cornant, Lesqex vont durement sonant, Tôt le pais vont estonant De lor huier, de lor corner, Ren. 6497. Si cornent li silvain et huient Que tuit li champ entor enbruient, t'6. 8076. Humiliiez est tant creûeQu'orguex corne la recreùe ; Orguex s'en va, Diex le cravant,Et Humilitez vient avant, ruteb. il, 69. Quant il encommençoient à corner, vous deissiez que ce sont les voiz des cynes qui se partent de l'estanc, joinv. 269. Chetifs pecheours que feront, Quant tous les angels trembleront Et les archangels précieux, Et les buisines corneront Qui la venue annonceront Du très doulx fils Dieu glorieux? I. de meung, Tr. 4384. || xvc s. La gaite commence à corner et recorner et à mener grand friente, froiss. ii, n, 2)3. Puis corna le dit messire Guillaume de Douglas un cor, id. i, i, 431. On peut bien, pour vous, corner prise; Prins estes, point ne m'eschapperez, en. d'orl. Rondeau. || xvr1 s. Le quel [un joueur de tambourin], après que il eut soufflé en la fluste, se meit en corner en gobelet [boire] , et nettoyer la vaisselle [manger], jean d'auton, Annales de Louis XII, p. 222, dans lacurne. Cornons icy, à son de flaccons, que quiconques aura perdu la soif ne ayt à la chercher céans, rab. Garg. i, 5. Il n'y a veneur qui ne prend plaisir à corner sa prise, ni amoureux d'avoir la gloire de sa victoire, marg. Nouv. XLix. Les plainctes qui me cornent aux oreilles, mont, i, 497. L'espérance ne cesse de corner aux oreilles.... id. ii, 380. Il ne faisoit autre chose que corner la guerre ordinairement et prescher les armes au peuple, amyot, Phocion, 44. Quelques uns de Blois donneront le premier avis; mais par la responce ils furent appeliez corne-guerre et turbulents, d'aub. Hist. ii, 282. Délibérer avant que corner la guerre, charron, Sagesse, p. 434, dans lacurne. On dit en ce pais que le poisson corne, quand il est gasté, puant et corrompu, bouchet, Sciées, p. 231, liv. i, dans lacurne. Ils ne trouvoient bon le gibier sinon qu'il cornastun peu, c'est à dire, sans déguiser les matières, qu'il ne fut un peu puant, h. est. Avol. d'IIérod. p. 432, dans lacurne.

— étym. Wallon, coirner; provenç. cornar; ital. cornare; de corne, dans le sens de cor.

j 2. CORNER (kor-né) , v. a. Faire une corne à.... Il a corné ce livre à toutes les pages. Chaque joueur cornait ses cartes, volt. Cand. 22.

— ÉTYM. Corne.

t 3. CORNER (kor-né) , ii. a. Frapper avec la corne. Cette vache a failli me corner. Êloignezvous, mes enfants, cette vache corne. || Se corner, r. réfl. Se dit en parlant des bœufs qui se battent à coups de cornes.

— ÉTYM. Corne. Ces expressions, qui sont de la campagne, doivent être reçues; car elles ont été faites là où soulcmcnt elles pouvaient se faire.

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t«- CORNER (SE) (kor-né), v. réfl. Prendre U forme et la consistance d'une corne.

— ÉTYM. Corne.

t CORNEROTTE (kor-ne-ro-f) , t. f. Un des noms

du hibou.

CORNET (kor-rîè; le « ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, 1'» se lie : les cornets acoustiques, dites: les kor-nè-z acoustiques; cornets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Pelite trompe rustique. Cornet de vacher. Il y a dans la Suisse un air célèbre, appelé le ranz des vaches, que les bergers sonnent sur leurs cornets et dont ils font retentir tous les coteaux du pays, j. j. rouss. Lettre au Mar. de Luxembourg. || 2° Sorte de petit cor. Cornet de postillon. Archers, mes compagnons de fêtes. Faites Votre épieu lisse et vos cornets Nets, v.hugo, Rail. 4 1. 1| Cornet à piston, petit cor où sont adaptés des pistons, qui, en raccourcissant la colonne d'air, permettent de donner justes toutes les notes. Le cornet à piston est surtout employé dans les orchestres de danse. Je pourrais même apporter mon cornet à piston; mais c'est un instrument qui rappelle le bal masqué, et il n'est peut-cire pas assez sentimental pour la circonstance, CH. de bkrnard, Un homme sérieux, § 4. || Cornet à bouquin, instrument grossier, composé d'une simple corne de bœuf, qui sert aux pâtres pour rassembler leurs troupeaux. Espèce de grande flûte dont on se sert dans les chœurs, pour soutenir les voix; l'étendue n'en est que de l'octave. || Jeu d'orgue dont chaque touche fait parler quatre tuyaux. |] Celui qui joue du cornet. || 3° Cornet acoustique, et, absolument, cornet, petit instrument propre à concentrer et à renforcer les sons, évasé par un bout, resserré à l'autre, et dont se servent les personnes atteintes de dureté d'ouïe. ||4°Carré de papier roulé en cône. Et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier, boil. Sat. m. S'il pouvait éviter le fouet ou obtenir un cornet de dragées en promettant de se jeter demain par la fenêtre, il le promettrait à l'instant, j. j. rouss. Ém. il. L'un arrangeait sous des cornets un certain nombre de coquilles ou de petites boules, et, sans découvrir son jeu, il les faisait paraître et disparaître à son gré, barihblemy, Anach. ch. 26. L'autre [insecte] roule en cornet une feuille docile Et dans ce simple abri choisit son domicile, dei.ille , Trois règnes, vu. || Cornet, cornet de fer-blanc, emmanché d'un long bâton, servant à éteindre les cierges après le service dans une église. || 5° Ancienne sorte de pâtisserie, faite entre deux fers, composée de beurre, de sucre et d'autres choses et se roulant en manière de cornet. || 6" Sorte de godet en corne ou en cuir qui sert à agiter et jeter les dés. N'ayant que l'espérance et trois dés au cornet, Régnier, Sat. xiv. [Il] Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, boil. Sat. iv. || 7° La partie de l'écritoire dans laquelle on met l'encre. Donner un cornet pour du vin N'est pas grande reconnaissance, volt. Lelt. Prusse, 417. Je le crois bien, monsieur; car voilà le cornet, Et dans le poudrier vous trempiez votre plume; regnard, Distrait, iv, 9. || 8° Étui à couleurs du peintre en miniature. ||9" Terme d'anatomie. Nom de petites lames osseuses contournées sur ellesmêmes en forme de cornets, et situées à l'intérieur des fosses nasales. || Lame recourbée qui partage incomplètement la cavité de certaines coquilles. [| Terme d'histoire naturelle. Genre de mollusques appelé aussi calmar. || Cornets de mer, gros coquillages, qui sont tournes en forme de vis, et dont on fait un instrument de musique fort aigu, en les perçant par le bout. || Terme de botanique. Appendice creux et évasé qu'on trouve dans certaines fleurs. || 10° Terme de marine. Entourage que l'on fait au pied des mats dans les embarcations. || Cornet d'épisse, sorte de broche pour épisser un cordage. || 11° Terme d'orfèvre. Plaque de métal destinée à l'essai. || 12° Cornet de faïence, cornet de porcelaine, vase en forme de cornet dont on se sert pour orner le coin des cheminées; on y met d'ordinaire des fleurs.

— HIST. xiv* s. Là oïssiez cornez et trompes graïllier, Guescl. 6861. Un cornet, garny d'argent, et est ledit cornet de cristal, pesant six marcs, de laborde, Émaux, p. 228. Un petit cornet d'argent blanc, à mettre encre, id. ib. Un grant cornet de corne, garny d'argent doré, id. ïb. || xv* s. Ung petit cornet d'ivoire, garny d'or fin, que Ms. a fait prendre et achelter pour reclamer son esprivier, id. t'6. Un cornet de vacher, louis xi, Notai, lxxxvi. Cornet de l'uel [coin de l'œil], du cange, acies. Maison qui fait le cornet de la rue. m. cornetum. || xvi's. Rompant son conr.'i r lié À cercle»

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d'or fin délié Et de sa lyre l'harmonie, amyot, Comment refren. la cholere, 9. Ainsi comme les cornets et ventôses attirent du cuir ce qu'il y a de pire, aussi les aureillcs de curieux attirent tous les plus mauvais propos qui soient, id. .De la curiosité, -.0. Resolution qui se fait par ventouse et cornets, par seringues et par sangsues, paré, Introd. <7. Souffler aux trompes ou trompettes , cors , cornets, etc. id. vi, <*. Les unes [ventouses] sont grandes, autres petites (appelées petits cornets), les autres moyennes, id. xv, 68. Ayant disné à des nopces où il n'y avoit gueres de violons, mais où estoit la grand bande des cornets [jeu de mots sur cornes de cocuage] , bouchet, Serées, liv. i, p.<48, dans lacurne. Les haubois, cornets à bouquin, et saqueboutes du roy en 1614, Estats de <6(4, par rapine, p. 6H, dans LACURNE.

— ÉTYM. Diminutif de corne, dans le sens de cor et dans le sens propre; provenç. cornet; espagn. comète; ital. cornetto. Cornet a dans l'ancien français signifié aussi angle, coin (anglais, korner).

+ CORNETER (kor-ne-té), v. a. Terme de vétérinaire. Appliquer des ventouses.

— HIST. xvi* s. Les Allemands ont de particulier de se faire généralement touts corneter et ventouser avecques scarification dans le bain, mont.

— ÊTYM. Cornet.

t CORNETIER (kor-ne-tié), s. m. Celui qui prépare la corne, la refendant et la redressant.

— ÉTYM. Corne.

t . CORNETTE (kor-nè-f) ,s. f.\\i° Sorte de coiffure de femme en déshabillé. Sans nuls atours qu'une simple cornette, la font. Quipr. Attends.... que la belle en cornette.... boil. Sat. x. En rajustant sa cornette, bérang. Ivrogne Je me fais des cornettes; Vos chemises de nuit et vos coiffes sont faites, mol. Éc. des f. i, 4. ||Fig. Laver la cornette à une femme, la gronder. Ce qu'il avait à faire n'était autre chose que d'avoir le plaisir de lui laver sa cornette, sév. 23. || On dit très-familièrement qu'une femme est cornette, quand son mari lui est infidèle. On rapproche alors par plaisanterie cornette de cornes qui se dit de l'homme. || 2° Autrefois, large bande d'étoffe de soie que les docteurs en droit portaient autour du cou pendante jusqu'à

terre Si j'eusse étudié, Jeune laborieux sur un

banc à l'école, Galien, Hippocrate ou Jason ou Bartole, Une cornette au col debout dans un parquet, X tort et à travers je vendrais mon caquet, Régnier, Sat. IV. || Bande de soie que les professeurs du collège royal a Paris portaient autour du cou, et qui leur avait été accordée par François I" [le collège royal est aujourd'hui le collège de France]. || Autrefois, dans plusieurs villes, sorte de chaperon que les magistrats portaient sur l'épaule pour caractère de leur dignité. || 3" Terme de fauconnerie. Houppe ou tiroir de dessus le chaperon de l'oiseau. || 4° Autrefois étendard de compagnie de cavalerie et de dragons. || Compagnie de cavalerie, ïl défit six mille Hongrois avec quinze cornettes de cavalerie, sarazin, Conspiration de Valstein, dans richelet. 11 y a telle rose de soulier qui vaut mieux que neuf cornettes impériales, voit. Lett. 66. || Gros de cavalerie. Le roi marchait à la tête de sa cornette, vaugel. Q. C. liv. iv, clL <6. || Cornette blanche était, en France, le nom du premier régiment de cavalerie. || S. m. Cornette, l'officier qui portait l'étendard dans chaque compagnie de cavalerie et de dragons; son poste dans un combat était à la tête de l'escadron. Je marie Mlle Corneille à un jeune cornette de dragons, gentilhomme très-aimable, volt. Lett. d'Argental, 23 janv. 4 763. || Officier de certains corps de la maison du roi, mais ne portant point l'étendard. Il était cornette dans la première compagnie de mousquetaires. Ces jeunes gens conduits par un cornette se mirent en bataille, volt. Louis XIV, *3. M. le duc d'Orléans se dévouerait par la réalité et par l'espérance de cette multiplication de belles récompenses, depuis le t" lieutenant général jusqu'au dernier enseigne et cornette, stsim. 399 , \ 99. Le cornette Joyce enleva le roi du château d'Holmly, chateaub. Sluarts, 210. || S. f. Emploi de cornette dans la maison du roi. Acheter une cornette dans les chevau-légers. || Ces différents emplois du terme cornette n'existent plus dans l'armée. || 6* Terme de marine. Sorte de long pavillon à deux pointes, insigne du commandement d'une division de trois bâtiments au moins. La cornette se hisse à la tète d'un mât comme une flamme.

— HIST. xiii* s. Et si ont les longues cornettes Et leurs solers faits à blouquetes [petites boucles] , du cange, corneta. || XV s. Chapperon* \ courtes cor-

nettes, Vigiles de Charles VII, t. n, p. tes, dans lacurne. Grans chaperons et cornette à visière, Peaulx dechameulx, et draps fors et entiers, Garnissez-vous avant qu'iver vous fiert, E. desch. Poésies mss. f°234, dans lacurne. Pour cornette ou guidon suivre plustost on doit Les branches d'hierre ou d'if, qui monstrent où l'on boit, basselin, xix. Par commun proverbe on dit Qu'on congnoit femme à sa cornette, coquillart, Droits nouv. Le duc de Savoye alla à icelle place de Ripaille où il print habit de hermite selon l'ordre de saint Morice, c'est à sçavoir grise robbe, long mantel, et chapperon gris et courte cornette d'un pied ou environ, et un bonnet vermeil par dessous son chapperon, monstrel. t. n, p. 4 02, dans lacurne. La cornette de son chaperon , louis xi, JYoiU'. lxv. Or vint ce vaillant garni en sa cornette de son petit rasoir, id. ib. lxiv. || xvie s. Estant agacé de force calomnies contre le roi de Navarre, il donna un desmenti sous la cornette, si bien que les chefs curent grande peine à le sauver.... que, pour le desmenti, il l'avoit donné sous la cornette, mais en maintenant l'honneur de celui à qui la cornette doit honneur, d'aub. Hist. n, 269. Ils rompent trois ou quatre églises, arborent deux bannières en cornettes, id. ib. n, 348. Celui qui portoit la cornette générale essaia de ralier, id. ib. ni, 66. Pour drapeaux, la cornette blanche, la générale des Espagnols, celle du collonel des reistres, 16 autres de cavalerie, id. ib. m, 232. Le baron de Clermont qui portoit ma cornette, montluc, Uém. p. 680, dans LACURNE.

— ÉTYM. Cornet, la cornette ayant été comparée à une petite corne; wallon, coirnète. La. cornette, étendard, a été dite ainsi à cause de sa forme; puis le nom de l'étendard a passé à celui qui le portait.

f 2. CORNETTE (kor-nè-f) , s. f. Un des noms du blé de vache (mélampyre des champs), dit aussi plumelle, queue de renard et rougeole.

— ÉTYM. Cornet.

t 3. CORNETTE (kor-nè-f), s. f. Terme de construction. Ferrement qui défend un coin de mur.

— ÊTYM. Cornet, qui s'est dit dans l'ancien français au sens de coin.

t CORNÉULE (kor-né-u-1'), *. f. Terme de zoologie. Chacune des petites facettes de l'oeil composé des insectes.

— étym. Diminutif de cornée.

CORNEUR (kor-neur), s. m. || 1° Celui qui donne du cor. La nuit venue, arrive le corneur, la font. Herm. || Il se dit populairement d'un pleureur, d'un braillard. || 2° Adjectivement. Cheval corneur, jument corneuse , animal qui est atteint de cornage, qui souffle bruyamment des narines et qui a la respiration courte. On dit aussi coraard et siffleur.

— HIST. xin* s. A tant li maroniers [marinier] oï Le cor dont pas ne s'esjoî;... Hors de sa nef est tost sallis, Au corneur le cours en vient, Bl. et Jeh.

— ÉTYM. Corner; provenç. cornador. Corneur, en français, cornador, en provençal, est au régime; le nominatif est cornere , cornaire.

«. CORNICHE (kor-ni-ch'), «./'.Terme d'architecture. Proprement, avance qui règne autour d'un bâtiment et en préserve de la pluie le pied. || Partie composée de moulures en saillie l'une au-dessus de l'autre et qui règne comme couronnement autour de toutes sortes d'ouvrages, principalement dans les ordres d'architecture où elle est placée sur la frise de l'entablement. Corniche dorique, ionienne, corinthienne. La corniche de la maison. La corniche se mesure depuis la frise jusqu'à la cimaise inclusivement. Les piédestaux ont aussi leurs corniches. La corniche est le couronnement de l'ordre entier, rollin, Histoire anc. t. xi, -l'*partie, p. 27, dans pougens. || Nom donné à tout ornement saillant en menuiserie ou en maçonnerie qui règne audessus des portes, des armoires, au-dessous d'un plafond. Corniche de plâtre, de marbre, de bois. La corniche d'un buffet, d'une armoire. || Terme de marine. Pièce de bois sculptée appliquée en dehors de la lisse de hourdi.

— HIST. xvi* s. Les pigeons se mettent sur le toict es cornices ou ceintures environnans le colombier, o. de serres, 383. Moulleures , lozenges , frize et cornise, Bibl. des Chartes, 4« série, t. m, p. 63.

— ÉTYM. Wallon , coroniie ; espagn. corniia ; ital. comice, cornicione. La première idée est de rattacher corniche à corne; mais d'abord les formes ne s'y prêtent pas, ni le wallon coronise, ni l'espagnol corniia, ni même l'italien comice. Puis le sens ne

s'y prête pas non plus, car la corniche n'est pa3 une corne, c'est-à-dire quelque chose qui s'avance en pointe, mais c'est une saillie qui règne en une certaine étendue. Les étymologistes s'accordent à tirer ce mot du latin coronis, grec xopuviç, signe recourbé; mais il est vrai de dire, comme le remarque Diez, qu'au moins l'italien a confondu le mot avec cornix, cornicis, corneille, soit par paronymie (cornice en italien signifiant aussi corneille), soit par l'idée de courbure qui s'est attachée au bec de cet oiseau (xopiivn, courbure, couronne, corneille). Quant au français corniche, il vient de l'italien.

t 2. CORNICHE (kor-ni-ch'), *. f. Petite corne. Se trouve dans Mme de Sôvigné avec le sens figuré de cocuage , et en jouant sur le mot corniche. Madame d'Epoisse m'a dit qu'il vous était tombé une corniche sur la tète.... Si vous vous portiez bien et que l'on osât dire de mauvaises plaisanteries, je vous dirais que ce ne sont pas des diminutifs qui font du mal à la tête de la plupart des maris : ils vous trouveraient bien heureux de n'être offensé que par des corniches, lettre à Bussy, 6 juin (668

CORNICHON (kor-ni-chon),*. m. || l'Petitecorne. Les cornichons d'un chevreau. || Terme de vénerie. Synonyme d'andouillers. || 2" Petit concombre propre à confire dans le vinaigre. || Populairement. Un cornichon, un homme niais, qui se laisse attraper. || 3° Terme de jeux. Nom, dans quelques localités, de la boule qui, jetée la première, sert de but. C'est ce qu'on nomme plus souvent cochonnet. || Cornichon va devant, jeu d'exercice qui consiste a ramasser au plus vite différents objets en courant. || 4° Variété de raisin dont le grain long et courbé a été comparé au cornichon.

— HIST. xvi" s. J'ouy dire une fois à un bon gentil-homme qu'ils [les romans] avoyent une propriété occulte à la génération des cornes : et je me doute que lui-mesmes en avoit fait l'expérience; car il portoit deux petits cornichons cachez derrière l'oreille, qu'un autre du mestier lui avoit attachez, lanoue, 142. A trois ans, se despouille ce qui de la corne leur est accreu [aux bœufs] depuis la naissance jusqu'au dit temps, en expulsant l'incrustation, demeurant ce bout-là, appelle cornichon, net et poli, sans tortuosité, o. de serres, 296. Jouans à cornichon, Contes d'Eulrapel, p. 306, dans lacurne.

— ÉTYM. Diminutif de corne; bourguig. conichon. C'est peut-être le cornichon, petit concombre, qui a introduit le sens figuré de niais, le concombre étant un fruit peu sapide.

t CORNICCLAIRE (kor-ni-ku-lê-r') , *. f. Terme de botanique. Genre de lichens.

— ÊTYM. Cornicule.

t CORNICULE (kor-ni-ku-1'), *. f. Terme d'histoire naturelle. Petite corne. || Sorte de ventouse. || Ornement qui surmontait le casque des légionnaires romains.

— ÉTYM. Lat. corniculum, diminutif de cornu, corne.

fCORNlCCLÉ, ÉE (kor-ni-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a laforme d'une petite corne, d'un cornet. || Terme de botanique. Pétales corniculés, pétales des ancolies qui sont en forme de cornet. Fleurs corniculées, celles dont les étamines prennent la forme de pétales en cornet.

— ÊTYM. Cornicule.

t CORNICULIFÈRE (kor-ni-ku-li-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des cornets ou de petites cornes.

— ÉTYM. Cornicule, et le latin férus, qui porte.

t CORNIDIE (kor-ffi-die) , s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de saxifragacées renfermant des arbres ou arbrisseaux du Pérou et du Chili.

I. CORNIER, 1ÈRE (kor-nié, niê-r'), adj. Terme d'architecture. Qui est à la corne, à l'angle des corps de bâtiment. Pièce de bois cornière, poteau cornier, pilastre cornier, pièce de bois, poteau, pilastre qui fait l'encognure d'un bâtiment. || Une jointure cornière, canal pluvial en tuiles qui fait la jonction de deux combles. || Terme forestier. Arbre cornier, arbre qui marque le coin d'une coupe en forêt. || S. m. Terme de marine. Cornier, partie élevée des angles de l'arrière d'un bâtiment, audessus des hanches.

— HIST. xiv* s. Jusques à la cornière de la dite maison, du cange, corneria. || xvi* s. Et pareillement fut partie une tour cornière qui estoit assez puissante et ne put choir tout jus, pour le mur de la ville auquel elle s'appuya, monstrel. livre i, ch. 88.

— ÊTYM. Corne; Berry, la corne d'un bois, la cornière d'un bois, le coin d'un bois. Do cornier vient l'anglais korner, un coin, un angle.

COR

t 2. CORNIER (kor-nié), s. m. Terme de botanique. Cornouiller.

— ÉTYM. Vov. CORNOUILLER.

4. CORNIÈRE (kor-niê-r'), s. f. Rangée de tuiles commune à deux pentes de toits qui se joignent, et servant à l'écoulement des eaux pluviales. || Adj. Une jointure cornière.

— ÉTYM. Cornier.

2. CORNIÈRE (kor-niô-r'), s. f. Equerre de fer attachée à l'angle d'un coffre. || Ornement des coins de l'impériale d'une voiture. || S. f. plur. Équerres en fer attachées aux angles du marbre d'une presse d'imprimerie pour fixer et maintenir la forme.

— ÉTYM. Cornier.

t CORNIFICIEN (kor-ni-fi-siin), s. m. Nom que Jean de Sarisbery donnait à ceux qui abusaient de la dialectique par leurs arguments cornus.

— ÉTYM. Corni/icianus , mot forgé par Jean de Sarisbery; de cornu, corne, et le suffixe ficere, faire.

f CORNIFORME (kor-ni-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une corne.

— ÉTYM. Corne, et forme.

tCORNlGÈRE (kor-ni-jê-r'), adj. || 1° Terme de zoologie. Qui porte des cornes sur la tête. || 2° Terme de botanique. Qui a des tubercules semblables à des cornes.

— ÉTYM. Corne, et le latin gerere, porter. CORNILLAS (kor-ni-Uâ, II mouillées), s. m. Petit d'une corneille.

— ÉTYM. Corneille.

f t. CORNILLON (kor-ni-llon, Il mouillées), s. m. Os contenu dans la corne des bœufs.

— ÉTYM. Diminutif de corne.

f 2. CORNILLON (kor-ni-llon, Il mouillées), *. m. || l°Un des noms locaux du choucas. || 2° Petit de la corneille.

— HIST. XV s. Ce que chante la corneille, Si chante le cornillon, le roux de lincy, Prov. t. i,

— ÉTYM. Diminutif de corneille.

t CORNION (kor-ni-on), s. m. Terme de pêche. Partie de la nasse qu'on ajuste à une des extrémités.

— ÉTYM. Diminutif de corne.

f CORNISTE (kor-ni-sf), s. m. Nom donné régulièrement au musicien qui joue du cor.

— ÉTYM. Cor. C'est la règle de terminer en iste le nom des instrumentistes.

CORNOUILLE (kor-nou-LT, Il mouillées, et non cor-nou-ye), s. f. Le fruit du cornouiller, rouge et d'une saveur aigrelette.

— HIST. xvic s. Coings, cormes, netles et corneille, paré, xvni, 66. Les cormes et cornoailles, cueillies devant leur maturité, o. de serres, 237. En la propre manière que les cerizes, sont confites les cornoailles, c'est assavoir, dans le sucre infus au propre jus de ce fruit, duquel, sans autre humeur, se fait le syrop, appelle corniat du nom du fruit,

— ÉTYM. Picard, corgnolle; wallon, coinioule, du latin corniculum, petite corne (à cause de la forme du fruit), diminutif de cornu, corne. Le bourguignon dit courgette.

CORNOUILLER (kor-nou-llé, Il mouillées, et non cor-nou-yé; IV ne se lie jamais : au plur. l's se lie : kor-nou-llé-z et cornouilles) , s. m. Arbre à bois très-dur, qui porte la cornouille (cornus mas, t.). Et sur le cornouiller la prune se colore, delille , Géorg. n.

— HIST. xvi* s. Conserve du fruit de cornalier, paré, xxiv, 49. Charmes, obiers, cornoalliers, érables, o. DE serres, 4 92, Quelque petit nombre de cornoaillers sierra bien parmi les précieux fruitiers, à cause de la beauté des cornoailles, pour leur excellente couleur escarlatine, id. 693. Le bois du cornoailler est ferme et solide, comme corne, d'où il tire son nom, id. 694.

— ÉTYM. Cornouille; Berry, courgellier; bourg. courgelier.

CORNU, UE (kor-nu, nue), adj. || i°Qui a des cornes. Les diables cornus. Front cornu. Un animal cornu blessa de quelque coups Le lion, qui, plein de courroux.... la font. Fabl. v, 4. || 2° Qui a des coins ou angles saillants. Un pain cornu. Une pièce de terre cornue. Du fond de cet antre pierreux , Entre deux montagnes cornues, volt. Ép. xxvi. || Terme de logique. Argument cornu, sorte d'argument. On donnait le nom de cornu a cet argument-ci : Vous avez ce que vous n'avez pas perdu; or vous n'avez pas perdu des cornes; donc vous avez des cornes, condillac, Hist. anc. m, 18. || On appelait aussi de ce nom le dilemme, parce qu'il frappe de deux côtés (argumenlum cornutum ulrinque feriens). || 3° Fig.

COR

Lièvres cornus, idées folles, extravagantes, ainsi dites parce que les lièvres n'ont pas de cornes. Et de lièvres cornus le cerveau [ils] nous barbouillent, régnier, Sat. ix. || Raisons cornues, raisonnements cornus, raisons bizarres, étranges. Tous vos beaux arguments cornus Pour me persuader de vivre Et pour m'obliger à vous suivre, N'étaient donc que pour m'attraper, scarron, Virg. trav. n. || Visions cornues, idées folles, extravagantes. Peut-être sans raison Me suis-je en tête mis ces visions cornues, mol. Sgan. 13. J'aime mieux.... Que d'aller follement, égaré dans les nues, Me lasser à chercher des visions cornues, boil. Éptt. xi. || 4° Terme de botanique. Dont le style ou les anthères sont en forme de corne. || Blé cornu, blé affecté de l'ergot. || 5° Terme de vétérinaire. Cheval cornu, jument cornue, animal chez lequel la hanche, très-prononcée, forme une forte saillie, défautdû, soit à une conformation vicieuse, soit simplement à la maigreur. || Proverbe. X mal enfourner, on fait les pains cornus, c'est-à-dire un commencement malhabile fait que la chose ne vient pas à bien.

— HIST. xii" s. Tuit sont cornu et noir comme aversier [diables], Bataille d'Aleschans , v. 4 26. Nous verrons le fort escu [de] Maistre Gautier le cornu, hues de la ferté, Romancero, p. 4 90. || xiii* s. Li abes prent une maçue, Qui moult estoit grant et cornue, Et le prieur un chandelier, Ren. 6954. James bues [bœuf] sa teste cornue Ne metroit à jou de charrue, la Rose, isoob. Qui il ataint à coup, contre terre le rue Del son bordon ferré, si que forment i sue; Et les dames lor gietent mainte pierre cornue, Ch. d'Ant. vin, M 38. En mi le front [la bête] estoit cornue D'une corne si très ague.... Unicorne et serpent. ||xiv*s. Par Mahon, dist Madoines, je vous voi bien cornu, Baud. de Seb. xiii, 636. Tu sais que li deable, qui sont noir et cornu, Pour orguel trebuchierent dèâ li ciel en enfer, Girart de Ross. v. 2120. || xv*s. Je fu l'autrier [dernièrement] trop mal venuz, Quant j'alay pour voir Calais ; J'entray dedans comme cornus [comme un sot] Sans congié [permission] ; lors vint deux anglois.... E. desch. Poésies mss. f" 230. || xvi* s. Les rabbins des Juifs font une glose cornue sur ce passage, calvin, 288. Voilà donc la couleur qu'a eu le Pape et tous ses evesques cornus, de charger les consciences de nouvelles loix, id. lnstit. 948. Rochers cornuz, J. marot, v, 224. C'est signe que la pierre [dans la vessie] est petite et cornue, ou espineuse, c'est à dire avec aspérités, paré, xv, 37. Les chèvres escornées de nature, ne sont tant sujettes à avorter que les cornues, o. DE serres, 329. Fust-il plus diable qu'il n'est cornu, cotorave.

— ÉTYM. Provenç. cornut; espagn. cornudo; ital. cornuto ; du latin cornutus, de cornu (voy. corne).

f CORNUAU (kor-nu-au), s. m. Poisson de mer qui ressemble à l'alose, f CORNUCIIET (kor-nu-chè), s. m. Petit cornet.

— HIST. xvr s. Aussi sont très proprement entés plusieurs arbres en canon, cornuchet, tuiau, flusteau, ainsi ditte telle sorte d'enter, des instruments de ces noms, o. de serres, 670.

— ÉTYM. Diminutif du latin cornu.

f CORNUDE (kor-nu-d'), s. f. Seau de bois à l'usage du savonnier.

— ÉTYM. Le même mot que cornue.

t CORNUDET (kor-nu-dè), s. m. Petit seau de bois.

— ÉTYM. Cornude.

CORNUE (kor-nue), s. f. Vaisseau, ordinairement de verre ou de grès, dont on se sert en chimie pour certaines distillations. L'illustre Robert Boyle avait longtemps tenu de l'eau dans une cornue à un feu égal, volt. Newt. i, 8.

— HIST. xvi* s. Les mettre en une retorte ou cornue avec son récipient, paré, xxvi, 9. Ains commandera-on aux vendangeurs, les raisins seuls, et bien qualifiés, estre nettement mis dans les panniers et corbeilles; et de là portés dans les cornues, et finalement charriés au celier, o. de serres, 2(0, etc.

— ÉTYM. Cornue, à cause de sa forme recourbée; provenc. cornuda.

f CORNUELLE (kor-nu-ù-1'), s. f. Un des noms de la mâcre. ■

— ÉTYM. Diminutif du latin cornu.

f I. CORNUET (kor-nu-è), s. m. Terme d'agriculture. Bident.

— ÉTYM. Diminutif du latin cornu.

f 2. CORNUET (kor-nu-è), s. m. Nom d'une plante corymbifère (bidens tripartita, £.).

— ÉTYM. Lat. cornu.

f CORNUPÈTE (kor-nu-pè-f) , adj. Terme de nu-

COR

mismatique. Qui frappe de la corne. Taureau cornupète.

— ÉTYM. Lat. cornu, corne, et petere, attaquer, assaillir (voy. pétition). Bos cornupeta, dans saint Jérôme.

t COROLLACÉ, ÉE (ko-rol-la-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence d'une corolle.

— ÉTYM. Corolle.

i. COROLLAIRE (ko-rol-lê-r'), s. m. ||i°Terme didactique. Ce qu'on ajoute à l'appui des raisons dont on s'est servi. J'y ajouterai maintenant ce corollaire , que.... boss. Préf. || 2" Terme de mathématiques. Conséquence découlant d'une proposition qui vient d'être démontrée. Voulez-vous peindre et toucher, on vous demande des axiomes et des corollaires, ciiateaur. Ge'nt'e, i, 4. Des traités entiers faits par de grands auteurs se réduisent quelquefois à quelques corollaires que l'on rencontre en chemin, fonten. l'Hôpital.

— hist. xv s. Après je viens au quart exemple de ma dite majeure, auquel je pense noter et proposer huit vérités principales.... et conférer huit autres conclusions par manière do corollaires, monstrel. liv. i, ch. 39.

— ÉTYM. Lat. corollarium, de corolla, petite couronne (voy. corolle); dit ainsi de la figure du signe qui indiquait le corollaire d'une proposition.

t 2. COROLLAIRE (ko-rol-lè-r'), adj. Terme de botanique. Qui est de la nature de la corolle.

— ÉTYM. Corolle.

COROLLE (ko-ro-1'), s. f. Terme de botanique. Enveloppe immédiate des étamines et du pistil; enveloppe interne d'un périanthe double. Si je pouvais t'offrir, pour m'ouvrir ta demeure, Ma goutte de rosée, ou mes corolles d'or, v. hugo, Bail. 2. Celte partie enveloppante et colorée qui est blanche dans le lis, s'appelle la corolle et non pas la fleur comme chez le vulgaire, parce que la fleur est un composé de plusieurs parties dont la corolle est seulement la principale, J. J. rouss. Lelt. Élém. botan.

— ÉTYM. Lat. corolla, diminutif de corona (voy. couronne).

t COROLLE, ÉE (ko-rol-lé, lée), adj. Termo <Io botanique. Qui est muni d'une corolle.

— ÉTYM. Corolle.

t COROLLIFÈRE (ko-rol-li-fê-r'), adj. Termo de botanique. Qui porte une corolle.

— ÉTYM. Corolle, et le latin férus, qui porte.

f COROLLIFLORES (ko-rol-li-flo-r'), s. f. plur. Terme de botanique. Plantes dont les fleurs ont une corolle hypogyne.

— ÉTYM. Corolle, et le latin flos, ftoris, fleur.

f COROLLIFORME (ko-rol-li-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'une corolle.

— ÉTYM. Corolle, et forme.

f COROLLIN, INE (ko-rol-lin, lin'), adj. Qui est de la nature de la corolle. Etamines corollines. || Nectaires corollins, ceux qui sont situés sur la corolle.

— ÉTYM. Corolle.

f COROLLITIQUE (ko-rol-li-ti-k') , adj. Terme d'architecture. Colonne corollitique, colonne ornée de feuillages ou de fleurs tournées en spirale autour du fût.

— étym. Lat. corolla, petite couronne (voy. corolle).

t COROLLULE (ko-rol-lu-1'), s. f. Terme de botanique. Petite corolle.

— ÉTYM. Diminutif de corolle.

t CORONACII (ko-ro-nach) , s. m. Chant funèbro des Ecossais des montagnes, qui sont de race cel-

— ÉTYM. Mot celtique.

CORONAIRE (ko-ro-nê-r'), adj. || i* Terme d'antiquité romaine. Or coronaire, couronne d'or donnée à un général vainqueur par les provinces, les nations alliées ou amies du peuple romain. || 2*Terme d'anatomie. Artères, veines coronaires, celles qui effectuent la circulation du sang dans le cœur. Elles , ont formé les veines qu'on nomme corona: desc. Fœtus, 4. || Artère, veine coronaire, art' veine de l'estomac. || Vaisseaux ainsi nommés parce qu'ils sont disposés en couronne, en rond.

— HIST. xiii' s. Il loist bien [il est bien permis] : au segneur que ses hons de cors devient clers, que il se traie à l'evesque et qu'il li requière qu'il ne li face pas coronere [tonsure], beaum. xiv, 47. || xvi's. La veine et artère viennent de la gastrique, gaslrepiploïque, coronaire etsplenique, paré, i, 4*.

— ÉTYM. Lat. coronarius, en forme de couronne, (h corona (voy. couronne); provenç. coronari; espagn. et ital. coronario.

CORONAL, ALE (ko-ro-nal, na-1'), adj.\\ 1° Terme

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