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d'.matomie. Os coronal, l'os qui forme la partie antérieure du front. || S. m. Le coronal, les coronaux. || 2° Terme de botanique. Périantho coronal, périanthe qui enveloppe circulairement les organes sexuels.

— HIST. xvi* s. Par le front est entendu tout ce qui est depuis les sourcils jusque.» à la suture coronale, pare, m, 1. L'os coronal, id. m, 4.

— ÉTYM. Lat. coronalis, de corona, couronne; os ainsi dit à cause de sa forme.

t CORONELLE (ko-ro-nè-1') , s. f. Tringle de métal qui retient les dents d'un peigne d'acier.

— ÉTYM. Diminutif de coronne ou couronne. CORONER (ko-ro-nèr), s. m. Officier de justice

anglaise, qui a dans ses attributions de prendre des informations avec le jury et douze voisins sur la cause de toute mort violente, ainsi que sur les découvertes de trésors et les débris de naufrages.

— étym. Angl. coroner, du latin corona, couronne.

f CORONET (ko-ro-nè) , s. m. Petite couronne qui est l'insigne de la pairie anglaise. Porter le coronet.

— ÉTYM. Angl. coronet, diminutif français de couronne.

f CORONIFORME (ko-ro-ni-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une couronne.

— ÉTYM. Lai. corona, et forme.

CORONILLE (ko-ro-ni-U', {{ mouillées, et non

ko-ro-ni-ye) , s. f. Genre de plantes légumineuses, dont les fleurs sont disposées en couronne (coronilla emerus, L.).

— ÉTYM. Diminutif de couronne.

t CORONIS (ko-ro-nis'), s. f. Terme de diplomatique. Signe qui marque la fin des livres ou celle de tout l'ouvrage dans les manuscrits. || Signe par lequel les grammairiens grecs marquaient une crase.

— ÉTYM. Lat. coronis, de xopwviç, coronis, proprement courbe; ainsi dit de sa forme; de même radical que xopwvï] , corneille.

CORONOÏDE (ko-ro-no-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Apophyses coronoïdes , éminences osseuses comparées, à cause de leur forme, au bec d'une corneille.

— ÉTYM. Kopcavr], corneille (voy. corneille), et e78oç, forme.

tCORONOÏDIEN,IENNE(ko-ro-no-i-diin,diè-n'), adj. Qui appartient à l'apophyse coronoïde.

t CORONULE (ko-ro-nu-1') , s. f. Rebord membraneux de certains fruits. || Couronne ou demi-couronne d'épines qui garnit le sommet du coude ou du tibia de certains insectes.

— ÉTYM. Lat. coronuia, diminutif de corona, couronne.

f COROSSOL (ko-ro-sol), s. m. Fruit du corossolier.

f COROSSOLIER (ko-ro-so-lié), s. m. Terme de fcotanique. Nom de Vanone muricée.

f CORP (korp), s. m. Un des noms de l'ombre, poisson.

— étym. Lat. corvus, corbeau, sorte de poisson, t CORPON (kor-pon) ou CORPOU (kor-pou), s. m.

Terme de pêche. Cinquième chambre, à la tête de la madrague où se prennent les thons.

CORPORAL (kor-po-ral), s. m. Terme de liturgie catholique. Nom d'un linge consacré aux usages ecclésiastiques, qui se met sur l'autel pour y poser l'hostie pendant la messe. Je vous ai offerte avec vos bons désirs sur le corporal , boss. Lett. Corn. 66. || Au plur. Des corporaux.

— HIST. xV s. Le roy desiroit avoir le corporal sur quoy chantoit monseigneur sainct Pierre, comm. vi, iO. || xvi" s. Les hommes mal vestus, quand ils seroient plieurs de corporaux, si sont-ils à tous coups prins pour espies, desper. Contes, lxxxii.

— ÉTYM. Lat. corporale, de corpus, corps (voy. corps), corps de Notre-Seigneur, hostie; proveuç. corporal; ital. corporale.

jCORPORALIER (kor-po-ra-Iié), s. m. Sorte de bourse dans laquelle on serre le corporal. On dit aujourd'hui bourse.

— ÉTYM. Corporal.

t COKPORALITÉ (kor-po-ra-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est corporel. Il s'obstine à soutenir, dans la trinité, de la corporalité, boss. Avert. 6. Arnobe parle positivement de la corporalité des âmes, volt. Phil. Il, 336.

— ÉTYM. Lat. corporalitas, de corporalis, corporel.

f CORPORATIF, IVE (kor-po-ra-tif, ti-v'), adj. Qui a rapport aux corporations ; qui est de la nature des corporations. Le prolétaire, seul en face de la puissance centuplée du chef d'industrie, a été re-

jeté dans l'incertitude, dans la dépendance d'où le travailleur était sorti peu à peu, au moyen âge, par l'organisation corporative, roulleaux, Sur les coalitions, Courrier de Paris, 8 juin 1860.

— ÉTYM. Voy. corporation.

CORPORATION (kor-po-ra-sion; en poésie, de

cinq syllabes), s. f. Réunion de personnes qui forment un corps ayant des règlements, des droits ou privilèges particuliers. || Association d'ouvriers unis par des droits et des devoirs réciproques. Les corporations d'arts, de métiers. X Rome les artisans libres étaient formés en corporations. || En Angleterre, communauté, ensemble des habitants d'une localité. La corporation de Bristol, c'est le corps des habitants.

— ÉTYM. Mot tiré du bas-latin corporatus, formé en corporation, de corpus (voy. corps).

f CORPORÉ1TÉ (kor-po-ré-i-té), s. f. Terme didactique. Ce qui constitue un corps tel qu'il est. L'âme ne forme des idées spirituelles qu'à l'aide des mots qui en sont les signes, et ces mots prouvent la corporéité de ces idées, bonnet, Ess. psych. Introduction. Il ne nous est pas possible de déterminer ce qui est en la puissance du corps, c'est-àdire ce qui peut sortir du fond de la simple corporéité, par les forces et les seules lois de la nature, boulainvilliers, Réfut. de Spiiwsa, p. 173.

— ÉTYM. Lat. corpus, corporis, corps.

CORPOREL, ELLE (kor-po-rèl, rè-1'), adj.\\ 1° Qui

a un corps, par opposition à spirituel. Dieu n'est point corporel. Que dirait ce dernier sur ces exemples-ci? Que [aux bêtes] la mémoire est corporelle, la font. Fabl. x, 1. La nature intelligente est distincte de la corporelle, desc. Méth. Ce vaste univers que nous appelons monde corporel ou la nature, d'alemb. Encycl. Disc, prélim. Œuvres, 1. 1, p. 238, dans pougens. || Terme de métaphysique. Individu corporel, un corps qui, composé de plusieurs autres, forme un tout, un individu. Ces corps sont dits unis et composent ensemble un tout de certaine figure, qui est un mode de l'étendue solide, que l'on nomme individu corporel ou suppôt, boulainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. (09. || 2° Qui appartient au corps ou qui le concerne. Les infirmités corporelles. Peine, punition corporelle. Le remède d'immortalité lui est ôté, et une mort plus affreuse, qui est celle de l'âme, lui est figurée par cette mort corporelle à laquelle il est condamné, boss. Hist. il, I. 11 prit des épicuriens le principe que, pour expliquer les effets corporels, il ne faut recourir qu'aux corps, rollin, Hist. anc. liv. xxvt, ch. 3, art. 4. Combien l'esprit qui lui découvrait l'avenir le lui montrait-il comme présent et par une lumière aussi infaillible que s'il l'avait vu des yeux corporels! rollin, Hist. anc. t. vin, p. 67), dans pougens. Comme ce sont ceux qui n'ont point de bien, qui attaquent plus volontiers celui des autres, il a fallu que la peine corporelle suppléât à la pécuniaire, montesq. Esp. xn, 4.

— HIST. xn' s. E ainsi les arma non mie d'armes corporaux, mais de bonnes paroles, Hachab. U, 15. Pur amur St-Thomas nus doinst la sue aïe, Que rien ne nus suffraigne à la corporal vie.... Th. le mart. 160. || xni* s. Nuls ne doit affeblir sa corporel sustance Par boivre jusqu'à ivre, ne pas emplir sa panse, i. de meung, Test. 1747. Bone amor doit de fin cuer nestre; Don n'en doivent pas estre mestre, Ne que font corporel solas, la i(ose, 40)5. Quant à la corporel personne, ib. (9230. || xiv s. Ils en ont les richesses et les biens temporels; Senz ce ne puet durer la vie corporelle, Girart de Ross. v. 6313. || xv" s. Il est grant et corporel, par quoy il en est d'autant plus pesant, Perceforest, t. v, f 30.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. corporal; ital. corporale; du latin corporalis, de corpus (voy. corfs).

CORPORELLEMENT ( kor-po-rè-le-man), adv.

|| i" D'une manière corporelle. Punir corporellement. || 2° Terme du dogme catholique. En corps même. Manger, recevoir le corps de Jésus-Christ réellement et corporellement. Où la divinité réside corporellement, mass. Carême, Resp. temples.

— HIST. xm* s. L'espée temporel si est d'autre trempeOre, car par li doit estre fête droite justice sans délai et venjance prise des malfeteurs corporelement, beaum. xlvi, *2. || xiv" s. La nature bien disposée corporelment se esjoït et delette es choses qui sont simplement delettables, orf.sme, Eth. 220.

— ÉTYM. Corporelle, et le suffixe ment.

t CORPORIF1CAT10N (kor-po-ri-fi-ka-sion), s. f. I Ancien terme de chimie. Action de condenser des vapeurs en un corps solide.

— ÉTYM. Corporifier.

CORPORIFIÉ, ÉE (kor-po-ri-fl-é, ée), part, passé.

Vapeurs corporifiées par le froid. C'est ainsi que l'air corporifié dans les substances s'en dégage pendant leur décomposition pour rentrer dans la masse atmosphérique , bonnet, Contempl. nat. v* part, ch. 17, note l.

CORPORIFIER (kor-po-ri-fi-é), je corporifiais, nous corporifiions; que je corporifié, que nous corporifiions, v. a. || 1* Terme de théologie. Supposer, donner un corps à ce qui est esprit. Les hérétique* qui corpori fiaient les anges. || 2° Ancien terme de chimie. Fixer en corps les parties éparses d'une substance. Corporifier du mercure. || 3" Se corporifier, V. rèfl. La terre se corporifié avec les sels et avec les esprits pour la formation des pierres dans la vessie, charras, Pharmac. i, 5 et 8.

— ÉTYM. Lat. corpus, corporis, et le suffixe flcarc, faire.

CORPS (kor; l's ne se lie pas: un corps animé, dites: un cor animé; cependant plusieurs prononcent l's dans ce cas : un cor-z animé), s. m. || 1° Ce qui fait l'existence matérielle d'un homme ou d'un animal, vivant ou mort. Les corps vivants. Les membres du corps. Corps très- bien conformé. Les maladies qui attaquent le corps humain. Un corps souple et agile. Mais garde de toucher ce misérable corps, corn. Médée, v, 5. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place, et on ne voit là que les tombeaux qui fassent quelque figure; notre chair change bientôt de nature; notre corps prend un autre nom; même celui de cadavre, parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps; il devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue, boss. Duch. d'Orl. Que de corps entassés, que de membres éparsl rac. Esth. i, 6. De son corps tout sanglant le misérable reste, id. Eslh. m, 8. X ces mots ce héros expiré N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré, id. Phèd. v, 6. Tout nage dans le sang, et on ne tombe que sur des corps morts, boss. Anne de Gon%. Son époux en cherchait le corps Pour lui rendre en cette aventure Les honneurs de la sépulture, la font. Fabl. xm, 16. Pensez-vous que mon corps, devenu un épi de blé, un ver, un gazon, soit changé en un ouvrage de la nature moins digne d'elle? montesq. Lett. pers. 7(. || N'être qu'un en deux corps , être lié par une étroite amitié. 11 est riche en vertu, cela vaut des trésors; Et puis, son père et moi n'étions qu'un en deux corps, mol. F. sav. il, 4. || Un corps de fer, un homme qui résiste aux plus dures fatigues. || Faire de son corps une boutique d'apothicaire, prendre trop de remèdes, se droguer. || Gagner sa vie, son pain à la sueur de son corps, manger son pain à la sueur de son corps , se procurer par un rude travail ce qui est nécessaire à la subsistance. || Familièrement. Il faut voir ce que cet homme a dans le corps, il faut tâcher de découvrir ses opinions, ses sentiments, et aussi tàter son courage. C'est un homme qui n'a rien dans le corps. || Passer sur le corps d'une troupe ennemie, la renverser. Quoi! vous doutez, dit-il, qu'avec mes huit mille braves Suédois je ne passe sur le corps à quatre-vingt mille Moscovites? volt. Charles XII, 2. || Fig. Passer sur le corps de quelqu'un , obtenir un emploi auquel son rang lui donnait droit, devenir, de son inférieur, son supérieur. On se voit passer sur le corps par des subalternes, mass. Pet. car. Drap. || Familièrement. Faire rentrer dans le corps, faire rengainer, faire taire. Si tu pouvais savoir quel plaisir on a lors De leur faire rentrer leurs nouvelles au corps.... corn. Ment, i, 6. || Avoir le diable au corps, être d'une audace extrême, et encore, être singulièrement habile, ingénieux. Se dit aussi en parlant d'un cheval fougueux. || Honorer de son corps, a été dit par Molière d'un homme qui épouse une femme, quand il croit lui faire honneur en l'épousant; mais dit pour faire ressortir le ridicule du personnage. Et celle que je dois honorer de mon corps, Non-seulement doit être et pudique et bien née; Il ne faut même pas qu'elle soit soupçonnée, mol. Éc. des mar. m, 2. || Un corps mort, un cadavre d'homme ou de femme. Je ne sais ce que c'est, monsieur, mais il me semble Qu'Agnès et le corps mort s'en sont allés ensemble, mol. Éc. des f. v, 5. || X bras-le-corps, loc. adv. En passant les bras autour du corps d'un autre. Il le saisit à bras-le-corps et le retint sur sa chaise malgré lui. La construction est : saisir, prendre le corps à [avec les] bras. || Corps à corps, loc. adv. En attaquant de près son adversaire. Combat corps à corps. Étant forcés de combattre de près, ils mirent tous l'épéeàla main, et alors il se fit un grand carnage; car on se battait corps à corps, et Ion se portait la pointe de l'épée contre le visage les un»

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des autres, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 244, dans pougens. ||Fig. Comment Voltaire ne comprit-il pas le danger d'une lutte corps à corps avec Bossuet et Pascal? chateaub. Génie, m, m, 6. || 2° Plus particulièrement, la partie du corps humain qui est entre le cou et les hanches, le tronc. 11 a un coup d'épée ilans le corps. || X mi-corps, par la moitié du corps. Il était penché à mi-corps par la fenêtre. D'autres animaux à mi-corps, quelquefois des lions en ronde bosse, sont attachés aux bras [de la statue de Diane!, barthêl. Anach. ch. 72. || Terme d'escrime. Plier le corps en avant, en arrière. Plier le corps sur la jambe droite, sur la jambe gauche. Avancer le corps. Effacer son corps. Tenir le corps ferme. Partirdu corps. || Fig.Prendrelelièvre au corps, attaquer, dans une affaire, le point essentiel; locution tirée de la chnsse, le chien prenant le lièvre au corps effectivement. || Terme de manége.On ditqu'un cheval a du corps, quand ses côtes sont amples et longues. || 3° Le corps considéré par opposition à l'âme; la partie sensuelle de l'être humain. Macérer, mortifier son corps.... Dans son premier lustre il est déjà soldat, Le corps attend les ans, mais l'âme est toute prête, cobn. Attila, u, 6. Le ciel n'a point encor, par de si doux accords, Uni tant de vertus aux grâces d'un beau corps, id. Pomp. m, ». 11 y a des gens qui plaisent, quelque défaut qu'ils aient au corps et à l'esprit, la bochef. Max. dans biciielet. Ce sont des filles qui n'ont ni au corps ni à l'âme aucun des défauts dont il est parlé dans les constitutions, patbu, Plaid. )6, dans bichelet. Le corps, cette guenille, est-il d'une importance, D'un prix à mériter seulement qu'on y pense? mol. F. sav. u, 7. C'est cette union admirable de notre corps et de notre âme que nous avons à considérer, boss. Conn. m, 2. Suis-je libre en effet? ou mon âme et mon corps Sont-ils d'un autre agent les aveugles ressorts? volt. 2" Discours. Ce corps vil et mortel est-il donc si sacré Que l'esprit qui le meut ne le quitte à son gré? n>. Ali. v, 3. || Tant que l'âme me battra dans le corps, tant que je serai en vie. || Se tuer le corps et l'âme, se donner beaucoup de mal sans résultat. || Se donner à quelqu'un corps et âme ou de corps et d'âme, se dévouer entièrement à lui. || Faire folie de son corps, se dit d'une femme qui se livre au désordre. Une femme folle de son corps, une femme qui se livre au désordre. || Un corps sans âme, un homme qui ne sait que faire, que devenir Je suis à Paris triste, pauvre et reclus, Ainsi qu'un corps sans âme ou devenu perclus, boil. Sot. i. || Un corps sans âme, se dit aussi d'un parti, d'une armée sans chef. || Familièrement. Il n'est pas traître à son corps, se dit d'un homme qui ne s'épargne rien, qui ne se refuse pas les commodités de la vie. || Dans la justice féodale, on disait que le corps était perdu quand une condamnation capitale était prononcée, par opposition à l'âme qui pouvait toujours être sauvée. Si elle [la partie] était vaincue [en combat judiciaire], elle ne perdaitpointle corps, mais le témoin était rejeté, montesq. Esp. xx, <6. || Fig. Le corps d'une devise, la figure qui y est représentée, par opposition à l'âme de la devise ou mots qui accompagnent cette figure. f| 4° La personne même. Répondre de quelqu'un corps pour corps, se porter garant de sa loyauté. J'en réponds corps pour corps, cobn. le Ment, iv, 9. Je réponds de vous corps pour corps, la font. Oies. |j Faire bon marché de son corps, s'exposer hardiment au péril, ne pas se ménager assez. || Bourreau de son corps, celui qui ne ménage pas sa santé. || Un drôle de corps, un homme original , plaisant. On dit dans le même sens : c'est un plaisant corps. || C'est un pauvre corps, c'est un homme sans esprit ni vigueur. || Fig. Tomber sur le corps de quelqu'un ,Fattaquer vivement en paroles, soit présent, soit absent. || Avoir une mauvaise affaire sur le corps, être impliqué dans quelque affaire compromettante, dangereuse. || La personne du prince. Les gardes du corps. || Terme de jurisprudence. La personne, par opposition aux biens ou aux marchandises. Séparation de corps et de biens. La contrainte par corps. Il ordonna que personne ne serait obligé par corps pour dettes civiles, montesq. Esp. xn, 2). Solon ordonna à Athènes qu'on n'obligerait plus le corps pour dettes, m. Esp. xx, t5. || Le par-corps, la contrainte par corps. Craindre le par-corps. || Terme de marine. Périr corps et cargaison, corps et biens, se dit quand tout périt, vaisseau et marchandises. || A corps perdu, loc. adv. sans ménagement pour sa personne, sans circonspection. Il se jeta à corps perdu dans la mêlée. Il se jeta à corps perdu dans les entreprises. Je te veux découvrir les maux qui sont attachés à cette

DtCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE,

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profession; tu t'y jetteras, si tu veux, à corps perdu, d'ablancourt, Lucien, t. i, dans richelet. || Xson corps défendant, loc. adv. En résistant à une attaque. S'il l'a tué, c'est à son corps défendant. La construction est : à [en] défendant son corps. || Fig. malgré soi, à regret. Je n'y ai consenti qu'à mon corps défendant. Or si parfois j'écris suivant mon ascendant, Je vous jure, encore est-ce à mon corps défendant, Régnier, Sal. xv. Et l'on sait qu'elle est prude à son corps défendant, mol. Tart. I, *. || 5" Bon corps, mauvais corps, bon état, mauvais état de la constitution. Ce roi vit un troupeau qui couvrait tous les champs, Bien broutant, en bon corps.... la font. Fabl. x, tO. || Absolument. Corps, l'embonpoint. Prendre du corps. || Faire corps neuf, se dit du rétablissement après une longue maladie. Cela se dit aussi des chevaux mis au vert. || Terme de fauconnerie. Être trop en corps, se dit d'un oiseau, quand il est trop gras et qu'il vole avec difficulté. || 6° Terme de théologie. II se dit en parlant du sacrement de l'Eucharistie. Recevoir le corps de Notre-Seigneur. || Corps saint, le corps d'un saint. On trouva dans cette église plusieurs corps saints. || Enlever un homme comme un corps saint, l'enlever de vive force et sans qu'il ait le temps de résister. Ainsi écrite, cette locution est inintelligible ; car les corps des saints ne sont enlevés ni de vive force ni sans qu'ils aient le temps de résister; voyez-en l'explication à corsin qui est une bonne orthographe, celle-ci étant tout à fait vicieuse. Aussi, comme on ne comprenait plus la locution, on y a attaché un sens tout opposé et en rapport avec corps saint, c'est-à-dire enlever en pompe et avec honneur, ainsi qu'on le voit par cette phrase d'une traduction de Don Quichotte, citée par leroux de lincy, Prou, t. i, p. 9 : <t On vint le [Sancho] recevoir sous les armes, on l'enleva en pompe comme un corps saint, et on le porta sur les épaules à la grande église. » Mais le fait est qu'en ce sens la locution n'existe ni dans les textes ni dans les dictionnaires. || Corps glorieux, état où seront les corps des bienheureux après la résurrection. || Familièrement et par antiphrase. C'est un corps glorieux, ce n'est pas un corps glorieux, c'est ou ce n'est pas une personne qui reste longtemps sans éprouver certains besoins corporels. || 7° Partie des vêtements qui s'applique à la partie supérieure du corps. Je crois toujours que c'est qu'on voit mes pensées au travers de mon corps de jupe, sév. 75. Il faut lui mettre un petit corps qui lui tienne la taille, id. 27(. Elle paraît en simple déshabillé, sans corps, id. 3. || Corset. Sa santé [de Mme de Chevreuse] ne lui permettait pas depuis quelque temps de mettre un corps, st-sim. 238, <74. Ces modes étaient extravagantes ; c'était un corps qu'on laçait par derrière, volt. Mœurs, 82. Leurs femmes ignoraientl'usage de ces corps de baleine, i. J. rouss. Ém. v. Les bandages du maillot peuvent être comparés aux corps que l'on fait porter aux filles dans leur jeunesse, buff. De l'enfance. || Corps de baleine, ancien corset de femme fait avec des baleines. D'habiles naturalistes ont soutenu que ces espèces de cuirasses (les corps de baleines serrés) pour renfermer et contenir la taille des enfants sont très-pernicieuses, parce qu'elles gênent la nature, la forcent et souvent l'étouffent; ce fut Catherine de Médicis qui en introduisit l'usage en France, saint-foix, Ess. Paris, t. iv, p. 265, dans pougens. ||Corpsde cuirasse. Il leur avait passé un corps de cuirasse, la bbuy. xn. Il 8" Par extension de l'idée de corps d'animal à celle d'un objet quelconque, tout ce qui frappe nos sens par des qualités spéciales. L'air, la terre, une pierre, un arbre, un animal, sont autant de corps. L'impénétrabilité des corps. Le corps n'est autre chose qu'une étendue solide et bornée par une figure qui est une manière d'être de cette étendue, boullainvilliebs, Réfut. de Spinoza, p. 3). Les corps ne sont figurés, mobiles, etc. que parce qu'ils sont étendus, condillac, Grarnm. Précis des leçons préliminaires, art. 4. Il est certain que nous n'avons aucune démonstration de l'existence des corps ; l'auteur célèbre des causes occasionnelles l'avait déjà prouvé ; et les raisons qu'allègue le théologien anglais ne font que mettre cette proposition dans un plus grand jour, bonnet, Essai psychol. ch. 33. Cependant le cerf vole; et les chiens sur la voie Suivent ces corps légers que le vent leur envoie, delille, Homme des champs, l. || En physique, on distingue les corps en solides et en fluides, et ceux-ci en liquides et en fluides élastiques. || Terme de chimie. Corps simples, ceux dont on n'a pu tirer, jusqu'à ce jour, qu'une seule espèce de molécules. Corps composés, ceux qui sont for-

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mes de deux ou de plusieurs espèces de molécules. || Les corps célestes, le soleil, les étoiles fixes, les planète», les satellites et lescomètes. Toute leur félicité consiste en ce qu'elles y entendent l'harmonie que les corps célestes font par leurs mouvements, fonten. Mondes, 3* soir. Le fameux problème que les géomètres ont appelé problème des trois corps, parce qu'il consiste à déterminer l'orbite d'un corps céleste attiré par deux autres , d'alemb. Encycl. Disc, prélim. Œuvres, t. xiv, p. M, dans pougens. || Terme de physiologie. Corps organisé, tout corps ou portion de corps appartenant ou ayant appartenu à un corps vivant, végétal ou animal. || Tt-rmo de chirurgie. Corps étrangers, corps qui sont introduits accidentellement ou qui se développent dans l'économie. || Prendre l'ombre pour le corps, prendre l'apparence pour la réalité. || C'est l'ombro et le corps, se dit de deux personnes inséparables. || Faire corps, se dit des cluses unies ou adhérentes. Le bourgeon fait corps avec l'écorce. || l'ig. Les nouvelles priùres faisaient corps avec les anciennes, boss. Messe. Une magistrature qui ne fait point corps avec les autres, J. i. rouss. Conlr. iv, 6. || 9° Terme de droit. Corps dî délit, fait matériel qui constate le crime. || Corps certain et déterminé, un objet désigné, comme par exemple le cheval qui est dans l'écurie : cela se dit par opposition aux choses de genre. || Corps héréditaire , la masse des biens qui composent une succession. || 10" La partie principale ou la plus grosse de certains objets. Le corps d'un violon, d'une pompe, d'un carrosse, d'un édifice, d'un vaisseau. || Par extension. Ce n'est là que l'ouvrage d'un académicien; si celui de l'Académie était publié, non-seulement il nous résoudrait une infinité de doutes, mais encore il est vraisemblable qu'il affermirait et fixerait en quelque sorte le corps de la languo, pellisson, llist. Acad. t. I, p. 150, dans pougens. || Corps de sonde , ensemble d'allonges ajustées les unes à la suite des autres. || Dans l'écriture, le corps d'une lettre, le principal trait de cette lettre. || Quand on parle d'une lettre missive , le corps d'une lettre est cette lettre sans les compliments, la date, la signature, etc. || En typographie, la dimension de la pièce fondue qui supporte l'œil de la lettre et qui se mesure par points typographiques du côté du cran. Au lieu de trismégiste, gros canon, etc. on dit corps 36, corps 44, en sous-entendant points. || La partie d'un poêle, comprise entre le socle et la corniche. || Terme de serrurerie. La tige d'uno espagnolette. 1111° Collection, recueil de pièces. Le corps de l'histoire de France par les bénédictins. Le corps du droit civil. Dans un temps où chaque ville, bourg ou village, avait sa coutume, donner un corps général de lois écrites , c'était vouloir renverser dans un moment toutes les lois particulières sous lesquelles on vivait dans chaque lieu du royaume, montesq. Esp. xxvm, 37. Dès l'âge de vingt ans, le jeune Montesquieu préparait déjà les matériaux de l'Esprit des lois, par un extrait raisonné des immenses volumes qui composent le corps du droit civil, d'alemb. Éloges, Montesquieu. || 12" Corps de doctrine, ensemble de principes religieux ou philosophiques. || Corps de la conduite, ensemble de la conduite que tient une personne. Lorsque l'œil est simple et éclairé, il répand la lumière sur tout le corps de la conduite, mass. Confér. Conduite. || Terme de jurisprudence. Corps de preuves, réunion de plusieurs sortes de preuves qui toutes ensemble concourent à former une preuve complète. || 13° Epaisseur ou consistance que présentent certaines choses. Ce papier, cette étoffe, ce sirop n'a pas de corps. Un vin qui a du corps, de la force. || Fig. Ce sont viandes creuses qui n'ont pas de corps pour la sustenter, boss. Bonté, 2. Il faut donner du corps à toutes les instructions qu'on veut insinuer dans l'esprit de l'homme, pên. xxi, 4». || 14° Réunion de personnes vivant sous les nu' lois. L'État est un corps politique dont le souverain est le chef. L'Église est un corps mystique dont J. C. est le chef. X moins que d'une tête, un si grand corps chancelle, corn. Othon, ni, 2. Le corps politique, aussi bien que le corps de l'homme, commence à mourir dès sa naissance et porte en luimême les causes de la destruction, J. i. rouss. Contr. soc. m, H. Le corps politique, pris individuellement, peut être considéré comme un corps organisé vivant, semblable à celui de l'homme, id. Économie polit. Le corps entier du peuple n'affecte, ne flatte ni ne dissimule, montesq. fioro. M. Vois l'empire romain tombant de toutes parts, Ce grand corps déchiré dont les membres épar» Languissent dispersés sans honneur et sans vie,

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volt. Fanât, n, 8. Il est venu de tous les États ne former qu'un corps, mass. Car. Immut. Pour faire de tout un même corps, boss. Hist. n, t3. Les Juifs demeurent toujours en corps de peuple, in. ib. H, 7. || Le corps de l'Église, l'ensemble des fidèles. La profession du christianisme suffit pour faire partie du corps de l'Église; ce qu'il avance contre M.Claude, qui ne compose le corps de l'Église que de vénérables fidèles, boss. Variai, i'averl. § (.C'était un corps d'église qu'il fallait montrer, un corps où l'on prêchât la vérité et où l'on administrât les sacrements, boss. Variât, xv, § 6. || 15° Compagnie qui, réunie par un certain lien , a une existence et une fonction dans l'État ou dans l'Église. Le corps du clergé, de la noblesse. Les grands corps de l'État. Le corps législatif. Ce grand corps tous les ans change d'âme et de cœurs, C'est le même sénat et d'autres sénateurs, corn, 'file et Bérén. v, 2. Son inimitié Voulut de ce grand corps retrancher la moitié [des janissaires], eac. Baj. i, t. Les grands corps s'attachent toujours si fort aux minuties, aux vains usages, que l'essentiel ne va jamais qu'après , montesq. Lell. pers. 409. De sorte que tout notre corps est responsable des livres de chacun de nos pères [jésuites] , pasc. Prov. 9. Un si grand corps [l'ordre des jésuites] ne subsisterait pas dans une conduite téméraire et sans une âme qui le gouverne et qui régie tous ses mouvements, l'Asc. l'rov. 6. Quel parti prenez-vous dans la querelle des deux médecins, Théophrasle et Artemius? car c'est une affaire qui partage tout notre corps, mol. Amour méd. il, 3. Les corps, aussi peu infaillibles que les particuliers, payent comme eux le tribut à l'erreur et à la fragilité humaine, d'alemb. Éloges, J. Test, de Jlauroy. || Corps constitués, les divers tribunaux ou administrations, par opposition soit au corps delà nation, soit au corps législatif ou constituant. || En droit, collection d'individus qui a une existence légale, exerce des droits propres, pris par opposition aux personnes individuelles. || Le corps de ville. les magistrats de la municipalité. Pierre le Grand reçut les respects du corps de ville, volt. Hussie, II, 8. || Le corps diplomatique, les ambassadeurs et les ministres étrangers. || Corps de métier, réunion des ouvriers d'un même état. || Corps d'état, réunion des personnes d'un même état. || Esprit de corps, opinions bonnes et mauvaises communes aux divers membres d'une corporation. Ce n'est pas seulement dans le militaire qu'on prend l'esprit de corps, ;. j. bouss. Ém. iv. Hélène, la plus célèbre des belles, à laquelle vous devriez, madame, par le même esprit de corps, vous intéresser aussi bien qu'à la dixième muse, p. l. cour. I, 21. Admis enfin, aurai-je alors Pour tout esprit l'esprit du corps? bërano. Académ. et Cav. || Repas de corps, repas d'apparat où se réunissent les membres d'un corps. || En corps, toc. adv. En masse, collectivement. Et le sénat en corps vient exprès d'y monter, Pour jurer sur vos lois, aux yeux de Jupiter.... corn. Othon, v, to. Toute la ville en corps reconnaîtra ce zèle, mol. l'Étour.iu, 2. La faculté a été consultée en corps, boss. Cornet. || 16» 'ferme du langage militaire. Corps d'armée, grande division d'une armée. Le troisième corps d'armée, ou, simplement, le troisième corps prit position. Corps de bataille, la partie centrale de l'armée. Corps de réserve, corps tenu en arrière pour être appelé au besoin. 11 formera un grand corps d'armée, pasc. Proph. 26. Il paraît que les Asiatiques ont été des siècles avant de savoir diviser une armée en différents corps, condillac, Hist. anc. l, 18. Un général d'armée n'emploie pas plus d'attention à placer sa droite ou son corps de réserve.... montesq. I.elt. pers. -HO. Ses ordres de mouvement avaient été exécutés avec une telle précision, que tous ces corps, partis du Niémen à des époques et par des routes différentes, malgré des obstacles de tout genre, après un mois de séparation et à cent lieues du point où ils s'étaient quittés, se trouvèrent à la fois réunis à Beszenkowiczi, où ils arrivèrent le même jour et à la même heure, ségur, Mit. de Nap. iv, 7. || Un corps d'infanterie, de cavalerie. Il est aimé dans son corps. Il a rejoint son corps, il a rejoint son régiment. Chaque corps ennemi qui se présenta sur nos flancs comme assaillant fut assailli ; la cavalerie fut refoulée dans le bois, et l'infanterie rompue à coups de sabre, ségur, Mst. de Kap. IV, 7. || L'ensemble de ceux qui appartiennent à certaines armes spéciales. Le corps du génie. Le corps d'artillerie. Nos dragons, notre corps d'artillerie, volt. Lett. lime de St-Julien, 21 sept. -1770. || Corps francs, petits corps de troupes qui n'appartienpent pas Tt la ligne, qui d'ordinaire ne reçoivent pas de solde, et qui souvent ont un caractère' insurrection-

nel. || Dans l'ancienne armée française les premiers corps d'infanterie étaient les régiments des gardes françaises et suisses ; après marchaient les six vieux corps, qui étaient les régiments de laplusanci créntion, Picardie, Piémont, Champagne, Navarre, Normandie et le Maine; ensuite les six petits vieux corps , qui portaient chacun le nom de son colonel. || Corps de garde, petite troupe qui monte la garde. J'aime les sobriquets qu'un corps de garde impose; Ils conviennent toujours.... la font. Ballade, sur le nom de Louis le Hardi. || Lieu où se tient cette petite troupe. Il Plaisanteries de corps de parde, plaisanteries grossières. Les quolibets que je hasarde Sentent un peu le corps de garde, la font. lett. xxm. || Habitudes de corps de garde, se dit d'habitudes de sans-gêne, comme fumer, se coucher nonchalamment, etc. || 17° Corps d'harmonie, se dit quelquefois d'un corps de musique militaire. || Le corps de ballet, la troupe des danseurs qui exécutent un ballet, par opposition à ceux qui dansent un pas. Corps de ballet désigne aussi la troupe des danseurs. || 18° Corps de logis, la masse ou la partie principale d'un bâtiment, considérée séparément des pavillons ou ailes. Quand l'architecte travaille au corps du bâtiment, s'il ne songeni à la cour ni au portail, son ouvrage n'est qu'un assemblage confus de parties magnifiques qui ne sont point faites les unes pour les autres, fén. Tél. xxn. Trois corps de logis, formant avec l'église un carré long, composent l'édifice des Invalides, cuateaub. Génie, m, i, 6. || Corps de logis simple, celui qui ne renferme qu'une pièce ou qu'une seule suite de pièces. Corps de logis double, celui qui, dans son épaisseur, renferme deux pièces ou une suite de pièces. || Corps de logis se dit aussi d'un édifice détaché de l'édifice principal. Il occupe un petit corps de logis au fond du jardin. || 19° Terme d'architecture. Corps, tonte partie qui, par sa saillie, excède le nu du mur et sert (le champ à quoique décoration. || Terme de construction hydraulique. Corps mort, pièce de bu.s pour assujettir les mâts au fond de l'eau. || 20° Terme de marine. Corps mort, objet établi solidement sur le rivage ou sur le fond d'une rade pour l'amarrage des navires. || Corps de voile, voile principale. || Corps de pompe, l'ensemble des pompes principales. || Corps de voilure, la voilure entière. || Corps organisés, nom des équipages de ligne et des compagnies d'ouvriers mécaniciens. || La partie d'un bateau de pêche comprise depuis le mât jusqu'à peu près les deux tiers de sa longueur, tant à l'avant qu'à l'arrière. || 21° Terme d'anatomie, nom de certaines parties. Le corps calleux. Le corps vitié. || La partie principale de chaque os ou de chaque muscle. Le corps du sphénoïde. Le corps du fémur. Le corps du triceps fémoral. ||Le corps jaune, petite vésicule qui est dans l'ovaire. || 22° Terme de botanique. Le corps ligneux, le bois, la partie de la tige comprise entre la moelle et l'écorce. || Corps cotylédonaire, les cotylédons rapprochés et soudés, de manière à ne faire qu'un seul corps. || 23° Terme de numismatique. Se dit de toutes les figures empreintes sur les médailles. || 24° Terme de gravure. La largeur et l'épaisseur de la partie du burin qui est aiguisée en losange. || Terme de peinture. Corps percé, couleur claire placée sur une autre couleur claire.

— HIST. x* s. Bel avret [elle avait] corps, bellezour anima, Eulalie.

— xi* s. Home qui plaide en curt, à cui curt que ço soit, fors là où li cors le rei est.... L. de Guill. 28. Gent ad le cors et contenance fiere, Ch. de Roi. ïiii. Je conduirai mon cors [ma personne] en Roncevauz, ib. lxix. Franceis descendent, si adoubent lur cors, ib. cxxxiv. Li amirals on jure quanqu'il puet De Mahomet les vertuz et le cors, ib. ccxxxiv.

— xn° s. Et ton saint cors livras à la passion, Ronc. p. 48. Outre, cuivers! [que] li cors Dieu te honnie, ib. p. 68. Dusque je soie de vostre cors [sur votre personne] vengez, ib. p. Hi7. Car je mon cors de traïson defent, ib. p. tsi. Mais [ils] n'i voient rien qui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton, Couci, II. Et i beaus bras et son cors' bel et gent, ib. v. Comment me puet li cuers au cors durer Qu'il ne s'en part? ib. xxn. Se par bataille ne me puis esploiiier Toi cors à cors encontre un chevalier, Li coronemens Looyi, v. 2353. Si m'est au cors une autre amour emprise, Qui me requiert et allume et esprent, quesnes, Romancero, p. 90. Qui puis derraisna [défendit la cause de] France cors à cors à [contre] liroier, Sax. iv. De tout vostre gaain ne vous demant-jemie Forsli corsHelissant [la personne d'IIelissant], ib. vu. Et si dui filocis et sa famé au cors gent ib. xn. Jofroizli Angevins se dresse eu sou es-

tage; Bel chevalier iot de cors et de visage, ib. xxvi. [Que chaque baron aille chez soi] Pour aprester ses homes, son cors et son afaire, ib. xxxi.

— xiii° s. Et mande à tous ceus de l'os, et à petis et gran . cors [sa personne] meismes ira avecques vous en la terre d'outre mer, villeii. il. Et d'autre part del l/ras saint Jorge ne tenoient Tors que seulement le tors de la cité, in. cl. Et li Venicien leur firent marchié plenteureus de toutes choses que il convenoit à cors d'ome et à cors de cheval, ib. xxxm. Mainte ame en lu de cor sevrée et départie, ller(e, il. Après [ils] le marièrent pour son cor [sa personne] honorer, ib. ni. C'ert [c'était] la fille à la serve, ses cors soit lui [à elle] honnis, ib. v. Or soit Diex de mon cor et de m'.ime gardere, ib. xvm. X Dieu [elle] s'est comandée et au cor [de] saint Denise, ib. xxxi. [II] n'ot plus d'hoirs de son cor fors Berte la courtoise, ib. lxii. En la serve [il] avoit mis cuer et cor et désir, ib. lxiii. Dont [donc] ne lui faites mie du cor la vie oster, ib. xcvn. Plus [j'J eusse vo cor [voire personne] honoré et servi, ib. cxvm. D'un samit portret à oysiaus, Qui ère tout à or battis, Fu ses cors richement vestus, la Rose, 826. Et aussi quant feme est dampnée à perdre le cors par jugement, et ele dit que ele est grosse, li jugemens ne doit pas estre l'es ne mis à execussion, beaum. vu, 12. En tel cas doit estre fête recreance à cix qui poent bai Hier bons pièges, cors por cors, de revenir à jor et de penre droit, lu. LVin, (8. Li rois ne cil qui tient en baronnie ne doivent lever nul ronci de service, | qu'il poent penre les cors armés et montés toutes les fois qu'il veulent et qu'il en ont mestier, id. xxvm, 9. Selon le [la] coustume, nus cors d'onime n'est pris por dette , s'il n'a par letres son cors obligié à tenir et à mètre en prison, ID. xxiv, t^. Li Sarrazins distrent que il n'en feroient riens, se en ne leur lessoit le cors [la personne] le roy en gage, joinv. 237. Nous trouvâmes que le roy son cors [de sa personne] avoit fait enfouir les cors des crestiens que les Sarrazins avoient occis, ID. 278. À Ponneur du vrai cors saint, id. 192.

— xiv° s. En un champ de bataille, corps à corps, per à per, Guescl. 2397. Vassaus, dist Polibans, tu scés d'encanterie, Qui desarmés te veus combatre, à cheste fie [à cette fois], Contre mi corps à corps; tu penses à folie, llaud. de Seb. xi, 263. Les exposans trouvèrent un jeune homme couchié sur l'autel de la Magdalaine, où l'en chante et célèbre continuelement le corps nostre Seigneur,

DU CANGE, Corpus.

— xv" s. Qui garde le corps ne garde rien, froiss. n, H, 200. Dont le roi eut si grand joie de sa venue [messire Jean de Hainaut] qu'il le retint pour son corps et de son plus privé et especial conseil, in. i, 1, 209. A l'un des lez de la ville sied le ebastel; au corps de la ville estoient le comte d'Eu et de Ghines, id. i, i, 27(. Ils ne cuidoient mie que nul François corps à corps s'osast combattre contre un Anglois, m. Il, il. 6(i. La tierce bataille eut le roi pour son corps [de sa personne], m. i, i, 284. Et fut délivrée à Mgr Jean de Hainaut une abbaye de blans moines pour son corps et son tinel tenir, m. i, i, 30. Or avint ainsi que messire Henri de Flandre, en sa nouvelle chevalerie, et pour son corps avancer et accroistre son honneur, se mit un jour en la compagnie de plusieurs chevaliers, id. i, i, 86. Et s'elle veult aller au corps [enterrement] De Gautier, Hersant ou Jehannette, elst. dbsch. Poésies mu. f° 496. Et que sa femme soit de corps [serve], iD.i'6.f°66<. Maulditsoit mon corps, se vous ne vous repentez de la parolle que avez dicte, Lancelot du lac, t. n, f" -H6. Le pauvre corps de luy n'aura jamais repos, fors tribulation et peine, le» \ b joyes du mariaige, p. 106, dans lacurne.

— xvr s. La contemplation embesongnenostreame à part du corps, mont, i, es. Avoir encores vingt ans dans le corps, id. i, 73. Jeu en cognoissois pas seulement le nom [do ces livres), nynefoys encores le corps, id. i, 196. À corps perdu, m. I, 264. Ilportoit un corps de cuirasse soubs un habit de religieux, m. i, 309. Un ceps d'ennemis, m. il, G. Les autres, luy donnans de loing de grands coups de piques, luy faulserent son corps de cuinice, amïot, Pilop. t;o. II accusa tout le corps de la ville, ne plus ne moins que si c'eust esté une seule personne privée, du meurtre commis, in. Cimon. 4. Les assiegeans firent un grand retranchement bien tenaillé, avec platle forme et cazemattes, par lequel (comme on dit en telles choses) ils mirent ce corps de logis hors,i>"AUU. llisl. 11.164. Ils n'avoient qu'un corps de logis, qui ne pouvoit attendre un canon, id. ib. (93. Ils ne preuoient de l'eau bemsteen entrant en l'église

COR

cor

Ci!

qu'eu leurs corps deffendaat, Satyre Vin. p. 70. Un corps [corset] de for, un pourpoint contrepointé, afin de tenir le corps droit et menu, paré, Introd. n. Une once de suc de laictuo et de marelle, avec un peu de cire pour luy donner corps, m. xxi, 2. Corps vuide, ame désolée; Et bien repeu, aine consolée, le roux m-: LiMcv, Prov. t. i, p. 212. Ce que n'entre au corps Entre aux manches ou aux bonis, in. t'6. Et est entendu le corps de la ehastellenie la principale ville ou le principal bourg d'icelle, et les branches sont les autres lieux, Cousl, gén$r. t. u, p. 123. Ce feu estait an corps d'hoetel do devant, ['Amant ressuscité, p. 524, dans lacurne. lion chasteau garde qui sçait son corps garder, cotgrave, Homme endormi , corps enseveli , U), Quand les biens viennent, les corps l'aillent, 10. Dans les livres de la discipline militaire de Langey vous ne trouverez ny corps de garde ny sentinelle, aies au lieu du premier il l'appelle guet, et le second estre aux escoutes, pasquier, Recherches, p. 662, dans

LACURNE

— ÉTYM. Provenç. cors; espagn. cuerpo; ital. corpo ; du latin corpus; comparez le celtique : gaél. mrp; irland. cuirp; cornw. coref; kymri, corf, cwrf; bas-hret. corf; d 'après Bufnoilf, Vnçna, p. cxiX et p. (37, le même que 1 rpo, corps, sanscrit kripita, ventre. Plans l'ancien français, le nominatif est (t cors, et le régime, par une faute devenue habituelle, le cors, aussi avec Ys; cependant quelques textes ont la forme régulière le cor.

CORPULENCE (kor-pu-lan-s'), s. f. La grandeur et la grosseur de l'homme considérées ensemble. Cet homme est d'une grosse, d'une petite corpulence. Quelque garçon d'honnête corpulence, la font. Mandr. Être jeune, bien fait, de large corpulence, Hauterochë, App. trompeuses, m, 4. Il en est même [des oiseaux de proie] qui, malgré leur grosse corpulence, chassent encore avec assez do légèreté et d'adresse, et c'est ce qu'on remarque en particulier dans le gros oiseau de nuit nommé le grandduc, bonnet, Contempl. nat. <2'part. ch. 28.

— HIST. xv s. Il n'est mie moult haut de corpulence, ni aussi des moindres, Bouciq. iv, ch. t. || xvi* s. De la sorte elles rendoient leurs enfans plus délivres de leurs membres, mieulx formez et de plus belle et gentille corpulence, amyot, Ijjc. 32. Le soudard de seiche corpulence, id. Comm. il faut nourrir les enfants, 23. S'il est délicat et de petite corpulence et rare, ou robuste et charnu et dense, Pars, Introd. 22.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. corpulrncia; ital. cnrpulcnsa; du latin corpulentia, de corpulenlus, cor ailent. Le genevois dit corporance, usité aussi dans !e xvi' siècle : Car on dict, veu sa corporance, Que c'eust esté un maistre bœuf, marot, Épit. de Jehan h Veau.

CORPULENT, ENTE (kor-pu-lan, lan-t'), adj. Qui a beaucoup de corpulence. Un homme gros et corpulent. Une femme corpulente.

— HisT. xv s. Mais estent corpulent, bien croisé et bien formé, fors de bras et d'eschine, ciiastel. Linge de Charles le Hardi. || xvi's. Telle semence n'est point espaisse et corpulente, ains liquide et de nature d'eau, paré, xviii, 45.

— ÉTYM. Provenç. corpulent ; espagn. et ital. torpulento; du latin corpulenlus, de corpus (voy. Corps).

t CORPUS (kor-pus'), s. m. Ternie latin employé pour signifier la collection du droit romain. Le corpus juris, ou, simplement, le corpus.

— ÊTYM. Voy. coups.

CORPUSCULAIRE (kor-pu-sku-lê-r'), adj. Qui est relatif aux corpuscules ou atomes. || Philosophiacorpusculaire, système de physique, où l'on explique les phénomènes par le mouvement, le repos, la position, l'arrangement, etc. des corpuscules. Ce n'est pas qu'il ne regardât la philosophie corpusculaire ou mécanique comme la seule légitime, mais on n'est pas cartésien pour cela, fonten. I.eibnitz. Quoi qu'il en soit, on ne peut abandonner la philosophie corpusculaire sans tomber clans des pensées qui '» seront, si l'on veut, spécieuses, nobles, brillantes, 1 mais à qui il manquera de la clarté, fonten. Poli. ' Ce qu'on appelait il y a quelques années la philosophie corpusculaire, volt. Dial. xxix, 10.

— ÉTYM. Corpuscule.

CORPUSCULE (kor-pu-sku-1'), s. m. Terme de physique. Corps d'une extrême ténuité. Pour revenir à notre chien, cet être infini ne peut-il pas avoir fait des ressorts si délicats, que les corpuscules qui sortent de ce lièvre, touchant ces ressorts, les fassent agir en sorte que cela les tire vers le lièvre'? •jfén. xix, 410. L'intérieur de mon caifjs ne peut

fctro pénétra qu i par i suies très di

voi.t. Dial. vu, 2. On découvre, dans riiilïi sortes d'infusoires, des corpuscules vivani

rements et leurs diverses apparences no pernt guère de ne pas regarder comme do vrais animaux, BOMNET, l'ulinuén. phil. f>' part. ch. 2. t dans la mer qu'on observe un nombre infini de corpuscules phosphoriques, bern. de st-p. lliirm. liv. v, Htirm. anim. [| Corpuscules aériens, poussière très-fine tenue en suspension dans l'atmosphère et devenant visible quand un rayon de par une ouverture étroite, dans un lieu obscur,

— ÉTYM. I.at. coryusculum, diminutif de corpiu (voy. corps).

t COHPUSCULISTE (knr-pu-sku-li-st'),s. m. Terme didactique, l'artisan do la physique et do la philosophie corpusculaires,

— ÉTYM. t'orpn seule.

fCORRADOUX (ko-rra-dou) ou COURRADOUX (kou-rra-dou), s. m. Terme de marine. Espace compris entre les deux ponts d'un vaisseau.

— ÉTYM. Ancienne forme pour corridor.

f CORRE (ko-r') ou CORRET (co-rè), s. m. Terme de pêche. Sorte de filet.

— ÊTYM. Provenç. corn (dans DuCange), qui paraît dériver de currere, courir, parce que, le filet ayant été jeté selon le courant de l'eau, on le ramène par un long circuit au lieu où il avait été jeté.

t CORREAU (ko-rô), s. m. Ancien terme de marine. Bateau qui servait à décharger les navires.

CORRECT, ECTE(ko-rrèkt, rrè-kt'; le et se prononce; Chifllet, Gramm. p. 208, l'indique dans le xvu« s. ; le pluriel se prononce comme au singulier: des auteurs corrects et élégants, dites: des auteurs ko-rrè-kt et élégants; mais comment faudrait-il prononcer: ôvous corrects auteurs...? ko-rrè-kt-z auteurs serait bien dur; ko-rrè-kt auteur serait le plus conforme aux anciennes habitudes; mais la prononciation la meilleure serait de prononcer corrects comme respects, c'est-à-dire co-rrè, comme rè-spè), adj. || 1" Qui a de la correction, c'est-à-dire une forme exacte et pure. Copie, écriture correcte. Dessin correct. Un peintre correct. Boileau, correct auteur de quelques bons écrits, volt. Ép.xcv. Il est aisé d'être plus correct que Fénelon, mais il est difficile de penser mieux que lui, condillac, Art d'écrire, ni, 2. Quinault, méprisé par Despréaux si injustement, est non-seulement le plus naturel et le plus tendre de nos poètes, mais le plus pur et le plus correct de tous, d'alemb. Dial. poésie et philos, t. iv, p. 168, dans pougens. || 2° Conforme aux règles. Phrase, locution correcte. || 3° Adverbialement. Il faut parler correct, sév. 660. Cette phrase de Mme de Sévigné paraît une imitation de Rabelais.

— HIST. xvi's. Vous parlez à ceste heure correct, ainsy parferas, jamais ne serez hereticques, rab. l'ont, v, 8. Il voulut aussi avoir l'Iliade d'Homère de la correction d'Aristote, que l'on appelle la correcte, comme ayant passé soubs la verge, amyot, Alex. 10

— ÉTYM. Latin correelus, part, passé de corrigerc; ital. corretto (voy. corriger).

CORRECTEMENT (ko-rrè-kte-man), adv. D'une manière correcte. Parler, écrire, dessiner correctement. I.aSophonisbede Mairet est plus correctement écrite [que celle de Corneille] , quoique antérieure de pies de quarante ans, volt. Lett. llichelieu, 5 juil. <7"3. Parlez toujours correctement devant eux [les enfants], faites qu'ils ne se plaisent avec personne autant qu'avec vous, et soyez sûrs qu'insensiblement leur langage s'épurera sur le vôtre, sans que vous les ayez jamais repris, J. J. noess. cm. I.

— HtST. xvi" s. Vivre correctement, amyot, Comm. dise, le flatt. 53.

— ETYM. Correcte, et le suffixe ment.

CORRECTEUR (ko-rrè-kteur), s. m. || l°CeIui qui

corrigi i recteur. || Titre du supérieur dans

quelques ordres religieux, tels que les minimes. || 2° Correcteur d'imprimerie, celui qui lit les premières épreuves pour corriger les fautes d'impression. Le roi et Mme deMaintenon trouvèrent mauvais que M. de Chevreuse eût fait le personnage de correcteur d'imprimerie, st-sim. 45, 15. || 3" Correcteur des classes, c'était, dans les collèges, un garçon qui fouettait les écoliers. || 4" Anciennement, nom de certains officiers de la chambre des comptes.

HIST. XV s. Doivent les corrigeurs et maistres

ou païens des jueunes faire comme le bon médecin, christ, de pisan, Ilist. de Charles V, part, i, ch. il. || xvr> s. Si ceste modération n'est diligemment gardée, il y a danger que de correcteurs nous ne devenions bourreaux, calvin, Inslit. 983. Ce censeur

ni correcteur des aultres, Calon, a esté reproché d* bien boire, mont, h, 14,

— ÊTYM. Provenç. corrector ; liai.

com ttore; du latin correctorem, ùecorreclum, supin

:':'irri' (voy. CORRIGER).

t t. CORRECTIF, 1VE (ko-rrè-ktif, kti-v'), adj.

Qui a la vertu de corriger. Saint Clément d'Alexandrie proposait en ce lieu les châtiments qui sont de deux sortes: châtiments correctif ou, par 00 quant, temporels, et châtiments de vengeanco, boss. dans le Dict. de dociiez.

— HIST. xvi* s. Un si ancien et long usage [de l'année avant la correction faite par ordre du pape Grégoire] me vendique et rappelle à soy; je suis contrainct d'estre un peu hérétique par là; incapable de nouvelleté, mesme correctifve, mont, iv, (57.

— ÊTYM. Voy. correction.

2. CORRECTIF (ko-rrè-ktif), s. m. || 1° Ce qui corrige, tempère. Le sucre est lo correctif des acides. || Terme de pharmacie. Ce que l'on mé-

dicament pour en adoucir ou en modifier l'action. || 2°Kig. Ce par quoi l'on corrige; termes par lesquels on adoucit ce qu'il y a de trop dur ou d'excessif dans l'expression. Ce dernier mot de ma lettre servira, s'il vous plaît, de correctif au premier, balz. liv. vu, lett. 13. Il ne faut point s'arrêter à certains petits correctifs qu'ils sèment deçà et delà dans leurs écrits, boss. Or. I. Ces passages ont leurs correctifs, m. Lett. abb. (13. Les correctifs qu'ils apportaient aux excès des autres, id. For. u. La fermeté, c'est le correctif d'une lâche et molle condescendance, bourd. Pensées, t. u, p. 472. Le cardinal de Noailles et sept évoques ne voulurent ni de la bulle ni île ses correctifs, volt. Louis. XIV, 37. On ajoute qu'il est d'une âme noire de ne louer personne sans un petit correctif, et que, dans cet ouvrage dangereux, nous n'avons jamais manqué de faire quelque égratignure à ceux que nous avons caressés, volt. Temple du goxlt, lelt. d Cideeille.

— HIST. xvi' s. On le mistionne avec certains correctifs, comme moyeux d'œufs, vin, etc. r

xxi y, ch. compl.

— éTi'm. Correctif i.

CORRECTION (ko-rrè-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || i" Action de corriger ou do changer en mieux. Fairo des corrections à un devoir de grammaire, à une pièce de théâtre. La correction des défauts, ries abus, des erreurs. Ce critique a fait une très-bonne correction tlans un ge corrompu de Cicéron. Le théâtre a une grande vertu pour la correction, mol. Préf. du Tart. Dieu l'avait élevé comme un signal à tous ceux qu! aiment la correction des mœurs, flEcii. l'anég. u, p. 297. Ôtons l'impiété, et la joie sera sans mélange; ne nous en prenons donc pas à la dévotion, mais à nous-mêmes, et n'y cherchons du soulagement que par notre correction , pasc. l'< n part. H, art. 17. On sent les abus anciens, on eu voit la correclion; mais on voit encore les abus de la correction même, montesq. Espr. Préface. || Les changements mêmes qu'on fait à un ouvrage d'esprit ou d'art. Les marges de ses manuscrits sont chargées de corrections. Rien n'est plus propre à former le goût que de démêler, dans les corrections d'un grand écrivain, le motif des arrêts qu'il a prononcés contre lui-même , d'alemb. Éloges, Despréaux. || Recevoir une pièce de théâtre à correction, la recevoir à la condition que l'auteur y fera des corrections. || Terme d'imprimerie. La correction des épreuves, action d'indiquer les fautes do composition ou les changements à faire au texte avant lo tirage. Cette épreuve a très-peu de corrections. Correction se dit aussi, en parlant de celui qui corrige, de l'action de faire disparaître ces fautes. || Terme d'astronomie et de physique. Quantité qu'il faut ajouter à une observation, à uno mesure, etc. ou en retrancher, pour obtenir le vrai résultat. || Terme de marine. Corrections des routes, corrections qu'on applique à la route et au rumh de vent, pour avoir une détermination plus précise du point d'arrivée. || 2° Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur semble se reprendre peur rétracter plus ou moins ce qu'il a dit. || Sauf correction, sous correction, locution dont ou se sert pour modifier ce qu'on vient de dire. Il me semble, sauf correction, que ceci ne vous regarde pas, p. L. cour. Lett.i, ai. Je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps, mol. l'Av. i, 3. [| 3° Ternie de pharmacie. Opération où l'on fait usage d'un correctif pour tempérer la force de certaines substances. || 4° Réprimande, admonition. Qu'il faut mettre le poids d'une vie exemplaire X ces correction» qu'aux autres on veut faire, mol.

COR

Mis. ni, 6. Combien de désordres a-t-elle arrêtés moins par la force de ses corrections que par la persuasion de son exemple ! flécii. Marie-Thér. La délation la plus infâme, la superstition l'appelle correction fraternelle, volt. Phil. n, (28. || 5° Punition, châtiment. Cela mérite correction. Il a subi la correction. || Maison de correction, lieu destiné à enfermer par autorité publique les personnes dont la conduite est déréglée, et, aujourd'hui, les enfants acquittés pour défaut de discernement. || 6° Autorité, pouvoir de réprimander, de corriger. Les enfants sont sous la correction du père. || 7° Forme exacte et pure. La correction du stylo, du dessin. [Un peu d'écume] objet informe, qui ne demande qu'un peu de couleur blanchâtre, sans aucune figure précise, ni aucune correction de dessin, fén. Exist. s. || 8° Autrefois, bureau où travaillaient les correcteurs des comptes.

— hist. xv* s. Et n'osoit nul homme de la nation d'Audenarde aller sur les murs de la ville; autrement, qui y fust trouvé, il estoit de correction au point de perdre la teste, froiss. Il, n, 465. Je dis, cher sire, sauve la correction de votre noble conseil, que.... m. il, n, 4 94. Sire, ce dit le Moine de Basele, je parlerai puisqu'il vous plaist, sous la correction de mes compagnons [ils avaient exécuté ensemble l'ordre d'aller examiner les dispositions des ennemis], id. i, i, 286. Comment voyons-nous les jeunes gens adouler et entrister, quant correction leur est présentée, christ, de pisan, Hist. de Charles V, i, 40. Sire, dist Estonné, je vous diray soubs la correction de vous et de Dagon.... Perceforesl, 1. 1, f° 98. || xvi' s. Cela, sauf votre correction, se doit entendre des jeux de repos, yver, p. 598. Il voulut aussi avoir l'iliade d'Homère de la correction d'Aristote, amyot, Alex. 40. Il escrivit bien aigrement et en grande cholere aux Macédoniens qui avoient accepté la correction [modification] du serment, id. Eumènes, 24. Pour sa meschanceté il avoit la mesme correction [ostracisme] que l'on donnoit aux plus gens de bien pour leur grandeur, id. Nicias, 2t.

— ÉTYM. Provenç. correetio; espagn. cor'eccion; ital. correzione; du latin correctionem , de correctus, part, passé de corrigere (voy. corriger).

t CORRECTIONNALISER (ko-rrè-ksio-na-li-zé), v. a. Terme de pratique. Donner à une affaire le caractère correctionnel. Correctionnaliser un crime.

— ÉTYM. Correctionnel.

f CORRECTIONNALITÊ (ko-rré-ksio-na-li-té), x. f. Terme de pratique. Qualité d'une affaire correctionnelle.

— ÉTYM. Correctionnel.

CORRECTIONNEL, ELLE (ko-rrè-ksio-nèl, nè-1'),

adj. Terme de jurisprudence criminelle. Qui appartient aux actes qualifiés de délits par la loi, par opposition aux crimes et aux contraventions. Tribunal de police correctionnelle. Peine correctionnelle. Toutes les peines qui sont de la juridiction correctionnelle, montesq. Espr. xu, 4. || Populairement, la correctionnelle, s. f. Le tribunal de police correctionnelle.

— ÉTYM. Correction.

t CORRECTIONNELLEMENT (ko-rre-ksio-nè-leman), adv. D'une manière correctionnelle; devant un tribunal correctionnel. Poursuivre correctionnellement. Si un castor est surpris en maraude sur le territoire d'une tribu qui n'est pas la sienne, il est conduit devant le chef de cette tribu et puni correctionnellement, chateaub. Amer. 7.

— ÉTYM. Correctionnelle , et le suffixe ment.

f CORRECTIVEMENT (ko-rrè-kli-veman) , adv. De manière à corriger; comme correctif.

— ÉTYM. Correctire, et le suffixe ment.

t CORRECTRICE (ko-rrè-ktri-s') , s. f. La supérieure d'un couvent de religieuses minimes, et celle du tiers ordre de St-François de Paule.

— étym. Correcteur.

CORRÉGIDOR (lo-rrè-ji-dor), s. m. En Espagne, le premier officier de justice d'une ville, d'une province. Un cacique, un corrégidor formaient le corps militaire et civil des réductions, chateaub. Génie, îv, 4, 5. Onze corrégidors, répandus dans la pro-

i vince, sont chargés, sous ses ordres, des détails

| de l'administration, raynal, llist. phil. vni, 4.

j — ÉTYM. Espagn. corregidor, de corregir, corri-

| ger (voy. corriger).

CORRÉLATIF , IVE (ko-rré-la-tif , ti-v') , adj. || i° Qui est dans une relation telle avec un autre objet que l'un suppose l'autre. Termes corrélatifs, par exemple, père et fils, puisqu'on ne peut pas Être père sans avoir un fils (ou une fille), ni fils •ans avoir un père. I| Terme de droit. Obligation

COR

corrélative, obligation relative à une antre obligation. || Quelquefois corrélatif ne signifie pas plus que relatif. Il y a dans le cerveau de l'animal une organisation corrélative aux mouvements que tel ou tel organe doit exécuter, bonnet, Œuvres mêlées, t. xvin, p. 489, dans pougens. || 2° S. m. Le corrélatif d'un terme, d'une proposition. On doit toujours rapprocher les mots de leurs corrélatifs, et exprimer ceux qui sont sous- entendus, lorsque l'on veut pénétrer le sens de l'auteur, du marsais, OEuwc», t. m, p. 400. || S. f. Une corrélative, une proposition corrélative. Quand le sens d'une proposition met l'esprit dans la situation d'exiger ou de supposer le sens d'une autre proposition, nous disons que ces propositions sont relatives, et que l'une est la corrélative de l'autre, id. ib. t. v, p. 48.

— HIST. xvi* s. Corrélatif, oudin, Dict.

— étym. Co, avec, et relatif.

CORRÉLATION (ko-rré-la-sion), s. f. Qualité de

ce qui est corrélatif. Les termes de père et de fils emportent corrélation. Une étroite corrélation unit ces deux principes. Les mots de sujet et de souverain sont des corrélations identiques dont l'idée se réunit sous le seul mot de citoyen, j. j. rouss. Contr. soc. ni, 13.

— ÉTYM. Co, avec, et relation.

t CORRÉLATIVEMENT ( ko-rré-Ia-ti-ve-man ), adv. D'une manière corrélative.

— HIST. XVI" s. Corrélativement, oudin, Dict.

— ÉTYM. Corrélative , et'le suffixe ment.

t CORREPTION (ko-rrè-psion) , s. f. Terme de métrique ancienne. Abrègement d'une voyelle longue.

— ÉTYM. Latin correptio, abrègement, proprement action d'entraîner, de corripere, entraîner, de cum, avec, et rapere, ravir (voy. ravir).

CORRESPONDANCE (ko-rè-spon-dan-s'), s. f.

|| 1° Echange de lettres. Avoir une correspondance avec quelqu'un. Toutes les personnes de Rome qui ont ici correspondance écrivent en conformité, boss. Lett. quiét. 449. || Ces lettres mêmes. La correspondance de Voltaire. |j 2" Relations avec des personnes éloignées. Avoir des correspondances suspectes. Nous avons entretenu des correspondances avec •les ennemis, boss. Paix, 2. Il est agréable d'avoir des correspondances dans les pays éloignés, J. J. rouss. Ém. v. || En termes de journal, on dit : Ce journal a d'excellentes correspondances. Dans ce journal, la correspondance est peu intéressante. || 3° Terme de commerce. Rapport d'affaires entre négociants de pays différents. Ce négociant a des correspondances dans toutes les villes de l'Europe. On dit dans une maison de commerce qu'un tel est chargé de la correspondance, est à la correspondance, fait la correspondance. || 4° Moyen de communication d'un lieu à un autre. La correspondance entre ces deux villes a lieu par mer. j| Voiture de correspondance, celle qui prend les voyageurs amenés par les voitures faisant le service des grandes lignes. Les correspondances des chemins de fer desservent les localités qui ne sont pas sur la ligne. || Services de correspondance, postes desservant les lieux où la malle-poste n'arrive pas. |] Se dit aussi des omnibus. Demander, prendre la correspondance, une correspondance. Et en parlant du billet même qui donne droit à l'autre voiture : Qui est-ce qui a une correspondance? Donnez-moi votre correspondance. || 5° Conformité d'une chose à une autre. On trouvera une correspondance parfaite entre ces choses, pasc. Géom. Le corps est, à le regarder comme organique, un par la proportion et la correspondance de ses parties, boss. Conn. de Dieu, m, 4. Deux horloges qui vont un certain temps dans une correspondance parfaite, volt. Newt. iv, 7. || Tenue de peinture et de sculpture. Rapport naturel entre les diverses parties d'une figure. Pécher contre la correspondance. || Correspondance a aussi le sens de corrélation. || 6" En parlant des personnes, réciprocité de sentiments. Se séquestrer et laisser faire l'époux [Jésus, en langage mystique], c'est là toute la correspondance de l'épouse, boss. Lett. Corn. 87. 11 faut exciter l'un par la protection qu'on lui donnera, l'accroître et l'augmenter, et interdire l'autre autant que la bonne correspondance avec les voisins le pourra permettre, vaub. Dîmes, p. 85. Quoi! écouter impudemment l'amour d'un damoiseau et y promettre en même temps de la correspondance! mol. G. Dand. i, 3. Ce n'est qu'une harmonie et une correspondance parfaite entre un père et un précepteur qui peut assurer le succès d'une bonne éducation, j. j. rouss. Projet d'éducation.

— hist. xiv" s. Ne scez tu bien qu'au mouvement

COR

Des cieulx est ung entendement, Qui ha ça bas correspondance, Et qui faict, par son influence, X toutes choses avoir estre? JVot. à l'alch. err. 727. Il xvi" s. La correspondance et relation qui engendre les vrayes amitiez, mont, i, 208. Pour suyvre encores un peu plus loing cette egualité et correspondance de nous aux bestes, id. ii, 4 98. Us estimoyent la servitude de leurs compatriotes comme la leur propre, tant ils avoyent bonne correspondance cntr'eux, lanoue, 48.

— ÉTYM. Correspondant ; espagn. correspondencia; ital. corrispondenza.

4. CORRESPONDANT, ANTE (ko-rè-spon-dnn, dan-t'), adj. Qui se correspond. Angles correspondants. || Membre correspondant de l'Institut. Voy. correspondant 2. || Qui est en rapport. Une civilisation correspondante aux conditions de temps et de pays.

— HIST. xiv' s. Et ainsi appert il que la mise est grande et l'œuvre est avenant et correspondant, par quoy il s'ensuit que l'euvre soit digne de telle despence, oresme, Éth. 113. Encor y sont plusieurs motz grecs qui n'ont pas mots qui leurs soient correspondans en latin, id. ProL

— ÉTYM. Espagn. correspondiente ; ital. corrispondente (voy. correspondre).

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