COX
aucuns, sire, malement pouvons-nous savoir, car les Anglois sont couverts quelle chose ils feront ni où ils se trairont, froiss. h, m, 34. Ils [les brigands] espioient une bonne ville ou un bon chastel ; et puis s'assembloient vingt ou trente brigands , et s'en aloient tant de jour que de nuit, par voies couvertes, que ils entroient en celle ville droit sur le point du jour, id. i, i, 324. Il doubtoit plus la guerre couverte que la guerre ouverte, Bouciq. m, ch. 4 8. Les raisons que sçauroye alléguer en ceste matière ne sçauroyent couvrir la faute de foy et d'honneur que le duc commist, comm. v, 6. Beau souper fut en haste couvert et servi, louis xi, Nouv. i. Lors, un d'entre eux couvrit la table et mit le banquet dessus, m. t'6. xxix. Elles se boutèrent en une chambre au plus près où elles avoient fait couvrir chacune son lit, m. ib. xxx. Bienviengne le roi Perceforest qui a garanty et couvert le mauvais pays de ceste forest, Perceforest, t. i, f° 29.
— xvi* s. Haine esmeut contention, mais charité couvre toutes iniquitez, calvin, Instit. 619. Couvert de sang et de playes, mont, i, 4. Se couvrir des maulx et inconvénients qui nous menacent, n>. i, 48. Aller la teste couverte, id. i, 259. Ils alloient à la guerre obscurément couverts et sans atour impérial, id. i, 354. Il ne leur avoit jamais dit de qui ilz estoient filz, sinon en parolles couvertes, amyot, Rom. 40. Il y procéda par voye couverte, id. Lyc. 4 3. Hz faisoient couvrir leurs chiennes et leurs juments par les plus beaux chiens et les meilleurs estalons qu'ilz pouvoient recouvrer, jd. ib. 30. Hz se cachoient durant le jour en quelques lieux couverts, là où ilz se reposoient, id. ib. 68. L'on dit que les perdrix s'engressent à couvrir leurs femelles, id. Solon, 38. Je couvray tous les lopins desdits pots desdites drogues couchées avec le pinceau, palissy, 319. Monsieur, cependant qu'on couvrira pour vous donner un mauvais soupper, voulez-vous faire un tour d'allée? d'aub. Fœn. l, 5. H valoit mieui confesser une faute en grammaire, que de la couvrir par des blasphèmes, id. ib. n, 4. Un gentil-homme bien couvert s'arresta devant la boutique d'un orphevre, id. t'6. iv, 7. Un cabinet de livres couverts bien proprement, id. Vie, v. D'Aubigné s'estoit jette au devant de lui pour le couvrir de son corps et empêcher qu'il ne lui mesavint , id. ib. xlii. Cosseinsarresta ceux qui estoient sortis, avec nombre de noblesse et gens couverts, id. Il Ut. n, 4S. L'air nébuleux, couvert et humide, paré, vi, 23. Voire s'en treuve [des vins] de si tardifs, que jamais ne peuvent venir rouges ne couvers [chargés, colores], quoiqu'on les tienne un mois dans la cuve, o. de serres, 2(5. 0 que mal-aisement l'ambition se couvre I rons. 975. Le feu plus couvert est le plus ardent, cotgrave. Retournèrent en la salle où l'on commençoit desjà à couvrir [à servir] , et se mirent à table, Nuits de Straparole, t. il, p. 44, dans lacurne. Couvrir la joue [souffleter], oudin, Dict.
— étym. Berry, covrir; bourguig. côvre; picard, cœuvrir; saintong. chuvrir; wallon, covrt; rouchi, couver; provenç. cobrir, cubrir; espagn. cubrir; ital. coprire; du latin cooperire , de co, pour cum, et operire, couvrir.
t COUVROSE (kou-vro-z'), s. f. Terme de botanique. Agaric en conque.
— ÉTYM. Ce mot, d'origine d'ailleurs inconnue, paraît tenir à coprose, un des noms du coquelicot, et à couperose 2.
COVENANT (ko-ve-nan) , s. m. Ligue ou convention que les Écossais firent ensemble pour maintenir leur religion telle qu'elle était en 4 580.
— HIST. xi* s. Si hom volt derainer covenant de terre vers soun seignor, Loù de Guiil. 27. || xu* s. Et respont Guesnes : tenez me co venant, Roncisv. p. 29.
— ÉTYM. Angl. covenant, de l'ancien français covenant, qui signifiait convention, chose convenue; de convenir.
COVENANTAIRE (ko-ve-nan-tê-r') , *. m. Celui qui avait adhéré au covenant.
— étym. Covenant.
COVENDEUR (ko-van-deur), s. m. Celui qui vend avec un autre un objet possédé en commun.
— étym. Co, du latin cum, avec, et vendeur.
t COVET (ko-vè), s. m. Coquille univalve, du genre buccin.
t COWPOX (kou-poks'), s. m. Eruption qui se manifeste sur les trayons des vaches, et qui contient le virus vaccin, préservatif de la petite vérole.
— étym. Angl. cowpox, de cote, vache, elpox, bouton, éruption.
t COXAL, ALE (ko-ksal , ksa-1') , adj. Terme d'anatomie.Quiappartientàlahanche.Lesmusclescoxaux.
— ÉTYM. Lat. coxa (voy. cuisse).
CRA
t COXALGIE (ko-ksal-jie) , s. f. Terme do médecine. Douleur ou maladie de la hanche.
— ÉTYM. Mot hybride, composé du latin coxa, cuisse, et du grec ôXyoç, douleur.
t COXALGIQUE (ko-ksal-ji-k'), adj. Qui a rapport à la coxalgie.
t COXO-FÉMORAL.ALE (ko-kso-fé-mo-ral.ra-l'), adj. Terme d'anatomie.Qui a rapport à l'os coxal et au fémur. L'articulation coxo-fémorale.
— ÉTYM. Lat. coxa, cuisse, et fémoral.
t I. COYAD (ko-iô), s. m. Voy. coyer.
} 2. COYAU (ko-iô), s. m. Sorte de poisson de mer, du genre spare, peu estimé.
t 4. COYER (ko-ié), s. m. Nom d'une pièce de bois, entaillée sur la roue d'un moulin, qui sert à soutenir les aubes sur lesquelles l'eau tombe pour faire tourner la roue. || Morceau de bois qui porte sur la partie inférieure des chevrons et sur la saillie de l'entablement, pour former l'avance de l'égout d'un toit.
— HIST. xiv s. Seimier, id est le coyer [la croupe du cerf], Hénagier, II, 5.
— ÉTYM. Queue.
t 2. COYER (ko-ié), s. m. Petit ustensile de bois ou de cuivre dans lequel les faucheurs mettent leur pierre à aiguiser.
— ÉTYM. Lat. cotarius, qui est relatif à la pierre à aiguiser ou queux, du latin cos, colis, pierre à aiguiser (voy. queux).
CRABE (kra-b'),s.m.||i°Terme d'histoire naturelle. Nom du principal genre des crustacés décapodes (cancer), dont la plupart des espèces peuvent servir d'aliment. || Dans le langage commun, nom du crabe commun (carcin ménade), qui se loge dans le sable de la mer et qui est bon à manger. Crabe tourteau, dit vulgairement tourteau , poupart et gourbatle (cancer pagurus). [| Nom d'un petit crustacé, qui se loge dans l'intérieur des moules et de quelques mollusques bivalves (pinnothère). || 2' Terme de médecine. Nom donné, à cause de leur forme, à des excroissances blanchâtres et purulentes qui surviennent quelquefois à la plante des pieds chez les individus qui ont été affectés de pian. || 3" Crabe de Biarritz (scorpène- truie de Linné), sorte de poisson dit en Provence rascasse rouge. || 4* Nom d'une espèce de bois d'Amérique.
— REM. Crabe a été féin. par ex. dans Trévoux.
— HYST. xiv' s. Le chancre de mer, dit en françois crabe, h. de mokdbyilli, f* 97.
— ÉTYM. Lat. carabus, de xâpago;; picard (St- Valery), crampe.
CRABIER (kra-bié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, 1'* se lie : les kra-bié-z' et....), s. m. Un des noms de Vardée cracra, dite aussi crabier d'Amérique et héron crabier. || Nom spécifique du martinpêcheur crabier, ainsi que du chien crabier, du raton crabier et du didelphe crabier ou didelphe cancrivore.
— étym. Crabt.
f CRABITE (kra-bi-f), t. m. Crustacé fossile.
— ÉTYM. Crabe.
t CRABOTAGE (kra-bo-ta-j'), s. m. Première foncée d'une ardoisière.
t CRABRON (kra-bron), t. m. Terme de zoologie. Genre d'insectes hyménoptères.
— ÉTYM. Lat. crabro.
t CRABRONIDE (kra-bro-ni-d'), *. m. Terme de zoologie. Nom d'une tribu d'insectes hyménoptères, famille des fouisseurs, qui habitent le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique.
CRAC (krak'). || 1° Mot exprimant le bruit sec que font les corps durs se rompant ou s'entre-choquant. J'entendis crac, c'était une solive qui éclatait. || Interjection familière, exprimant la soudaineté d'un fait. Cracl le voilà par terre. Aussitôt que la bouche il ouvre, Pour en manger son chien de sou [de fruits qui pendent au-dessus de sa tête], Crac, ils s'en vont je ne sais où, scarron, Virg. trav. vi.|| S. m. Un crac semblable à des hélas Accompagna sa culebute, id. t'6. u. || 2° Terme de fauconnerie. Maladie des oiseaux de proie.
— ÉTYM. Onomatopée.
CRACHAT (kra-cha; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, 1'* se lie: descra-cha-z abondants), s. m.\\ 1* Matière évacuée par la bouche après les efforts de l'expectoration. Alors Neptune ayant toussé, Et plusieurs crachats repoussé, Qui voulaient sortir tous ensemble, scarron, Typh. u. Les crachats, les soufflets, les fouets, les dérisions, mass. Carême, Passion. Des crachats infâmes dont on couvre ce visage glorieux, id. t'6. || Fig. Se noyer dans son crachat, dans un crachat , échouer, se perdre en des cas où rien n'était si facile que de
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réussir. || Maison faite de boueet de crachat, maison bâtie de matériaux très-peu solides. || 2° Populairement, nom des plaques des grades supérieurs dans les ordres de chevalerie. Ils ont des titres , et , je crois, Des crachats et même des croix, eêrang. Échelle. Figurez-vous, sur une estrade, un homme tout brillant de crachats, devant lui une table, et sur la table une urne, p. L. cour. 2« lettre particulière. || 3° Défaut ressemblant à une toile d'araignée, dans une glace. || 4* Crachat de lune, nom vulgaire du nestoc commun (algues), lequel a fait partie du genre tremelle.
— HIST. xvi' s. Comme celui qui crache contre le ciel, et son crachat lui retourne au visage, yver, p. 685.
— ÉTYM. Voy. cracher; Berry, crdt, craiat; provenç. crai.
t CRACUE (kra-ch"), s. f. Terme de métallurgie. Rejet de matières par le devant de la tuyère.
— ÉTYM. Voy. CRACHER.
CRACHÉ, ÉE (kra-ché, chée), port, passé. Rejeté par la bouche. Les matières crachées. ]| C'est son portrait tout craché, se dit d'un enfant qui ressemble parfaitement à son père. En le voyant, l'esprit le plus bouché Y reconnut mon portrait tout craché, volt. Crépinade. Vous ne sauriez faire Que cet enfant ne soit vous tout craché, la font. Les deux amis.
— REM. Pascal l'a employé dans le sens de : sur qui on a craché. Il doit être trahi, craché, souffleté, Proph. 2t.
CRACHEMENT (kra-che-man), s. m. || 1° Action de cracher. Crachement de sang, rejet par la bouche d'un sang qui vient des poumons ou de l'estomac. L'envieux en eut un crachement de sang, volt. Zadig, vi. ||2° Sortie de gaz et de vapeurs par la lumière d'une arme à feu mal fabriquée ou détériorée.
— hist. xvi* s. Ayant l'haleine puante et crachement de sang, paré, vhi, 32.
— ÉTYM. Cracher.
CRACHER (kra-ché) , v. n. || i° Rejeter hors de la bouche. Il ne fait que cracher. Quoi toujours renifler I Moucher, tousser, cracher, et toujours me parler! scarron, Don Japhet, m, 46. Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement ou une médecine dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours, mol. Mal. imag. m, 4 8. Ceux mêmes qui avaient le privilège de l'approcher ne pouvaient ni rire ni cracher en sa présence , rolun , Hist. anc. Œuvres, t. n , p. »3, dans polgens. Je vis un petit homme si fier, il p.'it une prise de tabac avec tant de hauteur, il se mou cha si impitoyablement , il cracha avec tant de flegme, il caressa ses chiens d'une manière si offensante pour les hommes, que je ne pouvais me lasser de l'admirer, montesq. Lettres pers. 74. || Fig. Cracher au nez, au visage de quelqu'un, l'insulter. Quand on songe à cela, on a envie de lui cracher au nez, sév. 282. || Cela est à cracher dessus, cela mérite tout mépris. || Populairement. Cracher blanc, ou cracher du coton, avoir soif, être altéré. || Cracher au bassin, donner de l'argent qu'on voudrait ne pas donner, et aussi donner de l'argent pour contribuer à quelque chose. || Il a craché en l'air et cela lui est retombé sur le nez, ce qu'il a fait a tourné à son désavantage. || Absolument et dans le mùme sens, cracher en l'air. || Cracher contre le ciel, se dit d'un homme qui blasphème la Providence, ou, en un autre sens, qui insulte des puissances tellement grandes, que l'injure retombe sur lui. || 2° Une arme à feu crache, quand des grains de poudre et des étincelles sont jetés au dehors par la lumière. || Un moule crache, quand il rejette une partie du métal en fusion. || Cette plume crache, se dit d'une plume dont le bec fait jaillir l'encre en écrivant. Il 3° Y. a. Expectorer, rejeter de la bouche. Cracher du sang. Cracher quelque chose de mauvais qu'on a dans la bouche. || Fig. Cracher du latin, dira des mots latins, faire des citations latines. N'allez point déployer toute votre doctrine , Faire le pédagogue et cent mots me cracher, mol. le Vép. n, 7. Cracha du grec et du latin, scarron, Virg. trav. vi. Auquel des deux, je vous prie, accorderai-je le nom de botaniste, de celui qui sait cracher un nom ou une phrase à l'aspect d'une plante, sans rien connaître à sa structure, ou de celui.... i. i. rouss. Lettr. Élém. sur la bot. || On dit dans le même sens : cracher des sentences, des proverbes. || Cracher des injures, se répandre en injures. Toutes les cruautés de ces mains qui m'attachent, Le mépris effronté que ces bourreaux me crachent, malh. Larmes de saint Pierre. || Cracher son fait à quelqu'un, lui dire
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snns ménagement, injurieusement, ce qu'on pense de sa conduite. Vous n'avez pu vous contenir, et vous lui avez craché son fait au nez. || Terme de marine. Un bâtiment crache ses étoupes, quand la fatigue fait ouvrir les coutures, au point que les étoupes en sortent.
— HIST. m* s. Ensi firent Giwui, quant il unt Deu jugié; Vilment l'unt escrié, batu e coleié; Knmi le vis li unt escopi e rachié, Th. le mari. 46. || xm's. Et vaut [vin de pomme] especiaument à ciaus [ceux] qui ont le pis [la poitrine] aspre et sec, et qui ne puent legierement rachier, alebrant, f»43. Renart jutsustoten travers, Lesdenz li brisa en la bouche, En la chiere li crache et mouche, Es eulz [yeux] li boute le baston , Et poile as ongles le grenon,7fen. <4986. Quant il crachoit le sanc de sa bouohe, jomv. 227. (I xv* s. Vrayment, c'estes vous tout poché ; Car quoy? qui vous auroit craché Tous deux encontre la paroy D'une manière et d'un aroy, Si seriez-vous sans différence, Patelin. C'estes vous, dy-je, tout craché, ib. Et pour plus les injurier, prirent la bannière du roy de France, et l'allerent trainant au long des boues, et marchèrent et crachèrent sus, liouciq. m, 7. || xvi* s. Avez vous jamais entendu que signifie cracher au bassin?.... Hz crachoient dedans les plats , affin que les houstes désistassent manger, rab. Pant. iv, anc. prol. Comme celui qui crache contre le ciel, yver, p. 665. Après l'opiniastré combat de traict et de main , le navire est brisé à coups de hache, chaque pertuis crachant du sang, d'aub. Hist. m, 44. Un crache-en-ruelle [un vieillard catarrheux] , cotgrave. C'est le père tout craché, oudin, Dict. Il n'ose cracher de peur d'avoir soif [se dit d'un avare], id. ib. Ils peignent le prisonnier crachant au visage de ceulx qui le tuent et leur faisant la moue, mont, i, 244.
— £TYM. Berry, crdier, cracher salement; picard, raker; bourguig. craiché; wallon, rèchi, rachi ; provenç. es-cracar; sicil. s-craccare; pays de Coire, s-cracchiar; du germanique: anc. Scandinave, hrâki, salive, hrxkia, cracher; anglo-sax. hrœkan. La forme germanique, avec l'ft devant l'r, explique à la fois cracher et racher qui sont le même mot, comme Chlodovig contient à la fois Clovis et Louis. 11 est probable que le latin screare renferme un radical commun à celui des langues germaniques (scr égal à hr) ; mais il ne peut rendre raison des formes romanes; il aurait donné escreïer, et non cracher ni surtout rachier.
CRACHEUR, EUSE (kra-cheur, cheû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui ne fait que cracher.
— ÊTYM. Cracher.
CRACHOIR (kra-choir), s. m. Sorte de vase ou l'on crache, dans les appartements.
— ÊTYM. Cracher.
CRACHOTEMENT (kra-cho-te-man) , s. m. Action de crachoter; fréquente expulsion d'une petite quantité de salive hors de la bouche. Il a un crachotement perpétuel.
— ÊTYM. Crachoter.
CRACHOTER (kra-cho-té), ». n. Cracher souvent et peu à la fois. Il ne fait que crachoter. Le malade a crachoté toute la matinée.
— ÊTYM. Fréquentatif de cracher.
t CRACIDÉ (kra-si-dé) , s. m. Terme de zoologie. Individu du genre crax ou hocco (oiseaux).
f CRACOVIE (kra-ko-vie). Arbre de Cracovie, arbre autrefois célèbre, au jardin du Palais-Royal, auprès duquel se rassemblaient les nouvellistes.
t CRACOVTENNE (kra-ko-viè-n') , s. f. Danse polonaise vive et légère.
— ÊTYM. Cracovie, ville de Pologne.
t CRACOVISTE (kra-ko-vi-sf) , s. m. Nom donné aux nouvellistes et gobe-mouches qui se réunissaient sous l'arbre de Cracovie (voy. cracovie).
t CRACQUE (kra-k'), s. f. Espèce de fente, dans les exploitations de mines.
— ÉTYM. Voy. craquer.
t CRACRA (kra-kra), s. m. Un des noms vulgaires du fruit de l'arbousier.
f CRADEAU (kra-dô), s. m. Un des noms vulgaires de la sardine, dans quelques départements.
f CRADOT (kra-dô), s. m. Un des noms vulgaires de la jeune brème de rivière.
f CRAFFE (kra-f) , s. f. Banc de pierre qui gêne l'exploitation d'une ardoisière.
t CRAG (kragh'), s. m. Terme de géologie. Calcaire coquillier de l'étage supérieur du terrain supercrétacé.
— ÉTYM. Mot celtique signifiant pierre, et qui, 60us la forme de crag ou crage, est usité en ce sens dans quelques départements : les Chaumes de crage, nom d'une localité près d'Angoulême.
CRA
f CRAI (krè), j. m. Gravier calcaire qui recouvre la plaine de la Côte-d'Or.
— ÉTYM. Le même mot que crag.
CRAIE (krê), s. f. || 1" Carbonate de chaux amorphe qu'on trouve dans le sein de la terre, où il forme des bancs plus ou moins épais. Les fonds de craie [dans les fleuves] résistent plus que ceux de sable ou de limon, fonten. Guglielmini. La craie que l'on croyait si moderne se trouve ainsi bien reculée dans les siècles de l'avant-dernier âge, ctiv. Révol. p. 286. Fuis de ce tuf ingrat la rudesse indocile, Et le fonds plein de craie où glt l'affreux reptile, delille, Céorg. H. || Craie coulante, chaux carbonatée pulvérulente, rendue fluide par l'eau. || Crayon de craie, ou, simplement, craie, petit morceau de craie taillé en crayon et avec lequel on écrit sur un tableau noir, ou sur tout autre fond qui n'est pas blanc. Tracer à la craie. || Craie de Briançon, nom impropre donné à la variété écailleuse de la stéatite (talc), qui est un silicate de magnésie et dont les tailleurs se servent pour tracer leurs lignes. || 2° Absolument. Marque que le maréchal-des-logis faisait sur la porte des maisons où les personnes suivant la cour en voyage devaient loger. Loger à la craie. Cette maison est exempte de la craie. || Cet usage est complètement ab»li. || 8* Terme de fauconnerie. Maladie des oiseaux de proie, dite aussi pierre.
— HIST. xni* s. Car ele erl [était] aussi blanche comme croie qu'on houe, Berte, xxxm. Terre à potier, ne nule autre manière de terre, ne croie, ne doivent rien de chaucie, Un. des mil. 277. Là prent Diex son repast, son confort et sa joie; Trestout le remanant ne prise ung trait de croie, j. de meung, Test. 4496. || xv* s. Dix muys de vin blanc comme croye, villon, Petit testam. |{ xvi* s. Or ne trouveront ilz point là, sur l'heure, de croye ou de terre blanche pour marquer, à raison de quoy ilz prirent de la farine, amyot, Alex. 60. Quelque excrément blanc semblable à la croye, paré, xviii, 27.
— ÊTYM. Lat. creta.
f CRAIGNANT (krè-gnan), part, présent indéclinable , qui s'est employé autrefois dans cette seule locution : une personne très-craignant Dieu. Clotaire, prince très-pieux, très-craignant Dieu, volt. Jfœurî, 4 " peupîe.
fCRAlLLEMENT (kra-lle-man, Il mouillées), *. m. Cri de la corneille.
HIST. xvi's. Craillement, cotgrave.
— ÊTYM. Crailler.
f CRAILLER (kra-llê, Il mouillées), v. n. Se dit du cri de la corneille.
— HIST. xvi* s. Crailler, croailler, cotgrave.
— ÉTYM. Onomatopée.
f 4. CRAIN (krin), s. m. Nom que donnent les mineurs aux fissures de séparation des couches, quand ces fissures sont perpendiculaires, ou à peu près, aux couches de stratification. || Certaines solutions de continuité dans les couches de houille.
fs. CRAIN (krin), s. m. Voy. crod.
CRAINDRE (krin-dr"), je crains, tu crains, il craint, nous craignons, vous craignez, ils craignent; je craignais; je craignis; je craindrai; je craindrais; crains, qu'il craigne, craignons, craignez; que je craigne, que nous craignions, que vous craigniez; que je craignisse ; craignant; craint, crainte, v. a. ||1 1° Eprouver le sentiment qui fait reculer, hésiter devant quelque chose qui menace. Qui ne craint pas la mort ne craint pas les menaces, corn. Cid, II, 1. Qui peut tout doit tout craindre, id. Cinna, îv, 3. Il ne faut craindre rien quand on a tout à craindre, id. Uéracl. i, 6. Les rois craignent surtout le reproche et la plainte, kac. Esth. m, 4. Je le craindrais bientôt s'il ne me craignait plus, id. Brit. I, 4. Comme il les craint sans cesse, ils le craignent toujours, id. Baj. i, 4. Nous [Phéniciens] avions tout à craindre de sa sagesse [de Sésostris] , fén. Tél. m. C'était une de ses maximes, qu'il fallait craindre les ennemis de loin pour ne les plus craindre de près et se réjouir à leur approche, boss. Louis de Bourbon. Mentor, qui craignait les maux avant qu'ils arrivassent, ne savait plus ce que c'était que de les craindre dès qu'ils étaient arrivés, fén. Tél. H. Et dans l'état où j'entre, à te parler sans feinte, Elle a lieu de me craindre, et je crains cette crainte, corn. Rod. i, 6. Prince, je crains le crime et non point le trépas, la motte, Inès de Castro, m, 6. || Absolument. Espérer, c'est se flatter de la jouissance d'un bien; craindre, c'est se voir menacé d'un mal, condillac, Traité sens. part, i, ch. 3, §8. || Craindre pour quelqu'un, pour quelque chose, craindre qu'il ne lui arrive quelque mal, quelque dommage. Il [Thaïes] avait coutume de dire que la preuve d'un bon gouvernement était d'engager les
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sujets non à craindre le prince, mais à craindre pour lui, rollin, Hist. anc. CEuvres, t. n, p. 616, danspouGF.NS. || Se faire craindre, inspirer la crainte. Ils se sont fait longtemps craindre. Quand on cherche si fort les moyens de se faire craindre, on trouve toujours auparavant ceuide se faire haïr, montesq. Lett. pers. 44t. || 2° Révérer, respecter. Craindre son père. Je crains Dieu, cher Abner, bac. Athal. l, 4. La gloire des méchante en un moment s'éteint; L'affreux tombeau pour jamais les dévore; Il n'en est pas ainsi de celui qui te craint : Il renaîtra, mon Dieu, plus brillant que l'aurore, id. Esth. n, 9. Crains Dieu, et garde ses commandements, car c'est là tout l'homme, boss. Duch. dOrl. Souvenezvous que ceux qui craignent les dieux n'ont rien à craindre des hommes, fén. Tél. xn. Il faut que les sujets espèrent en Dieu et que les souverains le craignent, d'alemb. Éloges, Bossuet. || Familièrement. Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit d'un homme méchant et capable de tout. || Par extension. Ce cheval craint l'éperon, il obéit a l'éperon. || 3° Kn parlant des choses inanimées, éprouver du dommage, ne pas résister. Ces plantes craignent la gelée. Arbres qui ne craignent pas l'hiver. || 4# V. n. Craindre avec de et l'infinitif, hésiter, ne pas oser. Ne craignons pas de parler en cette circonstance. On ne voit dans ses jugements [du juge qui veut s'agrandir] qu'une justice imparfaite, semblable, je ne craindrai pas de le dire, à la justice de Pilate.... boss. le Tellier. Sans cesse on prend le masque, et quittant la nature, On craint de se montrer sous sa propre figure, boil. Éplt. xi. Sur les pas d'un banni craignez-vous de marcher? rac. Phèd. v, 4. Des soupirs qui craignaient de se voir repoussés, id. Androm. m, 6. Le cardinal de Richelieu était mort peu regretté de son maître, qui craignit de lui devoir trop, boss. le Tellier. Viens régner avec nous si tu crains de servir, volt. Fanât, i, 4. || Avec le subjonctif accompagné de la particule ne. Craignez-vous qu'il ne vienne? Je crains qu'en l'apprenant son cœur na s'effarouche, corn. Nieom. i, 5. Je n'ai jamais importuné Votre Majesté pour lui demander du bien; je crains que je ne l'importune en lui disant qu'elle m'en a fait, flêchier, dans girault-duvivier. Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse, rac Phèd. u, 2. Quoi! Craignez-vous déjà qu'ils ne soient écoutés? id. ib. iv, 4. Tout m'est suspect : je crains que tout ne soit séduit; Je crains Néron, je crains le malheur qui me suit, m. Brit. v, 4. Tant qu'il vivra, craignez que je ne lui pardonne, id. Andr. iv, 3. Ah! courez et craignez que je ne vous rappelle, id. ib. iv, 3. On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère, id. Andr. I, 4. || Sans la particule ne. Il nous fallait, pour vous, craindre votre clémence , Et que le sentiment d'un cœur trop généreux, Usant mal de vos droits, vous rendit malheureux, corn. Pomp. m, 2. Il craint qu'un indiscret la vienne révéler, id. Théod. v, 4. Mais je crains qu'elle pa patience] échappe et que, s'il continue, Je ne m'obstine plus à tant de retenue, id. Nicom. l, 2. Avec juste raison je crains qu entre nous deux L'égalité rompue en rompe les doux nœuds, Et que ce jour fatal à l'heur de notre vie Jette sur l'un de nous trop de honte ou d'envie, id. Rod. i, 5. Et le plus grand des maux toutefois que je crains, C'est que mon triste sort me livre entre ses mains, id. ib. I, 7. Vous craignez que ma foi vous l'ose reprocher, id. ib. I, 6. Vous l'accusiez pourtant, quand votre âme alarmée Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée, id. ib. v, 4. Seigneur, je crains pour vous qu'un Romain vous écoute, id. Nicom. i, 2. Je craindrais que peut-être X quelques yeux suspects tu me fisses connaître, mol. Fâcheux, m, i. Mais hélas! je crains bien que j'y perde mes soins,
id. D. Garde, n, 6 Oui, mais qui rit d'autrui
Doit craindre qu'à son tour on rie aussi de lui, id. Ée. des femmes, I, 4. Les soins d'un amour extrême Devroient moins vous alarmer; Vous craignez trop qu'on vous aime; Ne craignez-vous point d'aimer? quinault, Proserpine, I, 3. Et craignant qu'on me fasse un crime de mes pleurs, campistron, Andronic, v, 4 0. Craignant surtout qu'à rougir on l'expose, volt. Zaïre, iv, 2. || Bien que la particule ne soit réellement explétive, cependant l'usage en a consacré l'emploi; et la supprimer est une licence qui n'est permise qu'àla poésie; elle l'est aussi quand la construction est interrogative ou implique un sens négatif : Peut-on craindre que des choses si généralement détestées lassent quelque impression dans les esprits? mol. Préf. du Tari. On peut prendre du profit, sans craindre qu'il soitusuraire, pasc Prov. 8 Je crains peu qu'un grand roi puisse en être jaloux, créb. Electre, il, 4. I| Ne pas craindre, suivi d*
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que, veut le subjonctif, mais sans la particule ne Je ne crains pas qu'il fasse cette faute. Ne craignez pas que, prêt à vous désobéir, Il apprenne avec moi, seigneur, à vous trahir, créb. Xerx. in, 6. Je ne crains pas qu'on soupçonne de partialité sur cet article un homme que l'on n'a pas accusé jusqu'ici d'être fort doucereux , m. Préf. d'Idom. || Si ne pas craindre est dit interrogativement, le que suivant est suivi de ne : ne craignez-vous pas qu'il ne vienne? Cependant on peut dire aussi sansne:ne craignez-vous pas qu'il vienne? || Craindre, suivi d'un verbe qu'accompagne la négation, exprime la crainte que la chose ne se fasse pas, et par conséquent le désir qu'elle se fasse. Je crains de ne pas le voir. Je craignais qu'il ne vînt pas. || 5° Se craindre, avoir crainte de soimême, v. réfl. 11 se craint soi-même. 11 se craignait trop peu, ce qui est le caractère de ceux qui n'ont pas le soin de leur réputation, betz, Mém. liv. n, p. 4 33, dans pougens. || Proverbe. Un bon vaisseau ne craint que la terre et le feu, c'est-à-dire les seuls dangers qu'il court sont la côte où il peut échouer et le feu qui le peut embraser.
— REM. 1. Craindre, suivi d'un verbe à l'infinitif, exige la préposition de : je ne crains pas de me tromper, si je parle ainsi; et non : je ne crains pas me tromper. || 2. La construction de craindre, suivi de que et d'un verbe, est le subjonctif; il faut donc se garder d'imiter ces phrases de Fénelon: Je crains bien que tous ces petits sophistes grecs achèveront de corrompre les mœurs romaines, fén. Vial. des morts, n° 37. Je craignais que les Grecs nous communiqueraient bien plus leurs arls que leur sagesse, id. ib. Ne craignais-tu pas que Pythias ne reviendrait point et que tu payerais pour lui? m. ib. n° 2). C'est un archaïsme.