TU
— HIST. xvr's. Cuirassier, cotgrave.
— ÊTYM. Cuirasse.
f CUIRATIER (kui-ra-tié), s. m. Celui qui travaille à la préparation des cuirs.
— ÊTYM. Cuir.
CUIRE ikui-r'), je cuis, nous cuisons; je cuisais; je cuisis; je cuirai; je cuirais; cuis, cuisons; que je cuise, que nous cuisions; que je cuisisse; cuisant, cuit, v. a. || 1* Préparer les aliments par l'action de la chaleur. Cuire du bœuf dans une marmite. Cuire du pain, des pommes au four. || Par extension, il se dit de la préparation qu'on donne à de certaines choses par l'action du feu. Cuire du plâtre, de la chaux, de la brique. Cuire du fil, de la soie. || Dans le style familier, faire périr par le supplice du feu. C'était [ma nation] un composé d'ignorance, de superstition, de bêtise, de cruauté et de plaisanterie; on commença par pendre et par faire cuire tous ceuxqui parlaient sérieiiseinentcontre lespapegauds, volt. Dial. 40. || Un boute-tout-cuire (voy. boutetout-cuire). C'est une vraie boute-tout-cuire, Qui ne fait que sauter et rire, Et ne va jamais qu'au galop, scARRON,Firo. trav. u. Il 2° Opérer la cuisson, en parlant du feu, de la chaleur. Un feu doux et modéré cuit un rôti à point. || 3* Absolument. Ce boulanger cuit deux fois par jour, il met deux fois une fournée de pain à cuire. || 4* Amener à maturité, en parlant du soleil et de la chaleur. Le soleil n'est pas assez chaud pour cuire les melons. || S* Terme de médecine. Digérer, élaborer. Il y a des aliments que l'estomac a peine à cuire. Cuire un rhume. || 6* Y. n. Devenir cuit. Il faut que cette viande cuise dans son jus. Être plus ou moins facile à cuire Ces légumes, ces pois ne cuisent pas bien. || F'p. J'ai été ravie de ce discours, mettons-le cuire, nous y penserons quelque jour, sgv. 37». Je vous ai vu mettre cuire des pensées et rêver profondément pour des sujets qui le méritaient moins, id. 4ao. Il 7" Causer une douleur brûlante. Je me auis brûlé, la main me cuit. Les yeux me cuisent comme du feu. C'est un mal [l'amour] qui jamais n'entendit raillerie, Qui cuit et qui chatouille, et qui sut de tout temps Donner à corps perdu sur les honnêtes gens, hauteroche, Crisp. music. v, 3. Un aiguillon qui, prompt à la venger, Cuit plus d'un jour à qui l'ose outrager, j. B. rouss. Ép. i, 4. || En cuire, v. impers. Être l'occasion d'un désagrément, d'un regret, d'un repentir. Il vous en cuira quelque jour. Il pourra bien vous en ot/ire. Chacun d'eux s'éveilla chapon . Dont cuit à la pauvre volaille, piron, Fabl. || 8' Se cuire, v. réft. Devenir cuit. Le gigot à la casserole se cuit
CUI
ii petit feu. || Fig. Tout se cuisait de loin en Bretagne , on y flattait les Bretons d'une conquête d'indépendance qui ne serait due qu'à leur union et a leur fermeté, st-sim. 479, 495. || Proverbes. Trop gratter cuit, trop parler nuit, c'est-à-dire il faut se garder de trop parler. || Vous viendrez cuire à mon four, vous aurez quelque jour besoin de moi, et j'aurai l'occasion de me venger.
— WST. x* s. Elle colpes non avret , por o no s'coist [ne fut pas brûlée], Eulalie. || xm"s. Aucunes fois les fait on sainnier [les artères de la tête], et cuire [brûler] après chou [ce] qu'ele sont trancies, alkbrant, PMS. Riens qu'on peûst manger, [il] n'i ot ne cru ne cuit. Serre, xxxvi. Haister [rôti] [il] quisseit sur le bracerD'un sangler parcreQ et grant, tôt del désiré. Que nuls ne cuise ou rôtisse oues [oies] ou veel, agniaux, chevraus ou cochons, se il ne sont bons, loyaux et souffisans pour manger et pour vendre, Liv. des met. ne. Nul talemelier ne doit cuire au dimenche ne au jour de Noël, ne.... ib. 10. Li rois Nobles est en mal point, N'en puet partir en nule guise Que de cest siège ne se cuise, Ben. 27646. Forment li delt et cuit sa plaie, ib. 2084. Ceus [ces vents] versent bléz et vignes cuisent, Et flors et fruiz d'arbres abatent, la Rose, 28(44. Il ot angoisse en la pointure, Mes moult rn'assoage [soulage] l'ointure; D'une part m'oint, d'autre me cuit, Ainsinc m'aide, ainsinc me nuit, t'6. 488». Atten e sueffre ladetrece, Oui orendroit te cuit et blece, t'6. 2042. Les bras li ont loiés et les pies environ, Les garés [jarrets] li ont quisà fu et à charbon, X soufre tout ardant, et puis après à pion, Ch. d'Ant. v, 340. Autant vaut fours qui ne cuist, comme chartre qui n'est uzée, beaum. l, I. || xiv s. Pain bien à point cuit ou bien fait, oresme, Elh. 65. || xv"s. Cher sire, un jour viendra que telles choses vous seront si renouvelées qu'elles vous cuiront, froiss. ni, iv, 56. Veuillent au roy monstrer que je suis cuis; Il m'aidera par leur bonne raison De trois cens frans; d'autre chose ne ruis [je ne demande], E. desch. Poésies met. KM, dans lacurne. Les chasteaulx prins par maléfice, Dont maint païs ont esté cuis, ib. 1*29». Et pour ce dit vray le proverbe, que à grant peine peut fuyr celluy qui a les pieds cuietz, Perceforest, t. iv, f° î2. Et tant plus me doit cuire quand vous avez faict contre mon gré, crastf.l. Chr. des D. de Bourg. H, ch. 5. Vente, gresle, gelle, j'ay mon pain cuict, Je suis paillard, la paillarde me duit, villon, Bail. || xvi" s. Je pourrai bien avoir telle haine qu'elle vous cuira, maro. iïouv. xliii. Us les cuisent et apprestent à diverses saulces, mont, i, 106. Ils font cuire le corps du trespassé, id. i, 112. Ils en font des grils à cuire viande, id. i, 237. Si n'y en eut-il pas un à qui les paroles de Marcpllus ne cuisissent plus que ses propres bleceures, amyot, Marcel. 43. On leur bailloit leur orge toute mondée et escorchée, à fin qu'ils la cuisissent m;"ulx et la digérassent plus tost, id. Eum. 22. Le jour il dormoit ou se promenoit tout yvre pour cuire et digérer le vin qu'il avoit trop pris la nuict, id. Anton. '2. Si vous y raillez, vostre désobéissance serachastiée par vos envieux, qui élèveront en risées les merveilles de Dieu dans mes délivrances et vous feront cuire de vostre curieuse vanité, d'aub. Pie, m. Si je voulois cuire, le four cherroit [tomberait], oudin, Curios. fr. add. Elle a payé au boulanger, il ne luy cuit plus, id. t'6.
— ÊTYM. Wallon, étire, cuire, ctlr, cuit; saintong. cheure; bourguig. cœu, cuit; provenç. roier, cotre; espagn. cocer; ital. cu«cere;du latin coquere, de même radical que le grec rcéaoeiv, le sanscrit pacha (le p sanscrit devenant souvent c en latin, comme dans poncho, tiivxt, quinque, cinq, et la syllabe cha étant ici représentée en grec par <ro et en latin par qu). Dansl'ancien français, cuire, outre son sensordinaire, avait celui de faire périr par le supplice du feu.
fCUIRER (kui-ré), v. a. Garnir de cuir une malle de bois. Malle cuirée.
— HIST. xin" s. Dont fist Hues d'Aire faire un chat [machine de guerre], et le fist bien cuirieret acesmer [parer], h. de valenc. xxxiv.
— ÊTYM. Cuir.
t CU1RET (kui-rè) , ». m. Morceau de cuir que le chapelier met entre la chanterelle et la corde de l'arçon. || Peau pelée.
— êtym. Cuir.
+ CUIRIE (kui-rie), s. f. Ancien nom de la cuirasse (voy. cuirasse à l'historique).
t CUIRIER (kui-rié), ». m. Terme de pêche. Tablier de cuir.
— ÊTYM. Cuir.
t CUISAGE (kui-za-j'), ». m. Terme de charbonnier. Réduction du bois eu charbon.
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— hist. xiv" s. L'argent pour le cuisage de sept hostiaux de pain, du canoë, cuechum.
— ÊTYM. Cuire.
CUISANT, ANTE (kui-zan, zan-t'), ad;'. || 1" Oui se cuit facilement. Ces legumessontcuisants.il 2° Qui cause une douleur brûlante, vive. Douleur cuisante. Elle [une fourrure] garantirait des froids les plus cuisants, la font. Fabl. v, 20. Un mal cuisant déchire ma poitrine, Ma faible voix s'éteint dans les douleurs, berano. Malade. || Fig. Et que leur belle muse à mordre si cuisante, Régnier,. Soi. ix. Fuyez ce médisant, son parler est cuisant, id. t'6. xn. || Terme de botanique. Tiges cuisantes , tiges parsemées de poils piquants et qui causent une certaine inflammation par ta piqûre. || 3° Fig. Oui cause une vive peine morale. Mais puisque dans un mal si doux et si cuisant Votre vertu combat et son charme et sa force, corn. Cid, i, 4. Et l'on doit mettre au rang des plus cuisants malheurs La mort d'un ennemi qui coûte tant de pleurs, id. Cinna, i, l. Je sens au fond du cœur mille remords cuisants, id. t'6. m, 2. Mon plus cuisant chagrin est de ne vous voir pas, id. Perlhar. iv, 5. Ouel caprice, Philon, l'amène jusqu'ici M'expliquer elle-même un si cuisant souci? id Tite et Bér. m, 4. Travaux cuisants, rotroo, St Gen. m, 7. C'est prendre peu de part à mes cuisants soucis Que de rire et me voir en l'état où je suis, mol. Dép. am. iv, 4. Et quelque mal cuisant que m'aient causé vos yeux, id. l'Élour. i, 3. Ce qu'elle pouvait moins supporter que tout le reste était le souvenir de l'état où elle avait passé la nuit, et les cuisantes douleurs que lui avait causées la pensée que M. de Nemours aimait ailleurs et qu'elle était trompée, m"" de la Fayette, Princ. de Cléves, Œuvres, t. n, p. (54, dans pougens. L'horreur, les cuisants remords, la consternation, la fureur, la rage, le désespoir marchent avec lui, fên. Tél. xx. Il a excité dans votre cœur des remords vifs et cuisants, mass. Carême, Pass. Plus leur salut [des pécheurs] lui paraît déploré, plus ses entrailles sont déchirées de mille douleurs cuisantes et secrètes, id. Confir. Zèle contre les vices. Chagrins toujours cuisants! honte toujours nouvelle I volt. Sémiram. u, 4. Mes bons amis, du sort et de l'envie On brave ainsi les traits cuisants, bérang. Mes cheveux.
— HIST. xm" s Ore me dist vostre boche Les
foies paroles cuisanz, fltn. 20683. Car riens n'en puet à chief venir [des femmes], Quant des secrez sunt parçonieres, Tant sunt orguilleuses et fieres, Et tant ont les langues cuisans Et venimeuses et nuisans, la Jios* 16867. ||xiv" s. Navets sont durs et mal cuisans, jusques à ce qu'ils aient esté au froit et à la gelée, Ménagier, H, 6. || xv" s. Pauvreté, chagrine, dolente, Tousjours despiteusa et rebelle, Dit quelque parolle cuysante ; S'elle n'ose, si le pense elle, villon, Grand test. || xvi" s. Son feu, je le confesse, est plus actif, plus cuisant et plus aspre [l'amour], mont, i, 209. Les febves creues en un champ sont cuisantes. — Il y a d'autres eaux desquelles les légumes seront cuisans, palissy, 47.
— ÊTYM. Cuire.
t CUISEUR (kui-zeur), s. m. Ouvrier qui dirige le feu d'un fourneau à briques. || Celui qui fait cuire du vin.
— hist. xm" s. Si le fournier faisait dommage aux cuiseeurs [ceux qui vont cuire à un four], le sire leur devrait amender, Ordonn. des rois, 1. 1, p. 499.
— ÊTYM. Cuire.
CUISINE (kui-zi-n'), ». f. || 1" Pièced'une maison, où l'on fait cuire les mets. Portez ces provisions à la cuisine. Ustensile de cuisine. Chef, garçon, aide de cuisine. |j Fonder la cuisine, pourvoir à la subsistance. Dans un nouveau ménage, il faut commencer par fonder la cuisine. Si c'est sur mon bien seul qu'il fonde sa cuisine , Je t'assure déjà qu'il mourra de famine, Et qu'il n'aura pas lieu de rire à mes dépens, regnard, Légat, m, 3. || Se ruer en cuisine, manger avidement beaucoup; et fig. dépenser beaucoup pour la bonne chère. || Fig. La cuisine est bien froide, n'est guère échauffée dans cette maison, on y fait maigre chère. La beauté, les attraits, l'esprit, la bonne mine Echauffent bien le coeur, mais non pas la cuisine, corn. Mélite, i, 4 . Dans sa retraite où le pauvre homme n'eut Pour le servir qu'une vieille êdentée, Cuisine froide et fort peu fréquentée, la font. Faucon. J'étais assis près d'un maître cafard, Lequel me dit : Vous avez bien la mine D'aller un jour échauffer la cuisine De Lucifer; et moi, prédestiné, Js rirai bien quand vous serez damné, volt. Défense du mondain. || Faire aller, faire rouler la cuisine, avoir soin de ce qui regarde la dépense ordinaire de la table. || Familièrement. Du latin de cuisine, du ' vtin mauvais et plat tel qu* le faisaient
CUI
les cuisinières et les marmitons dans les anciens collèges, où c'était la règle que tout le monde parlât latin. || Cuisine-bouche, cuisine où l'on apprête les mets qui doivent être servis au roi. || Cuisine-poêle, ustensile propre à chauffer les appartements et à faire cuire les mets. || 2° Le personnel de la cuisine. Il a laissé sa cuisine à Paris. || 3" L'ordinaire d'une maison, la chère qu'on y fait. Faire maigre cuisine. Jamais idole, quel qu'il fût, N'avait eu cuisine aussi grasse, la font. Fabl. iv, 8. Qui vous a pu plonger en cette humeur chagrine? A-t-on par quelque édit réformé la cuisine? boil. Sal. m. || Faire la cuisine, apprêter à manger. Au noble hôtel de la Vermine, On est logé très-proprement : Uivarol y fait la cuisine, Et Chamcenetz l'appartement, braumarcii. Épigr. || Flaireur de cuisine, parasite. Tu viens ici mettre ton nez, Impudent flaireur de cuisine, mol. Amphit. ni, 7. || Fig. et familièrement. Être chargé de cuisine, être gras, avoir gros ventre. || 4* L'art d'apprêter les mets. Savoir la cuisine. La cuisine française. La cuisine anglaise. Et Malherbe et Balzac, si savants en bons mots, En cuisine peutêtre auraient été des sots, mol. Femm. sav. n, 8. Qu'importe qu'elle manque aux lois de Vaugelas, Pourvu qu'à la cuisine elle ne manque pas, id. i6. ii , 7. Enfin son goût pour cette nation [Anglais] était si décidé qu'il en préférait même la cuisine à la nôtre trop justement célèbre dans toute l'Europe, d'alemb. Éloges, Milord Maréchal. || 6" Fig. et famiUèrement, cuisine se dit quelquefois des préparatifs et tripotages pour les affaires. La cuisine politique. La cuisine électorale. || 6" Boîte longue à différents compartiments, où l'on mettait divers ingrédients propres pour les ragoûts. || 7" Terme de marine. Caisse de tôle, divisée en plusieurs parties, pour mettre les chaudières, casseroles, etc.
— HIST. xn" s. Par devers la quisine sunt entré el vergier, Th. le mari. 4 44. E à sa quesine furent asis, chascun jur, dis bues gras de guarde e vint ki veneientde lacumune pasture, Rois, 239. || xm's. Si prist la reube à un garchon et se mist en la quisine à tourner les capons, Chr. de Rains, p. 46. Chacun jor jusqu'à quaroime, cosine à huile, et à chacun un haran, du cange, eoquiua. Que touz ceulz qui voudront tenir estai ou fenestre à vendre cuisine, sachentappareillier toute manière de viandes conmunes et prouffitables au peuple, Liv. des met. 4 76. Et vit la cuisine fumer Où il ot fait feu alumer, flen. 937. Vins en posou en barix, ou viandes prestes à envoier à la quisine, beaum. 33. || xiv" s. Tust et isnelement est en fuite tournés; En le [la] cuisine vint li cuivers deflaés, Baud. de Seb. vin, 850. Vous deux qui avez perdu, paierez chascun un pot de servoise, et nous autres paierons la cuisine et le pain, nu cange, cooiu'na. || xv" s. Il en est temps, car vo biauté décline, En charité donnez de vo cuisine Aux povres gens, eust. desch. Poésies mss. f° 206, dans lacurne. ||xvr s. Il y en eust deui qui se lassèrent de trotter, pource qu'ils estoient un petit chargés de cuisine [d'embonpoint], desper. Contes, xxvin. Il leur dist: Seigneurs, la table est mise leens pour nous disner et aisier, et est la cuisine au feu et le vin au celier; de quoy il nous fauldra boire et mengier, menard, Hist. de du Guesclin, f" 427, dans lacurne. Elle commença à se remuer en cuisine, JVuit» de Straparole, t. n, p. 226, dans lacurne. Il dit que le premier bastiment d'une maison doit estre la cuisine, c'est à dira le revenu et le fonds pour l'entretenir, duverdier, Biblioth. p. 4 53j dans lacurne. Grasse cuisine, maigre testament, cotgrave. De grasse cuisine povreté s'avoisine, iu. Mauvais chien ne veut jamais compaignon en cuisine, id. Cuisine estroite fait bastir grande maison,
LEROUX DE LINCY, PtOV. t. II, p. 4 94.
— ÊTYM. Saintong. cheunne; wallon, couhène; namurois, coujène; rouchi, cuiséne ; bourguig. cusène; provenç. cozina; espagn. cocina; porlug. cqzinha; ital. eucina; du latin coquina, de coquere, cuire (voy. cuire).
CUISINER (kui-zi-né), e. n. Faire la cuisine. Efle aime à cuisiner. Il cuisine assez bien.
— HIST. xiu" s. Et en l'iave et en rost [ils] ont la char quisine, Ch. d'Ant. v, 46. ||xvi"s. Ils apprennent à se chausser, à se vestir, à donner à boire, à cuysiner, et n'y a rien de tout cela qu'ils sçachent bien faire, s'ils ne l'ont appris, amyot, Que lavtrtu se peut apprendre, 4.
— ÉTYM. Cuisine; provenç. cosinar; espagn. cocinar; portug. cosinhar; ital. cucinare.
f CU1SINERIE (kui-zi-ne-rie), s. f. Terme trèsfamilier pour dire la manière de faire la cuisine.
— HIST. xvi" s. Cuisinerie, monet, Dict.
— êtym. Cuisiner
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CUISINIER, 1ÈRE (kui-zi-nié, niê-r), s. m. et f. || 1° Celui, celle dont la fonction est de faire la cuisine. Un bon cuisinier. Une mauvaise cuisinière. Que de son cuisinier il s'est fait un mérite, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite, mol. ttis. m , 6. Un jour le cuisinier, ayant trop bu d'un coup, Prit pour oison le cygne, et, le tenant au cou, Il allait l'égorger, puis le mettre en potage, la font. Fabl. ni, 4 2. Un bon cuisinier coûtait quatre talents, montesq. Esp. vn, 2. Après m'avoir dit en passant que Cadmus, l'aïeul de Bacchus, le fondateur de Thèbes, commença par être cuisinier du roi de Sidon, barthêl. A'iach. ch. 25. || Fig. La gaieté, les travaux rustiques, les folâtres jeux sont les premiers cuisiniers du monde, j. j. rouss. Ém. iv. || 2° Personne qui sait faire la cuisine. || 3" Le Parfait Cuisinier, la Cuisinière bourgeoise, livres où l'on traite de la cuisine. Mithœcus qui nous a donné le Cuisinier sicilien, barthêl. Anach. ch. 25. Le Cuisinier français, qui n'est pas un bon livre, Nous donne quelquefois des maximes à suivre : J'emprunterai de lui ce refrain bien connu : Servez chaud.... berchoux, Gastron. ni.
— HIST. xni* s. Que se aucune personne est devant estai ou fenestre de cuisinier pour marchander ou achaler des dits cuisiniers, que si aucuns des autres cuisiniers l'appelé devant que l'on soit partiz de son gré de Testai ou fenestre, si soit en la peine île cinq sols, Lit), des met. 437. || xvi's. Ainsi tu attraperais quelque bénéfice, que tu ferais tenir par quelque cuisinier de prestre et tu prendrais le revenu, palissy, 8i. Il donna la maison d'un citoyen de Magnésie à un cuisinier, pour autant qu'il avoit bien appareillé un sonpper, amyot, Anton. 27. Style de ramoneur de cheminée ou de cuisinier, rab. p. 409, dans lacurne.
— ETYM. Cuisine; saintong. cheunier; bourguig. cusenei; provenç. cosiner; espagn. cocinero; poitug. colinheiro ; ital. cuciniere.
CUISINIÈRE (kui-zi-niê-r"), s. f. Ustensile en ferlil.inc, où l'on met la viande rôtir à la broche. On l'appelle aussi rôtissoire.
— ÊTYM. Cuisinier.
f CUISSAGE (kui-sa-j'), s. m. Terme de droit féodal. Droit qu'avait le seigneur de mettre la jambe dans le lit de la nouvelle mariée la première nuit des noces, et aussi, dans quelques localités, droit de coucher avec la nouvelle mariée la première nuit: droits qui d'ordinaire étaient rachetés à prix d'argent. Les seigneurs avaient imaginé le droit de cuissage, volt. Mœurs, 61.
— HIST. xvi* s. Je me suis laissé dire qu'il n'y a pas longtempsqu'aucuns seigneurs, mesme ecclésiastiques, avoient droict par ancienne coustume de meure une jambe dans le lit où couchoit l'espousée la première nuit de ses noces; il y en eut un le quel voulant outrepasser les limites de son devoir d'une effrénée lubrici té, fist perdre cette coutume au pris de sa vie, nuvERDiER, Div. leçons, p. 96. dans lacurne.
— Etym. Cuisse.
CUISSARD (kui-sar; le d ne se lie pas: un kuisar épais; au pluriel, 1'* ne se lie pas: des kui-sar épais; cependant plusieurs la lient: des kui-sar-z épais), s. m. || 1" Partie de l'armure qui couvrait les cuisses de l'homme d'armes. LesTroyens et les Grecs, armés de piques, de massues, d'épées, de flèches et de javelots, couverts de casques, de cuirasses, de cuissards et de boucliers, les rangs pressés, les généraux à leur tête, s'avançaient les unscontieles autres, barthêl. Anach. introd. part. (". Contemplez ces armets, ces casques, ces cuissards Des Nemours, des Clissons, des Coucis, des Bayards; J'aime à les revêtir de ces armes antiques, delille, Imag. iv. || 2° Instrument destiné à remplacer le membre inférieur après l'amputation de la cuisse. Dans ce sens, plusieurs écrivent cuissart; ce qui est une inutile variation d'orthographe.
— HIST. xm's. Cuissots, biaconniere de maille Avoirte fault, et n'y fais faille, du cange, cuissetus. Un cuisiaux gamboisez, id. ib. || xv' s. Il l'aconsuivit bas ens es cuisses, et lui perça du glaive tout outre les cuisseaulx, froiss. ii, u, 81. || xvi*s. Lesjambes armées de grèves et de cuissots, vestus de hocquetons noirs, amyot, P. Mm. 30. Il leur persuada de s'armer les cuisses et jambes de bons cuissots et bonnes grefves, id. Philop. 4 3. Voici comment je voudrais qu'ils fussent accommodez, à sçavoir de corcelets noirs assez légers, car les pesans accablent, avec les cuissots, demi brassais et la bourguignote, lanoue, 237. Armés de grèves, genouillères, cuyssots, cuyrasse, carl. vu, 4 3.
— ÉTYM. Cuisse. Les anciens textes ne donnent que cuissau ou cuissot.
cm
CTTI
t CUISSARDE, ÉE (kui-sar-dé, dée), ad]. Armé de cuissards.
CUISSE (kui-s'), s. I**. || 1" La partie du corps de l'homme et des animaux qui s'étend de la hanche jusqu'au genou. || Terme de manège. Aide des cuisses, mouvements des cuisses, par lesquels le cavalier fait mouvoir à son gré le cheval. || Chez les ruminants et les solipèdes, la partie qu'on nomme vulgairement cuisse, est, à proprement parler, la jambe; car c'est là qu'est le tibia, l'os de la cuisse étant trèscourt et comme caché par les chairs, contre l'abdomen. || 2° Une cuisse de noix, un des quartiers de lanoix. || 8*Terme d'architecture. Cuisse de triglypbe, la côte qui est entre deux glyphes. || 4"I'ilierquisnpporte la couronne et l'arche 'lans une verrerie. || Matière vitrifiée qui a coulé des pots dans le fond du four. || 5° Sorte de coquille, du genre des huîtres. || 6° Terme de serrurerie. Cuisses de grenouilles, certains anneaux de clefs limés et arrondis. || 7* Kose cuisse de nymphe, ou cuisse de nymphe, variété de rose blanche avec une nuance rosée.
— HIST. xi* s. [Un cheval qui a] Courte la quisse et la croupe bien large, Ch. de Rot. ami. ||xu*s. Entre ses cuisses [le cheval] fu souz lui mort jetez, ïionc. p. 96. Là ù parlout al rei saint Thomas à cheval, De quisse en quisse sist, sovent changot estai, L'une quisse en la selle et l'autre contreval, Th. le mart. 4 44. || xm's. D'un coutel en vo [votre] cuisse vous conviendra ferir, Berte, xut. Et se portèrent à terre par dessus les cropes des chevaus lor siele entre les cuisses, Chr. de Rains, p. 66. Oïl, dit Renart, par ma foi, Je le tieng par col et par cuisse; Ne m'eschapera que je puisse, Ren. 2909. Devantli mete ou cuisse ou ele, Ou buef ou porc devant li taille, Selonc ce qu'il auront vitaille Soit de poisson, ou soit de char, la Rose, 43600. La quisse d'asne crue font cent sous acater [dans une famine] ; Cinq sous vent on la poire, quant on la peut trouver, Ch. d'Ant. iv, 698. ||xiv*s. Wistaces deBoulongne va ferir Galerant, Cousin germain Gaufroi, le félon soudoiant; La cuisse li abat, toute li va rasant, Baud. de Seb. vu, 287. ||xvi*s. Il futdict, que de chascun costé on ne pourrait amener que cent gentilshommes la lance sur la cuisse, d'aub. Hist. i, 440.
— ÉTYM. Bourguig. queusse ; provenç. cueissa. coissa, cuyssa; portug. coxa; ital. coscia; du latin coio.
t CUISSEAU (kui-sô), s. m. Terme de boucherie. Partie du veau prenant un peu au-dessous de la queue dans toute la circonférence de l'animal, et se prolongeant jusque vers le rognon.
— ÉTYM. Cuisse.
CUISSE-MADAME (kui-se-ma-da-m'), s. f. Poire
de forme allongée et de couleur fauve. Il On dit aussi cuisse-dame. |) Au plur. Des cuisses-madame.
f- CUISSETTE (kui-sè-f), s. f. La moitié des fils d'une portée, en termes d'ourdisseur.
— ETYM. Diminutif de cuisse. Autrefois la cuitselle était une sorte d'étoffe. Or a bonne pane de gris, De menu vair et de cuissettes, e. desch. Poésies mss. f°6t4, dans lacurne. Le quel sera tenu faire pour son chef d'oeuvre ung manteau de cuissettes noires, du nombre de huit cens jambes et huit tiers de hauteur, Ordonn. juillet i486.
t CUISS1ÊRE (kui-siê-r'), s. f. Garniture de peau qui recouvre lacuissegauchedutambour,depuisle genou jusqu'aux reins, pour la préserver du frottement.
— ÉTYM. Cuisse.
CUISSON (kui-son), s. f. || 1° Action de cuire:
opération qui consiste à soumettre dans des vases, et pendant un temps limité, à l'action d'une température d'au moins 4 00°, des substances organiques solides ou dissoutes. || Pain de cuisson, le pain de ménage que l'on fait chez soi. || Cuisson du sucre, se dit de la préparation du sirop de sucre. || 2° Espèce de douleur, qui est causée par une brûlure légère, par la piqûre des orties, par certaines affections cutanées, parle frottement trop prolongé des parties.
— HIST. joii* s. Où François par mésaventure Reçurent si maie cuisson, g. guiart, t. n, p. 241, v. 6248 (16228). Et que toutes cuisson de plates et toutes trumelles de plates soient faites en cesle manière ou en meilleur, Liv. des met. 372. || xvi's. S'il y a grande ardeur, cuisson et douleur, on fera asseoir le malade en un demy bain, paré, xi, 2û. Il faut que, pour donner cuisson à la farine, le laict cuise semblablement longtemps, u>. xvm, 29. Viandes froides et de difficile cuisson [digestion], id. i, 4 4. Et Dionysius Heracleotes, affligé d'une cuison véhémente des yeulx, Teut rengé à quitter ces resolutions stoïques, mont II, 244.
— ÉTYM-. Génev. cuison ; picard , cuichon ; du latin coctionem, decoquere, cuire.
CUISSOT (kui-so; le t ne se lie pas dans le parle! ordinaire; au pluriel, l'i se lie: des kui-so-z appétissants; cuissots rime avec dos, faux, sauts, etc.), s. m. Terme de vénerie. Cuisse de cerf, de chevreuil, de sanglier. || Pièce d'armes, voy. cuissard.
— HIST. xvi* s. Prenez un cuissot de porc, Mena, qitr, it, 5.
— ETYM. Cuisse.
CUlSTRE(kui-str'), s. m. || 1* Valet de collège.
J'ai été cuistre dans le collège de l'Assomption. || 2° Par extension, pédant encrassé. Quelque ancrd qu'il fût [Godet, évêque de Chartres], son extérieui de cuistre le rassura [Fénelon], st-sim. 34, (36. M. Furia est un cuistre, ancien cordonnier comme son père, P. l. cour. I, 64. Nul front sinistre; Propos de cuistre, Airs de ministre N'y sont point permis, bérang. Cocagne. Allez, cuistre fieffé, mol. Bourg, gent. h, 4. Pauvre enfant, se disait le vieillard, tu chantes comme l'oiseau que tient en joue le chasseur : tout le monde conspire à te marier avec ce cuistre, ch. de Bernard, Un Homme se' rieux, § 4 3.
— HIST. xi* s. Revint li costre à l'imasrine el muster, St Alexis, xxxvi. ||xm* s. À un soir vint à la chapiele; Et li coustres ferme les huis, Roman de Robert le ÎHable. || xv* s. Le coustre, tenant le lieu de son compagnon estant à Rome.... Louis xi, Nouv. xni. || xvt* s. Cuistre (domestique qui cuit pour les écoliers), oudin, Dict.
— ÊTYM. Die*, le tire de cocistro, qui est dans les Gloses d'Isidore avec le sens de cuisinier; mais on ne trouve aucun exemple ancien de ce mot, ce qui serait étrange, s'il venait de cette glose, au lieu que cela sera tout naturel si l'on suppose que cuistre n'est qu'une autre prononciation de coustre, sacristain (qui vient, lui, du 'latin custos, gardien, avec épenthèse del'r; voy. custode; allem. Kûster); le sens aura facilement passé de serviteur d'église à serviteur de collège.
CUIT, CUITE (kui, kui-t'), par!, possède cuire. || 1° Qui a subi la cuisson. Du pain bien cuit. Des pommes cuites. Du vin cuit. X l'heure dite il courut au logis De la cigogne son hôtesse, Loua très-fort sa politesse, Trouva le dîner cuit à point, la font. Fabl. i, 48. || Fig. Avoir du pain cuit, avoir une fortune assurée et pouvant dispenser de tout travail. || Proverbe. Libertétet pain cuit, c'est-à-dire les deux plus grands biens en ce monde sont d'être libre et d'avoir cequi est nécessaire à la vie. ||2"Qui a subi par le feu une préparation comparée à la cuisson. Terre cuite. Statue cuite. || 3° Qui a subi élaboration, coction. Les aliments cuits dans l'estomac. Un rhume cuit et qui tire à sa fin. || 4° Fig. Qui est à point. Nous avons dans la tête un fort joli mariage, mais il n'est pas cuit; la belle n'a que quinze ans, et l'on veut qu'elle en ait davantage pour penser à la marier, sév. 242. || Familièrement. Il est cuit, c'est un homme cuit, c'est-à-dire sa fortune est ruinée, son crédit est perdu; ou, dans un langage plus que familier, il va mourir. On dit aussi : Il a plus de la moitié de son pain de cuit, il ne vivra plus longtemps.
CUITE (kui-t'), *. f. || 1° Sorte de cuisson donnée à la porcelaine, aux briques, au plâtre, etc. La première, la seconde cuite. || 2° Ce qu'on cuit en une fournée. Toute la cuite est perdue. || Maître de cuite, celui qui dirige cette opération. || 3* Concentration d'un liquide. La cuite d'un sirop. || 4° Petii-lait provenant de la fabrication des fromages de Gruyère.
— HIST. xiii* s. Et se son levain est fait, il puet cuire la cuite du levain, Liv. des met. 14. ||xvi* s. Exceptez les escrevices, que l'on cardinalise à la cuyete, rab. Car. i, 39. Il inventa les horologes et quadrans pour entendre le temps de la cuyete de pain, id. Pant. iv, 64. Telles chairs, bien que grasses, ne sont jamais de bonne cuitte, se diminuans de beaucoup au feu, o. de serres, £44 . Â quoi aura aidé, un peu de gros vin rouge, qu'aurés auparavant jette dans le moust, sur la fin de sa cuite,
— ÉTYM. Cuile; Berry, cuisse.
| CUIVRAGE (kui-vra-j'), s. m. Action de cuivrer,
de recouvrir de cuivre; résultat de cette action. Le cuivrage s'obtient au moyen du cyanure de cuivra dissous dans les cyanures alcalins.
— ÊTYM. Cuivrer.
CUIVRE (kui-vr'), s. m. || 1* Métal rougeâtre,
moins dur que le fer; les anciens chimistes l'appelaient Vénus, à cause de sa tend&.ice à s'unir avec les autres métaux. Avant la première guerre punique le cuivre était à l'argent comme 9so est à 4 ; il est à peu près aujourd'hui comme 73 '/, est à 4 , montesq. Esp. xxrj, 6. X la suite de l'argent paraît
CUL
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le cuivre qui a avec ce métal une grande affinité; il est lui-même suivi de l'étain, du plomb, du fer, bonnet, Contempl. nat. s* part. ch. 4. Le cuivre précieux que, depuis un temps immémorial, on tire des mines de Délos et que l'art industrieux convertit en vases élégants, bahthêl. Anach. 76. || Cuivre jaune, voy. laiton. Le cuivre naturel est rouge; et ce qu'on nomme cuivre jaune est du cuivre jauni avec la calamine [c'est-à-dire allié au zinc, qui, en une certaine proportion , lui donne la teinte de l'or] , bolhn, Hist. anc. CEuvres. t. x, p. 505, dans pohoens. || Cuivre vierge, celui qui sort de la mine. Cuivre blanc, alliage de cuivre, d'arsenic et de zinc. Cuivre noir, celui qui n'a pas été encore parfaitement purifié. Cuivre de rosette, celui qui a été entièrement purifié des autres métaux. || t° Terme de graveur. Planche gravée sur cuivre. Acheter les cuivres d'un ouvrage. || Couper le cuivre, manier le burin. || 8* Terme de musique. L'ensemble des instruments à vent dont le corps est métallique. Le cuivre ou les cuivres dominent dans cet orchestre. Et moi, je vais rester, souffrir, agir et vivre; Voir mon nom se grossir dans les bouches de cuivre De la célébrité, v. hugo, Voix, 29. || 4* Terme de minéralogie. Cuivre bleu, variété bleue de carbonate de cuivre. Cuivre corné, chlorure de cuivre. Cuivre gris, sulfure de cuivre antimonifère. || Banc de cuivre, pierre dure et jaunâtre, employée à paver les cours des maisons.
— hist. xih« s. Sus un coffre ferré de cuivre, Lai de l'ombre || xiv s. Roches sont moult agues, et li fosse [fouit] on toudis ; Car li ors croist desous, et argens et vernis, Qoeuvres, metaus, estains, tout croist en che pourpris, Baud. de Seb. xni, 64. || xv s. Venus par le cuyvre entendon,Et aussi c'est moult bien son nom, LA PONT. 41».
— ETYM. Lat. cuprum, de KOitpo;, l'Ile de Chypre, à cause du cuivre qu'on trouvait dans cette île.
t. CUIVRÉ, ÊE (kui-vré, vrée), adj. || 1* De couleur de cuivre, c'est-à-dire rougeâtre (il ne faut pas confondre cuivré et bronzé). Teint cuivré. Peau cuivrée. Dans la siphylis certaines taches de la peau ont une teinte cuivrée. Tout son corps frotté d'huile avait une couleur cuivrée, chateaub. Natch.u, 367. Colonnel il m'a semblé qu'éblouissant mes yeux Tes bataillons cuivrés cherchaient à redescendre I v. hugo, Odet, m, 7. || 2° Voix cuivrée, voix qui a un timbre éclatant comme celui des instruments de cuivre. On dit dans le même sens : voix métallique.
— ÊTYM. Cuivre.
f t. CUIVRÉ, ÊE (kui-vré, vrée), part, passé. Revêtu de lames de cuivre.
f CUIVRÉE (kui-vrée), s. f. Fausse dorure faite avec du cuivre en feuilles.
— êtym. Cuivre.
+ CUIVRER (kui-vré), v. a. Revêtir de cuivre en feuilles. || Pratiquer l'opération du cuivrage. || Se cuivrer, v. rifl. Être revêtu de cuivre. Tous ces ouvrages doivent se cuivrer.
— ÊTYM. Cuivre.
f CUIVRETTE (kui-vre-f), s. f. Terme de musique. Petite anche de cuivre dans certains instruments à vent.
— ÊTYM. Cuivre.
f CUIVREUX, EUSE(kui-vreû, vreû-z"), adj. Qui a rapport au cuivre, qui en est formé. || Terme de musique. Oui a le son du cuivre. || Terme de peinture. Qui approche de la couleur du cuivre. Tons cuivreux.
— ÊTYM. Cuivre.
t CU1VRIQUE (kui-vri-k'), adj. Terme de chimie. Oui a rapport au cuivre. Oxydp Viivrique, deutoxyde de cuivre.
— ÊTYM. Cuivre.
f CUIVROT (kui-vro), t. m. Outil d'horloger, pour recevoir les tiges des pièces qu'il s'agit de tourner.
t CUJEL1ER (ku-je-lié), *. m. Un des noms vulgaires de la farlouse ou alouette des bois (alaude cujelier) , appelée aussi cochelerieu, cochelevier, turlut et turlutoir, legoarant.
CUL (ku; VI ne se prononce jamais, même devant une voyelle) ou CU (ku), *. m. || 1* Le derrière de l'homme et des animaux. 11 tomba sur son cul. Donner des coups de pied au cul. Chacune sur le cul au foyer s'accroupit , Régnier , Sol. xi. Trébuchant par le cul s'en va devant derrière, id. t'6. Revenez, mes fesses perdues, Revenez me donner un cul, scarron, Poésies diverses, CEuvres, t. vu, p. «33, dans pouoens. Oui te fit aller choir sur le cul , aux pieds des comédiennes, après une rétrogradation fort précipitée, in. Rom. comique, ch. to. Voulez-vous parier q«e je vais donner un coup
de pied au cul de Béchameil, et qu'il m'en saura le meilleur gré du monde? st-sim. us, s*. Pour moi, j'ai pratiqué toujours cette leçon dans ma petite philosophie ; et je ne suis jamais revenu au logis, que je ne me sois tenu prêt à la colère de mes maîtres , aux réprimandes, aux injures, aux coups de pied au cul, aux bastonnades, aux êtrivières; et, ce qui a manqué à m'arriver, j'en ai rendu grâces à mon bon destin, mol. Scapin, n, 8. Depuis la nuque du col jusqu'au cul, volt. Cand. 2. Quoi ! vivrez-vous donc toujours, Vieux petits culs nus d'amours? bérang. Pauvret am. || Cul pardessus tête, chute dans laquelle on fait la culbute. Ils renversent cul par-dessus tête le pauvre homme et le cheval, sév. ise>. ||U a le cul rompu, se dit de celui qui marche mal et en traînant les jambes. Il est crotté jusqu'au cul, il est très-crotté. || Avoir toujours le cul sur une chaise , être constamment assis. || Avoir le cul sur la selle, être à cheval. On dit d'un officier actif et vigilant, qu'il a toujours le cul sur la selle. || Par extension. Avoir le cul sur la selle, être toujours assis. Si vous étiez dans un autre état, je vous dirais de marcher.... je suis persuadée que la plupart des maux viennent d'avoir le cul sur la selle, sév. 79. || Demeurer entre deux selles le cul par terre , échouer dans la poursuite de deux choses. Je vois ces héros retournés Chez eux avec un pied de nez, Et le protecteur des rebelles Le cul à terre entre deux selles, la font. Lettres, xxm. || Faire une chose à écorche-cul, la faire à regret en rechignant. || La tête a emporté le cul, se dit d'une personne qui est tombée la tête la première. || Terme de jtueur. X cul levé, c'est-à-dire que celui qui perd s'en va. Jouer à cul levé. || Aller de cul et de tête, s'y prendre avec ardeur, mais sans précaution et sans mesure. M. de Vendôme fit donner ses troupes d'arrivée, de cul et de tête, sans ordre et sans règle, st-sim. 204, 234. || Il perdrait son cul s'il ne tenait, se dit d'un homme négligent qui perd tout ce qu'il a, d'un joueur qui perd tout son avoir au jeu. || Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, le censurer sans ménagement. On n'est point plus ravi que de vous tenir au cul et aux chausses, mol. Vâv. m , 6. Cette locution signifie aussi serrer de près. || Donner du pied au cul à un valet, le chasser de son service. Donner du pied au cul à quelqu'un, le chasser honteusement. Et qui me donneriez bientôt du pied au cul. Lorsque vous me verriez être sans quart d'écu, scarron, Uér. ridic. dans leroux, Dict. comique. || Prendre son cul pour ses chausses, se méprendre grossièrement. || Montrer le cul, avoir des habits très-mauvais. Monsieur mon père, on me voit le cul de tous les côtés [je suis en guenilles], hauteroche, Crispin médecin, i, 6. || Montrer le cul, signifie aussi avoir peur. Il avait fait le brave, mais, au faire et au prendre, il montra le cul. || Se lever le cul devant, n'être pas de bonne humeur, en se levant, et durant la journée. || Arrêter quelqu'un sur le cul, l'arrêter tout court. Le feu de l'infanterie arrêta la cavalerie sur le cul. || Mettre une personne à cul, la mettre dans l'impossibilité d'éluder plus longtemps. || Etre à cul, être sans ressources. || En avoir dans le cul, être perdu, vaincu, sans ressource. Nous en avons eu dans le cul, scarron, Virg. trav. 1. 1| lisse tiennent tous par le cul comme des hannetons, ou comme des Juifs, se dit de plusieurs gens alliés en même famille. || Ce sont deux culs dans une chemise, ce sont des gens intimement liés. || Un bout de cul, un petit homme gros et trapu. || Baiser le cul de la vieille, se dit d'un joueur qui a perdu sans avoir pu gagner ni prendre un seul point. || Baiser ou lécher le cul à quelqu'un, lui témoigner une soumission servile et aussi faire tout ce qu'il veut. Le chancelier me répondit qu'il voudrait me baiser au cul, et que cela [le projet de paix] fût exécuté, st-sim. (52, 2)6. || Toutes ces locutions sont du langage très-familier ou du langage bas. || 2* L'anus par où sortent les excréments. || Fig. et bassement. Péter plus haut que le cul, entreprendre des choses au-dessus de ses forces , prendre des airs au-dessus de son état. || Bassement. On lui boucherait le cul d'un grain de millet, se dit d'une personne qui a une grande peur. )| S* La personne. Cul de plomb, homme sédentaire. Je fis le cul de plomb, travaillant des mieux avec les autres clercs. Pièces comiques, dans leroux, Dict. comique. || Cul blanc, nom de petits merciers qui vont par la campagne vendre de menues marchandises qu'ils portent sur leur dos. || Cul-dejatte, personne estropiée qui ne peut faire usage de ses jambes. De pauvres culs -de -jatte. Il est cul-de-jatte. Locution tirée de ce que les pauvres qui sont culs-de-jatte ont le derrière appuyé sur
une espèce de jatte. Souvent le doux penser me flatte De n'être plus un cul-de-jatte, Et qu'un jour je pourrai marcher, Et où vous serez, vous chercher, scarron, Poésies div. Œuvres, t vu, p. 10, dans podgens. Je suis un cul-de-jatte à qui membres tortus Font grand mal à toute heure, id. ib. p. 45. La pauvre veuve |Maintenon] rougit, non pas de la réputation du cul-de-jatte [Scarron] attaquée, mais d'entendre prononcer son nom et devant le succès seur [Louis XIV], st-sim. 66, io$. Qu'on me rende impotent, Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme Je vive, c'est assez, je suis plus que content, la pont. Fabl. i, (5. Vous n'êtes qu'un manchot, et vous osez prétendre à ma fille? Savezvousbien que je l'ai refusée à un cul-de-jatte? lesage, Diable boiteux, ch. 8. ||4> Cul-de-poule, renflement en forme du cul de la poule. || Fig. et familièrement. Faire le cul de poule , faire une espèce de moue en avançant et pressant les lèvres. || Cul-de-poule, partie arrondie de la plaque de couche d'un fusil. || Terme de chirurgie. Eminence qui se forme à l'ouverture de quelques fistules. || Terme de vétérinaire. Cul-de-poule, ulcère dont les bords sont saillants; éminenceque la graisse forme près de l'anus du cheval. || Terme de serrurerie. Cul-de-poule, renflement que l'on donne au corps d'une espagnolette, au droit de la poignée. 1 1 5" Le dos. Nous étions campés le cul dans le Necker, à la petite portée de canon d'Heidelberg, st-sim. 22, 258. On campa le cul à Manheim et la gauche appuyée au bord du Necker, id. 29, 87. || 6* Cul s'est dit de certains jupons rembourrés que mctent les femmes et qu'aujourd'hui on nomme plus décemment tournure. Si l'on porte encore des culs, dans ce cas je vous prierai de m'en envoyer deux. M"' de genlis, Adèle et Théodore, t. H, lett. 28. |j7* Par extension, la base, le fond de certains objets. Le cul d'une bouteille, d'une barrique. Quelques grains de sel dans le cul d'un pot de terre cassé, lesage, Guxm. d'Alfarache, i, 5. || Mettre un tonneau sur le cul, le lever sur son fond, et aussi le vider. L'on mange peu; l'on boit en récompense; Quelques tonneaux sont mis sur cul, la pont. Fiant. Un baril défoncé, deux bouteilles sur cul, Qui disaient, sans goulet : nous avons trop vécu, Régnier, Sat. xi. || Cul de bouteille, se dit de la couleur d'un vert très-foncé. Cette nuance est cul de bouteille. || Terme de vétérinaire. L'oeil de ce cheval est cul de verre, il est de couleur de bouteille, et par conséquent il a une cataracte. ||8*Cul d'artichaut, la partie charnue d'un artichaut, cellequi porte le foin. Ils ont un goût supérieur à celui de nos choux et semblable à celui des culs d'artichaut, bern. de st-pierre, Étude. 5. On vous a déjà reproché de dire.... un cul d'artichaut, un cul-de-lampe, un cul-de-sac ; à peine vous permettez-vous de parler d'un vrai cul devant des matrones respectables, et cependant vous n'employez pas d'autre expression pour signifier des choses auxquelles un cul n'a nul rapport, volt. Disc, aux Velches. || *• Le derrière d'une charre'te. Mettez cela au cul de la charrette. Mettre une charrette à cul, la mettre les limons en l'air. || 10° Cul de bassefosse, cachot souterrain creusé dans la basse fosse même. || Par extension. Vous rebutez mes vœux, vous me poussez à bout; Mais un cul de couvent me vengera de tout, mol. Éc. des femmes,-?, 4. || ll'Culde-sac, rue qui n'a qu'une issue; maintenant de préférence on dit impasse. Nous descendîmes à la contrée des Francs [à Boulaq] , espèce de cul-de-sac dont on ferme l'entrée tous les soirs, chateaub. /fin. m, 80. Un mur pour vue, un cul-de-sac pour rue, peu d'air, peu de jour, peu d'espace, des grillons, des rats, des planches pourries, l. t. rouss. Confes. v. || Par extension , un cul-de-sac , un lieu qui n'a pas d'issue. Avancer est chose impossible dam la position où nous nous trouvons ; par pitié ou par amitié, tire-moi de ce cul-desac | l'extrémité de l'Italie], p. l. cour. Lett. i, <64. || Fig. Un cul-de-sac, un emploi qui ne peut mener à rien. Bissy vit que ses affaires à Rome par rapport à la Lorraine et à ses espérances prenaient un tour à ne lui plus faire regarder Toul comme un cul-de-sac, st-sim. 34», 23. || Terme de marine. Cul-de-sac, enfoncement de la mer dans les terres. || Terme de pêche. Fond du filet. || 12' Terme d'architecture. Cul en pendentif, voûte sphérique qui est rachetée par quatre fourches ou pendentifs. || Cul de niche, fermeture cintrée d'une niche sur un plan circulaire. || Cul -de -four, voy. pour. H 13-Cul-delampe. Terme d'architecture. Tout support en encorbellement qui n'est pas un corbeau, c'est-à-dire qui ne présente pas deux faces parallèle! perpendiculaires au mur, viollet-le-doc. Le cul-de-
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lampe est dit ainsi parce qu'il imite le cul d'une lampe, le bas, le fond d'une lampe portée à la main. || Cabinet saHlant en dehors d'une maison, et dont la partie inférieure a cette forme. || Terme de construction militaire. Cul-de-lampe, encorbellement qui sert à maintenir uae tourelle, une guérite de rempart qui ne monte pas de fond. || Terme d'imprimerie. Cul-de-lampe, ornement aujourd'hui peu employé et qui servait à remplir un blanc de page. Des culs-de-lampe. Que voulait-il qu'un musicien fit de toutes ces comparaisons façonnées en ariettes, qui terminent des scènes comme des culs-de-lampes, ou qui plutôt sont dans le chant comme des bouquets d'artifice pour obtenir l'applaudissement! marmont. Élém. litt. Œuvres, t. ix, p. 404, dans pougens. || Terme de fonderie. Cul-delampe, partie du canon comprenant le relief de la culasse et du bouton. [| Terme de serrurerie. Cul-delampe, le faux fond d'une serrure, le bouton d'une porte. || Terme de pêche. Cul-de-lampe, enceinte qu'on forme derrière les bords d'un étang pour retenir l'eau. || Cul-de-lampe, nom de plusieurs coquilles univalves. || 14° Terme de fortification. Cul de ehaudron,fond arrondi de l'entonnoird'une mine, lors qu'elle a fait explosion. || 15° Terme de serrurerie. Cul de chapeau.se dit des extrémités de la platine d'une targette, d'un verrou, qui sont découpées en demirond. || 16° Terme de marine. Le cul, l'arrière d'un vaisseau, la poupe. || Mettre cul en vent, mettre vent en poupe par un gros temps. || Cul de pot, nœud qui se fait au bout d'un cordage pour y former un bouton. || Cul-rond , grand bateau de pêcheur en forme de gondole. || Cul pu queue d'une poulie, partie de la caisse de la poulie opposée au point d'attache. || 17° Terme d'artillerie. Faux-cul, niasse de matière, ou gâteau qui se forme sous les pilons des mortiers à poudre. || 18° Paille-en-cul, oiseau de mer dit aussi pailleen-queue, et oiseau des tropiques, qui, à la queue, a deux longues plumes dépassant toutes les autres. | Auplur. Des paille-en-cul, des paille-en-queue. || Cul-blanc, nom de la bécassine et d'un autour. Des culs-blancs. Le motteux ou cul-blanc niche, comme le todier, sous terre, mais d'une manière différente, et avec des précautions que le todier n'est pas obligé de prendre, bonnet, Contempl. nal. 12° part. ch. 28. || Cul d'or, espèce de merle d'Afrique (turdus aurigaster) , insectivore. || Cul rouge, rossignol de muraille. || Cul rousset, gorgebleue et rossignol de muraille, jj Cul luisant, femelle du ver luisant. || Cul de singe, nom vulgaire d'une coquille du genre pourpre. || 19° Cul de mulet, variété de figue. || Cul noué, variété de pomme à cidre. || Cul tout nu , le colchique d'automne, fl Cul de chaudron, nom vulgaire de l'amélanchier, plante.
— HIST. xiii* s. Mal se cuevre cui li cul père [parait] , l'rov. du vilain, Us. de St Germ. f° 75, dans lacurne. Son cul [il] a par l'oreille pris [il a pris son cul à deux mains, il s'est mis à courir], Si a passée la charriere, Fabliaux mss. p. 422, dans lâcurne. || xiv' s. Si fort au mur justot, et de tel destrier, Que de cul et de pointes versoit jus dou destrier, Baud. de Seb. xm, 690. Icellui Cervoise donna au dit Dufresne avecques le cul de sa dague deux ou trois cops sur la teste, do cange, culata. ||xv* s. Je serai le premier à recouvrer les torfaits lesquels on nous fait encore tous les jours par la simplesse et la lascheté de vous et par especial de nostre chef le roi qui est allié par mariage à son adversaire; ce n'est pas signe qu'il le veuille guerroyer. Neunil, il a le cul trop pesant; il ne demande que le boire et le manger, froiss. m, iv, 68. Et firent de grans blasphèmes au Roy, comme monstrer leur cul et autres villenies, j. de trotes, Chron. 4476. Tu seras partout diffamé; Car, quant l'en te monstroit les voies De marier, tu respondoies i ceuls qui t'en parloient lors, En ce blasmant, le cul dehors, Alléguant franchise, franchise; Et tu as fait de femme prise, eust. desch. Poésies mss. f° 4 1 8, dans lacurne. Mais au dessoubs fault faire voile Depuis les reins jusques au pie. Du cul de robe qui leur chiet [leur tombe, aux femmes] Contre val comme un fons de cuve Bien fourré, où elle s'encuve; Et ainsi ara la meschine Gresle corps, gros cul et poitrine, ib. f° 494. Qui fait les choses mal aler, Qui nous a fait tant de dolour, Les fous es estas eslever, Les saiges laisser en descour, Les vaillans mettre au cul du four, ib. f" 434. Deux grans chandeliers, fais à cul de lampe, et en icelui cul de lamppe avoit sept des plus grans miroirs qu'on troeuve, ayant chacun huit branches estoffées de feullages pour au bout de chacune branche mettre ung flambeau de cirre armant, de labordb, Émaux, p. 204. Quarante hom-
CUL
mes d'armes qui estoient au roi , furent chassés cul par dessus teste par les coureurs et quelque nombre de gens de l'avant-garde du duc, Bibl. des Chartes, 4* série, t. i, p. 430. Vouster, jouster, rompre la lance, Et mettre ung homme le cul par terre, coquillart, Blason des armes et des dames. ||xvi' s. Là environ cent villageois armés de fondes et de quelques arbalestes arresterent sur cul cette armée, d'aub. Hist. i, «8. Sommerive se sauva par le pont de fourches, et le fit rompre à son cul, id. ib. i, 4 63. Ils firent encore une grande sortie, où ils mirent haut le cul tous les gabions, id. ib. n,*6. En l'orifice de toutes ces fistules se voit quelque callosité eminente, que les chirurgiens appellent vulgairement cul de poulie, paré, xi, 24. J'ay crainte, madame, à parler par révérence, que ce povre duc n'en soit de deux selles le cul à terre, Lett. de Louis III, t. iv, p. 262, dans lacdrne. La lance lui feit voler du poing, et meit son cheval du cul, lequel fut puissant et se releva, iean d'adton, Annales de Louis III, p. 447, dans lacdrne. Encores que ce gros cul empesche les femmes qui le portent, si est-ce que, quand elles veulent, elles le laissent; et en ay veu plusieurs qui disoient : apportez moy mon cul, j'ay laissé mon cul à la maison, et me suis tant advancée que je suis venue icy sans mon cul, bouchet, Séries, liv. m, p. 64 , dans lacurne. Voulant faire marcher son homme à la première poincte d'un assaut qui se donnoit à Vezeiay, il le trouva tout autre qu'il n'estoit, mangeant le cul de poullet sur le bon homme [le paysan], ib. p. 69. Entre deux selles le cul à terre, gênin, Recréai. t. h, p. 239. Qui vous fait mal, Macée, pour nous faire une mine pire qu'un excommuniement? vous vous estes levée le cul le premier; vous estes bien engrongnée, la Comédie des proverbes, i, 5. On reclust Balde au fonds de la terre soubz le cul du diable, et ne luy octroyé on point une seule dragme de jour ou de lumière, merlin cocaïe, t. i, p. 435, dans lacurne. Après avoir rué plusieurs coups l'un sur l'autre, et voyant que leur force ne diminuoit en rien, délibéra jouer à quitte ou dodble, parquoy baissant la teste et se parant au mieulx qu'il peult, entra sur Macarée de cul et de teste, luy ruant un coup de taille, duquel il pensoit luy couper les jarre tz, D. Flores de Grèce, f°cvm, dans lacurne. Ce n'est qu'un cul et une chemise, oodin, Curios. fr. Il est bien caché à qui l'on voit le cul, id. ib. Quand il a quelque chose à la teste, il ne l'a pas au cul, id. ib. Il s'est sauvé par le cul de sa bourse [à force d'argent] , id. ib. Gratter son cul au soleil [avoir patience], oudin, Dict.
— ÊTYM. Saintong. chul; provenç. cul; espagn. et ital. culo ; du latin culus ; il y a aussi dans le gaélique eût; kymri, kil, cul.
t CULAIGNON (ku-lô-gnon), s. m. Terme de pêche. Fond d'un filet.
— ÊTYM. Cul.
t CTJLART (ku-lar), s. m. Partie de l'équipage d'un gros marteau de forge.
— ÊTYM. Cul.
CULASSE (ku-la-s'), s. f. La partie qui fait le fond du canon, d'une arme à feu. || Terme de marine. Le gros de la vergue d'une ancre. || Terme de jardinage. Partie de la racine qui se trouve immédiatement au-dessous du collet. || Terme de bijoutier. Partie inférieure d'un diamant taillé en biseau.
— ÊTYM. Cul; saintong. chulasse.
f CULASSEMENT (ku-la-se-man) , s. m. Action de culasser.
— ÊTYM. Culasser.
t CULASSER (ku-la-sé), v. a. Mettre la culasse d'une arme à feu.
— ÊTYM. Culasse.
f CULATE (ku-la-f), ». f. Terme militaire. Partie qui , étant en arrière de la lumière ou du noyau du canon , aboutit à un gros bouton de métal.
— HIST. xvr" s. Culatte de canon, oudin, Dict.
— ÊTYM. Cul.
t CULAVE (ku-la-v*), s. f. Vase de terre ou de tôle pour faire recuire des ouvrages de verre.
f CUL-BA-S (ku-bâ), s. m. Sorte de jeu analogue au jeu dit commerce, sauf qu'on s'y défait de ses cartes au lieu d'en amasser.
— êtym. Cul, et bas, adj.
CUL-BLANC (ku-blan) , ». m. Voy. col.
t CULBUTABLE (kul-bu-ta-bV), adj. Qui peut être culbuté, renversé. Ce ministère est aisément culbutable.
— ÊTYM. Culbuter.
t CULBUTANT (kul-bu-tan), ». m. Variété de pigeon.
CULBUTE (kul-bu-f), s. /■. JJ 1" Sorte de saut qui
CUL
consiste à faire un tour sur soi-même, en se renversant en avant ou en arrière. Jusqu'à ce que la maudite bête, ne se ressentant plus de sa chute, se remit à faire ses ronds et ses culbutes ordinaires, le sage, Gil Blas, vn, 46. Ne savez-vous pas que, parmi les Velches, il y a des tigres acharnés à dévorer les hommes, comme il y a des singes occupés à faire la culbute? volt. Lett. Richelieu, 48 févr. 4 774. Nos marchands tures faisaient des espèces de culbutes religieuses, chateaub. Ilin. m, 70. || Fairn la culbute, tomber en roulant; et fig. tomber de la faveur dans la disgrâce, de la richesse dan« la pauvreté. Je suis bien aise qu'il n'ait point fait la culbute, srv. 682. On dit que toutes les pièces nouvelles à Fontainebleau ont fait la culbute, volt. dans le Dict. de dochez. || â la culbute, en désordre, à la diable. Tout a été à la culbute à cause de ces huit jours que j'ai été sans lettres, sév. 420, || 2° Anciennement, noeud de rubans de couleur que les jeunes demoiselles portaient presque sur le derrière de la coiffe. || Proverbe. Au bout du fossé la culbute,
voy. BOUT.
— rem. Régnier écrivait culebute : Et du haut jusqu'au- bas je fis la culebute, Sot. xi.La Fontaine aussi : Non sans rire en secret, songeant à cette chute, De mon invention et de sa culebute, Florentin, i, 8.
— HIST. xv's. Maistre Bidault de Cullebutte, Grand abatteur de prime lutte, coquillart, Enquête de la simple et de la rusée. || xvr" s. Faire faire la culbute, oudin, Curios. fr. Chrysippus disoit qu'un philosophe fera une douzaine de culebuttes en public, voire sans hault de chausses, pour une douzaine d'olives, MONT. II, 349.
— ÊTYM. Voy. culbuter.
CULBUTÉ, ÊE (kul-bu-té, tée), part, passé. Renversé comme par une culbute. Culbuté par un grand chien qui courait impétueusement. || Par extension. L'infanterie culbutée par la cavalerie. Une fortune culbutée par des jeux de bourse. Ceux qui ne furent point tués, blessés ou démontés, et qui purent arriver jusqu'au bout du défilé, furent aisément culbutés, et mirent le désordre dans notre gendarmerie qui devait les soutenir, saint -foix, Ets. Paris, Œuvres, t. v, p. 423, dans pougens.
CULBUTER (kul-bu-té), v. a. || 1-Faire faire la culbute à quelqu'un, le renverser violemment. U le culbuta du haut en bas de l'escalier. J'ai transi de vous voir passer de nuit cette montagne [Tarare] que l'on ne passe jamais qu'entre deux soleils et en litière; je ne m'étonne pas si vos parties nobles ont été si culbutées, sév. ai. || Par extension. Culbuter l'ennemi, le rompre et le mettre en fuite. Caulaincourt répondit : vous m'y verrez tout à l'heure mort ou vif; il part aussitôt et culbute tout ce qui lui résiste; puis, tournant subitement à gauche avec ses cuirassiers, il pénètre le premier dans la redouto sanglante où une balle le frappe et l'abat, segur, Hist. de Napol. m, II. Dix mille chevaux russes, dans une rencontre d'avant-garde, avaient culbuté Sébastiani et sa cavalerie, id. ib. vi, 4. || Fig. Culbuter quelqu'un, le faire tomber du pouvoir; ruiner son crédit. Une coalition dans le parle ment culbuta le ministère tory. Les amis de I.aw tirèrent sur le temps et culbutèrent le garde des sceaux, st-sim. 464 , 144. || Terme d'imprimerie. Se dit en parlant des feuilles que l'on met tout de suite en retiration sur la même forme et que l'on retourne in-octavo. || 2' V. n. Tomber, faire la culbute. Il Ht un faux pas et culbuta. Heurtant une porte.... ainsi [aussitôt] qu'elle obéit , je vins à culbuter, Régnier, Soi. x. || Fig. Tomber du pouvoir ou de la richesse. Il faut relever d'anciennes familles qui relèveront la monarchie si elle culbute en Espagne, p. l. coun. u, 267. Qu'un ministre culbute, Il doit tout, à l'en croire, emporter dans sa chute, c dblav. la Popularité, iv, 3. La Touane et Sauvion, trésoriers de l'extraordinaire des guerres, culbutèrent et firent banqueroute, st-sim. 92, 245. ||3°Se culbuter, v. réfl. Faire la culbute. Et les petits en même temps, Voletants, se culebutants, la font. Fabl. iv, 22. (La Fontaine a écrit ici culebuter, comme il écrivait culebute ; voy. culbute.)
— hist. xvi* s. Les forts chevaux qui de peur tresbuscherent, Culebutans tous ensemble , arrachèrent Leurs cols du joug, marot, iv, 72. Et d'où vient que l'yvrognerie, la morsure du chien enragé, une fièvre ardente, un coup en la teste, une fumée montant de l'estomach, et autres accidens, feront culbuter et renverseront entièrement le jugement.... charron, Sagesse, 1, 44.
— êtym. Cul , et buter ou bouter, mots qui d'ailleurs sont étymologiquement identiques.
CUL
cul
cul
t CULBUTEUR (kul-bu-teur), s. m. Terme de physique. Petite figura représentant grossièrement un homme, et qui descend toute seule les degrés d'une sorte d'escalier, en faisant sur elle-même une culbute à chaque marche, par le wul déplacement de son centre de gravité.
— étym. Culbuter.
CULBUTIS (kul-bu-ti), *. m. || l'Amas confus de choses culbutées, en désordre. || Scarron écrit culebutit : Çà, mettons la main à la plume. Et du rude culebutis De ces grands hommes mal bâtis Faisons une gaie peinture, Gigantom. ch. v. || 2" Action de culbuter, culbute. Hélas I si contre quelque butte Il eût fait une culebute, Par cet heureux culebutis Nous eussions été garantis, scarron, Virg. trot), u.
— êtym. Culbuter.
CUL-DE-FOUR (ku-de-four) , s. m. Voy. pour.
CUL-DE- JATTE (ku-de-ja-t'j , s. m. Voy. CUL.
CUL DE-LAMPE (ku-de-lan-p') , s. m. Voy. cul.
CUL l»E-POTouCULDEPOT (ku-de-po).Voy. CUL.
CUL- DE-POULE (ku-de-poule) , s. m. Voy. cul.
CUL-DE-SAC (ku-de-sak), s. m. Voy. cul.
CULEE (ku-lée),*. f. || 1* Terme d'architecture. Massif de maçonnerie qui soutient, dans leur poussée, les voûtes des dernières arches d'un pont. || Culée d'arc-boutant, pilier qui soutient les retombées d'un arc-boutant d'église. |) Terme de ponts et chaussées. Rang de pieux pour soutenir les terres. || 2" La culée du cuir est la partie la plus proche de la queue de l'animal. || 3° Terme de marine. Action de culer, chemin fait par l'arrière; coup que la quille d'un vaisseau donne quelquefois contre le fond. Schouten, en parlant d'un tremblement de terre qui se 9t aux Iles Moluques, dit que les montagnes furent ébranlées, et que les vaisseaux qui étaient à l'ancre 9ur trente ou quarante brasses, se tourmentèrent comme s'ils se fussent donné des culées sur le rivage, buffon, Théorie de la terre, art. xvi.||40Terme d'eaux et forêts. Souche.
— ÉTYM. Culer.
t CULEMKNT (ku-le-man), s. m. Terme de marine. Action d'un navire qui cule.
— étym. Culer.
CULER (ku-lô), v. n. || i° Terme de marine. Aller en arrière. Mettre ou brasser les voiles à culer. Le navire est masqué par une épouvantable rafale et forcé de culer entre une mer horrible, Presse scientifique, t. n, p. 4)7. || Le vent cule, il souffle d'une direction plus d'arrière qu'auparavant. || 2" Fig. Reculer en parlant des personnes et des animaux. || On dit aussi la charrette cula.
— HIST. xvi* s. Et s'estant <sulé dedans ledit ruisseau, le renart entrait petit à petit pour faire fuyr toutes les puces du corps en sa teste, palissy, 87.
— étym. Cul; saintong. chuler.
f CULERON (ku-le-ron), *. m. Terme de manège. Partie de la croupière qui porte la queue du cheval.
— HIST. xvr> s. Culeron, oudin, Dict.
— ÉTYM. Cul.
t CULETIN (ku-le-tin), s. m. Terme de pêche. Voile que les pêcheurs de morue mettent pour hâter la dérive d'un vaisseau qui va côté en travers.
t CULETON (ku-le-ton), s. m. Terme de forges. Partie opposée a la têtière des soufflets.
t CULICIDE (ku-li-si-d'), t. m. Terme de zoologie. Nom d'une famille d'insectes ayant pour type le genre cousin.
— ÉTYM. Lat. cutex, cousin.
t CULICIFORME (ku-li-si-for-m') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un cousin.
— étym. Lat. culex, cousin, insecte, et forma, forme.
t CULICIVORE (ku-li-ii-vo-r*), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui se nourrit de moucherons.
— êtym. Lat. eulem, cousin, et vorare, manger. CULIER (ku-lié), adj. m. Usité seulement dans
cette locution : boyau culier, le rectum.
— HIST. xv s. On en a de vache et brebis, De buefs, de pourceaulx, de moutons, Boyaulx culliers, pance et le pis, Teste de veau.... eust. desch. Poésies mu. f* 34e, dans lacuknk. || xvi* s. Un d'entre eux print un morceau de gros boyau cullier [dans un plat de tripes], paré, Introd. ».
— ÉTYM. Cul.
CULIÈRE (ku-lié-r"), s. f. || 1* Sangle de cuir au derrière d'un cheval pour maintenir le harnais. || 2* Terme d'architecture. Pierre creuse qui reçoit la chute des eaux d'un tuyau de descente.
— hist. xiir» s. 11 trouva un Turc qui estoit monté sur le cheval Monseigneur Gauchier de Chasteilloi , et estoit la culiere toute sanglante du cheval, joinv. Ml.
— ÉTÏM. Clll.
CULINAIRE (ku-li-nê-r*) , adj. Qui se rapporte à la cuisine. Préparation culinaire. L'art culinaire, l'art de préparer les aliments.
— hist. xvi* s. Culinaire, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. cult'nartuî, de culina, cuisine.
t CULINAIREMENT(ku-li-nê-re-man),adt>. A la façon d'un cuisinier, selon l'art culinaire. Culinairement parlant.
— étym. Culinaire, et le suffixe ment.
t CULIT-API (ku-li-ta-pi), t. m. Arbre dont l'écorce est aromatique et sert de parfum (rubiacées).
t CULLAGE (ku-la-j'), s. m. Terme de féodalité. Droit prétendu par les seigneurs sur les nouvelles mariées la première nuit de leurs noces, et qui se rachetait moyennant argent. || Se disait aussi d'une espèce de pourbc™-" que le nouveau marié, en certaines contrées, payait à ses compagnons la première nuit de ses noces. || On trouve aussi l'orthographe culage.
— hist. xv s. Item a le dit seigneur au lieu de St Martin droit de cullagi quant on se marie, no cange, collecta. || xvi* s. Les quelz compaignons envoyerentou dit hostel où se faisoient des nopcespour demander à l'espousé son culaige, ainsi qu'ilz ont accoustumé de faire ou dit lieu [St-Leul en Rethelois, m. culagium.
— ÉTYM. Cul.
t CULLETER (ku-le-té), t>. a. Avoir le cul sur quelque chose, sur une selle, un siège. || Terme vieilli.
— BIST, xv" s. Ce bon chevalier, qui tout le jour avoit -i,Uetésaselletantà la questedes lièvres comme pour quérir logis, louis xi, Nouv. lxxxi.
■ — ÊTYM. Cul.
i CULMIFÈRE (kul-mi-fê-r'), adj. Terme de bou que. Qui porte un chaume, comme le blé, le seigle.
— étym. Lat. culmus, chaume, et fer, qui porte. fCULMlNANCE (kul-mi-nan-s') , s. f. Terme de
géologie. Nom donné aux points les plus élevés d'un terrain, d'une chaîne. Le piton duTrenze, pyramide haute, rudement sculptée, n'est, malgré son aspect ardu, que l'extrémité d'une arête détachée desculminances granitiques du Bois-des-Armes, fournît, Acad.des se. Comptes rendus, t. lu, p. IH8.
— ÉTYM. Culminant.
CULMINANT, ANTE (kul-mi-nan , nan-t'), adj. Terme d'astronomie. Qui culmine. || Point culminant, point du ciel où un astre atteint sa plus grande hauteur sur l'horizon. || Parextension. Le mont Blanc est le point culminant des Alpes. || Fig. Le plus haut degré. Le point culminant de sa fortune.
— êtym. Culminer.
CULMINATION (kul-mi-na-sion) , s. f. Terme d'astronomie. Ll plus grande élévation qu'un astre atteigne au-dessus de l'horizon ; le moment de cette plus grande élévation. La longitude de Batna a été provisoirement déduite de la carte de la province de Constantine et de l'observation de quelques culminations lunaires combinées avec les observations correspondantes de Greenwich, Comptes rendus, Acad. des sciences, t. U, p. •»).
— ÉTYM. Culminer.
CULMINER (kul-mi-né), ». n. Terme d'astronomie. Atteindre son point culminant en parlant d'un astre. L'astre culmine quand il passe au méridien. La médaille représente un combat, avec un soleil qui culmine sur la tête des combattants, volt. Siècle de Louis XI7, ».
— ÊTYM. Lat. culminare, de culmen, sommet (voy. comble 3).
CULOT (ku-lo ; le t ne se lie pas da."*1» parler ordinaire), t. m. || i* Terme enfantin. P—it cul. Si tu n'es pas sage, je te donnerai sur ton culot. || 2° La partie la plus basse d'une lampe d'église. || La partie la plus basse d'un bénitier de chambre. || 3° Terme de fondeur. Lingot qui reste au fond du creuset après la fonte. || Masse métallique qui se trouve au fond du creuset, après une fonte en petit qu'on a exécutée dans un laboratoire. || Plateau de terre cuite sur lequel on pose le creuset dans le fourneau pour le garantir de l'action trop vive du feu. || 4° Résidu noirâtre qui s'amasse au fond d'une pipe. || 5* Terme d'architecture. Ornement de sculpture et d'architecture approchant de la forme d'une tige d'où naissent des fleurs, des feuillages. || 6° Terme de métier. Escabelle sur laquelle le miroitier pose la sébile au vif-argent. || Terme de chandelier. Culot du moule, espèce de petit entonnoir mobile fait de fer-blanc ou d'étain. || 7° Terme de marine. Fond d'une gargousse. || Terme d'artillerie. La partie d'une bombe diamétralement opposée à la fusée et où le métal a le plus d'épaisseur. || Terme d'artificier.
Base de la fusée sur laquelle on appuie la cartouche pour la charger. || 8° Nom vulgaire du dernier éclos d'une couvée. || Nom vulgaire du dernier expulsé des fœtus chez les mammifères qui font plusieurs petits, comme les chiennes, les lapines, les truies, etc. lequel, occupant le fond de la corne utérine, est généralement plus petit et moins vigoureux que les autres. || Populairement, le dernier né des enfants dans une famille. || Fig. Le culot d'une compagnie, le dernier reçu dans une compagnie. || 9" S. m. pi. Terme de géognosie. Dykes terminés en cènes ou en dômes.
— HIST. xvi* s. Avec des marchands estrangers pour fournir quantité de cuivres, rosette, potin, culot, hallebardes, estain, mitraille et autres métaux, sully, Jfem. t. iv, p. 78,dansLACURNE. Qui ne chastie culot, ne chastie culasse, cotgrave.
— ÊTYM. Cul; wallon, coulo,houlo.
fCULOTTAGE (ku-lo-ta-j'), s. m. Action de culotter. || Action de noircir, en fumant, le bas du fourneau d'une pipe.
— ÉTYM. Culotter.
CULOTTE (ku-lo-f), t. f. || 1° Vêtement d'homme, qui couvre depuis la ceintura jusqu'au bas des jambes. || Culotte courte, et, par abréviation, culotte, vêtement qui couvre depuis la ceinture jusqu'au dessous des genoux. Culotte à boucles. Je ne lui ai point fait de visite [â M. de Gérando] , parce qu'il m'eût fallu pour cela une culotte et un chapeau d'une certaine façon, p. l. cour. Lett. H, 9. || Culotte de peau, culotte faite en peau qui a été autrefois à l'usage des militaires; et, figurément et familièrement, un militaire qui n'a rien d'élevé au-dessus de sa profession. Ce n'est qu'une culotte de peau. Une vieille culotte de peau. || Fig. Dans cette maison c'est la femme qui porte la culotte,, elle est plus maltresse que son mari. || On dit aussi une paire de culottes, ou, simplement, des culottes. Apportez-rco' mes culottes. Les culottes du médecin ne tomberaient pas d'elles-mêmes le soir, entraînées par le poids de l'argent.... dioer. Lett. || 2" Terme de boucherie. Partie de la cuisse du bœuf qui comprend l'échiné depuis le dessus de la qus'ie jusqu'au filet et à peu près, en allant en pointe vers le pis, entre la tranche grasse et la bavette. || Terme de cuisine. Culotte de pigeon, la partie de derrière d'un pigeon. || 3" La culotte d'un pistolet, le morceau de métal rond et creux qu'on attache au bout de la poignée d'un pistolet. || 4" Tuyau de plomb, de fonte, de tôle ou de terre cuite, ayant deux branches et destiné à réunir deux suites de tuyaux ou embranchements. || 6" Culotte de Suisse , nom de certains verres à patte dont on se servait pour boire, ainsi nommés parce qu'ils étaient rayés comme la culotte que portaient alors lesSuisses. || 6° Culotte de Suisse, coquille univalve. || Culotte de velours, variété de coq. || Culotte de chien, espèce d'oranger. || Culotte de Suisse, variété de poire de la forme de la poire d'Angleterre, mais rayée de bandes vertes et jaunes qui alternent. || Culotte se dit, dans les grandes feuilles de l'anémone, de la moitié qui est la plus proche de la queue. || 7° Partie d'une pipe noircie par le tabac. || 8° Terme de marine. Culotte ou paire de culottes, sorte d'étendard. || Tailler des culottes à un navire, le forcer à mettre toutes ses voiles dehors pour la fuite. || 9° Dans un langage trèsfamilier, au domino et â quelques autres jeux, perte de toutes les parties que l'on joue. Quelle culotte! Donner une culotte. || C'est aussi, au domino, la perte d'un seul coup, quand cette perte est d'un nombre de points élevés. On dit aussi qu'un domino est culotte quand il n'y en a pas d'autre semblable dans les dés pris. Ainsi le joueur qui pose le double six n'ayant pas d'autre six pose un dé culotte. || 10" Dans un langage très-trivial- sedonner, prendre une culotte, s'enivrer.
— REM. On emploie souvent culotte pour pantalon; il y a cependant une différence entre ces deux parties de l'habillement : la culotte se dit de ton». le vêtement inférieur, allant jusqu'au bas de la jambe, mais plus souvent s'arrêtant au genou; le pantalon ne se dit que du vêtement qui descend jusque sur le cou de pied.
— ÊTYM. Cul ou culot; saintong. chulolte. CULOTTÉ, ÉE (ku-lo-té, tée), part, passé. Cet
homme est mal culotté. Votre Majesté Est mal culottée, Chanson du roi Dagobert. || Pipe culottée. || On dit que les pieds de certains oiseaux sont culottés, lorsque les plumes des cuisses sont allongées et pendantes.
CULOTTER (ku-lo-té), v. a. || f Mettre, attache; la culotte à quelqu'un. Culotter un enfant. j| Absolument. Ce tailleur culotte bien, il fait des culottes
CUL
qui font bien. || 8° Populairement, culotter une pipe, lui donner, à force de fumer dedans, un certain enduit noir dans le bas du fourneau qui rend l'usage de cette pipe beaucoup plus agréable. Elle [Malvina] fumait des panatellas et culottait des pipes avec un bonheur particulier, reybaud, Jérôme Paturot, i, 44. Maintenant, guerrier, ajouta Malvina, acceptez cette pipe, et culottez-la en mon honneur, id. tb. || 8° Se culotter, v. réfl. Mettre sa culotte. Cet enfant ne peut encore se culotter. || Devenir culotté. Cette pipe commence à se culotter.
— ÊTVM. Culotte.
t CULOTTEUR ( ku-lo-teur ), s. m. Celui qui culotte des pipes.
— ÉTYM. Culotter.
CCLOTTIER (ku-lo-tié; l'r ne se lie jamais) , s. m. Celui qui fait et qui vend des culottes de peau, des gants, des guêtres de cuir, etc. || Adjectivement. Marchand culottier.
— ÉTYM. Culotte.
t CULOTTIÈRE (ku-lo-tiê-r'), s. f. Ouvrière qui fait des culottes, des pantalons. j| Adj. Marchande culottif're.
— ÉTYM. Culotte.
t CULOTTIN (ku-lo-tin), s. m. Anciennement, espèce de culotte fort étroite. || Fig. Enfant nouvellement culotté.
— ÉTYM. Culotte.
CULPABILITÉ (kul-pa-bi-li-té), ». f. Etat de celui qui est coupable, ou de ce qui est coupable. La culpabilité de l'accusé n'est pas douteuse. La culpabilité d'une action.
— hEM. Ce mot ne se trouve ni dans Richelet, ni dans Furetière, ni dans les anciennes éditions de l'Académie.
— ÉTYM. Lat. culpabilis, coupable (voy. ce mot). T CUL-ROTJSSELET (ku-rou-se-lè) , s. m. Un des
noms vulgaires de la sylvie rouge-queue (oiseaux insectivores), appelée aussi rossignol de muraille, le-
GOARANT.
— ÉTYM. Cul, etrousselel, diminutif de roux.
t CUL-ROUSSET (ku-rou-sè), s. m. Nom sous lequel Buffon a décrit Yembérize des prairies (oiseaux granivores), nommée par d'autres bruand du Canada. || Un des noms vulgaires de la sylvie suédoise (granivore) dite aussi gorge-bleue, ou fauvette gorgebleue de certains auteurs, legoarant. || Au plur. Des culs-roussets.
— ÉTYM. Cul, et rousset, diminutif de rouas. CULTE (kul-t'), s. m. || i°Honneurqu'on rend à la
divinité. Le culte du vrai Dieu. Le culte divin. Les théologiens distinguent trois sortes de culte : celui de latrie qui n'appartient qu'au souverain être; celui de dulie, qui se rend aux saints; et celui d'hyperdulie qu'on doit à la sainte Vierge. La réponse des Juifs était aisée : Les illusions des magiciens n'ont jamais un effet durable, ni ne tendent à établir, comme a fait Moïse, le culte du Dieu véritable et la sainteté de vie, boss. Hist. n, 42. Quel est cet aveuglement dans uneâme chrétienne, et qui le pourrait comprendre, d'être incapable de manqueraux hommes et de ne craindre pas de manquer à Dieu ; comme si le culte de Dieu ne tenait aucun rang parmi les devoirs, ID. Anne de Goni. || 2' Dans les religions polythéistiques, honneurs qu'on rend aux dieux. Le culte des idoles, des faux dieux. Les Chinois rendent à leurs ancêtres une espèce de culte. Qui oserait raconter les cérémonies des dieux immortels et leurs mystères impurs? Leurs amours, leurs cruautés, leurs jalousies et tous leurs autres excès étaient le sujet de leurs fêtes, de leurs sacrifices, des hymnes qu'on leur chantait, et des peintures que l'on consacrait dans leurs temples; ainsi le crime était adoré et reconnu nécessaire au culte des dieux, boss. Hist. u, 6. Platon, qui voyait la Grèce et tous les paysdu monde remplis d'un culte insensé et scandaleux, ne laisse pas de poser comme un fondement de sa république, qu'il ne faut jamais rien changer dans la religion qu'on trouve établie et quec'est avoir perdu le sens que d'y penser, id. tb. Ces enseignes étaient aux soldats un objet de culte, id. tb. H, 9. Il se mêlait de la politique dans les honneurs qu'ils f les païens] rendaient à Jésus-Christ : ils prétendaient qu'à la fin les religions s'uniraient et que les dieux de toutes les sectes deviendraient communs; les chrétiens ne connaissaient pas ce culte mêlé et ne méprisèrent pas moins les condescendances que les rigueurs de la politique romaine, id. Hist. il, 42, Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites Qui, lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel.... rac. Ath. rv, 3. ]| Fig. Se vouer au culte des muses, s'adonner à la poésie, aux arts libéraux. j| 8* Religion considérée dans ses
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manifestations extérieures. Interdire, abolir, rétablir un culte. La liberté des cultes. Après avoir marqué que li": Homains avaient honoré les dieux sans statiirs i ndant plus de 470 ans, Varron ajoute que, si l'on avait conservé cette coutume, le culte des dieux en serait plus pur et plus saint, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 442, dans pougens. Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l'établir par la force, 3. i. rouss. lettre à l'arch. de raris. Ne confondons point le cérémonial de la religion ; le culte que Dieu demande est celui du cœur, et celui-là, quand il est sincère, est toujours uniforme, id. Em. iv. Je lui dirai le culte où mon coeur est lié, volt. Zaïre, v, 3. Pour un de ces tyrans que notre culte abhorre, id. Tancr. n, 6. || Le culte extérieur, les cérémonies qui se pratiquent au dehors des temples. La religion des Natchez se bornait à l'adoration du soleil ; mais cette croyance était accompagnée de beaucoup de culte, et, par conséquent, suivie de mauvais effets, raynai, Hist.phil.xn, 7. || Le culte domestique, les prières, les lectures pieuses, etc. qui se font en commun dans la famille. || 4° Par extension, vénération profonde. Ils rendaient à sa mémoire une sorte de culte. Impatient des cultes qu'on rend à la fortune d'un ministre, hamilt. Gramm. 6. Fagon aimait en tout la médecine jusqu'au culte, st-sim. h , 4 58. Oui, j'eus pour Scipion Ce culte qu'il est doux d'accorder au génie, H. J. chén. Gracques, n, 3. Ehl qui pourrait compter tous les cultes divers Qui font de l'intérêt le dieu de l'univers? df.lille, Irnag. vin.
— REM. Vaugelas observe que culte est fort nouveau dans la langue; que Coeffeteau n'en a jamais usé, le rejetant à cause de sa rudesse et de la mauvaise équivoque, et que plusieurs personnes de la cour, hommes et femmes, le condamnent et ne le peuvent souffrir; mais pourtant qu'il est employé par les meilleurs écrivains, Bossuet, Bourdaloue, Fléchier, etc. Culte a heureusement triomphé de tous ces obstacles.
— ÉTYM. Lat. cultus, de cultum, supin de colère, cultiver.
fCCLTELLAlRE (kul-tèl-lê-r') , ad}. Terme didactique. Qui a la forme d'un couteau. Cautère cultellaire.
— HIST. xvi* s. Des quels cautères aucuns sont cultellaires, les autres ponctuels, les autres olivaires, paré, xvi, 33.
— ÉTYM. Lat. cultellus, couteau.
+ CULTELLATION (kul-tèl-la-sion), s. f. Terme d'arpentage. Quand le terrain à mesurer a une déclivité très -sensible, on est obligé d'effectuer le chaînage en descendant, et le porte-chatne tient la poignée de la chaîne à une certaine hauteur audessus du sol, pour qu'elle soit au même niveau que l'autre poignée. Se retournant alors vers le portechaîne pour juger de la hauteur à laquelle il doit tenir sa poignée, il met en contact avec celle-ci extérieurement la fiche plombée et la laisse tomber verticalement, en ayant soin de ne faire aucun mouvement qui puisse donner à cette fiche une impulsion oblique. Elle s'implante dans le sol par la pointe, marquant ainsi le pied de la verticale. Le porte-chaîne l'enlève et la remplace par une fiche ordinaire, que le chaîneur lève ensuite après que la fiche suivante a été plantée. Cette manière de déterminer le pied de la verticale qui correspond à la poignée de la chaîne élevée au-dessus du sol constitue ce que l'on appelle la cultellation. Dans l'origine, on se servait, au lieu de la fiche plombée, d'un couteau qu'on tenait suspendu la pointe en bas et qu'on laissait tomber; en s'implantant dans le sol il marquait le pied de la verticale, breton de champ.
— ÉTYM. Lat. cultellus, à cause du couteau, cuJtellus, qui était employé à cette opération.
f CULTISME (kul-ti-sm'), s. m. Système de recherche et d'affectation qui prévalut pendant quelque temps dans la littérature espagnole, et l'école du poète Gongora.
— ÉTYM. Espagn. culto, poli, recherché, et la terminaison isme qui signifie l'étude spéciale et exclusive d'une chose.
CULTIVABLE (kul-ti-va-bl') , adj. Susceptible de culture. Un sol cultivable. Les pays les plus aisément cultivables sont nécessairement les premiers peuplés et les premiers florissants, volt. Hceurs, introd. Syrie.
— ÉTYM. Cultiver.
CULTIVATEUR, TRICE (kul-ti-va-teur, tri-s"), s. m. et f. || 1" Celui qui cultive la terre ou un certain produit de la terre. Un riche cultivateur. Un cultivateur de lin, de trèfle. L'agriculture ne peut se perfectionner que lorsque des propriétaires riches, devenus cultivateurs, s'occuperont des pro-
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gri-s de l'art par curiosité, par intérêt, par ce sentiment naturel qui attache l'homme à l'objet de ses travaux, condohcet, Duhamel. Sages cultivateurs, dans vos humbles asiles Vos hivers sont remplis, vos loisirs sont utiles, st-lambert, Saisons, hiver. Un sage cultivateur doit dépenser ses moments avec la même économie que ses revenus, barthêl. Anach. ch. 6». Nouveau cultivateur, armé d'un aiguillon, L'Amour guide le soc et trace le sillon; Il presse sous le joug les taureaux qu'il enchaîne; Son bras porte le grain qu'il sème dans la plaine, a. chen. p. 74. ||Dans certaines provinces, celui qui est à la tête d'une exploitation agricole. \\ Au féminin, cultivatrice. Dans un village habite une demoiselle L.... cultivatrice, âgée de 74 ans, Joum.de* Débats, 2 déc. 4 860. || Adj. Les peuples cultivateurs. Le premier fondement d'une société cultivatrice ou commerçante est la propriété, raynal, Hist. phil. xvm,35. Le fer cultivateur et le bronze qui tonne, DELiLLE,7Yo«rèffrtei,v. ||2'S. m. Cultivateur, charrue légère, remplaçant la houe dans les binages, employé conséquemment dans la culture des plantes en lignes, et caractérisé par l'existence du versoir. || Nom donné aussi, dans la pratique, aux binoirs, aux buttoirs, aux houes à cheval, aui ratissoirs, aux scarificateurs, aux extirpateurs, qui remplacent dans quelques circonstances le cultivateur proprement dit.
— REM. Cultivateur n'est, dans le Dictionnaire del'Académie, qu'à partir de l'édition de 1762. Mais c'était un mot tombé en désuétude; car il est dans les plus anciens textes de la langue.
— HIST. xii* s. X tei dunrai la terre de Chanaan ; cum il esteient de petit numbre, e très poi [peu] li cultivedur de li [elle] , Liber psalm. f 4 65. E Jacob cultiver* fud en la terre de Cham , tb. p. 4 66. || xiv- s. Aus cultivateurs et laboureurs de terre. — Lescultiveurs des terres et les pasteurs, oresme, Thèse de meunier. || xv* s. Cultivateur de paix [celui qui aima la paix], juven. des ursins, Hist. de Charles VI, p. 290, dans lacurne. || xvi* s. Au moyen de l'industrie et diligence des cultivateurs d'icelle [langue française], dubell. i, 6, verso.
— ÉTYM. Cultiver; provenç. evlttvatrc, coltivador; espagn. coltivador; ital. coltivatore. Le provençal cultivaire et le vieux français cultivere sont le nominatif singulier: le provençal coltivador et le vieux français cultivedur sont le régime singulier; au pluriel, le nominatif est cultivedur, et le régime cultivedurs. Cultivedur ou cultivedor s'est changé en cultiveur; et cuittvateur est plus récent et tiré directement de cultiver; cultiveur était plus court et plus logique.
t CULTIVATION (kul-ti-va-sion), s. f. Travail nécessaire pour mettre la terre en culture. On juge avec raison que, lorsqu'une nation n'est recherchée ni dans sa nourriture, ni dans son habillement, ni dans son logement, il suffit, pour la faire subsister dans l'abondance et dans l'aisance, d'employer le quart des citoyens aux travaux journaliers de la cultivation et des arts grossiers, condillac, Comm gouv. part. I, ch. 26. Loin d'attaquer la cultivation des colonies par des impôts, on devrait l'encourager par des libéralités, raynal, Hist. phil. xiii, 6). Celui qui, comme Penn, ordonnerait la cultivation de sa colonie, et lui défendrait la guerre, celui-là, sans doute, serait un dieu sur la terre, id. tb. xix, ».
— HIST. xvi' s. Cultivation, cotgrave.
— ÉTYM. Cultiver.
CULTIVÉ, ÉK (kul-ti-vé, vée) , part, passé. || 1« Mis en culture. Un terrain bien cultivé. Les pays ne sont pas cultivés en raison de leur fertilité, mais en raison de leur liberté, hontesq. Esp. xvm, 3. Tout terrain qui n'est pas cultivé appartient également à tous les hommes, condillac, Hist. anc. Lois, ch. 4 5. Qu'elle «st belle cette nature cultivée I que par les soins de l'homme elle est brillante et pompeusement parée I buff. Morceaux choisis, p. 24. || 2° Fig. Les bons sentiments cultivésdans cet enfant par sa mère. Les lettres et les sciences cultivées dans nos pays. Pour de l'esprit, elle n'en manque pas; elle l'a même assez cultivé, lesaok, Cil Bios, iv, 6. Il étudia la langue anglaise, presque inconnue en France à l'époque où il aurait pu l'apprendra, mais devenue pendant son ministère la langue étrangère la plus cultivée, condorckt, Maurepas. || Un esprit cultivé, un homme instruit, orné de connaissances agréables. Un bon esprit cultivé est , pour ainsi dire, composé de tous les esprits des siècles précédents, fontbn. Digr. anc.et mod. Œuvres, X. îv, p. 4 94, dans pougens. Si ce siècle n'est pas celui des grands talents, il est celui des esprits cultivés, volt. Lett. Urne duDeffant, 24 sept. 4 766. Il n'y a rien de suivi dans les conseils
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de ces nations sauvages et mal cultivées, boss. Hist. m, 3. || 3" Entretenu, conservé. D'honorables amitiés cultivées avec un soin digne de louange.
f CULTIVEMENT (kul-ti-ve-man) , ». m. L'action de cultiver. Le cultivement des terres.
— HIST. xrv's. Toutes choses appartenantes au cultivement [culte] desdemones, oresme, Éth. 4 44. Je regarderai l'onneur et le cultivement de Dieu et des églises, Chr. deSt-Denit, t. i, f 480, dans lacurne. H XV s. Une autre porcion de peuple fu par lui commise au labour et coultivement des terres, christ, de pisan, Charles F,n, 2. || xvi* s. On laisse les pauvres ignares pour le cultivement de la terre,
PALISST, 17.
— ÊTYM. Cultiver; provenç. coltivament; ital. collhamento.
CULTIVER (kul-ti-vé) , w. o. || «.'Travailler la terre pour lui faire prodsire les végétaux utiles aux besoins de l'homme et des animaux domestiques. Cultiver un jardin. Il cultive son champ de ses propres mains, fén. Tél. vi. Un des premiers soins du prince était de faire fleurir l'agriculture; et les satrapes dont le gouvernement était le mieux cultivé avaient la plus grande part aux grâces, boss. Ilist. m, 6. || Se livrer, s'atlonner à la culture de certaines plantes. Cultiver la vigne. Je ne veux, je n'attends rien de vous, et je mourrai en cultivant ma vigne, marmont. Contes moraux, Lauret. Je confie à vos soins Les plantes que par choix cultivait ma tendresse, c. delà vigne, Porto, ni, 4. || 2° Fig. Cultiver lapoésie, la musique. M. Lieutaud [médecin à la cour] donnait à l'étude tout le temps que ses devoirs lui laissaient; il cultiva les sciencesdans son nouveauséjour comme il les avait cultivées dans sa patrie; il demeurait à Versailles, mais il ne vivait pas à la cour, condorcet, Lieutaud. Il apprit à cultiver les vertus, fén. Tél. xxi. L'histoire naturelle peut passer aujourd'hui, par la manière dont elle est traitée, pour la plus intéressante de toutes les sciences que les hommes cultivent, et celle qui vous ramène le plus naturellement de l'admiration des ouvrages à l'amour de l'ouvrier, J. J. rouss. Projet d'éducation. Combien de citoyens aujourd'hui prévenus Pour ces arts séduisants que l'Arabe cultive I volt. Tancr. i,l. Nos modestes aïeux Parlaient moins de vertus et les cultivaient mieux, Gilbert , XVIIIe siècle. || 3° Former, développer. Cultiver sa mémoire. Les Grecs, naturellement pleins d'esprit et de courage, avaient été cultivés de bonne heure par des rois et des colonies venues d'Egypte, boss. Ilist. m, s. Leur esprit était vif et ferme; mais ils prenaient peu de soin de le cultiver, mettant leur confiance dans leurs corps robustes et leurs bras nerveux, 10. ib. m, s. Dans les douceurs qu'il goûtait avec ses enfants, il ne cessait de leur inspirer les sentiments de la véritable vertu; et ce jeune prince, son petit-fils, se sentira éternellement d'avoir été cultivé par de telles mains, id. Louis de Bourbon. Il est temps démontrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivé, rac. Ath. iv, s. Vous cultivez déjà leur haine et leur fureur, n>. Àthal. u, 7. Soumise à mon époux et cachant mes ennuis. De son fatal hymen je cultivais les fruits, id. Phèd. I, ». Ce malheureux Brutus Dont Caton cultivait les farouches vertus, volt. M. de Ces. i, 4. Ces semences de haine Que mes soins en secret cultivaient avec peine, id. Sémir. u, 4. J'avais cultivé quelques talents agréables, j. j. rouss. Hél. 1, «.Avec quelle tendresse Ce père infortuné cultiva ma jeunesse, ducis, Hamlet, II, 6. Et ceux qui, de nos arts utiles inventeurs, Ont défriché la vie et cultivé les moeurs, delille, Enéide, VI , 893. || Faire prospérer. De ton trône agrandi portant seul tout le faii , Tu cultives les arts, tu répands les bienfaits, boil. Ép. vm. || 4' Entretenir des relations amicales et bienveillantes avec quelqu'un. J'ai toujours eu beaucoup d'attache à le cultiver [Ménage], et je n'ai jamais voulu manquer de reconnaissance à tous les bons offices qu'il m'a rendus, segrais, Mémoires, t. n, p. (on. Vous devez cultiver avec soin Mgr Giori, boss. Lett. quiél. 268. Il est doux de voir ses amis par goût et par estime: il est pénible de les cultiver par intérêt, la brcï. iv. Les respecter, les cultiver, leur plaire, iiass. Car. Mélange. Ces soins et ces empressements & cultiver l'estime des hommes, id. Car. Tiédeur. ï. On ouvre sa maison à des serviteurs de Dieu; on cultive leur amitié; on conserve avec eux des liaisons d'estime et de confiance, id. ib. Véritable culte. Vous n'en cultivez pas moins des liaisons fatales a votre innocence, id. ib. Rech. Est-ce la prudence chrétienne qui cultive les grands pour en faire les protecteurs de la vérité ? m. Confér. 4 , Cond. des clercs dans le monde. || C'est un homme qu'il faut cultiver, c'est une con-
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naissance à cultiver, c'est un homme dont il faut entretenir la bienveillance. || 6' Se cultiver, v. réfl. Être cultivé. Ces terres se cultivent facilement. || Fig. Le plaisir de la société entre amis se cultive par une ressemblance de goût sur ce qui regarde les mœurs, et par quelque différence d'opinions sur les sciences , la bruy. v. L'amitié qui se cultive aux dépens du devoir, n'a plus de charmes, j. i. rouss. Lettre à M. Moultou, t. v, p. 4 72, dans