‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 41 sur 403 · SAINT-SIMON · texte numérisé non relu

SAINT-SIMON

— étym. Acculer.

ACCULER (a-ku-lé), v. a. || 1* Pousser dans un accul. Les chiens avaient acculé le sanglier. Le prince d'Orange se retrancha à la hâte [à l'abbaye de Pure] et se repentit bien de s'y être laisse acculer si promptement, saint-simon, 44, 426. || 2° Fig. Acculer quelqu'un, le mettre dans l'impossibilité de répondre, d'agir. || 3° S'acculer, v. rêfl. S'adosser. Poursuivi par quatre hommes, il s'accula contre la muraille et se défendit. || 4" En termes de manège, le cheval s'accule lorsque, arrivé sur ses voltes, il marche de côté en rapprochant sa croupe du centre ; lorsqu'il recule vers un obstacle et y reste fixé contre la volonté du cavalier; ou encore lorsqu'il se jette brusquement sur les jarrets au moment où on l'arrête.

— REM. Dans les premières éditions de son dictionnaire, l'Académie tolérait l'expression d'acculer ses souliers; mais les dernières ne permettent plus que le verbe éculer. Acculer s'est dit autrefois en ce sens (voy. l'historique).

— HIST. no, s. Or donc , Bernart, qui fors rains as, Va, si t'accule à cel huiset, Et si l'entr'ovre un

petitet, flen. 4*345. || xvi's où se sied et accule,

Et là, séant, en toute pars spécule, marot, iv, 48. 11 se veaultroyt par les fanges, acculoyt [mettait 4 eu, éculait] ses souliers, rab. Garg. i, 4 4. De sa tance, rompoyt ung huis, enfonceoyt ung harnois, aculoit une arbre, id. Garg. i, 23. Où Dragut se voyant aculé et amusant les chrestiens de quelque petit fort.... d'aub. Hist. i, 3».

— ÊTYM. Accul.

ACCUMULATEUR, TRICE ( a-ku mu-la- teur, tri-s' ) , s. m. et f. Celui , celle qui accumule.

— étym. Accumuler.

ACC

ACCUMULATION (a ':u-mu-la-sion), s. f. || l'Action d'accumuler, résultat de cette action. L'accumulation de la population. || 2° En jurisprudence, accumulation de droit, augmentation de droit, sur quelque chose. || 3* Fig. Accumulation de preuves. Faire une accumulation de mots. L'accumulation, figure de rhétorique.

— ÊTYM. Accumulatio, de accumulare, accumuler.

ACCUMULÉ, ÉE (a-ku-mu-lé, lée), part, passé. || 1° Terre accumulée. Trésors accumulés depuis des siècles. || 2" Fig. Arguments accumulés. Les maux accumulés sur sa tête.

ACCUMULER (a-ku-mu-lé), v. a. || !• Mettre ensemble, entasser. Accumuler de la terre au pied des arbres. Il accumule chez lui tant de trésors. Sa race accumulant d'immenses héritages, volt. Tanc. i, 4. D'autres n'ont garde d'abandonner un bénéfice qu'ils possèdent; il est dans leurs mains, mais leurs mains ne sont pas remplies ; que leur faut-il donc? Accumuler bénéfices sur bénéfices, bourd. Pensées , t. n , p. 360. || 2° Absolument, amasser des richesses. Il ne songe qu'à accumuler. Fureur d'accumuler, monstre de qui les yeux Regardent comme un point tous les bienfaits des dieux, la font. Fab. vin, 27. D'autres, accumulant pour enfouir encor, Recueillent dans la fange une poussière d'or, lamart. Hartn. iv, 44. || 3° Fig. Au sens moral. Accumuler les honneurs sur la tête de quelqu'un. Accumuler faute sur faute. Si je multipliais tout cela, si je le redoublais, si je l'accumulais sans mesure, après y avoir épuisé toutes les puissances de mon âme, bourd. Pensées, t. i,p. 29. D'où il s'ensuit qu'ayant toujours jusqu'à présentaccumulé péché sur péché, je n'ai fait, dans tout le cours de mes années, qu'accumuler dettes sur dettes, id. ib. t. il, p. 79. Je l'ai vu contre vous accumuler les crimes, volt. Mér. m, 5. Quels maux sont en ces lieux accumulés sur moi? id. Mér. m, 4. ||4° S'accumuler, v. rêfl. Devenir accumulé. Les denrées s'accumulent dans les magasins. Les honneurs s'accumulent sur sa tête. Les dettes s'accumulaient. Les prospérités qui s'accumulent sur vous.

— êtym. Provenç. acomolar; espagn. acumular; ital. accumulare ; de accumulare , de ad, à, et cumulare, combler (voy. ce mot).

ACCUSABLE (a-ku-za-bP), ad}. Qui mérite d'être accusé, qui peut être accusé. Suis-je accusable encor du meurtre de Gustave? piron, Gust. Wasa, iv,6.

— HIST. xvi* s. Les troisièmes sont accusables et punissables, charron, Sagesse, i, 45.

— Etym. Accusabilis, de accusare, accuser (voy. ce mot).

ACCUSATEUR, TRICE (a-ku-za-teur , tri-s'). || 1° S. m. et f. Celui, celle qui accuse en justice. L'accusateur public. Se porter pour accusateur. Susciter un accusateur. Le père le plus tendre est son accusateur, volt. Tancr. iv, 2. Les deux accusateurs que lui-même a produits.... corn. Nie. ni, 8. A votre accusateur que pourrai-je répondre? rac. Ph. m, 3. Pourquoi, par quel caprice Laissez-vous le champ

libre à votre accusatrice? id. Phèd. v, 4 on

cabale, on suscite Accusateurs et gens grevés par ses arrêts. De nos biens, disent-ils, il s'est fait un palais, la pont. Fab. x, 4 0. || 2' Ad}. Tout peut se réparer : qu'un peuple accusateur Du forfait qu'il condamne ose nommer l'auteur, lancival, Uect. iv, 6.

— étym. Accusator, de accusare, accuser.

— SYN. accusateur, dénonciateur, délateur. Celui qui informe l'autorité qu'un tel a commis une action coupable. L'accusateur non-seulement dénonce, mais poursuit celui qu'il accuse. Le dénonciateur révèle un fait, le rend public, le défère à l'autorité : il ne se cache pas Dans les troubles publics, les voisins sont souvent les dénonciateurs les uns des autres. Le dénonciateur est, suivant les motifs qui l'animent, à louer ou à blâmer. Le délateur fait toujours un métier odieux; il se cache; ses rapports sont secrets; il cherche d'ordinaire ou à nuire à l'objet de ses délations, ou à flatter les passions de celui à qui il les fait.

— HIST. xni' s.. Comme accuseilr contre celi à qui on met sus le cas de crieme, beaum. vi, 4 2. || xiv s. Et li accuseur aura cinq sols, Ordonn. des R. de

Fr. 4343, t. I, p. 521.

— ÊTYM. Provenç. acusaire, acusador; ital. accusatore; de accusator , de accusare (voy. accuser). Accusator, ace. accusatorem,a donné au nominatif, avec l'accent sur Fa, en provençal acuxaire., et dans l'ancien français aurait donné acusere, toutefois ici •sans exemple ; et au régime , avec l'accent sur l'o , en provençal acusador, eten français acuseor ,acuseûr et

les formes italiennes et espagnoles. Accuseur au sujet, comme dans l'exemple de l'historique, serait une faute, si le xiv siècle ne commençait pas à perdre la distinction du cas sujet et du cas régime. Quant à accusateur , il a été refait directement sur le latin : la forme française d'origine serait accuseur.

ACCUSATIF (a-ku-za-tif), *. m. Terme de grammaire. Cas, dans les langues où les noms se déclinent, qui sert principalement à indiquer le régime direct des verbes actifs ou transitifs, et celui de certaines prépositions. C'est par abus de terme qu'on a nommé en français accusatif le complément direct d'un verbe actif. En français, le régime appelle aussitôt un accusatif qui ne peut se déplacer,

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