‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 57 sur 403 · PARS, XI · texte numérisé non relu

PARS, XI

— ÉTYM. A et faix; provenç. afaissar.

t AFFAITAGE (a-fê-ta-j'), s. m. Terme de fauconnerie. Education d'un oiseau de proie.

— ÊTYM. Affaiter.

AFFAITÉ, ÉE (a-fê-té, tée), part, passé. Terme de fauconnerie. Bien affaité.

t AFFAITEMENT(a-fê-te-man),s. m. || 1» Terme de fauconnerie. Action d'apprivoiser l'oiseau de proie. Il 2° Manière de façonner les peaux à la tannerie.

— ÊTYM. Affaiter.

AFFAITER (a-fê-té) , v. a. Terme de fauconnerie. Apprivoiser un oiseau de proie.

— HIST. xi* s. Il duist sa barbe, afaita son guernon, Ch. deRol. 15. || xiii* s. Li Cyrien avoient ce pont rompu , et li baron firent toute jor labourer l'ost, et le pont afaitier toute la nuit, villeh. 74. Tantost à mangier lor afete Tel viande con ele pot, Ren. 24576. Car si cum li loirres [leurre] afaite, Por venir au soir et au main , Le gentil espervier à main.... la Rose, 7658. Ne fu [beauté] fardée ne guignée; Car el n'avoit mie mestier De soi tifer ne d'afetier, laRose, ioio. Chascunhome qui sereit grant et fort, ou qui serait champion afaitié, poreit par ce raembre moult de gens, Ass. de Jerus. 150. Par priera de affaictée demande, Interrogé se l'ung ou l'autre avoua, S ce respons, s'aucuns la me demande, Entre deux eaues comme le poisson noue [nage],

CB. L'ORLÉANS, Bail. 105.

— ETYM. Provenç. afaitar, afachar; anc. espagn. afeitar; portug. affeitar; ital. affaitare ; du latin affeclare, de ad, h, et factare, fréquentatif de facere, faire. Dans l'ancien français afaiter ou afaitier avait le sens général da préparer, disposer, et est, au fond, le même que affecter.

AFFALÉ, ÉE (a-fa-lé, lée) , part, passé. Arrêté sur la côte. Au point du jour, nous nous trouvâmes affalés a la côte, chateaub. Itin. 11, 100.

AFFALER (a-fa-lé), v. a. ||1° Abaisser, soulager un cordage pour l'aider à courir dans sa poulie et à descendre. || 2° Pousser vers la côte, en parlant du vent. Les vents ont affalé ce navire. Le navire est affalé. Il 3° S'affaler, v. réfl. En parlant d'un marin, se glisser le long d'un cordage. En parlant d'un navire, s'échouer.

— ÊTYM. On la tire du flamand afhalen, tirer en bas. Ls bas-breton affala ou affela, retomber, parait emprunté au français.

AFFAMÉ, ÉE'(a-fa-mé, mée) , part, passé.

Il 1° Pressé par la faim. Ventre affamé. Parasite affamé. Une garnison affamée par l'ennemi..., dans la

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disette, une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, boil. A. P. iv. || 2° Substantivement. Il mange comme un affamé. Il ne leur épargne aucune de ces malpropretés dégoûtantes, capables d'ôter l'appétit aux plus affamés, la bruy. 11. Il 3° Fig. Avide. Ce cœur nourri dé sang et de guerre affamé, rac. ilithr. 11, 3. Si de sang et de mort le ciel est affamé, id. Iphig. v, 2 C'était du grand Henri la redoutable armée.... lasse du repos et de sang affamée, volt, llenr. vi. Ton courage affamé de péril et de gloire, Court d'exploits en exploits, de victoire en victoire, bûil. Sat. vin, .... je ne puis souffrir ces auteurs renommés, Qui, dégoûtés de gloire et d'argent affamés, id. A. P. iv. Où sera le juge assez hardi, assez affamé de faire un coupable.... pelliss. 11, 134. Un bel air dont jesuisaffamte,sÉv. 445, Jesuis affamée déjeune et de silence, id. 447. J'y vois des gens affamés de richesses, des gens affamés d'honneur.... bourd. Pensées, 1. 1, p. 48. Tous leurs désirssont satisfaits, et leur plénitude les élève au-dessus de tout ce que les hommes vides et affamés cherchent sur la terre, fén. Tél. xiv. Il Proverbe. Ventreaffamé n'a point d'oreilles, c'està-dire quand on a faim on n'écouta rien.

AFFAMER (a-fa-mé), v. a. || i* Priver de vivres, faire souffrir de la faim. Affamerune ville, l'ennemi. QuandPorsenna affamait les Romains dans leursmurailles.... boss. //ùt. 111,6. || 2" Terme de pêche. Attirer à l'aide d'un appât les sardines à fleur d'eau, à l'endroit où on tend un filet.

— HIST. xme s. Je ne manjai pieça, toute sui afamêe, Berte, xlvi. Si fil se sont à lui clamé Que batu sont et afamé, Ren. 488. Renart à porpenser s'est pris. Et dit que il est fox nais, Se einsi se let afamer, ib. 23535. Grant grâce nous fist nostra Seigneur que il nous délivra, laquelle [ville] nous ne deussions pas avoir prise sans affamer, joinv. 216. Et ce poons nous voir tout cler, pource que par affamer la prist le roy Jehan au tens de nos pères, id. 16. [Le démon ]-qui nos tenoit en grief servage, Qui venoit les armes [âmes] tenteir, Et n'en voloit panre [prendre] autre gage, Pour les chetives affameir En sachartre antive et ombrage, ruteb. ii, h. || xiv's. Il fit vilainement ceux dedens afamer, Dont ilz se commencerentmoultàespoanter,GuOT.i202. || xv's. Il les pensoit plutost avoir par affamer que par assaut, froiss. I, 1, 139. L'intention des Anglois estoit de tenir ces Escols là endroit assiégés.... et les cuidoient bien affamer en leur pays, id. 1,1, 42. Monseigneur , pour Dieu merci I prenez garde dessus vostra fils, car il s'affame là en la prison où il git, id. n , m , 13. y xvi* s. Au contraire Alexandre affamé d'avarice, rons. 664.

— ÊTYM. Wallon, afahant, affamé; bourguig. efanli, efaimai; provenç. afamar; ital. affamare;àa ad (voy. À) et famés, faim (voy. faim).

fAFFANGISSEMENTS (a-fan-ji-se-man), s. m.

plur. Terme d'eaux et forêts. Amas de vase dans le lit des coursd'eau.

— ÊTYM. Affangir, verbe qui ne se trouve pas, mais qui est régulièrement formé de à et fange.

t AFFANURE (a-fa-nu-r'), s. f. Salaire en nature que reçoivent les ouvriers employés à faire les récoltes.

— ÊTYM. Affanner, autre forme du verbe ahaner, cultiver la terre (voy. ahaner).

t AFFÉAGE (a-fé-a-j'), s. m. Droit qui était dû pour chaque feu d'un village.

— ÊTYM. Afféager. .

AFFÊAGÉ, ÉE (a-fé-a-jé, jée), part, passé.

AFFÉAGEMENT ( a-fé-a-je-man), s. m. Action d'afféager.

AFFÉAGER (a-fé-a-jé), ». a. Terme d'anciennes coutumes. Aliéner une partie de son fief à tenir en arrière-fief ou en roture.

— êtym. À et fief.

t AFFECTANT, ANTE (a-fè-ktan, ktan-t'), adj. Qui affecte, qui touche, qui cause de la peine. Ce récit est très-affectant.

AFFECTATION (a-fè-kta-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Manier» qui s'éloigne du naturel. Affectation dans la parure, dans le langage, dans le style. Sans affectation. Il avait de l'affectation dans le port et dans les manières, hamilt. Gramm. 6. Ne montrez aucune affectation en quoi que ce soit, boss. Lett. Corn. 59. On remarqua que les hérétiques le faisaient par affectation, id. Comm. Que dirai-je de ces affectations de voir et d'être vues 1 fléciï. t. m, p. 59. L'affectation dans le geste, dans le parler et dans les manières est souvent une suite de l'oisiveté ou de l'indifférence; et il semble qu'un grand attachement ou de sérieuses affaires jettent l'homme dans son naturel, la bru y. H.

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La mignardise et l'affectation l'accompagnent [une femme coquette] dans la douleur et dans la fièvre, elle meurt parée et en rubans do couleur, id. 3. || 2°Imitation, faux-semblant. Affectation de douleur, de vertu. L'affectation de l'archaïsme est sensible chez cet écrivain. Il n'y a dans ce discours qu'affectation et mensonge. La réflexion de saint Augustin est bien vraie, qu'il n'y a personne qui se pare avec plus d'affectation ni plus d'ostentation de l'apparence de la vérité et de son nom, quo les docteurs du mensonge et les partisans do l'hérésie, bourd. Pensées, t. i, p. 270. Il a du bon et du louable, qu'il offusque par l'affectation du grand et du merveilleux, la bruy. h. || 3" Attribution, imputation. L'affectation de cette somme aux dépenses courantes. || Endroit canon, attribution exclusive d'une place, d'un bénéfice ou d'une prébende à certains sujets. || Enjurisprudence, obligation dont un héritage est chargé par hypothèque. || Faculté que l'on accorde à un établissement d'industrie de prendre, à un prix modique et pendant un certain temps, les bois nécessaires à l'alimentation de cet établissement.

— SYN. affectation, afféterie. Avoir de l'affectation ou de l'afféterie, c'est s'éloigner du naturel; mais ce qui les distingue, c'est que affectation est un terme général qui exprime toutes les manières par lesquelles on peut s'éloigner du naturel; tandis que l'afféterie est spécialement l'affectation des grâces. L'affectation est fausse ; l'afféterie est mignarde.

— HIST. xvi* s. Affectation [désir] ,rab. Nouv. prol. liv.iv.ïoute affectation, nomméement en la gayeté, est mesadvenante au courtisan, mont.i, 492. Le trop d'affectation servit aux François à faire voir le but du livret, d'aub. Hist. n , 64.

— É1\U.AIfectalio,de affeclare (voy. affecter). AFFECTÉ, ÉE (a-fè-kté, ktée), part, passé et ad).

|| 1» Qui a de l'affectation, où il y a de l'affectation. Ce qui est affecté déplaît ou ne plaît pas longtemps. Geste affecté. Style affecté. On n'aime pas une prononciation affectée. Marchant d'un pas affecté, boss. Vall. 2. Vous dites que vous êtes incompatible avec cette personne, que toutes ses manières semblent affectées pour vous aigrir, mass. Car. Pardon des off. Si je n'avais à sa mineaffectée Lu de sapassion les signes évidents, Régnier , Élég. n. Des termes qui , sans être étudiés ni affectés, me font concevoir les plus hautes idées de l'Être divin, bourd. Pensées, t. I, p. 42). || 2" Simulé. Douleur affectée. Avec une déférence affectée. La fausse délicatesse de goût et de complexion n'est telle au contraire, que. parce qu'elle est feinte et affectée; c'est Emilie qui crie de toute sa force sur un petit péril qui ne lui fait pas peur, la bruy. 44. || 3° Attribué, assigné, imputé. Les fonds affectés à cette-dépanse. Les eaux étaient affectées à l.'arrosement. Suivant l'intention de ce système, les fonds [du roi] doivent être affectés sur tous les revenus du royaume, de quelque nature qu'ils puissent être , vaub. Dîme, p. 132. On ne s'avisa de bâtir cette ville que pour assurer la mémoire de Bucéphale , et, par conséquent, elle est affectée à l'honneur des chevaux, fonten. Démélrius, Érostrate. || 4° En termes de spiritualité, tombant sous le coup de. Je me déclare prévaricateur, c'est-à-dire transgresseur affecté de la loi. ... Vousêtes des blasphémateurs affectés du Dieu véritable, mass. Car. Rechute. || 5° Emu, touché. Plus affecté qu'il n'étaitconvenalilfi. Affecté par ce récit jusqu'aux larmes. (| 6° En termes de médecine , affligé. Affecté d'un catarrhe. Notre malade est attaqué, affecté, possédé de cette sorte de folie, mol. Pourc. i, 44.

— SYN. affecté, apprêté, composé. Ces trois termes, qui ne sont que peu synonymes, ne se touchent que parce qu'ils désignent un changement que l'on fait à dessein dans sa propre manière d'être. Affecté est des trois le plus général; on est affecté de toutes les façons ,tandis que l'on n'est composé ou apprêté que d'une seule. Celui qui est composé a l'apparence de la gravité; celui qui est apprêté a de la raideur, comme la toile gommée ou la dentelle empesée, et est dépourvu d'aisance.

AFFECTER (a-fè-kté), v. a. || 1° Rechercher avec ambition, rechercher avec soin, rechercher avec trop de soin, avoir une sorte de' prédilection pour. L'Angleterre affectait la souveraineté des mers. Cet auteur affecte l'archaïsme. La place que cette dame affecte dans l'église. Il aimait à emprunter et à ùiire valoir les idées des autres, et il aurait plutôt affecté que manqué l'occasion de leur en rendre une espèce d'hommage, fonten. Dodart. L'empire de la mer que leur république affectait, boss. Hist. I, 8. Il fut soupçonné d'affecter la tyrannie, id. Uist. m, 7. Il avait affecté la divinité, id. Démons, a. Les hommes affectent une liberté farouche qui

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ne connaît aucune règle et ne veut dépendre que de son inclination, m. Pensées chrél. »3. Il prit le chemin qu'ont accoutumé de tenir ceux qui affectent la tyrannie, vertot, Révol. rom. liv. vu, p. 267. Quel droit as-tu reçu d'enseigner , de prédire , De porter l'encensoir et d'affecter l'empire? volt. Fanât, n , 5. Diane même , dont vous affectez tant l'exemple, n'a pas rougi de pousser des soupirs d'amour, mol. Princ. d'El. H, 1. Vous buviez sur son reste et montriez d'affecter Le côté qu'à sa bouche elle avait su porter, id. L'Étour. iv,5. Je n'ai jamais aimé que vous, et jamais je n'aimerai que vous. C'est vous, madame, qui m'avez enlevé cette qualité d'insensible que j'avais toujours affectée , id. Pr. d'Él. v, 2. Perse en ses vers obscurs, mais serrésetpressants, Affecta d'enfermer moins de mots que de sens, boil. A. P. n. || 2° Faire un usage fréquent de. Le souvenir de la jeunesse est tendre dans les vieillards ; ils aiment les lieux où ils l'ont passée ; ils affectent quelques mots du premier langage qu'ils ont parlé, la bruy. h. || 3" Faire ostentation de. Ils se plaignent que j'affecte de parler contre.... On affecta de le montrer aux armées. Certaines qualités dont ils affectent de se parer. Ceux dont il affecte de surpasser les dérèglements. Le doute où l'on affectait d'être de sa vertu. Sommes-nous chrétiens? ne le sommes-nous pas? Si nous ne le sommes pas, pourquoi affectons-nous de le paraître? bourd. Pensées, t. i, p. 476. Pour éblouir les yeux, la fortune arrogante Affecta d'étalerune pompe insolente, boil. Épit. ix. Je serai fort ravi qu'on ne vous trouve point si belle, et vous m'obligerez de n'affecter point tant de le paraître à d'autres yeux, mol. Sicil. 7. ..leur majesté terrible Affecte à leurs sujets de se rendre invisible, rac. Eslher, i, 3. S'il fait un payement, il affecte que ce soit dans une monnaie toute neuve, la bruy. Théophr. 24 . || 4"Feindre, simuler. Il affecte de compter là-dessus. Affecter la douleur. S'il avait pour cet homme leméprisqu'il affecte.... Vous avez affecté de ne me plus connaître, rac. Brit. iv, 2. 11 affecte un rèpos dont il ne peut jouir, id. Baj. i, t. D'une mère facile affecter l'indulgence, id. Brit. 1,2. Oui, je te le confesse, J'affectais à tes yeux une fausse fierté, id. Baj. n, t . Mais que sert d'affecter un superbe discours? id. Phèd. i, t. Il affecte pour vous une fausse douceur, id. Athal. i, 4. Narcisse veut en vain affecter quelque ennui, id. Brit. v, 6. Mais quand on peut sans honte être sans fermeté, L'affecter au dehors est une lâcheté, corn. Hor. m , 5. N'affectez point ici des soins si généreux, volt. ilér. i, 3. Puis affectant un visage tranquille.... millev. Maneenilier. || 6° En parlant des choses, avoir disposition à. Le sel marin affecte la forme cubique. || 6° Exercer une impression et aussi rendre souffrant, malade. Tout ce qui affecte le sens de la vue. Les fleurs affectent le cerveau. Maux qui affectent la tête. Conditions d'insalubrité et de mauvaise nourriture qui affectent la poitrine. Il affecte puissamment ces corps naissants, j. j. rouss. Emile, i. || 7° Faire impression sur l'âme , émouvoir , affliger. J'ai été péniblement affecté de la nouvelie. Voyez comme un rien l'affecte. || 8° S'affecter , v. réfl. Être simulé. Il est difficile qu'une véritable douleur s'affecte. || 9° S'affecter, contracter une lésion. Le poumon s'affecte facilement. || 10" S'affecter, être affligé. Il s'affecta singulièrement de ce départ C'est un homme qui s'affecte facilement. Ces hommes sentent vivement, s'affectent de même. Je crus qu'il s'affecterait de mon inconstance, j. j. rouss. Confess. m.

— SYN. affecter, se piquer. On a discuté la synonymie de ces deux expressions, qui au fond ne sont aucunement synonymes. Celui qui se pique de probité, n'affecte pas la probité, mais il la possède ou croit la posséder, et s'en rend témoignage. Celui qui affecte la dévotion, en fait parade, impose aux autres, mais ne se trompe pas lui-même, et, dans son coeur, ne se pique pas d'être religieux. En un mot, affecter , c'est simuler , faire paraître au dehors; se piquer, c'est s'attribuer en soi.

— HIST. xv' s. Et y avoit des presbstres ou curez si affectez à mauldicte inclination, que aucuns les refusoient à baptiser, juvën. Charles VI, 4418. ||xvr s. Affecter l'ignorance de qualités si vulgaires, mont, i, 288. Je n'ay rien jugé de si rude en l'austérité de vie que nos religieux affectent, que.... id. m, 289. M. Manlius affecta depuis la royauté, id. iv, 460. Pource qu'est le propre subject de l'histoire traitter de toutes hautes matières, il semble qu'elle leur [aux rois] soit plus particulièrement qu'à nulz autres affectée, amyot, Préf. 46, 44. Mais tout cela qu'est-ce sinon amasser des occasions affectées d'ingratitude envers la for-

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tune? id. de la Tranq. d'âme, 4 8. Tous les parllniliersd'tm parti aussi bien que leurs grands n'affectoient [dés raient] qu'un repos de mesme mesure, d'aub. Hist. n, 3. Il en rendit surtout innocent Monsieur , du portrait duquel coppié avec une douceur affectée il fit présent à toutes les personnes qui avoient pouvoir en l'affaire , id. ib. n,«4.

— ÉTYM. Provenç. affvclar ; espagn. o/ector; ital. affittare; de affeclare , de ad (voy. À) , et factare, fréquentatif de facere (voy. faire). Ce mot n'est pas autre qu'une forme moderne et refaite sur le latin affeclare, de l'ancien français affaiter, affeter, affaitier. Aussi ne trouve-t-on affecter qu'au xv* et au xvie siècle.

AFFECTIF, IVE (a-fè-ktif, kti-v'), adj.\\l° Qui inspire de l'affection, qui émeut, qui touche l'âme. Que n'ai-je ce style tendre et affectif dont il se sert pour reconnaître sa misère, pour louer les miséricordes de son libérateur? fléch. Panég. i, p. 293. || 2° En style philosophique, qui se rapporte, dans l'âme, aux besoins et aux passions. La partie affective de l'âme. Facultés affectives par opposition à facultés intellectuelles. Les premières sensations des enfants sont purement affectives, ils n'aperçoivent que le plaisir et la douleur, 1.3. bouss. Ém. i.

— ÊTYM. Voy. affection; provenç. affectiu ; espagn. afeclivo; portug. affectivo ; ital. affettivo.

AFFECTION (a-fè-ksion; de quatre syllabes, en poésie), s. f. ||1° Ce que le corps éprouve, surtout en fait de maladie. Les affections causées par l'impression d'un air froid et humide. Dans ces sortes d'affections l'exercice est nécessaire. Il a une affection rhumatismale. Les affections de poitrine. || 2" Manière d'être de l'âme considérée comme touchée de quelque objet. Les affections de l'Ame. Les affections de nos âmes sont dans un flux continuel. Ah! j'en conviens, et telle est notre misère : il y a de ces temps orageux où l'on n'est proprement maître ni de son esprit par rapport à l'attention que demande la prière , ni de son cœur par rapport à une certaine affection, bourd. Pensées, t. n, p. 28. Cet ordre d'idées, cette suite de pensées qui existe au dedans de nous-mêmes, quoique fort différente des objets qui les causent, ne laisse pas que d'être l'affection la plus réelle de notre individu, buifon, Comp. des anim. et des végét. || 3° En un sens phi losophique plus restreint, toute situation passive de l'âme. || 4° Sentiment d'amitié, d'amour, d'attachement pour une personne ou une chose. Les affections de la famille. Les anciens disaient que l'amour de la famille renferme toutes les affections. Avoir de l'affection pour quelqu'un. L'affection que je vous ai toujours portée. La malveillance essayait de lui faire perdre votre affection. C'est par des services que se gagne l'affection. Les affections aveugles. Chacun se rappelait les objets de ses affections. CetVs ville, vos plus chères affections. Car enfin n'attends pas de mon affection Un lâche repentir d'une bonne action, corn. Cid, m, 4. Je donnai par devoir à son affection Tout ce que l'autre avait par inclination , in. Pol. i, 3. Une affection parfaite vaut mieux que toutes choses; celle que j'ai à vous servir est à un si haut point.... voit. Lett. 30. Vous avez mis votre affection à une créature mortelle, fléch. Serm. n, 246. Affection d'un père pour ses enfants, id. i, 439. Il s'appliqua à gagner l'affection des vieux capitaines, fén. Tél. xv. Quiconque met ses affections icibas n'a plus de droit à la patrie , mass. Mart. Ressouviens-toi qu'une action Ne peut avoir peu de mérite, Ayant beaucoup d'affection, malh. iv, 6. L'âme, afin de suppléer la présence de l'objet qu'elle aime, fait effort pour rendre sa douleur immortelle: son affection envers la mémoire de son ami et le désir de le faire revivre lui fait prendre tous les moyens qui peuvent réparer sa perte, boss. Pensées chrét. 38. || 5° D'affection, loc. adverb. Avec intérêt, de cœur. Il est impossible de se la représenter parlant d'affection de quelque chose, sêv. 445. || 6° Affection à, désir de. Pour des choses où il a plus d'affection , pasc. P. div. 75. M. de Noailles savait par le roi même l'affection qu'il avait à ce projet [siège de Barcelonne], st-sim. 25, 4 6. En se dépouillant du péché et des affections au péché, fléch. Serm. n, p. 4 26. N'est-il resté aucun péché, aucune affection au péché dans votre cœur? id. t'6. 432. || 7° Etat maladif. Affection nerveuse, aiguë, chronique. || 8° En géométrie, cette courbe a telle affection, elle a telle propriété. || En ce sens il est vieux.

— hist. xn« s. Je sai bien ke li orguillous engele sunt trespasseit en affection de malice et de félonie, et k'il par non sacbance et par enfermeteit ne pecharent mie, st-bern. 524. || xiv's. 11 ne reço-.t ou accepte les paroles des autres ou ne les contredit pas

par amisté ne par aflettion d'amour ou de haine, oresmb Eth. 13). Il se esjoissent de tel honneur comme d'un signe de la bonne aflettion des segneurs à eulz, id. ih. 243. || xv s. Aux œuvres non aux paroles se demonstrent les affections du vaillant preux, Bouciq. I, *«■ [Les bourgeois tenoient le capitaine de la ville prisonnier pour le forcer de consentir à capituler avec les Anglois] Le chevalier perçut bien l'affection qu'ils avoient aux Anglois et comment ils le tenoient en danger, froiss. i, i, 234. Monseigneur Charles de France et Monseigneur de Charolois estoient à une fenestre et parloient eulx deux de très grant affection , comm. i, 6. || xvi' s. ....deluiporteraffectiondenuisance, calvin, Imtit. «205. Son affection [goût] mesme y contredisant, mont, i, 44. Quelle affection [émotion] peult estre plus aspre et plus juste, que celle des amis de Pompeius [le voyant massacrer] ? m. i,63. J'ay en particulière affection cette matière, n>. i, 81. La resolution à la guerre et affection à leurs femmes , id. I, 238. Antigonus ayant prins en affection un de ses soldats pour sa vertu, id. ii, f>. Je m'en remets à vostre jugement, vous priant sans moquerie luy en vouloir conseiller ce qu'il en doit faire, sans regarder affection particulière, mab.0. £e«.79. Je vous prie de prendre ceste maison en telle affection que j'ay tousjours eue et ay la vostre, id. tt>i 83. La jeunesse qui est si ardanta en ses affections.... lanoue, <20. Ce prince ayant parlé à ces mots , comme il faisoit ordinairement quand il parloit d'affection [avec animation], lui répliqua.... d'aub. Vie, ch. to. Jade vostre costé vous avez apperceuë La moindre affection que pour vous j'ay receuê, rons. "87.

— êtym. Affectio, de afjicere, de ad (voy. À) et facere (voy. faire) ; provenç. affectio; espagn. afeccion; ital. affesione.

AFFECTIONNÉ, ÉE(a-fè-ksi-o-né, née). || 1° Part. passé. Aimé. Affectionné par toute la maison. || 2° Adj. Attaché de cœur à , dévoué. Il est tres-affectionné à se» amis. Je suis français très-affectionné à ma patrie, et très-reconnaissant des grâces et des bontés avec lesquelles il a plu au roi de me distinguer depuis si longtemps, vaub. Dime, p. 2. Mon Linck est affectionné pour mon service, hamilt. Gromtn.7. || 3°Su6stantivernent. Le roi d'Espagne défendait à Aquaviva de le voir [Giudice], et lui ordonnait d'intimer la même défense à tous ses sujets et affectionnés à Rome, st-simon, 473, 30. || 4- En style épistolaire et à la fin des lettres : Votre très-humble et trèsaffectionné serviteur, un tel. Autrefois, on disait votre affectionné à vous rendre service ; cette formule a vieilli.

f AFFECTIONNÉMENT(a-lè-ksi-c-né-man), adv.

D'une manière affectionnée.

— HIST. xvi" s. Il n'y a homme, s'il est aimé d'une dame, mais qu'il sache poursuivre sagement et affectionnément.... marg. Nouv. 9.

— ÉTYM. Affectionné par contraction pour affectionnée, et vient (voy. ment).

AFFECTIONNER (a-fè-ksi-o-né), V. a. || 1" Avoir de l'affection pour. 11 affectionne singulièrement cette personne. Un singe que le prince affectionnait. Il affectionne sa maison de campagne. Les Grecs affectionnaient cette étude. || 2° Produire l'affection, attacher, intéresser. Vous souhaiteriez de gagner les cœurs et de vous affectionner la maison , bourd. Pensées t. n, p. 475. Est-on maître de recueillir son esprit et d'affectionner son cœur? m. ib. p. 28. Ces usages auront l'avantage d'affectionner les Polonais à leur pays, j.j. rouss. Pol. 3. || 3' S'affectionner, v. réfl. S'attacher à, se passionner pour. Le peuple s'affectionne à l'argent; il ne s'affectionne plus aux affaires, montesq. Esp. u , 2. Nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien, la bruy. 4. Les citoyens s'affectionnaient à leur pays, boss. Hist. m, 6. Que je suis édifié de voir Mme votre sœur s'affectionner à son office de chantre! id. Lett. abb. <97. Il s'affectionne tout entier à cet ouvrage , id. Nativ. t . Toutes s'affectionneront au chant, id. Ord. Elles s'affectionneront à la sainte pauvreté , id. Règl. Les enfants se moquent du corbeau et s'affectionnent tous au renard, J. J. rouss. Ém. n. Certaines dispositions où il s'affectionnait à ses devoirs, bourd. Pensées, t. n, p. 441 . Je ne veux pas faire entendre par là que nous vivions dans une indolence qui ne s'affectionne à rien et que rien n'émeut, id. ib. 1. 1, p. 49.

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