AHI
AID
commença à se mettre ce tranchet contre la gorge, desper. Contes, xxi. Le frère ores ne craint rien Oue les aguets de son frère, yver, p. 626. Il avoit mis aguets par les passages, pour surprendre lesdits seigneurs, u. du bell. 482. Romulus a esté soupçonné d'avoir par aguet fait mourir Tatius, amyot, Numa, ». Quoy faict, ilseremeit incontinent à poursuivre son ennemy à la trace, lequel lui dressa plusieurs aguets et embusches, mais jamais il ne donna dedans pas une, id. Marcel. 40. 11 est plus vraysemblable que Ctesias ait sceu certainement le temps auquel elle exécuta son aguet et sa trahison, in. Artax. 7.
— ÊTYM. À et guet; wallon atodd; awdt; provenç. agach, aguag, aguait, agah, agaze; cat. aguayt; ital. agato, agguato.
t AGU1MPE, ÉE (a-ghin-pé, pée), adj. Garni de guimpe. Qu'à sol montrer Is parloirs aguimpées, lafont. Mazet. || Terme vieux.
— étym. À et guimpe.
t AGYNAIRE (a-ji-nê-r'), adj. Terme de botanique. De Candolle nomme ainsi les fleurs formées par les téguments floraux et les étamines transformées, et dans lesquelles le pistil manque.
— ÊTYM. 'A priv. et yvvri, femme (voy. gynécée). t AGYN1EN (a-ji-niin), s. m. Terme d'histoire
ecclésiastique. Chrétiens du vu* siècle, qui proscrivaient le mariage.
— ÊTYM. 'a privatif, et yuviî, femme.
t AGYNIQUE (a-ji-ni-que), adj. Terme de botanique. On dit que l'insertion des étamines est agynique, quand ces organes n'ont pas d'adhérence avec L'ovaire.
— ÊTYM. 'A priv. et y\wi , femme (voy. gynécée). AH! (â), interj. || 1" Sert à marquer la joie, la
douleur et les affections vives de l'âme. Ah ! de quel souvenir viens-tu frapper mon âme T bac. Ah I Rome I ahl Bérénice! ahl prince malheureux 1 bac. Bérén. lv, 6. Ah! que de la vertu les charmes sont puissants I th. coBN.£sîex, m, *. Ah ! que la renommée est injuste et trompeuse ! volt, dans Girault-Duvivier. 1 1 2" Ahl souvent ne sert qu'à donner plus de force à la phrase. Ah! gardez-vous de le croire! Ah! que me dites-vous? Ah ! si du fils d'Hector la perteétait jurée, KAC. Andr. i, 2. Ahl si d'une autre chaîne il n'était point lié, iv.Baj. lu, 8. |j 3" Il se redouble quelquefois; alors il exprime la surprise ou l'ironie. Ah! ah I vous en convenez enfin. Ah I ah ! vous me la donnez belle. || 4° Employé substantivement , il est invariable au plur. Il poussait des ah à chaque mot.
— REM. Différence entre ah et ha; si l'on éprouve un sentiment de joie, de douleur, une émotion vive, on l'exprime en proférant le son prolongé ah, et c'est Yh qui, placée après ce son, peint cette durée. Un homme , plongé dans ses réflexions , marche sans regarder devant lui ; il trouve quelque chose qui l'arrête : un fossé par exemple ; il fait un mouvement, et dans sa surprise s'écrie : ha!
AHAN (a-an), s. m. Grand effort, tel que celui que fait un homme qui fend du bois ou soulève un fardeau pesant. Suer d'ahan, faire une chose très-pénible.
— REM. Ce mot populaire, très -usité jadis, tombe en désuétude. Pourtant il serait bon de faire des efforts pour le conserver ; car il est expressif et a des liaisons avec toutes les langues romanes.
— hist. xi* s. Moult [ils] ont eu et peines et ahans, Ch. de Roi. xix. Que Guenes meure par merveilleus ahan, ib. ccxci. ||xn* 8. Par cui [il] seiist nostre grant ahanage , Ronc. p. 81. X moût grant peine et à moût grant ahan , ib. p. 84. || xill* s. Cest premier an Me gart cil Diex en mon droit san, Qui por nous ot paine et ahan, Et me gart l'ame, ruteb. 4 5. || xv* s. Tu n'as ne femme ne enfans, Tu n'as ne terre ne ahans [champs labourés] , Qui ne soient tous misa censé, froiss. Buisson de jonece.
|| xvi* s. Ce villain mot de concluer M'a fait d'ahan le front suer , marot , n, 196. Chacun se plainct que j'ay perdu Milan En grant enhan par guerre mal menée, j. marot, v, 234.
— ÊTYM. Provenç. a/an; catal. afany ; anc. espagn. afan; ital. afa, affanno. Mot d'origine incertaine. Diez le regarde comme né en France et passé de là aux autres langues romanes. On trouve le composé enhaner, ce qui suppose un radical haner; aussi du Cauge le tire-t-il d'une exclamation de peine, de fatigue, liant Diez n'est pas éloigné d'adopter cette étymologie ; cependant il note le mot kymri a/on, combat, trouble. Mais un mot ainsi isolé ne donne rien de sûr.
AHANER (a-ha-né) , v. n. Éprouver une grande fatigue en faisant quelque chose. || Peu usité.
— uisr. xiu* s. Sarteura ne charbonniers ne vilains ahanant, Berte, cvu. Et prendoit [Richard] proies es paysans , et tourbloit si le pays qu'on n'i semoit ne ahanoit nient, Chr. de Rains , p. 73. S'aucuns por foie amor se sunt entredampné, Là seront mis ensemble, joint et enchaainé, Batu et desrompu, froissié etahané, Et maudiront le jour qu'il furent d'Adam né, J. de meung. Test. 4 974. || xiv* s. Encor (j'] ai dix chevaus dont j'ahenne les blez, Et cinq cens gras moutons, Guescl. xiv, 4 38. À ces félons quetis [prisonniers] donrai si mal douai re, La terre ahanneront mon frère roy Islaire, Etsi seront batu comme asne de Cesaire, Baud. de Seb. v, 402. || xv* s. C'est un povre homs, nez de petites gens de labours , qui encore hanent les terres en nostre pays, chr. de pisan, Charles v, liv. m, ch. 4 9.
|| xvi* s. Ne vois tu point comment ahane Athlas? marot, iv, 74. Mon très cher fils , je vois que tu ahanes [que tu t'impatientes] D'estre à repos, J. marot, v, 4 28. Je sçais combien ahanne mon ame en compaignie d'un corps si tendre, mont, i, 465. Ils croyent que l'ame d'un homme accablé soubs une ruyne, traisne et ahanne longtemps àsortir, id. ii, 294. Plus j'ahanne à le trouver, plus je l'enfonce en Poubliance, id. m, 358. Cependant que j'ahanne A mon blé que je vanne A la chaleur du jour, du beixay, Au vent.
— ÊTYM. Voy. ahan; genev. affaner, gagner avec peine. Dans l'ancien français, ahaner veut souvent dire cultiver la terre ; ahan, la culture j ahanable, cultivable.
AHEURTÉ, ÉE (a-eur-té, tée), part, passé et adj. Qui se heurte à, qui ne veut pas aller outre. Monsieur jeta le mémoire dans le feu, et il sortit du cabinet tout aussi aheurté , retz, iv, 82. De tout temps elle a été aheurtée à cela, mol. Mal. imag. i, 6. Ils étaient aheurtés à ne jamais vouloir croire que.... boss. Conc. Entrant dans la pensée des autres , point aheurté à la sienne, id. Polit.
AHEURTEMENT (a-heur-te-man) ,». m. Attachement opiniâtre à un sentiment , à une opinion. Le régent prétendit n'avoir trouvé que aheurtement aveugle dans le chancelier esclave de toutes formes contre les raisons péremptoires de Law, st-sim. 479, 4 92. Ces sortes d'aheurtements demandent la même douceur, boss. Lett. abb. 3. Je doute fort qu'une simplicité, accompagnée d'un tel aheurtement et de tant d'opiniâtreté , doive être traitée de bonne foi, bourd. Pensées, t. H, p. 353.
— HIST. xvi* s. De la sourdent tant de schismes, tant d'erreurs et opinions perverses, tant de scandales et aheurtements de notre foi, Calvin, inj*. 30.
— ÉTYM. Aheurter.
AHEUKTER (S') (a-heur-té), ». réfl. Se heurtera quelque chose, s'opiniâtrer, s'obstiner. S'aheurter à un sentiment, à une opinion. Elle ne s'était jamais aheurtée à les défendre, J. 3. rouss. llél. vi, 4 4. Mais [elle] s'aheurte où sans plus quelque appât la convie, Régnier, Sat. ix. Sans cela ou ne se serait pas aheurté à J. C. pasc Proph. 24.
— HIST. xiii* s. Je cuide estre mescreant, pource que je «e puis mon cuer ahurter à ce que je croie ou sacrement de l'autel, joinv. 4 97. || xv* s. Quant [les sujets] reçoivent familiarités Des souverains, ils en sont ahurtés X faire moins devoir, obédience, E. desch. Comment les roys et les princes etc. || xvi* s. Gardons nous sur toutes choses de ce rocher, auquel on ne peut ahurter sans malencontre, calv. Instit. 775. 11 vault mieulx prester au coup, que, s'aheurtant à ne rien relascher, donner occasion à.... mont, i, 4 26. Les plus aheurtez à cette si juste persuasion de l'immortalité, id. ii, 305. 11 y en a de si aheurtez en leurs opinions, que.... lanoue,480. Depuis ilpassa oultrele devoir et s'aheurta trop opiniastrement à vouloir empescher l'accroissement de Scipion, AMY0T,fa6. 54. Ceulx qui se aheurtent obstinéement à leurs opinions, "5t ne se veulent jamais accommoder à autruy, demeurent à la fin tous seuls, amyot, Cor. 20. Le roi fut conseillé d'éluder ces demandes, au lieu de s'y ahurter, d'aub. Ilist. u, 4 07. Ces puissantes familles animées et aheurtées l'une contre l'autre , sans espoir de reconciliation, Satyr. Mén. p. 4 19.
— ÊTYM. Â (voy. A) et heurter; picard , ahurter.
AHI! (a-i), interj. Cri qui exprime le sentiment d'une vive douleur. Ahi ! ahi ! ahi I vous ne m'avez pas dit que les coups en seraient, mol. Préc. 44.
— HIST. xii's. Ail francs cuers, qui tant convoit [convoite], Couci, m. Ahi! fel Guenes, pourquoi alas querantT... flonc. p. 4 54. ||xiii*s. Cill'esgarde, puis li escrie : Ha 1 halle leu! ahiel ahie! Ren.
--ÊTYM. Il est possible que ahi soit une simple exclamation composée des deux voyelles a et »'; mais il se peut aussi queahi ou aï, et surtout ahie, soit pour aie, qui est une ancienne forme d'aide (voy. AIDE).
t AHRIMANE ou AHRIMAN (a-ri-ma-n' ou a-riman) , ». m. Mythologie persane. Principe du mal chez les anciens Perses.
— ÊTYM. Zend, agra, méchant, etmat/nt'ou», esprit, d'un radical mon, qui se trouve dans la plupart des langues aryennes et qui signifie csptit
(voy. MENTAL).
AHURI, 1E (a-u-ri, rie). || 1* Part, passé et adj. Troublé. Je suis ahuri par la foule et le bruit. Elle est tout ahurie. || 2° Subit. Il a l'air d'un ahuri.
AHURIR (a-u-rir), t). a. Etonner, interdire, troubler. Vous ahurissez ce pauvre enfant par votre brusquerie.
— HIST. un* s. La gent barbée et ahurie, Uobert le Diable, cité dans Diez, Etym. W.
— ÊTYM -i (voy. A) et hure (voy. ce mot). Hure a voulu d.re chevelure hérissée, ahuri, hérissé, de là le sens moderne.
AÏ (a-i), ». m. Terme d'histoire naturelle. Quadrupède muni d'une queue et se mouvant avec une extrême lenteur.
— HIST. xvi* s. En Afrique se trouve une beste nommée des sauvages haiif , fort difforme , et est presque incredible qu'il eu soit de telle qui ne l'auroit veuô.... Ce haiif estant pris jette de grands soupirs, paré, Monstres, App. 8.
t AÏ (a-i), s. m. Terme de chirurgie. Crépitation douloureuse des tendons. Cette affection, qui peut attaquer tous les tendons, siège particulièrement dans ceux de l'avant-bras.
— ÉTYM. Ce mot provient sans doute de l'exclamation de douleur qu'arrache cette affection.
t AÏ (a-i), ville de France (Marne), dont les environs produisent un excellent vin. Le vin d'Aï ou simplement l'ai , ». m. est un vin de Champagne. Chloris, Eglé me versent de leur main D'un vin d'Aï dont la mousse pressée , De la bouteille avec force élancée, Comme un éclair fait voler le bouchou, volt. Jfondatn [Le peuple] Pour qui nos fontaines Versent, toujours pleines, Le beaune et l'aï, bérangeb, Cocagne.
t AÏAUT (a-iô), s. m. Nom vulgaire du pseudonarcisse dans divers départements.
f AICHE ou ÊCHE (é-ch'), ». m. Nom que les pêcheurs donnent aux vers de terre employés commg appât.
— ÊTYM. Esca, appât; ancien français, esclie, amadou. Il faudrait écrire ce mot éche.
t AICHER(é-ché),t>.a. Terme de pêche. Amorcer une ligne.
f AIDABLE (ê-da-bP) , adj. Qui peut être aidé. 11 n'y a guère d'aidables que les gens qui s'aident euxmêmes en quelque chose.
— ÊTYM. Aider. Aidable se trouve dans l'ancien français, mais avec la signification contraire de, qui peut aider, secourable. Et firent tant qu'ils fuient [ dans la forteresse ] plus de quinze cents hommes tous aidables et pourvus de vivres , froiss. 1,1,
AIDANT.ANTE (ê-dan,dan-f). || l'Adj. Qui aide. Donc toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes , médiatement et immédiatement, et s'entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les pi us éloignées et les plus différentes, pasc. Pensées, part. 1 , art. 6. || 2* S. m. plur. Lui et tous ses aidants. Il le fera malgré vous et vos aidants. On a prétendu que la locution malgré lui, malgré ses dents, est une corruption pour malgré lui et ses aidants. Rien n'autorise à le penser : aidant étant un mot usuel , il est difficile qu'il se soit altéré. Puis . malgré ses dents est une expression métaphorique qui se comprend.
— HIST. xiii* s. Et li apostoles le fist escumeniier par toute crestienté et tous ses aidans en toute manière, Chr. de Rains, 4 57. || xv* s. Malgré le propre roi et tous ses aidans, froiss. i, i, 22.
— ÊTYM. Aider.
AIDE(ê-d'), t. f. H 1* Secours, protection. Demander de l'aide à quelqu'un. Leur aide nous fut très-utile. II recourra, dans le besoin, à notre aide. Ils appelèrent letemps à leur aide. Il fit cela avec l'aide de ses amis. Vous êtes toute son aide. Il n'a pas eu d'autre aide que les livres qui étaient sous sa main. Pompée a besoin d'aide, il vient chercher la votre, corn. Pomp. 1, 4. Tu t'es vengé sans aide et tu veux m'en donner, id. ib. ni , 4. Et puisqu'il faut en faire une aide à ma faiblesse, in. Rndog. 11, 2. Ce monsieur, son pédant à son aide réclame,