AT.E
ran defent Le vin, qui n'est créé que pour l'humain usage, basselin, xxiv. || xvi* s. Quand lo député du Languedoc s'avança pour luy dire qu'il avoit tiré le plus beau et le meilleur de son propos de l'alcoran de Machiavel, froumenteau, Finances, m, p. 44 7.
— ÊTYM. L'article arabe, al, et coran (voy. ce mot).
ALCÔVE (al-kô-v'. Le dictionnaire grammatical de 4 784 dit que Po est bref : al-ko-ve. Aujourd'hui il est long), s. f. Enfoncement pratiqué dans uno chambre pour y placer un lit. Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée, boil. Lutr. i. Son lit de velours rouge est dans son alcôve, sév. 443. Là, sous l'alcôve sombre.... Une jeune beauté dort sur un lit d'ébène, lamart. Harold, vi. Le Caveau avait un lit dans une alcôve où Monseigneur couchait souvent l'hiver, st-sim. 84, 495. || Quelques-uns font mal à propos alcôve masculin.
— ÊTYM. Genev. aJcot!re;espagn. alcoba; portug. alcoba ou alcova ; ital. alcovo; de l'arabe al, le, et koba, petite maison, ou kubbet, voûte, tente. D'autres ont cherché un* étymologie allemande ; mais le mot est espagnol et, par conséquent , arabe.
ALCYON (al-si-on), s. m. || 1° Oiseau de mer assez semblable à l'hirondelle, dit aussi martin-pêcheur. Les anciens racontaient que la mer demeure calme pendant que les alcyons font leurs nids. Pour tout bruit le cri des alcyons et le murmure des vagues, chateaub. Uinér.ïn. Oiseaux chersàThétys, doux alcyons, pleurez, a. chén, Élég. 20. || 2°Nidsd'alcyon, nids de la salangane ou hirondelle du rivage de laCochinchine. Les nids d'alcyon sont construitsavec une matière gélatineuse que les cryptes du jabot de cet animal sécrètent au temps de la ponte. Ils sont employés en Chine comme aliment.
— ÊTYM. 'AXxuùv, de SX;, la mer (pour les rapports de ce mot, voy. sel), et de xOuv, qui fait ses petits, de xûsiv, faire des petits, parce que l'alcyon fait son nid sur la mer. M. Benfey, u, 465, rattache la dernière partie du mot à xûwv, chien (voy. chien). X cause de l'étymologie quelques-uns écrivent en latin Hakyon et Halcyone.
t ALCYONE (al-si-o-n') , s. f. Etoile tertiaire, la plus brillante des Pléiades, marquée m dans les cartes.
ALCYONIEN (al-si-o-niin) , adj. m. Qui appartient à l'alcyon. Jours alcyoniens, les sept jours qui précèdent et les sept jours qui suivent le solstice d'hiver, pendant lesquels l'alcyon, dit-on, fait son nid, et la mer passe pour calme.
— ÉTYM. Alcyon.
ALDÉBARAN (al-dé-ba-ran) , *. m. Terme d'astronomie. Nom d'une étoile de première grandeur, qui est dans l'œil du Taureau.
— ÉTYM. Arabe, al, le, et debaran, nom de l'étoile en question.
ALDÉE (al-dée), s. f. Terme de géographie. Sert à désigner les bourgs et les villages des possessions européennes en Afrique et dans les Indes.
— ÉTYM. Espagn. aldea; portug. aldea etaldeia, village, et de là aldeiâo, villageois, aldeiar, diviser par villages; de l'arabe, al, le, et daiah, fonds de terre. On a indiqué d'autres étymologies; mais l'arabe est le seul qui explique bien la terminaison ea.
ALDERMAN (al-dèr-man'), s. m. Officier municipal en Angleterre.
— êtym. Anglais, alderman; suédois, œlderman; de l'anglo-sax. ealdor, ancien; danois, œldre; allem. ait, vieux; et de mati, homme. Pour les mots germaniques qui signifient âgé, voyez adolescent. Quant à mann, homme, il tient au sanscrit manu, homme, auquel tient aussi le latin mas, mâle (voy. mÂle).
fALE (é-P;onsuitla prononciation anglaise), s. /. Sorte de bière anglaise où il entre moins de houblon que dans le porter
— ÉTYM. Angl. aie ; dan. et suéd. xl. ALÉATOIRE (a-lé-a-toi-r") , adj. || 1» Terme de
droit. Dépendant d'un événement incertain, quant au gain ou à la perte. Vendre une récolte avani qu'elle ne soit mûre, est une vente aléatoire. L'assurance est un contrat aléatoire. || 2" Dans le langage général, soumis aux chances du hasard. Tout cela est fort aléatoire. L'urne aléatoire Nous jette bien souvent la honte pour la gloire, v. hugo, F. d" Aut. 37.
— ÉTYM. Aleatorius, de aléa, jeu de dés.
t ALECTON (a-lè-kton), s. f. Terme de mythologie. Une des trois furies. Et l'intlexible Hécate et l'horrible Alecton, j. b. rouss. Circé.
— ÉTYM. ÎO.ï]xtù et 'AUrixTÔ), de (ÏXXtixtoç, de à privatif, et Xrçveiv, cesser, qui ne cesse pas.
ALE
t ALECTRYOMANCIE (a-lè-ktri-o-man-sie), *. f. Terme d'antiquité grecque. Sorte de divination qui se pratiquait à l'aide d'un coq et de grains de blé.
— ÉTYM. 'AHxTpuwv, coq, et u.cxvTEÎa, divination (voy. mancie).
ALÈGRE, adj. Voy. ALLÈGRE.
ALÉGREMENT, adv. Voy. allègrement.
ALÉGRESSE, t. f. Voy. allégresse.
ALÉGRETTO, adv. Voy. allégretto.
ALÉGRO, adv. Voy. allégro.
t ALEMBROTH (a-lan-brot) ,adj. et s. m. Sel alembroth ou sel de la sagesse, nom que les alchimistes avaient donné au produit que l'on obtient en sublimant ensemble du deutochlorure de mercure et du chlorure ammonique.
ALÊNE (a-lè-n'), s. f. || 1" Poinçon de fer dont on se sert pour percer et coudre le cuir. || 8° Terme de pêche. Nom vulgaire d'une espèce de raie.
— HIST. xiu' s. Fers de alêne, greiffies, aguilles, estamines,Lii>. des Met. 321 . Laiens s'est li païens trèstout seus [seul] enfermés ; Deus bons cotiaus d'acier en a o lui portés , Et poinchons et alesnes ; moult bien estapensés, Ch. d'Ânt. n, 358. Des'alesne son œil [il] cassa [creva] dont il cousoit sa caucemente [soulier] , du cange, calceut. One ne fu faus plus esmolue, Ne mile alesne plusague, Unicorne et serpent. || xvrs. Il lui feit percer la langue avec trois coups d'alesne en trois endroits, amyot, Artax. < 7. Tu perceras lesdits os avec alaines quarrées, paré, iv, Chap. compl.
— ÉTYM. Berry, alègne, alogne ; limousin, lerno; provenç. alena; ital. lésina; espagn. lesnaelalesna; de l'anc. haut allem. alansa, transposé en alasna; suisse, alasme; allem. mod. ahle (comp. lésine).
■f ALÉNÉ, ÊE (a-lé-né, née), adj. Terme de botanique. Qui est en forme d'alêne. Feuille alénêe. On dit plus communément subulé.
ALENIER (a-lè-nié) , *. m. Celui qui fait et vend des alênes.
— ÉTYM. Alêne.
ALÉNOIS (a-lé-noi), adj. m. Il ne s'emploie que dans cette dénomination : cresson alénois, le cresson des jardins.
— hist. xiii* s. Auset oingnonsàlongue alaine 1 Puis après cresson de fontaine 1 Vey-ci bon cresson «rlenois, o. de la Villeneuve, Cris de Paris,
— ÉTYM. L'historique montre que alénois est une corruption pour orlenois, c'est-à-dire cresson d'Orléans.
t ALENTI, IE (a-lan-ti, tie), part, passé. Qui est devenu plus lent. Non que ma passion s'en soit vue alentie, corn. Sert, iv, 2.
t ALENTIR (a-lan-tir). || i« T. a. Rendre plus lent. Votre passion alentissant son cours, mol. l'Étour. iv, 6. Un exemple si lâche alentitleur ardeur, mairet, Jfor* d'Asdr. iv,3. || 2° V. n.Et laissant alentir les flammes légitimes , quin ault , Mort de Cyrus , iv , 4. || 3° S'alentir, ». réfl. La fureur s'alentit par le retardement, rotr. Antig.iv, 3. [J'avais vu] De César irrité le courroux s'alentir, id. St. Genest, iv, 2. [Il] ne sent pas que parla son ardeur s'alentit, mairet, Soph. h, 4. || Mot très-bon, employé par Corneille, Molière et Rotrou.
— hist. xiii* s. Les fenestres [ils] ouvrirent, ne sontpasalenti, Berte , lxxxi v. Des nouviaus chevaliers nuls ne s'enalenti, ib. cvni. Tout ce dist il, mais il menti ; N'onques por ce ne s'alenti De ma grant honte porchacier, Ren. 8330. || xiV s. Bertran s'en vint à li, et si l'ala saisir, Etli dit doucement: « X pié puissiez venir; Il vous faut remonter sans point de l'alentir», Guesciin, 8850. || xVs. Dame, j'i vois [vais] sans alentir ; Ne tarderay ne pas une heure, la. Nativité de N. S. J.C.\\ xvi' s. Nouveau Sylvain j'alenterois l'ardeur Du feu qui m'ard d'une flamme trop vive, rons. 78. Mais la fièvre d'amours Qui me tourmente, Demeure en moy tousjours Et ne s'alente, ib. 469. Plus je m'efforce alenter son ardeur, Plus d'aiguillons elle me lance au cœur, ib. 643. il fut résolu àBlois de traiter une paix, ou à bon escient ou pour alentir les desseins des refformez, d'aub. Hist. n,268. J'en treuve qui se mettent inconsideréement et furieusement en lice, et s'alentissent en la course, mont, iv, 168. Leurs forces s'estoient plus alenties et diminuées par cinq ou six ans de paix que par dix ans de guerre ouverte , Satire Mén. p. 132. Car l'arc tendu trop violentement Ou s'alentit ou se rompt vivement, ronsard, à 1 5. Pour rompre et alentir un peu l'impétuosité du fil de l'eau, amyot, César, 30.
— ÉTYM. A et lent; provenç. alentar et alentir. Dans l'ancien français il y avait aussi les deux formes alentir et alenter.
ALE
•f- ALENT1SSEMENT (a-len-ti-se-man), s. m. Action d'alentir.
ALENTOUR ou À L'ENTOUR (a-lan-tour), adv. || 1° Aux environs. Tourner alentour. Rôder alentour. Elle répandait alentour une puanteur insupportable, mass. Rech. Loth vit alentour une contrée fertile, douce, aimable, riante, telle que son cœur la souhaitait, iD.Car. Salut. || 1' D'alentour, des environs. La ville et les villages d'alentour étaient pleins de jeunesse, fên. Tél. xni. Le temple et les bâtiments d'alentour, boss. Hist. u, 9. L'horrible cri d'une troupe d'orfraies A rempli d'un grand bruit tous les lieux d'alentour, rotr. Antig. v, 6. Des postes d'alentour il faut te rendre maître, volt. Catilina, iv, 3. || 3" Prép. Les voilà tous à l'entour de lui ; courage I ferme I mol. la Princ. Interm. se. *. Â son réveil U trouve L'attirail de la mort alentour de son corps, la font. Fab. m, 7. Le malheureux lion se déchire lui-même , Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs, id. ib. u, ». Il eût perdu son temps alentour de la dame, id. Coupe. Alentour du muet toutes huit accoururent , id. Maie t.
— REM. 1. L'Académie dit que alentour de, préposition, a vieilli. Mais il a pour lui de bons auteurs, il se comprend bien , et pourrait s'employer. || 2. L'orthographe reste indécise entre alentour et <i l'entour; et, de fait, il importe assez peu de la fixer. Seulement quand alentour est précédé de la préposition de, il n'y a plus de choix, et il faut écrire alentour d'un seul mot.
— HIST. xv s. Ung seul saige homme on nel'entremet à l'entour [près des jeunes seigneurs] , comm. I, <0. || xvi* s. J'espère le trouver par dessa Tournon. Mais le grant seneschal luy doit donner à l'entour de Vienne quelques chasses qui le pourront retarder, marg. Lelt. xxxvi. Elles n'eussent point planté leur camp dedans la propre ville d'Athènes, si premièrement elles n'eussent conquis le païs d'alentour, amyot, Thés. 33. Ils se perdent eulx mesînes, dansant, comme l'on dit en commun proverbe, la danse d'alentour du puis,iD. Comment dise, le fiait. 47. Le paîs d'alentour est une vallée ceinte et environnée de montagnes, id. Fab. 16. L'offrande estoit un rameau d'olive sacrée entortillé, à l'entour, de laine blanche, id. Thés. 2). Et la [cette danse] dansa premièrement Theseus à l'entour de l'autel, id. ib. 25. On monstre encore de leurs sépultures à l'entour de la ville de Scotuse, id. j'6. 35. Tarpeïa leur vendit la place, pour l'envie qu'elle eut d'avoir les bracelets d'or qu'iïz portoient à l'entour de leurs bras, m. Rom. 26. Vous avez fait trancher la teste à l'escuyer Merveilles mon ambassadeur résidant à l'entour de vostre personne, M. du bellay, 200. Il envoya sonner le tabourin alentour de la ville, bab. Garg. i, 26. Qu'elle ne puisse porter joyaux d'or à l'entour de sa personne, mont, i, 337. Les taureaux respandent et jectent la poussière àl'entourd'eulx,iD.»'o.ii,l64. Il munit son corps, et le crouste tout à l'entour de limon bien paistri, id. ib. II, 464.
— étym. A , le et entour.
ALENTOURS (a-lan-tour) , s. m. plur. || i« Lieux circonvoisins. Les alentours de la ville. L'ennemi infestait tous les alentours. Les alentours des bivouacs étaient jonchés des corps de plusieurs milliers de chevaux, sêgur, Hist. de Nap. s, ch. U. La Suisse se trouva, dès sa naissance, puissance militaire : son sol, sa pauvreté, ses alentours, tout l'appelait à être guerrière, mais à ne l'être que pour se défendre, ferrand, Esprit de l'histoire, t. i, p. 223. || 2° En parlant des personnes, ceux avec lesquels on est en commerce suivi. Cependant Louis XVI l'aurait fait s'il avait été moins dominé par ses alentours, mignet, Révol. fr. i, 67.
— ÉTYM. Alentour.
\ ALÉP1NE (a-lé-pi-n') , s. f. Sorte d'étoffe de soie et de laine. La dame apparaît sombre dans ses vêtements d'alépine noire, sous son chapeau et sous son voile noir, Roman moderne.
— ÉTYM. La ville a'Alep.
ALÉRION (a-lé-ri-on), *. m. Terme de blason. Petit aigle aux ailes étendues, sans pied ni bec. La marquise du Chastelet porte les armes pleines de Lorraine, avec trois fleurs de lis d'argent sur la bande, au lieu des trois alérions de Lorraine, st-