‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 77 sur 403 · SIM · texte numérisé non relu

SIM

— hist. xu* s. Un dart molu tenoit li gloz félon , Envers Guillaume le lança de randon ; Si bruit li cops comme un alerion, Li coronemens Looys, v. 961. || xni* s. Sire Frobert le gresillon Plus tost que un alerion Vint poingnant encontre Renart, Ren. 27608. || xiv' s. Tout ainssin [ils] le redoubtent com

ALE

bestelelion, Et com font li oi sel le fort alerion, Girart de Ross. v. 3380.

—ÉTYM. On lit dans J. Salisbery, De nugis curial. i, 13 : a Aquila namque sicut rex avium est, si non « alarionem excipias, quae forte aquilarum species « potentissima est. » Le nouvel éditeur de Du Cange ajoute que dans Salisbery alarionem est sans doute une faute et qu'il faut lire valeriam , d'après Pline, x, 3, qui dit : « Aquila valeria viribus praeci- « pua. «Mais nos textes françaisdu xii'etduxui* siècles prouvent qu'alerion est un mot réel et qn'alario doit être conservé dans J. de Salisbery. Ces anciens textes montrent que Yalérion était non pas seulement une figure de blason, mais aussi un oiseau véritable, etle passage de J. de Salisbery, que c'était une grande espèce d'aigle. Il est probable qn'alario vient de aquilario, augmentatif barbare de aquila (voy. aigle). Qu'ensuite le blason en ait fait un petit aigle sans pied ni bec, il n'y a pas beaucoup à s'en étonner.

i. ALERTE (a-lèr-f), loc. interj. Debout, garde à vous. Alerte! alerte I voici nos gens qui accourent. Alerte, cet homme peut nous échapper à tous les moments, retz, iii, 97. Melac avait réussi à faire peur de son nom et à tenir alerte vingt lieues, à sa portée, de pays ennemi, st-sim. ho, 4»*.

— HIST. xvi* s. Le pilot, prévoyant ung grain, commenda tous estre à l'herte, tant nauchiers et mousses que nous aultres voyagiers, rab. Pant. iv, 18. Eschylus a beau se tenir à l'airte, le voylà assommé d'un toict.... mont, i , 74. Et se contenta d'avoir cinq cents bons chevaulx d'eslite, pour se tenir allerte, et secourir à propos ceulx qu'il verroit en avoir plus grand besoin, carl. vlu, 36.

— ÉTYM. Ital. all'erta; espagn. et portug. aleria ; de Vital, ail', à la, sur la, et erta, côte, pente, mot à mot, être sur un lieu éminent d'où l'on voit tout ce qui se passe à l'entour; de là être vigilant, prêt, sur ses gardes; de là donner une alerte, c'est-à-dire appeler à la vigilance. Erta est le féminin du participe erto, qui veut dire dressé, élevé, et qui est une abréviation de eretto, même signification, du verbe erigere ou ergere, qui est le français ériger (voy. ériger).

2. ALERTE (a-lèr-f), s. f. Appel à la vigilance; inquiétude subite. Donner une alerte. Avoir une alerte. Dans une alerte. La souris ne sort de son trou que pour chercher à vivre ; elle ne s'en écarte guère, y rentre à la première alerte..* buff. Souris.

— ÉTYM. Alerte t.

3. ALERTE (a-lèr-f) , adj. || 1° Qui est vigilant, qui se tient sur ses gardes. Notre chat vit de loin So» rat qui se tenait alerte et sur ses gardes, la font. Fab. vin, 22. Combien j'ai sans cesse l'oreille alerte! j. j. rouss. Ém. il. || 2" Prompt à voir et à saisir. Les fripons sont toujours alertes. X Colin toujours alerte, Ne faites pas les yeuidoux,BÉRANG.jtfcrea». || 3" Vif, agile. Ce garçon, cette jeune fille est très-alerte. Trajet de trois jours pour des gens alertes. Domestique peu alerte.

— ÉTYM. Alerte, i.

f ALÉSAGE (a-lè-za-j') , s. m. Technologie. Action d'aléser.

— étym. Aléser.

f ALESE (a-lê-z'), s. f. Voy. alêze.

} ALÉSÉ, ÉE (a-lé-zé, zée), part, passé.

j ALÉSER (a-lé-zé. La syllabe le prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu reste) , v. o. || 1° Technologie. Unir la surface intérieure d'un objet qui a été foré. || 2° Aléser les monnaies, en redresser les bords.

— ÉTYM. Berry, aliser; espagn. alisar , rendre poli. L'espagnol vient de la préposition o et de liso, lisse, poli. Je pense que le verbe français est le même (le berry aliser servant d'intermédiaire), et a par conséquent la même origine (voy. lisse).

t ALÉSOIR (a-lé-zoir) , s. m. Technologie. Instrument qui sert à aléser, c'est-à-dire à polir à l'intérieur un objet foré.

— étym. Aléser.

f ALESTER ou ALESTIR (a-lè-ster ou a-Ièstir),v. a. || 1* Terme de marine. Rendre plus léger un bâtiment ou son gréement. || 2° S'alestir, v. réfl. Se disposer à faire quelque travail dans un navire.

— ÉTYM. A, donnant un sens verbal, et leste. fALÉSURE (a-lé-zu-r') , s .f. Débris qui tombent

quand on alèse.

— ÉTYM. Aléser.

t ALETTE (a-lè-t'),«.f. 111" Terme d'architecture. Petite aile , jambage sur le pied droit. Bords d'un trumeau qui dépasse une glace ou un pilastre. |j 2° Terme

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de cordonnerie. Cuir cousu à l'empeigne d'un soulier.

tALEUROMANCIE(a-leu-ro-man-sie), s. f. Terme d'antiquité grecque. Divination qui se pratiquait au moyen de la farine de froment.

— ÉTYM. "AXsupov, farine, et [lav-ttCa, divination.

f ALEVIER (a-le-vié), s. m. Voy. alevinier. ALEVIN (a-le-vin), s. m. Menu poisson qui sert & peupler les étangs.

— ÊTYM. On écrivait aussi alvin et alvain. Ménage fait venir ce mot du latin albamen, qui signifie la partie blanche d'une chose, et qui vient de albus, blanc. Suivant lui, on appelle le menu poisson employé à peupler les étangs, alevin, par la même raison qui fait qu'on nomme poissons blancs une certaine catégorie de poissons. Mais, cette étymologie ne rendant pas compte de l'e du mot alevin, il faut chercher ailleurs. Du Cange a alevamum, plant, pépinière, allevamentum , même signification , allevaticius , enfant trouvé ; l'italien , allevare, nourrir, élever ; l'ancien français, aleverpour élever, (comme dans ce vers deBerte, cxv : Depuis l'avons céans norrie et alevée) ; alevèe, plant nouveau ; ailevin et aillevan, enfant trouve. Il résulte du rapprochement de ces mots que dans la basse latinité, dans le vieux français et dans l'italien moderne on emploie alever dans le sens de élever, nourrir. Dès lors, rien de plus naturel que de rattacher à ces mots alevin, qui signifie pour le poisson ce qu'on appelle élève pour les bestiaux. Au reste on peut citer, en confirmation, le mot nourrain, venant évidemment de nourrir, et qui signifie, comme alevin, le menu poisson destiné à peupler un étang. Quant à alever, synonyme de élever, il indique comme lui, porter à un point plus élevé, et de là faire croître, grandir; il vient du latin allevare, élever, de ad, vers (voy. X), et delevare, lever, lever vers soi (voy. lever). Alevin dérive régulièrement de la forme non latine allevamen, et serait mieux écrit alevain, comme airain de œramen ; mais aleviner, maintenant consacré , s'oppose à ce qu'on prenne cette orthographe.

ALEVINAGE (a-le-vi-na-j') , s. m. || 1° Art de conserver et de propager l'alevin. || 2° Il se dit aussi d'un petit poisson que les pêcheurs rejettent dans l'eau.

— ÉTYM. Aleviner.

ALEVINÉ, ÉE (a-le-vi-né, née), part, passé. Étang aleviné.

ALEVINER (a-le-vi-né), v. a. Jeter de l'alevin dans un étang pour le peupler.

— ÊTYM. Alevin.

t ALEVINIER (a-le-vi-nié) , s. m. Petit étang où l'on élève de l'alevin.

ALEXANDRIN (a-lè-ksan-drin). || 1» Adj.m. Il se dit du vers français de douze syllabes. Les vers alexandrins sont aussi appelés vers héroïques. ]| 2° S. m. Quel trait d'orgueil! dira la calomnie : Ferait-on plus pour des alexandrins? bërang. In-Octavo.

— HIST. xvi' s. Encores que les vers alexandrins respondent plus aux senaires des tragiques qu'aux magnanimes vers d'Homère et de Virgile , rons.

— étym. On ne sait pas au juste d'où vient cette dénomination. « Quelques-uns ont cru, dit Ménage, que c'est parce qu'Alexandre Paris, vieux poète français, s'est servi particulièrement de ce genre de vers ; et les autres, à cause que Lambert li cors, c'est-à-dire le court, Alexandre Paris, Pierre de St-Cloct et Jean li Nivelois s'en servirent en écrivant la vie d'Alexandre le Grand. » Quoi qu'il en soit, ce mot vient d'Alexandre, 'AXéfovàpoç, de àXÉÇeiv, protéger, et de àvrjp, homme; qui protège les hommes. Pour àXÉÇeiv, voy. alexitêre; et pour àvrjp, voy. ANDR....

ALEXIPOARMAQUE (a-lè-ksi-far-ma-k'). || l'Adj. Terme de médecine. Se dit des remèdes qui expulsent du corps les principes morbifiques, ou qui préviennent l'effet des poisons pris à l'intérieur. || 2° 5. m. Un alexipharmaque.

— HIST. xvi* s. On peut dire que le plomb est alexipharmaque et antidote contre les ulcères malins, paré, v, 8.

— ÊTYM. 'AXEÇiçâp[iaxov , de à)i|eiv, protéger (voy. alexitêre) , et çdcpuaxov , remède ; remède qui protège (voy. pharmacie).

ALEXITÊRE (a-Iè-ksi-tê-r'). || l'Adj. Terme de médecine, en parlant des médicaments qui préviennent l'effet des poisons et des venins. || 2° S. m. Un alexitêre.

— HIST. xvi' s. Et est [le feuj par ce moyen le

DiCT. DE LA LANGUE HUNCAISE.

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vrai alexitêre et contre-poison du mal qu'il avoit causé, paré,x, ».

— ÊTYM. 'AXeïï]Trjpiov , de àXcÇeiv , protéger, médicament protecteur. 'AXéSeiv est une forme pouràÀixecv, être fort, à quoi se rattache âXxïi, force (voy. alcée). Mot incorrectement formé ; il faudrait dire alexétère.

ALEZAN, ANE, ou ALZAN, ANE (a-le-zan, za-n\ ou al-zan, za-n'). || t» Adj. Ne s'emploie qu'on parlant du cheval ou de la jument. Il désigne ce genre de robe dans laquelle le corps est recouvert de poils rouges ou bruns plus ou moins foncés, les crins et les extrémités étant de même couleur ou d'une nuance plus claire. L'alezan fauve, l'alezan clair , l'alezan cerise, l'alezan doré, l'alezan châtain , l'alezan brûlé : telles sont les espèces que l'on distingue. On voit au côté droit, sur un cheval alezan, un cavalier enveloppé dans un manteau rouge, fén. xix, 335. || 2" S. m. Un alezan.

— étym. Espagn. alazan ; portug. alasâo. On le fait venir de l'arabe : ou al hasan , le beau , l'élégant ; ou al hisan, cheval beau et de race ; ou al ' athan, la fumée , par comparaison avec la couleur qu'indique alezan.

ALËZE (a-lê-z'), s. f. || 1° Linge d'une certaine étendue dont on se sert pour garnir le lit des malades, afin de le garantir du sang, du pus, de l'urine, etc. Un drap ordinaire, plié en plusieurs doubles, fait une bonne alèze. || 2" Technologie. Planche étroite qu'on ajoute à une autre pour l'élargir. || 3° Allonge d'osier pour fixer une branche.

— hist. xvi* s. Envelopper les febricitans de bonnes alaises chaudes.... paré, xx bis, 27.

— ÊTYM. A, V (voy. le) et aise (voy. aise) ; parce que ce drap ainsi placé met les malades à l'aise.

t ALÉZË.ÉE (a-lé-zé,zée), adj. Terme de blason. Raccourci. Sautoir alézé. Croix alézée. On dit aussi alise. Sautoir alise. Pal alise.

— êtym. Ce mot est le même que le verbe aléser.

t ALFANGE (al-fan-j'), s. f. Sorte de cimeterre. Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges , De notre sang au leur font d'horribles mélanges, corn. Cid, iv, 3. || Il est hors d'usage.

—ÊTYM. Espagn. et portug. alfange, de l'arabe al chandjar (voy. kanjar).

ALGALIE (al-ga-lie), t. f. Terme de chirurgie. Sonde creuse.

— SYN. On distingue l'algalie, la sonde et le cathéter en ce que : la sonde est le terme général pour désigner tout instrument qu'on introduit dans un trajet naturel ou accidentel ; l'algalie est une sonde creuse qu'on introduit dans la vessie par le canal ordinaire pour évacuer l'urine ou pour explorer l'organe ; et le cathéter est une sonde solide et cannelée dont on se sert pour faire l'opération de la taille.

— HIST. xvi* s. Algaries, sondes droites et courbées, closes et ouvertes, conducteurs, paré, t. in,

— ÊTYM. Bas-lat. al galia , argalia. Des dictionnaires signalent ce mot comme venant de l'arabe, sans indiquer le radical auquel on le rattache. Au reste cette étymologie est fausse ; et Ménage a montré la véritable. Algalie ou argalie vient du mot de basse grécité àpYaXeïov , I • instrument de charpentier, 2* vase , 3" instrument à injecter de l'eau. 'ApYaXeïov est une corruption pour Épya- XeFov qui, dans la basse grécité, a les mêmes significations que àpYaXeïov, mais qui dans le grec ancien signifie instrument. 'EpyaXïïov vient de êpyeiv, travailler, lequel est la racine de ôpycxvov, instrument, organe (voy. organe).

ALGANON (al-ga-non), s. m. Chaîne qu'on met aux galériens qui ont la permission de circuler hors du bagne ; on dit aussi arganeau.

— ÊTYM. Bas-lat. arganum, toute espèce d'engin; espagn. arganel, petit anneau. Le mot précédent [algalie) fait voir le changement de ar en al ; celui-ci en est aussi un exemple, et alganon provient d'une forme non latine, argano, onis, qui a le même radical que algalie.

ALGARADE (al-ga-ra-de) ,s. f.\\l' Incursion militaire. J'ai rendu compte à M. Louvois de l'expédition que M. deBellefondsafaite àRoncevaux, où il a marché avec 2000 hommes par ordre du roi, qui lui avait mandé d'aller faire une algarade aux Espagnols , Mémoires de Foucault, Bibl. impér. Ms. suppl. fr. n° <60, f» 39 bis. || Vieilli en ce sens. || 2° Vive sortie contre quelqu'un, insulte brusque , inattendue. Le duc de Noailles ne pouvait plus souffrir les algarades «t les scènes que je lui faisais essuyer,

ALG

st-sim. 470, su. Je ne me trompe point! — Oui, ventrebleu , c'est moi , Vous venez de me faire une rude algarade, regnard, Légat, m, 7. Mon basque le» suivit avec les laquais de Clérante, qui leur firent une infinité d'algarades pendant les chemins, francion, liv. VI, p. 255.

— HIST. xvi* s. Le duc, indigné de toutes les algarades que luy faisoit cet aventurier, jura.... qu'il nelerelascheroit jamais, Mém.tur du G.ch.iv.Ayant apprins toutes les traverses et algarades [mauvais tours] qu'elle avoit jouées à son mari, tiesper. Contes, cxxvii. Pour lui donner une brave algarade [une gaillarde bienvenue] à une lieue ou deux de Nancy, carl. vl, 44. Cette-ci avoit fait plusieurs algarades à Montai , lieutenant de Roi en la basse Auvergne , mesme lui aiant de nouveau défiait deux compagnies, d'aub. Hist. n, (08. À la veuê et approche des asnesses, ils font mi!le algarades, desordonnans tout un marché, o. de serres,

— ÉTYM. Portug. algazara, algarade, tintamarre; espagn. algara, troupe à cheval, algarada, cris de gens de guerre qui se battent, algarear, crier, algazara, cri des Maures sortant d'une embuscade pour tomber sur l'ennemi; basse latinité, algara, tumulte militaire, algaru, algarum, nom des expéditions militaires des Maures; de l'arabe al, le, et gharet, expédition de cavaliers pour piller le territoire ennemi, de gdr, faire des incursions sur l'ennemi.

t ALGAROTUouALGEROTH (al-ga-rof ou al-jerot') (POUDRE D'). Terme de pharmacie. C'est un oxychlorure d'antimoine. Cette poudre est émétique, purgative et diaphorétique.

•j-ALGASELLE (al-ga-zè-V) , s. f. Histoire naturelle. Antilope à longues cornes courbes; elle habite la Nubie et le Sénégal. Cuvier écrit algaiel et le fait masculin.

— ÊTYM. Gazelle avec l'article arabe al. ALGÈBRE (al-jè-biJ),s.f. || 1° Science des grandeurs

considérées d'une manière absolument générale et sous des signes généraux.Quoique l'Italie ait été, du moins en Europe, le berceau de l'algèbre, cette science n'y avait pas encore beaucoup prospéré du temps de M. Guglielmini , et elle avait trouvé les climats du Nord bien plus favorables , fonten. Guglielmini. Ils ont résolu une question d'algèbre, pasc. Div. 2. || 2* C'est de l'algèbre pour moi , se dit d'une chose à laquelle on ne comprend rien. || 3" Traité d'algèbre. L'Algèbre de Bezout.

— ÊTYM. Espagn. algebra, algèbre, et aussi l'art de remettre les membres disloqués ; ital. algebra; basse latinité , algebra; de l'arabe al, le , et djabroun , réunion de plusieurs parties séparées; en mathématiques, réduction des parties au tout ou des fractions à l'intégralité, de djabara, il a relié, consolidé, réuni.

ALGÉBRIQUE (al-jè-bri-k'), adj. Qui appartient à l'algèbre. Quantité algébrique. Calcul algébrique. || Il se met après son substantif.

f ALGÉBRIQUEMENT (al-jè-bri-ke-man), adv.

D'une manière algébrique, selon les règles de l'algèbre.

— ÊTYM. Algébrique et ment. ALGÉBRISTE (al-jè-bri-sf), s. m. Celui qui est

versé dans l'algèbre. Il est vrai que, si tous ceux qui jouent étaient de bons joueurs, ils seraient ou grands algébristes ou nés pour l'être, fonten. Dangeau.llne faut pas être grand algébriste pour voir.... 1. 1. rouss. Hél. vi, (0. Ce sont des métaphysiciens ou des algébristes qui font la réputation des poètes et des musiciens, vauven. Max. cclxxxi. Maudit soit à jamais le pointilleux sophiste Qui le premier nous dit en prose d'algébriste : Vains rimeurs, écoutez mes ordres absolus, gilb. XVIII" siècle.

— étym. Algèbre.

t ALGÉNIB (al-jé-nib'), s. m. Terme d'astronomie. Nom d'une étoile de la deuxième grandeur qui est située dans la constellation de Pégase.

f ALGEROTU, voy. algaroth.

ALGIDE (al-ji-d'), adj. Terme de médecine. Qui fait éprouver une vive sensation de froid. Fièvre algide, fièvre intermittente pernicieuse, dans laquelle le commencement de l'accès est marqué par un froid glacial. Période algide du choléra, période du choléra dans laquelle le malade est glacé.

étym. Algidus, froid, de algere, avoirfroid. On

a luteché ce mot au grec âXvoç, douleur, parce que le froid cause de la douleur.

f ....ALGIE (al-jie), finale de différents substantifs tirés du grec, laquelle signifie douleur.

— ÊTYM. "AXyoç, douleur.

T....ALGIQUE (al-gi-k'), finale de différents adjec-

AU

tifs tirés du grec, laquelle signifie causant de la douleur.

— ÉTYM. Voy. ALGIE.

t ALGOL (al-gol),*. m. Terme d'astronomie. Nom d'une étoile de deuxième grandeur située dans la constellation de Persée. On l'appelle aussi tête de Méduse. C'est la plus remarquable des étoiles changeantes; car, dans sa période qui dure 2 jours a heures 40 minutes, son éclat varie entre la deuxième et la quatrième grandeur

+ ALGONQUIN (al-gon-kin) , s. m. Individu appartenant à une tribu de sauvages' qui habitait dans le Canada, et dont on emploie quelquefois le nom poiT désigner un homme qui ignore les usages reçus. C'est un algonquin. 11 a l'air d'un véritable algonquin. Le chef branlant, la tête chauve, Les yeux vairons, le regard fauve, L'air farouche d'un Algonquin, beaumarch. Barb. de Sév. n, 13.

t ALGORITHME(al-go-ri-tm'), s. m. || !• En termes d'algèbre, procédé de calcul. || 2° Genre particulier de notations. Algorithme différentiel.

— HiST. xiii* s. Cette senefiance est apelée algorisme de le [la] quele nous usons de tels figures : 9, 8, 7, 6, 6, 4, 3„ a, 1, Comput, f. 45. Quatre parties sont d'angorisme, assembler, abatre, dividier, multeplier, ib. || XV s. Arismetique est science de gecter et compter par le nombre de angorisme et autre nombre commun, eust. deschamps, Art de faire chansons. \\ xvi' s. Avecques eulx [les Vénitiens] leur duc serenissime, Qu'on peut juger un chiffre [zéro] en algorisme, J. marot, i, 80.

— ÉTYM. 'ApiOjiô;, nombre, avec l'article arabe, d'après Adelung et Etienne Quatremère ; d'après M. Reinaud, à'al Korismi, le Kharismien, célèbre mathématicien arabe , qui vivait sous le calife Almamoun , dans le premier tiers du ix" siècle ; étymologie bien préférable, puisqu'elle rend compte du g. Au xin' siècle, algorithme signifiait l'arithmétique avec les chiffres arabes.

ALGUAZIL (al-goua-zil), *. m. || i" Officier de police en Espagne. || 2° Par extension, tout agent de la justice ou de la police. On rira des erreurs des grands, On chansonnera leurs agents, Sans voir arriver l'alguazil , bérang. Ainsi-soil-il. J'aurais pu rester longtemps dans les griffes des alguazils, si on n'eût pas parlé de moi, p. l. cour. Lelt. n, 73.

— ÉTYM. Portug. alguaiil, alvacil, alvacir; espagn. alguacil , alvacil ; basse latinité, algatzarius, algatzerius, algoiirius, alguazirus; de l'arabe al, le, et de rasir, vizir (voy. vizir).

ALGUE (al-gh'), s. f. || 1° Sorte d'herbe qui croît dans l'eau, soit douce, soit salée. Comme l'algue fugitive, Sur quelque sable de la rive La vague aura roulé mes os, lamart. Méd. n, 26. || 2° En botanique, classe de plantes acotylédones, entièrement composée de végétaux d'une structure très-simple et vivant pour la plupart dans l'eau.

— HIST. xvr s. Les gens de guerre estaient contraints de prendre de la mousse et de l'algue qui croist en la mer, après en avoir lavé la salure avec de l'eau doulce, pour la donner à manger à leurs chevaulx, amyot, César, 68.

— ÉTYM. Alga.

t ALHAMBRA (al-an-bra), *. m. Palais des rois Maures à Grenade.

ALIAIRE (a-li-ê-r'), t. f. Voy. alliaire.

ALIBI (a-li-bi) , s. m. Terme de palais. Présence d'une personne dans un autre lieu que celui où a été accompli le crime ou le délit dont on l'accuse. Plaider l'alibi. || Au plur. les alibi.

— REM. 11 vaudrait mieux ne pas faire d'exception et écrire au pluriel des alibis; d'autant plus que l'Académie, pour ce genre de mots, n'est pas partout conséquente avec elle-même , et qu'elle écrit des bonis, des macaronis, des parolis. On trouve d'ailleurs, dans d'anciens textes, alibis au pluriel (voy. alibiforain).

— hist. xvi' s. Et, se desrobant, vint en diligence trouver le roi en son camp, afin de témoigner, par cet alibi, qu'il n'estait assistant à ce forfait, yver, p. 62).

—ÉTYM. Alibi, ailleurs, de alius, autre, et ibi, ici (voy. y).

ALIBIFORAIN (a-li-bi-fo-rin) , s. m. Propos sans rapport avec la chose en question; défaite. N'avoir à la bouche que des alibiforains. || Vieilli.

— REM. On écrivait autrefois en deux mots, alibi forain. Un matou qui m'écrit sur les reins Lts griffes et des dents mille alibis forains , Régnier , Sot. xi.

— HIST. xv» s. Les femmes sont coutumieres d'en user pour trouver les échappatoires et alibis forains, louis xi, A'oui'. c.

ALI

— ÉTYM. Alibi, ailleurs (voy. alibi), et forain, étranger (voy. forain).

ALIBILE (a-li-bi-1'), adj. Terme de médecine. Qui est propre à nourrir. En physiologie, on entend par substance alibile la portion du chyme destinée à notre nutrition , celle qui se convertit en notre substance.

— SYN. alibile, alimentaire. Substance alibile diffère de substance alimentaire; car les substances alimentaires ou les aliments contiennent, outre la partie alibile, une substance non alibile ou excrémentitielle.

— ÉTYM. Alibilis, de alere, nourrir (voy. aliment).

f ALIBILITÉ (a-li-bi-li-té) , s. f. Terme de physiologie. Qualité qu'a un aliment de renfermer plus ou moins de substances alibiles.

— ÉTYM. Alibile.

ALIBORON (a-li-bo-ron) , *. m. || i* Maître aliboron, l'âne. Arrive un troisième larron Qui saisit maître aliboron, la font. Fab. i, 43. || 2" Homme ignorant et stupide. C'est un maître aliboron.

— hist. xiii' s. Et herbes i trova assez Dont li rois sera respassez ; Aliboron [sorte d'herbe] i a trové Que plusors genz ont esprové, Ren. 19309. || xv* s. Se je fusse roi ou régent, Ou un grant maistre aliboron , Chascun ostast son chaperon , Mr. de Sic Geneviève. || xvi* s. Burce point nous despeschasmes ce maistre aliborum du Fay, justement trompeur et trompé, d'aub. Conf. n, 3. Qu'il vienne de là les monts quelque messer qui se vante d'estre un maistre aliboron en tout et guérir de toutes maladies, poissenot, l'Esté, f. HO, verso.

— ÉTYM. Mot d'origine douteuse. Dans le procès d'Egidius de Rays (1440), cité par Du Cange, aliborum est dit signifier le diable ; et dans la dernière édition de Du Cange on propose l'étymologie allemande allboran, de ait, vieux, et de boran, ennemi, le vieil ennemi. Aliboron, on le voit à l'historique, a signifié aussi une plante. Ménage adopte l'opinion de Huet , qui regarde aliborum comme le génitif de alibi, pensant que maître aliborum a été dit premièrement d'un homme fécond et subtil à trouver des alibi. On fait venir aussi ce mot de art", va, et bourou, baudet (voy. bourrique). Cette dernière étymologie ne peut se concilier avec aliboron, plante, et avec le sens primitif qui est, personnage de conséquence.

f ALIBOUFIER (a-li-bou-flé), s. m. Terme de botanique. Nom vulgaire du styrax officinal, arbre qui fournit le baume appelé styrax.

t ALICATE (a-li-ka-t), s.f. Sorte de pince dont se servent les émailleurs à la lampe.

f ALICUON (a-li-chon) , s. m. Planche de bois sur laquelle l'eau tombe pour faire tourner une roue de moulin.

t ALICONDE (a-li-kon-d'),«. m. Arbre de Nigritie , dont on file l'écorce.

ALIDADE (a-li-da-d') , s. f. || 1° Règle de bois ou de métal munie d'une pinnule a chaque extrémité, et servant à tracer, sur un instrument appelé planchette, les lignes déterminant la direction des objets visés à travers les pinnules. || 2" Règle mobile qui, tournant autour d'un cercle divisé en degrés, sert à mesurer les angles ; celle-ci est munie d'un vernier et porte également des pinnules ou une lunette.

— étym. Bas-lat. alidada, alhidada, de l'arabe al, le,etidad, computation.

t ALIÉNABILITÊ (a-li-é-na-bi-li-té), ». f. Qualité de ce qui est aliénable.

ALIÉNABLE (a-li-é-na-bl') , adj. Qui peut être aliéné. Domaine aliénable. Les majorats n'étaient pas aliénables. || Il se place toujours après le substantif.

t AL1ÉNATAIRE (a-lié-na-tê-r'), s. m. et /'.Celui, celle en faveur de qui on aliène.

t ALIÉNATEUR, TRICE (a-li-é-na-teur, tri-se), s. m. et f. Celui ou celle qui aliène.

ALIÉNATION (a-li-é-na-sion) , s. f. || 1" Vente, transport d'une propriété , d'un fonds. || 2° Fig. Aliénation des esprits, aversion que des personnes ont les unes pour les autres. Combien par là ne voit-on pas de mérites qui , par l'aliénation des cœurs ou par la contrariété des intérêts, bien loin d'activer la bienveillance et l'amour, excitent plutôt la jalousie et la haine, bourd. Avent, 13. Des commandements qui, pouvant être exécutés à l'instant même , auraient créé dans la France un déplorable état de choses, mis l'aliénation à la place de la confiance , et fait avorter toutes vos intentions généreuses, mirab. Collection, t. i, p. 327, ô corps mortel avec lequel je ne puis avoir

AU

ni guerre ni paix, parce qu'à chaque moment il faut s'accorder, et à chaque moment il faut rompre! Ô inconcevable union, et aliénation non moins surprenante I boss. Pensées chrét. 37. || 3" Aliénation d'esprit, aliénation mentale, égarement d'esprit, folie. J'ai vu en elle de l'aliénation d'esprit, mol. l'Am. méd. in, 6. C'était une aliénation de sens, une maladie surnaturelle, balz. Socrate dise. 8. || Absolument. Folie. On a dit que la co 1ère est une courte aliénation.

— hist. xm" s. Li rois, par ceste establison, jugea que les aliénations des clers fêtes des fiez [fiefs] sanz la volenté le roi, fussent nules, Liv.de just. 44.

|| xvi* s. Combien qu'ils aient une fois conféré ensemble, néanmoins il y avoit telle aliénation, qu'ils s'en retournèrent sans aucun accord, calvin, Inst. 208. Excusant sa confession sur l'aliénation de son esprit, causée par le vin, yver, p. 566. Aliénation d'esprit, syncopes.... paré, viii, 23. Ces hargnes et riottes engendrent de grandes aliénations de voulentez entre les personnes, amyot, P. Aim. 7 Ptolomaeus adonc revenant comme d'une pasmoison ou d'une aliénation d'entendement en son bon sens.... m. C. d'UU'q. 47.

— ÊTYM.Provenç. alienatio ; de alienationem , de alienare, aliéner.

ALIÉNÉ, ÊE (a-li-é-né, née), part, passé. || 1° Dont la propriété a été transférée. Bien aliéné. Terre aliénée. || 2" Séparé. C'est déjà un scandale qu'un pasteur soit aliéné de ses brebis; mais c'est une profanation et le comble du désordre qu'il s'autorise là-dessus à leur refuser les saints mystères, mass. Confér. Amour despast. || 3° Eloigné, enparlant des esprits. Cœurs aliénés. Combien voyons-nous de chrétiens aliénés de la vie de Dieu! fên. t. xvn, p. 328. Les soucis ou les espérances le tenaient toujours aliéné, vauven. Clénn, Yar. || 4° Rendu fou. Il a l'esprit aliéné. Il est aliéné d'esprit. Il est aliéné. Canillac trouve le duc d'Orléans versant des larmes, aliéné par le désespoir, volt. Louis XIV, 27. Ahl seigneur, pardonnez À mes sens éperdus, d'horreur aliénés, id. Guèbres, u, 7. || 6" S. m. et f. Un aliéné, une aliénée, un fou, une folle. L'hôpital des aliénés.

ALIÉNER (a-li-é-né. La syllabe en prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette, il aliène, excepté au futur et au conditionnel, il aliénera) , v. a. || 1° Transférer à un autre unepropriété. Aliéner son bien, son revenu. Dieu, quoiqu'il vous en ait laissé l'usage [des biens ecclésiastiques], n'en a aliéné ni le fonds , ni la propriété , puisqu'il peut vous les ôterpar la mort, par l'injustice des hommes.... mass. Usagedcsbiens ccclés. || Fig. Il ne vous est pas permis d'aliéner un pareil soin, i. 3. rouss. i, 4 7. || 2" Fig. Rendre hostile. Par là il aliéna les esprits des peuples, boss. Hist. I, 44. Je choquerai le maître qui m'emploie ; j'aliénerai de moi le protecteur qui m'a placé, bourd. Pensées, 1. 1, p. 48. Par ses fureurs déplacées, elle aliène l'esprit de son fils.... dider. Ess. sur. Claude.

s'aliéner, v. réfl. || 1° Être aliéné, vendu. Cette terre ne peut s'aliéner. Si un homme peut légitimement s'aliéner à un autre, J. J. rouss. Ém. v. Il n'est pas permis de s'aliéner à des princes auxquels on ne doit rien, id. Hél. l, 34. || 2" S'aliéner, se séparer. Toute société partielle s'aliène de la grande, J. J. rouss. Ém. 1. 1| 3° S'abstraire. Je sais aussi m'aliéner, talent sans lequel on ne fait rien qui vaille, dider. LelVr. à Mme Riccoboni. || 4° Tourner à la folie. Son esprit s'aliène. Cet homme s'est aliéné tout à coup.

— hist. xin* s. Bourgois ne puet pas aliéner la chose de la commune sanz le commandement le roi, Liv. de just. 47. Et se le clamant dit que.... fié ne se peut vendre ne aliéner, que par l'assise des ventes ou par partie de servise.... Ass. dej. 63. Chascun peut le sien doner et aliéner par sa volenté, «6. i, 183. || xiv s. Et se leur tristece est alegée ou aliénée pour l'une cause ou pour l'autre, nous n'en diron plus à présent, oresme, Eth. 289. Laquelle chose eust le pueple aliéné en celui temps très périlleux, BERCHEURE,f. 38, recto. |[xv* s. Le chevalier s'excusa et dit que l'héritage du roi d'Angleterre , il ne pouvoit vendre , donner ni aliéner que il ne fust trahistre, froiss. ii, m, 10. ||xvrs. Ils vous diront que vostre doux langage Les cœurs bumains aliène et engage, st-gel. 32.... Et si du tout aliénés vous n'estes Par nos deffauts de nous et nos requestes,... id. 217. 11 approuva seulement les donations qui ne seraient point procedées de sens aliéné par quelque griefve maladie, amyot, Solon, 40. Ilz se partirent l'un d'avec l'autre, encore plus aliénez qu'ilz n'estaient auparavant, id. Lucul 72.

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Avec puissance de vendre et aliéner ce qui appartenoitàla chose publique, amyot, Cicéron, 14. Caesar, qui plus est, aliéna fort Pompeius de luy [Cicéron] , id. ib. 39. Et ne faut point s'estonner si ce malheureux print plaisir à souiller cette chair aliénée [privée] de sentiments, yver, p. 56). Ce qui lors fut jugé aliéné [bien éloigné] des protestations qu'ils avoient faites, de ne prendre autre chose que la manutention de ladite religion, d'aub. Hist. m, 33). Les susdits humeurs se convertissent en diverses et aliénées substances, qui ne ressemblent en rien aux humeurs, mais à plusieurs choses estranges, paré, v, 4. Vous ne lui devenez pas aliéner ses biens, palsgr. p. 420. Vous avés aliéné ce jeune homme de vous à tort et sans cause, id. ib.

— ÊTYM. Alienare, de alienus, de alius, autre; provenç. alienar.

t ALIÉNISTE (a-li-é-ni-sf) , s. m. Médecinde fous.

— ÉTYM. Aliéné.

t ALIFÈRE (a-li-fê-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Oui porte des ailes.

— ÊTYM. Ala, aile, et ferre, porter.

t ALIFORME (a-li-for-m'), adj. Termetechnique. Qui est en forme d'aile.

— êtym. Ala(\oy. aile), et forma , forme (voy. forme).

ALIGNÉ, ÊE (a-li-gné, gnée), part, passé. Arbres alignés. Les soldats restèrent alignés. Les palmiers paraissaient alignés sur la rive, comme ces avenues dont les châteaux de France sont décorés, chateaub. Itin. 6* partie.

ALIGNEMENT (a-li-gne-man), s. m. || 1° Arrangement sur une ligne droite. Pas une pierre ne pousse hors de son alignement , balz. le Prince, ch. ) 4. Je me suis mise dans la rosée jusqu'à mijambe pour prendre des alignements, sév. 94. || 2" Direction donnée pour une rue par la voirie. Rues sans alignement. Cette maison n'est pas dans l'alignement. || 3° L'action d'aligner, en parlant de soldats. Après chaque mouvement, on rectifie l'alignement. || Alignement! Terme de commandement militaire pour régulariser l'alignement. || 4" En termes de comptabilité militaire, nivellement d'une allocation et d'une dépense de corps ; équilibre du doit et avoir. || 5* Terme d'antiquités. Rangée de pierres brutes élevées par les Druides.

— HIST. xvi" s. Les os sont joints par allignement, que l'on dit harmonie, quand les os opposés et appariés vis à vis- et teste à teste l'un de l'autre, sont joints par le moyen d'une seule ligne, paré, iv, 43. Afin qu'en nos vergiers rien ne défaille, diversement les ordonnerons, c'est àsçavoir, et en alignement et en confusion , o. de serres, 663.

— ÊTYM. Aligner ; provenç. alignamcn. On a écrit souvent dans le xvn* siècle allignement.

ALIGNER (a-li-gné et non ali-nié, prononciation vicieuse de quelques-uns), v. a. || 1° Ranger sur une ligne droite. Aligner des maisons. Nous alignons chaque pièce à la règle, 1. 1. rouss. Ém. v. || 2° Disposer en ligne droite. On alignera successivement les rues. Aligner les troupes. || 3° Fig. Aligner ses phrases, ses mots, écrire, parler avec recherche et prétention. || 4" En termes de vénerie, couvrir, en parlant du loup. Un loup aligne une louve. 1 1 5° Terme de marine. Dans les constructions navales, disposer certaines parties suivant une ligne droite ou courbe , selon les circonstances. || 6° S'aligner, v. réfl. Se ranger sur une même ligne. || 7° Populairement. S'aligner, se battre en duel.

— HIST. xii* s. Si font les mençonges rimer Et les parolesalinier, flomondu //en, éd. fr. miciiel,p. 48. || xin' s. Lors commença en [on commença] à aliner les nés et les galies por movoir, villeh, xxxiv. Tybertli chaz, n'en dotez mie, Sera o vous par compagnie, Et Ysengrin et sa mesnie Qui moult est bêle et alignie, lien. 26322. Si ot [Beauté] le vis [visage] cler et alis, Et fu greslete et alignie , la Rose, )007. || xiv* s. Droit qui tout adresse et aligne, Et qui ne fait riens fors à ligne.... bruyant dans Mémgier, t. n, p. 28. || xvi* s. Et prenoit luy-mesme la peine de faire planter les paux, aligner le cordeau, niveler, etc. carl. I, 31. Qu'il s'esbahissoit qu'il n'avoit encores mis en l'allignement de ses fortifications, avec la haute et la basse ville et les fauxbourgs, toute la banlieue ; qu'il faudrait plus de dix mille hommes pour garder tout ce qui estoit alligné et où ilavoit fait planter les paux, id. v, 4. n commencea à faire aligner et tirer le cordeau pour la citadelle, U>. VI, 41.

—ÊTYM. À et ligne (voy. ce mot) ; provenç. alinhar; espagn. alinar.

t ALIGNETTE (a-li-gnè-f) , s. f. Terme de pêche.Baguettc avec laquelle on embroche les harengs à saurer.

AU

f ALIGNOIR (a-li-gnoir), s. m. Instrument qui I sert à fendre les blocs d'ardoise.

t ALIGNOLE (a-li-gno-1'), s. m. Terme de marine. Filet employé par les pécheurs de la Méditerranée.

ALIMENT (a-li-man), s. m. || 1" Ce qui nourrit. Dans le langage de la physiologie, aliment est un terme générique qui sert à désigner toutes les matières, quelle qu'en soit la nature, qui servent habituellement ou peuvent servir à la nutrition. Au point de vue des besoins qu'Us satisfont, les aliments sont divisés en boissons, condiments ou assaisonnements, et aliments proprement dits , composés surtout de principes d'origine végétale ou animale. L'intempérance des hommes change en poisons mortels les aliments destinés à conserver la vie, fén. Tél. xvn. Si l'on considère combien est lente et insensible l'insinuation de l'aliment dans les parties qui le reçoivent.... boss. Conn. m, ». || 2° Au plur. Terme de jurisprudence. Les frais de nourriture et d'entretien d'une personne. Il fallait prendre une autre femme pourvu qu'on fournît les aliments à la première, boss. Déf. || 3" Action de nourrir. Des biens destinés à l'aliment des pauvres. || Peu usité en ce sens. || 4* Fig. Le bois est l'aliment du feu. Les sciences sont l'aliment de l'esprit. Je trouverai partout l'aliment de ma haine, volt. Triumv. n, t. || 5* En termes de dévotion. Divin et salutaire aliment [l'eucharistie] , où nous participons par la communion, bourd. Pensées, t. i, p. 3)3. L'aliment de votre âme le plus salutaire, c'est le sacrement de Jésus-Christ, id. ib. p. 319.

— SYN. aliment, nourriture. Ce qui distingue ces deux mots, c'est que aliment désigne un objet, et nourriture, une action. L'aliment est la matière qu'on introduit dans le corps pour le nourrir; la nourriture est l'action de nourrir. A ce point de vue , l'aliment sert à la nourriture ou, comme on dit en langage physiologique, à la nutrition. Mais quand ensuite le langage dépouille nourriture de son sens propre, il devient synonyme d'aliment : les aliments du paysan ou la nourriture du paysan ; on lui donne des aliments abondants ou une nourriture abondante; le bœuf est une nourriture substantielle ou un aliment substantiel.

— hist. xvi* s. Les poursuites de l'esprit humain sont sans terme; son aliment est doubte, ambiguïté, charron, Sagesse, i, )6.

— ÊTYM. Alimenlum, de alere, nourrir. Mots congénères, àXOetv, faire croître; gothique, alds, qui a crû, âgé; celtique, ait, nourriture, allruim, nourrir. Aliment est un mot nouveau; dans les hauts siècles, au lieu d'aliment, on disait viande, qui signifiait tout ce qui sert à entretenir la vie , à nourrir.

ALIMENTAIRE (a-li-man-tê-r') , adj. || 1" Qui a rapport à l'alimentation. Substances alimentaires. Principes alimentaires, || 2° En termes de physiologie, régime alimentaire, régime que l'on suit quant à la nourriture. Bol alimentaire, la masse qu'on avale après l'avoir mâchée et réduite en bol. Canal ou conduit alimentaire, le canal digestif. || 3° Terme de jurisprudence. Pension alimentaire, somme fixée par autorité de justice pour frais de nourriture et d'entretien. Provision alimentaire , somme attribuée par les juges à l'une des parties jusqu'à la fin d'un procès. || Se place toujours après le substantif.

— ÊTYM. Alimenlarius, de alimentum (voy. aliment).

ALIMENTATION (a-li-man -ta-sion), s. f. || i° Action de nourrir, de se nourrir. Pour que l'alimentation soit suffisante, il faut qu'elle fournisse une quantité de principes assimilés égale à la quantité des principes désassimilés, ou, si l'individu croît encore, qu'elle soit en rapport avec les conditions de développement des jeunes sujets. || 2° Terme de physique. Alimentation des chaudières à vapeur, renouvellement de l'eau.

—ÊTYM. Alimenter.

ALIMENTÉ, ÉE (a-li-man-té, tée), part, passé. Des populations alimentées insuffisamment deviennent malades et dépérissent. Des haines alimentées par l'opposition des intérêts.

ALIMENTER (a-li-man-té), v. a.\\l° Nourrir, fournir des aliments. Les provinces alimentent Paris. || 2° Fig. Ces matières alimentaient l'incendie. Des sources qui ne tarissent pas alimentent ce ruisseau. Ce qui alimentait la rivalité de Rome et de Carthage.

— HIST. xiv* s. Il est tout vray et sans mentir, Ne sans vérité divertir, Que toute chose elementée Est d'elemens alimentée, l'Alch. à nat. 734,

— ÊTYM. Aliment.

AU

ALIMENTEUX, EUSK (a-li-man-teû , teû-z'), adj. Terme de médecine. Qui a des propriétés nutritives. Sucs, médicaments alimenteux.

— HIST. xw s. Les remèdes propres aux ulcères de l'estomach doivent estre médicamenteux et alimenteux, PARÉ, XI, 18.

— ÊTYM. Aliment.

t ALIMENT1VITÉ (a-li-man-ti-vi-té) , t. f. Nom donné par les phrénologues à l'instinct qui porte l'animal à prendre de la nourriture.

t ALIMOCHE (a-li-mo-clO , s. m. Terme de zoologie. Un des noms du vautour perenoptère.

ALINÉA(a-li-né-a). || l'toc. adv. A la ligne. En dictant, on disait autrefois alinéa pour indiquer qu'il faut quitter la ligne pour en commencer une autre. En ce sens, l'Académie aurait dû écrire a linéa. || 2" S. m. Ligne nouvelle dont le premier mot rentre sur les autres lignes. || 3" Par extension, passage compris entre deux alinéa. J'ai indiqué au crayon quelques alinéa remarquables.

— REM. L'Académie écrit des alinéa. Mais il serait mieux qu'elle fit rentrer ce mot dans la règle commune, et qu'elle dit des alinéas, comme elle dit des sophas, des opéras.

— êtym. A, ab, de, et linea, ligne (voy. ligne). t ALINETTE (a-li-né-f), *. f. Le même que ali-

gnette.

t ALIPÈDES (a-li-pè-d'), *. m. plur. Terme de zoologie. Voy. chiroptères.

— ÊTYM. Ala, aile, et pes, pied.

t ALIPTIQUE (a-li-pti-k'), s. f. Art d'appliquer des onctions pour l'entretien de la santé et le traitement des maladies.

— ÊTYM. 'AXeiitTixri , de àXeiçeiv, oindre.

ALIQUANTE(a-li-kan-t'), adj. Terme de mathématiques usité seulement dans cette locution : Partie aliquante, partie qui n'est pas exactement contenue dans un tout. Deui est une partie aliquante de trois.

— ÊTYM. Aliquantus, composé de ait pouroîiui, autre (voy. autre), et de quantus, combien grand, c'est-à-dire d'une certaine grandeur. Aliquantus, dans l'ancien français, avait donné 2t auquant, qui signifiait quelques-uns.

ALIQCOTE (a-li-ko-f). || 1° Adj. Terme de mathématiques. Se dit des parties contenues un certain nombre de fois et exactement dans un tout. Deux, trois, quatre, six, sont des parties aliquotes de douze. || 2° S. f. A des aliquotes précises, il substitue des aliquotes par appréciation, j. j. rouss. Ém. H. || 3° Sedit, en musique, des parties égales en lesquelles se divise spontanément une corde pour produire , avec le son principal, les sons secondaires ou concomitants qu'on nomme ses harmoniques. Cette dix-septième est produite par uT.L aliquote de la corde entière, savoir la cinquième partie, J. J. rouss. Dict. de mus. au mot Dix-septième.

— ÊTYM. Aliquot, de ali pour alius, autre (voy. autre), et de quot, combien (voy. quote-part), c'est-à-dire un certain nombre.

ALISE (a-li-z'), s. f. Fruit d» l'alisier. L'alise est un peu astringente.

— REM. Les botanistes écrivent alise; l'Académie écrit alizé.

— HIST. m» s. U ne valt pas la moitié d'une alie, Ronc. p. 174. Je te defien toute ma manantie, Jà n'i prendras vaillissant une alie, Raoul de C. 75. || xiv* s. Car il vouloit donner journée À Charles et prenre mellée; Car bien veoit que courtoisie n'y valoit vaillant une allie, le Livre du bon Jehan,

— ÊTYM. Berry, alis; espagn. aliso, aune; baslat. alierius, alisier, alîaarix , aliguerium , lieu planté d'alisiers; sans doute de l'allemand eh ou else, alisier et aune; anc. haut-allem. eliia.

ALISIER (a-li-zié), J. m. Arbre de la famille des rosacées; il croît naturellement dans les bois, et produit des fruits appelés alises.

— REM. Les botanistes écrivent alisier ; l'Académie écrit alizier.

— HIST. xii' s. Baron, dist Wedes, nobile chevalier, Hons sans mesure ne vaut un alier, Raoul de C. 83. || xra* s. Fuz qui soient bon et loial à fere leur mestier, c'est à savoir de fin cuer de chaisne sapz aube, de perier, d'alier et d'érable, Liv. des Met. )03. Benus [ébène], plantoine, n'alyer, Ente nule ne boins figiers, FI. et SI. 2024. || xvi' s. Les aliziers ou mycacouliers, coudriers, meuriers....o. de

— ÊTYM. Génev. alier, comme dans l'ancien français.

ALITÉ, ÊE(a-li-té, tée), part, passé. Couché dan» le lit. Le malade est alité depuis hier.

ALK

ALITER (a-li-té), v. a. || 1" Forcer à se mettre au lit. Il n'y a qu'une grande maladie qui puisse l'aliter. || 2° En termes de pêche, aliter des sardines, les arranger par lits. || 3° S'aliter, v. réfl. Se mettre au lit. Il a été contraint de s'aliter.

— SYN. s'aliter, se mettre au lit. Se mettre au lit est plus général ; on se met au lit pour se coucher ; les élèvos se mettent au lit à neuf heures dans ce collège; on se met aussi au lit pour cause de maladie; la fièvre le prit, il se mit au lit, et ne se releva plus. S'aliter, c'est, exclusivement, se coucher parce qu'on se sent malade, parce qu'on ne peut plus se tenir debout.

— HIST. xjii' s. Bien la [la maladie] porta une quinzaine Li bers, ains qu'il s'en alitast, {'/^cou/le. Cis maus m'a si alité Que la mort est au degré, Qui medefie, Ilist. litl.l. xxm, 680. Ainsqu'il soient en lorpechiés morteus Alité.... mâtzner,p. 67. || XV s. Une maladie le prit sur le chemin , dont il le convint aliter et mourir, froiss. i, i, U7. || xvi* s. Deux mois avant que mourir, elle s'allita pour cause d'une fièvre continue, paré, v, 49.

— ÊTYM. À et lit.

t ALITRONC (a-li-tron) , s. m. Terme de zoologie. La partie postérieure du tronc des insectes sur laquelle les ailes sont placées.

— ÊTYM. Ala, aile, et truncus, tronc.

t ALITURGIQIJE (a-li-tur-gi-k'), adj. En liturgie , se dit des jours qui n'ont point d'office particulier.

— ÊTYM. A privatif et liturgie.

t ALIVRER (a-li-vré) , v. a. Terme de commerce. Diviser par poids d'une livre.

f ALIZARI (a-li-za-ri), s. m. Nom commercial de la racine de garance.

t ALIZARINE (a-li-za-ri-n'), s. f. Principe colorant que la chimie retire de la garance , en lui faisant subir divers traitements.

— ÊTYM. Alixari.

ALIZE, s. f. Voy. alisb.

ALIZÉ (a-li-zé), adj. m. Vents alizés, vents qui soufflent généralement entre les tropiques, de l'est à l'ouest. Ils se servirent des moussons et des vents alizés qui étaient une espèce de boussole pour eux , montesq. Esp. xxi, 9. Sur le soir, la pluie cessa, le vent alizé du sud-est reprit son cours ordinaire, bern. de st-pierre, Paul et Virg. Pour l'observateur qui se croit immobile, l'air parait souffler dans un sens opposé à celui de la rotation de la terre, c'est-à-dire d'orient en occident, c'est en effet la direction des vents alizés, la place, Exp.

— ÊTYM. Espagn. alisios. On a fait venir ce mot de l'italien alito, souffle, étymologie bien peu probable ; car il faudrait que les Espagnols et les Français eussent pris à l'italien alito qui n'est pas dans leur langue pour en former un mot qui n'est pas dans l'italien. « Grande question, dit l'abbé de Choisy, Journal du voyage de Siam, in-4, 4 087, p. 392: L'avis le plus suivi est qu'il faudrait dire vents élisez, comme qui dirait vents electi, vents choisis.» On a cité le bas-breton avel e-leil, le vent en plein ; mais comment admettre sans document qu'un mot bas-breton a pris domicile dans l'espagnol? L'espagnol alisios fait penser à alisar qui signifie lisser, rendre uni; à l'ancien français alis, uni; par conséquent alisios, alises, seraient les vents unis, réguliers (voy. lisse). Voici des exemples de cet ancien adjectif alis: Vestue fu la dame parcointise; Moult est bêle, grêle, gente et alise, Romane. p. 9. Si ot [Beauté] le vis [visage] cler et alis, la Rose, 4008. Pain trop levé, pain aliz, Livre des Hét. ta. Atant [ils] manjuent aus dens la miche alise, Tant que chascune a sa force reprise, du cange , assista. Alizés sont les choses serrées comme le caillou, et le pain broyé auquel n'a esté donné lieu de se lever, et toutes choses qui sont si bien condensées qu'il n'y a aucuns pores apparens, pa- LISSY, 377.

ALIZIER (a-li-zié), s. m. Voy. alisier.

t ALKAEST (al-ka-èsf) , s. m. Voy. alcahest.

ALKALI (al-ka-li) et dérivés. Voy. alcali, etc.

ALKÉKENGE (al-ké-kan-j') , dit aussi alkékengêre, coqueret ou coquerelle, s. m. Plante vivace dont les baies, arrondies, d'un rouge orange, renfermées dans un calice vésiculeux très-large et rougeâtre, sont acidulés, légèrement rafraîchissantes et diurétiques. Ces baies entrent dans le sirop dit de chicorée.

— ÊTYM. Arabe, al, le, et kakendj, mot d'origine incertaine, qui est expliqué dans le dictionnaire de freytag, par mina arboris in montibus Heraticrescenlis, cui usus in medicina est.

ALL

t ALKÉKENGÈRE (al-ké-kan-jê-r'), s. f. Voy. al-

kékenge.

alkermès (al-kèr-ruès'). || 1* Adj. Confection alkermès, élixir alkermès, médicaments composés renfermant le suc du kermès animal. || 2° S. m. Se dit pour la confection et pour l'élixir. L'élixir est parfois appelé alkermès liquide, alkermès des Italiens.

— HIST. xvi* s. Des potions cordiales qui se feront de confection d'alkermes, paré, xx, 3). Graine d'alkermes, id. xxi, 2. Les sachets du cœur doivent estre faits de soye cramoisie ou sandal, parce que telles matières sont teintes en escarlate, de laquelle la graine nommée alkermès resjouit le cœur, id.

— ÊTYM. Arabe, al, le, et kirmii (voy. kermès). t ALLA BREVE (al-la brè-vé), loc. adv. C'est un

terme italien qui marque une sorte de mesure à deux temps fort vites, et qui se note néanmoins avec une ronde pour chaque temps. Cette mesure n'est en usage que dans la musique d'église.

— ÊTYM. Ital. alla brève, à la brève.

t ALLAGITE (al'-la-gi-t'),s. f. Terme de minéralogie. Variété de manganèse silicifère.

ALLAH (al-la), s. m. Nom que les Arabes donnent à Dieu.

— ÊTYM. Mot arabe signifiant Dieu, de même racine que l'hébreu al ou el, dieu.

t ALLAISE (a-lê-z') , s. f. Amas de sable qui se forme en travers des rivières.

ALLAITANT, ANTE (a-lè-tan, tan-t'), adj. Qui allaite. J'ai six brebis dont deux allaitantes.

t ALLAITE (a-lè-f), *. f. Terme de chasse. Il se dit destettes delà louve.

ALLAITÉ, ÉE(a-lè-té,tée), part, paise". || l°Nourri de lait. Un enfant allaité par sa mère. || 2° Fig. Dans l'ivresse, l'orgueil et le luxe allaité, volt. Triumv. iv, 4.

ALLAITEMENT (a-lè-te-man) , s. m. Action d'allaiter; alimentation d'un enfant par le lait.

— ÊTYM. Allaiter.

ALLAITER (a-lè-té), v. a. Nourrir de son lait.

— HIST. xii* s. Ke faites vos, signor roi, ke faites-vos? Aoreiz-vos donc un alaitant enfant en une vil bordele et envolepeit en vils dras? st-bern. p. 550. || xui" s. Et vostre filz qui mes n'alete [se nourrit de lait], Qui a en cestan esté nez, Aura, se vos si le volez, X son mengier cel veelet Qui est tendre et est de let, Tien. 8)36. Ceste l'aletade son lait; N'ot autre boulie à U pestre, laRose, 40182. Autre amor naturel i a, Que nature es bestes créa, Par quoi de lor faons chevissent, Et les aleitent et norrissent, ib. 5789. Vierge fu norrie, Vierge Dieu porta, Vierge l'aleta, Vierge fu sa vie, ruteb. h, 8. Là où la mère vuet son enfant alaitier, Ne trove ele en son pis qu'il en puisse sucier, Les ieus clôt, si se muert por le grant desirier, Ch. d'Ant. vu, 267. Quant les mères sont mortes, si crient li enfant, Sorlespis lor montoient, les mamelles querant, La mère morte alaitent [tettent] , ce fu dolor moult grant, t'6. m, 4t. Donques porroit uns enfes qui alaiteroit encore se [sa] mère, dessaisir se de son héritage, beaum. xv, 22. || xv" s. Et durant le chemin prirent plusieurs enfants allaitans leurs mères, et les jetoient sur les espines et sur les haies en les lapidant très horriblement, monstrel. liv. II, ch. 39. Ces Anglois mangeoient des raisins à foison, quand ils en pouvoient avoir, ce qui estoit chaud, doux et alaitant, froiss. ii, ni, 83.||xvr* s. Semblablement les enfans allaitans nourrices verollées en sont infectés, paré, xvi, 2. L'un Bissipat, que neuf sœurs allaicterent, marot, m, 308.

— ÊTYM. Allaclare, de al pour ad (voy. X), et lactare, donner du lait, de lac, lait (voy. ce mot).

t ALLA MILITARE (al-la-mi-li-ta-ré), loc. adv. Te me de musique. Indique le caractère des marches militaires.

— étym. Ital. alla militare, à la militaire. ALLANT, ANTE (a-lan ,lan-t'),adj. || 1° Qui aime

à aller, à courir. Elle voulut se promener; elle savait que le marquis n'était pas allant, j. j. rouss. Conf. vi. C'était [la princesse d'Harcourt] une grande et grosse créature, fort allante, couleur de soupe au lait, st-sim. 4(3, 230. || Suit toujours le substantif. || 2° S. m. Celui qui va. Usité seulement dans cette expression : Les allants et les venants. Je ne suis pas si bien ici qu'à Luynes pour causer avec toi ; une maudite auberge, des allants et venants, un vacarme d'enfer, p. l. cour. Lett. a, 97.

— hist. xii* s. Truvad le vesche Hely al entrée , kiasis iert, qu'il as alanz e asvenanz parole de salu mustrast, Rois, p. 3.

— ÊTYM. Aller.

ALL

ALLANTOÏDE (al-lan-to-ï-d'), s. f. Terme d'anatomie. L'une, des membranes qui appartiennent au fœtus de certains animaux.

— HIST. xvi* s. L'autre tunique est appelée allantoîde, et la tierce amnios, paré, i, 35.

— ÊTYM. 'AMavroeiîi);, deà/Xâ;, boudin, eteiôo:, forme (voy. idée) , parce que cette membrane a une certaine analogie avec un boudin.

t ALLANTOÏDIEN, IENNE (al-lan-to-I-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Se dit du liquide contenu dans la cavité de l'allantoïde.

— ÉTYM. Allantoîde.

fALLANTOÏNE (al-lan-to-ï-n') , s. f. Terme de physiologie. Substance neutre qui existe dans le liquide allantoïque de la vache, par l'évaporation duquel on l'obtient. Elle a été aussi appelée acide allantoïque.

t ALLANTOÏQUE (al-lan-to-i-k') , adj. Le même

que ALLANTOÏDIEN.

— ÊTYM. Allantoîde.

fALLA OTTAVA (al-la o-tta-va) , loc. adv. Terme de musique. Indique qu'un passage doit être exécuté à l'octave au-dessus ou au-dessous.

— ÊTYM. Ital. alla ottava, à l'octave.

t ALLA PALESTRINA (al-la pa-lè-stri-na), loc. adv. Terme de musique. Indique un contre-point fugué, ainsi appelé du nom du musicien célèbre qui le premier sut y mettre la majesté convenable à la musique d'église.

— ÉTYM. Ital. alla Palestrina,klà façon de Palestrina.

t ALLA POLACCA (al-la po-la-ka) , loc. adv. Terme de musique. X la polonaise, indique un mouvement à trois temps modéré et rhythmé d'une façon particulière.

— ÊTYM. Ital. alla polacca, à la polonaise.

t ALLARGUER (a-lar-gué), v. n. Terme de marine. Porter largue pour éviter un danger.

t ALLATURCA (alla tour-ka), loc. adv. Terme de musique. Rondeau alla turca.

— ÉYM. Ital. alla turca, à la turque.

fALLA ZOPPA (al-la zop-pa), loc. adv. Terme do musique, qui indique un mouvement contraint et syncopant entre deux temps, sans syncoper entre deux mesures , ce qui donne aux notes une marche inégale et comme boiteuse.

— ÉTYM. Ital. alla zoppa, à la boiteuse. ALLÉ,ÉE (a-lé, lée), part, passé. Monti , allé à

Madrid pour le plaisir de le voir [Albèroni] , revêtu do la pourpre, eut peine à voir le roi et la reine d'Espagne, st-sim. 478, 464. Maulevrieralléen Espagne, comme un malade aux eaux, demeure à Madrid,

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