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— REM. Des grammairiens disent que allé ne peut pas s'employer sans son auxiliaire. Cela est en effet peu usité; mais il n'y a aucune raison pour ne pas s'en servir comme de descendu, de sorti, ainsi qu'a fait Saint-Simon.
f ALLÉCHANT, ANTE (a-Ié-chan, chan-t'), adj. Le plaisir alléchant d'un bon dîner.
ALLÉCHÉ, ÉE (a-lé-ché, chée), part, passé. Attiré. Maître renard par l'odeur alléché, la pont. Fabl. i, 2. L'un alléché d'espoir de gagner vingt pour cent, Régnier, Sat.xiv.
ALLÈCHEMENT(a-lè-che-man), *. m. || 1" Moyen par lequel on allèche. Par offres, par conseils ou par allèchements, rotrou, S. Gen. m, o. ||2° En termes de graveur, se dit de la beauté et de la netteté du burin, et du soin qui paraît avoir été pris à le conduire.
— HIST. xiv s. Les alechemens que fesoient li tribun pour celle folle largicion, bercheure, f° 42, verso. || xvi* s. Nous renonçons aux allechemens et délices présentes pour.... calv. Instit. 79t. Par l'importunité et allichement de deux grandes promesses, carl. m, 4. Les allèchements du plaisir, amyot, Comment il faut lire les poêles, 3.
— ÊTYM. Allécher.
ALLECHER (a-lé-ché ; la syllabe lé prendl'accent grave, quand suit une syllabe muette : j'allèche, excepté auxfut. et cond.),t).o. || 1° Attirer par quelque appât. Les noix allèchent les souris. || 2° Fig. Attirer, séduire. On l'avait alléché par la promesse d'une grande place.
— HIST. xiii* s. De cuer trestuit devons haïr mortel pechié, Dont moult de gens, c'est duel [deuil], sunt sovent entechié; par droite accoustumance i sunt s' alechié, Que Dieu veoir ne pueent.... J. de meung. T'est. 4 640. || xvi" s. Ce n'a pas esté son appétit inférieur seulement, ou sensualité, qui l'a alléché à mal, calv. Inst. 477. Les pescheurs usent d'appast puants pour allicher les poissons, paré, Mumie, 8. Puis donne voile, et sans plus t'alleoher [te laisser
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aller aux plaisirs], Va-t-en ailleurs ta fortune chercher, rons. «33. Tout le reste de la multitude alléché du gaing qu'ilz faisoient, amyot, Sylla, 66.
— ÉTYM. Berry, allicher; ital. allettare; du latin alleclare, aeallicere, attirer, de ad, vers, et de Ucere pour lacère, prendre, attirer. Lacère est le radical de laqueus, lacs (voy. ce mot). On aurait pu croire que allécher venait de lécher; mais la comparaison avec l'italien et le latin montre qu'il s'agit ici du verbe alleclare.
ALLÉE (a-lée), s. f.\\ 1* L'action d'aller. Pour aller à cette chapelle, il faut toujours monter; l'allée est très-rude, le retour est facile. || Familièrement, au plur. Allées et venues, courses, démarches. 11 perd son temps en allées et venues. || Fig. La nature de l'homme n'est pas d'aller toujours ; elle a ses allées et ses venues, pasc. édit.Cous. || 2* Passage étroit entre deux murs, conduisant du dehors dans l'intérieur d'une maison. J'entre dans une allée pour échapper aux spectateurs, ». J. rouss. Hél. i, 24. H 3° Voie entre deux rangs d'arbres. Aristote choisit dans le Lycée un lieu où il y avait de belles allées d'arbres, fén. Philos. Arist. Je l'ai trouvé, seigneur, au bout de cette allée, Où la clarté du ciel semble toujours voilée , corn. Rodog. v, 4. C'est lui qui a inventé les machines à transporter de gros arbres tout entiers sans les endommager, de sorte que, du jour au lendemain, Marly changeait de face, et était orné de longues allées arrivées delà veille, fonten. Sébastien. || Proverbe. 11 lui adonné l'allée et le venir; il lui a donné un soufflet sur l'une et l'autre joue. Tiens, fat, voilà l'allée et le venir, scarr. Rom. corn.
— hist. xiii* s. Et en poi de tans furent ces nouvelles si espandues que c'estoit mervelles; et i avoit moult grant alée, Chr. de Rains, 4 69. Il est drois que toutes tes voies, Et tes alées et ti tour Soient tuit adès là entour, la Rose, 2397. L'alée i estoit si périlleuse, car le lieu là où nous devions aler estoit le perilleus, joinv. 276. Et lors demanda le roy à ses frères et aus autres barons et au conte de Flandres, quel conseil il li donroientde s'alée ou de sa demourée, id. 255. Seigneur, fist-il, je vous merci moult à tous ceulz qui m'ont loé [conseillé] m'alée en France, id. 256. ||xv* s. Et ne sembloit pas que il y cust allée [chemin] dedans terre, froiss. n, m, ïs. Ces allées ne plaisoient pas à tous, comm. i, 42. Et incontinent qu'il eut dit le mot après plusieurs allées et venues.... id. ii, 4. Tousjours avoit allées et venues des François aux Anglois et aussi des Anglois aux François, juvén. Charles VI, 4 389. Et fut appelée celle allée le voyage de l'escluse, Bouciq. i,ch. 4 3. || xvi* s. Elle estoit aussi ennuyée du retour de son mari qu'elle avoit esté de son allée, marg. Nouv. in. Quand il fut au bout de l'allée [du jardin], où nul ne les pouvoit voir, m. ibid. De belles allées couvertes, amyot, Cimon, 24.
— ÉTYM. Allé ; bourguig. aullée. Du Cange a dit, et après lui on a répété que l'allée, anciennement l'alée, était une faute de prononciation pour la lée (lée signifiait une voie dans une forêt), faute qui s'est impatronisée dans le langage : mais cela n'est pas admissible. Allée dans le sens de chemin se trouve déjà dans des textes du xm* et du xiv* siècle, époques auxquelles une pareille confusion ne se conçoit pas encore. On a dit allée pour action de cheminer, comme on dit sortie pour action de sortir ; de là, par une métonymie, le lieu où l'on chemine, l'allée.
ALLÉGATION (al-lé-ga-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Citation d'une autorité , d'un passage, d'un fait. L'allégation des passages de Cicéron qui prouvent que.... || 2° Proposition avancée, assertion. Détruire , prouver, réfuter une allégation.
— HIST. xm* s. Nous renonçons à toutes autres exceptions, allégations et barres, Bib. des Chartes, *' série, t. H, p. 4467. || xtv* s. Constitucions, allegacions, proposicions par lesquelles il pourrait estre sur ce empeschiez, ib. i' série, t. m, p. 426. Doncques par les raisons dessus dites et par autres raisons et allegacions, il sembleroit à aucuns que.... oresme, Eth. 4 62. ]| xvi* s. Cette allégation n'est point du tout fausse, calv. Inst. 767. Et qu'ils ne pensent me baltre d'authorité, de multitude d'allégations d'autrui.... charron, Sagesse, Préface.
— ÉTYM. Allegationem, de allegare (voy. alléguer).
ALLÈGE (a-lè-j1. Bien que l'Académie mette un accent aigu sur ce mot, on le prononce comme s'il y avait un accent grave), s. f.\\ 1° Embarcation qui suit un bâtiment pour le décharger ou le charger. Il se trouva 198 vaisseaux de guerre en comptant les
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allèges, volt. Louis XIV, 29. || 2° En termes d'architecture, mur d'appui d'une fenêtre, moins épais que l'embrasure. || 8° Terme de marine. Chameau ou sorte de machine au moyen de laquelle on soulève un vaisseau. || 4* En termes de chemin de fer, chariot d'approvisionnement qui porte l'eau et le charbon.
— ÉTYM. Bas-lat. allegium (voy. alléger). On a dit dans le xm* s. alevioire. Et toutes alevioires sont quites [de péage] , ù ke li grans neif soit u amont ou aval, tailliar, Recueil, p. 484.
ALLÉGÉ, ÉE (a-lé-jé, jée), part, passé. Le fardeau ayant été allégé. L'homme allégé de son fardeau. Une douleur allégée. C'est bien, je le confesse, une justecoutume, Que le cœur affligé, Par le canal des yeux vidant son amertume, Cherche d'être allégé, malh. d Duperrier.
t ALLÉGEABLE (a-lé-ja-bl') , adj. Qui peut être allégé. Une douleur allégeable.
— hist. xvi* s. Seulement tu peux bien par tes vers recevoir X ta playe amoureuse un secours allégeable [qui allège] , rons. 4 78.
— êtym. Alléger.
4. ALLÉGEANCE (a-lé-jan-s') ,s. f. Faculté de consoler, d'alléger; adoucissement, consolation. Porte à ses déplaisirs cette faible allégeance, corn. Pomp. v. 4. Enfin mon père est mort; j'en demande vengeance Plus pour votre intérêt que pour mon allégeance, id. Cid, n, 9. Et quand ses déplaisirs auront quelque allégeance.... mol. L'Étour. n, 4. || N'est guère usité qu'en poésie.
— SYN. allégeance, allégement. Il y a entre ces deux mots la nuance, que allégeance indique l'action d'alléger, et allégement l'accomplissement de l'action d'alléger ; comme la résonnance d'une voûte est l'acte ou le mouvement par lequel elle résonne , et le résonnement est le son qu'elle rend.
— HIST. xn* s. Car li reis li dut rendre par fine covenance Quanqu'il ot pris del suen e des suens à vaillance ; Ne l'en volt sainz Thomas faire nule alegeance, TU. le Mart. * 1 9. || xm» s. Au revenir [je] plains et souspire, Car ma dolor croist et empire, Si que ge n'ai mes espérance De garison ne d'alejance, la Rose, 4844. Cil Dame Diex qui le fist nestre Li doinst chevance, Et li en voit sa soustenance, Et me doinst encore alejance Qu'aidier li puisse.... ruteb. 4 5. Il xn» s. En tant qu'ils jugeront estre expédient pour en rapporter une vraye allégeance, calv. Instit. 496. Après quelques propos consolatoires pour l'allégeance du deuil paternel, yver, p. 630. L'ostracisme estoit comme un contentement et une allégeance de l'envie de la commune, amyot, Thésée, 43. Ces remèdes acres donnent allégeance, paré, xn, 20.
— ÉTYM. Alléger.
2. ALLÉGEANCE (al-lé-jan-s') , s. f. Serment d'allégeance en Angleterre, acte d'obéissance au roi, qui regardait uniquement la souveraineté temporelle du monarque.
— ÊTYM. Angl. allegiance; bas-lat. allegiantia ; de al pour ad, vers, et de lige, fidèle (voy. lige). On voit que allégeance soulagement, et allégeance fidélité, malgré une identité apparente, dérivent de radicaux totalement différents.
ALLÉGEMENT (a-Iè-je-man) , s. m. || 1" Diminution d'un poids supporté.AUégement d'un plancher, d'un navire. || 2* Soulagement, adoucissement. Et tout l'allégement qu'elle en peut espérer, C'est.... corn. Hor. m, 3. Ne me refusez pas ce triste allégement, id. Médée, v, 4. Mon âme avait trouvé, dans le bien de te voir, L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir, id. Cid, m, 4. Si cela fait à votre allégement [si cela peut vous consoler], mol. le Dép. m, 4. Un solide allégement, pasc. édit. Cous. || 3° En termes de graveur, action de la main qui forme des tailles ou des hachures en appuyant moins dans un endroit que dans l'autre.
— hist. xn* s. Quant de lui [d'elle] [je] n'ai confort n'alegement, Couci, xxn. Conforteir lo travaillant, ce est ester avoc lui en travailh, car aligemen'z est del travailh la veue del travailhant companion, Job. p. 467. ||xm* s. Quant ele oï ce serement, Moult li fut grant alegement Du grant duel qu'ele demenoit, la Rose, 46462. Amors ne viaut [veut] pas que je meure, Ains viaut que j'aie alegement, t'6. 4 86). Nus ne doit noient de l'alegement de sa nef , ne par grant iaue, ne par petite, Liv. des Met. 287. || xv* s. Voulez-vous sans allégement En douleur finer vostre vie? ch. d'orl. Bal. 6. || xvi* s. Cela au moins apporte quelque gracieux et honeste allégement à leur passion, amyot, Comm. refrén. la colère, 8. Par ainsi ce sera un allégement bien ineigre ou du tout nul aux pécheurs, calv. Instit.
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604. Ils cerchoient allégement de leur douleur, ld. ib. 634 . Si le malade sent allégement de sa douleur, paré, xxi, 20.
— ÉTYM. Alléger; provenç. aleviament. L'Académie écrit allégement avec un accent aigu ; mais la prononciation est comme s'il y avait un accent grave.
ALLÉGER (a-lé-jé ; la syllabe lé garde l'accent aigu même devant une syllabe muette : j'allège, j'allégerai), v. a. ||1* Soulager d'une partie d'un fardeau, d'une charge. Alléger un homme. Alléger un bateau, un vaisseau. || 2° Diminuer le poids d'une chose. Alléger le fardeau. Allégeons la charge du cheval. || 3° Fig. Alléger les contribuables. Alléger les charges publiques. Il 4° Fig. Calmer, rendre moins vif. Alléger la douleur de quelqu'un. || 6° S'alléger, «. réfl. S'alléger d'une partie de son fardeau. || Devenir plus léger, moindre. Ma douleur s'est un peu allégée. Volontiers les ennuis s'allègent aux discours, Régnier, Dial. || 6* En termes de graveur, alléger la main, faire une hachure ou un trait plus léger dans un endroit que dans l'autre. || Terme de marine. Dans une manœuvre courante, synonyme d'AFFALER. || En termes de menuiserie, rapetisser, diminuer. || En termes de manège, alléger ou allégérir un cheval consiste, de la part du cavalier, à porter son corps en arrière, à rapprocher les jambes et à tendre les rênes, afin que le cheval allégé entame plus facilement le chemin.
— HIST. xi* s. Qui faus jugement fera, seit en la forfeiture le rei, s'il ne pot alejer [justifier] que plus dreit faire ne sout [sut], L. de Guill. 44.||xn* s. Alegiez moi mes maus et mes doulors, Couci, vu. || xm* s. Et prier mult dévotement, Que Deus alegast lur tonnent, marie, Purgatoire, v. 1473. Qu'il ne quidast toz jors morir, quant il ne la veoit; et quant il la veoit, si alejoit un poi de ses douleurs, merlin, ms. 7470, f* 68,re<;<o.Li laz entor le col [i\\ serra, Et avec furent li dui piez, De quoi auques fu aligiez, Que maintenant fust estranglez, Ren. 2(548. Les paniers a bien soufraichiez , Si les a aiiques alegiez Quedeusgranz anguillesenporte, ib. 882. Et Renart le governail serre, Si l'a bien à terre apoié, Et Ysengrin mist hors le pié Et de son cors la nef aliege, t'6. 23023. Le veoir [le bouton] sans plus et l'odor M'alegeoient moult ma dolor, la Rose, 4 740. Li sires y doit mètre conseil, car autrement porroient-il carquier [charger] autres, por eus alegier, beaum. xxv, 46. Li vomirs espurge les malvaises humeurs ki à l'estomac sont contraires, et aliege le [la] tieste, alebrant, f» 20. ||xiv* s. Quant les infortunés sont tristes, leur tristece est alegée par ce que leurs amis secontristent et douloient avecques eulz, oresme, Eth. 289. || xv* s. Cela allège le cueur [de parler à un ami] , comm. v. 5. ||xvi* s. Quelquefois les docteurs anciens exhortent les pécheurs de confesser leurs fautes à leurs pasteurs, afin d'en estre allégez, calv. Instit. sos.Des souliers aux semelles plombées, pour s'alléger au courir et à saulter, mont, n, 47. Le lion, se sentant allégé de son mal et soulagé de cette douleur, id. u, 493. En moy, la proximité n'allège pas les defaults, elle les aggrave plustost, id. iv, 96. Dire son mal allège la douleur, rons. 634.
— ÉTYM. Provenç. aleviar; ital. alleviare, alleggiare; espagn. aleviar, aliviar; du latin allevare, de al pour ad (voy. À), et de levis, léger (voy. léger).
f ALLÉGÉRIR (a-lé-jé-rir) , v. a. Voy. alléger.
ALLÉGI, IE (a-lé-ji, jie), part, passé.
ALLÉGIR (a-lé-jir), v. a. || i* Terme d'arts et métiers. Diminuer en tous sens le volume d'un corps. AUégir une poutre. Allégir un châssis. || 2° Terme de manège. Rendre un cheval plus léger du devant. || 3" Terme da serrurerie. Rapetisser, aiguiser.
ALLÉGORIE (al-lé-go-rie), s. f. || 1° Sorte de métaphore continuée, espèce de discours qui est d'abord présenté sous un sens propre, et qui ne sert que de comparaison pour donner l'intelligence d'un autre sens qu'on n'exprime point. Quand Pythagore disait: N'attisez point le feu avec l'épée, il voulait dire : Ne donnez pas des armes à des gens en colère ; il ne défendait pas d'employer une épée pour attiser son feu. La religion se tournait en allégories, boss. Hist. n, )2. L'allégorie habite un palais diaphane, lemiehre. Il 2° Ouvrage dans lequel on représente un objet pour donner l'idée d'un autre. L'apologue et la parabole sont des espèces d'allégories. Il fait une allégorie de ce livre à celui de l'Apocalypse, pasc. Prov. 5.
— ÉTYM. 'A>i»]Yopîa, de ctÀÀoi;, autre, et àYopEïv, dire; dire autre chose que ce qu'on paraît dire. "AXXo;, alms, autre, ont même radical (voy. ao-
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tre). 'Afopeïv, parler, dire, vient de à-fopà, place publique, attendu que les affaires se discutaient sur la place publique (voy. agora).
ALLÉGORIQUE (al-lé-go-ri-k'), adj. Qui appartient à l'allégorie ; qui tient de l'allégorie. L'oracle eut l'esprit de rendre à l'empereur une réponse allégorique, fonten. Oracles, ch. (8. Sera-ce la dureté du caillou, ou la sève du chêne, dont vous ferez un être allégorique? ciiateaub. Génie, iv, v, 2. || En prose, il suit toujours le substantif : Discours allégorique.
— ÊTYM. Allcgaricus (voy. allégorie).
ALLÉGORIQUEMENT (al-légo-rike-man), adv.
D'une manière allégorique.
— ÊTYM. Allégorique et ment.
ALLÉGORISÉ, ÉE (al-lé-go-ri-zé, zée), part.
passé. Les récits d'Homère allégorisés par certains interprètes.
ALLÊGORISER (al-lé-go-ri-zé), v. a. Expliquer selon le sens allégorique. Plusieurs philosophes allégorisaient les récits de la mythologie. Comme on allégorisait tout, on avait dit que.... volt. Phil. v,
— hist. xv* s. Si comme la Bible, en trois manières, c'est assavoir le texte, et puis le texte et les gloses ensemble, et puis d'une autre manière allegorisée, christ, de pisan, Charles F, ni, ch. 12. || xvi* s. Ce n'est pas en ceste manière qu'il faut allégoriser sur le huitième jour de la circoncision , Calvin, Instit. (076.
— ÉTYM. Allegoriiare, de allegoria (voy. allégorie).
ALLÉGORISEUR (al-Ié-go-ri-zeur) , *. m. Celui qui subtilise pour chercher des allégories.
— ÊTYM. Allégoriser.
AIXÉGORISTE (al-lé-go-ri-sf), s. m. Celui qui explique les auteurs en un sens allégorique. Origène passe pour un allégoriste.
— étym. Allégoriser.
ALLÈGRE (a-ïè-gr'; quelques-uns disent, ce qui est moins bon, al-lè-gre), adj. Dispos, prompt à faire. Esprit, caractère allègre. Rendre le corps si léger, si allègre, desc. L'homme. Les voyant tous passés, je me sentis allègre, Régnier, Sat. xi. Pour s'échapper de nous Dieu sait s'il est allègre, rac. Plaid, i, 1. 1| On le place toujours après son substantif : Un homme allègre; une femme allègre.
— hist. xii* s. Si m'alst Diex I bien nos poez conquerre ; Sor nos arçons en gisent nos boeles [entrailles] ; Li plus halegres n'a soing d'aller en destre, Li eoronemenl Iœoys, v. H 66. j| xm# s. Aureliens retourna à son seigneur et le rendit lié et haligre de la bonne responce de la damoiselle, Chr. de St-Denis, i, 16. Baron, car vous hastés, Aies tost à la porte, orendroit enterrés [vous entrerez]; Vo compaignon sont tout haliegre et en santés, Ch. d'Ant. v, 847. || xv' s. Chacun luy nuist, riens ne lui est alegre; Tout luy messiet, et reconfort l'enaigre [l'irrite], A. chart. Le débat des deux fortunes. Ores que sommes allaigres Et en santé, Dieu mercy, Laissons là ces cidres maigres ; Je treuve bon cestuy-cî, basselin, xl vi. || xvi* s. La facilité subtile et alegre promptitude à faire toutes ces choses.... charron, Sagesse, i, IB.
— ÊTYM. Nivernais, aligre, maigre, cheval aligre; ital. allegro; espagn. alegre; du latin alacer. Quoique cette étymologie paraisse très-naturelle, cependantelle présente quelques difficultés. L'oestbref dans alacer, par conséquent l'accent est sur le premiero, alacer, et ce mot aurait dû faire en français aigre. Il faut donc supposer que les populations romanes avaient prononcé alacer, peut-être à cause de la forme alacris. De plus alacer ne rend pas compte des deux II de l'italien allegro; enfin l'A même de l'ancien français haligre fait quelque difficulté : celle-là est la moindre , témoin huile qui vient d'oleum. Raynouard, frappé sans doute de ces difficultés, le tire de ad et de Ixlus, ancien français lié, provençal let ; cela est impossible.
ALLÈGREMENT (a-lè-gre-man ; quelques-uns disent,moins bien, al-lè-gre-man; pourquoi l'Académie met-elle un accent aigu à allègrement, puisque allègre a un accent grave, et que la prononciation est la môme dans les deux cas?), adv. D'une manière allègre. Nous continuâmes notre voyage aussi allègrement que nous l'avions commencé, J. i. rouss. Conf. m. Je descendrai au tombeau très-allégrement, volt, flot de Prusse, 21 8.
— HIST. xvi' s. Tous vindrent à sa rencontre : les ungs allaigrement, les autres avec regret, carl.
— ÊTYM. Provenç. alegramen ; catal. alegrament; espagn. alegremente; ital. allegramente; de allègre (voy. allègre) et ment.
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ALLÉGRESSE (a-lé-grè-s'; quelques-uns disent al-lé-grè-s', moins bien), t. f.\\l°Joie qui éclate. Des transports d'allégresse. Je me suis étonné de son peu d'allégresse, rac. Phèd. iv, 1. Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos serments, id. Brt't. v, t. Sa frayeur a paru sous sa fausse allégresse, corn. Pomp.ui, (.Avec une allégresse aussi pleine et sincère, id. Hor. n, 3. Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresse; Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse, id. Cid, m, s. Cet amour les comble d'allégresse, m. ib. 1, 2. Et mon ame en a pris une allégresse extrême, mol. D.Garc. 11,6. Dans vos yeux doit briller l'allégresse, id. l'Étour. v, 3. || 2° Les sept allégresses, certaines prières à la Vierge dans lesquelles on exprime les différents sujets de joie qu'elle a eus.
— hist. xvi* s. Il vouloyt, pour declairer l'excès de son alegresse pourcestes bonnes nouelles, faire, quoy que il coustast, quelque chouse spectable, rab. Sciomachie. Je l'ai veupar delà 60 ans se mocquer de nos alaigresses [agilités], mont, ii, 17. L'alaigresse [vigueur, santé....] où je suis, le plaisir et la force, id. i, 82. Je vouldrois jouir, selon la condition démon aage, de leur alaigresse et de leurs festes, id. n, 78. A cett' heure le chagrin prédomine en moy, à cett' heure l'alaigresse, in. n, 324. Il arriva en son camp le 4 juillet, où fust faict grandissime allaigresse pour sa reconvalescence, carl. iv, 3). Sonnez, trompette, une allaigresse; car vous ferez tantost bonne chère, id. v, 7. Et sur cette allégresse il me donna congé, id. vn, 6.
— ÊTYM. Allègre; bourguig. aulegresse; provenç. allegresa, alegreza; anc. espagn. alegreia; ital. aU legrezsa.
ALLÉG3ETT0 (al-lê-gré-tto). || 1° S. m. Terme de musique. Air d'un mouvement gracieux et léger. Il 2° Adv. D'un mouvement vif et léger. || Au plur. des allégrettos.
— ÊTYM. Ital. allegretto, diminutif de allegro.
ALLÉGRO (al-lé-gro). || 1' S. m. Terme de musique. Airvif. Jouer un allégro. || 2° Celle des parties d'une sonate ou d'une symphonie dont le mouvement est vif. Il 3* Adv. D'un mouvement vif. || Au plur. des allégros.
— ÊTYM. Ital. allegro (voy. allègre).
ALLÉGUÉ, ÉE (al-lé-ghé, ghée). || 1° Part. passé.
Cité, mis en avant. Un auteur allégué à faux. Les raisons alléguées par votre ami. Quelle est cette rigueur tant de fois alléguée? rac. Andr. 11, 2. || 2*5. m. Chose qu'on allègue. Son frère [de l'abbé Caudelet] prouva si nettement la fausseté de tous les allégués , que le P. de La Chaise fit tout ce qu'il put pour obtenir un gros évêché à l'abbé de Caudelet, st-sim. B4, 155. M. Fagon, par ses coups de tête, approuvait cependant cet énorme allégué, m. 326, 12. Quelque étrange qu'un semblable allégué doive paraître à qui n'a pas connu le duc de Chevreuse, je suis convaincu qu'il se trompait soimême, ID. 299, 94.
A LLÉGUER (al-lé-ghé. Palsgrave , p. 23 , dans le xvi' siècle, prononce les deux II. La syllabe le prend l'accent grave , quand elle est suivie d'une syllabe muette : j'allègue, excepté au futur et au conditionnel, où elle garde l'accent aigu : j'alléguerai ; contradiction àfaire disparaître) , v. a. || 1° Citer une autorité , un passage , un fait. Alléguant ses autorités. Ce verset que je vous ai allégué pour mon texte, boss. Serm. Quinq. 2. Après avoir allégué deux passages de saint Jean Chrysostome, m. Avent. Saint Paul ne cesse d'alléguer ce que Moïse a dit, id. Hist. n, (3. Je n'allègue pas aux Israélites d'autres témoins que leurs yeux. id. Hist. 11, 3. Je pourrais ici alléguer cet illustre prélat qui.... ro. Cornet. || 2" Mettre en avant, s'appuyer de. Les excuses que vous alléguez. C'est un prétexte qu'on allègue pour flatter lesprinces, fén. Tél. xii. N'alléguez point des droits que je veux oublier, rac. Andr. iv, 3. s'il ose m'aûéguer une odieuse loi, id. Baj. 1, 3. Les faits dont on allègue la preuve, boss. Hist. n, (2. Chaque mère à sa bru l'alléguait pour patron, la font. Matr. Sans rien faire, alléguant l'exemple de Gaster, id. Fab.m, 2. Elles savent assez alléguer Artémise , Disputer du devoir et de la foi promise, malh. vi, 25. C'est cette demoiselle que vous estimez si fort, qui vous allègue sans cesse et qui rend de grands témoignages à votre mérite, balz. i, 263.
— HIST. xiii* s. En quelque meniere que aucuns soit semons devant leprevost, ou devant le baillif, il i doit venir por alleguier son privilège, s'il a, por soi deffendre, IV». de jusl. 84. Ou quant li demanderas demande dette ou convenence, et li deffenderes alligue respit, bkauii. vu, 3. Le [la] Ion-
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gue tunure qu'il alliguent ne lor vaut riens, id. xxii, 7. Il xiv" s. Et allegoient comme fols plusieurs raisons l'un contre l'autre, Ménagier, I, 6. Il priva de sépulture le roi Servius en alléguant que Romulus estoit péris et morz sans ensevelir , bercheurh, f* 23,rerso. || xv*s. Et par ces raisons alléguées taschoient fort de remettre le roy en ceste guerre , comm. m, (. Ni ne vous allègue nens des histoires passées pour exemple, id. m, 4. Etayouy estimer quatre-vingtz mil escuz l'an ce qu'il tenoit en ces choses alléguées [offices] dans son patrimoine, id. m, 4. |j xvx* s. Combien que les fidèles allèguent Dieu pour tesmoin et juge de leur innocence contre la mauvaistié des hypocrites.... calv. Inst. 645. Ce précepte est souvent allégué en Platon, mont. 1, ta. Antigonus alleguoit que c'estoit raison, id. 1, 26.
— ÊTYM. Provenç. allegar, allcguar; espagn. alegar; ital. allegare; de allegare, de al pour ad, vers, et de legare, envoyer, envoyer vers, citer, invoquer (voy. léguer).
ALLELUIA (al-lé-lui-ia. L'Académie devrait mettre un accent aigu sur la syllabe le, puisque c'est la règle moderne) , s. m. || 1° Mot de réjouissance que l'église chante au temps de Pâques, à la fin des traits et versets. L'antique alléluia de Jacob faisait retentir le dôme des églises, chateaub. Génie, 1, 1, 7. Il 2° Fig. Un alléluia éternel dont on entend retentir Jérusalem, boss. Hist. n, 6. Afin que vous chantiez avec tous les saints cet alléluia, id. Lelt. abb. 70. Il 3" Fig. et famil. Faire l'alleluia d'une chose, d'une personne, la louer beaucoup. || 4° Petite plante dontles feuilles ont un goûtaigrelet etqui fournit la substance nommée sel d'oseille. L'alleluia est ainsi appelé parce qu'il fleurit vers le temps de la fête d'alleluia. On dit aussi surelle , pain de coucou , oseille de bûcheron. || Au plur. des alléluias.
— HIST. xiii* s. Les termes de septuagesime, quant l'aleyluiechiet [tombe].... Comput, f° «.
— ÊTYM. Mot hébraïquecomposé de haklu, louez, et de tViA, Dieu; louez Dieu.
ALLEMAND (a-le-man) , s. m. Ce mot est employé dans quelques phrases proverbiales : Une querelle d'allemand, c'est-à-dire une querelle sans sujet. Il C'est de l'allemand, c'est du haut allemand pour moi, c'est-à-dire je n'y entends, je n'y comprends rien.
— HIST. xii* s. N'il ne cremi les reis l'Engleis ne le Francur, Aleman ne Tieis, ne duc n'empereûr, Th. le Sfart. 100. ||xiii* s. Et ne porquant isnelemant, Se il ne fussent alemant , Les nommaisse; mes ce seroit Tens perdus, qui les nommeroit, ruteb. ii, 164. || xvi* s. Ils seroient bien aises de vous dresser une querelle d'Allemaigne, CARL. iv, 18.
— ÊTYM. Quoique ce mot ait donné lieu à beaucoup d'étymologi es, cependant il faut encore s'en rapporter à Agathias, qui dit : « Les Allemands, s'il faut en croire Asinius Quadratus, Italien qui a écrit avec exactitude l'histoire des Germains, sonl des hommes rassemblés de divers endroits et mêlés ensemble ; c'est ce que signifie le nom qu'ils portent. » Cette opinion doit d'autant plus être acceptée, qu'elle se justifie sans peine par les langues germaniques: ail, tout, et marin, homme. Le d qui se trouve dans mand provient de la forme danoise mand, homme, pourmann. Quant ^allemand, dans la locution querelle d'allemand, il s'agit bien, sans doute, des Allemands. Pourtant on en a donné une étymologie différente : on écrit alors alleman, et l'on cite le dicton : Gare la queue des Alleman I Ce dicton a appartenu au Dauphiné, dont la région montagneuse entre le Drac et l'Isère était occupée par une puissante et nombreuse famille de seigneurs portant tous le nom d'Alleman. Malheur au voisin qui provoquait un membre de cette famille 1 il se les attirait tous sur les bras. De l'ardeur avec laquelle cette famille vengeait la plus petite injure est aussi venu, dit-on, le proverbe : Faire une querelle d'allemand; et Oudin (Curiosités franc. p. 462) écrit, en raison de cette origine : Querelle d'alleman. Mais je remarque qu'à la fin du xvi' siècle, Carloix dit querelle d'Allemaigne, ce qui montre que, dès ce temps-là, on regardait, dans la locution, allemand comme le nom de peuple.
ALLEMANDE (a-le-man-d') , s. f.\\i° Danse vive à deux temps. Danser une allemande. || 2° Air sur lequel on exécute cette danse. Jouer une allemande. Il 3° Dans le siècle dernier, l'allemande était aussi ur pas de danse qui consistait à prendre sa danseuse par les deux mains et à tourner une fois avec elle. En ce sens, l'allemande entrait comme Mément dans plusieurs contredanses.
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— IIIST. xvi" s. On leur sonna des allemandes, parce que c'est leur dance ordinaire, carl. iv, 42.
— ÊTYM. Allemand.
f ALLEMANDERIE (a-le-man-de-rie), t. f. Atelier où l'on forge le fer pour le calibrer.
4. ALLER (a-lé), v. n. etirrég. Je vais ou je vas (celui-ci est beaucoup moins usité que je vais, qui est seul admis dans la forme interrrogative : où vais-je?), tu vas, 1! va, nous allons, vous allez, ils vont; j'alla-s; j'allai; j'irai; j'irais; va, qu'il aille, allons, allez, qu'ils aillent; que j'aille, qu'il aille, que nous allions, que vous alliez, qu'ils aillent; que j'allasse; allant, allé, allée; il prend l'auxiliaire (ire dans ses temps composés. 1° Marcher, s'avancer. 2° Marcher , au figuré. 8* Se diriger vers, en parlant des personnes. 4* Même sens, mais figuré. 6* Marcher, en parlant des choses; avoir un mouvement, se diriger vers, s'étendre jusqu'à, aboutir, s'élever à [un rr>x]- 6" Avancer, faire des progrès en bien ou en mal, s'avancer jusqu'à un certain point. 7J Aller à l'âme, toucher. 8" Être configuré de telle ou telle manière. 9' Être dans tel ou tel état, se trouver bien ou mal. 10° Impersonnellement, il en va.... la chose se fait, se passe.... 11° Marcher, opérer, fonctionner, en parlant d'un mécanisme. 12° S'adapter, convenir, résister. 13° Durer, vivre. 14* Aller contre, s'opposer. 15° Ne point aller sans, être nécessairement accompagné de, au propre et au figuré. 16° Aller au-devant, aller à la rencontre, et, au figuré, prévenir, s'opposer. 17° Aller bon pas. 18° Evacuer par bas. 19° Aller, suivi d'un infinitif, être sur le point de, se disposer à. 20° N'aller pas, suivi d'un infinitif, s'abstenir de. 21° Aller, suivi d'un participe présent, exprimant la continuité. 22° Emploi particulier de l'impératif, pris comme une interjection. 23° Y aller, faire une chose d'une certaine manière. 24° Y aller, en terme de jeu, mettre au jeu une certaine somme. 25° Impersonnellement, il y va de, il s'agit de, on court le risque de. 26° Laisser aller, ne pas retenir, ne pas empêcher; se laisser aller à, s'abandonner, se livrer. 27° Faire aller, attraper. 28° S'en aller, s'éloigner, partir pour. 29* S'en aller, mourir. 30° S'en aller, s'écouler, se dissiper, se flétrir, disparaître, en parlant des choses. 81° S'en aller, avec un participe passé, exprimant que la chose va être faite prochainement. 32° Suivi d'un participe présent, marquant progrès, continuité. 83° Il s'en va temps, il est temps de. 84° En termes de jeu, s'en aller d'une carte, s'en défaire, la jouer. 35° S'en aller, suivi d'un infinitif, indique les motifs, la fin, le prochain accomplissement d'une action. 86° Locutions diverses et proverbiales. 37°, 88° et 89° Vénerie, Manège, Escrime.
1° Aller et revenir promptement. Va, cours et reviens. Aller au soleil. Nous irons à grands pas. Aller à pied, à cheval , par terre , par eau, par mer. Aller en avant, en arrière. Ces bâtiments vont à la voile, A la vapeur. Il ne fait qu'aller et venir. Ce cheval va bien. 11 va, vêtu d'une façon extravagante, mol. t!éa. m. lui, i, B. [Elle] va, vient, fait l'empressée, la font. Fab. vn, 9. Légère et court vêtue, elle allait à grands pas, ro.t'ft. vu, 4 0. || 2° Fig. Aller bien, mal, être dans la bonne, la mauvaise voie. || Aller de bon cœur, se porter volontiers à une chose. || Aller aux voix, aux opinions, les recueillir. || Aller aux informations, aux renseignements, se renseigner. || Aller au plus pressé , s'occuper de l'affaire qui admet le moins de retard. || Aller de pair avec quelqu'un. L'espoir va encore plus vite que la crainte. Le temps va toujours. Il ne faut qu'aller simplement pour connaître le devoir, mass. Salut. Comme ces trois puissances [executive, législative et judiciaire], par le mouvement nécessaire des choses, sont contraintes d'aller, elles seront forcées d'aller de concert, montesq. Esp. xi, i. || Aller vite, aller lentement, faire une chose vite, lentement. Ce copiste va vite. Cet orateur va bien lentement. || 8° Aller à la campagne. Nous irons en Italie, en Angleterre. Ce malade est allé en des climats plus chauds. Aller chez quelqu'un . Allez- vous chez votre médecin? On va dans une antique forêt. Partout où il allait. Où va-t-on? On y va. Aller à l'ennemi. Aller au feu, aller où la bataille est engagée, et où l'on échange des coups de fusil et des coups de canon. Aller à la mort, en exil. Aller en justice, avoir affaire devant les tribunaux. Aller au bois, aux vivres, aller faire provision de bois, de vivres. Aller voir la fête. J'irai dîner chez vous. 11 ordonna à son régiment d'aller attaquer la redoute. L'armée alla prendre ses quartiers d'hiver. Allez annoncer. Qu'à père André l'on aille de ce pas, la font. Alix. Ils ne veulent aller au
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mattre que par Trolle, la bhuy. 6. Tessé fut déclaré plénipotentiaire du roi à Rome, et général des troupes, s'il y en allait, st-sim. 207, 34. Aller à Jésus- Christ comme ce peuple charnel, non parce qu'il a les paroles de la vie , mais parce qu'il multiplie un pain terrestre , MASs.Conf. État ecclés. J'allai , selon ma coutume, errer parmi les ruines, chateaub. Jtinér. i" partie. || 4°AUerd'une autorité à l'autre. Les hommes vont à la gloire par la vertu. Il me parait qu'il allait au bien [Gracchus] et qu'il haïssait toute sorte d'injustice, st-êvrem. n, 83. H [Auguste] allait toujours au bien des affaires, mais il voulait que les affaires allassent au bien des hommes, id. ib. 97. Quand on va du mal au bien , sév. 64. Qui n'allât de vieàtrépas, lafont.Foo. m, 8. Vous voulez aller à la foi et vous n'en savez pas le chemin, pasc. Ëdil. Cous. Qu'il aille de lui-même à Dieu, id. ib. Allant à Dieu par la docilité de son cœur, fléch. Doupft.il ne va pas à moins qu'à vous déshonorer, mol. Tart. m, B. Iln'apas voulu se décrier [Poncet,un des juges de Fouquet] et aller à [voter]la mortsans nécessité, sév. i» déc. 4 664. Mais certes, c'en est trop d'aller jusqu'à la joie, corn. Bot. i, 4. Quoil même vous allez jusques à faire grâce? m. Nicom. m, 2. Pourquoi n'allait-il pas après la victoire qu'il avait remportée? fléch. Sera, n. Ahl maître sot, vous allez d'abord aux remontrances, mol. le Festin, m, 4. || 6° Le feu va où sa nature le porte. Le système du monde va d'un mouvement uniforme. Les cours d'eau qui allaient à la mer. Cette région va jusqu'au Rhin. L'artère pulmonaire va du cœur au poumon. La ville où va ce chemin. L'eau leur allait aux genoux. Sa robe allait jusqu'à terre. Ce domaine ira à cent mille francs. Si l'on dit que la rivière fait aller la roue, boss. Lib, arb. Les citoyens en Perse payent une taxe qui ne va pas â un écu par an, volt. Moeurs, 4 58. Toute la différence ne va qu'à quelques titres de plus ou de moins, fléch. Mont. || 6° Aller bien dans une étude, y faire des progrès. S'il en est ainsi, tout ira de soi-même. Cela va sans dire. Maladie qui va de mal en pis. L'impudence de l'adulation alla si loin que.... Aller jusqu'au bout, pousser les choses à l'extrême. Je n'irai pas plus loin, je n'en dirai pas davantage. Il irait jusqu'à payer cent mille francs. J'ai forcé ma colère à te prêter silence, Pour voir à quel excès irait ton insolence, corn. Iléracl. i, 2. Lorsque la valeur ne va point dans l'excès, id. Cid, iv, s. Tout beau ! que votre haine en son sang assouvie N'aille point à sa gloire, il suffit de sa vie, id. Pomp. m, 2. Peut-être on vous a tu jusqu'où va son courroux, id. Rodog. m, 4. Mais sa fureur ne va qu'à briser nos autels , id. Poly. i, 3. Je sais que c'est sa sœur à qui va cet hommage, id. Agèsil. il, 7. Ne m'apprendrez-vous point où vont ses sentiments ?id. Ser'or.iv, 4. Mon dessein ne va qu'à vous faire justice , id.D. Sanche , m , 3. Sa haine ira toujours plus loin que son amour, rac. Milhrid. I, 5. Sa poursuite obstinée allant à l'insolence, th. corn. D. César, i, 4. Lorsque l'injure a une fois éclaté, notre honneur ne va point à vouloir cacher notre honte, mais à faire éclater notre vengeance, mol. Fest. m, B. On ne peut voir aller plus loin l'ambition d'un homme mort, id. ib. m, 7. Non, mais il faut savoir que tout cet artifice Ne va directement qu'à vous rendre service , id. l'Étour. i , 4 o. Je gagerais presque que l'affaire va là, m. Fest. i, 4. J'entends à demi-mot où va la raillerie, id. Sgan. 6. Tous les soins que je prends ne vont pas où tendent les autres, id. Prt'nc. d'Él.n, 4. Il ne faut mettre ici nulle force en usage, Messieurs, et si vos vœux ne vont qu'au mariage, Vos transports en ce lieu se peuvent apaiser, m. Éc. des mar. m, 6. Et, comme je vous dis, toute l'habileté Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté , id. Éc. desf. iv, 8. Tout ce qu'on fait ne va qu'à.... id. D. Gare, n, 4. Tous ses soins vont au ciel, id. Tari. i,4.De quelque manière qu'il pallie ses maximes, celles que j'ai à vous dire ne vont en effet qu'à favoriser les juges corrompus, les usuriers, les banqueroutiers, les larrons, les femmes perdues, pasc. Pror. 8. Pour voir jusqu'où irait une si damnable doctrine, id. Prov. 7. Le bon air va à avoir complaisance pour les autres, id. Pr((. gên. Son injustice [du monde] va plutôt à outrer leurs obligations [des justes] qu'à justifier leurs faiblesses, mass. Concept. de ZaFieroe.Votredisposition va à ne compter pour rien le péché en tant qu'il est offense de Dieu et qu'il lui déplaît, id. Car. Justice, tiédeur. Nos premières vues ne vont pas à examiner si nous serons utiles, mais si nous serons applaudis, id. Conf. Scandales. Cette sage et modeste retenue qui va à cacher ses propres dons et à manifester ceux desaitres, id. Myst. Nouvellevie, Le second [préjugé]