‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 79 sur 403 · AT · texte numérisé non relu

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va dans un autre excès, ia. Car. Pécheresse. Si l'on venait vous assurer de sa part [de Dieu] que cette infirmité n'ira pointa la mort, id. Impé'nit. finale. Ces murmures allaient à une sédition tout ouverte vaugel. Q. C. 242. Estimant que la gloire d'autru't allait à la diminution de la sienne, id. ib. 335. Une patience dans les fatigues à lasser tout le monde et qui allait presque dans l'excès, id. t'ô. 66». Toutes ces différences vont à faire voir dans la derniire chute de Jérusalem une justice plus rigoureuse et plus déclarée, hoss.llist. nj8. Ces expressions vont à attaquer l'erreur, id. Tar. Pré[. Les transgressions qui iraient à péché mortel, id. Lett.Corn. 68. La haine qu'elles avaient allait jusqu'à la fureur, id. Hist. n, 8. Arts pernicieux qui ne vont qu'à amollir et qu'à corrompre les mœurs, fén. Tél. xix. Les questions qui vont à établir des maximes générales, id. ib. xxiii. Le grand désintéressement de Fabricius et de Curius, qui allait à une pauvreté volontaire, st-ëvrem. t. n, p. 30. Toutes vos inclinations vont à la grandeur, balz. t.i, p. 489. Toutvaàprocurer le royaume des cieux à des âmes rachetées du sang de Jésus-Christ, fléch. Serm. n, 293. Toute la grâce que Dieu fait aux justes ne va qu'à tempérer l'ardeur de leur convoitise et a réprimer leurs passions déréglées, id. t. i, p. 84. Hérode s'amuse à des recherches qui ne vont à rien, id. Serm. i, 2)6. Leur goût n'allait [ne prétendait] qu'à laisser voir qu'ils aimaient, la bruy. 42. La chose allant à se battre et à renverser la nacelle, si Caron n'eût mis le holà à coups d'aviron, la font. Psyché, liv. n, p. 4 80. Des péchés atroces qui vont à la mort, bourd. Carême , Éloignement de Dieu, t. n, p. 444. X quoi va cette pernicieuse maxime? À deux choses également dangereuses, id. ib. Prédestinât, t. i, p. M3. L'horreur qu'il avait des scandales.... irait à exterminer les scandaleux, id. ib. Zèle, t. n, p. 468. Les avis les plus violents allaient à prendre les armes sur-le-champ , vertot. Révol.rom. t. n,p. 4 93. Les desseins de César allaient à la tyrannie , id. ib. xm, p. 266. || Aller à bien, réussir; aller à mal, avoir un mauvais succès. La chose allait à bien par son soin diligent , la font. Fab l. vu , 4 0. 1 1 7° Aller à l'âme , toucher. Cette musique va à l'âme. Ses paroles bienveillantes m'allaient au cœur. Comme elle allait à l'âme, cette invocation du pauvre matelot à la mère de Dieu ! chateaub. Génie, i, v, 42. || 8° Le terrain allait en pente. Chemin qui va en montant. Pyramides qui vont en pointe. || 9° La chose commence à bien aller. Les choses ne peuvent aller ainsi. Tout va parfaitement chez vous. Le commerce va bien, ou, simplement, le commerce va. Il faut toujours dire que tout va bien, fén. Tél. xxm. Mon fils, tout ira bien, pourvu que promptement Vous voyiez Arténice,RACAN, Bergeries, Polys. i, 4. J'espère que tout ira bien, sév. 4. Voilà qui va bien, leurdis-je, pasc Prov. 4. Ainsi tout alla mal, la font. Belph. Puisqu'ainsiva, mettons-nous en prière, id. l'IIerm. Or est le cas alléd'autre façon, id. Cal. Les choses iraient en apparence suivant le premier établissement, hamilt. Gramm. 4. Eusèbe a peut-être cru que cette exception n'était rien, mais cela ne va pas ainsi, fonten. Oracles, 2" part, chap.4. || Aller bien, aller mal, être en bonne, en mauvaise santé. Aller mieux, se rétablir de maladie. Comment allez-vous? Comment cela va-t-il ? Cela va-t-il bien? Comme vous en va? mol. Am.méd. l, 4. || 10° Impersonnellement. Il ne doit pas en aller ainsi. Et vous verrez comme tout en ira, la font. Rich. Il en alla tout autrement, hamilt. Grain m. 6. En ce temps-là il n'en allait pas en France comme à présent, id. Gramm. 2. Vous croyez qu'il en va dans ce pays-ci comme dans le vôtre, id. ib. t. Parmi les généreux il n'en va pas de même, corn. Nicom. v, 7. 11 n'en va pas de même ici, id.'Ex. de Poly. 4 . Il n'en va pas ainsi du combat de D. Sanche, id. Ex. du Cid. Et il en va de même des autres planètes, fonten. Mondes, 4" soir. lien iraitdonc de la même manière que.... id. ib. Il en allait tout autrement, vaugel. Q. C. 272. 11 n'en va pas ainsi parmi nous, j. 1. rouss. m, 427. Il n'en va pas ainsi, mon bel ami, id. Ilél. 1, 20. Il n'en ira pas de même, bourd. Carême, 1, Aum. 463. D'où vient donc qu'il n'en va pas ainsi? id. ib. Jug. dern. 259. Mattre renard croyait qu'il en irait de même Que le jour qu'il tendit de semblables panneaux, la font. Fab. xu, 23. Il 11° Cette machine va mal. Ce ressort ne va plus. Ma montre n'allait plus. Les fontaines de Paris vont nuit et jour. Je ne vousdemande pas si votre montre va bien , sév. 373. || 12° Croyez-vous que l'habit aillebien? Cecollet, ce manteau va mal. Cette clef vaàla serrure. Ces couleurs vont bien ensemble. Ces bottes ne me vont pas. Ce vase va au feu, résiste à l'action du feu. Cette proposition me va, elle

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me comieiit. Cela va bien dans un vers. Le climat ne lui va pas. La colère no va pas à l'orateur. Malheureusement ce mot ne nous va plus, l. J. rouss. Êm. m. On peut avoir le sens droit, et ne pas aller également à toutes choses, pasc Pensées, part, i, art. 4 0. || 13" Cet habit est vieux; il n'ira pas jusqu'à l'hiver prochain. Ce vieillard va toujours. Je suis assurée qu'il n'ira pas loin, sf.v. 367. || 14» Aller contre, s'opposer. Je ne veux pas aller contre le jugement du public, corn. Exam. de Pomp. Contre sa fortune allez à force ouverte ,id. Pomp. iv,4. N'allez pas contre deux vertus qui vous sont si naturelles, voit. Letl.n. || 15° Ne pas aller sans, au propre et au figuré. Cet aveugle ne va pas dans les rues sans un chien. Ce malheur ne va pas sans quelque consolation. De pareils changements ne vont point sans miracle, corn. Poly. v, 6. Nos plaisirs les plus doux ne vont point sans tristesse, id. H or. v, 4. || 16° Allez au-devant de votre père. Il alla au-devant des objections. Admirez, messieurs, la sagesse de nos pères , qui, dans un siècle plein d'innocence, n'ont pas laissé d'aller au-devant de la moindre corruption, maucroix, *• Verrine. || 17° Aller bon pas, marcher d'un bon pas. Aller grand train, marcher très-vite. L'âne allait son pas doucement, port-rotal, 'Phèdre, i, 4 6. Il va doucement son train, d'ablanc. Lucien, t. n. Et va ton train, Gai boute-en-train, rérang. Désaug. || Fig. Aller grand train, faire beaucoup de dépenses. Aller le droit chemin, procéder, agir franchement. Il ne faut pas prendre, dans ces locutions, aller pour un verbe actif. Une prépositicn est sous-entendue : Aller de bon pas, de grand train., suivant le droit chemin. || 18° Aller à la selle ou à'ii garde-robe, ou, simplement, aller, évacuer par bas. Fait* allei. procurer une selle. Ce purgatifle fit bien aller. || Fig. l'enviede lui voir [à l'abbé Caudelet] un si bel évêchéetla rage de n'en avoir point firent aller au P. de La Chaise les plus noires calomnies contre l'abbé Caudelet, st-sim. 54,454. || 19° Il va venir. Les Perses allaient livrerbataille. Je ne condamne plus un courrouxlégitime, Et l'on vous va , seigneur , livrer votre victime , rac. A ndr. n , 4. La paix va refleurir , les beauxjours vont renaître , id. ib. Leur haine va donner un père au fils d'Hector, m. Ândr. iv, 4. Écoute, et tu te vas étonner que je vive , id. Iph. n , 4 . Je vais donc vous déplaire et vous m'allez haïr, corn. Cinna, m, 4. Va marcher sur leurs pas où l'honneur te convie, id. Cinna, 1,3. Et le Rhin de ses flots ira grossir la Loire, Avant que tes faveurs sortent de ma mémoire, boil. Lutr. n. Nous nous connaissons il y a longtemps , et , entre amis, on ne va pas se piquer pour si peu de chose, mol. Prec.it>. || 20° Ne va pas t'exposer au froid et à l'humidité. N'allons pas nous commettre avec ces gens. Je n'irai pas vous fournir un prétexte. Je n'irais pas faire cette sottise. Je ne suis pas allé faire l'expérience. Par de nouveaux refus n'allez pas l'irriter, rac. Mithr. iv, 21. || 21° Il allait criant par la ville. Languissait un pauvre malade D'un long mal qui va consumant, millev. Prie* pour moi. Et, certes, je vais avouant que.... id. Poes. 90. Les opinions probables vont toujours mûrissant, pasc Pruv. 4 2. Qu'elle considère Que je me vas désaltérant.... la font. Fab. 1, 40. Comme le nombre d'oeufs, grâce à la renommée, De bouche en bouche allait croissant.... la font. Fab. vu, 4 2. De telle sorte pourtant Que les fous vont l'emportant, La mesure en est plus pleine, id. t'b. ix, 4. || 22° Va, allons, allez, s'emploient comme locutions interjectives. Allez maintenant, et parlez-moi de vos hauts faits. Va, tu es un honnête garçon. Va, je ne te hais point.... corn. Cid. III, 4. Pour peu qu'il vous appuie, allez, l'affaire est sûre, id. Pulch. 1, 3. Allez, vils combattants, inutiles soldats, boil. Pass. du Rliin. Il 23° Y aller, faire une chose d'une certaine manière. Allez-y doucement. Vous y allez trop brusquement. Il n'y va pas de main morte, il frappe violemment, il agit sans mesure. || 24° Terme de jeu. J'y vais de vingt francs, mon enjeu est de vingt francs. || 25° Impersonnellement. 11 y va de votre fortune. Il y allait de sa vie. Il y va de la perte ou du salut du reste, corn. Uor. v, 2. Ainsi que de ta vie il y va de ta gloire, id. Cid, v, ». Il y va de ma gloire, il faut que je me venge, id. th. m. Un péril où il y va de tout l'État, id. Ex.d'Hor. Il y va, seigneur , de votre vie , rac. Brit. v , 4 . Il y va tan t de votre intérêt, Que.... la font. Rich. Si notre esprit a besoin, dans les questions où il y va du salut, d'être fixé et déterminé par quelque autorité certaine.... boss. Hist. 11, 43. Il y allait de sa vie à fuir, id. t'b. m, 6. Il y va de votre conscience de les remettre en leur lieu, id. Lelt. abb. 20. Une dispute où il y va du tout nour la religion, id. h,

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Écrit. Les difficultés qui pourraient m'empêcher de faire réussir un dessein que j'ai pris sur moi-même et où présentement il y va de ma gloire, pelliss. Conversât, de Louis XIV devant Lille, p. 64. Je vois qu'il n'y va pas de la foi, pasc. Prov. 4 7. Ici où il va de tout, id. Car. 44. Procès où il ne va jamais moins que de sa vie, sév. 68. || 26° Laisser aller, ne pas retenir. Je le laisse aller où il veut. Laisse aller tes soupirs, laisse couler tes larmes, corn. Héracl. ni, 3. Pour laisser aller ses sentiments en liberté, id. Ex. du Cid. Si je retiens mon bras, je laisse aller ma plainte, id. Rodog. n, 4. Il n'y a qu'à laisser les choses aller leur cours naturel, et vous mourrez tel que vous êtes, mass. Car. Fauss. conf. || Familièrement. Laisser tout aller, abandonner le soin de toutes choses. Il Laisser aller sous soi, laisser tout aller sous soi , se dit d'un malade qui n'a plus sa connaissance et qui rend involontairement l'urine et les excréments. || Se laisser aller à, s'abandonner à. J'ai une pente particulière à me laisser aller à tout ce qui m'attire, mol. Fest. m, 7. Ils nous accoutument à nous laisser aller tranquillement à nous-mêmes, mass. Inconst. On se laisse aller aux appas d'une passion ,fén. Tél. vu. On s'est laissé aller au péché par la vue de ces femmes, pasc. Prov. 40. Comment vous laissez-vous alleràdire que.... id. 10.2. || Absolument. Se décourager. Pourquoi vous laisser aller ainsi? Il 27° Faire aller, attraper. Ce drôle nous a fait aller. Familier et populaire.

s'en aller. Il 28° Ils s'en vont. Allez-vous-en. Vat'en d'ici. Je vous ordonne de vous en aller. Ils s'en sont allés en France. Je m'en irai en Amérique. Monsieur, je m'y en vais, sév. 24. Elle s'y en alla la première [dans une chapelle], et don Carlos la suivit, scarr. 1, 62. Il 29° Fig. Ce malade s'en va, il se meurt. Matante est plus mal, elle s'en va tous les jours, sév. 4 40. M. de Jouarre s'en va tout de bon , boss. Lett. abb. 68. || 30° Ce tonneau s'en va. Son mal s'en va peu à peu. Son argent s'en va. Tout s'en est allé en fumée, rien n'a réussi. || 31° La chose s'en va faite, elle est sur le point d'être achevée. Notre rigueur s'en va éteinte, vaugel. Q. C. 610. La Thrace s'en allait perdue, et la Grèce même avait reçu ungrandchoc, id. t'b. 649. Mais aujourd'hui que mes années Vers leur fin s'en vont terminées, malh. m, 3. La conjuration s'en allait dissipée, corn. Cinna, m, 4. Comme ce rôti s'en allait cuit, arrive un autre homme à cheval , pourdîner dans ce cabaret, st-sim. 4 00, 64. Il 32° Le fleuve s'en allait grossissant. L'hérésie s'en va croissant. || 33° Gallicisme. Il s'en va midi. Il s'en va temps que je reprenne Un peu de force et d'haleine, la font. Fabl. vi, Épilogue. 11 s'en va temps, monsieur, que je parte, p. L. cour. 11, 298. Il 34° Aux jeux de cartes. Vous avez eu tort de vous en aller de votre as. En écartant, vous vous en êtes allé de vos plus belles cartes. Il 35° Us s'en vont chercher des nouvelles. Je m'en allais vous trouver. Ce malade s'en va mourir. Il ne s'agit pas de plaire aux hommes dans un temps où je m'en vais répondre à Dieu, fléch. Serai. 1 , 4 27 . Avec beaucoup de peines On s'en va la [la mort] chercher en des rives lointaines, la font. Fab. vu, 12. M'enirai-je, moi seul, rebut de la fortune, Essuyer l'inconstance aux Parthessi commune? rac Mithrid. m, 4. Cambyse embrassant Nitétis l'appelait du nom de son père, et elle s'en va lui dire : ô roi, tu ne vois pas qu'on te trompe, p. l. cour. 11, 4 32. Je m'en vais réparer l'erreur que j'ai commise, mol. l'Étour. 1, 40. Je m'en vais voir ce qu'elle m'en dira, id. la Princ. d'Él. m, 2. Le voici qui s'en va venir, id. Sicil. se. 4 8. Le jour s'en va paraître, id. Éc. des f.v, 4. Je m'en vais la traiter du mieux qu'il me sera possible, id. Sicil. 4 9. Elle [une comédie] s'en allait être conduite à bonne fin quand le diable s'en mêla, scarb. i, 6. Tout le trouble poétique À Paris s'en va cesser, boil. Épig. 2a. Avec la liberté Rome s'en va renaître, corn. Cinna, 1, 3. Par de feintes raisons jo m'en vais l'abuser, rac Iphig. iv, 40. Je m'en vais vous unir, iD.ift(/»r.ni, 6. Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entretien des siècles à venir, id. Iphig. 1 , 6. Un cruel (comment puis-je autrement l'appeler?) Par la main de Calchas s'en va vous immoler, id. t'6. 111,6. Je m'en vais t'étonner : cette belle Monime.... m. Mith. 1, 4. Apprendsà mépriser le néant de la vie; Songe qu'au moment que je veux Enseigner l'art de vivre heureux , Elle s'en va m'être ravie, chaul. S. la mort. Il semble qu'il est en vie et qu'il s'en va parler, mol. Fest. m, 7. Je m'en vais t'étonner : son superbe courage.... volt. Zaïre, 1, 4. Je m'en vais vous mander un petit secret,

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36° Locution*. C'est un las d'aller, c'est un paresseux. Il Aller son petit bonhomme de chemin ; vaquer tout doucement à ses affaires. || Aller son grand chemin ; n'entendre point de finesse à ce qu'on fait, à ce qu'on dit. || Il ne faut pas aller par quatre chemins ; il faut s'expliquer franchement. || X force de mal aller, tout ira bien; il faut espérer que le malheur se lassera, et que des circonstances heureuses surviendront. || On va bien loin depuis qu'on est las ; il ne faut pas se laisser aller au découragement. || Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse ; à force de s'exposer, on finit par succomber. || Tous chemins vont à Rome ; il y a différents moyens pour atteindre un but. || Les premiers vont devant ; les plus diligents ont l'avantage. Il On l'a bien hâté d'aller; on lui a fau une rude réprimande. Il Tout va, la paille et la blé ; on n'a rien épargné. || 11 s'en est allé comme 1 est venu; c'està-dire il sort d'une affaire comme il y était entré. Jean s'en alla comme il était venu, Mangeant le fonds avec le revenu, la font. || Dites-lui cela, et puis allez vous chauffer à son feu ; osez lui reprocher en face sa faute, et puis demandez-lui quelque service! || Toujours va qui danse; c'est-à-dire une chose se fait bien ou mal. || Aller à tout vent; se laisser influencer par le premier venu, par toutes sortes de personnes. Vous allez à tout vent. Rien de si dangereux que d'aller à tout vent. || 37° En termes de vénerie, la bête va de bon temps, c'est-à-dire est passée depuis peu de temps. || N'aller plus de temps, être passé depuis un ou deux jours. || Aller au vent, se dit d'un chien qui va le nez haut. Il Aller de hautes erres, se dit d'une bête passée il y aplusieurs heures. || Aller sur soi, seditde labête qui revient par le même chemin qu'elle avait pris. Il 38° En termes de manège, se dit en parlant du cheval : Aller le pas , l'amble , le trot , le galop , il: grand trot, le grand galop. ||. Aller de l'oreille, se dit d'un cheval qui fait une inclination de tête à chaque pas. Il Aller étroit, s'approcher du centre du manège. Il Aller large, s'éloigner du centre du manège. Il 39° En termes d'escrime, aller à l'épée, se dit d'un tireur qui s'ébranle et fait de trop grands mouvements avec son épée. Aller à la parade,' parer un coup.

— REM. 1. Le pronom réfléchi complément d'un verbe peut se mettre avant le verbe aller placé luimême devant ce verbe : Aller se battre , ou s'aller battre; il est allé se promener, ou il s'est allé promener. Plus le vase versait, moins il s'allait vidant, la font. Phil. et Baucis. || 2. X l'impératif, seconda personne du singulier, on écrit va-l'en, avec une apostrophe après le (, indiquant ainsi que t' est pour le, pronom personnel. En effet à la première et à la seconde personne du pluriel, le pronom reparaît dans ces expressions : allei-vous-en , allons-nous-en. \\ 3. Loc. vie. Je me suis en allé. Dites : Je m'en suis allé. Dans la conjugaison du verbe s'en aller , la particule en doit toujours être placée immédiatement après le second pronom personnel, comme dans ces phrases : Nous nous en sommes allés ; vous vous en étiez allés ; ils s'en seront allés ; et non , nous nous sommes en allés ; vous vous étiez en allés; ils se seront en allés. Une autre locution vicieuse, c'est de redoubler en : Mon maître, Dieu me sauve, ne fut jamais qu'un traître, il s'en est en allé, scarron, Jodel. v, 4. Dans les temps simples, lorsque la particule y entre dans la phrase, y se met devant en : Je m'y en vais ; nous nous y en allons; je m'y en allais; je m'y en irai; nous nous y en irions, s'il le fallait; il voulait que je m'y eu allasse. L'impératif va-t'y en, qui est tout à fait régulier, est peu usité. Au reste, on ne se trompera pas sur la conjugaison du verbe ér"en aller, si l'on remarque. qu'il se conjugue exactement comme les verbes réfléchis formés de même, s'en flatter, s'en informer, etc. et que il s'est en allé est aussi barbaie que le serait il s'est en informé ; si l'on remarque en outre que, dans les verbes, ysemet toujours devant : il y en faut, j'y en apporte, et que c'est pour cela que la locution populaire je m'en y vais est fautive.

Il 4. Lorsque la deuxième personne de l'impératif va est suivie de en ou de y, on l'écrit vas : Vasen savoir des nouvelles; vas-y; et l'on prononce va-z-en, va-z-y. Des grammairiens ont contesté cet usage ; ils ont dit que vas-y u'était admissible que dans les cas où ce pronom n'est pas immédiatement suivi d'un verbe ; ils veulent bien qu'on écrive : Vas-y toi-même; vas-y pour me faire plaisir; mais ils veulent qu'on écrive : Va y porter mes livres ; va y chercher ta mère ; et condamnent par conséquent : Vasen savoir des nouvelles. Mais cela est arbitraire ; du moment que vas-y est bon, comme il n'est fait

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que pour l'oreille, la règle euphonique s'applique à y même suivi d'un infinitif et à en. || 5. Locut. vie. Il a plusieurs endroits à aller. Dites : Il lui faut aller en plusieurs endroits. En effet , on ne peut dire aller un endroit , aller plusieurs endroits. || 6. L'Académie admet la locution : Cette essence fait en aller les taches. Elle a partout consacré cette ellipse par laquelle le langage populaire supprime le pronom personnel; disant : Je l'en ferai souvenir, vous le faites enfuir, etc. Mais, bien entendu, la locution régulière reste toujours avec le pronom personnel." je l'en ferai se souvenir, vous le faites s'enfuir. || 7. Aller au-devant. Voici <'omme il se faut servir de cette phrase; par eiempie il faut dire : Il est allé au-devant de lui ; il faut aller au-devant de lui; et non pas : il lui est allé au-devant; il lui faut aller au-devant. || 8. Va croissant, va faisant. « Cette façon de parler avec le verbe aller, dit Vaugelas, est vieille, et n'est plus en usage aujourd'hui, ni en prose ni en vers. On n'emploie plus aller que quand il j a un mouvement local. Ainsi on dira bien d'une rivière : elle va serpentant. » Cette remarque de Vaugelas, heureusement, n'a pas prévalu; et l'on dit très-bien : Le mal va croissant.

— SYN. 1«être allé, avoih été. Ces deux eipressions font entendre un transport local; mais la seconde le double. Qui est allé a quitté un lieu pour se rendre dans un autre; qui a été, a de plus quitté cet autre lieu où il s'était rendu. Tous ceux qui sont allés à la guerre n'en reviendront pas. Tous ceux qui ont été à Rome n'en sont pas meilleurs. || 2° aller, venir. « Aller se dit du lieu où l'on est à celui où l'on n'est pas; venir se dit, au contraire, du lieu où l'on n'est pas à celui où l'on est. Par exemple, si je suis à Paris, je dirai qu'un courrier est allé de Paris à Rome en deux jours, et qu'il est venu de Rome a Paris dans le même temps. Vaugelas, dans sa traduction de Quinte -Curce , a dit néanmoins : Alexandre vint mettre le siège devant Célène : il semble qu'il fallait dire, alla mettre le siège, Quinte-Curce, qui parle, n'étant pas à Célène lorsqu'il écrivait l'histoire d'Alexandre. Notre règle ne reçoit aucune exception à l'égard du mot aller ; mais, à l'égard de celui de venir, elle en reçoit plusieurs : 4* Ce mot se dit aussi du lieu où l'on est à celui où l'on n'est pas, lorsqu'on est près de quitter ce lieu où l'on est; par exemple, si je suis sur le point de quitter Paris pour aller en Anjou, je dirai à quelqu'un qui pourrait avoir dessein de faire le même voyage : Voulez-vous venir en Anjou avec moi? 2° Il se dit encore du lieu où l'on est à celui où l'on n'est pas, quand on parle de celui où l'on demeure ; ainsi , je dirai à quelqu'un que j'aurai rencontré dans la rue : Voulez-vous venir demain dîner chez moi? » ménage. En général, la différence entre aller et venir étant que aller indique le mouvement seul, et que venir considère aussi l'arrivée, on pourra mettre venir partout où l'idée d'arrivée sera impliquée.

— hist. x* s. Aler in Niniven, Fragm. de Fuient, p. 4G7.

— xi* s. E s'il à la terce fiée [fois] ne pot dreit aver , ait [qu'il aille] à conté, L. de Guill. 42. Alez en est en un verger souz l'ombre , Ch. de Roi. n. Franc s'en irr.unt en France la lur terre, t'6. îv. Dist à ses homes : Seignur, vous en ireiz, t'6. vi. Li empereres s'envait dessouz un pin, ib. xn. Mais il me mande que en France m'en alge [aille], ib. xm. [Il] vait s'apuier souz le pin à la tige, ib. xxxvi. Enz au verger s'en est allez li reis, ib. xxxvn. Beste [cheval] n'i a qui encontre lui alge [aille], t'6. cxiii. Seigneur, dist-il, moût malement nous vait, ib. cliv. Ainz qu'en alast un seul arpent de champ.... ib. clxui. Jointes ses mains [il] est alét à sa fin [est mort] , t&. clxxiii. Qu'il ainz [aille] ad Ais où Charles sealt plaider [tenir le plaid] , t'6. clxxxix. Je vous cornant qu'en Saragoce algez [aillez] , ib.

— xii* s. Je vei [vais] mostrer, Ronc. p. 2. Aut s'en [qu'il s'en aille] en France,*, p. 3. Or, baron, de l'aler [heure est d'aller] , t'6. p. «. Ne s'en voudra aler, t'6. p. 8. Se il i vait, t6. p. 43. François vont disant, »'&. Irez à l'amirant, t'6. N'alez mie àtardant, t'6. p. 44. Qu'alez ici disant, t6. p. 20. [11] s'en va seoir, t'6. p. 25. Va s'en li jors, si revint la vesprée, t&. p. 33. N'i a franzois [qui] sur lui ne soit alant, t'6. p. 35. Contre le ciel vait moût bien torniant Son fort espié, t'6. p. 37. Granz quinze lieues en est la voix [du cor] alée, t'6. p. 84. L'escu au col [il] lait [laisse] le cheval aler, ib. p. 61. Quant [il] eut aie la monte d'un arpent, t'6. p. 400. De maintes choses [il] se ta lors remembrant, t6. p. 4 06. Dist Baligans : car en alez, baron, t'6. p. 4 20. Droit en sa chambre [elle] en est courant alée, t'6. p. 446.

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Oliviers voit la mort »e vait hastant, t'6. p. 82. En la montaigne où je m'en fu allez, t'6. p. 94. Conquerre [j'] allai d'Espaigne le païs, t'6. p. 4 80. Le destrier [il] broche | pique], moût le fait tost aler, t'6. p. 75. Le plus fort membre qui m'alloit soutenant, t'6. p. 454. Qui à saint ' Jacques en vont le droit chemin, t'6. p. 4 56. Vez-ci mon gage, je veuil qu'il aille avant, i6. p. 4 84. [Nef] qui va là où vent l'empraint, Couci, m. Ainz que j'aille outremer, t'6. vi. Ne je ne veuil tout le siècle [m'] ennuier, Ou aler m'en [m'en aller] mourant, t'6 vin. Chançon, va-t'en là où mes cuers t'envoie, t'6. xvi. Je m'en vois, dame; à Dieu le creator [je] Commant vo cors [votre personnel, en quel lieu que je soie, t'6. xxn. Cestui veulent [les dames] et à cestui s'otroient, Cestui tiennent, cestui laissent aler, quesnes, Romancero, p. 87. Vostre clairs vis [visage] qui sembloit fleur de lis, Est si aies ore de mal en pis, Qu'il m'est avis que me soiez emblée, ib. p. 4 07-. Lasse, fait-ele, or m'y va malement; Livrée [je] sui à une estrange gent, t'6. p. 70. Guiteclins va par terre o sa grant baronie, Sax. vn. Vous irez à Cologne la fort cité garnie, t'6. Quant fu faisli services [divin], si sunt aie laver, t'6. zui. Si servez vo [votre] seigneur, où qu'il vait ne quel part, t'6. xix. Mais onc homme n'allèrent siperilleusement, ib. xxi. Ardunt irons ses viles, ses chastiax et ses bore, t'6. xvii. Mais arrière [qu'ils] s'en aillent ainsi corn sont venu, t'6. xxvm. Respundi li evesches : ne t'apelai pas, mais va arrière dormir, Rois, p. 44. E quant tu serras del siècle aled, beaus sire reis.... t'6. 223. L'arcevesque Thomas tut avant s'en ala ; La cruiz arceveskal il meïsmes porta, Th.leMart. 39. Là ù sist sur le banc, entre lui e le rei , Alouent [allaient] li barun , dui e dui , trei e trei , t6. 40. L'escrierent en haut à hu e à desrei : Li traïstres s'en vait, veez lei, veez lei, t'6. 46. Et cil du païs vont et viennent Et enz e fors à lor plaisir, la Charrette, 4908. ....à sen annar Làverreiz tant baron por lui plorar, Gérard de Ross. p. 294. Quant sera au mostier, annaz en lai [allez-vous-en là] , t'6. p. 36».

— xm* s. De là s'en alla- il vers le roi Phelipe d'Alemaigne, qui sa serour avoit àfame, villeh. xlii. Le conte Gautier de Briene qui s'en aloit en Puilie conquerre la terre safemme, m. xx. Et se nus en voloit aler encontre, vos li aideriez encontre ceus qui contre li seroient, id. ex. Et quant notre gent virent ce, si commencierent à aler le petit pas emprès les batailles des Grieus, id. lixtu. S'ilaloient seurcrestiens, il iroient contre la loi de Rome, id. lu. Qu'à Saint-Denis [j'] i voie pour prier Dieu merci, Berte, i. Qui aloient jouant sur l'herbe qui verdie, t'6. u. Vers le lion [il] s'en va, ou soit sens ou folie, ib. Le roy Charle Martel convint à fin aler [mourir], t'6. ni. Il meïsmes ala trois serjans apeler, t'6. xvn. Ha sire Diexl fait-elle, voirs est qu'ainsi alla [qu'ainsi les choses se passèrent] , t'6. zxv. Et li autre moururent, sachez qu'ainsi ala, t'6. cvni. Que mon afaire va toujours de mal en pis, ib. xxx. Car je sai vraiement, morte sui et allée [perdue], ib. xlvi. Père de paradis, or est ma vie alée [finie], t'6. Quant elle eut, une pièce, la sentelette alée, t'6. Laissez tout ce aler, n'en soit parole dite, t'6. liv.Ï ma mère [je] m'en vois courant, lui monstrerai, t'6. lvii. [Que] Dame Dieu la consaut [conseille] , quele part qu'ele voise, t'6. lxi. Amis, vous en irez en la vostre contrée, t'6. lxviii. Que li rois s'assenti à ce qu'ele y voïst [allât], t'6. u. Je veuil qu'o vous s'en voist [aille] noble chevalerie, ib. lxxii. [Je] ne veuil pas que aillez à petite maisnie, t'6. u. Je lo [conseille] en bonne foy que nous nous en aillons, t'6. lxxvh. Quant Tybers et les serve voient qu'il va ainsi , t'6. lxxxix. Mais contre jugement ne veuil-je mie aler, t'6. xcvn. Tant [ils] ont par leur journées aie et pourseû, Que sont droit en Hongrie leur païs revenu , t'6. ci. Tantost connut [elle reconnut] sa mère, as pies lui est alée, t'6. cxxvi. Endementiers, li desloiaus rois Henris ala tant entour la damoisiele qu'il fut carnelement à li, Chr. de Rains, p. 43. Mes qu'est aie n'est à venir, Lai du conseil. Or n'a peur que nus le voie; SeOrement s'en va sa voie, Ren. 7432. Li criz qui après lui engraingne Le fîst aler plus que le pas, t'6. 4 94 3. Biensavoitle bois tôt entier, Que mainte foiz l'avoit allé, ib. 4894. Onques n'i quist ne sel ne sauge ; Eneor ançois que il s'en auge, Getera-il son ameçon, Il n'en est mie en soupeçon, t'6. 840. Mes comment qu'il viegne ne aut, X grant poine s'en est estors, t'6. 24652. Lors dist Poncet : au Deu plesir; Nos alomes la messe oïr; Tuit alomes vers le mostier, t'6. 42582. Et la dame et le chevalier Tantost commande appareillier Les chevax, et tost enseler, Contre son père veult aler [à la rencontre], t'6. 22644 Que vous iroie-ge

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datant? la Rose, 6557. or aut si cum aler porra, Or face Amor ce qu'il vorra, t'6. 4207. N'il n'est nus qui celé part voise, Que tous li cuers ne li renvoise [devienne plus gai] , t'6. 4027. Li tens qui s'en va nuit et jor, Sans repos prendre et sans sejer, Et qui de nous se part et emble, ib. 361. Les roses overtes et lées [larges] Sunt en ung jor toutes alées [passées], t'6. 4 654. Tout li monde vait ceste voie, t'6. 4365. Li fondement tout à mesure Jusqu'au pié du fossé descent, Et vait amont en estrecent [se rétrécissant], t'6. 3822. Et se tu os [entends] nul mesdisant Qui aille famés desprisant , Blasmele , et dis qu'il se taise, t'6. 2428. La sentence de la grignor partie et de la plus seine veit avant, Liv.deJust. 29. Li baillif,segont l'ordre de droit, augent [aillent] avant ou [au] plet, t'6. En tel saisine et en tel teneure corne le père ou la mère avoient quant il alerent de vie à mort, Ass. de 1er. i, 246. Ains en seroient tuit coupable cil qui seroient aie en l'ayde du fet, beaum. xxx, 58. Et por ce pot on, en tix cas qui sunt apert, aler avant par voie de dénonciation, m. lxi, 2. On ne me pùrroit pas dire que je allasse contre le jugié, id. vu, 7. Nous sommes aie contre le commandement Mahommet, qui nous commande que nous gardons le nostre Seigneur aussi comme la prunelle de nostre œil, joinv. 248. Le grant roy desCommains li bailla unes lettres qui aloient à leur premier roy, id. 266. Seigneurs, madame la royne ma mère m'a mandé et prié tout comme elle peut, que je m'en voise en France, id. 254. Le roy feust moult volentiers aie avant, sans arester, en Egypte, id. 210. Mon cheval s'agenoilla pour le fez [faix] que il senti, et je en aie ouire parmi les oreilles du cheval, id. 225. Seigneurs, vous ne fêtes pas bien ; car nous sommes là où en [on] nous a commandé, et vous alez outre commandement, id. 277. Mestre Geffroy, alez dire à la royne que le roy est esveillé, et qu'elle voise vers li pour li apaisier, id. 287. Je li requis que je et ma gent alissiens jusques hors de l'ost, id. 247. Il n'ot guieres aie [il n'avait guère fait de chemin] quant il ot plusieurs messages du conte de Poitiers son frère, du conte de Flandres , etc. id.

— xiv* s. En tele manière que tu dévies et vaises hors de vérité, oresme, Eth. 463. Et celui qui est incontinent, il est et va hors de raison, id. t'6. i»2. Bertran à l'aprochier ung petit l'enclina : Or avantl dit li princes, Bertran, comment vous va? Gvescl. 4 300. La dilacion m'est greveuse, Et la demeure trop ennuyeuse; Car j'ay trop plus chier la bataille Que le trecté, que qu'il en aille [quoi qu'il en arrive], Liv. du bon Jehan, 4228.... Ainsin va de la guerre; On voit sovent fortune torner en petit d'ore, Girart de Ross. v. 2260.

— rv* s. Il me plait bien que cette ordonnaace voise ainsi; mais.... froiss. i, i, 234. Messire Gautier de Mauny s'en issit hors [du châtel] atout cent ou cent vingt compagnons, et en alloient par outre la rivière de leur costé fourrager, id. i, i, 260. Si vous disons que nous conseillons mon seigneur , qui cy est , qu'il s'en voise en France veoir le roy san cousin, id. i, i, 64. Sitost qu'il vit le duc, il [Jean de Norvich] osta son chaperon et le salua. Adonc lui demanda le duc: Jean, comment va? vous voulez vous rendre? id. i, i, 256. Le diable alla entrer au corps de ce Jacques, id. ii, ii, 30. Nous ne pouvons faire meilleur exploit que de aller ce chemin que nos ennemis sont allés, id. u, II, 237. Le duc... bien savoit que il faisoit mal et point n'y pourveoit, mais souffroit les choses aller à l'aventure, id. m, iv, 24. Il seroit bon que parla rivière nous alissions visiter nos ennemis, m. 11, 11, 76. De ces responses fut le comte de Hainaut tou' grigneux, et dit qu'il n'iroit pas ainsi, id. 1,1, 449. Ils estoient si foibles et si fondus et si affamés qu'à peine pouvoient ils aller en avant, id. i, i, 44. Gautier, vous en irez à ceux de Calais, et direz au capitaine que.... id. I, I, 320. Les nouvelles vinrent au roy de France de la besogne comment elle estoit allée, id. 1, 1, 4S4. Et ces brigands brisoient maisons, coffres et escrins, et prenoient quanqu'ils trouvoient, puis s'en alloient leur chemin, chargés de pillage, id. i, i, 324. Beau frère, dit messire Henri, il ne va point ainsi, id. 1,1, 4 64. Si allèrent à conseil ensemble, id. i, i, 219. Je ne dy riens que tous nevont disant, en. d'orl. Bal. 9. Tant vale pot à l'eau qu'il brise, id. Rond. Donc il advint.... que il ouït dire que un chevalier d'Angleterre.... s'alloit vantant qu'il avoit traversé tout le royaume de France, mais oneques n'avaitpeu trouver chevalier qui eust osôjouster à luy, Bouct'q. 1, ch. 13. Si advint que un des escuyers qui chevauchoit devant

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luy, la vit par une fenestre, et va dire : 0 que voilà beau chef 1 t'6. îv, ch. 7. Et du faict du roy d'Angleterre ne leur challoit au demourant comment il en allast, comm. iv, 7. Mais alla ledit duc de Bourgongne de nouveau sur les Lvegeois, id. il, 3. Un an ou deux avant qu'allisions eu Italie, id. vu, s. Et qui ne fust allé à labonne foy ,c'estoit ung très dangereux chemin, id. iv, 9. Voulez vous que je voisse toute nue? l. xi, Nouv. lxviii.

— xvi« s. Comment te va ? marot, I, )98. Et par les champs ne voy aucun berger Oui pour la nuit ne s'en voise héberger, id. i, 3)9. Mal t'en ira, id. h, 14, Or t'en va, quand et où il te plaira, id. u, )83. 11 s'en va nuict, et des hauts monts descendent Les umbres grands, qui parmi l'air s'espandent, id. iv, 7. Et alissiez vous à tous les dyables, je proteste jamais ne vous laisser, rab. Panl. u, 9. Les chemins cheminent comme animaulx. Et veidz que les voyaigiers demandoyent où va ce chemin? id. t'6. v, 26. Qu'ils voisent maintenant, et facent un bouclier de leurs allégories, Calvin, lnstit. 489. Il va bien que présomptueux qui voudrait imposer loy à Dieu, n'est point arbitre en ceste cause, id. t'6. 580. Mais d'affermer cela, et principalement en telle hardiesse qu'ils y vont, qu'est-ce autre chose, que.... id. t'6. 70) . L'Escriture condescent à nostre petitesse , comme une mère à l'infirmité de son enfant, quand elle le veut apprendre d'aller, id. t'6. 738. Ne vous ennuyiés de souvent faire savoir comme il vous va à celle que toujours trouvères vostre, maro. Lett. 3. Et encores demain s'en va ma tante de Nemours en Savoye, id. t'6. 8. Je m'esclatay la peau dessus le genou de près d'ung empan , mais cela s'en va gary, id. t'6. 47. Et pensés, voyant vos affaires aller sy bien, en quel contentement et louange de Dieu s'en va priant pour vostre prospérité, vostre.... id. t'6. )27. Elle alloit «'amollissant, mont, i, 4. Se laisser aller à toute sort* de conseils, id. i, )96. Si elle feust toujours allée ce train, id. i, 232. Ils s'y en allèrent avecques leurs femmes et enfants, id. i, 233. Ils vont nus par dévotion. Aller la teste couverte, m. i, 26». Allez vous y en, id. i, 296. Je m'en vais clorre ce pas par un verset ancien, id. i, 336. Je m'en voys quant et vous, id. m, )83. Et qu'elles ne se voisent pas coucher de si bonne heure, desper. Cymbal. )27. Les Lacedaemoniens le regrettèrent fort quand il s'en fut allé, amyot, Lyc. 7. Il prouvoira mieulx à son faict, quand il verra qu'il y ira de sa vie et de son estât ensemble, id. Tliérn.'Ai. Autrement, les affaires des Carthaginois s'en ailoient ruiner, id. Pa6. )2, Remporte donc ton or et ton argent, et t'en va, id. Cimon, )7. Toute la ville s'en alloit déserte sans l'accident qui arriva à la citadelle, d'aub. llist. u, 326. Le roi qui s'en alloit exécrable à son peuple, se rendit inimitable aux dévotions, (id. 330. Pour aller trop tes beaux soleils aimant, rons. 7. Et de ces yeux qui me vont dévorant, id. )9. Voicy les fleurs où son pied va marchant, Quand à soy mesme elle pense seulette, id. 85. Quelque part où je voise ... id. 2)6. Que ne pensoy-je, alors que j'estoy belle, Ce que je vay pensant? id. 466. Ainsi tout va par fraudes et par fainte, id. 64». T'embrassant en mon sein pour la dernière fois : Car là bas aux enfers, Adonis, tu t'en vois, id. 796. S'il se laissent trop aller à prendre plaisir d'en deviser,

— ÊTYM. Bourguig. aulai, ailai; provenç. et catal. anar; espagn. et portug. andar; ital. andare; ital. ancien, d'après Castélvetro, anare. Ici se présente une première question : aller et andare sont-ils un seul et même mot? Diez paraît l'avoir résolue d'une façon satisfaisante. Il rapporte un vers de Tristan : Que vos anez por moi fors terre ; et un vers de la chronique de Benoît : Si qu'en exil nos en anium. A la vérité Burguy, Gramm. t. I, p. 286, pense que anium est une mauvaise leçon, et qu'il faut aujun (comp. qu'il aut, qu'il aille), se fondant sur ce que la forme aner ne peut appartenir au dialecte normand dans lequel Benoît a écrit. Mais je trouve dans la chanson de Roland, qui est aussi un texte normand, qu'il ainx, pour qu'il aille; ainx vient d'aner. L'objection de Burguy ne subsiste donc pas, et il faut admettre que, dans l'ancien français, à côté de aller, il y a eu une forme aner, parallèle aux autres formes romanes. La permutation de l'n en l n'est aucunement sans exemple dans le français : témoin orphenin et orphelin, venin et velin. entre lesquels la langue a hésité. Si l'on admet que les verbes romans viennent d'un mot latin (l'allemand wallen, aller, qu'on a cité, aurait donné gualer), le français et le provençal aner, anar, supposent adnare; l'espagnol andar suppose ambitare ou adilare; l'italien andare suppose aditare, avec l'in-

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tercalation d'une nasale. Diez remarque que am6i- Sare, fréquentatif d'am6ire, aller autour, a pu trèsbien donner l'espagnol andar, mais que la syllabe am6 ne se rend pas en italien par and, et qu'il faut l'exclure, à moins d'admettre que le mot italien dérive du mot espagnol; dérivation que, historiquement, rien ne justifie. Excluons donc ambilare. Diez s'attache a aditare, fréquentatif d'adiré, et employé quelquefois par les Latins eux-mêmes dans le sens d'aller; il fait voir que adilare a pu faire andare en intercalant une nasale ; ce qui arrive, voyez rendere, de reddere. Le fait est que l'italien andito est Vadilus latin, et témoigne que le verbe adiré a laissé des traces. Maintenant entre acnare fourni par anar, aner, et andare fourni par aditare, quel choix faire? Aditare donnerait en français aller ou ander, en provençal andar, mais non aner ou anar; pour le faire prévaloir, il faudrait admettre qu'ils viennent de l'italien, ce qui n'a dans l'histoire de ceslangues aucune preuve. Adnare, qui donne aner et anar, fournira probablement l'espagnol andar, bien que je ne connaisse pas de combinaison dn qui en espagnol donne nd; mais fournirait en italien annare, et non andare. A la vérité Diez remarque que le catalan supprime souvent le d, disant manar pour mandar; que c'est le catalan qui a fait anar de andar, et que de là la forme sans d s'est étendue dans la langue d'oc et dans la langue d'oïl. Mais c'est là un pas que l'on ne peut franchir sans autre exemple que celui-là même qui est en question : le d en cette position ne disparaît pas dans ces deux langues. Diezaprouvé pleinementje crois, que andare peut venir de aditare; mais il n'a pas prouvé comment aditare aurait donné anar et aner. Il se présente deux solutions de cette difficulté : ou admettre qu'il y a eu deux formations : l'une , de andare, qui vient de adilare; l'autre, de anar, aner, qui vient de adnare. adnare est cité daus le Glossaire de Papias, avec le sens devenir; Virgile a dit en parlant de Dédale : Insuelum per iter gelidas enavit ad arctos, Mn. vi, )6; et adnare pour aller n'est qu'une métonymie comparable à celle de adripare dit pour arriver. Cette solution est la seule qui satisfasse aux exigences de la dérivation dans les langues romanes; mais elle pèche contre une exigence considérable , à savoir l'exigence historique: d'ordinaire la formation est analogue dans les quatre grands embranchements; aner, andare, andar et anar sont trop voisins de forme et de sens pour qu'on ne pense pas qu'ils émanent d'une même création. Le problème étymologique en est là : trouver comment anar ou aner s'accommode avec andare, si c'est aditare qui est le radical ; ou comment andare s'accommode avec anar ou aner, si c'est adnare qui est le radical ; ou enfin trouver comment il se fait qu'il y ait eu une double formation pour un mot si usuel; s'il faut prendre adnare pour les langues cisalpines, et aditare pour les langues hispano-italiques; ou bien enfin, dans l'incertitude qui reste, si quelque autre mot encore inexploré n'est pas l'origine.

— REM. La conjugaison d'aller se complète avec deux autres radicaux , savoir celui du futur et du conditionnel, qui se rapporte au verbe latin t're (voy. irai pour l'étymologie) , et celui de je vais, tu vas, il va, ils vont, dérivé du verbe latin tiadere (voy. vais pour l'étymologie). Autrefois , je vais avait un subjonctif, que je voise, conservé dans le picard, que je m'en voiche. Marg. Buffet, Observ. p. 79, )668, dit qu'à Paris la bourgeoisie se sert ordinairement de cette locution : vous voulez que je voise, et que c'est une des plus barbares.

2. ALLER (a-lé) , s. m. || 1" Action d'aller. Lorsque le chevreuil a confondu par ses mouvements la direction de l'aller et du retour, buffon, Chevreuil. || Proverbes. Au long aller petit fardeau pèse , c'està-dire, à la longue, légère charge devient lourde. || Avoir l'aller pour le venir, faire un voyage, une course, une démarche inutile. || 2" Le pis aller, le pis qu'il puisse arriver. Voilà votre pis aller, sév. 382. || 3° Au pis aller, avec le plus grand mal qui puisse arriver. Au pis aller, il en sera quitte pour une amende.

— HIST. xii* s. Ses ieuz, son vis, qui de joie sautele, Son aler, sonveDir, Son beau parler etson gent maintenir, Couci, xvm. || xm* s. Puisque l'aler en France ne volez laisser mie.... Berte, lxxii. X l'aller que nous feismes outre mer, joinv. )92, || xv' s. Tant à l'aller qu'au retourner, comm. vu, Prologue. ||xvi' s. Le temps, pour vray, efface toutes choses ; Au long aller mes tristesses encloses Effacera.... marot, i, 369. Encor posé le cas que l'eusse faict, Aupis aller n'y cherrait qu'une amende, |

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id. u, 89. Au pi» aller je serais trop heureuse de mourir avec tant de vertueuses personnes, margueb. Lett. )27. Si ne perdit elle point le cœur ni l'aller [la force de marcher], id. iVout). lxi. lUaront l'aler pour le venir, du guet, dans pal*gr. p. 97).

tALLÉSÊ, ÉE (a-lé-zé, zée), part, passé.

t ALLÉSER (a-lé-zé), v. a. Agrandir le calibre d'un canon.

— etym. Probablement à l'aise ; mettre à l'aise. ALLEU (a-leu), ». m. Auplur. alleus. || 1- Terme

de droit féodal. Bien héréditaire. Tenir d'alleu , posséder héréditain ment. La loi des Francs ripuaires, fidèle interprète d-5 la loi salique dans le titre des alleus, montesq. Esprit, xvm, 22. || a- Franc-alleu, bien héréditaire exempt de tout droit seigneurial. Tenir en franc-alleu, c'est tenir terre de Dieu seulement. Le franc-alleu noble ne doit pas être confondu avec le franc-alleu roturier; quoiqu'ils fussent égaux en franchise, ils différaient en ce que le franc-alleu noble avait droit de justice et que le franc-alleu roturier était terre sans justiee.

—HIST. xn« s. Qui donc veîst le duc ses alues contredire [défendre], Sas. x. || xiii' g. Nus, selonc nostre coustume, ne pot pas tenir d'alues, et on apele alues ce qu'on tient sans rendre à nului nul» redevance, heaum. xxiv, 4. Monsignor Gerart donné et otroyé en aumogne à l'église monsigno S. Pierre de > asteuai tout sen [son] alou quanque il avoit à Landeville, du cange, alodis. || xvi* s. Immeubles sont biens aïeux, amortis, féodaux, roturiers, etc. loysei,, 2)0.

— ÊTYM. Provertç. tUoe, eUluc ; espapi. alodio; ital. allodio; basse-latinité, allodarvm, edlttdium, allodinum, alodet, alodis, aledium , alaudum, alaudis, aluetum. On trouve aussi dans l'ancien français les formes aloud et aleuf. De nombreuses étymologies ont été proposées pour ce mot. La mi van te a pu paraître plausible : d* al peur ad, et du mol germanique ]pd eu loos qui signifie ce qu'en latin on nommait fbrt , c'est-à-dire une portion de terre assignée par le sort à tout homme libre dans le partage des fonds attribués aux barbares après l'occupation des provinces de l'empire romain. Allodium serait ainsi un mot hybride, qu'on représenterait trèsbien par le latin barbare adsortiutm ; l'anglais allot, attribuer par le sort, favoriserait cette étyraologie. Mais la véritable est celle qui tire nlltu des mots germaniques, ail, tout, et od, bien, propriété, c'est-à-dire propriété entière, complète. Ce qui lève toute incertitude, c'est que le radical od avec le sens de bien-fonds, s'est censervé dans le suédois odal-man, propriétaire en frano-alleu, tdal-siànd, ordre des propriétaires, odla cultiver, odling culture, et dans le danois, odel, héritage allodial, odels-mand, seigneur foncier. Ces rapprochement* ne laissent aucun doute.

fALLIABLE (a-li-a-bl'), adj. Qui peut être allié. La difficulté d'ajuster deux choses si peu alliables [le deuil et la joie] le trahit [le due d'Antin] , st-

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