SIMON
— ÊTYM. Allier.
ALLIACÉ, ÉE (al-li-a-sé, sée), adj. || l°Qui tient de l'ail. || 2° S. f. plur. Nom donné à un groupe de la famille desliliacées, qui a pour type le genre ajlium.
— ÊTYM. Allium (voy. au.).
ALLIAGE (a-li-a-j'), s. m. || 1" Combinaison de deux ou plusieurs métaux. || 2° Fig. Mélange impur. U y a peu de vertus humaines sans quelque alliage.
ALLIAIRB (al-li-ê-r') , s. f. Plante bisannuelle, qui tire son nom de l'odeur d'ail qui la distingue. Elle est regardée comme diurétique et antiscorbutique.
— ÊTYM. Ail.
ALLIANCE (a-li-an-s'), s. f. || 1" Acte par lequel on s'allie. ||2° Union, confédération entre des Etats. Traité d'alliance. Alliance offensive et défensive. Les Indes recherchent son alliance, boss. Hist. i, ». Après avoir fait alliance avec le nouveau roi, fén. Tél. m. L'alliance qui venait d'être jurée, id. i&. x. Avec nous tu juras une sainte alliance, rac. Esth. i, 3. || Ancienne alliance, alliance que Dieu contracta avec Abraham. Nouvelle alliance, alliance de Dieu avec tous ceux qui croient en Jésus-Christ. 113° Union par mariage. Une riche alliance. Ah ! seigneur, songez-vous que toute autre alliance Ferait honte aux Césars auteurs de ma naissance? rac. Brit. u, 8. C'est là qu'il les attend pour bénir l'alliance, corn. Rodog. v, 2. Rome vous permet cette haute alliance, îD.lVicom.i,). 114° Bague de mariage. || 5° Fig. Union, mélange. Pour faire voir l'alliance qu'ils cal faite des maximes de l'Évangile avec celles
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du monde, pasc. Prov. 7. Tout tombe sous son alliance [tout a un lien avec lui],iD. édit. Cous. Comme l'alliance de la géométrie et de la physique fait la plus grande utilité de la géométrie et toute La solidité de la physique, fonten. Bernoulli. || 6* Alliance de mots, toute réunion de mots formant une expression remarquable, telle est, dans Corneille, dévorer un règne. Il y a des alliances de mots qui sont bonnes, il y en a qui sont mauvaises. Cet autre exemple de Corneille est très-beau : Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre.
— SYN. ALLIANCE, COBFÉDÈRATION, LIOUE, COALI- TION. L'alliance est une amitié établie par des traités entre des souverains , des nations, des Etats, des puissances.La confédération est une union d'intérêtet d'appui contractée entre des corps, des partis, des villes, de petits Etats pour faire ensemble cause commune; c'est cette condition de faire cause commune qui distingue la confédération de l'alliance qui, étant un mot plus général, n'implique pas la défense réciproque. La ligue est une jonction formée entre des souverains, des partis, des particuliers puissants, pour exécuter une entreprise commune et en partager les fruits. Ce qui sépare la ligue de la confédération, c'est que la ligue n'a pas la permanence de la confédération et a d'ordinaire un objet plus borné. Ligue prend souvent aussi une acception défavorable. Coalition diffère de ligue moins par le sens que par l'emploi ; on s'en sert pour désigner la réunion des souverains qui, en < 8*3 et en 4 su, abattirent l'empire français; on s'en servirait fort bien pour exprimer toute ligue analogue; on s'en sert encore, et non pas de ligne, pour désigner dans tes assemblées législatives la réunion de plusieurs partis a l'effet de renverser un ministère. La coalition des torys et des radicaux renversa le ministère whig.
— HIST. xir* s. Dune enveierent , si enporterent l'arche del aliance Deu , ki sires est des oi [arméesj e siet sur Chérubin, Rois, p. •♦. ||xiir* s. Et pourparlerent entre lui et le conte Henaut que il feraient alliance au roi Jehan d'Engleterre et à l'empereour Othon, Chr. de Jtairu, t44. Si vous fait bien asavoir que je ne serai plus de vostre allianche ne de vostre acert, ib. 18». Et fu en oele alliance Hues le Braves, ib. <44. Si ne serait mie boin que vous ;ommencissiez la mellée, se brisissiez Paloiance, io. 217. Brun, fet Renart, se je savoie Que je trovasse en vos fiance Et amistiez et alliance. Foi que (e doi mon fiz Rovel.... Ren. <0250. Ou s'il a aucune iliance à li ou aucune eompaingnie, b»aum. v, t». || xiv* s. Eh la manier» d'aucunes cités qui ontaliances ensemble pour aider l'une à l'autre à soy deffendre en batalles, oreske, Elh. 238. ||xv*s. Finalement, le conseil se porta tout d'un accord, d'une voix et d'un» alliance que on élirait au conseil douze hommes notables et sages, froiss. ii, h, 65. Comme j'ay dit, au parlement dudit prince estoienl logez toutes ces alliances [tous ces alliés] près dudit duc et venoient pour le combattre à l'heure du siège qu'il avoit devant Morat, comm. v, 3. Prendre alliance avec, comm. i, t. || xvr» s. Il retira plusieurs villes de leur alliance, amyot, Pyrrh.
— ÊTYM. Allier (voy. ce mot) ; provenç. aliansa, ilhiansa; ital. allianza; espagn. alianza; basseatinité, alligantia.
t ALLIA TH (al-li-at'), s. m. Nom de la première étoile de la queue de la Grande-Ourse.
ALLIÉ, ÉE (a-li-é, de), part, passé. || 1° Joint avec. Cuivre allié avec de l'or. La douceur alliée au courage. || 2° Uni par des traités. Ces deux nations sont alliées. Etre allié de Rome et s'en faire un appui, corn. Nicom. m, 2. || 3° Uni par ce genre île parenté qu'on nomme affinité, c'est-à-dire où, sans appartenir naturellement à la famille, on est parent du mari ou de la femme. Allié de très-près aux Montmorency. || Etre bien allié, avoir, par affinité . des parents bien placés. L'abbé d'Hervault était un homme de condition bien allié, st-sim. (4, <56. ||4*S. m. et f. Celui, celle qui est jointe à un autre par affinité. C'était mon allié. Beaucoup de parents et d'alliés. Cette fille est alliée de M. d'Arrouy.sÊv. 428. || 5° Confédéré. Les allié» gagnèrent la bataille de Leipsig sur l'empereur Napoléon. Porter plus de respect à de tels alliés, corn. JVt'com. n, 3. Fouler aux pieds les droits d'une longue amitié Et m'armer sans pudeur contre mon allié , H. j. chên. OEd. roi, m, 2. Je ne souffrirai pas que ce fils odieux Vous fasse des Romains devenir l'alliée, rac. Mithr. ■n, 6.
t ALLIEMENT (a-lt-man), ». m. Technologie. Nœud de la corde de la grue.
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ALLIER (a-li-é), v. a. || 1* Combiner. Allier l'or avec l'argent. || 2* Réunir dans un intérêt commun, dans une action commune , en parlant des États, des peuples. C'est l'intérêt du commerce qui allie ces deux États. || 3* Fig. Réunir, joindre ensemble. Allier la vérité au mensonge. Ils tAchent d'allier le respect qu'ils doivent à la vérité avec la complaisance qu'ils conservent pour Hérode, mass. A vent, Épiph. tes raffinements ne sont nécessaires que pour se le dissimuler [le devoir] à soi-même et pour allier les passions avec les règles saintes, id. Carême, Salut. Alliez, si vous le pouvez, cette situation avec des passions dissipées et mondaines, iu. Confér. Fuite du monde. Les Ames qui allient les devoirs extérieurs delà piété avec les plaisirs, id. Culte. Ce n'est pas d'aujourd'hui que tu sais allier La vertu, les forfaits, l'amant, le meurtrier, volt. Catil. n, 2. || 4» Joindre par mariage. Ils témoignèrent l'empressement qu'ils avaient d'allier leur maison à celle du duc. || Par analogie. Dis-lui que je lui donne Celui que la naissance allie à sa couronne, volt. Zaire, ni, t. || 5* S'allier, v. réfl. Ces deux métaux ne peuvent s'allier. Ces deux familles se sont alliées. Il demanda qu'on révoquAt la loi des douze tables, qui défendait aux patriciens de s'allier dans des familles plébéiennes, vertot, Révol. rom. vi, p. »9. Le sang de César ne se doit allier Qu'à ceux à qui César le veut bien confier, rac. BrtM, 2. Le déshonneur d'un nom à qui le mien s'allie, w.Iphig. m, 3. Que l'orient contre elle à l'occident s'allie, corn. Hor. iv, 5. La dévotion chez elles fies femmes] s'allie avec l'amour, avec la politique, avec la cruauté même, volt. Louis XIV, 4.
— REM. Des grammairiens ont dit : Allier avec suppose que les choses que l'on allie sont de nature différente, et qu'elles n'ont en elles-mêmes aucun rapport qui les dispose à être alliées. On dira, par exemple, il est difficile d'allier le fer avec l'or. Allier à suppose que les choses que l'on allie ont un rapport qui les dispose à être alliées : allier l'or à l'argent; allier les maximes des stoïciens à l'Évangile. Cette distinction subtile n'a aucun fondement dans l'usage; ce qui le prouve, c'est qu'avec alliance, qui ne comporte pas la préposition à, on se sert, dans tous les cas, de la préposition avec, sans que le sens en souffre : l'alliance de la douceur avec le courage.
— HIST. xi* s. Le dragon [il] porte à qui la gent s'alie [se rallie], Ch. de Roi. cxii. || xn» s. Alium nous par serement Nos aveir et nous desfendura, Et tuit ensemle nous tenum, wace, flou, 5975, 6074. Li reis Salomun fud afermez en sun règne; si se aliad pir amur et par priveted à PharaUn le rei de Egypte, Rois, p. 233. Car il cremi forment que li fiers reis Henris Ne desist qu'il se fust e aliez e mis Tut pur le guerreier od le rei Loewis, Th. le Mart. 97. E les leis que vus dites, à quei li reis s'alie, Ne sunt de leauté, ainz sunt de felunie Contre Deu e raisun, pur destruire clergie, ib. 40. Car se nul plait valsist [il voulût] vers les clers comencier, Les evesques verreit tuz ensemble aliez, N'ensi ne purreitpas l'arcevesque plaissier, ib. 39. || xin* s. Et li donaAlexissa fille, ets'alierent ensemble en tel manière, villeh. cxv. Car si tost cum li portier sorent Oue si grant ost encontre eux orent, Ensemble tretuit trois s'alient Et s'entre jurent etaffient, Qu'à lor pooir s'entr'aideront, la Rose, «6317. Li Turc en Antioche sunt dolent del destrier; Isnelement sonerent un grant cor montanier, X la porte de fer font lor gent aloier [assembler], Ch. d'Ant. iv, 200. Sarrasin et Paien s'alerent allier, Bien furent trente mil à l'estour comencier, ib. vi, 899. Puisque ele est aliie par mariage, ele n'a nule poesté de soi, de ses convenances acomplir, beaum.xxxiv, 60. Quant le soudanc de Damas sot que nous estions aliez à ceulz d'Egypte, joinv. 268. || xv* s. Et si bien le servirent [leur roi] et si avant se boutèrent sur les Anglois, que tous y demeurèrent, ni onques nul n» s'en partit; et furent trouvé» lendemain sur la place autour de leur seigneur et leurs chevaux tous alloiés ensemble, froiss. i, i, 288. [Urbain] sentoit le royaume d'Espaigne contraire à ses opinions et aloyé à Clément avecques le roi de France, id. n, n, 207. Les ditz alliez, comme me fut dit par ceulx qui y estoient, pouvoient bien estre trente mil hommes de pied.... comm. v, 3.|| xvr* s. Il ne devoit pas s'allier [par mariage] de oeluy, non duquel l'alliance luy estoit plus honorable, mais plus aisée et plus facile à avoir, amyot, Arist. et Cat. comp. (2. Et si luy arriva encore de renfort le secours de alliez Lucaniens et Samnites, id. Pyrrh. 37.
— ÊTYM. Provenç. aliar, àlhiar; espagn. aliarei alear, dans le sens d'allier des métaux; ital. aile-
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gare; du latin alligare, de al pour ad, à, et île Ugare, lier (voy. lier).
ALLIER (a-lié), s. m. Terme de chasse. Sorte de filet A prendre des perdrix, qui est tendu sur deui bAtons.
— ÊTYM. Ménage le tire du latin aies, oiseau, à l'aide d'un mot forgé par lui, alitarium; ce qui ne vaut rien. Le valaque a le moihaléu, filet; il serait possible que le mot allier eût le même radical, et que ce radical fut le grec àXieùc, pêcheur.
t ALLIGATOR (al-li-ga-tor) , s. m. Terme de zoologie. Nom scientifique d'un genre de reptiles sauriens dont les espèces sont appelées vulgairement caïmans et crocodiles. Les eaux du Victoria, en Australie, sont hantées par de redoutables alligators, qui se précipitent avec voracité sur les chevaux.
— ÊTYM. Angl. alligator ; allem. allegarden dans un passage d'un voyageur de 1 54», cité par Gesnei-, de Aquat. p. 306, qui ajoute que allegarden n'est pas un mot allemand, et qu'il vient sans doute de l'espagnol lagarto, lézard, avec l'article al lagarlo, d'où, par corruption, les Anglais ont fait alligator, comme si le crocodile liait quelque chose (voy. lézard).
tALLINGREouALLINGUE(a-lin-gr'oua-lin-gh'), s. m. Petit arrêt construit de perches, qui se fait dans une rivière.
ALLITÉRATION (al-li-té-ra-sion) , s. f. Figure de diction qui consiste à répéter ou opposer plusieurs fois la même ou les mêmes lettres, comme dans cet exemple : le riz tenta le rat; le rat tenté tAta le riz.
— ÊTYM. Ad, à (voy. À), et littera (voy. lettre). fALLIVRÉ, ÉE (a-li-vré, vrée), part, passé.
Taxé, imposé, Une terre allivrée est une terre imposée suivant son revenu.
t ALLIVREMENT (a-li-vre-man), ». m. Terme d'administration. La quote-part des impositions que supporte chaque commune. Allivrement cadastrai d'une commune. Allivrements cadastraux.
— êtym. Allivrer.
t ALLIVRER (a-li-vré), v. a. Terme d'administration. Taxer, imposer, répartir les contributions foncières en proportion du revenu. Ce verbe vient de ce qu'on appelait livré ou livrée une portion do terre valant une livre de revenu.
— êtym. À et l'ivre, s. f.
ALLOBROGE ( al-lo-bro-j'), s. m. || 1* Nom d'un peuple de l'ancienne Gaule, occupant ce que nous appelons Dauphiné et Savoie. || 2° Familièrement. Un homme grossier qui manque de sens. C'est un franc Allobroge. A-t-on jamais vu pareil AUobrogeî
— ÉTYM. Un scholiaste de Juvénal, Schol. injinen. p. 347, édit. Cramer, ditque les Allobroges sont ainsi appelés parce que les Gaulois nomment broga, un champ, et alla, autre. On croit retrouver ces mots dans ail, kimry et bas-breton, autre , et brô, terre, ou brog, habitation.
ALLOCATION (al-lo-ka-sion),». f. || 1- Action d'allouer une somme pour dépense ; gratification. || 2° Terme de jurisprudence. Approbation donnée aux articles d'un compte. Rang où sont placés les créanciers à titres divers. Attribution même des biens du débiteur.
— ÉTYM. Ai pour ad (voy. À), et locare, louer (voy. location). On disait dans l'ancien français aloement.
t ALLOCIIROÏTE(al-lo-kro-ït-'),f. m. Terme de minéralogie. Grenat verdâtre ferrico-calcaire(mélanite).
— ÊTYM. 'Aaa6xp<»Ci différent de couleur, deâAÀoç, autre (voy. autre), et xpwÇw, je colore.
t ALLOCIIROMASIE ( al-lo-kro-ma-zie ) , s. f. Terme de physiologie. Changement des couleurs ; défaut de l'œil qui perçoitles couleurs autres qu'elles ne sont.
— ÊTYM. 'AXa»;, autre (voy. autre), et xp<*"-*, couleur (voy. chrome).
ALLOCUTION (al-lo-ku-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1* En termes d'antiquité, harangue que les empereurs ou les généraux adressaient aux soldats. || 2* En général, discours d'une personnequi est en droit de parler. Le général a fait à ses soldats une allocution énergique. || 3* Médaille romaine qui représente un chef haranguant ses soldats. Un» allocution bien conservée. || 4' Allocution se disait des lettres par lesquelles les anciens rois de France annonçaient l'arrivée des plénipotentiaires.
— ÊTYM. Allocutionem,de al pour <jd(voy. A), et locutio, action de parler (voy. locution)
ALLODIAL, ALE (al-lo-di-ai, di-a-1' ; au plur. al-lo-di ô). || i'Adj. Terme de droit féodal. Qui est tenu en franc alleu. Bien allodial. Les terres que possédaient ces hommes libres étaient ce qu'on ap-
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pelait terres allodiales, montesq. Esp. xxx, 17. || 2* S. plur. m. Le clergé avait acquis une grande partie des allodiatix mêmes, montesq. Esp. xxxi, 9.
— ÊTYM. Bas-lat. allodialis ; de allodium (voy. alleu).
ALLOmALITÉ(al-lo-di-a-li-té), s. f. Qualité d'un bien tenu en franc alleu.
— ÉTYM. A llodial.
t ALLOÏTE (al-lo-I-t'), t. f. Terme de minéralogie. Variété de tuf volcanique ou de pouzzolane.
tALLOMORPHIE(al-lo-mor-fie) , s. f. Terme de physique et de physiologie. Métamorphose, passage d'une forme aune autre toute différente.
— êtym. "AXXoi;, autre (voy. autre), et p-op^, forme.
t ALLOMORPITITE ( al-lo-mor-fi- t' ) , s. m. Terme de minéralogie. Variété de sulfate de baryte.
ALLONGE (a-lon-j'), *. f. || 1* Pièce ajoutée à une chose pour l'allonger. On dit aussi rallonge. || 2° Fig. C'est une petite allonge à mon voyage, sév. 280. || 3* Terme de marine. Pièce de bois ou membre d'un vaisseau, qui sert à allonger une autre pièce de bois.||4' Terme de commerce. Morceau de papier qui se colle aune lettre de change . lorsqu'elle est déjà couverte d'ordres. || 5* Technologie: Instrument de verre, ordinairement de la forme d'un fuseau, qu'on adapte au col d'une cornue ou d'un ballon, dans certaines opérations chimiques. || Se dit, chez les ceinturonniers, des deux bandes qui supportent le pendant; et, chez les cordonniers, d'un morceau de cuir qui se met entre le couche-point et le sous-bout. || Crochet de fer porté par un nerf de bœuf tortillé, et qui sert à attacher la viande. || 6° Terme de vétérinaire. Mode de claudication du cheval dû à l'écart violent des membres postérieurs en arrière ou en abduction forcée, suite de glissement sur le pavé.
— HIST. xm* s. Je n'ai mestierde faire alonge [retard], Ne de controver à mençonge, Ren. 14235. Or m'en repens sans plus d'aloignes , Et pri que tu le me pardoignes, la Rose, 2(363.
— ÊTYM. Voy. ALLONGER.
ALLONGÉ, EE (a-lon-j é, jée). || 1° Part, passé. Rendu plus long. Une robe allongée par la couturière. || 2° Ce qui aune forme longue. Ce poisson a une tête allongée. Ces fruits ont une forme allongée. || En anatomie, moelle allongée, partie de la moelle épinièrequi s'étend de la partie inférieure delaprotubérance jusqu'au trou occipital. || 3° Fig. Un visage allongé, une figure allongée, qui exprime le déplaisir, le désenchantement. M. de Saint-Aignan, revenu chez lui , y trouva la mine de ses gens fort allongée , st-sim. 95, 3. Les uns ont le visage allongé d'un demi-pied, sév. 1(9. || 4° En termes de chasse, se dit d'un chien dont le gros nerf crural s'est allongé par une trop forte course. || 5" En termes de fauconnerie, oiseau allongé, celui qui a ses pennes entières et de longueur convenable.
ALLONGEMENT (a-lon-je-man), s. m. || 1° Augmentation de longueur. L'allongement d'une rue. || 2° Fig. Retard calculé, lenteur affectée. Il cherche toujours des allongements.
— HIST. xiii* s. Que vaut alongemens? h. de valenc. vu. De ce ne vous ferai pluslongaloignement, Berle, 9. || xvi* s. Ils eussent esté contrains d'aller cercher la source de la rivière, qui estoit un alongement de plus de soixante lieues, lanoue, 674, Dont se composera un vin tel, que difficilement se pourra remarquer l'allongement d'icelui, o. de serres, 222.
— ÉTYM. Provenç. alongament, alonhament; anc. espagn. alongamienlo; ital. allungamerilo (voy. allonger).
ALLONGER, (a-lon-jé. Devant un a ou un o, le g prend un e : il allongea), v. a. || 1° Rendre plus long. Allonger une table, une robe. Allonger une rue. Six chevaux pour allonger un équipage, la bruy. 7. |] Fig. Sidrac, à qui l'âge allonge le chemin, boil. Lutr. 1. 1| Allonger le visage, rendre triste ou penaud. J'allonge les visages de ceux qui attristaient le mien, volt. Lett. à Cath. 48. || Allonger le pas, presser sa marche. Notre suisse, allongez le pas , dêrang. Bedeau. || Fig. Allonger la courroie, traîner en longueur une affaire, ou tirer parti de ressources médiocres. || Allonger le parchemin, faire de longues écritures pour en tirer plus de profit ; tirer un procès en longueur. || 2° Déployer, étendre, en parlant de certaines parties du corps. Allonger le bras, le cou. L'éléphant peut raccourcir, allonger, courber sa trompe et la tourner en tous sens. || Absolument. Retarder, apporter des longueurs. Une lettre de M. de Cambrai qui ne sert qu'à allonger, boss. Quiét. 2)8. || Familièrement. Al-
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longer un coup d'épée, de poing, de pied; le donner. Un cheval allonge la ruade, il rue. || 8° En langage culinaire, allonger une sauce, c'est y ajouter du bouillon ou de l'eau, et en diminuer ainsi la force. I| 4° En termes de chasse, Ce cerf a tout allongé, il a poussé sa nouvelle tête après avoir mis bas. Cet oiseau s'allonge, il se revêt de ses grosses plumes. || 6° En termes de marine, allonger la ligne, augmenter les distances entre les vaisseaux qui la forment. || 6* S'allonger, v. réfl. Devenir plus long. Les jours s'allongent du solstice d'hiver au solstice d'été. || 7* S'étendre. Un serpent s'allonge sur l'herbe. Là les heures, pour moi, s'allongeaient dans l'attente, delav. Paria, n, 6. || 8° Terme de manège. Baisser la main et augmenter progressivement l'effet des jambes.
— REM. Allonger pris absolument ou comme verbe neutre, signifie retarder, apporter des longueurs, et non devenir plus long. C'est donc une locution vicieuse que : les jours allongent; dites : les jours s'allongent.
— SYN. allonger, prolonger. C'est rendre plus long. Allonger, c'est ajouter de la longueur; prolonger, c'est ajouter de la longueur dans un sens déterminé. Au propre, on allonge un chemin, quand on fait le chemin plus long, sans autre indication ; on prolonge un chemin, quand on le poursuit dans la direction qui lui est donnée. Au figuré, on allonge une discussion, quand on la rend plus longue; on la prolonge, quand, à dessein, on la fait durer. Allongement et prolongement offrent les mêmes distinctions.
— HIST. ni* s. Grant demi pié [il] les a fait alongier, Ronc. p. 189. Fors seul itant qu'ele ne me fait don De lui [î'] amer pour alongier ma vie, Couci, II. || xm* s. Garsions s'enfoï, por sa vie alongier, Amont el haut castel qui siet en haut rochier, Ch. d'Ant. vi, (017. Se ses sergans avoit le bois vendu et le premier terme assis, n'avoit il pas pooir ne autorité du terme alongier, beaum. xxxiv, 7. Li pies ne doit mie por ce demorer ne alongier, par le [la] coustume de le [la] cort laie, n>. v, 20. Et si alonge et met en delay moult de coses par se [sa] parece, lesquelesildeûst haster, id. 20. Noz traiterons eche [en cet] endroit de le [la] division des lignages, et comment et en quel manière lignages s'alonge, id. xix, ). || xyi* s. Que ceux qui avoient alonge le serment à la mesure des bonnes mœurs, l'avoient mis à usage d'estrivieres, d'aub. Hist. m, 150. Des vins presses, trempés, allongés, et autres de mesnage,
— ÉTYM. . Bourguign. elongé; provenç. alongar, alongnar, alonjar, alunhar; anc. catal. alongar; ital. allungare; de à (voy. X) et long (Toy. long).
t ALLONYME (al-lo-ni-m'). || 1" Adj. Se dit d'un ouvrage publié sous le nom d'un autre. Un livre allonyme. || 2° S. m. Un allonyme, un homme qui publie son livre sous le nom d'un autre.
t ALLOPATIIE (al-lo-pa-f) , s. m. Médecin qui traite par l'allopathie.
t ALLOPATHIE (al-lo-pa-tie), s. f. Nom de la médecine traditionnelle, dans le langage des homéopathes.
— ÊTYM. 'AXXoç, autre (voy. autre), et nâdoç, maladie, affection (voy. pathos) ; ainsi nommée par opposition à homéopathie (voy. ce mot), à cause que, dans la médecine traditionnelle, on n'a ni pour but , ni pour effet de produire chez le malade des symptômes semblables à ceux de la maladie.
t ALLOPATHIQUE (al-lo-pa-ti-k'), adj. Qui a rapport à l'allopathie.
t ALLOPATHIQUEMENT (al-lo-pa-ti-ke-man) , adv. D'une façon allopathique.
t ALLOPAT UISER (al-lo-pa-ti-zé) , v. a. Traiter allopathiquement.
t ALLOPHANE (al-lo-fa-n'), s. /'.Terme de minéralogie. Variété d'argile.
t ALLOTEMENT (al-lo-te-man) , s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Partage par lots.
t ALLOTIR (al-lo-tir) , v. a. Terme d'ancienne jurisprudence. Partager, distribuer les lots.
— ÉTYM. A et lot.
t ALLOTRIOL8GlE(al-lo-tri-o-lo-jie),s. f. Terme scolastique. Défaut qui consiste à introduire, dans un discours ou dans une doctrine, des idées étrangères au fond.
— ÉTYM. 'AXÀÔTpio;, étranger, et Voyo;, discours (voy. logique).
t ALLOTRIOPHAGE (al-lo-tri-o-fa-j'), s. m. Celui qui est atteint d'allotriophagie.
fALLOTRIOPHAGIE(al-lo-tri-o-fa-jie),s./'.Terme de médecine. Dépravation de l'appétit qui porte à manger des substances non alimentaires.
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— ÊTYM. 'AXXéTpioç, étrange, de iXXoç, autre (voy. autre), et çaYeîv, manger (voy. phaoédeniqueI.
t ALLOTROPIE (al-lo-tro-pie) , t. f. Terme de physique. Etat d« corps simples pouvant se présenter sous des états différents, et jouir de propriétés chimiques et physiques très-distinctes. Le carbone, sous la forme de charbon ou de diamant, offre un exemple frappant d'allotropie.
— ÊTYM. "AXXoç, autre (voy. adtbe), et Tpéiuoç, changement (voy. trope).
ALLOUABLE (a-lou-a-bl'), adj. Qui peut être alloué, accordé.
— ÊTYM. Allouer.
fALLOCCHIER (a-lou-chi-é) , t. m. Voy. alou-