‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 81 sur 403 · CH1ER · texte numérisé non relu

CH1ER

ALLOUÉ, ÉE (a-lou-é, ée), part, passé. || 1" Accordé. Des sommes allouées pour une dépense. || 2° S. m. Autrefois, nom du second des juges dans certaines juridictions; le premier se nommait sénéchal, et le troisième, lieutenant.

ALLOUER (a-lou-é), v. a. Approuver, accorder une dépense portée dans un compte ; accorder une somme comme indemnité. Allouer un supplément de traitement, une gratification, une indemnité.

— HIST. xi* s. [Mon âme] entre les leuretaluée et mise, Ch. de Roi. ccvn. || xii* s. Et en sarquez [cercueils] poser et aloer [les corps], Uone. p. 176. Seignur, fait il à els, tut senz en plait entrer, Ne me deit pas mis sires acuinte demander, Car tut cest grant aveir que ci vus oi numer, En ses busoignes l'ai fait mètre ealuer, Th. le mort. 43. En malvais estoc vei [je vois] bon ente mal fruchier ; Qui malvais arbre aluhe, malvais fruit deit mangier, ib. 1 28. Et sur l'altel la busche et les pièces ordenéement aluad, Rois. 3)7. || xm* s. Nulle ne doit jlouer autrui aprentice ne autrui ouvrière, Liv. des Met. 8). Cil qui est aloez àun anpuetdemandersonloier de tout l'an, Li ordinaires, f° )3. Li un se sont cil qui font monnoie à essient de malves metail et les voelent alouer porbone, beaum. xxx, )2. S'ilavoient le lor folement aloué, il n'ont pas à retorner ne a recouvrer à lor pères ne à lor mères sans lor volenté, id. xxxi, )2. Et se je, el tans que le [la] coze me fust prestée, l'ai alouée ou perdue.... jn sui tenus à rendre la value que le [la] coze valoit, id. xxxiv, )8. || xiv" s. Jehan coutelier se alloua ou accueilli à un maistre dudit mestier, diicange, aecolligere. || xv s. Cils dedans l'artillerie que ils avoient, alouerent [employèrent] si nettement que ils n'avoient mais rien que traire, froiss. ii, m, s. Des rentes du comté il n'allouoit nulles, mais les mettoit et avoit mises toudis arrière en depost, id. i, î, 248. || xvi" s. Mais certes monsieur aurait honte De t'allouer dedans le compte De ses plus jeunes apprentifs, marot, h, 499. Et quoy qu'ils brassent puis après pour l'honorer et servir, ne sera point aloué en ses contes [compté par Dieu], calv. Inslit. 10. Bien-heureux celui auquel Dieu impute ou alloe la justice sans œuvres, id. ib. 67). Il ne doute pas que cela ne lui soit alloé par justice, id. ib. 609. Ayant couché un article de despense de dix talents, qu'il disoit avoir employez où il falloit, le peuple l'alloua sans vouloir enquérir comment, ny en quoy, amyot, Péric. 43. Ce qu'il dénonça au magistrat dit en ce pays-là [Vitro, en Bretagne] l'aloué, lequel.... Ledit aloué fit chercher ce maistre gueux.... paré, xix, 22.

— ÉTYM. Wall, alouwer, dépenser, user, consommer; provenç. alogar; ital. allogare; de al pour ad (voy. X), et lo'care, placer (voy. louer, lieu).

f ALLOXANE (al-lo-xa-n') , s. f. Terme de chimie. Corps qui provient de l'acide urique et de l'acide azotique chauffés ensemble légèrement.

— ÉTYM. Allem. alloxan; de al, premières lettres de allanioïnc, et oxa, premières lettres de oxalique, leschimistes qui ont analysé Valloxane en ayant regardé les éléments comme la somme de ceux de Vaïïantoïne et de l'acide oxalique.

ALLUCHON (a-lu-chon), s. m. Terme de mécanicien. Dent en bois ou même en fonte qui ne fait point corps avec la roue sur laquelle elle est montée. Les alluchons entrent par leur queue dans des mortaises pratiquées à la circonférence de la roue et y sont retenus par des clavettes; la tête, saillant au-dessus de la circonférence, forme les dents de l'engrenage.

— HIST. xv* s. Icelly Robin dist qu'il venoit du dit moulin afin défaire des alleuchons, du cange, aleuba.

— ÊTYM. Berry, allochon; anc. franc, aluchier, attirer (Luxure est uns pechiêsqueglotonie aluche, J. demeung, Test. )749); provenç. aluchar, alhuw.

ALL

allumer, de à et un radical lue, lumière, qui est dans lucide (voy. ce mot).

f ALLUMAGE (a-lu-ma-j'), ». f- Action d'allumer; résultat de cette action.

ALLUMÉ, ÉE(a-lu-mé, mée), part, passé et adj. || i° Mis en feu. Des feux allumés. || 2» Fig. La guerre est allumée. Que le courroux du ciel allumé par mes vœux.... corn. Ilor. iv, b. Prête à suivre partout sa colère allumée, id. JVt'com. I, 5. Lorsque des Juifs contre eux la vengeance allumée Chassa tout Amalee de la triste Idumée, rac. Esta, m, 1. La fureur était allumée dans ses yeux, fén. Tél. v. Cette secte [des Manichéens] avait des charmes pour les imaginations allumées, volt. Phil. n, 376. Je dis à M. de Beauvilliers, d'un air allumé de crainte et d'espérance, que la conversation de la veille m'avait affligé, st-sim. 15, 172. || 3° Allumé se dit d'une teinte rouge en parlant du visage, delà peau. Le sérieux des passions ardentes est sauvage , sombre et allumé, vauven. Du sérieux. Pourquoi êtes-vous allumée, pourquoi votre sang est-il en colère? sêv. 593. Si les femmes avaient levisage aussi allumé qu'elles se le font par le rouge, la bruy. 3. || 4° En termes de blason, se dit des yeux quand ils sont d'un autre émail que le corps de l'animal; et de la flamme d'un flambeau ou d'un autre objet.

f ALLUMELLE (a-lu-mè-1') , s. f. Fourneau de charbon.

t ALLUMEMENT (a-lu-me-man) , s. m. Action d'allumer. || Ce mot mériterait d'être repris.

— HIST. xii* s. Dont serat parfaiz li ans de nostre alumement, quand li permanables jugieres aparrat, Job, p. 461.

ALLUMER (a-lu-mé), v. a. || 1" Mettre le feu à. Allumer une chandelle, une bougie. Allumer un bûcher. || 2° Parextension. Allumer du feu, le feu, pour allumer du bois dans un foyer, un poêle. Allumer une lampe , un bougeoir , pour allumer la mèche d'une lampe ou d'une bougie. Allumer un flambeau. (Il) Recherche votre fille etd'un hymen si beau Veut dans Troie embranèe allumer le flambeau , rac. Iphig. r,.1 || 3* Fig. Ouelle guerre intestine avons-nous allumée? rac. Esth. ni. J'ai prévu ce tumulte et n'en vois rien à craindre; Comme un moment l'allume, un moment val'éteindre, corn. Nicom. v, t. Votre amour contre nous allume trop de haine, rac. Andr. i, 4. Vous avez vu quelle ardente colère Allumait de ce roi le visage sévère, id. Esth. a, 9. Animés du courroux qu'allume l'injustice, id. Brit. m, 7. Il présenta mon cœur aux yeux qui le charmèrent, Il prépara mon âme aux feux qu'ils allumèrent, corn. Utracl. il, 2. Ils allument contre eux uneimplacable haine, iD.Pomp. iv,3. Moi! j'aurais allumé cet insolent amour !id. Rod. iv, 1. Oui, je ne pus souffrir de les voir si bien ensemble; le dépit alluma mes désirs, mol. Fest. i, 2. Ce qui avait allumé dans son cœur tant de haine contre Ulysse, fén. Tél. xv. Il allume le zèle des docteurs, fléch. Tut. Allumer leur ambition [de leurs époux] par leurs désirs pressants de s'élever au-dessus de leur condition, id. i, p. 135. Ce ne fut ni l'envie de vaincre ni le désir de se venger qui allumèrent ce jeune courage ; ce fut le désir delà paix et de la sûreté publique, id. Panég. t. n, p. 10. Les lâches courtisans se font une étude d'allumer le vice et d'éteindre la vertu, chateaub. Uart. 1 24. Les délais ne servent qu'à allumer la fureur des Juifs, mass. Pass. 2. J'eusse aux rayons d'Homère allumé mon génie, a. chen. 146. || 4° Mettre en mouvement, agiter. Allumer le sang, la bile, les humeurs. Le chocolat vous allume une fièvre continue, sév. (45. Tout vous blesse, tout vous allume, massillon. H 5° Populairement. Allumer quelqu'un, l'entraîner par des espérances trompeuses à donner son argent. || 6* En termes de métier, introduire dans une pompe une certaine quantité d'eau pour en faire gonfler les parties intérieures et en expulser l'air. || 7° S'allumer, v. réfl. Prendre feu, s'enflammer. Sur un autel sanglant l'affreux bûcher s'allume, 3. B. rouss. Cantate, Circé. La flamme du bûcher d'elle-même s'allume, rac. Iphig. v, a. || Poétiquement. Et que.... Jamais les feux d'hymen ne s'allument pour elle, rac. Phèd. i, i. || 8° Devenir brillant. Ses yeux s'allument et s'éteignent en un moment, pasc. Amour. || 9° Fig. Une nouvelle guerre s'allume, boss. Hist. i, 10. La guerre civile s'allume, id. ib. in, 7. Le dépit s'allumait dans son cœur, hamilt. Gramm. s.

— HIST. xi* s. Myrrhe ettimoine [ils] i firent alumer, Ch. de Roi. ccix. || xii* s. Où feu n'eust ni chandele alumée, Ronc. p. 166. Puisqu'en vous sont tout mal esteint Et tout bien à droit alumé, Couci m. Si m'est au cors une autre amour emprise, Qui me requiert et allume et esprent, quesnes.

ALL

Romane, p. 90. Esteigniez, fait lur il, ces cirges alumez, Th. le Mart. 62. Car qui veit le bordel [la maison] sun veisin alumé, Il ad pour delsuen, ib. 90. De la clarted ki est devant lui sunt alumez cil ki furent noir cume charbun, flots, p. 206. || xin* s. Et li feus aluma moût haut, si qu'il sembloit que toute la terre ardist, villeh. xcv. Lors s'entorna en un essart, Droit devant le chastel Renart, Et vit la cuisine fumer Où il ot fait feu alumer, Ren. 938. Ce dist Patous : garde de près , Se del veoir es si engrés; Je n'i ai soing d'aboester, Ne m'i estuet point alumer [regarder fixement], ib. 7176. C'est la chandele en la lanterne; Qui mil en i alumeroit, Ja mains de feu n'i troveroit, ta Rose, 7449. Qui ce qu'il aime plus regarde, Plus alume son cuer et l'arde [brûle] , ta Rose , 2368. Lors escria le roy : alume, alume, et si fist l'en, joinv. 250. || xiv* s. Lors ala Bonne-voulenté Tantost alumer la chandelle, bruyant dans Ménagier, II, p. 35. [| xv* s. Cessez vostre sermon, dirent les lourdiers tout allumés du feu de concupiscence charnelle, louis xi, Nauv. xcvm. || xvi* s. Un flambeau allumé, amtot. Cam. 56. Hz estaient desja espris du malheureux et calamiteux désir de la Sicile, que depuis Alcibiades alluma d'avantage, id. Périe. 42. Allumer l'air d'esclairs, le troubler de diverses sortes de tempestes, calv. Inst. 18.

— ÊTYM. Wallon, aloumer, allumer, faire des éclairs; bourguig. élemai; provenç. alumenar, alumnar, alhumnar; anc. catal. alumar; espagn. ahmtorar/portug. alumear,allumiar;\la.\. alluminare; de al pour ad (voy. i), et lumen, lumière

(VOy. LUMIÈRE).

ALLUMETTE (a-Iu-mè-f) , s. f. || 1» Brin de boiS ou de ebanvre soufré à un bout ou aux deux bouts . Un paquet d'allumettes. || Allumette phosphorique, chimique, préparée avec du phosphore, du chlorate de potasse. ||2*Fig. Dames qui sont navrées des flèches de vos yeux, et n'ont point de feux dont votre beauté n'ait été l'allumette, Francion, liv. vi, p. 227. Muse, de vos chansonnettes Aujourd'hui l'on va tâcher De faire des allumettes Pour ranimer ce bûcher [de l'Emile], bérang. Muse en fuite. || 3° En termes de marine, au plur. Sorte d'artifice employé dans les brûlots.

— hist. xiv* s. Et n'est bon [le soufre] qu'à ces femmelettes Qui botellent des allumettes , Traité d'alchimie, 48. ||xv* s. Je luy envoyé ces sornettes Pour soy desennuyer; combien, S'il veult, face en des allumettes, villon, Grand testam. Legs au sénéchal. || xvi* s. Les jésuites trouvèrent des cœurs bien préparez, sur tout en Picardie, qui fut l'alumette de l'embrazement que nous verrons ci -après, d'aub. Hist. il, 223. Mais c'est au contraire : la honte sert d'aiguillon et d'allumette, charron, Sagesse, i, 23.

— ÉTYM. Allumer; bourguig. élemôte.

f ALLUMETT1ER (a-lu-mé-tié), s. m. Fabricant d'allumettes.

ALLUMEUR (a-lu-meur) , s. m. Celui qui est chargé d'allumer régulièrement les réverbères, les becs de gaz.

—ÉTYM. Allumer.

| ALLUMI (a-lu-mi), s. m. Petit morceau de bois allumé dont on se sert pour éclairer l'intérieur d'un four.

f ALLUMIÈRE (a-lu-miê-r'), .«. f. Fabrique d'allumettes. || Boite aux allumettes.

ALLURE (a-lu-r'), s. f. || 1° Façon de marcher. Ralentir son allure. On reconnaît certaines gens à leur allure. Il était guindé dans toutes ses allures, hamilt. Gramm. 7. || Il se dit du cheval. Les trois allures naturelles du cheval sont le pas, le trot et le galop. || Par extension, en parlant du soleil : Tu dois ta tlamme à tout le monde; Et ton allure vagabonde... .malh. n, 3. || 2° Fig. Marche habituelle des choses. La monarchie avait son allure par des ressorts qu'il fallait toujours remonter, montesq. Esp.xxx, 4. L'intolérance, front levé, Reprendra son allure, beranger, Mission. || Tournure que prend une affaire. Cela prend une mauvaise allure. || 3* Conduite d'une personne dans une affaire. Son allure n'est pas franche. Je me défie des allures des gens paresseux, sév. 302. || 4° Ce jeune homme a des allures, il a quelque commerce secret de galanterie. Cette locution a vieilli. || 5° En termesde marine .direction de la route d'un bâtiment par rapport à celle du vent; disposition de voilure appropriée à cette route. || 6° En termes de chasse, distance de l'empreinte des pieds de devant à celle des pieds de derrière. Allures du cerf, les endroits par où il passe. || 7" En termesde mineur, état d'un filon dans la roche ou dans le terrain qu'il traverse. || 8" En termes d'usme, allure d'un feu ou d'un fourneau,

ALM

sa manière de se comporter dans les opérations métallurgiques.

— hist. xii' s. Si tost cum li ber fu sur sun cheval sailluz, Grant alure s'en est à la porte venuz, Th. le mart. 47. Sur les chiefs des trefs ki furent defors, furent faiz unes allures de set aines [aunes ] de led [large], floi.v, 246. Et li reis Achazias chaïd as alures amunt de une sue maisun qu'il out en Samarie, si en fud malade e mahaignez , t&. 844. || xni* s. Lors m'en alai grant aleùre [vitesse], la Rose, 613. Dont chevaucha à toute sa bataille vers les fuians grant aleilre, villeh. 144. Les messagers le roi ariverent au port d'Antioche et dès Antioche jusques à leur grant roy trouvèrent bien un an d'aleUre à chevaucher dix lieues le jor, joinv. 262. || xv* s. [Il] ot belle aleure, voix d'ommede beau ton, christ, de pisan, Charles V, i, cb. 17. || xvi* s. Dont à l'heure Thony s'en vint sur le pré grand alleure Nous accorder, marot, i, 221. S'ilz alloyent de cul, vous eussiez estimé estre leur alleure naturelle, rab. Pont, v, 29. L'ennemy n'osa faire contenance de les attendre, ains print le chemin pour se retirer aux grandes alleures à Verceil, m. du bell. 251.

— ÊTYM. Aller. La forme ancienne régulière est aleûre, dont la contraction s'est faite de très-bonne heure et qui suppose un bas-latin, alatura.

f ALLUSIF (al-lu-zif, zi-v') , adj. Qui contient une allusion. Phrase allusive.

A LLUSION (al-lu-zion ; en poésie , de cinq syll abes), s. f. || 1° Figure de rhétorique consistant à dire une chose qui fait penser à une autre. On distingue les allusions en historiques, quand elles rappellent un trait d'histoire; mythologiques, si elles sont fondées sur un point de la fable; nominales, si elles reposent sur un nom; verbales, si elles consistent dans le mot seulement, c'est-à-dire dans une équivoque. Benserade faisait des allusions délicates et piquantes aux caractères des personnes, volt. Louis XIV, 25. Dieu par ces paroles fait allusion aux Juifs, boss. Var. 1 5. C'est une secrète allusion au mystère de l'Incarnation, id. Nouv. Myst. n. || 2° Application d'un trait de satire ou d'éloge. Le public est prompt à saisir les allusions. || 3° Allusion de mots, jeu de mots. Ne se dit plus en ce sens.

— ÊTYM. Ital. allusione; espagn. alusion;à'allusionem; de al pour ad, vers, et de ludere, jouer (voy. ludion)

f ALLUVIAL, ALE (al-lu-vi-al, a-1'), adj. Terme de géologie. Qui a les caractères, ou qui est le produit d'une alluvion. Plaine alluviale. Terrains alluviaux.

— ÊTYM. Voy. alluvion.

f ALLUVIEN,ENNE(al-lu-viin,viè-n'), adj. Terme de géologie. Se dit des terrains produits par l'action des eaux actuelles ; se dit aussi des dépôts meubles dus aux eaux dans les vallées et les plaines.

ALLUVION (al-lu-vion), s. f. Accroissement de terrain résultant des dépôts terreux qu'abandonne une rivière. L'alluvion profite aux propriétaires riverains. Pendant ce temps , les alluvions du N il ont été déposées le long du reste du rivage etl'ont immensément étendu, cuv. Révol. p. 148. Il est bon de remarquer que les plaines faites par alluvion sont plus hautes vers les bords des rivières qui les ont produites, et toujours ensuite plus basses, fonten. Guglielmini.

— hist. xvi* s. L'on n'estime pas la grandeur d'une rivière de l'eau qui lui est advenue par une subite alluvion et desbordement des prochains torrents et ruisseaux, charron, Sagesse, i. 1

— ÊTYM. Provenç. alluvio; espagn. aluvion; portug. alluviâo; ital. alluvione;de al pour ad (voy. À) , et luere, arroser, laver (voy. lotion).

f ALLUVIONNAIRE (al-lu-vio-nê-r') , adj. Qui tient de l'alluvion. Terres alluvionnaires.

f ALMADIE (al-ma-die) , s. f. Sorte de grande pirogue de quelques parties de l'Afrique.

— ÊTYM. Arabe, al, le, et madhi, qui passe ou fend l'eau.

ALMAGESTE(al-ma-jè-st'), s. m. Collection d'observations astronomiques faites par d'anciens astronomes. L'Almageste de Ptolémée. Ce système [de Ptolémée] a subsisté pendant quatorze siècles; aujourd'hui même qu'il est entièrement détruit, l'Almageste, considéré comme le dépôt des anciennes observations, est un des plus précieux monuments de l'antiquité, la place, Expos, v, 2.

— HIST. xiii* s. Cil qui nous escrit l'Almageste, la Rose, 18772.

— ÊTYM. Ital. almagesto; bas-lat. almageste; mot hybride, composé de l'article arabe al, la, et du grec (lEYiatiri , très-grande. L'almageste de la basse latinité signifie : i*le grand œuvre des alchimistes.

ALO

ALO

ALO

|ieff<rrr| itpay(i<xTefa; 2* une composition astronomique de Ptolémée, utyiart\ ptëXo;. Mrji<rcT| est le superlatif de niyaç, grand (voy. pour les rapports de |iÉf aç, méoa, qui entre en composition dans plusieurs mots français).

ALMANACH (al-ma-na. Dans la prononciation soutenue , le ch se lie comme un k : un al-ma-na-k intéressant. Au pluriel, almanaou al-ma-na; dans la prononciation soutenue, 1'» se lie : des al-ma-nà-z-encadrés), s. m. || i* Calendrier qui contient tous les jours de l'année, les fêtes, les lunaisons, etc. Alma-

nach nouveau. Almanach de cabinet Le ciel et les

étoiles que le jeune homme considérait arec beaucoup de plaisir et de curiosité; il allait chercher dans les almanachs tout ce qu'ils rapportaient sur ce sujet, fonten. Harlsoeker. || 2* 11 se dit de certains livres publiés annuellement, et contenant, outre l'almanach , des renseignements divers sur les lieux, sur les personnes, etc. L'almanach royal. || 8* Faire des almanachs, faire des pronostics. 11 ne faut point faire d'almanachs, sév. 207. || Un faiseur d'almanachs, un homme qui a la prétention de prévoir et de prédire l'avenir. || Familièrement. C'est un almanach de l'an passé; c'est une chose accomplie, passée. [Les ouvrages de parti] lorsque, le feu et la division venant à s'éteindre, ils deviennent des almanachs de l'autre année.... la bhuy. i. || 4° Almanach nautique , recueil où l'on consigne tous les éléments qui peuvent servir aux calculs nautiques. || Proverbe. Une autre fois, je prendrai de ses almanachs, je ne prendrai pas de ses almanachs, se dit d'un homme qui avait prédit ce qui devait arriver, qui s'était trompé sur ce qui devait arriver.

— ÉTYM. Bourguig. et génev. armana; ital. almanacco; espagn. almanaque. Ce mot est fort ancien ; il se trouve, avec le sens que nous y attachons, dans eusèbe {Prccp. ev. ni, 92, D) sous la forme à/uEvotyà ou àX(j.£via/à. M. Lenormant (dans Du Cange, dernière édition) propose une étymologie égyptienne : en copte, al signifie calcul, et men, mémoire, d'où l'on a pu faire le mot composé almeneg, calcul pour la mémoire. Il est difficile d'aller au delà du mot tel qu'il est donné par Eusèbe. L'étymologie égyptienne a une certaine probabilité. On a aussi indiqué les suivantes : l'article al et l'hébreu manah, compter; l'article al et le latin manachus, cercle tracé sur un cadran solaire et servant à indiquer l'ombre pour chaque mois.

f ALMÉE (al-mée) , s. f. Danseuse indienne.

— ÉTYM. Arabe, dlmet, savante, de alam, savoir; parce que ces femmes ont reçu de l'instruction dans la poésie, le chant et la danse.

ALOÈS (a-lo-ês'), s. m. \\ 1* Plante grasse de la famille des asphodèles, originaire de l'Afrique. || 2° Substance résineuse que l'on retire des feuilles épaisses et charnues de plusieurs aloès. Il en existe trois espèces dans le commerce: 4° l'aloès socotrin, qui est le meilleur; 2* l'aloès hépatique; il est moins pur; 3" l'aloès caballin ; c'est le moins estimé; il est presque noir, et contient beaucoup de matières étrangères. || 3° Bois d'aloès. On appelle ainsi des bois qui n'ont aucun rapport avec l'aloès ; ils sont odorants et originaires de l'Asie orientale.

— HIST. xiii* s. Ci se reposera Guillaume, Le cui tombel soit plein de baume, D'encens, de mirre et d'aloé, Tant m'a servi, tant m'a loé, la Rose, 10598. || xvi' s. L'usage de pillules d'aloé non lavé y est singulier, paré, v, 29. D'aloës bien lavé et pulvérisé douze grains, o. de serres, 898. Deux drachmes d'aloës cicotrin en poudre, in. 902. Mascher noix muscate , du bois d'aloës, d'iris de Florence, id. «03.

— ÉTYM. Provenç. aloe, aloeu; probablement de l'arabe aluat; hébreu, alua, chose amère.

t ALOÉTINE (a-lo-é-ti-n'), s. f. Terme de chimie. Suc d'aloès purifié.

— ÉTYM. Aloès.

ALOÉTIQUE (a-lo-é-ti-k'), adj. Terme de pharmacie. Qui contient de l'aloès. Pilules aloétiques.

— ÉTYM. Aloès.

t ALOGIE (a-lo-jie), s. f. Terme scolastique. Absurdité, impertinence.

— ÉTYM. 'A>0fi<x, de o privatif, et >.ôyoç, raison, t ALOGIEN (a-lo-ji-in), s. m. Membre d'une secte

qui refusait à Jésus la qualité de Verbe éternel. Le 4*' chapitre de saint Jean, que les alogiens ont cru n'être pas de lui, volt. Phil. m, 285.

— ÉTYM. 'AXoyo;, d? t privatif, et AÔyo;, verbe (voy. logique).

AL01 (a-loi), s. m. || 1* Titre légal de l'or et de l'argent. De l'or, de l'argent de bon, de mauvais aloi. Or de bas aloi, or qui n'est pas au titre. Je suis un sou de bon aloi ; Mais en secret argen-

tez-moi, Et me voilà fausse monnaie, berano. Refiis. || f Par extension. Le marchand voit s'il est de bon aloi [le cuvier] , la font. Cuv. Cette marchandise est de trop bon aloi , corn, le Ment. i , 4 . Forte femelle etd'assez bon aloi, la font. Troq. || 3* Fig.Vers de mauvais aloi. Style de bas aloi, médiocre en son genre. Sa tendresse n'est pas d'un bon aloi, sév. HO. Il faut avoir un peu de ce bon aloi que nous regrettons, id. 532.

— hist. xiii* s. Tous les mesties et li vallet doivent ouvrer de boine œvre et de loial et de boin aloy selonc ce qui a esté acoustumé en la ville de Paris, Liv. des met. 50. || xvi* s. 0 Dieu, ton parler d'efficace Sonne plus cler que fin alloy, marot, iv, 340. Leurs âmes, du plus bas aloy, rapportent faussement le fruict de la science, mont, i, (49. Il y avoit une grande quantité de pièces antiques de monnoie, les unes d'argent, les autres d'aloi [alliage], desquelles il ne savoit la valeur, desper. Contes, xxi. Il meit en avant (encores que les députez de l'empereur Hissent contents de prendre les escus marchans et ayans cours) qu'on meist les dits escus au marc et à l'aloy [titre], m. du bell. 459. Celui qui dignement voudra chanter ta grâce, Ta vertu, tes honneurs, il faudra qu'il se fasse Argentier gênerai ou trésorier d'un roy, Ayant tousjours les doigts jaunes de ton aloy [or], rons. 9(0.

— ÉTYM. Bas-lat. alleium, aleium, alaium. Ménage suppose un mot latin adlex qu'on aura pu dire de même qu'exlex, comme qui dirait selon la loi : « Du Haillan, ajoute-t-il, dans son traité de l'Estat de France : Les monnoyes de France sont altérées et de mauvaise loy ; la corruption du langage dit alloy, mais il faut dire loy, pourceque la monoye est la loy du peuple. Dans les anciennes ordonnances touchant les monnoyes, il n'y a que loy : à 24 caras de loy; qui ne sont pas de telle loi, et c'est comme parle M. de Bouteroue. » On trouve dans le provençal ley avec le sens de titre : Els no ion ni de ley ni de pes, dans Raynouard. Dans l'italien aloi se dit lega, et aussi allegalo, de bon aloi. En espagnol ley signifie aussi aloi. Toutes ces concordances paraissent bien démontrer que aloi vient de d (voy. a) et loi (voy. loi) ; ce qui est conforme à la loi. Cependant il est difficile de ne pas y remarquer aussi une confusion avec allier, alliage. Lega italien est plus près de ligare que de lex; et plusieurs des anciennes formes françaises se rapprochent ausîi d'allier.

A LONGE, ALONGEMENT, ALOJJGER (voy. AL- LONGE, ALLONGEMENT, ALLONGER).

ALOPÉCIE (a-lo-pé-sie), s. f. Chute des cheveux, des sourcils, des poils, accidentelle et prématurée ou sénile, partielle ou totale.

— HIST. xvi' s. Quant à la pelade, que.... ce n'est que certaine chaleur de foie que les médecins appellent alopécie, à laquelle moy et les miens sommes sujets, Satire Mén. p. 49. Alopécie vient du mot grec alopex, ....parce que les malades ont cheute de poil comme regnards, paré, Introd. 21. L'alopécie, ....dite vulgairement la pelade, id. xv, 4.

— ÉTYM. 'AAwrtexta, de àA&mriÇ, renard.

ALORS (a-lor; l't ne se lie jamais : alors il dit,

prononcez a-Ior il dit, et non, a-lor-z il dit. Quelques-uns font sentir l's .• a-lors* , mais c'est une faute), adv. || 1" En ce moment-là. Alors il me dit. Il me dit alors. Que pouvais-je dire alors? Il s'est repenti alors. Quand tout est fini et que nous ne savons plus que fairede notre loisir, alors nous consacrons à quelques pratiques languissantes de religion ces moments de rebut, mass. Car. Emploi du temps. || 8* Dans ce temps-là, dans le passé ou dans l'avenir. Me souviendrai-je alors de ce qu'il faudra faire? Des témoignages rendus par des milliers de personnes les plus sages qui fussent alors, la bhuy. 46. Dans quelque prévention où l'on puisse être sur ce qui doit suivre la mort, c'est une chose bien sérieuse de mourir; ce n'est point alors le badinage qui sied bien, mais la constance, id. 46. || 3° Alors que, loc. conj. S'emploie pour lorsque, surtout dans le style élevé. On n'a point d'amis alors qu'ils sont payés, volt. Scythes, iv, 2. Je n'aime point Thalie, alors que sur la scène Elle prend gauchement l'habit de Melpomène, id. Les deux siècles. Cependant on vous voit une morne tristesse, Alors que dans vos yeux doit briller l'allégresse, mol. l'Étour. v, 3. Qui vous salue D'un Dieu vous soit en aide alors qu'on éternue , m. Sgan. 2. Il dit qu'il m'aime encore alors qu'il m'assassine, corn. Mot. h, 5. Ils s'estiment heureux alors qu'on les déplore, m. ib. m, 4.||4* Jusqu'alors, jusqu'à ce temps-là, jusqu'à ce moment-là. Jusqu'alors il avait

vécu avec sagesse. || Proverbe. Alors comme alors; c'est-à-dire quand les choses arriveront, on s'y conformera, on se tirera d'affaire comme on pourra.

— HIST. xii' s. Alors s'enfuient dolanz et trespensez, Ronc. p. »6.||xv* s Et le duc respondy : qu'alors comme alors , du demain on s'aviserait '' comme des autres jours, g. cbastel, Chr. des Ducs de Bourg, m, ch. 44. || xvi* s. La procession finye, alors que chascun vouloyt recueillir de ceste rosée, et en boyre à plain guodet.... rab. Pant. n, 2. Iniques juges qui remettent à juger alors qu'ils.... mont. i,34. L'empereur eust mieux fait de se asseurer par alliance avecques vous avant lesser joindre deux telles puissances; car à peine accepterez vous ce que à l'heure vous demandiez, maro. Lett. ex. Les maux que j'ay eus le me rendent si feible que je suis quelquefois huit jours sans le sentir et à l'heure désespérée de l'estre [enceinte], id. ib. exix. Il arriva le huictieme jour du mois de juin, que Ion appeloit alors Cronius, amtot, Thés. (4. Par espreuve je sens que les amoureux traits Blessent plus fort de loin qu'à l'heure qu'ils sont près, rons. 269. Et les vivans, contens de la pasture, Produicte alors sans labour ne culture.... marot. iv, 4 7.

— ÉTYM. Ital. oHoro;de à préposition, Tarticle.et ors pour ores, ore:k l'heure, maintenant (voy. or, adv.). On a dit aussi en français d l'heure.

ALOSE (a-lô-z'), s. f. Poisson de mer du genre des dupées ; il remonte au printemps dans les rivières et est bon à manger.

— HIST. xiii' s. Les aloses ne li saumon ne doivent point de conduit, s'il n'a avoec autre poisson qui conduit doive, taillar, Recueil, p.45. || xiv* s. Aloze franche entre en mars en saison , Ménagier, n, 4. || xv* s. Etadonc, pour les mieux abuser, l'un des deux dessus dits prit une paire des dites aloses et les bailla à iceux portiers, monstr. liv. n, ch. 447. || xvi* s. Molues, merlus, saulmons, abuses. .. pare, t. III, p. 705.

— êtym. Alausa, alosa, dans Ausone ; allem. els ou else, alose.

fALOSIER (a-lô-zié), s. m. ou ALOSIÈRE (a-10ziê-r'),*. f. Sorte de verveux ou filet dont on se sert pour prendre des aloses.

t ALOUCHE (a-lou-ch'),*.f. Fruit de l'alouchier.

— ÊTYM. Alouche, autre forme d'alizé.

tALOUCHIER(a-lou-chié), s. m. Un des noms vulgaires de l'alizier.

— ÊTYM. Voy. ALOUCHE.

t ALOUE (a-lou-e), s. f. Nom vulgaire de l'alouette des champs.

— ÊTYM. Aloue est dans l'ancien français le nom de l'alouette.

ALOUETTE (a-lou-è-f) , s. f. || 1* Oiseau de l'ordre des passereaux ; il fait son nid dans lesplaines. || S'éveiller, se lever au chant de l'alouette, se lt"cr de très-grand matin. || Proverbes. Si leciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se dit d'une supposition absurde. || Il attend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans le bec, ou simplement, lui tombent toutes rôties, se dit d'un paresseux qui voudrait avoir les choses sans peine. |J 4* Terres à alouettes, terres sablonneuses. || 3° En termes de marine, nœud d'alouette, sorte de nœud qu'on appelle aussi tête de mort. ||4° Alouette de mer, oiseau du genre des vanneaux, et de l'ordre des échassiers.

— HIST. xiu* s. Près [je] sui qu'en autel point

com pinçon ou aloe Qu'espervier Berte, xxxm. Il

se misent au fuir sans plus attendre, et s'esparsent li uns chà et li autres là, aussi comme les aloes font por les espreviers, h. de valenc. ix. La costume ai à l'esprevier, Qui l'aloe vel tant chacier, Que il la prent par tost voler, Et puis si l'en relet aler, Ren. 6446. Là veïssiés les troi si fièrement aidier; Ai.si comme l'aloe fuit devant l'esprevier, Vont li Turc après aus, nés osent aprochier, Ch. d'Ant. vin, 83. Ce fu au tens que naist la fior, Et l'aloete chante au jor, Blancandin De, kalendres bien envoisies Qui chantent cler, et d'aloetes, fabliaux, éd. barbaz. t. iv, p. 94. || xv* s. Entre prime et tierce se commença le jour à reschauffer et le soleil à luire et à monter, et les aloesà chanter, froiss. ii, h, 47. Les biens mondains, les honneurs et les gloires, Qu'on aime tant, désire, prise et loue, Ne sont qu'abus et choses transitoires, Plus tost passans que le vol d'une aloue, a. chabt. Régime de fortune, Ball.it.

—ÊTYM. Wallon, a/oute; bourguig. auluôtte ; Berry, alouvette; provenç. alausa, alauxeta; ital. allodola, lodola; anc. espagn. aloeta; espagn. mod. alondra. Alouette est le diminutif d'aloue; aloue vient du latin alauda ; mais m'ouïra était un mot

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