‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 88 sur 403 · A MO · texte numérisé non relu

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amours, rac. Bér. i, 4. Pans n'ignorait aucune rie ses amours [d'Hélène] quand il lui sacrifia les siennes, p. L. Courier, i, 4). Continuez vos amours avec euxtant qu'il vous plaira, mol. les Préc. ridie. 4 6. || Il se dit aussi dans ce sens au plur. m. Et mes premiers amours, et mes premiers serments, volt. Œdipe, il, 2. Ces dieux justes vengeurs des malheureux amours, bel. Enéide, Vf. Et l'onrevient toujours X ses premiersamours, Etienne, Joconde. Vient un danseur, nouveaux amours, béhang. Les cinq étages. || 2° Locutions diverses. Fairel'amour, courtiser, être en commerce amoureux. Ah ! lâche, fais l'amour et renonce à l'empire, bac. Bérén. iv, 4. Non, non, faites l'amour, et vendez aux amants Vos accueils.... bégnier, Sat. xm. Comme en faisant l'amour on sedoit maintenir, m. Fpît. i. Qui fussent retournésunjour ÀMycènes faire l'amour, malh. vi, 4 7. Qu'ils viennent vous faire l'amour, mol. Préc. 4 6. Du temps qu'ilfaisait l'amour à Mme sa femme, hamilt. Gramm. 4 4.11 faisait l'amour avec Mlle de N.... sév. 634. Il est peu à craindre qu'ils ne sachent pas faire l'amour sans lui , j. i. rouss. Érn. v. Est-ce que vous croyez qu'on puisse faire l'amour sans proférer une parole? volt. Microm. 6. Raimond fit publiquement l'amour à cette princesse [Eléonore, femme de Louis le Jeune], volt. Mœurs, 65. || Familièrement. Filer le parfait amour, s'aimer longtemps et constamment. La maison de Mme de Mortagne tomba fort ; ils [M. et Mme de Mortagne] s'en consolèrent par l'abondance et par filer le parfait amour, stsim. 63, I39.|| C'est un vrai remède d'amour, se dit d'une femme fort laide. || En termes de culture, la terre est en amour, elle est dans un état propre à la végétation. || Être en amour, se dit des femelles des animaux, et signifie être en chaleur. || Maison d'amour, maison de filles. On trouve dans Paris d'autres maisons d'amour, régn. Sat. xi. || 3° En général, affection profonde. L'amour des parents pour leurs enfants. Pour un fils jusqu'où va notre amour, rac. Ândr. m, 4. Ne vous assurez point sur l'amour qu'il vous porte, id. Milhr. I, 5. Même de mon amour craignant la violence, Autant que je le puis, j'évite sa présence, id. Âthal. I, 2. Pour le sang de nos rois vous savez son amour, id. ib. n, 6. Son amour [de la fortune pour certaines femmes] est fragile et se rompt comme verre, Et fait aux plus matois donner du nez en terre, Régnier, Sat. xiv. J'assigne l'envieux cent ans après la vie, Où l'on dit qu'en amour se convertit l'envie, id. ib. xv. || Au féminin. L'empereur qui lui montre une amour infinie [à Sévère], id. Poly. i, 4. Excusez l'ardeur d'une amour fraternelle , id. Hor. i, 5. Le baiser d'amour fraternelle, la font. Fab. n, 16. C'est à bon droit Que, seul entre les tiens, par amour singulière, Je t'ai toujours choyé.... id. ib. vin, 22. Cette amour est extrêmement bonne, pasc. Pass. 139. || Pour l'amour de quelqu'un, par affection, par considération pour lui. Il le fit pour l'amour de moi. Je me purgerai pour l'amour de vous, sév. 382. || Amour de Dieu, amour que la créature doit porter à son créateur. L'âme est faite pour Dieu, et c'est à lui qu'elle devait se tenir attachée et comme suspendue par sa connaissance et par son amour, boss. La Tallière, Profession. || Pour l'amour de Dieu, dans la seule vue de plaire à Dieu, sans aucune vue d'intérêt; et aussi, ironiquement, sans soin, mal. Cela est fait pour l'amour de Dieu , cela est mal fait. || Ironiquement. Comme pour l'amour de Dieu, se dit pour exprimer une chose faite à contre-cœur, avec lésinerie. || 4° En parlant des choses, sentiment vif, attachement qu'on éprouve pour une chose. Amour du plaisir, dujeu. Si l'amour des grandeurs, la soif de commander.... rac. Athal. m, 3. C'est l'amour des grandeurs qui vous rend importune, corn. Cinna, iv, 4. Tout ce que j'ai d'amour pour la vertu, fén. Tél. iv. Elle a mis son amour à la dévotion , régnieb , Sot. xm.... quelque excès d'amour qu'il porte à notre bien, malh. n, ». || Au féminin. Une certaine amour naturelle qu'on a pour ses sentiments, vaugel. Q. C. vn, 4. L'amour du bien lui était assez naturelle, stévrem. n, (83. || Absolument. Nos peines ne deviennent si douloureuses que par les attachements outrés qui nous liaient aux objets perdus.... l'excès de nos afflictions est toujours la peine de nos amours injustes, mass. Avent, Afflict. La nature a mis en nous des haines et des amours, id. Car. Offenses. Telle est la première source de nos amours et de nos haines : l'injustice et la bizarrerie de notre goût, id. «6. Pour que deux hommes soient parfaits amis , il faut qu'ils aient des opinions opposées , des principes semblables, des haines et des amours diverses, chateadb. Génie, n, in, 4. Il semblait que toutes les

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amoursdu peuple romain fussent courtes et malheureuses, perrot d'abl. Tacite, 97. || Dans le langage des arts. Cet ouvrage est fait avec amour, l'artiste s'est complu à le faire. || 5° Objet aimé. J'ai vu mon amour; mais son visage était pâle, cnATEAUB. Dargo, chant i. De quel ennui secretton âme est-elleatteinte? Me dis- tu : cher amour, épanche ta douleur, lamart. Héd. n, 10. S'il parle à de certaines filles Dont il fit longtemps ses amours, bérang. av. de Bagn. Enfant, rêve encore! Dors, 6 mes amours! v. hugo, F. d'aut. 20. Les rois qui avaient été l'amour de leurs peuples, pén. Tél. xm. Et fussiez-vous du monde et l'amour et l'effroi.... corn. Nicom. i, 4. Cette Esther, l'innocence et la sagesse même, Que je croyais du ciel les plus chères amours, rac. Esth.m, 4.Un jeune lis, l'amour de la nature, id. Athal. n, 9. || M'amour pour ma amour, au féminin. Terme caressant don ton se sert envers son mari, sa femme, sa fille, sa maltresse. Allez, m'amour, et passez chez votre notaire, afin qu'il expédie ce que vous savez, mol. Mal. imag. n, 8. || 6° L'Amour, les Amours, divinités de la Fable. L'Amour n'enfante que des larmes; Les Amours sont frères des ris, v. hugo, Odes, iv, 2. Fuyez, fuyez, oiseaux d'un noir présage; Cette nacelle appartient aux Amours, bérang. Comm. du Voyage. Je vousrevois;et le temps, trop rapide, Ternit ces yeux où riaient les Amours, id. Déesse. Dans une taille contrefaite, mais qui s'apercevait peu, sa figure [de Mme laDuchesse] était formée par les plus tendres Amours, st-sim. 206, 22. || Fig. et familièrement. C'est un amour, se dit d'une jeune femme très-jolie, d'un enfant très-joli, et aussi de quelque objet trèsjoli. || 7° Amour de soi , sentiment naturel qui attache chaque homme à ce qui lui est personnel. L'amour de soi est irrépréhensible, utile, et content quand nos vrais besoins sont satisfaits. Ce sont deux sortes d'amours qui sont ici toutes choses : l'un est l'amour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu, c'est ce qui fait la vie ancienne et la vie du monde; l'autre, c'est l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi-même, c'est ce qui fait la vie nouvelle du chriitianisme, et c'est ce qui, étant porté à la perfection , fait la vie religieuse , boss. La Vdllière, Profession. || 8" Amour-propre , amour de soi, considéré comme un sentiment excessif pour soi et de préférence sur les autres; opinion avantageuse de soi-même. Cet homme est pétri d'amour-propre. C'est [l'amour de la patrie] un véritable amour-propre, st-évrem. ii, 399. Depuis, le péché étant arrivé, l'homme a perdu le premier de ses amours [l'amour pour Dieu] ; et l'amour pour soi-même étant resté seul dans cette grande âme capable d'un amour infini, cet amour-propre s'est étendu et débordé dans le vide que l'amour de Dieu a laissé; et ainsi il s'est aimé tout seul, et toutes choses pour soi, c'est-à-dire infiniment : voilà l'origine de l'amour-propre, pasc. Pensées, part, n, art. 18. Faut-il que l'amour-propre aveugle les esprits! la pont. Fab. iv, 2. L'amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs, la bochef. Réflex. 2. Notre amour-propre souffre plus impatiemment la condamnation de nos goûts quedenosopinions,iD. ib. 43.SÏ l'amour-propre était un peu plus délicat, onne compterait pour louanges que celles qui auraient de pareils assaisonnements, fonten. Dodart. L'homme que vous voyez si attaché àlui-même par son amourpropre, n'a pas été créé avec ce défaut, boss. la Vall. || 9° En peinture, amour, un certain duvetquirend la toile très-propre à recevoir la colle. || iO°En maçonnerie, espèce d'onctuosité que le plâtre laisse dans les doigts. || 11° Jeu de l'amour, sorte de jeu qui ressemble au jeu de l'oie, et qui se joue avec des tableaux et des dés. || 12° En termes de fauconnerie, voler d'amour se dit des oiseaux qu'on laisse voler en liberté, afin qu'ils soutiennent les chiens. || 13° Amour en cage, s. m. Terme de botanique. Nom, dans certaines localités, de l'alkékenge et de son fruit. || Pomme d'amour, tomate. || Proverbes. Il n'y a pas de belles prisons ni de laides amours. || Froides mains, chaudes amours; la fraîcheur des mains passe pour annoncer un tempérament ardent. — REM. 1. Amour, suivi d'un complément de personne, se dit de celui qui éprouve l'affection et de celui qui l'inspire : Une mère entourée de l'amour de ses enfants ; ce sont les enfants qui aiment. Cetteinère inspirée par un amour aveugle de ses enfants; ce sont les enfants qui sont aimés. || 2. Amour a été masculin et féminin dans les deux siècles derniers. Aujourd'hui il n'est susceptible de recevoir les deux genres que quand il signifie la passion d'un sexe pour l'autre ; ailleurs il est masculin. L'Amour, dieu de la Fable, est toujours masculin. Amour au singulier n'est féminin qu'en poé-

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aie. Au pluriel, il est féminin non-seulement en poésie, mais dans le parler ordinaire et dans certaines locutions. Des grammairiens ont réclamé contre la conservation de ces deux genres, disant qu'il est temps de ramener partout le singulier et le pluriel au même genre. L'Académie ne prendra pas un tel parti, et il serait fâcheux qu'elle le prît; car cela ferait aussitôt considérer par le gros des lecteurs comme des fautes les passages de nos auteurs où amour est du féminin, grave dommage pour leur mémoire et pour notre plaisir, comme on le voit en plus d'un cas où le rigorisme mal entendu des grammairiens l'a emporté. Amour au féminin est un archaïsme; amour, venant de amor, était féminin dans l'ancienne langue, comme tous les noms ainsi dérivés l'étaient et le sont encore : douleur, peur, etc. L'ancien français avait un excellent substantif, amorie, substantif féminin, pour exprimer le règne d'amour, les choses d'amour. Ce mot est regrettable.

— SYN. 1" AMOUR DE SOI, AMOUR-PROPRE. Aucune

distinction entre ces deux termes n'existait au xvn* siècle, qui confondait dans une commune réprobation l'amour de soi et l'amour-propre. Mais depuis on a distingué entre ces deux expressions : l'une n'implique aucun blâme et indique simplement l'intérêt légitime qu'un homme prend à soi-même; l'autre indique que l'amour de soi tend à passer les bornes et à s'approcher de l'égoïsme. || 2° amour, amourette. La différence qu'il y a du sérieux au badin, à l'égard d'un même objet, fait celle de l'amour et de l'amourette. Celle-ci amuse simplement, et celui-là occupe, guizot.

— hist. ix* s. Pro Deo amur, Serment. || xr* s. Serai ses hom par amur et par feid, Ch. de Roi. vi. La tue amurz me seit hui en présent, ib. ccxxiv. || xii" s. Rolant respont, si le dit por amor, Bonc. p. 44. Por itex cops [il] vous a s'amor donée, ib. p. 68. Pour amorDeu, pourquoi me rampoinez? ib. p. 84. Tout par amor [de bonne volonté] [elle] prendra la loi saintie, ib. p. 148. Las! quel amor à duel est départie [séparée], t'6. p. 163. Nule chançon ne m'agrée S'el ne vient de fine amor, Coud, i. Tant s'est amours affermée En mon cuer à long sejor, t'6. i. Bien [je] cuidai vivre sans amour Dès or en pais tout mon aé [âge], ib. m. Et vous, seigneur, qui par amours amez, Faites ainsi, se jouir en voulez, ib. xiv. N'est pas amors dont on se peut mouvoir, ib. xvin. Ainçois me dout [je crains] qu'en trestout mon aage [je] Ne puisse assez lui ets'amour servir, ib. xix. Lors recommencent leur premières amors, Romancero, p. 61. Fait li dune sainz Thomas: tu/ nus estuet mûrir ; Ne pur mant de justise ne me verrez fléchir; E pur l'amur de Deu voil la mort sustenir, Th. le Mari. 443. || xm* s. [Dieu] Veuillez que vostre mère m'ame de s'amour doue [doue mon âme de son amour], Berte, xxxin. L'amour [amitié] que m'avez faite vous soit de Dieu rendue, ib. lu. De mauvaise marastre est l'amour moût petite, ib. liv. D'amour et de désir tout li cuers lui esprent, ib. ex. Que fine amors a pris au las, Chanson dans Berte aux grans pies. Et fit semonre ses amis et ses fievés et par homage et par amours, et assembla si grant ostquecefumervelles, Chf. de Rains, 476. Ci est le Rommantde la Rose Où l'art d' Amors est tote enc-Iose, la Rose, titre. Carchascun qui de ses amors Oit parler, moult s'en esbaudist, ib. 2686. Mais de la foie amor se gardent, Dont li cuer esprennent et ardent, Et soit l'amor sans convoitise Oui les faus cuers de prendre atise, ib. 4609. Se li lais [legs] li avoit esté fes por aumosne ou por amor carnele, li lais serait de nule valeur, beaum. xii, 46. Ci vous pri, que vous metés votre cuer à ce pour l'amour de Dieu et de moi, ioinv. 194. ||xiv" s. Et à ceste manière d'amisté attraient aucuns la foie amour de deux persones, des queles une est bêle et l'autre est laide, oresme, Eth. 244. Amour n'obeist pas à crainte; Ne nullui n'aime par contrainte, bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 22. || xv* s. Si le ferit tantost une estincelle de fine amour au cœur, froiss. i, i, !65. [Le roi d'Angleterre annonce aux barons son intention de fonder un ordre de chevalerie.] Si lui accordèrent liement, pour ce que leur semblnit une chose honorable, et où toute amour se nourri roit, m. i, i, 24 3. Il laissa au pays de Flandres deux comtes, sages chevaliers et vaillans, pour tenir à amour les Flamands, et pour mieux montrer que leurs besognes estoient siennes, id. i, i, 97. Et lui avoit fait ledit roi plus d'amour et de courtoisie en prison qu'il ne fit au dit messire Hervey, id. i, i, 212. Et pour ceste cause n'y avoit nulle amour entre les deux [le duc de Bourgogne et le comte ds Saint-Pol], comm. h, 6. Qui à la fois dit de bons

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mots Et chante bien : ma douce amour, villon dans ménage. |jxvi" s. Amour est fin, et sa parole farde Pour mieux tromper : donnez-vous en donc garde, marot, i, 337. Ceux qui font tant de clamours, Ne taschent qu'à eux complaire Plus qu'à leurs belles amours, id. ii, 360. La chanson fut bien ordonnée Qui dit ': m'amour vous est donnée, marot dans ménage. Je ne veux plus, sous couleur apparente D'un feint amour, vivre si mal contente; Trop est l'amour chère , honneste et gentille; Je veux aimer, st-gel. 241. L'amour de la vie doit estre oubliée pour la bonne renommée, marg. Lett. 55. Amour ne peult estre receu que de son semblable, id. t'6. (37. Les desnaturées et preposteres amours de son temps, mont, i, ((7. Cette amour naturelle [desparents] les attendrit trop et relasche, id. i, (84. Tumber en amour de soy indiscrète, id. ii, 62. L'amour d'un muletier plus que celle d'un gallant homme, id. ii, 2t3. Le jeune homme désespérant de pouvoir jouir de ses amours, en fut si desplaisant, qu'il se noya, amyot, Thés. 32. Minos le renvoya franc et quitte, remettant, pour amour de Iuy, à la ville d'Athènes ce tribut qu'elle luy devoit payer, id. t6. 22. Cessez le combat pour l'amour de nous, id. Rom. 29. La vraye amour et bienvueillance qu'ilz luy portoient, id. Timol. 62. S'estans tous deux énamourez d'une amour, affection et charité divine, qui estoit de servir leur pais, id. Pêlop. 8. Il faut s'aimer d'une amour mutuelle, rons. 820. Car comme un clou par l'autre est repoussé, L'amour par l'autre est soudain effacé, id. 821. L'amour de la femme et l'amour du chien , il ne vaut rien qui ne dit : tien , génin , Récréât, t.n, p. 24(.

— ETYM. Bourguig. aimor; provenç. et espagn. amor; ital. œmore; de amorem (voy. aimer).

AMOURACHÉ, ÉE (a-mou-ra-ché, chée), part, passé. Amourachée de ce jeune homme.

AMOURACHER (a-mou-ra-ché). || 1" V. a. Engager dans un amour peu justifié. Quelques œillades l'amourachèrent de cette comédienne. || 2" S'amouracher, v. ré/l. S'éprendre d'un amour peu justifié. Un jeune fou dont elle s'amourache, mol. Éc. des f. iv, (. Des Alleurs s'amouracha à Strasbourg, où il était employé, les hivers, de Mlle de Lutzbourg, stbimon. 60, 94. Elle s'est amourachéed'ungrand benêt de vingt-cinq ans , sêv. (43. || Fig. Il s'est amouraché des sciences occultes.

— HIST. xvr» s. Tu n'es qu'un fol de l'amourescher, elle n'est pas pour toy, palsgr. p. 784.

— ÉTYM. Ital. amoraccio, amour déréglé; de amore (voy. amour). L'ancien français disait amourer, mais sans aucun sens défavorable.

AMOURETTE (a-mou-rè-f) , s. f. || 1° Amour sans passion, par amusement. Se marier par amourette, la bruy. 14. Des amitiés , des amourettes , On en voit tant que c'est pitié; Mais, de grâce, amour, amitié, Apprenez-moi donc où vous êtes, Couplet connu. Que de goguettes ! Que d'amourettes ! Jamais de dettes ! Point de nœuds constants, bérang. Cocagne. Nous vous regardions [Henri IV] comme un homme mou et efféminé, que la reine mère avait trompé par mille intrigues d'amourettes, fén. t. xix, 404. || 2' Amourettes au p(ur. La moelle qui se trouve dans les vertèbres du veau ou du mouton, quand elle est cuite. || 3° Terme de botanique. Nom vulgaire du briza melia (graminées) , dit aussi herbe d'amour et lamisailles.|| Amourette des prés, nom vulgaire de la lychnide, fleur de coucou. || Amourette moussue, la saxifrage hypnoïde. || Petite amourette, nom vulgaire de la poa éragrostide (graminées). || 4" Terme d'entomologie. Nom vulgaire de l'anthrène des musées (coléoptères) dont la larve fait beaucoup de tort aux collections d'histoire naturelle.

— HIST. xii' s. Et mes fins cuers me fait d'une amorete Si douz présent que [je] ne l'os refuser, Couci, vi. || xhi" s. Mi sire Renartvet chantant, Une chançon tote novele D'amoretes qui moult iert bêle, Uen. 245(6. Lambert, petit amés vo testelete, Quant à morir Vous otroiiés pour si courte amourette, Bib. des Chart, l' série, t. v, -p. 350. ||xv"s.Ilsnesont à riens ressemblans; Car ungjour viennent entamer Le cueur , et après embasmer ; Ce sont amouretes tremblans,CH. d'orl. Chant. 88. Et estoit commune renommée, que des dictes joustes estoit venu des choses deshonnestes en matière d'amourettes, juvén. Charles VI, (389. || xvi" s. Pour estre moyne au temple d'amourettes , marot, i, (8i. Il délaissa la romaine, pour l'amour d'une estrangere, et qu'il avoit seulement prise par amourettes , amyot , Anton, et Démétr. 6. Leur inimitié commencea d'amourettes premièrement, m. Arist. 4.

—ÉTYM. Diminutif d'amour; bourguig. aimorôte.

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AMOUREUSEMENT (a-mou-reû-ze-man) , ado.

|| 1" Avec amour. Elle faisait fondre chacun eu larmes, en se jetant amoureusement sur le corps de cette mourante, qu'elle appelait sa chère mfre, mol. Scapin, i, 2. Une doit pas accuser de la violence qu'il souffre la mère qui le retient amoureusement, mais ses injustes ravisseurs, pasc. dans Cousin. || 2° En termes d'art, avec grâce et délicatesse. Ce petit tableau est peint amoureusement.

— HIST. xin* s. SI amoureusement que mais [elle] ne l'en descloe [ne décloue mon âme de son amour], Berte, xxxm. || xvi" s. Si ta promesse amoureusement faite Estoit venue à fin vraye et parfaicte... marot, i, 342. En plein jour et devant sa fille, il avoittrop amoureusement baisé sa femme , amyot, Caton, 35.

— ËTYM. Amoureuse au féminin, et ment (voy. ment ) ; provenç. amorosamen ; espagn. et ital. amorosamente.

AMOUREUX, EUSE (a-mou-reû , reu-z'; l'a; se lie; amoureux et jeune, dites: a-mou-reù-z' et jeu-ne), adj. || 1" Qui aime par amour. Il est amoureux de cette femme. Êperdument amoureux. Il se maria à vingt-trois ans , et, quoique amoureux, il fit un bon mariage, fonten. Malézieux. Fatime, Bajazet en est-il amoureux T rac. Baj. iv, 6. A force de parler d'amour, on devient amoureux, pasc. Amour. Ah! dites bien qu'amoureux et sensible, D'un luth joyeux il attendrit les sons, bérang. Bonne Vieille. || 2° Enclin à l'amour. On dit qu'il y a des nationsplus amoureuses les unes que les autres, paso. Amour. || Proverbialement. Il est amoureux des onze mille vierges ; il Berait amoureux d'une chienne coiffée, se dit d'un homme qui s'amourache detoutes les femmes qu'il voit. || 3° Qui est passionné pour quelque chose. J'estimais fort l'éloquence, et j'étais amoureux de la poésie , besc. Méth. i, 9. Combien de ces hommes follement amoureux de la valeur et de la gloire, mass. Carême, Mort. La paresse, l'indolence et l'oisiveté, vices si naturels aux enfants, disparaissent dans leurs jeux, où ils sont vifs, appliqués, exacts, amoureux des règles et de la symétrie, la bruy. ((.Il rend de vos vertus les peuples amoureux, corn. Sertor. m, 2. Et le peuple amoureux de tout ce qui me nuit.... id. Héracl. i, (. Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont d'un déclamateur amoureux de paroles, boil. Art p. m. Lorsque le prince est plua amoureux de ses fantaisies que de ses volontés, montesq. Esp. vin, 6. Pour les âmes généreuses, Du vrai bonheur amoureuses, La mort même a ses douceurs, l. b. rouss. Odes, iv, 9. || 4" Substantivement. Tout ce que peuventfàireces misérables amoureux des grandeurs humaines,c'est de goûter tellement la vie qu'ils ne songent point àla mort, boss. Or. fun. Gornay. \\ 5° En parlant des choses, qui tient de l'amour. Transports amoureux. Langage amoureux. Œil amoureux. Une flamme amoureuse. Un respect amoureux me jette à ses genoux, corn. Cid , v, 8. Que je voie un peu vos dents, je vous prie. Ah I qu'elles sont amoureuses! mol. Festin, n, 2. Chanson amoureuse, mol. Princ. d'Él. n,2« interm. Ah! prince, que je devrai de grâces à ce stratagème amoureux 1 id ib. v, ( . Il faut, il faut tirer à nous ce que d'heureux Pourrait avoir en soi ce projet amoureux, id. l'Étour. iii,7. Je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses, id. Festin, i, 2. Allons songer à l'exécution de notre entreprise amoureuse, id. ib. i, 4. Et puis, qui ne sait pas que la mer amoureuse En sa bonace même est souvent dangereuse? malh. v, 4. Il poursuit seulement ses amoureux projets, rac. Andr. v, 2. J'aime, je l'avouerai, cet orgueil généreux Qui n'a jamais fléchi sous lejoug amoureux, m. Phèdre, n, (. Implacable ennemi des amoureuses lois, id. t'6. i,(. || 6" En termes de peinture, pinceau amoureux, pinceau dont la touche est moelleuse et douce. || 7" Substantivement, dans le style familier, amant, amante. Un amoureux transi. C'est là son amoureuse. || 8° Au théâtre, emploi dans la comédie Jouer les amoureux, les amoureuses. On dit plus souvent aujourd'hui les jeunes premiers, les jeunes premières.

— hist. xii" s. Et si [je] vous aim, dame, tant finement, Que pour autre [je] ne puis estre amorous, Couci, vil. Tout a croisés amourous à contendie D'aler à Dieu ou de remanoirci, t'6. xxiv. Mais cil faus amourous d'esté N'aiment fors quant talent leur prent, ib. p. (2(. ||xni" s. Il a jà bien cincq ans, au moins, En mai estoie, ce songoie Ei temps amoureus plain de joie, la Rose , 48. || xv" s. Les yeux noirs et amoureux là où il luiplaisoit son regard à asseoir, froiss. h, m, (3. Au fort, martir

AMP

nn me devra nommer, Se Dieu d'amnurs fait nulz amoureux saints, Car j'ai des maulx plus que ne sçay

compter, ch. d'orl. Bal. (0 le pourpris .'. . .

estoit si bien entrepris D'arbres et fleurs et de ruisseaux Qui tant sont amoureux et beaux, Qu'onques mais les pareils ne vis ; Ce me sembloit un paradis, la font. 92. Demandant s'ils avoient bon vin, Et qu'on luy emplist du plus fin , Mais qu'il fust .• bon et amoureux, villon, Repues fr. Comment ils f eurent du vin. || xvi" s. Chanter versets d'à- 1 moureuses leçons, marot, i, (92. Demande à tous; ces vieils routiers Qui ont esté vrays amoureux, id. i, (99. Que jamais il n'avoit mangé si amoureux et si plaisant morceau que celui. ... [le cœur d'un ennemi], marg. JVout). 6(. Rendu insensé par un bruvage amoureux, mont, n, 20. Les amoureux se disent toutes choses des yeulx, id. ii, (58. Les amoureux révèrent plus leurs amours, encore qu'ils soyent absens, qu'ilz ne font les autres présents, amyot, Pélop. 34. Tes boccages soient tousjours pleins D'amoureuses brigades De satyres et de sylvains, rons. 4)6. Et bien aymé je suis bien amoureux, id. 756. Celui qui n'aymeest malheureux, Et malheureux est l'amoureux, id. 5(0. Les amoureuses du jourd'huy En se vendant ayment celuy Qui le plus d'argent leur apporte, id. 5(0.

— ÉTYM. Amour; bourguig. otmourou; provenç. amoros; espag. et ital. amoroso.

AMOVIBILITÉ (a-mo-vi-bi-li-té) , s. /'.Qualité de ce qui est amovible. Cette amovibilité ne peut pas s'étendre aux évêques, j. j. rouss. Pol. 7.

— ÉTYM. Amovible.

AMOVIBLE (a-mo-vi-bl'), adj. Qui peut être déplacé. Fonctionnaire amovible. || Suit toujours le substantif: Un emploi amovible ; une place amovible.

— ÉTYM. Amovere, éloigner, déplacer, dea,a6, exprimant éloignement , et movere , mouvoir (voy. mouvoir).

fAMPÉLOGRAPHIE (an-pé-lo-gra-fie), s. f. Description de la vigne; traité tir la vigne.

— ÉTYM. "AjjmeXoç , vigne, et ypgcçeiv, décrire. f AMPHÉMÉRINE (an-fé-mé-ri-n'), s. f. Terme

de médecine. Fièvre quotidienne rémittente.

— ÉTYM. 'A(j.çïi(i6pivo?, de &[xcpt, tout autour, et tfuipa, jour.

t AMPHI... préfixe qui se met au commencement de certains mots tirés du grec, qui signifie des deux côtés, et qui vient de la préposition grecque àm>l, répondant au préfixe latin om6, et ayant même radical que â\>.<?a, latin amho, tous deux.

t AMPHIARTHROSE (an-fi-ar-trô-z'), s. f. Terme d'anatomie. Articulation serrée, comme aux vertèbres et aux carpes, laquelle ne permet pas le glissement des surfaces.

— ÉTYM. 'Ap.epi, autour, et âp8pov, articulation (voy. arthrite).

AMPHIBIE (an-fi-bie), adj. et s. m. || 1° Qui vit sur la terre et dans l'eau. Un amphibie. Les amphibies. Animaux amphibies, ceux qui fréquentent l'eau pour y chercher leur nourriture ou pour d'antres motifs [hippopotame] ; ceux qui se tiennent habituellement dans les lieux humides [beaucoup de reptiles]; ceux qui, pouvant plonger longtemps, se tiennent le plus souvent, ou toujours, sur ou dans l'eau, quoiqu'ils aient besoin de respirer l'air de temps en temps et ne puissent jamais respirer que ce fluide [phoques] ; ceux qui respirent l'eau à certaines époques de leur vie et l'air à certaines autres [grenouilles] ; enfin, ceux qui respirent à la fois l'air et l'eau [protées]. Ces derniers sont les seuls auxquels le nom d'amphibies soit rigoureusement applicable. X moins que les habitants de Jupiter ne soient amphibies.... je ne sais pas trop ce qu'ils deviennent, fonten. lesttndes, 6* soir. || Plantes amphibies, celles qui croissent indifféremment dans l'eau ou hors de l'eau. || 2° Fig. Elle [la compilation connue sous le nom d'Etablissements de saint Louis] formait un code amphibie où l'on avait mêlé la jurisprudence française avec la loi romaine , montesq. Esp. xxvm,38. Ilssontamphibies;ilsviventde l'église et de l'épée , la bruy. 8. Béretti faisait observer que la conduite de la République était amphibie, et que sa politique tendait à ne pas déplaire au roi d'Espagne sans se rendre suspecte aux autres puissances, st-sim. 604, ((9. || 3° C'est un amphibie, se dit familièrement d'un homme qui professe tour à tour des sentiments contraires. || 4° Il ne semetqu'après son substantif : Un animal amphibie.

— ÉTYM. 'A(j.;p£Êioî, de àu.çt, des deux parts, de même radical que le latin om6o (voy. ambe), et |3(o;, vie (voy. vie).

t AMPHIBOLE (au-i;-bo-l'),s. /. Terme de miné-

AMP

AMP

AMP

ralogie. Substance terreuse qui se présente sous un très-grand nombre d'aspects.

— ÉTYM. 'A(iç(ëo)oç, ambigu, de ày-çi, des deux côtés, etpé)oç, jet, de p<xA),eiv, jeter (voy. balistique); mot à mot, qui jette des deux côtés, c'est l'équivalent exact d'ambigu.

AMPHIBOLOGIE (an-fi-bo-Io-jie), s. f. Arrangem»nt des mots d'où résulte un sens douteux. Voici un exemple d'amphibologie dans Molière : Et de même qu'à- vous je ne lui suis pas chère, Mélic. il, 3. Le sens est : Je ne lui suis pas chère comme à vous, de même qu'à vous. Mais au premier abord le sens paraît être : Je ne vous suis pas chère, et je no lui suis pas chère. Cette amphibologie résulte de l'inversion.

— ÉTYM. Âmphibologia, par abréviation, pour amphibolologia , de 4|jlç(6o>o; , ambigu (voy. amphibole), et àôy°c, discours (voy. logique). Ce mot a été taxé de barbarisme; il faudrait en effet dire amphiboîologie ou amphibolie ou amphilogie. Mais il n'y a pas à revenir là-dessus; outre que âmphibologia est déjà dans le latin, l'oreille a produit une contraction du mot comme dans idolâtrie pour t'rfololdfrie.

AMPHIBOLOGIQUE (an-fi-bolo-gi-k') ,adj. Qui est affecté d'amphibologie. Discours amphibologique.

— hist. xiv» s. Leurs paroles sont aucunes fois doubles, amphibologiques, à deux visaiges,OBESME, Thèse de meunier.

— ÉTYM. Amphibologie.

AMPHIBOLOGIQOEMENT (an-fi-bo-lo-ji-ke-man) ,

ad*. D'une manière amphibologique. Il a parlé amphibologiquement.

— ÉTYM. Amphibologique et ment (voy. ment).

+ AMPHIBRAQUE (an-fi-bra-k') , s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Pied composé d'une longue entre deux brèves.

— ÉTYM. 'A(j.çi6p«xw?, de à|içi, des deux côtés, et ppaxùc, bref.

AMPHICTYONIDE (an-fik-ti-o-ni-d') , adj. f. Terme d'histoire grecque. Qui avait droit d'amphictyonie , en parlant des villes de la Grèce.

— ÉTYM. Â|tipixTuov£ç (voy amphicttons). AMPHICTYONIE (an-fik-ti-o-nie) , s. f. Terme

d'histoire grecque. La fédération, le conseil des Amphictyons.

— ÉTYM. ,A|iipixTuo'vto (voy. amphicttons). AMPHICTYONIQUE (an-fik-ti-o-ni-k'), ad). Quia

rapport au conseil des Amphictyons. Ligue, décision amphictyonique.

— ÉTYM. Amphictyons.

AMPHICTYONS (an-fik-ti-on), s. m.plur. Terme d'histoire grecque. Députés des États grecs, qui se réunissaient aux Thermopyles pour délibérer sur des affaires générales.

— ÉTYM. 'A|if txTÛovec, ainsi nommés d'Amphictyon fils de Deucalion, à qui on faisait remonter cette institution. Ce mot paraît être composé de àjjupt . autour (voy. ambi) , et de xtumv ou xtwov , qui habite , parce qu'ils résidaient autour de Delphes.

f AMPHIGÈNE(an-fi-jê-n'), *. m. Terme de minéralogie. Minéral qu'on trouve dans les laves du Vésuve.

— ÉTYM. 'A(i9'i, des deux côtés, et yevifc, né : qui a deux manières de naître.

AMPHIGOURI (an-fi-gou-ri), s. m. || i" Écrit burlesque et qu'on remplit de galimatias. Un plaisant amphigouri. || 2° Discours dépourvu d'ordre et de sens. Pour élaguer les tortillages et les amphigouris, J. J. bouss. Pol. 7.

— ÉTYM. Origine inconnue. Ce mot ne se trouve dans aucune des éditions antécédentes du dictionnaire de l'Académie. Il paraît être devenu en usage dans le xvin* siècle. On a indiqué comme étymologie : à(tçi, des deux côtés, et Yûpo«, cercle; mais cela aurait fait amphigyri, si tant estqu'une pareille finale puisse venir de la finale grecque.

AMPHIGOURIQUE (an-fi-gou-ri-k'), adj. Qui n'a ni ordre ni sens. X ce discours amphigourique, je vis la vérité sourire avec indignation, gilb. te Carnaval des auteurs.

— ÉTYM. Amphigouri.

T AMPHIGOUR1QUEMENT (an-fi-gou-ri-ke-man), adv. D'une manière amphigourique. 11 s'est expliqué amphigouriquement.

— ÉTYM. Amphigourique et ment.

t AMPH1MACRE (an-fi-ma-kr'), s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Sorte de pied formé d'une brève entre deux longues.

— ÉTYM. *A(i9Î(iaxpo;, de ànçi, des deux côtés (voy. ambe), et |iaxpèî, long.

t AMPmSBÈNE(an-fi-sbe-n'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Serpents non venimeux, dont la tète

n'est pas distincte du corps, et dont la queue obtuse est aussi grosse au bout que la tête; ce qui leur permet de cheminer aussi bien dans un sens que dans l'autre , d'où le nom de doubles-marcheurs.

— ÉTYM. 'A|ieiaëaiva, de &1191C, des deux côtés (voy. ambe), et paiveiv, marcher (voy. base).

AMPHISCIENS (an-fi-ssiin), ». m. plur. Nom qu'on donne aux habitants de la zone torride, parce que, selon que le soleil se dirige vers l'un ou l'autre tropique, leur ombre se porte ou au midi ou au nord.

— ÉTYM. 'Ançiaxioç, de àpfi, des deux côtés (voy. ambe), et oxià, ombre.

t AMPHITHÉÀTRAL, ALE (an-fi-té-â-tral' , a-1'), adj. Qui appartient à l'amphithéâtre.

— ÉTYM. Amphithealralis.

AMPHITHÉÂTRE (an-fi-té-â-tr"), s. m. || l°Chez

les anciens, édifice de formeovale ou ronde, ayant plusieurs rangs de gradins pour les spectateurs et un espace central pour les luttes et les combats. Il 2° Fig. Les spectateurs. Tout l'amphithéâtre se leva pour le mieux regarder. || 8° Aujourd'hui, la partie d'une salle de spectacle placée vis-à-vis de la scène. Il 4° Lieu garni de gradins où un professeur fait son cours. || 6° Fig. Ce terrain s'élève en amphithéâtre. Le village au-dessus forme un amphithéâtre, boil. Épit. vi. Cette forêt ondoyante et touffue. Amphithéâtre agréable à la vue, De toute part enfermant ce séjour, Borde le pied des coteaux d'alentour, malfil. Narcisse, m. Des monts et des coteaux le vaste amphithéâtre Disparaît tout à coup sous un voile grisâtre, st-lamb. Saisons, l'été.

— ÉTYM. Amphitheatrum, de àp^rôéavpov , de à|i<pi , des deux côtés (voy. ambe) , et OÉoapov , théâtre (voy. thêAtbe).

t AMPHITRITE (an-fi-tri-tf) , s.f. Terme de mythologie. Déesse de la mer, et, poétiquement, la mer elle-même. Du rapport d'un troupeau dont il vivait sans soins, Se contenta longtemps un voisin d'Amphitrite, la font. Fabl. x, 2. Étranger, ce taureau qu'au sein des mers profondes D'un pied léger et sûr tu vois fendre les ondes, Est le seul que jamais Amphitrite ait porté, A. chén. Jupiter et Europe.

— ÉTYM. Amphitrite, du grec 'A[içiTp(r»i.

t AMPH1TROPE (an-fi-tro-p'), adj. Terme de botanique. Embryon amphitrope, celui qui est tellement couché que ses deux bouts se dirigent vers le hile, comme dans les crucifères.

— ÉTYM. 'Ajiçi, des deux côtés, et Tpéitew, tourner (voy. trope).

AMPHITRYON (an-fl-tri-on), s. m. Celui chez lequel, ou aux frais duquel on dîne. Le véritable amphitryon Est l'amphitryon où l'on dtne, mol. Amph. m, 6.

— ÉTYM. 'Ançrrpûiov , nom d'un prince Thébain, mari d'Alcmène, et qui, dans la comédie de Molière, donne un grand repas aux officiers de son armée.

AMPHORE (an-fo-r'), s. f. || 1" Terme d'antiquité. Vase à deux anses où les anciens mettaient le vin et l'huile. || 2" Mesure de capacité qui contenait 19 lit. 44.

— ÉTYM. Amphora, de àp.çopeO;, par abréviation pour <xu.<piç&peù;, de àu.9!, des deux côtés (voy. ambe), et çépeiv, porter.

t AMPHORIQUE (an-fo-ri-k'), adj. Terme de médecine. Résonnance amphorique, son stéthoscopique qui est une variété du tintement métallique , ainsi dit parce que l'oreille appliquée sur la poitrine perçoit un bruit semblable à celui qui s'entend dans une cruche.

— ÉTYM. Amphore.

AMPLE (an-pl'), adj. || 1* Très-long et très-large. Un manteau ample et flottant. || 2° Considérable, étendu , copieux. Un ample repas. Une ample moisson. Une ample comédie à cent actes divers, la font. Fab. v, 1. La gent maudite aussitôt'poursuivit Tous les pigeons, en fit ample carnage, m. ib. vil, 8. Tout le monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature, pasc. édit. Cousin. La diversité est si ample, m. ib. Je me propose un plus ample théâtre, rac. Bérén. 11, 2. D'un mépris vengeur la marque la plus ample, hotrou, Vencesl. m, 2. || S" Enfermes de droit, ordonner un plus ample informé , un informé plus complet. Renvoyer un accusé jusqu'à plus ample informé.

— HIST. xii' s. Trop nos i sunt amples les veies [dans le siècle], benoît, ii, 12)93. X dueil mourront par ces amples vallées, Ronc. p. <32. [Il] Ne se plaint mie de sa plaie, Ainz vet [ va] etfet ses pas plus emples, la Charrette, mo. ||xin*s. Crupe ot grosse et quarée, pies copés et vautis, Narines grans et amples, les iex bruns eclarcis; El règne d'Antioche n'est chevaus si eslis, Ch. d'Ant. iv, m. ||xrv's. Quand il se trouve as champz, dessus l'ample pals,

Et il ot le calandre et le chant des mauvis, Il s'âfiche es estriez, comme homs amanevis, Baud. de Seb. vi, 368. Il xv* s. [Messire Pierre de Beuil et les autres qui estoient allés querre un engin de guerre] se mirent au retour pour revenir en l'ost, et par un autre chemin que ils n'estoient venus, car il leur convenoit tenir le plus ample chemin pour leur charroy, froiss. 11, 11, 5. ||xvi*s. Plus ample discours sur ceste matière seroit mieulx convenable à un autre traitté qu'à cestu y-ci, amyot, Cor. (5. Il aimoit la guerre, comme le plus ample champ et le subject le plus plantureux que la vertu sçauroit avoir pour s'exerciter, m. Philop. 6.

— ÉTYM. Provenç. ample; espagn. amplo; ital. ampio; de amplus, composé comme duplus, 8e nAoûc, de om, àvà, et un radical plus, irtoûc (voy. double).

fAMPLECTIF, IVE (an-plè-ktif, kti-v'), adj. Terme de botanique. Les rudiments des feuilles non encore développées sont amplectifs, quand ces feuilles sont plissées longitudinalement, et ont leurs deux bords plies et serrés dans une autre feuille, qui elle-mêmeest pliée de la même manière.

— ÉTYM. Amplecti, embrasser, de am, autour, etde plectere, itXéxetv (voy. plier).

AMPLEMENT (an-ple-man), adv. D'une manière ample. Quand un carrosse fait de superbe manière, Et comblé de laquais et devant et derrière, S'est avec grand fracas devant nous arrêté, D'où sortant un jeune homme amplement ajusté.... mol. Fâch. I, t. J'en dirai quelque jour les raisons amplement, la font. Fab. vu, ts. Vous en serez tantôt instruits plus amplement, rac. Mithr. n, 2. Elle s'applaudirade cet illustre effet, Et croira Nicomède amplement satisfait, corn. Nicom. v, 4.

— hist. xv s. Ainsi que plus amplement ai chargé au dit Chambonvousescripre, Lettre de louis xi, Bibl. des Chartes, 4* série, t. 1, p. 2<.||xvi* s. Nous en avons plus amplement et plus diligemment escrit ailleurs, amyot, Cam. 35.

— ÉTYM. Ample et ment; provenç. amplamen ; espagn. ampliamente ; ital. ampiamente.

AMPLEUR (an-pleur) , s. f. || V Etendue de ce qui est longet large. Ce manteau a de l'ampleur. || 2" Fig. Ce style a de l'ampleur.

— ÉTYM. Ample; provenç. amplessa.

t AMPLEXATILE(an-plé-ksa-ti-l'), adj. Se dit, en botanique, de la radicule, quand elle enveloppe le reste de l'embryon.

— ÉTYM. Amplexare, fréquentatif de ampleeli (voy. amplectif).

t AMPLEXICAULE (an-plè-ksi-kô-P), adj. Terme de botanique. Qui embrasse la tige. Feuilles amplexicaules.

— ÊlYU.Amplexus, qui embrasse (voy. amplectif), et caulis, tige (voy. chou).

t AMPLEXIFLORE (an-plè-ksi-flo-r1; , adj. Terme de botanique. Qui embrasse la fleur.

AMPLIATIF, IVE (an-pli-a-tif, ti-v') ,adj. || 1» Qui augmente, qui ajoute. ||2° En termes de grammaire, mot ampliatif, expression ampliative. 1 1 S. m. L'ampliatif, mot dont s'est servi Beauzée pour désigner notre superlatif absolu. || Ne se met qu'après le substantif : Bref ampliatif, bulle ampliative.

— ÉTYM. Provenç. ampliatiu (voy. ampliation). AMPLIATION (an-pli-a-sion; de cinq syllabes en

vers), s. f.\\i° Le double, la copie d'un acte. Il 2° En termes d'ancienne pratique, lettres d'ampliation, lettres en chancellerie pour expliquer les moyens omis dans une requête civile. || 3" Augmentation de capacité d'une cavité dilatable quelconque. L'ampliation de la poitrine pendant l'inspiration.

— HIST. xvi* s. Il fist lire son pouvoir, de l'anjpliation [étendue] duquel ils furent merveilleusement esbahys; car il soustrayoit tellement toute l'authorité aux gouverneurs de Toul et de Verdun, que.... carl. v, 31. Pour s'excuser envers l'empereur, qui tant le pressoit et incitoit en ceste déclaration et ampliation de ligue, m. su bel. 178. a notion est ampliation ou augmentation des parties solides, en longueur, largeur et profondité, paré, Introd. ».

— ÉTYM. Ampliatio, de ampliare, augmenter, de amplus (voy. ample).

t AMPJJÉ, ÉE (an-pli-é, ée), port, passé.

t AMPL1ER (an-pli-é), v. a. [| 1* Terme de droit qui tombe en désuétude. Amplier un terme, le prolonger. Amplier un criminel, retarder sa condamnation. Il 2" En termes d'histoire naturelle, rendre plus ample.

— ÉTYM. Ampliare, rendre ample , de amplus, ample.

t AMPLIFIANT, ANTE (an-pli-fi-an, an-t"), adj.

AMP

Terme de physique. Qui grossit. Le pouvoir amplifiant d'une loupe.

— ÊTYM. Amplifier.

AMPLIFICATEUR (an-pli -fi-ca-teur) , s. m. Celui qui amplifie. || 11 se prend en mauvaise part.

— ÊTYM. Amplificator, de amplificare, amplifier (voy. amplifier).

t AMPLIFICATIF, IVE (an-pli-fi-ka-tif, ti-v"), adj. Terme d'optique. Qui sert à amplifier. Le pouvoir amplificatif des lunettes astronomiques.

— êtym. Amplifier.

AMPLIFICATION (an-pli-fi-ca-sion; de six syllabes en vers), t. f. Il 1* Terme de rhétorique. Figure qui consiste à amplifier ce que l'on dit, par l'énumérationdes détails. || 2" Le plus souvent, au moyen de cette figure, développement d'un texte, d'un sujet. || 3° Devoir où un élève développe un texte, un sujet donné. Amplification française. Amplification latine. || 4° Augmentation du volume apparent des objets, à l'aide des verres et des lunettes.

— êtym. Amplificatio, de amplifitare , amplifier.

AMPLIFIÉ, ÉE(an-pli-fi-é, ée), part. passé. Récit amplifié.

AMPLIFIER (an-pli-fi-é), ». o. || 1* Développer par le discours. Amplifier une pensée. L'un écrivait sous sa dictée [de Napoléon] les phrases ampoulées dont il amplifiait ses ordres du jour, p. i courr. Lelt. il, 240. || 2° Exagérer. Amplifier une nouvelle. || 3* En optique, grossir, en parlant des verres, des lunettes. Ce microscope amplifie beaucoup les plus petits corps. On est parvenu à faire des objectifs qui amplifient considérablement.

— HIST. xn' s. Heraclides amplifia la nouvelle véritable de ceste prise de Rome, amyot, Cam. 39. Il alloit soubz main amplifiant sa propre puissance, n>. Agésil. B. Il faut que promptement le chirurgien amplifie la playe, paré, ix, 3. Un corps, pour amplifier en charnure ou gresse, n'est pas dit s'augmenter, id. Introd. 9. L'Empereur continuoit cependant sapoursuitte de faire confermer, déclarer et amplifier ceste ligue, y comprenant Testât de Gennes, m. do bell. tso.

— êï ym. Amplificare, de amplus, ample (voy. ample), et ficare, fréquentatif defacere, faire; provenç. et espagn. amplificar; ital. amplificare.

AMPL1SSIME (an-pli-ssi-m'), adj. Ancien titre donné au recteur de l'université de Paris.

— ÊTYM. Amplissimus, superlatif de amplus, ample (voy. ample).

AMPLITUDE (an-pli-tu-d'), s. f. || 1" Etendue en largeur et en longueur. Dans l'amplitude et immensité de la nature, pasc. édit.Cousin. L'un est force et l'autre est amplitude, id. Ge'om. ||2° Terme de géométrie. Ligne comprise entre les deux extrémités de l'arc d'une parabole. ||3° Terme d'artillerie. Ligne droite quisous-tend l'arc parabolique décrit par un projectile sortant d'une bouche à feu. L'amplitude du jet. || <• Terme de marine. Arc de l'horizon compris entre le point oïl un astre se lève ou se couche, et l'est et l'ouest de la boussole. || 5° En astronomie, courbe décrite par un astre depuis le point où il se lève jusqu'à celui où il se couche, et dont le milieu indique le méridien.

— SYN. amplitude, portée, en parlant d'une pièce d'artillerie. L'amplitude est la distance mesurée depuis la tranche d'une bouche à feu, qui est horizontale, jusqu'au lieu où, s'il n'était arrêté dans sa course, le projectile rencontrerait le plan horizontal passant par son point de départ. La portée est la distance à laquelle une bouche à feu peut chasser son projectile, legoarant.

— HIST. xvi' s. Considérant après à part moy les autres provinces selon leur amplitude, ou petitesse, jejugeois que.... lanoue, 233.

— ÊTYM. Provenç. amplitut; espagn. amplitud; ■tal. amplitudine; d'amplitudo, de amplus, ample (voy. ample).

• AMPOULE (an-pou-1'), s.f. || 1° Fiole, petite bouteille. Inusité en ce sens, excepté dnns la locution, la sainte ampoule , la fiole qui contenait l'huile consacrée à l'onction des rois de France, et que l'on croyait avoir été apportée à Saint-Remi par une colombe pour le baptême de Clovis. Henri IV fut couronné à hartres et oint de l'ampoule de saint Martin, volt. Uceurs, t3. || 2* Petite tumeur formée par la sérosité épanchée entre le derme et l'épiderme. Le roi des Indes en eut des ampoules pour quinze jours, volt. Babyl. 1. 1| 3° Terme de botanique. Nom vulgaire do certains renflements pleins d'air qui se voient sur plusieurs espèces de fucus.

— HIST. xii' s. Pluisur rei le [St-Thomas] requièrent endreit pèlerinage, Prélat, moine reclus et maint

r.iCT nu t. à TANGUK FRANÇAIS».

AMP

enpotlnage ; E ampolles reportent en seigne del veage, Th. le Kart. 158. En semblance de vin et d'ewe fait user Deus son sanc parlemundpur les anemes salver; En ewe et en ampoles fait par le mund porter Le sanc de saint Thomas pur li plus honurer, t'6. «69. I xm» s. E fu sacrés à Rains à roi etenoinsde la sainte ampoule, que Diex envoya descius en terre à saintRemy,Chr. de Rains, p. 3. || xv s. C'est delà sainte ampoule dontmonseigneur saint Rémi consacra Clovis premier rois chrestien qui fut en France, froiss. n, n, 74. || xvi' s. De peur qu'il ne survint des pustules ou empoulles.... je trouvay les endroits où avoient touché les oignons n'avoir aucune vessies ou empoulles, paré, ix, i" Disc. Ainsi que vignerons qui ont es mains Tempoule S force de bêcher.... rons. 427.

— ÊTYM. Ampulla, de amp pour amb, autour (voy. ambe), et de alla, vase (voy. oèlaire) ; c'est-à-dire que l'ampoule est un vase à ventre ; provenç. ampola; ital. ampolla.

AMPOULE, ÊE (an-pou-Ié, lée), adj. Enflé, en parlant du style. Discours ampoulé. Phrases ampoulées. Pour savoir former quatre vers ampoulés, Régnier, Sat. iv. Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, boil. Art p. i. Que devant Troie en flamme Hécube désolée Ne vienne pas pousser une plainte ampoulée, ro. ib. ni. Jouet do leurs caresses traîtresses, de leurs compliments ampoulés, j. i. rouss. Prom. 8.

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