‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 103 sur 504 · ANDR · texte numérisé non relu

ANDR

ALEXIPHARMAQUE (a-lè-ksi-far-ma-k'). 1| i'Adj. Terme de médecine. Se dit des remèdes qui expulsent du corps les principes morhifiques, ou qui préviennent l'effet des poisons pris à l'intérieur. Il Z° S. m. Un alexipharmaque.

— HIST. XVI' s. On peut dire que le plomb est alexipharmaque et antidote contre les ulcères malins, PARÉ, V, ».

— ÉTYM. 'AXsÇiçipiiaxov , de àUCetv, protéger (voy. ALEXITÈRE) , et çâpaaxov , remède ; remède qui protège (voy. pharmacie).

ALEXITÈRE (a-lè-ksi.tê-r'). || l'Adj. Terme de médecine, en narlant des médicaments qui préviennent l'effet des poisons et des venins. || 2° S. m. Un alexitère.

— inST. XVI' s. Et eut [le feuj par ce moyen le

5ICT. DE LA LANGUE VRANÇAISE.

ALG

vrai alexitere et contre-poison du mal qu'il avoit causé, PARÉ,x, 9.

^ — ÉTYM. 'AXtÇiiTTipiov , de àXéleiv, protéger, médicament protecteur. 'AXéÇetv est ime forme pouràXixEiv, être fort, à quoi se rattache âXxT), force (voy. ALCÉE). Mot incorrectement formé; il faudrait dire alexitere.

ALEZAN, ANE, ou ALZAN, ANE (a-le-zan, za-n', ou al-zan, za-n'). || l'Adj. Ne s'emploie qu'on parlant du cheval ou de la jument. Il désigne ce genre de robe dans laquelle le corps- est recouvert de poils rouges ou bruns plus ou moins foncés, les crins et les extrémités étant de même couleur ou d'une nuance plus claire. L'alezan fauve, l'alezan clair , l'alezan cerise, l'alezan doré, l'alezan chfttain, l'alezan brûlé : telles sont les espèces que l'on distingue. On voit au côté droit, sur un cheval alezan, un cavalier enveloppé dans un manteau rouge, FÉN. XIX, 33b. || 2° S. m. Un alezan.

— ÉTYM. Espagn. alaian ; portug. alazâo. On le fait venir de l'arabe ; ou al hasan , le beau , l'élégant ; ou al hisan, cheval beau et de race ; ou «r athan, la fumée, par comparaison avec la couleur qu'indique alezan.

ALftZE (a-lê-z'), s. f. Il 1- Linge d'une certaine étendue dont on se sert pour garnir, le lit des malades, afin de le garantir du sang,' du pus, de l'urine, etc. Un drap ordinaire, plié en plusieurs doubles, fait une bonne alèze. || 2° Technologie. Planche étroite qu'on ajoute' à une autre pour l'élargir. ||3° Allonge d'osier pour fixer une branche.

— HIST. XVI' s. Envelopper les febricitans de bonnes alaises chaudes.... paré, xx his, 27

— ÉTYM. À , r (voy. le) et aise (voy. aisf.) ; parce que ce drap ainsi placé met les malades à l'aise.

■ t ALÉZÉ,fiE (a-lé-zé,zée), adj. Terme de blason. Raccourci. Sautoir alézé. Croix alézée. On dit aussi alise. Sautoir alise. Pal alise.

— ÉTYM. Ce mot est le même que le verbe aléser.

t ALFANGE (al-fan-j'), s. f. Sorte de cimeterre. Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges, De notre sang au leur font d'horribles mélanges, CORN. Cid, IV, 3. Il II est hors d'usage.

—ÉTYM. Espagn. et portug. alfange, de l'arabe al chandjar (voy. kanjar).

ALGALIE (al-ga-lie), *. f. Terme de chirurgie. Sonde creuse.

— SYN. On distingue l'algalie, la sonde et le cathéter en ce que : la sonde est le terme général pour désigner tout instrument qu'on introduit dans un trajet naturel ou accidentel ; l'algalie est une sonde creuse qu'on introduit dans la vessie par le canal ordinaire pour évacuer l'urine ou pour explorer l'organe ; et le cathéter est une sonde solide et cannelée dont on se sert pour faire l'opération de la taille.

— HIST. XVI' s. Algaries, sondes droites et courbées, closes et ouvertes, conducteurs, paré, t. m, p. 639.

— ÉTYM. Bas-lat. algalia, argalia. Des dictionnaires signalent ce mot comme venant de l'arabe, sans indiquer le radical auquel on le rattache. Au reste cette étymologie est fausse ; et Ménage a montré la véritable. Algalie ou argalie vient du mot de ba.sse grécité àçiycù.eXot , i° instrument de charpentier, 2° vase , 3» instrument à injecter de l'eau. 'AoyaXeîov est une corruption pour ép^a- Xeîov qui, dans la basse grécité, a les mêmes significations que ipYaXsïov , mais qui dans le grec ancien signifie instrument. 'EçiyaXtXm vient de ipytiv, travailler, lequel est la racine de ôpyavov, instrument, organe (voy. organe).

ALGANON (al-ga-non) , i. m. Chaîne qu'on met aux galériens qui ont la permission de circuler hors du bagne ; on dit aussi arganeau.

— ÉTYM. Bas-lat. arganum, toute espèce d'engin; espagn. arganel, petit anneau. Le mot précédent [algalie) fait voir le changement de ar en al ; celui-ci en est aussi un exemple, et alganon provient d'une forme non latine, argano, onis, qui a le même radical que algalie.

ALGARADE (al-ga-ra-de) ,s.f.\\i' Incursion militaire. J'ai rendu compte à M. Louvois de l'expédition queM. deBellefondsafaite àRoncevaux, où il a marché avec 2000 hommes par ordre du roi, qui lui avait mandé d'aller faire une algarade aux Espagnols, Mémoires de Foucault, Bibl. impér. Ms. suppl. fr. n° )60, f> 39 bis. Il Vieilli en ce sens. || 2» Vive sortie contre quelqu'un, insulte brusque, inattendue. Le duc de'Noailles ne pouvait plus soufl'rir les algarades et les scènes que je lui faisais essuyer,

ALG

ST-siM. 470, 2U. Je ne me trompe point! — Oui, ventreblcu, c'est moi, Vous venez de me faire une rude algarade, PEGNARD, Ugat.in, 7. Mon basque les suivit avec les laquais de Clérante, qui leur firent une infinité d'algarades pendant les chemins, fran- CION, liv. VI, p. 2B5.

— HIST. XVI' s. Le duc, indigné de toutes les algarades que luy faisoit cet aventurier, jura.... qu'il ne le relascheroit jamais, W^m.fwr du C. ch. rv. Ayant apprins toutes les traverses et algarades [mauvais tours] qu'elle avoit jouées à son mari, nESPER. Contes, cxxvn. Pour lui donner une brave algarade [une gaillarde bienvenue] à une lieue ou deux de Nancy, carl. vi, 44. Cetle-ci avoit fait plusieurs algarades à Montai , lieutenant de Roi en la basse Auvergne , mesme lui aiant de nouveau défiait deux compagnies, d'al'B. Ilisl. u, 408. X la veuê et approche des asnesses, ils font mille algarades, desordonnans tout un marché, o. de serres,

— ÉTYM. Portug. algazara, algarade, tintamarre; espagn. algara, troupe à cheval, algarada, cris de gens de guerre qui se battent, algarear, crier, algasara, cri des Maures sortant d'une embuscade pour tomber sur l'ennemi; basse latinité, algara, tumulte militaire, algaru, a'garum, nom des expéditions militaires des Maures; de l'arabe al, le, et gharet, expédition de cavaliers pour piller le territoire ennemi, de gdr, faire des incursions sur l'ennemi.

t ALGAROTH ou ALGEROTH (al-ga-rof on al-jerot') (POLT)RE D'). Terme de pharmacie. C'est un oxychlorure d'antimoine. Cette poudre est émétique, purgative et diaphorétique. •

jALGASELLE (al-ga-zè-1') , s. f. Histoire naturelle. Antilope à longues cornes courbes; elle habite la Nubie et le Sénégal. Cuvier écrit algaiel et le fait masculin.

— ÉTYM. Gazelle avec l'article arabe al. ALGÈBRE (al-jè-br'),.î./'. || 1° Science des grandeurs

considérées d'une manière absolument générale et sous des signes généraux.Quoique l'Italie ait été, du moins en Europe, le berceau de l'algèbre, cette science n'y avait pas encore beaucoup prospéré du temps de M. Guglielmini , et elle avait trouvé les climats du Nord bien plus favorables, fonten. Guglielmini. Ils ont résolu une question d'algèbre, pasc Div. 2. Il 2° C'est de l'algèbre pour moi, se dit d'une chose à laquelle on ne comprend rien. || 3° Traité d'algèbre. L'Algèbre de Bezout.

— ÉTYM. Espagn. algebra, algèbre, et aussi l'art de remettre les membres disloqués ; ital. algebra; basse latinité, algebra; de l'arabe a(, le,etdjaferoun, réunion de plusieurs parties séparées; en mathématiques, réduction des parties au tout ou des fractions à l'intégralité, de djabara, il a relié, consolidé, réuni.

ALGÉBRIQUE (al-jè-bri-k') , adj. Qui appartient à l'algèbre. Quantité algébrique. Calcul algébrique. Il II se met après son substantif.

t ALGÉBRIQUEMENT (al-jè-bri-ke-man), adv.

D'une manière algébrique, selon les règles de l'algèbre.

— ÉTYM. Algébrique et ment.

ALGÉBRISTE (al-jè-bri-sf) , s. m. Celui qui est

versé dans l'algèbre. Il est vrai que, si tous ceux qui jouent étaient de bons joueurs, ils seraient ou grands algébristes ou nés pour l'être, fonten. Dangeau.Ilne faut pas être grand algébriste pour voir.... I. J. Rouss. Hél. VI, 10. Ce sont des métaphysiciens ou des algébristes qui font la réputation des poètes et des musiciens, vauven. Max. cclxxxi. Maudit soit à jamais le pointilleux sophiste Qui le premier nous dit en prose d'algébriste : Vains rimeurs, écoutez mes ordres absolus, gilb. .IV III' siècle.

— ÉTYM. Algèbre.

fALGÉNIB (al-jé-nib") , f. m. Terme d'astronomie. Nom d'une étoile de la deuxième grandeur qui est située dans la constellation de Pégase.

t ALGEROTH, voy. algaroth.

ALGIDE (al-ji-d'), adj. Terme de médecine. Qui fait éprouver une vive sensation de froid. Fièvre algide, fièvre intermittente pernicieuse, dans laquelle le commencement de l'accès est marqué par un froid glacial. Période algide du choléra, période du choléra dans laquelle le malade est glacé.

— ÉTYM. Atgidus, froid, de algcre, avoirfroid. On a rattaché ce mot au grec âXfoç, douleur, pane que le froM cause de la douleur.

t ....ALGIE (al-iie), finale de différents subsl&ntifs tirés du grec, laquelle signifie douleur.

— ÉTYM. "AX-yoÇi douleur.

f. ALGIQUE (al-gi-k') , finale de différents adjec-

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