‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 168 sur 504 · ARE · texte numérisé non relu

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Tel main qu'en vodroit qu'el fust arse, rt. TM7. Se uns simples chevaliers a un manoir delès une forest, et en celé forest uzages li est otroiés dou seigneur pop son arJoir et por son mesonner et por pasture ^ SOS bestes.... beaum. xxiv, 18. Et s'il ne les ve«t croire, ancois se veut tenir en se [sa] mal vese erreur, il soit justiciés comme bougres et ars,iD. xi, 2. Avec les autres villes que le conte de Champaingne ardoit, ardi il Espargnayet Vertus et Sezenne, joinv. 204. La chandelle ardi tant que le feu se prist en la touaille,iD. 203. Elleli respondi qu'elle vouloitdufeu ardoir paradis, et de l'yauo esteindre enfer, m. 258. Il XV" s. Ardit et gasta [Rob. Bruce] grand partie du royaume d'Angleterre, froiss. i, i, 2. ||xvi' s. Le feu du ciel eust ars toute l'abbaye, hab. Pant. m, 1 9. Taip meilleur est soy marier que ardre on feu de concupiscence, lo.ib.m, 39. Le temple d'ApoUo fut ars et bruslé parles Medois, amyot, Numa, il. I! oublia d'esteindre les lampes qui ardoient la uuict en sa chambre, m. Pélop. 22. 11 ardoit et brusioit de désir qu'il avoit de s'en aller vistement à la guerre, id. Marcel. 46.

— ÉTYM. Ardere ; picard, arder, asir; provenç. ordre ;espagn. arder; ital. ardere.

f ARDKRET (ar-de-rè), s. m. Voy. ardEnet.

ARDEUR (ar-deur), s. f. \\ 1° Chaleur vive. Ardeur de la fièvre. L'ardeur du soleil. Je ne dis rien des ardeurs éternelles qui lui sont destinées, mass. Prod. L'impie va trouver des ardeurs dévorantes, un supplice sansfinetsansmesure,iD. Car. F^r. d'un aven. Une invincible ardeur en mes veines s'allume , Qui d'un secret effort jusqu'aux os me consume, rotr. Antig. ii, 4. Dans l'ardeur de sa peine, elle maudira éternellement le jour qui la vit naître, mass. Car. Maxiv. riche. \\ 2° Désir violent. Il n'estrienqui ne cède à l'ardeur de régner, corn. Nicom. il, 4. Je .sais bien que l'ardeur de venger vos parents.... id. Héracl. ii, 2. L'ardeur de voir de près un si fameux héros, ID. Sertor. m, 2. Et son illustre ardeur d'oser plus que les autres, ID. Hor. ii, i. De l'ardeur d'obéir son âme est dévorée, volt. Fanât, iv, 1. Quoi! l'ardeur de régner en sa place Rend déjù. Xipharès ennemi de Pharnace, ID. Mithr. i, t. J'attends avec ardeur Cette eau sainte, cette eau qui doit guérir mon cœur, volt. .?aïre, m, 4. J'avais toutes les ardeurs du monde d'entrer dans votre alliance, MOL. Pourc. m, 9. Cette suspension d'un jour que ma reconnaissance lui demande ne fera qu'augmenter l'ardeur que j'ai de le satisfaire [l'honneur], lu. Fest. m, o. ||3° Grande activité, passion vive, chaleur, vivacité. Telle était l'ardeur de leur zMe. Ardeur au jeu. Travailler avec ardeur. Pleins d'ardeur pour recouvrer la liberté. Enflammer ou exciter l'ardeur de quelqu'un. Doubler l'ardeur du soldat. Cavaliers lancés avec trop d'ardeur. Le combat reprit de l'ardeur. Refroidir l'ardeur. Vive source de flamme où j'ai pris une ardeur Qui toute autre surmonte, malh. v, <. Certaines ardeurs qu'on éprouve dans la résolution d'une vie nouvelle, mass. Pâq. Les ardeurs d'une piété fidèle, ID. Car. Tiédeur. Les premières ardeurs d'une conversion d'éclat, ID. ib. Écoutez un peu moins ces ardeurs généreuses, corn. Hor. m, s. Va, ne t'expose point aux premiers sentiments Que poussera l'ardeur de ses ressentiments, id. Cid, m, ). C'est un homme que Jésus-Christ a choisi lui-même pour répandre dans le monde la lumière de ses vérités naissantes, et les premières ardeurs de l'amour divin qu'il y venait établir, fléch. ii, H4. Les funestes ardeurs de leurs ronvoilises, id. Serm. i, 82. || 4° Amour, passion. Je n'imiterai point ceux qui ne témoignent de l'ardeur l)Our leurs maîtresses que durant les fiançailles, pelliss. Disc. Lorsqu'il succède à de Porchères. Le mien [cœur] savait vous rendre une ardeur mutuelle, CORN. Serlor. v, 7. L'amoui^ à ses pareils ne donne point d'ardeur Qui ne cède aisément aux soins de leur grandeur, id. Pomp. ii, 4. Douter de ses ardeurs, Voas qui la pouvez mettre au faîte des grandeurs, id, ib. m, 3. Mon importune ardeur ne s'est point ralentie, bac. Baj. v, e. Cette

ardeur que j'ai pour sesappas, id. Bérénice, ii, 2

Des mêmes ardeurs dès longtemps enflammé, m. Mithr. m, 2. Tant de soins, tant de pleurs, tant d'ardeurs inquiètes, id. Andr. I, 4. Après tant de bontés, de soins, d'ardeurs extrêmes, Tu ne saurais jamais prononcer que tu m'aimesl id. Baj. IV, 5. Est-ce là cette ardeur tant promise à sa cendre? iD. Andr. iv, t. Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée, C'est Vénus tout entière i sa proie attachée, rac. Phèd. i, 3. |{ B» En termes de mystiques, une classe d'anges dans la hiérarchie céleste. Parmi tant de séraphins, de trônes, d'ardeurs, nul ne se sentit assez de force pour s'offrire»

sacrifice, chateaub. Génie, i, i, 4. || 6° Vivacité, ] en parlant de certains animaux. Ce cheval a de 1 ardeur. L'ardeur de ces chiens, il 7" Salacité. L'ardeur du tempérament. Il 8° En termes de médecine, ardeur d'urine, sentiment de chaleur ardente (]ue l'on éprouve au col de la vessie ou dans le canal de l'urèlhre, lors de l'émission de l'urine. || Ardeur d'estomac, sentiment de brûlure qu'on éprouve dans ce viscère.

— HiST. XIII* S Se j'estoie montés sor mon ceval et le feroie des espérons parmi enfans ou par presse de gent, et mes cevaus, par l'ardeur de li, en tuoit aucun, beaum. lxix, 6. Des puiz d'enfer ist celé ardurs, Où nos dampnez seront tuz jurs, marie, Purgatoire, <266. Ce lour a fait force d'amour. Dont ont eue grant ardour, Bl. et Jeh. 5308. Il XIV" s. De telle ardeur [elle] se remuoit Qu'à pou

(jue le sang ne suoit, bruyant dans Mcnagier, t. ii , p. 37. Volenté desordonnée et ardeur de acquérir les biens de ce monde, Ménagier. I, 3. || xvi" s. Ceste cause a esté démenée par ardeur impétueux, plustost que par une modération et gravité judiciaire, CALV. Inst. dédie. 11 y en a qui sont transportez de tel ardeur, que.... id. ib. (125. L'autre à sa dame estendoit la ramée Pour 1^ garder de l'ardeur du soleil, MAROT, 182.

— ÉTYM. Ardorem (voy. arder) ; provenç. et tspagn. ordor;ital. ardore. Leivi" siècle fit, contre l'usage et par zèle étymologique, ardeur du masculin.

f ARUEZ (ar-dé) , mot populaire. Regardez. Ardez, voire, Régnier, Sat. xi. Ardez le beau museau, Pour nous donner envie encore de sa peau, mol. Dép. am. IV, U.

— HIST. XIV" s. Suer Clémence arregardoit l!air qui estoit très-bel et très-serain, du canoe, avidere. Agarde ce larron meurtrier prouvé, comment il parle, id. ib. Elle dit en riant : agardez quel oisel, ID. ib.

— ÉTYM. Corruption de' aregardei , qui s'est dit jadis pour regarder (voy. regarder).

f ARDIER (ar-dié) , s. m. Terme de tisserand. Corde qui se met autour de l'ensuple , et qui sert à la faire tourner.

ARDILLON (ar-di-Uon, Zt mouillées, et non ardi-yon), s. m. |1 1° Pointe qui dans une boucle sert à l'arrêter. Cette boucle a deux, trois ardillons. Il 2^ Technologie. Pointe servant à fixer exactement sur le tympan la feuille qu'on imprime.

— HIST. xni's lechevillon. Qui est béd'unhar-

dillon, Dont li cloiax estoit fermez, Ren. 27877. Hardillon, J. de garlande, p. 688. ||xvi' s. Le depaignant de tant et telles sortes qu'il ne luy manquoit boucle ny hardillon, D. Flores de Grèce, f* CLX. L'escorce d'un chesne , sur laquelle il escrivoit avec l'ardillon d'une boucle , amyot , Pyrrh. 4.

— ÉTYM. Picardetgenev. argui7ion;bas-lat. hardelonus ; pro\enq. ardalhon; anc. catal. ardillon; ital. ardiglione. Palsgrave, p. ta, écril hardili on, elVh est dite aspirée. Sans discuter l'étymologie de âpôiç, pointe, ni celle de Ménage qui le rapporle à dard par l'intermédiaire d'un mot tel que dardillion, on voit que l'orthographe ancienne est hardillon, ce qui est le diminutif de l'ancien français harde ou arde, bâton (voy. du cange , arda); hardillon, proprement petit bâton, et puis petite tige métallique. Harde paraît être lemême que hart.

f .ARDITO (ar-di-to), adu. Terme de musique. Marque l'énergie et l'éclat dans l'exécution.

— ÉTYM. Ital. ardi(o, hardi (voy. hardi). t ARDOIR (ar-doir), v. a. Voy. arder.

ARDOISE (ar-doi-z'), s. f. || 1° Pierre d'un gris

noir ou blouAtre, qui sert à couvrir les maisons. Il 2° Dans la peinture en bâtiments, couleur composée avec du blanc et du noir. || 3° En termes de marine, en ardoise, se dit des manteletsdes sabords, quand ils ne sont ouverts ou relevés qu'à moitié.

— HIST. XV' s. Ung cent d'erdoice, du cange, ardesia. Quand nous eusmes bien remiré l'église Clere com jour, et couverte de bise Pierre ardoise.... CHRIST. DE PISAN, DU de Poissy. || xvi* s. Couleur d'aidoize, gris ramier, gris perlé.... d'aub. Fœn. I, 2. Ils firent du pain de paille hachée et d'ardoise, ID. Hist. II, 57.

— ÉTYM. Bas-lat. ardesia, ardosia, ardesius lapis. Origine inconnue. Cependant il serait possible qu'il y eût là un radical celtique signifiant de couleur foncée : kymri, arddu, ardwn, très-sombre; ardenna, nom d'une vaste et somlire forêt des Gaules; arduina, ardoina, surnom de Diane dans une inscription gaulçise; norm. ardenne, nom du bluet.

ARDOISE, ÉE (ar-doi-zé, zée) part, passé. Il 1' Couvert d'ardoises. || 2° Adj. Qui est de la couleur de l'ar'loise. Les œufs du bouvreuil sont ardoi-

sés comme la chape de son dos, cbateaub. Génie ,

t ARDOISER (ar-doi-zé), e. o. H 1* Couvrir d'ar^ doises. Il 2° Donner la couleur de l'ardoise.

t ARDOISEUX, EUSE (ar-doi-zeù, zeù-z'), adj. Qui est de la nature de l'ardoise.

t ABDOISIER (ardoi-sié), s. m. Celui qui exploite une anioisière, celui qui y travaille.

fARDOISIER, 1ÈRE (ar-doi-zié, ziê-r"), adj. Terme de minéralogie. Qui a de la tendance à se partager en feuillets comme l'ardoise.

ARDOISIÈRE (ar-doi-ziè-r'),î. /•. Carrière d'ardoises.

— HIST. XVI* s. Après avoir campé la nuict aux ardoisières, d'aub. Hist. u, 446. Aians rempli les vignes et les ardoizieres de leur infanterie, id. ib.

ARDRE, V. a. Voy. arder.

— REM. Ardre est une forme irrégulière comme si le latin était ardire; la forme régulière est ardoir de ardere; la conjugaison en est régulièrement, dans l'ancien français, je ards, tu ards, il ard, répondant à l'accentuation latine dans ardeo, ardes, flrdet , comme il aipert de apparoir. Le participe ars est le latin arsus.

t ARDS ou ARS, ARSE (ar, ar-s'), part, passé d'ardoir. Soit Anne Dubourg, soit tous ceux qui furent ards sous Philippe II, volt. Jenni, 2. Quant à cet amas de sornettes. Par vostre main ars il sera, cHAULiEu, À la duch. du Maine. \\ Tombé en désuétude comme le verbe.

ARDU.UE (ar-du, due), adj. || l-Aupropre, de difficile accès. Montagne ardue. || 2" Plus ordinairement au figuré. Matière ardue. C'est une des plus ardues questions que j'aie ouï faire, voit. Lett. 50. Esprits versés dans cette science ardue du pour et du contre, VOLT. Jenni, S.

— ÉTYM. Arduus ; gr^c, âj/Sriv , adverbe signifiant en haut ; celtique, ard, élevé.

t ARDUITÉ (ar-dui-té), s. f. Qualité da ce qui est ardu.

— REM. On a essayé aussi de faire arduosité. Ceux qui croiraient l'esprit de la nation française incompatible avec les arduosités de la plus subtile dialectique, auraient contre eux- l'histoire de la philosophie pendant les cinq siècles qui suivirent le dixième, viLLERS, Kant, p. 131. Un substantif de ardu serait certainement utile. De ces <ieux,arduité el arduosité. le premier est incontestablement préférable, formé d'ardu, comme continuité de continu, et ayant été employé au xvi" siècle, tandis que arduosité suppose un adjectif ardueux. qui n'existe pas.

— HIST. XVI* s. L'empereur ayant considéré l'arduité de son entreprise dès son arrivée en France,

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