IX
— ËTYM. Acertto, de a, déiignant éloignement, et verlrre, tourner (voy. version) : mot k mot, détournement.
AVER-n, IB (a-vèr-li, tie), part, posté. Averti par ses amis de la disgrlce qui le menaçait. Averti de se tenir aur aaagaide». Anne avertie da loin par un mal auad cnial qu'irrémédiable, Boaa. Marie- Thér. D'un grand événement je me vol* avertie, VOLT. Sémir. i, a. Soyez averti Qu'on se rend criminel k prendre son parti, coai«. Cid, u, 7. jj fitre bien averti, être bien informé, avoir de bon* ttneeignementa. 0*min était mal averti , Et depuis son dépat oat aaolava aat parti, bac Baj. iv, s. |j Se tenir pour averti, être «or aes gardes, jj l>rov*rbe. Un bon averti en vaut deux, celui qui a été prévenu, k n'en pas douter, de re qui peut lui arriver, asi itou- Mement (ur le* gantes. || Terme de manège. Un pas averti ,e*t eelni d'un cheval qui marche un pa* réglé et mélliodique, suivant laa laçons qufl a retuc*.
AVE
ATESTIN (a-vér-tin), t. m. || 1* Maladie qui n : i opiniâtre et furieux. Ijng.ôla plaiaant averti o l> ui. fou du pays latin, i. a. Boraa. Odai, u, 1. 1| t' M J ladie d«i mouton* appelée lonmia.
— HIST. xiii* S. VentauMi gui sont miaaa ou s^u meçon [*ommel]du ehief valent kehiaus (eaux) <j<ii devienent fol par malvaiae ciarveille et anverUn. ALKBSANo, ^ 41. C«* tusa* ^to oaigMOt le soir de la Saint Jehan, et en font le* cbapiaux («ur lor chiez, cidient que goûte ne avertinz ne les puei paore, ruteb. Sk7. ||xiv* a. Sjrmonat. basgve, fol, lunatique, malade et oheant souvent du mal d'àvortin, di; caxoe, advertaïut. || vrf a. Si Dieu ne l'avoit deffendu Kl je fusse en monadvertin, Jedunrois quinte k l'Arctin, Et si gaiparoi* la partie, mahot. II, <40. On lui attitrolt M* «alueurs, qui lui faisoient de grandes reterenoe* at faarrettades, pour voir un (leu tel asne en son avertin faire aes gamliades, oaspE*. Conta, xxa. La manière de taire taire et danser laa femmes, lorsque leur avertin laa prend , id. ib. cit. Or, aat mort n'a pas looglanm ce preud'bomme avertin [malin, btzanc], u. w.
cxxv. Ce mal (du bétail k lainaj o*l appelle aveitin Kaee*aa avaotaiaon,
tStOUrdi, 0. DE SEBIBS, as7.
par d'aucun* rrançois, et.
— ÈTTM. Atrrtere; mal qui détoama raaprii;
de a, indiquant éloignement, et «erwrt, tourna* (voy. vEiisio.-<). On a dit aussi urerlin.
AVERTIR (avertir), r. a. || 1* Faire savoir en appelant l'altciilion. Avertir quelqu'un de quelque chose. Nous avons été b:en avertis de nous tenir sur nos gardes. Avertis-moi de ee qui t'arrivera. Les chiens avertissent de l'approche de* voleur». Qu'aslce qu'on vous écrilT Daignez m'en avertir, bac. /p/iij i. 4. Souffrez quelque* froideur» aan» le» faire éclater, Kl n'avertissez point 1» cour de vous quitter, id. Bril. l, s. C'est pour vou» avertir de ce qu'il vous faut craindre Qu'à ce triste entretien j'ai voulu me contraindre, th. cors. Knez, i, ï. On m'avertit qu'il fait tous ses efforts ; ier.
mol. u Méd. m. lui, m, 7. Le mo\ -itre
où est le plus beau vers, -^ • -i ne »j arrête,
et ne nous arertit par là ic le brouhaha,
in. l'rée. fût se. lo. || Aiwiument. Quoique, san» n-.cnacer ei sans avertir, la mort aa ft«aa aentir tout entière dûs le premier coup, aoaa. Dtuh. tOrl. Il J* Terme de manège. Avertir un cheval, l'eiciiar au moyen do (in-l.Mipi; .iii!i>s lorsqu'il se néglige.
— HEM. 1. A jKisiiion dtdevant un innnitif : avtr; . Avec que il veut l'indicatif si la chose doul il na^it est donnée comme certaine ou positive : avertissez-le qu'il wram*! reçu. Si au contraire avertir emporle avec : l'un désir, d'un ordre, etc. on met le : je l'avertis que son travail soil prêt de: i'^rine, Baj. II, », a supprimé l's k li
sonne du présent : Vizir, songez k \u.,.. y — -m averti ; Et sans compter sur moi prenez votre parti. C'est non une licencs, mais im archaïsme que l'usage poétique autorise d'ailleurs k la première personne.
— SYW. avertir, donner AVI*, mpoBMEa. On peut manifester la nuance par l*s wbslanlif» L'avertissement est un appel k I't l'iue chose; l'avis et l'informalior de pareil, et eip ilemeni uuin a mu .--noir une chose \ L'avertlswmcnl p<'ut i-irc lionne par de* «...u^^, .'avisât l'information n'émanent que daa peiaonnea. Je vous informa de cela, c'est simi^ement fidre savoir; je vous donne avis de cela, c'est faire savoir avec L. ■ ne la personne prendra intérêt k ce ou >; Je vous avertis, c'est fiùre savoir en doonoct k U par«oaiie un avertiasement.
— HIST. XII* s. Equant ilaa Ai averti, E la dolorti (b passée Qu'il oui sofTcrte e endurée, Soui [il sut] que ce li f u avenu Pur ceo qu'il aveit contcndu La charité as dous ermite», benoît, u. 4oaao. || xtii* s. Sr>r <.>r.cT« i«>iie] diat au roi, a bien lut averti,
rr* a. Et adverti quil fMi par iji: ie logte du roy, que Mit aaignenr IM
vouloit que paaser, oomm. viu, 7. || xvr a. Amy lecteur, sois adverty Qu'au latin n'a rien davaaiagia Que ee qui aalicy varty I>ar ManA on noatra laïf gage, luaoT, iv, 4 7i. aneaa, eitant adverty 4e « vtnue, tuy alla au devant avec aa» goa», aimrr, PfrrK n. Eattnt adveafy que la oonaut da Laviniu, Cao vanoii contre loy, avoe «aa el piii«aanla armée, lo. ib. M. Oa*t indonwiaat «iln<n:t Pvrrliiu d* m gBidar mtouk k VwtftBii, s avoiont aacrana
rei, ii>. Sttt-u, :•:
varliaioieM q«11 4«*oit
AVE
— ÉTYM. Provenç. avertir; espagn. et portug. advenir ;ii3l. avvcrtire ; de adverteie, mot à mot, tourner vers, et par suite avertir, de ad, à, et de vertere, tourner (voy. version). Avertir suppose un changement de conjugaison, advertire pour advertere, changement gui du reste s'est opéré dans les autres composés : convertir, divertir, etc.
AVKKTISSKMENT (a - vèr-ti -se-man), s. m. Il 1° Appel à l'attention de quelqu'un. Ce sonpo mystérieux était un avertissement divin, fén. Tél. IV. Je t'ai l'ait voir tes camarades, Ou morts ou mourants ou malades. Qu'est-ce que tout cela qu'un aTertis.çement? LA pont. Fofc. viii, K Cet avertissement marque une défiance, corn. Jiodoj. ii, 4. Mais nuand la passion est en nous si extrême, Les avertissements n'ont ni force ni lieu, Régnier, Sat. IV. Il C'est un avertissement du ciel, se dit d'un événement de nature à servir d'enseignement. Il 2" Préface mise à la tête d'un livre. Lisez l'avertissement avant de parcourir l'ouvrage. || 3° Avis d'un percepteur pour le payement de l'impôt. Avertissement sans frais. 114° Avis donné à un jouniaiiste qu'un de ses articles a déplu à l'autorité et qu'un autre article qui attirerait un second avertissement pourrait faire supprimer le journal.
— HIST. XV' s. Le bon filsmercia son père de son bon avertissement, louis xi, Nouv. lu. || xvi* s. .... Ou'il venoit de la part de ceulx qui, durant la guerre, auparavant luy souloient donner de secrets advertissemens, amyot, Nicias, 46.
— ÉTYM. Avertir; bourguig. evartisseman ; provenç. avertimen; espagii. aduertimiento ; portug. advertimento ; ital. awertimento.
t AVEIITISSECR (a-vèr-ti-seur), s. m || !• Celui qui avertit. Apostrophant ensuite notre imprudent avertisseur, j. j. rouss. Philop.\\ 2° Titre d'un office de la maison du roi , dont la fonction était d'avertir quand le roi venait dîner.
— ÉTYM. Avertir.
t A'VTÎSTA (a-vè-sta), s. m. Réui.ion des trois premiers livres du Zendavesta; ces trois premiers livres sont le Vendidad, le Yaçna et le Vispered.
— ÉTYM. Mot zend, d'origine incertaine et pour lequel on a indiqué, avec beaucoup de doute, le sanscrit âvisti, publication.
■f AVET (a-vè), s. m. Un des noms vulgaires du sapin argenté commun ou vrai sapin {pinus picea,i.).
— ÉTYM. Abietem, sapin.
+ AVETTR (a-vè-f), s. {. Voy. apette.'
— HIST. XVI* s. Ni la rosée aux prez ni les blondes avettes, rons. Berg. Éd. i.
AVEU (a-veu , au plur. a-veû , la prononciation étant comme dans affreux), s. m. || 1° Terme de féodalité. Acte établissant une vassalité. || Homme sans aveu, vagabond, homme qui n'a ni feu ni lieu; proprement, homme qui n'est avoué d'aucun seigneur féodal. Il Par extension, en parlant des choses, qui n'est reconnu de personne. Une telle aventure [Phdippe III soumis à l'inquisition] n'est rapportée que dans des livres sans aveu, volt. Wceurs, <40. || 2° Agrément, approbation, con- .sentement. Je n'en puis user sans ton aveu. Il a fait cela avec l'aveu ou de l'aveu du gouvernement. Si vos amis de Rome en ont pris quelque soin. C'était sans mon aveu, je n'en ai pas besoin, CORN. ATicom. IV, 2. Si vos promesses n'ont l'aveu de Viriate, id. Sertor. iv, 3. Et par son propre aveu la reine d'Arménie Est due à l'héritier du roi de Cithynie, iD. iVtcom. IV, 6. Je crains que ce don n'ait jamais sonaveu, id. SerJor. iv, 3. Jusqu'à ce que ma flamme ait eu l'aveu d'un père,iD. leltent. \,6.]'ài besoin pour celade l'aveudequelque autre, mol. leDép. u, 2. Ils ont un ordre de ne rien imprimer sans l'aveu de leurs supérieurs, PASC. Prov. 6. J'obtins l'aveu d'Agrippa votre frère, id. Bérén. i, 4. Sans votre aveu l'on me fait prisonnier, id. l'iaid. ii, 8. Quelle verve indiscrète, Sans l'aveu des neufs soeurs, vous a rendu poète, boil. Sat. ix. Par un écrivain estimable, qui avait l'aveu du public, d'alemb. Acad. (r. v, p. ico. Il 3» En jurisprudence, reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire. L'aveu d'une dette. || 4° Action d'avouer, de confesser, de convenir. Après l'aveu de sa faute. Arracher ou tirer d&s aveux. Leur silence paraissait un aveu. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arrachercet aveu d'avoir failli, qui coûte tant à notre orgueil, boss. Reir^d'Ang(e(.Que de peine à faire un aveu sincère I lo.Euch. 2. Dieu, reçois son aveu du sein de tonempire, volt. Zaïre, ii, 3. C'est le sincère aveu que je voulais vous faire, RAC./'nJ. iv, a.... Elle vous veut faire l'aveu fidèle D'un secret... .m. Boj. v, & Je meurs pour ne point fftire un aveu si funeste, rac. Phèd. i, s. Ce
AVE
franc aveu sied bien aux grands courages, corn. Sertor. m, 2. || De l'aveu de, avec le témoignase de. Il est certain, do l'aveu de.q Juifs.... boss. llist. n, 8. Il est certain, de leur aveu propre, que.... lu. ib. III, 8. La chose s'était pa.ssée, de son aveu, en tout bien tout honneur, hamilt. Gramm. 9.
— SVN. aveu, confession. Aveu est plus général que confession ; il s'applique à tout ce que l'on avait le dessein de cacher, bon ou mauvais. La confession ne s'applique qu'au mal, à un tort, à un méchef. Aussi la torture, la monace arrache t non une confession , mais des aveux.
— HIST. xin"s. Et en tel cas, est il bon as tenans, qu'il ne facent nus aveus; car il pourroient perdre, BEAUM. XLV, 4. || XV* S. Advint que aulcun? larrons bourguignons sans maistre ne adveu, se mirent sur les champs, j. de troyes, Chron. U74. || xvi* s. Sans l'adveu de nostre volonté, mont, i, 98. Le seigneur et le vassal sont tenus réciproquement s'entrecommuniquer, de bonne foi, leurs aveus, deiiombremens et autres lettres; ou s'en purger par .serment, LOYSEL, B93. Un seigneur ne peut contraindre son vassal de bailler aveu [état, dénombrement de ce qu'il avoue tenir de lui] plus d'une fois en sa vie, ID. 599. Pour simples meubles, on ne peut intenter complainte; mais en iceux, echet aveu [revendication] et contre-aveu , id. 754. Hz demandoient en courroux à Phœbidas par commandement et adveu de qui il avoit fait ceste surprise, amyot, Agésil. 38.
— ÉTY»l. Â et vœu (voy. avouer). La série des sens est: action dévouer, et proprement, dévouer service féodal; puis approbation; puis reconnaissance de ce qui est dû ; et finalement confession.
AVEUER, v.a. Voy. avuer.
t AVEUGLANT, ANTE (a-veu-glan, glan-f), adj. Qui aveugle, qui Ote le sens.
— HIST. XVI* s. La passion plus aveuglante c'est l'amour, maro. Nouv. lxviii.
AVEUGLE (a-veu-gl'), adj. \\ 1* Qui est privé de la vue. Être aveugle. Devenir aveugle. U fut aveugle pendant sa vieillesse. Son esprit ne saurait jamais rien produire que des avortons aveugles et imparfaits, boil. Longin, Sublime, \2. Ce n'est pas l'amour qu'il fallait peindre aveugie, c'est l'amourpropre,voLT. Letlr. Damilaville, 1 1 mai 1 764. || Poétiquement et par extension. Sombre nuit, aveugles ténèbres, Fuyez,le jour s'approche, et l'olympe blanchit, rac. à laudes, nox. |J2* Dont la raison est obscurcie. L'amour rend aveugle. Être aveugle sur ses défauts. Je me trouve bien aveugle d'avoir si peu prévu ce qui nous menaçait. Je ne suis pas ensemble aveugle et téméraire ; Je connais bien l'erreur que l'amour m'a fait faire, malh. v, 3o. Les hommes sont aveugles et sur le bien et sur le mal, fén. Tél. xviii. Les Romains, les Grecs étaient les plus aveugles sur la religion, boss. Ilist. u, b. [Il] Déchaîne contre moi ce prophète imposteur, Aveugle sur mon sort, sur le sort de l'empire, Mais non sur l'intérêt, le seul dieu qui l'inspire, volt. OEdipe, II, 2. Ou plutôt trop aveugle ministre, bac. Baj. IV, 7. Dieu veut qu'on espère en son soin paternel; Il ne recherche point, aveugle en sa colère, Sur le fils qui le craint l'iniquité du père, id. Athal. i, 2. Il 3* Qui ofl'usque l'entendement. Fureur aveugle. Mouvement aveugle. Emportement aveugle. Ambition aveugle et effrénée. || 4° Qui agit sans discernement. La force aveugle. Le hasard, aveugle et farouche divinité, préside au cercle des joueurs, la bruy. 6. Vous les verrez soumis rapporter dans Bysance L'exemple d'une aveugle et basse obéissance, RAC. Bnj. I, <. Mais me répouds-tu bien deleuraveugle zèle ? VOLT. Mérope, i, 4. || 5° Terme de commerce. Tapis aveugles, grands tapis de Smyrne dont le travail n'a pas bien rendu le dessin. || En anatomie, on a dit quelquefois l'intestin aveugle pour le caecum. || 6° Substantivement. Les aveugles ont le tact singulièrement exercé. Si pourtant il est permis à un aveugle de ciiercher son chemin à tâtons, vor.T. Memmius, xiv. || Aveugle-né, s.etad/. Aveugle de naissancequi n'a jamais vu la lumière. Les aveugles-nés. Un enfant aveugle-né. Une femme aveuglenée. Il Jeu des aveugles, jeu analogue au jeu d'oie. Il Crier comme un aveugle qui a perdu sonbftton, crier bien fort pour peu de chose. || Juger d'une chose comme un aveugle des couleurs, en juger sans y rien connaître. || Fig. C'est un aveugle qui en conduit >m autre, se dit d'une personne aussi imprudente et aussi ma'habile que celle qu'elle oirige. Il 7° Aveugle, s. m. Un des noms vulgaires de l'angui'. fragile (ophidiens) dit aussi orvet, serpent aveugle et euvoye. || 8" i l'aveugle, en aveugle, loe. adv. Sans réflezion, sans disoemement. Quand
AVE
une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appût de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom, boss. Heine d'Anglet. Je marche en aveugle, sans savoir ma destinée, sév. 302. X son mauvais destin en aveugle obéit, corn. Pomp. ii, 2. Puisque aprèstant d'eProrls ma résistance est vaine. Je me livre en aveugle au transport qui m'entraîne, bac. Ânir. I, <. Quelle ardeur inquiète Parmi vos ennemis en aveugle vous jetteT id. Brit. i, 3. || Proverbes. Au royaume des aveugle», les borgnes sont rois, c'està-dire parmi des gens ignorants ou incapables, un peu de savoir ou de capacité suffit pour procurer la prééminence. || Troquer son cheval borgne contre un av»ugle, c'est-à-dire faire un mauvais marché, empirer sa condition.
— HIST. xiii* s. Si aveugle qu'il ne gardoient à Dieu n'a ses comendemenz, Psautier, P 80. Li Dieu des paiens sunt mu et avugle, ib. f* h7. Longis, qui de Grèce fu nés, Aveules fu, bien le sûvés. Vie deJ. C. dans du cange, avoculatus. Li mort en sont ressuscité, li avule renluminé, ib. On ne doit laissier le [la] garde des enfans sous-aagiés no des orfelins à nului qui seit mal renommés de vilain cas, ne à nul fol naturel, ne à nul awgle, deaum. xv, 32. Toutes voies ne volons nous pas qu'on mete en lex offices faus [fous], ne mellii [querelleurs], ne sours, n'avegles, id. liv, I2. jjxiv* s. Nul ne doit improperer ou reprocier à un homme ce que il est aveugley, se il est tel de nature, ohesme, Eth. 74. Il XVI" s. Borgne est roy entre aveugles, ii. est. Précell. p. 180. Il estoit à craindre que, la nuit venant à les surprendre, on ne se battroit qu'à l'aveugle, )lém. s. du G. ch. (0. L'ignorance oste la veue de l'entendement à ceulx qui en sont entachez, tout ne plus ne moins que ne fait l'aveuglement la veuB des yeux corporelz à ceulx qui sont aveugles, AMYOT, Lysand. 34. Le malade demeurera aveugle de cest œil, paré, xv, (O.
—ÉTYM. Wallon, aveûle; rouchi,afeiWe; bourguig. éveugle; picard, aveule, avugle, avule; ital. aïocoîo, vncolo; de ab, marquant privation, et de oculus, œil (voy. ce mot) : sans œil.
AVEUGLE, ÉE (a-veu-glé, glée), part, passé. Il I* Privé de la vue. Aveuglé par un coup de feu. Aveuglé par la poussière. || 2° Kig. Aveuglé par la passion de l'or. Ahl que je crains, mes sœurs, les funestes nuages Qui de ce prince obscurcissent les yeux; Comme il est aveuglé du culte de ses dieuxl RAC Esth. n, 9. Ce n'est plus un vain peuple en désordre assemblé: C'est d'un zèle fatal tout le camp aveuglé, lo. Iphiy. v, 3. Les cœurs si troublés Sur les vrais intérêts sont toujours aveuglés, volt. Zulime, 1, 2.
AVEUGLEMENT (a-veu-gle-man), s. m. ||1* Privation de la vue. M. Cassini avait l'espritégal, tranquille.... son aveuglement même ne lui avait rien été de sa gaieté ordinaire, fonten. Cassini. U [un opéré de la cataracte] n'avait eu, pendant le temps de son aveuglement, que des idées faibles des couleurs, buff. De la vue. S'il faut souffrir, mes yeux, un si sensible outrage. Qu'on m'ôte la puissance aussi bien que l'usage. Vous aurez moins de peine en cet aveuglement, rotr. Bélis. i, 6. || Par analogie. Ce soir, lorsque la nuit^ aux amants favorable. Sur les yeux des mortels répand l'aveuglement.... CHAOL. Aumarq. de Lafare. \\ 2° Kig. Trouble, égarement, obscurcissement de la raison. L'aveuglement où l'idolâtrie les avait plongés, boss. Ilist. n. 7. Une partie des Juifs est tombée dans l'aveuglement, ID. tb. Si une confiance insensée ne l'eût pas jetée dans l'aveuglement, id. t6. m, 4. Dans son aveuglement pensez-vous qu'il persiste? corn. Poly. III, 3. Puis-je ne pas vous plaindre en cet aveuglement ? ro. IVtcom. III, 2. N'accusez point ici mon choix d'aveuglement, id. Brit. u, 3. Tel est de mon amour l'aveuglement funeste, i». Andr. u, a. Ils ont le transport de l'ivresse , sans en avoir le trouble et l'aveuglement, fén. Tél. xix.
— REM. Des grammairiens ont dit qu'aveuglement ne se disait pas au propie, et qu'alors il fallait se servir de cécité. De bons auteurs, on l'a vu, s'en sont pourtant servis au propre; et il n'y a pas de raison pour ne pas les imiter.
— uisT. XII* s. Par lo jor puet l'om alsi lo deleit [plaisir] delpechiet et par la nuit l'avogleruent de la pense [pensée] entendre. Job, 445. || xv* s. Decougnoissance ouaveugUssement.o.CHASTEL. farp.s. VC' rite mal prise. || xvi* s. Celui -jui présume d'avoir plus d'intelligence, est d'autant plus aveugle, qu'il ne recognoisi pas son aveuglement, cklv. Inst <9a. Hors de l'Eglise il ne i-este que ténèbres et aveuglissement, iD. ib. 207. 11 effraia les Turquomau