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cité, Qui lo bal orent démené, Entour elle sont et devant, X leur guise le bal menant, Roman d'Alhis dans DUCANGE, prasentia. Danses, baus et caroles [vous] veïssiez commencer, Berfe, xi. || xvi* s. Voici une damoiselle qui, selon la loi du bal continu, baisant sa main, la présenta au clievalier de Meffi, et après une grande révérence, le pria gracieusement de faire un tour de salle pour l'amour de la compagnie, yver, p. 6H. Au demeurant tout leur bal consiste au mouvement de leurs pieds, amyot, Numa, 23.
— ÉTYM. Voy. balleb; provenç. bal; espagn. haile; ital. ballo. Une des formes de l'ancien français baule se rapproche de l'espagnol par l'e qui la termine.
BALADIN, INE (ba-Ia-din,di-n'),«. m. etf. \\ 1° Anciennement, danseur, danseuse de théâtre. Il la fit chanter et danser, avec les façons, les gestes et les mouvements qu'avaient à Rome les baladines , ST- ÉVREMOND, Historiens français, dans richelet. Du temps de Plutarque, les parcsoùl'on combattait à nu et les jeux de la lutte rendaient les jeunes gens lâches et n'en faisaient que des baladins, montesq. Espr. VIII, t ), Il a» Farceur, bouffon. Arlequin et Scaramouche sont des noms de baladins. On les prendrait [les auteurs du xvm* siècle] pour les baladins de la grande race qui les a précédés, chateaub. Cénie, iii,iv, 5. || 3° Sot, homme ridicule. C'est un franc baladin. Ce sens a vieilli.
— REM. Il vaudrait mieux écrire, ainsi que dans le XVI' siècle, dans la i" édition du Dictionnaire de l'Académie et dans Furelière, ce mot par deux II, comme balïade, baller, auxquels il tient. On ne voit pas pourquoi l'orthographe a été changée.
— HIST. XVI' s. Balladins et danseurs, amyot, Sylla, 2. Un Candiot qui s'appellait Zenon, qui estoit baladin du roy, in. Ârtax. 27.
— ÉTYM. Ballade, dans le sens de danse; espag. bailarin, danseur; ital. ballerino.
BALADIN AGE (ba-la-di-na-j'), s. m. j! 1° Plaisanterie bouffonne et de mauvais goût. || 2» Sottise. C'estun baladinage que deux tomes de lettres dans lesquelles il n'y en a pas une seule d'instructive , volt. S. deL.Xir, 32.
— ÉTYM. Baladin.
BALAFRE (ba-la-fr'), s. f. || !• Taillade faite, particulièrementsur le visage, par une arme tranchante. Il 2° Cicatrice qui reste quand la blessure est guérie. Il 3° Fig. Le plus aimable des hommes qui me fait des balafres et crie qu'il est égratigné, volt. Roi de Prusne, )29.
— HIST. XVI' s. La balafre du duc recevant quelque eau ou de l'œil ou d'elle mesme, Larchant lui fit aporter un mouchoir, d'aub. Hist. m, *si. Et il fit une grand balafre à ce tabourin [le creva] avec ce couteau, desper. Contes, xxxii. Oultre ce que les taches s'agrandissent selon l'eminence et clarté du lieu ovi elles sont assises , et qu'un seing et une verrue au front paroissent plus que ne faict ailleurs une balafre, mont, i, 332.
— ÉTYM. Wallon, barlafre; namurois, berlafe; milanais, barleffi; ital. sberleffe. Diez le tire de la particule bar, bes, bis, qui signifie de travers, mal, et l'ancien haut-allemand Leffur, lèvre; de sorte que cela signifierait une mauvaise lèvre (lèvre dans le sens de plaie béante) ; et il cite le champenois berlafre, qui signifie mal à la lèvre. Grandgagnage est porté à croire que bnlafre est de même origine que le wallon lafrer, lofrer, dans dilafrer, gâter, avec bar, de travers; une balafre serait donc une blessure oblique. Ce sont, on le voit, seulement des conjectures; d'autant plus qu'on peut alléguer aussi le bas-latin balafûrdus, balasardus, sorte d'épée courte, qui est le même que balisarde, la fameuse épée que se disputent les paladins dans l'Arioste.
BALAFRÉ, ÉE (ba-la-fré, frée), part, passé. Visage balafré. Henri III fit assassiner Guise le Balafré.
BALAFRER (ba-la-fré), v. a. Blesser quelqu'un d'une balafre. Le duo d'Orléans ayant commandé à un officier de faire marcher un escadron, il le refusa, sur quoi le prince lui balafra le visage, st-sim. <c3, 4&i. Mon père voulut faire demander la vie à de Vardes, qui ne le voulut pas; mon père lui dit qu'au moins il le balafrerait, m. 40, 420.
— HIST. XVI' s. Le voiant vieux, hideux de nature, balafré, ils l'avoient pris pour un Zopyre, d'aub. Hist. m, 224. Les Mahumetans qui se balaffrent le visage, l'estomach, les membres, pour gratifier leur prophète, mont, ii, 2B9.
— ÉTYM. Balafre.
BALAI (ba-lê), s. m. || 1° Ustensile de ménage, îait de menues tiges ou de crins et servant à net-
BAL
toyer. Balai da bouleau, de crin. Donnez un coup de balai dans cette pièce. || Faire balai neuf, montrer beaucoup de zèle, en parlant des nouveaux domestiques, et, par extension, de tous ceux qui entrent en de nouvelles fonctions. || Rôtir le balai, littéralement en être réduit à brûler, faute de bois, le balai , et , figurément , ne point profiler en quel(|ue métier, en quelque profession, passer sa vie dans un emploi de peu d'importance, dans une condition subalterne. Mme de Maintenon fut revêtue, trente-deux ans durant, du personnage de confidente, de maîtresse, d'épouse, de ministre, après avoir été si longtemps néant, et comme on dit, avoir si longtemps et si publiquement rôti le balai, st-sim. 4*4, 210. La duchesse de la Ferté avait une fille qui avait un peu rôti le balai , et qui commençait à monter en graine, ID.59, 234. || Par une autre extension du sens de brûler littéralement le balai, faire de grandes dépenses, des foUes, des débauches. Ils ont longtemps rôti le balai ensemble. Il Enfin, par une troisième dérivation, rôtir le balai, s'est dit des sorcières qui mènent une vie désordonnée. Il 2° En termes de vénerie, la queue des chiens, et, en termes de fauconnerie , celle des oiseaux de poing se nomment balai. || 3" En langagede marin, balai du ciel, le vent du nord-est.
— REM. Béranger a dit : Sachez que la nuit dernière. Sur un vieux balai rôti. Avec certaine sorcière Pour l'enfer je suis parti. Enfers. Les sorcières à la vérité étaient dites aller au sabat sur un manche à balai ; mais elles ne rôtissaient le balai que figurément. Balai rôti est donc une méprise. Avant de toucher aux locutions proverbiales, il faut en connaître à fond l'origine.
— HIST. XII' s. E se nuls bat sim maistre, U se maine à beslei [ il se conduit mal ] ; Par kei est cil qui tient e carcan e balei, Th.lemart. 73. Li evesques de Lundres tint el puing le balai, Reguarda le cors saint e reguarda le rei, ib. 462. Mis pères vus bâti de verges déliées, mais je vus bâterai de grandîmes balains, ki serunt dur e espinus, ilôts, 282. En cest paîs n'ai ami si courtois, Que vers ces deux me valsist un balois, R. de Camb. 29. || xiii' s. Tu iez saluz de nostre essence, Balais de nostre vanitei. Cribles de nostre conscience, buteb. h, 4 4. La charretée de balles doit un denier de tonlieu, Livr. des métiers, 323. Or y faut fourche et fléau, Balaydebou [bouleau] etgrant et biau, Choses qui faillent en ménage. || xiv s. Elle, toute courroucée, avoit mis le balay derrière l'uis, Mmagier, i, 6. Et le [l'épervier] doit l'en [on] tenir si court que, au reget de son débat, il ne mefface à son balay [queue], ib. m, 2. || xv s. Sorcier et chevaucheur de balai, du cange, caballarii. || xvi" s. Prend le ballay et tout à i'environ Va nettoyant' la meule et le gyron, DUBELL. vil, 3, terso. Doux esventaux de l'air, frais balais de la terre, du bartas, dans puretière.
— ÉTYM. Berry, balni, genêt; provenç. balay; du celtique : bas-breton, balan, genêt (sens conservé dans le Berry), balaen, balai; kymri, bala, au pluriel balaon, brout des arbres. La filiation est probablement celle-ci : balaen, d'où balain dans l'ancien français, d'où, par atténuation, balai.
BALAIS (ba-lê), adj. m. Rubis balais, variété de rubis, couleur de vin paillet. || Fig. Rougeurs au nez d'un ivrogne. Son nez.... Où maints rubis balais tout rougissants de vin, Régnier, Sat. x.
— HIST. xiii' s. Ma parole est moult vertueuse, Ele est cent tans plus précieuse Que saphirs, rubis, ne balai, la Rose, 20425. || xV s. Plus que rubis noble ou balais, ch.d'orl. Bal. 4 02. Ils gaignerent trois belles perles appellées les trois frères, uiig autre grand ballây, appelle la hotte, une autre appelée la balle de Flandres, qui estoient les plus grandes et les plus belles pierres que l'on sceust trouver,