‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 283 sur 504 · V BLA · texte numérisé non relu

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cieuses, parce qu'elles se donnaient avec connaissance; le blâme piquait au vif les cœurs généreux et retenait les plus faibles dans le devoir, Boss. Hist. m, 6. Ëpargnez-vous le blâme D'un coup peu convenable à la main d'une femme, hoir, llélis. m, 5. Il Imputer à blâme, reproclier à quelqu'un une action comme une faute. Une action ne peut être imputée à blâme lorsqu'elle est involontaire, PASC. l'rov. 4. Il 2° Reproche, tache. Aprù.s m'avoir chéri quand je vivais sans blâme, Qui m'aimagénéreuxme haïrait infAme, corn. Ciâ, m, t. || 3° Terme de jurisprudence. Réprimande faite par le juge.

— HIST. XI' s. Dist Oliviers : d'ice ne sai-je blasme, Ch. de Roi. Lxxxiv. Cil qui là sont n'en deivent aveir blasme, ib. cxxviii. || xii" s. Par ma foi, Guenes, vous avez blasme grant, lionc. p. <8). Il xm* s. Il s'en alla en une nef de marcheans et guerpi l'ost, dont il reçut grant blasme, villeh. Liv. Chose que on ne puist [puisse] à mal blasme atourner, Berte, m. Et non pourquant jà pour moi ne demourra, ne je ne voel que on m'en mette blasme sus, Chron. de Ilains, 102. || xv* s. Or fut moult grant blasme [action blâmable] pour les premiers, et mieux leur valsist estre ordonnés à l'ordonnance du vaillant chevalier que ce qu'ils firent, Fnoiss. I, I, 288. Je veux bien q>ie vous sachiez que je ne suis pas celle qui fera tel blâme [honte] à l'hostel où je demeure, louis xi, Nouv. xviii.

— ÉTYM. Voy. blâmer; provenç. hlasme ; SlUC. espagn. blasmo; ital. biasimo.

BLÂ.MÉ, ÉE (blâ-mé, mée), part, passé. Jeune homme blâmé par son père. Action blâmée de tous, de chacun. L'inaction de ce général, blâmée de toute l'armée. Blâmé de qui de droit. |) Terme de jurisprudence. A qui le juge a fait une réprimande.

BLÂMER (blâ-mé), V. a. \\ 1° Juger et prononcer que quelqu'un est digne de blâme. La première chose dont il fut blâmé. On le blâma d'avoir ainsi parlé. Blâmer la légèreté de quelqu'un, ou quelqu'un de sa légèreté. On me blâme de ce que.... Je ne vois pas pourquoi l'on me blâme d'obscurité, DEsc. Rép. 3. Ne blâmez pas Perrault de condamner Homère, boil. Épigr. 21. Ne savez-vous pas bien que je brûle pour elle. Et que me la blâmer, c'est me faire mourir? malh. v, 23. Je les blâme tous deux d'avoir tiré l'épée, Bien que le ciel ait pris le parti de César, Et que Caton soit mort dans celui de Pompée, maynard, Sonnet sur Pompée et César. Ne blâmez donc pas de fausseté ceux.... pasc. Moyens, ( . Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie, COHN. Cifl , III , 4. s'il les [ses vœux] pousse trop loin , moi-même je l'en blâme, id. Sertor. m, 2. J'ai beau vous blâmer. Lui-même il vous défend, vous excuse sans cesse, id. Suréna, i, 2. Et le roi, plus piqué contre vous que contre elle, Blâmera vos frayeurs et nos légèretés D'avoir osé douter de la foi des traités, id. Rod. m, 2. Je ne puis exciter ni blâmer son courage, volt. Àlx. v, 2. J| Absolument. Le sénat, dont l'approbation tenait lieu de récompense, savait louer et blâmer quand il fallait, aoss. Hist. m, 6. Il 2°Terme de jurisprudence. Réprimander quelqu'un par autorité judiciaire. || 3° Se blâmer, V. réfl. Je me blâme d'avoir été si peu prévoyant,

— SYN. BLÂMER, CENSURER, RÉPRIMANDER. Il faut

d'abord mettre à part réprimander, qui indique le blâme infligé par le supérieur à l'inférieur, par le maître à son élève : un précepteur réprimande son élève inattentif; un ministre réprimande un employé. Entre blâmer et censurer, la nuance est que blâmer est plus étendu et signifie aussi bien le blâme secret que le blâme public; tandis que censurer implique toujours une certaine solennité dans la forme, comme était l'acte du censeur à Rome : vous le blâmez, j'en suis sur; mais irez-vous jusqu'à le censurer?

— HIST. XI* s. Etaltre qui blasmed ait esté. Lois de Guill. '■^. Que mi parent pur mei soient blasmec, Ch. de Roi. lxxxii. || xii' s. Par eux es blasmez, Ronc. p. <*. Se il s'enfuit, n'en doit estre blâmez, ib. p. 69. Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer, Couci, ii. La peine de mon service Me veuillez guerredonner, Ou trop feriez à blasmer, ib p. H9. Que [car] mon langage ont blasme li François Et mes chançons, oïant les Champenois, QUESNEs, Romancero, p. 83. Car tost [nous] en seriens blasme et vil tenu, Sas. xxviii. Li evesque se gunt encuntre lui drecié; De la cruiz l'unt blasme qu'il porte, e chastié, Th. lemart. 38. En grant humilité devez à curt aler. Que nuls ne vus en puisse reprendre ne blasmer; De pes [paix] en purra l'un vers le rei mielz parler, ib. 36 || xm' s. Einsi leur tailli li vesques d'Ostun et li quens Guis de Forais,

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et Pierres Bromons et maint autres assés, qui moult

en furent blasme, villeh. xxxi. Moût [elle] se blasme en son cuer et forment se démente, Berle, cxi. Morans, ce dist li rois, n'en faites à blasmer [vous n'êtes pas à blâmer], ib. cxxxix. Et un pou après monsieur Jehan de Waleri revint, qui blasma le roy et son conseil de ce que il estoient en demeure, JoiNv. 227. Il xiv s. Ou se il se cource [courrouce] sans raison ou autrement que par raison, Il est à blasmer, oresme, Eth. 43. || xv* s. Quoi qu'on lui blamast ni desconseillast, le gentil chevalier ne s'en voulut oncques delaier, proiss. i, i, <6.

— ÉTYM. Provenç. et anc. espagn. blasmar; ital. biasimare; de blasphemare, qui prit le sens particulier de blâmer (voy. blasphémer). Blasphemare, terme ecclésiastitjue, ayant passé dans le langage vulgaire, y prit un .sens général.

<. BLANC, BLANCHE (blan, blan-ch'; le e ne se lie pas : blanc et noir, dilcs : blan et noir; excepté dans cette locution où d'ordinaire on le fait ettendre : du blanc au noir, dites : du blan-k au noir; l's au pluriel se lie : blancs et noirs, dites : hian-z et noirs. Palsgrave au xvi' siècle dit qu'on prononce blan; et au xvu", Chifllet recommande do ne pas prononcer le c final, même devant une voyelle), adj. \\ 1" Qui est de la couleur du lait, de la neige, des pétales de la marguerite. Blanc comme la neige. Cheveux blancs. Dents blanches. Barbe blanche. Vêtement blanc. Robe blanche. Gelée blanche. Suivre de loin de blanches voiles, Voir au ciel briller les étoiles Et sous l'herbe les

vers luisants, v. hugo, F. d'aut, 25 Quand,

selon ta prière. Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, malh. vi, 18. || Eau blanche, eau dans laquelle on a mis du son pour faire boire les chevaux. || Terme de pharmacie. Eau blanche, eau dans laquelle on a mis de l'acétate de plomb ou extrait de Saturne. || 2° Par analogie, il se dit de toutes choses dont la couleur se rapproche du blanc. Du vin blanc. Pain blanc. Delabière blanche. Un teintblanc. || Viande blanche, le veau, la volaille, le lapin, par opposition à la viande noire ou gibier. || Sauce blanche, sauce faite avec de la farine et du beurre qu'on n'a pas fait roussir. |{ 3° Propre, net. Mains blanches. Chemise blanche. Il Fig. Mettre quelqu'un en beaux draps blancs, le mettre dans l'embarras : dit par ironie; car mettre dans des draps blancs, c'est bien mettre. Il En termes de marine, cordage blanc, cordage qui n'a pas été goudronné. {| Fer-blanc, tôle recouverted'étain. || Argent blanc, monnaie blanche, toute sorte de monnaie d'argent. || Arme blanche, toute arme offensive autre que les armes à feu. || 4* Qui n'est pas assez noir, assez foncé. L'encre devient blanche. || 5° Sur quoi l'on n'a pas écrit. Papier blanc. Aussi blanche est la page où je notai mes jours; Qu'aurais-je-écrit?... lamart. Joc. ii, 56. || Fig. Ah I grâce aux passions que mon cœur se retranche, Puisse toute ma vie être une page blanche! id. ib. Il Fig. Donner carte blanche à quelqu'un, lui laisser toute liberté. Carte blanche, papier non écrit où l'on met ce que l'on veut. || Terme de jeu. Cartes blanches, cartes parmi lesquelles il n'y a pas de figures. J'avais cartes blanches, jj Armes blanches. C'étaient jadis les armes d'un jeune chevalier dont l'écu n'était chargé d'aucune armoirie. || Blanc seing, voy. blanc-seing. || Blanc signé, voy. blancsiGNÉ. Il 6° Vers blancs, vers qui ne riment pas. Poème en vers blancs. Les vers blancs sont inusités dans la poésie française. || 7" Au jeu de quilles, faire chou blanc, ne rien abattre; et, au figuré, ne pas réussir. || 8° Nuit blanche, nuit passée sans sommeil. J'ai passé trois nuits blanches. Dans ce beau bois.... nous avons des nuits blanches comme à Sceaux, volt. Lett. vers, 6. Peut-être cette locution provient-elle du jeu où l'on fait chou blanc , où l'on amène blanc : nuit blanche, nuit où l'on n'a pas réussi à gagner du sommeil. || S" Fig. Innocent. Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir, la FONT. Fab. VII, 4. Il Sortir d'une affaire blanc comme neige, s'en tirer d'une manière tout à fait honorable. Mais n'est hérétique qui ne veut; il n'y a qu'à partager le différend et donner une distinction ; quelle qu'elle soit, intelligible ou non, elle rendra un homme blanc comme de la neige, montesq. Lett. pars. 29. Il Très-familièrement. Il n'est pas blanc, il sera puni, blâmé. || Fig. Se faire blanc de son épée, proprement, se justifier par son épée, comme on faisait dans les combats judiciaires , et, par suite, se prévaloir d'un crédit, d'un pouvoir qu'on n'a pas. Et se faisant tout blanc de son épée, la FONT. Diable. || 10° Terme d'eaux et forêts. Coupe

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|à blanc être, coupe de bois où l'on ne réserva ni taillis ni baliveaux. On dit dans le même sens : coupe à blanc csloc, et coupe blanche. || 11* Substantivement, un blanc, une blanche, homme, femme appartenant à ta race blanche. Un blanc et un n'gre ; une blanche et une négresse. 11 y a sept lunes que le» blancs de la Virginie se sont emparés de nos terres, CHATEAUB. i«<i/a, 31». || 12* Terme des troubles révolutionnaires de France. Un blanc, un homme du parti du drapeau blanc, del'ancieDae monarchie, de la dynastie des Bourlions. || Dans l'antiquité, faction des blancs, une des deux factions secondaires du cirque à Rome et à Constantinople. Il Dans le moyen âge, les Gibelins de Florence. Il Proverbes. C'est bonnet blanc et blanc bonnet; c'est-à-dire il n'y a pas de différence. || Il a mangé son pain blanc le premier; c'est-à-dire U a été heureux d'abord, il ne l'est plus. || Rouge soir et blanc matin, c'est la journée du pèlerin; c'est-à-dire, quand le ciel est rouge le soir et blanc le matin, la journée ordinairement sera belle.

— HIST. et ETYM. Voy. le suivant.

2. BLANC (blan ; le c ne se lie pas), t. m. || !• La couleur blanche. Distinguer lo blanc du noir. Tirer sur le blanc, être blanchâtre. Ce papier est d'un beau blanc. Blanc sale, blanc dont l'éclat est terne. Il Saigner quelqu'un jiLsqu'au blanc, le saignerjusqu'à ce que le sang devienne moins rouge ; ejl, figurément, lui enlever ses dernière» ressources.'On dît quelquefois, dans le parler négligé, saigner à blanc. Il Mettre à blanc, dévahser, ruiner. Sache que dernièrement allant à la picorée, je me ruai dans la case d'un pauvre manant et non content de l'avoir mis à blanc... La seconde partie du Courrier polonais, <649, p. 6. Il Fig. et familièrement. Aller, pas- .ser du blanc au noir, passer d'une opinion à l'opinion contraire, d'une extrémité à l'autre. Voilà l'homme en effet, il va du blanc au noir, boil. Sal. viii. Il Si vous lui dites blanc, il répond noir; il se plaît à contredire. || Voir tout en blanc, voir les choses sous un aspect favorable. Le duc de Chevreuse toujours équanime , toujours espérant , toujours voyant tout en blanc, stsim. 322, 209. || Mettre du blanc sur du noir, écrire, faire des livres, avec un sens de raillerie. Le voilà fier depuis qu'il met du blanc sur du noir. || 2° Substance qui sert à peindre. Blanc de céruse, blanc de plomb, nom vulgaire du carbonate de plomb. || Blanc de fard ou, simplement, blanc, sorte de fard qui teint la peau en blanc. Mais elle met du blanc, et veut paraître belle, mol. Mis. m, 6. Point d'autre rouge sur son visage que celui que causait la pudeur, ni de blanc que celui que donne l'abstinence, boss. Pensées chrét. *i. Loin ces études d'œillades. Ces eaux, ces blancs, ces pommades. Et mille ingrédients qui font des teints ffeuris, MOL. Éc. des F. m, 2. || Blanc de fard est l'ancien nom du sous-azotate de bismuth. || Blanc de chaux, eau dans laquelle on adélayé de la chaux, et avec laquelle on blanchit les murailles. || Craie. Faire une croix à une porte avec du blanc. || Fig. Marquer de blanc une journée, la compter parmi les jours heureux; locution tirée de l'habitude des Romains de marquer les jours heureux avec de la craie. || Au billard, morceau de craie avec lequel on frotte le bout de la queue pour rendre les coups plus sûrs. Mettez du blanc à votre queue. Passezmoi le blanc. || X blanc, locut. adv. De manière à devenir blanc. Chauffer à blanc, chauffer jusqu'à ce que la chaleur soit assez forte pour faire passer le métal du rouge au blanc. || Il a gelé à blanc, il y a eu une gelée blanche. || Poudré à blanc, poudré. da façon que la couleur des cheveux ne se voie plus. On voit Caton poudré à blanc et Brutus en panier, J. J. ROI ss. tiél. Il, (7. Il Mets au blanc, mets accommodé à la sauce blanche. || 3» Vêtements blancs. Ils étaient tous vêtus de blanc, fên. Tél. ix. || Vouer un enfant au blanc, faire vœu, en l'honneur de la Vierge, de le vêtir de blanc jusqu'à un certain âge. || 4* La blanc de l'œil, le blanc des yeux, la partie blanche de l'œil qui est formée par la portion de la sclérotique revêtue de la conjonctive. Le duc de Chevreuse rougit jusqu'au blanc des yeux, il s'embarrassa, il balbutia, st-sim. (92, «4. jj Regarder, quelqu'un dans le blanc des yeux, le regarder fixement. || Fig. lisse sont mangé le blans des yeux, ils se sont violemment querellés. Si Sa Majesté avait la bonté de nous laisser manger le blanc des yeux, sÉv. <76. On se mange dans Paris le blanc des yeux fort mal à propos, volt. Lett. Mme du Devant, S4 oct. 4772. Il Celui qui n'a pas de blanc dans l'œil, le diable, qui, suivant la croyance populaire, avait l'œil tout noir.lj 5' Un blanc d'œuf, la parUe glaireuse, albumineusa de l'œuf. || 6» Un blanc de pou-

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ippolniementa de la place, volt. J/<rurt, n». le taiuali aux endroiii qu'tli [les bililiatliécaire«| n'aralent pu lire def eipace» en blanc, t. L. coua. i, ■70. Il IM. de Pouillon) leur illl [aux enToyés d'Espagne] que ion lenliment élait qu'ils remplissent un blnnc de l'architlue, butz, ii, 37». || Kn blanc, étal d'un papier oii les chows essentielles ne «ont pat encore écrite». Peu do gens »onl disposé» à signer une eonfcs-sion de foi en blanc, pa»c. Prot>. 17. Il Procuration, bill' t en blaoc, procuration, billet où on laisse du blanc pour écrire le nom du mandataire, du créancier. Knilnssoment en blanc, endettement où l'on mot unf simple sigoatu-e avec l'etpaoa nécessaire pour écrire l'onlre ou le reçu, il •• Teraiede Jeu. Coup nul. Amener blanc. || 9* Espace blanc dan» une ciblo, but. Ceux qui tirent au blanc M. le Dauphin tirait au blanc, sêt. ïoî. Comme s'il eût tiréau blanc, m. «7». Tantôt on dispute un prix en tirant au blanc, *. t. nouas. Ilél.

fv, 10 Il ne levnit de ban Que pour tirer quatre

lois l'an Au blanc, BeitANO. Ytel. || Kig. Tous ces beaux talents l'avaient rendu sans contredit le blanc (si Je l'ose ainsi dire) de tous le» désira amoureux des servante» . karh. Bon», com. u, t». || Terme d'artillerie. Tirer de but en blanc, tirer & la dislance où, U pièce étant horizontale, le boulet, qui »'él^Te d'abord, vient couper la ligne horizontale qui vadeU pièce au blanc. || Fig. De but en blanc, ineontidérément, brusquement. S'aller marier de but en blanc avec une inconnue, mol. Fourb. i, e. Pentei-Tousaller debutenblanc exposer votre ouvrage autalonT). J. bouss. Ém. m. || 10* Anciennement, petite monnaie de cinq deniers. Six blancs valaient deux aoiis six deniers. Faire des tours do toute sorte , Passer en des cerceaux : et le tout pour six blancs, tiF0!»T. Fabl.nt.î. Il Les grandsblancs sous Louis XI et Charte» VIII valaient treize denier». || Mettre quelqu'un au blanc, le ruiner, lui gagner tout son argent. || 11* Diverse» acceptions d'arlt et de métiers. Blanc de baleine, substance solide, blanche, onctueuse, qui ne provient pas de la baleine, ce que le nom «emble indiquer, mais qu'on trouve dans diytnt» espéoet de cachalots, notamment le phyteter macrocephabu, d'où on la retire par expression. Il ttlanc, l'argent que le batteur d'or mêle comme uliage àlor; le pt,\tre que l'on applique sur les pièce» à dorer ; la terre dont le luilpétre a été extrait ; le dépM au fond des tonneaux chez les amldonnicrs. Il Blanc d'albâtre, chaux rl^dnite en poudre qu'on emploie dins U peinture en détrempe, jj Blanc d'argent, nom, dans le commerce, du plus beau blanc de plomb (sous-carbonate de plomb), jj Blanc de craie, craie délayée dans de l'eau gommeuse. || Blanc en bourre, enduit composé d'argile, de chaux, de bourre. Il Blanc d'Espagne, blanc de Heudon , sous-carbonate de chaux pulvérisé, réduit en pAté au moyen de l'eau , et moulé soiu forme de pains ovoïdes ou cylindriques. || Blanc de zinc, oxyde de zinc. Il It* Blanc de champignon, nom que les jardiniers donnent k une matière blanche, d'aspect de moisissure délicate, qui se développe lorsqu'on abandonne plusieurs mois k l'air de» Us de feuilles mortes, du fumier à demi putréfié et peu humide. Ces débris, ainsi préparés et mis en couches, procurent le développement de diverses espèces de champignons, de l'agaric comestible entre autres. || ISlanc, nom donné par les cultivateurs k deux sortes do maladies des végétaux : le blanc sec elle blanc mielieux,l'un et l'autre formés parla réunion de plantes parasites de la famille de» champignons. Melons qui ont le blanc, LA ouiIlTiNTB, Jardins, I. i, p. loo, dans niciicLST.il 13* Terme da botanique. Blanc d'eau, nénuphar blanc. || Blanc de Hollande, variété de peuplier blanc. Il 14* Terme de pèche. Le blanc, hareng talé et prétkétremi» en caoue. || Blanc, non donné k de petits poisson» que les pécheur* emploient comme appkts. || IS* Terme de manège. Ce cheval boit dans le blanc, boit dant ton blanc, ou, adverbialement, boit blanc; il a le tour de la bouche blanc et le reste d'une autre couleur. I| 11* Voir en blanc, se dit, en langage vulgaire, de» femmes qui »ont affectées de leucorrhée.

— HIST. XI* ». Diz blanche» mule» fist amener llai^ »ile, Ch. d« RoJ. VII. De Charlemagne qui ert chenuz et blanc», ib. xt. Que tout [il] lui traocbe le vermeil cl le blanc Ide ion écu] , *. xcix.

— sra. Se* couenoM Ai bluiaàorUatei,lIo«c.

BI.A

I». M. Ijtê chef» llori*, mainte barbe i ont

ib. a. Ut. Se» blanche» main», tet doigU km* et

tretit,Coiict,v. Le nez moult trè* bien fait, leedent

meniiz ei lil.iii/ <<nr v ri')ii< frcres blanct (detti m<> i buens lier, Th. t$

mil'' '.si l'ai ol eunter,

Que uiit li bUiic aM de çl et do Ik mer, Cbatcun tierz an se soient k Cislnus awmbler, ib. ta.

— Mil* ». T.i .'uilj blanche et vermeille qu'on s'ipeOst '', m. La chair [elle] avoii plus blanche ipie ur ixni blanche laine, ib. l. Il tii'avoii pris k menacier, Et je le soi si enlacier De blanches paroles et pestre, Que j'en ai esté k bon mestre, Rm. losai. Et il ara [aura] le visage et le blanc des iex rouge, aledra.nt, I^ io.

— uv* t. Ce que est blanc, il est blanc u tous et partout, ORESME, Elh.tl». Proumcnt mondé le quel on trouve su? les espiciert tout moudé pour un blanc \f livre, Ménagier, il, t.

— XV* t. Et amenèrent ce Jour U en la cité de Toumay plus de dix mille blanebet bestet et bien autant, que porcs, que bœufs, que vaches, rnoits. I, I, «07. L'enfant qui fut tout surprit et esliahi ne sonna mot, mais devint tout blanc de paour et tout cspenlu, 10. u, ui, 43. Il cstoit si avcufrie de ce duc d'Irlande que, ti il dit : sirs, ceci est blanc, et il fait noir, le roi ne dit point du contraire, id. ii, in, 71. Je ne les prise pas deux blancs Tous les biens qui sont en amer [aimer], cii. d'oul. Bal. M. Etof crier plusieurs cris, La cote, la chape, vieulz draps, L'engin k prendre les souris, Pastez chaus, le tel blanc, le riz, e. deschamps. Bat. U y en eut qui vendirent granl quantité de platz et d'etcuelle» d'argent pour deux grans blancs U pièce, cuydant que ce fust estaing, comm. v, 2.

— XVI* s. Si la foy décline tant peu que ce soit de ce blanc auquel elle doit prendre sa visée, elle ne retient plus ta nature, calvin, Jnstit. 43i. Nostre prieur ayme fort le blanc de chappon, rab. Garg. I, •10. Heureux celluyqui tousjourt tendra on but et on blanc que Dieu nous ha prefix, lo. ib. i, 68. Le sergi'nt ne meit ti hault le blanc k la butte que.... m. Pant. ii, il. Les Souisse», tous armez k blanc, la juquc ou poing, pourguarder la place, id. Sciom. L'archer qui oultrepasse le blanc fault, mo!it. i,32t. Mille routes dcsvoycnt du blanc; une y va, id. i, 37. Peindre de mesme creon le blanc et le noir, m. I, s<8. Je ne m'habille gucres que de noir ou de blanc, ID. 1, aai. Proculus aiïerma qu'il avoit rencontré Romiilus armé k blanc d'armeures claires et luisantes comme feu, amtot, Bom.it. Il n'est point raisonnable que celuy qui ne tire point attilgne au blanc, ID. P. jEm »i. Craignant leur bel equippape et la lueur de leur hamois fourbis k blanc, id. Pomp. te. Quant aux capitulations de la paix, il voulut que les Athéniens leur envoyassent carte blanche, ID. Phnc. 30. Blanc chapeau et chapeau blanc, est-ce pas tout unT maro. Nouv. a. Par cette manœuvre la cour de Navarre changea du blanc au noir, d'aub. Vie, lxïiii. Une estrange multitude de blancs-vestus [pénitents], avec le fouet k la ceinture, m. Uist. II, 330. Un vieillard tout blanc, id. ib. lu, aie. Des mentelets couversde fer blanc, id. tb. ui, 376. Nous ne devons les faire marcher sous les drappeaux de la croix blanche, qui leur ont servi et doivent servir encores de quintaines et de blanc, id. ib. II, 4a». Vous le prenez un peu trop haut pour frapper au blanc, tver, p. 66o. Le blanc de» yeux, PABt , Inirod. 13. Et voila les pauvres médecins, chirurgiens, apoticaires et barbiers k blanc, lesquels ayans ceste marque d'avoir esté constitués k penser les pestiférés, tout lo monde après les fuit comme la peste mesme, id. xxiv, ti. Blanc d'amidon, is. XXV, 44.

— ÉTTH. Provcnç. blane; cspagn. bJaneo; portug. braneo; ital. tx'anco; de l'anc. haut-allem. blnnch, blanc. Pour l'explication de but en blanc

VOy. BOT.

i BLANCARD (blan-kar) ou BLANCHARD (blanchar), $. m. Terme de commerce. Toile blanche et légère fabriquée en Normandie et en Siléaie.

— fiTVM. niane.

t nLANC-Al'NR (blan-kA-n'), * . m. On de* nom» de l'alisicr commun. || An plur. De» blance-eune*.

— RTtM. Blanc, et aunf, t. m.

BLANC BEC (blan-b.>k), t. m. TemM IrtMkmilier qui désigne un Jeune homme tan* entrienee. Il e.st bien honteux qu'une trcniaine de HMio-beet aient l'impertinence de *out aller ftire la guerre, volt. Imi. à CaOï. M.

— RF.M. Voltaire a écrit det bhme-t»a; Laveani veut qu'on écrive des blanc-btc, la pluralité ne tombant ni tur blamc ni tôt bte, atteMO que k looii- 1

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«ta «•■t 4b«dM gm 4 IIIM4INI itatm greoiMineiif écrivent blMitt-bttti Xftti tt/Kkt dernière ortbograpbe qu'il cet préMnUa A» eahrnsMBme U

plut iumr;t«: cir on ueut prendre IglMéMMl bUl>0bec p h) blane bec.

— I ' ; locution tirée 4e l'oiseau qui a en^re lo btc blanc et qui est toeipéftaepté.

! BLANC-BOIS (bUn-bot), $. m. TertM d'ancienne légwUlioa. Mort-boia, boi* qui ne i cun revenu.

t BLANC-BOntCEOU (blan-bour-Jol), «. m.1 de boulangerie. Farine de première qualité.

— CTYN. Blane et bottrg»oit; c'ett-kdire blanc pour le bourgeois.

t BLANC CL'L (bUn-ku) , «. m. Via «e* non» du bouvreuil. Ij Au plur. Dm blanct-cult.

— ÊTYM. Blanc, ad.

t BLANC-ETOC, s. m. Voy. estoc.

— CTYM. Étoc et! une autre pronondatlao île estoc.

BLANCOAILLB (blaa<ht-U',UnoailUe*,«lnoD blan-châ-ye), i. f. Menu poitton Uanc.

— ÊTYM. Blane.

t BLANCHARD (blan-char), «. m. || 1* T«nDe de commerce (voy. ilaiicarii). || t* Kom vulgaire d'une e.<pèc« d'aigle.

— ÈTVJl. Blane.

BI.an<;hAtre (blan-cht-trO, a<V- Dont U couleur tire sur le blanc.

— CTYM. filan<, et Alrt, lerminaitoa péjoralive, ou, ici, dégradative.

BLANCHE (blan-ch*), «. f. || 1* Terme de fflanique. Signe ou figure dont la valeur est de deux noire* ou de la moitié de la ronde. || 1* Terme du Jen de billard. La bille blanche. La blanche compte moint que la rouge.

— ÈTYM. B^anc.

t BLANCHE-COIFFE (blan-che-koi-T), ». m. Espèce de corbeau. || Au plur. Det biaDchet-coilTee.

— f.TYM. Blnnc et eoilje.

BLANCIIKMK.NT (blan<he-man), ode. D'une manière propre. On doit tenir le* enfent* biaoebemcnt.

— f" "'— rh*, et le tufflxement.

t in I EUE (blan-«be-keii), «. f. On de<

noms . . liane, oiteau. || Au plur. De* blau-

chet-queues.

— CTYM. Blane et queue.

t BLANCUER (blan-ché) , f. m. Tanneur de petiu cuirs.

— ÊTYM. Blane.

t BLANCIIK-RAIR (blan-che-ri), «. f. Un des noms vulgaire» de l'étoumeau. || Au plwr. Dm blanches-raie*.

— 6TYM. Blanc. " r--- '- — BLANCHERIE

CniSSERIE. Il !• .'- . - . -- .-.. .

destinées k faire du fer-blanc.

I . BLANDIET (blan-chè), «. m. MfSorte d'. ' d'étamine. || Dans les pharmacie*, petit carr. molleton de laine fixé sur un carrelet en bols, travers lequel on filtre les liquide* ^lai». || Ti :." d'Imprimerie. Morceau d'étoile dont on gan.): I-tympan d'une presse, pour rendre le foulaçe ; . /> égal, et pour garantir le caracUre. || t* Blai ' ou muguet, maladie de la bouche chea le* «olaau. Il S* Nom vulgaire de la mâche.

— HIST. XTV *. Ott*tre aulne* de drap tnrquei* retrait et retondu, un nuefbiaDchet doublé de toille, DOCAKGR, blanehetum.

— ÊTYM. niininutif de blême.

t ». BI AM'HFT, Erra (blan-ch*. cb*-f). od>. Légèrr

— I utif de blane.

t BL.'\.><.Hr loN (blan-che-too) , > m > .'- ' il ce raisin.

— ÊTYM. Blane.

t BLANaiETTB (blan<b^, «. f. Va daa noms delà mArhe.

— tTV». Blanthttt.

BLA^riiKiR (blao-chear), $.f. || 1* Uooulew V ' biancheor de la naiga. La mort ne lia

"e; cette éclatante bUncbeur (de ton teinij, symbole da aon innocence et de la caqdenr de aon âme.... ion. Atne-fMr. 0 voo* [temaes] dont la blancheur cit aouvenl oapniniée, u fomr. Ca^M" 4* S. «aie II t* On« blancbcar, «• OMTque blanche. On obeerra, daa* divanaa Mrtie* da cieJ, de petites blancheur* oni aanbleat être de U même nature que la voie bMiée, upuai, Égp. i, la.

— msT. or *. Quar tant art giani la biaseheor. Et tant ert gran* la reaplendoc, Qm le eon vwr [voir] ne poaient, wacs, Titrft ffarie, p. 7*. El d|

BLA

ki ne conoist la blanchor de lumière loet les obscures choses en liu de cleres, Job, 489. {| xiv* s. Leur première blancheur est bien muée en fer [couleur de fer], Girart de Hoss. 2)22. Aussi comme la blancheur de la nege et la blancheur de la farine sont d'une espèce, obesme, Eth. vu, (2. || xv' s. Pour la blancheur de leur glorieux estre, appert petite tache, se en eulxest, plus que trèsgrant autre part ne feroit, CHRIST. DE pisAN, Charles V, i, ch. 8. ||xvi's. La blancheur decette poictrine, mont, i, 22.

— ÉTYM. Blanc; provenc. etespagn. blaneor; ital. biancore. Blanclieur est de blanchoyer.

BLANCHI, lE (blan-chi, chie), part, passé. Il 1° Rendu blanc. Linge bien blanchi. Chemise mal blanchie. Des (lots blanchis d'écume. Tête blanchie par les années. Il est merveilleux combien vous êtes blanchi [vos cheveux sont devenus blancs] depuis deux jours, la bruy. Theophr. 2. Un jour sur ces coteaux le vigneron paisible, Mariant les ormeaux et la vigne flexible, Roulera sous ses pas des ossements blanchis, masson, Uekéiiens, m. Il 2° Vieilli, et, par suite, expérimenté. Et comme un vieux guerrier blanchi dessous les armes, Régnier, Épitr. II. Attale, ce grand roi dans la pourpre blanchi.... corn. Ctnno, III, 4 Ne suis-je

blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers? ID. Cid, 1, 8. Ainsi ces cheveux blanchis sous le harnois, id. Cid, n, 9. Ce père des chrétiens Resserré loin de nous, blanchi dans les liens, volt. Zaïre, u, B.Je méconnais; je sais que, blanchi sous les armes.... ID. Mérope, i, 3. Les papes sont presque toujours des Italiens blanchis dans les affaires, id. Louis XIV, 2. Des magistrats, blanchis dans la pourpre et sur les tribunaux, J. 1. Rouss. Ém. u. I! 3° Qui a reçu un blanc de chaux. Une muraille blanchie. || i' En termes de l'Écriture, sépulcres blanchis, gens hypocrites. || 8° Passé à la lime ou à la meule, en parlant de pièces de fer et autres.

t BLANCHIE (blan-chie), s. f. Terme de menuisier. Planche qu'on a corroyée à la varlope.

BLANCHIMENT ( blan-chi-man) , s. m. Action ayant pour but d'enlever la mali're colorante naturelle qui pénètre soit les fibres écrues du lin, du coton, du chanvre, etc. soit la cire brute, lesuif, etc. Il Impression des plafonds et des murs en blanc de détrempe.

— HiST. rvi« s. Le colombier sera blanchi en son extérieur à blanc-fin et glissant.... j'ai estimé à propos vous donner un couple de receptes, pour la façon du blanchiment du colombier, 0. de serres, ÏOO. Cela avance leur blanchiment .... ainsi blanchit-on les cardes, et le ramage des artichaux, en....

— ÉTYM. Par syncope, pour blanchissement, de blanchir; provenç. blanquiment.

BLANCHIR (blan-chir), v. a.\\ 1° Rendre blanc. Blanchir les dents. Le soufre blanchit la laine. Les frimas ne blanchissent plus les prairies. L'âge a blanchi ses cheveux. Les étoiles qui composent la voie lactée et qui, par leur extraordinaire élévation, ne peuvent percer jusqu'à nos yeux pour être vues chacune en particulier, ne font au plus que blanchir cette route des cieux où elles sont placées, la BRUY. <6. Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte, RAC. Athal. i, t. Ce globe qui des nuits blanchit le sombre voile, volt. 8' Discours. Quand les neiges viennent blanchir les Alpes et le mont Jura, ID. Leur. Mme du Deffant, 25 janv. 4776. X peine la lumière blanchissait le fond du vallon, bern. de s. P. l'Arcadie, livre 11. || 2° Couvrir d'une poudre blanche, d'un enduit blanc. Elle s'est blanchi le visage. Les femmes emploient la céruse pour se blanchir le teint. || Fig. On a beau blanchir le sépulcre plein de pourriture et d'infection, mass. Lazare. Il 3° Nettoyer, laver. Blanchir quelqu'un, c'est-àdire blanchir son linge. || Absolument. Cette femme blanchit bien, elle fait bien les blanchissages. Il 4" Fig. Disculper. Il est selon mon cœur de hasarder une opinion qui tende à blanchir un personnage illustre, dider. Essai sur Claude. || 5° Terme de menuisier. Blanchir une planche, enlever la superficie qui est ordinairement sale et plus foncée. Il En termes de cuisine, donner une première cuisson dans l'eau bouillante. Blanchir de la viande, des fruits. i| Terme de jardinage. Blanchir du céleri, de la chicorée, en faire blanchir les feuilles vertes en les liant les unes contre les autres. || 6° Administrer une cure palliative qui ne fait que masquer les symptômes, par exemple, de la syphilis chez l'homme, de la morve chronique chez le cheval. U n'a pas suivi le traitement assez longtemps, jl n'a été que blanchi. || 7° Donner de l'éclat. Les

feLA

orfèvres blanchissent leurs ouvrages, jj Nettoyer, | fourbir. Il avait donné son argenterie à blanchir. Sitôt que nous nous mîmes à table, il alla emprunter trois cuillers de bois, et nous dit qu'il avait donné les siennes d'argent à blanchir, regnard, Voy. de Pologne, t. iv, p. 4)8, Paris, Marne, (810. Il Étamer le plomb au feu ou le couvrir de feuilles d'étain. || Limer avec une grosse lime le fer sorti de la forge. || Blanchir la fonte, la décarburer dans l'affinage. || 8° Terme d'administration forestière. Blanchir un arbre, en enlever une portion d'écorce pour y mettre l'empreinte du marteau. Il 9" Terme de typographie. Augmenter le nombre des interlignes. || 10° V. n. Devenir blanc. Cette toile blanchira. Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos rames, bac. Iphig.i, 5. [La montagne] Montrait son front pointu de neiges blanchissant, Régnier, Ép. i. L'eau blanchit sous la rame et le

vaisseau fend l'onde, delille, En. v, <062 X

peine au loin la voile.... Blanchit en ramenant le paisible pêcheur, lamart. Méd. 11, 2. || 11» Devenir blanc, en parlant des cheveux, de la barbe. Vos cheveux ont un peu blanchi, fén. Tél. ix. Bonne maman, consolez-vous; Vous ne blanchissez pas encore, dérang. B. maman. Chaque âge a ses humeurs, son goût et ses plaisirs. Et comme notre poil, blanchissent nos désirs, régnier, Sal. v. || Fig. Passer un long temps dans un emploi , dans une occupation. Blanchir dans le service, sur les livres, sous le harnais. Malgré tout cela je ne décide pas; je le laisse à ceux qui ont blanchi sur ces importantes questions, vauven. Espr.hum. 37, Amour. Ces pères des Romains, vengeurs de l'équité. Ont blanchi dans la pourpre et dans la pauvreté, volt. Brut, i, 2. Il 12° Ne pas réussir. Les douceurs ne feront que blanchir contre moi, mol. Dép. am. v, 9. Voilà des raisons qui ne valent rien; tout cela ne fait que blanchir, id. Crit. de l'Éc. des f. 7. La rhétorique de l'un ne fît que blanchir auprès du beau sexe, HAMiLT. Gramm. 9. Mais tout cela [ces avances] ne faisait que blanchir, la font. Faucon. Jamais rien n'a pu le fléchir: Vers, prose, soins et complaisance. Discrétion, persévérance. Tout cela n'a fait que blanchir, pavillon, p. <3. || 13° Se blanchir, r. réfl. Se salir avec quelque chose de blanc. Il s'est blanchi contre la muraille. || 14° Fig. Se disculper. Il n'a pas eu de peine à se blanchir. || Proverbe. Tête de fou ne blanchit jamais, c'est-à-dire ceux qui sont par caractère exempts de préoccupations, ont rarement les cheveux blancs.

— HIST. xv s. Qu'on ne dise mie que je le blanchisse trop, pour faveur ou pour amour que aie à lui, FROiss. II, m, 6). Il xvi« s. Tu verras tost par force de ramer Autour de toi blanchir toute la mer, DUBELL. IV, 22, verso. EU' prit son tein de beaux liz blanchissans , iD. u, 8, reclo. Les lièvres que la neige blanchit aux montagnes, mont, i, )02. J'ay honte que desjà les douleurs inhumaines Me blanchissent le poil sans le congé du temps, la boétie, 620. Le lendemain sera lavée la face avec eau rose, blanchie avec du son, paré, xxv, 45. Ce poulcier, en blanchissant l'air, troubloit la veuê , amïot, Eum. 34. Toute la bravoure de Bertrand ne fesoit que blanchir contre eux, M. s. du G. ch. )2. Blanchir paroy noire, Proverbe dans génin. Récréations, t. Il, p. 235.

— ÉTYM. Blanc; picard, blankir; provenç. blanchir; anc. cat. blanquir.

f BLANCHIS (blanchi), s. m. Terme d'eaux et forêts. Espèce de coche pratiquée avec la serpe aux arbres qui doivent être coupés.

— ETYM. Blanchir.

BLANCHISSAGE {hlan-chi-sa-j'),î. m. || l'Action de nettoyer le linge. Tout mon linge est au blanchissage. Il 2° Action de raffiner le sucre.

— ÉTYM. Blanchir.

BLANCHISSANT, ANTE (blan-chi-san, san-t'), adj. Qui devient blanc, qui paraît blanc. Les flots blanchissants. Des collines blanchissantes. La rivo au loin gémit blanchissante d'écume, rac. Iphig. V, 6.

BLANCHISSERIE (blan-chi-se-rie), t. f. Lieu où l'on blanchit des toiles, de la cire, le linge, etc.

— illST. xv«s. Devant les boutiques de la leuderie et blanquerie de Beseirs, du cange, blanqueria.

— ÉTYM. Blanchir.

BLANCHISSEUR, EUSE (blan-chi-seur, seû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui blanchit du linge. Blanchisseuse de gros, blanchisseuse de fin, celle qui blanchit le gros linge, le linge fin. [Elle] envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, boil. Sat. x. Il 11 porte le deuil de sa blanchisseuse, se dit d'un hoiome qui a une chemise, une cravate sales.

BLA

Il Blanchisseuse de tuyaux de pipe, se dit, en langage trivial, d'une femme de mauvaise vie.

— ÉTYM. Blanchir; picard, blankisseux.

t BLANCUOEUVRIER (blan-cheu-vri-é), ». m. Terme de commerce. Fabricant et marchand de gros outils tranchants.

— ÉTYM. Blanc (dans le sens des armes blanches), et ouvrier. Blanche-œuvre dans l'ancien Iraiiçan signifiait des outils tranchants. Plusieurs ferremen» que l'en dit blanche euvre, ouslils et habillemens servans, nécessaires et convenables au mestier de tonnelier, du cange, foretum.

t BLANCIiOT (blan-cho), ». m. Espèce de plegrièche.

— ÉTYM. Diminutif de blanc.

t BLANCHOYER (blan-cho-ié) , v. n. Avoir un reflet blanc. L'on voit avec horreur d'antiques ossements Blanchoyer à travers de pompeux ornements, masson. Les Helrétiens, v.

— REM. Ce verbe, fait d'ailleurs comme rerdoycr, est très-bon, et, bien qu'il ne soit pas dans le Dictionnaire de l'Académie, il n'est jamais tombé en désuétude.

— HIST. xiH* s. Ils regardent, si Toient le bliaut blanchoier, Berte, 38. Quant il vit l'eve blanchoier, Iten. 28099. Et sa gorge si descoverte Que parmi outre la chemise Li blanchooit sa chair alise, la Rose, H 80. Il XIV* s. De toile sont veslu que je voi blanchoier, Guesclin, 22219.

— ÉTYM. Blanc ; î.rovenç. blanquejar; espagn, blanquear ; portug. branquejar ; ilal. biancheggiare.

t BLANC-MADAME (blan-ma-dam') , ». m. Variété de raisin.

BLANC-MANGER (blan-man-jé) , ». m. Terme de cuisine. Espèce de gelée qui se fait communément avec du lait, des amandes, du sucre et de la colle de poisson. || Au plur. Des blancs-mangers.

— HIST. XIII" s. La sele qui au cheval fu Estoit faite d'un blanc-mangier, fabiiaux,BARBAZAN, Liv, p. 71. Il XIV* s. Blanc mengier de chapons pour malades, Ménagier, 11, B. || xvi* s. Poules bouillies et graz chappons on blanc manger, aAB. Pant. iv,5».

— ÉTYM. Blanc, manger.

t BLANC-PENDARD (blan-pan-dar) , s. m. Nom vulgaire de la pie-grièche. |1 Au plur. Des blancspendards.

— ÉTYM. Blanc, et pendard, à cause des déprédations de cet oiseau.

t BLANC- PLOYANT (blan-plo-ian) , s. m. Défait du fer qui le rend peu propre à passer à la filière.

tBLANC-POUDRÉ,ÉE(l)lan-pou-dré, drée), adj. Poudré à blanc. || Substantivement. Nos hlanc-poudréssont convaincusDe tout ce que vous savez faire, volt. Roi de Prusse, ti*. Mon Dieu! que je fus aise, quand j'appris que le théâtre était purgé de blanc-poudrés coiffés à l'oiseau royal! ID. Lettr. d' Argental, I8juin 1759. \]Auplur. Des blanc-poudrés, sans s à blanc, parce que ce sont non des blancs qu'on a poudrés, mais des gens poudrés à blanc.

— ÉTYM. Blanc, poudré.

t BL.VNC-RHASIS (blan-ra-zis") ou, par corruption, BLANC-RAISIN (blan-rè-zin), ». m. Terme de pharmacie. Onguent pour la brûlure.

— HIST. XVI* s. Il se réduit en blanc de plomb, de quoy la ceruse est faite, et blanc rasis,qui est la plus blanche de toutes les drogues, palissy, 41.

— ÉTYM. Raisin est une altération de Rhasis ou Rhasès, médecin arabe qui vivait dans le xn* siècle.

BLANC-SEING (blan-sin), t. m. Mandat en blanc au bas duquel est apposée une signature, et que l'on confie à quelqu'un pour qu'il le remplisse, jj Au plur. Des blancs-seings.

— REM. L'Académie écrit blanc seing, sans trait d'union. Au mot blanc où elle donne blanc seing, il n'y a point d'exemple du pluriel; mais, kseing. elle écrit des blancs seings. Comment y considère-t-ellt blanc ? Seing veut dire signature ; les blancs seings, avec cette orthographe, seraient donc des signatures blanches, ce qui n'est pas le sens; car le blanc seing est un papier blanc signé. Blanc seing doit s'expliquer par signature sur blanc, et l'ortliographe devrait Être des blanc-seings ; à moins qu'on ne suppose que, par catachrèse, seing signifie ici papier signé, et le tout papier blanc signé; ce qui permettrait d'écrire, au pluriel, blanes-seingt.

— ÉTYM. Blanc, seing.

BLANC-SIGNÉ (blan-si-gné) , ». m. Le même que blanc-seing, qui est actuellement plus usité. Je reviens à Paris avec trente-deux blancs-signés de

M. le comte, beti, i, 37 C'est un blanc-signé

Qu'autrefois par larcin je pris au roi mon père, MAiR. Solim. I, 6. Le roi, ayant pris parti, envoya

BLA

•on bUne-iiffné à M. d« Bouillon pour termioer le fwct» comme II lui pUluii, «tmm. <t7, »1. AufaM* dooo* à ton ambciudeur m* pleiiit pouTOira •iioa bUne DiRné, volt. Charltt XII, 3.

— aCM. L'Aud'-mie, ([Ui donne c«tle locution fc tinnf, écrit, Mil!) trait d'union, blanc tign^; elle n'ii/dique pax le pluriel; il doit être de» blancs tignét, e'e*t-i-dlre <ioip<ipi>r< blana tignii.

— IIIST. XV* ». Oui avoit des blancz signez pour •on maistre, comm. i, 3. || xvi* i. DUnea-tignex, CARL. V, a.

— ÉTYM. Diane, ligné.

t BLANCS- MANTEAUX (blan-man-tA) ,(. m. plur. Moines appelés autrefois Guillemites, établis k l'aris.

— CTYM. Ainsi dits à cause de leur habit blanc, t BLANC- SOUDANT (blan-sou-dan) , $. m. U

dernière teinte que prend une barre de fer avant sa fu'iion ; elle passe d'abord au rouge, nuis au rouge cvriM, au rouge blanc, et enfîn au bUnc-soudaiit. Il Adicctivemcntot invariable, la couleur blanc-soudant. Donner une cbaude bUinc-soudant, lsooarant.

— f.TYM. Blane. et sans doute souder.

f BLANC-TAI'LS (blan-ta-pi), t. m. Ancien nom d'un» m.iiv>n do jeu. || Au plur. Des blancs-tapis.

— ETYM. Voy. TAPIS.

t BLANDICKS (blan-di-s') , «. f. plur. Flatteries pour gagner le ccrur; chann«s , jouissances. Je trouvais & la fois dans ma création merveilleuse toutes lesbUndicesdessenset toutes les jouissances de l'àme, ciiatbaubr. dans le Diet. de poitevin. Il Vieux.

— HisT. XV* S. Adulacion n'est autre chose, fora, fainctement par mençonge, loerautrypar controuvée blandice , cnnisT. de pisan , Hùt. de Ch. Y, part. II, ch. 48. ||xvr s sans avoir pu estro esmue par la mémoire des blandices, compagnes d'un nouveau mariage, tvbr, p. 6ee. Toutes ces blandices ne sont qu'autant de pièges à leur liberté , mont, dans le Dici. de poitevin.

— CTYII. Blandilix. deblandiri, flatter, faire des caresses. Au reste, blandir était un ancien verbe : xui* s. Tant [il] les blandi et losenga Que avoec lui les a menés, Lai de Melion. Dame Hersent lor vint devant, Si les a blandiz et proiez, Ren.*H. || xv s. Ks grans cours fault souvent faire le sourt. Qu'on ne Toil rien, et qu'on ne scct parler, Autrui blandir.... c. DCSCBAMPS, De la manière cTestrt à la cour. Le sabstantif blandicei et le verbe Mandi'r sont à regretter.

t. BLANQVE(bUn-k'),s.^. || l'Jeu en forme do loterie , et dont lai billots gagnants correspondent à des chiiïres déterminés. Ain.^i qu'en une blanque où par haurdon tire, ReoNiER, Sat. m. jj Pig. Hasard. A la blanque , à tout hasard. Cette locution a vieilli. Il 2* Dans les jeux où l'on tire au sort, coup où l'on n'amtno rien.

— ETYM. Bianta, ainsi dite de bianeo , blanc (voy. ce mot), parce que les billets blancs y sont plus nombreux que les billets noirs.

t i. BLANQUE (blan-k'), s. f. Variété de raimn.

t BLANQUET (blan-ké). t. m. \\ !• Terme de pêche. Blanchaille. || S'Terme d'agriculture. Mal.idio des jeunes oliviers. || S* Poire d'une médiocre qualité.

— ETYM. Autre forme de blanehet.

BLANQUETTE (blan-ké-f), i. f. \\ !• Petite poire

qui a la peau blanche. || S* Sorte de raisin qu'on iK'nimu autrement chasselas doré. || 8* Petit viii 11! iiii' pt pétillant du Languedoc. Illanquetle de Liiii'iiiT. Il i' Itapoùt de veau ou d'agneau k U sauce blanche. Se nourrir d'une blanquette de veau, volt. Dial. 4S. Il S* Sorte de souao qui se prépare en France. || t' Produit de la première distillation de l'eau- de-vie.

— IIIST. xn* a. Sur tous leaquela vins parai»ent les miuquats et blanquetes de Fronlignan et Miravaux en Languedoc, o. de SEiiais, us.

— ETYM. Blanc

t BLANOUIF.R (blan ki>>), t. m. Ouvrier qui fait des mouvcnii-nls d'Iiorlogorie en blanc

t BLANZK (blan-zé), t. m. Variété do blé du nord de U France.

— ETYM. Brace, blé, mot qui, dans les auteurs blins, est donné comme gaulois (voy. iRAnu *).

BLAQUE (bla-k'), s. f. Voy. blaoob.

t BLAQUET (bla-kë), i. m. Terme de pèche. Fretin qui sert k amorcer les lignes; et aussi petits poissons bons k manger. A Dieppe on vend du blaqnet.

— tm. Autre prononciation de bUuujutt.

■LASe.ËB (blA-zé, zée), part, pattt. Un homme

biMt. Un estomac blasé. Vous ne rmoièn'""- '•- -i trio de Bourgogne des gens l)Uaéc qi) i

«e mauMiae e«a-d*-fie, volt. Leur.

BU

(Juill. 1774. Il BIm4 par iMTOIitPléa. Je IVémIs lorsque j'entends un de cet citoyens, blaiA sur les plaisirs, se dire : je m'ennuie.... niofu. Eu. tur Claud», liv. II. Ainsi la pointe de U douleur c*t émouisée, non que le ocur soit blasé, non que l'kffle soit aride.... STAËL, Corinne, liv u, ch. *. Enfin, ivre,énenré, ne sachant plus que faire. Sans haine, sans amour, et toujours, 6 mistrel Avant la fln du jour blasé du lendemain, ▼. nuoo, Crépuicule, 11.

BLASER (bik-zé), «. a. || i' Sffloosserlet sens par de< excès de jouissances. Sans risquer de leur biaiser le palais, J. >. rouss. Ém. n. ||S* Kig. Au moral, rcn dro k la longue le coeur insensible k ce qui devrait le loucher. Celui-ci est blasé par l'exoitdee plaisirs, celui-là par l'habitude de la honte. || S* Se blaser, V. réjl. Mme de Vendôme mourut le ii avril, sans testament ni sacrements, de s'être blasée surtout de liqueurs fortes, st-sim. ««4, i. ||Fig. Se, blaser sur les vrais plaisin. || On dit se blaser dé, et se blaser sur.

— CTYM. Origine douteuse. On trouve, dans Du Cange, Hat, sot, dépourvu de sagesse; mais le sens ne se prête pas k la dérivation; il n'en est pas de même de l'anglo-saxon bi<M( ou hUeMt, brandon, anglais, tablait, brûler, bas-latin btiuenui, incendiaire. Le sens propre de blaitr parait être brûler; c'est celui que lui donne St-Simon dans l'exemple ci-dessus rapporté; et dans plusieurs provinces bfater est un terme pour signifier brûler, dessécher, lors<iue cet eflTet est produit par l'usage excetsif des liqueurs fortes. Faudrait-il rapporter k blaser cet exemple du xiv* siècle : Prince, après ce qu'on eust mangié Et bu tant qu'on cstoit biccié. Vont cstuver li pèlerin , viriville, liabelle de Bavière, p. •.

BLASON (bla-zon), t. m. \\ 1* L'ensemble de ce qui compose l'écu armoriaL Un antique blason. On prendrait la poule d'eau pour un oiseau en blason, tomlié de l'écu d'un ancien chevalier, ciuteaob. Génie, i, v, 7. L'étranger briserait le blason de la France I v. hogo, Odet, m, 7. D'après mon blason Je crois ma maison Plus noble ma foi Que celle du roi , OËRANO. Carab. \\ 1* La connaissance de tout ce qui se rapporte aux armoiries. La langue du blason, qui se lie k l'histoire et k l'archéologie, se lie aussi k l'étude du français k cause du nombre de mots anciens et de vieilles formes qu'elle a conservés. Il 9* Blason des couleurs, explication de ce que les couleurs signifient, comme l'argent qui est le blanc signifie espérance, pureté, innocence, humilité.

— IIIST. XII* s. Teinz ne blasons ne le puet contrester, llone. p. 64 . De sous la boucle [il] li perce le blazon; El cors li met le pan del confaiion , llaoul de C. ta. Il XIII* s. Et se ferirent sous les blasons si roidement que il rompirent poitraus et chaingles [sangles] et .le portèrent k terre par dessus les crupes des chevaus, Chron. de Raint, p. «i. Quiconques veut estre blasonier k Paris, c'est assaveir ouvrcres et cuireres de selles et de blasons, estre le puet, Liv. det met. 34 0. || xiv* s. Les lances en leur poins,au col le blazon, RATN0DARD,Lexi9ue. || xvi's. Aussi n'e5t-il blason, tant soit infâme, Qni sceust changer le bruit d'honnc<;te femme. Et n'est blason, tant soit plein de louange. Qui le renom de folle femme change , marot, ii, as. 11 feit honorablement inhumer les os de cciilx qui estoient morts en ceste guerre, et luy mejine feit le blason funèbre à leur louange selon la cousiume, amtot, Piric. 64. On trcuve encore aujourd'huy un blason ou harangue funèbre qu'il feit devant le peuple à la louange de son fllz, id. Fab. 3. Phebus lui donna l'esprit poétique pour repondre promptement en se défendant contre le bl.ison que sa dame avoit si finement et deliberécment songé contre lui, desper. Contes, Lxvi.

— ETYM. Provenç. bl^o, Miio; espagn. bJoton, armes et gloire ; portug. broido; ital. blasone. Blason signifie bouclier, écu, et armes peintes sur l'écu; puis, sens perdu aujounl'hui, louange ou bUme. l»'«pr.''sDie/, del'angl. sax.bU-sr, flambeau, d'où éclat, écu orné ; d'aprrs d'autres, de l'ail, blasen. sonner du cor. Le sens premier est écu orné.

BLASONNfi, £b (bta-fO-né, née), port. paui. Il 1* Fxpliqué conformément au blason. || t* Moqué, btkmé.

t BLASONNEHENT (bla-zo-ne-man), f. m. Action de déchilTror les armes d'un écu.

— F.TYM. Blnionn,r.

BL.\SO.>'>-KR (bl.i-ro-n.M , r. a. || 1* Expliquer le bla.«on ou les parties des ,irmcs d'une maison ou d'une province en termes propres et suivant l'art. Il Expliquer le sens d(v< symUiles, de l'énoil, d«e figures du blaion. || t* Ki»; et fiunUikMiMiit, ib4dira, bltffler, critiquer, un l'a bUMOni àUoour

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