‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 285 sur 504 · BOÉTIE · texte numérisé non relu

BOÉTIE

— ÉTYM. Provenç. blasfemar, blastemar, hlastomar, blastimar; anc. catal. blastemar; espagn. blasfemar ;i\3i. bestemmiare ; du l^lin blasphemare , du grec pXacçriiieïv , de pXâitTeiv, léser, nuire, et de çTiuLï), réputation, en latin, /'amo (voy. fameux). Blasphémer a été fait tardivement sur blasphemare qui, à l'origine, aiait donné tJosmer, aujourd'hui blâmer.

t BLASTE (bla-sf), s. m. Terme de botanique. Partie de l'embryon à grosse radicule qui se développe par l'effet de la germination.

— ËTYM. B/acTTo;, germe.

t BLASTÈME (bla-stê-m') , s. m. Terme d'anatomie générale. Espèces de substances amorphes liquides ou demi-liquides, épanchées entre les éléments ou à la surface d'un tissu.

— ÉTVM. BXâ(TTvi[ia, germination, à cause du rôle de production que les blastèmes jouent ou peuvent jouer à l'égard des tissus.

t BLASTODERME (bla-sto-dèr-m*), s. m. Terme d'embryologie. Pellicule se développant sur le germe , et formée de deux lames, dont l'externe constituera la peau , et dont l'interne est le principe de l'intestin.

— ÉTYM. BXaoToç, germe, et Sépixa, peau.

t BLASTODERMIQCE (bla-sto-dèr-mi-k'), adj. Qui a rapport au blastoderme.

— ÉTYM. Blastoderme.

t BLASTOPUORE (bla-sto-fo-r') , s. m. Terme de botanique. Partie de l'embryon macrorrhize qui soutient le blaste.

— ÉTYM. Blaste, et sooè;, qui porte.

t BLATER (bla-té) ou BLATRER (bla-tré) , V. a. Terme de commerce. Sophistiquer le grain.

— ÉTYM. Même radical que blatier.

t BLATÉRER (bla-té-ré), v. n. Se dit du cri du bélier, du chameau.

— ÉTYM. Latin, blaterare.

BLATIER (bla-tié; Vr ne se lie pas; au pluriel l's se lie : les blatiers au marché, dites : les bla-tié-z au marché) , s. m. Celui qui vend du blé sur les marchés. Il Adjectivement. Marctiand blatier.

BLË

— HIST. XIII' S. Se estagier de Paris achetoit blé por revendre, et blatier ou talemeUer viegnent scur le marchié. Liv. des met. 4 8. Quiconques veut estre blaetiers, c'est à savoir venderes de blé , et de toutes autres manières de grain bon et beau, 16. 20. Il xv s. Et [les Anglois] estoient sur penneaux assez de pareille façon que portoient les blatiers du pays de France, monstef.l. liv. 1, chap. 203. il XVI* s. Desjà l'Esté et Ceres la bletiere.... bons.

— ÉTYM. Ba^lat. iladarius, du bas-lat. bladum,

blé (voy. BLÉ).

BLATTE (bla-V), ». f. Insecte nocturne qui vit dans les maisons et ronge les aliments et les étoffes, etc. (orthoptères).

— HIST. XVI* s. Les ratz et blattes ou, affin que je ne mente, aultres malignes bestes, avoyeiit brousté le commencement [du livre], babel. Garg. chap. I, à la fin.

— ÉTYM. Blatla, nom en latin de cet insecte. BLAUDE (blô-d'), s. f. Nom donné dans plusieurs

provinces à la blouse.

— HIST. XI* s. Et estremés en son blialt depaile, Ch. de Roi. xx. j] xii* s. Guenes remest [reste] en un bliaut de pris, Ronc. p. 24. Vestu [il] ot un bliaut à enseignes d'orfrois, Sax. xx.xiii. Del dos li traient le bon haubero doublier; Camoisé ot le bliaut de quartier, Raoul de C. 62.

— ÉTYM. Bourguig. et i3erry, biaude; picard, bleude; provenç. blial , bliau , blizaut ; espagn. brial. L'ancien bliaut, qui était un vêtement même pour les seigneurs, paraît répondre, en tant que mot, à la biaude-, vêtement des paysans et fies ouvriers. liliaut se trouve dans l'ancien allemand sous la forme blialt, blidt, étoffe, sens qui est aussi dans l'ancien français : Cote ot d'un blanc bliaut, Berte, p. 3f. Mais blialt ne paraît pas avoir de racine en allemand; de sorte que l'origine de notie mot demeure inconnue.

fBLAVELLE, (bla-vè-1') OU BLAVÉOLE (blavé-o-l'), s. f. Un des noms vulgaires du bluet.

— r.TYM. Bleu, qui dérive de l'allemanil blau, d'où btav dans certa ns dérivés.

t BLAVET (bla-vè), s. m. Espèce de champignon comestible.

BLÉ (blé), s. m. Il 1° Nom vulgaiie du froment ordinaire (graminées) avec le grain duquel on fait

le pain Qui voulait bien abattre ses murailles,

Qui fit avec le feu la moisson de ses blés, wotb. Antig. IV, t. Il Les grands blés, le froment et le seigle. Les petits blés, lorge et l'avoine. || Blé noir, blé rouge, le sarrasin. |1 Blé de Turquie, blé d'Espagne, blé de l'Inde, le maïs. |{ Blé d'abondance, blé de miracle ou blé de Smyrne, variété de froment à épis rameux. || Blé blanc, variété de froment. || Blédela Saint-Jean, seigle qu'on sème en juin. || Blé ergoté, dit aussi blé cornu, blé devenu malsain et malfaisant par l'effet d'un cryptogame païasiie, dit ergot, qu'on emploie en médecine. Le blé ergoté, moulu et employé en pain, cause une maladie des plus graves caractérisée par des convulsions et des gangrènes. |{ Terme de jurisprudence. Blé en vert, blé dont la récolte n'est pas faite. |1 2° Une pièce de blé. Se cacher dans un blé. Je n'ai rien caché à l'homme que vous m'avez envoyé ; je l'ai mené dans un blé; j'ai abattu en sa présence les épis qui s'élevaient au-dessus des autres, fén. Périandre. \\ Eig. Être pris comme dans un blé, être attrapé de manière à ne pas pouvoir s'échapper. || 3° Le grain. Un tas de blé. Un sac de blé. La halle au blé. Il 4° Blé de Guinée, nom donné, dans quelques cantons de la France, à la houque sorgho, dite ailleurs sorgho. Il Blé de vache, nom donné à la saponaire pentagone, qui croît parmi les blés dans la France méridionale et en Italie, et aussi au mélampyre des champs. || Blé d'oiseau, alpi.ste. || Blé de Tartarie, espèce de renouée. || Proverbes. Manger son blé en herbe . dépenser son revenu d'avance. || Crier famine suï un tas de blé. se plaindre au sein de l'abondance. Il C'est du blé en grenier, c'est-à-dire c'est chose bonne à garder, c'est une réserve sûre.

— HIST. XI* s. Soleil n'i luist, ne blet n'i puet pas creistre, Ch.de Roi. hxni. ||xm's. Surespices, surcire, etsurblés, etsurvins, Berte, lxiv. Asseiz et robes et deniers, Et de bleif toz plains ces greniers, Que li prestres savoit bien vendre, buteb. 274. Qui garison [provisions] amènent et pain et vin et blés, Chans. d'Ant. u, 393. || xiv s. Et quant nulle des parties n'en reporte plus ne moins, mais tant vaillant pour tant vaillant, ou pour ce meisme si comme blé pour blé, tant pour tant, tel pour tel, ORESME, Eth. 150. Grant force de peuple hasoubdainement cuilUe la dite blée et portée et gelée dedans

BLE

leTybre, BEBCHEtrae, r* s», recto. \\ xV s. Cils de Reims doutèrent cette menace d'ardoir leurs bledi aux champs, fboiss. 11, u, 60. || xvi* s. L'n pourceau en un blé; une taupe enun pré; et un sergent en un bourg ; c'est pour achever de gaster tout, des PER. Contes, XX.IX. Ce mot de bled, plustost barbare, corrompu de l'italien, que tiré d'autre langue, est prins généralement pour tous grainsjusquesaux légumes, bons à manger, 0. de serres, tôt. En plusieurs endroits de ce roiaume, par le bled, est entendu le pur froment, id. tb. Le pur blé froment, m. Î30. Et tout ainsi que les nouvelles blée», Gresles et tendres, de petit vent troublées, sx-r.ELAis, dans

PALSGR. p. (70.

— ÉTYM. Bourguig. 6/tat; provenç. et caUl. blat; ital biadn; piémontais, biava; bas-lat. bladum, blavum, blava, blavium. On lire ordinairement ce mot de l'anglo-saxon bia-d (féminin), fruit ; mais le caractère germanique de ce mot anglo-saxon n'est pas assuré, et il se pourrait qu'il vînt du roman : " aussi Grimm a-t-il songé au celtique ; Itymri, blawd; ba.s-breton, bleûd, farine. Mais, la forme n'en concordant pas très-bien avec le roman, Diez

a proposé une autre étymologie : le latin neutre pluriel ablala, c'està-dire les choses enlevées (des champs, la dépouille, la récolte), d'où, avec l'article, l'ablala, l'abiada et ta biada ; à quoi il y a une objection considérable, c'est que le français et le provençal perdent difficilement la voyelle initiale du mot; quant au bavlatin ablalum, abladus, abladium qui est dans Du Cange avec le sens de moisson , et que Diez cite à l'appui de son opinion , ces mots paraissent être bien plutôt formés du français {ablais, ablaier ou ablarer, de à et lié) qu'être vraiment les représentants do latin abiata, au sens de récolte. Il est donc difficile de prononcer entre ces deux étymologies, qui ont chacune leur objection. On remarquera l'orthographe bief ou bleif; le t ou d se change sans peine en f, par exemple, soif de sitis, mceuf de modus; c'est cette /'qui a permis de former le dérivé emblaver, Vf et le v permutant, comme on sait, ensemble. On remarquera aussi qu'on a dit blée au féminin, comme en italien.

BLÊCHE ( blê-ch' ) , adj. Faible de caractère. Il Substantivement. C'est un blèche. || X peu près inusité.

— ÉTYM. Norm. blèque, blet, qui se pourrit. On le tire du grec p)à|, pXaxo;, mou, faible, sot; ce qui est possible, car on trouve dans les dictionnaires de la basse-latinité, blax, stultiis. Pourtant cette étymologie n'est pas acceptée par Grandgagnage qui le tire de l'allemand bleich, pâle.

BLÊCUIR (blé-chir) , v. n. Devenir blèche. || Trèspeu usité.

— ÉTYM. Blèche.

t BLEIME (blê-m'), î. f. Terme de vétérinaire. Irritation de la chair du pied du cheval et, en général, des quadrupèdes monodactyles, due à une contusion de la sole des talons, et quelquefois de celle des quartiers.

— ÉTYM. On a indiqué le grec P'tIiix, coup; mais on manque d'intermédiaires pour assurer que ce mot du langage vulgaire soit d'origine grecque. D'ailleurs il y a, dans l'ancienne langue, un mot qui s'y rapporte, c'est blesmer, qui signifie léser, blesser : xii* siècle : E li adnes [àne] al prudumme estut deled le cors, e li leuns après, e nient nel tuchad, ne del cors puis tant ne quant ne blesmad, Rôti, 289. Kar del pied jusque en amunt ne fud en Sun cors nule blesmure ne nule me.sfaçun, ib. (71. Le même sens est donné à blêmir dans ce vers de U Chanson de Roland ; La gent de France iert [était] blessée et blesmie. Ce mot est dans le provençal, blesmar, blasmar, avec le même sens. Enfin c'est le même que l'anglais blemish, tiche, défaut. L'orthographe bleime, l'anglais blemish montrent que l's peut ne pas être organique; dès lors le mot se rattache à blême (voy. ce mot), venant d'un mot allemand qui signifie tache bleue et de là contusion, lésion.

BLÊME (blê-m'), adj. Très-pâle, plus que plie. Adieu , vous voyez trop en mon visage blême Que m'arracher à vous c'est m'ôler à moi-même, MAiRET, Sophon. m, ♦. X cet objet d'horreur, l'œii troublé, le teint blême. J'ai demeuré longtemps plus morte que lui-même. rotr. Aniig. i, î. La main des Parques blêmes De vos jours et des miens se joue également, la font. Fab. xi, 8. La disette au teint blême et la triste famine.... eoil. Lutr. v. Mais doit-il vouloir que pour lui Nous ayons toujours le teint blêmeî malh. m, (. || Par extension. Ue jour blême. Le destin.... Est jaloux qu'on passe deui

BLE

M, An d«U du tint» bléiM, MAUi. n, n. Il dit : Un iounu Impur, «thaU ior l'âuUl. Dm clergM •UmB^ chMtÊ» U (lamiD* bUbm, nuion, ««•#llnu V II *V'>)t tout lomi loui m* miint effroattei; Lm liéâiM ToluptAs, lur M trme* tmautéM, Sortaient, ponr l'tppatw, à» Uur wpiir» impur, r, nvao,Cfé-

^^iiisT. svt* I. U ooolnr da portrtietait blMma, Et U mi«oM «et toutjourt d« Dama, du ■hxat, TU, ••, neU. Et lui darint la couleur bletme, et Igg'itviw liiauei, et lat exlremiléa froides, mamo.

Motio. va.

— rrvM. D'après Diex. de l'ancien scandinaTe blAmi, couleur bleue, de bid, bleu (roy. blku), d'où livide, blême, étymologie qui parait tout & lail justUia par la mot bUim», et par une acception de Mffmir dam la Chanson de Roland.

BLfiMI, 18 (blé-mi, mie), yarl. patié. Darenu blAma. 0)ii porta un c«eur da lang deaaous un front blêmi, KMiim, Sat. vn.

BLfiltn(bU-mir), V. n. Devenir blême. Son ringa Uèmit. La lumière du jour blêmisiait peu à paiL. Il entend lans blêmir murmurer la Cocyte, ■M». *t. Il II ae conjugue avec l'auxiliaire atoi'r.

— HIST. XI* 1. La gent de Franco iert blecée et bleemie, Ch. de Roi. suit. \\ zii* s. Oui forment ot la chair et la couleur blesmie, Aone. p. 497. || xiii's. Sacbiét qu'île [la rose] en porra tott astre Blesmie 00 paie ou mole ou Oestre, la Bote, ifteia. || xv* s. J'ay grant paour d'une maladie ; Déjà ma faca en est blesmie, bassbun, m. ||xvi« s. Je voy dedans cas œillets Rougir les deux lerras closes Dont les boutons vermeillets Blesmissant ta teint des roses, DUBKLL. VII, is, recto.

— f.TYM. Blême; provenç. blesmor, blonmir.

t BLPjhissaNT, ANTE(blft-mi-san, tun-i') , adj. Qui bhnnlt. Un Tisage blêmissant.

t BLÊMISSEMENT (blê-mi-se-man) . t. m. Action de devenir blême. Le blêmissement delà face.

— tTYM. BUmir.

t BLÊHOMËTRB (blé-mo-mè-tr'), t. m. Terme d'art miUtaira. Instrument qui mesure la force du ressort dans les petites armes k feu.

— tTYM. nÀf,)iai, coup, et H-'tpov, mesure.

f BLEMUE (blin-d'), s. f. Terme da minéralogie. Sulfure de zinc naturel.

— CTYM. AUem. Blende, de blffid^n, aveugler, kcause quecettemineestprivée de l'éclat métallique.

t BLENNOPUTUALMIB (biè-no-fial-mie), i. f. Xtorma de médecine. Dénomination génêri(|ue des inflammations de l'œil caractérisées par l'exhalation de mucosités abondantes.

— tm. BXvva, mucosité, et ophlhalmic.

t BLE.NNORRIIAGIB (blè-no-rra-jie), s. f. Terme de médecine. lodammation de l'urèUire, avec flux catarrbal.

— KTYM. BJiivva, mucosité, et fayit, éniption.

t BLKNNORRUAGIQCB (blé-no-rra-ji-k'), adj. Tanna da médecine. Oui concerne la blennorrhagie.

— tTYM. Blennorrhagie.

' t BLEKNOHHUÉB (blè-no-rrée), t. f. Terme de médecine. Flux non inflammatoire de mucosités, par l'urithre.

— ETYM. BXtvva, mucosité, et ^iTv, couler.

t BLËPUARITE (bié-fa-ri-f), $. f. Terme de médecine. Inflammation des paupières.

— ÊTYM. BXt^apov, paupière.

t BLÊPUABOPLASTIB (blé-fa-ro-pU-sUe), (. f. Tanna de chirurgie. Opération qui consista k reformer, avec la paau voisina da l'csil, une paupière qui a été détruite.

— ETYM. BXifafvt, paupière, et uléavs», former.

i BLEPUAROPTOSB (blé-fa-ro-plA-O , «• f- Terme de médecine. Hellchement ou chute da la paupière supériaura, qui resta abaissée au-devant du globe dal'oBU.

— tm. ttUaa^i, paupière, etictAvK, chute, t BLfiRU (Ué-rie), t. f. Voy. blaikie.

t BLfiSBMEirr (bl^M-man), «. m. AcUon de bléser; effet daU blésilé.

— KTTM. BUitr.

t WitSKII (Ué-Bé. L'accent aigu sa change en aeeant grave quand la syllabe qui suit est muette. Je btésa, sauf au futur et au conditionnel, je blérani, !• bléaarais) , r. n. Parler avec une espèce de gras- M|«BMI, avec le début qu'oo appelle blésité. || Il éaeonJHgue avcoraaiiliaira avoir.

— iiisT. xiii* s Sa leur langue ne bloisa, i.

M mcHQ. Tett. 7H.

~ tTYM. Alcms, b^a; provenç. bl*f, bCgtie.

t BlXsrrfi (UéHu-U), f. f. Vioa da pronoaeiaUoo fU aoailM à stdaUtuer an* conaonna Ikibla à une

BLE

pina brta, eostOM la « à Vi, la 4 an I, l'« au g : umqoe. par ei«ipl«, on pronooM sarba, uval, an lieu de gerbe, cnavaL

— tTYM. BUier.

t BLESSANT. ANTB (Uè-«an, san-f), adj. Qai blaaie, qui mortifie. Un propos blessant. Paroles blessantes. ||Étre blessant, en parlant des personnes. Cet homme n'a pas paru blessant U a été blessant dans son langage.

BLESSe, ËB (bU-aé, sée), part, jxueé. ||f Oui a reçu une blessure. Blessé gravement par une tuile. Blessé en duel par son adversaire. Le foie blessé par la pointe de l'épée. || S* Fig. Kn parUnt de l'amour. Ces hommes saints qui ont été autrefois blessés des femmes, la Biitnr. S. Les plus dignes amours Dont jamais Ame soit blessée, malh. r, 8. [Qu'ils] puissent ne laisser dedans votre pensée Que l'image des traits dont mon Ame est blessée, ooan. Pomp. v, ». Et que du iq|Bme amour dont nous sommas blessés, iD. Rodog. IV, e. Ariane, ma steur, de qnd amotir blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée! RAC. Phéd. I, 3. Ce malheureux amour dont votre Ame est blesàie, volt. Zaïre, v, s. || t* Avoir le cerveau blessé, n'avoir pas l'usage complet de sa raison. Jadis certain bigot, d'ailleurs homme sensé, D'un mal assez bizarre eut la cerveau blessé, BOIL. Sat. rv. Monsieur, ce galant homme a le cerveau blessé, MOL. ri^lour. i, «. || 4-Offensé, atteint, lésé. Coeur blessé piorondémcnt. Blessé d'un langage si dur. Blessé dans son honneur. Sa rêpuution blessée par la calomnie. Je ne lui cachais point combien j'éLiis blessée, coni*. Poly. i, ». ...Toujoui;» son auteur [d'une offense] impute à l'offensé Un vU ressentiment dont il le croit blessé, id. Rodog. l, 7. Parlez; notre amitié par ce doute est blessée, id. ib. i, &. D'une vive douleur elle paraît blessée, id. OlhoH, V, J. Lorsque l'honneur est blessé mortellement, on ne doit point songer k garder aucunes mesures, mol. I« Fesl. de P. m, a. Son orgueil est blessé d'une préférence, mass. Boni». Je ne vois rien ici dont je ne sois blessée, bac. B<r. v, ». Seul d'un honteux affront votre frère blessé At-il droit do venger son amour offensé? id. IpKig. IV, s. Il B*S. m. Un blessé. Les morts et les blessés. Le blasé, couvert de sang, fut conduit k l'hépital.

BLESSER (blè-sé), v. a. || 1* Faire une plaie, une contusion, une fracture, une écorchure. Blesser légèrement. Il fut blessé au bras. Sans qu'aucun des leurs fût blessé. Connaître quel organe intérieur a été blessé. Les liens blessent les bras. De peur que le bauf ns sa blessa la cuisse. Blesser, en bêchant, les racines d'un arbre. La sella blessait le cheval. Des souliers qui me blessent furieusement, mol. U Bourg.

gent. U, » plus d'un héros Dans le soulier qui

le blesse Peut regretter ses sabots, bAraho. Gwux. Il Absolument. Car enfin l'intention de celui qui blesse ne soulage point celui qui est blessé, pasc. Proti. 7. Il 1* Toucher, en parlant des passions, et surtout de l'amour. La pitié qui me blesse Sied bien aux plus grands cœurs et n'a |ioint de faibleasa, CORN. Poly. I, t. Fuyez un ennemi qui sait TOln défaut. Oui le trouve aisément, qui blesse par la vue. Et dont le coup mortel vous plaît quand U vous tue, ID. Poly. I, t. Vous voulez rendre compte k l'objet qui vous blesse De la bonté d'OcUre et de votre faiblesse, id. Ci'nna, tu, *. La main qui me blessait a daigné me guérir, id. Bodog. tv, a. Il S* Causer une impression désagréable. BlMser la vue ou les yeux. Une amertume peraistante qtii blesse le goût. Phèdre ici vous chagrine et blesse votre vue , rac. Phèd. i , t . Êtes-vous trop pour moi T suis-je trop peu pour vousT C'est m'offrir, et ce mot peut blesser les oreilles, ooR.<«. Sertor. n, x. Ce grand prince vous sert et vous servira mieux Ouand il n'aura plus rien oui lui blessa les yeux, lo. Kicom. IV, >. Il n'a devant les yeux que sa chère Troyenne; Tout autre objet le blesse, ID. Àndr. il, S. || 4' Offenser, choquer. Haïr ceux qu'on a blessés. DIsistir quelqu'un par d'amères railleries. Blesser les oreillos par des paroles désagréables. S'il y a dans ma lettre quelque chosa qui vous Uaasa. J'aspère le dire sans blesser ce personnage . (Eoooa, il peut quitter cet orgueil qui la blaaae, rac. Phèd. lu, •. Ici tous les objets vous blessant, vons irritant, m. Àthal. Il, 1. Ij Blesser quelqu'un au cceor, roOènsar daiM ses santimaols Isa plus chars. Apprends lloao que Lélie A pu bteaser mon cffiur par une parMia, waL.Sgan. ••. ||(* Causer un tort, on prî|jwUoa, ondommage. Laa cUiisw da waonlwtblâ— t mas intérêts. Sans bieasar l'intérêt géoéraL CoMm an si grand tirai j'agis à foroa ouverte, Sana blMsar son houneur, sans pratitiuar sa paru, oatM. Mietm. m, %. Ceux mêmes dont ma gloire alfrit fambi

BLB

tlon, ITarradieroDt peut-être lu posToir qui las Uaasa, bac. Ivhig. i, t. Parla, ot. lawaspêrarqM Je blessa ma gloire , Voyons eomma tn — 1« mar da la victoire, lo. Àltx. v, s. Ah! sans doute, l'bor reur d'une action si noire Vous guérit d'un amour nui blessait votre gloire, volt, /airs, nr, ». ||ê*Eo freindre, pécher contre. Son l'^gift blaMkit las convenances. Diaaaer la ponté da la IngMk 11 ne put agir ainsi sus blaasar sa eonadaBeâriiashU»ser U charité al votre eonaeiaMa mortrilaamit, rASc. iMr. 1. San» toniaCois blassor k vérité, i». Prov. t. Celui qui Massa la vérité oflimsa las diaoi, rt.t. m. lu. Je sais que , sans blesser l'honneur le plus sévère , Je ne puis m'affranchir des maiiisde votre pèra, RAC. PhM. V I. Malheurkqui, du dal biaoctnttas privilèges, Foule aux pieds ses décrets arbitras des mmainsl volt. (Kdipe, ui. <. || 7* 8a btaaatr, r. réfi. Se bire une blessure. Il s'est gravemanl tiaisé avae son fusil. Il Se blesser l'un l'autre. Dans ea duel, las deux adversaires se sont blessés. || •■ FW. 8'ofliMiisar. C'est im homme susceptible qui se blessa CMilomcnt. Il •■ En parlant d'une femme, faire une fausse couche. Si l'on parte de se blesser k cinq mois, itv. si. Lorsqu'elle [l'électrire de Brandebourg] apprit que l'électeur [de Saie] s'éliit (ait eatholi^iua, alla en ftit outrée au point qu'elle s'en blessa, ST-atami, 47, «0. Il Proverbes. Vous ne savet pas oA la bêt la blesse, vous ne savez pu qualla naasêa, quolOMiiii la tourmente. Jusqu'au revoir, amao, boiui eoairlar offensé.— Ce n'est pas Ik, coquine, où la bAt m'a blessé ; Mon eanr est plus navré da ton bnmaur sévère, bbohard, u Dittr. n, t.

— HtST. zi« s. La gent de France ien Macéa et blesmie, Ch. de Bol. zuii. I| zir* s. S'il ebiet [tombe] , jk ne se bleeera ; que [car] Deux sor lui sa main tendra, liber ptalm. p. *8». || zui* s. Amis, vo grant beautés, vos sens, vostre prouesse M'ont si féru d'un dart d'amour qu'an coer ma blœa.... aiH

DCFROT LE BAST. BOflMMMTO, p. «». NMtrBS SirCS

Diex redrece les bleciez que daablas avuit navrez, Ptautier, t" <7S. Ensi remest 11 assans devers nostre gent, et moût en i ot de bleciés et de navrés, vtL- LEH. Lxxvn. Estes-vous moût blacieT nel me devez celer, £erl«, xvii. Sachiez qu'ele- n'en bleça mie, Ouant ele dist : biaus doux amis. Tout ont mon cuer el vostre mis Cist douz mot.... Lai de Vombre. VA quant aucuns k honor monte Par son sens ou par sa proace. C'est la chose qui plus U {l'envie] Uece, la Aoss, i»o. On doit moiilt penre garda sa il oirs est moult bleciés du tastamaol, bcaum. zn, S7. Et estoit [la reine] en trop grant pent de mort, pource qu'elle estoit bleciée d'un enfAot qu'elle avoit eu, JOiKV. is). Il xiv* s. Mais Berlrao en jura, oiant tous les plus baus : Oui sans estre blecié retourra [retournera] as praiauls, Encroer le fera plus haut que une saux [saule], Gueecl. soisn. >xv' s. Si ne blesserez mie , la gentillesse ni la noblesse da vous, rmoiat. t, i, <«s. Le dieu d'amours ma courut seure. Et me trest de la droitte flacha, Uoot les plus amoureux il bleche, id. Êepin. amour. Quant j'ay par vous aucun mal qui me Wesss, Ja l'endure par le conseil d'Espoir, ca. d'orl. BalL It. S'il est aucun oui soit prins de tristesse, Voisevaoir [qu'il aille voir] son douz maintenement; Je me bis fort que le mal qui le blesse Le laissera pour Ion soudainement, id. Bail. 9. || xvi* s. Cela na blaaia an rien nostra foy. calv. liuitt. «ni. sa aaatani blecé k mort d'une arquebusada, Moirr. i, s. Ja las veoy d'une veue moins blasaêada pamioa nfvn aultre, 10. I, «01. J'ay von loi grand falacer k repnulion de sa religion pour.... id. i, si», il rouloit bien assommer, mais oon pas bleoer, et pourtant ne combauoit que de masse, tD. i, »ai. Le son da nos mots blece la pureté de leurs aureilles, m. m, ».

— STTII. Wallon, hUtt; namurtns, Himr; provenç. Messanwia, biessNfura, bleasara; 4'ûrta Diez, du moyon-allemaod bl«lsen, rapiéoar, êMi, lambeau da coir, d'où le sens da motira an piioas (escuz bleciar., boucliers rompus, dans U OmeUitr tu liœt), pals calai da blaasar.

t BUBaiS (blê-alr), «. m. Voy. Mjrma.

t BLBSSmntlIlT (Mê-ai-aa-man), e. m. V«j. BtamBsaBMT,

BLBaBOBB (blê«i-iO, s. f. || f Pli Insmimant timncbant ou oontoodant le

ses blsaiaraa. Û lui fait dans lo Sano ooe urge dmosnra, bac. PMé. v, s. || f n*. AdainM aBonlo. ....n ast das Uossoras Dooi a ooMtf gêalni prat rsraoMBt goértr ; La doatiteaaB leola.... trat-r. niMC. T. ». Il •• Roovrir oim tUmuri, an séparer lia lêrras déjk agglaiiaéas. || Au aguré, rwivnr la bisBMra, renoovalar laa dMOaata morales. Vos rafirda vont roovrir ans Maasmos, BAC ^fi^.n *.

BLE

n va percer mon cœur et rouvrir ma blessure, VOLT. AU. m. 3. ,

— SYN. BLEssuBE, PLAIE. La blessuTe est une lésion qui vient par une cause extérieure, par un coup, par une contusion ; la plaie est plus générale et peut venir même par des causes intérieures. Un ulcère est une plaie et n'est pas une blessure. Un chirurgien, qui ouvre un abcès, qui enlève une tumeur, fait une plaie et non pas une blessure.

— HIST. XIII' s. En tel cas ma bleceure me doit escuser, bf.aum. lxix, (i). Qui sane [guérit] les atriblez et lie les bleceures. Psautier, f" iie. || xiv* s. Et comment que li fers tranchans En soit, devers les fins amans Si n'est mie li cops mortels; Ainsois le tesmoigne pour tel Que nulz n'en voit la blesseûre, machault, p. 23.

— " ÊTYM. Blesser. Au xiii* et auxiv s., blesseure était de quatre syllabes; et au xvi*, où l'on écrivait encore blesseure, Bèze remarque que ceux qui parlent bien disent blessun-.

BLET, BLETTE (blè,blè-t'),orfj. Dont la chair, en parlant des fruits , sans s'être gftlée , s'est tout à fait ramollie. Poires blettes. Les nèfles ne sont bonnes que quand elles sont blettes. On mange à l'état blet les fruits de quelques espèces de.... adbien de JussiEu, dans jaubeht, Glossaire.

— REM.L' Académie n'indique que le féminin ; mais le masculin est dans l'usage tant de la parole que de l'écriture; et il n'y a aucune raison d'infliger à la langue une exception qui, au fond, n'existe pas.

— ÉTYM. Berry, un fruit blet, et aussi blosse ; bourguig. blô, une poire bliôse ; norm. blèque; piém. biet. Diezen rapproche l'ancien haut-allemand bhisia, tache bleue par contusion; d'autres ont cité le bavarois blàlellen, commencer à se corrompre, et surtout l'ancien Scandinave bleyta, amollir; suédois, hlôt, mou, ramolli; danois, blôd; anc. Scandinave, blaud. Enfin il y a aussi le celtique : kymri, Hydd; bas-breton, blôd, mou, délicat. Scheler cite l'ail, blûtl, poire blette. Le nom hZèque conduirait à blèche. L'historique manquant, on est sans guide. Diez rapporte biosse à l'ail, blotzen, écraser.

BLETTE (blè-f), s. f. Terme de botanique. Plante cultivée dans les jardins potagers dite épinard-fraise {blitum virgatum , L.). \\ Nom donné dans quelques pays à une variété de carde ou poirée (betla cycla, L.) qu'on nomme plus souvent carde poirée et dont on mange les pétioles.

— HIST. XVI' s. Dans 0. de Serres , synonyme de bette, poirée, ou reparée.

— ÉTYM. BXitov; provenç. bleda; catal. blet; espagn. bledo.

+ BLETTIR (blè-tir) , V. n. Devenir blet. || Il se conjugue avec l'auxiliaire aiotr.

—ÉTYM. Blet; wallon, bleti, devenir blet; génev. se blossir; Berry, blesser, mûrir : ces raisins commencent à blesser. Ne serait-ce pas du français blettir ou blessir qu'il faudrait rapprocher le provençal blesir auquel Raynouard donne le sens de se faner ?

t BLETTISSEMENT (blè-ti-se-man), s. m. Modification que subissent certains fruits charnus, et qui paraît consister tantôt en une maturation (les nèfles) , tantôt en un véritable commencement de décomposition (Ifis poires).

— ÉTYM. Blettir.

t BLETTISSURE (blè-ti-su-r') , s. f. Comme blettissement.

BLEU, BLEUE (bleu, bleue), adj. || 1° Qui est de la couleur du ciel sans nuage. Des rubans bleus. Une robe bleue. Des yeux bleus. Une personne à la mode ressemble à une fleur bleue [bluet], la bru y. (3. Trois fioles d'eau bleue, autrement d'eau seconde, RÉGNIEH , Sat. XI. De quel éclat brillaient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés ! bérano. Le vieux sergent. La nature , la mer, le ciel bleu, les étoiles. Tous ces vents pour qui l'âme a toujours quelques voiles.... v. hugo. Crépuscule, 13. || Cordon bleu, large ruban que portaient les chevaliers du St- Esprit, ordre fondé par Henri III. Un cordon bleu, un chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. || Familièrement, et par une plaisanterie qui porte sur l'éminence du grade de cordon bleu et sur l'ancien tablier bleu des servantes, une très-bonne cuisinière. Nous avons pris un cordon bleu. || Bas bleu, femme de lettres, avec une nuance de ridicule (voy. bas). {| Bibliothèque bleue, ensemble de petits livres, qui ont une couverture bleue et qui contiennent des romans de chevalerie, par exemple les Quatre Fils Aymon, avec une version ancienne et naïve, et aussi des contes de fées, comme le Petit Poucet, Cendrillon. |{ Conte bleu, récit fabuleux, incroyable, discours en 1 air. De vers, de contes bleus, de frivoles samettes, boil. Sat. xii. Voilà les contes

BLE

bleus qu'il vous faut pour vous phdre, mol. Tort, i, t. Il Parti bleu, parti de gens de guerre, sans commission et sans aveu, qui font des courses pourpilleramis et ennemis. Locution vieillie. |( Filles bleues, filles de l'Annoneiade. || Terme d'ancienne marine. Officier bleu, celui qu'un capitaine de vaisseau créait sur son bord. || Terme de médecine. Maladie bleue (voy. cyanose). || 2° Livide, en parlant de la teinte que prend la peau à la suite d'une forte contusion. Il a l'œil tout bleu. || 3° Bleu, s. m. La couleur bleue. Bleu de roi. Bleu turquin. Bleu de Pru.sse. Elle a les yeux d'un beau bleu. La pluie a versé ses ondées; Le ciel reprend son bleu changeant,v. iiuoo. Odes, V, 24. Il Bleu clair, bleu foncé, locution invariable. Une robe bleu clair. Des draps bleu foncé. || Un bleu, une marque livide à la peau, suite de contusion. Il lui fit des bleus en le pinçant fortement. || Terme de blanchisseur. Passer du linge au bleu, tremper du linge blanchi dans une eau imprégnée de bleu. || Terme de cuisine. Mettre une carpe, un brochet au bleu, les faire cuire au courtbouillon, oij il entre du vin, ce qui leur donne une couleur bleuAtre. || 4° Un bleu, les bleus, nom donné, dans les guerres de la Vendée, aux soldats républicains à cause de leur uniforme bleu; et, par extension, partisan de la Révolution. Messire Jean Chouart n'a pas peur, tout prêt à faire feu sur les bleus, au premier signe de son évêque, p. l. cour. I, 492. Il Dans l'histoire ancienne, faction des bleus ou des Vénètes, l'une des principales factions du cirque à Rome ou à Constantinople. || Les bleus et les rouges, nom qu'on donnait aux différents corps de la maison du roi. || 5° Différentes sortes de substances qui donnent une coloration bleue. Bleu anglais, nom donné à la matière obtenue en précipitant par la pota.sse, l'indigo du bleu en liqueur. || Bleu d'azur, verre coloré en bleu par l'oxyde de cobalt; réduit en poudre très-fine, il s'emploie, dans les manufactures de porcelaine ou de faïence, sous les noms d'azurd'émail ou bleu d'émail. || Bleu d'azur, un des noms sous lesquels on désigne l'outre-mer {lapis la- %uli ou lazulite) en poudre fine. || Bleu de cobailt, résultat de la calcination d'un mélange de phosphate de cobalt et d'alumine, dit aussi bleu de Thenard. || Bleu en liqueur , solution d'une partie d'indigo dans huit parties d'acide sulfurique; les repasseuses s'en servaient pour passer le linge au bleu. Il Bleu de nerprun, matière colorante d'un bleu violet qui se trouve dans les baies du nerprun. || Bleu de Prusse ou de Berlin, nom donné au cyanure de fer avant qu'on en connût la composition, tant à cause de sa couleur que parce qu'il fut découvert à Berlin. || Bleu de montagne, carbonate de cuivre naturel. || 6° Nom d'un poisson du genre des chiens de mer.

— HIST. XI* s. Sur un perron de marbre bloi se couche, Ch. de Roi. ii. Et Gonfanons blancs et blois et vermeilz, ib. Lxxvn. Au cors [il] lui met toute l'enseigne bloie, ib. cxxi. || xii' s. D'or et d'azur, d'inde et de bief I out mainte bêle ovre painte, BENOlt, Chron. de Norm. 26077. || xiii* s. Si angoisseusement que la char en fut bloe, Berte, xxxiii. Li très [la tente] au duo estoit d'un paile grant et haus; Là ot maint paveillons inde, vermeil et blaus, Ch. d'Ànt. IV, 90. Il XV* s. Le temps n'estoit mie nueux ; De bleu estoient vestuz les cieux, Et le beau soleil cler luisoit, A. chartier. Le livre des quatre dames. Pour la suspecion qu'il avoit de la déloyauté d'elle, il craignoit très-fort estre du rang des bleus-vestus qu'on appelle communément noz amis [maris trompés], louis XI, Nouv. Lxxiii. Il xvi' s. Et lui devint la couleur blême, et les lèvres bleues, et les extrémités froides, marg. Nouv. lxx. Un bleu turquoise, bleud mourant , bleud de la febve , d'aub. Pcen. I, 2.

— ÉTYM. Wallon, bleûf, b/eus; au féminin, bleuse, bleusse; bourguig. bleuve, au féminin; Berry, blu; picard, bleusse, au féminin; provenç. b!au;ancien espagn. blavo; patois ital. bioïo; de l'ancienhautallem. blâo, blaw ; angl. blue.

BLEUÂTRE (bleu-â-tr'), adj. Dont la couleur tire sur le bleu. Et tout à coup le nocturne séjour Sembla rempli d'une clarté bleuâtre Et d'un parfum d'innocence et d'amour, millev. Charlem.àPavie,ch. VI. Soudain à leurs regards [des archersj une lueur rampante En bleuâtres sillons sur la hauteur serpente, v. HUGO, Bail. 8.

— HIST. XVI' s. Nue bluastre, o. de serres, bo.

— ÊTYM. Bleu, avec la désinence dtre.

BLEUET (bleu-è), *. m. || 1* Voy. bluet. Et le

bleuet flottant qui sème ses saphirs, st-lambert. Saisons, Printemps, jj 2° Un des noms vulgaires du martin -pêcheur d'Europe.

BLO

t BLkueuk (bleu-eur) , f . m. Ouvrier qui trempe et affine les pointes des aiguilles, ce qui leur fait prendre une teinte bleue.

— ETYM. Bleu. Si ce mot venait de bleuir, il serait bleuisieur.

BLEUI, lE (bleu-i, ie) , part, pasié. Un mAtal bleui. Des mains bleuies par le froid.

BLEUIR (bleu-lr). || !• V. a. Rendre de couleur bleue. Bleuir un métal. || Oxyder le fer au bleu. Il 2* V. n. Devenir bleu. L'œil regarde à travers lei branches de noyer Les lacs lointains bleuir et la plaine ondoyer, lamart. Joc. ix,307. || 3* Se bleuir, V. rift. Se rendre bleu. Il s'est tout bleui en touchant cette encre.

— ÊTYM. Bleu; Berry, bleudzir,blutiT ; picard, bleusir ; provenç. blahir. Bleusir, que disent quelques personnes, est mauvais et, comme on voit, un provincialisme.

t BLEUISSAGE (bleu-i-»a-j') , i. m. L'action de bleuir, et son résultat

— ÉTYM. Bleuir.

t BLEUISSE.MENT (bleu-i-se-man), i.m Passage d'une couleur au bleu. Le bleuissement de certains champignons s'opère à l'air libre quand on les brise.

— ÉTYM. Bleuir.

fULEUISSOIR (bleu-i-8oir),«.m. Ustensile d'horloger pour faire prendre la couleur bleue à l'acier.

— ÉTYM. Bleuir.

t BLEU-MANTEAC (bleu-man-tô) , s. m. Nom Vulgaire du goéland à manteau gris des côtes d'Océan. \\Au plur. Des bleus-manteaux.

t BLINou BELIN (blin), t. m. Terme de marine. Pièce de bois servant à frapper des coins, quand 11 s'agit d'ébranler un bâtiment et de lui faire quitter son chantier pour le lancer à la mer.

— ÉTYM. Il est possible que ce soit l'ancien français belin, mouton, employé, comme mouton lui-même, à signifier une machine à battre.

BLINDAGE (blin-da-j'), s. m. \\ 1° Terme d'art militaire. Action de blinder, [j Assemblage de blindes. Il 2° Terme de génie civil. Bordage construit pour garantir quelque chose.

— ETYM. Blinder.

BLINDÉ , ÉE (blindé, dée) , port, passé. Batterie blindée.

BLINDER (blin-dé), v. a. \\ !• Terme de guerre. Garantir le toit d'un ouvrage contre la chute des bombes, des obus. Blinder un magasin à poudre. En général, préserver du choc des autres projectiles, au moyen de pièces de bois, de fa^oines. Blinder un passage, une poterne. || 2* Terme de marine. Couvrir le pont d'un vaisseau de matières qui puissent amortir la chute et l'effet des bombes et des boulets.

— ÊTYM. Blindes.

BLINDES (blin-d'), s. f. plur. Terme de guerre. Pièces de bois qui soutiennent les fascines d'une tranchée, à l'effet de mettre les travailleurs à couvert. Il Blindes et chandeliers, châssis grossièrement assemblés qui forment les galeries de sapes pour les descentes et passages de fossés.

— ÉTYM. Allem. Blende, blindage, de blenden, blinder ; de bli'nd, aveugle : proprement rendre aveugle, et par extension, boucher.

t BLINER (bli-né) , c. o. Terme de marine. Frapper avec le blin.

BLOC (blok ; le c ne se prononce que quand le mot est isolé : voyez ce bloc, dites blok, mais : un bloc de marbre, dites : un blo de marbre; on prononce encore le c quand bloc est suivi d'une voyelle ou d'une h non aspirée : un bloc énorme, dites : un blo-k énorme ; cependant plusieurs prononcent en toute occasion le c et disent : un blok de marbre. Au pluriel, les règles sont variables : des blo de marbre ou des blok de marbre, suivant la prononciatiou que l'on suit au singulier; quant à l'j, on dira, encore selon la prononciation que l'on suit : des blo-z énormes, ou des blo-k énormes, ou mime, suivant quelques-uns, des blo-kz énormes), s. m. || 1* Morceau considérable d'une substance pesante, de pierre, de fer, etc. Un bloc de granit. Un bloc de marbre était si beau Qu'un statuaire en fit l'emplette ; Qu'en fera, dit-il, mon ciseau? Sera-t-il dieu, table ou cuvette? LA pont. Fabl. II. 8, Pour un roi lout-puissant,quesont, Héliodore.Ces blocs déifiés.ces métaux qu'on adore? ouiEAUD, If ochab. i, «. Semblable au bloc divin d'où sortit Galatée, lamart. Socr. 37(. Il Tout fragment de roche dont la grosseur est supérieure à celle de la tête, jj Fig. Et dans l'informe bloc des sombres multitudes La pensée en rêvantsculptedesnations, v. hugo. Voix, <. || 2" Bioc de plomb, billot dont les graveurs se servent pour fixer leur travail. || Bas d'une enclume de grosse

fora». Il Mandrin en bol* du elMleur. Il nilloi de boit Mir UomI le riifflneur da suera rrap|>e te» forme* pour déUeber le pHn. Il Pre««e à l'ueage du lablellj«r. Il Tenne de pAcbe. Billot de boit porUnt un ci- MMI aëèfé *ur lei|ual on cou[ie la (Il de fer de* lianuMM II Terme de fauconnerie. Perebe recourerio dedrap, *ur laquelle on mot l'oiioau de proie. || As ftnibUge de bôii k charniire* employé dans le* colonies pour Infliger une punition aux esclave*. Il (• Amas de dlver*es choses, et surtout, tas de certaine* *orte* de marchandiies. Faite* un Uoc de tous ces lirres. || i* En bloc, en gros, ensemble. L« prix a 6té fixé en bloc. Acheter en bloc. || En bloc et en ttche, se dit de plusieurs travaux qu'on donne ensemble à exécuter. Passer un marché avec un entrepreneur en bloc et en tilche. jj S* A bloc, en termes de marine, se ditd'uno moulle, quand les potilies dont elle est composée sont rapprochées au point de rendre tout mouvement impossible.

- HIST. XMI* s. El fu apareiUits uns variés, une grans hache en sa main et un blokiel [petit bloc, petite pil'ce de Iwi*] en l'autre, Chr. de Raim, «o». Il XIV s. L'en lui doit mettre [& l'épervier) en Ui ferme ou cuvier un peitt bloc do trois dois de hault, MinagiiT, m, i. Quant l'esprevior commence à soy perehier sur Icclluy bloc, ib. jj xvi* s. Si nous voulons conférer toute la vie de l'un en bloc à toute la vie de l'autre, amtot, Ca(. et ArUt. eomp. l. L'un Aiisant valoir l'autre, estant nécessaire au blot du Jardinage, d'estre accommodés des deux ensemble, o. DE SBRSM, &U7. Jo voyois nonchalamment la mort, quant je la voyois universellement comme fin de la vin; je la (gourmande en bloc; par le menu elle me pillai l'attouchement d'une main cogneue, une consolation commune me deaconsole et m'attendrit, MONT, m, 'ICI.

— Ctym. llourKuJK. blô; de l'anc. haut-allem. hloc, bloch; allemand moderne, Block. Coioparez aussi le gaélique bloc ou blute, un bloc.

BLOCAGK (blo-ka-j'), >. m. || 1* Terme de maçonnerie. Menus moellons, petites pierres servant à remplir des espaces vides et il paver des routes. Remplir de blocage l'cntr^-dcux des parements d'un mur. Il S* Terme d'imprimerie. L.ettres retournées, et qui sont provisoirement employées pour tenir la pince des Ijttre» qui manquent, jj 8* Tetme de jeu de billard. Action de pousser une bille avec force et en droite ligne dans la blouse.

— mm. Bloquer.

BLOCAILLE (blo-kt-U*, U mouillées, et non blo-kt-ye), I. (. Terme de maçonnerie. Pierres trop minces , trop peu agrégées, pour servir de pierres d'apparail.

t BLOCIIET (blo<hé) , s. m. Terme da cbarpenterie. Pièce de bois, dite aussi entretoiae , de peu de longueur . posée horizontalement , à l'effet de réunir . l'arbalétrier A la sablière dans un comble, ou de couronner deux pieux rapprochés.

— CTYM. Diminutif de bioc.

BLOCKHAUS (blo-kAs), t. m. Fortin élevé, construit en bois sur un bout de colonne ou sur un gros mtt scellé en terre. || Kn Algérie, le blockhaus est un bAtimenI, dont les ouvertures et les parois sont défendues contre l'escalade et contre l'incendie par des parties faisant saillie sur le rez-de-chaussée, de maniire k permettre aux gens de l'intérieur de faire des feux plongeants sur les agresseurs; U y en a qui sont construits en maçonnerie et couverts d'une terrasse, LBGOAIlANT.

— HIST. zvi* s. Afin d'aller donner l'assaut au gros taisions I blaireaux] en leur fort, et rompre leur* casemates, plocus, paraspeui, rouiLLoi'x, ch. oi.

— ETYH. AUem. hiotïihaxM, de BUitk. bloc, et Haiu, maison, bltiment. Plocut, blociu, blockhaiu sont un seul et qiéme mot. .. .

BUX:US (blo-kus'). f. m. Il 1* Terme de guerre. Investissement par lequel tout aooAs k une ville, à un port, k un camp assiégé est Até. Tandis que le blocus laissé devant Utique Répond de cette place k notre république, cosN. Sophon. iv, 4. Louis XIV fit lever le blocus de Luxembourg, en tsea, volt. LouUIIV. i«. Il Etat de blocus, défense d'entrrr sur tu territoire. Napoléon déclara les lias Dritanniqtits «n eut de blocus.

— HIST. xTi* s. Eux donc sachant que Liedaa n'avoit point esté rafraîchie, U retoumerept assiéger de vingt-deux blocus, nonobstant lesquels l'amiral d« Hollaodevint au secours, d'aub. Bist. u, lia. Ca^seaau. s'esunt accommodé de palissades, fut iu hme bloeu pour osier aux assiegaa las commo- «Mi^. a. Il , a»i . Ce siège de bloew continua si •««««aent que... lo. tb. u, 3i«. Cette ville ftit as- ■MfMpar Udtto de Para* de blocus, dMpiaU la*

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