BLU
Mirabeau, qui fait tant d'écarts, qui se belouse si souvent, l.ell. à Cideville, 25nov. 4758.
— ÊTYM. Blouse 4.
t BI.UE-LIAS (blou-li-a), s. m. Terme de géologie. Couche de l'étage inférieur des terrains jurassiques, formée, en Angleterre, d'alternances d'argile et de calcaire marneux, et renfermant beaucoup de débris fossiles.
— ÉTYM. Angl. blue, bleu, et lias.
BLUKT (blu-è) ou BLEUET (bleu-è ; le t se lie dansle parler soutenu; au pluriel l's se lie: les bluets et les blés, dites : les blu-è-zetlosblés; bluets rime avec traits, jamais, succès), s. m. \\ 1» Centaurée à fieiir bleue , (jui croît dans les blés (eentnurea cya- !ius). Jupin ne mettrait-il en poudre Qu'une couronne de bluets? bérang. Bluets. Allez, allez, ô jeunes filles. Cueillir des bluets dans les blés, v. HUGO, Orient, si. || 2''BluetduCanada, nom vulgaire d'une espèce du genre airelle. || Bluet du Levant, nom vulgaire de la centaurée mouchetée. || 3° Terme de pèche. L'un des noms du cagnot bleu ou squale glauque.
— ÉTYM. Diminutif de bleu. Bluet signifiait aussi, dans le commencement du xvii' siècle, un petit livre couvert de papier bleu, qui contenait le plus souvent des contes de fée et qui appartenait à la bibliothèque bleue (voy. bleu); de là la locution contes bleus.
BLUETTE (blu-è-f), s. f. || 1° Petite étincelle. Comme on voit un grand feu naître d'une bluette, RÉGNIER, Épttr. n. Il 2° Fig. Il y a quelques bluettes d'esprit dans cet ouvrage. || Petit ouvrage d'esprit, agréable sans prétention. Bluettes amusantes.
— SYN. bluette, étincelle. La bluette est moins brillante que l'étincelle; elle fait moins d'éclat ; elle s'éparpille moins.
— HIST. XVI' s. Son char s'enflambe ; intolérable peine Luy ont en l'air les bluettes donné , marot, IV, 68. Après, je prenois une phiole pleine d'eau claire et voyois aussi des bluettes ou estincelles semblables à celles du cristal, palissy, 48.
— ÉTYM. Norm. beluette, berluette , étincelle; wall. blawète; provenç. béluga. Le normand et le provençal indiquent que le mot est, au fond, le même que berlue, c'est-à-dire est composé de la particule ber (voy. ber.... préfixe), qui a un sens diminutif, et d'un thème Iwca, de lucere, luire : ce qui veut dire petite lumière, fausse lumière, d'où le sens d'étincelle. Le wallon blawète, qui ne vient pas de bleu, vu que bleu est, en wallon, bleûf ou bleus, doit être pour be-lawète.
t BLUETTE» (blu-è-té) , v. n. Produire des bluettes de feu.
— HIST. XVI' s. Non ce flambeau qui tout le monde allumeD'un bluetter qui lentement se fond....
— ÉTYM. Bluette.
t BLUTAGE (blu-ta-j'), s. m. Action de bluter la farine; effet de cette action.
— ÉTYM. Bluter.
BLUTÉ, ÉE (bluté, tée), part, passé. Farine bUiiée.
BLUTEAU (blu-tfl), s. m. Sorte de tamis, qui sépare la farine du son. || Au plur. Des bluteaux.
— HIST. xiii* s. Il resemblent le buretel Qui giete la blanche ferine Fors de lui et retient le bren , Fables et contes anciens, t. n, p. 382. || xv s. Se estamine n'avez, sacs ou bluteaux, villon. Bail. Tenez aussi ce bluteau sur votre teste : vous semblerez tout à bon escient estre une femme, louis xi, Nouv. xvii. Il xvi' s. Elle le pria de mettre son surcot en sa teste, et de bluter en son absence, afin GU" sa maistresse ouït toujours le bruit du bluteau,
MARG. Nouv. LXIX.
— ÉTYM. Voy. BLUTER.
BLUTER (blu-té) , v. a. Passer la farine par le bluteau.
— HIST. XII' s. Offrirent à David riches dras de lit, e tapiz, e vaissele, e furment, eorge, e farine, e flur deliéement buletée, flots, 486. ||xiii*s. [Le pain] Noirs ert [était] et pleins de pailles, [il] ne î'ot pas beluté, Berte, xlv. Estatins lor envoie et char et vins et blés. Et le fuçje et l'avoine et les pains buletés, Ch. d'Ant. ii, 79. || xiV s. On ne trouvoit adont farine buletée. Ne de vin. ne de pain, char fresche ne salée, Guescl. 4 1047. || xvi' s. Je luy dis aussi que beluter parfois, pestrir et secouer les habillemens de lits, et les ranger, c'estoit un exercice bon et sain, la boetie, 493. La belle mescliine [jeune fille] , pour faire des pastés, blutoit de la farine, MARG. Nouv. XVII.
— ÉTYM. Wallon, boti; rouchi . bulter. Les étymologistes ti rent ce mot de l'allemand beu tel , bourse , tamis. Mais Diez indique une étymologie qui , bien que