‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 292 sur 504 · BO.N · texte numérisé non relu

BO.N

BONNE (bcHi*), », f. Il !• Femme da serviee; flUa chargea da ■oigoar un anbnt. Mme la duchaasa da Hourgogna appala Mme de Nogarat qu'alla appalait »a patita booaa.sT-kiu. iJo.a*. Lapoulanavoit pu qu'elle n'est qup '. > o [des oiseaux élran-

prrs qu'elle a coi. ur bonne, Burr. PouU.

", a«aç.ti>ie cl jolie, BEKaxa. Cinurgarf. ' man|uis, que la bonne a nourri. Est un Ki.'iij<i garnement, et j'en suis bien marri, volt. Chariot, I, <. Il Contas de bonnes, coûtes dont les bonnes amusent les enfanta. || S* Terme du jeu de rêverais. Num de dilTérents payements : U •", la s* bonne. || X la bonne sa dit, au même jau, quand ou place le quinola ou un as sur la demièra lavée, afin de recevoir un double payement ' — CTYH. Bon. Bonne, dans la »ana da femme de service est un terme d'amitié de U part da» enfants ou des maîtres.

t I. BONNEAD (bo-nA), s. m. Proxénète. L'ami Bonneau. Pour colorer, comme on put, cette affaire, Le roi fit choix du conseiller Bonneau, Confident sûr et très-bon tourangeau : Il eut reni|>loi (|ui, certes, n'est pas mince. Et qu'à la cour, où tout se peint en beau , Nous appelons être l'ami du prince. Et qu'à U ville, et surtout en province, Des gens grossiers ont nommé maquereau, volt. l'ut. l.

— ÊTVM. Nom propre dont les vers de Voltaire ont fait un nom commun.

t 3. BONNEAC (bO-nfi), t. m. Terme de marine. Morceau de bois ou de liège qui (lotte au-<tessus de l'eau pour indiquer l'endroit où une ancre est mouillée.

— ETYM. Peut-être, par métaphore, objet bon, utile, qui sert.

BONNE-DAME (bo-na-da-m'), t. f. Terme de botanique. Plante potagère qu'on nomme autiement belle-dame ou arrochc. || ilup/ur. Des bonnes-dames.

— ETYM. lion, dame.

t BONNK-ENCONTKB (bo-n«n kon-tr') , s. f. Bonne fortune, bonheur. Do bonne-ancontre, par bonneencontre.

— REM. Ce mot, qui est dans le Dictionnaire de l'Académie de lete.a vieilli; mais il se comprend très-bien, et peut être repris comme opposé à malencontre.

t BONNE ENTE (bonan-f), f. f. Sorte de poire dite ordinairement doyenné. ||/lup<ur. Da» bonnetentes, prononci': comme au singulier.

— ETYM. Bon et enU.

BONNEMENT (bo-ne-man), odr. || 1* Da bonne foi, naïvement, avec simplicité. Un honnête homme vous dit une chose bonnement et comme elle est, s£v. »«. Il nous en a toujours parlé tout bonnement, m. 676. Le roi causa une heure avec le bon homme d'AndiUy aussi plaisamment, au.ssi bonnement, aussi agréablement qu'il est possib'e, m. S6. Il dit bonnement ce qu'il sentait dans le moment, boss. Oraison, 8. Ou se pardonne bonnement tous ses défauts de société, flEch. Serm. i, 3«a. U avait laissé bonnement à Londres la lettre de compliment, hàmilt. Gramm. R. D'Aotbouard nous assemble et nous dit de quoi il s'agissait [le vote pour faire Napoléon I" empereur], mais bonnement, sans préambule ni péroraison, p. L. COOB. Lellr. l, 60. || l*Bien, vraiment. En ce sens il ne s'emploie qu'avec la négation. Je ne puis bonnement oublier cette offense. Lorsque je compare Las plaisirs de ce singe k ceux de cet avare. Je ne sait bonnement auquel donner le prix, LA font. Fab. xii, ».

— IlIST. xti* s. Ses mains [il] lui croisa »ur»on pi( bonement, Rone. p. <03. Il s'agenoille soaf etbonement, ib. p. 163. En vers le roi [elieji'aclinc bonement, <b. p. 473. Il XIII* s. La dame [il] ot espousée, puis en fit ses delis; Bonementsont ensemble come amie et amis, avdkfr. lk bast. Romancfro, p S6. Si me feront aide, sa Deu plait, bonement. Soi. xxi. Il XIV* s. Ignorance d'aucunes circonstances que t'en ne peut pas bonnement savoir, excusa et est appalléa ignorance invincible, ormhi, Eih.ti. || xv*s. Una ririera forte et roide, pleine da cailloux et de groaa»» piama, »i qu'on na la puit bonnement an batta paaaar »u>» grand matchef , frou». i , i, ti.Et si avoient les Escots leurs deux premiaraa bataillât establies sur las deux croupes de mootagnas, que l'on entend de la Roche, là où l'on ne peut Innnoment monter, ni ramper pour rui assaillir, m. t, I, 41. Il XVI* ». Lanaeaaailédeaguarrea poru k tous la» coups de faira la gaat, ea qui m «a peut bùra bonnement en no» bkmfpropra», MOKT.i. ^i^'- '1''"ireprit de faire una ehoaa, uqualla n'a»:

nement légitima ny toUlainantjuala, A V iop. 37.

— CTYM. Botuf, H la aorexa wunt (foy. Miirr);

provenç. bon^tinan; calai. àenaanMl; mfÊga. bufnamenui portut' v,flm*n<».

BONNET (b< sa lia pu dm» la parl> '

ordinaire; au p ae : da» Donnett élégin'

dite» : d«» bo-né-a-éléganU; boan'-t traiu, aoeeéa, jamais), s. m. i|l* Coifi SUIS rebord». Boonat da laine, da »

cotoa Ton» la» valal» en bonnat de .'^itAt qu'il fait un peu da bruit. Je lui aicu>un >».i lie! de nuit, bErano. Le*' mari. || Boonatd* police, coilTura da» militaire» quand il» aoiit m patita taoua. Il Bonaat k poil, coUhira Irta-élavéa, arrondie, an poil noir, et qui est portéa par quaique» troupe» d'élita d'infanterie et de cavalerie. Les grenadiers k cheval, dans l'ancienne armée impériale, portaient da» bonaau k poil. H Fig. et familiérament. Je jetai mon bonoat par-detsus le* moobns, phrase jiar laqualla on terminait las contes que l'on faisait aux anfkot», et qui signifie je ne sais comment finir le eonla. Voilà oa qua Moreuil m'a dit, es|>énint que je la voua mandani»; je jette mon bonnet par-da»»us les moulir». et je ne sais rien du reala, itv. <! "'

da DOCHU. Dans un autre «ans , jeter «on bonnet pardetaus las lu l'opinion, les bienséance». || Prcn'i sous »on Itonnet , imaginer un r.^ '

Il Ce sont deux têtes dan» un ilt sont toujours de la nitma uinnijn, <i<i unuiv sentiment. Voilà trois boonas tAte» dan» un bonnat , la vAtre, celle de l'empereur de» Romains et celle du roi de Prusse, volt. Ult. à Catk. 4(». || Familièrement. Mettre la main au bonnet, saluer. Avoir toujours la main au bonnet, avoir des manières extrêmement civiles et révérencieuses. || Cesl uo personnage dont il ne faut parier que le bonnet à U main, c'est un homme très- respectable. || Coup uc bonnet, salutation faite en Atant ton bonnet. Il Être triste comme un bonnet de nuit, être chagrin, d'une mélaneobe extrême. || Cest bonnet blanc et blanc bonnet, il n'y a point de différence entre ces choses, l'une vaut l'autre. || Parlera son bonnet, se parler à soi-même, parler sans »4lresser la parole à personne. || Mettre son bonnat da Invers, entrer en mauvaise bumenr. || Avoir it lAta prés du bonnet, être vif, emporté, coltra. OA aont donc ces têtes si près du bonaatt Mv. M. || Prendra le bonnet vert, porter te boonat vert, loention employée auu^fois pour signifier dira oaaiioii da bien» afin d'éviter d'être poursuivi comme taaaqaarootiar : cela se disait ainsi parce qua celui qui faiaait eatia cesaion était obligé de porter un bonnet vert Le» voiTk sans crédit, sans argent, sans reatources. Prêts k porter le bonnet vert, la fo:«t. Fab. xu, 7. Et que d'un bonnet vert le salutaire aflront.. . BolL. Sat. I. Il Les bonnets ou le parti des bonoatt, parti politique en Suède au xviii* siècle, opposé an parti des chapeaux. |j t* Coiffure des docteurs, des avocats, des juges, des professeurs. L'n avocat en soutane et le bonnet en tête, pasc Imag. 3. || Prendre le bonnet de docteur, ou simplement, le bonnet, se faire recevoir docteur. Kaut-il avoir reçu le bonnet doctoral.... Bon- ÉpU. xu. Quitte Ik 1* bonnet, la Sorbonne et les Inncs, id. Sai. viii. Aiitigone disputait le bonnet de grand prêtre et même le vain titre de roi des Juifs, >'OLT. l'hil. v, ». Il Bonnet carré, coiffure des doidaur» «a théotogi». Et que les docteurs n'euatani da boanali MU en.... PASc. Imaç. 3. |i Fig. Un graa faoaoat, «a panoanaga important dans loa oorpa. Laa aopIriMn (da* JésuitetJ consulikrant laa gro» boniMla à qnaira v(Fux, et le résultat fut qu'il fallait céder k l'orage, st-sim. 4t, >o. U [la cardinal de Bouillon] na VWH lut voir qua qualqua» gro» bonnala da» Jéauilw, ID. 3*7, 11. Le P. da ta diaiaa at la» priacipuii bonnets ne damandéf t pw lBi«tt que da »arvir son fiU [da Mo* da SonUia], m. •«, u: Il Opiner du bonDat, na fab* qu'Alar ton bouat ao signa d'aaaentimtBt, aeoAdar, »u« amam» aediAcation . fc t'ari» da» utia*. U opina da boDM un motsa an Sorboona, pa»c. IVoa. t. M. la qui» mn diapanaé da parler, at peut opiner da bonnet, F. L. ootm. n, »3. Il Catta aftira a pa«é du bonnet, au bonnat, alla a p«a»A lo«t d'una voix. »an» diteasdca. || T Jaiar aoa bonnat, na pomoir riaondra la difflctilti propaita. L'aSbir* ait ooomIi4a, at ton» las avocau, Apriaafair toomé la ea», r Jouant loor bonnat, m soataMM vaiMaa, la Foirr. PnM. n, M. g •* OoUhn do fUi •eUn», da taUa, da daaialla, «e. à fofflina*. Moniw on boonoi. Oanilan da Il 4* Bonnet phrygien, •orlo da eoitoa qm V»ati quité donnait aux t-hi jgiaaa. PIrisaat lapréteniA

BON

avec le bonnet phrygien. || Aujourd'hui, bonnet phrygien, coifTure assez semblable à cette coiffure antique et qu'on donne ordinairement aux images de la Liberté, de la République. || Bonnet rouge, coiffure adoptée par les sans-culottes en 179:), et depuis lors symbole de l'esprit révolutionnaire. C'est un bonnet rouge, c'est un homme qui appartient au parti révolutionnaire. L'homme rouge venait En sabots, en bonnet, hêhang. Homme rouge. || 5° Bonnet chinois, dit aussi chapeau chinois, instrument de musique miHlaire garni de sonnettes, qui sert avec la grosse caisse à marquer les temps forts de la mesure. |{ 6° Terme d'anatomie. Le bonnet, le second estomac des animaux ruminants. || 7''15onnet turc, sorte de potiron. {{ Bonnet-de-prêtre ou d'électeur, bonnet-à-prêtre, nom vulgaire d'une espèce de courge. |1 Bonnet carré, nom vulgaire du fusain. Il 8° Terme de vénerie. Bonnet carré, la têle du cerf quand il a du refait aussi haut que les oreilles. Il 9° Terme de fortification. Bonnet à prêtre, pièce détachée, dont la tête forme deux angles rentrants et trois angles saillants. || 10° Partie supérieure d'un encensoir. || Sorte d'écrou dont le trou ne perce pas d'outre en outre. || Genouillère des bottes des courriers. || Bonnet carré, espèce de foret à quatre ailes. || Proverbes. Janvier a trois bonnets, c'est-à-dire, en ce mois il" se faut bien couvrir la tête. Il Je m'en moque comme un àne d'un coup de bonnet, c'est-à-dire cela m'est bien égal.

— HiST. xu' s. Un chapel [il] ot de bonet en sa teste, Li charois de Nymes, t047. 1| xV s. Quant n'ont assez fait dodo Ces petis enfanchonnès [enfants] , Hz portent soubz leurs bonnes Visaiges pleins de bobo, CH. d'orl. Chanson 5. Afin de pouvoir trouver et recouvrer ses diz chaperon et bonnet, Bibl. des Chartes, <'• série, t. v, p. 489. || xvf s. Un Picard a la teste près du bonnet, desper. Contes, iv. La pudicque modestie requise et ordonnée à ceulx de son bonnet [il s'agit d'un cardinal], carloix, vi, 35. Le roy luy dist qu'il avoit mérité le pendre, et que jamais plus il ne se trouvastà la cour. Mon valet de chambre s'en alla avec ce bonnet de nuict, paré, t. III, p. 690. J'osteray humblement mon bonnet, ettiendray la teste nue devant mon supérieur, car ainsi le porte la coustume de mon pays, charron, Sagesse, ii, 2.

— ËTYM. Berry, bounet, bonnette , coiffure de femme; bourguig. bond; provenç. boneta; anc. catal. bonet; e.spagn. et portug. bonete; bas-lat. boneta, bonetus, bonetum, sorte d'étolïe, comme onle voit par ce passage de Guillaume de Nangis, en la vie de saint Louis : n Ab illo tempore numquam induo tus est squarleta vel panno viridi seu bonneta. » De bon, à cause de quelque qualité?chapeJ(Jebone(, puis bonet , comme chapeau de castor, puis castor.

BONNETADE (bo-ne-ta-d') , s. f. Coup de bonnet, salut. Il a vieilli.

— HIST. XVI" s. Quand il sera en jalousie et en caprice, nos bonettades le remettront-elles? mont.

— ÉTYM. Bonneter.

tBONNETAGE (bo-ne-ta-j') , s. m. Papier qu'on colle sur l'amorce d'une pièce d'artillerie.

— - ÉTYM. Bonnet.

BONNETÊ, ÉE (bo-ne-té, fée), part, passé. Bonneté par les uns, caressé par les autres.

BONNETER (bo-ne-té), je honnête, je bonnetais, je bonnèterai, je bonnèterais, bonnète, que je honnête ; l'Académie ne conjuguant pas ce verbe, d'autres l'écrivent en doublant le ( ; je bonnette, je bonnetterais, v. a. \\ 1° Rendre des respects et des soins assidus, surtout en parlant de sollicitations humbles et fréquentes. Il était nécessaire D'être toujours après ces messieurs bonneter, Régnier, Sot. vm. Il 2° Fig. Opiner du bonnet, n'avoir pas d'avis. Il fut répondu qu'il s'était tenu un conseil de guerre à Mons-en-Puelle pour discuter le pour et le contre de l'attaque des ennemis; que d'O et Gamaches bonnetèrent ; les officiers généraux leur représentèrent.... st-sim. 208, 66. || 3° Couvrir l'amorce d'une pièce d'artillerie avec un papier collé.

— HlST. xvr s. Bouetant et faisant la cour, tantost à celui-ci, tantostà l'autre, Contes d'Eutrapel, dans le Dictionnaire de dochez.

— ÉTYM. Bonnet.

BONNETERIE (bo-nè-te-rie. Quelques-uns veulent qu'on prononce bo-n'-trie ; mais, outre que cette prononciation n'est point généralement usitée, elle est contraire à l'analogie de notre langue qui veut que et suivie d'un e muet devienne sonnant. L'Académie devrait établir une analogie orthographique entre bonneterie et tabletterie), s. f. || i°Métier, ou-

BON

vrage, commerce de bonnetier. || 2' Anciennement, corporation des marchands bonnetiers.

— HIST. XVI' s. Les marchands qui achètent les chardons, les assortissent pour divers ouvrages de draperie et bonneterie, où ils les emploient, o. de

— Ktym. Bonnet.

BONNETEUR (bo-ne-teur) , s. m. || 1° Celui qui prodigue les révérences et les compliments. || 2° Il s'est dit particulièrement de certains filous qui, à force de civilités, tâchaient d'attirer les gens pour leur gagner leur argent.

— Ètym. Bonneter.

BONNETIER, 1ÈRE (bo-ne-tié, tiê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui fait ou qui vend des bonnets, des bas et d'autres objets de tricot.

— HIST. XVI' s. Les chardons à drap , dits aussi à foulon et à bonnetier, o. de serbes, 737.

— ÉTYJL Bonnet.

t. BONNETTE (bo-nè-f), s. f. Terme de fortification. Ouvrage avancé qui est au delà de la contrescarpe, en forme de petit corps de garde, et dont les deux faces forment un angle saillant.

2. BONNETTE (bo-nè-f), s. f. Terme de marine. Petites voiles qu'on ajoute aux grandes pour présenter une plus grande surface au vent.

— ËTYM. Bonnet.

■ t BONNE-VILAINE (bo-ne-vi-lè-n') , s. f. Variété de poire. || Au plur. Des bonnes-vilaines.

BONNE-VOGLIE (bo-ne-vo-U', Il mouillées), s. m. Homme qui se louait pour ramer sur les galères de Malte.

— ÉTYM. Bwona «o^Jia.bonne volonté, de buono, bon (voy. bon), et voglia, volonté, de vojitcre, vouloir (voy. vouloir) : mot à mot, bomme de bonne volonté.

fBONNIER (bo-nié), s. m. Mesure agraire qui, dans la Flandre française, valait ) hectare 40 ares.

— HIST. XV" s. Il faisoit si grant bruine qu'on ne pouvoit voir un demi bonnier de terre loin, froiss. I, I, (34. Si alla bien chacune bataille en cel estât un grant bonnier de terre avant, id. i, l, 41.

— ÉTYM. Wallon, bouni; du wallon bone, borne (voy. borne).

fBONOSIEN (bo-no-ziin), s. m. Sectaire du iv s. qui prétendait que Jésus-Christ n'était fils de Dieu que par adoption.

— ÉTYM. L'évoque macédonien Bonosus, hérésiarque de la fin du IV siècle.

t BON-PLEIN (bon-plin) , s. m. Terme de m.arine. Porter bon-plein, gouverner bon-plein, gouverner de manière à présenter les voiles du navire directement à l'action du vent.

f BON-QUART (bon-kar) I Cri des marins à chaque demi-heure de la nuit.

BONSOIR (bon-soir), s. m. Terme de salutation pour le soir. Et nous couchant au jour, leur donner le bonsoir, hégnier, Sat. iv. jj Elliptiquement. Bonsoir, monsieur. Bonsoir à monsieur votre frère. || Fig. Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse , Souhaitons-nous un gai bonsoir, bérang. Bonsoir. || Populairement. Dire bonsoir à la compagnie, mourir. J'aurai bientôt quatre-vingts ans; Je crois qu'à cet âge il est temps De dédaigner la vie ; Aussi je la perds sans regret. Et je fais gaiement mon paquet; Bonsoir la compagnie, laïtaignant. Il Bonsoir s'eniploie aussi dans le langage familier pour exprimer qu'une affaire est manquée. Tout est dit, bonsoir.

— ÉTYM. Bon et sotr. On disait autrefois bon répre : Je donne le bon vêpre à l'honorable compagnie, MOL. Escarb. 17.

BONTÉ (bon-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est bon. Bonté des terres. Bonté d'un pays. Bonté d'une marchandise. Bonté d'un vin. Bonté de l'air. Bonté d'un fruit. || 2» Justice. Bonté d'une cause. Comptant sur la bonté de sa cause. || 3° Douceur, indulgence, bienveillance. La bonté de Dieu. Plein de bonté. Homme d'une extrême bonté. 11 a tant de bonté que.... Votre bonté pour moi. Traiter quelqu'un avec bonté. Je ne pouvais être reçu avec plus de bonté. Par la bonté du ciel. Vous, Seigneur, dont la bonté infinie n'a rien donné aux hommes de plus efficace pour effacer leurs péchés que la grâce de les reconnaître, boss. Anne de Gom. Nous demandons, de grâce, encore un moment; le roi a de la bonté ; et il sait bien que la chose a été précipitée, MOL. Impr. 4. Point de pitié officieuse? point de secourable bonté ? point d'affection agissante? ID. l'Av. IV, I. Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable . foil. Sat. i. Je m'occupe, je pense, et j'ai pour volupté Ce charme que le ciel attache à la bonté, st-lambekt, Saisons,

BOO

Uiver. \\ Bonté divine! Bonté du ciell Bonté de Dieu I sorte d'exclamation qui exprime la surprise. Il 4° Au plur. Actes de bienveillance. Que la reine a pour moi des bontés que j'aJiEire! CORN. Sicom. IV, 2. Où sont. Dieu de Jacob, tes antiques bontés? rac. Athal. iv, 5. Thésée à tes fureurs [les fureurs de Neptune] connaîtra tes bontés, ID. Phèdr. IV, 2. Henri victorieux voyait de tous côtés Les ligueurs sans défense implorant ses bontés, VOLT. Ilenr. viu. || S° La bonté, des bontés, termes de politesse. Je suis confus de vos bontés. A) ez la bonté de m'apprendre ce dont il s'agit. Nous allons le remercier des extrêmes bontés qu'il nous fait paraître, MOL. Impr. 10. Si vous aviez la bonté de me dire la même chose, vous m'obligeriez. PASC. Prov. 4. Il Ironiquement. Quand je parle, ayez la bonté de vous taire. Ayez la bonté de sortir d'ici. || 6° En parlant d'une femme. F.Ue a de la bonté, des bontés pour lui, elle témoigne qu'elle a pour lui un sentiment tendre. Elle a quelque bonté pour moi, mol. l'Av. IV, 3. Après tant de bontés dont il perd la mémoire, RAC. Andr. n. l. J'y suis encor, malgré tes infidélités. Et malgré tous mes Grecs honteux de mes bontés, id. ib. iv, 5. C'est trop me faire entendre. Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés, iD. Brit. m, 7. De mes lâches bontés mon courage est confus, ID. Andr. iv, 3. || 7° Trop grande facilité. Tu as trojfde bonté pour lui. C'est pousser la bonté trop loin. || 8° Dans la phrénologie, d'après Gall, sentiment naturel de l'homme et des animaux auquel on attribue un organe placé au milieu de la partie supérieure du cerveau.

— SYN. 1. LE BON, LA BONTÉ. Le bon est l'idée abstraite de ce qui est bien. L'homme vertueux a pour guide dans sa conduite l'idée du bon. comme l'artiste a pour guide dans ses œuvres l'idée du beau. La bonté est ce bon, cette idée abstraite, réalisée dans la pratique. || 2. bonté, humanité, sensibilité. L'homme humain soulage les souffrances, les infortunes. L'homme sensible en est ému , et y compatit. Mais bonté dit plus que tout cela; l'homme bon non-seulement ressent la miséricorde , non-seulement soulage effectivement, mais encore étend sa bonté sur tous les autres rapports de la vie : il est bon avec ses enfants, avec sa femme, avec ses égaux, avec ses inférieurs.

— HiST. XI' s. Que plus n'i a d'honneur et de bontet, Ch. de Roi. xxxix. || xu' s. Espeire el Seignur, e fai buntet. Liber psalm. p. 48. [Il] Reclama Deu elles soies boutez, llonc. p. 53. Et je ne's [ne les] eslis mie pour le leur nuisement; Pour leur bonté [valeur] [je] le di; ne nul mal n'i entent, Sax. xii. Il xni' s. Avec beauté vous est bonté donnée : Si [je] me doi moultiouer et cher tenir. Quand j'ai beauté et bonté enamée, vidame de Chartres, Romancero, p. H 5. Si qu'à Dieu et au siècle la bonté de vous père [paraisse], Berle, iv. Car nus n'est de si haut lignage, Ne nus ne trueve l'en si sage. Ne qui tant ait autres bontés [qualités] Qui par amors ne soit doutés, la Rose, 4353. Car bonté faite par prière Est trop malement chier vendue X cuers qui sunt de grant value, ib. 4728. Dites-moi que cist sont. Estatins l'Esnasés?— Estatins respondi : C'est des Frans li bontés [l'élite]; Li uns est Bruiemons par son nom apelés, Ch. d'Ant. ii, 3io. ||xv' s. El pour ce est il dit de plusieurs vaillants Irespassés, de qui les noms et bontés sont mis en mémoire, que ils ne sont pas morts, ains vivent, Bouciq. Prol. \\ xvi* s. Celte telle preud'hommie naturelle et aysée et comme née avec nous, s'appelle proprement bonté, qualité d'ame bien née et réglée, charron. Sagesse, ii, 3.

— ÉTYM. Provenç. bontal ; espagn. bondad; portug. bondade; ital. bontà ; de bonitatem , de bonus (voy. bon).

t BON-TOUR (bon-tour) , s. m. Terme de marine. Évolution d'un bâtiment affourché, qui évite de faire croiser les deux câbles qu'il a dehors.

BONZE (bon-z') , s. m. Prêtre chinois ou japonais de la religion bouddhiste. Ce Dieu.... Méconnu par le bonze, insulté par vos maîtres, volt. Orphet. I, 6. La Mort auprès de lui [Dieu], fille affreuse du Temps, De ce triste univers conduit les habitants; Elle amène à la fois les bonzes, les brach mânes. Du grand Confucius les disciples profanes, id. Henr. ni. \\ Au fém. Les Chinois el les Japonais seuls ont quelques bonzesses, volt. Mœurs, <3». Il Des dictionnaires donnent aussi bonzelle

— ÉTYM. Japonais, boiu, prêtre.

t BONZERIE (bon-ze-rie), s. f. Monastère de bonzes,

— ÉTYM. Bonxt.

t BOOTÈS (bo-o-tès'), s. m. Nom grec, quelque fois employé, de la constellation du Bouvier.

BOR

— «TTii. Bo«nK, bourier, de foOc, bœuf (roy. tnot).

t ■OOVrr (bo-Uj, (. m. Sorte de pelle creoM à roMgedef Jardinier» et des Muniert.

t*OQCKTKAC(b(^k*-iA), ». m. Petit boii. Le renard fait la iBéne mancBum <lana l«* bo()ucteaux oA l'on prend iea béeMie» au lacet, iiLrr. Itenard.

— HWT. xy ». SI iaalrent tou» hi.r», et ralrint lecn armure» hor», et enlrerenî, i la couverte, en un petit b(K|u«lol d'un aulnoy, raoïii. u, n, <hoo. Et l'en Tinrent loger en un petit boiiquet»! ss. n, Il «U.

— BTTM. biminutir do boniuet.

t BOODETTE (bo-kè-t') , i. f. Sorte de pinceaà i'u- •age du cofTretler,

t BOQUEITIRR (bokMié), I. m. Va det nom» Tulgairei du pommier «auvage.

BOQDILLON (lK>-ki-llon, 11 mouillées), i. m. BDeheron. Et boquillan!i do perdre leur outil, la font. Fob. V, t. Il e.i( vieux.

— HIST. xui* s. Dire TOu» vool d'un chevalier Chevauchant, et d'un eicuier, Et d'un boskillnn inoltpreudomme, Qui crt venu» quorre une somme De buaebetau bo».... Kahommrt, iM. || xiv s. lu>r» a chaicun muciè armoûre et ospie; X loi île bosquillon ont chargié lor ramée, Guetel. 903.

— r.TYM. Autre forme de bûcheron (voy. ce mot); picard, bottillon, bnukillon. Bouillon se retrouve dans BofquWlon, nom d'un médecin qui a eu quelque réputation 11 Paris, au commencement du xix* siècle.

BORACIQUE (bo-ra-si-k*) , adj. Terme de chimie. Voy. BORioui.

t BORACm? (bo-ra-si-f), f. f. Substance vitreuse i|u'on trouve dans les carrières de plâtre (soua-borate de magnésie).

— ÉTTM. Boras.

t BORASSEAD (bo-ra-sô). BORAXOIR (bo-raksoir), BOROOIIOIR (bo-ro choir), t. m. Ilolte contenant du burax, & l'usage des soudeurs.

— ÉTYII. Borax.

t BORATK (bo-ra-t") , t. m. Terme de chimie. Genre de sels formés par l'acide borique avec les bases salifiablas.

I BOBATÊ, ÉR (bo-ra-té, t4e), adj. Terme de chimie. Oui contient de l'acide borique. Magnésie boratée.

— «TYM. Boratt.

BORAX (bo-raks'), t. m. Sous-borate de soude.

—■HIST. XVI* 8. Le bourras n'est que sel . l'alun sel, PAUSST, 23. Le borras des anciens qu'ils nomment chryMColla . C5toit pris es canaux d'eau qui distiloit des minières do ouirre ot de sapbre, id. 3a«.

— F.TYM. Arabe, bôrae, du persan bouroK. BORBORYG.ME (bor-bo -ri-gm'), (. m. Terme de

médecine. Dniil wiinl, murmure, produit dans l'abdomen par le déplacement des gaz intestinaux.

— HIST. XVI* s. Si on oit des vents estre contenus au ventre inférieur, qu'Hippocratea appelle l>orborygmes, on juge aatre une colique venteuse, PAat, Jntrod. 33.

— ETYM. BopCopu^ità^, de popCopùCciv , gargouiller, de ^(tfiopo;, bourbe (voy. bourbr).

BORD (bor; le d ne se lie pas : un liord escarpé, dites : un bor escarpé-, l'i au pluriel ne se lie pas: des liords escarpés, dites : des bor escarpés; cependant plusieurs font la liaison : de* bor« escarpés), s. m. Il 1* Terme de marine. Côté d'un vaisseau. Le bord du vaisseau fut enfoncé par une lame furieuse. Il hn bord du vent, le bord qui est du côté d'où le vent soufne, par opposition au bord sous le vent, qui est l'autre bord. || Rouler bord stlr bord, éprouver un roulis continu. || Virer de bord, changer do route; et au figuré, changer de conduite. Il Vaisseau de haut bord, autrefois, tout bAlimenl qui naviguait au long cours, par opposition aux petits biktimenla plats qu'on désignait sous le nom de vaiaseaiu de bas bord; aujourd'hui vaisseau de guerre k plusieurs ponts. || Bord à bord , locution adverbiale qui s'emploie pour exprimer la proximité de deux bâtiments. Les deux vaisseau éunt bord abord. || Par extension. La rivière est bord k bord du quai, elle est si haute que le bord de la rivière se confond arec le bord du quai, elle affleure le quai. || t* Bordée. Le navire courait des bords. Courir bord sur boni, louvoyer k petites bonUes, de maniltre k ne guère changer de P|*ee^ Il Le bon bord, la bordée qui rapproche du but; le maurais bord, celle qui en éloigne; et au «foré, courir le bon bord, se liwer k U piraterie; «jpw auaaioa, faire des sleoMS. U connétable «oiOQM ae eontnignii pas sse MMUsk Rome, ni

BOR

de courir le bon bord, du vivant et surtout dniun la mort de son mari, st-sim. ««•, ist. |lKig.e(dans U langage fkmilier, êiredu bord de quelqu'un, être de son btU, de son parti, n verra M. de Seignulay dans son bord, stv. te*. Nous disons maintenant, non pas dans son bord, mais de son bord. || Il est seul <l<- son liord, il est seul de son arls. || f Is Taisseau même. Ctant passé de son bon? sur celui de l'amiral. Aller ou monterkbord. Aussitôt tous les équipages furent k bord. Mettre k bord.AchiUas k son bord [au bord du vaisseau de Pompée) joint son esquif funeste, coai». *. de Pomp. 11. 3. Vingt corsaires pour tant montèrent sur son bord, la ipoiit. Fianc. Le capitaine me prit k son bord avec mon domestique, ciuTciUB. /lin. «.|| Abordlcommandementde revenir au vaisseau. || 4* Extrémité d'une surface quelconque, par comparaison avec le bord d'un vaisseau. Les bords d'un liouclier. Les bords d'un chapeau. Protter d'un topique les bords d'une plaie. || B* Itivage de la mer. Il s'avança jusqu'au lord de la mer. Suivre le bord de U mer. Venir ou arriver k bord. L'honneur est comme une tie escarpée et sans bords, boil. Sat. s. N'est.ce pas nous rendre au naufrage Après nous avoir misk bordT malii. m, I. Un nautonier s'offre kle mettre k boni. Mais ce pilote est l'ami du naufriige, iollst. PAmmr naut. Il Par extension, en langage poétique, région, pays. Se Bier sur le* bords ausoniens. Je demande Thésée aux peuples de ces bords.... bac. Phid. l, l. Achille était absent, et »on père Pelée L'avait, tu t'en souviens, rappelé de ces bords, id. Ivhig. i, i. Vous mourûtes aux bords où vou* fûtes laissée, m. Phèd. I, 3. Il iM sombres bords, U demeure des morts. On ne voit point deux foi» le rivage de» morts. Seigneur; puisque Thésée a vu les sombres liords. En vain vou» espérex qu'un Rieu vou» le renvoie, bac. Phèd. ii, '•. || Kig. Moi qui.... Pensai» toujours du bord contempler le» orages, bac. Phèdr. ii, 3. Alors sa charité rompit les bords, FLÏcn. Àig. Faut-il san» boire abandonner ce bord [la vie]T Priez pour moi , je suis mort, je suis mort , bBraiio. Jfori i itkinl. || 6* Le rivage d'un neuve, d'une rivière, d'un lac, d'un torrent. Sur le bord d'un fleuve, d'un ruisseau. Le» bords du Rhône, de l'Eurotas. Ensuivant les bord» du lac de Genève. Couler k pleins bords. Tel en un secret vallon. Sur le bord d'une onde pure. Croit k l'abri de l'aquilon Un jeune lis, l'amour de la nature, bac. Ath. Il, 9. En même temps que l'eau [d'un fleuve] les a rongés [ses bords], elle a élargi son lit, c'est-k-diro qu'elle a perdu de sa hauteur et de sa force ; ce qui étant arrivé k un certain point, il se bit encore un équilibre entre ht force de l'eau et U résistance des borda, et les bords sont étabUs, fontem. Guglielmini. Mon lac est le premier; c'est sur ses bords heureux Qu'habite des humains la déeste étemelle, L'Ame des grands travaux, l'objet des nobles vœux, Que tout mortel embrasse on d^ sire ou rappelle, La liberté.... volt. Épit. 7«. Il 7* Ce qui borde un puits , une fontaine, un fossé. Le bord d'un puits. Narcisse couché sur le bord de la fontaine. || Fig. vieillard qui est sur le bord du tombeau , sur le bord de sa fosse. U arrête un ami sur le bord de l'abtme. Être au bord du précipice. Cette bouteille donna la mort au pape, et mit son ni» au bord du tombeau, volt. Mauri, m. Vois-je l'Eut penchant au bord du précipiceTBAC. Bérin, iv, 4. Je leur semai de fleur» le bord des précipices, ID. Àthal. m. .^. Les dieux nous ont conduits jusqu'au bord de l'abtme, fé.n. Til. vu. Quand nous sommes aux bords d'une pleine ricioire.... corn. Srrtor. ii, 3. Il n'était pa» sur les bords du sommeil

3ue....LAF0NT. Rem. jj 8* Limited'un chemin. Maison e campagne qui est au bord de la route, jl 9* Orifice d'un vase. Remplir un verre jusqu'aux nords. De peur que je n'en gronde, Verseau moins jusqu'au liord , nr.RANO. Inf. délit. C'est l'orgie opulente enviée au dehors, Contente, épanouie. Qui ni, et qui chancelle , et qui boit k pleins bords , De flambeaux éblouie, V. nuoo, CrrfpuK. ta. || Familièrement. Un rouge bord, un verre plein de vin jusqu'au bord, noire des rouges bords. Boire k rouge bord. Un laquais effronté m'apporte un rouge bord D'un aurernat fumeux qui , mêlé de lignage, Se vendait chet Cr»> net pour vin de l'Ermitage, Bolu Sat. m. || lt*Bout en parlant des lèvre». Mouiller le bord deanl^rr^. Il Avoir un mot »ur le bord des lèvi' point do se le rappeler et de le pronr aveu sur le bord des lèvres, être tout mspnse a le faire. || Fig. Avoir l'kme sor le boni des lèvra*, Mrs près du mourir. || Tour des yeui. H a le becd des yeoi rouge et malade. |l Bordure dNm vMhnol Tunique avant un bord de pourpre. Rrarent caai

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