‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 297 sur 504 · I'.OU · texte numérisé non relu

I'.OU

nou

nomme cochonnet, || Lieu où l'on joue ^ la tioulo. Allar h la houle. || Avoir la boule, avoir l'avantage de jouer le premier. || Aller à l'appui île la boule, jouer sa boule do manière fpi'olle pousse celle du ioueur avec qui l'on est associé; et fi gurément, seconder. Il Au jeu de quilles, pied à boule, avertissement, à celui qui joue à rabattre, de tenir le pied ft l'endroit où sa boule s'est arrêtée. || Tenir pied à boule, tenir le pied à l'endroit mènae où la boule s'est arriîtéo; et figurément, tenir ferme, sans reculer. Je me suis mis à as.siéger les bureaux de la guerre, et j'ai tenu pied à boide jusqu'à ce que l'on m'ait expédié votre lirevet, o. duval, la Mouche du coche, 14. Il Faire tenir pied à boule, obliger quelqu'un à beaucoup d'assiduité. || Fig. Rendre la boule, rendre coup pour coup. || X la boule vue, à boule vue, précipitamment, avec peu d'attention. Cette locution a aussi signifié avec réflexion, en connaissance de cause. Dans le premier cas , aussitôt la boule vue, sans réflexion; dans le second cas, après la boule vue, avec réilexion. || 3° Boule blanche, boule noire, à certains jeux, boules dont l'une fait gagner et l'autre fait perdre. || Fig. La boule noire lui tombe toujours, c'est-à-dire la chance lui est toujours contraire. || Dans les scrutins, on se sert pour décider les questions de boules noires qui rejettent, de boules blanches qui approuvent. Il Dans certains examens, botile blanche, témoignage complet de satisfaction; boule rouge, témoignage que l'examiné n'a satisfait que tout juste; boule noire, boule qui rejette l'examiné. Il a passé son examen avec trois boules blanches; avec une boule blanche et deux rouges. Il 4° Terme de pharmacie. Boules de mars, petites boules faites particulièrement avec le tartrate de potasse et de fer, dites aussi boules d'acier et boules de Nancy, parce qu'on les prépare à une chartueuse près Nancy. || Eau de boule, liqueur tonique qu'on prépare en mettant infuser des boules de mars dans de l'eau-de-vie. || 5° Terme de botanique. Boule de neige, variété à fleurs doubles de la viorne obier, appelée aussi caillebotte et pelote de neige. |1 Boule de neige, nom vulgaire de l'agaric champêtre, dit encore champignon des bruyères, || 6° Enclume du chaudronnier. Il Masse de fer dont l'orfèvre se sert pour planer. || Outil de l'opticien pour façonner les verres concaves. || Rouleau dont le carrier se sert pour transporter de grosses pierres. || Boite de boules, boîte servant à mettre le feu à une mine. || 7° Terme d'architecture. Boule d'amortissement, corps sphérique qui termine quelque décoration.

— HIST. xvi» s. L'autre, qui estoit aussi fort que lui, lui ramena la boule, et eust fait bon voir l'escrime de ces deux demi géants, d'aub. Fœn. iv, B. L'artillerie du Duc aiant rendu la boule avec moins d'effet, d'une part et d'autre tout commença de branler, id. Hist. m, 2ao. Ils s'esbattoient à la longue boule: l'un, en faisant son couii, faillit à bouler droit, et envoya sa boule dedans un jardin, dks- PER. Contes, Lxvii. Par cette voye nous trouvons nostre raison bien fondée, et discourons à boule veue, MONT. II, 28B. Aux grands jours d'esté [les vignerons du Berry] estoient tenus de prester pied à boulle à leur besongne depuis les quatre heures du matin jusques à huit ou neuf heures du soir, JAUBERT, Gloss. Et ainsi vous jouerez à boule vue [à coup sûr], comme on dit, montluc, Hém. t. i,

p. 397, dans LACUBNE.

— RTYM. Génev. biole; Franche-Comté, hioule; provenç. et espagn. hnla; portug. boUa; du latin bulla, bulle, à cause delà rondeur de l'ampoule

(voy. BULLE).

1 2. liODLE. Meubles de Boule, meubles provenant des ateliers d'un nommé Boule, célèbre fr.bricant sous Louis XIV. Il Aujourd'hui, meubles de boule, meubles à incrustations de cuivre et d'écaillé.

BODLEAU (bou-16), s. m. Genre de végétaux dont l'espèce bouleau blanc (beluia alba, L.) est un arbre contenant, au printemps, une sève abondante d'une saveur douce, sucrée et légèrement aigrelette, avec laquelle on prépare, dans le Nord, une liqueur alcoolique au moyen de la fermentation. Comme une feuille morte échappée aux bouleaux Oui sur une onde en pente erre de flots en flots, Mes jours s'en vont de rêve en rêve, v. hugo, Orient. 4.

- — IIIST. XIV" s. Boul est un arbre dont on fait les balais pour netoyer les maisons, Propriélés des choses, liv. xvii, chap. 165, manuscrit du temps de Charles V. Les dites femmes garnies de verges de boust, DU GANGE, boulus. \\ XV" S. Lors me prendront branches et raias De boul, d'osieres ou d'orties.

.Wïr. de Sie Cenev. \\ xn' s. Cinq sortes principales d'arbres aquatiques y a-il : saules, peupliers, aunes, bouleau, oziers, o. de serbes, 800. Les peupliers, trembles et boleaux, id. 801.

— ÊTYM. Berry, boula, boulas, boule, et aussi betou, et même petou; norm. bou, Im, et aussi boulard; wall. bèol; namiir. bdie, bôli; rouchi, boule, boute; du latin beluia. Betula ayant l'accent surbi, a donné correctement boule ou bout, et un diminutif bouleau. Le mot est aussi celtique : irland. beith.

noULlîDOGCK (bou-le-do-gh'), s. m. Race de chiens trapus, à mftchoires proéminentes, ayant des muscles temporaux volumineux dans une profonde fosse temporale, ce qui rend pei 's !a boite ducrdne; ils sont meilleurs pour le combat que pour la garde.

— t.Tni. Angl. bulldog; de bull, taureau, et dog, chien (voy. dogue) : chien à taureau.

t BOULÉ (bou-lé), s. m. Un des noms vulgaires du pluvier.

t BOULÉE (bou-lée), s. f. Sédiment qui reste au fond de la poêle dans laquelle on a fondu le suif. Il Ratissure des caques de harengs.

t BOULEJOiy (bou-le-jon) , s. m. Terme de pêche. Filet qui sert à prendre des sardines.

f 1 . BOULER (bou-lé). || 1° V. n. Enfler son jabot, en parlant du pigeon. |{ Se renfler, en parlant du pain. Il 2° V. n. Dans le langage populaire, bouler quelqu'un, le rouler par terre.

— HIST. xvr s. Les glace/, pelottons volans Que l'orage par les monts boule , Ne te soient durs ny violans, RONS. B47. Ce gros monceau qui rompt, fracasse et foule Les bois tronquez, et d'un bruit violant Sans résistance à val se va boulant, lo. 6B3.

— Rtym. Boule.

f 2. BOULER (bou-lé), V. a. Terme de pêche. Voy. rouiller t.

BOULET (bou-lè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel l's se lie : les boulets et les canons, dites : les bou-lè-z et.... Boulets rime avec traits, succès, jamais), s. m. || 1° Globe, boule de fer fondu qui sert à charger les canons. Un boulet de calibre. Un boulet de vingt-quatre livres ou de vingt-quatre. Le sieur Brossier, qui vous rendra ce billet, prétend avoir inventé deux sortes de boulets creux propres à brûler les vaisseaux, et m'a demandé d'en faire l'épreuve à Toulon en présence des officiers de marine, SEiGNELAi, d^rnoMi, 2) janvier <678, dansJAL. Il Boulet ramé ou boulet à deux têtes, boulet de canon composé de deux demi-sphères de métal qui tiennent l'une à l'autre par une chaîne ou une barre de fer. || Boulet rouge , boulet rougi au feu avant d'être introduit dans le canon. Les Vénitiens tirent à boulet rouge sur les propylées et le temple de Minerve, chateaubb. Itin. i, <99. || Fig. Tirer à boulet rouge sur quelqu'un, en parler en termes offensants, l'attaquer d'une manière violente. || 2° Dans la législation militaire, boulet, peine infamante qui condamne les soldats et sous- officiers coupables de désertion à l'extérieur, et, avec certaines circonstances, de désertion à l'intérieur, à des travaux forcés dans les grandes places de guerre, et à traîner un boulet attaché à une chaîne de fer de deux mètres et demi de long. Il Fig. Tu arrives exprès d'Amérique pour être mon compagnon de boulet, chateaubr. Natch. V, 219. li 3° Terme de vétérinaire. Nom que porte, chez le cheval, l'articulation du canon avec le paturon, sans doute parce que cette articulation forme, chez les chevaux fins, une éminence plus ou moins arrondie.

— HIST. XV" s. Il fut frappé d'une coulevrine, et entra le boulet en sa jambe, j. chartier, Ilist. de Charles YU, p. <B4, dans lacurnk. Plustost un coup de vin me perce et m'entre au corps Qu'un boulet qui, cruel, rent les gens si tost morts, bas- SELIN, XIX. Il XVI" s. Les gros bollets de fer et de bronze, rabel. l'ont, iv, 34. Encoressur la retraite ils firent quitter le reste des boulets et quelques autres munitions, d'aub. Hist. m, ts. 11 lia avec iceux [crins] fort serrés, le pied de la beste au dessous du boulet, YVEB, p. 842. Morts par coups d'harquebuses, dont le boulet ne pouvoit estre plus gros que le bout du doigt, paré, viii, 23.

— ÊTYM. Diminutif de boule.

BOCLETÉ, ÉE (bou-le-té, tée), adj. Terme de vétérinaire. Cheval bouleté, cheval chez qui, le tendon venant à se raccourcir, le boulet, porté en avant, ne permet plus l'appui que sur ia pince.

— ÉTYM. Boulet.

BOULETTE (bou-lè-f), s. f. || !• Petite boule. Il 2° l'aie ou chair hachée , arrondie en boule. || 3° Populairement. Sottise, bévue. Faire une boulette.

— HIST. xvi" S. Des bouUettes de verre [verrotc ries], des mirouers, des couteaux, des anneaux, des clo cheties, d'aub. //l'sJ. 1,355. De petites boulettesd'oi oud'argent, paré, xxi, 28.

— ETYM. Diminutif de boule; bourguig. bdlôtte. t nOULEUR (bou-leur),». m. Celui qui bal l'eau.

— ETYM. Voy. BOULER ï.

BOULEUX (bou-leù), t. m. Cheval de fatigue qui chemine bien, jj Fig. C'est un bon houleux, c'est un homme laborieux et qui remplit sa tâche.

— ÉTYM. Ane. franc, bouler, rouler (voy. bouler t).

BOULEVARD ou (orthographe qu'admet aussi l'Académie) BOULEVART (bou-le-var; le d ni le < ne se lient jamais ; un boulevard élevé, dites : un boule-var élevé ; au plur. l'j ne se lie pas : des bou-levar-élevés ; cependant plusieurs disent : des bon-Ievar-z é!evé.s), s. m. \\ 1" Lo terre-plein d'un rempart, le terrain occupé par un bastion, par une courtine Contemplez dans la tempête Qui sort de ces l)Oulevards.... boil. Odes, t. Boulevard hardi, volt. Alx. Il, 0. Il Ce terme n'est plus en usage dans le langage des ingénieurs militaires. || 2° Par extension. Place forte qui met un pays à l'abri de l'invasion des ennemis. Malte fut longtemps le Iwulevard de la chrétienté contre les Turcs. |{ Par analogie. Les montagnes de Norvège sont des boulevards admirables qui couvrent de ce vent les pays du Nord.MONTESQ. Esjrr. xvii, 3. || Fig. L'union des citoyens est le plus sûr boulevard de l'État. || 3° Promenade plantée d'arbres qui fait le tour d'une ville. Se promener sur le boulevard. Que ma gloire s'étende Du'Louvre aux boulevards, bérang. Jean de Parit. || Aujourd'hui, par extension et par abus, on donne le nom de boulevard à toute rue large, plantée d'arbres, qui traverse la ville, même dans son centre.

— SYN. BOULEVARD, REMPART. Au propre le boulevard étant en avant du rempart et le défendant, au figuré boulevard aura une acception plus étendue que rempart. Une chaîne de montagnes est, suivant la nuance qu'on a dans l'esprit, le boulevard ou le rempart naturel des pays qui sont situés derrière, mais une place très-forte qui protège tout un pays sera regardée comme un boulevard, et non comme un rempart.

— HIST. XV" s. Es boulevers et lieux avantageux, CH. d'orl. Itondel, 54. Au boulvechde la porte St Eloy , DU GANGE, bolvetus. Un boulevart, construit de bois et de terre, Mathieu de coucy, Hist. de Charlef Yll, p. 608, dans LAGUHNE. Le comte fit rompre plusieurs boulovars faicts par les Gantois, o. de la marche, I, 26, dans lagurne. Et avoit fait faire au fond des fossés d'icelui boulevert de petites maisonnettes de bois où ses gens se tenoient pour faire leur guet, monstrel. liv. ii, ch. 88. Ilz firent ung boulevert de boys et de terre.... com. i, 9. Incontinent que le roy fut dedans [Arras] , il feist faire des bouUevers de terre contre la porte, id. v, tB. Il XVI* s. Lesquelz avoient ja tous les champs couvers De gens de guerre, et gros canons divers, Pour desmollir rampars et boulevers, j. marot, v, (54. Boulevars et ren.ors, id. v, H8. Lesdites cornes avoyent esté formées non sans cause, et cela estoit autant de ballouars et défenses, pour la forteresse et retraitte dudit pourpre, pali.sst, i I8. Il en avoit retranché deux bouleverts, carloix, il, I3. L'espine avec ses apophyses sert comme de boulever et fortification à la moelle spinale, paré, xiv, (2. Une partie de ceux là voulurent faire ferme sur un grand boulevart drstaché.... Ceux du balouartquittans d'effroi.... d'aub. Hisl.in, 43B.

— ÊTYM. Espagn. baluarte; ital. baluardo; de l'allem. Bolhc erk. dékn^e, fortification; de ITerk, ouvrage (voy. organe), et bollen, lancer, à causa des engins dont étaient armés les boulevards, ou, beaucoup plutôt ,deBohle, ais , planche. Ce terme de guerre paraît être entré en usage dans le xv siècle, du moins Gnmm n'en a trouvé aucun exemple dans le xiv"; de l'Allemagne il a rapidement passé dans les autres pays. VoUaire le tire de boule et vert : place verte à jouer aux boules; mais l'ensemble des formes contredit cette dérivation. Boulelard a pris le sens de proiimnade, parce que c'est sur les boulevards, fortifications, après leur démolition, qu'on a fait des boulevards, promenades.

t BOULEVARI (bou-le-va-ri), t. m. Terme populaire, qui se dit dans la conversation, mais qui ne s'écrit pas. Grand bruit, grand tumulte.

— ÊTYM. Il est probable que le mot boule s'y trouve comme dans bouleverser, avec une finale qu'on rencontre aussi dans chari-vari, hour-vafi (voy. charivari), ou peut-être est-ce une cociption de hourvari.

BOU

f BOIJLEVEnSANT, AfîTK (bou-iK-vèr-san, san-t'), adj. Oui troiiWc, qui bouleverse. Cette nouvelle est boulerersanle.

BOULEVERSÉ, ÉB (bou-le-vèr-sé, sée), part, patti. Une ville bouleversée par les bombes. Au sfége (le Candie tou le terrain des environs était bouleversé parles mine.. || Fig. Sa figure bouleversée parla terreur. État bouleversé nar les guerres civiles.

BOULEVEItSEMENT (bou-le-vtr-se-man), s. m. ,1 1° Huine et confusion. Le bouleversement d'un rempart par une mine. Un bouleversement des éléments. il 2" Kig. Grand trouble, désordre. Au milieu de ces bouleversements. Mettre le bouleversement dans l'État. Dans ce renversement et ce bouleversement de r.lme, pour s'exprimer de la sorte, est-on maître de recueillir son esprit? BOUHn. Pensées, t. ii, p. 28. Il ne faudra que celte passion pour causer dans votre âme un bouleversement général, ID. ib. t. i, p. 38<.

— Etym. noukverser.

BOCI.EVERSER (bou-le-vèr-sé), v.a. \\ i' Agiter, troubleravec violence. Les vents bouleversent les flots. Il n'est pas question d'aller contre les vents Ni de bouleverser l'ordre des éléments, la font. Florentin, 3. Klle-même, tonnant du milieu des nuages. Bouleversa les mers, déchaîna les orages, delille, Enéide, i. L'ange fuit, et son vol a bouleversé l'air; L'éclair dans un ciel noir poursuit, croise l'éclair, GiLB. Mort d'Abel, ch. viii. |{ 2''Déranger, mettre en désordre. Bouleverser tout dans une maison. Bouleverser^ les traits d'un visage, Spectat. franc. •1723, dans DES fontaines. || 3° Ruiner, abattre, renverserentièrement. La tempête a tout bouleversé. Je l'ai vu.... Bouleverser les murs d'un seul de ses regards, CORN. Attila, II, 6. Aux frayeurs qu'inspirait alors l'apparition des comètes, a succédé la crainte que,dans le grand nombrede celles qui traversent dans tous les sens le système planétaire, l'une d'elles ne bouleverse la terre, laplace, Exp. 4. |{ 4° Fig. Mettre dans un grand désordre. Bouleverser l'Etat. Les intrigues d'une marâtre boulever.saient le palais. Bouleverser l'ancienne législation. Bouleverser les règles de la justice. Cette nouvelle lui bouleversa l'esprit. Cela bouleverse toutes mes idées. L'empire.... dont les Huns, les Goths, les Vandales, les Francs Bouleversent la masse et déchirent les flancs, corn. Pulch. I, \. VA ainsi, lui dis-je, un seul docteur peut tourner les consciences et les bouleverser à son gré, et toujours en sûreté, PASC. Prov. 5. Il faut les ménager eux-mêmes ces hommes scélérats , parce qu'on les craint et qu'ils peuvent tout bouleverser, FÉN. Tél. xnv. Le mémoire que vous m'avez envoyé fait verser des larmes et bouleverse l'âme, VOLT. Lettr. DamilaviUe, 6 août <766. La cour de Londres reprochait au prétendant d'être né catholique romain et de venir bouleverser la religion et les lois du pays, id. Louis XV, 24. {| Absolument. Non, messieurs, on ne veut pas sincèrement l'ordre et lajustice; on ne veut que brouiller et bouleverser, MIRABEAU, Collection, t. lY, p. 338. |{ 5» Se bouleverser, v. réfl. Se troubler, éprouver une émotion très-pénible. Ne vous botileversez pas. Cette femme va encore se bouleverser.

— HIST. XVI' s. Regardons à quel fondement nous attachons cette gloire et réputation pour laquelle se bouleverse le monde, mont, i, 347.

— ÉTYM. Boule, et versare, tourner (voy. verser) : tourner comme une boule.

BOt'LKVUE (bou-le-vue). X boulevue ou à la boulevue (voy. boule).

t BOUHCHE (bou-li-cir) ou BOULIËCHE (bouliè-ch'), s. f. Terme de pêche. Sorte de seine.

t. BOULIER (bou-lié), i. m. Filet qu'on tend aux embouchures des étangs salés.

— ÉTYM. Provcnç. boliet (dans du cange) , sorte defileL

t 2. BOULIER (bou-lié), s. m. Pot de terre.

— ÉTYM. Bouillir, parce que le pot sert à faire bouillir; mais alors, le mot devrait s'écrire 6oi(i7itVr; ou peut-être 6ou/e, à cause de la forme arrondie.

t 3. BOULIER (bou-lié), s. m. Boulier compteur, appareil dont on se sert dans les salles d'asile pour enseigner l'arithmétique, et qui est formé de dix tringles sur chacune desquelles sont enfilées dix petites boules.

— ÉTYM. Boule i .

t BOULIGON (bou-li-gon), s.m. Terme de pêche. Sorte de filet à mailles étroites.

irrJ.?"i'''^A^ (l'ou-li-mie) , s. f. Terme de médecine, irrégularité de la digestion qui consiste en une faim d'«ll^l?.L T "° ^^'" ^^ prendre une quantité ™if P'"' 8'ande qu'à l'ordinaire.

- UST. xn« ». Le duc de Savove en avoit aussi

BOU

pris pour le guérir de la boulimie et gloutonni^ , mais il revomit tout, Sat. Mén. p. 10.

— ÉTYM. BouXt(Ata, depoûç, bœuf (voy. BfEUP) , et XiiaA;, faim : mot à mot faim de boeuf, grande faim.

t BOULIMIQUE (bou-li-mi-k'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la boulimie.

BOULIN (bou-lin), t. m. || 1° Pot de terre qui' sert de retraite aux pigeons. {| Trou pratiqué dans un colombier, pour que les pigeons y nichent et y pondent. 11 y a des pigeons qui préfèrent les trous poudreux des vieilles murailles aux boulins les plus propres de nos colombiers, buff. Pigeon. || 2° Terme de maçonnerie. Trou laissé dans le mur par le bout des pièces d'échafaudage, à mesure qu'on élève le mur. Il On appelle aussi boulins les pièces de bois qui soutiennent les planches des échafaudages.

— mST. XVI* s. Ceux qui font leurs boulins ou nids de pigeon dans des paniers d'ozier, 0. de serres, 3S5.

— ÉTYM. Bas-lat. bolinus, travail en bosse, relevé en bosse, probablement de houle; le boulin ayant été dit ainsi à cause de sa forme arrondie; et le maçon ayant nommé les trous laissés par les pièces d'échafaudage, boulins par assimilation avec les trous des pigeonniers.

t BOULIffAGE (bou-li-na-j'), s.m. Terme de marine. Action d'aller à la bouline.

— ÉTYM. Bouline.

BOULINE (bou-li-n'), s. f. Terme de marine. Nom de longues cordes, qui tiennent la voile de biais, lorsqu'on fait route avec un vent de côté. || Vent de bouline, vent de biais qui n'est pas favorable à la roule. Il Aller à la bouline, se servir d'un vent de biais qui n'est pas favorable à la route. Les cygnes ont l'art de tourner ce plumage du côté du vent, et d'aller comme les vaisseaux, à la bouline, quand le vent ne leur est pas favorable, fén. Exist. i 9. || Courir la bouline, se dit d'un châtiment consistant à faire passer le condamné entre deux haies de matelots qui le frappent avec des garcettes ou boulines.

— HIST. xii's. Estuins ferment et escotes. Et font tendre les cordes totes, Utages laschentj tresavalent, Boelines sachent et halent. Brut, t.ii, p.<4l. {| xvi" s. Ils se mettent à la bouline, et courans bande sur bande viennent aux canonades, d'aub. Hist. 11,293. Un calme l'arrcsta premièrement, et puis une demi tourmente, laquelle pourtant, au dire des matelots, le pouvoit porter à la bouline dedans les Asnes, id. ib. 296.

— ÉTYM. Angl. bowline; dan. bugline ; holland. boelijn ; de bug , bow, boe, proue, et itne, corde.

BOULINE, EE (bou-li-né, née), part, passé.

BOULINER (bou-li-né). || 1° F. a. Terme de marine. Haler la bouline. || 2" F. n. Aller à la bouline, naviguer avec un vent de biais. || Fig. et familièrement. Il va boulinant, se dit d'un homme un peu lourd, qui va d'un pas pesant, penchant du côté où il s'appuie. Peu usité.

+ BOULINETTE (bou-li-nè-f) , s. f. Terme de marine. Bouline de vent du petit hunier, orienté au plus près.

— ÉTYM. Diminutif de bouline.

BOULINGRIN (bou-lin-grin), s. m. Parterre de

gazon pour l'ornement d'un jardin. Chacun quitte son petit palais pour s'assembler au boulingrin, ha- MILT. Gramm. to. Un grand parterre; des boulingrins vis-à-vis des ailes, sév. 541. Il veut mettre le jeu de paume en boulingrin, id. 688. Nous changeons nos prés en jardins, En parterres nos champs fertiles. Nos arbres fruitiers en stériles. Et nos vergers en boulingrins, LAP ARE, Ode <. À votre place j'y ajouterais un boulingrin, et je retendrais dans la forêt, BERN. DE s.-p. Ch. Ind.

— ÉTYM. Angl. bowling green, de bowl, boule (voy. boule), et green, vert : gazon pour jouer à la boule.

t BOULINGUE (bou-lin -gh'), *. f. Terme de marine. Petite voile du haut du mât.

— HIST. XVI* s. Ils n'y sont pas si propresnyexercez [aux joutes, etc.] comme à labolingue [navigation], carloix, II, 4. Ne changez jamais vostre lance, vostre cheval de bataille, ny vos espérons dorez à une voile boulingue ou trinquet, id. v, 27.

— ÉTYM. Bouline.

tBOULINIER, 1ÈRE (bou-li-nié, niê-r'), adj. Terme de marine. On dit d'un navire qu'il est bon boulinier, lorsqu'il va bien à la bouline.

— ÉTYM. Bouline.

t BOULLEUK (bou-Ueur, Il mouillées) ,s.m. Terme de pêche. Celui qui bouille.

— ÉTYM. Voy. booiller ) .

BOULOIR (bou-loir), i. m. Instrument qui sert à remuer la chaux ou à faire le mortier. || Instrument

BOU

pour remuer les peaux. || Terme de pêche. Longue perche pour battre l'eau.

— ÉTYM. Vieux franc, bouler, rouler, tourner, de boule (voy. bouler a et bouiller )).

t BOULOIS (bouloi), s. m. Morceau d'amadou pour mettre le feu au saucisson d'une mine.

BOULON (bou-lon), ». m. Grosse cheville de fer, qui sert à soutenir les poutres et les barres de fer dans les édifices. Elle a, d'un côté, une tête ronde, et de l'autre une ouverture où l'on passe une clavette de fer pour l'affermir. || Moule de fer rond pour faire les tuyaux de plomb. || Pièce du métier de tisserand. Il Outil de cordonnier. IjAxe sur lequel tourne une poulie. Il Boulons d'écartement, grandes tringles en fer sous les marches d'un escalier en bois. || Sorte de clous que le relieur emploie.

— HIST. XV* s. Une très belle Bible, à deux fermouers d'argent, dorez, esmaillez de Adam et Eve, et cinq huilons de cuivre dorés sur chaque ais, de ladorde. Émaux, p. I70. l'n livre do mirouer des dames à deux fermouers de laton hachiez, et cit{a huilons de mesmes sur chacune ais , tous plains , id. fli.

— ÉTYM. Boule, à cause de la tête en boule du boulon.

t BOULONGEON (bou-lon-jon), s. m. Terme de papeterie. Étoffe grossière et de rebut.

BOULONNÉ, EE (bou-lo-né, née), part, posté. Poutre boulonnée.

BOULONNER (bou-lo-né) , v. a. Arrêter avec un boulon.

— HIST. XV* s. Une couppe d'argent, dorée, tortinée et boullongnée; une couppe blanche, verrée et bouUongnée, de laborde. Emaux, p. t7(t.

— ÉTYM. Boulon.

tBOULONNlÈRE (bou-lo-niê-r'), s. (. Sorte de tarière.

— ÉTÏM. Bouton.

t BOULOT, OTTE (bou-lo, lo-t'), ad;. Terme populaire. Gros et gras, qui a la forme d'une boule. Il Substantivement. Un gros boulot. Une petite boulotte.

— ÉTYM. Boule.

t BOULURE (bou-lu-r') , s. f. Terme d'horticulture. Rejeton qui pousse sur la racine d'un arbre.

BOUOUE (bou-k'), s. f. \\ 1° Terme de navigation. Passe étroite. Vieux. || 2° Terme de pêche. Espèce d'entonnoir en filet, qui sépare les chambres de:i bourdigues.

— HIST. XV" s. Et vindrent à passer devant una bonne ville qui sied à l'entrée de la bouque de la mer majeur, Bouciq. i, ch. 32. || xvi* s. Le Tybre croist par les vens austraux qui, souffians droict en sa bouque près Hostie, suspendent son cours, rab. Sciomachie.

— ÉTY"»!. Autre prononciation du mot bouche (voy. bouche).

BOUQUE, ÉE (bou-ké, kée), part, passé. Une poupée bouquée par l'enfant.

BOUQUER (bou-ké), v. a. \\ 1* Baiser par force, en parlant d'un singe ou d'un enfant qu'on force à baiser ce qu'on lui présente. || 2" Fig. Faire bouquer quelqu'un, lui faire baiser ce qu'il ne veut pas baiser, le forcer à faire ce qui lui déplaît. Au procès qu'il nous ont sottement intenté. Moi seul j'ai fait bouquer toute la faculté, regnabd. Légat. II, <o. J'ai déjà fait bouquer messieurs du domaine, je l'emporterai encore sur eux, car j'ai raison, volt. Lett. d'Argental, ^^ mars )760. || 3" Termede chasse. Faire bouquer le renard, le blaireau, le lapin, les faire sortir de leur terrier avec des chiens ou des furets (les faire venir à la bouche du terrier).

— HIST. XVI* s. Il y a plus de braverie et de desdaing à battre son ennemy qu'à l'achever, et de le faire bouquer que de le faire mourir, mont, m, <<o.

— ÉTYM. Diez tire ce mot des langues germaniques: bucka, subjuguer; mais, le sens de bouquer étant proprement baiser, il vient de bouche, prononcé bouque. Bourguig. boquai.

t. BOUQUET (bou-kè; le! ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des bou-kè-z embaumés; bouquets rime avec traits, jamais, succès), s. m. Il 1* Bouquet de bois, ou, simplement bouquet, une partie de bois, un bosquet. Il a voulu vendre un petit bouquet qui faisait une assez grande beauté, sév. 429. Les montagnes commençaient à se couvrir de bouquets de bois, ciiateaub. Itin. 68. Il 2° Faisceau de fleurs liées ensemble. Un bouquet de violettes, de roses. Puisque c'est à bon droit que je vous recherche, je crois qu'il n'y a point de galanterie que je ne puisse faire; et qu'après avoir fait des vers pour vous, je puis bien vous envoyer des bouquets, voit. Lett. 73. Ramasser les fleur» pour faire des bouquets, boss. n, Au, *. Et nom

assemblons pour lui plaire, Dans ses vallons et dans ses bois, Les fleurs dont Horace autrefois Faisait des bouquets pour Glycèra, volt. ^p. 45. Je préside à tou'î les banquets, X ma fête j'ai des bouquets, bé- RANO. Mon curé. || Bojquet de mariée, bouquet de Keurs d'oranger que portent les mariées le jour de iaur mariage. {| Autrefois, donner le bouquet s'est dit pour inviter à dîner, et rendre le bouquet pour rendre la politesse reçue, à cause qu'un bouquet était envoyé dans ces circonstances. || Avoir le boudUPt sur l'oreille se dit des animaux auxquels on met un bouquet sur la tête pour indiquer qu'ils sont à vendre: et, figurément, cette fille a le bouquet sur l'oreille, elle est à marier; cette maison a ie bouquet sur l'oreille, elle est àvendre. ||3°0deur, parfum qu'exliale le vin, par assimilation avec la bonne odeur d'un bouquet. Béni sois-tu, vin détestable ! Bien qu'au mattre de ce banquet Des flatteurs vantent ton bouquet, bérano. Les car. \\ 4» Petite pièce de vers pour une fête; petite pièce galante. La simplicité des temps héroïques, aussi supérieure à tout le clinquant d'aujourd'hui que la poésie d'Homère l'est aux bouquets à Iris, p. l. cour, i, 23. Il 5° Cadeau que l'on fait à une personne à l'occasion de sa fête. Je lui offre chaque année des livres pour bouquet. || 6° Pièce finale d'un feu d'artifice. Le bouquet fut magnifique. || Fig. C'est le bouquet, voilà le bouquet, cela couronne le tout, ou, ironiquement, voilà le mécompte, la mésaventure qui comble la mesure. || Réserver une chose pour le bouquet, la donner, la dire à la fin comme ce qu'il y a de mieux, ou, ironiquement, comme ce qu'il y a de pire. || 7» Faisceau de certaines choses. Un bouquet de cerises. Un bouquet de persil se met dans les sauces pour les relever. La queue de l'éléphant est terminée par un bouquet de soies rudes. Il porte au menton un bouquet de barbe. || Bouquet de paille , poignée de paille que l'on met à la queue ou au cou des chevaux, pour indiquer qu'ils sont à vendre. || Terme de typographie. Une feuiUe vient par bouquets, quandl'encrey est distribuée inégalement. Il Avoir la barbe par bouquets, l'avoir inégalement répartie sur le visage. 1| 8° Outildu relieur. Il 9» Terme de marine. Réunion des poulies d'amures, d'écoute et de oargue-point, qui a lieu aux angles inférieurs des basses voiles des bâtiments dits à traits carrés.

-- HIST. xvr s. Selon ce conseil, le jeune homme se mit, comme on dit, le bouquet sur l'oreille; mais il ne fut longtemps en ce pourchas amoureux, TVER, p. 644. Près du poulailler sera bon d'y avoir des forts bui.ssons ou quelques touffes d'arbrisseaux, servant aussi tel bouquet quelquesfois en esté de retraite à certaines poules, o. de serres, 349. Par escusson aussi se sert-on à enter plusieurs plantes k fleurs, à bouquets, à la médecine, id. 670.

— ÈTYM. Bourguig. bôquai; waU. buscai ; proyenq. bosquet, petit bois; espagn. bosqueie, même sens; ital. boscketto, même sens; bas-lat. boschettum, du bas-lat. boscum (voy. bois). Bouquet signifie proprement bosquet, et, de là, assemblage de fieurs.

2. BOUQUET (bou-kè) , s. m. Terme de vétérinaire. Bouquet ou noir museau, espèce de dartre qui affecte ordinairement le museau des brebis; dite, suivant les pays, bouquin, bique, barbouquet, faux-museau, charbon , faux-nez, poëre, verveine, feu sacré.

— Etvm. Bouc, comme le prouvent les synonymes (i.oir museau, bouquin, bique, barbouquet, faux museau).

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