BRANCHE-URSINE
t BRAND (bran), s. m. Dans l'armement du moyen âge, grosse épée qu'on maniait à deux mains.
— HIST. XI' s. Sanglant en ert li branz entresqu'à l'or, Ch. de Roi. lxxxi. || xii° s. Et par maistrie fu ses ver brans fonduz , lioncisv. p. 64. Il tient l'espée, dont bien trenche li brant, Raoul de C. iTS. Ilxui* s. En son poing [il] tenoit le brant fourbi d'acier, Berte, xtx. Jà te verras lot detrenchier; Ne vois-tu ci mon branc d'acier? lien. 21820. || xiV s, Ançois se défendirent aux bons asserez brans. Tant que de nous occirent trois escuiers vaillans, Guescl. 10276. Il XVI' s. Luy secouant au poing un brand armé de doux, X la poinote d'acier, qui tranohoit des deux bouts, bons. 83».
— ÊTYM. Provenç. bran, brenc; ital. brando; de l'anc. haut allemand, brant, tison; ancien Scandinave , brandr, épée ; le nom de tison ayant été donné à l'épée par une métaphore facile à comprendre.
BRANDADE (bran-da-d') , î. f. Terme de cuisine. Préparation de la morue à la provençiile, avec de la crème, de l'huile et de l'ail.
— ÉTYM. Probablement brande 2 , à cause de la vive saveur de l'ail.
<. BRANDE (bran-d'), s. f. || 1° Sorte de bruyère qui croît dans les campagnes incultes. || 2° Lieux intultes où croissent ces arbustes. Il s'égara dans une irande.
— HIST. XV" s. Le suppliant s'en alla droit à certaines brandes appartenant à son père, nu cange, branda. \\ xvi» s. Le prince donna au comte d'Hohenloo six troupes de cavalerie d'environ six vingt chevaux, pour au grand trot gagner parles brandes le costé de l'armée qui marchoit, d'aub. Ilisl. m, 44). Ainsi que j'aUois de Xaintes à Maresmes, passant par les brandes de St-Sorlin, palissy, 46. Deux paysans furent trouvez dedans les brandes ou guarrigues, qui là. s'estoient mussez de peur, m. du
— ÊTYM. Bas-lat. branda. Origine inconnue, à moins qu'on ne suppose que le radical soit le môme que dans le provençal brandar, remuer, et le français brandir.
t 2. BRANDE (bran-d'), s. f. Terme de marine. Sorte d'artifice pour les brûlots.
— ÉTYM. Allem. Brand, embrasement.
BRANDEBOURG (bran-de-bour), s. m. || 1° Ornement en broderie ou en galon sur un vêtement. Une robe garnie de brandebourgs, J. J. Bouss. Conf. ii. Il 2° S. f. Autrefois, casaque à longues manches.
■ Il 3° Espêcede pavillon ou berceau de jardin. J'ai fait faire deux petites brandebourgs fiour la pluie, l'une au bout de la grande allée dans un petit coin du mail, l'autre au bout de l'infinie; il y a im plafond, j'y ai fait peindre des nuages, sfiv. 445.
— ÉTYM. Brandebourg , nom d'une province d'Allemagne, qui fut donné d'abord à une sorte de casaque, à cause que les gens do l'électeur de Brandebourg, lors d'une invasion en France dans l'année 1674, portaient des casaques de ce genre.
t BRANDERIE (bran-de-rie), s. f. Se dit dans quelques provinces pour usine ou l'on fait de l'eaude-vie.
— ÊTYM. Allem. Brand, brûlement.
BRANDEVIN (bran-de-vin), s. m. Eau-da-vie de
vin. Encore eût-il fallu qu'il [le bourreau] eût été ivre de brandevin, volt. Dial. xxiv, 3,
— ÊTYM. Allem. Branntwein, de brennen, brûler (voy. brandon), et Wein, vin (voy. vin).
BRANDEVmiER , 1ÈRE (bran-de-vi-nié , niê-r") .
S. m. et f. Celui, celle qui vend du brandevin à la troupe, et aussi, dans quelques provinces, celui qui fabri(iue de l'eau-de-vie.
— ÊTY.M. Brandevin.
BRANDI, lE (bran-di, die), part, pansi'. L'épée brandie d'un bras vigoureux. || Tout bratidi, c'est-àdire comme la personne ou la chose se trouvent. Le seul Ragotin n'avait plus envie de rire, et sa colère s'était tournée contre l'Olive, qui le porta tout brandi, comme on dit à Paris, sur le lit que faisait la servante. SCARB. Rom. corn. Ii, ch. 7.
fBRANDlLLE (bran-di-ll'. Il mouillées), t. f. Terme de charpentier. Se dit de trous faits dans les chevrons pour y mettra des chevilles.
— ÉTYM. Brandir.
BRANDILLÉ, ÉE (bran-di-llé, Uée, Il mouiUées, et nonbran-di-yé), part, passé. La corde brandillée par cet enfant.
BRANDILLEMENT(bran-di-Ue-man), s m Mouvement de ce qui est brandiUé.
— ÉTYM. Brandiller.
BRANDILLER (bran-di-llé. Il mouillées, et non bran-di-yé). || 1° Y. a. Agiter deçà et delà. || 2' Y. n. Un vieux linge brandillait à une branche d'arbre. 11-3° Se brandiller, v. réfl. Se mouvoir, s'agiter en l'air sur une corde, une escarpolette, etc.
— SYN. BRANDILLER, BRANLER. Ce qui distingue ces deux verbes, c'est que l'un est un diminutif et l'autre ne l'est pas. Aussi brandiller a-t-il toujours un sens ou de plaisanterie ou d'ironie ou de dénigrement, sens qui est tout à fait absent de la signification de branler.
— HIST. XIII' s. Mais moult fu durement lassés Que des copsquedel brandeler, /îen. 18647. || xv' s. Et doit estre la lance avant brandelée de fort bras, qu'elle soit lanciée; car elle perce mieux, et en donne plus grant coup, christ, de pisan, Charles Y, ii,27. Il XVI' s. L'autre, ayant esté accusé de peculat, a esté vu brandiller à une potence dans un tableau , suixY, dans le Vict. de docuez.
— ÉTYM. Brandir.
BRANDILLOIRE (bran-di-Uoi-r", Il mouillées, et non bran-di-yoi-r') , s. f. || l°Balançoire lormée avec une corde ou des branches. Peu usité. || 2° Sorte de charrue sans avant-train.
— ÉTYM. Brandiller.
BRANDIK (bran-dir), v. a. \\ 1° Agiter dans sa main avant de lancer ou de frapper. Brandir un javelot, une épée. Ce noble mortel Marche en brandissant Un sabre innocent, béranq. Carabas. || Fig. Puis, quand ce trône ose brandir son foudre. De vieux fusils l'abattent en trois jours, békang. Adieu cliansons. \\ 2° Terme de charpentier. Arrêter, affermir, au moyen d'une cheville, deux pièces de bois l'une contre l'autre.
— HIST. a' s. [La lance] Par tel aïr estroussée et brandie, f-h.de Roi. LV. [Il] Empeint [empoint] le bien, Idit lui braniUr le corps, ib. xci. [Il] brandist son cop, et li Sarrazins chet, ib. cxvi. |{ xii' s. Par tel vertu [il] l'a [la lance] croléo et brandie, Ronc. p. 33. A tant s'en tome, s'a son escu saisi; Ce fut mervelle, quant il nul n'en feri. Et ne porquant s'ot il l'espieu brandi , Raoul de C. 87. ||xiii's. Lors vint un vilein o sa lance ; Si li refet une eiivaïe. As deux meins l'a forment brandie. Parmi le cors le volt ferir, Rsn. 21858. Et Franchise qui bien s'en cuevre, Brandist la hante de sa lance. Et contre le vilain la lance, la Rose, 15545. || xiV s. Eau se bat contre feu; contre eau Feu brandist et fouldre et carreau. Trait. d'Alchim. I42. || xvi' s. Elles n'ont que la guerre empreinte en leurs courages. Le brandir de la pique, et de bien manier Sur le sablon poudreux un beau cheval guerrier, bons. 844.
— ËTYM. Brand; provenç. brandir el brandar; espagn. et portug. brandir; ital. brandire. Brandir, c'est agiter comme un brand, comme une épée.
•1. BRANDON (bran-don), s. m. || 1° Bouquet de paille enflammé, dont on se sert pour s'éclairer. Il 2" Débris enllammé qui s'échappe d'un incendie. Des brandons du bûcher qui va le mettre en cendres Embrasons les palais de ces fiers conjurés, volt. Mort de César, m, s. || Fig. Les brandons de guerre civile. Des factions.... Il éteint le dernier brandon, V. HUGO, Odes, n, 7. L'intolérance est presque éteinte; Qui rallumera ses brandons? BÉiiANG.lforl du diable. \\ 3° Dimanche des brandons, le premier dimanche de carême, ainsi dit à cause de l'habitude de porter, en ce jour, des brandons allumés. Il Danse des brandons, sorte de danse rusti(iue ou plutôt course dans la campagne avec des brandons, à l'occasion de certaines fêtes. || 4° Un brandon de glands, un bouquet de glands. Inusité en ce sens. Son rabat [de Mascarille] se pouvait appeler im hon-
nête peignoir, et ses canons semblaient n'être faits que pour servir de cache aux enfants qui jouant à cligne-musette; un brandon de glands lui sortait de sa poche comme d'une corne d'abondance, Récit en prose et en vers de la farce des précieuses, Paris,
IflGO.
— HIST. XIII' s. Nus baudroyers rie puet ne ne doit ouvrer entre les brandons et la saint Rémi, puisque compile est sonée à Nostre-Daœe, Liv. des met. 225. Et vous baignerés en l'estuve Où Venus les dames estuve; Bien sai, le brandon seiitirés, ioilose, 12957. Bcl-Acueil, qui sentit l'aîer [chaleur] Du brandon, sans plus delaier M'olroia ung baisier en dons, Tant fist Venus et ses brandons, ib. 3484. Ele tint ung brandon flamant En sa main destre, dont la llame A eschauffée mainte dama, ib. 3434. Par nuit obscure a tel clarté Qu'il n'estuet [n'est besoin] à nul garçon Porter lanterne ne brandon, FI. et Bl. 1828. Il xiV s. Olivier de Clisson venoit moult puissamment X falos, à brandons, o lui hommes cinq
cent, Guescl. 21749 Deable d'enfer issirent, par
maistrie, (jetans brandons de feu, pour lui faire hasquie, Baud.deSeb. v, 10. Le dimenche que l'en dist des premiers brandons, du cange, brando. Comme il soit de coustume de faire chascun an, le jour des brandons, après soupper, feux aux quels les bonnes gens ont accoustumé d'eulz assembler, ID. ib. Et en sa dextre main tenoit Un dart qui bien estoit ferré. Et en l'autre avoit un brandon De feu que gettoit grant randon, MAènACLT, p. 15. || xvi' s. Devant l'image [de] Cupido Brusloit le brandon de détresse, marot, i, <75.
— ÉTYM. Bas-lat. brando; provenç. brando ; anc. calai, brando; espagn. blandon, torche; de l'allem. Brand, feu, incendie, de brennen, brûler; aiigl. (0 burn.
1. BR.4ND0N (bran-don), s. m. Morceau d'étoffe, et maintenant, d'ordinaire, paille tortillée au bout d'un bâton et plantée aux extrémités d'un champ pour indiquer qu'il est saisi. || Saisie-brandon, acte par lequel un créancier fait saisir les fruits, pendants par branches et racines, des biens de son débiteur.
— IIIST. XV' s. Faire exécution ou mettre un brand sur chacune personne, du cange. brando. || xvi' s. Un seigneur censuel peut procéder par voye d'arrest ou brandon sur les fruits pendans par les racines, Coustumier général , t. i, p. 186.
— ÉTYM. Bas-lat. brando, brandeum, brandium, sorte de voile qu'on mettait sur les terres saisies; ital. braiidoree, lambeau, et, par contraction, brano; anc. espagn. brahon, morceau d'étoffe. Il y a dans l'ancien français braiou, dans le provençal bradvn, braîon, braôn, qui signifient le gras des chairs, le fessier (anglais tirawn. partie charnue) , et qui viennent de l'ancien haut-allemand brâto, accusatif 6rdtun, brdton, partie charnue, mollet; Diez croit que de ce sens on est venu à celui de lambeau de chair et puis lambeau d'étofle; une pareille dérivation paraît très-douteuse. On peut conjecturer, avec quelque vraisemblance, que brand, brandon, est un substantif ilérivé de l'ancien verbe brander, contracli de brandeler (voy. branler), une chose qui brandiUe pouvant sans peine se dire d'un morceau d'étoffe fixé à un pieu ou bâton.
BRANDONNÉ, ÉE (bran-do-né , aée) , part, passé. Terre brandonnée.
BRANDONNER (bran-do-né), t). a. Terme de pratique. Planter des brandons aux extrémités d'un champ dont la récolte est saisie.
— HIST. xiv* s. Nous avions tout droit d'y saisir, brandonner, sceller, du cange, brando. || xV s. Le quel sergent dit au suppliant, qu'il avoit brandonné ses vignes à la requeste d'un nommé Acart, id. ib.
— ÉTYM- Bas-lat. brandonare (voy. brandon 2). f BRANÉE (bra-née), s. f. Boisson préparée avec
du son, pour les porcs que l'on engraisse.
— ÊTYM. Bran.
BRANLANT. ANTE (hran-lan,lan-t'),a<i/. || 1' Qui branle, qui n'est pas stable. Une poutre branlante. Avoir la tête branlante. || Fig. Château branlant, chose peu solide , personne qui n'est pa.s ferme sur ses jambes. Cet enfant commence à marcher, mais c'est un château branlant. Il en était au lit [d'une opération au pied] , quand nous sommes arrivés; il marche présentement, mais c'est comme un chAteau branlant, sÊv. 58. || 2° Branlant, j. m. Anciennement, croix sans coula#t terminée en pendeloque.
— UIST. XIV s. Pour la façon d'un char branlant qui doit se faire pour madame la duchesse d'Orléans, DE LABOHDE , ^Hiaiii , p. 2US. || XV S. Et si CD ay ung autre [parement] qui est de satin cramoisy tou< semé de braulans [clinquifisj d'ci kh. de Saint
BRA
eh. M. Il XVI* 8. Faisans au reste des ot/urses si branslantes, que l'on pensoit à toute heure qu'ils deuslenl tomber, carl. vu, î6.
BRANLE (bran-l'), s. m. || l" Mouvement d'un corps qui va tantôt d'un côté tantôt de l'autre. Le branle d'une cloche. Sonner en branle, donner aux cloches tout le -va-et-vient qu'elles peuvent avoir. X l'église c'était grande cérémonie, cierges allumés, faiix-bourdon, procession, cloches en branle, r. t. couB. I, Î68. [0 mer I] je ferme au branle (le ta lame Mes regards fatigués du jour, lamart. Uéd. II, s*. Klles ont dû se mouvoir du même branle que la matière du ciel, dksc. Monde, 8. Tout est dans un branle perpétuel et par conséquent tout change, font. Les mondes, «• soir. Ainsi de notre espoir la fortune se joue, Tout s'élfcve ou s'abais.se au branle de sa roue, corn, lllus. comique, V, 6. Ou'à son gré désormais la fortune me joue, On me verra dormir au branle do sa roue, non. Épit.v. Il Terme de physique. Espace parcouru par le régulateur d'sne pendule dans une oscillation. || 2° Fig. Impulsion donnée à une chose. Je demande quel moteur a donné ce premier branle à la machine de l'univers, fén. Exist. m. C'est la cause secrète qui donne le branle à tous ces mouvements qui cesseraient aussitôt qu'on aurait su le véritable état de vos disputes, PASC. Prov. ta. Il faut avouer que l'ordre de notre naissance donne presi|ue le premier branle à celui de nos destinées, UKSs.ViUars. Je vais donner le branle et pousser & la roue , tristan , Marianne , ii ,
4 ce que je me propose Pourrait déjà donner un
grand branle à la chose, baron, l'Andrienne,m,9. Ce sont eux qui donnent le branle à la réputation, MOL. lesPréc. <0. Luther donne le branle à ces mouvements, Boss. Yar. t. La France commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe , id. le Tell. L'imprudence, la coutume, le respect humain, la cupidité, sont les grands ressorts qui donnent le premier branle aux diverses destinées des hommes, MASS. Carême, Vocation. Si nous remontions jusqu'à celui de leurs ancêtres qui donna le premier branle à l'infortune de sa postérité.... in. Carême, Enfanl prodigue. 11 donnait le branle et le mouvement à tout, ID. Villeroy. Claudius penchait tantôt d'un côté et tantôt d'un autre selon le branle qu'on lui donnait, pebhot h'abl. Tacite, 339. Mlle de Grignan donnera un branle à vos résolutions, sÉv. 441. || Familièrement. Être en branle, se mettre en branle, être, se mettre en mouvement pour faire une chose. Mettre quelqu'un en branle, lui donner le branle, le mettre en train, en disposition d'agir. || 3° Kspèce de danse. Le branle ou branle gai est le nom générique de toutes les danses où un ou deux danseurs conduisent tous les autres, qui répètent ce qu'ont fait les premiers. Le grand-père et le cotillon sont des brailles. 11 y a ou plutôt il y avait des branles sérieux; ceux qu'on donnait aux bals de Louis XIV, et qui sont décrits dans le Maitre à danser du sieur Rameau , étaient fort graves. || Branle de sortie, retraite forcée et précipitée qu'on est obligé de faire en quittant un lieu ou une personne. Danser un branle de sortie. Et que, quand on se frotte avec les courtisans. Les branles de sortie en sont fort déplaisants, Régnier, Sat. xi. || Fig. Mener le branle, ouvrir le branle, commencer le branle, c'est-à-dire donner le premier exemple d'une chose, être le chef d'une association d'intérêt ou de plaisir. || Être fou comme le branle gai, comme branle gai , être d'une gaieté excessive. || L'air sur lequel on danse un branle. || 4° Lit des matelots, ainsi nommé à cau.se qu'il est suspendu. On dit aujourd'hui hamac. Il 5" Terme de manège. Branle de galop, mouvement que fait le cheval pour prendre le galop, ou action qu'il conserve dans cette allure. || 6" Terme lie fauconnerie. Vol de l'oiseau, lorsque, au-dessus de la tête du fauconnier, il tourne en battant des ailes et en remuant la queue. || 7° Mâchoire d'étau.
— HIST. xv« s Le pays d'Angleterre estoit en
branle et en différend l'un contre l'autre , froiss. ii, II, 4. Les gens de pied dudit duc ne fuyrent point, si en furent-ilz en quelque bransie, comm. vi, 6. Il xvi" s. Si vous avez prins garde au bransie des quatre saisons, «ont. i , 8«. Nous sentons nostre corps agité au branle de nos imaginations, id. i,»:i. Ceux qui donnent le bransie à un estât [qui le trou- Dlentl, iD. i,)2(. Irayj«Bongerau bransie du monde 1 °v™' '* construction] î id. i, <74. Aymer mieulx tumber une fois, que de demeurer tousjaurs eu \^'i°\^' *"• " aPPrenoil à danser aux cham- « v,^ ,1 .r"* 'f ' '"■'"''»* «^s Gascogne .mars. Nom:
hâlit Barrr.""^ * »"*™" * ^ "»"■• '«>< branles du Haut Barrois, caw.. vi. ï7. iu se mirent à chauler
BRA
force branles de Poitou, tver, p. 673. Le troisième est une barre faite en pince par un bout et par l'autre en douille, pour loger un pau, avec lequel elle a plus de branle, d'aub. Uist. ii, 372. Ce que vous ferez dans une heure donnera bon ou mauvais branle à tout le reste de votre vie, et vous fera roi ou rien, m. ib. m, <»4. Les prebstres de St Medard avoyent sonné leurs cloches à tout bransie , condé, Mémoires, 612.
— ÊTYM. Voy. branler; bourguig. branne, sorte de danse.
BKANLÉ, ÊE (bran-lé, lée), part, passé. Un javelot branlé par le bras qui va le lancer. Sa tête branlée à chaque nouvelle demande.
BRANLE-BAS (bran-le-bâ), s. m. || 1» Terme de marine. Action de détendre les branles ou hamacs, pour se disposer au combat. Faire branle-bas, c'est ôter non-seulement les branles, mais tout ce qui est sur le gaillard et dans l'entre-pont , et le jeter à fond de cale, pour se disposer au combat || 2° Familièrement, bouleversement. C'est un branle- bas dans cette maison. || Au plur. Des branle-bas.
— ■t.T\M. Branle, bas.
BRANLEMENT (bran-le-man), s. m. Mouvement de ce qui branle. Branlement de tête.
— HIST. xiv s. Les mouvemens du corps ou les doubteus branlemens des javeloz et des armes, bfr- CHEUHE, f° t5. Il xvi° S. Toute la noblesse qu'avoit avec lui le Prince, estant tombée malade du branslement, et non pas lui. ce ne furent que conseils tendans à esquiver ou le mal de mer, ou le péril du combat, d'aub. Hist. ii, 296. Si le branlement des dents vient par coups ou cheutes, pahé, xv, 27. Les Athéniens ne tiraient que dards, flesches et traicts, dont le branlement des vaisseaux tardoit et empeschoit le droit fil, amtoi, Nicias, 45.
— ÉTYM. Branler.
t BRANLE-QOEOE (bran-le-keue), s. f. Nom vulgaire de la bergeronnette ou de la lavandière. ||.fiu plur. Des branle-queue.
BRANLER (bran-lé) , v. a. || 1° Mouvoir d'avant en arrière, faire aller deçà et delà. Branlant le dard dont il le voulait percer, fén. Tél. xvi. Cette tête que je branle n'est point assoupie, desc. Méd. i. Il Fig. Tant que je branle le menton, tant que je mange, c'est-à-dire tant que je vis. Ohl tu seras ainsi tenu pour un poltron. — Soit, pourvu que toujours je branle le menton, mol. Dép. amour, v, 1. 1| Branler la tête, hésiter, ne pas accéder. Je branlais la tôle à chaque somme, hamilt. Gramm. 3. jj 2" V. n. S'incliner de côté et d'autre Nos destinées. Des
Alpes et des Pyrénées Les sommets auront fait branler, MALR. VI, 8. Il y avait une fois une reine si vieille, si vieille que sa tète branlait comme les feuilles que le vent remue, fén. xix, 3. Ma dent branle, sév. 378. Dents.... Qui, durant qu'il fait vent, branlent sans qu'on les touche, Régnier, Sat. XI. Faites que tout le ciel branle à votre cadence, ID. Sat. IX. Il Fig. Rien n'est jusie de soi ; tout branle avec le temps, pasc. Vrai bien, 4. Quelque terme où nous puissions nous attacher et nous affermir, il branleet nous quitte, in.dans cousin. Les hommes qui ne branlent presque que par des secousses, ID. Imag. t. || Branler dans le manche, ou au manche, se dit d'un instrument qui n'est pas solidement emmanché; et figurément, être menacé dans sa position, dans sa fortune, etc. || 8* Se remuer, se mouvoir. Ne branlez pas de là. On leur a dit qu'il ne faut pas branler, ni aller et venir, sév. 55I. Je pense qu'elle s'attendait que je dusse lui céder ma place; je lui devais une incivilité de l'autre jour, je la lui payai comptant, et ne branlai pas, id. 27. La Bretesche avait défenses expresses de branler, quelque combat qu'il entendît, st-sim. 47, BO. |{ Fig. (ies écoliers n'osent branler devant le maître. Il y allait de la vie à branler tant soit peu sous le commandement du général, Boss. Wt4t.ni, 6. Il 4° Menacer de se révolter. On viendra dire qu'une province s'est révoltée et qu'une autre branle, balzac. Avis écrit. Toutes les provinces qui branlent déjà, ne se déclareront-elles pas? betz, u, 3uo. || Proverbe. Tout ce qui branle ne tombe pas. se dit pour exprimer qu'une chose qui n'est pas solide peut durer, qu'une personne qui est maladive peut vivre longtemps.
— HIST. XI' s. Quant l'oit Guenes, l'espée [il] en a branlie, Ch.de Roi. xxxvi. De son espieulahanste [il] en a branlée, ib. ccxl. || xii* s. Lors fil] commença son tinel [massue] à branler. Bat. d'Aleschans, 5 H 9. Tant espié fort branler et paumoier, Honc. p. 68. Il xiii* s. Roonel mot ne lespondi; Qar il ne pot, que trop l'eslraint Li laz, et dant Renart l'empaint Par les piez et le fet branler. Ren. 247B7.
BRA
Tant par est la bataille fors, Lombart comrnunceDi à branler; Car il ne porent mais souffrir, guill. vm PALEBME. Tuit li crestien en branlèrent, Uist oceii. des croisades, t. ii, p. 3(2. || xiv* s. Quant le Breton les vit, le cheval va brochant, L'escu mist en chantel, la lance va branlant, (yuescl. (5828.||xv"s. Kt se tenoient cils à cheval pour reconforter les batailles qui branleroient, froi.ss. i, i, 92. Marne l'ensaint; les hauU bois profitables Du noble paie puet l'en veoir branler, e. desch. Le bois de Yincennes. Et branloient toutes nos enseignes comme gens qua.si desconfltz,coMM. 11,2. ||xvi's. LouisSforce, sousqui avoit si longtemps branslé toute l'Italie, on l'a veu mourir prisonnier à Lochesl mont, i, c6, Nostre ame ne branle qu'à crédit, serve et captive soubs l'auctorité d'aultruy, ID. I, ^IH. La profession des pyrrhoniens est de bransler, doubler et enquérir, ID. II, 230. Le soleil bransie, sans séjour, sa course ordinaire, id. ii, 201. Le ciel et les estoiles ont branslé 3000 ans; tout le monde l'a voit ainsi creu, ID. II, 329. Tout ce qui branle ne tumbe pas, m. IV, 86. Je ne veulx pas que vous le poussiez, ny le bransliez; mais seulement ne le souljstenez plus, ID. IV, 353. Ayant quelque temps branlé [dansé] à la lourdesque, yver, p. 573. L'armée n'estoit point encore tournée en fuitte à val de roupie, mais bransloitde.sjà et estoit en grand desarroy, amïot, Pélop. 00. Les eschelles branloient et plioient sous le faix, ID. Aratus. 9. Le peuple, voyant Legouverneur armé à l'Etape et au Martroy, branloit pour la pluspart à se jetter de son costé : mais.... d'aub. Uist. 1, 434. 11 jugeoit à leur mouvement, s'ils branloient ou marchoient résolus, id. m, 286. Les dents branlent par la relaxation des gencives, paré,
— ÉTYM. Bourguig. brannai; forme dérivée de brandir (comme brandiller), par l'intermédiaire d'un trrandeler, contracté en branler. On trouve en effet brandeler : Targes, banieres, penonceaux,Selonc ce que les nés [vaisseaux] brandelent, En mil parties i fretelent, o. guiart, t. ii, p. 359; et même brander : Tute la terre braude, pensez del espleitier, j. fantosme, Chron. 958.
t BRANLErrE (bran-lè-f) , s. f. Terme de pêche La seconde des trois pièces d'une ligne.
— ETYM. Branier, à cause du branlement de cette pièce de la ligne.
BRANLOIRE (bran-loi-r"), s. f.\\ 1° Planche qui, en équilibre, sert à deux personnes placées au bout pour s'enlever tour à tour. || On dit plus souvent aujourd'hui une balançoire, et, dans le langage trèsfamilier, un tape-cul. || 2° Levier garni d'une chaîne de fer qui meut le soufflet d'une forge. || Grand cliâssis fixé au plancher du séchoir dans un atelier de teinture. || S" Terme de fauconnerie. Un héron est à la branloire quand, s'élevant très-haut, il tourne en agitant ses ailes.
— HIST. xvr s. Le monde n'est qu'une bransloire perpétuelle, toutes choses y brandent sans cesse, la terre, les rochiers du Caucase, les pyramides d'jEgypte, et du bransie publicque et du leur; la constance mesme n'est autre chose qu'un bransie plus languissant, mont, m, 2.
— ETYM. Branler.
BRAQUE (bra-k'),«. m. || 1° Race de chiens propre à la chasse , ayant le poil ras et les oreilles pendantes. Cette race a pour variétés le chien courant et le basset. Il 2° Un étourdi, un écervelé. C'est un braque. Il Adjectivement. Cet homme est braque.
— HIST. XII" s. Brachez aveit fet demander, En bois voleit aler berser, Rou, 149)0. || xiii' s. Qui remire la bêle cliace Que fere soliiez jadis. Les vos hraches entrer en trace, Çà cinq, çà sept, çà neuf, çà dix, ruteb. 8». Et ces ostoirs [autours] crier et ces braques glatir, Chans. d'Anl. v, 44(. Li braconier les chiens descopient, El li brachet au leu [loup] s'acoplent, Ren. (222. [Labiche] Par l'abai des bracez sailli, marie, Gugcmer. || xv s. Et le daulphin luy donna deux très beaulx braches, à colliers d'or et belles laisses, christ, depisan, Charles K, ui , ch. 44.
— ËTYM. Provenç. brac; espagn. braco; ital. brauo; de l'anc. haut allem. braccho, chien de chasse. Une des formes qui sont dans l'hislorique est brachet, diminutif de braque. Dans le provençal et le vieux français, le nominatif est brac, et le régime bracon, d'où braconner.
BRAQUÉ, ÉE (bra-ké, kée), port, passé. Pointé vers. J.es canons braqués contre la ville. Des enfants d'Uranie un essaim curieux, D'un tube de cent pieds braqué contre les cieux. Observait les secreU du monde planétaire, volt. (•' Discours. || Tenant constamment les yeux braqués sur cette fcniiae.
BRA
BRA
BM
IIRAQCEMART (bra-ke-mar), i. m. Épée courte
et large.
— HIST. XIV* S. PorrotaToitpenduun bazelaireou hergaman à sa ceiDlure,DuCANGE, bragamardus. Le dit Camiis geta un grant cousiel que l'en dist bragamas, contre la teste du dit Hiiclion, ID. tb. Oui tenoienttous entre leurs mains nagamarsetgrantgisarmes, iD. «6. Il XV' s. Un grant coustel d'Àllemaigne, nommé bracquemart, id. bra(iuemardus. Ainsi que François se retourna, ce bastard, qui estoit un fort varlet, lasche parmi la teste un coup d'un bracquemart si pesant, que il le pourtei.ilit jusques aux dents, et l'abattit tout mort à terre, froiss. u, m, 3(1. Il XVI' s. Et avec son grant braquemart frappoit sur ces fuiarts à grant tour de bras sans se feindre ni espar^ner, rab. i, +4. Prenant un braquemard de chasse qu'il portoit pendu, D. Flores de Grèce , f° vu , verso.
— ÉTYM. Bas-lat. braquemardus , bragamardus. On tire ce mot de Ppayùç, court, et (ioiyatpa, épée; mais, outre qu'on ne voit p^s les intermédiaires par où ce mot grec serait arrivé, les formes diverses ne sont pas favorables à cette hypothèse. Grandgagnage voit, dans la première partie de braquemart, le wallon braket, grand sabre, brakèle, épée courte, qu'il rapproche du bavarois brâchzen , sorte de serpe, et par mépris, épée. Le rapprochement avec le wallon est plausible. Braquet était aussi en usage, même au commencement du xvii' siècle; par exemple : Lui voulant faire quelque mal pour avoir sa revanche, il l'appela à soi, et lui demanda à tenir un petit braquet qu'il portait au côté; CoUinet l'ayant tiré du fourreau, le seigneur le prit.... Francion, liv. vi, p. 237.
BRAQ0EMENT (bra-ke-man), s. m. Action d« braquer.
BRAQ0ER (bra-ké), v. a. || l" Diriger un canon, une lunette du côté d'un objet. Braque tes lunettes, vieux sire [Jupiter s'apprètantà lancer son foudre], Sur le front couronné par nous.... De la candeur c'est le sourire. De la bonté c'est l'œil si doux; Jupin ne mettrait-il en poudre Qu'une couronne de bluels? bérang. Bluets. Il 2* Fig. Braquer ses regards sur quelqu'un, sur quelque chose, les tenir arrêtés sur quelqu'un , sur quelque chose.
— HIST. XVI' s. U braqua si à propos une couleuvrine, que.... mont, i, 49. La ville prise, ils braquent leurs pièces contre le chasteau, et tirèrent
plusieurs volées, carl. i, 39 Et que les cano'
niers ne se lassent de tirer incessamment, sans bracquer ny myrer, mais seulement à coups perdus et en ruyne, m. v, 25. Et quand [Charles-Quint k Metz] environné de tant de gonfanous. Fit braquer tout d'un rang cent pièces de canons , RONS.Poëmei, liv. I.
— ÉTYM. (rénev. hranquier; bourguig. braiqué; d'après Diez, de l'ancien Scandinave brdka, qui signifie affaiblir, mettre dessous; le sens laisse du doute sur cette étymologie, et on ne saisit pas bien l'enchaînement entre mettre dessous et diriger. Il y a dans l'anglais brake qui signifie la poignée d'une pompe; le mot aurait-il passé de la marine dans le langage militaire? enfin, comme le mot est récent, faudrait-il y voir un verbe formé de braque, avec la signification de chercher, pointer?
t BRAQUES (bra-k'), s. f. plur. Les pinces de l'écrevisse.
— Rtym. Brachhtm, bras.
f BRAQUET (bra-kè) , s. m. Espèce de petits clous dont les paysans se servaient pour ferrer leurs souliers.
— P.TYM. Braquet a aussi signifié poignard (voy. braquemart, à l'étymologie).
BRAS (r.ç se lie: un bras arrondi, dites : un bra-z arrondi), s. m. [| 1° Nom, dans le corps humain, du membre supérieur et tenant à l'épaule. De la grosseur du bras. Qui a de bons bras. Être emporté dans les bras. Il le prend entre ses bras, fén. W. VII. Mentor tenait Télémaque serré entre ses bras, ID. Tél. xii. Il vous tend les bras pour vous embrasser, m. Tél. xiv. Vous n'avez en ces lieux que deux bras comme un autre, coRN. Nicom. i, ). Il Donner le bras, arrondir le bras pour qu'une autre personne s'y appuie. || Donnerle bras, mettre son bras au bras de quelqu'un. Viens aux champs fouler la verdure. Donne le bras à ton amant, béhang. Champs. \\ Se donner le bras, se dit de deux personnes qui ont le bras passé l'un dans l'autre. Il Prendre le bras, passer son bras autour du bras d'une autre personne. || Offrir son bras, se dit d'un homme qui demande à une dame si elle veut prendre son bras pour passer d'une pièce dans une autre, pour faire une promenade, une course, etc.
Dlt.T. DE LA LANGUE VRANÇAISlC.
Il Avoir les bras retroussés jusqu'au courte, avoir la manche du vêtement retroussée. || Familièrement. Gros comraele bras, se (lit pour exprimer une flatterie qui consiste à donner à quelqu'un avec affectation, en lui parlant, un titre qu'il a ou qu'il n'a pas. Dans la conversation il le traita de comte, gros comme le bras II Avoir des bras, en termes de danse, c'est les porter, les remuer avec grâce. || Familièrement. Les bras m'en tombent, masurprise est extrême. || Couper bras et jambes à quelqu'un, lui enlever ses moyens de réussir, ou encore lui ôter tout courage. || Demeurer les bras croisés, rester sans rien faire. Mais je le laisse aller après un tel indice. Et demeure les bras croisés comme un Jocrisse, mol. Coc. imag. 46. || Faire les beaux bras, se donner de grands airs. || Faire les grands bras, affecter un crédit, une importance qu'on n'a pas. || Fig. Tendre les bras à quelqu'un, lui offrir secours et protection; l'inviter à approcher. Rome tend les bras à César, Boss. Uist. i, 9. La Sicile De là nous tend les bras, boil. Epit. i. Par cette conduite accommodante ils tendent les bras à tout le m^nde, pasc. Prov. 5. Ainsi je tends les bras à mon libérateur, id. Juifs, *9. || Tendre les bras, implorer du secours. Le pape, k qui Charles Martel était nécessaire, lui tendait les bras, montesq. Psp. xxxi, n. Il Arrêter, retenir le bras de quelqu'un, à quelqu'un, l'empêcher de frapper; et, figurément, arrêter sa colère, sa vengeance. || S'appuyer sur le bras de quelqu'un, être soutenu par son bras; et, figurément, avoir son appui. || S'appuyer sur un bras de chair, dans le langage -mystique, mettre son espoir aux choses temporelles. Il Recevoir quelqu'un à bras ouverts, le recevoir avec empressement, avec amitié. Elle fut reçue à brasouverts de sonmari.sÉv. 422. Cette Catteriem'est si agréable que je la reçois à bras ouverts, iD. (42. Un oncle qui la chérissait lui fut enlevé au moment où elle l'attendait, les bras ouverts, à son retour d'Flgypte, dider. t'ss. s. Claude, liv. u. || Avoir quelqu'un sur les bras, en être embarrassé ou chargé. Au ciiantre tout valet qui vous est sur les bras, Qui fatigue son maître et ne fait que déplaire X force de vouloir trancher du nécessaire, mol. Fdch. i, <. Il y a des gens pressants qu'on a sur les bras, sév. 22(. Tu m'as abandonné dans un grand embarras; Un malheureux neveu m'est tombé sur les bras, HEGNARD, le Légat, m, 4. |j Avoir beaucoup d'affaires, de grandes affaires sur les bras, en être accablé. Nous n'aurions plus qu'une affaire sur les bras, balz. Liv. i, lelt. 7. Il fallut songer aux grandes affaires (ju'il avait sur les bras, s6v. 2)1. Il se trouve que j'ai le gouvernement de Provence sur les bras.iD.tte. Je me trouvai une violente affaire sur les bras, VOLT. Scarmentado. || Se mettre sur les bras, s'attirer sur les bras, c'est-à-dire s'attirer l'inimitié. Voudriez-vous, madame, vous opposer à une si sainte pensée, et que j'allafse, en vous retenant, me mettre le ciel sur les bras? mol. D. Juan, I, 3. Qui en choque un se les attire tous sur les bras, m. ih. v, 2. Et je me jetterais cent choses sur les bras, id. Mis. v, 4. || 2° Embrassement , sein, giron. U le prit dans ses bras. Quand il vous pressait dans ses bras. Appelez votre frère, oubliez dans ses bras.... hac. Bri(. iv,3. || Fig. Il se jota dans les bras de l'armée. Tirer quelqu'un des bras de la mort. U s'arrachait des bras du sommeil. Tel qu'au soir on voit le soleil Se jeter aux bras du sommeil, malh. VI, t6. Le dieu que vous servez vous adopta pour fille, Vous êtes dans ses bras, il parle à votre cœur, VOLT. Zaïre, iv, 4. Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas. Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras, rac. Athal.m,3. Hippias se jette entre les bras de Darius, boss. Uist. i, 8. Rome est contrainte de se jeter entre les bras des Français, 11). ib. 111,7. J'ai horreur de mes péchés; je me jette entre les bras de votre infinie miséricorde, fên. XVIII, 4 83. Dieu, appuyant les fausses religions par des miracles, jetait l'univers entre les bras do ses ennemis, volt. Mœurs, Oracles. \\ 3° Fig. et poétiquement, amour, mariage, union. Vous veniez de mon front observer la pâleur Pour aller dans ses bras rire de ma douleur, hac. Andr. iv, 6. Je me tiendrais heureux entre les bras d'une autre ! corn.
Poly. II, 2 Voir tout ce que j'aime entre les
bras d'autrui. id. Sertor. m, 2. On l'allait mettre entre les bras d'un rustre, la pont. Mandr. || 4° Personne qui travaille. Campagnes qui man(iuent de bras. Il Ne vivre que de ses bras, ne vivre que de son travail. || 5° Ce qui agit, par opposition à ce qui conçoit. U n'a été que le bras d'un autre. Le bras droit de quelqu'un, celui qui agit,
travaille pour lui L'un e.st votre cœur si
l'autre est votre bras, rotk. Vencesl. i, 4. ]l se-
rait désormais le bra.s droit de notre monarque, boss. Honn. ï. Les conseillers d'État se portèrent à chasser la Berlips et le prince de Darmslâdt, de haine pour la reine et pour ses deux bras droits, ST-siM. 84 , 56. Il 6° Fig. Force, courage guerrier. Un
bras victorieux Je n'ai point de bras Quand il
faut conserver ce qui ne vous plaît pas, mbn. Cid, v , 4 .Trois sceptres à son trône attachés par mon bras, in. Nicom.i, 4. Remettez à leurs bras les communs intérêts, id. Cinna, i, 2. S'il avait (somme lui son bras à mon service, iD. D. Sanche, ii, 4. Je vous offre mon bras, rac. Andr. i, 4. || 7° Pouvoir, puissance. Toutes les choses humaines soflt sous le bras de Dieu. Un tyran appesantissait sur la ville un bras de fer. Les prières devraient arrêter le bras du Seigneur, MASS. Temples. Slou. le jour approche où le Dieu des armées Va de son bras puissant faire éclater l'appui, SAC. Esth.l, 4. || Le bras séculier, la puissance, l'autorité temporelle par opposition à l'autorité ecclésiastique, et aussi la justice temporelle par opposition à la juridiction ecclésiastique. Dérober un coupable au bras de la justice, corn. Hor. v, 3. H Fig. et familièrement. Avoir les bras longs, avoir beaucoup de crédit, d'iniluence. || 8° Un des courants d'un fleuve. La Meuse reçoit un bras du Rhin. Se diviser en beaucoup de bras. La rivière ayant réuni ses deux bras. || Bras de mer, détroit. Ils sont séparés par un bras de mer. {| 9° Sorte de chandelier à une ou plusieurs branches qu'on applique au mur. Un bras doré. Deux bras d'argent. || 10" Dan» le langage anatomique. région du membre antérieur ayant pour base l'humérus. || Membre thoraciqua des animaux invertébrés, ou seulement son premier article. || Terme de vétérinaire. Partie de la jambe du cheval qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au genou. Il Les bras d'une baleine, ses nageoires. Il Bras du polype, ses tentacules. || Bras de l'écrevisse, ses pinces. || Les bras du Scorpion, constellation. I| 11* Ce qui est configuré en forme de bras. Le» bras d'une machine. Les bras d'une équerre. Bras de fauteuil. Siège à bras. Les bras d'un fauteuil, d'une civière, d'un brancard, d'une vergue. Le bras d'un aviron. Bras de la vigne. Bras de balance, le» deux parties qui sont de chaque côté du point. || Bras de levier, la portion du levier comprise entre le point (l'appui et le point d'application des forces. Il Terme de charpentier. Bras de chèvre, les deux longues pièces qui portent le treuil. || 12° Terme de géognosie. Rameau de montagne qui, dépassant le pieii général de la chaîne, s'avance dans la plaine. Il 13° À bras, loc. adv. Avec les bras seuls, et sans machine. Les cabestans enlèvent des fardeaux que les hommes n'auraient pas pu remuer à bras, volt. Dial. IV. On leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre, m. Mœurs. 4 52. Il fallait porter la caisse à bras jusqu'à une certaine distance, j. j. HO[jss. Conf. III. Il X force de bras, même sens. Ils montèrent le canon à force de bras. || X tour de bras, loc. adv. De toute sa force. Il frappait à tour de bras. Il X bras raccourci, sans quartier. Frapper à bras raccourci. Il 14° X bras-le-corps, Inc. adv. Par le milieu du corps. U le prit à bras-le-corps. || 15° Bras dessus, bras dessous, Joe. adv. En se donnant le bras. Monseigneur descendit, le roi voulut descendre aussi ; monseigneur lui embrassa les genoux; le roi lui dit • ce n'est pas ainsi que je veux vous embrasser; et sur cela bras dessus, bras dessous, avec tendresse de part et d'autre, sév. 488. Bras dessus et bras dessous. S'en vont Colin et Colette, bérang. Bon ménage. Il Fig. Être bras dessus, bras dessous, être dans une grande intimité. || S'embrasser bras dessus, bras dessous, s'embrasser avec beaucoup d'intimité. Je commence par vous embrasser bras dessus, bras dessous, montesq. Lettre 54. || Proverbe. Si on lui en donne long comme le doigt , il en prend long comme le bra.s, c'est-à-dire U u'a point de discrétion, il abuse.
— HIST. XI' s. Donc perdreit Charles le destre braz du cors, Ch. de Roi. xliv. X bras se prenent ambedeus pour luter, ib. clxixi. || xii's. S'il aveient talent [désir] de guerre, Dès or en unt toz pleins les braz, BENOIT, ii, 8723. Entre ses bras nulle Icis ne gisrez, Bonc. p. 82. Sur la jointe du bras où il l'a assené, ib. p. 4 95. Et ses beaus bras et son cors bel et gent. Coud, v. Mais [ils] n'i voient rieusqui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton, ib. ii. Ses deus fils [il] vitocire as bras de sa moillier, Sax. xi. Quant il furent caeit [tombés] aiidui el brac, Gérard de Ross. p. 360. || xiii' s. Et pristrent port devant le palais l'empereour Alexis, qui ert apelés Calcidomes, et fu encontre Constantinoble (le l'autre part du bras devers la Turkie, viLLEii. Lxu.La duchoise, sa suer, entre ses bra» la
MO
nM
prent Ilerle, ix. Nus boutonier no puel faire boulons qu'il ne soient bien soudé et loialment, c'est & urolr li dui bras de la queue, et li louions en milieu oniemenf, liv. des met. <86. Et sa apostume iiTient, si convera tantost sainier de l'autre brac, jaEBRANT, t" 12. Une ewe ki desuz cureit; lîraz fu le mer, hafne [havre] iaveit, marie, Cugemer. Au lierc jor devant l'avesprer, [ils] Parvinrent à un brao :lo mer, FI. et III. tMl. Assez près de Uamiete trouvâmes un (lum qui issoit de la grant rivière; et fut ainsi acordé que l'est séjourna un jour pour boucher le dit braz, par quoy en peust passer, joinv. 2l«. Là le roscourent le connestable do France et plusieurs des serjans le roy avec li , qiii le ramèneront par les bras jusques à son paveillon, ID. 2)«. Il XIV s. [Celui qui porte le faucon] doit tenir son brach et son poing ferme, Kodus, ^LXXVIII, verso. |] xv s. Et saillentdeterre,et embrassent un homme par derrière, et le tirent jus; car ce sont trop fortes gens de bras, fbgiss. m, iv, *2. Et en pensant mainteiïoiz m'est advis Que je vous tiens entre mes bras, m'amye, CH. d'orl. Bail. <2. Bel Acueil print Jeunesse par le bras, ID. ib.l. Puis passeront Gauloys le bras marin ; Le poure Anglet destruiront si par guerre, e. desch. Bail, sur lafrroph.de Merlin. Voyant soy estre l'ung des bras principaux du royaulme, o. ciiastel. Chron. du due Philippe, Introd. Girard et Conrard se prindrent à bras, et s'en vont voir leurs chevaux, louis xi, Nouv. xxvi. lien avoit tout au long du bras et autant qu'on en pourroit entasser à toute force au cœur d'un amoureux, ID. «6. xxxiii. Si se tourna tost devers lui et le print i bons bras de corps, id. ib. xuv. || xvi" s. Elle passa an lacet de sa robe dans l'un des bras de sa chaize, MONT, m, <53. Comme les galères des Barbares eussent environné les isles tout à l'entour, et l'issue du bras de Salamine, amyot, Arist. 2(. Il se feit porter par ses serviteurs dedans unelittiere à bras, jusques au sénat. Ses gendres et ses enfants, le prenant par dessoubz les bras, le conduisirent au dedans, ID. Pyrrh. 39. Pionniers, charpentiers et autres telles gens de bras, id. Lucull. 49. Comme nous avons dit en la fracture du petit bras [avant-bras] l'os qui demeure entier sert à son compagnon, paré, xui , 2S. Comme l'on fait es boutiques des marchands , par l'aune, la cane, le bras, et semblables, o. de serbes, 4), Et à grands tours de bras forcez moy la marine, Bandez vous au travail, hons. 844. Il jette la pierre et cache le bras, cotgrave.
— ËTYM. Bourguig. brai; picard, brot; wallon, breî'; provenç. brati; catal. bras; espagn. braio ; portug. braço; ital. braccio; du latin 6rac/ttMm,grec Ppoxîwv. pans l'ancien français, le nominatif est bras, le régime est brac. C'est le nominatif qui a formé le mot actuel ; de là vient \'s que nous y mettons.
t BRASE (hra-z'), s. f. Dans les arts «himiques, synonyme de charbon.
— ÉTYM. Voy. braise.
BRASÉ, ÉE (bra-zé, zée), part, passé. Un fusil brasé, fusil auquel on a remis une pièce par le brasement.
t BRASEMENT (bra-ze-man) , s. m. Action de braser.
4. BRASER (bra-zé), r. O. Joindre deux pièces da fer, d'acier ou de cuivre l'une avec l'autre par une soudure particuliil're od entre du borax, et que l'on fait fondre sur un brasier ardent.
— HIST. xu' s. Ainsi fu la cité brasée Et destruite et essilliée. Brut dans lacurne ste-paxaye. || xvi* s. Moy trop heureux qui, vivant dans la flame De Cupidon, suis consommé et ars. Sentant braser dedans mon corps une ame Par un doux ris, par de friands regards, pasquier, Uenophile, p. 76, dans lacurne
STE-PALAYB.
— ÉTYM. Ane. scandin. brasa, souder (voy. BRAISE): ainsi dit parce que le feu, le brasier, la braise sont employés dans la soudure. Braser, dans l'ancien français, signifiait brûler.
t 2. BRASER (bra-zé), V. a. Terme de salines. Casser la croûte de sel qui se forma dans les marais salants.
t BRASERO (l)ra-z*.ro), i. m. Vase contenant des ciiarbons allumés, et avec lequel on se ch.iufle en Espagne dans les appartements pendant les froids. ÊTYM. Espagn. brasero, brasier.
BRASIER (bril-zié.l'rneseliejamais :unbrasierarl.r»,iA ""'!.'""*""* ardent; au pluriel Vs se lie: des Sur rtL *"^''^'/„- "•• Il l-Feudecharbons ardents. hvreînir'"T''""'''"° «=" ""«»<=«. 0" d'un vieux
Er Et^^T" ■" ''^û'"" «' °« f"' t'ie"lôt qu'un ««m-er. El ce brasier croissant les repousse au de-
BIIA
hors, MAiH. J/orl ^Asdruh. v, 2. Des hommes extrêmement ignorants condamneront au brasier un livre qu'ils n'auront pas lu, volt. Uttr. d'Àrgental, 26 avril t7e3. Il 3° Kig. De l'indigne brasier qui consumait mon cœur. Il ne me reste plus que la seule rougeur, hotr. Venceslas. n, 2. || Son corps est un brasier, il a une fièvre ardente. || Sa tête est un brasier, il est dans une grande exaltation. || 4° Grand bassin de métal où l'on met de la braise pour chauffer une chambre.
— HIST. XIII' s. Haister [rôti] [il] quis.seit [cuisait] sur le bracerD'un sengler parcreQ et grant, Ml del désiré. Qui donc veïst cel asne ocire et destrenchier, E mètre en la caudiere et sor le grant brasier.... Ch. d'Ànt. vu, 899. |1 xv s. Sur mol duvet assis ung gras chanoine. Lez ung brasier, en chambre bien nattée, villon. Bail. Contredit de franc gantier.
— ÊTYM. Braise; espagn. brasero.
BRASILLfi, ÉE (bra-zi-llé, liée, U mouillées , et
non bra-zi-yé), part, passé. Des poires brasillées. BRASILLEMENT (bra-zi-lle-man , ii mouillées, et non bra-zi-ye-raan), s. m. Effet de la mer qui brasille. Le brasillement est un effet non d'électricité, mais de phosphorescence.
— ÊTYM. Brasiller.
BRASILLEK (bra-zi-llé. Il mouillées, et non brazi-yé). Il 1° P. a. Fairegrillersurdelabraise. || i" Y.n. Présenter une traînée de lumière, en parlant de la mer frappée obliquement par des rayons lumineux, ou devenant phosphorescente dans la trace du bâtiment.
— HIST. XV* s. Avecque leurs compères Et voisines, en hiver. En brazillaut les poires, [ils] S'arroyent à deviser, bassel. xxvi.
— ÉTYSI. Braise.
BRASQUE (bra-sk'), s. f. Mélange d'argile et de charbon pilé, dont les fondeurs enduisent la surface de. leurs creusets.
— ÈTYM. Milanais, brascà, allumer. C'est un dérivé de braser.
BRASQDÉ, ÉE (bra-ské, skée) , part, passé. Creuset brasqué.
BRASQUER (bra-ské), v. a. Enduira de brasque la surface des creusets.
— ÉTYM. Brasque.
t BRASSADE (bra-sa-d'), t. f. Terme de pêche. Filet dont les mailles ont plusieurs pouces d'ouverture et dont on fait la manche du boulier.
t BRASSADELLE (bra-sa-dè-l') , s. f. Embouchoir du fusil de munition.
1. BRASSAGE (brà-sa-j'), s. m. I| I» Action de brasser de la bière. |{ 2° Travail des ouvriers qui brassent ou remuent les métaux dans les ateliers de monnaies. || Droit qui était accordé au fermier des monnaies, sur chaque marc d'or, d'argent et de cuivre mis en œuvre, pour les frais de la fabrication.
— ÉTYM. Brasser i .
t 2. BRASSAGE (bra-sa-j'), s. m. Terme de marine. Brassage d'une vergue, endroit d'un étai, des haubans, des galhaubans, où porte une vergue brassée au plus près.
— ÊTYM. Brasser 2.
BRASSARD (bra-sar; le d ne se lie jamais; au pluriel l'sne se lie pas : des bra-sar-élégants ; d'autres disent en liant : des bra-sar-z-élégants) , s. m. Il 1° Partie de l'ancienne armure qui couvrait le bras. Il 2° Tout ornement porté au bras, en signe de reconnaissance. || 3° Garniture de cuir dont on se couvre le bras pour jouer au ballon. |{ Manche pour garantir le bras du verrier.
— HIST. XVI" s. Je ne specifieray point autrement ces' grands coups qui fendent un homme jusques à la ceinture, et coupent un brassai et un bras tout net, LANGUE, 440. Avec les cuissots, demi brassais et la bourguignote, puis une bonne et longue pistole, ID. 237. Il osta ses brassards avant que d'aller à la charge, d'aub. V'te, XLV. Guirlandes, chapelets et brassards de roses, et de toutes aultres fleurs, carl. y, 44.
— ÉTYM. Bras. On a dit aussi brassai; brassard seul est resté. Italien, bracciale.
t BRASSARDÉ, ÉE (bra-sar-dé,dée),a(i;.Armé de brassards. Ilobal ne doutait pas qu'étant casqué, brassardé, il ne vint à bout du champion, volt. Zadig, 24.
— ÊTYM. Brassard.
BRASSE (bra-s'),». f. || l">Mesure qu'on prend avec les deux bras étendus, c'est-à-<lirod'un bout à l'autre, et qui passe tu peu près pour celle de cinq pieds anciens ou 1" 62; on l'appelait aussi pas géométriqpie, valant deux pas ordinaires. Un chapelet.... Long d'une brasse et gros outre mesure , la fobt. Herm.
BRA
Combien de brasses doit avoirnotre ligne? j.j.rolsi Ém. n. Il Terme de marine. Mesure de cinq pieds Nous dqnn&mes fond par six brasses, chateaub. /lin. II, 4 8. On vient mouiller à telle brasse que l'on veut, id. ib. III, 4 4 4. Les plus grandes profondeurs où les plongeurs puissent descendre, qui sont de vingt brasses, UUFP. Théor. de la terre, 2* discotirs. '|| Être sur les brasses, étresûr d'avoir fond. || 2° Pain de brasse , fort grand pain de 20 à 25 livres. || 3" Brasse, d'après l'Académie, manière de nager dans laquelle on tirs les bras alternativement hors de l'eau, les ramenant, alternative;. lent aussi, auprès du corps; mais, d'après plusieurs gymnastes, manière de nager qui consiste à mettre les mains réunies sous le menton, les coudes près du corps, les jambes repliées, et les pieds placés de manière à pouvoir être lancés à droite et à gauche ; puis allonger vigoureusement les bras en avant, en donnant simultanément deux forts coups de pieds à droite et à gauche ; et, finalement, ramener les pieds et les mains à la première position; dans ce dernier sens, on dit : faire une bras.çe. 11 sait à peine nager, il ne fait que deux ou trois brasses. Dans le sens do l'Académie, on dit, à Paris : la coupe; nager àJa coupe.
— HIST. XI* s. Li reis a pris Tierii entre sa brace, Ch. de Roi. cclxxxix. Sanglant [il| en a et l'haubert et la brace, th. cm. || xn' Des champions chascuns a brace fiere; Bien s'entrefierentet devant et derrière, /(. de Cambrai, 4 98. Il xiii* s. Mes une grant borse pesans. Toute farsiede besans, Se la veoit saillir en place, Tost Icorroit à plaine brace, la Rose, 8390. Calabre vint encontre sa mère la senée; Contre le roi [elle] ala lie, brace levée, Ch. d'Ànt. i, 654. Il xrv* s. Li rois de Bel-Marin li lait belle a.ssemblée, Et li baille son filzà la brace quarrée, Guescl. 4 5507. Il XV* s. Si deux parois de piastre fussent à une brasse l'une près de l'autre, à force de bras et de jambes il monteit tout au plus hault, sans cheoir au monter ne au dévaler, Bouciq. i, ch. vi. Il XVI* s. Jà de la mer la fureui à grans brasses Avoit couvert et mottes et terrasses, marot, iv, 28. Un puits profond de cent brasses, paré, xxiv, 3. Le monarchique loge le roy quelques brasses au dessus de dieu, mont, iv, 30.
—ÉTYM. Picard, brache.-provenç. ftroiîa ; espagn brasa; portug. oraça. L'étymologie est brttchia, pluriel de brachium, brasse signifiant proprement, dans l'ancien français, les deux bras; les pluriels poutres ont donné au vieux français plusieurs noms collectifs du féminin, par exemple aumaiZie, d'onimalia, merveille, de mirabilia
4. BRASSÉ, ÉE (bra-sé, sée), part, posté. Bière brassée. || Fig. Cette perfidie, bi»ssée depuis longtemps.
2. BRASSÉ, ÉE(bra-sé, sée), fart, passé. Terme de marine. Voile brassée au plus près.
BRASSÉE (bra-sée) , s. f.\H' (« que les bras peuvent entourer et contenir. Brassée de bois, de paille. Colonnes de six brassées de grosseur, boss. Z/isMii, 3.11entiraunebras.sée(lupapiers, sév. 504. Il 2° Le mouvement des bras dans la nage. Il put à peine faire quelques brassées, et il enfonça. || 3° Certaine mesure de terre, autant ([«'un homme peut en labourer dans un jour. || 4* Teimede commerce. Brasséede soie, quantité de brins de soie qu'un métier emploie pour l'ourdissage des chaînes.
— HIST. XIII* s. Et l'endemaiu par matin, fist li rois Philippes a-ssalir efforciement, et fist gieter Maie Voisine, sa boineperriere.qui abattoit, àcescun cop qu'elle gicloit, une grande brachie de mur, Chron. de Bains, 39. De son lit saut tôt effreez, Ses chiens apele et sa mesnie. Du fuerre prent une bracie. Et si l'a el foumier jeté, Uen. 2924. || xvi*s. Faire la poignée plus grande que le poing, la brassée plus grande que le bras, mont. Il, 379. Unetrenchée de dix brassées de largeur, et autantde profondeur, AMY0T, Artax. 8. Un puits profond de cent brassées, PARÉ, IX, 4 5. Le remède esloit prendre une brassée de l'herbe nommée armoise, id. xxiv, 27.
— ÉTYM. Brasse; bourguig. brassie ; provenç. brassada ; espagn. brasado; ital hraceiala.
t BRASSEIER(bra-sé-ié), v. a. ferme de marine
Voy. BRASSER 2.
4. BRASSER (bra-sé), v. a. || 1 Opérer les mélanges nécessaires pour la fabrication de la bitTe Bras.ser de la bière. |{ 2° Remuot , agiter ensemble . Brasser de l'or et de l'argent fondti» Oans le creuse! Bra.sser la paillasse d'un lit. Disant ceci, toujour £on lit elle brassait, RÉGNIER, Sat. xt || 3" Fig. e en mauvaise part, tramer, pratlqnei secrètemenl Bra.sser une trahison , une perfidie L'empereur ni savait rien de ce qu'on brassait contre sa famille PERBOT d'abl. Tacite, 365. Méchante femme I X to.'
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mari tu brassais un tel tour, la font. Coc Sans qu'il se doute.... De ce qu'amour en dehors vous lui brasse, id. Cmu. J'étais venu afin de brasser mort h ce mageTSmerdis] , p. l. coor. ii, ) 85. || Se brasser, ». réft. Etre brassé, tramé. 11 se brassait une conspiration conçue à Vienne, tramée à Rome, et prête d'éclater à Naples, st-sim. 407, i3e. \\ 4° Terme de pêche. Agiter et troubler l'eau avec des bouloirs pour faire donner le poisson dans les filets.
— HIST. xii" s. Mais ore oiez que il li brace, Qu'il engigne , qu'il li porchace Sa mort e sa destruction, benoît, u, 69). || xiii' s. Nus ne puet ne ne doit vendre cervoise ailleurs que en l'ostel où en [on] la brasse, Liv. des met. 30. Tant a bracié la serve et tant s'en est peinée.... Berte, xvi. Qui a fait à ma fille brassier si fait chaudel ? xb. Lxxxv. Nous savons bien que li quens Renaus a brasset ceste boulie, pour le descort dou conte de saint Pol, Chr. de Rains, <45. Chantecler, n'en sui pas en dot. Avez ceste traïsontote. Ce m'est vis, quise et porchaciée ; Mainte mauvestié as bradée, Hen. 29932. Toutevoles [il] tornoie et brace Por issir, mes riens ne livaut, ib. 6088. Dames lor braceront tel poivre. Si pueent en lor laz cheoir, Qu'il lor en devra mescheoir,ia Bom, 10934. J'ai parmoi-meïsme brassé Mesaise que tousjours aurai, Bl. et Jeh. <044. Jherusalem, ahi I ahi 1 Com t'a blecié et esbahi Vaine gloire, qui toz maus brasse, ruteb. 104. Il xiv* s. Et il dit que par vous en fu li fais brassés, Baud. de Seb. vi, 700. ||xv* s. [Jean Lyon] veoit bien que Gisebrest Mahieuavoit en ce voyage brassé aucune chose contre lui, froiss. n, ii, 63. || xvi* s. De mal brasser vient l'amere boisson, i. mabot, v, 309. Adverti d'une conjuration que luy brassoit Cinna, MONT. I, 128. D'aultres rendent la gorge à veoir brasser un lict de plume, id. i, 184. Ainsi comme Menestheus brassoit ceste menée, la guerre survint là dessus, amyot. Thés. 41. Perseus, voyant qu'iEmylius ne se remuoit point du lieu où il estoit, ne se doubtoit point aussi de la venue qu'on luy brassoit, id. P. Èm. 3fi. Brassant et versant de l'eau de puits d'un verre en autre, paré, xx, 23.
— ÉTYM. Wallon, bréser; bas-lat. brassare, braciare, brachare , brasiare , braxare, brassicare, bratsare; anc. espagn. brasar; allem. brauen; angl. to brew. On regarde ordinairement brasier comme venant de bras, et comme signifiant remuer avec les bras ; mais quand on prend en considération brasium, bruseum, bracium, brace, qui signifient orge trempée dans l'eau, le wallon brd, ancien wallon bra*, le namuroishrat, blé préparé pour fairedela bière ou du genièvre, le wallon braht, torréfier le blé germé pour en faire du brd; le rouchi grain bragé, braisé, brésé; on reconnaît que brace, mot qui se trouve dans les auteurs latins et qu'ils donnent pour gaulois, est l'origine de brasser. Ce mot existe en efl'et dans le celtique : kymri, brag; gaél. bracha, braich, grain fermenté ; bas-breton, bragex, germe de grain. Les germanistes accordent que l'allemand brauen vient du bas-latin braxare, et non braxare de brauen. La véritable orthographe serait non brasser, puisque le mot ne vient pas de bras, mais bracer, comme on l'écrivait généralement dans l'ancienne langue.
2. BRASSER (bra-cé) , V. n. Terme de marine. Mouvoir les bras d'une vergue pour changer la direction de la voile qu'elle porte. On dit aussi brasseïer, brasseyer. Brasser au vent, manœuvrer les vergues du côté d'où vient le vent. Brasser sous le vent, du côté opposé au vent. || Faire la manœuvre des cordages pour tendre ou détendre les branles.
— ÉTYM. Bras.
BRASSERIE (bra-se-rie) , s. f. Lieu où l'on fait de la bière. || Lieu où l'on vend de la bière au détail, et où U n'y a que des bancs et des tables de bois. Remarquez que brasseur ne se dit pas de celui qui tient un pareil établissement.
— ÉTYM. Brasser l .
BRASSEim, EUSE (bra-seur, seû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brasse de la bière et qui en vend en gros.
— HlST. XV s. [Philippe d'Artevelle] Fils d'un brasseur de bierre, proiss. ii, n, (60. || xvi's. Brasseurs de bierre, boteleurs de feiu, portefaix, faulcheurs, recouvreurs, rab. Progn. Pant. v. Les Flamans firent \m duc qui estoit brasseur de bière, Sot. Kén. p. loa.
— ÉTYM. Brasser 1. Autrefois on disait non pas brasseur absolument, mais brasseur de bierre.
tBRASSÉYAGE (bra-sé-ia-j') , s. m. Terme de marine. L'action de brasser une ou plusieurs vergues (voy. brassage a)
— ÉTYM. Brasseyer.
BRASSEYER (bra-sè-ier) , v. n. Terme de marine. Voy. BRASSER 2.
BRASSIAGE (bra-si-a-j') , s. m. Terme de marine. Mosurage à la brasse. |{ La quantité de brasses d'eau que l'on trouve avec la sonde.
— ÉTYM. Brasse.
tBRASSICAIRE (bra-ssi-kô-r"), adj. Terme de botanique. Qui a rapport au chou. || S. m. Terme de zoologie. Les brassicaires, les papillons du chou.
— ÉTYM. Latin, brassica, chou.
t BRASSICOURT (bra-si-kour), adj. m. Terme de vétérinaire. Cheval brassicourt, cheval qui a le genou arqué naturellement, et non par suite d'usure.
— ÉTYM. Probablement une composition irrégulière de bras et court.
BRASSIÈRES (bra-siê-r") , s. f.plur. || 1° Petite camisole qui sert à maintenir le corps des enfants ou des femmes. Une autre [jeune personne] aurait paru effroyable en l'état où elle était; car elle n'avait pour habillement qu'une méchante petite jupe avec des brassières de nuit qui étaient de simple futaine, mol. Fourb. i, 2. || Fig. Directions par lesquelles on ôte à quelqu'un la liberté de sa propre conduite. Être en brassières, n'avoir pas la liberté de se conduire d'après sa volonté. Mettre , tenir en brassières. M. de Coiironges se désolait de la fermeté qu'il rencontrait sur beaucoup de points qui tenaient M. de Lorraine fort en brassières dans son état, ST-SIM. 62, 37. Afin que la difficulté de conserver ce qu'il [Louis XIV] aurait de plus le tînt toujours en brassières et ses successeurs après lui, id. 77, 251. Tel fut le désespoir que le roi et son ministre durent ressentir d'avoir donné de si fatale? brassières à un prince [le duc d'Orléans] qui en avait si peu besoin, id. 163, 147. || 2» Bretelles d'un havresac de soldat , d'une hotte, d'un crochet de porte-faix.
— KEM. L'Académie n'admet ce mot qu'au pluriel; mais il s'emploie souvent au singulier, comme caleçon, culotte, pantalon : une brassière d'enfant. Dans le second sens, les brassières étant doubles, on emploie légitimement le singulier quand on ne parle que de l'une d'elles : une des brassières de ma hotte a cassé.
— HIST. XVI' s Et qu'il leur[il s'agit de dames]
donneroitdesbrassieresdesainte Catherine [qu'il leur ferait revenir les charmes de leur jeunesse] , d'aub. Conf. I, 7.
— ÉTYM. Uras; bourguig. braisseire.
BKASSIN (hra-sin), s. m. \\ 1° Cuve à bière. || La
quantité de bière que la cuve contient. || 2° Terme de savonnerie. Quantité de savon que l'on cuit k la fois.
— HIST. xui" s. Et si seroit touz li brasins qui seroit faiz de tex choses donez pour Dieu [il s'agit de cervoise], Liv. des met. 30. Envoler polrons [nous pourrons] à nos mollins, fours et bressines.... DU GANGE , bratsina. \\ xiv* s. Nul d'iceulx, tant soitil huppez. Soit philosophe ou médecin. Rien n'y entend en tel brassin, L'alchim. à nat. 620. || xv* s. Ly-meismes à sa maie heure s'estoit brassé ce brassin et n'en devoit à homme du monde donner le tort, G. chastel. Chron. des ducs de Bourg, m, ch. 33. Il xvi* s. Le droit de tonnelieu et foraige des brassins de chervoise, du cange, brassinus.
— ÉTYM. Brasser l.
t BRASSOIR (bra-soir), s. m. Canne de terre cuite pour brasser le métal fondu.
— ÉTYM. Brasser t.
t BRASSOUR (bra-sour), s. m. ou BRASSODRE (bra-sou-r*) , s. f. Canal qui conduit l'eau d'un marais salant dans l'aire d'évaporation.
BRASURE (bra-zu-r'), s. f. Endroit où deux pièces de métal sont brasées, soudées.
— ÉTYM. Braser.
t BRAVA (bra-va), sorte d'interjection dont on se sert pour applaudir une cantatrice, en France, au théâtre Italien, et, quelquefois par extension, un morceau de musique italienne.
— ÉTYM. Ital. braea, singulier féminin de l'adjectif bravo (voy. bravo i).
BRAVACUE (bra-va-ch'), s. m. Fanfaron de sa bravoure. C'est un bravache ; on en plaisante ; il n'a plus de quoi être un héros, la bru y. 12.
— HIST. xvi' s. Loubais fist une response fort bravasche, carl. x, io. Il avoit esté, en son temps, un fort bravasche soldat à la gasconne, mais à ce coup la braveté lui passa, brahtome. Sur les duels, p. 68. dans LACURNE DB SAiNTE-PALAYE. Asseurezvous que je ne suis point un bravache ni si escervelé que vous me pensez, mohtlug dans le Dict. de DOciiBz.
— ÉTYM. Ital. bravaeeio, de bravo, brave (voy. brave), avec une désinence accio qui est péjorative.
t BRA VACHERIE (bra-va-che-rie) , ». f. Parole; de bravache.
— HIST. Il n'y a ny rodomontade d'Espagne, nj bravacherie napolitaine, qui nous puisse empeschej de demander la paix, Sat. Uén. p. 17».
— ÉTYM. Bravache.
BRAVADE (hra-va-d'), s. f. Action ou parole par laquelle on brave quelqu'un. Les bravades enfin sont des discours frivoles, corn. Pomp. ii, 4. Les bravades, la haine et le trouble où je suis, iD. Per thar. IV, 1. La bravade est aisée, un mot est bientôt dit, ID. Attila, II, 1. Vous n'avez aujourd'hui quitté votre embuscade Qu'afin de m'en conter l'histoire par bravade, in. le Ment, m, 1. Moi, je serais cocu? — Vous voilà bien malade! Mille gens le sont bien, sans vous faire bravade. Qui de mine, de cœur, de biens et de maison, Ne feraient avec vous nulle comparaison, mol. Éc. desf. iv, 8. Faute d'un plus exquis et comme par bravade. Ceci me servira de mouchoir de parade, cobn. la Suivante,
— HIST. XVI* S. Les bravades de cet ennemy vaincu, mont, i, 4. Hz s'estoient menacez et défiez, et avoient fait plusieurs bravades l'un à l'autre, amyot, Cor. 34. Ce sont beaux mots, que bravade, Soldat, cargue, camisade. Avec un brave sang- Dieu, dubell. m, Bl, verso. Il a mis par escrit les prouesses et bravades [exploits] faictes par la cavalerie légère de France l'an I668,lacroix dumaine, Biblioth. Pierre Venelle.
— ÉTYM. Ital. bravata, de bravo, brave (voy. brave).
t BRAVADER (bra-va-dé), v. n. Faire des bravades.
— HIST. xvi* s. Qu'après avoir bravade de la sorte que chacun savoit, il fust contraint de s'arrester, M. DU bell. 392.
— ÉTYM. Bravade.
BRAVE (bra-v'; Chifflet, Grammaire, p. 123, remarque que l'a a le son que nous marquons par un accent circonflexe, brâ-v'; la prononciation a changé), adj. || 1° Qui affronte courageusement le danger. Les plus braves. Qui n'est brave qu'en paroles. M. de la Rochefoucauld a dit que vous aviez voulu paraître brave dans l'espérance que quelque charitable personne vous en empêcherait, sÉv. 27. .... Les meilleurs soldats et les chefs les plusbraves, CORN. Cinna, i, 3. L'éclatante vertu de leurs braves aïeux, ID. Cid, i, 1. Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme Des leçons d'Annibal ou de celles de Rome, id. Nicom. i, 3. U l'a fait en brave homme et le doit soutenir, id. Cid, iv, s. Être brave est montrer sa force, pasc. Pens. div. 6. Que faisaient cependant nos braves janissaires? bac. Baj. 1, 1. Il Brave se dit d'un cheval qui a du courage, de la vigueur et de la docilité. ||2" Familièrement, et surtout avec les mots homme et gens, bon, honnête, obligeant. C'est un brave homme. C'est une famille de braves gens. || Ironiquement. Et les braves Pyrrhoniens, pascal dans cousin. Il Très-familièrement. Vous êtes un brave homme d'être venu me voir. Nous n'avons, m'a-t-il dit, ni Lambert ni Molière; Mais, puisque je vous vois, je me tiens trop content; Vous êtes un brave homme, entrez, on vous attend, boil. Sat. m. \\ 3" Familièrement, vêtu, paré avec soin. Riquet à la houppe se présente à elle, brave, magnifique, et comme un prince qui va se marier, perrault, Contes, 78. Elle sefaitbravepourlanocedesonfils, m. 8oi. Taforte passion est d'être brave et leste, mol. Éc. des fem. V, 4. Est-ce que tu es jalouse de quelqu'une de tes compagnes que tu voies plus brave que toiT id. Àm. méd. I, 1. J'ai loué cet habit pour paraître un peu brave, boursault, Ésoi>ed la cour, m, 6. || Brave comme une noce, comme un jour de Pâques, extrêmement paré. Il i' S. m. Un homme vaillant à la guerre. U est de faux dévots ainsi que de faux braves, mol. Tart. i, «. Rien n'est plus lâche que de faire le brave coutre Dieu, pasc. Pri'f. gin. Faisons tant que nous voudrons les braves, la mort est la fin qui attend la plus helle vie du monde, pasc. dans GiRAULT-DuviviER. Le brave la défie [la mort] et marche au-devant d'elle, volt. Orphel. i, 5. Le droit de dominer où chaque peuple aspire De l'habile et du brave est le prix glorieux, sacrin, Sparlac. III, 4. C'est trop d'incertitude, il faut mourir en brave, delav. Vép. sicil. iv, 4. Je crains peu, direz-vous, les braves du Parnasse, boil. Sat. u. Les deux armées semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais, pour décider leur querelle, comme deux braves en champ clos, floss. Louis de Borurbon. Gloire à ces braves' Sparte et Rome Jamais n'ont vu d'exploits si beaux,
RRA
V. iTiioo, Odi-s, 11, a. fcl.i me fait souvenir de ce nli'on di't quelquefois: quand l)rave rencontre brave, bravo demeure, Bt.y. 697. || Familièrement et par plaisanterie, c'est un brave à trois poils, c'est un homme d'une bravoure éprouvée. Locution venue de la forme de la moustache des raffinés d'honneur sous Henri III et Henri IV. || Mon bravo, locution vulgaire qui se dit soit h un homme avec qui l'on est trfts-familicr, soit à un homme inférieur de position. Venez ici, mon brave. || 6° Assassin à gages. Il le fit as-sassiner par un brave qu'il paya, l'eu usité (voy. buavo 2).
— REM. 1. Un brave homme est un honnête homme ; un homme brave est un homme qui a de la bravoure. Cette distinction, qui est maintenant étalilie par l'usage, ne l'était pas au xvu* siècle; et, comme on peut voir dans les exemples, Corneille a dit constamment un brave homme pour un homme brave. Quant à braves gens, il a les deux sens et signifie soit des hommes vaillants, soit des hommes bons et obligeants. || 2. Le sens de bon que brave a dans: c'est un brave homme, est étendu, dans le Midi, à toutes sortes d'emplois qui sont vicieux: notre curé est fort brave, voilà de braves poulets ; il faut dire : notre curé est un brave homme ; ces poulets sont beaux. Un brave curé, c'est un curé qui est un excellent homme ; un curé brave serait un curé qui aurait de la bravoure.
— HiST. XV!* s. 11 avoit donné preuve de sa suffi/.ance en quelque brave et docte sujet, des accords, Bigarrures, Avis au lecteur, p. <. Tenir tiibles délicates, estre braves en iocoustremens, calv. Insl. 88) . Il est des morts braves et fortunées : je lui ay veu trencher le fil d'un progrez de merveilleux advnncement, et dans la fleur de son croist, à quelqu'un, d'une fin si pompeuse, qu'à mon advis, ses ambitieux et courageux desseins n'avoient rien de si hault que feut leur interruption, mont. I, 88. Donner dans la bresche, d'une brave asseurance, ID. ii, 7. J'aimerois mieuli une vie moins brave [aisée] et moins affaireuse, ID. iv, 77. Il y avoit un barbier d'etuves qui estoii fort brave [fier], DESPER. Contes, xxxu. Cato adjousta à ce glorieux exploit une brave magnificence et haultesse de paroles, amyot, Calon, 28.
— f.TYM. l'rovenç. hrau (féminin hrava), dur, méchant, bravo ;catal. brau; espagn. et ital. bravo; bas-lal, bravus, sauvage. Le sens primitif est sauvage, dur, fougueux, d'où on passe facilement au sens de vaillant, courageux. Mais d'oii vient celui de beau, bien habillé? Sans doute de vaillant on est venu à habile (braro en italien a cette acception), puis bon, beau, bien habillé. Cette acception est purement française et prouve que le mot brave est venu dans notre langue récemment de l'italien ou de l'espagnol ; s'il était ancien, il y serait sous la forme brou, répondant au provençal brau. Diez examine trois étymologies : t° le latin pravus, méchant; mais pravus a donné en provençal prau, et non brau; 2» l'ancien haut-allemand raw, cru, d'où cruel, méchant, par l'épenthèse d'un b; étymologie insuffisamment appuyée; 3' le kymri braw, terreur, à laquelle Diez objecte que le sens de terreur ne se retrouve dans aucune langue romane. Aussi, admettant l'objection, on peut proposer comme quatrième conjecture le gaélique borb, cruel, harbare, hautain. Le bas-breton brao, beau, bien habillé, vient du français. On a aussi indiqué le latin brorîum, brobiwm, brabèum, du grec ppa6£ïov, prix de la victoire, récompense. Mais aucun intermédiaire, dans ies langues romanes, ne permet de passer du .sens de prix de la victoire à brave, surtout dans sa signification primitive; puis l'accent diffère dans brave et dans bravium: deux raisons qui ne permettent pas d'accueillir cette étymologie.
t BUAVE (bra-vé), sorte d'interjection dont on se sert, au théâtre Italien, pour applaudir deux ou plusieurs cantatrices.
— ÉTYM. Ital. brave, pluriel féminin de l'adjectif bravo (voy. bravo )).
BRA>'Ï, ËE (bra-vé, vée), pari, passé. Bravé par son adversaire, Toutes ses menaces bravées et méprisées. H semblait.... Que tous les Grecs bravés en leur ambassadeur, Dussent de son hymen relever la splendeur, rac. Androm. v, 8.
BRAVEMENT (bra-ve-man), adv. || 1" D'une manière brave, vaillante. 11 monta bravement àl'as- «aut. Il a* Habilement, adroitement. 11 s'est bravement tiré de cet embarras. N'ai-je pas bien servi aans celte occasionT Dit l'âne en se donnant tout
hr«T."r'.''^ ■" '='''''"«• - Oui. reprit le lion, c'est bramement cné, la font. Fabl,,, n, 4».
HIST xvr 8. u peuple avoit grand despit de
BÏÏA
l'ouir ainsi bravement [avec morgne] psrier,AMT0T, Cor. 20. S'armer et accoustrer bravement [richement], m. l'hilop. <5.
— É TY»!. Bourguig. et lorrain, frrdmenf, beaucoup ; maçonnais, oroveman; Berry, l>rament; wallon, brdmen, beaucoup; provenç. bravamens; catal. bravament; espagn. et ital. bravamente ; de broce et le suffixe ment.
BRAVER (bra-vé), V. a. || l' Faire le brave à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose. Il bravait du regard son adversaire. Ils étaient prêts à braver tous les supplices. La force de la conscience est grande, et ceux qui la bravent.... Braver les chaleurs, les tempêtes. Quoi I viens-tu me braver j usque dans mon palais? corn. Nieom. v, -10. Mais pourrons-nous braver une reine en colère Avec ce peu de gens que m'a laissé mon frère? id. Rodog.
III, 2. Car enfin ce cruel que vous allez braver. Songez, quoi qu'il ait fait, songez qu'il est mon père, BAC Iphig. m, 6. Vous triomphez, cruelle, et bravez ma douleur, id. ib. li, 6. Ce Dieu que tu bravais à nos ni^ains t'a livrée, id. Athal. v, ST Fuis, traître, ne viens point braver ici ma haine, id. Phèd.
IV, 2. Et bravant du démon l'impuissant artifice, ID. Esth.Prol. Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté? ID. Athal. II, 2. Tous les jours un homme.... un vil esclave D'un front audacieux me dédaigne et me brave, rac. Esth. 11,^. Vous bravez ma bonté qui vous était offerte, volt. Ali. v, 5. Il vient braver les morts, il vient braver les dieux, id. Sémiram. v, 2. Cependant que mon front au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil. Brave l'effort de la tempête, la font. Fabl. i, 22. Et qui veut bien mourir peut braver les malheurs, corn. Ifcr. III, B. Vous qui braviez pour moi tant de périls divers, rac. Androm. in, 6. || Absolument. C'est peu pour lui de vaincre, il veut ensor braver, corn. //or. IV, 2. Il 2" Fig. Le latin dans les mots brave l'honnêteté ; Mais le lecteur français veut être respecté, boil. Art v. ii. || 3° Se braver, v. ré/l. Se défier, se provoquer l'un l'autre. Oronte et lui se sont tantôt bravés, mol. Mis. ii, 7.
— HlST. XVI' s. Oyez braver ce pauvre et calamiteux animal [l'homme vantant sa condition] , mont. Il, 209. Il sent mesmes passions que mon laquay, mais se brave sur ce qu'il contient au moins sa langue, ID. II, 2 H. Vous l'avez bravé, esmeude cholere; et vous l'allez rappaiser et flatter, en vostre froid et meilleur sens, id. iv, 170. N'ayant aultre auditeur des ses louanges, il se bravoit avecques sa chambrière, id. IV, 474. Qu'elle aille la teste levée, bravant [se parant] de ma chaîne, qu'elle se pare et attiffe de mes dépouilles, yver, p. 63u. Estant contrainct d'endurer que Tigranes ce pendant courust et pillast la Cappadocie , et que Mithridates de rechef bravast, amtot, LucuH. 70. Nous ne souhaitions rien plus que de rencontrer ceux qui bravoient de nous venir trouver, M. du bell. 603. Pourquoy te braves-tu de cela qui n'est rien? La beauté n'est que vent, la beauté n'est pas bien, rons. 2B7.
— ÉTYM. Brave; espagn. bravear ; ital. hravare.
BRAVERIE (bra-ve-rie) , s. f. Toilette, beaux habits. Je tiens que la braverie, que l'ajustement est la chose qui réjouit le plus les filles, mol. Am. méd. 1, 4. Vite, qu'on les dépouille sur-le-champ. — Adieu, notre braverie I id. Préc. rtd. -16. Une infinité de présents, des pensions, des réparations de chemins, quinze ou vingt grandes tables, un jeu continuel, des bals éternels, des comédies trois fois la semaine, une grande braverie, voilà les États, sÉv. 5 août 1671. llIlvieiUit.
— HIST. XVI' s. La braverie [action de braver] et la constance, moyens tout contraires [à la soumission], MONT. I, I. C'est une action plus de crainte que de braverie, ID. m, (H. La braverie de son marcher, sa veue ferme et réglée, id. iv, 3. Refréner la braverie insolente de la jeunesse, amvot, P.jEm. 4«. Son cheval effroyé du bruit et de la braverie des ennemis, se tourna, id. Marcell. 8. Plus par braverie [bravade] que pour en tirer quelque advantaige, CARL. IX, 3». Les richesses, estatz, honneurs et autres braveries de ce monde, l'Amant ressuscité ,<iin3 LACDRNE STE-PALAYB. Elle n'espargne rien quand il est question de ses habits, pompes et braveries, Dial. de tahurkao, p. te, dans lacdrne ste-
PALATB.
— RTTM. Brave. On a dit aussi braveti dans le XVI' siècle.
t BICVVI (bra-vi). || !• Sorte d'interjection qui se dit, au théâtre Italien, pour applaudir deux ou plusieu:s chanteurs. || 2° S. m. plur. de braro 2.
— ÊTYM. Ital. bravi, pluriel masculin de l'adjectif brouo (voy. BRAVO t).
BRÊ
t BRAVISSIMO (bra-vi -ssi-mo), interject. Voy. BRAVO <.
* . BRAVO (bra-To) ,tn(er;. || l' Expression dont on se sert pour applaudir; et, au superlatif, bravissimo. Bravo! à merveille! bravis-simol || Bravo peut être déterminé par le nom ou \n désignation de la personne qu'on applaudit : bravo Martin; bravo la (lùte; bravo le basson. J'arrive, on criait: bravo l'homme; Autre combat: taureau nouveau D'un coup de corne dans l'oreille Etend l'homme sur le carreau; Avec une fureur pareille On cria : bravo le taureau, pons (de Verdun), Contes et Poésies, ^. \M. || i° S.w. Approbation, applaudissements.On entendit un bravo général. Anglais.... Vos diplomates, vos chevaux, N'ont pas épuisé nos bravos, bérano. Box. Elle entendit une foule idolâtre La poursuivre de ses bravos, ID. Pauvre femme.
— REM. En français, on dit bravo pour toute personne et toute chose, soit au singulier, soit au pluriel, soit au masculin, soit au féminin. Brava, Itravi, brave sont italiens, non francisés et employés avec prétention par les dilettantes.
— ÉTYM. Ital. bravo (voy. brave).
\ 2. BRAVO (bra-vo), s. m. Assassin à gages, coupe-jarret. || Au plur. Des bravi.
— ÉTYM. Ital. bravo (voy. brave).
BRAVOURE (bra-vou-r*), i. f. || 1° Courage à !a
guerre. Il montra de la bravoure. || 2° Au plur. Ironiquement, actions de valeur. Il fatigue tout le monde du récit de ses bravoures. {| 3° Terme de musique. Air de bravoure, air brillant destiné à faire valoir la voix et l'habileté du chanteur. {| Genre de bravoure, celui qui est opposé au genre simple.
— ÉTYM. Ital. bravura, de bratio (voy. brave). t BRAYE (brê), s. f. Fange, boue, terre gras.-^o
dont on fait les murs de bauge, le corroi dont on enduit les bassins des fontaines et les chaussées des étangs. Il On trouve aussi broyé et brie.
— ÉTYM. Le même mot que brai.
BRAVÉ, ÉE (brè-ié, iée) , part, passé. Navire brayé.
4. BRAVER (bra-ié), s. m. \\ 1» Terme de chirurgie. Bandage destiné àsoutenirune hernie. Il 2''Tennc de fauconnerie. Le derrière d'un oiseau de proie. Il 3" Morceau de cuir qui sert à soutenir le battant d'une cloche. || Espèce de collier de cuir pour porter une bannière. || Cordage dont les maçons se servent pour élever du moellon ou du mortier. || Petit marteau de fer qui sert aux balanciers des monnaies.
— HIST. XII' s. Tout [il] le pourfent de ci tant qu'au braier, Roncisv. p. 73. || xm' s. Un d'eus si vilement le conroie Que dou dos li trait tel corroie , Dont l'en poïst faire un braier, Ben. (9063. Nul garnement de ventre, de braieus ou de croupes, de gorge.... Liv. des met. 326. j| xvi's. 11 faut leur faire porter brayers et ligatures propres à telle disposition, PARÉ, VI, 4 4.
— ÊTYM. Provenç. braguier, braier ; catal. broguer; bas-lat. bracarium; de bracca, braie (voy. braie).
2. BRAVER (brè-ié), jebraye, tubrayes, il brave ou il braie, nous brayons, vous brayez , ils brayent o :i ils braient ; je brayais, nous brayions, vous brayiez ; je brayai; je brayerai ou braierai, ou bralrai; je brayerais ou braierais, ou bralrais; brave, brayez; que je braye, que nous brayions; que je brayasse ; brayant; brayé, v. a. Terme de marine. Braver un vaisseau, y appliquer du brai et autres enduits.
— ÉTYM. Brai.
BRAYETTE (bra-iè-f), s. f. Fente de devant d'un haut-de-chausses, d'une culotte. Courtin s'applaudit d'avoir sauvé sa montre et 60 pistoles, qu'il avait fait, à temps, glisser dans sa brayette, st-sim. i2~,
— HIST. XV' s. C'est un chasseur sans sa trompe. Sans braguette un lansquenet, bassel. 58. |{ xvi' s. J'ay inventé cest instrument, lequel est de fer blanc, de la figure d'une brayette, et contient environ un posson; il se doit mettre en la brayette du malade, PARÉ, XXIII, 9.
— ÉTYM. Diminutif de braie (voy. ce mot); norm. braguette, culotte; bourg, brayôte, pantalon.
BRAYOX (bra-ion) , s. m. Terme de vénerie. Piège pour prendre les bêtes puantes.
— HIST. xiu' s. Renart i fu, si ot veûs, Lejor devant, deus las tenduz, Et un broiou en terre enclos, Ben. 4 26).
— ÉTYM. Ane. franc. broV (que si sont pris corne oiselet à broi, Gerart de Vienne, 3593), qu'il faut rapprocher du provençal brefs, de l'italien brete, piège à oiseau.
BRÉANT (bré-an) ou BRCANT (bru-an) ,t. m. Nom vulgaire de l'embérixe eitrinelle, dite aussi verdon
BRÊ
BRÉ