‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 306 sur 504 · ERE · texte numérisé non relu

ERE

et verdier. C'est un oiseau jaune de la grosseur d*un moineau.

t BREBIAGB (bre-bi-a-j') , s. m. Terme de féodalité. Droit qui ae prenait sur les moutons.

— HIST. XIV* s. Item il a es dites fermes brebiage de tiers an en tiers an , dd c ange , berbiagium,

— ÊTYM. Urebis.

t BREBIETTE ( bre-bi-è-t'), s. f. Diminutif de brebis.

— HIST. XII» s. Ne volt nient prendre de ses bues ne de ses brehiz, mais fist prendre la berbeiete al poure home, flots, (68. || xiu' s. Si vous di que les berbietes Ne des herbes ne des floretes James tant brouter neporront, la Rose, 20(76. || xv s. Mes moutons et mes brebisettes, Se je les peids, je suis honni, froiss. Pastourelle.

— f.TYM. Diminutif de brebis.

BREBIS (bre-bi ; \'s se lie : les brebis et les loups, dites : les bre-bi-z et les loups), s. f. || 1° Femelle du bélier. Ce matin une brebis frappée S'est de la main du prêtre et du temple échappée, maih. Sophon. V, 4. Il Fig. En langage ecclésiastique, un chrétien sous la conduite de son pasteur. Pouvez-vous croire que j'abandonne mes chires brebis? Boss. Leit. abb. 272. Il Une impure breliis séparée d'Israël, un chrétien infidèle à sa foi. || C'est la brebis du bon Dieu, c'est une personne tout à fait inoffensive. || Faire un repas de brebis, manger sans boire. {| Une brebis galeuse, une personne qu'on évite, qu'on rebute, soit par de justes motifs, soit par prévention. |{ 2° Sommier de bois d'un pressoir à cidre. || Proverbes. Bretis comptées le loup les mange, il ne suffit décompter, il faut veiller. || X brebis tondue Dieu mesure le vent, c'est-à-dire Dieu proportionne les épreuves k notre faiblesse. || Brebis qui bêle perd sa goulée, c'est-à-dire en parlant beaucoup on perd le temps de manger ou d'agir. I| Faites-vous brebis, le loup vous mange, ou qui .se fait brebis, le loup ie mange ; c'est-à-dire ceux qui ont trop de bonté, trop de douceur, encouragent les méchants à leur nuire. || Brebis trop apprivoisée, de trop d'agneaux est tetée,

COTGRAVE

— HIST. XI* S. Cil Ici aveir [bétail] escut [retire] u chivalz u buefs u vaches u porcs u berbis. Lois de Guill. 6. Il Eir s. N-! remist buef ne vache, ne chapiins ne geline, Cheval, porc ne berbiz ne de lilé plaine mine, Tk. le mart. <2n. || xiii* s. Si que j'en ai les brebis grasses, Et li pastour auront les maigres. Combien que ce mot lor soit aigres, la Rose, <<404. D'un leu [loup] raconte qui jadis Vit un corbel qui fu assis De sor le dos d'une brebis, nn GANGE, berbix.

— ÊTYM. Berry, berbis, barbis; picard, berbis ; provenç. berbitz; ital. berbice; bas-lat. berbix, dans les plus vieux textes ; de verrez, bélier. On cite, dans Pétrone, un* forme berbex, mais douteuse. Chifllet remarque que l's ne se prononce pas, même devant une voyelle ; cela a changé.

t BRECCIOLAIRE (br6-ksi-o-lê-r'), adj. Terme de géologie. Qui appartient aux brèches contenant des débris d'ossements ou autres dépôts.

— ËTYM. Brèche, par l'intermédiaire de l'italien breccia.

BRÈCHE (br&-ch') , s. /■. || 1° Ouverture faite à un mur, à une haie. Il faut réparer les brèches de cette clfiture. Il 2* Terme de guerre. Ouverture faite aux remparts d'une place assiégée. Les Normands firent brèche et donnèrent trois assauts, volt. Moeurs, 25. Essex monte à la brèche où combattait d'Aumale,iD. tlenr. vi. Voici déjà la seconde fois qu'il est sorti de Paris par une brèche, balz. Liv. m, Lett. 7. Restait cette redoutable infanterie de l'armée espagnole dont les gros bataillons, semblables à autant de tours, mais à des tours qui sauraient réparer leurs brèches, demeuraient inébranlables au milieu de tovit le reste en déroute, BOSS. Louis de Bour- 6on. Il Battre en brèche, tirer avec de l'artillerie contre une muraille. || Fig. Battre en brèche un argument, l'attaquer, le ruiner. Battre en brèche quelqu'un, attaquer sa réputation, sa position. || Par extension. La légion chrétienne ouvre une large brèche dans las rangs des barbares, chateaub. Uart. 207.... Il Fig. Flèche Assez forte- pour faire en mon cœur une brèche, Régnier, Dial. Dans ces omissions et dans ces oublis il se fait une brèche au iliscours, et la pensée s'enfuit par cette ouverture qu'il fallait fermer, balz. Entretien 2». || 3° Cassure au tranchant d'une lame. Faire une brèche, des brèches à un couteau. || Familièrement. Faire une firèche à un pftté, l'entamer. || 4* Fig. Perte, dommage, tort. 11 a fait une brèche à sa fortune. Cela ne fera pas brèche au capital. Mais aussi gardez- Tous d'oublier TOtr* faute; Kt comme elle fait br4-

che au pouvoir souverain..., corn. JVi>om. ii, 2. Si nous perdons Philisbourg, il sera difficile de réparer cette brèche, .sBv. 26«. Réparant les brèches que le temps avait faites à leur discipline, FLÉcn. iMm. C'est déjà faire une brèche considérable au système ordinaire, ponten. Oracles, Préf. || 6" Le sommet d'une montagne, lorsqu'il est ouvert et comme séparé en deux parties. || Brèche de Roland, ouverture dans une muraille demontagnes, aux Pyrénées, qui ressemble à unebrè'che, et que la légende attribue à un coup d'épée de Roland. || 6' Terme de géologie. Marbre noir, mêlé de taches blanches et jaunes, qu'on tire des Pyrénées et d'autres lieux et qui prend un fort-'beâû poli : ainsi dit parce que la brèche d'où on le tire a donné son nom au marbre qu'on en tire. || Réunion de pierres agglutinées dans un ciment naturel ; quand ces fragments sont ronds, comme des cailloux roulés par les eaux, on en appelle la réunion des pouddings; si, au contraire, ils sont les débris anguleux de pierres plus grandes, on les nomme brocatelles. || Brèche osseuse, brèche où il y a des ossements. Les fentes des rochers de Gibraltar , de Cette, de Nice etd'autrcs lieux des bords de la Méditerranée, sont remplies d'un ciment rouge et dur qui enveloppe des fragments de rochers et des coquilles d'eau douce avec beaucoup d'os de quadrupèdes, la plupart fraoturés:c'est ce qu'on a nommé des brèches osseuses, cuviER, Révolutions, p. b;i7. Il 7° Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer directement la balle dans le dedans, près des encoignures.

— HIST. XIV* s. Ou regarde les bresches où les bestes puent [peuvent] mieulx passer, Afoduj,f°LX, verso. Il XV' s. J'aime mieux n'estre point en taverne en défaut Que suivre un capitaine à la bresche, à l'assaut, basselin, xix. || xvi* s. Le sort a de quoy ouvrir cent bresches à la pauvreté au travers de nos richesses, mont, i, 3I4. Je ne faisois bresche à cet bourse, ID. i, 316. La muraille estoit si mauvaise, que cela fit (20 pas de toutte brèche, n'AUB. flist. ni, 43. La place , qui ne valloit rien, fut attaquée à demie brèche et sur un commencement de parlement, ID. ib. m, 250. Avant bresche raisonnable ils donnèrent en vain un premier assaut, ID. ib. m, 250.

— ÊTYM. Picard, brèlK; provenç. bercar, ébrécher ; espagn. brecha; ital. breccia; angl. breach; de l'anc. haut-allem. brecha, action de briser, patois breke, chose rompue; suisse, brèche, chute de pierrailles. Il y a aussi dans le kymri brég, rupture. Le xvi* siècle avait brerher, faire brèche.

BRftCHE-DENT (brê-che-dan), adj. Qui a perdu une ou plusieurs dents de devant. Cet enfant, cette petite-fille est brèche-dent. || Substantivement. C'est un brèche-dent. C'est une brèche-dent. || Au plur. Des brèche-dent.

— ÉTYM. Brèche, dent.

BRECHET (bre-ché; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. Nom donné à la crête saillante et longitudinale qui se trouve à la face externe du sternum des oiseaux. || FamiUèrement. Avoir mal au bréchet, avoir mal à l'estomac.

— HIST. XIV* 6. La pointe du cou.stel lui entra en corps en la partie de son ventre, en lieu qu'on dit brusohet ou environ, nu cange, brucus. Ce que l'on dit la poitrine d'un bœuf, l'en dit le brichet d'un mouton, Ménagier, li, ♦. || xvi* s. Les os du brichet sont unis ensemble par symphyse , paré, IV, 43.

— ÉTYM. Angl. fens/ret, poitrine d'un animal; du kymri brysced , brisket, môme sens; bas-bret. bruchet, poitrine; Breton de Vannes, brusk, estomac d'animal. D'après Ménage on prononçait brichet à Paris.

t BRÉCHIFORMEOJré-chi-for-m"), adj. Terme de géologie. Qui a la forme, l'apparence des dépôts trouvés dans les brèches. Débris bréchiformes.

— ËTYM. brèche et forme.

t BRÊCIN (brésin), s. m. Terme de marine. Cordage pour hisser et amener une vergue. || Corde attachée à un croc, et servant à monter de la cale ou à y descendre divers petits objets. || On trouve aussi bressin et bercin.

— ÉTTM. Holl. bras, brécin; angU braee; allem. brassen ; islaiid. bras.

f BRÉDA (bré-da), s. m. Terme de marine. Sorte de palan court muni d'un croc.

t BRfiDALER (bre-da-lé), 1). n. Faire du bruit en parlant du fuseau d'un rouet à filer, quand il est percé d'un trop grand trou pour la broche.

— ÊTYM. Origine incertaine ; le picard et le rouchi ont berdaler, gronder entre ses dents, qui est «ans doute le même que brédaler, et peut-être a le m6me radical que bredouiller.

BREDI-BBIHA (bre-di-breV*) ioc. odrerb. Avec précipitation et confusion. Il nCLs a raconté tout cela bredi-breda. || Expression tout à fait familière. •

— HIST. XVI* S. Bredi-breda taribara, oodin.

~ ÊTYM. Ce mot paraît être une onjmatopée burlesque.

BREI)INDIN(bre-din-din), s. m. Termede marine Palan moyen dont on se sert pour enlever de médiocres fardeaux.

t BRÉDlR(hré-dii), t!. a. Terme de métier. Assembler deux pièces de cuir avec des lanières au lieu de fil.

— ÊTYM. Origine douteuse ; peut-être est-ce une forme de brider.

t BRÉDISSAGE ( bré-di-sa-j' ) , *. m. Action de brédir.

— ÊTYM. Brédir.

BRÉDLSSCRE (bré-di-su-r*), s.f. Terme de médecine. Impossibilité d'écarter les mâchoires par l'adhérence de la partie interne desjoues avec les gencives, à la suite d'ulcérations de ces parties.

— ÊTYM. Brédir.

t BREDOUILLAGE (bre-dou-lla-j', «mouillées, et non bre-dou-ya-g'), I. m. Paroles bredouillées. Lo duc de Guiche se submergeait en bredouillages ctea plongeons jusqu'à terre, st-simon, 50», 244.

— ÊTYM. Bredouiller.

BREDOUILLE (bre-dou-ll'. Il mouillées, et non bre-dou-ye),j. ^. || l°Termedu jeu de trictrac. Marque indiquant qu'on a pris de suite tous les points qui forment un trou ou tous les trous qui font la partie, sans que l'adversaire ait marqué ou des points ou des trous. La bredouille des points se marque avec un double jeton, quand l'adversaire a pris quelques points au début du trou; et celle des trous avec un petit drapeau, quand l'adversaire a pris quelques trous au commencement de la partie. Il 2° L'avantage qui en résulte, qui est que les trous ou la partie sont gagnés doubles. Petite, grande bredouille ; avoir la bredouille ; être en bredouille. Gagner une partie bredouille. Être bredouille, perdre la partie bredouille, être complètement battu, comme être capot au piquet; etfigurément, revenir, sortir bredouille, c'est avoir fait une démarche sans succès , et en parlant des chasseurs, n'avoir rien tué. Bredouille, ainsi le diabl« s'en alla, piron, dans .son conte de Dagobert. || Se coucher bredouille, se coucher sans souper. || Fig. Dire à quelqu'un deux mots et une bredouille, ne pas lui dissimuler ce qu'on a sur le cœur. Peu usité.

— HIST XVI* s. Bredouille, traduit par l'anglais lurch, COTGRAVE. Être en bredouille, être ivre, n>. Ma petite bredouille, mon petit drôle, terme de nourrice, m.

--ÊTYM. Sans doute mot que le trictrac a cmnronté à bredouiller.

BREDOUILLÉ, ÉE(bre-dou-llé, liée, «mouillées, et non bre-dou-yé) , part, passé. Un discours bredouillé.

BREDOUILLEMENT (bre-dou-lle-man , lî mouillées, et non brg-dou-ye-man), t. m. Action de bredouiller. M. de Bailli vient de sortir; il vous fait cent mille bredouiUements, mais de si bon cœur que vous devez lui en- être obligée, sÉv. 482.

— ÊTYM. Bredouiller.

BREDOUn,LER (bre-dou-Ué, U mouillées, et non bre-dou-yé). ||1* V. n. Avoir une prononciation précipitée et par cela même peu distincte. Mme de la Baroir bredouille d'une apoplexie ; elle fait pitié, sÉv. 282. Ces deux médecins de Molière, l'un qui allongi» excessivement les mots et l'autre qui bredouille, ne laissent pas d'ebserver également la quantité, d'oliv. /"rosod. /Vanc. ||3* V. o. Il me bredouilla l'autre jour mille protestations, sÈv. 802. J'entends Théodecte de l'antichambre; il grossit sa voix à mesure qu'il s'approche.... il ne revient de ce grand fracas que pour bredouiller des vanités et des sottises, LA BRDT. 5. De plus en plus étourdis d'une scène si extraordinaire, ils bredouillèrent ce qu'ils purent, mais sans rien promett-e, sr-sisc. 263, u.

— ÊTYM. D'après Diez, de l'ancien français brédir, bresdir. hennir; provenç. braidir, crier, «pii parait être une dérivatiot c« braire ; étymoiogis douteuse. Génin, ii^cr<al. t. i, p.280, propose la particule péjorative brê ou te, et douille, .gonflé, rebondi (si tost come il entra en cloistre, Doulles de vin et escaufés, du canoë, doela); ce qui e« très-hypothétique et explique bien mal le mot. Lo fait est que le picard et le rouchi ont berdeler, gronder entre ses dents, qu'on dit encoreen différents endroits, et bredcuse pour bredctiilleur : de sorte qu'il paraît v avoir eu un radical b«rd ou brtd, «ans

AU

BRE

qu'on Mchc B'il a quelque rapport avec l'ancien bredir. Ce qui est digne de remarque, c'est que nulle part on ne rapporte un exemple ancien de bredouilla ou breànuiller.

BHKI)OniLI.KUR, EUSE (bre-dou-lleur, leû-7,', Il mouillées, et non bre-dou-yeur) , «. m. et f. Celui, celle qui bredouille. Je n'ai jamais rencontré pareil bredouiUeur. Quelle bredouilleuse I

— ÊTYM. Bredouiller.

t BRÈE rbréo), /. f. Garniture en fer du manche d'un marteau de forge.

— ÉTYM. Il y a dans le xvi* siècle breé pour dire battu, frayé : Lors vient au chemin et voit qu'il est nouvellement breé de chevaucher, Lancelot du tac, 1. 1, f 86, dans LACURNE ste-palaye; breé est pour broyé. Mais ici brée doit être une fausse orthographe pour braie, une garniture étant comi)arée à une braie.

t. BUEP, BUfeVE (bref, brë-v'), adj. || 1° De peu (le durée. Dans un bref délai. La vie s'écoule si vite, qu'il ne faut pas laisser passer, dans l'accablement, des jours si brefs, boss. dans lafate, Synonymes. Il a* Oui s'exprime brièvement. Les circonstances pré.sentes me rendent bref. Être bref. Cette lettre est brève. Je serai plus bref en parlant de.... L'accent bref de la colère. Exposition ou relation brève. Il Un parler bref, une parole brève, manière de parler rapide et ordinairement avec décision ou commandement. || Pour le faire bref, pour faire bref, pour abréper. || 3" Qu'on prononce rapidement, en parlant d'une syllabe. Rendre brève une syllabe. Se prononcer bref. Les sons brefs. A est bref dans race et long dans grâce. Chez les Grecs et les Romains, la syllabe brève valait la moitié de la syllabe longue. Juré piqueur de diphthongue. Endoctriné de tout point Sur la virgule, le point, La syllabe brève et longue, piRON, Épigr. contre d'Olivet. Il 4» 5. f. Une brève, une syllabe brève. L'ïambe est composé d'une brève et d'une longue. || Fig. et familièrement. Observer les longues et les brèves, être circonspect, exact, cérémonieux. Il en sait les brèves et les longues, il y est habile, il connaît l'affaire. Il Terme de musique. Noie dont la durée est moindre que celle de la note qui précède. || Autrefois, figure de note qui avait la valeur de deux rondes. Il B° Bref, adv. En quelques mots. Bref, en vos actions en tout si glorieuses.... mair. Sophon. m, 4. Bref, il en fut à grand'peine au douzième, la font. le Paysan. \\ Parler bref, avoir une prononciation rapide et précipitée. || En bref, loc. adv. En peu de mots. Expliquer les choses en bref. || 6° Pépin le Bref, Pépin de petite taille. Le langage historique a conservé celte signification, qui ne peut être déplacée; bref ne se dit que là dans ce sens.

— REM. D'après Chifllet, Gramm. p. 32, on disait brief, brièveté, brièvement, plutôt que bref, breveté, brevement, qui, dit-il, étaient fraîche invention d'un grammairien. On voit que brief est tombé à peu près en désuétude , tandis que breveté et brevement n'ont pas duré : l'usage, comme cela est si fréquent, a été inconséquent. Brief était la formelaplus commune dans l'ancienne langue, qui pourtant en faisait un monosyllabe. Au xvi' siècle, Palsgrave, p. <o, remarque qu'op fait entendre l'i et Vf.

— STN. BREF, COURT. Bref a rapport à la durée ; court, & l'étendue. C'est là ce qui distingue ces deux mots. Soyez bref, se dit à quelqu'un qui parle; soyez court, se dit à quelqu'un qui va écrire ou composer. En effet, être bref c'est prendre peu de temps pour s'expliquer; être court, c'est tenir peu d'espace sur le papier. Si l'on dit : la vie est si courte, nos jours sont si brefs, on se représente, dans le premier cas, la vie comme une étendue, dans le second, le jour comme une durée.

— msT. xii' s. Guidant que brefs seit mult lor vie, BENOÎT dans rayn. Lexique. Li briés jors nos désirent [oblige] ke nos abrevions nostre sermon , ST. BERN. p. 63B. || XIII* S. Il pourquiert ainsi son atour [il fait ses préparatifs] Que il puist mouvoir fparlir] à brief jour, audefr. le bast. Romancero, p. 8. Les demandes des douaires sont assez briés, caria feme doit dire.... beaum. y, 7.||xiv*s. Doncques affln que en brief concluons, se nous faisons les choses dessus dittes, nous pourrons bien lemoien devenu acquérir, ohesme, Eth.6*. ||xv*s. Hlle comte de Foix] esloit bref en ses conseils et

en ses réponses, froiss. ii.iii, «3 Etiit Unt en

orer terme que.... m. i, i, lo. Et en bref temps grandement les endommagèrent [les palis avec les cognées], m. , ,, a,,,, ce, deux seigneurs allèrent partou regarder et considérer les passages et les dostrcu, el puis s'en retournèrent au roi, et lu dî-

BRE

rent k brève parole, que ils no pouvoient aviser que il pust aucunement approcher les Anglois, qu'il ne pcrdist ses gens d'avantage, m. i, i, 3<8. Pour mectre fin à longue guerre par brief champiage de leurs deux puissances ensemble, o. chastel. Chr. du duc Philippe, 80. Et, à brief parler, au jugement de tous, l'honneur de la journée en emporta

Bouciquaut, Bouciq. i, ch. i* Fut adverty par

le feu duc Jehan de Bourbon que de brief la guerre luy .seroit commencée, comm. m, l. Brief, cest Alphonse eut si grand envie de fuir, que.... ID. vii, U. Je reviendrai bref [bientôt], louis xi, Nouv. xix. Il xvi* s. Ce sont ceux-là [juges] qui en briefs jours Me mettront hors de tes obscurs séjours, mabot, i, 26«. N'en y a un, à parler court et brief. Qui lui soit plus intolérable et grief, m. i, 3)3. Luy disant que en brief [bientôt] elle leferoytpiedz neufz, RAB. Carg. I, 6. Luy disant que la douleur seroyt briefve, ID. ib. Que Dieu les en puniroyt de brief, ID. ib. I, 28. J'en ay dit en bref ce que le lieu requeroit, calv. Instit. <62. Brief, l'infidélité a ouvert la porte à l'ambition, ID. ib. )72. Craindre si longtemps chose de si brief temps! mont, i, 84. Estansassemblez, ils s'avancèrent en pais, et, pour le faire bref, ils exploitterent si bien qu'en trois ans ils parachevèrent toute leurconqueste, lanooe, 409. Oui voudra à cette heure considérer le temps qui fut emploie en une si grande conqueste ,1e trouvera brief, ID. ih. 409 Mais d'équité, de clémence et d'humanité, et, à brief parler, de toute autre vertu civile et pacifique, ilz n'a voient encore fait voir aucuns exemples, amyot, Marcell.^0.

— ÉTYM. Provenç. et catal. breu; espagn. et ital. brève; de brevis, qui tient au grec ppa-/ûç. Bref se déclinaùt ainsi : briés au nominatif singulier pour les deux genres, bref au régime singulier.

2. BREF (bref ), «. m. || i" Nom qu'on donne aux lettres closes du pape, du moins à celles qui traitent de quelque affaire ; les officiers qui les font, se nomment secrétaires des brefs; elles sont scellées en cire rouge, de l'anneau du Pêcheur, c'est-à-dire du cachet où saiat Pierre est représenté en pêcheur, et qui doit être apposé en présence du pape. Le pape a confirmé cette constitution par un bref, pascal, Prov. 17. Clément XI croyait exceller à écrire en latin et à composer des homélies et des brefs, st- SIM. 469, <9t. Clément XI envoya des brefs à tous les prélats de Pologne, voltaire, Charles XII, 5. Il 2» Petit livre à l'usage des ecclésiastiques, et indiquant l'office de chaque jour. Bref à l'usage de Paris. Il 3" Terme de marine. Congé ou permission de naviguer. || 4" Terme d'ancienne législation. Lettres de bref, lettres de chancellerie qu'on obtenait pour intenter une action.

— HIST. H' s. Puis [il] lui livrât le baston et le bref [lettre] , Ch. de Bol. xxv. Nostre emperere vous enveie cest bref, t6. xxxv. || xii* s. I-e jour meisme [il] a maint brief seelé, Rone. p. UT. Le matin, li reis fist faire un brief, e mandad à Joab qu'il meist Urie là ù li esturs fust plus forz en la bataille. Rois, <B6. Faites faire erramant Vos Chartres et vos briés à clerz bien escrivanz, Sax. xxi. Demain iront par tout no brief qui sont escrit, ib. xxiv. Il fist ses briés escrire, si lur aveit livre/, Th. le mari. 26. Il xiii* s. Le brief [il] lui fait escrire, tantost fu scellés, Berte, cxxi. Si se pensa li rois que or estoit il poins [blessé]; si fist escrire ses briés et envoiier à tous sesfeaus, Chron. de Uains, p. 08. Je vos aport ici un brief, Ren. )4667. Et après deivent faire jurer à chascun des champions que il ne porte brief [brevet, talisman], ne charrai, ne sorseries, Ass. de J. 1, <87. Il XVI* s. Le pape escrivit des briefs à tous les princes, langue, Ui.

— ÉTYM. Provenç. breu, brieu; espagn. et ital. brew; bas-lat. brève, lettre (ce qui est le sens habituel de bref dans l'ancienne langue); du latin brève, liste, agenda, sommaire; de brevis, bref. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li briés ou brés, au régime ^e brief ou bref; au nominatif pluriel li brief ou bref, au régime les briés ou brés.

BREGIN (bre-jin), *. m. Terme de pêche. Espèce de filet à mailles étroites. On trouve aussi bréguin et brège, i. f.

— ÉTYM. I!as-lat. broginus, bruginus, burginus. t BREGMA (brè-gma) , s. m. Terme d'anatomie.

Sommet de la tête, région occupée par la grande fontanelle

— HlST. xYi* s. Estant frappée par manière de jeu sur l'os du bregma, parB, vin, ».

— ÉTYM. BpÉYiia, de ^çiéynv, humecter, ainsi dit à cause de la fontanelle qui s'y trouve.

BRf.IUIGNE (bré-è-gn'), adj. || 1* Stérile, en par-

BRE

lant des femelles des animaux domestiques o» rii! ceux qu'on entretient dans des parcs et des viviers Une jument bréhaigne. Une carpe bréhaigne.|| fS. f Une bréhaigne, se dit parfois populairement en par lant d'une femme stérile.

— HIST. XII* s. Et li fameiUeus sont asagiez, puisque la baraigne plusurs enfanlad. Rois, e. Peames sont les eves et baraignes les terres, ib. 360 Franzois morront, s'en ert la France bregne. Boncisv. p. 42. Il XIII* s. La roche porte un bois doutable. Dont li arbre sont merveilJable ; L'un est bréhaigne et riens ne porte.... la Rose, B973. || xiv* s. Et pour ce les mariés stériles ou brahaignes se départent plus tost d'ensemble que les autres, ohesme, Eth. 264. Il XV* s. Voy Elisabeth ta cousine. Qui estoit bréhaigne clamée, La nativité de N. S. Sec et brahaing, je porte fleur et graine, ch. d'orl. Bail. <04.

— ÉTYM. Bourguig. braime; picard, braine, Berry, brdgne; wall. brouhagne ; rouchi, breine, Metz, bereigne; ano. angl. barrayn;a.ug\. mod. barren. Mot d'origine obscure. Diez propose une dérivation de barus, homme, en bas-latin, de sorte que bréhaigne serait la femme-homme, la femme stérile. Grandgagnage, trouvant dans le wallon meshaignier, décompose baraigne en bar, particule péjorative, et haigner, dont du reste il ne peut indiquer le sens.

t BRÉHER (bré-hé) , v. a. Terme de maréchalerie. Inusité aujourd'hui. Synonyme de brocher. Enfoncer les clous dans k paroi du sabot du cheval pour fixer le fer.

— ÉTYM. Il serait possible que bréher fût de même radical que l'ancien français brehant, tente, pavillon. || xii* s. Où il orent tenduz pavillons et brehanz, Sax. v. || xiu* s. Sodans i ot fait tendre son bref et son brehant, Ch. d'Ânt. 704. || xiv* s. Et Gaufrois demourra toute nuit sus les champz; Onques n'i volt laissier tendre très ne brehans, Baud. de Seb. x, 3(6. On ne connaît pas l'origine de brehant; mais les rapprochements sont toujours utiles.

t BRÉINE (bré-i-n'), s. f. Terme de chimie. Substance particulière trouvée dans la résine de l'arbre à brai de Bordeaux.

— ÉTYM. Brai.

BRELAN (bre-lan ; il y a une mauvaise prononciation, berlan, qui, d'après Chifflet, était admise à côté de l'autre dans le courant du xvii* siècle) , s. m. Il 1° Jeu qui se joue avec trois cartes, à trois, ou à quatre, ou à cinq. Qu'il garde sa main droite pour jouer au brelan, sév. 72. || Avoir brelan, avoir trois cartes de même figure ou de même point. || Brelan carré ou quatrième, brelan formé des mêmes cartes que celle qui retourne. || Brelan favori, brelan qu'on est convenu de payer double. || Brelan mignon, combinaison qui se présente à la bouillotte, quand, un joueur ayant deux as et im roi dans la main, l'as de retourne est do la couleur de son roi. Il 2° Par extension, maison de jeu, tripot; il se prend en mauvaise part. Courir le bal la nuit et le jour les brelans, rac. Plaid, i, 4. Je ne m'étonne pas qu'il y ait des brelans publics, la broy. 6. L'un en titre d'office exerçait un brelan, Régnier, Sat. x. Nous la verrons hanter les plus honteux brelans, boil. Sat. X. D'écoliers.... une troupe.... Va tenir quelquefois un brelan défendu, id. Lutr. m. || Fig. Le monde est un brelan où tout est confondu. Tel pense avoir gagné qui souvent a perdu , bégnies, Sat. in.

— HIST.xill's. Unberlenc aporte et trois dez, Fabliaux, édit. barbazan, in, p. 286. Trois dez et un bre- Ienc,i6.iv, p. 44. ||xiv*s. Comme icellui exposantse fust enbattuz à un jeu ou bellent en la ville de Douay . . . . DU CANGE, belencus. L'un met sus le berlens son gage. Et l'autre met argent encontre, id. bertenghum. Il XV* s. Le roi des ribauds doit avoir une table et breleng à par lui sur un des fiefs du palais, ou en tel place que au bailli plaira ordonner, id. ib. Plusieurs compaignons jouant aux dez sur une table ou brelenc, id. ib. \\ xvi* s. Tout son estude adonnoyt à observer les misères d'aultruy ; ce pendant sa femme tenoyt le berland, rab. Pant. m, 26. Il tint long temps le berlan [il eut longtemps l'avantage] , et par son astuce et force en jetta cinq ou six par terre, paré, m, p. 693.

— ÉTY'M. Picard, ber /on; espagn. berlanga, ie\: de hasard; bas-lat. berlenghum, belencus; de l'allem. BrelUn ou plutôt Brclitn^ , petite planche, le sens propre étant la planche, la table sur laquelle on joue.

BRELANVER (bre-lan-dé) , v. ». En mauvaise part, ne faire que jouer aux cartes. Le marquis de

BRE

BRE

BRE

Nielles était d'ailleurs un fort pauvre homme qui avait laissé brelander sa femme à son gré, st-sim.

— P.TYM. Brelan.

BRF.LANDIER , 1ÈRE (bre-lan-dié , diê-r'), s. m. et f. Terme de mépris. Celui, celle qui fréquente les brelans, qui joue continuellement aux cartes. C'est un sale et indigne métier que de tromper; mais c'est un métier pratiqué de tout temps par ce genre d'hommes que j'appelle des brelandiers, la BRUY. 6. Je ne souffrirai point qu'on trompe ma mattresse.... Qu'elle épouse un joueur, un petit brelandier, begnaud. Joueur, i, 2. \\ Adjectivement. T'aije encore décrit la dame brelandière? boil. Sat. x.

— HIST. XIV* s. Icelui Tassin fu à Creil, où seoit la foire, et là trouva feu Pierre Hannetel bellengier, qui avoit mis et drecié son bellent pour ceuli qui y voudroient jouer et esbattre, bu canoë, belencus.

— ÉTYM. Brelan.

■)■ BRELANDINIER, 1ÈRE (bre-lan-di-nié, niê-r'), s. m. et f. Marchand, marchande qui vend dans les rues.

— ÉTYM. Brelan, à cause de l'étalage, fait d'ordinaire sur une planche ou table (voy. brelan).

t BRELÉE (bre-lée) , i. f. Terme d'agriculture. Fourrage d'hiver pour les moutons.

t BRELIQUE-BRELOQCE(bre-li-k'-bre-lo-k'), loc. adrrrb. qui signifie au hasard, en confusion.

f BRELLAGE (brè-la-j'), s. m. Action de breller.

— ÉTYM. Breller.

BRELLE (brè-l'), s. f. Nom d'une certaine quantité de pièces de bois liées ensemble, pour les faire flotter, en forme de radeau. Quatre brelles font le train complet.

— ÉTYM. Voy. BRELLER.

t BRELLER (brè-lé), V. a. Fixer fortement avec des cordages, soit les poutrelles aux bateaux, soit les madriers aux poutrelles.

— ÉTYM. On trouve , dans Cotgrave , le verbe breller, prendre les oiseaux avec un certain piège. Breller est de même radical que l'ancien français bril, brillet, sorte de piège (voy. briller 2). Le nom du piège a passé à cette espèce d'assemblage.

<. BREI-OQUE (bre-lo-k'), t. f. Curiosité de peu de prix; petits bijoux qu'on attache aux chaînes de morktre. Le premier président était un panier percé qui jetait à tout, et beaucoup en breloques, st-sim. 37», 129.

— HIST. xvi* s. Breluques, ouniN.

— ÉTYM. Picard et wallon, ber^ofce; namurois, barioke; wallon, barloker, pendiUer ; de la particule péjorative bre ou ber (voy. ber....), et loque (voy. loque).

2. BRELOQUE (bre-lo-k'), *. f. Terme militaire. Voy. behloqoe.

BRELUCHE (bre-lu-ch') , s. f. Droguet de fil et de laine.

— ÉTYM. Origine inconnue; à moins qu'on n'y voie quelque comparaison avec breloque.

BBÊME (brê-m"), s. f. Poisson d'eau douce du genre cyprin (cyprinus broma). || Brème de mer, poisson du genre spare.

— HIST. xiii* s. Sardines, bresmes et dorées, Fabliaux, édit. BABBAZAN, t. IV, p. «4. || xiV S. Por bresnes cuites en eve, Bibl. des Charles, 5«série, t. i, p. 223.

— ÉTYM. Liégeois , brdme; bas-lat. bresmia, braximus ; angl. bream; de l'allemand Brachse, Brachsme.

t BRENADE (bre-na-d'), s. f. Voy. brenée.

t BRENÈCHE (bre-nè-ch'), s. f. Poiré nouveau et encore doux.

t BRENÈE (bre-née) , i. f. Mélange de son et d'herbes pour les oies, les poules et les cochons. On dit aussi brenade.

— ÉTYM. Bran.

BRENECX, EUSE (brè-neû, neû-z'), adj. Sali de bran, de matière fécale.

— HIST. xiv s. Perrinet dit à icellui Henry plusieurs villaines et hautaines paroles, et le appella sanglant bernoux, qui est à dire coux [cocu] au paîs, DU GANGE, brenocus. || xv* s. Au soir diront qu'ilz sont breneulx, Chetis recreans et faillis, e. DESCHAMPS, Poésies mss. !' b(>3, col. 4, dans lacuRNE. Toutcsfoys ce sac fut ouvert ; Mais quand il le vit si breneux. Il s'en alla tout roupieux, Cuydant que ce fust mocquerie , villon , 2« repue.

— ÉTYM. Bran, qui signifie son et excréments.

t BREQUltf (bre-kin) , s. m. Outil qui sert à percer; espèce de vrille. || Mèche de vilebrequin.

— ÉTYM. C'est le radical de vilebrequin (vire-brequin). Il n'est pas impossible qu'il se rattache à un radical brec ou bere : provenç. bercar, ébrécher; picard, i-berif-uer; radical qui est dans brèche; ou à

broche, brocher. Ménage propose un verbe bas-allemand borken , percer.

t BRESAGNE (bre-za-gn') , ». f. On des noms vulgaires de l'effraie.

BRÉSIL (bré-zil) , ». m. Bois rouge propre à la teinture. || Sec comme brésil, comme du brésil, extrêmement sec.

— REM. On dit aussi bois de Brésil , observe l'Académie. Si l'on écrit bois de brésil (sans majuscule), la locution n'est pas bonne : car le brésil est un bois, et non un arbre; si on écrit Brésil (avec une majuscule), elle n'est pas bonne non plus : car elle implique que le brésil a reçu son nom du Brésil , ce qui est faux.

— HIST. xni's. Ils ont [dans l'Ile de Ceylan] berzi en grant habondance, do meiUor dou monde, marco POLO, dans de laborde, Ématix, p. 174. Dou royaume de Jherusalem, dou royaume de Egipte, de la terre au soudant, vient poivres et toute espicerie et bresis, id. ib. Li barillier pueent fere baris de fuz de tamarie et de brezil, Liv. des met. 404. Nus tabletier ne puet mètre avec buis nule autre manière de fust qui ne soit plus chier que buis; c'est à savoir, cadre, benus [ébène], brésil et ciprès, ib. 177. Il xvî* s. Comme si on broUilloit ensemble des diamans, rubis, fer, plomb, or, argent, marbre, brésil, perles, corail, tuiles et ardoises, lakooe, 40. Villeguignon alla au Brésil faire un fort en la rivière de Ganabaras , l'ayant accommodé , renvoya ses navires chargez de brésil, et de là despescha à Genève, d'aub. Hist. I, 41. Ensemble une douzaine d'arcs de fin brésil, accompaignez de douze trousses ou carquois, cahl. m, 30. On dissoudra rasure de brésil et orcanete eneau alumineuse,PARÉ, xxv, 44. Non de fer, ains d'os, de brésil, de bouis ou d'autre bois ferme et lissé, o. de serres, 668.

— ÉTYM. Provenç. breîilh; espagn. brasil; ital. brasile; d'après du Cange, de même radical que braise, à cause de la comparaison avec la couleur rouge ou de feu; la dérivation se serait faite par des verbes allemands, braeielen, brasseln, rôtir en pétillant. Le brésil, connu, comme on voit, bien longtemps avant la découverte de l'Amérique, n'a pas reçu son nom du Brésil, mais l'a donné à ce grand pays, où les bois de teinture rouge sont très-abondants. D'après Chifilet, Gramm. p. 208, J ne se prononçait jamais, même quand une voyelle suivait.

BRÉSILLÉ, ÉE (bré-zi-llè, liée. Il mouillées), part, passé. || l^Teint en rouge. || Fig. Devenu rouge. Mandez-moi si vous dormez, si- vous n'êtes point brésillée, sÉv. 232. || 2° Brisé par petits morceaux. Une glace toute brésdlée.

BRËSILLER (bré-zi-lIé, H mouillées), v. a. Il 1* Terme de teinturier. Teindre avec du brésiL Il 2° Rompre par petits morceaux. || 8* V. n. Se réduire en poudre à force de sécheresse.

— HIST. xvi* s. Que à selle neuve ne soit mis en euvre basenne bresillé, du cange, brasile.

— ÉTYM. Brésil. Brésiller, dans le sens de rompre en petits morceaux, s'est dit ainsi à cause de la sécheresse du brésil. Cependant Raynouard rapporte le provençal bretillar, tomber en débris, à brisar, briser; mais la dérivation par brésil est la plus naturelle quanta la forme, et n'a point d'obstacle quant au sens.

BRÊSILLET (bré-zi-IIè, Il mouillées), s. m. L'espèce de brésil la moins estimée. || Brésillet bâtard, nom vulgaire de la trichilie spondioïde (méliacées) et de la picromnt'e antidesme (térébinthacées) , dite aussi brésillet d'Amérique. || Faux brésillet, nom vulgaire de la picramnie pentandre de Swartz, et de la comocladie intégrifoliée (térébinthacées) de Jacquin.

— ÉTYM. Diminutif de brésil,

t BRESOLLES (bre-zo-l') , ». f. plur. Terme de cuisine. Rouelles minces de veau mises en ragoût.

f BRESSIN (brè-sin), ». m. Voy. bbécin.

t BRESSON (brô-son), ». m. Bœuf de couleur de froment roux.

t BRESTE (brô-sf) , ». f. Terme de chasse. Manière de prendre les petits oiseaux avec de la glu et un appât.

— ÉTYM. Provenç. bretx; anc. franc, broi, piège à prendre les oiseaux. Faudrait-il y rapporter le verbe brester : jà si bien chanter ne sauront Ne pour crier ne pour brester, Patelin f Brester signifieraitil ici se débattre?

t BRETAGNE (bre-U-gn'), ». f. || 1* Terme de commerce. Toile de lin fabriquée dans la Bretagne. Il 2° Danse française fort noble qui se dansait en pas de deux.

— ÉTYM. Bretagne , nom d'une province de France (voy. bretonnant à I'éttm.).

BRÉTAILLER (brè-te-Ué, Il mouillées, et non bré-ta-yé) , v. n. Tirer l'épée à tout propos; hanter les salles d'armes et s'y escrimer sans cesse.

— ÉTYJl. Brette.

BRÉTAILLEUR (bré-ta-lleur. Il mouillées, et non bré-ta-yeur) , j. m. Celui qui brétaille. Co mot se prend presque toujours en mauvaise part , et se dit par mépris.

— ÉTYM. Brétailler.

BRETAITDÉ, ÉE (bre-tô-dé, dée), part, posté. Drap bretaudé, drap tondu inégalement. || Cheval bretaudé, cheval à qui on a coupé les oreilles.

BRETACDER (bre-tÔ-dé), V. a. || l' Tondre inégalement. On a bretaudé ce chien. || Bretauder les cheveux de quelqu'un, les lui couper trop courts. Mme de Nevers y vint coiffée à faire rire; la Martin l'avait bretaudée par plaisir comme un patron de mode, tous les cheveux coupés sur la tête et frisés par cent papillotes, s6v. 29. 1| 2° Couper les oreilles à un cheval.

— HIST. XIII' s. X val la ville [il] vit un home Frileux et pasle et enfondu. Bien bertondé et tout tondu, Gautier de Coitisi, dansJAUBEHT, Glossaire, 1. 1, p. 332. Il xvi* s. Le fendre des nazeaux, le coupper des aureilles, les crins et la queue des chevaux, est inventé pour donner respiration aux chevaux, pour leur allonger l'aleine, et pour les rendre assidus au travail, selon qu'ainsi l'on bertaude les courtaus es bonnes escuiries, o. de serres, 309.

— ÉTYM. Bre on ber (voy. ber....), particule péjorative, et tauder ou tonder, tondre (voy. tondre). Le sens propre de bertauder est mal tondre. Tonsus de tanderc a donné lousel, jeune garçon, (oi*»e, jeune fille, dans l'ancien français; et le son on s'est changé facilement en au dans ce verbe d'un usage vulgaire.

f BRETÈCHE(bre-tè-ch'),». f. Ancien terme militaire. Pièce de fortification ou partie crénelée des anciennes murailles. || Terme de blason. Rangée de créneaux sur une fasce, une bande ou un pal, ou sur les cétés de l'écu. || On trouve aussi bretas.se et bertesche.

— HIST. xii* s. Encor cent bertesches levées. Bien planchies et kemelé^ j, Rou, 9450. || xiu* s. Et Reniers estoit aus breUsches des murs, quant il choisi [vit] l'avant-garde que Joffrois li maroscha-.is faisoit, viLLEH. cLxii. N'est mie sages qui fera S'amor crier à la bretesche, Lai du conseil. Or aperra que vous ferés, Quant en haut encroé serés l'or preeschier sur la bretesche, la Rose, 20863. Voiles [voûtes] i ot desous chascune bien taillie. De tors et de bretesques si fièrement garnie, qu'Antioche no crient (craint) ost de celé partie, Ch.d'Ant.iv,

— ÉTYM. Provenç. bertresca; ital. bertesca, baltresca; bas-lat. bretachias. Origine inconnue.

BRETELLE (bre-tè-l'), ». f. || 1° Bande de cuir ou d'étoffe qui, passée sur les épaules, sert à porter une civière, un brancard, un sac. Les soldats portent leur sac à l'aide de bretelles. || 2" Bande élastique qui passe sur l'épaule, et qui soutient le pantalon, la culotte. Une paire de bretelles. || Fig. Il en a jusqu'aux bretelles, par-dessus les bretelles, il est engagé dans une affaire dont il ne sait comment sa tirer; et aussi, il est ivre, jj 3° Filet pour prendre les chiens de mer.

— HIST. XVI* s. Bretelles d'une hotte, cotgrave.

— ÉTYM. Berry, bertelle. D'après Diez ce mot tiendrait à l'ancien français bret; provenç. breti; ital. brete, piège à oiseau; espagn. l>rete, fers qui servent à enchaîner. Il reste du doute à cause du sens Génin a signalé le napolitain bertola, besace qui traverse l'épaule et pend devant et derrière. Il y a dans le parler de Come bretela, bartela, croupière; ce sont des rapprochements.

t BRKTELLIËRK (bre-lè-liê-r'), ». f. Terme de pèche. Filet légèrement lesté, dont les mailles ce sont pas très-larges et que l'on tend de façon à oe qu'il fasse des plis.

t BRETESSE (bre-tè-s"), ». f. Voy. bretïcbe.

tBRETESSË, ÉE (bre-tè-sé, sée), adj. Terme de blason. Pièces bretessées, pièces crénelées haut et bas en alternative. Une bande bretessée.

HIST. xiv* s. X Brsnesque la ville, qui fu bien

breteschie.... Guesclin, h219. ||xvs. Il fit faire et charpenter un chastel si fort et si bien breteschie que on ne le pouvoit grever, FROiss. l, i, 31».

— ÉTYM. Bretesche.

t BRETONNAPO", ANTE (bre-to-nan, nan-t'), adj. Ne se dit que dans ces locutions : Bretagne bretonnante, partie de la Bretagne où l'on pafle ba»breton ; et Breton bretonnant , celui qui est de la Bretagne breto ante.

nRE

— HiST. XV* E. Avec eux avoit un onevalier bretonnant. fortement vaillant, raoïss. i, i, 3<3.

— ÊTYM. Breton, de llrilarmia , nom de la Grande nretaçne, transporté à la Bretagne continentale, lors d'une émigration de Bretons insulaires sur le continent, qui eut lieu dans tes dernières années Je l'Kmpire romain.

BRKTTK rbrîM'), ». f. r,ongue épée. Charmon s'était f.iit secréiaire de cabinet pour le pUisir d'aller à Versailles et de porter une lirette, st-sim. (32, 2)5. Tant de bras ont chargé sur lui tous à la fois, L'un l'affublant d'un sac et saisissant sa brette, UAUTKRDCHK, Nobles de province, ii, (. || Familier.

— HIST. XVI* s. Brete, fleuret, espée rebattue jiour l'escrime, Dict. de monet. Combien qu'ils fassent bretons, toutefois ils n'étoient pas tonnans [Bretons bretonnansou de la Basse-Bretagne :jeu de mots], et s'estoient meslés de faire de bons tours avec ces brettes [Bretonnes : jeu de mots] , qui sont d'assez bonne voulenté, comme l'on dit; toutefois, hors de combat , desper. Contes, v. Jouer de la brette [recourir à l'épéo], oudin.

— ETYM. Brette, féminin de Breton, une femme de la Bretagne : Mme de Sévigné a dit : nous y vîmes une basse-brette, 77; et ici une sorte d'épée. D'après Ménage, c'était une longue épée qui se fabriqua d'abord en Bretagne; il faut donc écarter l'étyinologie de Diez, qui indique le Scandinave bredda, couteau court, sabre. Il y avait des haquenées brettes, des targes brettes.

BRETTELÉ, ÉE (brè-te-lé, lée) , part. passé. Pierre bretlelée.

BRETTELER (brè-te-lé). L'Académie ne conjugue pas ce verbe, que, en attendant qu'elle suive une orthographe \iniforme , on peut conj uguer : je brettelle, je brettelais, je brettelai, je brettellerai , je brettellerais, brettelant, brettelé, ou, avec l'accent grave, jebretttle, je brettèlerai, je brettèl3rais),i). o. Terme d'architecture. Tailler une pierre ou gratter un mur avec des instruments dentelés. || Graver de légères hachures sur la surface d'une pièce d'orfèvrerie.

— KTYM. Bretter. On trouve dans le xiii* siècle bretelle avec le sens de gravure : Si connois monseignor Begu, Qui porte un escu de breteles, Et sa lance de deux ateles Au tornoiement à la haie, Fabliaux manuscrits de St Germain, t°^û, verso, col. t , dans LACURNE ste-palaye.

t BRETTELURE (brè-te-lu-r") , s. f. Légères hachures que l'on grave sur l'orfèvrerie.

— f.TYM. Bretteler.

t BRETTER (brè-té), V. a. || 1° Terme d'art. Commencer i;n ouvrage de sculpture, en terre ou en cire, avec un ébaiichoir dentelé pour dégrossir la figure. Il 2" Pratiquer des dents ou de petites pointes sur un marteau ou tout autre instrument.

— KTYM. Peut-être le mot Scandinave bredda, couteau court.

BRETTEUR (brè-teur), ,ï. m. Celui qui se bat souvent à l'épée. L'autre en son jeune temps assure qu'il a mis Plus de brotteurs à bas que tué de perdrix, HAUTEiiocnE, Nobles de prov. i, ». || Familier.

— RTVM. Brette.

t BRETTURE (brè-tu-r') , t. f. || !• Travail pour dégrossir un ouvrage de sculpture. || 2° Raie formée sur le bois ou sur la pierre par des outils dentés. Il Dents de l'instrument qui sert à tracer les brettures.

— ÉTYM. Bretter.

t. BREUIL (breull, Il mouillées), s. m. Terme d'eaux et forêts. Bois taillis ou buissons fermés de haies, servant de retraite aux animaux.

— HIST. XI* s. E en un bruill par som les puiz [ils] remesrent [restèrent], Ch.de Hot. uv. || xii* s. Lez un brolet menuement ramé, /(onc. p. 62. Que n'oi [je n'ouisj chanter par brueille Oisel n'au main n'au soir, Couci, viii SousOrigni ot un bruel bel et gent; Là se logèrent li chevalier vaillant, Raoul de C. 50. [il] Dona broils,doBa teres, dona grans eritez, Bou, (930.... dui chevalier ki d'un bruil sunt issu,ib.4268. Il XIII* s. Et [jej chant sovent corn oiselet en brool, le boi denavabhe, Chnnson 58.

— ÊTYM. Provenç. bruelh. bruoil; anc. ital. broqlio, bruolo; bas-latin, broffi/us et hroilus. diins les l'.apitulaires. La forme broytiu.ï indique un radical brog, qu'on trouve dans le celtique : kymri, brog, élévation, gonflement, signification qui a de l'affinité avec celle de bourgeonner. Le sens de bour- Bsonner esl dans le portugais a-brnlhar, et celui de ^e soulever dans l'italien broglio , révolte. Diez remari,«A^' " '"^ """ «"' celtique, il a du moins reçu dÔuvZT"'* K"'"«niq"e, l'affixe .7 (brog-il) ne Sremai^d;;^'^'^"»"^ ""^^ s,gnale-l-il le verbe ■l'iemand brojen, se soulever. flreutJ est, en France,

BRE

le nom de plusieurs localités, et Dubreuil un nom propre fort répandu.

t 2. BREUIL (breu-U, i/ mouillées), s. m. Terme de marine. Synonyme de cargue.

t BREDILLER (breu-llé, ii mouillées),», o. Terme do marine. Carguer et trousser les voiles.

— F.TYM . Breuil 2.

t BREUILLES (breu-U', Il mouillées), s. f. plur. Terme de pêche. Entrailles du hareng, delà morue, etc.

— HIST. XII* s. Puis [il] fet le cors ovrir,LabreuiIle [les entrailles] a fet richement enfoïr Devant l'autel, el mostier St Bertin, Garin, dans du cange, burbalia.

— ÈTYM. Bas-lat. burbaXia, qui se trouve dans les Gloses d'Isidore, dont l'origine est inconnue, mais qu'on peut songer à rattacher à bourbe par l'intermédiaire du celtique borb (voy. bourbe).

BREUVAGE (breu-va-j'),*. m. || 1° Liqueur à boire. Oui te rend si hardi de troubler mon breuvage'? LA FONT. Fubl. I, 3. C'est son breuvage le plus doux, BAC. Eslh. m, 3. Il 2* Terme de vétérinaire. Potion médicinale pour les chevaux, les bœufs, etc. || 3° Mélange égal d'eau et de vin donné à un équipage en sus de sa ration.

— HIST. xii* s. Onques Tri.stans, cil qui but le brevage. Plus loiaument n'aima sans repentir, Couci, xix. Il xiu* s. Li rois ne se gardoit pas dou buverage queli traitour li avoient fait boire, Chron. de Bains, p. 49. Mes se tu viaus [veux] bien eschever Ou'amors ne te puisse grever. Et vous garir de ceste rage, Ne pues boivre si bon bevrage Comme ppnser de le foïr , la Rose, 4368. Le meilleur bevrage que il aient et le plus fort, c'est de lait dejumentconfist en herbes, joinv. 284. || xv*s. Envie luy brassa telle breuvaige que elle fit conlrouver sur luy que il n'auroit pas bien parti [partagé] les despouiUes, Bouciq. iv, ch. <3. Uns médecins, qui bien savoit Quel maladie avoie [j'avais] el corps... Avoit à mes gardes bien dit Qu'on ne laissas! entours mon lit Nulbuvrage, ne pot, ne voire, eroiss. Espin. amour. || xvi* s. ISruvage, mahot, iv, 247. X la fin il leur advint de gouster du vin qui premier leur fut apporté d'Italie, dont ilz trouvèrent le breuvage si bon, que.... AMYOT, Cotn. 23. Fault encore qu'il boyve d'un breuvage composé de vinaigre et de laict. m. Arlax. 3.

— f.TYM. l'rovenç. beurage: espagn. beliraye ; portug. beberagem ; ital. beveraggio ; de l'ancienne forme boivre ou bevre, avec le suffixe âge : bevrage, et, par métathèse de l'r, bm-nge, breuvage.

f BRÈVE (brè-v') , s. f. Quantité de marcs ou d'espèces que le monnayeur produit d'une seule fonte.

— HIST. XIV* s. Il fist monnoier et ouvrer pluseurs autres brèves d'or, du cange, brève. \\ xv* s. Brève est le nombre et quantité de deniers non monnoyez qui est baillé par poix et nombre certain à chacun monnoier pour chacun jour qu'il monnoye, id. tb. Qui avoit emblé en la monnoye de St Pourcein une brieve d'argent noir, id. ib.

— ÉTYM. Bref, pancarte où l'on indiquait la quantité des matières remises.

t BREVE (ALLA), voy. ALLA brève.

BREVET (brève ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriell'ï se lie: des brevets imprimés, dites : des bre-vè-z imprimés; brevets rime avec traits, succès, paix), s. m. || 1° Autrefois acte non .scellé qu'expédiait un secrétaire d'Etat et par lequel le roi accordait un don. une pension, un bénéfice, une grâce ou un titre de dignité. Je no suis pas de ceux qui, ayant dessein de convertir des éloges en brevets, font des miracles de toutes les actions de monsieur le cardinal, voit. Lett. 74. Une inspection générale sur la marine et l'autorité d'enseigner aux officiers toutes les nouvelles pratiques dont il était l'inventeur, le tout accompagné de (2000 livres de pension; la maladie de M. de Seignelai retarda l'expédition des brevets nécessaires, FONTKN. Benau. || Ducs è brevet, ducs à vie, par opposition aux ducs héréditaires. || Justaucorps à brevet, sorte de justaucorps bleu à parements rouges, que quelques courtisans avaient droit de porter par brevet du roi. || y(u piur. Les chevaliers du Saint- Esprit qui portaient le cordon bleu. On laissait entrer les brevets au lever du roi. || Fig. et familièrement. Deux fripons à brevet, brigands accrédités, VOLT. Disc. 5. James et Wam brus étaient les sorciers à brevet île Pharaon , in. Uœurs, Magie. || Brevet d'assurance et retenue, acte par lequel le roi assurait une somme à payer par le titulaire d'une charge après le titulaire actuel. || 2* Titre ou diplôme délivré au nom d'un gouvernement, d'un prince souverain. Il

BRE

a reçu le brevet de sa pension. Ce marchand a la brevet de fournisseur de la cour, etc. Commis à retirer les brevets des emplois Qui vous ont fait l'envie et la terreur des rois, botr. Bélis.v,3. || Acte qui attribue un grade dans l'armée ou dans un ordre de chevalerie. Brevet d'officier. Brevet de la Légion d'honneur. || Espèce de patente ou diplôme déliwé par le gouvernement à ceux à qui il permet d'exercer certaines professions ou indu.stries. Brevet d'imprimeur, de libraire. || Brevet de capacité, constatation d'une certaine aptitude chez un individu. Il Brevet d'invention, d'importation, de perfectionnement, acte qui accorde le droit exclusif de fabriquer et de vendre à l'auteur d'une invention, d'un perfectionnement, ou de l'importation d'une invention ou d'un perfectionnement. {| Fig. et familièrement. Donner à quelqu'un brevet . son brevet d'étourdi, d'extravagant, c'est-à-dire le déclarer tel. On croirait qu'il a un brevet d'impunité. || 3° En termes de pratique, acte en brevet, obligation, procuration dont le notaire ne garde pas la minute et qu'il délivre sans y mettre la formule exécutoire. Obligation, procuration par brevet. || 4° Acte d'apprentissage, acte par lequel l'apprenti s'engage. || 5° Talisman. L'amoureuse Nérie Employa philtres et brevets, la FONT. Coupe. Et j)Our gagner Paris, il vendit par la plaine Des brevets à chasser la fièvre et la migraine, CORN. Illusion, i, 3. Vieux en ce sens. Le talisman était ainsi appelé parce qu'il consistait en paroles écrites sur un bref ou brevet. || 6* Terme de teinturier. Décoction de garance et du son qu'on ajoute au bain d'indigo.

— HIST. XIII* s. Comment il trova à son chief En un petit brievet escrit Ce qui son nom bien li descrit, RUTRB. Il, J49. ||xv* S.... le beau nisi [obligation] Ou ung brevet y ont ouvré. Patelin, 376. Il XVI* s. Montrant des brevets [talismans] qu'il avoit, attachez au col et au bras, mont, m, 233. Feuilletant ces petits brevets descousus [des notes sur ses attaques de gravelle], comme des feuilles sibyllines, je.... ID. iv, 273. Lors qu'ellede loingjecte un brevet [billet, talisman] dans ma flamme, Je le sentis soudain comme il me rhabilloit, la boétie, 448. Estre enferré bien avant aux brevets des marchans usuriers et autres gens de main mise, Contes d'Eutrnpel, p. 78, Rennes, (685.

— KTYM, Diminutif de bref, subit.

I BREVETABLE (brè-ve-ta-bl') , adj. Qui peut recevoir un brevet d'invention. Le procédé n'est pas brevetable.

— f.TYM. Breveter.

t BREVETAGE ( brè-ve-ta-j' ) , s. m. Opération ayant pour but de produire de l'alun en ajoutant un sel de potasse ou d'ammoniaque au sulfate d'alumine.

— F.TYM. Breveter 2

t BREVETAIRE (brè-ve-t*-r') , î. m. Personnage breveté. || Celui qui avait obtenu un brevet du roi en matière bénéficiale.

— F.TYM. Brevet.

BREVETÉ, ÉE (brè-ve-té, tée), part, passé. Le fournisseur breveté d'un prince.

— FTYM. Brevet.

+ BRÈVETÉ (brè-ve-té),*. f S'est dit pour brièveté (voy. BniÈVKTÉ). Un des maîtres de notre éloquence a cru que la contrainte de la poésie, jointe à la sévérité de notre langue, m'embarrassait en beaucoup d'endroits, et bannirait de la plupart de ces récits la breveté qu'on peut fort bien appeler l'âme du conte, la font. habl. Préface. On ne trouvera pas ici l'élégance et l'extrême breveté qui rendent Phèdre recommandable, m. tb.

(. BREVETER (brè-ve-té; bien que l'Académie ne mette pas d'accent sur bre, la prononciation en met un, au moins quand la syllabe qui suit est muette; quand elle est sonore, on peut faire entendre un e muet, comme dans breic<;je brevette, je brevetais. je brevetai, je brevetterai, je brevetterais, brevetant; au lieu des deux It, on pourrait admettre l'è, comme dans : je complète), e. a. Donner un brevet à quelqu'un. Se faire breveter par le gouvernement.

— ÊTYM. Breiet.

t 2. BREVETER (brè-ve-té), V. o. Exécuter l'opération (iu brevetage.

t BREVEUX (bre-veû), s. m. Terme de pêche. Sorte de crochet à prendre les homards et les crabes.

BRËVIAIBE (bré-vi-ê-r'), t. m. || 1* Livre de prières, en usage dans l'Église catholique, dont les diverses parties doivent être récitées à certaines heures du jour, par ceux qui sont engagés dans les ordres sacrés ou qui possèdent quelque bénéfice ecclésia.sli(]iie. la mouche se plaint.... Qu'aucun

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ii'aiJe auï chevaux à sa tirer d'affaire. Le moino (lisait son bréviaire ; Il prenait bien son temps, la FONT. Fabl.vn, 9. Je trouvais le vieux voyageurlevé avant moi, et disant son bréviaire, ciiateaubr. Génie, IV, IV, 8 C'était l'heure sainte où libre et solitaire, Au rayon du couchant il lisait son bréviaire, LAMART. Joe. l'rol. S. || 2° L'office même que les prêtres disent cha([uc jour. || 3° Fip. et familièrement, livre dont on fait sa lecture habituelle. Tacite est so.n bréviaire.

— HIST. xiV s. I.i breviere suer Agnès de Paris client en eaue tout ouvert et fut du tout mouillé dedans et dehors, Vie d'Ysabelle à la suite de JOiNViLLE, dans le Pict. de dochez.

— ÉTYM. Breviarium, abrégé, sommaire, parce que c'est un sommaire des prières à réciter; de breris, bref (voy. bref).

t BRÊVICAUDE (bré-vi-kô-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a la queue courte.

— ÉTYM. Brciis, court, et caui/a, queue. tBUÉVICAULE (bré-vi-kô-l'), adj. Terme de botanique. Oui a la tige courte.

— ÉTYM. Ilreiis, court, et canlis, tige.

t BRÉVIER (bré-vié), s. m. Nom vulgaire <les grands oiseaux de proie.

f BKÉVIl-LORE (bré-vi-no-r'), adj. Terme de botanique. Oui a les fleurs courtes.

— ÉTYM. Brevis, court, et ftos, fleur.

t BRÉVIFOLIÉ, ÉE (bré-vi-fo-li-é , ée) , adj. Terme de botanique. Oui a des feuilles courtes.

— ÉTYM. Drevis, court, elfolium, feuille.

f BUÉVIPÈDE (bré-vi-pè-d'), adj. Terme do zoologie. Oui a les pieds courts, les jamlies courtes.

— ÉTYM. Drevis, court, et pes, [lied.

t BRÉVIPENNE (bré-vi-pè-n') , adj. Terme de zoologie. Oui a les ailes courtes.

— ÉTYM. Brevis, court, elpenna, aile.

tBRÊVIROSTRE (bré-vi-ro-str'), adj. Terme de

zoologie. Oui a le bec court.

— ÉTYM. Brevis, court, et rostrum, bec.

+ BRÉVISTYLE ( bré-vi-iti-1'), adj. Terme de botanique. Qui a le style court.

— ÉTYM. Brevis, court, et style.

tBRÊVlUSCULE (bré-vi-u-sku-1'), od;. Terme didactique. Oui est un peu court.

— ÉTYM. Diminutif de brevis, court.

BRIBE (bri-b'), s. f. || 1° Gros morceau de pain. Manger une bribedepain. 11 est populaire. || 2° Les restes d'un repas. Cola se changeait on un déjeuner dont j'étais le pourvoyeur, et qu'il partageait avec un autre camarade; car pour moi, très-content d'ea avoir quelque bribe, je ne touchais pas même à leur vin, i. 3. koiss. Confess. l. \\ Fig. Si j'avais le moindre crédit, quelques bribes à leur jeter, ils seraientlousàmespieds,p. L. Courier, i, 86. HS'Phrases prises çà et là. C'était [Villars] un répertoire de romans, de comédies et d'opéras dont il citait à tout propos des bribes, st-sim. <n, 203. Je sais qu'un homme qui fait des vers mieux que moi a récité des bribes fort jolies d'un petit pogmo.... volt. Lett. Schomberg, 5 janv. (770.

— IIIST. XIV' S. C'est celle qui brimbes repont [met] on son sachet, et tant y sont que moisies elles deviennent,nu CANGE, briba. || xvi' s. Et pour cequ'ils e.vtcient fort chargez de bribes, il se convia à les soulager, d'aub. llist. ii, 402. 11 n'est vie que de coquinsquand ils ont amassé leurs bribes, cotgbave.

— ÉTYM. Bourguig. bribaullai, mendier; picard, hriber, manger; wallon, bribcr; ancien wallon, brimber, mendier; espagn. briba, gueuserie ; angl. bribe, présent qu'on fait pour corrompre quelqu'un. Ces mots se rapportent d'une part à briffaud, mangeur; picard brife, morceau de pain (ital. brilfalda, coureuse) ; et d'autre part à l'espagnol bribar, mener une vie de vagabond; ital. birbone, birbanic, vagabond ; anc. franc, briban. L'italien briffalda sert (l'union entrelesdeux formes bn'/' et fcrib, elles detix sens manger et être vagaboud. Du reste l'origine ultérieure de ce mot est ignorée. On a indiqué l'ancien haut-allemand bilibi, pain, conjecture .sans autorité, liais bribe, bien qu'il ait été brimbe, ne paraît pas tenir à brimborion (voy. ce mot), qui est tout autre.

t BRIBRl (bri-bri), s. m. Nom vulgaire du bruant de haie.

— ÉTYM. Peut-être une onomatopée prise du chant do l'oiseau.

BRIC (brik). Voy. broc. De bric et de broc.

BRIC-X-BRAC (bri-ka-brak), s. m. Objets vieux et de hasard, comme bahuts, ferrailles, tableau,x, statuettes, etc. Marchand de bric-à-brac. ||^lu ptur. Des bric-à-brac.

—ÉTYM.Motforméàl'imi talion de de bricet de broc.

BRICK (brik; quelques-uns écrivent et pronon-

Dir.T. 1).^. I.A LANGUK FRArlgAISE.

cent brig), s. m. BAtiment à deux mi\ts, et dont le plus grand est incliné vers l'arrièro. Un page et deux coursiers attendent, et plus bas, L'n brick aux flancs étroits sous son poids se balance, lamart. Ilarold, V.

— ÉTYM. Anglais, brig.

BRICOLE (bri-ko-l'), s. f. \\ l' Dans l'art milil;iire du moyen <\gc, sorte de catapulte ou de mangonneau. || 2° Terme de jeu de paume. Bond que fait la balle lorsqu'elle a frappé une des murailles. || Au jeu do billard, coup par lequel la bille jouée touche une des bandes avant de venir frapper l'autre bille. Coup de bricole. Jouer de bricole. || Terme d'artillerie. Le boulet a frappé de bricole, c'est-à-dire après avoir rebondi. || Fig.'l'our et détour des choses, causé par les résistances qu'elles rencontrent dans leur mouvement. Jouer de bricole, n'aller que par bricoles, user de moyens détournés. 11 a voulu me donner une bricole, il a voulu me tromper. Tessé n'espéra plus de bricoles pour arriver au commandement de l'armée, ST-siM. 07, 30. La princesse de Ouemené attrapa le tabouret par les bricoles des particuliers [intimes] ot du Val-do-Grâce, ID. 58, 232. {| De bricoieou par bricole, toc. adv. Indirectement, d'une manière imprévue. || 3° En termes do marine, bricole se dit de la puissancequ'ontles poids, placés au-dessus du centre de gravité, pour mettre un vaisseau sur le côté. Le lest contre-balance la bricole, qui est occasionnée par le poids des mâts, des manœuvres hautes, etc. ||4° Partie du harnais d'un cheval qui s'applique à son poitrail. La bricole du timonier s'est rompue. || Harnais en cuir qui remplace le collier pour les chevaux de trait léger, ou pour ceux qui ont été blessés à l'encolure. || 5° Lanières de cuir à l'usage de ceux qui portent des fardeaux suspendus. La bricole d'un porteur d'eau. On dit aussi bretelles. || 6° Terme de poche. Ficelle garnie de ficelles plus minces et (ilus petites, qui portent chacune un hameçon. || 7° Sangle qui sert à soulever les glaces d'un carrosse. |{ 8° S. f.plur. Espèce de rets pour prendre des cerfs, dos daims. Le cerf a donné dans les bricoles.

— liiST. XV" s. Et à l'endemain, nous prendrons terre.... et nous logerons au plus près de la ville que nous pourrons, hors du trait de leurs bricoles, FROiss. m, IV, 16. Engins, canons, trebus, espringales, brigoles, m. ii, m, too. Et aussi en autres lieux furent faits plusieurs fondrefflcs, bricoles et eschelles, monstbel. i, 2S. Icelluy varlet se ferma une corde au col on manière d'une vercolle pour soustenir le limond du dit dcmy char. Pendant qu'ils liroient et hattoient à la vercolle, du cange, vercolenum. X la bataille de Fornoue plusieurs François contrefirent l'habillement du roy Charles VIII, pour donner la bricollo aux ennemis ^ui avoient envoyé le reconuoistro pour le tuer, andrE de la vigne, Voy. de Naplcs de Charles YIU, p. (62, dans

LACUBNE.

— ÉTYM. Espagn. brigola; ital. briccola; bas-lat. bricola: trois mots qui ont le sens de machine de guerre à lancer des pierres; sans doute do l'ancien français bric, s. m. ou briche, s. f. piège à prendre les bêtes : xiu" s. Yscngrin remest [reste] en la briche, lien. 1200; xvi" s. Pour prendre au bric l'oyscau nice et foiblet, ha«ot, i, 254. Bric se rattache peut-être à un radical allemand brech, rompre, briser. Pour bricole, la série des sens est : machine à lancer, puis le bond que fait la pierre lancée, puis les cordes et ficelles qui servent, comme dans la machine, à quelque opération.

BRICOLER (bri-ko-lé), v. n. \\ 1° Jouer de bricole à la paume ou au billanl. || Fig. Aller par des voies obliques. La maison de Lorraine fit en sorte que Mme la duchesse de Chartres dcmcurAt à Versailles, avec laquelle il n'eût pas été si aisé de bricoler, stsiM. 72, 181. Il 2' Terme do cliasse. S'écarter à droite et à gauche de la piste, en parlant du chien. Il 3° Terme de manège. S'écarter adroitement pour passer entre les arbres et les buissons, en parlant du cheval.

— uisT. xvi* s. Martiques estant couché sur le fiasque d'un canon pour conleroller le pointeur, sans fronleau, une ballo d'arquebuse bricolla sur la pièce et lui perça la teste, d'alb. Ilisl. i, 312. J'allais bricollant sans chandelle, et tombant d'un costé et d'autre, comme un homme qui seroit yvre de vin, palissy, 32 i.

— ÉTYM. Bricole.

t BRICOLIER (bri-ko-lié), s. m. Cheval qui porte la bricole, qui est attelé de celé aux voitures à deux roues. Il Fig. et populairemeut, homme qui vit d'expédients el de raccrocs,

— ÉTYM. Hricolt.

} BRICOTEAUX (bri-ko-lô), *. m. plur. Pièces du métier des lisseranils.

— IHST. xvi* S. Bricoleau, palet de pierre, ou-

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