‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 307 sur 504 · DIN · texte numérisé non relu

DIN

— ÉTYM. Diminutif de bricot, petite pierre, dontsans doute le radical e.sl le mémo que celui de brique.

t RRIDABLK (bri-da-W) , ad;. Qui peut être

bridé.

— liIST. XV' s. Se nous fussions l'un borgne l'autre louce. Mois et chetifs, bridables en la bouce.... G. ciiAsïELAiN, Expos, sur vérité mal prise.

— ÉTYM. Brider.

BRIDE (bri-d'), s. f. \\ i' Harnais placé à la léte du cheval et destiné à l'arrêter ou à le diriger, selon la volonté du conducteur. La bride se compose de trois parties princi[iales : la monture, le mors et les rênes. Mettre une bride à un cheval. La main do la bride, la main gauche du cavalier. || 2" Les rênes seules. Je voudrais donc... Qu'un seigneur éminent en richesse, en puissance. Par la bride guidât son superbe coursier, nu. Esth. ii, 5. || Serrer la bride à un cheval. Lâcher ou rendre la bride. Toui-ner bride, pour prendre la fuite. || Aller à toute hr'.ic, à bride abattue, proprement, mener son cheval au grand galop; et figurément, agir sans réserve ni retenue. Il s'en moquait à brida abattue, sÉv. 44. Elle a un amant à bride abattue, id. 43s. La modestie m'empêche de vous louer à bride abattue là-dessus, lo. 12. I) 3" Fig. Obstacle, frein, retenue. Lâcher la bride à ses passions. || Tenir quelqu'un en bride, le contenir, le diriger. Et pour tenir en bride un peuple sans raison, corn. Pulchér. v, 3. Ils tenaient les soldats en bride, Boss. Ilisl. m, 7. Le sénat tenait en bride les gouverneurs, in. Ilisl. m, 6. Dieu qui tient en bride les esprits trompeurs, m. Ilist. Il, 9. Dieu qui tient en bride les Ilots de la mer, id. Polit. S'ils tiennent la bride à leur impatience, MALn.ii, t. Cependant notre grand Alcide, Amolli parmi vos appas, Perdra la fureur qui, sans bride, L'emporte à chercher lo trépas, id. m, l Retenir )a bride aux efforts du courroux, noi. F. sav. I, 2. Il doit tenir la bride aux grands empressements, ID. ilis. I, 2. i le conjurer de tenir ses regards en bride, iiamilt. Gramm. 8. jj Tenir la bride haute, courte, à quelqu'un, le diriger, le traiter sévèrement. Il est bon de lui tenir un pou la bride haute, mol. l'Av. i, to. || Lâcher la bride, mettre à quelqu'un la bride sur le cou, c'està-dire lui laisser toute liberté d'agir. Je jouis avec plaisir et modération de la bride qu'on m'a mise sur le cou, SÉV. 285. Elle est admirable, quand elle a la bride sur le cou,id. 239. Pour mettre une bride sur le cou, id. 335. Je ne veux point me lâcher la bride à vous parler de mon amitié, m. 697. Que ne dirais-j? pas île ma tendresse pour vous, si je voulais me bicber la bride? id. 20». Je lâche la bride ^ toutes ses bontés, id. 226. Vous qui laissez la bride sur le cou de vos moitiés, iiamilt. Gramm. 9. Tantôt Dieu relient les passions, tantôt il leur lâche la bride, rioss. Ilist. m, 7. || Kig. et familièrement. Aller bride en main, c'ost-i-dire agir, procéder avec circonspeclion. Depuis ma dernière lettre, je vais bride en main sur la louange, volt. I.ell. en vers. 102. || Kig. lia plus besoin de bride que d'éperon, il a plus besoin d'être contenu ((u'excilé. || Hocher la bride à quelqu'un, sonder ses intentions. |1 i'Bridesà veaux, sottes raisons, sots raisonnements, et aussi nouvelles absurdes, contes ridicules. De rien je fais brides à veaux, RÉGNIER, Épitre m. Blasphèmes nouveaux, Vieux dictons dévots, Hapelourdes. pavots. Et brides à veaux. Que n'a-t-on pas mis Dans Sémiramis? PIBON, Chanson satirique sur la Sémiramis de Voltaire. Locution qui vient de ce que, les veaux no se bridant pas, les brides à veaux ne sont rien. || 5° Lien pour retenir certaines coiffures. Brides d'un bonnet, d'un chapeau de femme. Il Espèce de boutonnière qui se fait aux maricheset aux cols des femmes pour les fi.xer à un bouton. La bride se fait en saillie sur l'élotTe-, c'est- un feston sur lies fils posés en demi-cercle et pouvant entourer lo bouton. La bride n'est attachée à l'étoffe que par ses deux côtés, tandis que la boutonnière est dans l'ètoiïe même. || Points aux deux extrémités d'une boutonnière pour empêcher qu'elle ne se décliire. Il Maille échappée dans un bas de soie. || Brides, petits tis-sus de fil qui servent à joindre les fleurs les unes avec les autres dans l'espèce de dentelle qu'on nomme point de France, de Venise, de Matines. IIS" Terme de chirurgie. Filaments membraneux que l'on trouve souvent dans le foyer des abcès ou dans les plaies profondes, et qui s'opposent à la i sortie du pus, ou établissent des adhérences vicieu-

RRf

le

K,. Mtriiirelcsl.ri.los. || 7- Terme Je iiKii.ne. f^orlo de Rrando crampa qui lie lo bout île la quille avec i'itambot. Il 8" Pièce de la batterie d'une armo à feu. Il Outil de charron. Il l'Iaque de fer, du métier des nlombiori, carrée et évidée en rond dan?- le milieu, pour tenir lieu de soudure. || Lien de fer pour assujettir une pièce de bois, un tuyau do conduite, etc. Il i' Bride, s.jrte de point d'Alençon dont le tissu

est beaucoup plus fort que le ré.seau. || Proverbe.

i cheval donné on ne regarde pas à la bride ;

c'est-à-dire un présent est toujours bienvenu,

quand même il y manque quelque chose pour êh-e

complet.

— lllST. xilP s. N'onc ne la [la fortune] pot tenir r.rnsus, Ou'el nel tornast et jus et sus, Qui refu roi <le tonte Lyde, Puis li mist l'en ou col la bride, Kt fu par ordre au feu livrés, la Kose, 85lfl. Kn nos plors n'ot ne frains, ne brides, ib. <0ft57. || xiv s. Une bfido à un tissu do rouge soye, à claus esmaillés, nE LAUOanE, Émaux, p. ae. || xV s. À grant peine y [en Ecosse] recuevre l'on du fer pour ferrer Jes chevaux, ni du cuir pour faire harnois, selles, ni brides, proiss. Il, ii, 228. Tels y en avoit, dans la suite du duc de Bourgogne, leurs bouches de velours brodées, et, en lieu de gros.ses resnes de leurs brides, chaisnes d'or, diî laisordk, hmaux, p. 170. Dont jà sommes plus de cent mille Qui tous voulons tourner la bride. Et vous lairrons tout esgaré, mons- TREL. liv. I, ch. 274. Complainte des laboureurs de franee. ||xvi' Lascher la bride aux lamentations ot aux larmes, mont, i, 63. Les stoïciens veulent de la bride mesme à l'estude, id. h, s4I. Le chartier |irit les renés de la bride avec la main gauche, AMYOT, Cor. 40. Sylla l'envoya devant à bride abatue avec sept cens chevaux, id. Sylla, o. Il lourn:i bride tout court, id. Eum. n. Quand il veit qu'il ne demandoit plus qu'à courir, alors il luy donna carrière à toute liride, id. Alex. 9. Les valets qui beu-

voient à toutes brides, cai\l. m, 8 etluyenmetl

la bride sur le col [.s'en rapporte à lui], iD. vu, lo. Brides à veaulx, cê.nin, Itécréat. t. ii, p. 230.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. brida; ital. îing!ia; de l'ano. liauf-allem. brittil, pritil, et, par contraction, britl. he pritil vient une autre forme italienne, predcllo.

BRinÉ, P.E (bridé, dée), part, passé. || 1° Cheval scUé et bridé. 1| 2" Fig. Retenu, contenu. Bridé entre les menaces do la société et son inclination naturelle, sév. 440. Il a l'imagination tellement bridée, que je crois.... in. 37. Je retrouve ce premier mal, quand je ne suis pas bridée par l'autre, id. 387. Il 3° Oison bridé, oison à qui on a in.sinué une plume dans les ouvertures des narines pour l'empêcher de passer à travers les haies; et figurémcnt, personne sans intelligence. Ou des oisons bridés, guenuclies, éléphants, nÉONiEn, Sal. xi. || 4° Terme didactique. Qui oITre une ou plusieurs raies colorées allant du dos vers la tête.

t BRIDEMENT (bri-do-man) , s. m. Action de brider.

— HtST. XVI' S. Grande gueule et bien fendue, pour le facile bridement, o. de serres, 30).

— Etvm. Ilridir.

BRIDER (bri-dô), r. a. || 1° Mettre la bride à un cheval, à un mulet, etc. Brider un cheval. || Absolument, 11 est temps de brider. || Fig. Brider son cheval, son Sno par la queue, s'y prendre mal. Il Brider la figure à quelqu'un d'un coup de fouet, cingler un coup de fouet au traversdu visage. Il 2* Par extension, trop .serrer. Le béguin que vous ave;; mis à cet enfant le bride trop. || 3° Kig. Contenir. Blaye était solide, une place qui bridait la Ouyenne et la Ga.scogne, st-sim. «, 8i. Chartes XI [de Suède] s'alTranchit de tout ce qui bridait l'autorité royale, id. 47, 3S. Il hrido la fureur de la mer, boss. Effic. t. La crainte, en moi, fait l'oflice du zèle, bride mes sentiments.... mol. l'est. I, t. La raLson, trop farouche au milieu des plaisirs. D'un remords importun vient brider nos désirs, BoiL. Snt. iv. Chacune vint pour hriderce caquet, OKESs.Fm-forI, cil. IV. Il i- Kig. Brider la bér.asso, se dit en parlant de quelqu'un qu'on attrape et qui d'ailleurs n'a pas grande finesse. Ma foi , monsieur, la bécasse est bridée, mol. Am. méd. m, D. || Brider t'emploie seul, dans le même sens. D'un zèle simulé j'ai bridé le bon sire , ID. i'^lour. iv , l , || 5° Terme do pêche. Brider un filet, en serrer les bords. Il Terme de cuisine. Brider une volaiUe, pa8.<ier une nceile dans les cuisses pour les assujettir. || Terme

une rr™"^'"t- '^"''"^ '«^ ''"•"' <•'"■» °i»«='". 'i" Uerl^cmW. T""" ''f ' P""*'"- Il "T^^e de marine. «bs. BrX uf rr'"^" P''"'"'''«^ Il Terme d'é- «l.se. Bnder les cloches, en lier les battants pour

imi

carillonner. || Ti-rme de carrier. Brider une pierre, l'attacher avec le bout du cible pour la tirer en haut. Il 6» Terme de manège. Brider la potence, donner contre la potence, au lieu d'emporter la bague. || Se bien brider, se dit d'un cheval dont la tête est placée bien et perpendiculairomeiil au sol. || Proveibe. Chacun bride sa bclo, c'est-.'i-dire chacun se conduit à sa manière, à sa fantaisie.

— iilsT. XV" s. Ils lui voulurent oster son auclorité et lo voulurent brider que il ne peust user de auctorité de roy, comm. v , 18. || xvi' s. Occuper les esprits à certain subjet qui les bride, mont. 1,32. Faire brider l'asne par la queue, id. l, 72. Il feit commandement que l'on s'armast, et que l'on bridast les chevaux, AMYOT, Eum. 18. Cette trouppe n'eut pas loisir de brider le casque, qu'ils voient arriver Lusignan, d'aub. llist. il, 354.

— ÉTY.M. Bride, llriderla bécasse. Voy. bécasse; BRIDEUSE (bri-deù-z') s. f. Celle qui, repassant

la couchure, finit la bride, point d'Alençon.

t BRIDIER (bri-dié), s. m. Ouvrier qui fait les brides.

t BRIDOIR (hri-doir), s. m. Terme de manège. Mentonnière.

— f-.TYM. Brider.

t BKIDOISGN (liri-doi-zon),s. m. Niais, sot, stupi(ie.

— lllST. XVI' s. Bridoye, nom, dans Rabelais, Pnnt. 39-43, du juge qui décidait les procès par un coup de dés.

— ÉTYM. Brider, oison. Nom d'un personnage de la comédie du ilariage de Figaro, de Beaumarchais ; Kn robe ici, seigneur Bridoisonl cen'estqu'uneaffaire d(imesti(]iie; l'habit de ville était trop bon, m, 14.

f BllIDOLE (hri-do-1'), t. f. Terme de marine. Appareil servant à ployer les bordages courbes, pour qu'ils se joignent sur la membrure du bâtiment.

— HlST. XV' s. Engins, bridolles, mongonneaux F'aisoit ou moult bons et moult beaux, Gloss. de l'hist. de Brel. dans lacurne ste-palaye.

— ÉTVM. Ce parait être une autre forme de bricole, qui se trouve aussi écrit brigole.

BRIDON (bri-don),s. m. Bride très-simple à mors articulé, donton se sert au lieu de la bride ordinaire, pour les chevaux de tirage commun, pour les chevaux de course, pour ceux que l'on promène ou que l'on conduit à l'abreuvoir. || Scier du liridon, tirer alternativement sur l'une et l'aulrerêno, ce qiji fait aller et venir l'embouchure du bridon.

— ETYM. Bride.

I BRIDURE (bri-du-r'), s. f. Terme de marine. Action de réunir des cordages pour en augmenter la force.

— lilST. xv* s. Que les jurez puissent arrestertous les draps où l'on trouvera barres ou briduies ou gratisses, du cange, gralus.

— ÊTYM. Brider.

f I. BRIE (brie), s. f. Instrument du vermicellier servant à donner la derniiro façon à la pâte. || Oulil de bois analogue du boulanger et du pâtissier.

— ÉTYM. Broyer, qui s'est dit brter.

f 2. BRIE (brie), s. f. Voy. braye.

f 3. BRIE (brie), s. m. Fromage de Brie. Donnezmoi du brie.

— ÉTYM. Nom du pays, la Brie, où l'on fait ce fromage.

t BRIEE (hri-ée) , s. f. Quantité de pâte travaillée avec la brie.

— ÉTYM. Brie t.

BRIEF, BRlftVE (hri-èf, hri-è-v'), adj. De peu de durée. Briève description. Briève sentence. |1 On ne le dit plus qu'au féminin.

— ÉTYM. Ancienne forme de bref (voy. ce mot). t BRIER (bri-éj, II. a. Écraser la pâte avec la

brie.

— ÊTYM. Brie t.

BR1ËVE!»II';nt (bri-è-ve-man) , adv. En peu de mots. Nous avons montré aussi brièvement qu'il a élé possible, quelle est la dignité de duc et pair dans tous les âges delà monarchie, st-sim. 372, (98.

— HIST. xiii" s. Et briement la matière espondre et deviser, Berle, m. Briement, cl [Beauté] fu jonete et blonde, Sade, plaisant, aperle et cointe, la Bo.se, 10(8. Un livre, par lequel cil qui désirent vivre en pais soient ensaignié briement comment il se delTendront, beaum. u. Si est bon que noz disons briement comment demande doit estre fête par devant justice, ID. VI, 2. Il xv s. Ils lui firent entendre [à Edouard UIJ que ledit comte de Kent le vouloit empoisonner , et le feioit mourir brièvement s'il ne s'e.T gardoit, fboiss. i, i, 50. La quelle chose fut très briefvcment faite, Bouciq. l, ch. 13. 11 dit brièvement qu'il y pourvoiroit,

BRI

LOUIS XI ,ffouv. Lxi. ||xvi' S. 11 iious le faut brc > ment expliquer et confermor, calv. Instit. î'>9. Kt brcfvement, jenesçavois que faire, marot, i, ;U4.

— ÉTYM. Provenç. breumen; espagn. et ital. breremenle; briement dans l'ancien français, de brie, pour brief, féminin dans la vieille langue; briérement, de briite, féminin dans la langue moderne, et du suffixe ment.

BRIÈVETÉ (Lri-è-TC-té), s. f. || 1' Courte durée. La brièveté de la vie, du temps. Que l'un et l'autre s'exécutât dans la brièveté de vos années, bouhd. Dnminicnles , i, Afpicl. des justes, I56.||2° En parlant du style, concision. Cet auteur recherche la brièveté. La brièveté sous laquelle gémit nécessairement une matière si féconde, me fera supprimer une infinité de passages, st-sim. 372, 181.

— RRM. MM. de Port-Royal voulaient qu'on dit brèt'C(('(voy.ce mol); mais Ménage remarque que la prononciation générale était brièveté.

— HIST. XIV' s Des queles alléguer je me passe

à présent pour cause de briefeté, oresme, Eth. 103. Il xV s.Quejenenommeraypaspourbriefveté.cOMM. 1, 2. Il xvi's. Lequel des deux t'a le plus gref esté. Ou la longueur du jour que desiras, Ou de la nuict la grande breveté, marot, ii, 293. J'en produi seulement un petit nombre, m'estudiant à breveté, CALVIN, Instit. 101 . Les Athéniens s'osmerveillercnt grandement de la soudaineté et brièveté de son langage, amyot, Colon, 25.

— ÉTYM. Provenç. brevitat, breugelat; espagn. brercdad; ital. brmtd; de breettafcin, de brevis, bref.

t BRIFAUD ou BRIFACT (bri-fô), s. m. \\ 1° Gourmand ; enfant mal élevé. Populaire. || 2''Nom de chien de cliasse. L'autre fit cent tours inutiles. Entra dans cent terriers, mit cent fois en défaut Tous les confrères de Brifaut,LA font. Fables, ix,14.

— mST. xiii' s. Qu'est donc la treille devenue? Brifaut, vous l'avez brifaudée. Nouveau recueil de fabliaux, 1. 1, p. 74. || xV s. Il font entre eulx Dieu (l'un brifault: Nostre auctorité point n'y fault. Ce vont-il preschant en leur prone, ifartyre de Saint Pierre et saint Paul. \\ xvi' s. Kt qui pis vaut, S'aucunbrifTaut Vient en leur game, Tantost il faut Qu'il soit nigaut En brief espace, U blason des faulcea amours, dans lacurne ste-palaye.

— f.Tm. Brifer. Brifaud, celui qui brife, qui mange beaucoup.

t BRIFAUDER (l)ri-f(5-dé) , r. a. Donner le premier peignage à la laine.

t BRIFE (bri-P),s. f. Gros morceau de pain. Mot populaire. || Redoublement d'appétit du veràsoie aux approches des mues.

— ÊTYM. Voy. brise, dontbn/en'eist qu'une forme dialectique.

I BRIFER (bri-fé) ,v. a. \\ i° Manger avidement. 5Iot populaire. Par le bon accueil de mon père, Et par sa table où tu fis chère. Trinquas et brifi"as tout ton soûl. Seconde suite du Virgile travesti, liv. x. Il 2° Familièrement. Froisser ou gaspiller du linge.

— HIST. XVI" s. Oh! lebon aiipotit ; voyezcomme il brilIo.Dtj FML, Propos rustiques , xii.

— ÉTYM. Ilrife.

t BRIFEUR, EUSE (hri-feur, feù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brife, qui mange avidement. || Mot populaire.

— ÉTYM. Brifer.

f BRinER (bri-fié) , s. m. Bande de plomb dans l'enfaltement d'un bâtiment couvert d'ardoise.

BRIG (brigh) , i. m. Voy. buick.

BRIGADE (bri-ga-d'), î. f. || 1° Corps de troupes composé de deux régiments. Brigade d'infanterie, de cavalerie. Un général de brigade. || 2" St-Simon l'a pris, dans l'ancienne armée, pour grade de brigadier. M. do Noailles procura un régiment à Genlis et le poussa fort brusquement à la brigade, st-sim. 25, 37. Il 3° Par extension, troupe, bande. Le péril approchait, leur brigade étail prête, corn. Cid, rv, 3. Kt partout des passants enchaînent les brigades, noiL. Sat. VI. I] 4° Autrefois escouadede cavaliers en général, aujourd'hui réunion de deux ou plusieurs gendarmes sous les ordres d'un brigadier, qui résident en une looablé. || Brigade de sergents de ville, réunion de quelques sergents de ville sous un chef, et pour un objet déterminé. || Brigade de sûreté, réunion de quelques agents de police veillant à la sûreté d'une ville, d'un quartier pendant la nuit. Il 5° Dans les ports de mer, un certain nombre d'ouvriers ou de matelots réunis pour travailler. Uns brig.ide de charpentiers, de calfats.

— HIST. xv* s. Puis quant la bourgeoise est ce galles. Une caterve, une brigade Vient jouer aux sons des cimbales, coquill. Droits nout taux. Qwnnt

BRI

BRI

BRI

lu seras en ta maison et cuideras eslre bien sauvement, je te y mènerai Icle brigade que tu ne oseras saillir ne yssir, dv canue, brifiata. Quant aux d'jux ducs, seigneurs anglois et les comtes dessus iKimraez. disnereut l'un avec l'autre comme çn brigade, MONSTHELET, t. II, p. (78, «erjo , dans la- CURNE STE-PALAYE. X ces mols entra le preux Nozgel accompagné de deux escuyers, et salua toute la brigade, puis dist : Seigneurs.... Perceforesl, t. v. 1'° uo, verso, dans LACunNE. Sire, combattons hurdiement, combien qu'ils soient grant nombre de gens; car en la plus grosse brigade point ne gist l'heur 16. t. m, r°47, l'crso. Quand la brigade [deux ou trois buveurs] fut bien repue, LOUis xi, Nouv. vii. || xvi' s. La cavalleric qui estoit dedans, couroiten trois brigades, d'aub. Pie, LX. Les estrangers [au nombre rie 300] se départent par brigades pour les garder, m. Ilist. II, 41. Tes bocages soient toujours plains D'amoureuses brigades De satyres et de sylvains, noNS. 4)5.

— ÉTYM. Bas-lat. brigata; ital. brigada; du baslat. hrigare (voy. briguer).

IIRIGADIEK (bri-ga-dié; Vr ne se lie jamais; au pluriel l'ise lie : les brigadié-z et les soldats), s. m. Il 1° Titre donné au soldat revêtu du grade le moins élevé dans la cavalerie. || 2° Dans la gendarmerie, le sous-officier qui commande une brigade. || 3° Entérines de marine, le premier des matelots d'une embarcation. Il 4° Autrefois brigadier des armées du roi, officier dont le grade tenait le milieu entre ceux do colonel et de maréchal de camp. Du titre et de la charge de brigadier d'armée, le p.daniel, ifiiice/'r. IX. ch. 4.

BRIG.VND (bri-gan ; le d ne se lie pas dans le parler ordinaire; dans le parler soutenu on dit : un brigan-t armé; au pluriel, des bri-gan-z armés), s. ni. ||1° Celui qui exerce le vol et la piUerie par la force et les armes. S'ils suivent au combat des brigands qui les vengent, bac. lUilhr. m, t. Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre, in. l'héd. iv, 2. Les brigands du midi , du nord et de l'aurore, volt. Tancr. 1,1. Il Kig. Et toi, Byron, semblable à ce brigand des airs [l'aigle], lamart. Uéd. i, 2. || 2° Par extension , celui qui commet des exactions et des concussions. Il Mirabeau a dit brigando au féminin : Eslil besoin de vous rappeler qu'une nation, souveraine lorsqu'elle impose, n'est que débitrice quand elle paye? Et que la nation, souveraine quand elle impose, est brigande et voleuse quand elle ne paye pas? MIRABEAU, Collection, t. v, p. 9. Cet emploi Ju féminin, qui aujourd'hui n'aurait pas faveur, s'autorise aussi d'un exemple d'Amyot.

— IIIST. XIV" s. Brigand,' c'est une manière de gens d'armes courant et apert, à pié, du canoë, brigancii. Pour Guillaume Colet archer à cheval , et quatre brigands à pied, ID. ib. Légions par lesquelx Romain fesoient leurs batailles, si corne sont aujourd'hui servans oubrigans; quar comunement Romain se combatent plus à pié que à cheval, beii- CHEURE, f* 1 , veno. Par foi I dist li beraus, qui vit la compaignie, Bien [il] resamble brigand qui les niarchansespie, Guescl. 25a3. ||xv' s. Quand ils furent tous assemblés à Saint-Quentin [l'expédition du duc de Normandie contre les Flamands], ils trouvèrent qu'ils estoient bien six mille armures de fer, et huit mille, que brigands [soldats àpied], quebidaux. que autres poursuivans l'ost.FROiss. 1,1, lOi). Quand une partie des fossés furent tous emplis, que on pouvoit bien allersurement jusques au pied du mur, il fit arrouler bien trois cents arcbers, et, devant eux, passer bien deux cents brigands, tous pavoissés, qui tenoient grands pics et boyaux de fer,

m. I, I, 233. Il XVI" s Semble au brigand qui, sur

les champs caché. L'innocent tue en caverne secrète. Et de qui l'œil povres passans aguelte, MABOT, IV, 245. Il nettoya de brigands et de larrons tous le pals, amyot., ilarius, 7. Les autres ont escrit que cette Pliœa estoit une brigande, meurtrière, et abandonnée de son corps, m. Tlics. ti.

— f.TYM. Provenç. bregan, soldat mal discipliné; cspagn. bergante, coquin; portug. barganle, même sfcus; ilal. brigaiite, intrigant, séditieux; bas-lat. brigancii, brigantes , brigandi. Le brigand dans l'origine était un soldat àpied, dont le nom, ce semble, ne se montre qu'au xiv* s. Les pilleries des «eiiS de guerre, si fréquentes dans le moyen Age,!!r-^nt passer le mot du sens honorable de soldat à celui de voleur et de pillard. Le brigand est celui qui appartient à une troupe, h une brigade (d'où soldat) ; le brigand, la brigade dérivent de brigue (voy. ce mot), qui a le sens général de occupation, affair". réunion, association.

BlilGA.MlAGE (bri-gan-da-j), î. m. Jj 1" Volerie à

main armée. Tu céderas ou tomberas sous ce vain- <pieur,Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... nous verrons la fin de tes brigandages.... et la navi- (.'ation va ê tre assurée par les armes de Louis, Boss. ilarie-Thér. \\ Volerie en général. Vous êtes pilier né de tous les lansquenets Qui sont pour la jeunesse autant do trébuchets; Un bois plein de voleurs est un plus sur passage; Dans ces lieux jour et nuit ce n'est que brigandage, beonard , Joueur, 1 , 7. Il 2° Par extension, concussion, exaction, déprédation. Une compagnie qui , dans son administration indienne, n'a subsisté que d'un secret brigandage, V01.T. ioiit's XV, 35. La régie était un cliin s, l'ignorance extrême, le brigandage au comble, id. Louis XI Y, 4.

— HlST. XV" s. Les brigandaiges de Dangier, en. d'orl. Bail. 86. XVI" s. Ce que les barbares jadiz appelloyent proesses , maintenant nous appelions briguanderies et meschancelez , hab. Car. i, 4o. Les llespagnolz estimoient encore lors, que c'estoit une belle chose que vivre de brigandage, a.myot, Uarius, 7. Brigandages, larcins et tout ce que la nuit Renferme de mauvais quand le soleil ne luit , RONs. Le bocage royal, i" partie, À lui-même.

— ÉTYM. Brigand.

BlUGANDEAU (bri-gan-dô), s. m. Petit brigand. Il sedit d'un agent d'affairesqui met sesclients à contribution. Il Par extension, jeune homme qui, emporté par la passion, fait une action blftmable. Chérubin: Oh I que oui , j'oserai ; tu prends sa place auprès de monseigneur, moi celle du comte auprî;s de toi; le plus attrapé, c'est Kigaro. — Figaro : Le brigandeau! liEAUM. Ilar. de Figaro, v, 6.

— lllST. XVI" s. Brigandeau, oudin.

— ÈTVM. Diminutif de brigand.

BRIGANDER (bri-gan-dé), ti. n. Se livrer au brigandage, se conduire en brigand. Les principaux mandataires de l'autorité, dans cette province, sont accusés depuis 40 ans de brigander sur les grains, MIRABEAU, Collection, t. 1, p. 39. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir, et est familier.

— llIST. XVI" s. Qu'ils me respondent on brief, assavoir si l'ordre des diacres est une licence de desrober et brigander, calv. Instit. 8so. Sans crainte [il] briganda le sceptre [pilla le royaume] des François, hons. 721,

— ÉTY.M. Brigand.

BRIGANDINE (bri-gan-di-n'), t. {. Armure ancienne en forme de cotle de mailles.

— HIST. XV" s. Arbalestriers à pied armez de bonnes brigandines, salades et arbalestes bien garnies de ïirelons, juvenal ces ursins, }Iist. de Ch. VI, t4to, p. 333, dans lacurne ste-palaye. Il XVI" s. Ouvriers parfaits da forger brigandines, ST-OELAis, Verger d'honneur.

— ÈTYM. Brigand, soldat à pied. Armure ainsi dite par ce que ces soldats la portaient.

BKlGANTlN(bri-gan-tin),s. »n. Ijl" Petit bâtiment à un ou deux mâts, gréé comme un brick, et qui n'a qu'un pont. || 2° Petit vaisseau plat, léger et ouvert, qui va à la voile et à la rame, et qui sert à combattre ou à donner la chasse. || i° Sorte de lit portatif de campagne.

— iilST. XV" s. Une manière de vaisseaux courans, lesquels on nomme brigandins, fhoiss. t. iv, ch. t8, dans du cange. || xvi" s. Il ne laissa point de se mettre à la voile avec trois briguantins de la Grèce et autant de galiottes rhodienues, amïot, Lucull.i.

— ÉTYM. Bas-lat. brigentinus ; ital. brigantino , anciennement vaisseau de course. On a dit (ine ce mot venait de brig ou brick; mais brig ou brick ne comporte aucun suffixe de ce genre : brig-antin. 11 faut y voir un dérivé de bri'gaHl ; briganl-in; c'està-dire le vaisseau destiné à la course.

BRlGANTlXE(bri-gan-ti-n'), s. f. || 1° Petit bAtimenten usage dans la Méditerranée. || 2° Voile particulière au brigantin.

— ETYM. Brigantin.

t BUIGAUT (bri-gô), s. m. Gros bois neuf il brûler. || Boni des branches des arbres qu'on abat.

t BRIGITTIN (bri-ji-tin),». m. Ordre de religieux fondé en (344 par sainte Brigitte, sous la règle do saint Augustin. Chaque monastère doit être double, l'un de religieux, et l'autre de religieuses.

] BRIGNË (bri-gn'), s. f. L'un des noms vulgaires du bar.

BRIGNOLE (bri-gno-r),s./'. Prune desséchée qu'on tire de Brignoles, ville de Provence

BRlGCE(bri-gh'),s. ^. || l'Manreuvre par laquelle, poursuivant quelque objet, on engage des personnes dans ses intérêts. Brigue; dans les élections La brigue pour le consulat était plus animée que jamais.

Les candidats commencirent leurs brigues. Loiscontre la brigue. Convaincu de brigue. On fait sa brigua pour arriver à un grand poste, la bhiy. 8. Je fus sourde à la brigue et crus la renommée, rac. Brit. IV, 2. Kermons l'œil aux pré.senls et l'oreille à la brigue, ID. Plaid. 11, (4. Pourmoi j'ai su déjà, par mes brigues secrètes. Gagner de notre loi les sacrés interprètes, m. Baj. i, 2. Combien pour le répandre [le sang romain] a-l-il formé de brigues? id. Cinna, l, 3. Fabius Ambustus fit une brigue si puissante que non-seulement il vint à bout de faire renvoyer le héraut sans satisfaction.... vertot. Ilérol. rom. m, p. «96. Ne descendons jamais dans ces biches intrigues; N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues, boil. Art p. IV. Des brigues, des partis l'un à l'autre odieux. Le Parnasse idolâtre adorant de faux dieux, gilb. Le XVIW siècle. ||Fig. Sollicitation amoureuse. La secrète brigue Que font auprès de toi Don Sanche et Don Rodrigue , CORN. Cid, I, l. Il 2° La réunion des gens qui coopèrent à la brigue. La brigiie est nombreuse et puissante. On dit même qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante, rac. Phèd. I, 4.

— HIST. XIV* s. Ce estoit commencement de brigue [querelle] ; car li tribuns commandoienl au peuple que il s'en alast, et li consulz ne le soufTroient, hercheure, f 64, verso. Comme la brigue fust un po apaisiée, id. 1*47, verso. Vous savez que mes adversaires ont commencié la riole et la brigue [querelle] par leur oultrage,Jtfcna3i>r, 1,9. ||xv's que

c'estoit le duc de Guyenne qui vouloit eslargir ses limites et qui commencoit toutes ces brigues, comm. m, 8. Il XVI" s. X la nomination de ces juges il y eut de grandes brigues, d'aib. Hist. 11, 232.

— ÉTYlI. Provenç. et espagn. frrega; portug. et ital. briga; bas-lat. briga, querelle, rixe; d'un radical brig, qui parait signifier agitation, occu|)ation, mais qu'on ne peut rattacher à rien de connu d'ailleurs.

BRIGCÉ, ÊE (bri-ghé, ghée), part, passé. Il eût été difficile de lui refuser une grâce si peu briguée, KONTEN. Chazelles.

BRIGUER (bri-ghé) ,». o. || l'Tâcherd'obtenirpar brigue. Briguer les honneurs. On brigue ardemment cette magistrature. Les charges furent briguées avec fureur, boss. LIist. m, 7. Je me perdrai plutôt dans quelque affreux climat Qu'aller, tant qu'il vivra, briguer le consulat, corn. Sertor. iv, 3. Ainsi de tous les Grecs je brigue le suffrage, RAC..4nrfrom.

I, i. Il Absolument. Elle-même a brigué pour me voir souverain, corn. Pulchér. 11, 4. Êgisthe qui briguait en secret pour ce choix, lemerc. AgamemnoH, II, 6.112° Solliciter, rechercher avec atdeur. Tous vos rois à l'envi briguent votre hyménée, corn. Sertor. 11, 2. On briguerait en foule une si l)elle mort, ID. Bor. 11, 3. Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix.... m. Brit. iv, 2. Parmi tant de beautés qui briguent leur tendresse, ID. Baj. i, 3. Et qu'un cwur accablé de tant de déplaisirs De son'persécuteur ait brigué les soupirs, id. Aruirom.

II, t.

— IHST. XVI" s. II alleguolt encore les misères d'une armée non payée'; à faute de quoi, ils nepouvoient attendre qu'une mutinerie d'Allemans : il briguoit les plus las de la guerre, d'aub. Wût.l, 235. Un nommé Melcio (qui briguoit parmi ces peupici désespérez pour empescher la paix) en obtint part» moien la rupture, id. 16. i, 253. Ilz briguoient eult mesmes pour le faire continueren cest office, amyoi . Arist. 10. Ceulx qui briguoient ambitieusement ei souvent les estais et offices de la chose publique, m. Caton, te. Les satrapes se meirent à briguer et flatter les soudards, id. F.um. 30.

— ÉTYM. Brigue; provenç. briguar; itaL &n'i;ai <> BRIGUEPR, ECSE (bri-gheur, gheù-z'), s. ni.

et f. Celui, celle qui brigue.

— HIST. XV* s. Ponsart, qui estoit un homme do mauvaise vie et gouvernement, brigueur joueur de dez, DU CANQE, briga. |{ xvi* s. Tous ces brigantsou brigueurs de la royauté ne sont ny propres ny suffisants ny à no.stre goust, Sat. Mén. p. <7».

— ÉTYM. Briguer.

BRILLAMMENT (bri-Ua-man, U mouillées, ei non bri-ya-man), adv. D'une manière briliante. Ce duo a été brillamment exécuté.

— ETYM. Brillant, et le suffixe ment.

BRILLANT, ANTK (bri-Uan, llan-t'. Il mouillées,

et non bri-yan), adj. jj 1" Qui brille. Tout brillant d'or. Couleur brillante. Rendre les outils brillants. Son plumage est alors plus brillant. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond des déserts, brillante da clartés? R.KC.Alhal. ni, 7. Deux crocodUes sedispu-

RRI

lent 8u printemps unefemello brillante, cnATEAimR. SaUh. m, te». || 2° Fig. Frappant, remarqiial)lo. Brillant de gloire. Gloire hrillanio. D'une origine très-brillante. Tomber d'une position brillanic. lirillant fait d'armes. Au moment le plus brillant de sa vie. Un génie brillant. 11 n'y a jamais eu une forlune si longue et si brillante que celle du roi Louis XIV, BOLiiouRS, Nouv. remarq. On a fait à la mÎTe des propositions brillantes, m. ib. C'est un parti sage à la guerre que de se tenir quelquefois sur la défensive; mais ce n'est pas le plus brillant, ID. ib. Ses qualités n'étoicnt pas si brillantes que colles du roi, m. ib. La fin de ce discours démentit cruellement les brillantes espérances que le commencement m'avait données, J.J. Rovss. Confcss. m. ISrillant éloge, corn. Sertor. ii, 2. Jusqu'à celle faveur Dont je n'accepte point le brillant déshonneur, M. J. ciiÈN. Tibère, iv, 3. Est-ce li celte humeur inflexible et sauvage Oui fuyait de la cour le brillant esclavage? dexav. Vipr. skil. i, 2. || Kn parlant des personnes, qui attire rattention, l'admiration par des qualités brillantes. C'est un homme brillant. Un brillant orateur. Un officier brillant. || Somptueux, magnifique. Des bals brillants. Une brillante fùlo. Une suite brillante. Un brillant état-major, il 3" Oui a de l'éclat, en parlant du style et des choses littéraires. Rendre le style brillant. Eloculion brillante. Expressions brillantes. Les passages qui vous ont paru les plus brillants. || Vif, éclatant à l'oreille, en même temps qu'agréable. Des sons brill-.ints. Un jeu brillant, en parlant d'un musicien. Il 4" Florissant. Santé brillante. Brillant de santé. Des chanoines vermeils et brillants de santé, boil. iulr. I. Il B° S. m. Qualité de ce qui brille. Donner du brillant à l'acier. Le brillant d'une pierre précieuse. Sur la broderie Éclatait le brillant de mainte pierrerie, FÉGNii-.n, Éptt. 1. Pour donner aux instruments un brillant qui en émousse la force, M.\RS. Car. Paroi. || Fig. .La gloire dans les armes p'est tout au plus que la moitié du brillant qui distingue les héros, iiamilt. Gramm.i. Son frère aîné n'avait pas tant de brillant, m. ib. 6. Et que l'heureux brillant de mes jeunes rivaux N'ôle point leur vieux lustre à mes premiers travaux, corn, au Roi, surCinna, Pompée. Ne vous enflez donc point d'une si grande gloire Pour les petits brillants d'une faible victoire, mol. ilis. m, 6. Aux brillants d'une telle victoire, w. la Prine. i, t. Comme par son e.çprit et ses autres brillants 11 rompt l'ordre commun cl devance le temps, m. Hélic. i,4. Les alliances de belles-filles de ministres [Louvois, Colbert] les soutenaient dans ce brillant nouveau, ST-sisi. 44, 5. li Brillant se dit dos œuvres des lettres et des arts. 11 y a du brillant dans ce poème. Ce musicien a du brillant dans son jeu. |{ 6° Taille du diamant qui lui fait une face plane supérieure entourée de facettes, et une culasse composée de facettes allongées. Tailler en brillant. || Diamant taillé de cette façon. Brillant d'une très-belle eau. J'eus besoin d'argent il y a quinze mois, j'avais un brillant do cinq cents louis; on m'adressa à M. Turcaret, lE sage, Tiircaret, m, 5. || Pierre montée en brillant, à la manière des brillants, pierre montée à jour. || Par e.\tension. [Il] sema de brillants les voûtes azurées, ROTR. St Gen. m, 2. Mais voyant de ses yeux tous les brillants baisser, mol. Tart. i, ). || Faux brillants, diamants faux. |i Fig. La plus belle couronne N'a que de faux brillants dont l'éclat l'environne, CORN. II&. I, I. En vain l'ambition .... D'un faux brillant d'honneur pare son noir ouvrage, id. Sertnr. I, I. Et toutes les vertus dont s'éblouit la terre No .sont que faux brillants.... boil. Sat. xi. || En parlant du style, faux brillants, pensées qui ont de l'éclat, mais un éclat trompeur, et s'évanouissant

devant la moindre lumière Jamais dans mes

discours Je n'ai d'un faux brillant emprunté le secours, noiL. Sat. XII. Il 7° La carte principaie au jeu dn la ferme (le six de cœur).

BIULLANTÊ, EE (bri-llan-té, tée, lî mouillées, et non bri-yan-té) , part, passé. || !• Un diamant brillante. Un style brillante. || i° Substantivement. Le brillante e.st une ôtolTe de coton blanc, à fleurs on à dessins tissés do façon que ces dessins sont brillants à l'endroit et comme en relief. || Un bril- Unté. une dentelle factice.

BniLLANTEU (bri-llan-té, Il mouillées, et non bri-yan-té), r. a. || 1° Tailler un diamant à facettes par-dessusctpar-dessous lla'Fig.Le syndicat n'ért.nJ'°l"e? ?" ''""anté par une place permanente

jVcî. " ' '^<=*'"8='- d'omemenisd'un goût sus- - ftTYM. BriHani.

t BIULLfiMENT (l)ri-lle-man , H mouillées , et non bri-ye-raan), s. m. Etat do ce qui brille.

— lllST. xvl* s. Brillement, oudin,cotgrave.

— ÈTYM. nriller.

t. BHILI.KR (bri-Ué, H mouillées, et non bri-yé), V. n. Il 1° lîtro lumineux ou poli. La lune brille d'une lumière empruntée. Briller de l'éclat de l'or. L'or et les diamants brillent sur ses habits, VOLT. Scythes, i, l. On se menace, on court, l'air gémit, lé fer brille, rac. Iphi(/. v, B. Levant au ciel ses yeux mouillés de larmes Oui brillaient au travers des flambeaux et dos armes, id. Prit. 11, 2. Il Fig. Le feu brille dans ses yeux. Et d'un oeil où brillaient sa joie et son espoir, rac. Aiidrom. v, 2. N'aurai-je vu briller cette noble chaleur... ? m. Ipliigénie, l, 2. || Faire briller, montrer. Fais briller la couronne à ses yeux, ^kc.Phèd. m, <. ||2' Attirer les regards par l'éclat des couleurs, la beauté, la pompe. On admire ce qui brille. La gloire est plus solide après la calomnie. Et brille d'autant mieux qu'elle s'en vitfernie, corn. Nicom. iv, 1. Parles hautes vertus et les illustres marques Qui font briller en lui le sang de vos monarques, m. Sic. 11, 3. Tout ce qui brille moins remplit mal son attente, id. //or. V, 2. L'âme du jeune Crasse et celle de Pompée, Le sang des Scipions prolecteur de nos dieux Parlent par votre bouche et brillent dans vos yeux, ID. Pomp. m, 4. Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuage odieux Dérobe sa vertu qui brille à tous les yeu.v? BAC. Plièd. v. 3. Le sang de nos aïeux qui brille dans Junie, id. Prit, i, 2. Alors qu'une œuvre brille et d'art et de science, régnikh, Sat. ix. Il y a vingt ans que vous brillez en Provence, SÉv. BO8. Elle est partie de chez Baynrd après y avoir brillé, ID. 281. 11 trouva le moyen de briller par mille petits récits, IIAMILT. Gramm. 4. Pour le voir brillera la cour de France, id. 16. C'était de mon temps Que brillait madame Grégoire, bérano. Mme Grégoire. Il Briller par son absence, se dit d'une personne assez considérable ou d'une chose assez importante pour que l'absence on soit remarquée. || S'Exceller, avoir la prééminence. Elle brilla dans toutes ses répon.ses, sÉv. 4i9. Pour en venir à bout il faudra batailler. — Tant mieux, c'est où je brille, et j'aime à ferrailler, regnard, Folies amo«r.i,6.Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier, volt, llenr. i. Je te pi omets que ces petits talents, dont on ne fait aucun cas chez nous, servent bien ici ceux qui sont assez heureux pour les avoir, et qu'un homme de bon sens ne brille guère devant eux, montesq. Lelt. pcrs. 82.

— IllST. XVI* s. Sur tous autres brilloient d'ardeur de combatre les jeunes gentilz hommes et chevaliers romains, amyot. César, 55. Il lui sauta au col, et, s'en estant assuré par le moyen d'un poignard qu'il fit briller à ses yeux, il se rendit maistre de la dite porte, d'alb. Fie, cliv.

— -ÉTYM. Provenç. et espagn. dri/Zar ;portug. brilhar; ital. brillare. L'italien ncdisantpas brigliare, le radical doit avoir II; par conséquent l'étymologie, dnnnéedepuis longtemps, ûeberillus, sorte de pierre brillante, est bonne (voy. servl). L'historique ne va pas plus haut que le xvi' siècle. Ce mot, si ancien dans les autres langues romanes, serait-il venu par emprunt dans le français? ou plutôt ne faut-il pas penser qu'il gît dans quelque texte ignoré ou qu'il était vivant dans la langue populaire? Et en efTet on trouve, dans un texte du xiv siècle : Deux brilleus mengenz à court, du cange, brilleus. Prilleus, de briller, homme de service qui éclaire. On trouve aussi le substantif bri! dans le xv siècle : Que diriezvousdu froit mois de janvier. S'il se vouloit marier à avril, Qui fait les fleurs et printemps verdoier. Arbres et prez et chanter soubz le bril [sous l'éclat de beau temps] Le très plaisant rossignol , eust. desch. Poésies mss. f 227, col. 3, dans lacl'rne sainte- PALAYE. Ilril, éclat, est aussi dans Oudin.

2. BRILLER (bri-!lé II mouillées, et non bri-yé), «. n. Terme de cha.sse. Il 1° Bien quêter, en parlant d'un chien.... laisse ses chiens briller parmi les terres, BRÉB. Phars. IV. Il 2° Chasser aux flambeaux.

— lllST. XIII' s L'escondit [l'homme éconduitl

rueve [demande] où aler briller. Ane. poés. dans la- CURNP, ste-palaye. || XIV* s. A prendre les mauvis à briller a très bon déduit, et se faictcn vendanges.... adonquos doit on faire cmmy la vigne une grant loge de feuilles, où il puisse tenir trois compaignons ouquitre, et a chacun un brillet qu'il boute parmy la loge et son pertuis par où ilz les boutent; et doit avoir ung huant ou une chuette sur une longue verge qui vient dedens la loge et le doit on aucune fois faire remuer, Kodus, t" cxxxi. Et quant les autres vignes sont vendengiées, et il en demoure une

BRI

qui n'est mie vendengiée, là il fait bon briller, ih.

— ÉTYM. L'ancien français brail, piège àprendr» les oiseaux.

t BRILLOTTER (bri-Uo-té, Il mouillées, et non bri-yo-té), i). n. Briller un peu. Je ne doute paa qu'il ne brillotte fort à nos États, sév. 374. Mon fiU brillolte à merveille, id. 377.

— ÉTYM. Briller.

BRIMBALE (brin-bal'), s. (. Levier qui est au sommet d'une pompe, et qu'on fait mouvoir piiur tirer de l'eau. On dit aussi bringuebale.

— lllST. XVI' s. Un mulet avec ses brimballcs et clochettes, sullv, Uém. t. m, p. (7, dans lacukni SAINTE-PALAYE. Les chcvaux et mulets de charge prennent plaisir au son et musique do ces brimballes, BOUciiET, Scrées, liv. v, p. 4)3, dans la-

CUHNE SAINTE-PALAYE.

— ÊTYM. Voy. BRIMBALER.

BRLMBALË, ÉE (brin-ba-lé, lée),part. passé. Les

cloches brimbalées.

t BRI.MBALEMENT (brin-ba-le-man) , s. m. Action de brimbaler.

— lllST. XVI' s. Je ne pouvois dormir à cause du sempiternel brimballement des cloches, hab. Pant. v, 7.

— ÉTYM. Brimbaler.

BRIMBALER (brin-ba-lé). || 1' V. a. Agiter par un branle continu, in parlant des cloches. || 2° V. n. Branler, osciller. De l'autre brimbalait une clef fort honnête, RÉCNirR, Sat. x. || Familier en ce sens.

— llIST. XVI' s. Prédisant l'avenir {il] ne voyoit sa femme brimballant, et onques n'en sceut les novelles, HAB. Pant. m, 25.

— ÉTYM. Origine inconnue. On ne sait quelle est la forme primitive, brimbale ou bringuebale. Avec bringuebale , on pourrait songer à la locution populaire mettre tout en bring\ies, tout bouleverser, et, dans Rabelais, bringuenarilles , fondeur de naseaux; au contraire brimbale rappelle le picard brimber, aller et venir, brimbette, jeune fille légère, brimbeux, vagabond (voy. bribe, dont brimbe est une forme); il serait possible que de brnnber on eût tiré, par dérivation, brimbaler a.\ec la signification de faire aller et venir.

t BRIMBELLE (hrin-bè-l') , s. f. Un des noms vulgaires de l'airello.

BRIMBORION (brin-bo-ri-on),s.m. Chose sansvaleur et sans utilité. Blancs d'œufs, lait virginal et miUe autres brimborions que je ne connais pas, MOL. les Prée. 4. M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans. Celte longue lunette à faire peur aux gens. Et cent brimborions dont l'aspect importune, m. F. sav. n. 7. Une espèce de pyramide sur la tête, garnie de cent mille brimborior.o, iiamilton, Gramm. 7. Je ne désire que les brimborions dont vous me faites l'honneur de me parler, volt. Leitr. Roi de Prusse, 121.

— ntST. XVI' s. Tous tels prostrés, qui n'ont nul ouvrage ne loyer qu'à faire marchandise de messes et briborions, calv. Inst. 876. Briborions [prières mal prononcées], oudin. Le mol de brimborium dont nous usons quand nous disons que quelqu'un dit ses brimborions, vient du latin breviarium, PASQUIER, Rech. vui, p. 754, dans lacurne saintepalaye.

— ÉTYil. Le sens primitifparaissant être prières, Pétymologio de Pasquier devient très-vraisemblable": breviarium, prononcé comme on faisait, breviarion, et estropié en briborion, brimborion. Ce qui rend difficile l'étymologie par bribe, et facile l'étymologie par breviarium, c'est la finale orion, qui s'explique dans la dernière hypothèse et ne s'explique pas dans la première.

f BRIMADE (bri-ma-d'). s. f. Argot des écoles militaires. Action de brimer.

f BRIMÉ, ÉE(bri-mé, mée), adj. Terme d'agriculture. Raisin brimé, raisin marqué de taches.

t BRIMER (liri-mé), V. a. Dans l'argot des écoles militaires, se dit des anciens qui soumettent les nouveaux venus à toutes sortes d'épreuves plus ou moins pénibles.

BRIN (brin), s. m. || 1' Terme de silviculturo. Jet de bois. Quand on coupe les taillis, on laisse les brins les plus hauts et les plus droits qui sont sur les souches pour venir en haute futaie. \\ Arbre de brin, arbre qui n'a qu'une lige. L'arbre étant coupé, la souche restée en terre donne naissance à un ou plusieurs brins, qui deviennent autant d'arbres nouveaux, Revue des deux mondes, t. xxv (I86O), p. 457. Enlever les brins surationdants au fur et k mesure de leur développement, ib. p. 48". || En termes de chasse, le plus haut du buisson où sa tient l'oiseau se nomme le brin. |! Tonne de char-

BRI

pente. Dois de brin, arbre qui n'a pas été scié, et qui est seulement équarri. Un chêne de hrin, chêne de belle venue, assez gros pour sa longueur, et qui s'emploie en b:\timcnts, sans avoir besoui d'être scié pour être équarri, LA oy^NTiNïiî, Jardins, t" partie, Dictionn. |{ Ternie de marine, lirins de bois, petites vergues qu'on ajoute par des anneau.x de fer aux grandes vergues pour porterdes bonnettes. Il Kig. etfanailièroment. C'e.st un beau brin d'homme, c'est-i-àire un homme grand et bien fait.Un beau brin de fille, <le femme, c'est-à-dire fille, femme grande et bien faite. || 2° Tige menue, pousse grêle et allongée. Un brin d'iierbe. Un brin de bouleau. L'hirondelle leur dit : Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain, la font. Fah. i, 8. [Il] Lui <lit :Ehl parmi nous que venez-vous donc faire? ^ Partager un brin d'herbe entre quelques fourmis, ID. tb.xii, 21 X l'appétit d'un bruit Qui nous

honore après que nous sommes sous terre, Et de te voir paré de trois brins de lierre, hégnieh, Sat. iv. Il Terme de marine. Cordage de premier brin, cordage fait avec du chanvre de première qualité. I| 3° Par extension, toute partie de certaines choses longues et termes. Un brin de paille. Un brin de fil. Un brin do soie. || Un brin do plume, une plume d'autruche. Vieux en cet emploi. || Familièrement, la moindre parcelle , la moindre quantité. Il n'y a pas un brin de vent, sÉv. 433. Et qui pour elle aura le moindre brin de flamme, mol. Pastorale, 3. Ne t'attends pas que je t'aide un seul brin, LA FONT. Pap. Sans qu'Use doute brin de ce que.... ID. Cuv. Est-il possible qu'il ne te soit pas venu le moindre brin d'imagination? iiamilt. Gramm. 3. Il Fig. et familièrement. 11 y a un brin de dispute entre l'abbé et moi, sftv. 43. Il y a dans ce qui vient de vous autres un petit brin d'impétuosité, ID. 125. .le vous souhaite quelquefois un petit brin de ce que l'on a ici de reste, ID. no. ||4° Chevalet sur lequel on arrange les pièces d'artifice. || Chacune des petites pièces qui soutiennent le papier d'un éventail.

— HIST. xii° s. Dist Viviens, Bertran, sire cosin. Or vos enmainent li glolon de put lin, Guichart l'enfar.t et Girart le meschin. Las! hui perdra Guillaumes lot son brin, la Bataille d'Aleschans, 337. X voix s'escrient toz ensemble à un brin, ib. 1064. Puis passerons là outre tuit ensemble à un brin , Sax. lis. Silemers et Buevon qui demainent grant brin . ib. 185. Il xiii* s. De m'avangarde vos ai baillé le brin, Àgolanl, dans du cange, brin. Auques avons abatu de leur brin, id. ib. || xiv s. Elle plouroit et demenoit grant brin, Baud. de Seb. i, (60. || xv s. Mais quand les Angloys l'avisèrent. Pour les François dedans navrer. Par tel party lors se tirèrent. Que nul brin ne s'osoit monstrer, martial de paris, Vigillesde Ch. F//,t. i, p. tes, dans lacurne. Ilxvrs. S'escurant les dents avecq ung brin de paille, Rabelais, Pant. III, <8.Là nous fit apporter myrobalans, brain de basme et zinzembre vert confît, id. ib. v,7. Deux petits brins de coral rougissant, dubell. n,25,

",erso cent fois baisé les brins De ses boutons

cinabrins. De ses lèvres pourpcrées, rons. 652. Celuy qui bouchera les bayes pourra se servir pour cela des breins ou branches des dittes hayes. Nouveau Coust. gênerai, t. i, p. 93 1, col. 2, dans lacurne SAiNTE-PALAYE. Je neveulx pas reprendre, dist le chevalier, ni fa prouesse ni sa bonté; mais l'entreprinse qu'il maintient ne m'est un seul brin agréable. Don flores de Grèce, f° cxxxvii, recto.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. hrin; portug. brim. Ce mot offre de grandes difficultés : jusqu'au xiv siècle, il signifie force, orgueil, bruit, et, dans la locution à un brin, il signifie à la fois; puis, au xv siècle et au xvi*, il prend la signification qu'il a aujourd'hui. Pour Diez, ce sont deux mots distincts : il rattache le premier à l'ancien Scandinave brim, anglais, brime, le fîot de la mer, mais avec peu d'apparence, à cause du sens; et le second, ^--eo toute apparence au celtique : bas-breton, brienrn, brin, d'où bran, son (voy. bran), d'un radical signifiant chose menue. Il est singulier que brin des anciens temps ne descende pas plus bas, et que brin des temps nouveaux ne remonte pas plus haut; il y a solution de continuité : ce qui fait qu'on ne peut savoir s'il n'y aurait pas quelque intermédiaire qui les rapprochât l'un de l'autre. Il faut remarquer que fcrt'nne veut pas dire seulement une chose menue, mais qu'il veut dire toute espèce de lige, même les plus grosses; cette dernière signification est-elle aussi primitive que l'autre ou bien en estelle dérivée?

t BUINASSE (hri-na-s'), s. f. Seconde qualité d'étoupe.

— ÊTVM. Brin.

BRI

Blil.N D'ESTOC (brin-d(-stok), s. m. Long bâ ton ferré des deux bouts. Vieux.

— lliST. xvi's. Ceux de Harlem trouvèrent encorcs moicn de recevoir quelques rafniichisseraents par (les soldats vestus en palsans, qui se .savoient aider des brins d'estoc; maison les cmpescha par gens de mesme condition, d'aub. Ilisl. li, on.

— ÊTYM. AUem. Springstock, bi^ton qui sert à sauter, de springen, sauter, et Stock, bâton (voy, RSTOc). Dans le mot français, il y a eu assimilation de spring à hrin.

BRINDE (brin-d'), s. f. Coup qu'on boit à la santé do quelqu'un. Boire des brindes, porter des brindes. Les brindes, les jambons, les grillades |en Allemagne], pellisson, te«. hist. t. I, p. <2i. Il Fami lièrement . Il est dans les brimles, il e.st ivre.

— ÉTYM. Lorrain bringuei, boire à quelqu'un; ital. brindisi; vénit. prindese; do l'allem. bringen, porter, dans le sens do porter la santé de quelqu'un.

BULVDILLH (brin-di-U, Il mouillées), s. f. || l-Potite branche. |j Terme de jardinier. Branche à fruit, mince et courte. || 2° S. f. plur. Terme de tapissier. Ornement fait sur papier du même fond.

— lilST. XIV" s. Des bringettes de fou [hêtre], ilodus, f° cxxi, verso. || xvi* s. Et comme on voit les cspics tronçonnez, Cassez, froissez en brindelles menues, h. belleau, Bergeries, 1. 1, p. iOi, verso,

dans LACURNE STE-PALAYE.

— ÉTYM. Brin. Cependant il y a dans l'ancien français brondille, et dans le provençal brondelh, qui viennent de bronde, branchage, et qui expliqueraient sans peine le d de brindilles.

t BIÎIN'GUE (brin-gh'), s. /•. Terme de manège. Chevalmalconforme.il Populairement, femme mal bâtie. Il En bringues, en pièces et en morceaux, en désordre.

BRINGUEBALE (brin-ghe-ba-l") , s. f. Voy. brimbale.

t BRIO (bri-o) , s. m. Terme de ûiusique. Caractère brillant et résolu d'une composition ou d'une exécution musicale.

— ÉTYM. Ital. fcrio, vivacité; provenç. briu; anc. franc, a-brivé, actif, prêt; du celtique très-probablement : gaél. brtgh, force; anc. irl. brtg.

BRIOCHE (bri-o-ch') , «. f. || 1° Sorte de pAtisserie qui se fait avec de la farine, du beurre et des œufs. Il 2" Populairement, bévue, gaucherie. Quelle brioche! Faire des brioches, faire des fautes, des sottises. Il On dit, dans le même sens, faire une boulette.

— lllST. XVI* s. Brioche, nicod.

— ÉTYM. Cotgrave donne à brioche le sens d'instrument qui sert à broyer le chanvre. « La meilleur griotte se fait avec de l'orge frais et nouveau que l'on rostit moyennement, puis on le fait moudre; vulgairement on l'appelle brioche, d Épithètes de M. de la Porte. Ce texte, rapproché du sens que Cotgrave donne, montre que brioche signifie ce oui est moulu, broyé, et tient à broyer.

BRIOX (bri-on), s. m. Voy. brton.

t BRIOSO (bri-o-zo), adt;. Terme de musique. Avec brio.

— ÊTYM. Brio.

t BRIOTTE (bri-o-t') , s. f. Sorte d'anémone.

t BRIQDAILLONS (bri-kâ-llon. Il mouillées, et non bri-kà-yon), s. m. plur. Vieux morceaux do briques cassées.

— ÊTYM. Brique.

BRIQUE (bri-k'), s.f.\\ 1° Pierre factice, de forme rectangulaire, composée d'une terre grasse ou rougeàtre, qu'on fait cuire au feu, et qui sert à bâtir. Un cent de briques. La brique crue est composée d'une terre blanchâtre, qu'on fait sécher longtemps sans l'aide du feu. Auguste se vantait d'avoir trouvé Home de brique et de la laisser de marbre, F0NTEN. Czar Pierre. Il faut me fournir de la paille, si on veut que je cuise des briques, volt. iell. d'Argental, l" nov. (760. || Fig. Vous ne doutez pas, monsieur, de l'honneur et du plaisir que je me fais, de mettre quelquefois une ou deux briques à votre grande pyramide, volt. Lett. Diderot, 20 juint758. Il Ton debrique, couleur delà brique rougeâtre. || 2° Par analogie. Brique de savon , d'étain, masse de savon, d'étain qui a la forme d'une brique.

— HIST. xiii" s. Nul assaut [ils] ne doutent [craignent] la briche, G. ouiart, t. i, p. (46. Le péril n'en doutent la briche, id, t. ii, p. 67.

— ÉTYM. Bressan, breque de pan, morceau de pain; génev. brique, débris, éclat, pièce, morceau; provenç. bnga, brwo, miette, débris; ital. bricco , brique ; angl. brick; de l'anglo-saxon brtcc, fragment : ainsi la brique est proprement un fragment, sons

BRI

qu'on retrouve dans nos patois et dans les exemples (le G. Guiart, où ht briche, signifiant petit morceau, renforce la négation, comme font mie, pas, point, t. BRIQUET (bri-kè; le ( ne se lie pas dans le parier ordinaire; au pluriel Vs se lie ■ des bri-kè-r ingénieux; briquets rime avec traits, succès, paix). s. m. Il l' Petite pièce d'acier dont on se sert pour tirer du feu d'un caillou. Battre le briquet. || Familièrement et figurément, battre le briquet, se frapper les chevilles des pieds en marchant, jj 2° Par extension, tout ce qui sert à fournir du feu. Briquet phosphorique. || Briquet pneumatique, pelilap- [lareii dans lequel on peut enflammer l'amadou par la compression brusque de l'air. || 3° Sabre court à l'usage de l'infanterie. Prends ton briquet. Francisque, et allons assommer ce Benjamin Constant, p. L. couniER. i , 262. La Tulipe, homme de cour, a quitté son briquet pour se faire talon rouge, m. I, 227. Il 4° Petit couplet de fer, servant à joindre des ouvrages de menuiserie qui n'ont pas besoin de s'ouvrir entièrement, comme des comptoirs, des tables, etc. Il S. m. plur. Ornement que l'on nomme aussi trèfle et qui se taille sur une doucine.

— ÊTYM. Le briquet d faire du feu ne s'est dit que par comparaison avec le briquet, petit couplet de fer; du moins on ne trouve dansRichelet que celui-ci; et dans Furetière ni l'un ni l'autre ne figurent. Briquet à faire du feu ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1762. L'étymologie est inconnue; cependanton peut supposer que briquet aie même radical que brique et signifie un petit morceau (de fer).

t 2. BRIQUET, s. m. Petit chien bon pour ia chasse des blaireaux et des renards. On peut chasser le renard avec des bassets, des briquets, bdfk Rertard.

— niST. xv's. Prèslà,briquetaux pendantes oreilles. Tu suz que c'est de déduit de gibier, ch. d'orl. Rondeau, p. 270.

— ÉTYM. Probablement une autre forme de braque, braquet. Briquet, dans Cotgrave, signifie un levreau.

BRIQUETAGE (bri-ke-ta-j'},s. m. || 1° Maçonnerie de briques. |{ 2° Enduit rouge ou jaune sur lequel on dessine, avec une couleur blanche, des lignes représentant les assises des briques, de manière à donner à une construction l'apparence de la brique.

— ÉTYM. Briqueter.

BRIQUETÉ, ÉE (bri-ke-té, tée), part, passé. Il 1° Fait de briques. Muraille briquetéo. || 2° Rougeâtre, de couleur de brique. Ton briqueté. Urine briquetée.

BRIQUETER (bri-ke-té), t. o. Donner l'apparence de brique, en contrefaisant des jointures par dèslignes blanches sur un fond rouge ou jaune.

— f.'n'JH. Brique, par l'intermédiaire d'un diminutif bngi(e(/e.|| Je briquette, b iquoltcnii.

(.BRIQUETERIE (bri-ke-te-rie), s. f. Lieu où l'on fait de la brique.

— UEM. Pourquoi l'Académie n'écrit-elle pas briquetterie comme elle écrit tabletterie, ou tahleterie comme briqueterie ?

— ÉTYM. Briquetier.

t 2. BRIQUETERIE (bri-kètc-rie), s. f. Lieu où l'on fabrique les allumettes chimiques.

— ÉTY5I. Briquet.

BRIQUETIER (bri-ketié; l'r ne se lie jamais), s. m. Celui qui fait ou qui vend de la brique.

— HIST. xv s. Ung jeune homme briqueteur, DU CANOË, brica.

— ÉTY.M. Brique , par l'intermédiaire de briquette.

BRIQUETTE (bri-ké-f), s. f. Petite masse combustible faite de houille ou de tourbe.

— HIST. XVI' s. Briquettes [bagatelles], oudin.

— ÉTYM. Diminutif de brique. Le sens de bagatelle, dans Oudin, se rapporte à brique, menue chose.

BRIS (brî. L'Académie dit qu'on prononce l'*: cela est une erreur; on ne dit jamais que le brt do scellé), s. m. || !• Terme de palais. Rupture, faite avec violence, d'un scellé ou d'une porte fermée. Le bris de scellé. || Bris de prison , évasion avec fracture de clôture. JlBris de marché, violence exercée sur ceux qui portent des denrées au marché afin d'en empêcher la vente. || 2° Termedcmarine. Débris d'un navire qui s'est brisé sur la c4te. Du bris de mon navire au rivage amassé, rêcmf.r, Étég. v. Les produits de bris et naufrages, non réclamés par les propriétaires, après le délai d'un an et un jour, appartiennent à la caisse des Invalides de la marine, LEG0ARANT. || 3° En général, action de briser, débris Peu usité en ce sens.

BRI

— HIST. XV* S. Le suppliant disoit que en faisant le (lit flirt [vol], il n'avoit point fait de bris, nu canor, lirisare. || xvi" b. Si fut Mitliridates liien fort desplaisant du liris et do la perle de ses inauliiries. amyot, Lucull- »•• Ma vie au moins en ce naufrage Fera bris contre un bel ecueil, Amour* de Tnslan, p. 73, dans LACunNE stf.-pai.aviî. [Un ours chassé] qui, ayant six ou sept bris et tronçons de piques et hallebardes, embrassa sept ou huit arquebusiers avec les quels il se précipita du haut d'une roche, sully, Héin. t. 4, p. «26, dans lacubnf. ste-palayk. Je prend à trts grande obliRation l'injustice que l'on exerce en ma personne, par le moyen de la quelle je ferai un fuis do p^i^on ^ tous mes malheurs, pour entrer en une beatituile éternelle, pasquieii, Itecherthes, liv. VI, p. 6118, dans lacurne ste-palaye.

— ÈTYM. Voy. Uriser.

t uniSABI-K (bri-za-bl'J, adj. Qui peut être brisé.

— ÊTVM. Uriner.

t <. BRISANT, ANTE (bri-zan, zan-f), adj. Poudre brisante , poudre douée d'une force exjilosive trop grande et qui briso rapidement les canons et les fusils.

2. BIIISANT (bri-zan), s. m. Terme de marine. Écueil à fleur d'eau sur lequel la mer se brise. I.a bonté de Dieu a rendu l'écume des flots toujours plus éclatante parmi les brisants, cnATEAUiiR.G^»)?, I, V, 8. Il Tout corps contre lequel la mer vient se briser. Placer des brisants en avant d'une construction.

— HIST. xvf s. Brisants, oudin.

— ÉTYM. Kriscr.

t BRISAUDER (bri-zô-dé) , v. a. Faire le premier cardage.

— ETYM. Comparez blùaut ; baslat. blUaudus, autre forme de bliaut, sorte de vêtement.

BRISCAMBILLE (bri-skan-bi-U' , U mouillées).

Voy. nnUSOUEMIlILLE.

t BKIS-D'UUIS (bri-(lui), s. m. Terme de blason. Longues pièces de fer pour soutenir les portes sur leurs pivots.

— ÊTYJI. Le point où l'huit, la porte se brise, c'est-h-dire loii'rne sur le gond.

i. BRISE (bri-z'), s. f. || 1° Terme de marine. Nom générique qu'on donne au vent quand il n'est pas très-violent. Brise de terre, brise soufflant de la terre; brise de mer ou du large, brise soufflant de la mer. Brise carabinée, vent qui souffle avec une violence extraordinaire. || 2° En termes de météorologie, vent doux et irrégulier qui se fait sentir sur les bords de la mer. || 3° Dans le langage vulgaire, tout vent qui souffle sans violence. Dans les forêts que leur souffle balance Les brises du matin célèbrent son retour, delav. Paria, i, 6.

— KEM. !lrise n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1702.

— ETYM. Ital. fcrezia ; espagn. briia, brisa,yent. du nord-est; angl. breexe. Origine inconnue.

t ^- BRISE (bri-z'), s.f.\\ 1° Terme de cliarpentier. Poutre posée en ba.scule servant à appuyer les aiguilles d'un permis. || 2* S. f. plur. Terme de menuisier. Éclats de bois.

— IllST. xvi» s. Barreaux de fer , gràns brises tr:iversans, menaud, llist. de B. Du, Guesclin, p. 393, dans LACl'RNE ste-palaye.

— f.TYM. Sans doute briser.

BRISÉ, ÉE (bri-zé, zée), part, passé. ||l°Rompu. Navire brisé par la tempête. Les idoles brisées par les chrétiens. Une branche brisée. || Kig. C'est une existence brisée, se dit de la vie d'un homme qui, par la perte de personnes chères ou d'une position, n'a plus ni but ni intérêt. Un caractère brisé, homme dont le moral a perdu sa force, son énergie par les coups violenu ou répétés de la fortune. || 2° Oui ,se plie en deux. Porte brisée. || 3» Coupé, saccadé. Accent, voix brisée. || 4° Fatigué, harassé. Je suis si fatiguée d'avoir été au lit que j'en suis brisée, SÉV. (91. Il B» Accablé, souffrant. Brisé par la douleur. Le cœur brisé de douleur, mass. Tiéd. Le cœur brisé par la souffrance S'obstine et poursuit l'espérance Jusqu'aux pieds des sacrés autels, la- MAOT. Ilirm. 1,8. Il 6° Hime brisée, sorte d'ancienne poésie française où, en brisant les vefs, c'est-à-dire en Usant séparémint et de suite les premiers ou les derniers hémistiches, on obtenait un sens nouveau queliiuefois contraire à celui que présentait la totalité. On en a un exemple dans ces vers d'Etienne hiïiT*"*"'- '^'.j'^""*' • * Soit du l'ape maudit qui «âAn, i".'"" ^*'"' 1"' «■> «« "0'' soit mis en Ou? leur t " '*=" ^'*'''" ^'' '!"' '"'û'e leurs écrits ! Fn W 1^' T '"^"*''^' <*« 8™"''^ "frites. . «bliJùt c, sens^l^f ^•'=" P" hémistiches, on " ce sens, tout contraire au premier : «Qui

hait les jésuites Soit mis en paradis I Qui brûle leurs écrits Acquiert de grnnds mérites; Soit du pape maudit Celui qui en eux croit; A tous les diables soit Oui leqr science suit, jullien , Grammairp. || 7° Terme d'architecture. Comble brisé, comble disposé pour y ménager de petits logements. Il 8° Terme de gravure. Taille brisée, taille manquée, incomplète. || S" Terme de blason. Écu brisé (voy. iihi'-eh).

t BRISE-COU (bri-ze-kou), s. m. Passage, endroit, escalier, où l'on risque de tomber si l'on n'y prend garde. || Au plur. Des brise-cou.

— r.TYM. Briser, cou

BRISÉES (bri-zée), .v. f. plur. || 1° Branches rompues parle veneur pour reconnaître l'endroit où est la bête. Il 2° Fig. Suivre les brisées de quelqu'un, suivre son exemple. Aller, courir sur les brisées de quelqu'un, entrer en concurrence, en rivalité avec lui. De quel front aujourd'hui vient-il sur nos brisées Se revêtir encor de nos phrases usées? boil. itpit. I. Sans me vanter d'avoir été sur ses brisées, sftv. 302. Tu as l'audace d'aller sur mes brisées, mol. l'Av. IV, 3. F.t qu'a.s-tu su répondre à ces belles pensées? — Que je ne voulais point aller sur vos brisées, BEGNARn, Légat, m, 4. || f^eprendre ses brisées, revenir sur ses brisées, reprendre une affaire, revenir à un sujet d'abord abandonné. Il faut reprendre nos brisées, la font. Leitr. à Mme de Siltery. Il 3° Marques faites aux arbres par le passage <riine bête. Il 4°Branches taillées pour marquer les bornes d'une coupe de bois. Chaque coupe furme un carré dont les quatre angles sont marqués par des fossés, des brisées, p. l. cour, i, 239.

— HIST. xiv s. Où tu en perdras la veue [du cerf] , gette une brisée, quand tu t'en yras, ilodus, f° x. Il XVI* s. Il les conjura de suivre leurs premières hrhées,ilém. sur DuGuesclin, ch. 18. Si tudisvray, je te jure et promets. Par le haut ciel où je n'iray jamais. Que des enfers sortiras les brisées, makot, I, 253. Or pour me remettre sur mes brisées [sur mon propos], mont, m, (03. Parquoy M. l'admirai se mit sur leurs brisées qui estoyeiit assez apparentes, et M. le prince marchoit après, langue, o53. F.t prenant tous le chemin de Thionville, duquel il sçavoient les routes et brizées il y avoit long-temps, CARL. VI, 25. Si mirent quelques brisées et enseignes sur les plus hautes croupes des rochers, etque l'on pouvoit choisir à l'œil de plus loin, amïot, Caton, 26.

— ETYM. Brisé.

BRISE-GLACE (bri-ze-gla-s'), s. m. Arc-boutant, pieu en avant des piles d'un pont pour briser les glaces. Il Au plur. Des brise-glace ou des brise-glaces, suivant que l'on entend briser la glace ou les glaces.

— ETYM. Briser, glace.

t BUISE-I.MAGE (bri-zi-ma-j'), s. m. Celui qui brise les images. Iconoclastes, c'est-à-dire briseimages, BOSS. Hist. I, H. Calvin croit avoir assez fait d'écrire contre les brise-images, id. Var. to.

— ETYM. Briser, image.

t BRISE-LAMES (bri-ze-la-m'), s. m. Nom donne à une construction faite à l'entrée d'un port pour amortir la violence des flots. Le brise-lames de St- Malo. ||ylu plur. Des brise-lames.

— ETYM. Briser, lame.

I BRISE-LUNETTE (bri-ze-lu-nè-f) , s. f. Nom vulgaire de l'euphraise.

— ÉTYM. Ainsi dite à cause des vertus qu'on attribuait à l'euphraise dans les maladies des yeux.

BRISEMENT (bri-ze-man), s. m. || 1° Action de briser. Le brisement des im:igo3 et des autels, boss. dans LA veaux. || Fig. Brisement de cœur, vif repentir, douleur profonde. || 2° Choc des flots qui se brisent. Le brisement des flots contre la côte. Le brisement de la mer m'avertit que le vent s'était levé,

CllATEALBR. Ilin. 271.

— HIST. xvi* s. Brisement des images, emploi des reliques en monnoie, d'aub. Hist. i, (36. Les dents pour le brisement et mastication des viandes, paré, xviii, 30. PiUeries, brisemens d'images et saccagemens de temples, condé, Mémoires, p. 646.

— ETYM. Briser.

t BRISE-MOTTES ( bri-ze-mo-t' ) , s. m. Cylindre pour écraser lesmoltesde terre. \\Àu plur. Des brisemottes.

— ETYM. Briser, motte.

t BRISE-OS (bri-zô), i. m. Un des noms vulgaires de l'orfraie.

— ÊTYM. Briser, os.

\ BRISE-PIERRE (bri-ze-piê-r'), s. m. Terme de chirurgie. Instrument pour briser la pierre daiis la vessie. Il Au plur. Des brise-pierres.

— ÉTYM. Briser, pierre

BRI

BRISER (bri-zé), ». a. i| 1" .Mettre en plccps Briser un roseau. La foudre brisa le chêne. Al Ions briser ces dieux de pierre et de métal, corn. l'olij. II, 6. Emporter tout ce qu'on peut, brisil tout ce qu'or» ne peut emporter, dider. Princ. di polit, foo. Il Par extension. Il semble qu'on entend les ondes gémissantes Briser contre un rocher leurs vagues impuissantes, brF,beiif, Phars. VI. Il Terme de cardeur. Briser la laine, la démêler Il 2° Fig. Rendre impuissant, inutile. Briser les ressorts de l'âme et de corps. Briser un traité. Brise/ des liens d'amitié. Briser son avenir, sa carrière, perdre, par sa volonté, les espérances qu'on avait de fonder son existence à venir, de réussir dans ^a carrière. Briser l'effort des vents. La digue brise \i fureur des flots. Alors que, ta fureur à nous perdre s'apprête. Il tient le bras levé pour te briser la tête, CORN. Attila, v, 3. Rome n'a point de loisque tu n'oses briser, id. Pomp.v, i. Pour briser en vainqueur cet hymen s'il s'achève , ID. .Ser.iii, 4 Que

si près du port, contre toute apparence. Un orage si prompt brisât notre espérance, in. Cid, m, 4. Brisez votre alliance et rompez-en la chaîne, id. //or. 11, 8. Bientôt Agamemnon, triomphant, redouté. Brisera ton injuste et frêle autorité, lemerc. Agamemnon, II, 6. Il Briser ses fors, briser le joug, s'affranchir d'une tyrannie. Il peut confondre Aman , il peut briser nos fers. Par la plus faible main qui

soit dans l'univers, rac. Esth. I, 3 jusqu'à

ce que ma main de ses fers le dégage; J'irai jusque dans Rome en briser les liens, corn. .Vicom. v, u Je brise avec honneur mon illustre esclavage, m. Itodng. Tii, 3. Il Briser l'orgueil de quelqu'un. Que n'ai-je point tenté? Que pouvais-je plus faire Pour fléoliir, pour briser ton cruel caractère? voltaire, Oreste, il, 5. || Briser le cœur, causer une vive affliction. Elle me brise le cœur par l'état où elle est, sÉv. t26. Il 3° Accabler. Briser quelqu'un de coups. Il 4° Fatiguer, harasser, importuner. Je suis brisé. Briser le tympan à quelqu'un , l'étourdir. || 5° Terme de grammaire. Briser une période, en détruire l'ensemble et les proportions, ou, dans un sens favorable, la couper pour lui ôter ce qu'elle aurait de pesant ou de forcé. || 6° Briser un discours, cesser de parler. Brisons là ce discours, mol. la Princesse, IV, 4. Il Absolument et familièrement. Brisons là, brisez là-dessus, ne continuons pas ce discours, n'insistez pas sur ce point. Brisons là, ce discours deviendrait ennuyeux, corn. Othon, iv, 4. Brison.s là, je crains de trop entendre, id. Poly. iv, 5. Brisons là s'il vous plaît, mol. Éc. des f. iv, 8. || 7°Terme de blason. Briser un écu, le charger de brisures, telles que lambel, bordure, etc. comme font les cadets qui portent les mêmes armes que leurs aînés. Guy prit le nom de Laval, et brisa la croix de Montmorency de cinq coquilles, st-sim. 488, 8. || 8° V. n. Terme de blason. Même sens que le précédent. La branche cadette brise d'une bordure de gueules. |! Terme de mer. Heurter les rochers, en parlant de la mer. Le fracas des vagues qui brisent au loin sur les récifs, bern. de s.-p. Paul et Virg. Et devant ces sommets abaissant leur orgueil, [les nuages] Brisent incessamment sur cet immense écueil, LAMART. Méd. Il, 3. Il Terme de chasse. Marquer le chemin avec des branches. || Briser bas, rompre les branches des arbres et les jeter sur le sentier par où la bête a passé; briser haut, les laisser pendre à hauteur d'homme. || 9* Se briser, v. réjl. Être mis en pièces. Vaisseaux en danger de se briser contre les rochers fèh. Tél. ii. Un verre se brise en tombant de son propre poids, noss. Conn. de Dieu, v, (i. Il Avecsuppression du pronom personnel. Il a vu briser son navire contre vos rochers, fén. Tél. 1. 1| Kig. Combien à cet écueil se sont déjà brisés! cohn. Ctnna, I, 2. Quelquefois l'un se brise où l'autre s'est sauvé, id. Cinna, n, •. Que toute hauteur soit venue se briser contre la faiblesse de douze pêcheurs, mass. St Franc, de Paule. Le Christ ressentait des douleurs; son cœur se brisait comme celui d'un homme, CHATEAUB. C6ne, IV, III, I . || 10° Par analogie, rejaillir avec fracas contre un obstacle, en parlant d"3 vagues. Les vagues qui vont se briser contre ces écueils, FEN. Tél. ix. L'onde approche, se brise et vomit à nos yeux.... rac. l'hèd. v, 6. || 11° Se plier l'une sur l'autre, en parlant de parties ou de pièces de certains ouvrages. Ce compas se brise. Ces volets se brisent. |i 12° Terme de physique. Se réfracter. Les rayons lumineux se brisent en passant de l'air dans l'eau. || Pioverbe. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise, c'est-à-dire s'exposer souvent au même danger, commettre souvent la même imprudence, la même faute, amène à la fin mécompte ou malheur.

BRI

BRI

BRO

— HIST. XI* S. ji!) l'ranclie le pi?, [poitrine], si lui brise les os, Ch. de Kol. xci. L'espée criiist Irésonne], ne froisse ne ne brise [se brise], ib. ci.xx. Il XII* s. [Il] En fait les murs briser, Ronc. p. 5. [Ils] Venu sont il Hautcme, sont la vile brisie, Sax. VII. Tuz ses comandemenz sûmes près de furnir, E chastals e citez brisier et asaillir, E périls de nos cors e des anemes [flmes] sufîrir, Th. le mart. 134. Mai5 quant Richarz li Brez le vit si abatu E sur le pavement gésir tut estendu, Un poi en bescoz l'ad des autres colps féru. Qu'à la pierre ad brisié en deus son brant moulu, ib. 160. Ja iert mes chevax si destrois, Que je crain qu'il se brit la cuisse, la Charretle, te-io. || xiu' s. Et là ot Guillaumes de Champlite le bras brisié d'une pierre, villeh. lxxv. Et biisicrent bien tresqu'à quatre des portes, et entrèrent ens, m. cv. [Elle] ne briseroil son veu pour souffrir discepline, Berfe, lvi. Et i ot mainte lance brisie sur escu, ib. cxxxvii. Et Crestien entrèrent ens par force de toutes parts par le mur qui estoit brisiés, et fu la cité prise, Chron. de Rains, 39. I.i rois rechut la lettre et brisa le seel et la lut, t6. rJ2. Si ne seroit mie bon que vous comencissiez la mellée, ne brisissiez l'aloianee, ib. p. 217. Tant va pot à l'eve que brise, Ren. 13050. Quatre costes li ont brisié; X bien petit l'ont mort laissié, ib. 643B. Et croi que, se plusors osassent, Lor mariages en brisassent, Et de foi ne lor sovenist, la Rose, 14336. Et se tu ses lances brisier, Tu t'en pues moult faire prisier, ib. 2209. Si comme s'aucuns est pris et mis en prison, et il brise la prison, beaum. XXX , 1 3. Li sergans qui va penre par commandement de segneur, pot et doit brisier ce qu'on ferme contre li, id. liv, 8. Et si n'est pas li establissemens brisiés, car l'entention des establissemens n'est pas por tollir autrui droit, id. xlviii, ). Si deïssiez à sa manière Qu'ele menjast (ce n'est pas fable) Plus que nus qui fust à la talile. Que çà et là le pain brisoit, huteb. ii, m. Mes neveus, venés à moy aidier et vous etvostre gent; caries .\lomans brisent le moustier, joinv. 234. Il y ot bien douze vins vessiaus, que grans que petiz, brisiez et perilus, ID. 219. Il xiv s. Les aides des Latins brisées et faillies, BERCHEUHE.f" 35, reclo. Miex estoit les courages esmeus ploier que briser, iD. f" 30, recto. Il xv" s. Pour ce qu'il avoit trespassé le commandement de son seigneur le roi et brisé son arresl et sa prison, et s'en estoit parti sans congé.... rnoiss. i, I, 151. Et l'eust fait sans faute [pendre], si n'eust esté le dit messire .Jean de Hainaut, qui lui brisa son ire et excusa le dit messire Godemon, ID. i, i, 296. Et brisa le roi tout ce voyage.... [défendit l'expédition qui se préparait pour Isabelle], id. i,i, )0. iieau frère, jà à Dieu ne idai.se que votre bon propos je vous brise ni osie, id. i, i, 17. Et feroit [frappait] à tas de son espée sur le bassinet du seigneur de Sconnevorl; mais le sire de Sconnevort, qui bien estoit armé et monté, brisoit les coups à la fois et les recevoit moult vassalment, ID. i, i, -140. Quand le roi d'Angleterre entendit ces nouvelles, il fut mouJt pensif, et eut une espace une imagination et propos de briser son siège [le siège de Vannes oi'i il étoit en personne], ID. i, i, 209. Il XVI' s. Navré du cautère de son péché, et comme brisé de terreur de l'ire de Dieu, calv. Inslit. 461. Pour saisie brisée il y a amende de 60 sols, loysi-,l, '127. Oui brise une franchise [ne peut être reçu en ui\ asUe], brisa toutes les autres [ne peut être reçu en aucune], id. s:"). Le vent se renforça si violentement qu'il brisa, abbatit et froissa en un moment tous ces engins, ahyot, Lucull. 20. Les lanskenets voyans les Suisses brisez de tant de charges, d'aub. IHst. i, (68. rar coups de boulets ou autre chose brisante, pari*, xiii, U.

— ÉTYM. 'Wall. briM; provenç. brisar. Diez le tire de l'anc'en haul-allomand brestan (au présent bristu), bi'^er; allemand moderne, bersten^ crever. Le changement de l'st en s ne fait pas difficulté; voy. hu.ssier, de o.<itium. Dans les patois anglais on t'iuve brise, brisse, briss, où l'st a déjà disparu. Il n'est pas sur que le gaélique- fcris, rupture, soit d'origine celtique. U y a aussi dans le gaélique bruis, bris, morceau; angl. lo bruise, meurtrir; te qui fait difficulté c'est l'u dans bruis; mais le français supprime quelquefois un u devant une voyelle; voyez milan d'une forme telle que miluanus; il se pourrait donc que briser y\ut du celtique.

niUSE-RAISOX (bri-ze-rè-zon) , s. m. Personne qui parle à tort et à travers, qui agit sans discernement. Il Au plur. Des brise-raison.

— ÊTYM. Rriser, raison.

BRISE-SCELLÉ (bri-ze-sê-lé), s. m. Celui qui

rompt un scellé dans une intention de vol. || l'eu usité. Il Au plur. Des brise-scellés.

— ftrY.M. Ilriser, scellé.

BRISE-TOUT (bri-ze-lou), s. m. Enfant ou personne soit étourdie, soit maladroite, qui brise tout ce qui se trouve sous sa main. || Au plur. Des brisetout.

— ÉTYM. Priser, tout.

lîRISKUR (bri-zeur), s. m. Celui qui brise. Les iconoclastes ou briseurs d'images. || Autrefois, briseurs de sel, officiers qui étaient chargés, quand le sel était trop sec, de le briser pour le faire charger.

— IIIST. xvi* s. Si ces briseurs [casseurs, bravi] eussent enfoncé la porte où ils estoient, trois rois et deux grands princes ne se pouvoient sauver que miraculeusement, d'aub. Ilist. n, (05.

— f.TYM. Briser.

BRISE- VENT (bri-ze-van), s. m. Obstacle matériel oiiposé à l'action directe du vent, et composé de paillassons, de murs, de haies vives, de plantations en talus, etc. || Au plur. Des brise-vent ou bri.sevenls.

— ÊTYM. Briser, vent.

RRISIS (bri-sî), s. m. Terme d'architecture. L'angle que forment les deux plans d'un comble brisé.

— ÉTYM. Briser. L'ancienne forme de ce mot , si on le trouvait, serait briseh, dérivant d'un baslatin briiaticius.

t BRISKA (bri-ska), s. m. Calèche de voyage trijs-légère.

— ÉTY.M. Mot russe.

BRISOIU (bri-zoir), s. m. Instrument pour nriser le chanvre ou la paille.

— ÉTYM. Briser.

t BRISOU (bri-zou), adj. m. Feu brisou se dit, dans quelques mines, pour feu grisou (voy. ouisou).

BRISQUE (bri-sk'), s. f. \\ I-Jeu de cartes. || X ce jeu, une carte qui est alout. || i" Au mariage, au liési et à la quarante, on appelle brisques les dix et les as, qui comptent pour )0 et qui enlèvent les autres cartes. Le coup fini, chacun additionne ses brisques. Combien avez-vous de brisques? J'ai trente, j'ai cent de brisques. Vous faites toujours toutes les brisques. Je ne veux pas jouer mes brisques, vous les couperiez.

— REM. Ce mot ne se trouve ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, pi dans Furetière, ni dans Uicholet.

f BRISSE (bri-s'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Sorte de sangsue de mer.

— ÉTYM. Bftjffo;.

t BRISSOÏDE (bri-ssoi-d'), adj. Qui a la forme des brisses.

— ÉTYM. Bpîffooç, et elSo;, forme.

BRISURE (bri-zu-r') , s. f. || 1° Partie brisée. Les

brisures d'une table de marbre. C'est Dieu qui voulait montrer qu'il donne la mort et qu'il ressuscite , qu'il secoue la terre et la brise et qu'il guérit en un moment toutes ses brisures, boss. Anne de Gonx. \\ 2° Pli, par charnières, d'une partie sur une autre dans un ouvrage. La brisure d'un volet. Il Terme de marine. Disposition d'un niiU qui se brise, c'est-à-dire qui est formé de plusieurs pièces guindées les unes au-dessus des autres. |{ 3° Terme de fortification. Prolongement de la ligne de défense dans le renfoncement d'un bastion à oriUons. Il 4° Terme de blason. Toute pièce d'armoirie que les cadets ajoutent à l'écu des armes pleines de la maison dont ils sortent. Les armes [des bâtards des princes anglais], qui sont toujours celles d'Angleterre, ont des sortes de brisures distinctes, st-sim. 277, 241. La goutte et le rhumatisme sont des frères; et ce dernier a seulement une brisure de cadet, parce qu'il ne revient pas comme cette cruelle goutte, SÉV. 449.

— HIST. xni's. Qui viaut [veut] apeler home de rap, ou de briseure de chemin, ou de force quoiqu'elle seit, Ass.de J.\ ,174. De celi qui dépêcha [mit en pièces] ses mesures, il vont [voulut] qu'il li amendast, por ce qu'il li avoit brisiés et que par la briseure il fut atains du meffet, beal.m. xxvi, (6. Quant on le veut fausser par briseure du seel, il convient que le [la] moitié du seel ou plus soit perdus ou depeciés, id. xxxv, U. || xv s. Cette brisure venimeuse par laquelle si longtempsle peuple chrestien a failli à vivre, monstr. i, ch. 33. || xvi» s. Car bras et corps et du pied la brisure , Avec le cœur alloi 1 tout démesure, marot, i, 281. Embarrure du crâne, ou brisure en plusieurs esquilles oufragmens,PAHÉ, viii, I. Briseure, c'est à dire division de l'os en plusieurs esclats, id. xiu, <

— ÉTYM . Briser.

t BKIZE (bri-z'), t. f. Terme de botanique. Plante graminée dite aussi amourette {briia tiedia, L).

— ÉTYM. BpiÇa.

BROC (bro ; le e ne se prononce jamais en prose, pas même devant une voyelle ou une h muette; cependant en vers on fait rimer ce mot avec roc, froc, etc; au xvi* s. Bèze dit (|ue le c se prononce; au pluriel Vs se lie : des bro-z emplis; brocs rime avec repos, faux, sauts, rôts, etc.), s. m. || !• Vase à liquide, en bois cerclé de fer, quelquefois en élain, d'une capacité moyenne (comme de 6 à 40 litres), de la forme d'un cône tronqué, renflé un peu au-dessus de sa base, armé d'une anse et teru:iiné par une ouverture assez large, mais resserrée à l'endroit par où le liquide doit couler. La vaisselle d'argent, les cuvettes, les brocs, la font. Fabl. II, 27. Prends ton froc, Ton sac et ton brocl Sus, frère Hoc, piron, Chanson à un frère quêteur. Il 2" Ce qu'un broc peut contenir. Aux Apollons des cabarets Paye un broc de Surènes, bêrano. Faridond.

— HIST XIII* s. Et se nul homme avoit fait vendre vin à broche.... TAiLLiAR, Tiecueji, p. I9. Puis me prenez treslut iceo E metez cuire en vostre bro, Ms. St Jean. Et si ne le veut rechargier [le vin], il ne paiera rien devant qu'il le vendra à broche ou en gros, Liv. des met. 296. De l'oysil [vinaigre], qu'on y vendra à broke, du cange, acceptabulum. Quiconque est crieurà Paris, il peut aler en laquele taverne que il voudra et crier vin, por-tant qu'il y ait vin à broche, de laborde. Émaux, p. 176. Toute manière de vin qui sera vendu à broche, id. i6.

— ÉTYM. Provenç. broc; catal. broe, brocal; ital. brocca. Broche étant une des formes les plus habituelles, et signifiant vase à goulot, Diez remarque que broc ou broche a été ainsi nommé de broche, cliose pointue, par assimilation de forme; ce qui rend cette étymologie très-valable, c'est qu'on trouve broche, cannelle qu'on met à un tonneau pour en tirer la liqueur (du cange, broccje), eibrocarl, sorte de vase qui verse la liqueur par une cannelle (id. brochcronnus). On a aussi indiqué le grec ispo/ow;, cruche; mais on n'a aucun intermédiaire qui montre comment ce mot grec serait entré dans les langues romanes; et d'ailleurs broc/ie suffit à l'étymologie.

BROC (DE BRIC ET DE) (de-bri-kè-de-brok), loc. adu.Deçà et delà, d'une manière et d'une autre. De brio et de broc il s'est fait une jolie fortune.

— ÉTYM. Peut-être avec le bric, sorte d'engin qui servait à la chasse des oiseaux et même à la guerre (voy. bricole) , et avec le broc : c'est-à-dire de toute façon.

BROC (DE BROC EN BOUCHE) (de-bro-kan-boucb') , loc. adverb. En sortant de la broche. Manger une perdrix de broc en bouche. || Fig. Très-vite, aussitôt. On est un peu trop expéditif chez vous : on y roue les gens de broc en bouche, avant que le voisinage même en soit informé, volt. Lell. Beaumont, 26 sept. (766. Cette locution vieillit.

— HIST. XVI* s. S'entresbattans à qui humera l'ame de Raminagrobis, et qui premier, de broc en bouc, la pourtera à messer Lucifer, habel. Pant. m, 23. Et promit double paye et notable appoinctement à quiconques luy en apporteroyt une de broc en bouc,iD. ib. IV, 46. La perdrix [il] vire; au sel de broque en bouche La dévora.... mauot, m, p. 64.

— ÊTYM. U y a deux versions de cette locution : la première de broc en bouche ; là broc est le baslatin brocus, brocha, broca, broche (voy. ce mot); l'autre de Rabelais, de broe en bouc, signifie de broc en outre, c'est-à-dire mise du broc dans une peau de bouc pour le transport immédiat; ce derniir sens, aujourd'hui, n'est plus ni usité ni entendu.

t BROCAILLE (bro-kà-U', Il mouillées, et non bro-ka-ye), *. f. Petits pavés de rebut dont on garnit les chemins.

BROCANTAGE (bro-kan-ta-j') , s. m. || I* Action de brocanter. || 2° Commerce du brocanteur.

— ÉTYM. Brocanter.

t BROCANTE (bro-kan-f), s. f. Tous les ouvriers appellent improprement brocante un ouvrage inattendu et de peu de valeur qu'ils font pour leur compte pendant les heures de repos et sans nuire à l'intéfêt du maître qui paye leur journée. Cet ouvrage n'est qu'une brocante. Il a fait une brocante c|ui lui a valu trois francs. || On appelle une brocante un petit marché : je n'ai eu, je n'ai fait, dira un marchand, que deux ou trois petites brocantes aujourd'hui.

— ETYM. Voy. BROCANTER.

BROCANTE, ÉE (bro-kan-té, tée), part. pass:. Des marchandises brocantées.

BROCANTER (bro-kan-té), f. n. Acheter et re-

Hl{0

tendre ou troquer dos iiiarcliandises du liasard. Il (le maréchal d'KslrécsJ allait toujours brocantant, «f-siM. H4, 204. C'est uno illustre au moins! et qui sait en secret Couler adroitement un amoureux poulet, Habile en tous métiers, intrigante parfaite, Qui prête, vend, revend, brocante, troquo, achète, Met & perfection un hymen ébauché. Vend son argent bien cher, marie à bon marché', hegnahd, le Joueur, V, 2. || 11 se conjugue avec rau.xiliaire avoir. Il Y. a. X force d'être brocantée une belle boîte d'or devient un mince colifichet, j. .J. nouss.

mi. V, 2.

f/rYM. Angl. to broke, brocanter ; bas-lat. ahroc-

amcnlum, action d'acheter en gros cl de revendre on détail. Origine inconnue.

BROCANTEUR, EUSE (bro-kan-teur, teû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brocante. Elle [la maréchale d'Eslréos] était avare à l'excès, et en riait la première; avec cela brocanteuse, se connaissait aux choses et aux prix, st-sim. 3B7, 207. || Fig. Et les brocanteurs de louanges Répétaient sur leurs harpes d'or, DÉHANG. iVabuc/i.

— ÊTYJl. Brocanter.

4. BROCARD (bro-kar; ledne se lie pas: unbrokar-injurieux; au pluriel \'s no se lie pas non plus : des bro-kar injurieux; cependant plusieurs la lient: des bro-kar-z injurieux), s. m. \\l° Terme d'ancien droit. Nom dos principes ou premières maximes du droit, telles que celles qu'a faites Azo, dites par lui brocardica juris. || 2° Paroles mordantes, trait piquant. Rendant par ses brocards ton audace flétrie, «ÉGNiER, ÉpU. I. Aux brocards de chacun vous alliez vous offrir, MOL. Tart. II, 2. Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocards, boil. Épît. x. Dieu sait les brocards que l'on jetait au pauvre gouverneur, HAMILT. Gramm. 8. Et conseillez-lui fort de .s'armer de courage, Afin de recevoir galamment aujourd'hui Certains petits brocards qui vont fondre sur lui, DESiouciiES, Philosophe marié, iv, 9. Sous la brutale injure et le brocard sanglant L'harmonieux Racine expia son talent, millev. Jalous. litléraires. Mais nous, qui de maints brocards Poursuivons jusqu'aux mouchards, Parlons bas, cÉnANG. Judos.

— SYN. BKOCARD, BAiLLERiE. La raillerie peut Être méchante; mais elle peut aussi Être légère, innocente , inspirée par une simple gaieté d'esprit. Le brocard a toujours quelque chose de blessant.

— lllST. XVI" s. Les jeunes coquars. D'amour prins et ars, Jectcrent brocars, j. maboT, v, <76. Ciceron commencea les trupher et mocquer avecques brocardz aigres et piquans, comme très bien sçavoyt le style, rad. Panl.iv, 39. La vraye etymologie de procès est en ce qu'il doibt avoir prou sacs; et en avons brocards [règles, principes] deificques, id. ib. m, 40. Bien souvent elles leur donnoient en passant quelque brocard à poinct , touchans au vif ceulx qui en quelque chose auroient oublié leur devoir, amyot, Lyc. 25. Les amis de Fabius luy rapportoient tous ces brocards, id. Fab. I4.

— ÉTYM. Il y a, dans le bas-latin, brocarda, brocardicum, brocardicorum opus, qui signifient sentences de droit contenues dans un ouvrayu que compila, dans le xi» siècle, Burchard, évÊque 'de Worms. Burchard ou Brocard donna son nom au •ivre, burcardus, aux sentences brocardiqucs ; et les sentences mêmes ont donné, par extension et plaisanterie, le leur aux brocards, paroles moqueuses.

t 2. BROCARD ( bro-kar ),s.m. Terme de chasse.

Voy. BaOQUABT.

— ÊTYM. Ainsi dit à cause des broches (cornes) qu'il porte.

BROCARDÉ, ÉE (bro-kar-dé, dée), port. pass<l. Brocardé de tous côtés.

BROCARDER (bro-kar-dé), v.a. Attaquer de brocards. Quanta moi, tournant sa fùcherie en risée, je recommençai à le brocarder, Francion, vi, p. 222. Il Absolument. Adieu, c'est assez brocarder, chau- LiEu, Couplets irréguliers.

— UIST. XV s. Aucuns Anglois injurièrent Les François en les brocardant, martial de paris^ Vigiles de Charles ¥11, p. 217, dans lacurne ste- PALAYE. Il ïvi* S. Que nous n'afl'ections point une plaisanterie d'honnesteté, et une grâce de brocarder et mordre en riant les uns et les autres, calv. /mil». 309. Que font-ils autre chose que brocarder Dieu mesme? id. «6. H 94. En son plaidoyer, il brocarda plaisamment toute la secte des philosophes stoïques à cause de Caton, amïot, Cict'r. et Démos. s. Quaot à celle façon insolente de railler, dont il usoit onliDalremeut en se mocquant et broquardant

BRO

un chascun, elle purtoit avec soy sa médecine, id. Anton. 21).

— ÉTYM. Brocard.

BROCARDEUR, ICCSE (bro-kar-deur,doû-z'),s.m. et f. Celui, celle qui lance des brocards.

— HIST. XVI' s. Nos farceurs et brocardeurs françois, BRANT. Capit. estrangcrt, t. i, p. u , dans lacurne ste-palaye.

— ÉTYM. Brocard.

BROCART (bro-kar; le t ne se lie pas : un Dro-kar élégant; au pluriel l's ne .se lie pas : des bro-kur élégants; cependant plusieurs la lient : des bro-kar-z élégants), s. m, t.loSfe tissue d'un mélange de plusieurs couleurs, et d'orou d'argent enrichi de fleurs et d'une variété de figures. Ce nom était borné autrefois aux étoffes d'or et (Targent, il se donne aujourd'hui à toutes sortes d'ouvrages à fleurs. C'est pour eux qu'elle étale et l'or et le brocart, boil. Sat. X. Quelques enfants couverts de brocarts d'or tout déchirés, volt. Cand. n. X juger d'une jupe ou de l'air d'un manteau Ou des beautés d'un point ou d'un brocart nouveau, mol. F. sav. m, 2.

— HIST. xv's Hal Guillaume, II ne fault point

couvrir de chaume Icy ne bailler ces brocars, l'atel. B3I.

— ÊTYM. Brocher, suivant la prononciation picarde braquer; ital. broccato.

BROCATELLE (bro-ka, tè 1'), s.f.\\ 1" Etofl'e qui imite le brocart. Un homme vêtu de brocalelle et suivi de sept ou huit laquais, pasc. P. div. 137. Il 2° Marbre ainsi nommé à cause des couleurs qui le nuancent et qui l'ont fait comparer à l'étofTe.

— HIST. xvr s. Certes les perles et le brocadel y confèrent quelque chose, et les tiltres et le train,

— ÉTYM. Ital. broccatello, de broccato, brocart, de hroccare, brocher (voy. brocher).

BROCUAGE (bro-cha-j'), i. m. Action de brocher des livres ; résultat de cette action. Un atelier de brochage.

— ÉTYM. Brocher.

BROCHANT (bro-chan). Voy. BROCHER.

BROCUE (bro-ch') , s. /•. || 1° Longue verge de fer qu'on passe à travers les viandes pour les faire rôtir. Mettre un gigot à la broche. Il vit des bergers pour leur rôt Mangeant un agneau cuit en broche, LA FONT. Fab. X, 0. Six broches chargées de gibier devant le feu, hamilt. Gramm. n. Des gens enfournent; D'autres défournent ; Aux broches tournent Veau, bœuf et mouton, bérang. Cocag. Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche, rac. Plaid. I, 4. Ils mirent un petit enfant à la broche, sÉv. 243. Le mal n'est pas de les mettre à la broche [ses ennemis], le mal est de les tuer, VOLT. Leitr. Prusse, 3l. Nous risquons à tout moment d'Être mis à la broche, id. Cand. 17. L'âme de l'empereur Antonin n'est point à la broche dans l'mfer, id. L'homme aux 40 écus, grande querelle. il Un tour de broche, un tour que fait la broche mue par le tournebrocho. Il faut encore un tour de broche à ce morceau de bœuf. || Fig. J'ai été à la mort; un petit tour de broche de plus, on aurait dit: il est mort, volt. Letl. en vers, ibS. i| Fig. et familièrement. Faire un tour de broche, se mettre Irèsprès du feu pour se chauffer. Cela ne se dit que dans une compagnie où la politesse défend d'occuper longtemps le foyer; on dit à celui qui a froid : Faites un tour de broche, c'est-à-dire chauffezvous de tous les côtés, mais un instant seulement. Il 2° Petites verges de fer qui reçoivent la bobine. Filature à deux cents broches. || Drap à double broche, drap épais, serré, solide, ainsi nommé parce qu'on le faisait autrefois en plaçant dans les intervalles des broches deux fils au lieu d'un. || 3° Grosses aiguilles pour tricoter. Broches à tricoter. Il 4° Chevilla#our boucherie trou qu'on fait au tonneau avec le foret, soit sur le sommet du tonneau pour introduire de l'air, soit dans le plein du tonneau pour tirer quelques gouttes du vin afin de le déguster. || Fig. Couper broche à quelque chose, empêcher qu'elle ne continue, comme on interrompt le cours du vin quand on a coupé la broche du tonneau. || Baguette de bois pour enfiler les harengs. Il La pointe de fer d'une serrure, qui entre dans le trou d'une clef forée. || Petite verge de fer placée au milieu d'un carton où l'on tire' au blanc. Il Long clou sans tête pour arrêter les lambris. Il Baguette sur laquelle le chandelier embroche les mèches. || Petit bâton où pendent les chandelles. Il Ustensile de boucher pour parer la viande. || Pivot de fer traversant la verge de la balance appelée romaine. || Outil de cordonnier pour mettre dès clous au talon. || B" Grosse épingle à l'usage des femmes.

nuo

Il Bijou garni d'une longue épingle et dont les femmes se servent pour attacher les chaies ou les cols et qu'elles mettent pour ornement au haut du corsage des robes. || 6" Terme de chasse. Les broches, les défenses du sanglier. || Les broches, la première tête du cerf et du chevreuil. || 7° Terme de marine. Baguettes qui, représentant les divers diamètres des mAts d'assemblage, guident les ouvriers dans leur travail. || 8° Terme de banque. Broches, billets de commerce de peu de valeur, inférieurs à 600 fr. ou tooo fr. Il Proverbe. Il ne faut pas mettre tout son rôt à une même broche, c'est-à-dire il no faut pas mettre tout ce qu'on a sur une seule chance.

— HIST. xiii' s. Li leus [loup] besa le heriçon; Et cil s'ahert à son grenon, A ses lafres [lèvres] s'est atakiez, Etod ses brokes [piquants] afichiez, marie de FRANCE, t. II, p. 264. De rechief il est ordené que quiconques ouverra à broche d'or que i! couse de soie, I.iv. des met. 38l. Kenart s'en va, pas ne sejorne. Si esperonne son cheval; Par unes broches (voy. brosse) lez im val S'en va fuiant par une plaine, Jim. i9io. Et deit aveir en l'escu deus broches de fer, l'une enmi l'escu et l'autre ou pié dessotiz, Ass. de J.\, 170. Et comme li chevaliers eust hiaume, el quel il avoit tout plain de broces par derrière, il requerroit que il li fu estes, bealman. LXi, 63. Il xiv" s. Un chandelier à trois broches, par manière de lys, de laborub. Émaux, p. 203. Un csluy de cuir bouUy, ganiy de trois pignes, un mirouor et d'une broche pour pigner le chiefde la dite dame, id. ib. || xv* s. Un baston nouUu [noueux] à [iluseurs bros [pointes], du cange, broca. Un broc ou fourche de fer à charger foing, id. ib. 11 print l.i broche de son chariot, et s'en vint au devant du suppliant, auquel i donna tel cop de la dite broche qu'il le abatit, id. ib. [Pour les cuisines] Faut poz, paelles, chauderons. Broches do fer, hastes de fusl, E. DEScii. Poésies mss. f° 497, col. 2. Elle chut en une dangereuse et déplaisante maladie que communément on appelle broches [hémorrholdes], louis xi,

Nouv. II. ||xvi' s En telle sorte que la broche

soit coupée à toutes tergiversations, calv. Instil. 120. La mort peult, quand il nous plaira, coupper broche à tous aultres inconvénients, mont, i, 71. Quand il fut mort, l'on ne trouva rien qui soit eu sa maison, sinon une petite broche de fer [obole, monnaie], amïot, Fab. B4. Ilz allèrent en une rostisserie, où ils saisirent des broches, des coupperets et cousteaux de cuisine, id. Crassus, (4. D'autre part seras tu tombé entre les mains d'un babillard, n'aye point de honte, mais romps luy tout court la broche, et t'en va ton chemin pour faire tes affaires, ID. Xauv. honte, 6. Le roi leur déclara que tout ce qu'ils voioient estoit par son commandement, qu'il n'avoit eu autre nioien pour couper broche à toutes les guerres et séditions, d'aub. Hist. 11, I9. A ccste cause on luy rompit alors la broche [on lui imposa silence] en luy remonslrant.... m. du bell. 204. Tirer la broche devant que le rost soit prest, génin, Récréât, t. 11, p. 250.

— ÉTYM. 'Wallon, broke; picard, broque, fourcha en fer; provenç. et espagn. broca, broche, pointe; ital. brocca; du latin brocchus ou broccus, dent saillante; de là les significations pointe, crochet.

BROCHÉ, ÉE (broché, chée), part, passé.

Il !• Étoffe brochée. || 2° Livre broché. Chprchez parmi mes livres deux volumes in-s", brochés eu carton vert, p. l. cour. Lell. i, ) 2. || 3» Travail broché, travail fait à labîle ei mal.

BROCHÉE (bro-chée), s. f. \\ 1" La quantité de viande qu'on fait rôtira une broche en une fois. Il 2° Quantité de mèches ou de chandelles placées sur une broche.

— ÉTYM. Brocher.

BROCHER (bro-ché), v.a. || 1" Passer, en tissant, des fils sur le fond uni d'une étoffe, pour y former des dessins. Brocher une étoffe d'or et d'argent. Il En termes de blason, brochant sur le tout, .se dit des pièces qui, brochées sur d'autres, passeni d'un côté de l'écu à l'autre. Il porte d'azur au lion d'or, à la fasce de gueules brochant sur le tout. Il Fig. Brochant sur la tout, en outre, de plus, comme complément. Il a mal parlé de vous, et, brochant sur le tout, il vous a desservi auprès du ministre. || 2° Coudre ensemble les feuillfts d'un livre préalablement pliées, puis y mettre une couverture de papier. || 3" Familièrement, faire sans suin, ou, simplement, faire à la bùie. Cet écolier broche soj devoirs. J'ai broché un sous-seing comme j'ai pu. il fallait bien signer quelque chose, p. l. coui. Lctt. II, <',i7. Et qui vous dit, mes divins anges que je brochais un drame? volt. Lettr. d'Argenlal. 4 3 juillet 1763. Il 4" Terme de maréchal. Bliuonce

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