URO
valent sous mes lois, mostesû. UU. pert. <5. Malheur à l'homme de bronze qu'elle ne fléchit pas, DiDKR. Sur tes caract. Un charme qui fait tomijer les portes de fer et qui amollit les cœurs de bronze, VOLT. IngMu, 18. Ces affreux préjugés qu'ils appellent devoir Ont sur ces cœurs de bronze un ab^olu pouvoir, JD. M. de Cét.i, 1. 1| 2° Toute sculpture en bronze. Un beau bronze. Que de cristaux, de bronzes, de colonnes, Tributs de l'amour à l'amour, bé- HANG. Paul), femme. [Henri I] Tout un peuple a voué ce bronze à ta mémoire, v. hugo. Odes, 1, 6. || Les courtisans du cheval de bronze, s'est dit de filous qui se rassemblaient sur le pont Neuf, près de la statue d'Henri IV. || 3" Terme de numismatique. Monnaie desanciens frappée en bronze. On divise les anciennes monnaies en médaillons, grand bronze, moyen bronze, et petit bronze. || Dans le lang^ige de l'archéologie, bronze désigne aussi bien le cuivre pur que le cuivre allié. || 4° Poétiquement, canons. Aux accents du bronze qui tonne La France s'éveille et s'étonne Du fruit que la mort a porté, lahart. Uéd.i, (6. Folard, parvenu à sauver quelques bronzes, les place sur un tertre découvert, chateaub. Hatch. u, 1 2. |l 6° Bronze jaune ou or en coquille, oripeau d'Âilemagne réduit en poudre. ||Bronzemou,voy. mod.
— REM. Bronze, féminin au xvi* siècle, a été longtemps d'un genre indécis.
— lilST. XVI' s. En la mortaise intérieure, estoyt une lame de fia assier, enclavée sur U bronze corinthienne, RAB. Panl. V, 37.
— ÉTYM. Espagn. bronce; ital. hronto; napol. at?ninîo; bas-lat. brontium. Muratori, que Diez approuve, le tire de bruno, brun, par l'inlermédiaired'un dérivé bruniao, bruniccio, avec déplacement de l'accent. Ce déplacement d'accent fait quelque difficulté; aussi peut-on penser au bas-latin brunlus, qui se trouve dans les gloses d'yElfricus avec le sens de livide.
BRONZÉ, ÉE (bron-zé, zée), part, passé. Sta tuette bronzée. Un klephte a pour tous biens.... Un bon fusil bronzé par la fumée, et puis La liberté sur la montagne, v. hugo. Orient. 2(. || Souliers bronzés, souUers dont la peau est teinte en brun rougeâtre. || Un teint bronzé par le soleil, un teint auquel le soleil a donné une couleur de bronze. Il Fig. Qui ne redoute rien, éprouvé, blasé. C'est un homme bronzé. || Terme de médecine. Maladie bronzée, maladie caractérisée par la couleur qu'elle donne à la peau et qu'on ne peut mieux comparer qu'à celle du bronze, et d'un bronze tirant plus sur le noir que sur le verdâtre.
BRONZER (bron-zé),f. a. || !• Peindre en couleur de bronze. Bronzer une statue de plâtre. || 2° bronzer un fusil, lui donner, parle feu, une couleur bleuâtre. Il 3° Par extension, hàler, donner à la peau une couleur d'un brun foncé qu'on a comparée à celle du bronze. Il a plu à la Providence de bronzer les hommes aux Grandes Indes , volt. Relut. 1 7». |j 4° Se bronzer, ». n. Prendre une teinte bronzée. || Fig. S'endurcir. Son cœur s'est bronzé.
— HIST. XVI* s. Les chausses de taffetas et les bas de chamois bronzé, bhantome, Capit. estr. t. 11,
p. 1 72 , dans LACURNE STE-PALAYE.
— ETYM. Bronze.
BROQUABT (bro-kar), ». m. Bête fauve d'un an. On appelle vieux broquarts les chevreuils qui ont passé deux ans.
— HIST. XVI' s. 11 jugeoit un vieil cerf à la perche, aux espois.... Aux dagues, aux broquars bien nourris et bien forts, rons. 210.
— ÉTYM. Broquart a signifié proprement les petites cornes, puis l'anima! lui-même; il vient donc de broque ou broche (voy. ce mot).
t BROQUE (bro-k'), ». f. Rejeton d'un chou frisé.
Voy. BROCOLI.
t BROQUELINE (bro-ke-Ii-n') , ». f. Terme de manufacture de tabac. Botte de feuilles.
t BROQUER (bro-ké), v. a. Terme de pêche. Percer un petit poisson avec l'hameçon pour servir d'amorce.
— ÊTYM. Broque ou broche (voy. broche).
t BBOOCETEITI (bro-ke-teur), ». m. Celui qui m^ les gerbes en tas, et les charge sur les voitures.
— ÊTYM. Ilroche. signifiant fourche.
BBOQUKTTE (bro-kè-f), ». f. Petit clou 1
tête. Fixer quelque chose à la muraille avec une broquette. Aclieler de la broquette, achetir une certaine quantité de ces petits clous. CUouer ivec de U broquette.
— HIST. XVI' s. [Statue d'un jeune enfant] qn par sa broquette [verge] donnoit eaue rose, mons
TRELET, t. lU, p. 66, dans LACURNE SAINTE-PALAm
— ÊTYM. Autre forme de brochette (voy je mot)
imo
BRO
BRO
(iTi
t BROSSAGE (bro-sa-j'), s. m. Action de brosser. Le brossage des chapeaux, des habits. || Terme de maçon. Action d'enlever la poussière qui s'est attachée à une pierre.
— f.TYM. Ilrnsser.
BROSSAII.LKS (bro-sa-U', H mouillées) , s. ^. piur. Voy. BROLSSAiLi.F,s. Buffon dit constamment brossaiïles. Broussailles est aujourd'hui seul usité.
BROSSE (t)ro-s'), s. f. || !• Plaque, ordinairement en bois, garniede faisceaux de poils ou de crins, ou de brins menus de bruyère ou de chiendent, et servant h enlever, par le frottement, la poussière des vêlements ou des meubles. Une brosse à hiibits. Il Par analogie. Une brosse à tête. Une brosse à dents. Brosse à barbe, pelit pinceau avec lequel on étend, pour se raser, le savon sur le visage. || Terme de manège. Sorte d'étrillé. || 2° Terme de peintre. Pinceau fait de soies de porc. Peindre à la brosse. Il Fig. Une belle brosse, une belle exécution. Une grosse brosse, une exécution grossière. || 3° Terme d'eaux et forêts. Buisson qui, bordant un bois, le défend des vents et des bestiaux. || S. f. plur. Bruyères, broussailles, terres incultes. || 4° Terme didactique. Houppe de poils sur le corps d'une chenille, et aux pattes de derrière des abeilles. || Terme de chasse. Paquet de poils qui vient aux bêtes fauves sur le haut des canons des jambes de derrière en dehors.
— HIST. xra* s. Conscience le foule, conscience le froisse, Conscience le point plus que serant [peigne de fer] ne broisse, J. de meuno, Testam. 1576. Il XV* s. Uns serens ou brouesse valant trente sols tournois, du canoë, brustia.
— ÊTYM. Wall, brouche, brosse; breûse, brosse de peintre; picard, brouesse, brucAe ;Berry, breusses,brusses, broussailles ; provenç. et catal. brossa , broussailles; espagn. et ital. brosa, ce qui tombe des arbres, écorce, feuilles; bas-lat. brustia. D'a- ]irès Diez, ces formes indiquent dans le radical s(, et par conséquent conduisent à l'ancien haut-allemand burst, brusta, allemand moderne Bûrstc, brosse; le sens propre est quelque chose de hérissé, d'où les sens divers de brosse.
BROSSÉ, ÊE (bro-sé, sée),por«. poss^. Un habit bien brossé. || Populairement, battu, et figurément, vaincu au jeu.
t BROSSÉE (bro-sée), t. f. Action de brosser, c'est-à-dire de battre. Très-familier.
i. BROSSER (brosé), t'. a. || 1° Nettoyer avec une brosse. Depuis dix ans je te brosse moi-même, El Socrate n'eût pas mieux fait, béhang. Mon habit. Il Par extension. Brosser quelqu'un, brosser les vêtements qu'il a sur lui, et aussi le frictionner. || Populairement. Brosser quelqu'un, le battre, le rosser au propre, et figurément, le gagner au jeu. Nous avons joué, je l'ai joliment brossé. || 2° Terme de manufacture. Coucher la laine sur le drap et en faire sortir la poussière et la crasse. || 3° Se brosser, 13. réfl. Se nettoyer avec une brosse.
— ÊTYM. Brosse.
2. BROSSER (bro-sé), t). n. || 1" Terme de chasse. Courre à cheval ou à pied au travers des bois les
filus épais. Il On dît que le cerf brosse quand on 'entend marcher dans les bois. || 2° Familièrement, s'échapper , s'esquiver à travers. Il lui échappa même [au premier président] que d'Antin avait bien recordé le roi, il brossa à travers la compagnie et disparut, ST-siM. 377, U7. M. l'archevêque, lui dit-il [le duc de Grammont], verba volant, scripta marient; l'archevêque brossa et ne répondit pas un mot, ST-siM^ (68, 263. || Activement. Je vis avec surprise sortir M. le duc d'Orléans, qui brossa la chambre et disparut, ». 268, (27.
— HIST. xvi« s. Tu as, à face ouverte et sans effroi, humée Des bataillons croisez la poudre et la fumée. Brossé parmi les fers et nagé sur le sang, d'aub. }list. III, B38. Ils laissoient, tous quasi, leurs cbevaulx, parce qu'ils ne pouvoient aisément brosser au travers des taillis, cahl. v, 25. Lors en sursaut, où me guidoit la vois. Le fer au poing je brossai par le bois, bons. 7B. H .^garda deçà, il regarda delà. Il brossa longuement et longuement alla Sans t'iiuver nulle proye.... id. 795. D'un fort espron je brosse le chemin, Qui me sembloit pavé de josimin, ID. 8(7.
— ÊTYM. Brosse dans le sens de broussailles (voy. BROSSE); angl. fo brush, passer brusquement, passer légèrement sur.
BROSSERIE (bro-se-rie), ». f. Fabrique, commerce du brossier.
— ÉTYM. Brosse.
t ( . BROSSEUR (bro-seur) , t. m. Nom du domestique d'un officier, et le seul nom. Un officier ne
dit jamais : mon domestique, mon garçon, mais toujours : mon brosseur.
— ETYM. Brosser (.
f 2. BROSSEUR (bro-seur), s. m. Règle pour égaliser la longueur des plumes.
BROSSIER (bro-sié), ». m. Celui qui fait ou vend des brosses.
— f.TYM. Brosse.
t BROSSURE (bro-su-r'), ». f. Terme de teinturier. Couleur qui s'applique avec la brosse sur les peaux.
— ÊTYM. Brosse.
BROU (brou), s. m. Enveloppe verte de la noix. Il l'n termes de botanique, nom de tout sarcocarpe plutôt coriace que charnu, tel que celui de l'amandier. Il Brou de noix ou ralafia de brou de noix, liqueur stomachique faite d'eau -de-vie où on a fait macérer du brou de noix et du sucre.
— HIST. xv s. Oue nulz ne teigne en saine de broust, DU GANGE, brustum.
— ÉTYM. L'orthographe broust rapproche ce mot de brout (voy. brout), en tant que chose verte.
tBROCAILLES (brou-â-U', Il mouillées), ». f. plur. Terme de pêche. Intestins de poisson.
— HIST. XIV' s. Toute la brouaiUe [du cerf], excepté le foie, est pour la cuirie des chiens, Ménagier, ii, 5.
— ÉTYM. Bas-lat. burbalia, sans doute du baslat. burba, bourbe (voy. bourbe).
t BROUE (broue), ». f. Autre forme de broyé (voy. ce mot).
BROL^E (brou-ée) , ». f. Brouillard. Et la brouée et les frimas, scabr. Yirg. travesti, liT. I.
— HIST. XIV* s. Brouas, gelée du matin, du cange , bruma. || xv" s. Que cuidez-vous qu'on verra, Avant que passe l'année? Mainte chose démenée Estrangement çà et là, Veu que des cy et des jà Court merveilleuse brouée, CH. d'orl. Bond. I| XVI' s. Ils abusent de l'ignorance des hommes, comme d'une brouée pour cacher leur impiété, CALV. Instit. 23. Qu'il ne chasse toutes ces brouées de calomnies, id. ib. (63. Lui donnant, au matin. Du jus incarnadin Pour charmer la brouée, i. le HOUX, IV. Il demandoit si c'estoit de peur que les ennemis ne le trouvassent, qu'il s'alloit ainsi cachant dedanslesnues et les brouées, amyot, Fab. (3. Et se leva de la rivière un gros brouillas, de sorte que toute la campagne estoit couverte de brouée, id. Timol. 36. On apperceut de loing comme une fumée non pas gueres apparente pour le commencement, ains ressemblant proprement aux brouées que l'on voit ordinairement autour des crouppesdes montagnes, id. Flamin. 7. De Lescale (par le moyen d'une brouée et avis des assiégez) fut receu avec joie au Bourg, d'aub. Hist. i, 24<. Et bon vin, s'ils en peuvent fournir, à fin de charmer la brouée, paré, xxiv, 7. Ces raisins ne craignent pas trop les brouées, gelées, ni eschau Jures, o. de serres, (49. Alors la nege espesse et les froides brouées, baïf, OEuvres, p. 6, recto, dans lacurne sainte-
PALAYE
— ÉTYM. Berry, berouée. Origine incertaine. Diez conjecture l'allemand Brodem, vapeur chaude, fumée; anglo-saxon, brodh.
BROUET(brou-è; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des brou-è-z épais; brouets rime avec traits, succès, paix), s. m. Il 1* Aliment liquide ouà peu près liquide, fait d'ordinaire avec le bouillon. Le régal fut petit.... Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair; il vivait chichement; Ce brouet fut par lui servi sur
une assiette, la font. fab. i, (8 On plante un
grand potage; Le brouet était maigre, et n'est Nostradamus Oui,rastroUbe en main, ne demeurât camus. S'il y pensait trouver une étoile de graisse, RÉGNIER, Sat.x. Il 2° Quelquefois, par mépris, mauvais potage. Quel brouet nous sert-on là! || 3^ Brouet noir, mets simple et grossier des anciens S[iartiales. Je préfère au brouet noir la mémoire du seul poêle que Lacédémone ait produit, chateaub. Itin. (06. Il 4° Bouillon qu'on portait autrefois aux femmes en couches, et aux nouvelles mariées le lendemain de leurs noces, et qui était fait d'oeufs, de lait et de sucre. I.e brouet de l'accouchée. || Proverbe. Cela s'en est allé en brouet d'andouille, o'est-à-dire est venu à néant, n'a abouti à rien.
— HIST. xiii* s. Et bien se gart qu'ele ne moille Ses dois en broez jusquas jointes, la iiose, (3613. Il XV* s. Bon vin [ils] ont souvent embrochez [en perce], Saulces, brouetz et gras poissons, villoi». Grand Testam. Après sept heures du vespre. que l'en a acoustumé de faire et manger le brouet de l'espousée. du canoë, broduvi. || xvi' s. Des pru-
neaux cuits avec leur brouet [jus], o. di serres, 412.
— ÉTYM. Diminutif de l'ancien français, rreu, bouillon; provenç. bro; espagn. brodto; ital. brorfo et brodo; bas-lat. brodium, brodum; angl. brnlh ; du celtique : bas-bret. berô ou (iïtc, bouillon; irland. broth; gaél. brod; ou de l'ancien haut-allemand brod; anglo-sax. brodh;c&T ici . comme en plusieurs autres cas, le celtique et l'allemand se rencontrent.
BROUETTE (brou-è-f), ». f. \\ 1* Petit tombereau à deux roues, aujourd'hui presque toujours à une seule roue et à deux petits brancards qu'on prend à la main. Il Être condamné à la brouelie, c'est, dans certains pays, être condamné aux travaux publics. Il 2" Espèce de chaise à porteurs , montée sur deux roues et traînée à bras. Les brouettes furent inventées par un sieur Dupin en (089. Tout en poussant ma brouette, j'ai trouvé des gens qui n'élaicnt pas aussi contents que moi, mki;cier. Im brouette du vinai'irirr. I ■■
—HIST. XIII* S. Et chil qui porte la soie cose fsa chose] sor sen chef u en brouete, tailliar . Becueil, p. 20. Il xiv*s. Carettes(ils] ont quises et cars, Bourouaites, ribaus, sommiers.... do cange, birotum. Car pour repos, j'ay enfollure; Pour le beau temps, j'ay engreslure ; Pour provision , des pouetes. Pour chariots, branslans brouetes, td. ib. Vianiles mettre sur brouettes, ID. ib. || xv* s. Ces ribaudeaux sont brouettes hautes, bandées de fer, proiss. ii, II, 4B5. Chariots, charettes et brouettes qui estoient à l'entrée de Charles VIII à Florence, andré DE LA VIGNE, Voyage de Naples de Charles VI JI, p. (19, dans LACURNE. Il XVI* s. Les autres seront portées sur certains engins faits en formede boyards ou brouettes, palissy, 73.
— ÉTYM. Berry, berouette; wall. berwète; pour hirouette, de bis, deux, et rouetie, petite roue. L'italien biroccio, baroccto, l'espagnol barrocho ont le même radical avec un autre suffixe Comparez le genevois baratte, brouette, barot, camion; le rouchi barou, brouette; le bourguignon barrd. Le birotum est un véhicule à deux roues, dont le nom est passé à la brouette qui a eu deux roues et qui n'en a plus qu'une.
BROUETTÉ, ÊE (brou-è-té, tée), part, poste. Du fumier brouetté jusqu'au bout du jardin.
t BROUETTÉE ( brou-è-tée) , ». f. Charge d'une brouette.
— HIST. XIV* s. Et des chevaux chargiés et mainte brouetée, Cuescl. 1607. || xv* s. Une broutée de poissons, DU CANGE, broueta.
— ÉTYM. Brouetter.
BROUETTER (brou-è-té), V. a. \\ 1° Transportçr dans une brouette. || 2° Mener dans une petite chaise à deux roues.
— HIST. xv* s. Ces ribaudeaux sont brouettes, que ils seulent par usage mener et brouetter avequeseux, froiss. ii, u, 155.
— ÉTYM. Brouette.
BROUETTEUR (brou-è-teur), s. m. Celui qui transporte de la terre ou des fardeaux dans une brouette. || Celui qui traînait les personnes en brouette ou vinaigrette.
— ÊTYM. Brouette.
BROUETTIER (brou-è-tié) s. m. Le même que brouetteur au premier sens.
— ÉTYM. Brouette; bas-lat. broetarius.
f BROUGNÉE (brou-gnée), t. f. Terme de pêche. Espèce de longue nasse.
BROUHAHA (brou-a-a), ». m. || 1° Bruit confus d'approbation ou d'improbation. On entendait les brouhahas. [Il] nous avertit qu'il faut faire le brouhaha, mol. Les préc. (O. Voilà ce qui attire l'approbation et fait faire le brouhaha, m.' Impr. i. Il 2° En général, bruit confus. Quel brouhaha I Ce brouhaha de passer dans la pièce d'audience éiait toujours assez long, st-sim. 64, 65.
— HIST. XV* s. Pour le parti des gabelles de France, je croy ce que vous me mandez et que les marchands adjudicataires ont fait uo grand brouhaha, SDLLT, Mémoires, t. lU, p. 171, dans lacl'RNE sainte-palayk. Devois-tu faire ce grand brouhaha? en devois-tu seulement parler? pasouiER, Lettres, t. m, p. 90(, dans lacurne saintepalave.
— ÉTYM. Onomatopée.
(. BROCI, lE (brou-i, ie), port, passé. Les vignes brou les par la gelée.
t 2. BROUI (brou-i). t. m. Tuyau par lequel oc souffle la flamme de la lampe pour travailler en émail.
— f.TYîJ. Brouir, qui veut dire proprement brûler. t BROUILLAGE (brou-lla-j', H mouillées). ». m
HliO
Action de brouiller, d'étendre, h !a surface du sol, les mauvaises herbes coupées par le ratissage. || Kmbrouillement, déninKemcnl, dans les mines, de l'allure d'une couclif; ou d'un filon.
— ÉTVM. Urnuiller.
nnOCILI-AMINI (brou-lla-mi-ni. Il mouillées, et non brou-ya-mi-ni), s. m. || 1° Terme do mariiclial. Sorte d'emplâtre pour les chevaux préparé avec le l)oI d'Arménie. ||2"Kig. Urouillemont, confusion. Il y a du brouillamini dans cette affaire. Il y a là dodans trop de tintamarre, trop de brouillamini, moi.. le Bourg, ii, ta.
— ÊTVM. Corruption de hol d'^rm(?ni>(voy. bol). Brouillamini, une fois corrompu de bol d'Arménie, s'est une seconde fois corrompu en s'assimilant avec bronilkr; doulile genre de fautes qui altère trÈs-diversement une langue.
1. DKOUILLARD (brou-llar, 21 mouillées, et non brou-yar; lodne se lie pas : un brou-llar épais; au pluriel l's ne se lie pas : des brou-llar é))ais; cependant plusieurs la lient : des brou-Uar-z épais), *. m. Il 1° Vapeur qui obscurcit l'air, ou, plus précisément, amas d'eau k l'état de vapeur vésiculaire, qui Hotte dans l'atmosphère très-prùs de terre et trouble la transparence de l'air. Quand il lait brouillard, je ne sors point, SÉV. 589. Lui-même abandonnant le séjour des brouillards. Vient-il dans le désert s'olTrir à vos regards? Ducis, Oscar, i, 2. Il N'y voir qu'à travers un brouillard, avoir la vue e.ïtrCmement affaiblie. || Familièrement. Je n'y vois que du brouillard, je n'y comprends rien. || Kig. Une créance hypothéquée sur les brouillards de la Seine, créance ,dont rien ne garantit le payement. || Être dans le's brouillards, être un peu pris de vin. Il 2" Fig. Obscurité. Vraiment vous me le dépeignez si fort au naturel que je crois encore l'entendre; c'est-à-dire si l'on peut; car, pour moi, je trouve qu'il y a un grand brouillard sur toutes ses expressions, SÉV. 243. Sans nous plonger dans les brouillards de la métaphysique, volt. Jenni, 9 Un
docteur orgueilleux Qui, le cerveau troublé des vapeurs d'un système, Prend ces brouillards épais pour le jour du ciel même, id. s» Discours. || Un esprit plein de brouillards, un homme dont les idées sont confuses.
— HIST. xiv s. Pour les fumosités et brouillas, l'en ne peut voir les rochers, oresme, Elh. B3. Il XV" s. Ainsi, en y ver le pluvieux. Qui vens et broiUars fait lever, L'air d'amour epidimieux Souvent parmy se vient bouter, en. u'orl. Bal. 440. Fouir [fuir] ce brouillas de temps, alain chart. Espérance ou consolât, des trois vertus. || xvi' s. Mais une nuict, qui dessus luy s'arreste. D'un noir brouillas luy ombrage la teste, dueel. iv, 6.3, verso. Et dont le chef sans cesse couronné D'obscurs brouillards.... m. IV, (3, recto. Et voyia comme paix Misrent en l'air soubz les broillas espais De trahison, J. MAROT, v, 213. Comme le regard du soleil perce et dissipe un brouillas opaque, mont, m, C4. 11 dict qu'il lui avoit semblé estre en une confusion de toute chose, et n'avoir rien veu qu'une espesse nue et brouillart obscur, id. iv, 322. Le lendemain au matin il feit d'adventure un brouillas fort es[)ès, AMYOT, l'ubl. 39. ,Ià commonçoit le brouillas à tumber, et l'air à s'esclaircir, id. Flamin. 12.
— ÊTYM. Do même racine que brouée (voy. ce mot). Cependant il faut remarquer que, dansftroin/lard, l'assimilation avec brouillerez agi pour le rapjirocher de ce verbe; mais la forme broiias, qui est à l'historique de brouée, témoigne de l'identité do brouée et brouillard. Brouillas, brouas étaient plus usités que brouillard, qui pourtant est seul resté. Quelque orage.... A, comme d'un brouillas, ta personne couverte, Régnier, Ép. I.
2. BROUILLARD (brou-Uar, Il mouillées et non brou-yar). || 1° S. m. Registre, livredecommerce sur lequel on inscrit les opérations à mesure qu'elles se font. On dit dans le môme sens brouillon, main courante. || 2' Adj. Papier brouillard, papier non collé dont on se sert pour filtrer les liquides ou pour sécher l'écriture fraîche.
— HIST. xvi« s. Et n'oubliez pas le broillart De vos receptes à monceaulx, marot, v, 36».
— ÊTYM. Brouiller. Le premier est appelé brouillard, parce que c'est une première écriture faite sans »om et sur le moment même; le second, papier oroutllard, parce que l'écriture s'y brouille. T„L *?"""^^S^ (brou-Ua-s-, // mouillées), t. f. Terme de marine. Brouillard pou épais.
■(■nnn^M. ?''""'"<'* <^°y- BXOUILLARD I).
bri "vn séw ^'""' (brou-Ua-sé, Hmouillées,etnon ÏÏrè^oH;^,"-. ""'^'- " brouillasse, un brouillard rèpiedansl atmosphère. 11 brouillassàitcemaUn.
BUO
—KEM. Ce verbe, très-usité dansie parler ordinaire, n'est pas reçu dans le langage écrit, bien que formé très-correctement de brouilla^ (voy. BROUiLLARn, <).
t. BROUILLE (brou-ir, H mouillées, et non brouye), s. f. Querelle suivie de mésintelligence.!! y a de la brouille dans le ménage. Être en brouille avec quelq'j'un. Mot familier.
— f.TVM. Brouiller.
t 2. BROUILLE (brou-ir, Il mouillées), s. f. Brouille blanche, nom vulgaire d'une renoncule aquatique.
BROUILLÉ, ÉIS (brou-llé, liée; U mouillées, et non brou-yé), part, passé. \\ i° t/ièlé. battu ensemble. Des œufs brouillés. || Terme de géognosie qui se dit d'une roche veinée dans toutes sortes de directions. Il Fig. Mes idées sont toutes brouillées là-dessus Il a si bien veillé Et si bien fait qu'on dit
que son timbre est brouillé [qu'il est fou], rac. Plaid. I, 4. Il 2" Obscurci, troublé. Kt comme j'ai l'esprit de cliimùres brouillé, réonier, Sal. v. Il 3° Désuni, qui n'est plus ami. Amis brouillés. Être brouillé avec quelqu'un. D'où sais-tu qu'ils sont brouillés? Je crois que j'en suis brouillée avec le coadjuteur, sÉv. 222. On recommence à dire que je suis fort brouillé avec Rome, Boss. Lett. abb. 25). Il Brouillé avec la justice, se dit, par une sorte de plaisanterie, de celui qui a quelque affaire criminelle devant la justice. || Par extension. Brouillé avec le bon sens, se dit de celui qui n'a pas de bon sens. En faisant le métier de délateur et d'homme un peu brouillé avec la vérité, volt. Lclt. Hume, 24 octob. 1766. Il lirouillé avec l'argent comptant, se dit de celui qui n'a pas le sou.
BROUILLEMENT (brou-llc-man , Il mouillées, et non brou-ye-man),î.m.Actionde brouiller; résultat de cette action.
— HIST. xvi* s. Oui se faisoit pour la pourriture acquise par le brouillement du sang, paré, xxiv, 4.
— ÉTYM. Brouiller.
BROUILLER (brou-llé, Il mouillées, et non brouyé), v. a. Il l'Mettre pêle-mêle, mêler. On a brouillé mes papiers. Un des noms reste encore, et le prélat par grâce Une dernière fois les brouille et les ressasse, Doi:,. Lutr. i. || Absolument. Elles filaient si bien, que les sœurs filandières Ne faisaient que brouiller auprès de celles-ci, la pont. Fahl. v, s. Il Fig. Brouiller les cartes, semer la discorde, mettre le désordre. || Dans le même sens : Tu courus chez Satan brouiller de nouveaux fils , boil. Sat. xii. Il Brouillerdes œufs, les battre et les mêler. || Brouiller du vin, remuer du vin dans un tonneau, dans une bouteille, de manière que le dépôt se môle avec le vin, ce qui le trouble. || Brouiller le teint, en troubler l'uni et la fraîcheur. Ma mère en est la cause; et ce qu'elle me dit Me brouille tout le teint, me sèche et m'enlaidit, regnard. Distrait, m, \. Il Brouiller une serrure, la déranger. || 2° Fig. Brouiller les affaires. Brouiller la vue. Brouiller l'esprit, les idées. L'amour lui a brouillé la cervelle. Brouiller la populace, corn. Perlhar. m, 4. Elle brouille tout notre sort, id. Héracl. v, t . Là ma douleur trop forte a brouillé ces images, in. Poly. I, 3. Je n'ai qu'à dire un mot pour brouiller bien des choses, m. Olhon, IV, i. Les soucis, les ennuis nous brouillèrent la tête, Régnier, Sat. vi. L'empereur Constance brouillait tout dans l'Église, boss. Hist. ii, ti. Les hommes brouillaient les idées qu'ils avaient reçues, id. Hist. ii, a.Hérode brouille toutes choses, in. Uist. II, 5. Les musiciens ont étrangement brouillé ces distinctions, j. j. ROf'SS. Ém. u. Ronsard qui le suivit, par une autre méthode. Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, boil. Artp. i. Non, non; faisons toujours ce que le ciel prescrit. Et d'aucun autre soin ne nous brouillons l'esprit, MOL. Tart. IV, i. J'avais les plus belles pensées du monde, et vos discours m'ont brouillé tout cela, ID. Festin, i, 2. || 3' Brouillerquelqu'un, lui ôter la netteté de ses idées, l'embarrasser. Ce mot de grAce me brouille, je n'y suis point accoutumé, pasc. Provinc. 4. Les détails frivoles de son domestique le brouillent comme les affaires les plus importantes, VAUVEN. La libéralité. Sè\ére incessamment brouille ma fantaisie, corn. Poly. m, 1. 114" Confondre les choses en parlant. Que nous brouilles-tu ici de ma fille? MOL. l'Avare, iv, 3. || 5" Brouiller du papier, barbouiller du papier, écrire des choses inutiles. Il 6" Désunir des amis. Ils s'efforçaient de me brouiller avec vous. J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, boil. Lutrin, i. Plus on veut les brouiller, plus on va les unir, racine, Andr. i, l. La déesse Discorde ayant brouillé les dieux. Et fait un grand procès là-haut pour une pomme , la font. Fabl. VI, 20. Ah! ne me brouillez point avec la république, coRii. Kicom. II, 2. ||7' F. ». Semer l'in-
BIUJ
Iriguo et le (rouble. Appréhendant que les Français tranquilles chez eux ne portas-«nt du secours aux I rebelles des Pays-Bas, il saisit avidement cette occasion de brouiller, anquet. Ligue, ii, 264. || 8* Se brouiller, v. réll. Se troubler, devenir confi;3. Ma mémoire se brouille. Les affaires de Babylone se brouillent; et le temps marqué par les prophéties pour le rétablissement de Juda arrive parmi tous ces troubles, BORS. Hist. ii, 4. Tout se brouille en Occident, ID. Jlist. I, 4). Les affaires de l'empire so brouillaient d'une terrible manière, ID. Hist. I, 40. Les affaires parurent ensuite .se brouillerun peu, id. Belat. Cela s'était brouillé dans ma tôte, sÉv. 4C2. Losidéessobrouillent dans l'esprit du monde le plus net, BOSS. Nouv. viyst. 40. || Le temps se brouille, le ciel se couvre de nuages ; et figurément : Le jeudi , le temps se brouilla [les alTaires allèrent mal), sRv. 4 2. Il Se brouiller en parlant, s'embarrasser, se troubler. Il 9° Cesser d'être ami. Il se brouills avec tous sp's parents. Licinius se brouille avec lui, boss. Hist. I, 40. Pompée et César s'unissent par intérêt et puis se brouillent par jalousie, id. //«Mu, 7. || Se brouiller avec, renoncer à.... Et ne nous brouillons point avec nos bons destins, corn. Sertor. iv, ï. Les jansénistes ne se brouillent ni avec la foi ni avec la raison, pasc. Pror. 2. || Familièrement. Se brouiller avec la justice, faire quelque action qui expose à être poursuivi en justice. Je n'ai pas l'esprit comme toi de me brouiller avec la justice, molière, Fourb. I, 2. Il 10" Terme de manège. On dit qu'un cheval se brouille quand, trop ardent, il confond ses mouvements, ou quand il ne peut bien se manier par la faute de celui qui le monte.
— SYN. BH0UILLER, EMBRODiLLER. BrouiUer est le simple, sans aucune idée accessoire; aussi peut-il également s'employer en bien comme en mal : on brouille des drogues, on brouille des œufs, c'est-àdire on les mélange comme ces substances doivent être mélangées. Au contraire, embrouiller a toujours un sens défavorable : c'est porter un brouillement qui trouble et qui met le désordre. Puis, môme dans les cas où ces deux verbes ont le même sens, c'est-àdire expriment désordre et confusion, ils n'ont pas le même emploi : brouiller est encore ici plus général : on brouille toute espèce de chose, du vinj des papiers, du fil; maison n'embrouille que ce qui, étant brouillé, se trouve dérangé et mal en ordre. Par une conséquence analogue d'idées, embrouiller implique maladresse, malhabileté, ce que brouiller n'implique pas du tout : brouiller les affaires peut être un acte d'habileté, malfaisante sans doute, mais réelle; tandis que embrouiller les affaires, c'est y porter le désordre par défaut d'intelligence et de lumières.
— HIST. XIII* s. Nus poissonniers de Paris ne puet ne ne doit brooueiller poisson, corne morue salée, niaqueriau salé et harenc blanc, Liv. des met. 272. Il XV" s. Meschant est qui te brouille [qui mêle le vin avec de l'eau]; Je parle aux tavemiers, basselin, XVIII. Vecy un passage que je ne sçay comment tu feras passer ton acteur [auteur] parmi, sans estre brouillé beaucop; car il est moult estroit, g. ciiast. Exposition sur vérité. Hélas! avocats emparlés. Mainte fois nous avez brouillés. Et maintenus en plaidoyers , monstrel. Complainte du commun de France. Il n'eut guère allé, avant que le ventre lui brouillast tellement qu'il fut contraint de.... louis .m, Nouv. lxxix. Ilxvfs. Combien qu'aujourd'hui beaucoup de sottes bestes se meslent de brouiller le papier, CALV. SIS. Soillez, broillezdeleur sang.pluye et fanges, j. marot, v, 438. T'eut estre aussi qiie les ans. Après un long et long aage. Par estrangers courtisans Brouilleront nostre langage, dubell. iii, 34, recto. Que l'éternelle tempeste Qui brouille dedans ma teste Mille tourbillons enclos, id. m, 7.'), recto. Là fut le vase, où les sorts se brouilloient,iD.
IV, 40, verso car la guerre en avoit la serrure
brouillée, id. vi, 33, recto. Il bat et brouille l'eau pour d'aultrcs pescheurs, mont, i, 424. Les avirons desrobbant le vaisseau soubs nous, je me sens brouiller la teste et l'estomach, id. iv, 4. Si ta force et vertu [du vin] surprend Et brouille nostre fanlasie, JEAN LEHOUX, xil. NoHS l'augmentons, et la brouillons encore d'avantage [la colère] , amvot, Comment refrén. la col. 42. Un vin brouillé et demy d'eau,
STRAPAROLE, Nuits, t. ll, p. 4 60, dansLACURNESTB- PALAYE.
— ETYM. Provenç. bruelhar, brolhar, bruiUar, bourgeonner, surgir; catal. brollar, même sens; ital. brogliare, brouiller, remuer; d'après Diez, du même radical que breuil (voy. ce mot); la série des sens étant bourgeonner, surgir, piusser, remuer, troubler. On ne peut le rattacher à brouillard, gui,
BRO
(111 raison de la forme brouas , ne concorde pas (lar les lettres, et qui n'a pas le sens de brouiller. Schelijr, écartant le prov. brolhar, voit dans brouiller l'ail, brudeln, bouillonner.
BROCILLERIE (brou-lle-rio, H mouillées, et non hrou-ye-rie), s. f. || 1° Désunion entre des personnes liées, unies. Je prévois une lirouillerie entre nous, SÉV. 160. 11 connaît le fond et les causes delà brouillerie des deux frères, la bruy. 2. Je suis assuré que lui-même, dans toutes les brouilleries qui se sont passées, vous avait toujours conservé son inclination, BALZ. liv. IV, lett. 6. Il 2° Troubles civils. Ce prince, attiré par les brouilleries du royaume d'Israël, venait l'envahir, boss. Hi.it. univ. i, 6. Durant les brouilleries de la Grèce, Épaminondas, thébain, se signala par son équité et par sa modération autant que par ses victoires, m. ift. I, 8. Manassès excita des brouilleries parmi les Juifs, ID. ib. I, 8. Sur quelque brouillerie en la ville excitée, corn. Pompée, iv, 2. Lorsqu'on voit paraître quelque signe de changement de temps et le moindre présage de brouillerie.... balz. Le prince, n. || 3° Difficulté, contradiction. En faisant comparaison des lettres, je trouvais de la brouillerie avec les autres, noss. Letl. abb. ^37.
— HlST. XV" s. Par cela vous pouvez veoir et congnoistre quelz sont les brouillys es royaulmes aux mutations, comm. i, 5. Se dressa de grans brouiliiz entre les serviteurs du roy de Castille, ID. ii, 8. Il XVI' s. De leurs seigneurs la rapine notoire, Los cruaultez, traysons et brouiliiz, j. mahot, v, as. Il reprendra à tous coups de choses petites et légères, comme qu'il sera un peu subject à jouer, ou à faire bonne chère, ou quelques telles brouilleries, amvot, Comment dise, le (latt. CO. Marius s'alla attacher [attaquer] sur son vieil aage à de jeunes hommes en brouillis de gouvernement, amïot, Lucull. 77. Vous desiriez acheter quelques brouilleries [bagatelles], SULLY, Mém. t. III, p. <2, dans lacubne ste-
PALAYE
— f.TYM. Brouiller. Brouillis se disait aux xv" et xvi° siècles, au lieu de brouillerie, pour troubles civils.
i. BROUILLON, ONNE (brou-llon , Uo-n' , ZZ mouillées, et non brou-yon) , ad;. || 1° Qui met le trouble dans les affaires. La principale prudence ne consiste point à faire des discours faux et des personnages brouillons, fén. xvii, 80. Je ne saurais aucunement approuver ces humeurs brouik'onnes et inquiètes qui, n'étant appelées ni par leur naissance ni par leur fortune au maniement des affai res politiques , ne laissent pas d'y faire toujours en idée quelque réformation, DESc.Jfrt/i. 2, 3 que ce démon brouillon dont il est possédé, MOL. l'Étourdi,v, 2. || 2° Substantivement, celui qui embrouille les affaires. Et les autres décemvirs le menacèrent de le faire précipiter du haut do la roche Tarpéienne comme un séditieux et un brouillon, vertot, Révol. rom. liv. v, p. 27. Est-il possible qu'aucun de mes serviteurs ne me vengera de ce brouillon de prêtre? volt. Mœurs, bo. Il Celui qui n'a pas de netteté dans les idées. Tu ne médiras plus, toi qui toujours me cries, Quejegâte en brouillon toutes tes fourberies, mol. VÉtour. ii, <4. Eh non, brouillonne, non, tu ne sais pas encore ce que tu dis, Marivaux, Le préjugé vaincu, 8.
— HIST. xvr s [L'esprit humain] un petit
brouillon et troublefeste.... charron. Sagesse, i, <5. Nous avons un esprit brouillon , qui s'ingère de maistsiser et gouverner partout, id. ib. ii, 3. Un brouillon ne recerche qu'à brouiller un autre, brant. Ferdinand T.
— ÉTYM. Brouiller.
2. BROUILLON (brou-llon, H mouillées, et non brou-yon) , s. m. || 1° Premier travail avec corrections. J'avais fait quelques brouillons à ce sujet-là, mais j'y ai renoncé, bern. de st-p. De l'Arcadie. Il 2° Le papier même sur lequel on a écrit. || 3" Brouillard, livre de commerce.
— SYN. brouillon, brouillard. Brouillard est un registre des commerçants, dit aussi brouillon. Brouillon se prend pour brouillard en ce sens; mais brouillard ne se prend pas pour brouillon.
— HIST. XVI* s. Ayant curieusement recueilli tout ce que j'ay trouvé d'entier parmy ses brouillars et papiers espars çà et là, mont, iv, 342.
— ÉTYM. Brouiller.
f BROUILLONNER (brou-Uo-né, Il mouillées, et non bi-ou-yo-né), ti. o. Écrire en brouillon. Néologisme.
— ÊTYM. Bouillon 2.
BROUIR (brou-ir), v. a. Dessécher et brûler les jeunes pousses atteintes par une gelée blanche. Le soleil a broui les feuilles des arbres.
BRO
— HIST. xu' S. Le feu i boutent, e trestout i'ont brui, Garin, i, p. 210. ||xiii* s. L'arc froissera nostressiros, et briseralesarmes, et les escus broïra par feu, Psautier, f° 67. Dieux broï par gelée tous les arbres, ib. f° fls. || xiv* s. Là chey le dit feu de lez un cep ; lequel cep fu un peu broui ou ars , du cange, bruscare. Mais le fer ardant delà flèche, Quilecuer tondis art et sèche. Sache certainement qu'il art Et bruist par si soubtil art. Qu'il n'i pert [paraît] tache nearsure, machault, p.84. ||xv's. Ni l'herbe ne pouvoit issir hors de terre.... et ce qui en iisoit ne fructifioit rien ; car la grand chaleur du temps l'avoit tantost bruit, froiss. ii, iri, 82. Et si vray est que dernièrement L'ont les Anglois tout ars et tout brui Emprès Vertus [village des Vertus] ; aiez pitié de lui, E. DESCHAMPS, SuppUcalionau Boi. Jamais ne puisse nullement Bon sep de vigne estre brouy, fr. Michel, Argot, p. 37. Il XVI' s. Puis fist brusler, brouyr et mettre en cendre Mon coustumier de la chose publique, J. marot, v, 38. Et qu'ainsi soit, il est tout manifeste Que près de luy En la bataille eut maint homme brouy, Espars en l'aer.... in. v, |40.
— ÉTYM. Piémont, broui, brovl ; vénét. broare ; du moyen allemand brûcjen; flamand, broeijcn, échauffer, enflammer; allem. moderne, brùhen.
BROUISSURE (brou-i-su-r') , s. f. Dommage que la gelée cause aux végétaux. Cette broui.ssure tombera aux premières pluies douces, la quintinve. Jardins, t. i, dans bicbelet.
— ÊTYM. Brouir.
BROUSSAILLES (brou-sâ-U', Il mouillées, et non brou-sà-ye) , s. f. plur. Ensemble de ronces et d'arbustes qui croissent dans les forêts. Passer à
travers les broussailles. || Au sing son cheval
ombrageux Au loin s'écarte et fuit dans la broussaille , volt. Ce qui plaît aux dames. Là [dans la tombe] tu n'entends plus rien que l'herbe et la brous- .saiUe, Le pas du fossoyeur dont la terre tressaille, V. HUGO, Voix, 20. Il Fig. Les sots sont la broussaillo du genre humain, marmontel dans oirault-duviviER. Il Fig. S'échapper par les broussailles, sortir comme on peut d'un embarras.
— HIST. XV" s. Il entreoublia son chemin et entra en une bruyère de broussis et de petits bois et perdit de tout point son chemin, froiss. u, ih, 124. Il XVI* s. Hz veirent les herbes et broissaiUes froissées, et la terre éboulée, amyot, Cam. 48. Une butte couverte d'arbres et de brossailles, m. Marcell. 49.
— ÉTYM. Voy. BROSSER 2.
t BROUSSE (brou-s'), s. f. Sorte de fromage.
— ÉTYM. On dit dans quelques déparlements : le lait se brousse, au lieu de : se caille.
tBROUSSER (brou-sé), v.n. Terme de chasse. Marcher à travers bois sans suivre les chemins. || Fig. Monsieur ne s'ébranla point, et il fallut se réduire au parti de brousser à l'aveugle de jour en jour,