‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 335 sur 504 · II.SSY · texte numérisé non relu

II.SSY

— ÉTYM. Cotedontus iapts, pierre calcédonienne, de XaXx-nîùv ou KotXxriSwv, ville de Bithynie, près de laquelle se trouvait cette pierre.

CALCÉDONIECX, EUSE (kal-sé-do-ni-eû, eû-z'), adj. Marqué de blanc , en parlant des pierres précieuses.

— ÉTYM. Calcédoine.

t CALCÉIFORME (kal-sé-i-for-m') , adj". Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une pantoufle.

— ÉTYM. Calceus, soulier (voy. chausser), et fbrme.

+ CALCÉOLAIRE (kal-sé-o-lê-r') s. f. Plante cultivée depuis quelque temps pour sa fleur {calceolaria).

— ÉTYM. Fleur ainsi dite à cause de sa forme, de calceolus, pantoufle, chausson.

tCALCÉOLE (kal-sé-o-1'), s. f. Terme de zoologie. Sorte de coquillage (calceola).

— ÉTYM. Ainsi dit, à cause de sa forme, de calceolus, chausson, pantoufle.

t CALCÉOLÊ (kal-sé-o-lé), s. m. Terme de zoologie. Nom de la famille des calcéoles.

t CALCÉOLIFORME (kal-sé-o-li-for-m") , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de pantoufle.

— ÉTYM. Calceolus, pantoufle, et forme.

t CALCET (kal-sè), s. m. Terme de marine. Pièce de bois placée au haut d'un mât de galère, et dans la tête de laquelle sont placées les poulies.

— ÉTYM. Vieux franc, causse, cosset, cousset; espagn. calcei , garcex ; ixa.\.calcese;decarchesium, hune (voy. carquois).

f CALCICC... Préfixe dont se servent les minéralogistes pour indiquer qu'un composé contient de la chaux : calcico-barytique.

t CALCIDE (kal-si-d'), s. m. Terme de chimie. Nom des métaux analogues au calcium.

— ÉTYM. Calcium.

tCALCIFÈRE (kal-si-fê-r*), od;. Terme de minéralogie. Qui contient de la chaux.

— ÉTYM. Calx, chaux (voy. chaux), et ferre, porter.

i CALCIFICATION (kal-si-fi-ka-sion), s. f. Terme de pathologie. Passage d'un tissu mou à la consistance et quelquefois à la couleur de la chaux, par dépôt moléculaire des sels de chaux et autres.

— ÉTYM. Calcifié.

t CALCIFIÉ, ÊE (kal-si-fi-é, ée), adj. Terme de minéralogie. Qui est converti en carbonate de chaux.

— ÉTYM. Calx, chaux, et ficare, fréquentatif, usité en composition, de facere, faire.

DiCr. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

CAL

t CALCILITHE (kal-si-li-f), s. f. Terme de minéralogie. Pierre de chaux compacte.

— ÉTYM. Calx, chaux, etX!9o«, pierre.

t CALCIN (kal-sin), s. m. Verre qui provient des rognures de glace. || Verre réduit en parcelles par la calcination suivie de l'immersion dans l'eau froide. Il On dit aussi cas.son.

— ÉTYM. Voy. calciner.

t CALCINABLE (kal-si-na-bl') , adj. Qui peut être calciné. Une pointe de roche escarpée lui [à Annibal] fermait le passage, il la rendit calcinable, VOLT. Sing. 9. Pierres calcinables ou marbres, bui'f. Théorie de la terre, art. ix.

— ÉTYM. Calciner.

CALCINATION (kal-si-na-sion) , s. f. \\ 1° Autrefois réduction des pierres calcaires en chaux par l'actiDn d'un feu violent. || 2° Aujourd'hui, opération daos laquelle on soumet à une chaleur très-élevée une substance infusible, mais sensiblement altérable. <oo livres de plomb produisent, après la calcination, jusqu'à -HO livres de minium, volt. Feu, l, 2.

— ÉTYM. Calciner.

t CALCINE (kal-si-n'), s. f. Oxyde métallique en poudre servant à faire les émaux.

CALCINÉ, ÉE (kal-si-né,née), part. pai$é. \\ 1° Réduit en chaux ou oxyde métallique. || 2* Trèséchaufl"é. Tous ces rocs calcinés sous un soleil rongeur. Brûlent et font hâter les pas du voyageur, a. chénier, 34. Il 3° Brûlé. Un rôti calciné. || Fig. Mon sang est calciné, la fièvre me consume, J. J. rouss. Lettr. Peyrou, 6 avril <765. || Il a le corps calciné, se dit d'un homme qui fait abus des liqueurs alcooliques.

CALCINER (kal-si-né), v. a. || 1° Terme de chimie. Réduire par l'action du feu en ce qu'on nommait chaux autrefois, ce nom de chaux étant alors donné à tous les oxydes métalliques, et surtout à ceux qui avaient des propriétés alcalines. || 2° Soumettre à une forte chaleur. Calciner le salpêtre, le vitriol, les métaux, etc. || 3° Se calciner, ». réjl. Cette pierre s'est calcinée dans le feu.

— HIST. xvi* s. Calciner, se dit de toutes choses qui se rendent en chaux ou en poussière par l'action du feu, PALISSY, 378.

— ÉTYM. Calx, chaux (voy. ce mot).

t CALCIQCE (kal-si-k') , adj. Terme de chimie. Qui a rapport à la chaux.

— ÉTYM. Calx, chaux.

+ CALCITRAPE (kal-si-tra-p") , s. f. Terme de botanique. Voy. CHAussETRAPE, plante.

t CALCITRAPÉE (kal-si-tra-pée), s. f. Terme de botanique. Nom de la famille de plantes dont la chaussetrape est le type.

t CALCIUM (kal-si-om') , s. m. Terme de chimie. Métal qui, par sa combinaison avec l'oxygène, constitue la chaux.

— ÉTYM. Calx, chaux.

CALCUL (kal-kul), ï. m. \\ l' Terme de médecine. Concrétion pierreuse qui se forme dans certains organes. Calculs biliaires, urinaires, etc. || La maladie même. Avoir le calcul. Peu usité en cet emploi. Il 2' Opération par laquelle on trouve le résultat de la combinaison de nombres ou de quantités. Calcul exact. Calcul faux. Sauf erreur de calcul. || De calcul fait, tout bien compté. Scapin, elle obéit à sa mère, je suis perdu; il y a de l'erreur de calcul, BEGNARD, la S(?rf!nade, 7. || Absolument, le calcul, l'arithmétique. Dans cette école on apprend le français, l'histoire et le calcul. || En algèbre, le calcul, l'opération arithmétique. L'équation est posée ; c'est au calcul à la résoudre, c'est-à-dire il n'y a plus à faire que les opérations arithmétiques qui donnent les valeurs de tous les termes inconnus. || Calcul différentiel, partie de l'analyse transcendante dans laquelle on considère des quantités infiniment petites s'évanouissant dans le résultat et permettant de mettre en équation une foule de conditions géométriques, mécaniques et physiques. || Calcul intégral, partie de l'analyse qui est au calcul différentiel ce qu'est l'extraction des racines à la formation des puissances. Dans le siècle dernier l'invention des nouveaux calculs avait produit une révolution dans les sciences mathématiques, condorcet, Bourdelin.\\ Calcul aux différences partielles ou finies, calcul qui a pour but de trouver les difi'érences des quantités données et de remonter de ces différences aux fonctions dont elles dérivent. Il dit que D'Alembert a le premier résolu, d'une manière générale, le problème des cordes vibrantes et qu'il a inventé le calcul des différences partielles, volt. Lettre d'Argenial, <7 août <774. Il 3'> Fig. Mesures combinées, dessein prémédité, plan. Il avait fait d'avance son calcul. La fortune fit échouer les calculs les plus sages.

CAL

Il Proverbe. L'erreur de calcul ne se couvre point, c'est-à-dire on peut toujours revenir sur une erreu< de calcul.

— HIST. XV* s. Et disoit-on que le roy devoit avoir sceu, par calculation des étoiles là haut.... que.... CHASTELAIN, Chr. des ducs de Bourg. 3* partie, ch. n. Il XVI* s. Ceste poudre a grande efficace pour dissiper la matière du calcul, pare, xv, 38. Si la preuv» du partiteur et du quotiens multipliez l'un par l'aultre et ajoustez à la reste du partir, se reste y a, est égale à celle du nombre parti, le calcule est bon, EST. DE LA ROCHE, Arismctiquc, f* < i , terto.

— ÉTYM. Calculus, caillou : parce que l'on comptait avec de petits cailloux, caicuiiis a signifié compte, calcul. Calculus est un diminutif de calx, chaux (voy. ce mot). Par cette étymologie on comprend comment calcul peut signifier à la fois supputation et petite pierre, et comment le sens primitif est caillou.

CALCULABLE (kal-ku-la-W), odj. Qui peut être calculé.

— ÉTYM. Calculer.

t CALCULANT, ANTE (kal-ku-Ian, lan-t'), adj. Qui calcule. II vous aime et vous conjure d'être toujours habile, comptante, calculante et supputante, SÉV. (B déc. t675.

CALCULATEUR (kal-ku-la-teur) , s. m. || 1* Celui qui .sait calculer. Un bon calculateur. || 2° Fig. Tristes calculateurs des misères humaines. Ne me consolez point, vous aigrissez mes peines, volt. Dés. de Lisbonne. Il 3* Adjectivement. Esprit calculateur, esprit qui est habile à combiner ses mesures, ses projets.

— ÉTYM. Calculator, de calculare, calculer.

t CALCULATOIRE ( kal-cu-la-toi-r'), adj. Qui sert à calculer. Machine calculatoire.

— ÉTYM. Calculer.

CALCULÉ,ÉE(kal-ku-lé,lée),par(. paw^. || l-Trou-

vé par le calcul. Les éclipses calculées longtemps à l'avance. ||2°Fig. Prémédité. Une méchanceté calculée. Il Prévu, combiné. Tout bien calculé. || Disposé. L'appareil était calculé pour frapper les imaginations. Son régime était soigneusement calculé sur les changements que, selon M. Malouin, l'âge produit dans l'économie animale, condorcet, Malouin. Le divers langage des hCtes du désert nous parait calculé sur la grandeur ou le charme du lieu où ils vivent, chateaubr. Gén. i, B5.

CALCULER (kal-ku-lé), v. a. \\ 1* Faire une opération de calcul. Calculer les distances des astres. Il calcula combien son argent lui rapporterait. Calculer une éclipse, en déterminer par le calcul l'époque précise et les circonstances. || Absolument. Il passait les nuits et les jours X compter, calculer, supputer sans relâche; Calculant, supputant, comptant comme à la tâche ; Car il trouvait toujours du mécompte à son fait, la font. Fabl. xii, 3. || 2* Fig. Méditer, combiner. Calculer les avantages de la guerre et de la paix. Calculer les événements. Calculez si cela vous sera de quelque utilité. On verrait des gens qui passeraient leur vie à calculer des événements, monte.so. Esp. xix , 27. Trahissez tout, !*amour, le devoir, l'amitié. Mais calculez du moins vos dangers, votre perte, guibert, Bourbon, IV, 3. Il Fig. C'est un homme habile et qui sait calculer. Calculer odieusement sur la mort d'un frère. || 3° Se calculer, v. réfl. Être calculé. Cela peut se calculer de tête. || Fig. Etre reconnu, déterminé. Les opinions des hommes se calculent souvent d'après leur position et le milieu où ils vivent. || Être combiné. Des mesures qui se calculent longtemps à l'avance.

— SYN. CALCULER, compter, SUPPUTER. Calculer, c'est faire une opération d'arithmétique ou d'algèbre. Compter, c'est nombrer : compter un, deux, trois; c'est aussi faire l'évaluation, en parlant d'affaires d'intérêt, d'administration, de finance, etc. supputer, c'est se servir de nombres ou autres documents pour arriver à un résultat : en comptant le« briques, supputer la hauteur d'un mur. Le calcul est une opération abstraite qui a pour but de faire connaître le rapport qui existe entre des quantités. Le compte est une opération concrète qui nous apprend quelle est la somme. La supputation est une combinaison par laquelle, des données que nous avons, nous tirons une certaine conclusion.

— HIST. XV* s Pour venir au grant miliaire

et sçavoir par ce nombre, en querculant, la révolution des temps, eust. desch. Art de faire chans. p. 283. Et pour conclure et mectre fin en cesle matière que j'ay calculée et esclaircie au mieux qu'il m'a esté possible, o. de la marche. Gage débat. ^ 2», dans LACURNE. Je quiers que, par mon récit, les jeu nos et ceux qui ont expérimenté telles infortunes,

CAL

pensent plus d'une foi» el calculent ce que leur peut advenir, m. ifc. ^ 2».

— ÉTYM. Calcutnre (voy. calcul).

CMÀXtEVX, EUSE (kal-ku-Ieû, leû-z'), adj.

Tarme de médecine. || 1° Relatif aux calculs, causé par les calculs. Affection calculeuse. || 1' Affecté do calculs. Ce vieillard est calculeux. |1 Substantivement C'est un pauvre calculeux.

— lllST. xvi' s. Nous avons trouvé à un calculeux jusque» à sept veines emulgentes, et autant d'arle-

reS, PABÉ, I, 26.

— ÊTYM. Calculosus, de calculus, calcul.

t CALCDLIFRAGE (kal-ku-Ii-fra-j') , adj. Terme de chirurgie. Oui brise les calculs de la vessie.

— Btym. Calcul, et frangere, briser.

t . CALE (ka-l') ,1. f. Il 1° Fond d'un navireou partie la plus basse qui entre dans l'eau, et qui s'étend de la poupe à la proue. Le mousse courait se cacher à fond de cale en poussant des cris, chateaub. Génie, I, V, ♦.||Fig. Être à fond de cale, n'avoir plus le sou. Il i'Li partie inclinée d'un port pour le chargement d'un bateau. René, escorté d'un détachement de soldats de marine, débarque à la cale du port, CHATEAUB. JVoJch. II, 202. || 8" Plan incliné vers la mer servant à construire ou à réparer les bâtiments. Cale de construction , cale couverte , cale où le navire en construction est à l'abri. || 4° Cale, châtiment de mer, qui consiste à laisser tomber plusieurs fois le coupable dans l'eau, par le moyen d'un cordage auquel il est attaché avec un bâton entre les jambes. La cale sèche est lorsqu'on ne le fait tomber que jusqu'à la surface de l'eau sans qu'il en soit mouillé. Donner la cale. || 5° Anciennement, crique , abri entre deux pointes de terre ou de rocher. Il 6* Plomb qui fait enfoncer l'hameçon pour la pêche de la morue.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. cala. On a dit que cale était pour escale, échelle, relâche; et en effet tous les sens de cale peuvent s'entendre d'une descente ; mais comme ce sens appartient aussi au verbe ealer, il est plus naturel de tirer cale do caler i. Ajoutez que l'italien catato.qui vient certainement de calare, exprime cette descente même.

2. CALE(ka-l'),ï.f. Morceau de bois, de pierre etc. qu'on place sous un objet pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette. || Terme de maçonnerie. Petit morceau de bois mince dont on se sert pour déterminer îa largeur de lit d'une pierre.

— ÊTYM. Il y a dans l'espagnol cala, sonde; Diez est disposé à y voir le sens de ce qu'on enfonce el à y rattacher le français cale, petit morceau de bois qu'on enfonce sous quelque chose et qui alors viendrait du verbe caler, dans le sens d'abaisser (voy. CALER <). Mais ce sens est détourné, et, laissant le mot espagnol pour ce qu'il est, on peut songer pour cale, moraeau de bois, au latin cala, bois, bûche; Scheler songe à l'ail, keil, coin.

f 3. CALE (ka-l'), s. f. 11,1° Anciennement, espèce de coiffure de femme, en forme de bonnet plat par en haut, couvrant les oreilles et échancré par devant avec une petite bordure de velours. Op nous a dit entre autres merveilles que beaucoup de Limousines de la première bourgeoisie portent des chaperons de drap rose sèche sur des cales de velours noir, LA FONT. Lettres, v. Un matin, ma servante à cale Fit entrer dans ma chambre sale Votre laquais vert, jaune ou gris, scahron. Rondeau redoublé, à Mme Radigue. || Par extension, jeune fille, grisette. Même sitôt qu'un valet, Une cale, un bavolet Montrait au doigt ce grand homme. Son cœur s'épanouissait, Lucain travesti, p. 73. Il entreprit de prouver que Gombaud, qui se piquait de n'aimer qu'en bon lieu, cajolait une petite cale crasseuse, tallemant des beaux. Historiettes, chap. U7,S" édit. t. m, p. 248. || 2° Anciennement, bonnet d'homme fait en rond et plat, couvrant seulement le haut de la tête. Les clercs portaient la cale. Des correcteurs de modes qui empêcheraient, par exemple, que les formes de chapeaux ne devinssent hautes comme des pots à beurre ou plates comme des cales, Roman bourgeois, édit. de Nancy, <7(3, p. 40».

— HIST. xiv* s. Le dit Gilet esta à icellui Maron sa calette ou barette, qu'il avait sur la teste, du CANOE, calestra. || xvi* s. Un gros bonnet blanc que l'on appelle une calle, brant. Dames iU. p. 388 ot 38», dans lacohne.

— ÊTYM. Origine inconnue , & moins qu'on n'y voie le verbe caler, abaisser, enfoncer : un bonnet ayant pu être nommé cale parce qu'on y enfonce la tête.

»J ■•^''^' ^ '*'*"'*• '*«). PO'''- posté de caler t. Abaissé. Une voile calée

a. CALÉ. ÉE (ka-lé, lée), part, passé de caler 2.

CAL

Il !• Assujetti avec une cale. || i' Populairement, qui a quelque aisance, qui est en bonne position.

CALEBASSE (ka-le-ba-s') ,s.f.\\i° Nom du fruit de plusieurs espèces de cucurbitacées, mais en particulier du baobab (malvacées). Les calebasses vidées et séchées servent à contenir des liquides. Les vases dans lesquels on nous servit le vin étaient tout à fait semblables aux calebasses de Saint-Jacques, RETZ, v, 4<7. Il leur présenta aussitôt un gâteau, des fruits et une grande calebasse, bern. de s. -p. Paul et Virg. Il n'y avait dans ce lieu qu'une calebasse pour puiser de l'eau, chateaub. Atala, 201. Chactas présenta à René la calebasse de l'hospitalité, id. Natch. I, 83. On boit dans de grandes calebasses le suc de l'érable, id. Amér.it. || 2° Les calebasses vidées et séchées ont servi à se soutenir sur l'eau. Nager à l'aide de calebasses. || Fig. Noailles, riche en calebasses de toutes les sortes, nageait partout, tâtant tout, reçu honnêtement partout, st-sim. 238, <68. Il 3° Terme de marine. Artifice qui fait partie des artifices d'un brûlot.

— ÉTYM. Catal. carabassa; espagn. calabaia; portug. cabaia; sicil. caravaixa. Diez propose l'arabe kerbah, pluriel kerâbal, outre pour l'eau.

CALEBASSIER (ka-le-ba-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie), s. m. Nom vulgaire du eucurbita lagenaria, arbre d'Amérique, qui produit des calebasses.

— ÊTYM. Calebasse.

\ CALEBOTTIN (ka-le-bo-tin), s. m. Panier, fond de chapeau où les cordonniers mettent leur fil. Il On trouve aussi eaillebottin.

CALËCUE (ka-lè-ch') , s. f. || 1" Voiture â ressort et à quatre roues, fort légère et ordipairement découverte sur le devant. Marquis, allons au Cours faire voir ma calèche, Elle est bien entendue , et plus d'un duc et pair En fait à mon faiseur faire une de même air, mol. Fdch. i, ). || 2° Coiffure de femme qui se repliait sur elle-même.

— ÉTYM. Ital. calesse, calesso; angl. calash; du slave : liohém. kolesa; polon. kolaska.

CALEÇON (ka-le-son; caneçon est une prononciation vicieuse), s. m. Vêtement de dessous en forme de pantalon qui va de la ceinture aux genoux ou aux mollets. || Caleçon de bain, caleçon qui ne va guère qu'à mi-cuisse et que mettent les nageurs.

— HIST. xvi* s. Attacher ou monter des calessons à quelqu'un, mont, i, <7. La richesse des calessons de la signera Livia, id. i, <64.

— ÉTYM. Ital. calsoni, haut-de-chausses ; du baslatin calcio, chausson (voy. chausse); picard, caneçon.

t CALÉFACTE0R (ka-lé-fa-kteur), s. m. Appareil propre à la cuisson des aliments.

— ÊTYM. Voy. caléfaction. Caléfacteur a été forgé par le grammairien Lemare, qui inventa et vendit cette sorte de marmites.

CALÉFACTION (ka-lé-fa-ksion) , s. f. Terme didactique. Action de faire chauffer; chaleur causée par le feu.

— ÉTYM. Provenç. coîefach'o; du latin coJe/octtonem, de ealere, être chaud (voy. chaud), elfactio, action de faire (voy. faction).

t CALE-HADBAN ou CALHAUBAN (ka-lô-ban), s. m. Terme de marine. Cordage qui sert à maintenir le mât de hune.

— ÉTYM. Caler, hauban.

t CALÉIDOPHONE (ka-lé-i-do-fo-n'), s. m. Terme de physique. Instrument qui rend sensibles les vibrations de la production des sons.

— ÉTYM. KaXè; , beau , eî5o; , espèce, et ipwvri, voix.

t CALÉIDOSCOPE (ka-lé-i-do-sko-p'), s. m. Instrument de physique qui , garni de petits fragments de diverses couleurs, montre, à chaque mouvement, des combinaisons toujours variées et toujours agréables. || Au figuré, voir les choses avec le caléidoscope de l'espérance.

— ÊTYM. KaXà;, beau, eî8oç, forme, et «jxoiteïv, voir.

CALEMBOUR (ka-lan-bour; au pluriel : des kalan-bour insipides; d'autres lient l's ; des ka-lanbour-z insipides), s. m. Jeu de mots fondé sur des mots se ressemblant par le son, différantpar le sens, comme quand M. de Bièvre disait que le temps était bon à mettre en cage, c'est-à-dire serein {serin). 11 n'est sorte de calembours et de mauvaises plaisanteries qu'on u'ait faits là-dessus, p. l. cour. Lellr.

— ÊTYM. D'après Chasies (Études sur l'Allemagne , ( 854) , l'origine de ce mot est le nom de l'abbé de Calemherg, personnage plaisant de contes allemands; comparez espiègle pour une dérivation semblable.

CAL

Au XVI* siècle, les calembours se nommaient équiro' ques (voy. des accords, Bigarr. équivoques français) CALEMBREDAINE (ka-lan-bre-dè-n' ), s. f.

Bourde, vains propos, faux-fuyants. Répondre par des calembredaines. Mot très-familier.

— ÉTYM. Génev. calembourdaine ; picard, calemberdaine, cotillon avec corset qui enlace la berdaine [ventre]. Mot d'origine inconnue, à moins qu'on n'y voie quelque dérivation de calembour, qui, dans le picard, serait devenue la dénomination plaisante d'un vêtement.

CALENCAR (ka-lan-kar) , t. m. Toile peinte des Indes.

t CALENDAIRE (ka-lan-dê-r') , ». m. Registre d'église.

— ÉTYM. Calendarium, de calenda (voy. calendes).

t CALENDE (ka-lan-d'), t. f. Machine à tirer les pierres des carrières.

CALENDER (ka-lan-dèr) , s. m. Nom d'un ordre de derviches.

— ÉTYM. Persan , kalandar. On dit que c'est un surnom pris par l'Arabe lousouf, fondateur de cet ordre de derviches.

CALENDES (ka-lan-d'), *. f. plur. \\ 1° Le premier du mois chez les Romains. Le jour des calendes. Le premier avant les calendes d'avril, le 3( mars. Les Romains comptaient les jours d'un mois à partir des calendes du mois suivant, en rétrogradant jusqu'aux ides, qui étaient, suivant les mois, le <6ou le 13. Vous faites un bel éloge du jour de l'an, mais je vous aime toute l'année, et tous les jours sont pour moi les calendes de janvier, volt. Leitr. Cideville, 4 févr. <76B. || Renvoyer aux calendes grecques, renvoyer à un temps qui ne viendra jamais, attraper. 11 s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes Et leur fait arpenter les landes, la font. Fahl., VI, 10. Il 2" Assemblée de curés de campagne, convoquée par l'évêque. La Fontaine a écrit calende: C'était jour de calende, et nombre de confrères Devaient dîner chez lui , Cas de consc.

— REM. Renvoyer aux calendes grecques, c'est renvoyer à ce qui n'existe pas, puisque les Grecs n'avaient point les calendes; mais renvoyer au calendrier grec, ce que disent fautivement quelques-uns, ne signifierait rien, les Grecs ayant un calendrier.

— HIST. XIII* s. Le premier jor de cascun mois apele tousjours kalendes , Comput, f° 2. || xv* s. Es calendes grecques, respondit Panurge, lorsque tout le monde sera content, rabelais, dans lacubne.

— ÉTYM. Génev. ehalende, le jour de Noël. On .e tire de calare, appeler, en grec xaXEïv, parce que, avant la publication des fastes, un pontife, à Rome, convoquait le peuple, le premier jour de chaque mois, pour annoncer les jours fériés. Pourtant M. Alfred Maury croit que c'est un mot étrusque, de même radical du reste que calare et xaXeïv.

CALENDRIER (ka-lan-dri-é ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel 1'* se lie : des ka-lan-dri-é-z utiles), s. m. Il 1° Indication des jours, des mois et des saisons de l'année. Moins dedévotion de calendrier, et moins de licence les soirs, aurait formé une vie plus unie et plus décente, st-sim. 633, 48. La saison ne permettait pas De faire voile vers la France.... Pendant ces trois mois de tempête. Que faire sans calendrier? Comment placer les jours de fêle? Comment les différencier? gresset , Carême impromptu. Il Vieux calendrier, ou calendrier julien, celui qui est conforme à la réforme qui fut faite par les ordres de Jules César, et que l'astronome grec Sosigène calcula d'après la longueur, connue alors, de l'année. Il Nouveau calendrier, ou calendrier grégorien, celui qui est conforme à la réforme faite par le pape Grégoire XIII et qui ajouta à l'aunée de cette réforme onze jours, erreur entre le temps vrai et le temps du calendrier Julien produite par des quantités que n'avait pas connues l'astronome Sosigène. Il Calendrier républicain, calendrier institué par la République française , lequel commençait à l'équinoxe d'automne et avait les mois de 30 jours chacun , avec 5 ou 6 jours complémentaires. || Calendrier perpétuel, série de calendriers comprenant tous les jours où tombe la fête de Pâques. || Au figuré. Il ne figure pas sur votre calendrier, ce n'est pas un des saints de votre calendrier, c'est-à-dire vous ne l'aimez pas. Il 2° Calendrier de Flore, tableau des époques de l'épanouissement des fleurs. || Quelquefois parterre où sont disposées en ordre des plantes qui, fleurissant aux différents mois de l'année , indiquent à quelle époque on est.

— SYN. calendrier, almanach. L'indication des mois, des jours, des fêtes, voilà l'objet du caleu-

CAL

CAL

ilrier. L'âimanach y ajoute des observations astronomtques, des pronostics sur les diverses conditions de l'air, des prédictions, etc.

— HiST. xiii* s. Julles César trova le jor de byssexte, et li dona liu certain el calendier, Comput, f *.

— ÉTYM. Provenç. calendier; anc. catal. calender; espagn. et ital. coicndan'o; de calendarium , de calendcB (voy. calendes). L'intercalation de l'r dans calendrier est une altération postérieure.

t CALENDULACÉES (ka-lan-du-la-sée) , s. f. plur. Terme de botanique. Nom d'une famille de plantes dont le type est le souci (calendula).

t CALENDULE (ka-lan-du-l'), ». f. Terme de botanique. Nom scientifique du souci.

t CALENDCLINE (ka-lan-du-li-n'), s. f. Terme de chimie. Substance extraite de la calendula officinalis.

CALENTtTRE (ka-lan-tu-r') , s. f. Terme de médecine. Espèce de délire furieux auquel les navigar teurs sont sujets sous la zone torride.

— ÉTYM. Espagn. calentura, fièvre, de calere, être chaud (voy. chaud).

CALEPIN (ka-le-pin), s. m. Recueil de notes qu'une personne prend pour son usage. Jaquin.... Oui de ses revenus écrits par alphabet Peut fournir aisément un calepin complet, boileau, Sat, i Seigneur, excusez le bonhomme, lia laissé son calepin à Rome, chauueu , à Maléxieux. Pour que son nom lui survive Ah 1 Prends, Clio, prends ton calepin , BÉRANG. Turlupin. \\ Fig. et ironiquement. Cela n'était pas dans son calepin , il ne s'attendait pas à cela. Il Mettez cela sur votre calepin, souvenezvous-en, que cela vous serve de leçon.

- HIST. XVI' s. Une pierre est un corps, mais qui presseroit : et corps qu'est-ce? substance; et substance, quoi? ainsi de suite acculeroit enfin le respondant au bout de son calepin, mont, dans la-

CURNE

— ÉTYM. Ital. calepino, nom propre, celui de l'auteur d'un vocabulaire polyglotte, Àmbroise Calepin ou Calepino, savant italien de l'ordre des Augustins, né en <435, mort en 4m. Ce nom, après avoir passé au dictionnaire, en est venu à signifier un agenda.

*. CALER (ka-lé), V. a. || 1» Terme de marine. Baisser, en parlant des basses vergues, des mâts de hune ou de perroquet. || Fig. et familièrement. Cajer la voile, rabattre de ses prétentions, céder. Je vous conseille de caler la voile. |{ Absolument et populairement, dans le même sens. Il fut obligé de caler. Il calera. || 2° Y. n. En parlant de l'enfoncemont d'un bâtiment dans l'eau. Le navire cale trop , ne cale pas assez. || 3° Terme de pèche. Enfoncer dans l'eau.

— msT. xni* s. Plus dolente erl [elle était] de cuer que cil qu'on en mer cale, Berfe. || xv s. Par Mehain [je] voy justice morte. Quant honneur veult voile caller, CH. d'orl. Rond. || xvi* s. Ici donques calleray mes voiles, remettant le reste on livre en ce consommé du tout, hab. Garg. i, io. Mais encore que nous lui callions une chose tant lourde.... calvin, 227. Souvent j'ay faict caler, soubs l'interest de leur honneur, le plaisir en son plus grand effort, MONT. IV, 247. Cette superbe vertu eust elle calé au plus fort de sa montre? id. m, .377. Amour voyant du ciel un pescheur sur la mer Calla son aile bas sur le bord du navire, rons. i82. Comme un gerfaut qui de roideur se laisse Caler à bas, ouvrant la nuê espai.sse Dessus un cygne amusé sur le bord, ID. 620. Ils emmenèrent tous les bateaux pour les percer et caller à fonds à une lieue de là, d'aub. I[ist. I, 2(2. Les uns furent d'avis qu'il estoit rai- .sonnable que l'on chalast et cedast un petit à ce que le? pauvres requeroient, amyot. Cor. 7. Ils ne faudront pas d'estimer que nous leur donnons et concédons cela en chalant la voile, pourceque nous les craignons, id. ib. 22. Philopœmen ne chala point pour cela, ni ne laissa point de faire ce que portoit son devoir, jd. Phil. <).

— ÉTYM. Provenç. et espagn. calar; ital. calare ; du latin chalare, du grec ya\àt, abaisser, lâcher.

2. CALER (ka-lé), v. a. Mettre une cale, assujettir au moyen d'une cale.

— ËTYM. Cale 2.

t CALÈRE (ka-lê-r') , ». f. Terme de pêche. Grand carreau établi à l'avant d'un petit bateau, et qu'on relève au moyen d'un contre-poids.

t CALFAIT (kal-fè), s. m. Terme de marine. Espèce de ciseau pour cJilfater.

CALFAT (kal-fa; le ( ne se lie pas; au pluriel Vs se lie : des kal-fa-z habiles), ». m. Terme de marine. Ouvrier qui calfate les bâtiments. Maître oalfat.

— ÉTYM. Voy. calfater. Portug. calafate ; bas-

grec^ xoVaçâT»iç.

CALFATAGE (kal-fa-ta-j') , ». m. Travail, ouvrage du calfat.

— ÉTYM. Calfater.

CALFATÉ, EE (kal-fa-té, tée), part, passé. Navire calfaté.

CALFATER (kal-fa-té), V. a. Terme de marine. Mettre des étoupes et, par-dessus, du suif, du goudron dans les joints, trous et fentes d'un bâtiment. Les lois sont faites après coup, comme on calfate des vaisseaux qui ont une voie d'eau, volt. Lett. à Calher. 46.

— HIST. XVI» s. La navire ne reçoipt son pilot que premièrement ne soit callafatée et chargée, rab. Garg. i, 3. Des navires bien equippées, bien calfatées, bien munies, in. Pant. iv, i. Montagnes calfatées de mousses, de fleurs, d'herbes, d'arbrisseaux, R. belleau. Bergeries, t. i, p. 87, verso, dans lacl'RNE.

— ÉTYM. Provenç. calafatar, calefatar; catal. calfatejar ; anc. espagn. et portug. calafelar; ital ealafatare ; napolit. calafetejà; bas-grec, xaXaça- Teïv ; de l'arabe kalafa , introduire de l'étoupe dans les fentes d'un navire.

t CALFATIN (kal-fa-tin), s. m. Terme de marine. Jeune garçon qui sert les calfats.

CALFEUTRAGE (kal-feu-tra-j') , s. m. Action de calfeutrer, ou le résultat de cette action.

— ÉTYM. Calfeutrer.

CALFEUTRÉ, ÉE (kal-feu-tré, trée), part. passé. Chambre bien calfeutrée. || Renfermé. 11 se tient bien tranquille, bien calfeutré.

CALFEUTRER (kal-feu-tré), v. a. Ij l" Boucher les fentes d'une porte, d'une fenêtre, avec des bourrelets, avec des lisières, avec du papier collé, etc. Il 2° Se calfeutrer, v. rijl. S'enfermer bien chaudement; et figurément, cacher sa vie, ses actions. Il 3° Fig. Se garnir, s'entourer. Cette aventure se calfeutra avec le temps d'un si grand nombre de pièces, queles esprits forts du siècle suivantdevaient en être fort embarrassés, diderot, Pens. phil. 40. || Cette signification n'est plus usitée; voyez l'historique pour une signification très-voisine.

— HIST. XVI* s. Homère ne pensa oncques es allégories lesquelles de luy ont calefreté Plutarche et autres, rab. Garg. *, Prol. Auquel lieu attendans le vent propice et calefretans leur nef.... id. Panl. II, 23. Des cerveaux mal calfretez, id. Chr. philos. Ceste navire n'estoyt pas si bien calfetrée, quant elle fut premièrement faicte, palsgr. p. 473. Près de cette eau s'élevoit un rocher ridé, caverneux et calfeutré de mousse espaisse et delicatte, comme s'il eust esté tapissé de quelque fin coton, r. belleau. Bergeries, t. i, p. 29, dans lacurne. Un chacun travailloit l'im après le pressoir, L'autre à bien estouper le ventre à l'entonnoir. Et d'un fil empaissé avec un peu d'estoupe Calfeutrer les bondons.... ID. ib. p. 30.

— ÉTYM. Le même que calfater. Régnier, Ép. 2, a dit, en parlant d'un vaisseau : S'il est bien calfeutré. Encore aujourd'hui plusieurs personnes disent calfeutrer un vaisseau; ce qui est devenu une faute. Il est possible que feutre ait agi, par assimilation, pour altérer cai/ater, calfreter, en calfeutrer.

t CALIBRAGE (ka-li-bra-j'), s. m. || 1° Terme de poterie. Opération qui consiste à abaisser un calibre sur l'ébauche de la pièce faite. || 2° Terme de marine. Mesurage des calibres.

— ÉTYM. Calibre.

CALlBRE(ka-li-br'),s.m. || 1° Capacité d'un tuyau,

d'un tube que l'on mesure par son diamètre. Tuyau de dix centimètres de calibre. Le calibre de l'aorte était rétréci par une tumeur. || 2° En particulier, diamètre intérieur des armes à feu. Une pièce de gros calibre. M. d'Arci examina quelle différence la longueur des pièces de même calibre, tirées avec des charges égales, produit dans la vitesse du boulet, condorcet, d'Arci. Seize canons d'un calibre tel qu'on n'en avait point encore vu en Europe, cba- TEAUB. Génie, iv, v, 4 . 11 faudra que vous examiniez si ces canons sont des calibres ordinaires de marine qui sont de 38, 24, <8, 42, 8, 6 et 4 livres de balle, colbert, dans jal. || Absolument, la dimension adoptée pour les armes de guerre. Un fusil de calibre et tout l'équipage d'un fantassin, J. j. rouss. Pol. < 2. Il Se dit de même de la grosseur du projectile. Cette balle est de tel calibre. M. le Prince tira d'Agen deux pièces,rune de dix-huit livres et l'autre de douze, avec un petit nombre de boulets de calibre, lahoch. Mém. 2)8. Il 8° L'instrument qui sert à déterminer le calibre. Passer des balles au calibre. Il 4° Terme d'architecture. Volume. Des colonnes

de même calibre. || Profil découpé sur bois ou sur tôle suivant les contours d'une moulure. || 6* Mandrin à l'usage du potier de terre. || Espèce d'équerre du tourneur. || Moule à briques et à carreaux. || Espace compris entre les deux platines d'une montre. Il 6° Fig. et familièrement, la valeur, l'état, etc. d'une personne. Cela s'entend prix pour prix et sans faire comparaison de deux comédiens de campagne à deux Romains de ce calibre-là, scarr. Rom. eom. ch. (8.

— HIST. XVI' s. Douze canons, de calibre d'empereur, pour la batterie, carloix, vu, 7. Quant à nous, qui ne sommes pas de ce calibre [qui ne sommes pas princes], mais seulement gentilshommes.... ID. IX, 40. Aussi la plupart des robes longues de ce qualibre n'ont fréquenté le barreau demie douzaine d'années, qu'ils ne se facent riches à merveilles, froumenteau. Finances, liv. m, p. 67. On voit par le boulet le calibre de la pièce, des accords, Bigarr. des Entends-trois.

— ÉTYM. Espagn. calibre; ital. ealibro; de l'arabe kalab, moule;

CALIBRÉ, ÉE (ka-U-bré, hrée), part, posté. Des balles bien calibrées.

CALIBRER (ka-U-bré), v. a. \\ !• Donner le calibre convenable. Calibrer des balles. || 2* Mesurer le calibre. Calibrer un mortier.

— HIST. XVI' s. Dedans un fauconneau de bronze il mettoit, sus la poudre de canon curieusement composée, une balote de fer bien qualibrée, hab. Pant.

tCALICAL,ALE (ka-li-kal, ka-1'), adj. Terme de botanique. Qui est du calice. Téguments calicaux.

— ÉTYM. Calice 2.

4. CALICE (ka-li-s'), ». m. || 1* Vase qui sert à la messe pour la consécration du vin. Calice d'or. Élever le calice. Nos calices avaient cherché leurs noms parmi les plawtes, et le lis leur avait prêté sa forme, chateaub. Génie, iv, i, 2. || Le calice, objet de la guerre des Hussites dansle xV siècle qui demandaient que la communion se fît sous les deux espèces, et que le calice fût donné au communiant. Ferdinand I" demandait que le calice fût accordé aux laïques, volt. Mœurs, 4 72. || Familièrement. Être doré comme un calice, porter des habits chargés de galons d'or. Il 2' Dans un sens mystique et de dévotion. Il avala jusqu'au fond le calice de Jésus-Christ, lorsque, choisi pour sauver ce peuple, il lui en fallut supporter les révoltes, boss.' Hist. u, 3. Buvons avec lui le calice de sa passion, id. Serm. Quinq. t. Il faut que nous participions à son calice, si nous voulons partager sa gloire, mass. Carême, Mot. de conversion. Il Figurément et dans le langage général, boire le calice, souffrir quelque chose de pénible, de douloureux. Il faut avaler ce calice, sév. 4<« Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable Faut-L boire à longs traits la lie insupportable? volt. Ali. v, 3. Si le Fils de l'homme trouva le calice amer, comment un ange l'eùt-il porté à ses lèvres? chateaub. Génie, l, i, 4. Souvent, las d'être esclave et de boire la lie De ce calice amer que l'on nomme la vie, A. CHÉNIER, El. 36. Mes lèvres à peine ont goûté Le calice amer de la vie, lamart. Méd. i, 2&.

— HIST. xn' s. Je li dorrai [donnerai] le grant trésor de l'arche; N'i demorra ne galice ne chape, Li coronemens Looys, 434. Le caliz del salvedur rece-

verai. Liber psalm. p. t78 E le chalice d'or où

lisainz ont chanté. Th. Je mort. 4 82. ||iiu's. Mais s» terre en fut moult grevée et les églises del règne, car il lor convint mettre jusques as calices, et contèrent lonc tans en calisces d'estain, Chr. de Rains, p. m. Mes s'aucuns a galisces ou vestemens ou autres chozes por Dieu servir, bien les pot presler.... beaum. xxrviii, 44. Es mains tint le calisse et l'oublie a saisie, Ch. d'Ant. l , 430. Que on embleroit no» calices Devant nous à la table Dé [de Dieu] , Fabliaux, BARRAZAN, I, 76. Cist veissiaus où men sanc meis, Quant de men cors le requeillis. Calices apelez sera, le Roman de St-Graal, de labordb. Émaux, p. 4M. Il xiv s. Je donray de Bertran d'argent tout son pesant. Et ne deûst avoir en Espaigne la grant Calice sur autel jamais en mon vivant, Guesclin, titit. Il xvi' s. Et a la coustume tant gaigné, qu'on n'oseroit quasi comparoistre en bonne compagnie , qu'on ne soit doré comme un calice, lanoub, 46(.

— ÉTYM. Provenç. caliti; espagn. calit; ital. calice: de calix, du grec x<i\ii, vase àboire, de xùXti, cavité. Chateaubriand, dans l'exemple cité au commencement, suppose que calice a été dit du calice des fleurs, c'est une erreur; il a été dit de colis, vase.

2. CALICE (ka-li-s*), ». m. Terme de botanique. Enveloppe extérieure en forme de coupe, le plus

CAL

orfinairement de couleur herbacée et qui renferme la corolle et los orfcane» sexuels de la Heur. Pourquoi relevez-vous, fi fleurs, vos pleins calices, Comme un front incliné que relève l'amour? lamaht. Ilarm.

— HIST. xvr s. Feuilles, fleurs, calices, espis,

PAHÉ, t. m, p. «35.

— ÉTYM. Cahjx, calice des fleurs, du grec xaXuÇ, enveloppe, de xaXÛTtTeiv, cacher. Les dictionnaires latins distinguent calix, coupe, et calyx, calice de fleurs; de là la distinction en français.

+ CALICE, ÉE (ka-li-sé, sée), adj. Terme de botanique. Entouré d'un calice.

— ÉTYM. Calice 3.

t CALICHE (ka-li-ch') , s. m. Nom donné par les ouvriers à un agglomérat de sable et de substances salines qui recouvrent le guano.

t CALICIFLORE (ka-li-si-flo-r"), adj. Terme de botanique. Dont le calice imite une corolle.

— ÉTYM. Calice 2, et fleur.

t CALICIFORME (ka-li-si-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui est en forme de calice.

— ÉTYM. Calice î, et forme.

t CALICINAL, ALE (ka-li-si-nal, na-l'), adj. Terme de botanique. Oui appartient au calice. Folioles calicinales. Appendices calicinaux.

— ÉTYM. Calice 2.

t CALICINIEN, ENNE (ka-li-8t-niin, niè-n'), adj. Terme de botanique. Qui provient de la transformation du calice.

— ÉTYM. Calice 2.

CALICOT (ka-li-ko ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. Espèce particulière de toile de coton. Il Populairement et par dénigrement, commis chez les marchands de drap, de bonneterie, de nouveautés; dénomination venue de ce que ces commis, dans les premières années de la Restauration, laissant croître leur barbe et affectant des airs militaires, furent tournés en ridicule dans tme comédie jouée aux Variétés.

— ÉTYM. Calicut, ville sur la cûte de Malabar, d'où cette étoffe est venue d'abord.

tCALICCLAIRE (ka-li-cu-lê-r'), adj. Qui est du calicule.

— ÉTYM. Caliaile.

\ CALICULE (ka-U-k\i-r) , s. m. Terme de botanique. Calice accessoire placé en dehors du vrai calice et formé de bractées rapprochées ou soudées.

— ÉTYM. Diminutif de calice 2.

t CALICULE, ÉE (ka-li-ku-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est pourvu d'un calicule.

t CALIER (ka-lié) , s. m. Terme de marine. Maître ou chef de la cale.

— ÉTYM. Cale t .

CALIFAT (ka-li-fa; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. Dignité de calife; le temps pendant lequel un calife a régné.

— ÉTYM. Calife.

CALIFE (ka-li-r. Mot dont l'orthographe a varié ; on le trouve parfois écrit caliphe ; et aujourd'hui les orientalistes écrivent de préférence khalife), s. m. Titre des souverains qui exercèrent après Mahomet le pouvoir temporel et spirituel. Il jeta les fondements de l'empire des califes, Boss. Hist. i, 41. Et malgré toute la puissance des califes, la mesure d'un degré du méridien, faite par leur ordre, est le seul monument qui reste de leur grandeur, condorcet, Maurepas.

— HIST. XIII' S Que le roy des Tartarins avoit

pris la cité de Bandas [Bagdad] , et l'apostole des Sarrazins qui estoit sire de la ville, lequel en appeloit le califre de Bandas, joinv. 278. {| xiv* s. Li pères du calife, qui régna longuement, Ama les crestiens, et Dieu premièrement, Baud. de Seb. xi, 6tB.

— ÉTYM. Arabe, chalifa, successeur de Mahomet. CALIFOCBCUON (X) ( ka-li-four-chon ) , loc.

adv. H 1° Jambe deçà, jambe delà, comme quand on est à cheval. Se mettre à califourchon. M. de Bouillon s'était donné la plate satisfaction de brûler le maréchal de Noailles en effigie de paille et de carton à califourchon sur son petit château d'Agen, sT-siM. 205, ». p-S. m. Marotte, manie. C'est son califourchon.

— HIST. xvi' s. S'estant avancé à cafourchons sur

les gardes du pont.... d'aub. Hist. i, 336 ahl

avant que le sort T'eust fait flotter à mes bords demi-mort X calfourchons sur les aiz de U proue, Ronsard, 9*6.

— ÉTYM. Ba.s-lat. caJo/'urctum, fourches, gibet. On reconnaît fourche dans fourchon; mais le pré-

tr^LIftp A.: ?'-.r '" '"^'« inexpUqué.

tÇALIftE (ka-h-,'), ,. f Sorte de sandale garnie de ûlousque poruienl le. soldaU romains

CAL

—t.Tm.Caligx, d'où le nom de l'empereur Caligula .

tCALIGINEUX, EnSE(ka-li-ji-neù, neû-z'),od/.

Terme didactique. Qui est de la naturedu brouillard.

— HIST. XVI' s. De cest humeur s'esleve une fumée chaude et caligineuse, qui ... paré, xx, 18.

— ÉTYM. Caliginosus. decaligo, brouillard.

I CAL1GUI.E (ka-li-gu-l') , s. f. Terme de zoologie. Peau couvrant le tarse des oiseaux.

— ÉTYM. Caliqula, diminutif de caliga, calige. t CALIMANDK (ka-li-man-d'), s. f. Espèce de

sole. Il Nom vulgaire d'une espèce de plie.

— ÉTYM. Ce mot semble formé d'un préfixe ca, d'ailleurs douteux (voy. ca....), et limande.

t CALIN (ka-lin), ». m. Étain de Siam et de Malacca dont on fait des boîtes à thé.

CALIN, INE (ka-lin, li-n'), s. m. et f. || 1' Celui, celle qui n'a ni activité, ni intelligence. C'est un câlin. || 2' Cajoleur, cajoleuse. Voyez le câlin, la câline! Il .ild;'. Avoir l'air câlin. Un enfant câlin. Trompés par des flatteurs câlins. Que de rois se disent les pères D'enfants qui se croient orphelins! bé- RANG. Math. Bruneau. \\ Ce mot est familier.

— HIST. XVI' s. Quelqu'un de la serée nous contant que les câlins ne laissent, pour estre tous cousus de poux [insectes], de rire et de se moquer, BoucHET, Séries, 30.

— ÊTYM. Wallon, câlin, coquin. 11 y a, dans le provençal, câlina, chaleur, acaimar, échauffer, dans l'ancien français, chaline, qui ont pu donner câlin, celui qui se chauffe au lieu de s'évertuer. C'est une conjecture pour une étymologie qu'on ignore. D'un autre côté, si l'on connaissait la provenance de ce mot, et si l'on savait qu'il vint du Nord, on pourrait le rattacher au wallon câlin qui signifie de chien (faim câline, faim canine).

CÂLINÉ, ÉE (kâ-li-né, née), part, passé. Un enfant câliné par sa mère.

CÂLINER (kali-né), v. a. \\ i° Dorloter en cajolant. 11 aime à être câliné. || Absolument. Il répondit en câlinant. || Terme familier. || 2° Se câliner, v. réfl. Faire le câlin, se dorloter. Il passe le temps à se câliner dans un fauteuil.

— ÉTYM. Câlin; picard, calir^er, faire reposer les moutons dans un champ pour le fumer; câlinant, d'une santé chancelante.

CÂLINERIE (kft-li-ne-rie), s. f. \\ f Action de se câliner. Il n'est pas malade, et, s'il reste au lit, c'est parpurecâlinerie.JI 2° Actions, paroles qui câlinent, il Ce mot est familier.

— ÉTYM. Câliner.

t CALIORNE (ka-li-or-n'), s. f. Terme de marine. Gros cordage dont on se sert avec des poulies, pour lever des fardeaux.

— ÉTYM. Ital. caliorna; corrompu de carnal, ital. camale, nom d'un fort palan.

t CALIXTIN (ka-li-kstin), s. m. Nom d'une secte hussite qui communiait sous les deux espèces. || Adjectivement. La secte calixtine.

— ÉTYM. Calyx, calice, à cause que ces hussites voulaient que le calice fût donné au communiant

(voy. CALICE 1).

t CALLADE (ka-la-d'), s. f. Terme du jeu du trois-sept, qui se dit quand deux joueurs associés font ensemble toutes les levées.

t CALLE (ka-l'), s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de plantes. Calle des marais {calla palustris, L.).

CALLEUX, EUSE (ka-leû, leû-z'), adj. Où il y a des callosités. Nos paysans avec leurs mains calleuses manient le fer chaud comme ils veulent, montesq. Espr. xxviii, 17. Il Terme d'anatomie. Corps calleux (mésolobe, grande commissure cérébrale) , longue et large bande médullaire blanche qui réunit les deux hémisphères du cerveau. || Terme de pathologie. Ulcère calleux , ulcère dont les bords offrent des duretés. || Fig. Une conscience calleuse, une conscience endurcie, et sur laquelle les bons motifs ne font pas impression.

— HIST. XVI' s. Ceux qui ont la peau calleuse, aspre et dure, paré, Introd. 21. Si les lèvres de la playe estoyent comme calleuses et endurcies, ID. VI, 6. La composition des nerfs est, dedans le crâne, de la simple substance calleuse du cerveau, id. m, 8.

— ÉTYM. Callosus, de callus (voy. cal).

t CALLICARPE(kal-li-kar-p'), s.f. Terme de botanique. Genre de verveines (callicarpa) .

— ÉTYM. KiUo:;, beauté, et ««pnèç, fruit.

t CALLICHROME (kal-li-kro-m'), s. m. Terme de zoologie. Genre de passereaux à belles couleurs. Il Genre de scarabées colorés.

— ÉTYM. Kd^Xo;, beauté, et^piSixa, couleur.

t CALLICOQUE (kal li-ko-k'), *. f. Terme de botanique. Nom d'une espèce d'ipécacuanha.

CAL

t CALLIÉPIE (kal-li-é-pie) , ». f. Terme de grammaire. Style élégant, style académique.

— ÉTYM. K(i).),oç, beauté, et £ito?, parole, style (voy. épique).

CALLIGRAPHE (kal-li-gra-P) , ». m. Celui qui s'applique à la calligraphie.

— ÉTYM. KâW.o;, beauté, et Ypetçeiv , écrire. CALLIGRAPHIE (kal-li-gra-fie) , ». f L'art de bien

former les caractères d'écriture.

— ÉTYM. Calligraphe.

t CALLIGRAPHIQUE (kal-li-gra-fl-k'), adj. Qui a rapport à la calligraphie. Exercices calligraphiques.

t CALLIMORPHE (kal-li-mor-f) , adj. Terme de zoologie. Nom d'un genre de papillons.

— ÉTYM. KiWoi;, beauté, et (xojxpri, forme.

+ CALLIOMORE (kal-Ii-0-mo-r'), ». m. Nom d'un poisson.

J CALLIONYME (kal-li-o-ni-m") , ». m. Nom d'un poisson.

— ÉTYM. KaXXiûvutio;.

t CALLIOPE (kal-li-o-p'), ». f Terme de mythologie. Une des neuf muses, celle qui préside à l'éloquence et à la poésie héroïque. || Terme d'astronomie. Nouvelle petite planète.

— HIST. XVI' s. 0 qui pourra maintenant racompter comment se porta Pantagruel contre les trois cents géants? 0 ma muse, ma Calliope, ma Thalie, inspire-moy à ceste heure, habel. Pant. 11, 28.

— ÉTYM. KaXXioJtTi, celle qui a une belle voix, de xàXXo;, beauté, et 81]/, voix.

t CALLIPÉDIE (kal-li-pé-die), ». f. Ensemble de conseils donnés aux parents pour qu'ils procréent des enfants aussi beaux qu'il leur est possible.

— ÉTYM. . KoXXmaiSia, de xâXXoj, beauté, et Ttaïî, TcaiSoc, enfant.

t CALLIPÉDIQUE (kal-li-pé-di-k') , adj. Qui a rapport à la callipédie.

t CALLIPPIQCE (kaUi-ppi-k'), adj. Période c'allippique, espace de 76 ans à l'expiration duquel les nouvelles et les pleines lunes devaient revenir au même jour de l'année solaire; ce qui est une erreur : car, dans l'espace de trois cent cinquante-trois ans, elles reviennent trop tard d'un jour entier.

— ÉTYM. Ca^ippe, astronome athénien, qui trouva cette période en multipliant par 4 celle de 1 9 ans trouvée par Méton.

t CALLIPYGE (kal-li-pi-j'), adj. Terme d'anUquité. Vénus callipyge, Vénus aux belles fesses, nom d'une statue de Vénus.

— ÉTYM. KàXXoî, beauté, etiruyri, fesse.

t CALLISTUÉNIE (kal-li-sté-nie), s. f. Ensemble des procédés de gymnastique qui conviennent dans l'éducation physique des jeunes filles.

— ÉTYM. Kà/Xoi;, beauté, et <j6çvo;, force.

t CALLITRIC (kal-li-trik) , ». m. Terme de botanique. Nom d'un genre de fougères.

— ÉTYM. KoXXitpixo;, dexâXXoç, beauté, et 6piÇ, cheveu.

CALLOSITÉ (kal-lô-zi-té), ». f. || 1' Endurcissement de l'épiderme ou de la peau par suite de frottement. Il Terme de chirurgie. Production dure, indolente, qui se forme sur les anciennes plaies, les vieux ulcères. || Terme de zoologie. Production dure qui se développe naturellement sur quelques parties du corps de certains animaux. || Terme de botanique. Renflementraboteuxàla surface de quelques plantes. Il 2° Fig. Callosité morale, endurcissement de la conscience.

— HIST. XVI' s. La dureté et callosité de la cicatrice empeschera que les intestins.... paré, vi, te.

— ÉTYM. Callositas, de callus, cal.

f CALLOT (ka-lo) , ». m. Masse de pierre qu'on tire brute d'une ardoisière. || Grosse bille en pierre dont les enfants se servent pour jouer.

CALMANDE (kal-man-d') , ». f. Étoffe de laine lustrée d'un côté, comme le satin. Où est mon ancien, mon humble, mon commode lambeau de calmande? dider. Regrets sur sa robe de chambre. • — ÉTYM. Génev. caXamandre. On a écrit aussi calemande. Origine inconnue.

CALMANT, ANTE (kal-man, man-t'), adj.

Il 1* Terme de médecine. Qui apaise les douleurs. Remède calmant. Potion calmante. || S. m. Prendre un calmant. L'emploi des calmants. Les calmants apaisaient ses douleurs, lui rendaient des forces, et en lui donnant la faculté de s'occuper encore, lui filaient l'idée de tout ce ou'il allait pe.-dre et de tout ce qu'il allait laisser, condorcet, Bucquet. || S" Dans le langage général, qui calme et apaise. Des paroles calmantes et consolatrices. Une vie plus calmante.

CALHAR (kal-mar) , ». m. || 1* Étui k plumes poui

CAL

CAL

CAL

écrire. Il est vieux dans ce sens. || 2* Terme d'histoire naturelle. Genre particulier de mollusques céphabpodes, ayant pour type le calmar vulgaire, dit aussi grand calmar.

— HIST. xvi* s. Le clerc, ouvrant son escritoire pour signer, laissa tomber deux dés sur la table, qui estoient dans le calemard, desper. Contes, liu. Escritoire duquel le galemard esloit aussi gros et grand que le gros pilier d'Enay, hab. Garg. I, 4*.

— Et YM. Coiamorium , étui où l'on mettait les calâmes ou roseaux qui servaient à écrire (voy. calame). Le mollusque a été appelé ainsi à cause de sa forme.

(.CALME (kal-m'), adj. Qui est sans agitation. Une mer calme. Un homme calme. Une humeur calme. La sédition a cessé, la ville est redevenue calme. Le malade est calme, il repose. Les affaires sont calmes, il se fait peu d'affaires de bourse, de commerce.

— HIST. XV* s. Et dist Solin que ceste mer qui est entre les dictes deux isles de Bretaigne et Hibernie n'est point paisible ne carme, mais pleine de vagues, Perceforest, t. 'i, f 2, dans lacurne (carme pour calme est fréquent dans Perceforest). Il xv:* s. Et c'est sans compter cette bonté et félicité de nature, si bien attrempée et assaisonnée, qui nous rend calmes, sereins, exempts et nets de passions fortes et mouvements violens, charron. Sagesse, ii, 4.

— ÉTYM. Voy. CALME, s. m.

2. CALME (kal-m'), s. m. \\ i' Cessation complète du vent. Le plus grand calme règne dans les airs. Calme plat, calme absolu qui laisse la mer plate, unie. Elle mande qu'elle vous a mise dans votre bateau par un temps et par un calme admirable, SÊV. 2i. Dans l'Aulide arrêté par un calme soudain, hac. Iph. I, 3. Tu reverras le calme après ce faible orage, COBN. Cid, II, 3. Il a° Tranquillité, absence d'agitation et de bruit. Le calme des nuits. En cette circonstance ayez du calme Et rendre un heureux calme

à nos divisions, corn. Sertor. m, 4. Il rendra quelque calme à son cœur magnanime, ID. JViconi. IV, 2. Nulle paix pour l'impie; il la cherche, elle fuit; Et le calme en son cœur ne trouve point de place, rac. Esth. Il, 9. Mais en vain par ce calme il croit nous éblouir, id. Baj. I, (. Par moi Jérusalem goûte un calme profond, id. Ath. ii, 5. Le roi, vous le voyez, flotte encore interdit; Je sais par quels ressorts on le pousse, on l'arrête, Et fais, comme il me plaît, le calme et la tempête, id. Esth. m, 5. En ce calme trompeur j'arrivai dans la Grèce, id. Andr. i, 1. Il a remis le calme dans l'hôtel de Grammont, sÊv. •toi. Rendez le calme, Europe, à votre âme étonnée, J. B. Rouss. Jup. et Europ. Mais ce calme si doux que le ciel vous renvoie N'est point le calme oisif d'une indolente joie, ID. Odes, m, 4. X ces mots elle demeura dans un calme et dans une joie qu'elle ne pouvait exprimer, boss. Anne de Gonx. \\ Le calme d'un malade, la tranquillité qu'il éprouve après quelque crise.

— HIST. XVI* s. Advenant qu'il feust calme en mer , RAB. Pant. IV, 28. Un calme lui estant tout moien de retraitte, il se trouva engagé au combat, d'aub. Uist. Il, 86.

— ÊTYM. Espagn. portug. et ital. calma; holl. kalm; angl. calm. Origine inconnue. Diez se demande si on peut le tirer : )° de caiore, se relâcher; à quoi il oppose que ma n'est pas un suffixe roman ; 2° du bas-latin cauma, chaleur (caimo en espagnol et en portugais signifiant aussi le chaud du jour), le chaud du jour étant le moment le plus calme du jour. Bien que ou se change rarement en al, cette dernière opinion n'est pas sans vraisemblance. On croit que calm en hollandais et en anglais est emprunté. Le mot français est pris aux langues du midi.

CALMÉ, ËE (kal-mé, mée), port, passé. Rendu à la tranquillité. Les flots calmés. La douleur calmée par l'opium. Quand les haines furent calmées. Calmés de ces agitations qui viennent de faire sur notre âme des impressions si violentes, mass. Carême, i" serm. Prière.

CALMER (kal-mé), v. a. \\ 1° Rendre calme, faire cesser l'agitation, au physique et au moral. Calmer les flots. Calmer les esprits. Il calma l'émotion populaire. Le temps l'avait calmé. Il faut tâcher de calmer et de posséder un peu son âme, sév. < 92. Et du haut d'un balcon, pour calmer la tempête. Sur ses nouveaux sujets faisons voler sa tête, corn. iVicom. V, 5. Semblables à ces vœux dans l'orage formés Qu'efface un prompt oubli quand les flots sont calmés, ID. Rod. u, 4 . Elles calment un peu l'ennui qui m« dévore, »AC. MUhr. iv, (. Ira-t-il voirRoxane et

calmer ses soupçons? ID. Baj. iv, l Son trépas

n'a pas calmé la reine, id. Phèd. v, 6. J'ai cru que des présents calmeraient son courroux, id. Ath. Ii, 5. Calmez, reine, calmez la frayeur qui vous presse, ID. Eslh. Il, 7. Il ne faut pas que les désirs d'un état devenu impossible vous calment sur les dangers de votre état présent, mass. Orais. [un. i''serm. Prof. rel. Pour éclairer ses yeux, pour calmer son esprit, Il ne faudra qu'un mot.... volt. Tancr.w, 3. Reviens de ta patrie en proie à la tristesse Calmer les déplaisirs, i. b. rouss. Odes , iv, s. || Absolument. Cela n'est pas propre à calmer. || 2" Adoucir, rendre moins violent, faire cesser. Calmer la fièvre. Calmer les douleurs physiques. Tes remords te suivront comme autant de furies; Tu croiras les calmer par d'autres barbaries, rac. Brit. v, «. Il S' Se calmer, v. refl. Devenir calme. La tempête, la sédition , la douleur s'est calmée. Vous calmezvous, pendant la vie, sur vos désordres? mass. Car. Impe'n. Salomon n'adora les dieux des femmes étrangèresquepour se calmer sur ses dissolutions, mass. Car. Vérilide la religion. \\ Se calmer, reprendre du sang-froid. Calmez-vous, mon ami. ||4° K. n. Terme de marine. Le vent, la mer calme, commence à calmer, a beaucoup calmé. N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde; Sa lumière est un verre et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer, malh. i, 3.

— HIST. xvi* s. Tristes, voyant celui qui calma la tourmente De l'orage civil, s'éloigner de nos yeux, AM. JAMYN, livre 1, Entrée du roi de Pologne.

— ÊTYM. Calme ; espagn. calmar; ital. calmarc. f CALMIR (kal-mir), v. n. Terme de marine. Devenir calme, en parlant de la mer et des vents.

— ÉTYM. Autre forme de calmer.

tCALOBRE (ka-lo-br'), s. m. Un sarrau. Vieux

mot usité encore dans quelques provinces.

— HIST. XV* s. Un homme vestu d'une calobe de toile, DU GANGE, colobium.

— ÉTYM. Colobium, tunique sans manches.

t CALOCÉPHALE ( ka-lo-sé-fa-1') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a une belle tête.

— ÉTYM. KoWc, beau, et xe9a)Ti, tête.

t CALOMEL (ka-lo-mèl) et CALOMÉLAS (ka-lomé-las') , s. m. Terme de chimie. Ancien nom du protochlorure de mercure.

— ÉTYM. KaXà;, beau, et iiÉXaç, noir : ainsi nommé, dit-on, parce que le chimiste qui le découvrit, vit, dans la préparation, se changer une belle poudre noire en une poudre blanche.

CALOMNIATEUR, TRICE (ka-lo-mni-a-teur, tri-s'), s.m.elf. Il 1° Celui, celle qui calomnie. On le traita de lâche calomniateur. C'est une calomniatrice. Nous ne sommes qu'un sang, et ce sang dans mon cœur A peine à le passer pour calomniateur, corn. Nicom. III, 8. Meurtrier d'un vieillard et calomniateur, volt. Cat. IV, 4. Il 2" Adjectivement. Vous faites autant d'honneur aux belles-lettres que tous ces écrivains mercenaires et calomniateurs y jettent de honte et d'opprobre, volt. Lelt. Laus de Boissi, 6 avril i773.

— HIST. xiii* s. Et Dieux humiliera le chalongeor, Psautier, t° 84. || xvi* s. Car mesme la nation des sycophantes, c'est à dire des calomniateurs, est de la confrairie des curieux, toutefois encore ces calomniateurs là recherchent s'il y a aucun qui ait commis ou voulu commettre quelque maléfice.... AMYOT, de la Curiosité, 28. Si par ces termes entendez les calumniateurs de mes escripls, rabel. Panl. Ancien prologue du iv livre.

— ÉTYM. Calumniator, de calumnia, calomnie. Dans l'ancien français, clialengere au nominatif , de calumnidtor; chalengeor iu régime, de calumniatôrem. Chalengere, c/ioienjeor avaient plus particulièrement le sens de celui qui appelle en justice, qui provoque au combat.

t CALOMNIA TION (ka-lo-mni-a-sion) , s. f. Action de calomnier. Mot qui , exprimant l'acte de calomnier, pourrait être repris de nos- anciens.

— HIST. XIV* s. Pluseurs calumpnacions et mauvais mouvemens en pourroient venir, oheshe, Tliése

de MEUNIER.

— ÉTYM. Calomnier.

CALOMNIE ;ka-lo-mnie), f. f. || 1* Imputation que l'on sait fausse, et qui blesse la réputation et l'honneur. C'est une noire calomnie. Repousser une calomnie. Les calomnies qu'on imposait aux chrétiens, BOSS. Hist.i, to. Pour vous voir vous laver de cette calomnie, mol. Mis. v, 4. || 2° .\bsolument, les calomniateurs. Être en butte à la calomnie. J'inventai des ressorts, j'armai la calomnie, rac. Eslh. u, 4. Rois, chassez la calomnie, id. ib.iii, i. Pour faire une œuvre grande Qui de la calomnie et du temps se défende, réonier, Sat. a. U n'est pas mal de cou-

per une t£te de l'hydre de la calomnie dès qu'on en trouve une qui remue, volt. Lelt. DamilavilU, 8 nov. 4782. Lacalomnie! Monsieur, vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés : croyez qu'il n'y a pas de plaie méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville, en s'y prenant bien.... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme une hirondelle avant l'orage.... telle bouche le recueille, et, piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement; le mal est fait : il germe, il rampe, il chemine, et, rtnfonando, de bouche en bouche, il va le diable; puis tout à coup, ne sais coniment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil; elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription, beiaumabchais, Barbier de Sév. ii, 8.

— HIST. XI* s. Jetez moi [sauvez-moi] hui de mort e de calunge, Ch. de Roi. cclxvi. || xv* s. Sans aucune fraude ou calomnie de vérités, j. le fevhe de st-remy, Hist. de Charles VI, p. 3», dans lacubne. Liqueur, chère amie, Pour la calomnie. Ne crains point qu'aucunement X jamais; je t'oublie, basselin, X. Il XVI* s. Tant qu'il fust présent, il vint toujours au dessus de ses calumniateurs autant qu'il voulut, et n'eurent leurs calumnies aucun effet encontre luy, sinon pendant qu'il fut absent, ahyot. Aie. et Cor. comp. 6. Lorsque le juge aura soupçon que le procureur use de cavillation, il pourra d'office, en quelque estât que la cause soit, exiger de lui le serment de calomnie, de sorte que, si après le dit serment le procureur estoit trouvé calomniateur, il seroitpuni comme parjure, A'ouveou eouttumier général, 1. 1, p. 724.

— ÉTYM. Provenç. calonja, calumpnia; espagn. calumnia ; ital. calonnia ; de cofumnto. Calomnie est un mot refait sur le latin; l'ancienne forme est calenge, chaletige, repioche, défi (d'où l'anglais challenge, défi, provocation), avec l'accent tonique sur la même syllabe qu'en latin {calumnia).

CALOMNIÉ, ÊE (ka-lo-mni-é, ée), part, passé. Calomnié par ses ennemis. Disciple jeune encor de ces maîtres fameux. Sans gloire et cependant calomnié comme eux, Gilbert, Mon apol. || Substantivement. 11 faut être aussi humble que ces humbles calomniées pour le souffrir [un mensonge calomnieux], pasc. Prov. is.

CALOMNIER (ka-lo-mni-é), v. o. || 1' Employer la calomnie. On l'a indignement calomnié. On calomniera vos intentions Justifiez-vous sans le calomnier, CORN. Ilort de P. m, 2. Si l'on calomniait sa mémoire innocente. Que feriez-vous?BRiFFALLT,A'inus II, I, 4. La reine de Suède disait que la gloire d'un souverain consiste à être calomnié pour avoir fait du bien, volt. Lettr. Ucchefort, décembre 4774. Il Absolument. Il ne parle que pour calomnier. || Familièrement. Calomnier à dire d'experts, calomnier sans retenue. || 2* Se calomnier, t'. réft. Dire du mal de soi, se faire plus mauvais qu'on n'esL

— REM. Corneille a dit calomnier de : Et Sévère aussitôt courant à la vengeance M'irait calomnier de quelque iutelligenco.... Poly. v, 4 ; Et Molière, calomnier à : Vous osez sur CéÛe attacher vos morsures Et lui calomnier la plus rare vertu Qui.... l'Élour. m, 4.

— HIST. XV* s. Or sçavoit il leur capsieuseté estre telle qu'Us Ccdompnisoient ses dits. Histoire de la toison dor, t. n, ^ 4 29, dans lacurne. || xvi* s. Servet nous calomnie que nous faisons deux (ils de Dieu, en disant que.... calvin. Inst. 372. U alloit mesdisant d'eux, et calumniant tout ce qu'ilz faisoient, envers Tissaphernes, amyot. Aie. 48. Ceux que l'on s'efforce de calonuier, coHDt, Mémoiret p. 640.

— ËTYM. Calumniari , de calumnia (voy. calomnie); bourguig. calainge, cailinge, réprimande; wallon, calengi, adresser un défi; rouchi, calenger; provenç. calonjar, disputer, calumpniar, réclamer, accuser ; anc. catal. caiojnar; anc. espagn. calonjar ; espagn. mod. calumniar ; itid. calognare , calonniare. Calomnier & éié refait sur le latin ; l'ancienne forme était chalenger, ealenger, accuser, provoquer, défier.

CALOMNIEUSEMKNT ( ka-lo-mni-eû-ze-man), odt). Avec calomnie. Il fut accusé calomnieusemenL

— HIST. XVI* s. Ils vendoient à l'encan les biens de ceulx qu'ilz avuient proscripts en dafraudant calumnieusement les pauvres veufves et leurs pauvres enfans orphelins, amyot. Ant 24.

— Rtyh. Cakiwmituse, et le suffixe mtnt.

CAWnnmvX, EDSE (ka-lo-mni-eû, eÛ-7.'), ad;. Oui contient des calomnies. Un langage caloranifiux.

— HIST. XVI* s. Calomnieuses mensonges, tahu- HEAU, IHaloyues, p. (29, dans i,acubne.

— ÈTYM. Calumninsus. de calumnia, cnlomnie. t CAI.OMMOGRAPHE, s. m. Celui qui écrit des

calomnies. Les calomniographes, VOLT., t. 8i, |i.4S0.

CALONIËRE (ka-lo-niê-O, s. f. || i' Voy. canonniKre, dont calonière est une altération populaire. Il 2° Terme de graveur. Espèce de tuyau dans lequel sont ench*ss6s plusieurs petits outils que le touret fait marcher.

t CALOPIIYLLE (ka-lo-fi-1'), odj. Terme de botanique. Oui a de belles feuilles. || S. m. Nom d'une plante (calnphyllus tacamahaca).

— ÉTYM. Kii).4<;, beau, etçûXXov, feuille.

t CALOPTÈHE (Ica-Io-ptê-r'), adj. Terme de zoologie. Oui a de belles ailes.

— f.TYM. KaXèç, beau, et utepiv, aile.

t CALORICITÊ (ka-lo-ri-si-té), s. f. Terme de physiologie. Faculté qu'ont les corps vivants de développer une certaine quantité de calorique.

— ÉTYM. Calorique.

t CALORIE (ka-lo-rie), s. f. Terme de physique. Quantité de chaleur nécessaire pour élever d'un degré centigrade la température d'un kilogramme d'eau. C'est l'unité conventionnelle dont on se sert en calorimétrie.

— ÉTYM. Voy. CALOniQUE.

CALORIFÈRE (ka-b-ri-fê-r'), adj. Qui porte la chaleur. Tuyau calorifère. || S. m. Appareil pour produire et distribuer la chaleur. Toute la maison est chauffée par un seul calorifère.

— ÉTYM. Calor, chaleur (voy. ce mot) et ferre, porter.

t CALORIFICATION (ka-lo-ri-fi-ka-sion), s. f. Terme de physiologie. Dégagement de calorique qui s'opère dans les corps organisés pendant leur vie.

— ÉTYM. Calorifique.

t CALORIFIQUE (ka-lo-ri-fi-k'), adj. Terme didactique. Oui produit la chaleur. Rayons calorifiques.

— HlST.xvfs. La faculté calorifique, paré, xv, 52.

— ÉTYM. Calori ficus, de calor, chaleur, et /îctts, qui fait.

t CALORIMÈTRE (ka-lo-ri-mè-tr'), s. m. Instrument propre à mesurer la quantité de calorique spécifique que contient un corps.

— ÉTYM. Calor, chaleur, et mHre, mesure.

f CALORIMlÎTRIE (ka-16-ri-mé-trie), s. f. Partie de la physique qui a pour objet la mesure du calorique libre.

t CALORIMÉTRIQUE (ka-lo-ri-mé-tri-k'), adj. Oui a rapport à la caloriméirie.

t CALORIMOTEUR (ka-lo-ri-mo-teur), s. m.

Terme de physique. Appareil électrique qui déve- .oppe une très-grande chaleur.

— ÉTYM. Calor, chaleur, et moteur.

CALORIQUE (ka-lo-ri-k') , s. m. Terme de physique. Principe de la chaleur, c'est-à-dire propriété de la matière qui , consistant en une modification moléculaire particulière et indéterminée, est communicable par contiguïté, et se fait sentir à distance comme la gravitation, dont elle suit alors les lois fondamentales. || Calorique lihre, celui qui est .sensible à la main ou au thermomètre. || Calorique spécifique, quantité relative de chaleur absorbée par les corps qui changent de température. Tous les corps, pour s'élever par exemple d'un degré de température, n'exigent pas la même quantité de chaleur ou calorique libre. || Calorique latent, par opposition à calorique libre, celui gui est absorbé par un corps dans son passage de l'état solide à l'état liquide, ou de l'état liquide à l'état gazeux. Il disparaît entièrement alors et c'est pourquoi on le nomme latent, c'est-à-dire caché. Il redevient libre et par conséquent sensible au thermomètre dans le passage de l'état gazeux à l'état liquide ou de l'état liquide à l'état solide.

— ÉTYM. Calnr, chaleur (voy. ce mot).

t CALOSOME ( ka-lo-so-m' ) , s. m. Terme de roologie. Nom de scarabées vivant de proie.

— ETYM. KaXoç, beau, etiT<ô|j.a, corps.

t «. CALOT (ka-lo). s. m. Le haut d'un shako.

— ÉTYM. Voy. CALOTTE.

t s. CALOT (ka-lo), s. m. Morceau de bois servant a caler.

— ÉTYM. Caler.

. t'^V'^^"* (l<a-'o-t'n) , ». m. 1! 1" Terme populaire et de dénigrement. Celui qui porte la calotte, ecclésiastique. Il »" Terme de métier. Pièce de cuivre d'un

'"■^'ilH""^.' <**»« aussi calotte d'aspiration. — STYM. Calotte.

t CALOTROPE (ka-lo-tro-p'), s. m. Terme de botanique. Nom d'un genre de convolvulacées {calotropium giganteum).

— ÉTYM. KoXè;, beau, etTpoTrn, tour.

CAIjOTTE (ka-lo-f) , s. /". || 1° Sorte de petit bonnet qui ne couvre que le sommet de la tête. Les .sommets de la plupart de ces collines étaient arrondis en forme de calottes, bern. de s. -p. Étud. v. || Calotte à oreilles, calotte qui peut se rabattre sur les oreilles. || Fig. et populairement, tape sur la tête. Donner, recevoir une calotte, des calottes. || 2° Sorte de petite calotte noire que portent les prêtres. || Absolument et familièrement. Porter la calotte, être dans les ordres. || Plus spécialement. Le pape lui a donné la calotte, l'a fait cardinal. Le courrier du pape arriva avec la calotte pour l'évêque d'Orléans , ST-siM. 60, 83. On dit aujourd'hui, en ce sens, barrette ou chapeau. || Par dénigrement, la calotte, les prêtres, le clergé. Â. bas la calotte I || 3° Terme de médecine. Emplâtre agglutinatif dont on recouvrait autrefois toute la tête d'un teigneux après l'avoir rasée, et qu'on enlevait ensuite avec force afin d'arracher les bulbes des cheveux. || 4°Calotle du crâne, partie supérieure de la boîte crânienne. || 5° Terme de géométrie. Calotte sphérique , une des deux parties en lesquelles un plan coupe la sphère, etparticulièrementia pluspetitedes deux. Quand le plan passe par le centre, les deux calottes sont des hémisphères. Il Terme d'architecture. Portionde voûte, sphérique ou sphéroïde, qu'on élève au milieu des plafonds et des voûtes mêmes. Si le dôme est petit, ce n'est plus qu'une ignoble calotte, chateaub. Jtin. 97. j| 6° Familièrement. Calotte des cieux, le ciel. On ne trouverait pas son pareil sous la calotte des cieux. || 7» En horlogerie, espèce de boîte qui renferme le mouvement d'une montre. || 8° Partie de la garde d'une épée où l'on place le bouton. || Pièce de métal qui forme la couverture d'un bouton. || Pièce d'un corps de pompe. || 9° Régiment de la calotte, société de beaux esprits satiriques du xvii' et du xviii' siècle. || Pamphlet. Que dites-vous d'une infâme calotte qu'on a faite contre M. de la Poplinière? volt. îettr. vers, 87.

— HIST. XVI* s. Le malade pourra porter, pour cacher son imperfection , un bonnet appelle calotte, paré, viii, 29.

— ÉTYM. Diminutif de cale 3. Du moins on ne voit pas comment calantica ou calautica, sorte de coiffure, aurait donné calotte. Calota se trouve dans des textes latins du xui* siècle.

f CALOXrER (ka-lo-té), v. a. Donner des calottes, frapper, donner des coups sur la tète avec le jilat de la main. |i Terme populaire.

— ÉTYM. Calotte.

f CALOTTIER (ka-lo-tié), s. m. Un des noms provinciaux du noyer.

t CALOTTIISK (ka-lo-ti-n'), t. f. Sorte de pièce de vers badine et satirique.

— ÈTYM. Calotte.

f CALOU (ka-lou), s. m. Suc du cocotier.

f CALOUASSE (ka-lou-a-s') , s. f. Nom vulgaire de la pie-grièche.

CALOYER , YÈRE (ka-lo-ié , iè-r') ,î. m. et f. Moine grec, religieuse grecque, de l'ordre de Saint-Basile.

— ÉTYM. KaXè;, beau, honorable, et YÉpuv, vieillard (voy. géronte) . le f dans le grec moderne se prononçant à peu près comme y.

■f CALP (kalp'), s. m. Terme de mméralogie. Sorte de marne noire.

f CALPE (kal-p'), s. f. Terme de botanique. Urne des mousses.

— ÉTYM. KâXni!], urne.

CALQUE (kal-k'), s. m. Dessin calqué. Prendre un calque. || Fig. Imitation servile d'une oeuvre. Ce poëme n'est qu'un calque.

— ÉTYM. Ital. calco (voy. calquer).

CALQUÉ, ÉE (kal-ké, kée), part. p<Msrf.Un dessin

calqué. Des modes calquéessurlesmodes parisiennes. CALQUER (kal-ké), v. a. \\ 1° Prendre le trait d'un dessin qu'on a appliqué sur un papier et dont ou suit les contours avec une pointe. Calquer une estampe. Calquer à la vitre. Calquer une lettre pour en faire le fac-similé. {| 2° Fig. Imiter servilement. Ils calquent les modes françaises sur l'habit romain, j. J. Rouss. Hél. II, 47. Bentivoglio, en Italie, calqua Tite-Live, chateaub. Ginie, m, m, 3. || 3° Se calquer, v. réfl. Se modeler. Il se calque sur un mauvais modèle.

— ÉTYM. Ital. calcare, calquer, proprement fouler, du latin calcare, fouler aux |iied.s, dont l'ancien français fit coucher (voy. chausses).

t CALQUOIR (kal-koir), s. m. Crayon de métal servant à calquer

CAL

— ÉTYM. Calquer.

t CALSCUISTE (kal-chi-»f), s. m. Terme de géologie. Schiste argileux contenant des veines calcaires.

— ÉTYM. Calx, chaux, et tchisle.

CALUMET (ka-lu-mè; le t ne se lie pas dans le

parler ordinaire; au pluriel l'j se lie : leska-lu-mè- 7. américains; calumets rime avec traits, jamais, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Terme de botanique. Nom populaire donné en Amérique à plusieurs plantes dont les tiges servent à faire des tuyaux de pipe. Il 2° La pipe même en usage chez les sauVages, et qu'ils présentent comme un symbole de paix. Je viens leur apporter le calumet de la paix, volt. Jenni , 7. Un Caraïbe faisait fumer , en signe denaix, des matelots dans son calumet, bern. de s.-p. Et. ii. Bienf. Je fumerai mon calumet de paix sur le berceau de mon fils, chatkaub. Atala, 226.

— ÉTYM. Calumet ou chalumet, autre forme de chalumeau (voy. ce mot).

CALUS (ka-lus'), s. m. || 1" Durillon produit par le frottement. Le seul produit de la terre cultivée par des mains laborieuses, endurcies de calus et mouillées de larmes, doit des tributs à la puissance .législatrice et exécutrice, volt. l'Homme auaio écus, aventure avec un carme. \\ Fig. Endurcissement de cœur. Le méchant se fait un calus contre le remords Il 2° Cal, espèce de soudure qui réunit les fragments d'un os. Il 3° Terme de botanique. Excroissance arrondie formée après la rupture d'une branche, l'incision de l'écorce, etc.

— HIST. rvi* s. On voit aux bestes brutes, qui auront quelque jambe ou autre partie rompue, le callus estre refait sans aide de nul médicament, PARÉ, Jntrod. 27. Ce qui unist les os ensemble, est appelle callus, id. th. vu, 4.

— ÉTYM. Le même que cal (voy. ce mot). CALVAIRE (kal-vê-r'), s. m. \\ 1° Lieu élevé où

Jésus-Christ fut crucifié, jj Fig. Qu'un autre, aux rois déchus donnant un nom sévère. Fasse im vil pilori de leur fatal calvaire, v. hugo. Voix, 2. Combien de généreux sang a été répandu avant que ne se levât le jour de la victoire ! De combien de stations a été marqué ce douloureux calvaire de la liberté! Joum. des Débats, 30 nov. 1830. || 2* Elévation où l'on a planté une croix pour figurer le calvaire. Il Dans les églises, suite de stations qu'on nomme plus ordinairement chemin de la croix.

— HIST. XII* s. E si cum en calvaire unt Deu crucifié. Th. le mart. 4B0. || xiii* s. Cil le bâtirent tant de poins et de corgie [courroie] ; Puis le crucefierent el mont de Calvairie, Ch. d'Ant. iv, 8(4.

— ÉTYM. Caharia, lieu où Jésus-Christ fut crucifié, ainsi dit parce que, les condamnés y étant exécutés et leurs corps y restant, il était garni de crânes, en latin calraria, lequel vient de calws, chauve (voy. ce mot), à cause de la dénudation de la boîte osseuse.

CALVILLE (kal-vi-l'), *. m. Espèce de pomme. Voilà du beau calville.

— ÉTYM. Norm. cadville; génev. calvitie; langued. calvire, d'après Ménage; ital. caravella. Origine inconnue; pourtant Ménage note qu'il y a, dans le voisinage de Lyon, un lieu appelé Calville, d'où la pomme aurait pu être dénommée; mais alors, le mot italien, d'où viendrait-il? Des lexicographes font calville du féminin.

t CALVINIEN, lENNE (kal-vi-niin, niè-n'), adj. Oui appartient au calvinisme. Les égUses calviniennes, Boss. Yar. IB.

CALVINISME (kal-vi-ni-sm'), s. m. La doctrine, l'Église de Calvin, qui se distingue surtout par la négation de la présence réelle et par le dogme de la prédestination. C'est, selon eux, prêcher un calvinisme horrible, noiL. Sat. xii. Louis XIV, qui avait proscrit le calvinisme avec tant de hauteur, fit la paix, sous le nom d'amnistie, avec un garçon boulanger fchef des protestants insurgés dans les Cévennes], volt. Louis XIV, 36. Celui de ses aïeux qui, ayant embrassé le calvinisme, fut obligé d'abandonner sa patrie, était établi dans la ville de Troyes.... condorcet, Trondiin.

— ÉTYM. Calt^ifi ou Chauvin, de la ville de Noyon, fondateur du calvinisme.

CALVINISTE (kal-vi-ni-sf), s. m. elf. Celui, celle qui suit la doctrine de Calvin.

CALVITIE (kal-vi-sie),»./'. EUtd'une tête chauve. Une calvitie précoce.

— ÉTYM. Ca'vities, de calvxis, chauve (voy. ce mot). Nos anciens disaient chauveté.

t CALYBION (ka-li-bi-on), *. m. Terme de botanique. Fruit en capsule, gland.

— ÉTYM. KaXû6iov. proprement petite cabane

CAM

CAM

CAM

t CALYBITE (ka-li-bi-f), s. m. Nom de solitaires chrétiens qui habitaient dans des huttes.

— ÊTYM. KaXuSiTuiç, de xaXOêii, hutte.

CALYCANDRIE(ka^li-kan-drie),î. f. Terme de

botanique. Classe de plantes dont les étamines sont insérées au calice.

— ÊTYM. Kâ>u|. calice, et àv9|p, mile.

t CALYCANTHÈMK (ka-li-kan-tê-m") , adj. Terme de botanique. Dont le calice a l'apparence d*u»e corolle.

— ÉTYM. KâXuÇ, calice, et ày(lTi|i.a, fleur. tCALYPTÈRES (ka-li-ptê-r') , s. f. plur. Terme

de zoologie. Petites plumes qui couvrent le bas de la queue des oiseaux.

— ÊTYM. KaXuimîpiov , ce qui sert à cacher, de xaXuwttiv, cacher.

t CALYPTRE (ka-li-ptr") , s. f. Terme de botanique. Coifle des mousses.

— ÊTYM. KâXuwTpa, de xaXOmrêiv, cacher.

t CALYPTRE, ÉE (ka-li-ptré, ptrée), adj. Terme de botanique. Oui est muni d'une coiffe.

— ÉTYM. Calyptre.

CAMAÏED (ka-ma-ieu), s. m. |{ 1° Pierre fine taillée, ayant deux couches de différentes couleurs, dont l'une est devenue la figure en relief, et l'autre fait le fonds. || i' Genre de peinture où l'on n'emploie qu'une couleur avec des teintes plus sombres et plus claires. Peindre en camaïeu. || Un camaïeu, un tableau peint en camaïeu. || Par dénigrement, un camaïeu, un tableau d'une couleur lourde et monotone. Le coadjuteur a bien ri des camaïeux de peinture, que vous comparez à l'histoire de France en madrigaux, sév. <92. || S" Gravure qui est une imitation de la manière en lavis.

— HIST. XIV" s. Bêles chambres qui seront d'or et d'argent et de pierres précieuses, c'est à savoir rubiz, esmeraudes, saphyrs, cameuz et marguerites. Livres de la loi au Sarrasin, p. (33. Une autre boiste d'argent où est le triaclier au duc, et un catmahieu, Bibl. des chartes, 4" série, t. v, p. 469. Un tableau d'or ouquel il a un grans gamahieu assis sur bois, DE LABOBDB, Émaux, p. 486. Un lorain [courroie garnie de soie] semé de boutons dorés et de camahieus, id. t6. Le camahieu qui aultrement est appelé oniche, id. ib. Un camahieu, dont le champ est vermeil et a deux figures dessus à une beste assise en une verge toute plaine, id. ib. Il XV* s. Ung fuzil entaillé en un camayeu où estoient ses armes, comm. v, 9. ||xvi«s. Cet anneau avoit pour sa pierre un cupidon couronné fort mignonnement, estant entaillé en un camoïeu d'amatite, YVBH, B88. Chamahieux, palsgk. p. 4 02.

— ÊTYM. Espagn. camafeo; bas-lat. eamahotus , camahutus; du bas-lat camasus, sardoine, onyx

(VOy. CAMÉE).

CAMAIL (ka-mall, il mouillées), s. m. || !• Habillement du clergé en hiver, couvrant la tête, les épaules, et allant jusqu'à la ceinture. || i° Petit manteau tombant des épaules à la ceinture, que portent par-dessus le rochet les évêques et autres ecclésiastiques privilégiés. Les évêques étaient en rochet et camail, boss. Leit. Quiét. 4 82. || 3* Terme de blason. Espèce de lambrequin servant à couvrir le casque et Vécu des chevaliers. || Au plur. Des camails.

— HIST. xiv* s. Et voit ses chevaliers bien armés de camail, Guescl. dans baynouard, Lexique. Bertrand tenoit l'espée qui le fer eut tranchant, Au camail lui bouta fièrement en poussant, ducange, camelaueum. Il xv s. Tant s'avança le sire de Langurant [au siège de Duras] que de sa vie il se mit en grand aventure ; car ceux de dedans par force lui arrachèrent le bassinet de la teste atout le camail, froiss. ii, II, 44. Ung camail d'argent de l'ordre de monseigneur d'Orléans, pesant sept onces trois gros, de la- BORDE, Émaux, p. 4 92. Un camail en façon de treliz, et est ledit camail cintré par-dessus de bosselés tant d'or que esmaillées de blanc et de rouge cler, id. ib.

— ÊTYM. Provenç. capmalh, capmail, capmal, eamal; ital. camaglio; de cap, tête (voy. chef), et mail, armure (voy maille) : proprement une armure de tête, puis un vêtement de tête.

CAMALDULE(ka-mal-du-l'),ï.m. Hl" Rehgieux d'un ordre monastique fondé, à la fin du x" siècle, par saint Romuald ; l'habit est blanc ; la règle est celle de saint Bernard. Ragotzi s'était retiré aux camaldules de Grosbois, st-sim. 469, 203. || Il y avait aussi des religieuses camaldules. || 2° S. f. Une camaldule, un couvent de camaldules.

— ÊTYM. Camaldoli, localité de la Toscans où l'ordre fut d'abord établi.

t CAMAMOC (ka-ma-ni-ok), s. m. Espèce de manioc qu'on cultive à Cayenne et dans les Antilles, dont on peut manger la racine cuite, sans prépa-

ration préalable, comme les pommes de terre, tandis que les racines de manioc contiennent un suc vénéneux, qu'il faut d'abord extraire.

CAMARADE (ka-ma-ra-d') , s. m. || !• Nom que se donnent entre eux les militaires. Des cainarades de régiment. En avant I partons, camarades, L'arme au bras, le fusil chargé, bérang. Vieux cap. \\ 2" Par extension , substantif des deux genres , celui , celle qui a même vie, mêmes habitudes, mêmes occupations que plusieurs autres personnes. Camarades d'école , de collège, de chambrée. Des camarades d'enfance, des personnes qui se fréquentent depuis l'enfance. Des camarades de bureau. C'est une mauvaise camarade. La taille du maréchal duc de Noailles est assez grande, mais épaisse; sa démarche lourde et forte; son vêtement, uni ou tout au plus d'officier, voudrait montrer la simplicité la plus naturelle ; il la soutient avec le gros de ce que, faute de meilleure expression, on entend par apparence de sans façon et de camarade . ST-SIM. 317, 438. Eh, mon Dieu ! s'écria-t-il, je crois que c'est là Jeannot; le petit homme rebondi ne fait qu'un saut et court embrasser son ancien camarade, volt. Jeannot et Colin. Il Camarade de lit, celui qui couche dans le même lit qu'un autre. Deux soldats qui couchaient dans le même lit étaient camarades de lit. || Fig. Que le bon soit toujours camarade du beau. Dès demain je chercherai femme, la font. Fab. vu, 2. || 3° Populairement , ami. Ils se sont remis camarades. Mon camarade, Tiens, bois rasade, bérangeh, Troub. Il 4° Se dit de ceux qui courent même fortune. Nous avons été camarades d'aventures, d'infortune. Dans ce désappointement il eut bien des camarades. Il 5° Familièrement, en s'adressantà des inférieurs, même inconnus. Mon camarade, enseignez-moi, je vous prie, le chemin de....

— SYN. camarade, compagnon. Camarade est d'origine un terme militaire, et signifie de la même chambrée; de là, figurément, il exprime celui qui a avec d'autres même genre d'occupations ou d'habitudes. Compagnon, qui veut dire d'origine celui qui mange le même pain, n'a point cette particularité de sens; il n'implique pas qu'on soit de même occupation; il implique qu'on accompagne. Ainsi on dit : des camarades de lit, des compagnons de voyage. Vivre d'un même genre de vie pour camarades, s'accompagner pour compagnons, voilà la nuance de sens essentielle entre ces deux mots. Nous disons camarades de collège et non compagnons de collège ; mais au féminin compagnes de pension, de couvent ; cette déviation tient à ce que l'oreille a désiré marquer le féminin que la désinence ne signale pas dans camarade.

— HIST. XVI* s. Ordinairement un capitaine [d'infanterie espagnole] en aura cinq ou six [soldats choisis] qu'il appelle ses camarades, langue, 290. M. de Langey, au lieu qu'il a escrit de la discipline militaire, parle des camarades, qu'il appelle en nostre langue françoise chambrée, et les fait de dix soldats, baillant à l'und'iceux quelque prééminence sur les autres , et le nomme chef de chambre , id. 294. Comba fut pris en la maison d'une vieille qui blanchissoit le linge de sa camarade, qu'il nommoit ainsi à l'hespaignol , carloix, vi, 46. Comme estant d'une camerade, et participants à toutes ses entreprises, id. x, 4 4.

— ÉTYM. Espagn. camarada, s. m.; ital. camerala, s. m. de l'espagnol camara, ital. caméra, chambre (voy. chambre) : proprement chambrée, puis, au masculin, celui qui demeure dans la même chambre, camarade. Dans les exemples cités à l'historique, camarade signifie chambrée, et, par extension, homme de chambrée. Camarade est d'origine un terme militaire.

CAMARADERIE (ka-ma-ra-<ie-rie) ,s.f.\\l' La familiarité qui existe entre camarades. Cette camaraderie de vous et de Mlle Duplessis, sÉv. 70. La plupart des liaisons de société, la camaraderie.... tout cela est à l'amitié ce que le sigisbéisme est à l'amour, CHAMFORT, dans le Dict. de dochez. || 2'' Disposition d'esprit qui fait que des écrivains, des artistes qui ont des liaisons entre eux se soutiennent et se prônent mutuellement. Son succès n'est pas de bon aloi, il est dû à la camaraderie. Le premier emploi de camaraderie en ce sens est attribué à H. Delatouche, par Chasles, J. des Débats, 4 5 juillet 4 8GO.

— ÊTYM. Camarade.

CAMARU, ARDE (ka-mar, mar-d'; ledne selle pas : ka-mar et bossu ; au pluriel , semblablement . kamar et bossus; d'autres prononcent ka-mar-z et bossus). Il 1* S. m. et f. Qui a le nez plat et écrasé. Un camard. Une camarde. [j i'Àdj. Un nez camard. C'é-

tait une grosse fille écrasée, brune, laide, camarde. avec de l'esprit, st-sim. 24, 47. L'Egypte.... Dan» sa robe de sable enfonce enveloppés Ses colosses camards, à la face frappés Par le pied brutal de Cambyse.... v. huoo, Yoix, 4. || Dans le style burlesque, la camarde, la mort. Il fut complimenté d'abord Par le Sommeil et par la Mort; Pour lui faire honneur, la camarde, Contre son humeur, fut gaillarde, scareon, Enéide, vi.

— HIST. ivi* s. Mais d'où vient cet orgueil? on ne void par la ville Un plus rogue vilain, qui contreface mieux Depuis un peu de temps le brave et glorieux Que ce petit camard.... tahoubot des accords, Bigarr. Descriptions pathétiques.

— ÉTYM. Même radical que camus.

t CAMARE (ka-ma-r'), s. m. Terme de l)otanique. Fruit aplati et membraneux composé de deux vulves soudées.

— ÉTYM. Katiàpa, vortte.

t CAMARILLA (ka-ma-ril-la), s. f. Coterie de personnes qui approchent du prince le plus près.

— ÉTYM. Diminutif de camara, chambre en espagnol (voy. CHAMBRE).

t CAMARIN (ka-ma-rin), i. m. Espèce de plongeon.

CAMBISTE (kam-bi-sf), s. m. Banquier qui se livre aux opérations de change. || Vieilli. On dit aujourd'hui agent de change.

— ÊTYM. Ital. cambio, change (voy. change).

t CAMBIUM (kan-bi-om'). i. m. || l'Terme de botanique. Suc nutritif, élaboré, destiné à fournir les matériaux de l'accroissement des plantes. || 2° Terme de jardinage. Nom donné aux tissus en voie de formation et étant encore mois et gélatineux.

— HIST. XVI* s. La troisième humeur de nourrissement s'appele cambium, qui est jà changé et agglutiné et peu s'en faut jà tourné en nourrissement, PARÉ, Introd. 6.

— ÉTYM. Bas-lat. cambium, mot qui se trouve dans Amauld de Villeneuve , xiv* siècle (cambium , humiditas manifeste alterata membri continentis complexione); de camht're, changer (voy. changer).

CAMBOUIS (kan-boui ; l'i se lie; kan-bui est une prononciation vicieuse), s. m. Vieux oing qui, employé pour adoucir les frottements d'une roue sur l'essieu, d'une machine, prend le nom de cambouis quand il a été noirci par le frottement et le mélange des parties métalliques. L'huile qu'on met aux roues des voitures devient aussi du cambouis par le frottement. Il Terme de vétérinaire. Matière sébacée qui s'accumule souvent en quantité considérable à l'intérieur du fourreau du cheval.

— HIST. XIV* s. Prenez camboïs, c'est le limon noir qui est aux deux bouts de l'essieul de la charette, Uénagier, n, B. ||xvi* s. Ah 1res orde vieille truande! Vous me baillez du cambouys [vous nie dupez], Farce du meunier de qui le diable emporte l'dme en enfer, Paris, 4834, p. 49.

— ÉTYM. Raynouard le tire du provençal camou, boue, souillure.

t CAMBOUISÊ, EE (kan-boui-zé, zée), adj. Crasseux, en parlant des pièces de la batterie d'un fusil.

fC.\MBRAI (kan-brè), s. m. Sorte de toile de lin très-claire. || Aujourd'hui, dentelle faite à la mécanique et non aux fuseaux; l'imitation, la fausse dentelle.

— ÊTYM. Cambrai, ville où ce tissu se fabrique. t CAMBRE (kan-br') , s. f. Cambrure.

CAMBRÉ, ÉE (kan-bré, brée), part, pcusé. Une

taille cambrée, taille qui présente une concavité en arrière. Jambes cambrées, celles dont la courbure naturelle est exagérée, de sorte que les genoux sont distants l'un de l'autre quand les talons se touchent. On dit dans le même sens qu'un homme est cambré.

t CAUBBËMENT (kan-bre-man) , s. m. Action de cambrer.

CAMBRER (kan-bré), e. o. || 1* Arquer légèrement. Cambrer une pièce de bois. || 2* Se cambrer, V. réft. Devenir cambré. Cette poutre commence à se cambrer.

— HIST. XVI* s. Des astelles cambrées, pour mieux se coucher autour delà jambe, paré, xui, as. Par une violence les os des jeunes enfans se courbent et cambrent, id. xv, 4. Elle se cambre, eu marchant, très-fort, palsor. p. 464. Vous allez en cambrant comme se ce fust ung qui eust les rayai rompus, ID. p. «73.

— ÊTYM. Camerare, voûter, de caméra, voûte, t CAMBRÉ.SINE (kan-bré-zi-n'), s. f. Toile da

lin claire et fine qui se fabriquait à Cambrai

— ETYM. Cambrai, ville où se fabriquait ce lissu.

CAM

t CAMBREUH (kam-breur), t. m. Ouvrier qui cambre les cuir» des souliers.

t CAMBRIKN, lENNE (kan-bri-in, ifc-n'), adj. Terme de géologie. Oui est composé de schiste chloriteui et argileux, reposant sur les micaschistes et les gneiss.

— ÉTYM. Cambria, nom breton du pays de Galles en Angleterre

t CAMBR1I.LON (kan-bri-Uon, 21 mouillées), s. m. Partie du talon d'un soulier.

— ETYM. Cambrer.

f CAMBRIQDE (kan-bri-k' ), adj. Langue cambrique, langue parlée dans le pays de Galles et dite aussi le kymri.

— ÊTYM. Cambria, nom breton du pays de Galles.

CAMBRURE (kan-bru-r') , t. f. £tat de ce qui est cambré. La cambrure d'un soulier.

— ÊTYM. Cambrer.

CAMBUSE (kan-bu-s'), s. f. Terme de marine. Endroit où l'on distribue les rations à l'équipage. Tenir la cambuse. || Très-populairement, se dit, par dénigrement, d'un cabaret de bas étage ou d'une maison mal tenue. Quelle cambuse 1 C'est une vraie cambuse.

— P.TYM. Angl. eaboose; du hollandais kabuys, cuisine de navire marchand. Ce mot paraît ne s'être introduit dans la marine que vers le milieu du xvin' siècle. Il y a dans le Berry cambuse, mauvaise hutte.

t CAMBUSER (kan-bu-zé), v. a. Terme de marine. Nettoyer une futaille.

CAMBUSIER (kan-bu-7.ié ; l'r ne se lie jamais) , s. m. Terme de marine. Celui qui , à bord d'un vaisseau, est chargé de la distribution régulière des vivres à tous les gens de l'équipage.

— ÊTYM Cambuse.

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