‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 336 sur 504 · CAME (ka-m') , s. f. Voy. chame · texte numérisé non relu

CAME (ka-m') , s. f. Voy. chame

t 2. CAME (ka-m'), s. f. Terme de mécanique. Sorte de dent appliquée à l'arbre d'une machine, ou taillée dans cet arbre pour servir à soulever un pilon.

CAMÉE (ka-mée), s. m. Pierre ou, par abus, coquille (car il y a des camées en coquillage) qui, composée de différentes couches, est sculptée en relief. Un camée monté en bague. |{ Terme de peinture. Grisaille imitant le camée.

— ÉTYM. Ital. cameo; bas-Iat. eamxtis; du basgrec, xâgiaTov, œuvre, travail, xapitâvvEiv, travailler, xo(iwTixèv, ouvrage fait à la main, Xi8oxa|jiM- (levo;, orné de pierreries, xoiieiov, atelier d'ouvrier en fer, du grec classique xôiiveiv, se donner de la peine. Camée, signifiant en général chose faite par la main, a pris, ce qui arrive souvent aux mots généraux, un sens particulier.

t CAMÉLÉE (ka-mé lée), s. f. Petit arbrisseau du midi de l'Europe regardé à tort comme un purgatif drastique (cneorum tricoccum, L).

— ÉTYM. Xa(iÉXaia, de x«|Aai , à terre , et i'kaia, olivier.

CAMÉLÉON (ka-mé-lé-on), s. m. 1| !• Espèce de lézard auquel ou attribuait la faculté de changer de couleur selon les objets qui l'entouraient. Mais jugez la querelle Sur le caméléon; sa couleur, quelle est-elle? Monsieur veut qu'il soit vert; moi je dis qu'il est bleu. Soyez d'accord, il n'est ni l'un ni l'autre. Dit le grave arbitre, il est noir: X la chandelle hier au soir Je l'examinai bien, je l'ai pris, il est nôtre. Et je le tiens encor dans mon mouchoir.... Il ouvre le mouchoir, et l'animal .sort blanc, lamotte, Fabl. ii, 9. || Fig. Celui qui change indifféremment pour complaire à qui peut sen'ir ses intérêts. Des caméléons politiques. Je définis la cour un pays où les gens. Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents. Sont ce qu'il plaît au prince, et, s'ils ne peuvent l'être, Tâchent au moins de le paraître; Peuple caméléon, peuple singe du maître, LM-om. Fab. vm, <3. || 2" Terme de chimie. Caméléon minéral, permanganate de potasse, composé qui prend différentes nuances, suivant qu'on le traite par l'eau, les acides, etc.

— HIST. xiv s. Etseroit ainsi un homme beneuré «emblable, quant à ce, à une beste appellée caméléon, ORESME, Éth. 23.

— ÊTYM. Xct(iaiXÉwv, de xojial, à terre, etXéuv, lion : lion terrestre.

+ CAMeLÉONIEN(ka-mé-lé-o-niin), t. m. Terme de zoologie. Nom d'une famille de lézards dont le c*méléon est le type.

CAMÊLÊOPAKD(ka-mé-lé-o-par), t.m.Voy. ca- " * r^^ue ^™*'*Pard est une corruption du mot. t^MELLV (ka-mé-li-a), ». m. Voy. camf.lua, mpilleure orthographe.

CAM

t CAMÊLIEN (ka-mé-liln), *. m. Nom des ruminants semblables au chameau.

— ÊTYM. Camelus, chameau.

CAMELINE (ka-me-li-n') ,s.f.\\l' Terme de botanique. Plantecrucifère {myagrum sativum , L.) , dont les semences fournissent une huile grasse bonne à brûler et dite improprement huile de camomille. Il 2' Sorte d'ancienne sauce.

— HIST. xiv s. Au saussier, une quarte de cameline pour le disner, Ménagier, ii, *. Ouiconques s'entremettra de faire sauce appelée cameline, qu'il la fasse de bonne cannelle, bon gingembre, bons doux de girofle, du cange, eamelolum. \\ xv s. Dedans l'amoureuse cuisine.... Saulce ne faut ne cameline Pour jeunes appetiz nouveaulx, ch. d'orl. Hond.

— ÉTYM. La sauce est dite sans doute de la plante, et la plante de quelque assimilation au camelin, qui a été un des noms du camelot.

t CAMELLE (ka-mè-l'), s. f. Pyramide formée dans les marais salants pour laisser égoutter le sel.

t CAMELLIA (ka-mè-li-a),î. m. Bel arbuste d'ornement, de la famille des théacées {camellia japonica, L). \\ Au plur. Des camellias.

— ÉTYM. Le P. Camelli, qui l'a introduit du Japon en Europe.

CAMÉLOPARD (ka-mé-lo-par),s. m. Girafe. Vieux.

— ETYM. KaiiTiXouâpSaXii;, de xi|i7)Xoç, chameau (voy. ce mot), et nàpSoXii;, panthère : parce que la girafe est tachetée comme la panthère.

t CAMÉLORNITUE ( ka-mé-lor-ni-t'), s. m. Terme de zoologie. Nom des oiseaux semblables à l'autruche.

— ÉTYM. K(4[iriXo<;, chameau, et Spviç, oiseau. CAMELOT (ka-me-lo ; le t ne se lie pas dans le

parler ordinaire), s. m. Etoffe de poil ou de laine, mêlée quelquefois de soie en chaîne. || Proverbe. Il est comme le camelot, il a pris son pli, c'est-à-dire il est incorrigible.

— HIST. xm' s De camelin pour la poussière

Avoient clokes [vêtements] paringaus [semblables],

Bl. et Jehan, 6436 Huit aunes d'un camelin

gris, lîrunetetgroz, d'un pauvre pris, ruteb. ii, 74. Vous estes filz de vilain et de vilaine, et avez les.sié l'abit votre père etvostre mère, et estes vestu de plus riche camelin que le roy n'est, joinville, i96. Je le vi aucune foiz en esté, que, pour délivrer sa gent, il venoit au jardin de Paris, une cote de chamelot vestue, iD. < »». Il xvi* s. On met sous le malade une pièce ou de maroquin, ou de camelot, ou de bougran, estoffes qui ne retiennent que bien peu la chaleur, paré, xxi, 2. Quant au poil de chèvre, peu ou point d'estat n'en est fait de pardeçà, estant le propre du Levant et de la Barbarie, que d'en faire des camelots, o. de serres, 328.

— ÊTYM. Espagn. camelote ; bas-lat. camelotum, camalaucum, camelinum;' àe camelus, chameau (voy. ce mot) : à cause que cette étoffe était faite de poil de chameau.

t CAMELOTE (ka-me-lo -t'), s. f. Ouvrage mal fait; marchandise de mauvaise qualité. Mot du langage populaire, ainsi dit parce que le camelot était une étoffe de médiocre valeur. || Adjectivement. Ahl sarpejeu I mon ami , quel mariage camelotte j'allais faire, cogniard frères et bouhdois, Le monde camelote, m, t«.

— ÊTYM. Camelot.

t CAMELOTER (ka-me-lo-té). || 1» F. a. Imiter le camelot. || 2° V. n. Fabriquer de mauvaises marchandises. Il Marbre cameloté , voy. marbre.

— HIST. XVI' s. Le ventre [chez les femmes après l'accouchement] se camelote et ride.... bouchet, Serées, liv. n, dans lacurne.

— ÉTYM. Camelot et camelote.

t CAMELOTIER (ka-me-lo-tié), s. m. Sorte de papier très-commun.

tCAMELOTINE(ka-me-lo-ti-n'), s. f. Étoffe ondée comme le camelot.

t CAMÉRA-LUQDA (ka-mé-ra-lu-si-da), *. f. Terme de physique. Instrument d'optique, dit aussi chambre claire, qui, servant à dessiner, permet de voir en même temps les objets et le papier.

— ÉTYM. Caméra, chambre, et lucida, lucide, claire.

CAMÊRIER (ka-mé-rié) , s. m. Officier de la chambre du pape ou d'un cardinal. Le cardinal de Janson arriva le 8 septembre à Versailles, et avec lui l'abbé de Barrière, camérier dupape, st-sim. 50, 83. On fut bien étonné de voir un camérier du pape qui ordonna à Charles VIU de retirer ses troupes, volt. Mœurs. <07 •

— ÊTYM. Ital. eamerterc, de caméra, chambre (voy. ce mot) ; provenç. camarier. >

CAM

t CAMÉRIËRE (ka-mé-riê-r^, i. f. Voy. camk-

BISTE.

t CAMÉRISIER (ka-mé-ri-rié), t. m. Nom d'un arbrisseau (lonicera biflora, L.).

CAMÉRISTE (ka-mé-ri-sf), «. f. Dame de chambre d'une princesse ou d'une femme titrée.

— REM. Beaumarchais écrit camariste selon le mot espagnol camarista : Il vous manquait de vous adresser, sans respect pour votre marraine, k sa première camariste, Le mar.de Fig. i, 9.

— HIST. xvi* s. Ils se mirent avec d'autres patrias [compatriotes] cameristes [camarades de chambre] près du Bœuf couronné, desper. Contes, lxxiii.

— ÉTYM. Ital. camerista, de caméra, chambre (voy. ce mot).

CAMERLINGAT (ka-mèr-lin-ga) , t. m. Dignité de camerlingue.

CAMERLINGUE (ka-mèr-lin-gh'), s. m. Cardinal qui préside la chambre apostolique, et exerce l'autorité temporelle dans l'intervalle entre la mort d'un pape et l'élection d'un autre.

— ÉTYM. Bas-lat. camerlengus, tamarlengus ; ital. camerlingo, camarlingo; de caméra, chambre; le même que chambellan (voy. ce mot).

t CAMÉRONIEN, lENNE (ka-mé-ro-niin , niè-n'), s. m. et f. Membre d'une secte protestante fort rigide, en Ecosse.

— ÉTYM. Cameron, nom propre.

t CAMÊRULE (ka-mé-ru-1'), s. f. Terme de botanique. Petite' loge.

— ÊTYM. Diminutif de caméra (voy. chambre).

\. CAMION (ka-mi-on), *. m. Epingle très-petite. Eh! non, monsieur, je vous dis une grosse épingle, et vous me présentez un camion, p. de KOCK et L. THiBousT, Une maltresse bien agréable, se. 10.

— ÉTYM. Origine inconnue.

2. CAMION (ka-mi-on), *. m. || 1» Charrette dont les roues ont très-peu de hauteur. || 2° Vase déterre pour délayer du badigeon. || 3° Petite tète de chardon à carder. || 4° Sabot d'enfant.

— HIST. XIV* s. Chamion, du cange, campolus. Il XV' s. Le suppliant chargeoit la dite terre en un gomion que le filz de Pierre faisoit mener à son cheval, id. tb.

— ÊTYM. Dans le lexique de Cqrblet il est dit que camion est un mot picard passé dans le français. Du reste il est ancien dans la langue et d'origine inconnue. Campolus elcamuleus, mots du bas-latin qui signifient chariot, porteraient à croire que dan.sces mots est un radical cam, peut-être le latin cama, lit très-bas, d'où l'espagnol cama qui a la même signification et de plus celle de fond d'un chariot. X cela se rapporterait aussi le chamuleus d'Ammien Marcellin, sorte de traîneau, de voiture très-basse.

i CAMIONNAGE (ka-mi-o-na-j') , f. m. Transport par camion; frais de cette opération.

— ÊTYM. Camion 2.

t CAMIONNER (ka-mi-o-né) , ». o. Transporter sur camion.

— ÉTYM. Camion 2.

CAMIONNEUR (ka-mi-o-neur), s. m. Celui qui conduit ou qui traîne un camion.

— ÊTYM. Camion 2.

CAMISADE (ka-mi-za-d'), s. f. Attaque de nuit, dirigée ordinairement contre une ville Ou un lieu fortifié. Il II vieillit.

— HIST. xvi* s. Tout consterné de cette camisade qu'on venoit de donner à ses troupes, Mém. sur Duguesclin, ch. xxxi. Et combien qu'ordinairement on ne vist gueres donner de camisades aux armées, d'autant plus faciles à exécuter estoyent-ellespource qu'on s'en gardoit moins, langue, 567. Au siège de Vulpian, en 1585, le baron de Chipy fit mettre en camisade ses soldats, et à coup perdu se jetta dans le fo.ssé, montluc, Mémoires, t. i, p. B35, dans lacurne.

— ÊTYM. Camisa ou camisia, chemise (voy. ce mot), parce que, dans ces sortes d'attaques, les assaillants mettaient leurs chemises par-dessus leurs armes, pour se reconnaître entre eux, ce que dit Furetière, mais peut-être plutôt parce que cette attaque nocturne surprenait en chemise les assaillis.

CAMISARD (ka-mi-zar; le d ne se lie pas; au pluriel Vs ne se lie pas : les ka-mi-zar insurgés; d'autres la lient : les ka-mi-zar-z insurgés), s. m. Nom donné aux calvinistes insurgés des Cévennes, pendant la persécution qui suivit la révocation de i'édit de Nantes.

— ÉTYM. Camisa ou eamv:ia, chemise (voy. ce mot), pour une raison semblable à celle qui est donnée au mot camisade.

CAM

CAM

CAM

CAMISOI.F,(ka-mi-zn-l'),s. /■. || l'Sorletlevfftcment à manches et court (lui se porte so';s ou sur la chemise. Il 2° Camisole de force, camisole garnie de liens et propre i contenir un malade, un aliéné, etc.

— HIST. XVI' s. Prompt hors du lit ce bon prince sortit, Sa camisole et son pourpoint vestit, bon-

SAFtO, 600.

— ÉTYM. Diminutif de camise, chemise (voy. ce mot); espafïn. camisola.

f CAMME (Ita-m'), s. f. Voy. came 2.

j CAMOIARn (ka-mo-iar) , s. m. Étoffe faite avec le poil de chèvres .sauvages.

CAMOMILLE {ka-mo-mi-ll', Jî mouillées, et non ka-mo-mi-ye), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des radiées, r Camomille romaine (anthémis nnhihs, /,.), plante vivace; les (leurs ont une odeur aromalique; on en fait une infusion. 2° Camomille puante (anthémis cotula, /,.). 3« Camomille pyrèthre (anthémis ptjrethrum, L.) ; la racine excite la .salivation. 4° Camomille ordinaire (matricaria chamomilla, L.). \\ Huile de camomille, huile préparée en faisant digérer dans de l'huile des fleurs sèches de camomille, et difîéreiite de l'huile extraite des semences de cameline, dite improprement huile de camomille.

HIST.xvi' s. Huile de camomille, pAai5, v, 12.

Camomille, il y a de trois sortes de ceste herbe, différentes en leurs fleurs . aucunes les aians blanches, les autres jaunes, purp\irées, o. de serres, flî7.

— f.TYM. Génev. camnmile, camomile; provenç. eamomilla; espagn. camomila ; ital. camomitla; par corruption yiom cham,rmeJon, dugrec yaixai|j.»i- )iov, dey«iJ.œi, Merre.et [;.-ii),ov, pomme, à cause de l'odeur de pomme des fleurs de Vanthemis.

tÇAMON (sa-mon), odi). erclamalif. Oui vraiment, oui ma foi. Çaraon, vraiment il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles, mol. Bourg, m, 3. Çamon, ma foi, j'en suis d'avis, m. Mal. imag. i, 2.

— HlST. xni" s. Or, n'i a fors que del buchier Nos voisins. — Certes, ce n'a mon, Uaiwf et anieuse, BARBAZAN, lit, 45. || XVI' 5. Si l'on disoit, en oyant un sermon. Il a bien dit, je repondrois : ce a mon, LA REINE DENAVARiiE, le Ùiroir de l'dme pécheresse.

— ÉTYM. Çà et more, particule adverbiale qu'on trouvera à .son rang alphabétique.

CAMOUFLET {ka-mou-fl^ ; le « ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des kamou-fliVz et des rebuffades; camouflets rime avec traits, jamais, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Fumée épaisse qu'on souffle malicieu.sement dans le nez de quelqu'un avec un cornet de papier allumé. Guide de mon esprit follet. Qui surtout chéris le burlesque. Souffle-moi par un camouflet Un style qui soit bien grotesque, scarbon, la Foire St-Germain, 25. Grand nez digne d'un camouflet. Mâchoire à recevoir soufflet, m. dans bichelet. Et toutes les nuits réguli Jreraent ils me donnaient des camouflets qui puaient le soufre, regnard, le Retour impr. se. )3. Il 2° Fig. etfamilii\rement, affront, mortification. La Briffe se lassa des camouflets que Harlay ne lui épargnait pas. st-sim. 17, 262. Vendôme apprit qu'il ne serait plus payé comme général d'armée; le camouflet fut violent, ID. 2)6, 163. Le camouflet des auteurs, titre d'un ouvrage publié dans le xvii' siècle. || 3°Termed'artmilitaire. Nom donné, par une plaisanterie militaire, à un petit fourneau de mine ou fougasse, dont l'effet est d'enterrer le mineur assiégeant dans les déblais et les éboulements dont il est subitement environné.

— HIST. xv s. Oui dormira, qu'on le resveille, Ou qu'on lui donne un chault moufflet, Ou hardiement ung grant .soufflet. Mystère, dans Bibliot. des chartes, l" série, t. ni, p. 459.

— ÉTYM. Wallon, cafouma; génev. camouflet, soufflet. Grangagnage admet un verbe wa'lon kifnumer, kafoumer, do la préposition ka, ki, équivalente au préfixe con, et fumée : enfumer; d'où le français serait venu par inversion. Il y a aussi l'italien camuffare, embéguiner, qui se prêterait à ime étymologio. Mais ni l'un ni l'autre ne s'accommodent à chaud moufflet, du xv" siècle, qui semble composé de chaud et d'un diminutif de mufle ou moufle, et dont on a fait ca-mouflet.

t CAMOURLOT (ka-mour-loi, s. m. Mastic servant i\ remplir les joints des dalles et des carreaux.

CAMP (kan ; le p ne se lie pas : le camp ennemi , dites : le kan ennemi ; du temps de Chiffiet, xvii* siècle, ce p se liait, il en fait la remarque; au pluriel Vs se lie"- les cxmps ennemis, dites : les kan-z ennemis), s. m. Il i' F.space de terrain ofi une armée dresse ses tentes. Déterminer l'emplacement d'un camp, établir ou asseoir son camp. Il leva le camp sans bruit. Forcer le camp ennemi^ .s'emparer du camp del'en-

nemi. Rome est dans notre camp, et notre camp dans Rome, corn. //or. i, 3. |] Familièrement. Lever le camp, partir, déguerpir. || 2° L'arméecam- ])ée. I.e camp prit les armes. Abandonner mon camp en est un [crime] capital, corn. Nicnm. n, 2. D'un camp prêt à partir vous entendez les cris, RAC. Mithr. m, B. Vois comme tout le camp s'oppose h notre fuite, ID. Iph.v, ). Fn son camp on ne connaît pas les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables, boss. Aoûts de Jtnurbon. || Mettre l'alarme au camp, donner l'alerte ,"1 une troupe campée, et, figurément, inquiéter un parti, une coterie, etc. Oh! dit-il, j'en fais faire autant Qu'on m'en fait faire I ma présence Effraye aussi les gens! je mets l'alarme au camp! Et d'où me vient cette vaillance? i.A font. Fables, ii, <4. Il Camp volant, troupe légère qui tient la campagne pour observer l'ennemi. || Fig. Être en camp volant, n'être pas casé d'une manière définitive. || Camp de manfipuvre. camp établi pour l'instruction des troupes. Il Lit de camp, petit lit qui se démonte et que l'on transporte où l'on veut. Je reviens aux petites choses, des toilettes, des lits de camp, des services de vaisselle de vermeil doré et d'argent [dons de Louis XIV pour l'expédition de Jacques II en Irlande] . sÉv. 525. Il En un autre sens, lit de camp, lit de corps de garde, c'est-à-dire plancher élevé et incliné, sur lequel on met des matelas, et où l'on couche l'un i côté de l'autre. I| 3° Une armée quelconque. J'ai rejoint de mon camp les restes séparés, rac. Mithr. II, 3. Il 4° Auplur. Armes, guerre. Homme plus utile dans les camps. La vie des camps. ||8"Fig. Parti, faction. Se partager en deux camps. Il avait été dans notre camp. Nous nous sommes jetés dans le camp d'Aristote. Il sépare sans balancer sa sneur du camp du Soigneur, mass. Panég. Saint Bernard. Il 6" Maréchal de camp, anciennement, maréchal des campset armées du roi, officier du grade immédiatement supérieur à celui de colonel; aujourd'hui, maréchal de camp, général de brigade qui commande un département. || Aide de camp, officier d'ordonnance attaché à un officier général. || 7° Lice, champ clos. Demander le camp. Donner le camp. Juge du camp. Il Familii'rement. Prendre lecamp, déguerpir. Il 8° Dans certaines parties de l'Asie, quartier assigné aux étrangers qui viennent faire le commerce.

— HIST. XTi" s. Servez le bien, l'onor dou camp aurez, Bnne. il. || xvi' s. Une heure après le camp partit, LANOUE, 567. Le camp du roy se mit à le suyvre, m. 5!>|. Il attendit que les fruicts et les raisins y eussent mis la maladie de camp, d'aub. Hist. i, 236. Il lui envo'a sur les bras un camp volant.... id. ih. n, 201. Ouoi qu'on die, il n'y a pas aullre vaillance sur le pavé, et aultre au camp, mont, ii, 7.

— f.TYM. Prononciation picarde pour champ(vctT: ce mot), laquelle a pris dans la langue commune une acception spéciale : ce qui est arrivé souvent.

CAMPAGNARD, ARDE (kan-pa-gnar, gnar-d'; le d ne .se lie pas : un kan-pa-gnar et sa femme; au pluriel \'s ne se lie pas : des kan-pa-gnar et leurs femmes; cependant d'autres lient cette s ; des kanpa-gnar-z et....). || 1° Adj. Oui vit ou demeure ,\ la campagne. Gentilhomme campagnard. || Rustique. Un air campagnard. Des manières campagnardes. \\i°S. m. et f. Un campagnard, une campagnarde, un homme, une femme delà campagne. Les moeurs simples des campagnards. Là je trouvai d'abord pour toute connaissance Deux nobles campagnards, grands lecteurs de romans. Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments, boil. Sat. m. || Un bon campagnard, un homme de la campagne qui jouit d'une certaine aisance. |{ Dans un sens péjoratif, un campagnard, une campagnarde, homme, femme dont les manières sont rustiques, grossières, midadroites. Il a épousé une grosse campagnarde. Quel campagnard ! Nous déjetinions en hâte avec quelques œufs frais, Lorsqu'un franc campagnard avec longue rapière. Montant superbement sa jument poulinière, Qu'il honorait du nom desabonne jument. S'en est venu nous faire un mauvais compliment, MOL. Fâch. II, 7.

— Rtym. Campagne.

CAMPAGNE (kan-pa-gn') , s. /•. || 1» Grande étendue de pays plat. Campagnes immenses. Errer dans la campagne. L'aurore trouve déjà le berger en pleine campagne. Sacrovir range son armée en liataille dans une rase campagne, perrot. Tac. (64. || En campagne, en course dans la campagne ou ailleurs. Allons, chasseur, vite en campagne. Du cor n'entend.s-tu pas le .son? uKrano. D. chas.'ie. Il n'est en campagne de si bon matin que pour visiter quelques postes, hamilt. Cramm. 5. Le bruit cesse, on .se retire : Rats en campagne aussiiflt. la font.

Fah. 2, ». Ces pauvres gens attendent le mardi jusqu'à dix heures du soir; et, quand ils sont tous retournés chacun chez eux, nous arrivons paisiblement le mercredi, sans .songer qu'on eût mis une armée en campagne pour nous recevoir, sfiv. 57. Il Fig. et familièrement. En campagne, en train, en mouvement pour découvrir ou obtenir quelque chose. Son imagination est en campagne, il .s'inquiète, sa tête travaille. Il y a quelque amour en campagne, mol. le Bourg, m, 7. Mettons la bravoure en campagne, m. l'Étour. m, B. Il met en campagne son expérience et son industrie, HAMILT. Gramm. 8. Le dépit se mit en campagne pour désunir les cœurs, m. i6. (t. On croit qu'il y a quelque ambassade en campagne, S!>.v. 430. "Tous les dévots furent en campagne, ID. 368. Je me met» en campagne, je vais à l'un, je vais à l'autre, ii). <06. On met ses amis en campagne, id. 53). Tous les esprits .sont en campagne, in. 281. Théramèiie était riche et avait du mérite; il a hérité; il est donc très-riche et a un très-grand mérite, voilà toutes les femmes en campagne pour l'avoir pour galant, et toutes les filles pour épouseur, la bbuy. 7. Il Prendre la campagne, s'en aller dans les champs. Il se veut battre et monte achevai, et prend la campagne, SÉv. <74. Il Terme de guerre. Tenir la campagne, résister à l'ennemi sans être contraint de so retrancher. Des armées qui tiennent la campagne, LA BRUY. )0. Il Par extension. Nous nous voyons obligés mon frère et moi à tenir la campagne, mol. Fest. de P. m, 5. || Être maître de la campagne, occuper le pays sans que l'ennemi ose sortir île ses places. Quitter la campagne, se réfugier dans les endroits fortifiés. Où nous forçons les siens de quitter la campagne, corn. Sert, i, 2. \\ Au fig. Je vois bien par laque vous êtes les maîtres de la campagne [que vous avez l'avantage], pasc. i'roi). B Il Battre la campagne, la parcourir, pour faire lever le gibier ou pour éclairer la marche d'une armée. || Au fig. Battre la campagne, divaguer, s'éloigner de son sujet, chercher des faux-fuyants; avoir le délire. Quel esprit ne bat la campagne? Oui ne fait châteaux en Espagne? la font. Fab. vit, )0. Des raisons qui ne feront que battre la campagne, MOL. les Fourb. ii, 8. Autant vaut employer le babil à des sujets utiles' qu'à battre sans raison la campagne,!, j. Bouss.//^/. vi, )). 11 se met à battre la campagne et à vous accabler de questions, ru. Km. m. Ivre de Champagne, Je bats la campagne, bSbang. Cncag. || 2° Les champs en général. Us vantaient les richesses de leurs campagnes. Dévaster les campagnes. La campagne est couverte de neige. Mes fenêtres donnent sur la campagne. || Fig. et poétiquement. Les campagnes de 1 air, l'air ou les airs. Puis comment pénétrer jus<iuesà notre monde? Comment percer des airs la campagne profonde? LA FONT. Fab. viit, )«. Il S" La campagne, par o\yposition à la ville. Les gens de la campagne. Les travaux de la campagne. Biens de campagne. Petite maison de campagne. Aller à la campagne. Être à la campagne. Je veux élever Emile à la campagne, loin de la canaille des valets, J. j. bouss. Ém. ji Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville. Et contre eux la campagne est mon unique asile, boil. Ép. VI. Je suis venu à la campagne, ine dit-il. pour faire plaisir à la maîtresse de la maison, avec l.iquelle je ne suis pas mal, MONTEso.y.f». pers. 48. Il Faire une partie de campagne, aller parpartiede plaisir dans la campagne. || Curé, gentilhomme, médecin de campagne, curé, gentilhomme, médecin qui résident à la campagne. || Habit de campagne , habit que l'on porte quand on est à la campagne. Avoir osé se montrer à la cour en habit de campagne, HAMILT. Cramm. 4. || Comédiensde campagne, comédiens (|ui ne jouent qu'en province. Cela s'entend prix pour prix et sans faire comparaison de deux comédiens de campagne àdeux Romainsde ce calibre-là, scARRON, Bom. corn. ch. <«. || 4° Mouvements de troupes qui commencent et poursuivent des opérations de guerre. Arrêter un plan de campagne. Ouvrir la campagne. Il a fait la campagne d'Egypte. Dès celte première campagne, après la prise de Thionville, digne prix de la victoire de Rocroy, il passa pour un capitaine également redoutable dans les sièges et dans les batailles, boss. Louis de Bourbon. Croyez-vous que la reine put être en repos dans ces fameuses campagnes qui nous apportaient coup sur coup tant de surprenantes nouvelles? iD. Marie-Thér. \\ Pièces de campagne, artillerie assez légère pour suivre ur.eiiiTiee en campagne. Les canons de campagne. On dit de même : four, forge de campagne. || 6" Le temps que, dans l'année, dure une expédition militaire. ÏA cara-

CAM

pagoe son longue cette année. C'est ma premilre campagne. Ce fut la troisième bataille de cette campagne. 11 y a eu deux campagnes cette année. Encore une campagne, et nos seuls escadrons Aux aigles de Sylla font repasser les monts, corn. Sertor. n, 2- Il n'est pas aisé de comprendre qu'avec tant d'incommodités il puisse faire une campagne, .sUv. 6*». Avec la satisf.icliou d'avoir fait la plus heureuse campagne qui fut jamais, ID. 48B. || Fig. M. de Coulange a fini sa campagne, Riîv. 308. Vous avez fait une rude campagne dans l'Iliade, et vous nous eu avez parlé fort plaisamment, id. 34b, || Familièrement et ironiquement. Il a fait une belle campagne, il a fait une belle équipée, ou ses démarches ont été inutiles. 1| 6° Terme de jeu. A la bassotte et au l'haraon, jiaroli de campagne, paroli marqué par tricherie; au trictrac, case de campagne, case qu'on n'avait pas le droit de faire. || 7° Saison des travaux de cerUiins états. Celte maison sera bUtie dans trois campagnes. Le beau temps a remis tous mes ouvriers en campagne, sÉv. 02. || 8" Voyage sur mer. Vous me confirmez dans la résolution que j'ai prise de m'appliquer fortement, cette campagne, h la conversion des matelots, d'estbées à Seignelay, dans JAL.

— REM. Aujourd'hui on dit : je suis à la campagne, et non je suis en campagne ; je vais à la campagne, et non je vais eu campagne. On réserve en campagne pour exprimer un mouvement soit physique soit moral, et, particulièremeut, un mouvement de troupes; autrefois cette distinction n'existait pas; les meilleurs écrivains disaient en campagne ce que nous disons à la campagne. Une petite maison qu'il avait en campagne, hamilt. Gramm. 4. Se trouve-t-il en campagne, la bruy. U. Le printemps n'est pas si agréable en campagne que tu penses, J. J. houss. lUl. i, 7. l'romenoz-vons en campagne avec ces deux .sortes d'hommes, id. ib. 4.

— HIST. XII" s. Si 's [il les] jeta en champaigna del llum Jurdan, Rois, 267. E dist li reis qu'il se tapireit as champaignes del désert, ib. 170. || xiu's. Lors fist les batailles ordener parmi la champaigne, VU.LEII. Lxxx. De'dras d'or et de soie la champaigne resplent, Berte, c.xxxiii. Par ci trespasse une compaingne [compagnie] Qui vient parmi ceste champaingne, lien. 2460. || xv° s. On trouva aucuns hamelets ars, et aucunes champagnes où il avoit blés et prés, FROiss. i, i, 40. || xvi" s. L'artillerie de campagne seroit de vingt canons, langue, 422. Ceste armée estant ainsi disposée, à mon avis pourroit, en campagne rase, se présenter devant la puissance des Turcs, ID. 427. Le temps de se mettre en campagne estant venu, l'armée.... in. 437. Ceux qui s'y adonnent ont aussi une spatieuse campagne pour y promener leurs esprits, io. 638. iNos chefs vouîoyent faire marcher après deux cens chevaux pour se rendre maistres de ceste campagnette [petite plaine], par laquelle il falloit passer avant qu'arriver aux maisons, id. 082. Le peuple de Berne avait tant d'aversion pour les fortifications, et estoit tellement infatué de ses forces de campagne, que. ...d'aub. Vie,

— ÉTYM. Bourguig. campeigne; Saintonge, Champagne, pays de plaine; espagn. campaùa; ital. campagna; de campus, champ (voy. ce mot). Campagne est la prononciation picarde de Champagne, qui , comme on voit, veut dire plaine.

CAJIPAGXOL- (kan-pa-gnol), s. m. || 1° Terme d'histoire naturelle. Petit rat des champs {mus arvalis,L.) à pelage d'un jaune brun. || 2° Campagnol volant, espèce de chauve-souris.

— ÉTYM. Campagne.

i CAMPAGNOULE (lcan-pa-gnou-1') , s. f. Nom vulgaire do plusieurs espèces d'agarics.

— ÉTYM. Ce mot semble une autre forme de champiqnnn.

t CAMPAN (kan-pan), s. m. Nom d'un marbre des Pyrénées qui se tiouve dans la vallée de Campan, près de Bagnères de Bigorre.

tCAMPANACÉ, ÊE ( kampa-Tia-sé. sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une cloche.

— ETYM. Campana, cloche (voy. campane).

CAMPANE (kan-pa-n') , s. f. || l» Tenture de soie,

o argent filé, etc. ornée de petites cloches de môme matière. Campane de lit, de carrosse. || 2° Terme a architecture. Ornement de sculpture à houppes en forme de clochettes. Une campane pour un dais 0 autel. Il Le corps, en forme de cloche renverse, oes Chapiteaux corinthien et composite. |1 Ornement dep omb chantourné, placé au bas du falleou dubri- Z^, T. T"^- ' *" ^''^uaière pour cuire le savon, ainsi due de sa forme, jl 4- Terme de vétérinairel

CAM

Tumeur arrondie qui se développe au jarret du cheval.

— HIST. xiir s. Quand il ont le convers oï. Durement furent esbahi Qu'il n'orent oï soner cloche Ne champenelle, ne reloge [horloge], ruteb. 3I6. Il XIV' s. Les cloches furent premiers trouvées en la région de Campanie, en françois nommée Champaigne, en la cité de Noie, et pour ce aucuns les claimentcampanes, DE LAUORDE, Émaui, p. 193. || xv's. On .sonne au matin la campane du consistoire, Fiioiss. III, IV, 67. Assis de broJures avecques multitude de campanettes d'argent qui moult donnoient du bruit, chastelain, Chr. des ducs de Bourgogne, ("part. ch. 4. Il xvr s. L'ennemy meit toutes les campanes des muUets dans les coffres, et sans sonner trompette ni tabourin deslogea, m. dubell. 444.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. campana, cloche; d'après les étymologistes, de la ville de Nola en Campanie, où l'usage des cloches s'établit d'abord (la Campanie fut ainsi appelée à cause de ses plaines ou campagnes ; voy. ce mot ). Mais la plus ancienne mention de campana est dans Isidore, avec le sens de plateau de balance, et avec la note que la campane est un genre de balance inventé en Campanie; de sorte que, vraisemblablement, le plateau de balance est ce qui, par assimilation d'ustensile métallique, a donné le nom à la cloche.

t CAMPANELÉ, ÉE ( kan-pa-ne-lé , lée), adj. Ternie didactique. Qui a la forme d'une petite cloche.

— ÉTYM. Campanelle, diminutif de campane, cloche (voy. campane).

t CAMPANELLE (kan-pa-n W) , s. f. Un des noms du liseron et du narcisse.

— ÉTYM. Diminutif de campono, clochette.

t CAMPANETTE (kan-pa-nè-f) , s. f. Voy. campanelle.

t CAMPANIFLORE (kan-pa-ni-no-r'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs en cloche.

— ÉTYM. Campane ei fleur.

t CAMPANIFOUME (kan-pa-ni-for-m'), adj. Terme didactique. Qui est en forme de cloche.

— ÉTYM. Campane et forme.

CAMPANILE (kau-pâ-ni-1'), s. m. et selon quelques-uns CAMPANILLE (kan-pa-ni-U', Il mouillées), s. f. Clocher à jour; petite tour ouverte et légère, souvent isolée, servant de clocher. Le campanile de Florence. Le campanile de S. -Marc à Venise.

— ÉTYM. Bas-lat. campanile ou campanillum, de campana. cloche (voy. campane).

t CAMPANULACÉ, EE (kan-pa-nu-la-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'une clochette. Il S. f. Campanulacées, nom d'une famille de plantes dont la campanule est le type. .

t CAMPANDLAIRE (kan-pa-nu-lè-r'), adj. Même sens que campanulacé.

CAMPANULE (kan-pa-nu-V), s. f. Terme de botanique. Genre très-nombreux de plantes de la famille des campanulacées, ainsi nommées parce qu'elles ont la fleur en forme de clochette.

— HIST. XVI' s. La campanula, ainsi ditte en italien, florit tous les jours, chascun produisant abondance de fleurs nouvelles, de couleur bleue, o. de SERRES, BC2. Plusiours racincs d'herbes médicinales, comme buglosse, ciohorée, angeUca, campane, se laissent manger appareillées en confiture, ID. 808.

— ÉTYM. Diminutif de campana, cloche (voy. campane).

CAMPANULE, ÊE(kan-pa-nu-lé,lée), od/. Terme de botanique. Qui est en forme de clochette. Corolle campanulée.

— ÉTYM. Campanule.

I CAMPANULIFLOUE (kan-pa-nu-li-flo-r') , adj. Terme de botaniijue. Qui a la fleur en forme de clochette.

— ÉTYM. Campanule , et /!os, fleur.

t CAMPE (kan-p'), s. f. Sorte de droguet en façon de drap.

CAMPÉ, ÉE (kan-pé, pée), part, passé. \\ i° Armée campée sur le bord du fleuve. || 2° Fig. et familièrement. Bien campé sur ses jambes, ou simplement bien carupé, qui se tient bien, qui est bien bâti. Il Un homme bien campé, un homme qui est dans une bonne position de fortune, de réputation, etc. Il Terme de manège. Cheval campé, cheval qui se tient de façon que le bipède antérieur ou postérieur, ou les deux à la fois s'éloignent du centre de gravité.

CAMPËCHE (kan-pê-ch') . s. m. Arbre d'Amérique dont le bois fournit une belle teinture rouge. Les Anglais coupaient du bois de campèche dans les forêts du roi d'Espagne aux Indes, st-sim. 461, 68.

— ÉTYM. La baie de Campèche, au Mexique. CAMPEMENT (kan-pe-man) , *. m. || 1» Action de

camper. L'art des campements. Effets de campe^ ment, les objets qui sont nécessaires k une troupe qui campe. Le prince, par son campement, avait mis en sûreté non-seulement toute notre frontière mais encore tous nos soldats, Boss. Louis de Bourbon. Les campements de César firent son étude ; je me .souviens qu'il nous ravissait en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce fameux capitaine, par l'avantage des postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés à poser les armes sans combats.... m. ib. \\ 2" Journée de marche au bout de laquelle on campe. L'ennemi, que rien n'arrêtait , n'était plus qu'à deux campements de la ville. || 3° Détachement chargé de préparer le campement.

— HIST. XVI' s. Le roi voulant voir de plus, près la campement du duc, d'aub. Hist. m, 266.

— ÉTYM. Camper.

t CAMPÉPUAGE (kan-pé-fa-j'), s. m. Terme de zoologie. Autre nom des échenilleurs ou oiseaui qui mangent les chenilles.

— ÉTYM. Kà|niTi, chenille, et çaiY^îv, manger. CAMPER (kan-pé) , V. n. || 1» Être établi dans un

camp. L'armée campait aux portes de la ville. Bien camper, bien choisir à chacun son emploi, corn. Sert, ui, 2. Il 2° Fig. Séjourner temporairement. Mes gens sont occupés à déménager; j'ai campé dans ma chambre, sév. 368. || Familièrement. Il campe, c'est-à-dire il n'a pas de domicile, il déloge souvent. 113° Y. a. Établir dans un camp. Près de la Mehaigne, et vers les sources de la petite Ghette, le maréchal de Villeroi avait campé son armée, VOLT. Louis XIV, 20. Il 4° Familièrement, placer, mettre. 11 campa son chapeau sur sa tête, et partit. Quelqu'un n'a-t-il point vu Comme on dessine sur nature? On vous campe une créature. Une Eve ou quelque Adam.... la font. Cas de consc. Il Familièrement. Camper là quelqu'un, l'abandonner, le laisser dans l'embarras. || B- Donner, attribuer. Vous me la campez belle. 11 m'a iallu livrer bataille, sans cela on me campait sur le dos la perte des douze canons, p. l. cour. Lett. l, 4 25. Il 6° Se camper, v. réfl. S'étabbr en un camp. Aussitôt qu'Alexandre s'y fut campé. Les Philistins se campèrent à Machmus, à l'orient de Betharen, volt, l'hil. IV, 297. Ici nos gens se campèrent; Et re.space que voilà Nos ennemis l'occupèrent, mol, Âmph. i, i. Il 7" Très-familièrement, se placer, s'instaUer, se tenir. Il se campa dans un fauteuil. Il se campa droit devant moi. Et chacun se campant qui de çà, qui de là, Régnier, Sot. vi. Le jeune homme Se campe en une église, la font. Cand. Mais, ma mignonne, dites-moi. Vous campez-vous jamais sur la tète d'un roi, D'un empereur ou d'une belle? ID. Fabl. iv, 3. L'aragne cependant se campe en un lambris, id. ib. m, 8. || Prendre une certaine pcsture. Il se campe bien.

— REM. Camper se conjugue avec l'auxiliaire aroir quand on veut indiquer le fait même du campement : l'armée a campé hier pour la première fois sur le territoire ennemi; avec l'auxiliaire être quand on veut indiquer l'état : l'armée est campée depuis dix jours sous les murs de cette place.

— HIST. XVI' s. Ils campèrent le long d'une petite rivière, AMY0T,Cam. 32. Vous, dis-je, enorgueilli de forces animées, Auprès de Montcontour campastes vos armées, ronsard, 666.

— ÉTY.M. Camp; bourguig. champai, jeter. Dans le XVI' siècle, on trouve d'ordinaire campeger, de l'italien campeggiare.

I CAMPERCHE (kan-pèr-ch'), s. f. Barre de bois placée à travers le métier des ouvriers en basse-lisse.

t CAMPUÈNE (kan-fê-n'), s. m. Terme de himie. Nom donné au radical supposé du camphre.

— ÉTYM. Camphre; formation irrégulière; pourquoi les chimistes n'ont-ils pas dit camphrène .'

t CAMPIUNE (kan-fi-n') , s. f. Terme de chimie. Carbure d'hydrogène liquide obtenu par distillation d'un mélange d'iode et de camphre.

— ETYM. Camphre. Pourquoi les chimistes n'ontils pas dit camphrinei'

t CAMPHOGÈNE (kan-fo-jê-n"), s. m. Terme de chimie. Nom d'un carbure d'hydrogène.

— ÉTYM. Camphre, et yt^ia, engendré : engendré du camphre, parce que cette substance s'obtient en distillant un mélange de camphre et d'acide phosphorique anhydre.

tCAMPHORATE (kan-fo-ra-f), s. m. Terme de chimie. Genre de sels formés par l'acide camphorique combiné aux bases.

t CA.MPUORIDES (kan-fo-ri-d'), «./■. plur. Terme de chimie. Substances analogues au camphre

— ÉTYM. Camphora, camphre.

CAM

t CAMPHORIFÈRE (kan-fo-ri-fê-r'), adj. Terme de botanique. Qui produit du camphre.

— ETYiM. Camphora , camphre , et ferre , porter.

t CAMPHORINE (kan-fo-ri-n') , ». /'.Terme de chimie. Combinaison neutre obtenue en combinant l'acide camphorique avec la glycérine.

t CAMPHOKIQUE (kan-fo-ri-k') , adj. Terme de chimie. Acide camphorique, produit de la distillation de l'acide azotique sur lo camphre.

— ÊTYM. Camphora (voy. camphre).

t CAMPUOROIDE (kan-l'o-ro-i-d'), adj. Terme de chimie. On' est semblable au camplire.

T- ÈTYM. Camphora, et tlco:, forme.

t CAMPlIOVINIQUE(kan-fo-v!-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide camphovinique, acide que l'acide camphorique donne avec l'alcool môle à l'acide sulfurique ou chlorhydrique.

— ÊTYM. Camphre et vin.

CAMPHRE (kan-fr'), s. m. \\ l°Substance blanche transparente, d'une saveur amère, chaude et piquante, et d'une odeur vive et pénétrante. Le camphre, très-employé en médecine comme antispasmodique, provient du camphrier. || 2° Terme de chimie. Camphres, nom donné à des composés neutres, solides à la température ordinaire, volatils, odorants, aromatiques, analogues au camphre proprement dit.

— mST. XVI" s. Le sang qui flue par le nés, sera estanché par le camfre, meslé avec la graine d'ortie morte, 0. DE SERRES, 800. Le Verger de m'amie est déplantes exquises; C'est un vrai paradis de pommes, de cerises. En tout temps florissant de tous arbres fruitiers, D'orangers, grenadiers, de canfres, de figuiers, r. belleau. Poésies, t. i,

p. 4 03, dans LACDRNE.

— ÈTYM. Provenç. camphora; espagn. alcanfor; ital. canfora; bas-grec, xâçoypa; de l'arabe kafur, qui paraît venir du sanscrit carpoûra.

CAMPHRK, ÉE (kan-fré, frée), adj. Qui contient du camphre. Eau-de-vie camphrée.

CAMPHRÉE (kan-frée), s. f. Terme de botanique. Plante qui sent le camphre {camphorosma monspeliaca, L.).

— ÈTYM. Camphre.

t CAMPHRER (kan-fré), V. a. Terme didactique. Imprégner de camphre.

— ÉTYM. Camphre.

CAMPHRIER (kan-fri-é), s. m. Terme do botanique. Arbre de la Chine et du Japon {lauriis camphora, L.) dont on retire le camphre par distillation.

fCAMPHRONE (kan-fro-n'), s.f. Terme de chimie. Produit volatil qu'on obtient en faisant passer de la vapeur de camphre sur de la chaux chauffée au rouge.

t CAMPICOLE (kan-pi-ko-l'), ndj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit dans les champs.

— ÈTYM. Campus, champ, et cola, habitant. CA.MPINB (kan-pi-n'), s. f. Terme de cuisine. Petite poularde fine.

— ÉTYM. Campine, notn d'un district de la Flandre qui a donné son nom à ces poulardes.

CAMPOS (kan-p6), s. m. || 1° Congé donné aux écoliers. Aujourd'hui les écoliers ont campos. Le maître a donné campos à sa classe. || 2° En général, repos, délassement. Prenez campos pour aujourd'hui. Il Terme familier. ■•

- HlST. XVI' s. Et demande au petit Roger, Si ceux que l'on fit desloger Hors des villes, croyoient campos, MAROT, II, t39. Avoir campos, pour estre libre, h. est. Nouveau lang. fr. p. 8i6.

— ÉTYM. Accusatif pluriel de campus, champ : c'est-à-dire vous avez les champs, la liberté d'aller vous promener

f CAMPYLOPTÈRE (kan-pi-lo-ptft-r') , ad/. Terme d'ornithologie. Oui est pourvu de plumes d'essor recourbées en forme de sabre.

— ÉTYM. Kdnirûlo;, courbé, etittenov, aile.

t CAMPYLOSOME (kan-pi-lo-so-m') , s. m.

Terme de zoologie. Nom des cirrhipèdes à corps flexible.

— ÊTYM. KaintûXoc, courbé, et atTijia, corps. CAMUS, CAMUSE (ka-mu, ka-mu-z'; l'sne se lie

pas dans la conversation), adj. \\ l-Qui aie nez court et plat. Pour toi, Socrate, tu n'étais qu'un pauvre homme, laid, camus, chauve, fén. xix, 4 87. Ils déclarent qu'on ne peut être camus sans avoir de nez, VOLT. Phil. II, I6D. Il Un nez camus, un nez court et plat. Il [mon nez] n'est ni camus, ni aquilin, ni gros, LAROCii. Portrait. || Se dit aussi de certains animaux. Un chien camus. Cheval camus, cheval dont lo chanfrein offre une espèce d'enfoncement. || i' Fig. et fa-

CAN

miMtrement, embarrassé, interdit Et n'est Nostra-

mus Oui l'astrolabe en main ne demeurât camus, RÉGNIER, Sat. X. Oui, Charlotte, je veux que Monsieur vous rende im peu camuse, mol. Dnn Juan, II, s. Il A côté de demeurer camus, on dit aujourd'hui avoir un pied de nez; do sorte que des images toutes contraires peuvent cependant exprimer la même pensée; l'idée fondamentale est loujours celle d'une disproportion ridicule dans l'endroit le plus apparent du visage. || Camus en chien d'Artois, camus comme un chien de Boulogne, cola se disait de quelqu'un fort intordit de se voir trompé dans son attente. Le chien d'Artois, le chien de Boulogne est une variété .de carlin. Madame votre fille est pleurante en un coin; Monsieur votre neveu grommelle sur du foin. Camus en chien d'Artois d'avoir compté sans hôte, la font. Je vous prends sans vert, <4. Il 3° Substantivement. Un camus, une camuse, une personne qui a le nez camus. || 4° Un des noms du dauphin (poisson).

— HlST. xin* s. D'entre les sorcix [sourcils], h compas. Muet [meut, sort] ses nés trop haut no trop bas; N'est pas camuse ne bekue, JU. et Jehan, 265. Trop grans mamieles font les enfans camus devenir, quant par deseur le nés les metent, ale- BBANT, f" 30. Il XIV* s. Une paire de cousteaulx camus, à deux virolles d'argent, de laborde. Émaux, p. 23). Je croi qu'il n'ot si laid de Resnes à Disnant; Camus estoit et noir, malostruet nuisant, Guesclin, v. 55. Il xv s. Si en furent camus les conseilleurs, ratîs aultres y cuiderent ruer qui y faillirent, chastelain, Chr. drs d. de B. 2° p. ch. 8. || xvi' s. Voilà une belle response, ce me semble, et des harangueurs bien camus, MONT, i, (89. Il est demeuré tout camus, pour dire que quelqu'un est demeuré tout honteux, ii. est. du Nouv. lang. fr. p. 475. Voulez-vous en françois braver tin homme, vous dites que vous le ferez bien camus, ou que vous lui rendrez le nez aussi plat comme une andouille, PASQuiER, Recherches, liv. viii, p. «04, dans lacurne. La ligue se trouvant camuse. Et les ligueurs fort étonnés Se sont avisés d'une ruse; C'est de se faire un roi sans nez [Sur l'élection du duc de Guise qui était camus], Sat. Ménippée.

— ÉTYM. Provenç. camus, gamus, niais, sot; i\a.\. camuso , camoscio. Origine incertaine. On a indiqué le celtique cam, courbé; mais, comme le remarque Diez, un suffixe us n'existe pas dans les langues romanes; dès lors il est porté à y voir un mot composé ca-mus, où mus se rapporte à l'italien muso, français museau, et où il y aura un préfixe ca, peut-être péjoratif (voy. ca préfixe). D'autres l'ont rapproché de l'italien camoscio, espagnol camusa, chamois; le chamois, comme la chèvre, pouvant être dit cnmus ; la forme des mots parle pour cette dernière étymologie.

f CAMUSERIE (ka-mu-ze-rie), s. f. Etat de celui qui e.st camus ou d'un nez qui est camus.

— HTST. xv:' s. Entre les Mores, la camuserle et la couleur noire, et avoir les cheveux recoquillez et frisez, leur est d'autant d'estime et de beauté, que nostro grand nez, nostre couleur blanche et nos cheveux longs, bouciiet, Serées, liv. m, dans la-

CURNE

— ÉTYM. Camus.

t CAMUSET, ETTE (ka-mu-zè, zè-t'), adj. Un peu camus.

— HlST. XIII* s. Puis la gorgete , en avalant Tout premier au pis [sein] camuset. Ane. poés. fr. Vatican, dans lacurne. || xvi* s. Les bergiers, avec leurs musettes, Gardant leurs brebis camusettes, du bbllay, VII, 45, verso.

t CAMUSON (ca-mu-zon), s. f. Jeune femme camuse. Je lui dis des choses admirables de sa petite camuson, sÉv. 379.

f CAN ouCANT (kan), s. m. Terme de charpenterie. La face la moins large d'une pièce de bois.

— ÊTYM. Le même que chant, côté, écrit à tort champ dans la locution de champ (voy. champ, dans cette locution).

CANAILLE (ca-nâ-ir. Il mouillées, etnonkana-ye), s.f. Il l°Vilepopulace.Ehbien! manger moutons, canaille, sotte espèce. Est-ce un péché? la font. FadJ. vu, (.Travailler est le fait de la canaille, id. Papef. Où Rabelais est mauvais, il passe bien au delà du pire ; c'est le charme de la canaille, la bruy. t. Les Vaudois furent appelés par Maimbourg une canaille révoltée, VOLT. Mœurs, <3s. Ceux (jui daignaient acheter les sufTrages de la canaille qui composait les tribus, J. J. nouss. Contr. iv, a. Spectateur dédaigneux des misères do la canaille, lo. Èyn. iv. Sénèque, qui connaissait l'esprit de la cour, de la ville et de la canaille, diderot, Claude et Ndron.

CAN

Repoussé des hommes de son rang, il se livra aux vices do la canaille, id. Essai sur Claude. || 2° Par extension, gens, quelle que .soit leur condition, dignes de mépris; en ce .sens le pluriel est usité. Ces canailles-là. Ouoi! vous continuez, canailles infidèles ! CORN'. M'dée, v, 3. La canaille littéraire est ce que je connais de plus abject au monde, volt. Lett. Damilaville, 24 sept. (766. Je sais que, dès qu'on a donné un ouvrage passable, la canaille de la littérature jette les hauls cris, ID. ib. 17 déc. t7«8. Je veux élever Emile à la campagne, loin de la canaille des valets, j. j. rouss. Ém. il C'était |MM. les chambellans], vous disais-je, une canaille qu'il fallait laisser aboyer, p. L. couR. I, 67. M. de Monaco se commit fort mal à propos en personne avec des canailles, st-sim. 84, 02. || Par antiphrase. Je crois qu'il se contentera d'aller en paradis, et qu'il ne quittera point ces canailles chrétiennes, sÈv. 683. Il 3° Par badinerie, en parlant d'enfants

importuns. Faites taire cette petite canaille Ah I

le petit babouin! Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise! Et puis prenez do tels fripons le soin! Que les parents sont malheureux, qu'il faille Toujours veiller à semblable canaille ! la font. Fabl. i, 19. || 4° Populairement, il se prend comme adjectif indéclinable : des manières canaille, un propos canaille. Populairement aussi, on dit, en parlant d'un seul homme : c'ejt une canaille.

— lilST. xiii* s. Du mal que nos feisons à ceste chiennaille ne prendra jà g^rde cil qu'il apelent Seigneur, Psautier, !' m. |{ xvi* s. La reigle et police de bien vivre n'a jamais si bien esté ordonnée aux monastères, qu'il n'y eust tou-sjours quelques canailles meslez parmi les bons, calvin, Inslit. I02i. Les rois aux chiens fiatteurs donnent le premier lieu, Et de cette canaille endormis au milieu.... d'aub. Tragiques, ii, p. B7. Arrière mastins, hors de la quarrière; hors de mon soleil, canaille au diable, hab. Pant. Prol. du m' livre.

— ÊTYM. Wallon, chinêie; Berry, chienaille; ital. canaglia; de cane, chien (voy. chien). Canaille est italien ; chienaille était le mot français.

CANAL (ka-nal), s. m. {| 1* Cpnduit qui amène de l'eau. Les canaux de la fontaine. On amène de loin les eaux de la rivière par des canaux. || 2' Voie naturelle par laquelle les liquides ou les gaz cheminent dans la terre. Les eaux du puits artésien de Paris arrivent de Bourgogne par de secrets canaux. Il 3" Par extension, toute espèce de voie pour le passage des liquides. L'impétueuse ardeur de ses transports nouveaux X son sang pri.sonnier ouvre autant de canaux, corn. Att. v, 6. || 4° En anatoraie, nom de différentes parties configurées comme des canaux. Le canal médullaire des os, cavité des os qui contient la moelle. Le canal vertébral , trajet formé par la cavité du corps des vertèbres et où est enfermée la moelle épinière. Le canal intestinal, portion de l'appareil digestif qui s'étend de l'estomac à l'anus. Le canal de l'urèthre, conduit qui mène l'urine au dehors de la vessie. || En général, les canaux, les voies qui sont dans le corps pour le passage des substances et la circulation des liquides. Le voyage, l'exercice des eaux qui lavent le sang et qui débouchent les canaux rétablissent presque toujours la machine, volt. Lett. Damilaville, 2 avril 176». Il En botanique, les canaux de la sève. Le sureau a un large canal médullaire. || S" Lit d'une rivière. Le fleuve ofl're partout un canal Iranquille. Semblable àces fleuves qui se creusent un nouveau canal.... fléch. Lam. Si l'on veut trouver dans un canal horizontal la vitesse moyenne de l'eau entre celle du fond qui est la plus grande et celle de la superficie qui est la plus petite, on voit que cette vitesse e.çt toujours placée aux 4/9 de la hauteur du canal divisé du haut en bas, fonten. Guglielmini. Il 6° Rivière creusée de main d'homme. Canal de navigation. Un pays coupé de canaux. Mcniikoff flatta le Czar de l'idée do percer un canal du Holstein dans la mer Baltique, volt. Russie, ii, 4. Plusieurs rivières entre lesquelles on peut tirer des canaux qui serviraient de lit aux inondations, ID. ib. 1, 1. Il Canal latéral, canal qui longe un fleuve. Il Canal de dérivation, canal qui sert à détourner des eaux. || Canal d'irrigation, canal qui distribue des eaux dans la campagne. || Canal de dcssichement, canal qui évacue les eaux stagnantes. Il T Pièce d'eau étroite et longue pour l'ornement des jardins. Creuser, nettoyer un canal. Mais un canal formé par une source pure, .Se trouve en ces lieux écartés, J,A font. Fahl. i, M. || Il y a eu canal h Fontainebleau, c'est-à-dire lacoura fait une partie de canal ou de bateau ; locution des gens de cour, d'après db CAiLUËBEs, 1690. || 8* Terme de géographie.

CAN

Nom de certains (.'étroits. I.e canal de Mozamliiriue. Il 9" Turmc <le marine. .Sur la Méditerranée, faire canal traverser un Kolfe, un espace entre deux lies . etc. ou naviRiier hors do vue de la terre. Il 10° KiK. Intermédiaire, moyen. Le cœur affligé Par le canal des yeux vidant .son amertume, mal- HEBHE, VI, t». Cela ne passera pas en d'autres mains que celles que vous ave/, choisies pour nous servir de canal, boss. Projd. Je suis un canal par ort passent les instructions, id. lett. nhb. (99. Ils accablent ceux qui entreprennent d'aller à eux (les rois] par un autre canal que le leur, fén. Tél. xiv. I^ priftre, le canal des grflces, màss. Tiéd. 2. Les charges, les emplois, et le bien et le mal Passent par cette main, coulent par ce canal, tristan, Mnrt d'Chrispe, iv, 41. || ll°Termn d'architecture. Hefoiiilloment droit ou courbe, simple ou multiple. Il 12"Creux où se met la baguette d'un fusil. || Morceau de bois qui garantit des pointes d'aiguilles l'ouvrier en velours ciselé. || Cannelure du métier à drap.

— HIST. xii* s. L'eve istde la citet; si s'en vait par les plaines, Reentre en son canal: les rives en .sont pleines. Ko;/, rfe C/mriemai/ne, 79a. || xiif s. Del Nil qui chiet en mer par quatre mestres chaniiiex, Ilist.occid. dei croisades , t. ii, p. 571. En milieu sort une fontaine, En un prael, et clerc et saine; En quarrel est fais li canal, FI. etlll. v. 204). || xvi' s. 1,0 coulement et laps de la fontaine estoyt par troys tubules etcanalz, faictz de marguarites fines, bab. J'atU.v, 42. Marius Uiy feit caver une grande tranchée et canal, dedans laquelle il destourna bonne partie de l'eau de la rivière, amyot, Marius, 25. Leur rugissement faisoit retentir les montagnes d'alenviron, et le canal de la rivière, id. td. 35. Le canal ouvert, dont l'on se sert généralement en toutes sortes d'aqueducts, o. de serres, 7B4.

— ÊTYM. Bourg, cat'neau ;provenç et espagn. canal; ital. canale; du latin canalis.

tCANAUCULAlKE (Ita-na-li-ku-lê-r'), adj. Terme didactique. Oui est en forme de canalicule. || Qui vit dans les conduites d'eau. Conferves canaliculaires.

— ÉTYM. Canalicule.

f CANALICULE (ka-na-li-ku-l') , s. m. Terme didactique. Petit canal ou tuyau. Les canalicules des os.

— ÉTYM. Diminutif de canal.

t CANALICULE, ÉE (ka-na-li-ku-lé, lée),adj. Termed'liistoire naturelle. Creusé loiigitudinalement en gouttière.

t CANALIKÈRE (ka-na-li-fê-r' ) adj. Terme de zoologie. Oui est muni de canaux, de vaisseaux. Il S. m. Les canalifères, nom donné aux mollusques pourvus d'un long canal pour l'eau.

■ — RTYM. Canal, et ferre, porter.

t CANALIFOKME (ka-na-li-for-m'), adJ. Terme d'entomologie. Qui est en forme de canal.

— ÊTYM. Canal, et forme.

t CANALISAltLE (ka-na-li-za-bl') , arfj. Terme de ponts et chaussées. Qui peut être canalisé.

—-ÉTYM. Canaliser.

t CANALISATION (ka-na-li-7.a-sion) , s. f. Terme de ponts et chaussées. Action de canaliser un fleuve en le rendant navigable, une contrée en la perçant de canaux.

t CANALISÉ, ÉE (ka-na-li-zé , zée), part, passé. Uiviére canalisée. Pays canalisé, pays percé de canaux.

t CANALISER ( ka-na-li-zé ) , v. a. Terme de ponts et chaussées. Établir des canaux; rendre navigable. CanaUser un pays. Canaliser un cours d'eau.

— ÊTYM. Canal.

CANAMELLE (ka-na-niè-1') , i. f. Terme de botanique. Nom de la canne à sucre.

— ÉTYM. Bas-lat. cannamclla, de connu, canne <voy. ce mot) , roseau, et de mel, miel (voy. ce mot) : eanne à miel.

CANAl'Ë (ka-na-pé) , s. m. || 1° Grand siège à dossier où plusieurs personnes peuvent s'asseoir et qui

peut aussi servir de lit de repos Un fauteuil

m'embarrasse; Un homme là dedans est tout enveloppé; Je ne me trouve bien que dans un canapé, «EGNARD, Distrait, iir, 2. Le rot donna l'exemple : il se priva de toutes ces tables d'argent, de ces candélabres, de ces grands canapés d'argent, quiétaient des chefs-d'œuvre de ciselure des mains de Ballin, VOI.Ï. Louis XH% 30. Il Sous la Restauration, le canapé,nom que l'on donnait aux doctrinaires, à cause que Ion disait qu'ils formaient une coterie si peu iionibreuse qu'eUe tenait sur un canapé. || !• Chaise dejwis à l'usage du rafflneur de sucre. 1.0 ,.^!tV "^i s. Entre les précieux conopées, entre les courtines dorées, rab. l'anf. iii^ (6.

CAN

— ÉTYM. Bas-lat. canapeum, par corruption du | grec xoivwTceiiov . lit garni de rideaux jioiir écarter les cousins, de xtivwi}/, cousin.

CANAP.SA (ka-na-psa), s. m. \\ 1° Havre-sac. Il 2° L'homme même qui le porte. Un pauvre canapsa. Il Ce mot a vieilli.

— HIST. xvr s. Un canapsa. un petit pot cassé demi plein de beurre fort.... d'auïï. Fœn. m, 3.

— ÉTYM. Allem. Schnappsack, sac, de schnappen, rechercher, pourchasser, et Sack, sac.

CANARD (ka-nar; le d ne se lie pas : le ka-nar et l'oie ; au jiluriel l's ne se lin pas : les ka-nar et les oies; d'autres lient celles : les ka-nar-z et les oies), s. m. 111° Oiseau palmipl'de, lamelliroslre, vivant à l'état sauvage et domestique, recherché pour sa chair. || Canard musqué, oiseau d'Amérique, nommé à tort canard de Barbarier|| Familièrement. Mouillé, trem|)é comme un canard, très-mouillé. Il vint ici mouillé comme un canard, sÉv. f03.|| Plonger comme un canard, très-bien plonger; et figurément, s'esquiver, se soustraire à un danger. || Familièrement. C'est un canard privé, c'est-à-dire c'est un homme qui joue le rôle du canard privé, qui par son cri attire dans le piège les canards sauvages. Il 2° Populairement, conte absurde et par lequel on veut se moquer de la crédulité des auditeurs. Cette nouvelle n'était qu'un canard. Je suis fAché de ne vous avoir pas traité comme mon enfant; vous le méritiez ^mieux que ce donneur de canard à moitié qui nous promettait tant de châteaux en Espagne, la Comédie des proverbes, m, 7. Vous serez mis en cage; vous êtes un bailleur de canards. Recueil des plus excellents ballets , p. 19, I0(2. || 3° Petit imprimé contenant le récit d'un événement du jour et dont on crie la vente à Paris. || Se dit ironiquement de faits, de nouvelles, de bruits plus ou moins suspects qui se mettent dans les journaux. Cette nouvelle n'e.st qu'un canard. Quel canard! || 4° Note fausse tirée d'un instrument à anche à sous éclatants. Cette clarinette fait des canards. || 5° Petit morceau de sucre trempé dans de l'eau-de-vie ou dans le café (comme le canard dans l'eau). || 6° Sorte d'artifice lancé dans l'eau. || 7° Espèce de filet soutenu pardes roseaux. I| 8° S. m. plur. Conduits d'air dans des galeries souterraines de mines. || 9° Adj. Chiens canards, chiens à poil épais et frisé qu'on dresse à aller chercher dans l'eau les canards atteints par le chasseur; et, substantivement, un canard. ]| Bois canards, morceaux de bois flotté qui vont à fond ou s'arrêtent sur les bords. || Terme de marine. Bâtiment canard, barque canarde, etc. qui tangue beaucoup et embarque de l'eau par l'avant.

— HIST. xvi* s. Et en sort une troisiesme et bastarde race, quand le canard d'Inde et la cane commune s'accouplent ensemble, o. de serres, 340. La charge d'un canard est de huitou dixcanes, m. 377. Vendre ou donner un canard à moitié, mentir, en donner à garder, en faire accroire, coigrave. Il baissait la teste comme un canard [il était honteux], Nuits de Straparok, t. i, p. 92, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. cane. Bourguig. cainar; bas-lat. canardus, sorte de navire. Un canard, pour une billevesée, vient de l'ancienne locution : vendre un canard à moitié; locution dans laquelle on a supprimé à moitié. Il est clair que vendre un canard à moitié, ce n'est pas le vendre du tout; de là le sens de attraper, moquer.

CANARDÉ, ÉE (ka-nar-dè, dée), part, passé. hes soldats canardés des fenêtres de chaque maison.

t CANARDEjVU (ka-nar-dô), s. m. Jeune canard. Des canardeaux.

CANARDER (ka-nar-dé). || 1° V. a. Faire feu d'un lieu où l'on est à couvert. Les soldats embusqués canardaient les assaillants. || 2° V. n. Tirer du hautbois ou de la clarinette un son rauque ou nasillard comme le cri du canard. || 3° Terme de marine. En parlant d'un bâtiment, plonger par l'avant dans la mer.

— HIST. XVI' s. Il passa la rivière malgré ces arquebusiers qui le canardoient dans l'eau, d'aubig. Vie, xviii.

— ÉTYM. Canard, d'après la manière dont on lire le canard au marais.

CANARDIÈRE (ka-nar-diê-r'), s. f. \\ 1° Place disposée avec art dans des lieux marécageux, pour y prendre ou tuer des canards sauvages. || 2° Guérite, lieu couvert, pour tirer à l'abri. || 3° Long fusil à grande portée pour la chasse des canards sauvages. Il 4° Pièce d'eau pour les canards dans un parc.

— ÉTYM. Canard.

CANARI (ka-na-ri), s. m. Serin des lies Canaries. Il On écrivait jadis étymologiquement Canaries : faire couver des Canaries, la bruy. <3.

— ÉTYM. Iles Canaries, en latin canarix, parce

CAN

qu'on prétendait y avoir vu beaucoup de cbleug, canes (voy. chien).

t CANARIE (ka-na-rie), ». f. Vieille danse où le cavalier et la dame, après s'être séparés, dansaient tour à tour l'un devant l'autre, en affectant quelques poses et gestes étranges et bizarres pour figurer les sauvages de qui on disait que cette danse était imitée.

— HIST. XVI' 3. Et puis Mme de la Chastre, après avoir dansé une canarie sur le sang, et chanté, je suis vangée, elle aida à traisner le corps mort au retrait, d'aub. Conf. i, O.La gaillarde, la pavanne d'Espagne, les Canaries-.. Le roy lui fit danser cette danse qui avoit alors grande vogue, tandis que M. de Strozzela jouoitHurleluth,BHANï. Cop. franc.

t. m, p. 425, 427, dans LACURNE.

— ÉTYM. Les Iles Canaries, dont les habitants sauvages avaient fourni l'idée de cette danse.

j CANARINE (ka na-ri-n') , s. f. Nom d'un genre de plantes dont la fleur est en clochette.

t CANASSE (ka-na-s') ou CANASTRE (ka-nastr'), s. m. Terme de commerce. |1 1° Caisse à thé. Il 2° Boîte à tabac. || Tabac contenu dans cette boite.

— ÉTYM. KdvaffTpov, en latin canistrum, corbeille; dérivé de xâvTi, canne, roseau.

CANCAN (kan-kan), s. m. || 1° Bruit, scandale fait mal à propos. Il fit un grand cancan de peu de chose. En ce sens on écrit aussi quanquan. Oui j'irais imiter ces faiseurs de cancans. Corde des femmes, dans leroux, Dict. comique. La reine au contraire tint bon, Et repartit toujours que non. Lui dit [au président Mole] que ce qu'elle a fait faire, Elle l'a jugé nécessaire. Et qu'il faisait un grand cancan D'un bruit qui n'était pas si grand, SAINT-JULIEN, Le courrier burlcsque envoyé à Ugr le prince de Condé dans sa prison, Paris, I6B0. 112° Bavardages, malins propos. Cette nouvelle n'est passùre, c'est un simple cancan. Il est en butte aux cancans d'une petite ville. || 3° Sorte de danse inconvenante des bals publics avec des sauts exagérés et des gestes impudents, moqueurs et de mauvais ton. || Mot trèsfamilier et même de mauvais ton dans le dernier sens.

— HIST. XVI' S. Trois ou quatre cents avocats du palais de Paris s'en allèrent au grefl'e de la cour y remettre leurs chaperons et protester de cesser leur caquet; de quoi les baguenaudiers et pédants firent de grands cancans, ainsi que si le royaulme eust du périr pour estre repurgé de ces chicaneurs, sullï, Mém. t. IV, p. 178, éd. de 1763.

— ÉTYM. Quanquam, quoique, à cause de la querelle qu'excita dans les écoles du moyen âge la prononciation de ce mot, les uns disant kan-kan, à l'ancienne mode, les autres koMan-touo-m'. à la nouvelle mode , qui est restée la nôtre. C'est là l'étymologie traditionnelle; cependant il y a dans l'ancien français caijuf/ian, assemblée tumultueuse, tapage, querelle : xiv* s. Les dits habitans .se pourront assembler pour eux conseiller et taillier, sans qu'il puisse eslre dit caquehan, du cange, caquus. Comme les habitans de la ville d'Arras fussent alez par manière d'assemblée, monopole et caquehan, m. ib. xv s. Se nul est trouvé qui face quaquehan ne harelle,iD. ib. On trouve aussi (ague/iandanslemême sens : xiv s. Pour eschivertouz péril/., conspirations et taquehanz, DU cange , tanqhuanum. Par manière de tacaan et venans contre leurs sermens et contre l'utilité publique, id. ib. Le mot caquehan ou taquehan, qui paraît spécial aux provinces du nord, est moins voisin, par la forme, de cancan que l'ancienne étyraologie quamquam.

t CANCANER (kan-ka-né),t).n.||l° Populairement, bavarder. || 2° Danser le cancan.

— ÉTYM. Cancan. ' t CANCANIER, lËRE (kan-ka-niè, niê-r'), adj.

Qui aime à bavarder. || Substantivement. Un cancanier, une cancanière. || Mot populaire.

— ÉTYM. CaïKaner.

CANCEL (kan-sèl)et,suivant quelques-uns, CHAN- CEL (chan-sèl) , i.m. || 1° Dans une église, l'endroit du chœur voisin du maître autel, et ordinairement fermé d'une balustrade, et où se mettent les ministres servant à l'autel. Mot vieilli. || 2° Le lieu où était déposé le sceau de l'État et qui était entouré d'ime balustrade.

— HIST. xii* s. Celé partie devers le west fud cume li chancels del temple et li sacraries, flots, 249. Il xiii* s. Ovrez les huis de cest chancel; Nos i verrons encor bien cler, Hère. 21298. ||xvi' s. Vray esl qu'en cest endroit il pourroit dire que si bien il es' sorti des chanseaux [bornes, limites] es quels il estoit enclos par sa dite protestation, M. DU bell. 4 96

— ÉTYM. Cancellus, barreau, treillis.

CAN

CAN

CAN

t CANCELLATION (kan-sèl-la-sion) , s. f. Acliou de canceller.

— ÈTYM. Canceller.

t CANCELLK (kan-sè-l'), s. m. Nom il'uu petit crabe ( cancellns).

— ÉTYH. Diminutif de cancer, crabe.

CANCELLÉ, ÉE (kan-sèl-lé, 16e), part pa^sf.

Biffé, annulé. Lettres cancelléesetannulées. || Terme didactique. Qui a la forme d'un grillage.

CANCELLER (kan-sèl-lé), ti. a. Terme de jurisprudence qui a vieilli. Annuler une écriture en la croisant par des traits de plume, ou en y donnant un coup de canif.

— HIST. XV' s. Et si rien d'outrageux avoit eu la dite emprise, on le cancelleroit etamenderoit, frois- SART. m. IV, 0. Jevous promectqueje ferayrompre et c.inceller l'autre scellé, Letlr. de louis xi, llihl. des ^'iar(es, 4' série, t. 1, p. <8. De le canceller outranscripre [son testament] De sa main, ne .sceut il escripre, Interpréter et donner sens, X son plaisir, meilleur ou pire. De poinct en poinct je m'y consens, villon, Grand Testament. \\ xvi* s. Je ne di.spute point qu'il faille rejelter tous les conciles, et rescinder les actes de tous, ou canceller depuis un bout jnsques à l'autre, calv. Instil. 938.

— ÉTYM. Provenç. cancellar; espagn. cancelar ; ital. cancellare ; du latin cancellare, biffer, couvrir de barreaux, de caiiceHus, barreau, cancel (voy. ce mot).

CANCER (kan-sèr) , s. m. || 1° Terme d'astronomie. Nom d'une des constellations zodiacales, figurée par une écrevisse. Il Celui des signes du zodiaque qui , par suite de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru par le soleil à peu près du 20 juin au 2o juillet. Au temps d'Hipparque, ce signe coïncidait précisément avec la constellation du Cancer; ce qui lui en a lait donner le nom. Aujourd'hui, par suite de la précession des équinoxes, il en est fort éloigné, de sorie qu'il faut distinguer le signe de la conitellation, et entendre par le signe du Cancer l'arc de trente degrés parcouru dans l'écliplique à partir du solstice d'été. |{ Le tropique du Cancer, ou septentrional, tropique qui passe par le premier point du signe du Cancer, c'est-à-dire de celui qui est parcouru du 20 juin au 20 juillet. Il 2° Terme de médecine. Tumeur qui peut se développer dans tous les tissus du corps, qui souvent s'ulcère et ronge les parties, et qui, souvent aussi, enlevée ou détruite, repullule. || Fig. Le luxe est une plaie qui est devenu le cancer intérieur qui ronge tous les particuliers, st-sim. 4H, <47.

— HIST. xvi* s. Charbon, cancer, gangrené.... PARÉ, V, 7.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. cancer; ital. canchero; du latin cancer, grecxapxivoç, sanscrit, karkata. Cancer, en chirurgie, a été dit ainsi à cause des bosselures et des veines qui l'ont fait grossièrement comparer à im crabe.

CANXÊREUX, EUSE (kan-sé-reù, reil-z'), ad/. Terme de médecine. Qui est do la nature du cancer, qui tient du cancer. Ulcère cancéreux.

— ETYM. Cancer.

t CAN'CÉRIUK (kan-sé-ri-d'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'une famille de crabes.

— ETYM. Cancer, crabe.

•fCANCÉRlFORME (kan-sé-ri-for-m'), adj. Terme

de pathologie. Qui a la forme du cancer.

— ÉTYM. Cancer et forme.

t CANCERILLE (kan-se-ri-U', U mouillées), s. f. Le garou (daphne mezereum, L.).

\ CANCUE (kan-ch'), s. f. Genre de la famille des graminées (aira, L.), qui sert de fourrage.

CANCRE (kan-kr'), s. m. \\ 1° Espèce d'écrevisse de mer, dite aussi crabe. || 2° Fig. et familièrement, homme avare, rapace et haïssable. J'ai compris qu'il ignorait ce cancre.... — Eh! le cancre.... — C'est le mari! ....un peu risqué, BAYARuetLAYA, Vélourneau, i, 2. || Homme sans position, sans ressources. Cancres, hères et pauvres diables, Dont la condition est de mourir de faim, la font. Fabl. I, 6. || Mauvais écolier.

— HIST. xvi' s. Cancre! le diabla m'emporte si j'y retourne. Dialogues de tabuheau, p. 14", dans LACURNE. Cancre est ici une sorte d'exclamation.

— ËïYM. Prononciation picarde de chancre (voy. ce mot).

t CANCUELAS (kan-kre-là) ou CANCRELAT (kan-kre-ia), s. m. Blatte américaine, commune dans les ports de mer d'Europe, où elle a été introduite, et qui infeste les magasins de sucre et autres denrées coloniales. |{ On dit aussi kakerla et cakerlat.

— ÉTYM. HoUand. kakerlak.

t CANCRIFORME (kan-kri-for-m'), adj. Terme de zoologie. 0"i a la forme d'uu crabe.

— ÉTYM. Cancre et forme.

fCANCRITE (kan-kri-f) , s. f. Crabe pétrifié, crabe fossile.

— ÉTYM. Cancer, crabe.

t CANCRIVORE (kan-kri-vo-r"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui mange les crabes. Sarigue cancrivore.

— ÉTYM. Cancer, crabe, et vorare, manger.

t CANCROÏUE (kan-kro-i-d'), adj. Terme de médecine. Qui a l'apparence du cancer. '|| S. m. Un cancroïde, tumeur épithéliale, autrefois ditecancer, et affectant la peau ou les muqueuses.

— ÉTYM. Cancre, et elocç, forme.

t CANDÉKACTION(kan-dé-fa-ksion), s. f. Terme de métallurgie. Action de chauffer à blanc.

— ÉTYM. Candere, devenir blanc (voy cakdeub), et facere, faire.

CANDELABRE (kan-dé-la-br' ou kan-délA-br'), s. nh II 1° Grand chandelier à plusieurs branches. Il Fig. Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires. Candélabres que Dieu pend à leurs voiïtes noires, v. hugo, f. d'Aul. S2. ||2°tirand chandelier fait à l'antique. || 3° Terme d'architecture. Couronnement en balustre et figurant une torchère.

— HIST. xii* s. E dunad [il donna] le peis [poids] delà merveilleuse vaissele que de or que de argent, e des chandelabres e des luminaries e des tables, liais, '244. Il xiii* s. Je ne di pas s'il fust à point Que plains 11 chandelabres fust Ou U granz chandeliers de fust, huteb. .iu7. Et les deus candélabres qui là sont alumé [à la Mecque], En Jhursalem seront au sépulcre posé, Ch. d'Ant. v. 52<. Et quant il volt aler coucier, Les candelarbres voit drecier, Partonopeus, v. (ti«7. ||xiv" s. Les nobles candélabres, qu'à Wieques sont assis.... liaud. de Seb. I, 1088. ... 11 vont [voulut] que sa lumière Feust sur le candélabre mise en boue manière, Girart de

Ross. 2402.

— ÉTYM. Candelabrum, de candela, chandelle (voy. ce mot) ; provenç. candélabre; anc. catal. candalobre; ital. candelabro.

t CANDELETTE (kan-de-lè-f), s. f. Terme de marine. Gros palan.

— ÉTYM. Diminutif de chandelle.

CANDEUR (kan-deur), s. f. Qualité morale qui fait qu'une âme pure et innocente se montie telle qu'elle est. sans défiance. Et, quel que soit le but où tendent leurs desseins. Si la candeur n'y r^gne ainsi que l'innocence. Ce qu'ils font pour un bien k-ur semble être une offense, la font. Captivité de St. Ualc. Mainte peste de cour fit tant par maint ressort. Que la candeurdu juge, ainsi que son mérite, F"urent suspects au prince.... id. Fabl. x, 10. Les dieux ont sur son front imprimé la candeur, volt. lUérop. II, 2. De l'innocence en vous que j'aime la candeur, m. Olymp. n, 3. Une certaine candeur qui peut n'accompagner pas de grandes vertus, mais qui les embellit beaucoup, était une de ses qualités dominantes, fonïen. des Billelles. La grâce, la candeur, la naïve innocence Ont, depuis ton enfance. De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté, a. CHiîN. Odes, 7. Une muse naïve et de haines exempte. Dont l'honnête candeur ne garde aucun secret, id. Élég. 9. L'amicale douceur de tes chers entretiens. Ton honnête candeur, ta modeste science, De ton cœur presque enfant la mûre expérience, id. ib. 3t. En lui l'on voit régner une candeur extrême; 11 n'affecte en ses mœurs aucun déguisement. Et dans tout ce qu'il fait il agit franchement, uautkrocue, l'Amant qui ne flatte point, n, 8.

— HIST. xvi" s. Ceste mesme candeur, ceste grâce divine Qu'en ton Virgile on voit.... du bellaï, vi, 39, recto.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. candor; ital. candore; de candorem, blancheur, du verbe candere, être blanc, brillant. Mot introduit par le xvi' s.

I. CANDI (kan-di), adj. m. Sucre candi, sucre dépuré et cristallisé. Nous aperçûmes de loin une lie de sucre avec des rochers de sucre candi et de caramel, fén. xix, 3«. J'y vois de gros gardes Cuirassés de bardes. Portant hallebardes De sucre candi, bérang. Cocag. || Substantivement. Candi blanc, rouge, en poudre. || Une substance est dite au candi, quand elle est couverte de cristaux de sucre.

HIST. XVI' s. Eau d'orge, en laquelle avois fait

bouillir miel rosat et sucre candi, paré, viii, 32.

ÉTYM. Italien, lucchero candi, sucre candi.

Dans un auteur italien de t3io, candi se trouve employé. De l'arabe kand, sanscrit khanda, 2* préparation du sucre indien; khanda signifie primitive-

ment un morceau. Cela écarte la dérivation d'un verbe candir (namurois, chandi), échauffer; car candi, s'il avait cette origine, ne se trouverait pat dans un texte italien du commencement du xiv* siècle; circonstance qui mène à une étymologie orientale.

?. CANDI. lE (kan-di, die), part, passé. Fruit» candis, ou, substantivement, candis, fruits que l'on conserve en faisant candir du sucre dessus.

CANDIDAT (kan-di-da; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l'( se lie : les kau-dida-z et leurs juges; candidats rime avec appas, fracas, etc.). s. m. Il !• Celui qui. à Home, a.spirait à quelque charge ou dignité, et qui, pour l'indiquer, s'habillait de blanc. || 2* Celui ijui postule une piace, une fonction. Candidatàladéputalion, à l'académie. Ce candidat n'a pas réussi. || Celui qui est inscrit pour quelque examen.

— HIST. XVI* s. Ce sont [les créanciers qui espèrent que je les payerai] mes candidats, mes parasites, mes saliieurs, mes diseurs de bous jour», mes orateurs perpétuels, rab. Pant. m, 3.

— ÉTYM. Candidatus, vêtu de blanc, de candidus (voy. candide).

CANDIDATURE (kan-<Ji-da-tu-r'). ». f. Élat de candidat; poursuite que fait un candidat. Sa candidature pour la chaire de littérature grecque.

— ÉTYM. Candidalura, de condtdatui, candidat CANDIDE (kan-di-d'), adj. Plein de candeur, en

parlant des personnes. Un homme candide. 0 divine amitié, source des jilus doux biens, Quand tu veux enflammer la candide jeunesse. L'amour n'a point de traits aussi prompts que les liens, masson, Helvét. III. Ma fille assurément n'est point une stupide: Mais dans son procédé je la trouve candide. HAiTEBOCHE, l'Amant qui ne flatte point, iv, 3. jj En parlant des choses. Physionomie candide. 11 tépondit par quelques paroles candides.

— HIST. xvi* s. Que pleust à Dieu, le naturel d'un chacun estre aussi candide à louer les vertus, comme diligent à obser-ver les vices d'aulruy, nu BELLAY, I, 22, recto. Certaines pierres -d'agate et autres, qui estoyent candides sur la partie supérieure, et ténébreuses en la partie inférieure, pa- LissY, 297. Desquelles cendres l'on pourra faire du verre qui sera transparent et candide, id. 33&. Il ne scait pas, pour avant jeu, capter la benevolence du candide lecteur, mont, i, 488.

— ÉTYM. Candidus, blanc, de candere, être blanc (voy. CANDEUR); espagn. et ital. candide. Le blanc est le svmbole de l'innocence. Mot du xvi* s.

CANDIDE.MENT(kan-di-de-man), ctdv. Avec candeur. U v a des gens qui parlent candidement quand ils veulent taire une vérité, Uicl. de lYévowc, dans

DESFONTAINF.S.

— HIST. XVI* S. Pourquoy ne sera-t-il permis da candidement confesser que l'on ignore? charron, Sagesse, u, 2.

— KTYM. Candide et ment (voy. ment).

CANDIR (SE) (kan-dir), v.rép. \\ 1* Devenir candi.

Ce sucre ne se candit pas bien. || Absolument et avec suppression du pronom personnel . faire candirdusucre. Il 2° Les confitures se candis.sent. Une préparalion se candit, qu;ind le sucre, montant à la surlace, s'y cristallise.

— HIST. xvi' s. Le temps à la longue fait candir le sucre, sans moien, dans le fruit, à ia louange entière de la confiture, o. de sehiies, »&•"•. Le succre, se candissant de soi-mesine dans le fruit, à la longue, le tient gros et ferme, U). b69.

— ÉTYM. Candi.

fCANDlSATlON (kan-di-/.a-sion), i. f. Opération par laquelle on obtient le sucre candi cl les substances candies.

— ETYM. Candir.

fCANDISSOIRE (kan-di-soi-r'), i. f. Vase dan» lequel on fait candir les substances qu'on veut couvrir d'une couche de sucre cristallisé.

— ÉTYM. t'andi'r.

CANE (ka-n'), s. f. La femelle du canard. || Familièrement. Marcher comme une cane, marcher en se dandinant. Il est vrai, je l'avoue ici, Saint-Am.tml n'est pas diaphane; U est gros et gras, Dieu merc. Et tord la croupe en cul de cane, st-amant. Épigr. 27. Il Faire la cane, faire un plongeon, ou se jeter à plat ventre. La nef du fort llionée.... Celle du fidèle Achatès.... Kaisoient en mer cent pircueMes; Qui pis est, la cane souvent, SCARRON, Virg. trav. i. Il Fig. Se dérober à propos, faire le plongeon i l'approche du danger, montrer de la poltronnerie.

— HIST. XIII" s. L'en vendoit les froumaiges et les poules et les annes, Ilist. occid. des croisades. 1. 1, p. 493. Il xiv s. Où il a tstang bien garny D'oiseauL"

CAN

de rivicro parmy Quennes, mallars, qui vont noant [naBcanl], Modtts, (° cvi, verso. || xV s. 11 fut plus esbalii qu'un canet, lolis xi, Nouv. xcvi. Du surplus no servait à rien, Fors à boiro comme une cane, coquill. Simple et rush. \\ xvi' s. l'ar dieu, qui fora la canne de vous aultres, je foys moyne en mon lieu, bau. Garg. I, 42. Bien luy servit de faire la cane, car auUrement le coup lui donnoit sans double dans l'estomac, mont, i, \'i. J'aime lespluyes et les crottes comme les cannes, id. iv, (04. Mais la femme n'y voulut onques entendre, et lit la cane, au moyen de quoi il n'avoit pu rien faire, B. des- PF.n. Cuntps, cxxiii. L'oie et les canes communes et d'Inde y tiennent le premier rang, desquelles deux dernières sort une troisiesme etbastarde race, quand le canard d'Inde et la cane commune s'accouplent ensemble, o. de SEnncs, 340. La cane d'Inde est plus grosselte que la commune.... et spécialement le jars, id. 37». La charge d'un canard est de huit ou dix canes, id. 377. Ôuand les canes vont aux champs, les premières vont devant, oudin. Il est comme les canes, toujours le bec en l'eau, id.

— ÈTYM. Picard, c'nctlc. L'ancien français est one, de ana^, canard, d'où quelques étymologistes ont tiré cane, par l'ùpenthèse d'un e. PuisauxiV siècle on voit paraître cane, que Diez ratlacbe au radical allemand Kahn, bateau, avec raison, comme le raonire le bas-latin canardus, sorte de navire, mot qui se trouve dans Orderic Vital, auteur du commencement du xii" siècle.

CANÉFICIER (ka-né-fi-sié) , s. m. Un des noms vulgaires de la casse fistuleuse (légumineuses), dite aussi casse et cassier. || Canéficier bâtard, nom vulgaire de la casse bicapsulaire.

— ÉTYM. Peut-être quelque altération de cana fislola, qui est le nom espagnol.

CANEPETIÈRE (ka-ne-pe-ti6-r'), s.f. Espèced'outarde {outarde télrax) , dite aussi petite outarde et outarde naine.

— HIST. xvi' s. Il fait de la canepetiere [il fait le plongeon, il a peur], cotgrave. Cigoingues, cannes petieres, flammans, rab. Garg. i, 37.

— ÉTYM. D'après Bélon, v, 4, ainsi nommée parce qu'elle se tapit contre terre à la façon des canes en l'eau. Ménage dit qu'on la nomme en lîerry canepélnlle.

CANÉl'IIORE (ka-né-fo-r'),s. /■. terme d'antiquité Rrec(|ue. Jeune fille portant des corbeilles en certaines fêles. De jeunes canéphores reportaient aux jardins de Vénus les corbeilles sacrées, chateaub. Ilart. II, 74. Les vierges et les canéphores Ont purifié les amphores Suivant les rites d Eleusis, v. hlgo, Odes, IV, <o. Il En architecture, statue de décoration avec une corbeille sur la tête.

— ÉTYM. KavTjçopo;, de xdvEov, corbeille faite de roseaux, etçopo;, qui porte. Kàvsovvient de xàv>i (voy. canne), le même quexivvot, roseau, canne.

CANEPIN (ka-ne-pin), s. m. fîpiderme de peau d'agneau ou de chevreau préparée par les mégissiers, et dont on se sert pour éprouver les lancettes.

— ÉTYM. Bas-lat. eanapium, toile de chanvre, de cantiaijii , chanvre (voy. chanvre), qui, par assimilation , a donné son nom au canepin; d'autant mieux que canepin a aussi signifié la pellicule prise au dodans du tilleul.

t CANER (ka-né), v. n. Faire la cane, reculer, fuir. Il cane, le patron, Labiche et Martin, Le voyage de M. l'errickon, iv, 6. || Mot très-familier.

t CANETER (ka-ne-té), v. n. Marcher comme une cane. Il Bavarder comme des canes. Elles [les pies] commencèrent à caneter d'une manière si bruyante, lesage, Gil Bios, vin, 6.

— HIST. XVI' s. Enfans boiteux et qui cheminent canetant, paré, xxv, t3.

— ÉTYM. Cane.

fCANETIÈRE (ka-ne-tiê-r'), s.f. Terme de soierie. Ouvrière qui dispose la soie sur les canettes.

— ÉTYM. Canette 3.

CANETON (ka-ne-ton), s. m. Le petit d'une cane. Il Au restaurant, un jeune canard.

— HIST. XVI' s. Les dindons, oysons et canetons, 0. de serres.

— fcTYM. Diminutif de camt, diminutif de ean<:. t. CANETTE (ka-nè-f), s. f. || 1° Le petit d'une

cane; unepetilecane. || a'Sarcelled hiver. || 3'ïerme (Is blason. Oiseau représenté sans plumes. || Petite cane qui n'a ni bec ni jambes. || 4° Nom, dans quelques provinces, de la bille dont les enfants se servent pour jouer.

— HIST. IV s. liem sera le seneschal, Qui «ne fois paya mes debtes. En recompense, mareschal Pour ferrer ues [oies] et canettes, villon, Grand

CAN

lest. Legs au sén. Une petite logette où l'on met couchier oes ou quenettes, du cange, quaneta.

— ÉTYM. Diminutif de cane. Bourguig. caner, jouer sa bille, sa canette.

2. CANETTE (ka-nè-f), s. f. || 1° Mesure de liquide restée en usage dans les débits de bière et qui est un vase ayant un bec, ou une bouteille de forme particulière tenant un litre. || Le contenu. Boire une canette. || 2° Petit tuyau de bois ou de roseau qu'on charge de fil ou de soie pour faire la trame d'une étoffe.

— HIST. XII' s. ïost après commanda que l'om quatre chaïes de eve emplist, Uois, 3i7. || xvi' s. Fondre un seulcahce, ou rompre une petite cannette d'argent, calvin, Inslit. 88i. Portant les deux cannettos en ses deux mains, couvertes d'une toile de soie.... marg. de nav. Nouv. xix. Mesme un jour comme il tenoit le calice et l'autre les cannettes, il s'escria.... d'aub. Conf. i, 2.

— ÉTYM. Ngrm. canne, cruche; wallon, canèle; du bas-latin canna, kanna, de canna, canne, plusieurs vases ayant, à cause de leur forme, reçu ce nom.

t 3. CANETTE (ka-nè-t), s. {. Sorte de pièce de métier à tisser la soie.

— HIST. xv s. Trois quenettes [bobines] de fil d'or de Lucques, du cange, quaneta,

— ÉTYM. Peut-être canette s'est-il dit par une assimilation avec canette l.

CANEVAS (ka-ne-v.t; Vs ne se lie pas, excepté dans le parler soutenu : ka-ne-va-z à tapisserie), s. m. Il 1° Grosse toile claire pour la tapisserie à l'aiguille, etc. Elle n'avait au monde sa pareille X manier un canevas, la font. Coupe. \\ Fig. et familièrement. Broder le canevas, ajouter à un fait, à un récit, à un texte, des détails de pure invention ou des développements. Si ce canevas vous paraît raisonnable, vous le broderez, volt. Lelt. Damilaville, 28 mai 1765. || Terme de marine. Grosse toile à voiles de Hollande. || 2° Premières paroles qui .se font sur un air de musique, ou mots sans suite, mis sous un air, et qui servent de modèle pour en faire d'autres. || Les paroles mêmes faites sur un air avec ou .sans ce modèle. |j 3° Plan, ébauche ou donnée première d'un ouvrage de littérature. Le canevas d'un discours, d'un poème. Ce conte a servi de canevas à un fort joli opéra bouffon, VOLT. Mœurs, Joseph. Corneille ne fut pas choisi pour remplir ce mauvaiscanevas, id. ib. Nous trouverons qu'en cela comme en tout, le plan de la nature est biendifférentdu canevas de nos idées, BUFFON,^ntmaiix,reprod. Aussi longtemps du moinsqu'un canevas de déclaration, si je puis parler ainsi, ne sera pas définitivement adopté, Mirabeau, Collection, t. ii, p. 32. Il Dans un sens analogue. Il a brodé sur ce canevas mille impertinences, c'est-à-dire il a ajouté à un texte donné, à un fonds donné, mille impertinences.

— HIST. XIII" s. Quiconques est chanevaciers à Paris, il doit de chacune toile qu'il vent ou acheté en gros, olwle de cousiume. Livre des métiers, 149. Il xV s. Et si desplait fi tous communément Tel chief fourré d'estrange chanvenas, E. deschamps, Atours des dames. || xvi" s. Je retournai sur le champ à l'assemblée à laquelle je présentai mon canevas, qui, ayant été examiné par la compagnie, fut approuvé en tout, d'aubicné, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Bourguig. cainevar d'étôpe; provenç. canabas, toile de chancre; bas-lat. cancrasium, de cannabis, chanvre (voy. chanvre).

t CANEVEAC (ka-ne-vô), s. m. Sorte de toile h voiles.

— ÉTY'M. La même que dans canevas.

t CANEVETTE (ka-ne-vè-f) , s. f. Terme de marine. Réduit ou petit coffre renfermant le vin des officiers.

— ÉTYM. Ital. canova, du latin canava, cellier. CANEZOO (ka-ne-zou) , s. m. Corps de robe sans

manches.

t CANGE (kan-j'), s. f. Nom d'un bateau léger, étroit et rapide, qui sert aux voyages sur le Nil. La cange, luttant avec peine, à l'aide de toute sa voilure, contre un courant de quatre à cinq nœuds, avait à peine doublé le tiers d'Abou-feddha, qu'une rafale, tombée h bord comme un coup de foudre, fit craquer son grand mSt, A. lebas, L'obélisque de luxor, Paris, (839, p. 40, dans jal.

t CANGETTE (kan-jè-f), s. f. Serge grossière et commune, fabriquée en Basse-Normandie.

CANGRBNE (kan-grè-n'). Gangrène était la prononciation la plus usitée au xvii" siècle; aujourd'hui elle est tombée en désuétude. Voy. gangrène et les dérivés.

GANGUE (kan-gh'), s. f. Carcan portatif qui sert i

CAN

une sorte de supplice usité dans l'ABÏe et dans lequel on engage le cou et les poignets du patient.

t CANI (ka-ni), s. m. Terme de marine. Bois qui commence à se pourrir.

t CANIARI) (ka-ni-ar), s. m. Espèce de goéland.

CANICHE (ka-ni-ch'), s. m. et f. Chien barbet. Un caniche. Une caniche. || Adj. Les chiens caniches.

— ÉTYM. Cane, à cause du goût q\ie ce chien » pour l'eau, ou peut-être aussi un diminutif de canis, chien. L'absence d'historique ne permet guère de se décider, voyant que canichon a signifié un jeune canard, ce qui montre que le suffixe iche n'exclut pas la dérivation de cane.

t CANICHON(ka-ni-chon), î.m. || 1° Jeune canard couvert de duvet. || 2° Sorte de petit chien barbet.

— ÉTYM. Caniche.

t CANICIDE (ka-ni-si-d'), s. m. Meurtre d'un chien, mot employé pour désigner les nombreux sacrifices de chiens qui se font dans les expériences de physiologie.

— ÉTYM. Canis, chien, et cidium (usité en composition : hnmi-cidium) , meurtre, de cvdrre, tuer.

CANICULAIRE (kani-ku-lê-r'), adj. Qui appartient à la canicule. Jours caniculaires, jours pendant lesquels la Canicule se lèveet se couche avec le soleil et qui se comptent du 24 juillet au 26 août. Pour me remettre d'un hiver que j'ai été ici sans me chauffer, je m'en \*is chercher les jours caniculaires en Afrique, voit. Lett. 30. |f Chaleur cani» culaire, chaleur qui règne dans la canicule ou qi* est aussi forte que dans la canicule.

— HIST. xvi' s. Les jours caniculaires, bolchet, Serées, 7.

— ÉTYM. Canicularis, de canicula, canicule; provenç. eanicular. Au xvii' siècle on discutait la question, s'il fallait dire caniculaire ou caniculier. Celui-ci, qui était une forme aussi régulière que l'autre (comme singulier de singularis) est tombé en désuétude.

CANICULE (ka-ni-ku-l'), s.f.\\ 1° La plus brillante des étoiles fixes, aussi nommée Sirius et étoile du Chien, parce qu'elle fait partie de la constellation du Grand Chien. || 2° Le temps durant lequel la Canicule se lève ou .se couche avec le .soleil; ce qui arrive, selon l'opinion commune, du 24 juillet au 28 août. Comme c'est d'ordinaire le temps des plus grandes chaleurs, on les a attribuées à cette constellation, et de là ce sens d'une chaleur étouffante qu'a aussi le mot de canicule. Là jamais on ne ressentit les ardeurs de la furieuse canicule, fén. Tél. xix. Depuis le jour qu'Adam, déchu de son état, D'un tribut de douleurs paya son attentat, La canicule en feu dévora les campagnes, boil. Ép. m. Aristéo obtint de Jupiter les vents étésiens pour modérer l'ardeur de la canicule, chateaub. Itin. 8. Je tremble à présent dedans la canicule, mol. Sgan. 2. A présent qu'en nos champs tout s'altère et se brûle Aux regards enflammés de l'àpre canicule, seghais, Églog. 4.

— HIST. XVI* s. Pourquoy est-ce que communément les chiens enragent quand la anicule ou petit chien se lève? bouchet, Serées, 7.

— ÉTYM. Provenç. etespagn. canicula; ital. eanicola; du latin canicula, petite chienne, diminutif de canis (voy. chien).

CANIF (ka-nif; au pluriel Vs ne se lie pas : des ka-nif aiguisés. 11 ne faut pas prononcer ganif, ce que font quelques-uns; c'est la recommandation inverse de Jlénage, qui dit : prononcez ganif et non canif; l'usage a changé et le c a prévalu), s. m. Espèce de petit couteau pour tailler les plumes. |i Fig. Donner un coup de canif dans le contrat, être infidèle à son conjoint. On avait l'habitude pour annuler, canceller une écriture, de la barrer ou de passer dedans le canif.

— HIST. xni' s. Kenivet. J. de garlande, 588. Il XVI' s. On osie la pellicule jaune de l'escorce avec un canivetbien tranchant, o. de serres, 850.

— ÉTYM. Angl. knife; suéd. knif, de l'ancien Scandinave fcnf/V, couteau. Caniret est le diminutif de canif.

fCANILLÉE (ka-ni-Uêe, Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de la lentille d'eau.

CANIN, INE (ka-nin, ni-n'), adj. \\ l" Oui tient du chien. L'espèce canine. Faim canine, faim Irèspressaiite. Notre renard pressé par une faim canine, LA font. Fabl. XI, 8. Il Dans le langage ordinaire, le féminin seul est usité. 1| S. m. Terme de zoologie. Les canins, la famille de carnassiers dont le chien est le type. || 2° Dents canines (angulaires, conoïdes ou œillères), celles qui sont placées entre les molaires et les incisives. || Substantivement. Il a perdu une canine. Les canines servent à rompre et à bri-

CAN

CAN

CAN

ser les corps durs. || 3° Terme d'anatomie. Fosse canine, dépression de la face externe de l'os maxillaire supérieur, un peu au-dessus de la dent canine. Il Muscle canin, muscle élévateur de l'angle des livres. || Ris canin, saidonique ou moqueur, espèce de rire produit principalement par la contraction du muscle canin, surtout d'un seul côté.

— HlST. xiii* s. [Ils] Sont coars, pervers et chenins, la Rose, 20269. Si vous pri [je vous prie] toutes, vaillans famés [femmes].... Que se moz i trovésjà mis Qui semlilent mordans ou chenins lincontre les meurs féminins, Que ne m'en voilUéspas blasmer, ib. <64u2. || xvi' s. Ils sont insatiables, et ont un appétit canin, paré, Introd. 6. Puis y on a deux [dents] de chacun costé, nommées canines, pource qu'elles sont aigUes et fortes comme dents de chien.... id. iv, 2. Touchant les roses sauvages appellées canines.... les esglantines emportent le prix, approchanldes damasquines, o.de serres, B5I.

— ÉTYM. Wallon, fuaim câline, faim canine; rouchi, faim canife; provenç. canin, canh; calai, canj; espagn. et ital. canino; de caninus, de canis (voy. chien).

t CANITiE (ka-ni-sie), s. f. Terme didactique. Couleur blanche ou grise des poils, et surtout des cheveux.

— ÊTYM. Canilies, de canus, qui aies cheveux blancs (voy. chenu).

CANIVEAU (ka-ni-vô) , s. m. Terme de maçonnerie. Pierre creusée dans le milieu pour l'écoulement de l'eau. La pose des caniveaux. || Nom que les paveurs donnent aux plus gros pavés d'une rue, qui sont placés alternativement avec ceux qu'ils appellent contre-jumelles.

— ÉTYM. Sans doute un diminutif de camieau (voy. et; mot), et par conséquent ayant, au radical, canne, roseau, tuyau, conduit.

j- CANIVET (ka-ni-vè), s. m. Perroquet des Antilles.

t CANNABIN , INE ( ka-nna-bin , bi-n' ) , adj. Terme de botanique. Oui a les caractères du chanvre.

— ÉTYM. Cannabinus , de cannabis, chanvre (voy. chanvre).

t CANNABINE (ka-nna-bi-n') , s. f. Terme de chimie. Résine brune qui est dans le haschich.

— - ÉTYM. Cannabis, chanvre, parce que le haschich se tire du chanvre.

fCANNACÉ, ÉE (ka-nna-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a la forme de canne, de roseau.

— ÉTYM. Canne.

CANNAGE (ka-na-j'), s. m. Mesurage des étoffes à la canne.

— ÉTYM. Canne.

CANNAIE (ka-nê) , s. f. Lieu planté de roseaux.

— HIST. xvr s. Pouresgaier vos cannes, faudra, ou en ester d'entre elles quelques unes, ou arracher du tout la caneliere, pour la refaire de nouveau, 0. DE SERRES, 739.

— ÉTYM. Canne.

t CANNAMELLE, s. f. Voy. canamelle.

CANNE (ka-n'), s. f. || l» Nom de diverses espèces de roseaux. || Canne de Provence ou roseau à quenouilles (graminées) (arundo donax, t.). [j Canne à sucre (saccharum oflkinarum , L.) (graminées). Il Canne d'Inde, balisier. || Nom donné jadis aune tige ou racine qui ne se trouve plus aujourd'hui dans le commerce, et qui provenait du calamus aromaticus, L. Il 2» Bâton léger de roseau, de jonc ou de bois sur lequel on s'appuie de la main en marchant. Donner des coups de canne. Puis d'après nous [singes] le genre humain Marcha droit la canne à la main,BÉnANG. Orangs-out. || Lev^r la canne sur quelqu'un, le menacer de coups de canne, et aussi le frapper. ||Fig. Vivre la canne à la main, vivre sans rien faire. || 3° Dans les arts, divers instruments longs et cylindriques. Canne à vent, fusil à vent. Il 4° Mesure de longueur employée en divers pays, particulièrement en Italie, et dont la valeur n'est pas constante; celle de Naples vaut deux mètres vingt-neuf centimèires.

— IllST. xiir s. Et deit estre le champ de quarante canes de careure et clos de fossés et de paleys, Ass. de Jér. i, )7). Il fit prenre canes dequoyl'en fit ces fleutes.... joiNV. 277. || xiv s. La kanne est tant portée que depuis e.st brisée, Baud. de Seb.iv, 42C. Il XVI" s. La trachée-artere appellée vulgairement la canne du poulmon, paré, vi, 6. Il faudra envelopper une canne de plomb [una canule], id. vi, 23. Quelques unes sont de bois et les autres de cannes ou roseaux, id. ix, iS. L'eau distillée de racines de cannes, id. xxii, 3. Son manger estoit de cannes de sucre, ID. Licorne,. 4. La saumée de terre est de seize cens canes quarrées, mesure de Montpellier,

chacune cane de huitpams.... Rapportant la toise à la cane, se trouve la toi.se contenir huit pams, neuf vingt-sixiesmes, o. de serres, tl.Les cannes de sucre ressemblent aux autres communes, qu'on appelle aussi roseaux, id. ib.

— ÉTYM. Prov. cana; catal. eanya, cana; espagn. cana; du latin canna, roseau; grec, xivva, xâwy,.

t CANNEAU (ka-nô), s. m. Terme d'architecture. Synonyme de godron, sorte do cannelure.

— HlST. XVI» s. Canneau du col [le conduit qui traverse le cou], cotgrave.

— ÉTYM. Canne, à cause de la forme.

CANNEBERGE(ka-ne-lièr-j'), s. f. Terme de botanique. Airelle à baies d'un goût agréable {vaccinium oxycoccos, L.). Après avoir fait un repas de racines de canneherges, la voyageuse reprit sa route, CHATEAUB. Natcl^. Ii, 300.

t C.4NNELADE (ka-ne-la-d'), s. f. Terme de fauconnerie. Curée de cannelle , de sucre et de moelle de héron.

— ÉTYM. Cannelle.

CANNELAS (ka-ne-là), s. m. Bonbon à la cannelle. Cannelas de Verdun.

— ÉTYM. Cannelle.

CANNELÉ, ÉE (ka-ne-lé, lée), part, passe. Qui est marqué de cannelures, c'est-à-dire de côtes et de sillons alternatifs. || S. m. Cannelé, étoffe de soie, tissu analogue au gros de Tours.

C.4NNELER (ka-ne-lé. L'Académie ne conjugue pas ce verbe; on peut le conjuguer comme appeler : je cannelle, je cannelais, je cannelai, je cannellerai, que je canneUe, que je cannelasse, cannelant; ou en mettant é à la place des deux U : je cannelé, etc.), V. a. Terme d'architecture. Orner de cannelures. Canneler une colonne.

— HlST. XVI" s. D'un crespe cannelé seroit la«ouverture De vostre chef divin , ronsard, 190.

— t,T\M. Cannelle, diminutif de canne, roseau; dit ainsi par assimilation.

t . CANNELLE (ka-nè-1') , s. f. Êcorce , dépouillée desonépiderme, du Zattrws cinnomomum, L. arbre originaire des contrées orienlalesde l'Asie. [Livres qui vont] Habiller chez Francœur [nom d'un épicier] le sucre et la canneUe, boil. i^p. i. || CanneUe deCeylan, la cannelle la plus estimée. CanneUe mâle , variété plus commune de cette canneUe, recueillie sur des branches plus grosses. || Cannelle de Cayenne, la plus estimée après celle de Ceylan. || CanneUe de Chine, canneUe moins estimée, d'une odeur plus forte, d'une saveur moins agréable. || CanneUe blanche, écorce que l'on attribue à un végétal dit cannciZaaiiio. || CanneUe de Cochinchine, cannelle de Malabar, écorce du laurus cassia. \\ Cannelle giroflée, écorce qui a une odeur analogue à celle de la muscade et du girofle, et qui provient du myrte canneUe {myrtus caryophylla, t.). ||Fig. et familièrement. Mettre en cannelle, briser, réduire en morceaux comme ceux de la cannelle qui se vend; et plus figurément encore, déchirer, ruiner de réputation. Ah! c'est qu'aussi vous avez fait une culbute! La voiture est en canneUe, bavard et LEMOINE, LaNiaise de St-Flour, se. is. Pourlamaison que mon âme habite, elle sera bientôt en cannelle; mais tantque j'y logerai, je vous serai tendrement attaché, volt. Lettr. Morellet, 14 nov. 1776.

— HIST. xin" s. Baumes, kanele, encens et mente, ruteb. ii, <4. Poivre, canele et garingal. Encens, girofle et citoual, FI. et Bl. 2029. Il peut vendre poivre, courain, canele, regulisse et cire, Liv. des mil. m, 2. || xiv" s. Gingembres et canele, et sucre et asur bis. Toutes coses flairans.... Baud. de Seb. xi, 615. || xvi" s. 11 donne furieusement aux barricades, des premiers coups les met en canelle, les couche à bas, u'aub. Fœn.iv, 9. Le loup, se sentant pris, pour se vouloir sauver, entraîne la pippo du haut en bas du rocher: la pipe se mit en canelle, id. 16. m, 8.

— ÉTYM. Diminutif de canne, roseau; provenç. canel, s. m. tuyau.

2. CANNELLE (ka-nè-1') ou CANNETTE (ka-nè-f) , s. f. Il 1° Robinet formé d'un morceau de bois ou de métal creusé pour tirer le vin de la cuve, du pressoir, d'un tonneau. || 2° Rainure aux deux côtés du troud'uneaiguiUe. || 3°Outilduboutonnier. ||4''Couteau dentelé de Tépinglier.

— HIST. xvi" s. Dont s'est ensuivi , que le caillou est demeuré creux comme une canelle tout à travers, pALissY, 4C. Sondes, conducteurs, curettes, canettes, tenons.... paré, m, 639. Ils percent généralement tous leurs tonneaux, mettans à chacun la canelle par le bas, 0. de serres, 2(8. La caneUe, fontaine ou robinet, ID. 830.

— ÉTYM. Diminutif de canne, c'est-à-dire petit tuyau .Saintonge, chenelle long tuyau.

CANNELLIER (ka-né-lié), ». m. Terme de botanique. L'espèce de laurier dont on tire la cannelle.

— ÉTYM. Cannelle 1.

t CANNELLINE (ka-ne-ll-n'), ». f. Terme de chimie. Principe trouvé dans la cannelle.

t CANNHLON (ka-ne-lon), ». m. Moule des fromages glacés, etc.

CANNELURE (ka-ne-lu-r'), s. f.\H' Terme d'architecture. Nom de petits canaux en sillons longitiw dinaux sur une colonne, etc. || 2° SlUon longitudinal destiné le plus souvent à servir de guide à un instrument tranchant. La cannelure d'une sonde guida le bistouri. || 3°'Ierme de botanique. Strie profonde. La tige de la bette a des cannelures.

— ÉTYM. Canneler.

t CANNEQCLN (ka-ne-kin), ». m. Terme de commerce. Sorte de cotonnade blanche de l'Inde.

CANNETILLE (kane-ti-U', » mouillées), ». f. Il !• Petite lame très-fine d'or ou d'argent tortillé. Il 2° Le fil de laiton argenté qui entoure les grosses cordes des violons, des basses, etc. || Tissu de laiton étroit dont se servent les modistes pour soutenir les ornements de chapeaux.

— HIST. XVI* S. Un manteau de frese noire, qui estoit tout bordé de cannetiUe et d'or-frise bien richement, MARQUER. NOUV. XXIII.

— ÊTYM. liai, canaliglia, sans doute de canna, canne.

t CANNETILLER (ka-ne-ti-Ué, H mouillées), V. a. Orner de cannetilles.

CANNETTE (ka-nè-f), s. f. || 1» Voy. cannelle 2. Il 2° Petit tube rempli de poudre pour mettre le feu à la cartouche d'une mine.

— ÉTYM. Diminutif de canne.

CANNIBALE (ka-nni-ha-1'), ». m. || 1° Nom donné aux anthropophages de l'Amérique et , en général, à tous les anthropophages. {| 2' Par extension, homme cruel et féroce. Les querelles des théologiens sont devenues des guerres de cannibales , volt. Mœurs, Hf.

— HlST.xvi"s. Briffaux, caphars, chattemites, canibales, etaultres monstres difformes et contrefaicts en dépit de nature, rar. Pant. iv, 32.

— ÉTY.M. Canniba, nom sous lequel les insulaires anthropophages étaient désignés par les premiers Américains que rencontra Colomb.

t CANNniALISME (ka-nni-ba-li-sm'), ». m. Anthropophagie. Il Fig. Férocité, cruauté.

— ÉTYM. Cannibale.

t CANNIER (ka-nié), ». m. Celui qui emploie la canne pour la garniture des sièges et des voitures. Il Fabricant de cannes.

— ÉTYM. Canne.

f CANNIÈRE (ka-niê-r'), ». f. Terme de pèche. Espèce de bretelière pour les chiens de mer.

t CANOLE (ka-no-l') , s. f. Sorte de p:\tisserie.

t. CANON (ka non), s. m. || 1" Pièce d'artillerie pour lancer des boulets. Canon de fonte, de fer, de bronze. Canon de 8, de 12, etc. canon lançant un boulet de 8 livres, de <2 livres, etc. Canon rayé, canon creusé de rainures à l'intérieur et lançant un boulet conique garni de feuilles de plomb ou d'étain, ce qui empêche l'usure de la pièce. Vaisseau de 40o canons, vaisseau qui est armé de 100 pièces d'artillerie. Il Collectivement. Les canons d'une armée, d'une place. Le prince de Bade, après avoir perdu trois cents hommes, son canon, .son champ de bataille.... VOLT. Louis XIV, 48. Il Le gros canon, l'artillerie de siège. |{ Absolument, ou dans un sens général, l'artillerie. || Un coup, une volée de canon. Le bruit, le recul . la portée du canon. Le canon de campagne, de siège. On tire peut-être le canon, on est aise, on se réjouit pour votre accouchement, SÉV. 09. Il a été reçu au bruit du canon comBe ambassadeur, id. 59o'. On a entendu tirer plusieurs coups de canon, id. 477. || La place n'attendit pas le canon, se rendit sans être battue en brèche. Il Chair à canon, troupes qu'on expose sans ménagement. Il Poudre à canon, poudre à tirer. || 2* Le tube où se met la charge dans les autres armes à feu. Le canon d'un pistolet. Fusil à canon rayé. Il Fig. Il crèvera comme un vieux canon de mousquet, ou, simplement, comme un vieux mousquet, se dit d'un homme menacé de succomber à quelque maladie subite, ou de perdre sa position, sa fortune. || 3 Par analogie, le corps d'une seringue, et, dans les arts, nom de divers objets de forme tubulée, || Pièce de la serrure qui reçoit la tige de la clef. || Partie forée d'une clef. || Blton de soufre. Il Le canon d'une clef de montre, le petit tube dans lequel entre l'axe qu'on tourne quand ou monte la montre. || Tuyau de la plume d'oie, la partie qui sert & écrire. || Nom des gros morceaux ou

CAN

filets d'émail que les émaillmirs tirent pour mettre l'émail en état d'être employé. || Terme do plombier. tloiitli?Te de plomb ronde avec des feuillages, et faite on forme dn canon. || Pot de faïence un peu Innp et rond oi'i 1ns pharmaciens mettent les électuaires et les confections. |; Canon h dévider, espèce de petit bâton tourné avec des rebords, qui, presque ,"1 son extrémité, a un trou pour mettre la broche du rochet. Il F'elite lioliine sans bord, qui se met dans la boîte de l'époidin, et sur laquelle se dévident l'or, l'argent et la soie. || Tujau qui entre dans le corps d'un arrosoir, et au bout duquel est la pomme percée de petits irons. || 4" Terme de vétérinaire. Réprion des membres tant antérieurs que postérieurs du cheval, ayapt pour ba.se les os métacarpiens ou métatarsiens. || Os de la jambe du cheval, qui répond, dans les membres antérieurs, au métacarpe, et, dans Ifs postérieurs, au métatarse du sqneletio humain. L'articulation qui joint le canon au tibia, J. J. ROU.SS. Orif/. mîtes. \\ Terme (l'équilatioii. Chacune des deux parties du mors qui appuient sur les barres. || 5° Ornement de drap, de serge ou de soie qu'on attachait au bas de la culotte, froncé et embelli de rubans, faisant comme le haut d'un bas fort larpo. Sont-ce ses grands canons (lui vous le font aimer? L'amas de ses rubans a-l-il su vous charmer? mol. Mis. il, t. || Ornement de toile rond, fort large et souvent orné de dentelle qu'on attachait au-dessous du genou et qui pendait jusqu'à la moitié de la jambe pour la couvrir. De ces larges canons, où comme en des entraves On met tous les matins ses deux jambes esclaves, mol. Éc. des maris, i, 6. Le courtisan portait de larges canons, LA BRU Y. t:i. || Nomquelestailleursdonnaient aux deux tuyaux de chausses où l'on mettait les cuisses, et aussi au haut des bas de laine ou de soie (bas à canon) qui s'élargissaient en sorte qu'on y pût mettre les cuisses. || 6° Terme de pèche. Canonharpon, sorte d'arme pour atteindre les baleines. il Bâton pour tenir un filet tendu.

— HiST. xiv s. Pour la ville assaillir [ils] ordenerent quanons. Pour les arhalestriers et pour les archiers bons, Guesdin, 8028. Kt avoient en l'ost bien quatre cent canons [engins de toute sorte] mis et assis tout autour de la ville, fhoiss. ii, n, 29. Ces Flamands avouent apporté en leurs nefs canons et arbalestes, dont ils tiroient les carreaux si grans et si trjj forts oue, quant aucun en estoit féru, il n'y avoit point de remède qu'il ne fust mort. Fnoiss. liv.ii, p. 7(, dans L.^CURNE. Ceux de Bruges commencèrent à tirer et à getter canons; adont ceux de Gand se mirent en un montet firent tout à une fois decliquer trois censcanons, id. tft.p. I80.||xvi's Marquetz [les Vénitiens, ainsi nommés de St-Marc] tirent canons, arbalestes desliandent.... J. mahot, V, 154. [On entend] canons bruyre et tonner, m. v, IBO. Doubles canons et longues serpentines, id. v, 212. Pistoles sont petites arcbuzes qui n'ont qu'environ un pied de canon, m. nu biîllay, 588. Une furieuse batterie de soixante canons ou doubles canons, n'AUH. Uhl. I, 243. Ce fut lors que le canon joua, in. //is(.i, 274. Peu d'arquebusades prirent.... la pluspart tirèrent le canon appuie [à bout portant], m. llist. i, 288. Kstropié d'un esclat de canon, m. llist. I, 200. Us avoient six pièces de campagne et quatre canons, 111. llist. I, 338. Place. incapable d'attendre un canon r'ocourci, m. llist. ii, 276. L,\ le peuple se pourroit maintenir, aianl du canon, contre une armée Turques(]ue, m. Hist. ii, 438. Trois gros canons, un domi canon et trois bastardes, m. Ilisl. m, I5S. Dix canons, sans les pièces de for, ii). ib. m, 445. Il faut avoir un canon [canule], paré, vu, 5.... Kt lorsqu'on le voudra donner au patient, estant en la chausse ou canon à clystere, on y adjoustera une (Iragme d'huile de genevre, ID. xv, 39. Canons, doubles canons pour donner clysteres avec chausses et seringues, id. lu, 639. Le remède est d'enter en canon ou esciisson les arbres aians besoin de tel affranchissement, o. DE sehrks, 464. Aussi sont très proprement entés plusieurs arbres en canon, cornuchet, tuiau, flusleau; ainsi ditte telle sorte d'enter des instrumens de ces noms.... Voustiendrés le canon d'une main, et le reste du jetton de l'autre, en tordant avec un peu de violence pour séparer le canon du bois avec les germes atlenans aux œillets,

— Etym. Provenç. cannn, tuyau; catal. canfi; ital. cannnne, augmentatif de canne, par assimilation de forme. Le canon, mot qui paraît s'être introduit au moment où l'on commença d'employer les armps h feu, se confondit d'abord avec les anciens engins, et signifia concurremment un engin, sans doute de forme lubulaire, qui lançait des carreaux

CAN

et du feu grégeois; il signifia aussi le carreau, le trait lancé |)ar le canon.

2. CANON (ka-non), s. m. Sorte de mesure des liquides. Le canon était la moitié du poisson; il valait 1/(6 de pinte; on le dit à présent de t/te de litre.

— ÉTYM. Même radical que dans canette 2.

3. CANON (ka-non), s. m. \\ 1° Hègle, décret, en parlant desdécisions des conciles surla foi et la discipline. Les Pères qui ont fait les canons.... ross. Salisf. 2. On se fonde sur un canon qui dit que la malice peut suppléer à l'âge, montesq. E.rp. xxiii, 7. Comme vous vous êtes trouvés embarrassés entre les canons de l'Église qui imposent d'horribles peines aux simoniaques, et l'avarice de tant de personnes qui recherchent cet infâme trafic, pasc. ProiJ. < 2. Il Adjectivement. Droitcanon, droit ecclésiastique, fondé sur les canons de l'Kglise, les décrétâtes, etc. Docteur en droit canon. Corps du droit canon, recueil des canons, décrétales, etc. || 2° Cataloguedes saints reconnus et canonisés par rfiglLse catholique. || 3" Ensemble des livres admis comme divinement inspirés. Le canon des Écritures chez les Juifs, chez les chrétiens. L'Église amis le livre des Machabées dans son canon, Boss. Avertiss. B. Les Juifs n'ont jamais inséré le livre de Tobie dans leur canon, volt. Pliil. iv, 432. || Chez les grammairiens d'Alexandrie, liste des auteurs considérés comme modèles; et, en général, toute liste donnée comme authentique des écrits d'un auteur dont l'authenticité a été controversée. Le canon des livres d'Hippocrate, d'Aristote. |1 Les grammairiens disent aussi canon pour règle : Hérodote est le canon du dialecte ionien. || 4° Terme de chronologie. Canon pascal, table des fêtes mobiles, dressée pour plusieurs années^jl 5° Prières qui commencent immédiatement après la préface de la messe et qui contiennent les paroles sacramentelles et des oraisons jusqu'au Pater exclusivement. || Canon de la messe, tableau écrit ou imprimé qui contient les paroles sacramentelles, et toute la partie du canon de la messe que le prêtre lit pendant la consécration, où la position qu'il occupe ne lui permettrait pas de se servir du missel. || 6" Terme de musique. .Sorte de fugue qu'on nomme perpétuelle, où les voix, partant l'une après l'autre, répètent sans cesse le même chant. Canon h l'octave, canon à la quinte. Canon à trois voix. Canon renversé, celui que l'on peut chanter également en lisant la musique comme elle est écrite, ou en renversant le papier et commençant par ce qui était la fin dans la première exécution, lin enfant commençait le verset d'un psaume et le soutenait ainsi sur une seule note, tandis qu'un papas chantait le même verset sur un air différent et en canon, chateaub. Jtin. il, 70. || Dans l'ancienne musique, l'instrument ella méthode qui servaitadeterminerlesintervallesdessons.il 7° Terme de mathématiques. Ancien synonyme de méthode, de formule et de table. ||8°Terme de paléographie. Règle à régler le papier. 1! 9° Terme d'imprimerie. Triple canon, gros canon, les plus gros caractères après la grosse non-pareille. Petit canon, le sixième caractère en partant de la grosse non-pareille. Maintenant c'est par points qu'on désigne le calibre des caractères. Le triple canon est de 72 points; le double canon est de 56 points; le gros canon est de 44 points. Il 10° Ancien terme de palais. Canon eraphytéoti(|ue, revenu annuel que devait celui qui avait pris un héritage à bail emphytéotique.

— HIST. xiii» s. Harpes et rotes et canons [sorte d'instrument de musique), du cange, canon. Etat renoncié en ce fet à tout ayde de droit, de loi, de canon et de coustume de pais, beaum. xxxv, 20. Ci poez novel droit aprendre; Mes je ne sai comment a non. Qu'il n'est en droit ne en canon, ruteb. 72. Et il respondoient que li canon qui ce disoient parloieiit de moines, non pas de chanoines, Livr. de ju.it. Hvi. Il XVI' s. Corallien que les eve?ques anciens ayent fait beaucoup de canons ou de reigles.... CALVIN, Inslil. 857. Les héritages chargez de rente ne pourront estre saisis par faute de payement que jiour le canon de la dernière année seulement, Nokv. coustiimier génér. t. il, p. 852.

— ÉTYM. Kavwv, règle.

CANONIAL, ALE (ka-no-ni-al, a-1'), adj. \\ 1° Qui est réglé par le canon. Heures canoniales, les petites heures du bréviaire, qui sont laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et coniplies, ainsi nommées parce qu'on a appelé aulrefois canon l'office ecclésiastique. || 2° Qui est de chanoine, qui convient, qui appartient â un chanoine, (jflice canonial, tout l'office que les chanoines chantent dans l'église. Les offices canoniaux. Maiôon canoniale, maison alTec-

CAN

téeâune prébende de chanoine. Vie canoniale, >ie prescrile aux chanoines en communauté.

— HIST. xiV s. Le chapitre aura vint et sis mesons canoniaus en la ville de Chartres, nu cange, canonicalis. || xv s. Et après, il est notoire à tous que diligemment et dévotement il oyoit messe.... et disoit tous les jours ses heures canoniaux sans délaisser, monstbelet, liv. I, ch. 47.

— RTYM. Ba.s-lat. canonicalis, decanonicus, chanoine. Mesons canoniaux est très-correct dans l'ancien français où canoniaux représente le latin canonicales pour le masculin et le féminin.

t CANONIALEMENT (ka-no-ni-a-le-man), adr.

D'une façon canoniale.

— HIST. XIII' s. Je promet à tei mon .seignor tel patriarche de Jérusalem et à tes successors canoniaument entrant.... Ass: de .férus, i, 2U.

— P.TYM. Canoniale au féminin, et le suffixe ment (voy. ment). Dans cononiau-ment, à l'historique, cunoniau, c'est-â-dire canonial, est au féminin ancien,

CANONICAT (ka-no-ni-ca; le t ne se lie pas; au pluriel l'.s se lie : les ka-no-ni-ka-z et les évêchés; canonicats rime avec las, mâts, etc.), s. m. || 1° Autrefois le bénéfice d'un chanoine (il n'existe plus de bénéfices ecclésiastiques en France). Vous m'avez promis un canonicat pour son frère, sÉv. t. Ces biens [ecclésiastiques], partagés en diverslots, prirent le nom de prébendes de canonicat, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Fig. et familièrement. C'est un vrai canonicat, une place lucrative et où pourtant il n'y a rien à faire. 1| 2° Aujourd'hui, fonction de chanoine, rétribuée sur le budget de l'État.

— ÉTYM. Bas-lat. canoni'catus, àecanonicus, chanoine (voy. CHANOINE).

CANONICITIÎ (ka-no-ni-si-té), s. f. Qualité de ce qui est canonique. Passonsdonc une même canonicité â ces liv-es contestés ou non contestés, noss. Projet. Un concile d'une si médiocre canonicité pourrait avoir de grandes suites, st-sim. 465, 9i.

— ÉTYM. Canonicus, canonique.

CANONIOPE (ka-no-ni-k'), adj. Conforme aux canons, Le sufi^rage du peuple est la seconde marque d'une vocation canonique, mass. Confér. Voc. à !''- «aï ccc/^s. Quelque empêchement canonique qui vous rende indigne du ministère, id. ib. Ils ne reçoivent pas les livres des Machabées pour canoniques [ils ne les admettent pas dans le canon des Écritures], boss. Arert.h. || Fig. et familièrement. Cela n'est pas canonique, cela n'est pas conforme aux règles. 112° Droit canonique, droitcanon. Le droit ecclésiastique, autrement appelé canonique, montesq. Espr. xxvi, *. Il 3° S. /■, Terme d'ancienne philosophie. Partie de la doctrine d'Épicurequi renferme les lois de la raison.

— REM. D'après Ménage, ce sont MM. de Port- Royal qui se sont avisés les premiers de dire droit canonique au heu de droit canon. Cet exemple a été imité par Bossuet, par Fleury et Durand de Maillane. Droit canonique paraît le meilleur.

— HIST. XIII* s. Et défendrai les canoniques et les anciens privilegeset les deues leis,j4sî. de Jér. l, 3o.

Il xvi" s Afin qu'il ne semble que je veuille ad-

vouer ce livre-là pour canonique, calv. Tnstit. 528. Il ne faut nullement souffrir que l'élection canonique soit ostée, et que le roy constitue à son plaisir des evesques, m. Instit. 867.

— ÉTYM. Canonicus (voy. chanoine).

CANONIOVEMENT (ka-no-ni-ke-man), adv. Selon les canons. Chassé de son siège par Constance, Athanase fut rétabli canoniquement par le pape, BOSS. //(■«(. I, tu

— ÉTYM. Canonique, elle suffixe trtenf.

f CANONIS.\m.E (ka-no-ni-za-bl') , adj. Qui mérite d'être canonisé.

— lirST. xvi" s. Louable, méritoire et canonizable, CHARBON, Sanesse, p. 3)2, dans lacurne,

CANONISATION (ka-no-ni-za-sion) , s. f. Déclaration par laquelle le pape met dans le catalogua des .saints une personne morte en odeur de sainteté. Procès-verbal de canonisation.

— HIST. xvi* s. L'apothéose ou canonisation des quatre evangelistes et martyrs, saints Louchard, etc. Sat. Ménipp. 26.

— ÉTYM. Canoniser.

CANONISft, ÉE (ka-no-ni-zé, ée), part, passé. Il 1° Mis au nombre des saints. Louis IX, roi de France, canonisé. || 2° Mis dans le canon. Un livre canonisé.

CANONISER (ka-no-ni-zé), V. a. || I" Mettre dans le catalogue des saints, suivant les règles et avec les cérémonies pratiquées par l'Église. Il est béatifié, mais il n'est pas encore canonisé. On n'attend que sa mort pour le canoniser, Régnier, Sat. iiu || 2° Déclarer canonique. Il canonisa les deux livres que

CAN

les eiiiiomis de Saint Augustin improiivaient, Boss. Aul. eccl. Il 3° Fig. ou familièrement. Louer comme Siiint ou digne d'un saint. Nous que le monde canonise, nous serons rejetés,- mass. Car. Las. X force de s'entendre canoniser, ils [des gens dont la vie est exem|ite de certains vices] se persuadent sans peine qu'ils sont tels en effet qu'on les vante de tous côtés, BOURD. Pensées, t. i, p. 209. Voilà ce que [le sacrifice d'Isaao] la postérité a comblé d'éloges et canonisé, comme un des sacrifices les plus saints et les plus mémorables, id. ib. ii, 410.

— HIST. XV' s. Hz regardoieiit aux estoiles et les consideroient, et comploient les mois, et circuioient, et gettoicnt poursçavoir le temps, afin qu'ils canonizassent [propbétisassent]. les clioses qui estoieut advenir, ce dist Dieux par son prophète,

K. DESCHAMPS, PoésiCS IIISS. f° 382, danS LACUHNE.

Adonc poussiez veoir les Escossois monter eu orgueil et eulx reparer de nouveaux paremens pour eulx monstrcr et leurs prouesses plus canoniser, Perceforest, t. I, f" m, dans lacubne. || xvi* s. Les maux que leur ont fait endurer les Espagnols y ont canonisé [à Milan] le nom des François, m. du hel- LAY, <55. Quelcun de leurs saincts canonisez à leur poste, CALV. Inslit. 95 1.

— ËTYM. Bas-lat. canonisare, de xavovi^eiv, de xavwv, canon, règle, catalogue.

CANONISTE (ka-no-ni-sf), s. m. Homme instruit dans le droit canon. N'en doutez pas, leur dit ce savant canoniste, boil. Lutr. iv. On résolut de former une junte, de la composer de conseillers du conseil de Castille et de canonistes, st-sim. 501 , 02.

— HlST. XV* s. Si fut advisé que certains docteurs en théologie parleroient à elle, et Texaminoroient, et aussi avec eux des canonistes et légistes, et ainsi fut fait, Hist. de la Piicelle d'Orl. p. sofi, dans LACUBNE. Il xvi» S. Touchant la confession , il y a tousjours eu grande controversée entre les canonistes et les théologiens scolastiques , calvin , Instit. 487.

— KTYM. Canon , régie.

CANONNADE (ka-no-na-d') , s. f. Feu soutenu d'un ou plusieurs canons. Le bruit de la canonnade.

— HIST. xvi» s. Ce dit, passa toute la leste et le sein par un créneau, faisant semblant de vouloir tirer contre les Turcs par cette canonnade, yver, B47. Après quelques canoimades tirées, je présume qu'ils seroyent les premiers à venir assaillir, la- ■NOUÈ, 428. Ils se sçavent très bien rallier, comme par avanture ils pourroyent faire à deux canonnades [à deux portées de canon] de là, in. 428. Eslans doncques rangez à une canonade les uns des autres, il.... ID. 649. Ham, ayant enduré ) 200 canonnades, composa, d'aub. llist. i, 27. D'autres disent un coup d'arquebusades, un coup de canonades, ce qui est très improprement parlé; car le coup de canon s'appelle canonnade, et le coup d'arquebuse arquebusade ; les Italiens et les Espagnols, desquels nous avons appris et emprunté les mots, ne font telles incongruitez, brant. Cop. /i\ t. iv, p. 228,

dans LACUHNE.

— ÉTYM. Canonner.

(lANOXNAGE (ka-no-na-j') , s. m. Art du canonnier et, particulièrement, du canonuier à bord des vaisseaux.

— ivTYJl. Canonner.

CANONNÉ, ÉE (ka-no-né, née) , pari, passé. Battu de coups de canon. Une ville longtemps canonnée.

CANONNER (ka-no-né) , u. a. || 1° Battre avec des canons. M. Vial me lit voir l'endroit d'où les Russes canonnèrent la ville en <770, chateauiî. llin. 4|. Il Fig. et par plaisanterie, en parlant d'une entreprise amoureuse. Quand on est bien instruit de tout ce qui se passe. On ouvre la tranchée, on canonne la place, On renverse un rempart, on fait brèche aussitôt, REGNARD, Fol. am. I, 7. || 2° Terme de marine. Canouuer une voile, la mettre en rouleau, lui donner la forme d'un canon. |j 3° Se canonner, V. réjl. Se tirer des coups de canon. Les deux armées, les deux Mottes se canonnèrent longtemps.

— HIST. xvi" s. Les canonniersdu roy canonnoient encor fort, Ignorans que Françoys eussent gaignié le fort, J. MAKOT, V, (58. Je 'ne vey jamais tant <:anonner, carloix, i, 3g. C'est pourquoi, sur nouveaux rejets prend-on les greffes, et sur semblables jetions l'on les insère et canone [arrange avec le canon, ancien nom du greffoir], afin que mieux se conjoignent ensemble, que moins de disparité se trouvera par-eutre eux, o. de serres, 670.

— ETYM. Canon 4.

t CANONNERIE (ka-no-ne-rie) , s. f. Endroit où l'on fond les canons.

— ËTYM. Canon.

DICT. DE LA LANGUE KHANVAiji.

CAN

CANONNIER (ka-no-nié; \'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : des ka-no-nié-z adroits), s. m. Il 1° Celui qui est attaché au .service d'un canon. Il Canonnier de marine, caiionnier qui sert à bord des vaisseaux. Maître canonnier, celui qui dirige le service de l'artillerie d'un vaisseau. || 2° Celui qui forge les canons:

— HIST. xv s. Et fut le sire do Clary, qui estoit maistre des canonniers au sire de Coucy, trait et atteint d'un carrel de canon, froi'ss. ii, il, 231. Ceux de dedans traitèrent par condition qu'ils rendroient ledit fort et s'en iroient sauve leur vie, sans emporter nuls de leurs biens, réservés les canonniers et ceux qui autrefois avalent fait serment pour la partie du roi Henri , monstrelet, u, iH.

Il xvrs commande aux canonniers Canonner fort

et ferme, j. marot, v, \bl. Tout le reste tué ou vendu aux Tartares, hor-mis les canonniers, n'AUB. llisl.i, 190. Il y avoit dix-huict canonniers, chacun pour le plus expert.... à chaque pièce, un canonnier [pointeur], carloix, vu, 9. Trouz canonniers [meurtrières], Alcctor, roman, p. 13i, dans

LACURNK.

— ÊTYM. Canonner.

CANONNIÈRE (ka-no-niô-r') , s. f. || 1° Meurtrière, ouverture étroite par où on peut tirer le canon. Vieilli. Il 2° Autrefois tente à l'usage des canonniers. Il Actuellement, petite tente en iorme de toit et sans pans droits. Une canonnière sert ordinairement à quatre soldats. |{ 3" Petit bâtiment armé d'uu ou de plusieurs canons. || Adjectivement. Chaloupe canonnière. || 4° Tuyau de sureau avec lequel les enfants cha.ssent des tampons de filasse. || 5° Terme de poche. Ouverture dans une écluse ou un parc do pierre.

— HIST. XV* s. Sauf une seule canonnière qu'on no sceut batre pour ce qu'elle estoit fort basse, comm. III, 10. Il XVI* s. Dofl'enses, avanimurs, lucarnes, canonnières L'on faict voiler en l'aer, avec noires fumieres, 'j. marot, v, 156. N'aiaiis pointa craindre d'artillerie, les soldats se faisoientde petittes canonnières avec dos pierres r'amassées, d'aub. Uisl. ii, 54. Deux moulins bien bastis , et qui se defl'endoient l'un l'autre avec canonnières, id. llist. ii, 145. Il fallut faire d'une vieille canonnière une porte où la cavalleriepeust passer, id. Jlisl. ii, 160. Ils gagnèrent si follement et gardèrent si opiniastrement touttes les canonnières basses, qu'ils emportèrent la place, id. llist. n, 443.

— ËTYM. Canonner.

t CANOrUS (ka-no-pus') , s. îh. Terme d'astronomie. Belle étoile qui fait partie de la constellation Argo.

— ÉTYM. Canopus, dans le poênie sur i'ilstroHomie de Manilius, auteur latin de la fin du siucle d'Auguste.

CANOT (ka-no; le t ne se prononce pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie: les ka-no-z ont chaviré; canots rime avec dos), s. m. Petit bateau. || lOmbarialion, sans pont, à vodes et à rames, qui est affectée au service d'un grand bâtiment. Deux de nos canots avaient été emportés par les lanT's. || Canot de plaisance, canot dont on se sert pour faire des parties de plaisir sur les rivières.

— ËTYM. Espagn. et ital. canoa; angl. canoë. On tire ordinairement ce mot de l'allemand Kalta, danois kane, suédois kana, qui a le même sens. Mais cette rencontre de sons et de forme doit être considérée comme fortuite; le mot n'est ancien dans aucune des langues romanes; et l'allemand n'aurait donné ni canoa en espagnol et en italien, ni canoë en anglais; le mot est américain d'après Colomb et les premiers voyageurs.

t CANOTAGE (ka-no-la-j'), s. m. Exercice d'agrément, promenade en canot.

CANOTIER (kano-tié; l'r ne se bo jamais, au pluriel Vs se lie: des ka-no-tié-z habiles), s. m. Terme de marine. Matelot de l'équipage d'un canot. Il Celui qui monte un canot de plaisance. Les canotiers de la Seine.

— ËTYM. Canot.

1 1 . CANT (kan) , s. m. Terme demétier. Côté. Voy.

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