C.\OLIN (ka-o-lin), s. m. Voy. kaoun
t CAOUANE (ka-ou a-n'), s. f. Nom de la tortue a écaille épaisse, de la Méditerranée et de l'Océan.
CAOUTCHOUC (ka-ou-tchou; le c final ne se prononce jamais : du ka-ou-tchou imperméable), s. m. Vulgairement gomme élastique ; suc coagulé du jatropha elastica, L. arbre de la famille des euphorbiacées tithymales, et d'autres plantes, telle que le figuier d'Inde, le jaquier , etc. Le caoulchouc se trouve dans le commerce sous forme de petites bouteilles. Il Caoutchouc volcanisé, vulcanisé ou soufré, sorte de combinaison de caoutchouc avec le soufre, préparée avec le sulfure de carbone et le clilorure de soufre. I! Caoulcliouc minéral, substance hydrocarbonée appelée aussi bitume élastique ou éiatérite, ayant une élasticité analogue à celle du caoulchouc.
— ÉTYM. Cahuchu, nom indien de cette substance.
t CAOUTCHOUTER ( ka-ou-tchou-té) , v. a. Filer en caoutchouc; enduire de caoutchouc.
CAP(kap'), f. m. i| !• Tête. Usité seulement dans les locutions suivantes : De pied en cap, de la lête aux jiieds. Tu seras armé de pied en cap, mol. J<
CAP
CAP
CAP
Dep. V, t. Il Cap i\ cap, tête à tClo. Cette loeutiona vieilli. Mais bientôt, malgré vous, je verrai ses appas, cap i cap, regnarp, le liai, se. o. || Clicval cap do mnre ou de maure, rouan h. tète noire, accompagnant souvent les robes gris ardoisé et rouan foncé. || 2° Terme de géographie. Pointe de terre élevée qui .s'avance dans la mer. Doubler un .cap. Il 3° Terme de marine. L'avant d'un bltimont, par rapport a la direction qu'il suit. Avoir, porter le cap à terre, au large, au nord, etc. Il avait le cap sur nous, et nous ne l'évitions pas, J. J. Bouss. hm. v. Il Virer cap pourcap, clianger les amures pour prendre une direction opposée à celle qu'on suivait. I.e vent, a\i lieu de varier quart par quart, comme cela avait lieu à l'entrée dans le cercle de la tempête, changea tout d'un coup cap pour cap, Presse scientifiqxte , t. ii, p. 417. || Etre cap à cap, se dit en parlant de deux vaisseaux qui vont l'un vers l'autre par des directions opposées. || Chef d'une escouade dans un port. || Cap de mouton, billotde bois percé de trous, pour le passage des rides de haubans. Il Cap de boussole, ligne indiquant la direction de l'axe du bâtiment. || 4° Terme de commerce. Cap et queue, la double extrémité des étoffes.
— HEM. C'est pécher contre l'usage que de dire : habillé de caip en pied. L'usage ne permet' plus de déranger l'ordre des mots de cette locution.
— HlST. XVI' s. Les satyres, capitaines, sergens de bandes, cap»; d'escadre, corporalz.... rab. Font. V, 40. Us estoicnt armez do cap à pied de grosses lames de fer, mont, ii, 90. Il falut lui aider à cheminer pour le mener à cap de table , d'aub. Fmn. IV, 4. Ce grand vieillard sec et avide , voyant d'autres vivres que le cap d'ail, se mit à escrimer des dents et dos mains furieusement, id. ib.
— ETYM. Proveno. cop; espagn. ca6o; ital. capo; de caput, tête (voy. chef).
CAPABLE (ka-pa-bP) , adj. \\ 1° Qui peut contenir en soi, au propre et au figuré. De dire si peu- d'un sujet si capable, Régnier, Sat. i. De toutes les figures c'est la rondo qui est la plus capable, c'està-dire qui a le plus de superficie, desc. ilétéor. 6. Quelques paroles ambiguës d'une de ses lettres, qui, étant capables d'un bon sens, doivent être prises en bonne part, pasc. Prov. to. Tout genre d'écrire reçoit-il le sublime , ou s'il n'y a que, les grands sujets qui en soient capables? la bruy. t. La brèche était capable pour deux bataillons de front, ST-siM. 278, 8. il Terme de géométrie. Segment capable d'un angle, segment de cercle tel que tous les angles qui y sont inscrits soient égaux à ce premier angle. '| ZTig. En parlantdes personnes ou des choses personnifiées, qui peut admettre une chose, (jui e;5t apte et propre ou disposé. Les plus impies sont capables de la grâce de leur rédemption, pasc. Vrai bien, 22. Quelque étendue d'esprit que l'on ait, l'on n'est capable que d'une grande passion , capable de peu et de beaucoup, de tout et de rien, id. dans COUSIN. Votre vertu dont notre siècle n'est pas capable sera à la fin reconnue, BALZ. Liv. Il, Lctt. t9. Une joie dont je ne devrais être capable qu'en votre présence, VOIT. Leit. 01. Si Dieu no dédaigne de juger ce qu'il a créé capable d'un bon et d'un mauvais choix, Boss. Anne de Gons. Suivant les sentiments dont vous êtes capable.... corn. Mort de P. m, 2. Et si je vous croyais capable de raison.... id. Agés, iv, 3. Moi ! voilà les soupçons dont vous êtes capable , rac. Brit. v, 6. De quel crime un enfant peut-il être capable? id. Ath. ii, B. Ses transports dès longtemps commencent d'éclater; X d'inutiles cris puissent-Ils s'arrêter. — Quoi ! de quelqu'e dessein la croyez-vous capable? id. Brit. m, i. Eurymaque savait la gusrre; il était capable d'afl'aires, fén. Tél. XVI. Au lieu de faire des vices do l'homme des peintures affreuses ou ridicules qui servissent à le corriger, les stoïciens lui ont tracé l'idée d'une perfection et d'un héroïsme dont il n'est pas capable, et l'ont exhorté à l'impossible, la bruy. ^l. Ceux qui font profession des arts libéraux ou des belles-lettres, les peintres, les musiciens, les orateurs, les poètes, tous ceux qui se mêlent d'écrire ne devraient êtrecapables que d'émulation , id. ib. L'imagination , si capable alors [dans la jeunesse] de séduction, mass. J'anég. St Benoit. Quelque capable que fiU son esprit de toutes sortes d'affaires.... tlèch. Panég. ii, 392. Capable d'une erreur, il ne l'estpoint d'un crime, volt. Als. V, 2. Il Être capable de tout, être homme à se porter aux dernières extrémités. Apprenez qu'Orosmane eut capable de tout, volt. ;?oïre, iv, 2. || Avec de et uu infinitif, dans le même sens qu'avec un substantif. Est-ce que l'honnête homme est capable de mentir ? Il n'est rien que les hommes ne soient capables d'entreprendre. Ceuxqui, necomprenantpasd'a-
bord cette double infinité, sont capables d'en Cire persuadés, pasc. Pcnséi's, part, i, art. 2. Madame, voyez donc si vous serez c.iiiable De rendre également ce peuple raisonnable, corn. Nicom. v, 2. Vous prenez plaisir avons instruire et à vous rendre capable de profiter des bontés que l'on pourra avoir pour vous, rac. Lettres à son fils, 2B. Trop capable déjà de sentir son malheur, volt. Zaïre, II, 3. Il 3° Capable de, avec un infinitif, en parlant des choses, qui peut. Que votre procédé est violent, mon père, mais qu'il est peu capable do réussir! PASC. Prov. is. Partout où sa présence est capable de nuire, mol. l'Étour.y, 2. Ce changement d'habit est assez capable, je crois, de me déguiser, id. le ''édcc. malgré lui, m, 1. Il [Jésus-Christ] a mis flans son église une autorité seule capable d'abaisser l'orgueil et de relever la simplicité, boss. Anne de Gons. Je vous ai mis entre les mains assez de livres français capables de vous amuser, rac. Lettres à son fils, 1 1. Quand vous auriez tous les talents les plus capables de lui faire honneur, mass. Amb. deselercs. L'exercice et la tempérance sont capables de conserver aux vieillards quelque chose de leur première jeunesse, d'oi.ivet, l'ensées de Cicéron.\\ i° Qui a de la capacité, habile. Hommes capables et judicieux. Cette cicatrice semblait ajouter à son visage quelque chose de capable, hamilt. Gramm. 7. (I Air capable, air d'un homme qui présume trop de son habileté. || 6° Qui a la capacité légale. Capable de tester. Les calvinistes étaient déclarés capables de toutes les charges et dignités de l'État, VOLT. Louis XIV, 30. Il 6° Substantivement et familièrement. Faire le capable, se donner l'air d'une plus grande capacité que celle que l'on a réellement. Pourquoi subtiliser et faire le capable? mol. le Dép. 1, i.
— HEM. Des grammairiens ont prétendu que capable, en parlant des choses n'ayant qu'un sens physique, on ne pouvait dire, par exemple : un propos capable de nuire. C'est une observation mal fondée; voyez les exemples do bons auteurs.
— IIIST. xvi" s. Une escuelle bien capable et profunde, RAB. Carg. i, 20. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein, mont. Au Lect. p. xi. i qui on a esté une fois capable, on n'est plus incapable, id. I, 94. Les premiers sièges sont communément saisis par les hommes moins capables, ID. I, 168. Un bastiment capable de deux ou trois cents âmes, id. i, 237. Il est capable de changer d'opinion et d'advis tous les mois, s'il plaist à la coustume, id. i, 309. Les loix ne veulent pas qu'un homme soit capable du maniement de ses biens, qu'il n'ait vingt-cinq ans, id. i, 407. Un seul [animal] e.st capable de desfaire un grand nombre d'hommes, id. ii, 17(. On feroit ceste tranchée capable de dix mille hommes , langue, 448. Il a un esprit capable d'apprendre et de comprendre, ID. 4 90. L'homme est entre toutes les créatures seul capable de vertu, id. Boe. Je m'efforçai de lever les deffiances, assurer chacun, rendre tous mes sujets capables de mon intention, d'aub. Ilist.u, 243. Si la femme pendant quarante jours n'a renoncé solennellement, elle est capable [responsable] etpoursuivable des debtes de son mary , Covslumier gén ér.J. 1 , p. 761. Nous estimons les avoir rendus capabler[les avoir instruits] de la droite intention du roy, ilém. de Bcllièvre et de Sillery , p. .1 43 , dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. capable; bas-lat. capabilia. de capere, contenir (voy. capture): qui peut contenir.
t CAPABLEMENT (ka-pa-ble-man) , adv. Avec capacité. Elle mena la parole si capablement qu'il en fut ravi, sÉv. 493. L'abbé de Mornay faisait très-dignement et très-capablement l'ambassade de Portugal, st-sim. 471, 247.
— ÊTYM. Capable, elle suffixe ment.
CAPACITÉ (ka-pa-si-té) , s. f. \\ 1° Contenance
d'une chose. Marmite d'une grande capacité. 11 est visible qu'elles [les pensées] ne sont plus que l'esprit môme, et qu'ainsi elles remplissent toute sa capacité, pascal, dans cousin. Les petites choses flottent dans sa capacité [du cœur], id. dans cousin. Vous remplissez toute la capacité de ce coeur, sév. 380. L'àme de Jésus-Christ acette capacité assez étendue pour penser actuellement à tous les hommes, fên. m, 241. Il Mesures de capacité, celles qui sont destinées à mesurer les liquides ou les grains. || Terme de physique. Capacité pour le calorique, faculté qu'ont les corps d'exiger des quantités différentes de calorique pour varier, sous le même poids, d'un même nombre de degrés de l'échelle thermométrique. || Terme de chimie. Capacité de saturation, quantité pondérale d'acide nécessaire pour saturer une base, ou de base pour saturer un acide. || î" Eig.
Qualité de l'e.spritcapable. Preuve de capacité. Selon ma capacité. Il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu'au néant que ju.squ'au tout; il la faut infinie pour l'un et pour l'autn-, pascal dans cousin. Un homme d'une si grande capacité, noss. le Tell. Le roi, dont lejugemcnt est une règle toujourssûre, a estimé la ca(>acité de notre princesse et l'a mise par son estime au-dessus de tous nos éloges, id. Duch. d'Orî. L'expérience lui avait donné de la capacité pour la guerre, iiamilt. Gramm. 5. Ces gens lai.ssent échapper les plus belles occasions de nous convaincre qu'ils ont de la capacité et des lumières, la brut. i. Que de dons du ciel ne faut-il pas pour bien régner! une vaste capacité qui s'étend non-seulement aux affaires du dehors.... id. (o. Il faut s'en rapporter à M. RoUin, qui a beaucoup de jugement et de capacité, RAC. Lettres à son fds, 6. || La capacité de l'es[)rit, la faculté qu'il possède de saisir et d'embra.sser les choses. || 3" Aptitude, en parlant de» choses. Dieu aura fait l'arrangement des lettres qui composent les mots et n'aura pas fait dan.s les lettres la capacité d'être arrangées, boss. Élérat. m, 2. Il 4" Terme de droit. Faculté légale. Il a capacité pour tester. || Brevet de capacité, brevet constatant qu'un individu est capable de donner l'enseignement primaire, élémentaire ou supérieur. || En matière bénéficiale, les titres et capacités d'un ecclésiastique, les actes et pièces à l'appui de sa demande d'un bénéfice, et qui montrent qu'il est capable de le posséder. || Terme de droit politique et néologi.sme. Les capacités, les personnes capables, par leur instruction ou leur position, d'exercer les droits politiques. || 5° Terme de métaphysique. Etat passif et primitif de l'âme; aptitude à recevoir toutes les impressions.
— SYN. CAPACITÉ, HAniLF.TÉ. La Capacité a plus de rapport à l'étendue des aptitudes et des connaissances; l'habileté à l'application, à la pratique, aux expédients. Aussi on est habile dans une chose particulière, dans le commerce, à la guerre; maison est capable d'une façon absolue.
— HIST. xvr s. Ils faisoient tendre cette immense capacité [le cirque] de voiles de pourpre, mont. IV, t4. Les événements sont maigres tesmoings de nostre prix et capacité, id. iv, B:i. îs'ous n'aurons à mettre en avant de longtemps des chefs de cette capacité, d'aub. Ilist. i, 364. Aussi surviendra empyeme si la matière découle en la capacité du thorax, PARÉ, XI, 4.
— ÉTYM. Provenç. capacitat; espagn. capacidad; ital. capacHà; de capacitalem , de capax, qui contient, de capere, prendre, contenir (voy. capture).
I CAPADE (ka-pa-d'), s. f. Certaine quantité de laine ou de poil pour faire un chapeau.
— ÉTYM. Cap, tête.
CAPARAÇON (ka-pa-ra-son), s. m. || 1" Espèce de housse ou de longue couverture plus ou moins ornée, s'étendant quelquefois jusqu'à la tête, et destinée à protéger le cheval contre le froid, la pluie, les insectes. Que les chevaux des clercs soient toujours ornés de caparaçons blancs, von. Mœurs, (0. Il 2" Anciennement, armure et harnois dont les chevaux étaient équipés dans les batailles. Les chevaux blanchissants frissonnent. Et les masses d'armes résonnent Sur leurs caparaçons d'acier, v. hugo, Bail. 7.
— urST. XVI' s. Son cheval estoit richement enharnaché d'un harnois d'or, et couvert d'un caparançon qui valoit beaucoup, amyot, l'ompée, î".
— ^ ÉTYM. Augmentatif du bas-latin capnro, chaperon (voy. chaperon) : c'est-à-dire sorte do chape ; espagn. caparaçon.
CAPARAÇONNÉ, ÉE (ka-pa-ra-so-né, née), part. passé. Couvert d'un caparaçon. Venez voirpourccjour de fête Son cheval caparaçonné, v. nuoo. Batl.^ «. Il Anciennement. Un cheval caparaçonné, un ciieval couvert du caparaçon défensif.
CAPARAÇONNER (ka-pa-ra-so-né). || fr.n. rr<-i. vrir d'un caparaçon. || 2° Familièrement. Se i >.; • -■ conner, v. réjl. Peut-on se caparaçonner de la s >i !•.■? c'est-à-dire, s'attifer, se charger d'ornements ridicules.
HIST. XVI' s. On Uiy amena un coursier fort
adroit, bien caparassonné, Don Flores de Grèce, ^ XXXIX, dans lacurne.
— ÉTYM. Caparaçon.
t CAPARASSE (ka-pa-ra-s') , s. f. Terme de marine. Petit manteau de canotier.
— ÉTYM. Voy. caparaçon.
CAPE (ka-p'), s. f. Il 1" Manteau à capuchon fort en u.sage autrefois et dont les deux sexes se servaient. Ainsi mangeaient les prmcesses [eous François I"] couvertes d'une cape de toile cirée, volt.
ilmiri;, tu. || FiR. N'avoir (jiio la capn pI Vi'\)ôp, «Ire sans fortune. Kt n'ayant pour tout bien que la capo Pi l'épée, Toute mon espérance aurait ététrcmp<!o,iiFONAni), Iféiirch. n, i. I| FiR. N'avoir que la capeetl'épée, n'avoir que des dcliors, que l'apparence (lu noérile. Pour le petit marquis, je trouve qu'il n'y a rien de si mince que sa personne, et ce sont de ces m('Tites qui n'ont que la cape etl'épfe, moi,. Min. v, 4. Il Sous cnpe, on cachette, à la déroh(''e, en dessous. L'esprit malin riait sous cape, i.A font. Ilelph. Ne peut-il pas.. ..Rire sous cape de ces tours? in. Ot>.ç. Kt vous menez sous cape un train que je hais fort, KOL. Tart. Tt, <. lo fMmo do Montcspan] a été h. la messe, on l'a regardée sous cape, sKv. :i33. Il s'est justifia de ce qu'avait dit .sous cape M. do Lauzun, in. SI2. Je riais souvent fOus cape de l'emliarras de mon pSre et de ma m6re, qui fort souvent ne savaient où se mettre, ST-siM. 60, 09. Rire SOUS cape 'de toutes les .sottises du public, volt. Letl.d'ArgentaK déc. l7Bn. || 2° Actuollement, dans quelques provinces, vêtement dont les femmes se couvrent la tête et les épaules contre le mauvais temps. Sortir en cape. || 3° En termes de marine, la cape est la grande voile du Rrand milt. || Èlre à la cape, se mettre, se tenir à la cape, se dit d'un navire qui, la barre .sous le vent, et presque h sec de voiles, présente le côté afin do ne plus faire route.
— IIIST. xvi° s. Vestu simplement d'une me.scliante cappe, AMYOT, Nicias, 3t. Apr^s quelques sacrifices faits, il vcst la chappe de pourpre de la déesse Pro- .serpine, id. Dion,10. Quelques uns des soudards, en se mocquant, demandèrent au lierault, si, pour la venue d'une cappette et d'un basion de Laceda;mone, lesSyracusains se sentoient si fortifiez qu'ils en deussent avoir les Athéniens eu mespris, id. A'i-
clas, 34 Celuy qui de plein jour Aux cardinaux
en cappe a veu faire l'amour, du bf.llay, vi, Ai, reno. Les autres qui parloient aussi de passer les monts, rioient sous chape, r'Aun. Ili.it. m, 148. Or je sens que mon lecteur me tire par la cape pour ce que je n'ai pas assez marqué la rupture des Estais, I». Ilist. III, <73.
— f.TYM. Prononciation picarde de chape (voy. ce mol); bourguig. caijipe.
t CAPÊER (ka-pé-é), v. n. Terme de marine. Tenir la cape pendant un coup de vent.
— f.TYM. Cape.
1 C.\PELAnE (ka-pe-la-d') , s. f. Dans quelques provinces, hangar au milieu d'une ferme.
t CAPELACiE (ka-pe-la-j') , s. »n. Terme de marine. Action de capeler. || Ensemble des manœuvres morles attachées ti une vergue.
*. CAPEL.W (ka-pe-lan), s. m. Prêtre pauvre ou cagot duquel on parle avec mépris.
— HIST. XVI" s. Allez sur mule avecques une housse, Ainsi tousés [tondu] qu'un moine ou capelan,MABOT, II, 3fi5.
— ÉTYM.Ital. cappellano, chapelain (voy. ce mot). 2. r.APELAN (ka-pe-lan), s. m. Petit poisson de
mer d'une chair délicate, et dont les pêcheurs de morue se servent pour appAt (gadus minutus et aussi gadus blennnides). On écrit aussi caplan.
t CAPELANIER (ka-pe-la-nié), s. m. Pêcheur de capelans. || Marin chargé de .semer le capelan pour attirer la morue.
— f.TYM. Capelan 2.
t CAPELER (ka-pe-lé)^ v. a. Terme de marine. Passer une boucle, un œillet, une bague dans tout oMfèt propre à les recevoir, comme le bout d'un mât, d'une vergue, d'un boute-hors.
CAPELET (ka-pe-lè), s. m. Terme de vétérinaire. Tumeur mobile, dite aussi passe-campane, qui croit sur la pointe du jarret du cheval.
— f.TYM. Prononciation picarde de chapelet; la tumeur a été ainsi nommée à cause de la bosselure.
CAPELINE (ka-pe-li-n'), s. f. \\ 1° Chapeau orné de plumes et d'aigrettes que les femmes portaient en habit de chasse. Elles firent partie d'aller i\ la chasse en habit de campagne avec des capelines, sCARnoN, Précaution inutile, dans riciif.let. Là les dames en capelines El tenant en main des houssines, Perrault, Ép. de la chasse, dans richelet. I! 8" Aujourd'hui, sorte de capote faite en étolTe légère qv.e les femmes portent l'été; et autre capote
égère, mais chaude, et le plus souvent ouatée, que les femmes jettent sur leur tête, quand elles sortent
n ..,-",''" spectacle, pour .se défendre du froid.
I 4' I;ji chirurgie, bandage récurrent qui, par sa
(iisposition, forme une sorte de coiffe ou de bonnet.
rLu ^",='^""ement, armure de tête. On disait autre-
.LJm,,""."'"""^^'' capeline, comme on dit l'Ujourd hui c'est un homme d'épée.
- IIIST. xtv s. Armfc.s de jaques, de cotes et de
CAP
capelines de fer et de plusieurs autres armeurcs, du CANGE, capellina. || xV s. Et avoit le duc de lîerri capeline d'acier en la teste et un fermaillet au front devant moult riche, monstrelet, liv. i, chap, loo. Il XVI* s. Puis [l'ange messager] sa perruque divine Coifa d'une capeline, Prenant sa verge en son poing, bons. 632.
— f.TY.M. Bas-lat. capellina, décapa, cape.
t CAPELLINE (ka-pM-li-n'), i. f. Terme de blason. Genre de morion, de pot ou de casque ouvert.
— fTYM. Le même que le précédent.
CAPENDU (ka-pan-du), s. m. Espèce de pomme
rouge.
— HIST. XVI* s. Vous mangerez de bonnes poires, bergaraottes, une pomme de court pendu, babei.. m, 13. Pommes de capondu ou carpondu dans Nicot. La Ouintinye les appelle de courtpendu.
— f.TYM. Peut-être le préfixe péjoratif ca.... et pendu: mal pendu, courtpendu.
CAPERON (ka-pe-ron), s. m. Voy. capron.
CAPÉTIEN, ENNE (ka-pé-siin, siè-n'), adj. Qui appartient h. la troisième race des rois de France. Il Substantivement. Les Capétiens, les rois de la troisième race.
— f.TYM. Capet, surnom de Hugues qui détrôna les Carlovingiens.
t CAPIIAR (ka-far), s. m. Impôt qu'on lève en récompen.se de la protection qu'on accorde aux voyageurs ou aux babitanis d un lieu.
— ÊTY.M. Arabe, khafâra, de khafara, protéger. t CAPHARNAOM (ka-far-na-om') , s. m. Lieu qui
renferme beaucoup d'objets entassés confusément. Il Lieu do désordre et de débauches.
— f.TYM. Capharnaûm , ville de Judée mentionnée dans l'Evangile. C'était une grande ville de commerce, et pour cela ce nom a pris le sens vulgaire de lieu où mille choses sont entassées.
I CAPIÉ, ÊE (ka-pi-é, ée), adj. Terme de minéralogie. Qui a l'apparence du bois piqué.
t CAPILLACÊ, ÈE (ka-pil-la-sé, sée), adj. Terme didactique. Oui a la finesse des cheveux.
— ÉTYM. Capillaceus, de capillus, cheveu (voy. cheveu).
CAPILLAIRE (ka-pil-Iê-r') , adj. || 1° Délié comme des cheveux. Tube ou tuyau capillaire, tulie dont le conduit intérieur a été comparé à un cheveu. Une goutte de rosée qui filtre (lans les tuyaux capillaires d'une plante leur présente des milliers de jets d'eau, Bernard, de st-p. I" c<»de. || Terme de physique. Phénomènes capillaires, phénomènes que l'on observe quand on plonge, dans un vase contenant un liquide, l'extrémité d'un tube capillaire, c'est-à-dire dont le diamètre intérieur ne dépasse pas un millimètre. L'attraction et la répulsion des petits corps qui nagent à la surface des liquides sont des phénomènes capillaires que l'on peut soumettre à l'analyse, laplace, Exp.iv, 47. || Terme d'anatomie. Vaisseau capillaire ou, substantivement, les capillaires, dernières ramifications vasculaires que le sang traverse pour passer des artères dans les veines, et qui établissent la continuité entre ces deux ordres de vaisseaux. || 2° S. m. Nom, dans les pharmacies , du feuillage de plusieurs espèces de fougères : capillaire commun ou noir (asplenium adiantum nigrum, /,.); capillaire du Canada (adiantum pedalum, /,. ) ; capillaire de Montpellier [adiantum capillus Veneris, L.). Sirop de capillaire. Les convolvulus, les capillaires d'eau .su.spendent devant son nid des draperies de verdure, C1IATEAUB. Génie, i, v, 7.
— HIST. XIV* s. Tant que [les veines] soient capillaires, ii. de mondev. f" 22. || xvi» s. Veinesmesaraïqueset capillaires du foye, paré, xxiv, 22.L'aigremoine, les capillaires, 1 herbe robert, in. xvi, 36. L'eau d'endive , de borrache , de capillaires , ID. XX. 20.
— ÉTYM. Capillaris, de capillus , cheveu (voy. ce mot).
tCAPILLAMENT (ka-pil-Ia-man ), s. m. Terme didactique. Petite fibre très-ténue, filamenteuse.
— ÉTYM. Capillamentum, chevelure, de capillus, cheveu (vov. cheveu).
t CAPILLARITÉ (ka-pil-la-ri-fé) , s. f. Terme de physique. || 1° État de ce qui a la ténuité d'un cheveu. || 2° L'ensemble des phénomènes qui se passent dans le contact des liquides avec les solides présentant des espaces très-étroits ou capillaires. Il Force particulière qui produit ces phénomènes, et qui ne paraît être qu'une variété de l'adhésion.
— ÉTYM. Capillaris (voy. capillaire).
t CAPILLIFOLIÊ, ÉE (ka-pil-li-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles capillaires.
— ÉTYM. Capillus, cheveu, ptfolium, feuille.
CAP
t CAPILLINE (ka-pil-li-n'), s. /'.Terme de botanique. Champignon capilliforme (capillina).
— ÉTYM. Capillus, chdveu.
t CAPILLITIE (ka-pil-lisie), t. m. Terme de bo tanique. Tissu do filaments qui enlace les germe des lycnperdacées.
— f.TYM. Capillitium, chevelure, de capillut^ cheveu. ',
CAPILOTADE ( ka-pi-Io-fa-d' ) , s. f. Sorte de ragoftt fait de morceaux de viandes déjà cuites. Il Fig. et familièrement, mettre efi capilotade, acca. bler de coups ou déchirer, ruiner de réputation. Le menaçant de mettre ses enfants en capilotade, IIAMILT. Gramm. 10. Si j'entre en furie, je vous mettrai tous deux en capilotade ; cà que l'on fasse trêve à cette heure, l'rancion, ii, 79.
— HIST. XVI* s. Cabiroladcs, longes de veau , BABEL, l'ant. IV, r>». Vous trouverez qu'il n'y a rien si fade, entre tousles mets devostre table, que ce bel entretien de son ame, et que son discours et intentions ne valent pas vostre capirotade , mont, iv,
— ÉTYM. Boiirguig. caipirotade; espagn. capirotada; ital. capperotlato. Quoique Ménage rejette bien loin l'étymologie de capirote, chaperon en espagnol, la forme des mots l'appuie fortement; il n'est pas difficile d'imaginer, quand on se rappelle les dénominations des sauces et des plats, que celui-ci ait été nommé le plat au chaperon.
t CAPION (ka-pi-on), s. m. Terme de marine usité seulement dans le Levant. Capion de proue, étrave; capion de poupe, étambot.
t CAPIOU (ka-pi-ou), s. rn. Voy. cabiou.
CAPISCOL (ka-pi-skol), s. m. Doyen de chapitre, dans quelques provinces.
— ÉTYM. Espagii. capiscol; bas-lat. capischnlui ; de caput, tête, chef (voy. cap), et de schola, école.
CAPISTRATE (ka-pi-stra-f) , adj. Terme de zoologie. Qui est muni d'un encadrement de la face comparé à une mentonnière.
— ÉTY.M. Capistratxis , de capistrum, chevètre.
t CAPISTRATION (ka-pi-stra-sion) , s. /'.Terme de chirurgie. Synonyme inusité de phimosis.
— ÉTYM. Capistrare, museler, de capistrum, chevètre.
t CAPISTRE (ka-pi-str'), s. m. || 1» Terme de chirurgie. Synonyme inusité du bandage dit chevètre. Il 2° Terme de zoologie. I.a partie de la tête, chez les oiseaux, qui entoure le bec.
— ÉTYM. Capistrum. muselière (voy. chevétbe).
CAPITAINE (ka-pi-tô-n') , s. m. \\ 1° Chef militaire. C'était un vaillant capitaine, un vieux capitaine. Il était plus soldat que capitaine. Et si Flaminius en est le capitaine, corn. Nicom. ii, 3. Joignez à vos vertus celles d'un capitaine, id. Cid, I, 7. Huiter qui est le plus grand capitaine de la mer, sÉv. 4S8. S la nuit qu'il fallut passer en présence des ennemis, comme un vigilant capitaiiw, il reposa le dernier, Boss. Louis de Bourbon. Sous lui se sont formés tant de renommés capitaines que ses exemples ont élevés aux premiers honneurs militaires, ID. ib. Il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu, mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris, id. ib. Leur subtil conducteur [Cromwell] qui, en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille personnagesdivers. en faisant le docteur et le prophète aussi bien que le soldat et le capitaine, id. Reine d'Anglel. || 2° Dans un sens plus spécial, chef d'une compagnie dans un régiment. Capitaine d'infanterie , de cavalg-ie. || On nommait capitaine-lieutenant celui qui commandait une compagnie dont le roi, la reine ou un prince était censé capitaine; ainsi que le lieutenant de la compagnie colonelle d'un régiment. |) Capitaine des gardes, celui qui commandait une des quatre compagnies des gardes du roi, et capitaine aux gardes, l'officier qui commandait une compagnie du régiment des gardes françaises. || 3° Celui qui commande un bâtiment de mer. Capitaine de vaisseau, de frégate. Capitaine d'un navire de commerce. Il Capitaine de pavillon, capitaine du vaisseau-pavillon ou vaisseau qui porte le pavillon d'un officier général. || Capitaine de port, officier préposé au commandement d'un port. || Capitaine de prise, officier qu'un bAtiment capteur détache sur un navire capturé pour le commander. || Capitaine au long cours, titre du marin qui peut commander pour lej longs voyages les navires marchands de toutes le* grandeurs. || Capitaine d'arnjes, autrefois officier, aujourd'hui sous-officier chargé de la police du bord. Il 4» Familièrement. Capitaine renard allait de compagnie Avec son ami boucdes plus hauti encornés.
CAP
l.t FONT. Fabl. III, 6. Rcoiite, mouclmnl, mon ami, Je suis ton capitaine, BftnANO. Faridond. Il 5° Clief d'une capitainerie ou circonscription territoriale. Il En Kspagne, capitaine gùniîral, le plus liant grade militaire. ]| Dans les colonies, commaiulanl supérieur. || Capitaine de louveterie, celui qui a soin lie ce qui regarde la chasse dans une certaine étendue de pays. || 6° Nom qu'on donnait au gouverneur de certaines résidences royales (on dit présentement gouverneur), et à celui qui était chargé d'une capitainerie de cliasses. [j 7" Capitaine de voleurs, do bohèmes, etc. le chef d'une troupe de voleurs, etc.
— HIST. XI" s. X Holant le cataigno, Ch. de Hol. cxxxvii. Il te donat [Durandai] à un comte cataigno, ib. ci.xix. Demanderont : où est li quons [comte] oatalgne? ib. ccv. Cent mille sont de nos meilleurs cataignes, i(). ccxxiii. || xiu* s. 1,'emperere ot bien envoie cent clievaliers ; de cels si fu chevetaine Machaires do Ste Manehalt, villiîiiard. dans le Vict. de DOCHEZ. || xiv* s. Faisons et establissons parcos présentes lettres capitain gênerai, ducangk, eapitaneus. Serjens et meslres capitaines, m. ib. Se il devroit plus obéir ti l'ordenance du capitaine de l'ost que à son père, oresme, Elh. 2CI. Robert Brambore en fu cappitain redoublé, Cuefclin, 8i2. Il XV* s. C'est un bon homme d'armes pour le présent et un grand capitaine, fboiss. n, m, <5. Il XVI' s. Il avait gaigné neuf batailles estant capitaine gênerai d'Athènes , amyot, Péricl. 73. Le premier qui se prit à courir pour charger, fut C. Crassianus , capitaine de cent vingt et cinq hommes, m. Pomp. loi. En France, le lieutenant et enseigne d'une compaignie de gens de pied , porte ce titre de capitainne; aux autres nations, non, CARLOix, v, 32.Uoviez, sergent du queitaine, d'aub. Fœn. i, 6. Nulle paix n'a jamais apporté un tel calme, jusques \ ce que les moindres capitaineaux de France eussent obtenu des edicts, id. Ilist. ni, 214. Capitaine estoit anciennement le seul nom qu'on donnoit à ceux qui commandoient des trouppes d'inTanterie; à quoy on a substitué ceux de mestre de camp et de colonel , urant. Capit. fr. i. IV, p. 48 et 55, dans lacurne. Il ne s'esmorveilloit si les gens do guerre estoient mauvais et sujects h la pince, veu qu'il avoit remarqué qu'aujourd'hui les soldats n'appelloient celui qui leur commande, non capitaine, mais mon cayntene; que cela le faisoit penser qu'ils veulent dire que ce nom est venu de Caïn, qui fut le premier capitaine qui suivit la guerre, bouciiet, Seréi's, liv. m, p. 42,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. capifani; catal. capi'fd/espagn. capt'fan; portug. capi'tdo; ital. capifano ; anc. ital. catfano; angl. chicftain; bas-lat. capilanus , et aussi, dans un document du vi" siècle, capiiaru:u.i , de caput, tôte, chef (voy. chef). La plus ancienne forme est cataine, qui se conserva dans le langage populaire (voy. les textes de d'Aubigné et de Bouchel).
■ CAPlTAIiVERlE (ka-pi-tê-ne-rie) , s. f.\\ 1° Autrefois charge de capitaine des chasses ou d'une résidence royale. M. le prince embla à mon oncle la capitainerie des chasses de Senlis, st-sim. vi, 78. || 2° Le lieu affecté au logement de cet officier. Saint-Héron esta sa capitainerie, sévig. 290. || 3° L'étendue do la juridiction d'un capitaine des chasses. || 4" Circonscription territoriale qui avait un commandant militaire. || En Espagne, capitainerie générale, circonscription territoriale répondant à peu près à nos divisions militaires.
— HiST. xv° s. Avec la prevosté de Paris il tient les capitaineries de la ville de Cliierbourg, dont il a par an six mille francs, et de Nemours, dont il a par an deux mille francs, monstrel. t. i, chap. 09, p. 169, dans lachrne. i| xvi» s. Toy Bethlehem, terre de Judée, qui est petite entre les capitaineries de Juda, calv. hislit. -374. || Capilainie s'est dit pour habileté de capitaine. 11 avait ses chevaliers accoustumé à eux oser fier ep sa capitanie, ber- CHEURE, f° 74 (xiV siècle).
— ÊTYM. Capitaine.
i CAPITAINESSE (ka-pi-tê-nè-s'), s. f. Terme de marine. Galère que commandait le chef d'une division de galères.
— HiST. XVI" s. Sa galère capitainesse fut arrestée par un rémora, mont, ii, I80. Lesquelles choses furent toutes portées à Athènes par Cimon sur sa galère capitainesse, amyot, Thésée, 45.
— ÉTYM. Capitaive.
CAPITAL, ALE (ka-pi-tal, ta-l'), adj. \\ 1" Où il .s'agit de la tôte ou de "la vie; qui mérite le dernier supplice. Procès capital. Intenter une accusation capitale. Condamner quelqu'un i la peine capitale.
Et Cinna vous impute ,\ crime capital La lihéralilé vers le pays natal, corn. Cinna, n, <. Abandonner mon camp en est un [crime] capital, m. Sicomède, II, 2. On a beaucoup loué le regret que Néron témoigna de savoir écrire, Ma première sentence capitale qu'il eut îl .signer, diderot, Claude et Séron. Il 2° Oui est la tête ou comme la tôte de quelque chose. La ville capitale ou, substantivement, la capitale, la ville principale d'un État, d'une province. Dans cette ville capitale, nounnAi,. Carême, l, Aumi'ine, lia. llipparque et Plolémée étaient à Alexandrie en Egy[)te, et ils la rendirent la capitale de l'astronomie, i-onten-. Chazelles. \ l'Ago de vingtun ans, Linné se rendit à L'psal, qu'on pouvaitalors regarder comme la capitale littéraire de la Suède, CONDORCET, I,inné.\\ 3° Lettre capitale ou, subslantivement, une capitale, grande lettre, majuscule. En termes d'imprimerie, petites capitales, grandes capitales. La lettre capitale a été ainsi nommée parce qu'elle se met en tête de l'alinéa. || 4° Principal, essentiel. Le point capital. Clause capitale. Défaut capital. C'est un crime envers lui si grand, si capital, CORN. PoJyeucle, iv, o. Il n'y a pas d'erreur si capitale contre la philosophie, noss. Préface. Il ne faut pas se llatler, les plus expérimentés dans les affaires l'ont des fautes capitales, m. Heine d'Anal. Dans une affaire qui serait capitale àlui et aux siens, LA BRUY. 4. Tout devient capital dans la bouche d'un souverain, mass. Pet. car. Obst. Il est capital de n'ofTrir aux enfants que de bons modèles, fE.selon, XVII, 17. On ne sait si on a réussi à corriger, par quelques beautés de détail, un vice si capital [dans une tragédie], volt. Leitr. liichelieu, lo juill. 1773. Il En termes de peinture, tableau capital, œuvre principale d'un peintre, d'une école. || Les sept péchés capitaux, péchés source des autres. || Ennemi capital, ennemi mortel. Dieu les laisse aux diables, ses capitaux ennemis, Eoss. Démons, l, || 5° S. m. Ce qu'il y a d'essentiel. Le capital est d'avoir de quoi se pousser, bol'RD. Car. i, liichess. 9. La pénitence est le capital de noire paix avec Dieu, m. Avent, Nativité de Jestts-Christ, 228. Le capital pour une femme n'est pas d'avoir un directeur, la BRUY. 3. Le sexe dévot qui fait son capital do dire beaucoup, BOURn. Car. i. Prière, 310. Il ne devrait pas faire son capital d'être lieutenant général, SÉV, 204. Ensevelis dans l'amour des choses sensibles, ils feront leur capital des biens grossiers do cette vie, FÉN. xvii, 214. Il ne fait pas assez de cas de ce talent, pour faire son capital de l'étudier, iabruy. 8. Comme le disent malicieusement vos pères Annat etMeynier, qui en font le capital de leur accusation, PASC. Prov. 18. Ma I5" lettre y avait assez répondu [M'accusation d'hérésie]; mais vous en parlez maintenant d'un autre air; vous en faites sérieusement le capital de votre défense, id. ib. 17. Il 6° Le principal d'une dette, d'une rente. Amortir, rembourser un capital . Manger rentes et capitaux, Serait doux, je l'espère, bérang. El. de la richesse. Il 7° Ensemble des produits accumulés. || En langage scientifique, somme des utilités acquises, et non des valeurs comme on dit à tort (voy. valeur), résultat du travail antérieur destiné à la satisfaction des besoins ultérieurs. On dit que les facultés acquises de l'homme .sont un capital. L'homme fait est un capital accumulé,!, b. say, Cours d'économie politique, 1843,1.1, p. 154. Le capital d'unarti.ste est son talent, m. ib. t. II, p. 104. Il Portion des produits accumtimulés ou des utilités acquises, destinée à la reproduction, sous forme de provisions, de matériaux et d'instruments. Le premier chasseur était pourvu au moins d'un repas, auquel il a dû la force de .saisir sa première proie; les armes qu'il s'est fabriquées ont été une grande augmentation de son capital ou de ses avances, nupONT de nemours. Maximes du doct. Quesnay, édit. I84fl, p. 391. Tout capital est un instrument de production, 3. B. say. Conrf, t. i, p. i.">8. Il Plus spécialement, l'instrument de travail. Capital productif, celui qui est employé actuellement à la production. Capital improductif, inactif, oisif, celui qui n'est pas employé. Il Capital-argent ou capital-monnaie, capital-matières, etc. celui qui a la forme de monnaie, de matières premières. || Dans un sens relatif, notion abstraite d'une somme d'utilités qui ne changent pas avec les objets auxquels elles sont incorporées, et que l'on peut retrouver après un certain temps ou certaines opérations. || Propriété de ceux qui vivent du revenu de ce qu'ils possèdent. || Capital d'un individu, somme des richesses que cet individu possède en produits accumulés; avoir d'une personne : c'est lo sens de l'impôt sur le capital. || Portion de richesse que le possesseur a rinlentioii de conser-
ver ou de reproduire par le travail; actif d'une personne. Capital d'un commerçant; on y fait entrer îa clientèle. || Capilal.social,capilal(runesociélédecommerce. || Capital .social, capital d'une nation, somme des richesses existantes chez elle. Le capital d'une nation se compose de tous les capitaux des particuliers, j. n. say. Traité d'écon. polit. 18(0, p. 09. || Somme de ces richesses employées dans l'industrie nationale. Leur ensemble [des capitaux productifs] compose le capital d'une nation, id. Court, t.i, p. MS. Il Onconfond souvent le capital et lenumérairc; delà en termosde finances, capital, argent en circulation. Le capital se cache. || Fonds disponibles. Les capitaux sont rares. || Fonds dont un industriel, un commerçant, un agriculteur dispose pour la création ou l'exploitation d'un établissomentou d'une entreprise. Capital ou fonds de roulement, argent ou produit» immédiatement échangeables, servant .\ payer les dépenses d'exploitation. || Capital fixe ou engagé, celui (jui sert .sous une forme permanente, fixe, dans des objets qui durent et dont l'efficacité se perpétue sur un grand nombre d'actes de production, tels que les constructions, les machines, les améliorations foncières. .le ne parle pas ici îles capitaux engagés dans un fon<ls de terre et qui sont aussi immobiles (\ue le fonds, say. Traité, p. 409, note. Il Capital circulant ou de circulation, celui (|ui se transforme dans l'opération productive, qui circule sans cesse et passe d'une matière dans une autre, telle que les matières premières, les provisions. La monnaie, capital fixe relativement à la société, est un capital circulant relativement à l'individu. || 8" Lie forte que laisse la potasse au fond des chaudières où l'on fait le savon. || 9" S. f. Terme d'art militaire. La capitale, la ligne de convention qui e.st censée partager un bastion en deux portions égales.
— UEM. Cet adjectif se met d'ordinaire après le substantif: ville capitale, ennemis capitaux; cependant Bossuet a dit aussi : capitaux ennemis.
— SYN. capital, richesse. Richesse, c'est l'en- .semble des choses qui .servent à la satisfaction de nos besoins. Capital, c'est l'ensemble des moyens de satisfaction résultant d'un travail antérieur. Le capital est l'un des trois éléments de la production : les agents naturels, le travail et le capital. Souvent on oppose capital à fonds de terre.
— HIST. XII" s. Et ne remaindra hoem anlif [homme âgé] en ta maisun, qui evesche seit de la lei chevel [loi capitale, la religion] , Rois. i». Cel capital [ce ch.ltiment capital] ne deit ne clei's ne lais suffrir; De saint Igliseen puet la droiture périr, E as clcrs e as lais puet à perte venir. Th. le mart. 60. || xiv"s. Un tribun ha cité Ceson et li baille jour .sur crime capital devant le peuple, eercheure, f» 54, rerso. ||xv* s. Ledit conte de sainct Pol estoit lors ennemy capital du <luc de Bourgongne, comm. m. 3. La gront compagnie mauldicte des sept vices capitaulx et mortels, gerson. Harangue à Charles VI, p. 1 5. Il XVI" s. Le prince de Galles prit si fort Ji cœur la protection de Pierre contre Henry, qu'il en fit tout son capital, ilém. sur Guescl, ch. 22. Tenailles capitales [pour les fractures du cr.lne], incisives, dites bec de perroquet, paré, viii, 0. Ce fait, seront appliquées dessus des poudres capitales [ccphaliques] de facidté dessiccative, id. xvi, 34. Ennemi capital du vice, rons. Odes, v, 23. L'on doit venir par action [en justice, non par saisie] pour loyaux aides ou chevels [aides capitales, ducs aux clïefs, seigneurs], LOYSEL.OOt.Ceste ville capitalle (• voslre duché de Guienne et métropolitaine pour le faict de la religion, condé, Mém. p. 024.
— Ktym. Provenç. captai, capdal, capital, cheptel ; de capitalis. de caput, tète, principal (voy. chef). Capitale, le capital, a donné cheptel (voy. ce mot). La plus ancienne forme est chetet; capital a été refait, dès le xu" siècle, sur capitalis.
I CAPlTALEMEXT(ka-pi-Ui-le-man), adv. D'une m.'inière capitale, sur toutes choses, ^e tromper cîpitalement, noss. Utt. abb. 67. Noailles était capitalement en butte aux jésuites par sa doctrine, non suspecte, mais qui n'était pas la leur, sr-sisioN.
HIST. xiY" S. Et tels larrons sont à punir capi-
talement, bout. Somme rurale, p. 245, dans lacurne. Il XVI" s. Les mariages entre proches .sont capitalement defiendus entre nous, mont, n, 346. It hais capitalement la feinctise, iD. ni, &*.
— ETYM. Capitale, et le suffixe ment; provenç. captalmen.
t CAPITALISABLE (ka-pi-U-Ii-za-l)l') , adj. Oui peut être capitalisé.
t CAPITALISÉ, ÊE (kà-pi-la-li-zé, zée), part, passé. Ajouté au capital. Les intérêts capitalisés.
CAP
] CAPITALISER (Va-pi-ta-li-zé)- Il 1' T. o. Terme 'e finance. Ajouter an capital. || Héaliser le capitnl. japilaliscr une rente. || ICslimer la valeur d'un capital variable (J'aprè.s les intùrCls (jui sont payés. Si t'on veut estimer à un taux fiuelconquo la véritable valeur d'actions dont les dividendes sont variables, on est obligé de calculer le capital qui , à ce taux-là , produirait le dividende donné; c'est dans ce sens qu'on dit et écrit que ces actions rapportent tant, et que le revenu, étant capitalisé, en est supérieur ou inférieur à la rcnlo. || 2" V. n. Accumuler de manière k former un capital.
— f.TVM. Capital.
CAPITALISTE (ka-pi-ta-li-sf), ». m. || 1° Celui qui possède un capital et qui vit do son revenu. Dans le monde, on n'accorde le nom de capitaliste qu'aux hommes dont l'unique ou du moins le principal revenu consiste dans l'intérêt de leurs capitaux, sav. Cours d'écon. polit, t. ii, p. es. || 2° Celui qui tire profit d'un capital. Nous avons donné ce nom à tous ceux qui possèdent un capit.il petit ou grand, une portion mCme d'un capital, ID. ib. 113» Celui qui prête son ciipilal à un entrepreneur d'industrie. Le gérant sera-t-il fondé à refuser au capitaliste toute participation à une augmentation de produits due en si grande partie à son capital? ID. ib. p. 68. Réprouver les capitalistes commeinutilesà la société, c'est s'emporter follement contre les instruments mêmes du travail, mirabkao, CoUection, t. iv,p. 279. ||4''Celuiqui possède des fonds considérables. Un gros, un riche capitaliste. Ma sœur, que je ne pouvais garder avec moi, se trouve à merveille chez ce vieux et respectable capitaliste, scRiBiî, le Pnff, I, 8.
CAPITAN (ka-pi-tan), s. m. Terme de mépris. Homme qui fait le mnlamore, qui semble vouloir faire peur aux gens. Je no veux point ici faire lecapitan, MOI,. Fdch. i, to. Une manière dure, sauvage, étrangère, qui fait un capitan d'un jeune abbé, tA DBUY. 13. Il Personnage de la comédie italienne.
— ÉTYM. Espagn. capitan, capitaine (voy. ce mot) ; mot espagnol passé dans le français avec un sens défavorable.
CAPITANE (ka-pi-ta-n'), adj. et s. f. La galère capitane ou la capitane, nom qu'on donnait en Europe à la principale galère d'un État, excepté en Franco. Le chevalier de ViUeroy se noya dans la capitane de Malte qui coula à fond, sï-sim. 74, 2)D. Don Juan d'Autriche et Veniero attaquèrent la capitane ottomane, volt. Mœurs, teo.
— f.TVM. Espagn. et ilal. capitana, de capitano, capitaine.
CAPITAN-PACIIA (ka-pi-tan-pa-cha), s. wi. Amiral turc; le vaisseau amiral turc Quand brûlaient au sein des (lots fumants Les capitans-pachas avec leurs armements, v. nuoo. Orient. 5. Brûlons le capitan sous son triple canon, id. Orient. 3.
— ÉTYM. Capitan, au sens de capitaine, et pncha.
CAPlTATION(ka-pi-ta-sion), s. f. Taxe par tête. Impôt (le capitation. Vers ce temps-ci la capitation fut établie ; l'invention et la proposition fut de Basseville, ST-SIM. XXV, 38.
— f.TYM. Capitatio, de caput, tête (voy. chef).
t CAPITÊ, ÉE (ka-pi-té, téo), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui e.st en forme de tête; qui a une grosse tête ; qui est pourvu d'une tète. || S. f. Terme de botanique. Nom des plantes qui ont une tête, ftimmele chardon.
— ÉTYM. Copitaltti, de caput, eapitis, tête (voy. ciif.f).
t CAPITEL (ka-pi-lèl), s. m. Extrait d'une lessive de cendre et de chaux vive démêlées, c'est-à-dire battues dans l'eau, lequel entre dans la composition du savon blanc et du savon noir.
— lliST. XVI" s. Prenez cendre de gravelée, et en faites capitel dans une chausse d'hippocras, paré, xv:, 3«.
— ÉTYM. Bas-lat. capileUnm , eau de savon ; ital. capilelln, pierre à cautère.
t CAP1T1CI.LÉ, ÉE (ka-pi-tèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme dune très-petite tète ou boule.
— ÉTY.M. Bas-lat. eapitellum, petite tête. CAPITEUX, KUSE (ka-pi-lei'i, teû-z'), adj. Qui
porte i la tête, en parlant des vins qui sont riches en principes spiritueux, qui enivrent facilement.
— HIST. xv s. Comme gens capiteux [emportés] et pleins de fureur, o. cuastellain, dans le Dict. de nociir.z.
— ÉTYM. ItaL capt(o.50, obstiné, volontaire, de eopi«, tête (voy. CHEF)
.A,t '^i^r '"^"-"7' (•'•■^•Pl-ti-lo-V), ». m. Bain de tele, lotion sur la tête.
CAP
— ÉTYM. Caput, tête (voy. ciif.f) , et luere, laver (voy. lotion).
CAPITOLE (ka-pi-to-l'), s. m. Forlerosse et temple do Jupiter à Rome, .sur le mont Tarpéien. Brûlons ce Capilole où j'étais attendu, lUC. ilitlir. m, I. Il Eig. 11 n'y a qu'un pas du Capitole à la roche Tarpéienne , c'est-à-dire qu'un pas des honneurs suprêmes à la ruine [les triomphateurs romains allaient au Capitole, et les conspirateurs étaient précipités du haut de la roche Tarpéienne]. On voulait, il y a peu de jours, me porter en triomphe, et maintenant on crie dans les rues : La (jrande trahison dxi comte de Mirabeau.... Je n'avais pas besoin de celte leçon pour savoir qu'il est peu de distance du Capitole à la roche Tarpéienne, mibab. Collect. t. m, 366. Il Lieu où siège la municipalité dans certaines villes. || Lieu où siège, à Wasliington, le congrès des États-Unis.
— ÉTYM. Capitolium. L'ancienne dérivation, capvt Tnli, la tête de Tolus, qu'on racontait avoir été trouvée encore toute fraîche en creusant les fondations du Capitole, est une légende étymologique pour expliquer un mot dont on ne connaissait plus l'origine et le sens.
— IIIST. xvr s. Les fouaciers se transportèrent au Capitoly, et là, devant leur roi, rommé Picrochole, tiers de ce nom, proposèrent leur complainlc, RAB. Garg. i, 26.
CAPITOLIN, INE (ka-pi-to-lin, li-n'), adj. Du Capitole. Jupiter capitolin. Vénus capitoline. Jeuxcapitolins. Fastes capitolins, tables de marbre trouvées à Rome en 1447, avec la série des consuls de l'an de Rome 250 à 765.
— ÉTYM. Capitol imi.<:, de Capitolium, Capilole. CAPITON (ka-pi-ton), i. m. Bourre de soie, ou
ce qui reste après qu'on a dévidé toute la soie d'une coque.
— ÉTYM. liai, capitane, soie non tordue.
t CAPITONNER (ka-pi-to-né), v. a. .Garnir de capitons. Fauteuil capitonné.
CAPITOUL (ka-pi-toul), s. m. Nom qu'on donnait aux magistrats municipaux de la ville de Toulouse. L'office decapitoul anoblis.5ait. Monsieur le capitoul, vous avez des vertiges, pibon, Mftrnm. v, 4.
— HIST. xiv° s. Les capituliers de Toulouse, nu CANGE, capitulares. || xv° s. Pons de Maries, chevalier et capitolierdeThouIouze, m. t6. Montèrent tous les capitolz de Rome sur chevaux couverts, et l'amenèrent [Grégoire XI] à grand triomphe à Rome,