FROISS. II, II
— ÉTYM. Proveno. Capitol, chapitre et capitoul; bas-lat. capi(o!ii(m, chapitre, dérivé de eapitulum, chapitre (voy. chapitre).
CAPITOULAT (ka-pi-tou-la; le ( ne se lie pas), s. m. Dignité de capitoul. Mais apprenez de moi qu'un ouvrage d'échit Anoblit aussi bien que le capitoulat, riRON, Méirom. v, 4.
— ÉTYM. Capitoul.
\. CAPlTULAIRE(ka-pi-tu-lê-r'), adj. || 1° Appartenant au chapitre, à une assemblée de religieux. Acte, résolution, assemblée capitulaire. || 2° Terme de paléographie. Lettres capitulaires, grandes lettres qui se mettaient au commencement des chapitres d'un livre, et qui étaient enluminées d'or ou de minium.
— ÉTYM. Capitularis , de eapitulum, chapitre (voy. ce mot).
2. CAPITULAIRE (ka-pi-1u-lê-r'), s. m. Nom de statuts et règlements arrêtés dans les assemblées nationales sous les deux monarchies franques (mérovingiens et carlovingiens). || Nom donné à des règlements des rois de la seconde race, parce qu'ils étaient distingués par sections et par chapitres. Les capitulaires de Charlemagne. Le capitulaire où Charles le Chauve parle des terres censuelles dont le cens avait appartenu au roi, montesq. Esp.
XXX, t5.
— ÉTYM. Capilulare, écrit divisé en chapitres. CAPITCLAIREMENT (ka-pi-tu-lê-re-man), adv.
En chapitre. Décision prise capitulairement, prise parles religieux capitulairement assemblés.
— ÉTYM. Capitulaire, et le suffixe ment.
t . CAPITULANT (ka-pi-tu-lan) , adj. m. Qui a voix dans un chapitre. Les chanoines, les religieux capitulants DU, .substantivement, les capitulants assemblés pour l'élection.
— ÉTYM. Capitulum, chapitre (voy. ce mot).
t 2. CAPITULANT (ka-pi-tu-I.an) , adj. m. Cantons capitulants, cantons suisses qui fournissaient des soldais pour le service étranger.
— ÉTYM. Capituler.
CAPITULATION (ka-pi-tu-la-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Terme de guerre. Convention
CAP
qui règle à quelles conditions une place, un poste, une troupe se rendent. Obtenir, accorder une capitulation honorable. Faire .sa capitulation. Recevoir à capitulation. || 2° Familièrement, conciliation. N'attendez de moi aucune capitulation. I e baron eut u.na capitulation digne de sa résistance, iiahilt. Gramm. 3. Il Capitulation de conscience, c'est-à-dire accommodement avec sa conscience. À un soldat qui s'est bravement défendu il e.st permis de capituler, et il est des capitulations de conscience si difficiles à ne pas accepter, scribe, lePuff, v, c. || 3"Convention qui assure aux sujets d'une puissance certains privilèges dans les Etats d'une autre puissance, et, «n particulier, la convention qui réglait les droits et devoirs des Suisses au service de France. || 4° La capitulation impériale ou les capitulations de l'Empire, certain nombre d'articles que l'empereur d'Allemagne jurait d'observer à son élection.
— HIST. XVI* s. Les reitres se maintiennent aussi en la pos.sesBion de leurs droits acquis, à sçavoir des hautes capitulations , et de se faire toujours payer sur les vieux rooUes, lanouk, <83. Ceulx-cy s'en retournèrent pour consulter avocques leurs concitoyens, et feirent ainsi deux ou trois voyages. pour la dificulté delà capitulation, mont, ii, <79.
— ÉTYM. Bas-lat. capitulatio, àe capitulare, capituler.
t. CAPITULE (ka-pi-tu-1'), s. m. Terme de liturgie. Espèce de petite oraison qui se dit à la fin de certaines divisions des offices.
— ÉTYM. Capitulum, dans le sens do chapitre (voy. ce mot).
t 2. CAPITULE (ka-pi-tu-l') , s. m. Terme de botanique. Disposition des fleurs dites autrefois fieurs compo.sées, c'est-à-dire assemblage de fleurs trèsserrées et présentant de loin l'apparence d'une fleur unique.
— ÉTYM. Capitulum, dans le sens de petite tête, diminutif de caput, tête (voy. chef).
t CAPITULÉ, ÉE (ka-pi-tu-lé, lée), adj. Terme de botanique. Fleurs capitulées, fleurs assemblées en capitule.
— ÉTYM. Capitule, 2.
t CAPITULE, ËE, adj. S'est dit des Suisses au service de France. Régiments capitules.
CAPITULER (ka-pi-tu-lé), V. n. || 1° Terme de guerre. Se rendre par capitulation. La ville capitula. Une troupe ne doit pas capituler en rase campagne. || 2° Familièrement, céder, entrer en arrangement. Vous ne me ferez pas capituler. || Capituler avec sa conscience, entrer en arrangement avec elle, c'est-à-dire en étoufTer les justes scrupules. Il Proverbe. Ville qui capitule, ville rendue, ou Irien, est à demi rendue; c'est-à-dire écouler certaines propositions est déjà une faiblesse qui tait croire qu'on les acceptera.
— HIST. xiv" s. Et de ces choses jà nous en parlons maintenant en figure et en capitulant [récapitulant] grossement, obesme, Eth. 4s. || xV s. Et ne pensez pas que guère oncques femme fut mieux capifulée [chapitrée] qu'elle fut à l'heure, puis de l'un,
puis de l'autre, iolisxi, Confe xxxiii. || xvr s ou
qu'on les defferoit, ou qu'on les contraindrôit de capituler pour leur retraite en Allemagne, lanoue, 690. Il avoit esté capitulé [convenu entre les conjurés] qu'il se leveroit une armée pour l'exécution, CASTELNAU, 24. Les assiégez perdirent espoir et capitulèrent à la vie pour les soldats, d'aub. Hist. i, 26. Lansac avoit esté envoyé pour hastcr le marquis de Bade qui avoit capitulé avec le Roi pour 4000 chevaux [les avait promis par convention], ID. IHst.J, 2)8. Pour maintenir ou renverser tout ce qu'il avoit capitulé [accordé par la capitulation], CARLOix, vit, 13. Vous laissant aulhorité absolue capituler [régler la capitulation à accorder] , articuler, transiger et parlementer, m. ix, 26. Nous promettons que, dès incontinent que sera conclu le traité de paix, nous ferons toutes les dépêches nécessaires pour l'accomplissement et exécution de ce qui aura esté traité et capitulé, sully. Mém. t. ix, p. 397, dans LACURNE. Il y a bien grande différence entre l'assemblée et conversation qui se fait pour le plaisir et celle qui est faicte pour traiter et capituler afi'aires d'importance, bouchet, Serées, liv. m, p. »5,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. capitolar, ranger par chapitres; de capitulum, chapitre, parce qu'une capitulation est divisée par articles.
t CAPIVARD (ka-pi-var) ou CAPIVERD (ka-pivèr), s. m. Un des noms du cabiai.
CAPLAN (ka-plan), s. m. Voy. capelan 2. t CAPLANIER (ka-pla-nié), t. m. Voy. capf.ia-
NIEB.
CAP
CAP
f OAPNOFUGE (ka-pno-fu-j"), adj. Qui préserve de la fumée.
— ÉTYM. Kanvà;, fumée, et çu-f:?), fuile ; mais il vaudrait mieux écrire capnopliuge.
t CAPNOÏDK (ka-pno-i-d') s. f. Terme de botanique. Nom d'une plante {fumaria perennis).
— ÉTYM. KctTivo;, fumée, etEtSo;, forme. CAPNOMANCIK (ka-pno-man-sie), s. f. Sorte
de divinalion, qui était en usage parmi les anciens dans leurs sacrifices, et qui consistait à tirer de liwns ou de mauvais augures des qualités de la fumée.
— ÉTYM. Kanvôî, fumée, et jiïvTEÎa, divination, t C.APNOPHVLLE (ka-pno-fl-1') , s. m. Terme de
botanique. Nom d'une ciguë d'Afrique qui a les feuilles semblables à. celles de la capnoïde.
— ÉTYM. K^Tivoi;, fumée, et çOUov, feuille.
t CAPNOPTËUE {ka-pno-plô-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a les ailes couleur de fumée.
— ÉTYM. Kanvi;, fumée, et itTcpov, aile.
t CAPOC (ka-poc), s. m. Terme de commerce. Nom, dans l'Inde, de la ouate.
t CAPOLIN (ka-po-lin) , s. m. Nom du cerisier du Mexique.
). CAPON(ka-pon),s. m. || 1° Celui qui cajole pour tromper et arriver i ses fins. Tu as beau faire le capon , tu perds ta peine. Terme très-familier. || 2° Dans les académies de jeu, capons, ceux qui no s'y trouvent que pour prêter de l'argent aux joueurs. |i Populairement, joueur rusé, fin et appliqué à prendre tous ses avantages. Il est capon à ce jeu-là. || 3° Poltron, et aussi, au collège, celui qui, dans une punition collective, dénonce un camarade. || 4° Adj. Capon, caponne, qui a le caractère du capon. Quoi de plus capon qu'une pareille conduite? 11 n'y a pas au monde plus capon que lui. || 6" Charge caponne, se disait autrefois d'une charge qui n'avait qu'un titre sans rien d'effectif. La Vrillière avait une charge de secrétaire d'État, qui , pour parler comme en Espagne, se pouvait appeler caponne, ST-siMON, 197, 135. 11 y a des clefs qui n'en ont que la figure, qui n'ouvrent rien et qui s'appellent des clefs caponnes, pour les gentilshommes [de la chambre d'iisiiagne] sans exercice, ID. 89, < 72. D'une charge caponne de général dos carabins qui n'existaient plus, il s'en fit une réelle de mestre-de-camp général des dragons, ID. 37, <7C.
— ÉTY.M. Espagn. capon, chapon; ital. cappone, même sens (voy. chapon). Dans charge caponne, caponne vient de l'espagnol capotia, en celte locution llave capona, clef chairée, que le roi d'Espagne accordait à certains gentilshommes , ainsi dilo parce que, donnant le droit honorifique d'entrée dans les appartements, elle ne donnait ni exercice ni appoinlement.
•i. CAPON (ka-pon), s. m. Terme de marine. 1ns- Irumont composé d'une corde, d'une poulie et d'un cioo de fer. qui sert à lever l'ancre.
C.\PONNÉ, ÉE (ka-po-né, née), part, passé. Terme de marine. L'ancre est caponnée, elle est garnie du capon.
I.CAPONNER(kapo-né). ||1° Y. n. Terme populaire. Agir en capon, faire le capon, et, au collège, dénoncer un camarade pour échapper à une punition collective. Ilcaponneaujeu.Touclie-moi,situoses, tu verras si je caponne. || 2'V.a. Cajoler. Ah! le petitcâlin, comme il me caponne pour obtenir ce qu'il veut!
— ÉTYM. Capon.
2. CAPONNEK (ka-po-né), i;. a. Terme de marine. Caponner l'ancre, la relever avec le capon.
— ÉTYM. Ital. capponare.
CAPON'NlEUE (ka-po-niè-r") , s. f. Terme de guerre. Logement qu'on creuse dans le fond d'un fossé sec, pour y mettre des soldais k couvert.
— ÉTYM. Espagn. caponera ; \ldl. capponicra ; de capon, cappone, chapon, ainsi dit par assimilation de forme, de l'espagnol caponera, qui signifie une chaponnière, une mue à engraisser des volailles.
t CAPOQUIEU (ka-po-kié), *•. m. Nom du cotonnier de l'Inde (bomhax orientale).
CAPORAL (ka-i)O-ral), s. 7rv. Titre donné au soldat revêtu du grade le moins élevé dans l'infanterie. Les caporaux de la compagnie. |{ Familièrement. ."Vvec quatre hommes et un caporal on en viendra à bout, cela se dit pour exprimer qu'une chose est aisée. || 11 faudra quatre hommes et un caporal pour le faire sortir; il faudra employer la force.
— HIST. XV s. Après avoir esté caporaux et sergens, LANGUE, (S*. 11 laisse sur la porte un corporal (|uon lui avoit donné pour Talbot, d'aub. Hùt. i, 3^0. Le genlilhomme françois qui suit les bandes, desdaigne la halebarde, c'est-à-dire , faire l'estat de sergent, encore moins d'eslre appelé capporal, alléguant (|ue sont charges mécaniques [à cause du
service de police et d'exécution des arrêts], cahi.oix, IV, )3. Nous avions un corporal qui tenoit encore bon et avoit opinion qu'il ne seroil pas cha-ssé, estimant que celui qu'on nommoit corps do garde lui porteioit faveur; mais un je ne sais quel caporal vint portant des lettres de recommandation.... Et en peu de temps après, la place de ce corporal qui estoit natif du pays, fut baillée à cet eslrange caporal , II. EST. dans miînage.
— ÉTYM. Berry, corporal; rouchi, copora/; espagn. caporal; iud. caporale. Ménage et Diez tirent le mot italien de capo, tête, chef (voy. chef), à l'aide d'un suffixe or, grammaticalement étrange . mais dont on trouve un autre exemple dans caporione, chef de quartier. Il faut dès lors considérer comme une corruption corporal, que H. Estienne défend , qu'il tire de corps (corps de garde), et dont on entend quelques personnes se servir encore.
f CAPOSER (ka-po-zé), v. n. Terme de marine. Amarrer le gouvernail; mettre à la cape, afin de suivre l'abandon du vent.
^. CAPOT (ka-po), s. m. || 1° Terme de marine. Grande redingote pour le mauvais temps. || Sorte de tambour d'escalier. || 2° Petite cape qui faisait partie de l'habit de cérémonie des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit.
— HIST. xvi* s. Habillé d'un petit capot à l'espagnole, Sat. Ménip. 00.
— ÉTY.M. Diminutif de cape. Le Dictionnaire de l'Académie de (740a copot, au sens actuel décapote.
2. CAPOT (ka-po; le { ne se lie pas), adj. invariable. Il 1° Se dit, au jeu de pi((uet, du joueur qui ne fait aucune levée. Je suis capot. Madame est capot. Nous avons élé capot. || Fig. Faire quelqu'un capot, remporter sur lui un grand avantage. Vous allez faire pic, repic et capot tout ce qu'il y a de galant dans Paris, nOL.Préc. (O. D'ailleurs ton métier nous arrange. Nos amis nous ont faits capot, béiung. ilatli.Bruneau.W Familièrement, confus, interdit, embarrassé. Être, demeurer, rester capot. Nous sommes demeurés capot. Elle est demeurée capot. Il 2° S. Jii. Le coup par lequel un joueur est fait capot. En ce sens le mot a un pluriel. Après une suite traîtresse De pics, de repics, de capots, béuang. En/". de la maison. || 3° Terme de marine. Faire capot, chavirer, sombrer sous voiles.
— ÉTYM. Capot, dans le sens de cape, pris métaphoriquement; la défaite complète au jeu étant consiilérôe comme une capote qu'on jette sur le vaincu.
-[■ 3. CAPOT (ka-po), s. m. Terme de jardinage. Petite couche.
t CAPOTAGE (ka-po ta-j'), s. m. Terme de marine. Connaissance du chemin qu'un navire fait en mer.
CAPOTE (ka-po-f), s. f. Il f Grand manteau d'étofl'e grossière, à capuchon. En hiver les sentinelles ont une capote. || 2° Espèce de redingote à l'usage des soldats. La tunique a remplacé dans l'armée française l'habit et la capote. || Kspèce de longue redingote à l'usage de toute sorte de personnes. || 3° Mante que les femmes portaient par-dessus leurs habits et qui les couvrait de la tète aux pieds. Capote de camelot, de taffetas. || 4" Sorte de chapeau de femme dont l'étoffe, ordinairement légère, est plissée et coulissée. Une capote rose, baleinée, de crêpe, etc. || 5" Unecapote, le coup par lequel un joueur est fait capet. Il 6° Couverture en cuir d'un cabriolet. || 7" Tuyau en fonte placé au faite d'une cheminée. || 8° Terme de jétérinaire. Espèce de bandage de toile matelassé avec lequel on recouvre la tête d'un cheval qu'on avait assujellie pour une opération.
— ÉTYM. Capot*.
I CAPOTER (ka-po-té), V. n. Terme do marine. Chavirer.
— ÉTYM. Capot 2.
fCAPOULIÈRE (ka-pou-liô-r'), s. f. Terme de pêche. Nappe de filet à larges mailles.
t CAPPARIUÊ,ÉE (ka-ppa-ri-dé,dée),a(/j. Terme de botanique. Qui ressemble au câprier. || S. f. Les capparidées, famille de plantes à laquelle le câprier a donné son nom.
— ÉTYM. Voy. cApiie.
f CAPPE (ka-p'), s. f. Assemblage de morceaux de bois dont on entoure une forme à sucre cassée.
— ÉTYM. Le mémo que cape. On nomme en Bourgogne chape un tonneau en bois blanc dans lequel on place un tonneau de vin.
CAPRE (ka-pr'), s. m. Terme de marine. Vieux. Il 1° Sorte do vaisseau corsaire. Il a élé pris par un caprode Dunkerque. |{ 2° Câpre à la part, matelot allant en course sans solde et dans la seule espérance d'avoir pari aux prises.
— ÉTY»l. Holl. kaper, du verbe kapen, faire le pirate.
CÂPRE (kâ-pr"), t. f. Jeune bouton de (leurs <lu câprier, confit dans le vinaigre, et servant d'assaisonnement. Sauce aux câpres. Je ne vivais ordinairement en Sicile [dit Platon] que de câpres, FtNEL. Oiogène. || Câpres capucines (voy. capucine)
— HIST. XV' s. Une livre caspres, deux sols, BiH. des chartes, 4' série, t. iv, p. 90. || xvi' s. Préparant des bouillons de poullels avec racines de persil, de fenouil, de câpres, d'orge et autres diureti- (jues, PA11É, XX, 30. Los câpres sont bonnes, à causa qu'elles aiguisent l'appétit et desopiltiil, et doivent Cstre bien dessalées, ID. xxiv, 22. Comment qu'on prenne les câpres, sont tous-jours propres à confire,