‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 340 sur 504 · I)E SEBllES · texte numérisé non relu

I)E SEBllES

— ÉTYM. Capparis, de xânnapt;.

t CAPRATE (ka-pra-f), s. m. Terme de chimie. Nom des sels d'acide caprique.

— ÉTYM. Voy. CAPnlQUE,

fCAPREOLAIRE (ka-pré-0-lê-r'), adj. Terme didactique. Qui est contourné en forme de vrille de vigne.

— ÉTYM. Capreola, diminutif de caprea, surgeon, vrille de vigne.

t CAPRÉOLE (ka-pré-o-l'), ». m. Terme de zoologie. Nom de la famille des cerfs.

— ÉTYM. Capreolus , chevreuil.

t CAPRÉOLE, ÉE (ka-pré-o-lé, lée),adj. Terme de botanique- Garni de vrillei!.

— ÉTYM. Voy. CAPBÊOI.AIRE.

t CAPRICANT (ka-pri-kan), adj. Voy. capbis.\nt.

CAPRICE (ka-pris'), s. m. || 1° Volonté subite qui vient sans aucune raison. L'esprit Qui dans ses caprices s'égaie Et souvent se donne la baie, RÉGNIER, Ép. m. Le chef de cette république Par caprice ou par politique, La changea bientôt de logis, LA FONT. Fab. VII, 8. Savez-vous quels devoirs, quels travaux, quels services Viendront de mon orgueil exiger les caprices? corn, llodog. m, 4. Suivez votre caprice, offensez vos amis, ID. Nicom. IV, 5. Ce que peut le caprice, osez-le par raison, id. Uor. iii, 4. Comme elle a de l'amour, elle aura du caprice, id. Nicom. ii, 4. uien n'égale en fureur, en monstrueux caprices. Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, boil. Sat. x. J'étudiai leurs mœurs [des rois] , je flattai leurs caprices, BAC. Alh. m, .1. Madame, j'ai sur lui de véritables droits Que je saurais sauver du caprice des lois, ID. J'hèd. II, 2. Il ne faut qu'un caprice, lo. Brit. V, 8. C'est ma mère et je veux ignorersescaprices, ID. Brit. ii, <. L'homme a ses passions.... Il a comme la mer ses flots et ses caprices, boil. Sat. viii. Que de caprices la coquette M'a fait essuyer en six mois! béb. Print. et Aul Un baiser

cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste et par un doux caprice Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse, boil. Art p. ii. Le jeune homme toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, m. ib. m. Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté, pour être son contre-poison, la bbuy. m. [Humeur] Qui le fait débauché, frénétique, rêvant, Et plus iju'à la raison sujet à ses caprices, hi-cnier, Sat .v. Voire Vésuve et votre Etna sont pleins de caprices; ils ressemblent aux petits hommes qui se mettent souvent en colère sans raison, volt. Letir. Ilamilton, )7 juin 1773. " Il Familièrement. Il a un caprice pour celte femme, il s'en est épris. || C'est un séducteur, il a fait bien des caprices, il a attiré sur lui l'attention de bien des femmes. || Il faut que je m'en passe le caprice, que je satisfasse ma fantaisie d'avoir celle cho.so-là. Il 2" Saillie d'esprit et d'imagination, en bonne ou en mauvaise part. Ce poète ne compose gu^re que de Ciqirice. C'est un auteur plein de caprice. Puis dessus le papier mes caprices je rime, rê- GNiEB, Sat. XII. L'élégie on orna ses douloureux caprices, boil. Art poél. n. Mais [lour bien exprimer ses caprices heureux [de l'amourj , C'est peu d'ôtre poète, il faut être amoureux, lO. ib. La killaJe, asservie à ses viedles maximes, Souvent doit tout son lustre aux capricesdes rimes, iD. il). || Terme de musique et, plus particulièrement, de musique instrumentale. Composition oïl l'artiste écrit au gré do son inspiration, c'est-à-dire sans s'assujettir aux formes qui caractérisent les pièces de musique réglées telles que les rondeaux, les variations, les me nuets, etc. Ce pianiste a joué un fort beau caprice Il 3» Inconstance, irrégularité, mobdité. Les caprice* de la fortune. Les caprices do la mode. Quoi! la nécessilé des vertus et dos vices D'un astre impcneOx doit suivre les caprices, corn. OEdipe, m, 6. Et, croyant qu'il n'y a pu de lui là où il no voit point d«

Juges, il fail révérer, comme des arrêts du ciel, les caprices du hasard et de la fortune, montksq. I.clt. pers. (04. Jlélas! que le sort des humains Ksi plein d'un étranRe caprice! cmkvliva], à Urne d'Aliiire. Il Absolument. Dieu n'a pas abandonné ses élus au caprice et au hasard. )>asc. l'rov. 4. || 4° Cai)rice de houille, veines de houille qui no suivent pas leur direction ordinaire.

— HIST. XVI" s. Nos nouveaux François italianisez disent : quel caprice! léon tkippault, Celthellenistne, au mot fantaisik. Kt tout ce caprice [l'idée de parler de cela] m'est tombé prosentoment en main, sur le conte que me faisoit.... mont, i, (OO. Elle n'estoit point lemme sans caprice [[lassion] , d'aub. 7/isMr, 4ri0. Le caprice est une volonté qui vient subitement i quelqu'un sans aucune raison, u. EST. l'r. ital. p. < H.

— ÉTYM. liai, capriccio; de capra, chèvre, c'està-dire saut de chèvre, chose inattendue; espagn. capricho.

f CAPIUCER (SE) (ka-pri-sé), V. réfl. Avoir un caprice. Peu usité. C'était un homme [l'abbé de Castries] extrêmement aimable dans la société, que lo roi .s'était caprice de ne point faire évêque, STsiM. B2, (22. Courtonvaux était, (|Uoique modeste et respectueux, fort colère et peu maître de soi quand il se capriçait, lu. <Bl , 208.

— ÉTYM. Caprice.

CAPKICIEUSE.MENT (ka-pri-si-eû-ze-man), adv. Par caprice.

— ÈTYM. Capricieuse, et le suffixe menl. ' CAPIUCIEUX, EUSE (ka-pri-si-eO, eû-z'), odj.

Oui a des caprices, plein de caprices. Un esprit, un homme ca|)ricieux. 11 m'est trop précieux Pour 1 exposer aux coups d'un sort capricieux, corn. Cid, IV, 6. Les langues ont chacune leur bizarrerie; mais la française est particulièrement capricieuse sur les mots, boil. lUjlexions crit. sur Longin , ix. Je viens lui pardonner, et c'est moi qu'elle accuse; C'est, moi qui suis injuste, ingrat, capricieux; Je prends sur sa faiblesse un empire odieux, a. chén. ÉlCg. fragments. ||' Substantivement. Un capricieux, une capricieuse. Je ne puis héberger cette capricieuse [la fortune], la font. Fab. vu, 4 2.

— UliM. C'est aujourd'hui une faute contre la propriété des termes que de donner à capricieux le sens d'opiniùtre, volontaire, mauvaise tète, qu'il avait dans le xvi' siècle.

— Hisr. xvi" s. Estant envoie par lu roine pour traiter avec M. le maieschal de poincts assez capricieux [scabreux], je me suis arreslé tout court sur la nouvelle de sa réconciliation avec les rebelles, d'aub. }Iist. II, 2()8. II n'y faillit pas, encore qu'il fust des plus capricieux [mauvaise tête] de la garnison, et l'amena kl y-mesme au prevost avant l'heure expirée, cari.oix, vi, 2.

— ETYM. Ital. capriccioso, de capriccio, caprice (voy. caprick); espagn. caprichoio.

CAPIUCOKNIÎ (ka-pri-kor-n'), s. m. || 1° 'ierme d'asironomie. Constellation zodiacale située entre le Sagittaire et le Verseau, qu'on figure par un bouc. Le signe du Capricorne, dixième division du zodiaque, laquelle fcmble être parcourue par le soleil, à peu près du 20 décembre au 20janvier,etqui a gardé ce nom, parce qu'au temps d'Hipiiari|ue lo soleil, à celle même sai'On de l'année, semblait parcourir la vraie constellation du Capricorne. || Le tropique du Capricorne, lo tropique austral, cercle parallèle, à 23 ilegres ^ au sud de l'équateur, soit dans la sphère céleste, soit sur la terre. Gama n'avait pas encore repassé le capricorne, volt Uœur-i, <4l. ||2"TeiTne d'entomologie. Genre de coléoptères à très-longues antennes, dont une espèce a une très-forte odeur de rose.

— HIST. xiii" s. Quant li solaus entrera en capricorne, ce est en mi décembre, alkbhant, f" 23.

— ÉTY.M. Capricornus, de capra , chèvre (voy. CHÈVRE), et corne.

CÂPIUER (kà-pri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie : des kl-pri-é-z élégants), s. m. Sousarbrisseau qui porte les cApies{capparisspinosa, t.), et qui croît dans le midi de la France. Bientôt la giroflée et les ciipriers verts De réseaux et de fleurs les auront recouverts [les rochers], lamart. Joc. m, (00.

— HIST. xvi' s. La reprinse est très asseurée par marquetés ou plant enraciné prins au pied des vieilles câpres, o. uk skurks, 648. La qualité du câprier est du genre des arbustes vi vans longuement, U). 65e. " '

~ KTYTil. Crtpre.

+ CAnUÈUE (kft-pri-ê-r') . s. f. Lieu planté de câpriers. Il Bulle ou pot contenant des câpres.

— HIST. XVI* s. La capriere s'edifio comme la vi-

CAP

gne, c'est assavoir par mailbus ou cro,ssettes, s'enlacinans dans terre les branches îles câpres, de mesmes que les sarmens de vigne, o. de serres, 54».

— ÉTYM. Câprier.

t CAPKIFICATION (ka-jjri-fi-ka-sion), s. f. Action d'accélérer la maturation des figues, en plaçant sur l'arbre certains insectes qui ))roviennent du figuier sauvage.

— Ktym. Bas-lat. caprificus, de capra, chèvre, et fi.cxts, figuier (voy. CAPRinouiEii), avec une confusion entre ficns, figuier, et le suffixe jicare, faire, produire.

t CAPUIFIGUIER (ka-pri-fî-ghié), s. m. Terme de botanique. Figuier sauvage.

— ÉTYM. Capra, chèvre, et figuier: figuier de chèvre.

t CAPRIFOLIACÉ, ÊE (ka-pri-fo-li-a-sé, sée),adj. Terme de botanique. Qui ressemble au chèvrefeuille. Il S. f. Les caprifoliacées, famille de plantes dont le chèvrefeuille est le type.

— ÉTYM. Voy. chèvrefeuille.

t CAPRUIULGE (ka-pri-mul-j'), s. m. Nom de l'engoulevent.

— ÉTYM. Caprimulgus, de capra, chèvre, et vndgere, traire; nom fondé sur une erreur.

f CAPRIN, INE(ka-prin, pri-n'), adj. De chèvre. Les bêtes caprines. Les races caprines.

— HIST. xir s. Mais si esteitcoverle celé robe clievrine E desus edesuz [dessous] de menue vermine. Th. le mari. 16B. j] xvr s. Le parc oii tel bestail et le caprin couche durant la nuit, o. de serres, 99.

— ÉTYM. Caprinus, de capra, chèvre.

fCAPRIPÈDE (ka-pri-pè-d'), adj. Termedidacli-

que. Oui a des pieds de chèvre'.

— ÉTYM. Capra, chèvre, et pcs, pied.

t CAPRIQUE (ka-pri-k') , adj. Terme de chimie. Acide caprique, acide que ])roduit l'oxydation de l'acide oléique par l'acide azotique.

— ÉTYM. Caper, bouc, à cause de l'odeur qu'il répand.

CAPRISANT (ka-pri-zan), adj. m. Terme de médecine. Pouls caprisant, pouls qui, interrompu au milieu de sa diastole, l'achève ensuite avec précipitation. Il On dit aussi capricant. [Le pouls] est duriuscule, pour ne pas dire dur, repoussant, et même un peu capricant, mol. ilal. imag. ii, a.

— ÉTYM. Bas-lat. caprifans, de capra, chèvre (voy. ce mot).

t . CAPHON (ka-pron) , «. m. Sorte de grosse fraise. On écrit aussi caporon.

— ÉTY'M. Ménage, remarquant que ces fraises ont été nommées chapiron, pense qu'elles ont pu être dites ainsi par assimilation avec une petite tête ou plutôt avec un petit capuchon (voy. le suivant).

t 2. CAPRON (ka-pron), s. m. Morceau de drap ovale que portaient les novices capucins.

— ÉTYM. Autre forme de chaperon.

fCAPRONE (ka-pro-n') , s./". Houppe de poils qui

garnit le haut de la tête de certains mammifères.

— ÉTYM. Capronœ comx, cheveux qui tombent sur le devant de la tète, de caput, tête, et prouus, penché en avant.

t CAPRONIER (ka-pro-nié; l'r ne ne se lie jamais), s. m. Fraisier qui produit les caprons.

CAPSE (ka-ps'), s. f. Ancien terme d'université. Boite de métal où les docteurs de Sorbonne mettaient leurs suffrages, pour admettre aux degrés, ou pour refuser ceux qui avaient subi l'examen.

— ÉTYM. Capsa, caisse (voy. ce mot).

t CAPSELLE (ka-psè-1') , s.f. Terme do botanique. Petite capsule monosperme.

— ÉTYM. Voy. CAPSULK.

CAPSULAIRE (ka-psu-lè-r'), adj. Terme de bolanicpie. Oui est en forme de capsule. Fruit capsulaire, fruit sec qui s'ouvre de lui-même juir un ceriain nombre de pièces ou par des trous. j| Terme d'analomie. Ligaments capsulaires , ligaments qui forment les capsules des articulations.

— ÉTYM. Capsule.

CAPSULE (ka-psu-1'), j. f. \\ 1° Nom donné à différents objets qui ont plus ou moins d'analogie avec une boite. || 2° Terme de chimie. Vase en forme de calotte pour les évaporations. || 3° Terme de botanique. Enveloppe membraneuse de certaines graines. Capsules à plusieurs loges. Les plantes à coton du pays, renversant leurs capsules épanouies, ressemblaient à des rosiers blancs, chateaub. Voy. Am. 360. Il 4" Terme d'anatomie. Capsules articulaires, appareils ligamenteux qui environnent certaines articulations, telles que celles de l'épaule et de la hanche. 116° Petit godet en cuivre, chargé de poudre fulminante, pour amorcer les armes à'percusslon. Il 6' Enveloppe, soluble et sans goût, de certains médicaments désagréables à prendre.

CAP

— HIST. xvi" S. Et encores me frisonne et tremble le cueur dedans sa capsule, rab. J'ant. iv, 27.

— ÉTYM. Capsula, diminutif de capsa, caisse

(voy. CAISSE).

tCAPSULIFËRE (ka-psu-li-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni d'une capsule.

— ÉTY.M. Capsule, et ferre, porter.

tCAPTAGE, s. ïn. Action de capter l'eau minérale. CAPTAL (ka-ptal) , *•. m. Ancien titre de dignité, qui

signifiait chef, capitaine, dans le midi delà France.

— HIST. XV' s. La ville de Chastillon sur la Dourdogne, héritage au captai deBuch.FHOiss. ii, ii, u.

— ÉTYM. Bas-lat. capitalis, au sens de chef, de caput . tète (voy. chefi.

CAPTATEUR, TRICE (ka-pta-teur, tri s'),*, m. et '. Terme de droit. Celui, celle qui use lie captation.

— ÉTYM. Captator, de capture, capter.

CAPTATION (ka-]ita-sion ; en poésie; de quatre

syllabes), s. f. Terme de druil. Emploi de moyens captieux, c'est-à-dire de flatleries et mauvais artifices. Testament obtenu par captation.

— ÉTYM. Caplatio, de captare, capter.

CAl'TATOIRE (ka-pta-toi-r'), adj. Terme de droit.

Qui a pour objet la captation.

— ÉTYM. Captatorius , de captare, capter. CAPTÉ, ÉE (ka-pté, ptée), pari, posse. Une bienveillance caplée.

CAPTER (ka-pté, v. a. || 1° Gagner ou tenler de gagner quelqu'un ou quelque chose par de l'insinuation ou de l'adresse. Ses manières captèrent l'attention. 11 capta les suffrages de l'assemblée. || 2° Saisir, à l'aide de tranchées, lesoriginesduue eau minérale.

— UEM. Capter n'a pas nécessairement le sens défavorable qu'ont captation et captieux.

— HIST. XV' s. Et toustefois tous les pays voisins vieudient capter la benevolence du roy, et eux offrir luy complaire en toutes manieres.-juv. desurs. Charles VI, 1388. |1 xvi' s. Il ne sçait pas, pour avant jeu, capter la benevolence du candide lecteur, MONT. I. tas.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. caplar; du latin cap(are, capter, chercher à prendre, fréquentatif de capere, prendre (voy. capture).

t CAPTEUR (ka-pteur) , adj. Terme de marine. Un vaisseau capteur ou, substantivement, un capteur, bâtiment qui a fait une prise.

— ÉTYM. Caplor, preneur; de capere (voy. capture).

CAPTIEUSEMENT (ka-psi-eù-ze-man),odi>. D'une manière caplieuse.

— ÉTYM. Captieuse, et le suffixe ment.

t CAl'TIEUSETÉ (ka-psi-eù-ze-té) , s. f. Qualité de ce qui est captieux.

— HIST. xvi' s. Or sçavoit il leur capsieuselé estre telle qu'ils calompnisoient ses dils, Hist. de la Toison d'or, t. n, f° 13», dans lacurne.

— ÉTYM. Captieux.

CAPTIEUX, EUSE ( ka-psi-eû , eù-z'), adj. Il 1° Qui tend à prendre, à surprendre, à conduire à un sens trompeur. User de mots captieux sans

les expliquer, PASC. l'rov. I Dont l'esprit léger

s'attache avidement Aux allraits captieux de mon déguisement, corn. Rodog. iv, 5. Après avoir épouvanté de ces termes captieux deux personnes simples, BALZAC, U Barbon. Que dirai-je du dangereux artifice qui fait prononcer à la justice, comme autrefois aux démons, des oracles ambigus et captieux! Boss. le Tellier. Des novateurs tu découvres la fraude Et romps de leurs erreurs les filets ca|>lieux. non.. Ép. m. || 2° En parlant des personnes. Un raisonneur captieux. Un sophisie captieux.

— HIST. xv s. Les ijuelles conditions sembloient .'i plusieurs estre bien captieuses pour ce que les exceptés ify estoient point nommés, Juv. des urs. dans le Dict. de dochez. Caut, deceplif et captieux. COQUILLARD, La sccondc partie des droits noureaur. Il xvi" s. Le comte n'eut que des promesses captieuses, comme de n'estre mis en autres mains que celles du roi, d'aub. Ilist. ii, (26.

— ÉTYM. Provenç. capcios ; espagn. capcioso; ài captiosus, de capere, prendre (voy. capture).

CAPTIF, IVE (captif, pli-v'; au pluriel 1'* ne se lie pas: des ca-pli-f infortunés; cependant quelquesuns lient: des ka-ptif-z infortunés), adj. || 1° Pris ;i la guerre et fait e.sclave. Ils emmenèrent les femmes captives. Kacheter les chrétiens captifs. Moi captif à la fieur de l'âge Dans ce vieux fort inhabité, bRrang. Le Prisonnier. \\ Substantivement. 11 ouvrira les yeux des aveugles et tirera les captifs de leur ])rison. uoss. Ilist. u. 4. Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne, corn. At'com. v, 10. Home vit passer au nombre des vaincus Plus

CAP

CAP

CAP

diin captif chargé des fers d'Antiochus, bac. Béren. Di, t. La guerre dans Lesbos me fit votre captive, m. Tphig. m, 4. Moi qui contre l'amour lièrement révolté , Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté, ID. Phèdre, ii, 2. || L'ordre de la rédemption des captifs, ordre religieux dont la destination était de raclieter les captifs faits par les Barbaresques. Il 2'I':n général et dans le style relevé, pris, détenu. Un oiseau captif. Les coupai)les qu'il tenait captifs, Boss. Hist. II, 8. Captive, dès le berceau, des ennemis les plus implacables de .sa mai.son , id. Dxtch. d'Orléans. Comme il n'a jamais refusé ce qui était raisonnable, étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste, étant captif, id. Reine d'Angl. \\ Asservi. Rendre par un décret jinblic à la Grèce, si longtemps captive, la liberté à laquelle elle ne pensait plus, boss. Hist. m, 8. Il 3° Par extension, qui est contraint ou attaché. Cette place me rend fort captif. Âme captive des sens, des plaisirs. C'est proprement un charme: il rend l'âme attentive ,' Ou plutôt il la tient captive. Nous attachant à des récits, la font, vu, à Mme de tfontespan. Tiens ta langue captive, et si ce grand silence.... corn. Cinna, v, (.11 ne faut point tenir les vérités captives, sÉv. m . Dans son génie étroit il est toujours captif; Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, boil. A. poét. I. [Àme] toi qui étais née pour l'éternité et pour un objet immortel, tu deviens éprise et captive d'une fleur que le soleil dessèche, BOSS. La Yallière. L'âme, devenue captive du plaisir, devient ennemie de la raison, id. ih. Philisbourg qui tint si longtemps le Rhin captif sous nos lois, BOSS. Louis de Bourion. \\ 4° Ballon captif, aérostat qu'on retient au moyen d'une corde, par opposition à ballon perdu, qu'on laisse aller dans l'air.

— SYN. CAPTIF, ESCLAVE, PRISONNIF.R. DaUS le

sens ancien et souvent usité, le captif est pris à la guerre, et peut être fait esclave; dans le sens moderne, captif est synonyme de prisonnier, avec cette différence que captif est de la poésie et du style relevé. L'esclave n'est pas pris à la guerre; il reçoit l'esclavage en héritage de ses parents, ou bien on l'achète de ceux qui le possèdent ou qui font la traite. Le prisonnier est ou pris à la guerre, ou détenu de toute autre façon ; mais il n'est pas esclave.

— HIST. XVI" s. Geste galère estoit de seize rames pour banc, accoustrée magnifiquement des armes captives, riches draps de pourpre, et autres telles despouilles , AMYOT, P. jEm. 60. Empeschant que l'on ne monstre publiquement la grandeur et la gloire des roys Philippus et Alexandre le Grand prisonnières et captives soubz les armes romaines, ID. ib. 63. La belle main dont la forte foiblesse D'un joug captif donte les plus puissans, du Bellay, u, v\,rectn. As-tu point veu une nymphe craintive, Qui va menant ma liberté captive Par les sommets des plus haultes montaignes? id. ii, 28, recto. Ceste police de la plus part de nos collèges m'a tousjours despieu ; c'est une vraye geaule de jeunesse captive, MONT. I, -183.

— ÊTYM. Captivus , captif (voy. chétif , qui est l'ancienne forme de captif). Captif & tié refait sur le latin au xvr siècle.

t CAPTION (ka-psion), s. f. Moyen captieux. Mol ancien qui se comprend et qui se distingue de captation, la captation étant l'emploi des captions, des moyens captieux.

— HIST. xvi' s. Ils taschent de nous surprendre par captions et vaines sophisteries, calv. Instit. 656, Paix pleine de fraude et de captions , d'auiî, Hist. II, (06. Desquelles offres et discours, quoique grandement spécieuses et pleines d'artifices, la caption et la malice mesme ne me furent pas fort difficiles à descouvrir, sully, Mém. t. vi, p. 367, dans

LAGURNE.

— ÉTYM. Captio, de capere, prendre (voy, captube).

CAPTIVÉ, ÉE(ka-pti-vé, vée), part, passé. Teaa attaché et comme captif. Captivé par les sons d'une musique délicieuse.

CAPTIVER (ka-pti-vé), v. a. || 1° Retenir prisonnier. U captivait sa femme cependant. De ses cheveux voulut savoir le nombre, La faisait suivre en toute heure, en tous lieux, la font. On iic s'avise pas.... Il Tombé en désuétude au propre. || 2° Fig. Soumettre, maîtriser. Un enfant difficile à captiver. Mes affaires me captivent entièrement. Loin de VOUA, captiver, souffrez qu'elles [les grandeurs] vous cèdent, corn. Cinna, ii , 4. ...Quoil votre amour souffre qu'on le captiveT bac. Brit. ii, 6. La vengeance à ce point a pu vous captiver, volt. Mérop. IV, 2. Que chacun sous telle puissance Cap-

DICT. DE LA I,ANGUE FRANgAlSB,

tive son obéis.sance , malh. v , 28. Soumettre notre raison en la captivant sous le joug de la foi, bourd. Car. I, Bel. chr. 270. Sacrifiant nos lumières , captivant notre raison , mass. Panég. Un saint mart. Tout fidèle doit captiver son entendement, flèch. Dauphin. || Absolument. Les observances deviennent pénibles; la prière, loin de consoler, gêne et captive , mass, Panég. Prof, relig. sermon 2. Il 3' Séduire, gagner. Captiver son auditoire. [Ils] trouvent \o. secret de captiver les sens, corn. Sert. II, 2. Pour charmer le vulgaire , Pour captiver un peu|)le inquiet et jaloux, volt. Sophon. v, (.Je la vis captiver et le peuple et l'armée, m. Sémir. il, 4, Arts trop pernicieux dont l'éclat les captive, id. Tancr. i, (. Les femmes cherchent à captiver les hommes de parti , diiier. Ess. sur Claude. || 4° V. réfl. Se captiver, se rendre captif, attentif, soumis. U faut savoir se captiver. Ce qui le plus me désespère. C'est cet amant parfait et si digne de plaire Qui se captive sous ses lois, mol. Psyché, iv, (. Pendant que tu disais en ton cœur rebelle : je ne puis me captiver.... boss. Anne de Gonsague.

— HIST. xv s. Infidélité naist de l'orgueil de l'entendement qui ne se veut soumettre ou captiver pour obéir à la Sainte Ecriture, gerson, dans le Dict. de dochez. ||xvi' s. Dieu accepte notre obéissance, moyennant que nous captivions et mations tous nos sens et désirs pour les rendre sujets à lui, CAlv. 238. L'or des cheveux me captive, du Bellay, VII, 2{, verso. Je captive ayséement mes créances soubs l'auctorité des opinions anciennes, mont, ii, ( 6. Le plus grand nombre, au lieu de hausser quelques fois l'esprit, le rabaissent tousjours, et le captivent en la fange de la terre, langue, b28. Quand vous aurez captivé le cœur de tous les François, d'aub. Vit, xciîi. Apprenons à nous captiver et brider nostre appétit, paré, xxiv, 63. Nostre ame, serve et captivée soubs l'auctorité des leçons d'aultruy, MONT. I, (6(.Ilfautouyr, considérer et faire compte des anciens, non s'y captiver qu'avec la raison , charron, Saqesse, préf. de la 2« édit.

— ÉTYM. Provenç, captivar; espagn. cautivar; portug. cativar; ital. cattivare; de captivare, de captivus (voy. captif).

t CAPTIVERIE (ka-pti-ve-rie), ï. f. Termede traite. Grand bâtiment dans lequel on renferme les nègres au Sénégal avant de les expédier aux colonies. Vieux.

— ÉTYM. Captif.

CAPTIVITÉ (ka-pti-vi-té), s, f. || l»Êtat de captif. Tenir en captivité. Racheter de captivité. || 2° I^ig. La captivité dans laquelle nous tiennent les passions. L'âme menée de captivité en captivité, captive d'ellemême, captive de son corps, boss. La Vallière. Il Au plur. D'un amour si parfait les chaînes sont si belles. Que nos captivités doivent être éternelles, coRN. Uéracl. i, 4. S'élever au-dessus des captivités où Dieu permet que nous soyons à l'extérieur, boss. dans GiRAULT-DUViviER (qui ajoute : Corneille et Bossuet ont employé ce mot au pluriel; et en effet un Ici pluriel rend la pensée et exprime toutes les sujétions qui enchaînent). || 3° Absence de liberté causée par les occupations, par une contrainte quelconque. Cette place me tient en captivité. Vous tenez trop vos enfants en captivité.

— HIST. xii* E tuz menad en chaitivier, le rei meïme, e les princes, et les vaillanz cumbateurs dis milie, Rois, 433. Kar tu l'menas de Egypte hors de servage, e de anguisse e de cheitiveisun, ib. 204. Il xiii" s. Et quant crestien repairoient de cativisons tout nu, il les faisoient reviestir selonc ce qu'il estoient, Chr. de Rains, 2(0. ||xv*s. Il relâcha la chetiveté des Juifs qui estoyent en Egipte, CHR. DE PisAN, Uist. de Ch. Y, III, ch. (2. Ung qui se essaiast de le getter dehors de la captivité où il est, Bibl. deschartes, *' série, t. i, p. 267, || xvi's. Homme aimé des dieux, et envoyé expressément pour délivrer la Sicile de captivité, amyot, Timoléon, 24.

— ÉTYM. Provenç. caplivitat; espagn. coiiti'rtdad; ital. cattività; de captivitatem . de captivus, captif. L'ancienne forme française csi <,netiveté . à côté de laquelle est chctivoison (répondant à un baslatin capfivationem) et chaitivier (répondant à un bas-latin captivarium).

CAPTURE (ka-ptu-r'), s. f. Action de prendre. Se dit : (° quand on arrête un hoinme par ordre do justice : on a repris Vn forçat évadé; c'est une heureuse capture; 2" quand un corsaire fait une prise : la capture de plusieurs bâtiments do commerce; le bâtiment pris se nomme aussi une capture : il conduisit heureusement ses captures à Brest; 3» quand les soldats font quelque prise à la guerre ; ♦• quand les employés de la douane liaisissent des marchan-

dises de contrebande. [] Familièrement. Vous allei à la pèche, eh bien! bonne capture! || Ironiquement. Ah! il a épousé cette fille, il a fait là une beîi« capture !

— HIST. XVI' s. Un inquisiteur de la foy n'a capture ou arrest en ce royaume, sinon par l'ayde et autorité du bras séculier, pitiiou, 37. M. de Vieilleville répliqua, que le tout dependoit de la capture, et qu'ils n'estoienl pas assez forts pour l'arrester,

CARLOIX, IV, 4.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. captura; ital. cattura; de captura, ils capere, prendre.

CAPTURÉ, ÊE (ka-ptu-ré, rée), part, passé. Les navires de commerce capturés par l'ennemi,

CAPTUHHK (ka-ptu-ré), iJ, o. Faire capture. Cap. turcr un débiteur contre lequel il y a prise de corps, un biliiment de commerce, des marchandises de contrebande.

— ÊTYM. Capture.

CAPUCE (ka-pu-s'), ». m. || l" Morceau d'étoflfe grossière taillée en pointe , qui couvre la tête des capucins, à la différence des bénédictins, des bernardins et des célestins qui portent un capuchon. II dit .sous sou capace,... lapont. Herm. \\ 2" Partie supérieure de certaines gardes de sabre ou d'épée.

— ÉTYM. Ital. cappuccio, augmentatif de cajipa (voy. chape).

t CAPUCHE (ka-pu-ch*), s. f. Sorte de coiffure de femme en étoffe légère. Synonyme de capeline.

— ÉTY.M, Le même que capuce.

CAPUCHON (ka-pu-chon), t. m. \\ l' Vêtement de tête, qui se rabat ou se rejette en arrière, à volonté. Le capuchon fait partie de l'habillement de certains moines. Rabelais, ce fou si sage. Lui légua par parenté Un capuchon dont l'usage En fait un sage en galté , bérang. Ermite. \\ Prendre le capuchon, se faire moine. || 2» Par analogie, objet en forme de capuchon. Trois lampes auxquelles M. de Wolmar a fait ajouter des capuchons de fer-blanc, I. J. Rouss. Ilél. V, 7. Il 3° Terme de botanique. Boursouflure en forme de sac ou de casque qu'on remarque dans les pétales de certaines plantes, comme les aconits. || 4° Terme de marine. Espèce de coiffe goudronnée que l'on met sur le bout des haubans.

— HIST. XVI" s. Trois moynetons et novices, ayani chacun le casque en teste dessous leurs capuchons, Sat. Ménipp. (2. Le muscle appelle trapèze, vulgairement capuchon de moine, paré, iv, i9.

— ÉTYM. Augmentatif de capuche; bourguig. eaipuchon.

CAPUCHONNÉ , ÉE (ka-pu-cho-né , née), adj. Terme de botanique. Qui est en forme de capuchon. Pétales capuchonnés.

— ÊTYM. Capuchon.

CAPUCIN, INE (ka-pu-sin, si-n"), i.m.et f.\\i' Religieux, religieuse d'un des ordres de Saint-François. Les capucins sont religieux réformés (en (626) de l'ordre de Saint-François, reçus en France sous le règne de Charles IX, à la recommandation du cardinal de Lorraine. || Barbe de capucin, longue barbe. Il Parler comme un capucin, parler du nez. || 2* Fig. et familièrement, homme qui affiche une dévotion étroite. Je n'ai jamais vu sur notre théâtre un vieillard attendrissant; Sarazin même ne jouait Lusignan [dans Zaïre] que comme un capucin, volt. Lettr. d'Argental, te mai (767. || X la capucine, locution familière pour dire en capucin, avec une dévotion étroite. Les sermons du P. Séraphin, dontU répétait souvent deux fois de suite les mêmes phrases, étaient fort à la capucine, st-simon, 35, 4Bi. Il 3" Capucin de carte, carte que les enfants plient longitudinalement pour la faire tenir droite, et àlaquells ils font une entaille en angle aigu, qu'ils retournent en la relevant pour lui doimner l'air d'un capuce; ces capucins, rangés à la file et assez près, tombent les uns sur les autres quand on fait tomber le premier. De là les locutions : ils tombèrent comm<) des capucins de carte; ils ne tiendront pas plus oue des capucins de carte. || 4" Barlie de capucin, nom ae la salade de chicorée sauvage étiolée.

— HIST. xvi* s. Pour n'estre continent, je no laisse d'advouer sincèrement la continence des feuillants et des capuchins, mont, i, aai.

— ÉTra. Bourguig. caipuchain; picard. eafMchin ; de l'ital. cappucino, do ixippucio, capuce, h cause du capuchon que portent les capucins.

CAPUCIN.4I)E (ka-pu-si-na-d'), t. /. Terme familier. PLato tirade de morale ou de dévotion. Débitant d'un ton de racoleur ses capucinades, i. i. houss. Conf u. Il Affectation de dérotion. Faire ime cipitcinade.

— ÊTYM. Capucin,

CAO

CAPrciNE(ka-pii-si-n'), s. f. || !• Terme de botanique. Plante potagère et d'ornement, originaire du Pérou fitdontil y a doux espaces : la capucine à feuilles larges (trop.rolum majus, L), et la capucine à petites feuilles (Iropxolum minus, L.). || La fleur même. Une salade garnie de capucines. La fleur capucine brode de ses chifl'res de pourpre les murs sacrés, chateaubr. Génie, m, v, a. || Câpres capucines, boutons à fleurs de la capucine confits au vinaigre. Il Couleur capucine, couleur aurore foncé comme cette fleur. || La capucine tubéreuse (tropxolum tuberotum, i.) fournit une belle fécule, abondante et alimentaire. || 2» Terme d'arquebusier. Anneau de métal qui relie le canon et le bois d'une arme à feu, ainsi dit par assimilation avec la forme de la fleur de la capucine. La première capucine est la plus voisine de la crosse; la deuxième porte aussi le nom de grenadière, et la troisième est appelée embouchoir parce qu'elle reçoit d'abord l'extrémité de la baguette. || Fig. Dans le langage trivial des soldats. Enfoncé jusqu'à la première capucine, qui a une déception complète. || 8° Terme de poterie. Petite écuelle de terre munie d'une queue. || 4° Crayon do plombagine. || 5° Terme de maçon. Petit entablement compcsé d'un talon et d'un larmier. || 6° Terme de marine. Courbe qui lie l'éperon avec l'étrave. Courbe de soutien d'un vieux navire.

— ÈTYJr. Capucin, à cause que la plante a ses fleurs en forme de capuchon.

t CAPUCINERIE (ka-pu-si-ne-rie), s. f. Terme familier. Action de se faire capucin. Il est vrai je suiscapucin. ...Dès que monsieur l'abbé Terrai A su ma capucinerié, De mes biens il m'a délivré; Que servent-ils dans l'autre vie? volt. Stances, 22.

— ÊTYM. Capucin.

CAPIJCIPJIÈRE (ka-pu-si-niè-r') , s. f. Familièrement et par dénigrement, maison de capucins. || Fig. Maison, établissement où domine une dévotion étroite.

— ÉTYM. Capucin.

■j-CAPOLOÏDE (ka-pu-lo-i-d'), adj. Terme d'histoire natu'''*Ue. Qui est en forme de tasse. • —ÊTYM. Capula, sorte de tasse, eteïSoç, forme.

CAPUT-MORTCUM (ka-put'-mor-tu-om') , s. m. Terme de chimie ancienne. Résidu dont on ne peut plus rien tirer. || Fig. et par dénigrement, valeur réelle, reste définitif de travaux, d'efforts, de combinaisons, de théories, etc. qui promettaient monts et merveilles, et qui ont avorté en grande partie. Il Au plur. Des caput-mortuum.

— ÉTYM. Caput, tête (voy. chef), et morluum, mort : tête morte, c'est-à-dire résidu dont les anciens chimistes ne pouvaient plus rien extraire, ayant tiré par la distillation divers éléments, soufre, sel, mercure, esprit, qu'ils nommaient de noms bizarres.

t CAP\1RADE (kap-vi-ra-d'), s. f. Terme d'agriculture usité dans le Midi. Extrémité d'un champ où tournent les bœufs et qu'on laboure perpendiculairement aux raies.

— ÉTYM. Cap, bout (voy. cap), et inVer. CAQUAGE (ka-ka-j'), s. m. Action de caquer les

harengs. || Action de mettre de la poudre ou du salpêtre en tonneaux.

— REM. L'Académie devrait écrire cacage ; car les autres verbes en quer qui forment des substantifs en âge, ont c au substantif; blocage, de bloquer; parcage, de parquer.

— ÉTYM. Caquer.

CAQUE (ka-k') , s. f. || 1» Espèce de barriqueoù l'on met les harengs salés. || Rangés, serrés comme harengs en caque, très-serrés. || 2° Fourneau pour fondre la cire. || 3° Tonneau de bois contenant le suif fondu pour la chandelle moulée. || 4° Baril à poudre ou à salpêtre. || Proverbe. La caque sent toujours le hareng, c'est-à-dire on se ressent toujours de ses habitudes, de tout ce qui constitue la vie antérieure ; se dit aussi de ceux qui passent d'une position inférieure à une position plus élevée.

— IIIST. XIV' s. Tonnel de caqueharenc, du cange, caquus. Ung caquin de cervoise, m. ib. || xv* s. .... Réservé neuf veuglaires, deux cacques de poudre, vingt-et-trois arbalestes et neuf coffres de traits, MONSTR. Il, «2. Car chascun jour, à force d'engins, ioloieut en la forteresse plus de cent cacques plains des ordures de la ville, Boucicaut, m, 8. || xvi* s. Il fut emporté d'un caque ou deux de poudre, estant couché au lit de sa femme, castelnau, <88. Le feu s y mit si furieusement que les esclas des caques lièrent tuer des hommes outre la rivière, d'aubio. Hxst. I, 232. Le feu s'estantmis dans une caque de ?ourtro, iD. tb. II, S09.-

— STYM. Caquer.

CAQ

CAQCÉ, ÊE (ka-ké, kéo), part, passé. Des harengs cagués.

CAQUER (ka-ké), t». a. || l' Préparer le poisson, c'est-à-dire lui ôter les ouïes pour le mettre en caque. Il Mettre le poisson en caque. || i' Mettre la poudre ou le salpêtre en baril».

— HIST. XIV* s. Hareng quaque soit mis en eaiie fresche, Ménagier, n, 5.

— ÊTYM. Holland. kaaken, 6ter les ouïes, de kaaken, ouïes, mâchoire, puis mettre en tonneau; d'où caque le tonneau lui-même. C'est ainsi que un mot signifiant mâchoire en est venu à signifier tonneau.

f CAQUEROLLE (ka-ke-ro-l') , s. f. CasseroUe de cuivre à trois pieds et à manche, t CAQUESANGCE (ka-ke-san-gh') . s. f. Dyssenterie.

— IIIST. XVI' s. Le flux des dysenteries et caquesangues, paré , xxm, 3o. Il y a un accident de peste, appelé caquesange, qui est un flux de ventre qui ulcère et corrode les intestins, m. xxiv, 30.

— ÉTYM. Ital. cacasangue, de cacare, aller à la selle, et sanguc, sang.

CAQUET (ka-kè; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel Vs se lie : des ka-kè-z insipides; caquets rime avec traits, procès, jamais, paix), s. m. \\ 1° Au propre, le cri de la poule qui pond. Il 2° Fig. Babil haut et bruyant, et aussi babil de jactance. C'est un ignorant, un poltron, qui n'a que du caquet.... Si j'eusse étudié.... Une cornette au col, debout dans un parquet, X tort et à travers je vendrais mon caquet [d'avocat], Régnier, Sat. IV. Enfin, comme en caquet ce vieux sexe fourmille, m. Sat. XIII. Étourdi du caquet, je feignais de le croire, id. Sat. xi. Quel caquet est le vôtre! MOL. Tart. n, 4. Vous avez le caquet bien affilé, ID. Bourg, g. m, s. I! me divertit avec sa voix, et tu m'étourdis avec ton caquet, m. Princ. d'Él. 2» intermède , scène < . L'ourse va trouver sa voisine la corneille, qui faisait un grand bruit par son caquet sous un arbre, fén. xix, 43. Le grand caquet vient de la prétention à l'esprit, j. j. rouss. Em. iv. Je devrais me contraindre Jusques à m'éclaircir de ce que je dois craindre, X pousser jusqu'au bout son caquet indiscret, mol. Éc. des F. l, 7. Enfin, mon étourdi n'aura pas lieu d'en rire ; Par son trop de caquet il ace qu'il lui faut, ro. ib. m, 3. J'ai bien peur que ceci n'approche fort de leur style [des mauvais poètes] et que vous n'y reconnaissiez plutôt le caque* importun des pies que l'agréable facilité

des muses, EAC. Lett. u, à La Fontaine Vous

voulez- que je trouve parfait Un petit suffisant qui n'a que du caquet, gresset, le Méchant,, iv, c. Il Avoir du caquet, se montrer parleur et fier. M. de Grignan a bien du caquet, sÉv. <)0. || Rabattre le caquet, rabaisser le caquet, faire tomber la jactance. Un lion en passant rabattit leur caquet, la FONT. Fabl. m, 4 0. Je vous assure que cela rabaisse le caquet, SÉV. 5. || Caquet bon bec, personne bavarde et médisante. C'est le nom de la pie dans La Fontaine. Caquet bon bec [la pie] alors de jaser au plus dru, Fabl. xii, H. On assure que cette expression est de la création de La Fontaine. || 3° Au plur. Prop'os futiles ou malins. Provoquer, redouter, faire taire les caquets. S. tous les sots caquets n'ayons donc nul égard, mol. Tart. i, t. Mille caquets divers s'y font en moins de rien, m. tb. Une petite ville, d'où l'on a banni les caquets, la bruy. b. Croyez-moi, beautés monarchiques. Le mot vertu dans vos caquets. Ressemble aux grands noms historiques. Que devant vous crie un laquais, béhang. Vertu deL. ||4°Le caquet de l'accouchée, conversation des femmes qui visitent une nouveUe accouchée.

— HlST. xv's. Puis, sans faire plus long quaquet. Les voulut tout incontinent Remettre dedans le baquet, VILLON, t" liepuc. Comment ils eurent des trippes. Il XVI' s. Et fay que devant mon prince Désormais plus ne me pince Le caquet des envieux, RONSARD, Odes, V, B. Cecy surpasse toute bassesse de cœur, en personnes de tel reng, d'avoir voulu tirer quelque principale gloire du caquet et de la p.arlfiHe [de ce qu'on dirait d'eux], mont, i, 287. Par ol"! il bridoit les occultes caquets des mocqueurs, et esmoussoit la pointe de ce reproche, m. m, *8. Je lui ahas son cacquet, PALSGR.p.4U Si vous pouviez , ô heureux perroquet , Ma volonté et mon aflection Bien déclarer par vostre bon cacquet ! Si vous pouviez dire ma passion I Vers de don Carlos, fils de Philippe II, dans Êlisa6eth de Valois, par M* WALKEH-FREER. Adieu los plaisirs des champs; Plus à l'abri de l'ombrage Des oyselets aux doux chants On n'oit le caquet ramage, baïf, OEuvres,

p. 75, dans LACURTiE.

— ÉTYM. Voy. Caqueter.

CAQ

CAQUETAGE (ka-ke-ia-j") , *. m. Action de caqueter et caquets. C'était un caquetaga perpétuel. Je ne fais pas attention aux caquetagos. Mais bientôt un jeune seigneur M'enlève à leur doux caquetage, BÊRANG. Cinq étages.

— ÊTYM. Caqueter.

CAQUETE (ka-kè-te), *. f. Baquet où les harengères mettent des carpes.

— ÉTYM. .Diminutif de caque. Il devrait s'écrire caquette, puisque c'est l'orthographe des diminutifs en ette.

CAQUETER (ka-ke-té. L'Académie ne conjugue pas ce verbe que l'on conjuguera à volonté : je caquette ou je caqueté; je caquetterai ou je caquéterai; je caquetterais ou je caquèterais; caquette ou caqueté. Ce verbe est très-mal conjugué parceriaines personnes qui prononcent je cakle et non je kakt-te, je kakterai, et non je kakèterai) , v. n. ||l°Au propre se dit du cri de la poule qui pond ou a pondu. Il 2° Par extension et familièrement, se dit du babil dans la chambre d'une accouchée, du babil des perroquets etde tout babil futile ou médisant Discourt de sa vertu, en caquette tout haut, héghier, Sat. vu. Assez de tes amours m'a caqueté la fable, ID. Élég. IV. Il caquette comme une accouchée, SÉV. 398. Vous avez caqueté dès le troisième jour de votre accouchement, m. 108. De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome. Et qui, caquetant au plus dru. Parlent de tout et n'ont rien vu, la font. Fabl. rv, 7.

— HIST. XV' s. Il dient qu'il eschaperont; Lonc temps approphetizié l'ont : Encore seront racheté. Et pour ce ont tant quaqueté, Uysl. Aa(. de J.-C. Car est œuvre de femme de caqueter moult, chastel. Vérité mal prise. .,.11 vient, il caquette, coquil- LART, Monol. de la botte de foin. \\ xvi' s. Tel caquette des autres, qui, s'il y estoit, se trouveroit bien empesché, montluc, Xém. t. i, p. 189, dans LAcuRNE. Ils caquettent comme cicongnes, ils coqueliquent comme les coqs, paré. Animaux, 25. Je ne veux oublier le coqueter des coqs et poules; qui est le langage dont ils nous rompent la tête quand ils s'entrefont l'amour, et dont nous avons formé, par une belle métaphore, caqueter, lorsque quelques babillards nous repaissent de paroles vaines; et de là mesme, les medisans ont appelé le caquet des femmes, mesme que l'on appelle une femme coquette qui parle beaucoup sans sujet, pasq. Rech. viii, 6. Il me fâche de vous ouyr caquetter ainsi hors de saison, palsgr. p. 430.

— ÉTYM. Malgré le dire de Pasquier, il est difficile de passer de coquet à caquet; ce changement de l'o en a, possible en soi, n'étant pas justifié ici par l'historique, qui n'a jamais que la forme en o. .lusqu'à plus ample informé, il ne faut voir dans ce mot qu'une onomatopée.

CAQUETERIE (ka-kè-te-rie) , s. /. Action de caqueter; caquets. Une caqueterie, des caqueteriea sans fin.

— REJl. L'Académie écrit caqueterie par im seul t et coquetterie par deux; il serait bon de mettre de l'uniformité et de conformer l'orthographe à la règle qui ne veut pas deux muettes de suite.

—ÉTYM. Caqueter.

CAQUETEUR , EUSE (ka-ke-teur, toû-z') , s. m. et f Celui, celle qui caquette et babille beaucoup.

— HIST. XV' s. Aussi sont bonnes caquetieres Allemandes et Pruciennes, villon. Bail, des fem. de Paris. || xvi' s. La science est caqueteresse , en- ■ vieuse de se monstrer, charbon. Sagesse, p. B30,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Caqueter.

t CAQUETOIRE (ka-ke-toi-r") , s. f. || 1° Chaise basse à dos très-élevé et sans bras. C'est ce que nous nommons maintenant causeuse. || 2° Bâton placé au milieu des mancherons de la charrue.

— HIST. XVI' s. Il n'y a pas d'apparence que les femmes aient alors le bec gelé; pour le moins, j'en repon pour celles de Paris, qui ne se sont tenu d'apeler des caquetoires leurs sièges, ii. est. Apol. d'Hérod. p. 64, dans LACURNE.

— ÉTYM. Caqueter.

CAQUEUR. EUSE (ka-keur, keû-z'), s. m. ei f. Celui, celle qui caque les harengs. || S. m. Un caqueur, couteau à l'usage des caqueurs de harengs

— ÉTYM. Caquer.

t CAQUEUX, EUSE (ka-keù, eû-z'), s. m. et f. Race misérable de Bretagne avec laquelle le reste de la population ne contractait pas d'alliance. Les caqueux sont dits aussi cacous et caqulns.

— ÊTYM. Bas-lat. catosus, caqueux.

t CAQUILLIER (ka-ki-lié), i. m.Terme de boUnique. Voy. ca&ile.

CAR

CAB (kar) , eonj. qui marque qu'on va donner la raison d'une proposition énoncée. Vos pareils y sont misérables.... Car, quoi! rien d'assuré! point de franche lippée ! la font. Fabl. i , 5. Et tous deux TOUS paierez l'amende: Car toi, loup, tu te plains quoiqu'on ne t'ait rien pris, id. i6. u, 3. C'est donc quelqu'un îles tiens, Car vous ne m'épargnez gutre, ID. ib. I, to. J'ai plus gagné que perdu; Car d'hymen point de nouvelles, id. t'ft. i, il. Les vieillards déploraient ces sévères destins; Les animaux périr! car encor les humains [passe encore pour les hommes qui avaient mérité de périr], ID. Phih'mon et Baue. Non, je ne reviens pas, car je n'ai pas été; Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté; Je ne demeure point, car tout de ce pas même Je prétends m'en aller, mol. Dépit, i, 4. Car [il avait été question parmi les puristes de supprimer car comme mot vieilli| étant d'une si grande considération dans notre langue, j'approuve extrêmement le ressentiment que vous avez du tort qu'on lui veut faire; et je ne puis bien espérer de l'Académie dont vous me parlez, voyant qu'elle se veut établir par une grande violence ; en un temps où la fortune joue des tragédies par tous les endroits de l'Europe, je ne vois rien si digne de pitié que quand je vois que l'on est prêt de chasser et faire le procès à un mot qui a si utilement servi cette monarchie et qui , dans toutes les brouilleries du royaume, s'est toujours montré bon français ; pour moi, je ne puis comprendre quelles raisons ils pourront alléguer contre une diction qui marche toujours à la tête de la raison et qui n'a point d'autre charge que de l'introduire; je ne sais pour quel intérêt ils tâchent d'ôter à car ce qui lui appartient, pour le donner à pour ce que, ni pourquoi ils veulent dire avec trois mots ce qu'ils peuvent dire avec trois lettres, voit. Lett. 63. GombervîUe : Que feronsnous, messieurs, de car et de pourquoi ? Desmarets : Que deviendrait sans car l'autorité du roi ? Gomberville: Le roi sera toujours ce que le roi doit être. Et ce n'est pas un mot qui le rend notre maître. Gombaud: Beau titre ijue le car au suprême pouvoir, Pour prescrire aux sujets la règle et le devoir. Desmarets : Je vous connais, Gombaud, vous êtes hérétique. Et partisan secret de toute république. Gombaud : Je suis fort bon sujet et le serai toujours. Près de mourir pour car après un tel discours. Desmarets ; De car viennent les lois, sans car point d'ordonnance , Et ce ne serait plus que désordre et licence, la Comédie des Académiciens, m, 3, dans HiCHELET. Il Substantivement. Les si, les car, les contrats sont la porte Par où la noise entra dans l'univers, la font. Belphég.

— HIST. X* S. Car ço videbant per spiritum prophète, Frag.de Yalenc. p. 468 || xi* s. Car, puisque serement il est jugied.... L. de Guill. 25. Franc chevalier, car m'eslisez baron, Ch. de Roi. xix. Emprès lui dient: Sire, car nous menez, ib. xxvi. (I xii* s. Ne poit durer que Charlles ne le tienne ; Car il n'a homme.... Roncisv. i. Alez seoir, car je vous en semon, ib. ^2. Compeing Rolant, car sonez vostre cor, ib. 45. Car joie a courte durée Qui avientpar telfolor, Couci, i. Diex! caria peUsse tenir Un seul jour à ma volentél i6. m. || xiii* s. Sire, voici l'ost.... quar leurcriez merci que il aient de toi pité, villeh, xlii. Car nus [nul] ne vient à vie [qui] ne conviene finer, Berte, m. Et car me secourez , mère Dieu beneoite , ib. xxix. Il xiv* s. X plusieurs gens sont aucunes choses delettables qui sont contraires l'une à l'autre, et la cause est car [que] telles choses ne sont pas naturellement delettables, OBESME, Elh. 19. Et la cause pour quoy nous ne conseillons pas des choses dessus dites est car [que] nule de elles n'est faite par nous, ID. ib. 66. Il xvv s. X quoy Indathyrses, car ainsi se nommoit-il.... mont, i, 49. Il parla tout haut de servir le roi sans si et sans car, et puis d'aller au conseil pour mettre la main k la besongne, d'aub. Jlist. m, (87. Les deux commissions furent scellées extraordinairement, car en [car eUes le furent dans] la chambre de M. le chancelier, n'estant encores M. de Humieres mort, carloix, vi, <0.

— ÉTYM. Picard (Ponthieu), jar ; provenç. quar, qar, car; anc. catal. quar; anc. espagn. car; anc. ital. quare; du latin quare, c'est pourquoi, mot à mot qua re , par laquelle chose , pour laquelle chose; étymologie qui explique l'emploi de cardans l'ancienne langue; soit qu'il signifie donc, comme dans ce vers : Compeing Roland, car sonnez vostre oor, c'est-à-dire, compagnon Roland,, sonnez donc votre cor; soit qu'il signifie pourquoi ; et la cause est car telles choses ne sont pas....

t CARABA (ka-ra-ba), j. m. Huile de la noix d'acajou.

CAR

i CABABAS (ka-ra-bil), s. m. I| 1» Le marquis de r::rabas, nom du protégé du chat botté, dans le vieux conte rajeuni par Perrault. Bonnes gens qui lauchez, dit le chat à tous ceux qui font la moisson, si vous ne dites pas que ces terres sont au marquis d-j Carabas, vous serez tous hachés menu comme cli.iir à pâté. Ce marquis de Carabas, loin d'êtrj. not;:o, était le dernier fils d'un meunier, ce ']'.ié Béraj.ger a conservé dans sa chanson : Pour nia calomnier. Bien qu'on ait parlé d'un meunier, Ma famille eut iiour chef Un des fils de Pepin le Bref. Il 2° Familièremeut, prorriitd:re de beaucoup de biens détachés les uns des autres; et aussi, noble fior d'une noblesse douteuse, de titres bien ou mal acquis. Mon fils le baron. Quoique un peu poltron, Veut avoir des croix; Il en aura trois; Chapeau bas, .chapeau bas! Gloire au marquis de Carabas! BÉHANG. Le marquis de Carabas. || 3° Grande et vieille voiture, dite par ndUerie du nom du marquis de Carabas.

t CARABE (ka-ra-b') , s. m. Terme de zoologie. Genre d'insectescoléoptères, considéré àtort comme doué de propriétés épispastiques.

— ÉTYM. Carabus, crabe (voy. crabe).

CARABE (ka-ra-bé) , s. m. Ambre jaune ou succin.

— HIST. XVI' s. Des pillules de bolarmene, de terre sigillée, de carabe, de sang-de-dragon, de girofle et de musc, o. de serbes, 90o.

— ÉTYM. Portug. caraba; du persan caharaba, succin, mot à mot, tire-paille, de kah, paille, et raba, enlever, attirer.

t . CARABIN (ka-ra-bin) , s. m. || !• Soldat de cavalerie légère au xyi* siècle. Vous êtes obligée de n'exposer pas davantage à la funeste adresse d'un carabin tant de vertus naturelles et acquises, civiles et militaires, balz. Disc, d la rdflf. D'une charge caponne de général des carabins qui n'existaient plus, il s'en fit une réelle de mestre de camp général des dragons, st-sim. 37, <76. |{ Fig. Tirer son coup en carabin, jeter un mot dans un débat, sans insister et sans le soutenir. || Par injure ....Fat, animal. Vil carabin d'orchestre, atome musical, regnard, le Rai, tt.ll 2° Fig et familièrement, au jeu, carabin, celui qui hasarde volontiers un coup sans jamais s'engager réellement. || Se dit au jeu de lansquenet du joueur qui ne joue pas seul. || 3° Un des noms du blé sarrasin cité dans Ménage et usité encore aujourd'hui en Normandie.

— HIST. XVI' s. Les carabins de l'armée ennemie, le prenant pour un homme de commandement, l'engagèrent dans une escarmouche assez vive, d'aub. Vie, xcvii. De St-Menehoux Missar, qui commandoit les carabins de Metz, desquels le nom a depuis [1676] esté familier, estant allé à la guerre, chargea quelque 40 fourrageurs, id. Hist. ii, 180. X son aile gauche il avoit45 carrabins, qui sont arquebusiers à cheval, armez d'aultre façon que les nostres; car ce sont presque tous hommes de commandement choisis, ID. ib. ui, 230. Tous ceux qui estiment autrement sont pié-gris, rustiques et carrabins, id. Fœn. iTi, 22. Petit rustre, petit carabin, enfant de vanité, ID. ib. III, 23.

— ÉTYM. Deux étymologies sont en présence : i' D'après Diez, calabrin, qui est dans Roquefort pour carabin, sert d'intermédiaire à calabre, mot provençal qui signifie machine de guerre , le nom des armes passant facilement de l'une à l'autre. 2° Dans Du Cange, calabrinus, signifiant qui est de la Calabre, a donné Coïabrins, et, par une facile altération, carabins, ainsi nommés parce que cette sorte de cavalerie est venue d'abord de la Calabre. Cotte dernière opinion paraît la plus probable.

2. CARABIN (ka-ra-bin), *. m. Anciennement, carabin de Saint-Côme (Saint-Cômo était l'école de chirurgie, à Paris), frater, garçon chirurgien. || Aujourd'hui, familièrement et par dénigrement, étudiant en médecine. Quand nous mourons, vieux ou bambin.... On vend le corps au carabin, béraho. Bohém.

— ÉTYM. Carabiri t , dont on avait depuis longtemps fait un terme de dénigrement comme on peut voir à l'historique.

CARABINADE (ka-ra-bi-na-d') , s. f. Tour de carabin. Familier et peu usité.

— HIST. XVI' s. Le mare.schal de Biron, premier averti, n'attendit déformer aucune troupe, mais aiant donné l'avis au roi, courut où les carrabinades [attaques des carabins] l'appelloient, d'aubig. Uist. m, 3»t. Un couple de jours se passèrent, non en escarmouches, mais en carabineries, ID. l'i». 239. Us'en va tirer le rideau de son beau frère, criant ineptie, felonnie et carabinage ineffable, id. Fœn. ui, 23. Ce séjour de trois ou quatre jours se passa en légères escarmouches, défis particuliers et carabinage de

{Ali

peu de fruit ny d'un oosté ny d'autre, sullt, Mém.

t. t, p. 3«2, dans LACURNE.

t CARABINAGE (ka-ra-bi-na-J*) , i. m. Travail (\'.i donne à une arme k feu des rayures en hélice.

— ÉTYM. Carabine.

CARABINE (ka-ra-bi-n*), ». ' Fusil à canon rayé en dedans. Comme il retournait à son camp, il reçut un coup de carabine qui lui perça la botte et lui fracassa l'os du talon, volt. Charles III, 4. || Mousqueton ou fusil court de cavalerie.

— XVI' s. La cavalerie du prince avoit quité les lances, et avoient presque tous des carrabines, desquelles, avant de tirer le pistolet, ils avoient abatu la pluspart des piquiers de la longueur de leur bois, d'aub. Uist. m, 442.

— ÉTYM. Espagn. portug. et ital. earàbina (voy. carabin 1).

CARABINÉ, £E (ka-ra-bi-n é, née), part, passé. il 1° Un canon de fusil carabiné. || 2* Terme de marine. Brise carabinée, vent très-violent.

CARABINER (ka-ra-bi-né). || 1' F. n. Combattre encarabin, tirailler. || Fig. et familièrement. Jouer en carabin. || 2* V. a. Creuser de rainures le dedans d'un canon de fusil.

— ÉTYM. Carabin et carabine.

t CARABINEUR (ka-ra-bi-neur) , s. m. Ouvrier qui carabine les canons de fusil, jj Joueur qui hasarde quelque argent et qui se retire après le coup, au lansquenet.

— ÉTYM. Carabiner.

CARABINIER (ka-ra-bi-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel 1'» se lie : des ka-ra-bi-nié-z aguerris), s. m. Il l'Soldatarmé d'une carabine. || 2° Carabinier k cheval, cavalier qui porte la cuirasse et le casque et qui n'a ni carabine ni mousqueton. Les carabiniers sont de très-haute taille. Dans cette foule trois céirabiniers se trouvaient en sale veste d'écurie, p. l. cour, n, 282. Il 3' Soldat d'élite de l'infanterie légère, qui correspondait au grenadier.

— ÉTYM. Carabine.

t CARABIQPE (ka-ra-bi-k') , s. m. Terme de zoologie. Nom du genre des carabes.

f CARACAL (ka-ra-kal) , s. m. Sorte de chat sauvage, nom vulgaire et spécifique du chat caracal, dit aussi lynx de Barbarie et lyni du Levant. On croit que c'est le lynx des anciens.

t CARACARA (ka-ra-ka-ra) , s. m. Espèce de vautour d'Amérique.

CARACn (ka-rach). Voy. caratch.

CARACO (ka-ra-ko), s. m. Sorte de vêtement de femme qui est plus ou moins ajusté comme un corsage et qui est plus ou moins long. Quand nos dames reprennent vite Les barbes et le caraco, bërano. Requête.

t CARACOL (ka-ra-kol), s. m. Escalier en caracol (voy. caracole).

CARACOLE (ka-ra-ko-l'), s. f. || l'Terme d'architecture. Escalier en caracole ou caracol, escalier fait en rond, à marches gironées. || 2' Terme de manège. Succession de demi-tours à droite et à gauche qu'on fait exécuter au cheval, avec ou sana changement de main, mais sans suivre de piste. Il S' Terme d'art militaire. Mouvement d'un escadron quand il tourne sur sa droite ou sur sa gauche, par rangs, non par files. Le maréchal de Lorge décampa de Roth sur neuf colonnes qui firent la caracole en partant, ST-SIM. 22, 260. 1|4' Sortede crochet à tire-bouchon.

— REM. Corneille (tragédie d'Andromède, m. S) a dit caracol au masculin : Persée revole en haut sur son cheval ailé, et, après avoir fait un caracol admirable au milieu de l'air, tire du même cdté qu'on a vu disparaître la princesse.

— HIST. xvi* s. Monsieur de Bouillon n'ayant fait qu'une fausse charge et un caracol pour reprendre le chemin de la retraite, sullt, Mém. t. ii, p. 40«,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Espagn. caracol, limaçon, coquille de mer faite en forme de vis, et par suite espèce de danse où les danseurs font différents mouvements les uns derrière les autres; et, dans le manège, caracole: tous sens dérivés des contours de U coquille; de l'arabe karkara, tourner.

CARACOLER (ka-ra-ko-lé),r. n. || f Faire des caracoles. Voyez caracoler ces cavaliers. Un cheval qui caracole. || Fig. Corneille en cheveux blancs sur moi [Pégase] caracola, volt. Pégase. || 2* Par extension, aller de droite et de gauche. Progné me vient enlever les morceaux Caracolant, frisant l'air et le» eaux, Elle me prend mes mouches à ma porte, I.A FONT. Fab. I, 7. Jusques U Harlay avait caracolé pour éviter partout M. de Chaulnes, st-sim. 42, 240.

— fiTYM. Caracole.

CAR

t CAHACOILE (ka-ra-ko-1'), t. f. Terme de botanique. Kspftcede haricot dont la neur est contournée en spirale.

— RTYM. Caracole; ilal. caracà.

fCARACORE (ka-ra-ko-r'), s. f. Sorte do navire en usage aux !los Philippines.

t CARACOrLER (ka-ra-kou-lé), v. n. Terme d'oisuleur. Roucouler.

CARACTËRB (ka-ra-klê-r*) , ». m. || 1° Signe tracé ou écrit. Les lettres de l'alphabet, les signes de ponctuation, les chiffres sont des caractères. Caracttros d'écriture. Les caractères de l'alphabfit. Gravé en gros caractères. Ecrit en petits caractires. Il ne forme pas ses caracltres. Caractères symboliques, hiéroglyphiques. Les caractères dn cette inscription sont en partie effacés. Si vous avez peine à lire cette lettre , pour n'être pas en assez beau caractère, pasc. Prm. il. Madame, dois-je croire un billet de Maurice? Voyez si c'est sa main, ou s'il est contrefait; Vous en devez connaître encor le caractère, corn. Iléracl. II, a. Voyez ce qu'en mourant me laisse votre mère; J'en baise en soupirant le sacré caractère, ID. ib. V, 8 Voici CCS sacrés caractères, Les

garants trop certains de ces cruels mystères, volt. Sémir. iv, 2. Les sommets brisés des Apalaches se dessinaient comme des caractères d'azur, chateaub. Heni, (08. {| Se dit des types d'imprimerie. Graveur, fondeur en caractères. Ces caractères sont usés. Ce caractère est bon à refondre. L'œil de ce caractère est trop petit. || En algèbre, en astronomie, en chimie, en botanique, en pharmacie, caractère, signe abréviatif dont on se sert pour exprimer quelque chose. Il Signe, marque portée par superstition comme talisman. Oui, c'est un enchanteur qui porte un caractère Pour ressembler aux maîtres des maisons, MOL. Amph. m, B. On dit qu'il a un caractère pour se faire aimer de toutes les femmes , id. Pourc. III, 8. Vieux en ce sons. {{ 2° Fig. Quoique cette idée générale de la beauté soit gravée dans le fond de nos âmes en caractères ineffaçables, pasc. dans cousin. C'est sans les oublier qu'on quitte ses parents : L'hymen n'efface point ces profonds caractères, corneille, Ilor. m, 4. Il 3* Titre naturel ou légal qui donne qualité de.... Il dépouille le caractère d'ami quand il prend celui déjuge. Le caractère royal. Les députés viennent ici avec un caractère public. Qui est sans caractère officiel. Qui a caractère pour ordonner et pour défendre. Certains sacrements impriment un caractère indélébile. Déployer, cacher son caractère, faire connaître, cacher le titre officiel que l'on a. Les généraux romains commencèrent à s'attacher leurs soldats, qui ne regardaient en eux jusqu'alors que le caractère de l'autorité publique, Boss. Hist. ni, 7. Un père est toujours père; Rien n'en peut effacer le sacré caractère, corn. Poly. V, 3. Et que dois-je être? — Roi. Reprenez hautement ce noble caractère, ID. Nicom. iv, 3. Un agent sans caractèred'un roi suédois réfugié chez les Turcs, VOLT. Charl. XII, 5. || 4° Ce qui est le propre d'une chose. Le caractère distinctif de la vérité. C'est un des caractères du génie. Je rechercherai les caractères de la folie. L'imprévoyance est le caractère de la jeunesse. Donner aux origines des villes un caractère plus auguste. Ces trois philosophes avaient une éloquence d'un caractère différent. Conserver le caractère des différents genres de littérature. Nous naissons avec un caractère d'amour dans nos cœurs qui se développe h mesure que l'esprit se perfectionne, PASC dans cousin. La bonté est le caractère le plus naturel des rois, BOSs. Polit. Elle porte le caractère de la main de Dieu, m.IIist.n, (3.Lestyle môme porte imprimé le caractère des âges, id. ib. n, < . Pour garder le caractère du temps, m. ib. ii , 3. Fautil que sur le front d'un profane adultère Brille de la vertu le sacré caractère? rac. Phèd. iv, 2. Un caractère de faiblesse et de timidité né avec nous, MASS. Conf. Zèle contre les vices. Vous êtes marqué du caractère des réprouvés, id. Car. Fausse confession. Il les marqua sur le front d'un caractère de réprobation, id. Car. Af^dw. Elles sont marquées du caractère des justes, iD.^uen(. Afilicl. L'Église, sous Julien, fut exposée â une persécution du caractère le plus dangereux, chateaub. Génie, i, l. || Dans les sciences, ensemble de modifications apparentes propres à faire distinguer les objets. Les naturalistes entendent par caractère, les traits les plus .saillants, les plus propres à faire reconnaître une classe, un genre ou une espèce. Caractère générique, caractère qui appartient à un genre. Caractère spécifi- ?"'' "'^^'^'•e qui appartient à une espèce. M. de Linne chercha les caractères fondamentaux de son •ysieme dans les parties des plantes «lui servent à l«ur reproduction, condorcet, Linné. || En méde-

cine, caractère s'emploie pour exprimer l'état plus ou moins grave d'une maladie. Pneumonie de mauvais caractère, d'un caractère fâcheux. Fièvre d'un caractère bénin. |1 B-Ce qui distingue, au moral, une personne d'une autre ; nature, naturel , mœurs, sentiments. La différence des caractères. D'un caractère irascible. Dompter ces caractères intraitables. Un mauvais caractère. Un noble caractère. Force de caractère. Suivre son caractère. Peinture des caractères. Je suis .sorti de mou caractère, boss. Var. Préf. II faudrait des foudres pour des âmes de ce caractère, MASS. Carême, Confess. Des chevaliers français tel est le caractère, volt. Zaïre, u, S. Quelle véhémence dans les sentiments [chez Corneille] ! Quelle dignité, et en même temps quelle prodigieuse variété dans les caractères ! rac. Disc, de récept. de Th. Corneille. Il Comédie de caractère, colle où l'on présente un caractère dominant qui fait proprement le sujet de la pièce. Le Menteur, l'Avare, le Glorieux sont des comédies de caractère. |{ Familièrement. C'est un bon caractère d'homme. || La personne même qui a le caractère. Les mauvais caractères sont toujours malheureux. || Les Caractères de tel auteur, l'ouvrage dans lequel un auteur a peint les caractères, les mœurs. Les Caractères de Théophraste, de La Bruyère. |{ 6° Absolument, ensemble des facultés qui se rapportent à l'action, distinct du cœur et de l'esprit. C'est le caractère qui domine en lui. Il Les facultés morales opposées aux facultés intellectuelles. Grand de génie et grand de caractère, BÉRANG. Cinq mai. \\ Fermeté. Il veut montrer du caractère. Comme il convenait à des hommes de caractère. Dans cet entretien il fit preuve de caractère. Manquer entièrement de caractère. Homme sans caractère. C'est un homme à caractère. Elle aimait mieux qu'on manquât de sagesse que de caractère, et qu'on eût le cœur faible que l'esprit impertinent et corrompu, marivaux. Vie de Marianne, 4' partie, p. 2t8. Il Celui, celle qui a dans son moral quelque chose qui se distingue en s'accusant. C'est un caractère. || 7° Absolument, en un autre sens, expression, air expressif. 11 a une physionomie sans caractère. Voilà un beau caractère de tête. La nature a tracé dans ses regards mourants Un si grand caractère et des traits si touchants, volt. Mahom. IV, 4. Il Danse de caractère, danse qui représente une petite action. On pria Blanca d'exécuter une de ces danses de caractère où elle surpassait les plus habiles guitanas, chateaub. D. des Abenc. <66. Il Dans les œuvres de littérature et d'art, qualité qui les élève au-dessus du commun et du vulgaire; certaine originalité d'intention et de style. Cette comédie, cette musique n'a point de caractère. || En musique, demi-caractère se dit de la musique ou de la danse qui tient le milieu entre le genre grave et le genre comique.

— SYN. CARACTÈRE, MŒURS. En termes de théâtre, on entend par mœurs ou mœurs générales les habitudes qui appartiennent à une nation, à une époque, à tel ou tel âge, à telle ou teUe condition. Le caractère , qu'on appelle aussi quelquefois les mœurs particulières, est plus spécial à chaque personnage. Dans Iphigénie Achille est ardent, Ulysse est rusé, ce sont deux caractères différents; mais tous les deux doivent représenter les mœurs grecques ou ce que nous consentons à regarder comme ces mœurs.

— HIST. xii's. L'aveit issi [ainsi] aparilliez, D'arz enchanté e primseignez, E sur lui tant caractes fait. Que jà d'armes n'en fust sanc trait, benoît, Chrnn. I, 709. Il XIII* s. Après doivent faire jurer àchascun des champions que il ne porte bref, ne charoi, ne sorcerie, Ass. de Jérus. ch. 4 02, dans du cange, caraula. || xiv° s. Le dit Camus usoit et ouvroit de mauvais art, comme de sorceries et caraux, du cANGE, caraula. Fait faire par une juifve pluseurs poudres et charays, id. ib. Raymon mist certams sorceries, charoiz et faitures soubz le sueil de l'uys de l'ostel, id. ib. \\ xv" s. Faisant invocation de caractères, sorcelleries, charmes, superstitions et maléfices, MONSTHEL. I, 39. |j XVI' S. Mes caractères se trouvèrent plus vénériens que solaires, mont, i, 98. Le créateur a laissé en ces haults ouvrages le characterede sa divinité, ID. ii, 448. Le charactere de la cornardise est indélébile, id. m, 347. Le premier chapitre traicte des termes et caractes de ceste règle, KTIENNE de LA ROCHE, AHsmetique, {' i2.

— ÉTYM. Character, marque, de yapaxTTip. de X^pàffstiv , graver. L'historique de ce mot se divise en deux parties : d'abord, formé d'après l'accentuation latine, comme c'est la règle pour l'ancienne langue, il est caracte, caraus, charaie, charoy, et signifie une sorte de sortilège; plus tard , calqué sur

CAR

le latin écrit, il change de forme et étend ses acceptions.

t CARACTÉRISANT, ANTE (ka-ra-kté-ri-zan, zan-t'), adj. Qui caractérise. C'est un fait célèbre et bien caractérisant [la farce du duc du Maine à I» mort de Louis XIV] qui trouvera son détail en son

lieu, ST-SIM. 326, <8.

CARACTÉRISÉ, ÊE (ka-ra-kté-ri-zé , rée), part, passé. Il 1° Marqué d'un caractère. Les passions si bien caractérisées par Molière. Le moyen âge caractérisé par la séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. || 2° Dont le caractère est marqué. Le personnage de cette comédie est imparfaitement caractérisé. || Absolument. Il n'a pas une physionomie caractérisée. C'est une monomanie bien caractérisée. Ce sont deux physionomies d'amants fort tendres, mais qui n'ont rien de caractérisé ni d'original, DiDER. Lett. à Mme Riccob. \\ 3° Plaques caractérisées, plaques marquées de caractères magiques, THiERS, Superstitions, v, 2. Vieux en ce sens.

CARACTÉRISER (ka-ra-kté-ri-zé), v. a. || 1° Indiquer, mettre en relief le caractère, la qualité propre. Ce peintre n'a pas suffisamment caractérisé ses figures. Ce fait caractérise parfaitement notre homme. Les signes qui caractérisent les passions. Ce qui caractérise une maladie. Faire honneur à M. de Maurepas de cet espritde modération, d'indulgence même, quia constamment caractérisé son ministère, condorcet, Uaurepas. 112° Se caractériser, ». réfl. La maladie ne s'est pas encore bien caractérisée. Autant de fois qu'une femme sort de soi-même pour se caractériser dans le cœur des autres, pasc. dans cousin.

— ÉTYM. Bas-lat. characterixare, de character. CARACTÉRISME (ka-ra-kté-ri-sm') , s. m. Dans

l'ancienne thérapeutique, conformité prétendue des plantes avec quelqiîes parties du corps humain.

— ÉTYM. Cliaracterismus (voy. caractère). CARACTÉRISTIQUE (ka-ra-kté-ri-sti-k') , adj.

Il 1° Qui caractérise. Signe, trait, différence caractéristique. || En géologie, fossiles caractéristiques, fossiles qui signalent une espèce de terrains. || En grammaire, lettre caractéristique, lettre qui dénote le temps d'un verbe, la formation d'un mot. || Substantivement, h's est chez nous la caractéristique du pluriel dans les noms. [Dans le grec] U faut considérer la caractéristique, la terminaison, l'augment, chateaub. Génie, n, vi. 3. || 2° S. f. La caractéristique, ce qui caractérise. Une des caractéristiques des siècles de corruption est que la vertu et les talents isolés ne conduisent à rien, dideb. Essai sur Claude. || Terme de mathématiques. La lettre d est la caractéristique des différentielles. Le nombre entier qui précède la virgule dans un logarithme et qui exprime des unités entières, est la caractéristique du logarithme.

CARAFE (ka-ra-r), s. f.\] 1° Sorte de bouteille de verre qui se distingue des autres bouteilles par la forme et par l'espèce du verre, et dans laquelle on sert l'eau et quelquefois le vin et les liqueurs. || 2° Le contenu d'une carafe. J'ai bu une carafe d'eau. || 3' Fig. et familièrement. C'est une vraie carafe d'orgeat, pour dire un homme que rien n'excite, froid jusqu'àl'apathie.

— ÉTYM. Espagn.etportug.gorra/a; ital. cara//"a; napolit. carrafa, sorte de mesure des liquides; sicil, carrabba; on le tire de l'arabe gérât, mesure pour les substances sèches, gara fa, puiser.

CARAFON (ka-ra-fon), s. m. [\ 1° Petite carafe. Il 2° Spécialement, une très-petite carafe en usage dans les restaurants. Un carafon de vin. || Le contenu , lequel est environ d'un quart de bouteille , c'est-à-dire deux décilitres. j| S" Seau de bois ou de liège où l'on met à rafraîchir les boissons.

— ÉTYM. Carafe.

t CARAGAN (ka-ra-gan), s. m. Terme de botanique. Nom du robinia caragana.

CARAGNE (ka-ra-gn'), s. f Substance gommorésineuse que l'on attribue à un arbre de la famillt des térébinthacées, originaire de la Colombie. Il Adj. Gomme caragne.

t CARAGUE (ka-ra-gh'), s. m. Nom d'un animal à bourse du Brésil.

t CARAÏBE (ka-ra-i-b') , s. m. et f. Nom des populations sauvages qui habitaient les Antilles au moment de l'arrivée des Européens. || Langue caraïbe , ou , substantivement , le caraïbe , la langue p;u-lée j-ar ces peuples.

I CARAÏPÊ (ka-ra-i-pé), s. m. Terme de botanique. Nom du xyloearpus carapa.

t CARAÏSME (ka-ra-i-sm'), s. m. Doctrine dei caraîtes.

CARAÏTE (ka-ra-i-f) , ». m. Secte de Juifs qui

CAR

«tachée au texte de l'Écriture sainte, et n'admettant que les livres de l'ancien canon, rejette la cabale, les traditions etletalmud.

— ÉTYM. Hébreu, qard, lire.

CAIlAMIiOLAGE (ka-ran-bo-la-j'), s. m. Terme

du jeu de billard. Coup dans lequel la bille du joueur va toucher deux autres billes. Un carambolage diflicile; par finesse, en prenant la bille fine; par eiïet, en faisant faire un effet à la bille ; par bandes, en touchant les bandes. Jouer le carambolage , ne compter de points que pour les carambolages. || Fig. Coup double, ricochet.

— ÊTYM. Caramboler.

t CARAMBOLE (ka-ran-bo-l'), s. f. || 1° Terme du jeu de billard. La bille rouge, celle qui se place sur la mouche. |) Partie qui se joue avec cette bille. Il 2° Terme de botanique. Fruit du carambolier, arbre des Indes.

— ÉTYM. Espagn. carambola, carambole et tromperie. Origine du reste inconnue.

CARAMBOLER (ka-ran-bo-lé), v. n. Terme du jeu de billard. Faire un carambolage. || Se dit aussi de la bille. Ce n'est pas votre bille qui a carambolé. Il Faire un coup double, un ricochet.

t CARAMBOLIER (ka-ran-bo-lié) , s. m. Terme de botanique. Arbre des Indes du genre (tverrhoa.

CARAMEL (ka-ra-mèl), s. m. Sucre qui, ayant perdu son eau de cristallisation et subi un commencement de décomposition au feu, a acquis une couleur jaune et une odeur aromatique. Nous aperçûmes de loin une île de sucre, avec des rochers de sucre candi et de caramel, fén. xix, 38. || Au plur. Des caramels, nom de petits bonbons faits par les confiseurs pour les enfants.

— ÊTYM. Espagn. et portug. caramelo, de l'arabe kora, mochalla, de kor9, boule, et mochalla, chose douce.

t CARAMÉLISATION (ka-ra-mé-li-za-sion) , s. f. Action de caraméliser; état de ce qui est caramélisé.

f CARAMÉLISÉ, ÉE (ka-ra-mé-li-zé, zée), part, passé. L'eau-de-vie caramélisée.

t CARAMÉLISER (ka-ra-mé-li-zé), v. a. Réduire le sucre en caramel. || Ajouter du caramel à une substance.

t CARANGCE (ka-ran-gh') , s. f. 1| 1» Poisson des Antilles d'un excellent goût. || 2° Terme de marine. Enfoncement , abri pour les caboteurs.

t CARANGUER (ka-ran-ghé) , v. n. Terme de marine. Louvoyer à petites voiles pendant plusieurs jours sans pouvoir gagner au vent.

f CARAPA (ka-ra-pa), s. m. Huile de carapa, huile extraite du caraïpé.

CARAPACE (ka-ra-pa-s'), s. f. Test osseux qui recouvre le corps des tortues et, en général, des reptiles chéloniens. C'est le bouclier supérieur ou dorsal de ces animaux ; le bouclier inférieur porte le nom de plastron.

— ÉTYM. Espagn. carapacho. Une calebasse se dit en catalan earabassa, en sicilien caravaxza; il n'y a pas loin pour passer de là, quant à la forme et quint au sens, à carapace.

t. CARAQUE (ka-ra-k'), s. f. \\ 1° Terme de marine. Nom qu'on donnait autrefois à de très-grands navires. || 2° Nom de certains grands bâtiments portugais qui faisaient les voyages du Brésil et des Indes. Il 3° Porcelaine caraque, nom de la plus fine porcelaine des Hollandais, parce que les premières qui sont venues des Indes en Europe, y furent apportées par des caraques portugaises.

— HIST. XIV* s. Pour attacher les abillements de la grant carraque d'argent , dorée et esmaillée , qui a esté portée à Amiens ou voyage que le roy a faitau dit lieu pour le traittié de paix, de lauorde, Émaux, p. 196. Il xv s. Vaisseaux, navires, carraques, galées et barges, fhoiss. i,i, 61. Une carraque grande et forte assez pour aller par mer par tout

le monde, id. u, m, 28 Et prirent les Anglois

deux mille combattants avec quarante nefs à voiles et une grosse carraque, monstrel. i, <2. || xvi" s. Aussi ordonna de vaisseaux ronds, huict ou dix carlaques genevoises pour renforcer son armée, m. du BELLAY, 695. NOUS y perdîmes, parle feu, ce monstrueux carragon qui menaçait le ciel, et faisoit fuir, par son horrible grandeur, les balaines, carloix, V, 27. Mais tiians les ancres du carraquon, qui estoit le plus beau navire de la mer de Ponant.... le feu se mit au fougon, m. du bellay, B96.

— ÉTYil. Espagn. et portug. carraca; ital. caracca; holl. kraeke, sc-te de gros bâtiment. Origine d'ailleurs inconnue.

t 2. CARAQDE (ka-ra-k'), adj. Cacao caraque, cacao qui vient de la cfite de Caracas (Amérique du Sud).

t CARASSIN (ka-ra-sin) , s. m. Nom du pois.son dit cyprinus carassius.

t CARASSON (ka-ra-.son), s. m. Nom de l'échalas pour la vigne, dans quelques départements.

— HIST. XV* s. Le suppliant s'estoit blessé la main en faisant des charrassons, pour mettre es vins, nu CANOK, carratium.

— ÉTYM. Le môme radical que dans échcUas (voy. ce mot).

CARAT (ka-ra; le t ne se lie pas), s. m. || 1* Chaque vingt-quatrième partie d'or pur contenue dans une masse d'or que l'on considère comme composée de vingt-quatre vingt-quatrièmes. De l'or à vingt-quatre carats serait de l'or pur. De l'or à vingt carats ou au vingtième carat. Son mors doit être d'or à vingt-trois carats, volt. Zadig, 3. || Fig. Sot, ignorant à vingt-trois carats, à vingt-quatre carats, très-sot, très-ignorant. Enfin, quoique ignorante à vingt et trois carats. Elle passait pour un oracle, la font. Fabl. vu, <B. || Sot à trente-sixcarats, qui se dit quelquefois, "n'a pas de sens, puisque le carat étant un vingt-quatrième, on ne peut dépasser vingt-quatre. || 2° Terme de joaillier. Poids de quatre grains. On se sert du carat pour les diamants, perles, etc. || Par extension, nom des petits diamants qui se vendent au poids. Une parure de carats, parure où il n'entre que de petits diamants. Il Fig. Ce n'est que du carat, se dit de choses qui sont brillantes, sans avoir pourtant beaucoup de valeur.

— HIST. XV* s. Les monnoyes tant en or comme en argent, les dragmes, caras, demi-<lragmes, e. DESCHAMPS, Art dedictier, p. 263. Etant défendu à toute personne de se dire ladre s'il ne l'estoit à vingtquatre carats, à poix de marc, bouciiet, Serées, liv. m, p. 290, dans lacdrne. Mocqueurs es touttes races et à tous cwats, Contes d'Eutrapel, p. 472,

dans LACURNE.

— ÈTY^M. Prownç. carat; espagn. et portug. quilate; ital. carato; de l'arabe qtrdt, qui vient du grec xepâtiov, en latin ceratium, le tiers d'une oboie. Kspàxiov, au propre, signifie la silique du caroubier (de là le sens d'un poids petit) , et dérive de xépaç , corne (voy. corne) , par assimilation de forme du fruit avec une petite corne. Carat est, comme abricot, l'exemple d'un mot grec qui est entré dans les langues romanes par l'intermédiaire de l'arabe.

CARATCH (ka-rach), s. m. Tribut, capitation que payent au Grand Seigneur tous ses sujets non musulmans.

— ÉTYM. Mot turc.

f CARATURE (ka-ra-tu-r'), s. f. Alliage d'or et d'argent, ou d'or, d'argent et de cuivre, dont on fait les aiguilles d'essai.

— ÉTYM. Carat.

CARAVANE (ka-ra-va-n'), s. f. || 1° Nom, dans l'Orient et l'Afrique, des troupes de voyageurs qui s'assemblent pour traverser les déserts ou les mers avec plus de sûreté. Les caravanes moscovites, qui allaient trafiquer à la Chine, mettaient une année entière à leur voyage, fonten. dar Pierre. Il 2* Familièrement, troupe de gens allant de compagnie. Nous partirons en caravane. Tous quatre en chemin ils se mirent.... La caravane enfin rencontre en un passage Monseigneur le lion.... la FONT. Fabl. IV, 12. Il 3° Les premières courses des jeunes chevaliers de Malte contre les Turcs, parce qu'elles avaient souvent pour objet d'enlever les caravanes qui vont par mer d'Alexandrie à Constantinople. Le cadet était à Malte pour faire ses caravanes. Il Fig. et familièrement. Faire ses caravanes, mener une vie dissipée et aventureuse.

— HIST. xiir s. Or vous dirai qu'est carvane : li raarcheant Sarazin quant il voelent aler en marchandise en lointaines terres, si parolent ensemble pour faire carvane, du cange, carvana. \\ xvi's. Une famille esgarée, ayant à changer de demeure.... tout cela m'eust beaucoup moins touché, si je n'eusse eu à me ressentir de la peine d'aultruy, et servir six mois misérablement de guide à cette caravane ,

— ÉTYM. Persan, karouân, troupe de voyageurs, t CiVRAVANEUR (ka-ra-va-neur), s. m. Terme de

marine. Vaisseau qui porte des marchandises d'échelle en échelle dans le Levant.

CARAVANIER (ca-ra-va-nié), s. m. Conducteur des bêtes de somme d'une caravane.

— HIST. XV* s. Bertrand, sergent et caravanier ou entremetteur des vignes des seigneur et dame de Chastelledeu, dd cange, caravellis.

— ÉTYM. Caravane.

t CARAVANISTK (ka-ra-va-ni-sf), s. m. et (. Terme de commerce. Celui, celle qui fait partie d'une caravane.

CARAVANSÊRAI (ka-ra-van-sé-rê) ou CARA VANSÉRAIL (ka-ra- van-sé-iall. Il mouillées), t. m Dans l'Orient, grand bâtiment au milieu duquel existe une vaste cour et où les voyageurs rencontrent, pour eux-mêmes et pour leurs bêtes de somme, tous les approvisionnements désirables.

— REM. Les orientalistes préfèrent l'orthographe caravaruerai , avec un tréma. On trouve aussi caravansera. U m'arriva l'autre jour de manger un lapin dans un caravansera, MONTESQ. Lettres pert. tu.

— ÉTYM. Port, caratançara ; du i)ersan karoudn sardi , de karoudn, troupe de voyageurs, caravane, et sardi, maison.

I. CAR-VVELLE (ka-ra-vè-l'), s. f. Terme de marine. Gros vaisseau de guerre turc. || Petit bâtiment de mer, à voiles latines, dont l'usage est propre aux Portugais.

— HIST. XV* s. Le roy d'Espagne avoit envoyé quelques caravelles en Sicile, comm. vui, t.... N'y avoit que demi an, avoit envoyé une kirvelle toute chargée de vivres, chastel. Chron. des ducs de B. m, 16.

— ÊTYM. Espagn. carabela; ital. caravella, diminutif de l'espagnol et italien carafca, sorte de navire; du latin carabus, barque; du grec xipaêo;, qui signifie une barque et un crabe (voy. crabe).

t 2. CARAVELLE (ka-ra-vè-l'), s. f. Espèce de clou qu'on nomme aussi carvelle.

CARB.\TINE (kar-ba-ti-n'), s. f. || I" Terme d'antiquité. Soulier de paysan fait d'un seul morceau de cuir. Il 2° Aujourd'hui nom des peaux molles des bêtes avant qu'elles aient été préparées ou séchées.

— ÊTYM. Lai. carbalina, du grec xipëaiivr].

t CARBAZOTATE (car-ha-zo-ta-f), s. m. Terme de chimie. Synonyme de picrate.

t CARBAZOTTQCE (kar-ba-zo-ti-k'), od;. Terme de chimie. Synonyme de picrique.

t CARBENET (kar-bc-nè) ou CARMENET (karme-nè), s. m. Cépage assez productif.

t CARBET (kar-bè), s. m. || 1° Grande case de sauvages, aux Antilles. || 2° Terme de marine. Toiture pour abriter des embarcations.

j CARBONARISME (kar-bo-na-ri-sm'), s. m. Principes des carbonari; leur association.

t CARBONARO ( kar-bo-na-ro) , s. m. Membre d'une société secrète d'Italie qui travaillait au triomphe des idées révolutionnaires, et, par extension, membre de sociétés semblables dans les autres pays. Il Au plur. Les carbonari.

— ÉTYM. Ital. carbonaro , charbonnier (voy. ce mot), sobriquet pris par les affiliés de la secte.

CARBONATE (kar-l)O-na-t'), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide carbonique avec les biases.

— ÊTYM. Carbone.

t CARBONATE ,• ÊE (kar-bo-na-té , tée) , part, passé. Terme de chimie. Combiné avec l'acide carbonique. Le marbre est de la chaux carbonatée.

t CARBONATER (kar-bo-na-té), r. a. Terme de chimie. Transformer en un carbonate; saturer d'acide carbonique. || Se carl)onater, v. rijl. Se changer en carbonate, se saturer d'acide carbonique.

— ÉTYM. Carbonate.

CARBONE (kar-bo-n'), s. m. Terme de chimie. Un des éléments ou corps qu'on ne peut décomposer , abondamment répandu dans la nature , formant, dans le sein de la terre, des masses plus ou moins considérables, et constituant le charbon, le diamant, le bois, la tige et les feuilles des plantes.

— ÊTYM. Carbo, charbon (voy. ce mot).

CARBONÉ, ÉE (kar-bo-né, née), adj. Terme

de chimie. Qui contient du carbone en combinaison. Gaz hydrogène carboné.

tCARBONEDX (kar-bo-neù), ad), m. Terme de chimie. Acide carboneux, nom donné à l'acide oxalique.

— ÊTYM. Carbone.

t CARBONIDE ( kar-bo-ni-d'), *. m. Terme de chimie. Nom des substances analogues au carbone.

— ÊTYM. Carbone.

t CARBONIFÈRE (kar-bo-ni-fê-r'), adj. Qui porte, qui produit du charbon. Terrains carbonifères. || Oui est destiné au transport du charbon. Chemin de fer carbonifère.

— ÉTYM. Carbo, charbon, et ferre, porter.

CARBONIOCE (kar-bo-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide carbonique, acide formé de carbone et d'oxyg'ne, gazeux, tros-répandu dans la nature et produit par la combustion de presque tous les corps et par la rc.^tpiration des animaux.

— ÊTYSI. Carbone.

CARB0NIS.4TI0N (kar-bo-ni-ra-sion) , s. f. Il 1* Terme de chimie. Action de carboniser, et l'éta* qui en réwilta. || S* Terme de médecine. Brûlure

CAR

•u (lernfsr dejrrô. où la partie est entièrement désorganisée Bt comme réduite en charbon.

— ÈTYM. Carboniser.

CARBONISE, ftE (kar-bo-nl-zé, zée), part, passé. Réduit en charbon. Des os carbonisés.

CARBONISER (kar-bo-nl-zé), v. a. Réduire en charbon. || Se carboniser, v. ri(l. Être réduit en

charbon. , , .

t CARBONITE (kar-bo-ni-f), *. m. Terme de chimie. Nom des sels formés par une base et l'acide carboneux.

— ÊTYM. Carbone.

CARBONNADE (kar-bo-na-d') , s. f. Manière de griller les viandes en les mettant sur les charbons, li La viande ainsi grillée. On nous servit une carbonnade.

— ÉTYM. Ital. earbonata (voy. chabbonnée).

t CARBONOMÉTRIE (kar-bo-no-m6-trie) , s. f. Terme de chimie. Mesure de la quantité d'acide carbonique et, par suite, de carbone, rejetée par les poumons dans l'acte de la respiration.

— REM. Il serait mieux de dire carboriimétrie , puisque le premier élément est latin, et que les mots latins se joignent par la lettre i et non par la lettre o.

— ÊTYM. Carbone, et (léTpov, mesure.

f CARBOSUI-FURE (kar-bo-sid-fu-r') , s. m. Terme de chimie. Nom des composés de carbone et de soufre.

— ÊTYM. Carbone, et soufre.

t CARBOCILLE (kar-bou-ll. Il mouillées), s. f. Carie du froment.

— ÊTYM. Forme altérée de carboncle , qui s'est dit autrefois pour charbon des plantes et des animaux, et qui vient de carbunculus (voy. escar-

nO'JCLE).

t CARBOVINATE (kar-bo-vi-na-f) , y. m. Terme de chimie. Nom d'un genre de sels peu connus, qui seraient formés par une base et un acide carbovinique non encore isolé.

— ÉTYM. Carbon?, et iAn.

t CARBCTRATION (kar-bu-ra-sion) , s. f. Terme de métallurgie. Opération par laquelle on soumet le fer à l'action du carbone. Carburation du fer.

— ÉTYM. Carbure.

CARBURE (kar-bu-r'), s. m. Terme de chimie. Nom générique des composés auxquels le carbone donne naissance en s'unissant aux métalloïdes et aux métaux. Carbure de soufre. Carbure de fer.

— ÉTYM. Voy. CARBONE.

t CARBURÉ, ÊE (kar-bu-ré, ée), adj. Terme de chimie. Qui contient du carbone en combinaison. Hydrog&ne carburé.

t CARCADET (kar-ka-dé) , s. m. Un des noms vulgaires de la caiUe.

t CARCAILLER (kar-ka-llé, Il mouillées), v.n. 5e dit du cri de la caille.

— ÊTYM. Onomatopée.

t CARCAILLOT (kar-ka-llo , Il mouillés) , s. m. Un des noms vulgaires de la caille.

t CARCAISE (kar-kè-z') , s. f. Fourneau dans lequel le verrier recuit ses creusets et ses ouvrages.

— ÊTYM. Autre forme de carcasse ou plutôt de carquois (voy. ce mot) , le fourneau étant ainsi dit par assimilation.

t CARCAJOU (kar-ka-jou) , s. m. Espèce de blaireau d'Amérique {blaireau labradorique) . Le carcajou est une espèce de tigre et de grand chat, CHATEAUBR. Amer. 20. Les ours, les carcajous venaient se cacher dans ces retraites, lu. Atala, 262. CARCAN (kar-kan), s. m. || 1° CoUier de fer fixé à un poteau pour y attacher un condamné. La peine du carcan a été supprimée en (832. Une femme cria fort haut; les archers la saisirent et la mirent indiscrètement h un carcan voisin, st-simon, 244, 2. La mauvaise famille est du Maine et de Caen; Oui, tous ces forcals-là méritent le carcan, begnard, IJgat. III, 8. Il 2» Sorte de collier de bois qu'on met aux cochons pour les empêcher de se frayer passage à travers les haies. |{ 3° Sorte de collier de pierreries. Ces riches carcans, ces colliers Et cette pompe enchanteresse Ne valent pas un des baisers Que tu donnais dans ta jeunesse, volt. Éfritre 28. Les méchants portent l'orgueil & leur cou comme un carcan d'or, CHATEAUBR. Mart. 92.

— IIIST. XII* s. Celui qui tient carcan. Th. U mort 73. Un grant cherchant li ont au col lanciet; Li enfes pleure, ne se set consiUier, Raoul de C. 307. Il xiii" s. Un grant charchant [il] li fait el col laç.cr , Aubery^ dans du cange , carcannum. En buies et en grans carcans, Ren. t. ii, p. <92, v. 4V3». Il xy s. Et durant U vie du dit duo de Bra-

CAR

bant, y eut un nommé Jean Chevalier qui voulut mettre à icelui duc un carquant au cou, monstr. II, 4<. Il XVI' s. Les capporaulx sont tenus de l'attacher eux-mesmes au carquan ou collier, carloix, IV, r.i. Un carcan, esmeraudé de perles et de rubis, de laborde, P.maux, p. <96.

— ÉTYM. Provenç. carcan; bas-lat. carcannum; ital. earcame. Ménage le rattache au grec xapxCvo?, qui a la signification de tenailles; mais on ne voit pas comment il serait venu dans les langues romanes. Raynouard le rattache à career, prison, ainsi que le provençal carcol, collier; mais comment career donnerait-il carcan ou carcol? La vraie étymologie est celle que donne Diez : anc. haut-allem. querca; anc. scandin. qverk, cou, gosier.

CARCASSE (kar-ka-s'), s. f. || 1° L'ensemble des 03 qui forment le tronc, décharnés mais tenant encore les uns avec les autres. Des carcasses de chevaux. Les forteresses [des Gaulois] à la porte desquelles étaient clouées des carcasses de hiboux, des os de morts, chateaub. Harl. 2»6. 112» Carcas.se do volaille, ce qui r-iste après qu'on a enlevé les membres. 113° Familièrement, le corps. La vieille Sanguin est morte comme une héroïne, promenant sa carcasse par la chambre, se mirant pour voir la mort, sÉv. 5)0. Les médecins à qui je laissais gouverner ma carcasse, j. j. rouss. Prom. 7. || Prends garde que je ne te tombe sur la carcasse, prends garde que je ne te batte. || 4° Fig. Le reste, le débris. Arraenonville me vint demander instamment de le servir pour obtenir ce qui n'était plus qu'une carcasse inanimée de charge, st-sim. 436,42. || 6° Charpente d'un navire en construction , en démolition ou naufragé. Le navire périt corps et biens, on ne put sauver que la carcasse. || 6° Monture en laiton, baleine, etc. d'un chapeau de femme. {| 7° Terme de guerre. Machine à feu composée de deux cercles de fer qui se croisent en ovale, dans laquelle on met une bombe avec des grenades, des canons, des pistolets, des feux d'artifice , etc. revêtus d'une toile goudronnée, et qui se jette comme les bombes. Un accident fut cause qu'une carcasse que M. Kenau voulut tirer mit le feu à la galiote toute chargée de bombes, fonten. Renau. \\ 8" Terme de pêche. Corbeille à poisson. || 9° Tout ce qui soutient un ouvrage, en forme la charpente. || Châssis d'un parquet d'appartement.

— HlST. xiv s. Le surplus des escrevices, ;\ savoir coquilles et charquois, Ménagier, ii, 6. || xvi* s. Il n'est plus question de nostre religion , mais de nostre servitude, et auquel d'entre vous les carcasses de nos os demeureront, Sat. SIénipp. )69. Rien de nous ne reste en la bierre Qu'une vieille carcasse d'os, rons. 4i6.

— ÉTYM. Berry, carca, carcas, carcan, carcou, chareois , charcou ; bourguig. quarquaisse ; espagn. carcasa; portug. et ital. carcassa. Aux étymologistes, ce mot a paru composé detar, chair, et cassa ou cassa , caisse (voy. caisse) , mot à mot , caisse à chair, tronc du corps; à la vérité, l'italien a aussi earcame, qui indiquerait un radical carc (carc-ame) , d'où l'on arriverait à carcassa; mais, asso ou assa n'étant pas un suffixe italien, il faut voir dans carcame une confusion entre carcassa et arcame, qui veut dire aussi carcasse, qui vient de arca, coffre, et qui avait induit Ménage à tirer carcassa de arca. La comparaison de carcasse et de carquois fait voir que l'étymologie est la même ;'0ur ces deux mots et toute différente de celle qui a été jusqu'à présent indiquée. Voy. carquois.

t CARCASSIËRE (kar-ka-siê-r') , s. f. Terme de marine. Chaloupe canonnière.

— ÉTYM. Carcasse.

t CARCERE-DURO (kar-tché-ré-dou-ro) , s. m. Prison dure , régime tortionnaire des prisons autrichiennes en Italie.

— ÊTYM. Ital. carcere, prison (voy. charthe), et dura, dur (voy. dur).

t CAKCI5RULAIRE (kar-sé-ru-lê-r') , adj. Terme de botanique. Qui tient du carcérule. Fruit carcérulaire.

t CABCÉRULE (kar-sé-ru-l') , s. f. Terme de botanique. Tout fruit sec à plusieurs loges et indéhiscent, comme celui du tiUeul.

— ÊTYM. Diminutif de career , prison (voy. chartre).

t CARCHARIAS (kar-ka-ri-as') , s. m. Terme de zoologie. Nom du requin.

— ÉTYM. Kapyapiaç.

t CARCDARIÔDONTE (kar-ka-ri-o-don-f) , s. f. Dent fossile d'une espèce de requin ou plutôt du requin fossile.

— ÊTYM. KapjrapCoî, requin, et 65où;, dent.

CAR

t CARCHOUFLIBR (kar-chou-fli-é), ». m. Un de» noms provinciaux de l'artichaut.

— ÉTYM. Voy. ARTICHAUT. Ital. careiofo.

t CARCINOÏDE (kar-si-no-i-d'), s. m. Terme de zoologie. Nom des animaux analogues aux crabes.

— ÉTYM. Kapxivoç, crabe, et elSo?, forme.

t CARCINOLOGIE (kar-si-no-lo-jie) , s. f. Histoire naturelle des crustacés.

— ÉTYM. Kapxîvoç, crabe (voy. canceb), et Xéfoç, traité (voy. logioue).

CARCINOMATEDX, ECSE (kar-si-no-ma-teû , teû-z'), adj. Terme de médecine. Qui est de naturi carcinomateuse.

— ÉTYM. Carcinome.

CARCINOME (kar-si-no-m') , s. m. Terme de médecine. Synonyme de cancer.

— mST. XVI" s. Geste fièvre, de mesme que let carcinomes, demande plustost à estre flattée qu'irritée, PARÉ, XX, 29.

— ÊTYM. Kopxîvtofia, de xapxCvoi;, cancer (voy. ce mot).

f CARDAGE (kar-da-j'), s. m. Ensemble des opérations par lesquelles on carde la laine. {| Dans l'économie domestique, acte de carder les matelas.

— ÉTYM. Carder.

t CARDAINE (kar-dê-n') , s. f. Terme de pêche. Espèce de raie.

t CARDALINE (kar-da-li-n'), t. f. Un des noms vulgaires du chardonneret.

CAHDAMINE (kar-da-mi-n')) , s. f. Terme de botanique. Plante crucifère à. feuilles pinnées, à fleurs d'un violet pâle, dite aussi cresson des prés {cardamine pratensis. L.).

— ÉTYM. KapôaixivT].

CARDAMOME (kar-da-mo-m') , s. m. Nom donné aux fruits de plusieurs espèces du genre amome, en particulier à celui de Vamomum cardamomum, L.

— HIST. xni* s. Et cardemoine et nois muscades, floi Guill. p. 93, dans du cange, gloss. franc.

— ÉTYM. KapôâtKOjXOV.

^. CARDASSE (kar-da-s'), s. f. Nom vulgaire da la plante appelée nopal.

t 2. CARDASSE (kar-da-s') , s. f. Terme de métier. Peigne pour la bourre de soie.

— ÉTYM. Carder.

CARDE (kar-d'), s. f. || 1° Nervure médiane des feuilles du cardon ou artichaut cardon cultivé pour servir d'aliment. || Nom donné à la piaule ellemême. Il 2° Côte, bonne à manger, des feuilles de poirée. Une botte de cardes de poirée ou de cardes poirées. [| 3° Tête épineuse de la cardère ou chardon à foulon, qu'on emploie pour carder la laine.|| 4' Machine garnie de chardons à foulon pour peigner le drap. Il 5" Peigne de cardeur, formé d'une planchette à manche, laquelle est garnie, d'un côté, de pointes de fil d'archal très-fin.

— HIST. XV" s. Geta contre le dit Georget unes escardes qu'il avoit en sa main, nu cange, cardt. Il XVI' s. Ne se pouvans perdre les piquerons de la carde, manifeste clairement ce estre une espèce de fruit séparé, non l'artichau sauvage, o. de serres, 617. Par graine s'édifie la carde ou cardon,

— ÊTYM. Wallon, gdde; espagn. carda, chardon et carde à carder; ital. cardo, même sens; bas-lat. cardo, instrument à carder; de carduus, chardon (voy. ce mot), employé à carder la laine, et donnant son nom à l'instrument. On voit par là comment carde, légume, et carde, outil, sont un seul et même mot.

CARDÉ, ÉE (kar-dé, dée), part, passé. Laine cardée.

t CARDÉE (kar-dée) , s. f. Quantité de laine qu'on peigne à la fois avec deux cardes.

CARDER (kar-dé), v. a. Peigner avec des carde» ou des chardons à foulon. Carder de la laine, du drap, etc. || Se carder, v. réfl. Être cardé. Le crin se carde difficilement.

— HIST. XV' s. Le suppliant et ses gens escarderent et fillerent une tresse pour faire un drap, du cange, cardi. || xvi' s. Crœsus ayant faict prendre un gentilhomme, favori de Pantaleon son frère, le mena en la boutique d'un foullon, où il le feit tant gratter et carder à coups de cardes et peignes de ce cardeur, qu'il en mourut, mont, m, <2(. Ni Pallas pour avoir monstre l'art de filer, Escarder les toisons, ou l'huile distiler, rons. 694.

— ÉTYM. Norm. ^carder ; wallon , gdder ; provenç. et espagn. cardar; ital. cardare (voy. carde).

t CARDERE (kar-dô-r'), s. f. Plante bisannuelle nommée aussi chardon à foulon.

— ÊTYM. Carde.

CAR

CAR

CAR

t GARDERIE (kar-de-rie) , s. f. Fabrique où l'on tarde la laine.

— ÉTYM. Carder.

CARDEUR, EUSE (Itar-deur, deû-z') , .t. m. et f. Ouvrier, ouvrii^re qui carde. Cardeuse de matelas. Le Clerc, cardeur de laine, fut le premier pasteur des protestants à Meaui, fên'. u, 6.

— HIST. XV* s. Jehan escardeur de laynes, du CANGE, cnrdi.

— ÊTYM. Carder; provenç. cardaire; espagn. eardador; ital. cardatore.

t CARDIA (kar-di-a), s. m. Terme d'anatomie. Orifice supérieur de l'estomac.

— ÉTYM. KapSc'a, cardia, et cœur (voy. cœur); le cardia fut ainsi nommé à cause de son voisinage du coeur et des sensations douloureuses qu'on y éprouve parfois et que l'on rapportait au cœur.

■f CARDIACÉ, ÉE (lîar-di-a-sé , sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un cœur. j| S. m. Les cardiacés, les animaux à coquille en forme de cœur.

— ÉTYM. KapSia, cœur.

t CARDIOGRAPHIE. Mot mal formé ; voy. cardiographie.

t 1. CARDIAIRE(kar-di-ê-r'), odj. Terme de zoologie. Ver cardiaire, parasite vivant dans le cœur.

— ÉTYM. Kapêia , cœur.

t 2. CARDIAIRE (kar-di-ê-r') , s. f. Autre nom de la cardêre.

CARDIALGIE (kar-di-al-jie) , s. f. Terme de médecine. Douleur très-vive qui se fait sentir à l'épigastre, vers l'orifice .supérieur de l'estomac.

— ÉTYM. KapStaiyîa, de xapSCa, cœur (voy. ce mot), et à),Y£'Eiv, souffrir.

t CARDLALGIQUE (kar-di-al-ji-k'), adj. Qui a rapport à la cardialgie.

t CARDIALOGIE. Mot mal formé; voy. cardiologie.

CARDIAQUE (kar-di-a-k') , adj. \\ 1° Terme d'anatomie. Qui appartient au cœur, ou bien qui a rapport au cardia. Vaisseaux, nerfs cardiaques. L'orifice cardiaque de l'estomac, le cardia ou orifice supérieur, le plus rapproché du cœur. |{ 2° Terme de médecine. Médicaments cardiaques, médicaments toniques et stimulants auxquels on attribuait une action spéciale sur le cœur. || Substantivement. Un bon larrîiaque. || Maladie cardiaque, maladie qui a régné dans l'antiquité et qui est aujourd'hui éteinte. Elle était caractérisée par une sueur profuse , des palpitations, des défaillances.

— HIST. XVI" s. On doit conforter le cœur par remèdes cardiaques, paré, v, 29. Le vin, lequel est très-souverain cardiaque, ID. xx bis, ts.

— ÉTYM. Kapîiaxèç , de xap5îa, cœur (voy. ce mot).

t CARDIATOMIE. Mot mal formé ; voy. cardio-

TOMIE.

t CARDIECTASIE (kar-di-è-kla-zie), s. f. Terme de médecine. Synonyme d'anévrisme du cœur.

— HIST. KapSîa, cœur, etIxdTiiaiç, dilatation, de Èx, etdTâtri;, arrêt, position (voy. stase).

t CARDIER (kar-dié) , s. m. Celui qui fait ou vend des cardes.

— ÉTYM. Carde.

I. CARDINAL, ALE (kar-di-nal, na-I') , adj. Il 1° Qui appartient au gond sur quoi une chose roule , important, capital. Il n'est resté dans l'usage commun que joint à certains substantifs. Les points cardinaux, les quatre points cardinaux de l'horizon, nord, sud, est et ouest, auxquels on rapporte tous les autres. || Vents cardinaux, vents qui soufflent des quatre points cardinaux de la sphère. || Les quatre vertus cardinales, justice, prudence, tempérance et force. Les quatre vertus cardinales ont disparu avec les temps d'innocence, volt, itœurs, m. Il 2° Terme de grammaire. Nombre cardinal, celui qui exprime absolument la quotité. Un, deux, trois, etc. sont des nombres cardinaux; et, premier, second, troisième, etc. des noms de nombre ordinaux. Les nombres cardinaux ont été ainsi nommés parce qu'ils sont pour ainsi dire les gonds sur lesquels les noms de nombre ordinaux tournent. || Adjectif cardinal, nom de nombre cardinal, mot par lequel on exprime les nombres cardinaux. En français, les noms de nombre cardinaux sont tous invariables, excepté un, vingt et cent. || 3° Terme de liturgie. Autel cardinal, autel jinucipal. Messe cardinale messe solennelle. || 4° Terme d'histoire naturelle. Au propre, qui fait partie d'une charnière,

— HIST. XIV" s. L'en peut entendre par ces quatre faces ou par ces quatre angles les quatre verluz cardinaulx : c'est assavoir justice, prudence, fortitude, attrempance, oresme, Eth. 34.

— ÉTYM. Provenç. cardenal; espagn. cardinal; ital. cardinale; de cardinalis, principal, de cardn, gond : ce qui appartient au gond, sur quoi la chose tourne.

2. CARDINAL (kar-di-nal), t. m. || 1°' Un des soixante et dix prélats du sacré collège ou conseil du pape, qui ont voix active et passive dans le conclave. Le pape fit une promotion de cardinaux. Le rouge est la couleur des cardinaux. Cardinal-évôque. Cardinal-prêtre. Cardinal-diacre. Cardinal in petto, cardinal dont la proclamation et l'institution sont réservées. Les cardinaux étaient, dans l'origine, des prêtres et des diacres attachés aux églises métropolitaines. Dans ce concile il y eut des cardinaux; on nommait ainsi des prêtres et des diacres qui servaient de conseil aux métropolitains, volt. Mœurs, 3i. || Proverbe. Qui entre pape au conclave, en sort cardinal, c'est-à-dire celui qui, avant l'ouverture du conclave, semble avoir toutes les chances en sa faveur pour être pape, échoue cependant et n'est pas élu. || 2° En histoire naturelle, nom d'oiseaux de différents genres dont la couleur dominante est le rouge. Le lendemain je m'éveillai au chant des cardinaux nichés dans les acacias, cha- TEAUB. Atala, 286.

— HIST. XII' s. Car danz Henris de Pise, qui des chardenaux fu. Th. U mart. 62. || xm* s. Il contèrent ceste mésaventure au chardonal maistre Pieron de Capes, villeh. cxlv. Li chardonaus, qui de part l'apostole de Rome estoit, en sermona et enflst pardon à tous ceus qui en la bataille morroient, m. CLX. Et après i envola un cardonnal qui est apelés maistre Pieron de Capes, id. i. Il n'i a cardonal, tant haut l'espée çaigne. Qui l'alast querre là por estre roi d'Espaingne, ruteb. 237. Et diligenment virent l'apostoUe et les cardonnaulx ce que en [on] leur porta, joinv. 303. || xvi* s. Quand saint Grégoire parie des cardinaux, il n'entend point les prestres de Rome, mais les evesquesde quelque lieu que ce soit, tellement que prestre cardinal, en somme, ne signifie autre chose en ses escrits qu'evesque ; je ne trouve point que ce nom ait esté en usage auparavant, en quelque signification que ce soit, CALVIN, Inslit. 9(9. Le comte de S. Pol.... enfin fut fait cardinal [décapité, cruelle plaisanterie tirée de la couleur rouge du sang] en grève. Sut. Ménipp. tu.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. cardenal; portug. cardeal; ital. corrfmaie; le même que cardtnoJ, adjectif. La déclinaison dans l'ancien français est au nominatif cardcnals ou cardcnaus, et au régime cardenal; au pluriel c'est l'inverse : nominatif cardenal, régime cardenais ou cardenaus.

CARDINALAT (kar-di-na-la; le t ne se lie pas) , s. m. Dignité de cardinal. Le pape Urbain VIII fit dire au cardinal de la Valette qu'il le dépouillerait du cardinalat, volt. Louis SIV, 2.

— HIST. XV* s. On fut avisé au conseil du roi, qui pourroit tant faire et exploiter que on flst démettre ce Boniface et ce Benedict hors de leur papalité et tous les cardinaux hors de leur cardinalité, froiss. m, IV, 36. Il XVI* s. Le droictde regale est ouvert par la promotion au cardinalat ou patriarchat, pithou,66.

— ÉTYM. Cardinal.

CARDINALE (kar-di-na-l'), s. f. Terme de botanique. Nom de deux plantes d'Amérique, cultivées dans les jardins à cause de la beauté de leurs fleurs. Cardinale rouge. Cardinale bleue.

— ET M. Cardinal 2.

t CARDINALICE (kar-di-na-Ii-s') , adj. Qui mène au cardinalat ; qui est compatible avec le cardinalat, Charge cardinalice.

— ÉTYM. Ital. cardinalisio , de cardinale, cardinal.

t CARDINALISER (kar-di-na-li-zé),t). a. Faire cardinal. Il Terme de peinture. Rendre rouge. Peu usité.

— HIST. XVI* s. Les escrevisses qu'on cardinalise à la cuite, rabel. liv. i, dansLEROux, Dîct. comique.

— ÉTYM. Cardinal a.

t CARDINALISME (kar-di-na-li-sm'), s. m. Parti et opinion des cardinalistes.

t CARDINALISTE (kar-di-na-li-sf) , s. m. Partisan du gouvernement du cardinal Richelieu ou du cardinal Mazarin.

— ÉTYM. Cardinal.

I CAKDINE (kardi-n'), s. f. Terme de pêche. Espèce de sole.

t CARDINEAU (kar-di-nô), s. m. Terme de pêche. Phe.

t CARDINIFÈRE (kar-di-ni-fê-r') , adj. Terme de zoologie. Qui porte une charnière.

— ÉTYM. Carda, eardinit , gond, et ferre, porter.

+ CARDIOGRAPHIE (kar-di-o-gra-fie), i. f. Terme d'anatomie. Description du cœur.

— ÉTYM. Kapîia, cœur, elypiçeiv, décrire.

t CARDIOLOGIE (kar-di-o-lo-jie), s. (. Terme d'anatomie. Traité du cœur.

— ÉTYM. Kopîia, cœur, et Xi^o?. traité.

+ CARDIOPATHIE (kar-di-0-pa-tie) , t. f. Terme de médecine. Maladie du cœur.

— ÉTYM. Kocîia, cœur, etTtàOoç. maladie.

t CARDIOPliYI.LE (kar-di-o-fi-l'), adj. Terme de botanique. Oui a des feuilles en cmur.

— ÉTYM. Kotpîiot, cœur, et çyXXov, feuille.

t CARDIOTO.MIE (kar-di-0-to-mie) , t. f. Dissection du cœur.

— ÉTYM. Kapîîa, cœur, ettoiiii, dissection.

t CARDITACIÎ (kar-di-ta-sé), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de moules en forme de cœur.

— ÊTYM. Cardite 2.

t I . CARDITE (kar-di-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation du cœur.

— ÉTYM. KapSfa, cœur, et le suffixe médical .... ite.

t 2. CARDITE (kar-di t'), s. f. Terme de îoologie. Nom d'un genre de moules.

t CARDITIQUE (kar-di-ti-k'), adj. Terme de médecine. Fièvre carditique. variété de l'intermittente pernicieuse, dans laquelle le malade éprouve des palpitations viobnfes et des syncopes.

— ÉTYM. Kap^ia, cœur.

(. CARDON (kar-don), ». m. Espèce d'artichaut, dont les pétioles des feuilles, larges et épais, sont employés comme aliment, après avoir été étiolés (ct/noro carduneulus, t.).

— HIST. XVI* s. Les fruits sont les artichaux , cardons, melons.... o. de serres, mt.

t 2. CARDON (kar-don), s. m. Terme de pêche. Un des noms de la chevrette, sorte de crustacé bon à manger.

CARDONETTE ( kar-do-nè-t') , s. f. Voy. cbabdonnette.

f CARDUACÉ, ËE (kar-du-a-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble au chardon, jj S. f. Les carduacées, genre de plantes dont le chardon est le type.

— ÉTYM. Carduus, chardon (voy. ce mol).

i CAREICHE (ka-rè-ch') , s. f. Terme dç boUnique. Un des noms de la laîche.

— ÉTYM. Carex, laîche.

f CARÉMAGE (ka-ré-ma-j"), s. m. Nom, daoB l'Est, de la semaille qu'on fait en mai-s.

— ÊTYM. Carême.

CARE.ME (ka-rê-m'), ». m. || 1* Les quarante-six jours d'abstinence entre le mardi gras et le jour de Pâques, pendant lesquels, à l'exception des dimanches, jeflnent les catholiques. Prêcher le carême. La mi-carême. Provisions de carême, nandes de carême, nom donné par les catholiques au lieurre, huile, légumes, fruits secs, poissons salés et autres aliments de ce genre dont ils usent en carême. Rompre carême, cesser d'observer l'abstinence prescrite. Trouvez-moi une seule famille oix le carême s'observe universellement, mass. Motifs de conv. Mme de Guise avait fait et jeûné tous les carêmes, et toute sa vie n'en était pas moins pénitente, st-sim 36. U8. Un libertin à rompre et jeûnes et carêmes, BOiL. Sat. II. Il trouva, le premier jour du carême («77, qu'il pesait tt« Uvres une once; il fit ensuite le carême comme il a été fait dans l'Église jusqu'au xii* siècle: il ne buvait ni ne mangeait que sur les c ou 7 heures du soir; il vivait de légumes la plupart du temps et, sur la fin du carême, de pain et d'eau; le samedi de Piques il na pesait plus que <07 livres douze onces, c'est-à-dira que par une vie si austère il avait perdu, en 46 jours, 8 livres 5 onces, qui faisaient la «4* partie de sa substance, fonten. Dodarl. Les Abyssins ont un carême de cinquante jours très-rude, montesq. J?»pr. XXVI, 7 .... plus défait et plus blême Que n'est un pénitent sur la fin du carême, boil. Sol. i. || La mi-carême, le jour qui partage en deux le carême, et où se fait quelque réjouissance. || Le carême est bas ou haut selon qu'il commence dans le» premiers jours de février ou au mois de mars. || Fift. et familièrement. Mettre le carême bien haut, exiger des choses trop difficiles, ou promettre une chose bien éloignée. || Fig. Prêcher sept ans pouf un carême, s'épuiser en redites, en avis inutiles. Il Avoir prêché sept ans pour un carême en quelque endroit, y avoir été longtemps, le bien connaître. Il Arriver comme mars en carême , arriver sani faute, immanquablement : en effet, mars arrive tou jours en carême. || Cela arrive comme marée en ca rêmo, cela arrive à propos : en effet, la marée est

CAR

bienvenue en carême. || Face do carfimo , visage nâli. tel qu'il est après le cartme. Voyez cet antre avec sa face de carême, bac. Plaid, m, 3. || Amoureux de carême, amoureux timide, qui n'ose touclier à sa maîtresse. || Saint de carême, un homme qui se cache. || 2° Par extension, maigre chère. Ils font de la vie un carême, béhang. B. Dieu. \\ 3" La série do sermons prêches pendant un carême. Ce prédicateur a fait imprimer deux carêmes. Lo petit carême de Massillon, ainsi dit, parce qu'il fut prêché pour Louis XV enfant. 11 a fourni de la même manière la carrière de plusieurs carêmes dans les chaires les plus illustres de la France et des Pays-Bas, Boss. Fr. Jiourgoinq. \\ Proverbes. Pour trouver le carême court, il faut faire une dette payable à Pâques, c'est- Mire le moment de payer une dette, de remplir un devoir onéreux, arrive plus vite qu'on ne voudrait. Il En carême est de saison La marée et le

sermon. , . , ■ , i

— HIST. MI* s. Nos entrons hui, chior frère, et tensdel saint quaramme, st. bern. 66i.||xm's. A l'entrée de la quaresme, viLLEHARn.dans raynol-ard. Ainsinc en quaresme s'espruevent; Grâces rendent et si saumuient [psalmodient], ruteb. -il, VM. Il xiv s. Je congnois monseigneur à tel que vous l'arez; Ne que mars en karesme faillir vous n'y povez. Cuescl. <8H8. || xV s. Donc il advint qu'ils furent ens ou caresme en Gand à trop grand destroit- car des vivres et fruits de caresme n'àvoientils nuls, FROiss. II, II, <48. Il sembloit qu'ils [les sergents] voulsissenltuerun caresme, si fiers estoient, i.ouis XI , JVoKt). Lxxxviii. Mais je voue à Dieu qu'il en a pris ses caresmaux [qu'il s'en repentira] , id. ih. xxxiii. Il XVI* s. Onobservoit desja de leur temps le quaresme, calvin, Instit. 999. Déjà estoit la mi-caresme, marg. de nav. Nouv. xxxv. L'eau gaste moult le vin, une charette le chemin, le quaresme le corps humain, lerodx de lincy. Proverbes, 1. 1, p. 96. Caresme ou jeune n'ennuient pas Qui fait grand chère à tous repas, m. ih.

ÊTYM. Provenç. caresma, carema, carama,

quaresme, quareme; catal. quaresma; espagn. cuaresma; itaL quaresima;de quadragesima , sous-entendu dies : le quarantième jour (avant Pâques) (voy. quarantième).

CARÊME -PRENANT (ka-rê-me-pre-nan) , s. m. Il 1° Les trois jours gras avant le mercredi des cendres, et particulièrement le mardi. On dirait qu'il est céans carême-prenant tous les jours, mol. B. gent. m, 3. Je vous trouve heureuse d'être délivrée de carême-prenant [des farces des jours gras] , sÉv. 4<<. ||Tout e.st de carême-prenant, se dit en parlant de certaines libertés qui se prennent pendant les jours gras. Au milieu de tant d'honnêtetés tout est de carême-prenant, sÉv. i 57. || 2° Personne masquée pendant ces jours gras; et figurément, toute personne ridiculement vêtue. Au secours, au secours, votre fille on l'emporte. Des carêmes-prenants lui font passer la porte, hegnard, le Bal, se. 18. Vous voulez donner votre fille à un carême-prenant, mol. B. Gent. v, 7. || Proverbe. Il faut faire carême-prenant avec sa femme et Pâques avec son curé.

— REM. Au pluriel des carêmes-prenants, et non des carême-prenant. Le sens de la locution est non pas qui prend, qui commence carême, mais carême qui prend, qui commence.

— HIST. xii« s. De ci qu'à une feste quarem-pernant, Gér. de Ross. p. 363 . | J xiii" s. La vegile d e quaresme pernant [je] vi une merveille que je vous veuU raconter, joiNV. 238. Ceste emprise fu atirée à passer le jour de quaresme prenant, id. 224. Et s'a [au pays de Cocagne] en l'an quatre vendenges. Quatre tozsainz, quatre noex [noëls], Et quatre chandeliers anuex [annuels], Et quatre quaresmiaux prenans,

BARBAZAN, FaU. éd. MÉON, t. IV, p. 178. || XV S.

Messire Pierre de Craon avoit envoyé dès le caresmeprenant, à Paris, audit chastel, de ses varlets qui

10 servoient pour son corps, fhoiss. m, iv, 28.

11 XVI* s. En lieu d'amaigrir pour le jeune de caresme, elle estoit plus belle et plus fraische qu'àcaresme-prenant, marquer. Nouv. xxxv.

— ÊTYM. Carême, et prenant (voy. prendre). CARÉNAGE (ka-réna-j'), t. m. \\ 1" Terme de

marine. Lieu commode pour caréner un vaisseau, ou lui donner la carène. Le navire est au carénage. Il ï' L'action de caréner. Le navire a besoin d'un bon carénage.

— ETYM. Carène.

t CARÊNAL, ALE (ka-ré-nal, na-1'), adj. Terme do botanique. Qui appartient à la carène.

— ÊTYM. Carène.

CARENCE (ka-ran-s"), s. f. Terme de pratique.

CAR

Manque absolu. Procès-verbal do carence, procèsverbal qui constate qu'un défunt n'a rien laissé, ou qu'un débiteur est sans ressources.

— HIST. XV s. Pitié seroit si l'ame en avoit carence par abus en ce monde, chastel. Éloge du bon duc Philippe.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. earencia; ital. caremia ; du latin carere, manquer.

CARÈNE (ka-rê-n'), s. f. || 1° Terme de marine. Longue pièce de bois qui fait le fondement d'un vaisseau. || 2° Les flancs du navire jusqu'à la ligne de Hottaison. || 3° Carénage. Mettre, abattre un navire en carène, le coucher sur le côté pour le réparer dans les œuvres vives. || Donner la carène, carène entière, demi-carène à un vaisseau, en refaire la carène, en tout ou en partie. Que tous les autres vaisseaux du port qui ne devaient point être carénés devaient avoir une demi-carène conformément aux règlements. Étal des travaux, i février «679, dans jal. || 4° Terme de botanique. Le pétale inférieur des fleurs papilionacées, parce que la forme a quelque analogie avec celle de la carène d'un vaisseau.

— HIST. XVI' s. L'espine est comme .siège et fondement de tout l'assemblage et liaison du corps, comme la carine est le fondement de tout le navire,

— ÉTYM. Carina, carène.

CARÉNÉ, ÉE (ka-ré-né, née), part, passé. Il 1° Terme do marine. Vieux vaisseau caréné. Il 1" Terme de botanique. Qui est en forme de carène. Feuille carénée. Enfin la forme carénée du blé le rend propre à flotter longtemps sur les eaux, bern. de s.-p. Harm. i, Tabl. gén. || 3° Terme de zoologie. Caréné se dit des oiseaux qui ont le sternum garni d'un bréchet.

CARÉNER (ka-ré-né; la syllabe ré prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je carène; excepté au futur et au conditionnel : je carénerai, je carénerais), v. a. Refaire la carène d'un vaisseau; le réparer dans les œuvres vives. Les Anglais travaillaient à établir des chantiers où l'on pût caréner les vaisseaux à sec, volt. Russie, i, <o.

— ÊTYM. Carène.

CARESSANT, ANTE (ka-rè-san, san-t'), adj. Il 1° Qui caresse, qui aime à caresser. Un enfant, un chien caressant. Je n'ai point l'heureux don de ces esprits faciles Pour qui les doctes sœurs, caressantes, dociles. Ouvrent tous leurs trésors, J. B. Rouss. Odes, III, <. ||2° En parlant des choses. Un ton caressant. De caressantes paroles. Hélas I à quels soupirs suis-je donc condamnée I Moi qui de mes parents toujours abandonnée, Etrangère partout, n'ai pas, même en naissant. Peut-être reçu d'eux un regard caressant, rac. Iphig. il, 3. |[ 3° Fig. Le zéphyr, le flot caressant. Sans dédain, sans courroux puissé-je être écouté! PuLsse un vers caressant séduire la beauté I A. chén. El. 34.

CARESSE (ka-rè-s'), s. f. \\ 1° Marque extérieure d'affection, qui se donne par la main, par les lèvres, et quelquefois aussi par les manières et les paroles. De perfides caresses. Faire caresse à quelqu'un. Il me fit d'abord mille caresses, car il m'aime toujours, PASC. Prov. b. Tes feux et tes serments cèdent à ses caresses, corn. Cinna, m, 4. Cela se passera avec un peu de caresse que vous lui ferez, mol. G. D. II, 42. Je vous vois accabler un homme de caresses, ID. Mis.z, I Os de poulets, osde pigeons;

Sans parler de mainte caresse, la font. Fabl. i, 5. Ses caresses n'ont point effacé cette injure, rac. Baj. 1 , 4 . Ah I si vous aviez vu par combien do caresses Il m'a renouvelé la foi doses promesses, id. Britann. v, 3. Dès vos plus jeunes ans, mes soins et mes tendresses N'ont arraché de vous que de feintes caresses, id. th. Cette princesse lui a fait dos caresses infinies, sÉv. 41 8. Sans songer que mômes tendresses , Mêmes serments , mêmes caresses Trompèrent un autre avant lui, J. b. rouss. Odes, n, 4 6. Il 2"' Fig. Les caresses de la fortune. Ce doux pays reçoit du haut des cioux De ses rayons [du soleil] les premières caresses, c. delà vigne. Paria,

I, 6 N'ofi'rir qu'aux talents de vertus ennoblis

Et qu'à l'amitié douce et qu'aux douces faiblesses. D'un encens libre et pur les honnêtes caresses, a. CHÉN. El. 4 6.

— HIST. XVI* s. Et bien oii voulez-vous aller. Mon miel, ma douceur, ma caresse? r. belleau, OEuvres, p. 4 30, dans lacurne.

— ÉTYM. Ital. carezia; de caro, cher; du latin carus (voy. cher).

CARESSÉ, ÉE (ka-rè-sé, sée) , part, passé. Cet enfant caressé par sa more. Mon bon ami, que j'aime à être bien voulu et caressé I il me semble

CAR

alors que je ne .suis plus malheureux, j. j. hodss Mtr. iloultou, 24 juin 4762. {[ Fig. Un tableau Irèscaressé, tableau d'un grand fini, léché, comme oc dit aujourd'hui.

CARESSER (ka-rè-sé), v. a. || 1* Faire des caresses. Caresser un enfant, un chien L'âne da

la fable. Qui, pour se rendre plus aimable Et plui cher à son maître, alla le caresser, la font. Fabl. IV, 5. Et soit frayeur encore ou pour me caresser De ses bras innocents je me sentis presser, rac Ath. I, 2. Il faut nous flatter et nous caresser comme des enfants, pour nous tenir en bonne humeur, Nicole, dans BOUHOURS, Rem. Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse. Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant? mol. Mis. i, 4. || Poétiquement. Le zéphyr caresse les fleurs. Le flot caressait les flancs du navire. || Ironiquement. Il lui caressa les épaules à coups de bâton. || Caresser la bouteille, aimer à boire. || Se dit, particulièrement et dans un langage libre, des caresses amoureuses. Leurs femmes caresser.... Régnier, Sut. ix. Vos grifles la pourront blesserQuand vous voudrez lacaresser, la FONT. Fables, iv, 4. Boit son vin, caresse sa fille, iD.ib. IV, 4. Les Fiançais chantaient, buvaient, caressaient les filles dans les cathédrales, volt. Mœurs, 67. De mon vin ils prennent leur part. Us caressent ma chambrière, bérang. Mon enterr. \\ Terme d'artiste, étendu aussi aux œuvres littéraires. Caresser un ouvrage, le faire avec amour. || 2° Fig. Flatter. Quoiqu'un peuple l'adore, et qu'un roi le caresse, cORN. Cid, IV, 2. Il feint, il me caresse et cache son dessein, rac Mith. iv, 2. Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous caresse, La cour autour de vous ou s'écarte ou s'empresse , id. Brit. iv , 4 . Mon fils peut caresser la main qui nous opprime! c. delavigne, Vêpres sic. i, 4. || 3" Entretenir, nourrir. Caresser un amour, un espoir, une idée. Un mal que nous caressons. Quand de vos ennemis caressant l'insolence, VOLT. Tancr.iv, 6. Par des soumissions caresser son orgueil, id. Als. i, 4 . || 4° Terme de peinture. Caresser le nu, jeter les draperies de manière à faire apercevoir le nu. {| 6* Se caresser, i'. réfl. Se donner réciproquement des caresses.

— SYN. CARESSER, FAIRE DES CARESSES. Ces termes ne sont pas synonymes en tout. Caresser un enfant, ou faire des caresses à un enfant, peuvent se dire exactement l'un pour l'autre. Mais il n'en serait plus de même dans cette phrase-ci : Le ro" lui fit beaucoup de caresses, c'e.st-à-dire le reçu' avec des marques d'affection toutes particulières; au lieu que caresser, si on le mettait ici en place de faire des caresses, porterait l'esprit vers des caresses effectives.

— ÉTYM. Caresse; ital. carezsare. Ce mot parait être entré dans la langue au commencement du XVII* siècle, par l'italien careaare.

4. CARET (ka-rè), s. m. Tortue des côtes de l'Amérique, du Mexique, des côtes de la Guinée et de la mer des Indes, dont la chair est malsaine; mais les œufs en sont recherchés, et o-i travaille l'écaillé.

2. CARET (ka-rè), s. m. || 1° Dévidoir à l'usage des cordiers. || 2° Fil de caret, gros fil qui sert à fabriquer les cordages pour la marine.

— HIST. XV* s. Laquelle femme filoit au tour ou charet, du cange, charetum.

— ÉTYM. Prononciation picarde de charet, diminutif de cluir (voy. ce mot), par assimilation d'un dévidoir à un chariot.

f CARETTE (ka-rè-f) , s. f. Cadre faisant partie du métier à tisser les étoffes.

— ÉTYM. Caret 2.

f ÇA -REVAUT (ça-re-vô). Terme de chasse. Cri pour avertir que le cerf retourne dans les bois qu'il habite.

f CAREX (ka-rèks), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes appelées communément laîches.

CARGAISON (kar-ghè-zon) , s. f. Terme do marine. Charge d'un vaisseau. || Charge entière du navire, il Facture des marchandises chargées. || Temps propre à charger les diverses marchandises. C'est le temps de la cargaison des vins, dos huiles, des morues, savarv.

— ÉTYM. Carguer pour charger (voy. ce mot). CARGUE (kar-gh'), s. f. Terme de marine. Cordages qui servent à carguer les voiles.

— ÉTYM. Voy. CARGUER.

CARGUÉ, ÉB (kar-ghé, ghée), port, pasii. Voiles carguées.

CARGUER (kar-ghé). || 1° T. a. Terme de marine. Serrer et trousser les voiles contre leurs vergues, au moyen des c;irgues. Carguer les voiles. || 2* V. >», Pencher sur le côtâ en naviguant.

CAR

CATl

CAR

— lîTYM. Ital. caricare, charger (voy. cnARGEn): eargupr les voiles, en faire une charge, un paquet.

-|-r,ARfiITKUR(l<ar-f;l]eiH),.v. m. Terme de marine. Matelot employé à carguer. || Poulie pour amener et guindcr le perroquet.

+ CARI (ka-rl), s. m. 1| t° Poudre de cari, assaisonnement composé de piment, de curcuma et d'autres épices pulvérisées. Il 2" Volaille ou tout autre mots préparé avec ce condiment. Manger un cari.

t CARIA (ka-ri-a) , s. m. Terme de marine. Pou di' bois trfs-destructeur.

CARIATIDE (ka-ri-a-ti-d'), s. f. Figure de femme ou mfirre d'Iiomme, qui supporte une corniclie. r.'liisloirelui fonrnitlamatit're delà plupart des ornements d'architecture, dont il doit savoir rendre raison ; par exemple, si sous les m ntules et les corniches, au lieu de colonnes, il met dos statues do marbre en forme de femmes honnêtement vêtues (pie l'on appelle cariatides, il pourra apprendre à ceux qui ignorent pourquoi cela se fait ainsi, que les habitants de Carie, qui estune villede Péloponnèse, se joignirent autrefois avec les Perses, qui fai-saient la guerre aux autres peuples de la Grice, et que les Grecs, ayant par leurs victoires glorieusement mis fin à cette guerre, la déclarèrent ensuite aux Cariâtes; que leur ville ayant l'té prise et ruinée, et tous les hommes mis au fil de l'épée, les femmes furent emmenées captives, et que, pour les traiter avec le plus d'ignominie, on ne permit pas aux dames de quitter leurs robes accoutumées ni aucun de leurs ornements, afin que non-seulement elles fussent une fois menées en triomphe, mais qu'elles eussent la honte de s'y voir en quelque façon menées toute leur y\e., paraissant toujours au même état qu'elles étaient lejourdu triomphe, et qu'ainsi elles portassent la peine que leur ville avait méritée; or, pour laisser un exemple éternel de la punition que l'on avait fait souffrir .aux Cariâtes, et pour apprendre à la postérité quel avait été leur châtiment, les^architectes de ce temp.s-Ià mirent, au lieu de colonnes, ces sortes de statues aux édifices publics, PEaHAULT, Vitrure, t, i . Les cariatides du Pandroseum sont des modèles, chateaub. Itin. -197.

— REM. On ne voit pas pourriuoi l'Académie n'a pas conservé l'orthographe étymologique : caryatide.

— rîTYM. KopuâTiô-ç, les jeunes filles de Caryœ. \ CARIATIDIQUE (ka-ri-a-ti-di-k'), adj. Qui se

rapporte aux cariatides.

t CARIBARI (ka-ri-ba-ri), s. m. Navette volante.

— ÊTYM. Peut-être est-ce une forme de charivari (voyez ce mot), à cause du bruit que produit la navette.

CARIBOU ou C.\RIBOUX (ca-ri-bou), s. m. Terme de zoologie. Nom donné au renne par les habitants du Canada. Les caribous et les orignaux de l'Amérique septentrionale ont leur temps de migrations, CHATEAUB. Génie, i, v, 9.

CARICATURE (ka-ri-ca-tu-r'),i. f. 1| 1" Terme de peinture. Représentation grotesque de personnes, d'événements qu'on veut ridiculiser. Une caricature spirituelle. Les caricatures politiques. || 2° Imitation dérisoire, charge. Molière a fait le portrait de l'avare, dont d'autres n'ont donné que la caricature. Votre oiseau [flamant] ressemble assez aux caricatures que M. Hubert a faites de moi, volt. Lelt. à Cath. 1 22. C'est cette vérité dans la couleur qui di.stingue le portrait d'avec la caricature, dideu. Réfl. sur Térenec. Ce ne sont là de la part de nos adversaires (|ue des caricatures économiques qui ne permettent pas les regards sérieux de la raison, MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 151. Il 3° Personne ridiculement accoutrée ou dont la figure est grotesque. Avec ses plumes et sa robe rose, cette vieille femme est une caricature.

— ÈTYM. Ital. caricatura, charge, de caricare, charger (voy. chabger).

t CARICATURER (ka-ri-ka-tu-ré), «. a. Hepréseutar en caricature.

t CARICATUR1.STË (ka-ri-ka-lu-ri-sf), s. m. Artiste qui s'adonne au genre de la caricature.

t CARICÉE (ka-ri-sée) , .v. (. Terme de botanique. Famille de plantes dont le carex est le type.

— ÊTYM. Voy. C\HEX.

tCARlCOÏDE(ka-ri-ko-i-d'). || i'Adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une figue. || 2° S. (. Pierre figurée en figue.

— ÉTYM. Carique, et sîSo:, forme.

CARIE (ka-rie), s. f. || 1° Terme de médecine. Destruction des os et des dents par voie d'ulcération. Il 2° Terme de l)0tanique. Maladie analogue par ses effets à la carie des animaux. Elle consiste en une altération progressive de la substance ligneuse des

DICT. DE I,A I.ANOtre FRANÇAISE.

arbres, .suivie de ramollissement. || Mahdio des graines céréales dans laquelle la farine est remplacée par une poussière qui n'est autre chose que la substance <l'un champignon du genre uredu [uredo caries).

— HIST. XVI* s. Lorsqu'il y a carie, c'est <\ dire pourriture en l'os du talon, ce mal est incurable,

l'AIUÎ, XIV, 58.

— ÊTYM. Tartes,

CARift, P,E (ka-ri-é, ée), part, piwsrf. || !• Atteint do carie. Os carié. Dent cariée. Arbre carié. Grains cariés. Il Fig. Cœur carié, cœur corrompu. Il 2° Terme de minéralogie. Se dit d'une roche percée de cavités irrégulières.

CARIER (ka-ri-é), ». a. Hl" Attaquer de carie. Une nflection scrofuleuse a carié plusieurs os chez ce petit malade, i] 2° Se carier, v. réfl. Être affecté de carie. Ces blés se carient. L'oss'étant carié, la cuisse fut tantôt pourrie et le mal emporta Cambyse, p. L. COURIER, II, \»K.

— HIST. XVI" S. Les os se corrompent et carient,

— ÉTYM. Carie.

jCARIEUX, EUSE (ka-ri-eù, eûz), adj. Où est la carie. Os carieux. || Qui est entretenu par la carie. Ulcère carieux.

— HIST. XVI' s. Lorsque l'os est carieux et pourri,

t CARIGNANE (ka-ri gna-n') , s. m. Cépage estimé du midi de )a Franco, d'origine espagnole.

CARILLON (ka-ri-Uon, Il mouillées, et non cari-yon),s. m. || 1" Sonnerie de cloches accordées à différents tons. Les carillons ont, dit-on, été inventés en Flandres où ils sont fort communs, Noiîr. et CABPENTIER, THcl. des origines. \\\\T qu'on exécute sur ces cloches ainsi accordées. Comme on fait plutôt le carillon pour les cloches que les cloches po\ir le carillon, l'on n'y fait entrer qu'autant de sons divers qu'il y a de cloches, J. J. Rooss. Dict. de musique, carillon. || Spécialement, les airs joués dans des horloses puhliques à l'aide d'un mécanisme qui produit toujours le même chant. Les carillons de la Samaritaine. J'aurais mieux aimé qu'ils [les horlogers] nous eussent envoyé quelques carillons pour Sainte-Sophie, volt. Lett. à Cath. 8). Il Horloge, montre, boite à carillon ou, simplement, carillon, horloge, montre, boite qui sonne ou joue différents airs. Il a un carillon de Genève qui joue dix-huit airs. || 2° Battement de cloches à coups précipités et cadencés. Sonner le carillon. Sonner à double carillon. Les carillons des cloches semblaient augmenter l'allégresse publique, chateaub. Génie, iv, I, ). Du pieux, carillon les légères volées Couraient en bondissant à travers les vallées, lamart. Joc. i, 33. Il Fig. et familièrement. X double, à triple carillon, très-fort, excessivement. Il fut sifflé à double carillon. Le jour que naquit Chatillon, On .sonna double carillon Par tous les clochers de Cythère, voit, dans ménage,- qui a remarqué qu'on dit non pas sonner double carillon, mais sonner à double carillon. || Terme de physique. Carillon électrique, petit carillon composé de trois timbres que l'électricité met en mouvement. || 3° Fig. et familièrement, tapage, crierie. Ces enfants font un carillon insupportable. Sa femme lui fera un beau carillon. Il 4° Terme do métier. Barre de fer de I8 à 20 millimètres carrés. || B" Anciennement, sorte d'ornement d'un bonnet de femme. Habillée du bel air, avec de petits bonnets à double carillon, sÉv. 282. || 6° Carillon de Dunkerque, air vif, à 2/4, composé de deux reprises, chacune de huit mesures, ainsi nommé sans doute parce qu'il y avait à Dunkerque une horloge qui jouait cet air-là. || Danse très- vive ou plutôt ronde qui se joue sur cet air et par laquelle on termine souvent les bals bourgeois. Elle commence par un grand rond; après quoi, les danseurs en place frappent trois fois dans leurs mains, puis trois fois du pied à terre; enfin chaque cavalier fait tourner la dame qu'il a à sa gauche, en ayant soin de la déposer à sa droite. On recommence ensuite le grand rond, puis les battements de mains et de pieds, et les tours de main qui à chaque fois donnent une nouvelle dame à chaque cavalier.

— HIST. xiii° s. Et les cordes corut saisir. Les sains [cloches] sone de grant air A glaz, à treble, à carenon, lien. 3341 .

— ÊTYM. Ménage, qui écrit carnllim, indique la vraie étymologie; un mot bas-latin qundrilio signifiant un quaternaire, à cause que les carillons se faisaient autrefois avec quatre cloches; l'ancien français carenon a le même sens, mais vient de quatemin.

CARILLONNÉ, ÉE (ka-ri-llo-né, née. Il mouillées, et non ca-ri-yo-né) , part, passé. Usité seule-

ment dans cette locution: fSte carillonnée, grand* fête.

tCARILLON.\EMENT(ka-ri-Ilo-ne-man, il mouillées), s. m. Action de carillonner.

CARILLONNER (ka-ri-llo-né. Il mouillées, et non ca-ri-yo-né), v. n. || !• Sonner le carillon ; exécuter un air sur un carillon. Pour quelle fête a-ton carillonné? Une aiguille montre les heures pendant que mon corps carillonne, volt. Microtn. 7. C'est donc Rouen I... La ville aux cents clochers carillonnant dans l'air, V. HUGO. F. d'au!. 27. || 2" Familièrement. J'ai eu beau carillonner à sa porte [c'est-à-dire sonner à grand bruit], on ne m'a pas ouvert.

— HIST. xvi* s. Elle ne sortit des prisons que premièrement le bourreau n'eust bien carillonné sur son dos, PARÉ, XIX, 24.

— ÊTYM. Carillon.

CARILLONNEUR (ka-ri-llo-neur. Il mouillées, et non ka-ri-yo-neur). s. m. || !• Celui qui carillonne. Il 2° Espèce de merle.

— ÊTYM. Carillonner.

f CARINAL, ALE (ka-ri-nal, na-1'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une carène.

— ÊTYM. Carina, carène.

t CARINÉ, ÉE (ka-ri-né, née), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont le milieu est creusé en gouttière.

— ÉTYM. Conna, carène.

fCARIOPSE (ka-ri-op-s') , s. m. Fausse orthographe pour caryopse (voy. ce mot).

t CARIQUE (ka-ri-k'), s. f. Terme de Iwtanique. Nom donné à une «gue sauvage.

— ÊTYM. Carica, espèce de figue sèche, dite ainsi parce qu'elle venait de la Carie, pays de l'Asie Mineure.

f CARISEL (ka-ri-zèl), s. m. Sorte de canevas; grosse toile claire.

CARISTADE (ka-ri-sta-d') , s. f. Aumône. Demander, donner la caristade. Il a vieilli.

— ÉTYM. Espagn. caristade, aumône; d'un verbe inusité cliaristare, donner gracieusement, du grec yâpi;, grflce (on a, dans DU cange, charisterium , don gracieux).

t CARIVE (ka-ri-v), s. m. Piment ou poivre de Guinée.

t CARLETTE (kar-lè-f), s. f. Ardoise d'Anjou et du Maine.

<. CARLIN (kar-lin), s. m. Monnaie d'IUlie Carlin d'or, d'argent. Posséder trois bénéfices pour douze tournois, trois ducats et six carlins, volt. Mœurs, <27.

— ÉTYM. Ital. carlino, dérivé de CarJo, Charles, nom propre, de l'allemand Karl; suédois. Karl; anglais. Carie, au propre, homme vigoureux.

2. CARLIN (kar-lin), s. m. || !• Petit chien ras, à museau noir et écrasé. En attrapant mieux que des puces. On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russes, bérang. Requête des chiens. || 2* Adj. Chiencariin.il Familièrement. Nez carlin, petit nez retroussé. || Proverbe. C'est comme les carlins , la race en est perdue, se dit, par raillerie, d'une personne qui se croit un grand mérite.

ÊTYM. Les carlins ont été ainsi nommés parce

que leur tète ressemble à la figure d'Ariequin, dont l'acteur Carlin jouait le rôle avec le plus grand

SUCCcS.

t CARLINE (kar-li-n') , s. f. Terme de boUniquc. Plante bisannuelle (carlina vulgnris, L.) dont la racine a été employée comme sudorifique.

— HIST. XVI' s. Carline, ce nom vient du roy Charles-magne, pirce que deceste herbe son exercite fut guéri de la peste, o. de serbes, «25.

CARLINGUE (kar-liu-gh'), s. f. Terme de marine. Nom de la plus grosse et la plus longue pièce de bois du fond de la cale, dans un Tai.sseau, sur laqueUe porte le pied du grand mât.

t CARLISME(kar-li-sm'), s. m. Opinion pohtique des personnes attachées à Charles X de France, ou à don Carlos d'Espagne.

— ÊTYM. Charles, Carlos.

t CARLISTE (kar-li-st), s. m. Partisan de Cha^ les X, ou de don Carlos.

t CARLOCK (kar-lok), s. m. Terme de commerce. Colle de poisson.

f CARLOTTE (kar-lo-f), t. f. Un de» noms vulgaires du courlis.

t CARLOVINGIEN , lENNE (kar-lo-Tin-jiin , jié-n'), adj. Qui appartient à la seconde race des rois de France. || Substantivement. Les carloTingiens, les princes de la seconde race.

— ÊTYM. Carlus ou Carolus, nom propre; de l'allemand A'arf, homme vigoureux.

CAR

CA RMAOrfOI.K (k8r-ma-f?no-r) , s.f.]\l' Sorte de vêtement qui tenait lo milieu entre la veste et 1 habit • collet retombant sur les épaules; revers trèscourts dont le sommet Hait découp6 en anffle aigu et qui so renversaient sur la poitrine; basques étroites avec des poches à l'exti'Tienr; plusieurs ranidés «le boutons do môlal sur le devant. Ce vêtement fut lieauroup porté pendant la Révolution. Ilî" Chanson sur un air vif h «/«, et danse que le parti révolutionnaire afTectionnait en 93. La danse était une rondo qui se dansait sur les places et dans les jardins publics, avec un oxlrôme entraînement. Chanter, danser la carmagnole. || S. m. Par dénigrement, soldat des armées républicaines.

— IIIST. XV" s. Tous les quels vingt hommes d'armes avoienl^en leurs testes cramignoUcs rie veloux noir.\ grosses houppes do fil d'or de Chippre dessus, BU GANGE, crammale.

ÉTYM. On ignore l'origine du nom de celte

espèce de veste. Faut-il voir une altération et un changement de sens de l'ancien cramignnle, sorte de vêtement de tête? Faut-il le rattacher à Carmagnole, ville du Piémont, qui, sous Henri IV, occupa beaucoup les esprits, comme on le voit par ces vers de Malherbe, m , < : Je sais bien que sa Carmagnole , Devant lui se représentant , Telle qu'une plaintive idole Va son courroux sollicitant. Quant à la chanson (on ne sait d'où l'air en vient), et à la danse, on peut penser, vu leur caract&re révolutionnaire, qu'elles prirent leur nom de tant de gens en carmagnole qui alors la chantaient et la dansaient. On trouve dans Oudin carmaignolle d&ns le sens d'abricot.

1. CARME (kar-m'), s. m. || 1° Religieux d'un des quatre ordres mendiants, dont le nom complet est religieux de Notre-Dame du Mont-Carmel. L'ordre des carmes commença vers le xii* siècle en Syrie. Il i° Carmes déchaux , carmes de la réforme de Sainte-Thérèse, au xvi* siècle, qui vont en sandales et sans bas. || 3° Eau de mélisse des carmes, ou Eau des carmes, alcoolat de mélisse composé, dont on attribue l'invention aux carmes.

— ÉTYM. Le mont Carmel, en Galilée, où ces religieux ont commencé. On disait autrefois carmeliste : XV* siècle : Feirent faire une proposition devant le roy par un carmeliste nommé frère Eustache ,

MONSTHEL. t. I, ch. 103, p. (66, dans LACUHNE.

2 . CABME (kar-m') ,s. m. Au trictrac, coiip de dés qui amène les deux quatre. Un carme me ferait gagner.

— HEM. Ce mot était autrefois pluriel; l'Académie le fait pluriel et l'écrit avec une .v: amener carmes.

— ÉTYM. Par corruption pour cames, usité du temps de Ménage, et qui vient de quatemus, coup do quatre (voy. quaterne).

r.ARMELINE (kar-me-li-n'), s. f. Laine qu'on tire de la vigogne.

CARMÉLITE ( kar-mé-li-t' ) , s. f. Religieuse de l'ordre des carmes déchaux. Les carmélites furent introduites en France en 1604. Vous aimeriez bien ma sobriété et l'exercice que je fais, et .sept heures au lit comme une carmélite; cette vie dure me platt, SÉV. 226.

I CARMENTINE (kar-man-ti-n'),s. f. Plante de la famille des acanthacées réputée béchique et pectorale (justitia pectoralis, L.).

CARMIN (kar-min), s. m. Rouge éclatant qu'on tire principalement de la cochenille. Vos traits....

10 soir embellis de tout l'art du matin. N'avaient de rose, hélas! qu'un peu trop de carmin, a. ciién. <62. Il Fig. Des lèvres de carmin. L'occident amincit sa frange de carmin, v. hugo, F. d'aut, 37. |1 Adjectif invariable désignant la couleur du carmin. Le colibri à gorge carmin. Des draps carmin. Des robes carmin.

— ÉTYM. Bas-lat. carmesinus; de même radical que cramoisi (voy. ce mot).

CARMIN ATIF, IVE (kar-mi-na-tif , ti-v') , odj. Terme de médecine. Bon contre les flatuosités.

11 S. m. Un carminatif.

— HIST. XVI' s. Ce qui se fera par medicamens chauds, secs et attenuatifs, qu'on nomme carminatifs.... Clysteres carminatifs, pabé, v, <6.

— fTYii. Bas-lat. carminatirux , de carminare, carder, et figurément, atténuer, dissiper.

-t CARMINE (kar-mi-n') , s. f. Terme de chimie. Noin donné à la matière colorante rouge de la cochenille.

— ÊTYM. Carmin.

+ CARMINÉ, ÊE (kar-mi-né, née) adj. De cou- +% !»f ""*"• ^°^''< "«"■■ carminée.

miter avonT* ("'"""'i-né). "• a. Peindre, enluramer avec du carmin.

— F.TYM, Carmin.

CAR

CARNAGE (kar-na-j"), s. m. || 1° Massacre, tuerie. Remets dans ton esprit, après tant de carnages. De tes proscriptions les sanglantes imagos, corn. Ci}ina, IV, 3. Sylla fit des carnages effroyables et Iraila durement le peuple, boss. Hist. in, 7. Sapor fitun effroyable carnage d''S chrétiens, m. Avert. 5. Il y eut beaucoup de carnage des ennemis, pellisson, II, i^.i.Cieux.éclaircrez-vous cet horrible carnage? BAC. Estli. J, 3. Déjà de traits en l'air s'élevait un nuage. Déjà coulait le sang, prémices du carnage, ID. Jph. v, 6. Un poignard à la main, l'implacable Athalie Au carnage animait ses barbares soldats, ID. Àthal. I, 2. Quel carnage de toutes parts! On égorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœur elle frère. Et la fille et la mère, m. Ksth. i, 5. La gent maudite aussitôt poursuivit Tous les pigeons, en fit ample carnage, la font. Fnb. vu, 8. Il [Moïse] est préservé du carnage général des enfants de sa nation, mass. Conf. Amb. des clercs. || 2° Se dit aussi de la façon de se nourrir des bêtes féroces. Jamais de liberté, ni pour les pâturages. Ni d'autre part [des loups] pour les carnages, la font. Fab. in, (3. Il 3° Terme de chasse. Action des chiens qui dévorent un animal. || 4° Terme d'équarisseur. Toute espèce de charogne.

— HIST. xiii" s. Nus ne puetne ne doit ouvrer en charnage puis vespres sonans, au dit mestier, ne en quaresme, puis compile sonant. Livre des métiers, 48. En charnage le vendredi, ruteb. il, I7C. Il XV* s. Car karesme vient et commande X charnaige, tant qu'on le mande, Que pour ung temps .se tire arrière, ch. d'orl. Rondeau. \\ xvi" s. Oui faict le loup sortir du bois? default de carnaige, rab. Pant. m, 14. Retournez au logis, braves de la conqueste. Le rauffle ensanglanté, le corps navré de coups, Ou vous serez ce soir le carnage des loups,

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