BONS
— ÉTYM. Picard, carnage, temps où l'on mange de la viande; provenç. carnaige; anc. espagn. carnage; portug. carnagcm; ital. carnaggio, tas do chair; du bas-lat. carnnticum, tas de chair, temps où l'on mange de la chair, de caro, carnis, chair (voy. chair); de là le sens de boucherie et tuerie.
f CARNAIRE (kar-nai-r'),- adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit do viande ou sur la viande. Mouche carnaire.
— ÉTYM. Carnarius, de caro , carnis (voy. chair).
t CARNAL (kar-nal), s. m. Terme de marine. Palan servant sur les galères à élever la tente. || Extrémité inférieure d'une antenne. || On trouve aussi carneau.
— ÉTYM. Carne l, angle, coin, t CARNALETTE (kar-na-lè-f) , s. f. Terme de marine. Palan plus petit que le carnal.
— HIST. Carnal.
CARNASSIER, 1ÈRE (kar-na-sié, siè-r'; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie : des animaux karna-sié-7. et farouches), adj. || 1° Avide de chair, en parlant des animaux. Comme une bête en rut et carnassière, VOLT. Phil. Il, 419. La proie étant l'unique sujet de combat des animaux carnassiers, j. i. Bouss. Orig. notes. || 2" Avide de viande, en parlant de l'homme. Il importe de ne pas rendre les enfants carnassiers, j. j. rouss. Ém. u. Toujours boire et manger! carnassier animal. C'est bien fait; suis toujours ton appétit brutal , begnard, Démocr.i, 4. Il 3° S. m. pi. Terme d'histoire naturelle. Les carnassiers, ordre de la classe des mammifères, à dents généralement aiguës ou tranchantes, et à membres, antérieurs au moins, terminés par des pattes. Cuvier a divisé les carnassiers en quatre familles, les chiroptères, les insectivores, les carnivores et les marsupiaux. Des carnassiers de la taille du lion, du tigre, de l'hyène, désolaient ce nouveau règne animal, cuviEB, Révol. 328.
— SYN. CARNIVORE, carnassier. Camivore exprime simplement le fait de se nourrir de viande. Carnassier joint à cette idée l'idée d'un appétit brutal qui se complaît dans le massacre. Autre est la différence dans le langage de l'histoire naturelle : carnassier est un terme général qui désigne l'idée des animaux vivant de chair; Carnivore est moins général et indique parmi les carnassiers une section particulière, celle des chiens, chats, ours, etc.
— ÉTYM. Provenç. camacier, bourreau; espagn. carni'cero ; de caro, carnis, chair (voy. chair), par l'intermédiaire d'un suffixe latin aceus, qu'on trouve dans le provençal carnasa, chair morte.
CARNASSIÈRE (kar-na-siê-r"), s. f. Sorte de sac pour porter le gibier tué pendant la chasse.
— ÉTYM. Carnassier.
CARNATION (kar-na-sion ; en poésie, deoinqsyl-
labos), s. f. Il 1» Nom qu'on donne, en peinture, aux parties du corps qui paraissent nues et sans draperie. Los carnations de ce tableau sont fort belles. Il 2° Teint, coloration, apparence des chairs dans une personne ou dans un tableau. Le nu des bras et des jambes montre un homme fort et nerveux, c'est une carnation qui marque un corps endurci au travail, fén. xix, 333. Qui est-ce qui a su tempérer et mélanger ces couleurs, pour faire une si belle carnation? m. Exist. 32. IfEn termes de blason, se dit des parties du corps représentées au naturel. D'argent, à tête de carnation.
— ÉTYM. Ital. carnagione; de carnatio, embonpoint, de caro, carnis, chair (voy. chair).
fCARNAU ou CARNEAU (kar-nô), s. m. Trou à la voûte d'un fourneau de porcelaine.
— ÉTYM. Carne i.
CARNAVAL (kar-na-val), s. m. || 1* Temps de divertis.sements compris entre le jour des Rois et le mercredi des Cendres ; les fêtes et les amusements mêmes de ce temps. Avoir, passer, faire un triste carnaval. Les carnavals des deux dernières années. Là, dans le carnaval, vous pouvez espérer Le bal et la grand'bande, à savoir deux musettes. Et parfois Fagotin et les marionnettes, mol. Tart. ii, 3. Les hospodars de Valachie et de Moldavie ne feront pas leur carnaval à Venise, volt. Lett. à Cath. 34, Il Jeûner en carnaval, être très-pauvre. Depuis peu chez ma cousine. Qui jeûnait en carnaval, bè- RANG. Le voisin. || Familièrement. Il e.st fait comme un carnaval, c'est un vrai carnaval, il est habillé d'une manière extravagante. || Il est triste comme s'il revenait d'enterrer carnaval, par allusion à I» fin du carnaval suivie du carême. || 2° Par extension, diverti sisement grotesque. || Au plur. Des carnavals.
— HIST. XVI* s. Croyez qu'en Avignon, on temps de carnaval.... bab. Pant. iv, 14.
— ÉTYM. Picard, les eamevieiix; de l'italien carnovalc; milanais, camelevale, dans du cange, du bas-latin carnelevamen , dit pour carnis levamen, de caro, chair (voy. chair), et levamen, action d'ôter, do levare (voy. légeh) : c'est-à-dire temps où l'on enlève l'usage de la chair, vu que carnovale est proprement la nuit avant le mercredi des Cendres. Diez , d'après des auteurs italiens, le tire de carne et vale ; adieu la chair ; mais vale n'est pas italien; et le milanais camelevale fait un suffisant intermédiaire entre carnis levamen, pour un mot populaire et par conséquent sujet à de fortes altérations.
1 . CARNE (kar-n') , s. f. || 1° Angle saillant d'une pierre, d'une table, etc. Je me suis donné un grand coup à la tête contre la carne d'un volet, mol. Mal. im.i, 2. Il 2° Terme de maître d'écriture. Évidement du tuyau ou du canon de la plume.
— HIST. XII* s. Al segnor sunt li carne de terre, Liber psalm. p. 236.
— ÉTYM. Latin cordinem, gond.
t 2. CARNE (kar-n'), «. f. Terme très-vulgaire qui sert à désigner de la mauvaise viande servie à manger. C'est de la carne.
— ÉTYM. Caro, carnis (voy. chair).
CARNÉ, ÉE (kar-né, née), adj. Terme de fleuriste. De couleur de chair. Un œillet carné.
— ÉTYM. Caro, carnis, chair (voy. chair). t CARNEAU (kar-nô), s. m. Voy. carnau.
t CARNÈLE (kar-nè-l"), s. f. Bordure qui paraît autour du cordon d'une monnaie et qui forme la légende.
— ÉTYM. Carne 1.
f CARNELER (kar-ne-lé; la 8yllabe net prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je carnèle), v. a. Terme de numismatique. Faire une carnèle. Médaille carnelée. || Terme de blason. Ceindre d'une bordure.
— ÉTYM. Carnèle.
CARNET (kar-nè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des kar-nè-z en règle; carnets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Petit livre de compte portatif, pour recueillir des notes. Il Livre qui mentionne les échéances des sommes que les commerçants ont à recevoir ou à payer. || Petit livre que les négociants, courtiers, agents de change, portent dans les bourses et marchés pour inscrire immédiatement leurs opérations. Il Anciennement, petit livre nommé plutôtbilan.dont les négociants de Lyon se servaient pour le virement des parties.
— HIST. XVI* s. Il m'a baillé im grand carnet et inventaire de livres qu'il dit avoir composez, du VERDIER, Biblioth. p. 1034, dans lacurne.
— ÉTYM. Ce mot paraît dérivé d'un diminutif çuotemetum, qui se rattache à qttatemio, cahiar de
CAR
CAR
CAR
quatre feuilles, et, en général, cahier (voy. ce qui est dit à l'étymologio de cahieii) . 11 est parlé dans FRoissART, n, m, itr>, des carnets de bacinels Icasques] ; mais c'est un autre mot.
t CARNIER (kar-nié), s. m. Carnassière. Chargé de son fusil, de son carnier, J. ;. Rouss. Emile, iv. Dans mon carnier ils [un lièvre et un perdreau] sont encore ensemble. Et je prétends qu'un jour la broche les rassemble, colin d'uarlev. if. de Crac, scfiue». Il Mot qui est très-usité, bien qu'il ne soit pas dans le Dictionnaire de l'Académie, et qui est régulier.
— ÉTYM. Le même, sauf la prononciation, que diarnier.
CARNIFICATION(kar-ni-fi-ka-sion), s. f. Terme de médecine. Passage de certains tissus à un état qui présente quelque ressemblance avec la chair ou le tissu musculaire, et qui est dû à une lésion pathologique.
CARNIFIÉ, ÉE (kar-ni-fi-é, ée), part, passé. Changé en chair, ou qui a pris l'aspect de la chair. Un poumon camifié.
CARNIKIER (SE) (kar-ni-fi-é), V. réfl. Terme de médecine. Acquérir l'apparence de la chair.
— ÈTYM. Caro, carnis, chair, et ftcare, fréquentatif do /acere, l'aire.
t CAKNIFORME (kar-ni-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a l'apparence de la chair.
— HIST. XVI' s. Le pancréas est un corps glanduleux, carniforme, lequel est ainsi appelle, parcequ'il a par tout similitude de chair, pahé, xi, 2.
— ÉTYM. Caro, carnis, chair, et forma, forme, t CARNIURE (kar-ni-u-r"), s. f. Nom, dans quel-.
ques localités, d'un développement excessif des bourgeons de la vigne.
CARNIVORE (kar-ni-vo-r'), adj. Qui se nourrit de chair. L'homme est à la fois frugivore et Carnivore. Le lait des femelles herbivores est plus doux que celui des carnivores, 1. j. rouss. Ém. i. || S. m. Les carnivores. Voy. carnassiers.
— ÉTYM. Carnivorus, decdro, carnis, chair, et vorare, dévorer (voy. vorace).
t CAUNIVOUITÉ (kar-ni-vo-ri-té), s. f. Conditiou d'un animal c|ue son organisation appelle ;\ vivre exclusivement de matières animales.
CARNOSITÉ (kar-no-zi-té), i. f. Terme de chirurgie. Excroissance charnue qui se développe en différentes parties.
— HIST. XIV* s. Encise [fais une incision]si qu'il demeure dessus le cuir une carnosité tenue, Modiis, (" XXI, verso. || xvi' s. Le col de la matrice peut eslro estouppé par une membrane ou carnosité, paré, I, 34.
— ÉTYM. Provenç. carnositat; espagn. carnosidad; ital. camosità; dérivé de carnosus, de caro, carnis, chair (voy. chair).
CAROGNE (ka-ro-gn'), s. f. Femme hargneuse, méchante femme. Il n'est jour.... Que ces carognes-là ne me rompent la teste, Régnier, Sat. xi. Madame la carogne, mol. Sgan. 6. Voilà nos carognes de femmes! lu. Georye I). m, 5. || Mot bas.
— HIST. XIV* s. Et no nature est telle qu'elle s'acortlera X che que le [la] carongne do nos corps desirra, liaud. de Seb. viii, )07i.
— ÉTYM. Prononciation picarde do cftarogne (voy. ce mot); wallon, eoronie; anc. wallon, corungne; bourguign. cairogne; Berry, came, vieille carne, terme d'injure.
t CAUOLIN, INE (ka-ro-lin, li-n'), adj. Qui appartient à Charlemagne. Ecriture Caroline, lettres carolines, lettres romaines dont Charlemagne rétablit l'usage. Il Qui appartient à Charles-Quint. Loi Caroline, code criminel donné par l'empereur Charles-Quint lors de la diète de Ratisbonne en (532.
— ÉTYM. Carolus. Charles.
CAUOLUS (ka-ro-lus'; on fait sentir l's aujourd'hui; mais, au xvii* siècle, Chifllet remarque expressément que l's no se prononce pas même devant une voyelle), s. m. Monnaie du règne de Charles VIII, qui était marquée de son nom et d'une croix couronnée d'une fleur de lis à ses quatre branches; elle valait dix deniers d'argent. Sans qu'il lui fût.... fait seulement (jrâce d'un carolus, LA FO.NT. Pays.
— HIST. xv° s. Le cidre ne vaut plus Qu'un carolus, BASSELIN, xxxix. || XVI* S. On leur envolera ces peaux bien marquées , afin que , par sotise ou fraude, elles ne se cliangent, rendans un carolus pour un sol, comme autres-fois cela m'est advenu, 0. UK serres, 885. Chatelus donne à déjeuner X six pour moins d'un carolus; Et Jaquelot donne !i disner À six pour moins que Chatelus; Apre» ces repas dissolus Chacun s'en va yai et falot; Qui me
perdra chez Chatelus, Ne me cherche chez Ja(|uelot,
ST-GELAIS, dans MENAGE.
— ÉTYM. Carolus, Charles VIII, qui le premier fit frapper ci;tte monnaie.
t i. CARON (ka-ron), s. m. Le nocher des enfers (voy. chakon).
t 2. CARON (ka-ron), s. m. || 1* Pande de lard dont on a enlevé le maigre. || 2° Mélange d'orge et de froment .semés dans un même champ.
CARONADE (ka-ro-na-d'), s. f. Terme d'artillerie. Gros canon court, d'invention anglaise, et d'abord en u.sage dans la marine seulement. Elle diffère du canon en ce que celui-ci n'a pas une chambre pour recevoir la poudre comme le mortier, l'obusier et la caronado.
t CARONCULAIRE (ka-ron-cu-lô-r'), adj. Terme didactique. Qui est formé de caroncules.
— ÉTYM. Caroncule.
■ CARONCULE (ka-ron-ku-l"), s. f. || 1* Terme d'analomie. Petite éminence charnue. La caroncule lacrymale. || 2° Terme de zoologie. Excroissance charnue ornant le front, la gorge, les sourcils des oiseaux. || 3° Terme de botanique. Rendemont à la surface de certaines graines.
— HIST. xvi* s. Une petite caruncule eslevée dedans l'entrée du col de la vessie comme une fraise, laquelle est souvent prise pour caruncule non naturelle par ceux qui sondent, paré, i, 29.
— ÉTYM. Caruncula, diminutif de c«r«, chair.
t CARONCULE, ËE (ka-ron -cu-lé, léc), adj. Qui est muni d'une caroncule.
t CARONCULEUX, EUSE (ka-ron-ku-leû , leû-z), adj. Terme de chirurgie. Qui a rapport aux carnosités.
— ÉTYM. Caroncule.
1 1. CAROSSE (ka-ro-s'), s. m. \\ l» Ustensile du cordier. || 2° Assemblage de ijarments liés ensemble autour de l'échalas.
t 2. CAROSSE (ka-ro-s'), s. m. Fruit du carossier.
t CAROSSIER (ka-ro-sié) , s. m. Nom d'un palmier d'Afrique.
CAROTIDE (ka-ro-ti-d') , adj. et s. f. Terme d'anatomie. Artère carotide, ou simplement, la carotide, l'une des deux grosses artères qui conduisent le sang à la tête. Les artères carotides se bifurquent en carotide interne et en carotide externe. Les branches qu'on nomme les carotides sont fort étroites, desc. Fœtus, 3.
— HIST. xvi* s. L'artère carotide, paré , Introd. 40.
— ÉTYM. KapiùTiSec, de xapoOv , assoupir, do xâpo;, carus (voy. ce mot). On supposait que la cause du sommeil résidait dans ces artères.
CAROTIDIEN, lENNE (ka-ro-ti-diin, diè-n') , arfj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux carotides. Canal carotidien, conduit de l'os temporal qui donne passage à la carotide interne.
— ÉTYM. Carotide.
CAROTIQUE (ka-ro-ti-k'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport au carus. Assoupissement, état carotique.
— ÉTYM. Kopwcixàç, de xâpo:, carus (voy. ce mot). CAROTTE (ka-ro-f) , s. /'. || l" Plante potagère de la
famille des ombellifères, à lacine pivotante et charnue, douce, sucrée, comestible. || La racine même. Il Fig. et famihèrement. Ne vivre que de carottes, vivre mesquinement. || 2° Carotte de tabac, rouleau de feuilles de tabac. || 3° Fig. et populairement. Jouer la carotte, jouer chichement et en ne hasardant que le moins possible. |{ Tour par lequel on subtilise de l'argent à quelqu'un. Quelle carotte! J'ai compris la carotte. C'est une carotte. Tirer une carotte à quelqu'un, en obtenir quelque chose par adresse ou par ruse.
— HIST. XIV* s. Garroites sont racines rouges que l'en vent es halles par pougnées, Ménagier, n, 5. Jehan Roussel dist au suppliant: Larron, tu as retourné carotte [tu as tourné casaque] , et le frappa d'un pel [pieu] d'une haye, du cange, corariro.
— ÉTYM. Génev. carotte, betterave (comme dans plusieurs provinces où le nom de la carotte est pris pour oelui de la betterave); ital. carota; du latin caroW; du grec xapuTÔv. Au lieu de tirer une carotte, l'italien dit: planter ou ficher des carottes ipia'itar, ficcar carote, qui signifie attraper et qui a aussi un autre sens fort grossier). L'origine de cette faconde parler, c'est que, dans un sol meuble et doux, image de la crédulité, la carotte acquiert un développement admirable; l'expression italienne s'arrête à l'intention du semeur de carottes; le français considère le procédé qui les récolte, gênin, lUcreat. t. i. p. ai».
CAROTTER (ka-ro-té). || 1* V. n. Jouer mesquinement ne hasarder quo peu d'argent à la fois.
Terme lomilieF. || 2." V. a. Carotter quelqu'un, lui carotter de l'argent, en tirer de l'argent sous quelque prétexte controuvé. Terme bas.
— ÉTYM. Cnrotte.
CAROTTEUH, EUSE (ka-ro-teur, teû-z') ». m. et ^. Celui, celle qui carotte, qui joue mesquinement . Terme familier. || Celui, celle qui lire une carotte. Terme bas.
t CAUOTTIER, 1ÈRE (ka-ro-tié, tiê-r"), t. m. et f. Celui, celle qui a l'habitude de carotter au jeu
t^AROrriNE (ka-ro-ti-n'), s. f. Terme de chi mie. Principe colorant de la racine de carotte.
— ÉTYM. Carotte.
t CAROUB (ka-roub), s. m. Caroub de Judée, galle de térébintlie, produite par la piqûre d'un puceron et ayant des propriétés astringentes et une saveur aromatique.
CAROUBE (ka-rou-b'), t. m. Fruit du caroubier; gousse longue et plate, contenant une pulpe trèsdouce au goût. On dit aussi carouge \\S. f.En Orient on se sert di suc de la caroube pour faire des cun serves, en. d'orbigny.
— IlEM. L'Académie fait ce mot du masculin ; mais c'est une erreur; les botanistes font caroube du féminin, et cela doit être.
— HIST. xvr s. A la beauté de ses feuilles donnent grand lustre les garrobies , fruit do cette plante, enfermées dans des longues gousses cololorées d'incarnat cramoisi, 0. de serres, 556.
— ÉTYM. Provenç. carobla; anc. cat. carrobla; espagn. garrobo, garrubia , algarrobo ; ila\. carrubo; de l'arabe charroxib, avec l'article, alcharroub (frkytag, 1, 47 1 a), nom de ce fruit.
CAROUBIER (ka-rou-bié; l'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : les ca-rou-bié-z et les caroubes) , ». m. Arbre de la famille des légumineuses, qui croît en Orient et dans le Midi de l'Europe [ceratonia siliqua, t.).
— HIST. xvi* S. Au rang des plantes toujours verdoiantes, nous logerons le garrobier, ainsi appelle en Provence, par d'aucuns silique, 0. de serres, 556.
CAROUGE (ka-rou-j'), s. {. Voy. caroube.
t CARPADÈLE (kar-pa-dè-l") , ». m. Terme de botanique. Fruit indéhiscent et pluriloculaire, composé d'un péricarpe sec (celui des ombellif'«res).
— ÉTYM. Kapito;, fruit, et âôiriÀo;, non visible. 1. CARPE (kar-p'), s. f. Poisson d'eau douce à
grandes et larges écailles, très-bon à manger (cyprinus carpio, L.). Il côtoyait une rivière. ...Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère, la font. Fab. vu, 4. On faisait quelquefois manger à feu Mademoiselle, au comté d'Eu, des carpes qui avaient plus de quatre-vingts ans; on reconnaissait leur Age à des ameaux d'une certaine marque qu'on leur avait attachés aux nageoires; ces carpes étaient d'une bonté admirable, segrais, Mém. t. II, p. <20. J'ai vu des carpes chez M. de Maurepas, dans les fossés de son château, qui ont au moins cent cinquante ans bien avérés, buff. Animaux, ch. )o. ||Fig. Saut de carpe, saut que les baladins exécutent à plat ventre, en s'élevant horizontalement. |1 Kg. et familièrement. Faire la carpe pâmée, feindre de se trouver mal. i| Faire l'œil de carpe, montrer des yeux do carpe pâmée, faire les yeux doux. |j Bâiller comme une carpe, bâiller beaucoup. || Muet comme une carpe, se dit d'une personne qui garde obstinément le silence.
— HIST. XIII* s. Quiconque est pescheur des eaux le roy, il puct prendre toute manière de poisson fors quatre, c'est à savoir brochés, barbeauz, anguiletes, carpes, de quex quatre pères de poisson, il ne pueent nul prendre par leur serment que II quatre no vaillent un denier, Liv. des mit. 2«s. Il XIV* s. Dirpe doit estre très cuite, ou autrement c'est péril de la mangier, Uénagier, u , 4.
— ÉTYM. 'W'all. crap; provenç. fscarpo ; espagu. carpa; ital. carpione; aiiem. Karpfen; suM. earpf; de carpa, de cyprinus, ».Oitpivo;(ile KvTipi;, Vénus?)
2. CARPE (kar-p"), ». m. Terme d'an«lomie. Lr poignet, ou la partie qui est entre l'avanl-bras et la paume de la main. Les huit os du carpe. |i Partie épaisse du bord externe de l'aile des insectes.
— HIST. XVI* s. Les muscles qui fléchissent le carpe, paré, i, 8. Le carpe ou poignet, le métacarpe ou avant-main, et les doigts, m. iv, ÏO.
— ÉTYM. Kapno;.
CARPEAU (kar-pû), s. m. Petite carpe. Ime carpe et def carpeaux. Un carpcau qui n'était encore que fretin, la font. Fabl. v, 3. jj Variété de la carpe d'un goût fort délicat, qu'on pêche dans le Khône et la Saéue.
— itEU. On trouve dans des dictionnaires earpot.
CAR
mais l'orllioKraphe et la prononciation cnrpeau sont anciennes» ot |ir6réral)lc8.
— msT. xiii* s. Nus poissonnier no autre no puet ne no doit vendre barbiaus, lenchiaus, cuerpiaus et anguillostes, dosquoi les qualro ne valent un dénier au moins, Liv. des met. 2«r.. One l'en no pregno carpel dont les deux no vaillent sept deniers, Ord. de rh. le bel, Bibl. des ch. 3" série, t. iv, p. 53.
— ETYM. Carpe; wall. carpai.
f CAHPKLLAIIIK (Itar-pèl-lt-r'), adj. 'fKvmo de botanique. Qui se rapporte au carpella. Feuille carpellaire.
t CARPELLE (kar-pè-l") , s. m. Terme de botanique. Chacune des divisions foliacées qui, par leur réunion, concourent à former le fruit; fruit wi pistil distinct provenant d'iuie seule fleur; fruit partiel provenant d'un ovaire séparé, et concourant ensuite, avec d'autres fruits pareils, à former un fruit multiple, comme la mûre.
— ETYM. Diminutif de xapTiàç, fruit.
t < . CARPETTE (kar-pè-f) , s. f. Terme de pêche. Jeune carpe.
— ÊTYM. Diminutif de carpe.
t 2. CARPETTE (kar-pè-f) , s. f. Gros drap rayé, nommé autrement tapis d'emballage. || Aujourd'hui, lapis de haute laine plus grand que ceux qu'on nomme foyers, c'est-à-dire de <", 8U à 2 métrés de long sur t", to à t", 30 de large. Une carpette de Smyrne.
— HIST. xm' s. Puis s'en va bielement le pas Bji une chambrete petite; S'il prist une vies carpite [sorte de gros drap] , Roman de Robert le diable, dans DU cange, carpita. Quant tuit furent assemblé, prélat et autres personnes, et il furent revestu des aornemenz de sainte Eglise, et tapiz et carpites furent attendu.... id. ib.
— ÊTYM. Bas-lat. carpita; ital. carpita; du lat. carpere, détirer de la laine, filer, d'où charpie (voy. ce mot). C'est de carpette que les Anglais ont l'ait carpet, tapis.
tCARPHOLOGIE (kar-fo-lo-jie), s. f. Terme de médecine. Agitation automatique et continuelle des mains et des doigts qui semblent chercher à s.iisir de petits objets. La carphologie est un très-mauvais -signe.
— REM. C'est par une confusion vicieuse qu'au lieu de carphologie quelques médecins disent carpologie.
— ÊTYM. Kàpçoç, flocon, et "yéynt, recueillir, le même que le latin légère (voy. lire).
t CARPHOLOGIQUE (kar-fo-lo-gi-k') , adj. Qui a rapport à la carphologie.
t CARPIDIE (kar-pi-die), s. f. Terme de botanique. Chacun des fruits partiels qui proviennent d'une seule fleur ou d'un seul pistil dans un fruit composé.
— ÉTYM. Diminutif de xapitè; , fruit.
t CARPIE (kar-pie), s. f. Hachis de carpe.
— ÉTYM. Carpe t .
tCARPIEN, lENNE (kar-piin, pié-n') , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au carpe.
— ÉTYM. Carpe 2.
t CARPIER (kar-pié) , s. m. ou CAKPIÈRE (karpiè-r"), s. f. Vivier à carpes. Nous fûmes à la carpière oiï il m'aida à laver mes doigts, j. j. rouss. Prom. 4.
— HIST. xiv' s. Estanches ou carpieres à garder et nourrir poisson, du cange, carpana.
— ÉTYM. Carpe i .
CARPILLON (kar-iù-Uon, Il mouillées.et non karpi-yon), s. m. Très-petite carpe. Autrefois carpillon fretin Eut beau prêcher, il eut beau dire. On le mit dans la poêle à frire, la font. Fab. ix, <0.
— ÉTYM. Diminutif de carpe t .
t CAHPION (kar-pi-ou) , s. m. ou CARPIONE (karpi-o-n'), s. f. Truite poiutillée fort commune dans les eaux douces des Alpes.
+ CARP1QUE (kar-pi-k'), adj. Terme de botanique. Qui a rapport au fruit.
-- ÉTYM. Kapitoç, fruit.
\ CARPO.... préfixe qu'emploient les anatomistes pour indiquer qu'une partie tient au carpe : carponiétacarpien.
t CARPOBALSAME (kar-po-bal-sa-m'), *. m.
Terme de botanique. Fruit du baumier de la Mecque.
— ÊTYM. Kapitàç, fruit, et pâXdauov , baume.
t CARPOBOI.E (kar-po-bo-l'), s. m. Terme de leiiMs^TO ■ 1^'^°'''' '^^ champignons qui projettent
T-^Ji^^^'^'P"*'' '■■"''> «l P«5^o^. jet-
+ tARPOCRATIEN , lENNE ( kkr-pckra-siin ,
CAR
«ié-n'), ad]. Qui appartient à la doctrine de Carpocralo, sorte de gnosticismo.
— ÉTYM. Carpocratc , nom d'un si'ctaire du tem|)S d'Adrien, qui enseignait que le monde avait été créé par les anges et que le Clirist était pareil aux autres hommes, jiauf qu'il avait reçu une âme pure.
t CARPOLITHE (kar-po-li-f), s. m. || 1" Nom donné aux concrétions dures des J'ruils, telles que celles de certaines poires. {| 2° Kruil fossile ou pétrifié.
— ÉTYM. KapTOç, fruit, et lll}oi, pierre.
t CARPOLOGIE (kar-po-lo-jie) , s. f. Terme de botanique. Étude du fruit considéré dans son ensemble et ses détails.
— ÊTYM. KapTtè;, fruit, et ).0Y0?, traité (voy. lu-
GIQUE).
t CARPOLOGIQUE (kar-po-lo-ji-k'), ad]. Qui a rapport à la carpologie.
t CARPOMORPHE (kar-po-mor-f), adj. Qui a l'apparence d'un fruit.
— ÉTYM. Kapito;, fruit, ot (iopcpr), forme.
t C.\RPOMYZE (kar-po-mi -/.'), s. m. Terme de zoologie. Nom de mouches qui sucent les fruits.
— ÊTYM. Kocpnôç, fruit, et i^OÇeiv, sucer.
t CARPO-PÉDAL (kar-po-p6-dal) , adj. m. Terme de médecine. Spasme carpo-pédal, aflectiuii spasmodique de la poitrine , avec toux croupale et convulsions , spécialement des pouces et dos orteils.
— ÉTYM. Carpo.... préfixe, et pes, pied.
t CARPOPHAGE (kar-po-fa-j'), adj. Terme de zoologie. Qui vit de fruits.
— ÉTYM. KapTtoç, fruit, et tpayerv, manger.
t CARPOPUILE (kar-po-fi-l') , adj. Qui croit sur les fruits.
— ÉTYM. Kapitoç, fruit, et çtXo;, qui aime. 11 serait mieux de dire- philocarpe , çO.o; n'ayant le sens actif que quand il est en tête du composé. Quand il finit le composé, il a le sens passif : Oeoçi),o;, aimé de Disu; cependant on trouve aussi, en ces cas, bien que rarement, le sens actif.
t CARPOPHORE (kar-po-fo-r') , s. m. 'l'erme de botanique. L'organe qui, sur le fruit mûr, représente le gynophore dans l'ovaire.
— ÉTYM. Kar.Tto;, fruit, etcopo;, qui porte.
t CARPOPHYLLE (kar-po-fi-l') , s. m. Terme de botanique. Feuille en forme de fruit.
— ÉTYM. KaoTto;, fruit, et 9Ù),Xov, feuille.
t CARQCAISE (kar-kê-z') , s. f. Terme de verrerie. Voy. CAHCAISE.
t CARQUERON (kar-ke-ron) , s. m. Levier interposé entre les marclies, dans un métier à tisser.
CARQUOIS (kar-koî ; l's se lie : le kar-koî-z et les flèches), s. m. fitui à floches. Le carquois se portait sur le dos. Mes chars et mes coursiers, mes flèches, mon carquois, volt. Orphel. m, 4. Les flbclies dont le Scythe a rempli son carquois, A. CHÉN. ÉUg. 33. Désorgues, qui prend sa rosse Pour le coursier d'Hélicou, Prendrait-il aussi -sa bo.sse Pour le carquois d'A|iollon'? ledrun, Epigr. contre Désorgues. || Fig. Vider son carquois, lancer beaucoup d'épigrammes. Mourir sans vider mon carquois! Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange Ces bourreaux barbouilleurs de lois, A. CHÉN. ïambe s.
— HIST. XII" S. [Ils] Ont chaint [ceint] carquais, Rou, dans nu cange, gambiso. \\ xiir s. Car li pecheor tendus ont Lor arc et aparilliet l'ont, Lor sajetes et lor tarquais, Por saiter les homes vrais. Psaumes en vers, dans Liber psatmorum, p. 268. Il XIV' s. Prenez escrevices cuites, et en ostez la char des queues; et le surplus, c'est assavoir coquilles et charquois, ilénagicr, t. n, p. <70. Pour faire perdriaulx de poucins, il convient avoir petites poulettes, copper les jambes et les cols, oster les charcois, ib. p. 2(2. Puis ostez la gorge et les hoyaulx du poucin et l'en [lourrez paistre à l'une fois des eles, l'autre fois des cuisses, puis au derionier du charquois, ib. p. 3ûii. || xV s. Quant amours ot oy mon cas. Et vi qu'à bonne fin tendi. Il remit sa flesche au carcas, al. ciiartier, Kxcusation. Plusieurs sa^teltes, toutes en son turquois, Perceforest, t. VI, ch. B9. Il XVI" s. J'ai sous l'ai.sselle un carquois Gros de flèches non pareilles, Qui ne fout bruire leurs voix Que pour les doctes oreilles, Ronsard, livre i", Ode 4. || xvn" s. Carquois est le haut bout du mast où il y a certains polions propres pour tirer la corde attachée à la verge [vergue], le p. RENÉ FRANÇOIS, Essay des merveilles de nature,
1629, p. 406, dans JAL.
— ÊTYM. Provenç. carcais; espagn. carcax; portug. carcas; ital. carcasso, turcasso ; bas-lat. turcaïio; bas-grec, Tapxâoiov. L'historique prouve que