‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 344 sur 504 · C.iRRIER (ka-rié; l'r no se lie jamais; au pluriel · texte numérisé non relu

C.iRRIER (ka-rié; l'r no se lie jamais; au pluriel

CAR

Vt se lie: des ka-rié-z actifs), s. m. Celui qui e» ploite une carrière comme entrepreneur ou comm ouvrier. Quand on dit à la barrière d'Enfer : voill lescarriersdeMontrougequidescendent.... A. DUMAS, Les mille et un fantômes, § <.

— HIST. xvi" s. Nous allasmes près d'une lieua dans lesdites carrières, estans conduits par dcui carriers, palissy, 266. Lors le carrier me dit que plusieurs fois il avoit trouvé de tels et autres animaux au profond des pierres, sans apparence d'aucune ouverture, parB, xix, 19.

— ÉTYM. Quadratarius , tailleur de pierres, de quadrare, donner une forme carrée (voy. carrer).

< . CARRIÈRE (ka-riâ-r"), s. f. \\ V Lieu formé de barrières et disposé pour les courses. 11 excelle à conduire un char dans la carrière, r4c. Brit. iv, 4. Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière, Suivre de l'osil un char fuyant dans la carrière? in. Plièd. I , a. Aux atlilètes dans Pise elle ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière, boil. à. poét. 11. Je laisse aux plus hardis l'honneur de la carrière El regarde de loin assis sur la barrière, w.ib. ||Fig. Pa.sser carrière, accepter certaines conditions. Personne n'avait été d'avis do passer carrière sur les énormes propositions qui avaient été faites à Torcy à la Haye , st-sim. 238, m. Portland voulut essayer de tout, et voir si, n'en faisant plus une condition [dudépartde Jacques de la France] , puisqu'il avait passé carrière, et comblant le roi de prévenances et de respects, il ne pourrait pas obtenir ce fruit de ses souplesses, iD. B4, t46. Il Donner carrière, laisser le champ libre; se donner carrière, s'ouvrir un cliaitip libre. Donner carrière à ses plaintes, à ses passions. J'avais franchi les monts qui bornent œt état, Et trotlais comme un jeune rat Qui cherche à se donner carrière, la foiNT. Fabl.vi, c. Pour peindre les beautés, cette éloquence se donnait carrière, ha- MiLT. Cramm. <<. || Familièrement. Se donner carrière aux dépens de quelqu'un, le railler sans aucune retenue. || Il ouvrit et ferma la carrière, il ferma la carrière qu'il s'était ouverte, se dit d'un homme qui, excellant dans l'art dont il fut le créateur, est resté sans rivaux. || 2» Terme de manège. La course que peut fournir un cheval sans perdre haleine. Ce cheval a bien fourni sa carrière. Donner carrière à un cheval, lui lâcher la bride. Ils avaient exigé du roi de Perse qu'il se tiendrait toujours éloigné des côtes de la mer de la carrière d'un clieval, MONTESQ. Espr. x», 21. |i Sorte de manège découvert, dans les liaras. || Terme de fauconnerie. La carrière de l'oiseau, qui est un espace il'environ soixante tiiises qu'il est dressé à monter. || 3° Par extension, une course quelconque. Les navires qui partent pour fournir une longue carrière, UMS.Piof.'À. ||4°Course ou cours des astres. Les planètes fournissant toujours la même carrière.... Le soleil étant au miheu de sa carrière. Il voulait reculer les frontières de son empire jusqu'aux lieux où le soleil finit sa carrière. Le dieu [le soleil], poursuivant sa carrière. Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs, le franc de pompignan. Odes, m, ). Il 5° Fig. Champ, espace où la vie se déploie et s'exerce, où les choses s'accomplissent, où les sentiments se font jour. Qu'ils fassent un ouvrage Riche d'inventions, de sens et de langage.... Qu'ils montrent de leur eau, qu'ils entrent en carrière, Régnier, Sat. IX. Et c'est mal de l'honneur entrer dans la carrière, corn. Hor. ii, 3. Sa faveur me couronne entrant dans la carrière, m. Poly. iv, 3. Dieu ouvre une belle carrière à nos espérances, boss. i, Annonc. 2. Moulin ouvre la carrière par cet anéantissement do tout acte, lu. Or. 3. Vous n'entreprenez point une injuste carrière, bac. Baj. u, l. C'est par où nous ouvrirons les instructions de cette sainte carrière [du carême], mass. Carême, Jeûne. Pourinterrompie enfin une si affreuse carrière, id. Carême. Dtot. de conv. Ô vous qui de l'honneur entrez dans la carrière, volt. Disc. 3. Lorsque Bossuet descendit dans la carrière, la victoire ne demeura pas longtemps incertaine, chateaub. Génie, l.i, 4. lia fourni la carrière de plusieurs carêmes , BOSS. Bourg. *. Il pourrait se var.ter d'avoir fourni une assez belle carrière, sÉv. 696. Je n'ai pas trop mal couru ma carrière, m. 698. On veut fournir toute la carrière, la bruy. <1. Vous laissez si peu de carrière à mes sentiments qu'il faut malgré soi se conformer à votre façon de penser, cbébillon, dans iii-sFONT. Il a recommencé, pour ainsi dire, la carrière de ses anciennes amours; sa première jeunesse s'est écoulée une seconde fois dans nos entretiens, 1. 1. Rouss. Mél. IV, 9. Il 6° Le cours de la vie, le temps pendant lequel on exerce un» charge, un «a-

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ploi, etc. Qu'un long âge apprête aux hommes généreux Au hout de leur carrii're un destin malheureux! CORN. Cid, II, 9. Croyez-vous que lui-même il fut homme à vous suivre , Si par votre trépas vous l'aviez prévenu ? Non, madame, il voudrait achever sa carrière, l\font. Matr. EUo veut y venir doucement finir s;i carrière, sÉv. 432. Je touclie au dernier pas de ma longue carrière, volt. Alx. i, 1. Je veux qu'il pousse sa carrière aussi loin que Fontenelle, et que dans sou agréable vie.... volt. Lett. Mme du Deffant, 9 mai I7e4. Ses forces ne lui permettaient r.i de faire de grands efforts ni de se flatter de l'espérance d'une longue carrière, condorcet, Busqurt. Il 7° Profession, état, étude. Choisir ou se choisir une carrière. Entrer dans la carrière politique. Faire ses premiers pas dans la carrière du gouvernement. La carrii'^re du Iwrrcau. La carrière militaire. Lacarrière des armes. Vaincu par lui, j'entrai dans une autre carrière, rac. Àth. m, 3.

— tliST. XII* s. Girarz seit bien d'Ardene la grant charriere, Gérard de Ross. p. 382. || xiii' s. Il vit venir Amy par la chariere, du cange, carreria. La seconde manière de voie qui fust fête, si fu de huit pies do largue, et l'apel'on cariere, beaum. xxv, 2. Le chevalier qui la destroit, Por le chemin qu'il vit estroit, La raist devant; il fu derrière Por l'estrece do la quarnere, FaU. et Cnnt. anc. t. i, p. t98. Oui lors veïst par les charrieres Cent armez avant et arriéres, G. guiaut, t. ii, p. 407. || xv' s. Us descendirent de leurs défenses et vinrent en la carrière et apportèrent grand foison de bois et merrien, FBOiss. II, m, 38. ||xvi" s. L'ignorance des auditeurs preste une belle et large carrière au maniement d'une matière cachée , mont, i, 247. Se fourvoyer de la dioicte carrière, m. i, 339. J'ay veu un homme donner carrière à deux pieds .sur sa selle, id. i, 308. Ne plus ne moins qu'un bon coureur qui par malheur se laisseroit tomber au plus près du bout de sa carrière, amyot, Fhilnp. 3i. Un tel preparatif est beau, dit-il, pour une course et carrière: mais je crains le retour et la continue de la guerre, m. Phnc. 32. Ouand les ennemis auroyent brisé une carrière [voie] tout à travers de la ville, et qu'ils pu.ssent passer et repasser à travers de ladite ville jHsqucs au nombre de quarante de front, palissy, 421. Il fallut courir à l'escurie, ou depuis trois semaines par prevoiance on avoit accoustumé de picquer des chevaux en une carrière ouverte, d'adb. INsf. II, 187. Frais, gaillard, jeune, ainsi qu'un jouvenceau Qui pour l'amour de sa belle guerrière Monte ,'1 cheval et pas.se une carrière, rons. 679. Cheval aiant le pas, le trot, le galop et la carrière, eslevê, libre, vigoureux et viste , seur, prompt et ferme le maniement et les bonds , avec facile et léger arrest, o. ne serres, 303. Le second chemin s'appelle carrière et a huit pieds de largeur, et y peut l'on bien mener charrettes l'une après l'autre et bestail en cordelle, et non autrement, Coustumier génér. 1. 1, p. 403.

— ÉTYM. Provenç. carriera, rue; espagn. carrera; portug. carmrrt ; ital. carriera; de carrus, char (voy. char) : proprement voie d'un char.

2. CARniÈRK(lia-riè-r'),s. f. || 1° Lieu d'où l'ontire de la pierre. Ouvrir une carrière. Carrière de marbre, d'ardoise. Une corde qui, en s'enroulant [autour d'un treuil], amène à la surface du sol une piuri e taillée aux fond de la carrière , A. dumas, Les mille el un fantômas, § 1. H Dans l'antiquité on employait les prisonniers aux travaux des carrières. Condamner aux carrières. Il Fig. Qu'on me ramène aux carrières, se dit pour exprimer qu'on est prêt à redire ou à refaire ce pourquoi on a été mené aux carrières, on a subi un traitement injuste. Expression empruntée à ce Grec qui, à la cour de Denys le tyran, aimait mieux être ramené aux carrières d'oii il sortait, que d'admirer les mauvais vers du roi. Il 11 a une carrière dans le corps, se dit d'un homme qui a subi plusieurs fois l'opération de la taille pour des calculs, ou qui rend .souvent des calculs en urinant. || 2° Concrétion pierreuse dans l'intérieur de certains fruits.

— IIIST. XII" s.... As charpentiers etasmasons, mairien achetassent, et pierre feissent de la quarriero venir, Rois, 423, || xvi's. Les colonnes furent tailliées en la quarriere de marbre pentelique , AMYOT, Puhl. 9. 11 se vient mettre en bataille i la vue de la ville aux carrières de Vaugirart, d'aub. Ilist. m, t8).

— ÉTYJl. Bas-lat. quadraria (voy. carrier). M. Houzée, 3« lettre sur la signification des noms de lieux en France, p. 30, préfère rattacher carrière au celtique cair, pierre, qui se retrouve en effet dans beaucoup de noms de lieux; mais l'orthographe quar-

riere, le latin qundratarius , tailleur de pierre, le bas-latin quadraria, font donner la préférence au latin sur le celtique.

t CAHRir.l,ON (Ita-ri-llon, Il mouillées), s. m. Terme de serrurerie. Pièce do fer carrée.

— ÉTYM. Bas-lat. quadrilio , quaternaire (voy. carillon).

CARRIOLE (ka-ri-o-l'), s. f. \\ 1» Petite charrette couverte, ordinairement suspendue. Carriole d'osier. Il 2° Familièrement, mauvaise voiture.

— ETYM. Provenç. carriol, s. m., earriola, s. f.; espagn. earriola; ital. carriuola; diminutif de carrus, char (voy. char).

t CARROCCIO (ka-rro-tchio),î.m.Nomd'un grand et splendide chariot qui accompagnait les armées des cités italiennes du moyen âge et qui portait le drapeau de la cité.

— f.TYM. Ital. carroccio, augmentatif de carro, char.

t CARROSSABLE (ka-ro-sa-bl') , aJj. Route carrossable, route oi5 les voitures peuvent passer.

— ÉTYM. Ital. carrossabile , de carrozxa, carrosse.

CARROSSE (ka-ro-s'), s. m. ||1° Voiture à quatre roues, suspendue et couverte. Chevaux de carrosse. Avoir, prendre, rouler carrosse. Mata menant sa maîtresse à son carrosse, HA^aLT. Gramm. 4. Elle monta promptement en carrosse, id. ib. 7. La pauvre femme n'o.se pas aller en carrosse, sév. (43. Son carrosse était demeuré à demi-lieue de Vitré, id. 69. Et mon homme d'avoir chiens , chevaux et carrosses, LA font. Fables, vu, t4. Comme il n'y avait pas longtemps que les carrosses à glaces étaient en usage, HAMiLT. Gramm. 7. Il descend du palais, et trouvant au bas du grand degré un carrosse qu'il prend pour le sien, il se met dedans; le cocher touche , et croit ramener son maîtfe dans sa maison, LA BRur. 1 1 . Tu te trompes si , avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent et ces six bêtes qui te traînent, lu penses que l'on t'en estime davantage, id. 2. || Fig. Il est brutal, stupide comme un cheval de carrosse, c'est un vrai cheval de carrosse, se dit d'un homme brutal et stupide. Comment, grand cheval de carrosse! mol. Bourg, gent. ii, 3. Il est vrai que cela est écrit du style d'un cheval de carrosse, volt. lett. Ilelvctius, I" mai (763, Il Carrosse de voiture s'est dit au xviii" siècle pour ce que nous appelons diligence. Un carrosse de voiture qui allait à Bordeaux fut dans la route attaqué par des voleurs, Marivaux, Vie de Marianne,*" partie, p. 7. || 2° Terme de marine. Logement sur l'arrière d'un bfltiment. Il 3° Terme de pêche. Petit parc très-bas dont le dessus est couvert par un filet.

— SYN. CARROSSE, voiture. On ne dira pas : mon carrosse est à la porte ; je vous prendrai dans mon carrosse; il faut dire : ma voiture est à la porte; je vous prendrai dans ma voiture. Carrosse implique une idée de luxR et de faste qui n'en permet l'emploi que dans certains cas.

— HlST. XVI' s. Et ensuite un gros vilain caresse qui acouchoit de petits carossillons, d'aub. Fœn. IV, 20. On murmura aussi que les carosses scroient censurées, Sat. Ménipp. 1 98. Un carrosse à trentesix portières [une charrette], oudin.

— ÉTYM. Bourguig. cairosse;ûe l'ital. carroisa, forme dérivée de carro, char (voy. char). Carrona étant féminin en italien, carrosse a été féminin : Toujours d'un valet ta carrosse est suivie, Régnier, El. 2. L'italien ayant d'autre part carroccto, on a dit aussi carroche.

CARROSSÉE (ka-ro-sée), s. f. La quantité de personnes que contient un carrosse. Monseigneur embras.sa toute la carrossée, sÉv. 488. Vous savez aussi mes transports de joie, quand je vois partir une chienne de carrossée, qui m'a contrainte et ennuyée, m. 272. Le roi partit de Compiègne et s'en alla avec sa même carrossée à Chantilly, st-sim. 60, H.

— ÉTYM. Ital. carro3sata,<ie carroitare, aller en carrosse (voy. carrosse).

t CARROSSER (ka-ro-sé). || l" V. a. Voiturer en carrosse. Il a fallu carrosser toute la noce. || 2° r. n. Terme de marine. Carrosser de la voile, avoir beaucoup de voiles dehors par un bon frais.

— ÉTYM. Ital. carroxtare, aller en carrosse.

I CARROSSERIE (ka-ro-so-ric) , s. (. L'état de carrossier et ses produits. Il entend bien la carrosserie. Il tient la sellerie et la carrosserie. || Le corps des carrossiers ou l'ensemble de ceux qui fabriquent des carrosses.

— ÉTYM. Carrosse.

CARROSSIER (ka-ro-sié) , s. m. \\ 1° Fabricant de carrosses. {| Âdj. OuTrier carrossier. || 2° Cheval d'at- I

telage de haute taille. Le carrossier léger est le che. val des attelages de luxe, différant, par moins de taille, de celui qu'on nomme simplement carrossier.

— HIST. XVI* s. Le carrossier [cocher] de M. Varat me donna du pommeau dans l'estomac, d'aud. Fœn. T, 7. Elle fit commander à son carrossier de les mener le plus lentement qu'il pourroit. Pèlerin <ïamour, t. i.p. ton, dans lacurne (Aux coches avaient succédé les carrosses, d'oii carrossier pour cocher, qui cependant est aujourd'hui seul en usage).

— ÉTYM. Carrosse.

CARROUSEL (ka-rou-zèl),.?. m. || 1° Tournoi où de* chevaliers partagés en quadrilles distingués par la diversité des livrées et des habits, se livrent à différent* jeux et exercices. On y ajoutait souvant des courses de chariots, des machines, dos récits et des danses de chevaux. S'il se fait un carrousel, le voilà entré, la bruy. 7. On fit en (062 un carrousel vis-à-vis le» Tuileries, volt. Louis XIT, 25. Donc, en vos âme» courtoises. Gravez, pairs el damoisels, La loi des joutes gauloises, Et des galants carrousels, v. ni.oo, Odes, IV, (2. Six grands laquais, plus chamarrés de galons que les cstafiers d'un carrousel, dancourt, Chevalier à la mode, i, ). Si on vousavait dit dans votre enfance qu'il y avait à Moscou des carrousels d'hommes et de femmes plus magnifiques et plus galanlsque ceux de I^uis XIV, volt. Lett. Richelieu, 2" avril 1770. || 2» La place même où se donne un carrousel.

— ÉTYM. Ital. carosello ou garnsello; garosello est un diminutif de garoso, querelleur, de gara, querelle; de sorte que jorojeWo paraît signifier proprement tumulte.

CARROUSSE (ka-rou-s'), ». f. Partie de boire, excès de bois.son. Encore, après cela, ils sont enfants des cieux; Us font journellement carrousse avec les dieux, Régnier, Sat. ii. Alaciel, qui de sa vie, Selon sa loi, n'avait bu vin. Goûta ce soir, par compagnie. Do ce breuvage si divin.... Insensiblement fit carrousse, la font. Fiancée. || .Mot vieilli.

— HIST. XVI' s. Quelques Alemans et Bourguignons faisoient carrousse du sang des sacrifices, d'aub. Conf. I, 8. Tout le monde beuvoil carous à luy et à moy, pensans m'enyvrer, paré, t. m, p. 732. Ce maistre eschevin, qui ne mist jamais le nez qu'en ungpoisle pour boire carroux.... carloix,

IV, (4 Faisant boire à la mode du pays [de Metz],

que l'on appellecarroux, tous les passants, id. vi, 2B. .... Qu'ils iroient jusques dedans leurs poisles, et faire carroux, c'est à dire boire d'autant avec eux, id. rx, 24. Je ne suis pas de ces importuns lifrelofres qui, par force, par outrage et violence, contraignent les gentils compaignons trinquer, boire carrous, rab. Pant. m, Prolog.

— ÉTYSl. Espagn. earaos; angl. canuse; de l'allemand jarous, dans cette locution garaus machen, en finir, combler la mesure.

CARRtTRE (ka-ru-r'), I. f. La largeur du dos d'un» épaale à l'autre. Il était court de stature, mais large de carrure, j. i. rouss. Conf. m. Des gentilshommes dameretsQui n'ont ni carrure ni taille, bêrang. Prétint. Il Se dit aussi d'un habit. Cet habit est trop large, trop étroit de carrure.

— HIST. xiii* s closlure Qui n'est pas faite en

quarreûre, la Rose, 20494. Li vergiers par compasseQre Si fu de droite quarreûre, S'ot de lonc autant cura de large, t6. t33'2. Et doit estre le champ de quarante canes de careOre, Ass. de Jérus. i, nt. Il XV' s. Au milieu du palais avoit un chastel ouvré et charpenté en carrure de quarante pieds de haut et de vingt pieds de long et de vingt pieds d'aile, froiss. m, iv, i. Il ordonna brièvement son ost en quamire, et par devant estoit en triangle, MONSTH. I, 50. Il XVI' S. De hult ou neuf pieds de quarreûre dans œuvre et peu moins de haulteur sera la raisonnable capacité d'un chacun poulaiUer,

— ÉTYM. Provenç. cayradura; espagn. cuoaratura ; ital. quadratura; du latin quadratwra, de çuadrare (voy. carrer).

t CARTACÉ, ÊE(kar-la-sé, sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'aspect du papier.

— ÉTYM. Chartactus, de cttarta (voy. cartb).

t CARTAGER (kar-ta-jé), i. n. Terme d'agriculture. Donner un quatrième labour à la vigne.

— ÉTYM. Quart, quatrième.

t CARTAIIU (kar-ta-u), s. m. Terme de marin». Cordage passant par une poulie et servant à rnootcr ou à descendre un objet quelconque.

CARTAYER (kar-tè-ié). V. n. Conduire une voiture de façon qu'une ornière soit entre les deux chevaux et entre les roues. Ce cocher a fort bien cartayé.

CAR

— rîTYM Wallon, quaUlir; 'In quatre. Carlayer, c'est en (|iinl([iie sorte conper la ronte on quatre, c'est tracer une quadruple voie, les ilenx ornières et les deux voies des roues.

CATITR (kar-f), s. f. \\ f Proprement, pajiicr, usité seulement on cette locution : carte blaiiclie, carie sur lacpif^llo il n'y a rien de tracé. || Fig. Plein pouvoir. .l'ai carte blanclie là-dessus.... L'alla trouver, lui mit la carte blanche, i.A font. Cal. Charles ilonna carie blanclie ."i son ministre, volt. Charl. XII, s. Un roi peut ignorer ce que fera un général h. qui il aura donné carie blanche, m. Lett. Prii.ïs. 37. Le duc d'Angoulftme a carte blanche pour les récompenses, p. i.. cooH. ii, 271. || Anciennement, offrir la carte blanche, provoquer en duel. Kt Je ne vois rien dé si beau. D'aller à tout venant offrir la carte blanche; Mais si vous commenciez lundi Ce jeu digne d'un étourdi , A peine iriez-vous au dimanche, KF.oNARn, Snulmils, i. || 2° Feuille épaisse faite do plusieurs feuilles do papier collées ensemlile. On fait des ornements de plafonds avec la carte dorée. Le cnlé gauche n'était paré que d'un chapeau dans un élui de carte, scarr. Jîom. com. ch. i'j. Il Carton dont se .servent les artificiers. || Carte en deux, en trois, carton composé dedeux, troisfeuilles de gros papier gris. || Gros carton pour former les cartouches les plus fortes. || Terme de soierie. Mettre un dessin en carte, c'est faire sur un papier quadrillé le plan du tis.su que l'on veut produire, en marquant minutieusement la place de chaque lil. Il 3°Carleà]0uer, ou simplement, carte, petit carton fin en carré long, marqué d'un côté d'une figure ou d'une couleur (Voyez tarot). Jouer aux cartes. Battre ou môler les cartes. Donner, faire les cartes. Pourquoi voit-on des imbéciles qui y excellent [au jeu d'hombre ou d'échecs] , et de' très-beaux génies qui n'ont pu môme atteindre la médiocrité, à qui une pièce ou une carte dans les mains trouble la vue et fait perdre la contenance! la bruy. 12. Les cartes emploient le loisir de la prétendue bonne compagnie, d'un bout de l'Europe à l'autre, volt. IMt. Mme du Devant, <2 sept. 1760. || Carte haute, celle qui est marquée d'une figure; carte basse, celle qui n'est marquée que d'une 0(juleur. Fausse îarte, carte marquée avec laquelle on pipe au jeu, et aussi , carte entrée seule dans un jeu et qui est désavantageuse. || Avoir cartes blanches, n'avoir aucune figure dans son jeu. || Faire la carte, perdre lacartn, gagner, perdre l'avantage attribué au joueur qui fait le plus de levées. || Fig. On ne sait jamais avec lui de ijuelle carte il retourne, c'est-à-dire l'on ne sait à quoi s'en tenir, ni ce qu'il veut. || Le dessous des cartes, le côté coloré qui reste caché quand on donne ou qu'on coupe; et figurément, ce qu'il y a de caché dans une afi'aire. Une de nos folies a été de souhaiter de découvrir tous les dessous des cartes de toutes les choses que nous croyons voir ot que nous ne voyons pas, sÉv. 197. On ne voit jamais le dessous des cartes, volt. Microm. ■*. || X l'écarté et quelques autres jeux, demander cartes, demander des cartes, proposer d'écarter, de mettre de côté un certain nombre de cartes dont on n'est pas content pour en prendre de nouvelles. || Prendre les cartes, se dit d'un joueur qui en remplace un autre, .l'ai perdu; avons de prendre les cartes; et fig. prendre les cartes, prendre la direction d'une affaire. || Prendre des cartes, à certains jeux, changer les cartes que l'on a pour d'aulres qui sont au talon; et fig. prendre des cartes, se dit q\iand on ne se soucie pas du mécontentement de quelqu'un. Cela lui déplaît? il en sera quitte pour prendre des cartes. Vous n'êles pas content, eh bien! prenez des cartes. Je répondis que, s'il n'était pas content, il n'avait qu'à prendre des cartes, st-sim. 34 i , 216. || Aller aux cartes, se dit, à l'écarté, pour prendre des cartes. |] Au piquet, avoir cinq cartes, six cartes, .signifie avoir cinq, six cartes de la même couleur. || X divers jeux, payer en cartes, avoir le môme point que lebanquieret, par conséquent, ne pas payer l'enjeu. Il Brouiller les cartes, les mCler confusément pour empêcher déjouer une partie qu'on craint de perdre ; et fig. cherchera embrouiller les affaires. Les cartes se brouillent, les affaires s'embarrassent. Tandis que mon père était à. Bordeaux, les cartes se brouillèrent à différentes reprises, st-sim. 9, 108. || Jouer cartes sur table, jouer en laissant voir son jeu, les cartes que l'on porte; et fig. montrer ouvertementce qu'on fait, comment on le fait, pourquoi on le fait. Bref, 1 entrevue a été favorable, vous avez plu; je joue cartes sur tible, n'est-il pas vrai î ch. de Bernard, ta Jermn, de 40 an*, § 3. || Tirer les cartes, pré-

cirte, «. fi l"'"" ^^ l'a"»ngement fortuit des cartes, et ligurémeat, je n'aime pas à tirer les

cartes, à faire des prédictions sur les événements. Il Filer la carte, tricher en faisant filer et en escamotant une carte. I.e mauvais politique est cnlni qui ne sait que filer la carte et qui lot ou tard est reconnu, volt. />»■(! J. XIV, ii' (:iUrelim.\\Q\M''.su de cartes, échafaudage de cartns que s'amusent à faire les enfants. Elle fais;iit des châteaux de caries, iiamilt. Gramm. 7. Et fig. Petite maison plus jolie que solide. Versailles, polit chSteau de cartes alors, bâti par Louis XIII, ennuyé d'y avoir couché dans un méchant cabaret à rouliers, sï-.sim. 41o, lie. || Axi plur. Les cartes, celles avec lesquelles on a joué et qu'on laisse aux domestiques qui les revendent; et, par extension, l'argent que les joueurs laissent pour le payement des cartes. Mettre aux cartes. On dit plutôt mettre au ffambean. i| En termes decartier, fouille do carton où il y a plusieurs cartos non coupées. Savonner les cartes. || 4° Billet d'admission en quelque lieu, papier qui constate la qualité d'une personne. Carte d'électeur, d'étudiant, d'agent de police. Carte de spectacle, d'entrée, do présence, de sûreté, etc. || 5°Carte de visite, petite carte sur laquelle on laisse son nom à la porte des personnes chez qui l'on va, soit qu'on ne les rencontre pas, .soit qu'on veuille seulement se rappeler à leur souvenir. Les ordres que j'ai reçus m'ont obligé de partir si précipitamment que j'eus à peine le temps de porter chez vous ma carte, p. l. cour. Lett. i, 267. Il Envoyer sa carie à quelqu'un, lui faire porter sa carte par politesse, et aussi quelquefois le provoquer en duel. || Cartes d'adresse, les cartes que fait distribuer un marchand pour faire connaître sa maison. || 6" Liste des mets qu'un restaurant offre à ses pratiques. La carte do ce restaurant est très-variée. Il Restaurant à la carte, restaurant dans lequel une carte indique la nature et le prix de chaque mets. Dîner à la carte. || La note des mets qu'on s'est fait servir dans un restaurant, dite aussi carte à payer, carte payante. L'ogreadîné; peuples, payez la carte , BÉHANG. Aux Bnlges. \\ Le menu d'un Jfner. Gourmands , cessez de nous donner La carte de voire dtner, BÉRANG. Gourm. Il Par extension, un mémoire de dépenses quelconques. || 7° Terme de géographie. Feuille de papier sur laquelle est représentée quelque partie de la terre. Dresser, faire la carte d'un pays. Carte universelle, synonyme de mappemonde. Carte générale, la carte d'une contrée entière, par opposition aux cartes particulières qui n'en représentent que des portions. Carte topographique, celle qui donne la représentation d'une localité circonscrite. Il Absolument, la carte, l'ensemble des pays représentés par les cartes géographiques. Loin de vous Je ne puis voir sur la carte D'asile pour moi plus doux, BÉHANG. Adieux à des amis, ij Par extension, la connaissance géographique cl'un pays. Étudier la carte d'Allemagne. |{ Fig. La carte du pays, ou, simplement, la carte, la connaissance de ce qui meut, intéresse, agite une société, une famille. H sut dans peu la carte du pays. Connut les bons et les méchants maris, la vONT.Mandr. MmedesUrsinssaviiit trop la carte de la cour pour ignorer mon intimité avec M. de BeauviUiers, st-sim, 144-, 105. Nous ne jurons de rien, mais nous savons la carte, montfl. Fille capt. iv, 4. || Fig. Perdre la carte, se troubler, perdre la tête, ne plus savoir ce qu'on dit, ce qu'on fait. Il Par extension, carte hydrographique, carte qui représente l'hydrographie d'un pays. || Carte marine , carte qui représente les côtes et parages de la mer, pour connaître les routes et régler les estimes. Il Cartes pilotes, cartes indiquant la direction du vent en un point quelconque de l'Océan et pour chaque mois de l'année. || Carte a.stronomique ou céleste , carte du ciel , carte qui représente les constellations dans la situation qu'elles ont les unes à l'égard des autres. |1 Carte généalogique, carte qui représente la généalogie d'une maison, d'une famille. — HIST. XIV* s. Les autres jouans aux cartes et aux autres jeux d'esbatemens, Me'nagier, i, 4. Il XV" s. Nos bourgeoises tiennent ces termes. De façui.^er leurs culs de cartes, Affin qu'ils en semblentp. sfermes, coquill. Droit nouv. \\ xvrs. Mascher les chartes [à jouer], se gorger d'une balle de dez, MONT, i, 22. C'est une charte blanche préparée à prendre du doigt de Dieu telles formes qu'il luy plaira d'y graver, id. u, 2,'iO. Comme dict Plutarque de la teste des histoires, qu'à la mode des chartes, l'orée des terres cogneues est saisie de marests, déserts, etc. id. u, 29i. Il estoitdu party contraire au nostre, mais je n'en sçavois rien, il se contrefaisoit aultre; et le pis de ces guerres, c'est que les chartes sont si meslées qu'il est malaysé d'y éviter confusion et desordre, id. ii, 44. Quant aux capitulations de la paix, il voulut que les Athéniens

CAR

leur envoyassent carte blanche, amvot, riniC. M. Je ne cherchois autre chose pour faire valoir tous les traits de cartes que j'avois appris des laquais da M. de Roquelaure. J'entendois la carte courte, 1.1 longue, la cirée, la pliée , les semences, la poncée, les marques de toutte sorte, l'attrappe, la ripousse, le coude, le tour du petit doigt, la manche, le chappeau, l'auge et le mirail, d'aijb. F(er.

I, 3.... Avec lames de fer-blanc courbées, ou gros papier de carte, paré, xiii, 18. Vous y commandez absolument en rois de carie, Sat. Mén. 75. Affin de se rendre vuide et net, comme une carte blanche, pour estro siibject propre à y recevoir la feincture et les impressions de la sagesse, charron, Sigesse,

II, 1. Que l'on baille à l'homme la carte blanche; que l'on le mette à mesme de choisir, tailler et prescrire, in. ib. i, 30. Dedans moy ne restant aucune impression My vestige de toute ancienne affection. Afin que vous trouviez comme une blanche carte.... am. jamyn, liv. iv, Élég. Celuy qui....

— ÉTYM. Bourguig. eatte ; provcnç. espagn. et ital. carta; du latin charla; ilu grec y 6.fvi\^.

CAUTi;L(kar-tèl),s. m.|| 1° Appel enduel. Donner, recevoir, accepter, refuser un cartel. Il fut réveillé le lendemain par un cartel, iiamilt. Gramm. o. César envoya-t-il un cartel à Caton? J. J. Hooss. Hél. l, B7. Vous êtes beaucoup plus propre à écrire un cartel qu'une lettre, voit. lett. 20. Qu'est-ce que vous dites? Je ne me bats jamais au soleil couché ; on risque de s'estropier; lisez le cartel, c'est pour demain, picard, la petite ville, iv, 1 1. || 2° Autrefois, dans les tournoi.?, défi de chevalier à chevalier. Soit que l'honneur à la barrière L'appelle à débattre un cartel, malii. ii, 3.113° Règlement entre des nations belligérantes pour la rançon ou l'échange de prisonniers de guerre. On échangea mon cornette, et ainsi le cartel s'établit insensiblement, retz, h, 227. Les alliés envoyèrent le cartel pour l'échange des prisonniers , st-sim. 41, 230. Il n'y eut jamais de cartel d'échange entre Charles et le czar, volt. Charles XII,' 4. Il Terme de marine. Bâtiment portant les prisonniers qui doivent être échangés. || 4° Terme de blason. Écu. || 5° Encadrement de certaines pendules portatives faites pour être appliquées à une muraille, à un lambris. || La pendule même. Un cartel en bronze. Le cartel de la salle à manger relarde d'un quart d'heure. H 6° Ornement dans les bordures des tableaux, des trumeaux, des cheminées, etc.

— IIIST. XV' s. Le suppliant leur bailla ou fit bailloràun chascun un cartellet ou rescrit contenant.... i)U GANGE, cartellus. \\ xvi' s. Xercès esorivit un cartel de desfi au mont Athos, mont, i, 22. En fait de bataille, le défendeur est tenu de confes.ser ou nier le fait dès le mesme jour qu'il reçoit le cartel, loy- SEL, 810. Il s'oublia tant que de luy cscrire un cartel de deffl, pour lequel il mainlenoit ne luy eslre aulcunement subject ny va.ssal, carloix. viii, 20.

— ÉTYM. Espagn. cartel, affiche; ital. cartello, affiche, cartel; diminutif de carte (voy. ce mot).

f CARTELET (kar-te-lè), s. m. Petite étoffe de laine.

t CARTELETTE (kar-te-lè-f) , s. f. Petite ardoise.

t CARTELLE (kar-tè-f), s. f. || 1° Terme de musique. Grande feuiUe de peau d'âne préparée, à l'usage des compositeurs. || 2° Bois précieux, débité en petites planches pour meubles. |{ Grosse planche qui porte les meules d'un moulin.

— ÉTYM. Diminutif de carte.

t CARTERIE (kar-te-rie), s. f. Art de fabriquer les cartes. || Atelier où on fabrique les cartes.

— ÉTYM. Carte.

CARTERON(kar-te-ron), s. m. Voy. quarteron.

CARTÉSIANISME (kar-té-si-a-ni-sm'), s. ni. Philosophie de Descaries, dont le principe est en métaphysique : je pense, donc je suis (d'où l'on conclut l'i^xi.stence néces.saire de Dieu), et en physique, le mécanisme à l'exclusion soit <les propriétés occultes des anciens, .soit des propriétés de la matière suivant les modernes, telles que la gravitation.

— ÉTY'.M. Voy. CARTÉSIEN.

CARTÉSIEN', lENNE (kar-té-ziin, ziê-n'), adj. Qui appartient à la doctrine de Descartes. Philosophie cartésienne. Les philosophes cartésiens, etsubslantivoment, les cartésiens. Ses maîtres en philosophie étaient des cartésiens aussi entêtés de Descartes que les scolastiques précédents l'avaient été li'Aristote, FONTEN. Hartsoeker.

— ÉTYM. Cartesitis, nom latinisé de Descartes, qui était d'une des plus anciennes familles de la Touraine et dont le nom s'écrivait de quarlis.

CARÏHAME (kar-te-m'), s. m. Plante herbac.'e annuelle, dont les pétales sont connus dans le commerce sous le nom de sa.'':an bâtard, et les graines

CAR

•o;is celui de graine de perroquet (cort/iomm- tinctorius, L).

— ÉTYM. Arabe, ftirtWm.

CARTIER (kar-tié; IV ne se lie jamais; au plu-

riell'ise lie : les kar-tié-z et les cartes) , s. m. || 1" Celui qui fait et vend des cartes à jouer. Maître cartier. Le roi fit arrêter sans bruit le garçon bleu qui tenait le panier des caries et le cartier, st-sim. 5h, 4 08. Il 2° Sorte de papier destiné à couvrir les jeux ou les sixains des cartes à jouer.

— ÉTYM. Carte.

CARTILAGE (kar-ti-la-j') , s. m. Terme d'anato-

raie. Tissu solide du corps qui, malgré sa dureté, jouit d'un assez haut degré d'élasticité et de flexibilité. Ce sont des anneaux de cartilage enchâssés très-juste les uns dans les autres [la trachée-artère], FÉN. îlxist. 40.

— iiisT. xvi" s. Les cartilages du tarse, des cils, de l'epiglotte, du larynx et autres, parB, u, t. La cartilage nommée par ci-devant ziphoidua, ID. t. n, p. 031. Le second cartilage du larynx, moyen en quantité et postérieur, id. iv, <6. La poudre faite du cartilage de l'entre-deux des cerneaux de noix, o. DE SERRES, 8-24. Les Indes la peignent [la beauté] noire et basannée , aux lèvres grosses et enflées, au nez plat et large, et chargent de gros anneaux d'or le cartilage d'entre lesnazeaux, mont, ii, 200.

— ETYM. Cartilago, cartilage; provenç. cartilage; portug. cartilagem; ital. cartilagine.

t CARTILAGÉINE (kar-li-la-jé-i-n'), s. /".Terme de chimie. Principe immédiat qu'on trouve dans les cartilages.

CARTILAGINEUX, EUSE (kar-ti-la-j i-neû, nellz'), adj. Terme d'anatomie. Qui est de la nature du cartilage; composé de cartilages. || Terme de zoologie. Se dit des poissons privés d'arêtes.

— HIST. XVI' s. Nature a fait le thorax en partie osseux et cartilagineux, en partie charnu, paré, ii, 4. L'extrémité des costes est cartilagineuse, id. ii, 4.

— ÉTYM. Cartilnginosiis,âe cartilago, cartilage; provenç. cartillaginos ; espagn. et ital. cartilaginoso.

t CARTILAGINIFICATION (kar-ti-la-ji-ni-fi-kasion) , s. f. Terme de pathologie. Conversion en cartilage d'un tissu qui n'a point normalement ce caractère.

— ÉTYM. Cartilage, et facere, faire. CARTISANE (kar-ti-za-n') , s. f. Petit morceau de

parchemin, entortillé d'un fil de soie ou d'or ou d'argent, qu'on met dans les dentelles et les broderies.

— ÉTYM. Carie.

t CARTOGRAPHIE (kar-to-gra-fie), s. f. Art de

dresser les cartes géographiques. L'œuvre de la cartographie dont les ouvriers sont maintenant distribués dans toutes les parties du monde civilisé. || Recueil de cartes géographiques.

— ËTYM. Carte, et Ypôçeiv, écrire (voy. graphique).

t CARTOGRAPHIQUE (kar-to-gra-fi-k') , ad;. Qui a rapport à la cartographie. Travaux cartographiques.

t CARTOMANCIE (kar-to-man-sie), s. f. Prétendue divination par les cartes.

— ÉTYM. Carte, et mande, suffixe (voy. mancie). f CARTOMANCIEN, lENNE (kar-to-man-siin,

siè-n') , s. m. et f. Celui, ceLe qui pratique la cartomancie.

CARTON (kar-ton), s. m. \\ 1° Pâte faite avec du papier haché,mouilléetréduiten bouillie. || 2° Feuille épaisse faite avec cette pâte rassemblée et séchée dans une presse. Reliure en carton. Moulures de carton. Carton-pierre, pâte de carton préparée do façon à imiter des ornements en plaire ou en pierre. Carton-cuir, carton imitant le cuir. Les nouvellistes font voler les armées comme des grues et tomber les murailles comme des cartons, mon- TESQ. Lett. pers. 4 3o. Lorsqu'on fait tourner des cartons peints de jaune et de bleu, on n'aperçoit qu'un cercle continu de couleur verte, condorcet, d'Arci. Il Fig. Personnage de carton , homme qui n'a qu'un rôle de parade, sans action effective. Je proposai à M. le duc d'Orléans d'cdler à la revue de la gendarmerie, de donner fréquemment le coup d'œil à sa suite et aux troupes, et, sous prétexte d'honorer en M. du Maine l'autorité du roi, d'y montrer ce roi de carton pâmé d'effroi et d'embarras ST-SIM. 403, 283. || S" Boîte faite de carton, pour serrer des papiers, rubans, dentelles, etc. Carton de bureau. Carton à chapeau. Carton de marchande de modes. || II, elle a longtemps porté le wrton se dit d'un commis qui a fait les commissions d'une femme qui a porté pour une marchande de modes. H Fig. Cette pièce de théâtre est restée dans les cartons, on ne la joue pas. Cette afiairs

niCT. DE LA LANGUK VnA.N(,AISE.

CAR

dort, est ensevelie dans les cartons du ministère, 1 elle e.st oubliée, elle n'aboulit pas. || 4" Canon do dessins, grand portefeuille île canon pour serrer des dessin.s. || 6° Dessin en grand sur papier que fait un peintre. Les cartons servent d'ordinaire au peintre pourfaire sa fresque; on les donne aussi pour modèle aux ouvriers en tapisserie. Les cartons de Raphaël à Hampton-Court. M. Bossi a découvert, je ne sais où, les cartons et les études de Léonard même, p. L. coorier, Lettres, i, 297. Il 6» Terme d'architecture. Feuille de carton ou de fer -blanc chantournée, qui sert de modèle pour tracer les profils des charpentes. || 7° Terme de librairie et d'imprimerie. Feuillet supplémentaire d'impression qu'on est quelquefois obligé de faire pour remplacer quelques pages d'un livre, lorsqu'il s'y est glissé des fautes qu'on veut réparer. Le livre est imprimé; mais on fera des cartons, Boss. Lett. (4t. Je ferai faire un carton pour le corriger, afin que tout soit exact, id. Utt. 9i. Je prierai Joce de mettre quelques cartons aux exemplaires qu'il a chez lui, VOLT. Leit. tiers, 20. 11 ne veut pas que son livre paraisse jusqu'à ce qu'on ait fait un carton, VAUVEN. Caritès. || Cela se dit aussi des divisions d'une feuille; ainsi les épreuves d'une feuille in-(6 se divisent en deux cartons de seize pages chacun; celles de la feuille in-'l" en deux cartons de quatre pages. || 8° Partie du métier du fabricant de rubans, qui sert à déposer les navettes. Il 9° Terme d'imprimerie. Maciilature bien unie sur laquelle on colle des hausses pour remédier à l'inégalité du foulage. || 10» Terme de minéralogie. Carton de montagne, variété d'asbeste. || 11" Carton se dit quelquefois pour cartes, dans cette phrase familière : battre le carton , jouer beaucoup aux cartes. Il passe des journées entières à battre le carton.

— ÉTYM. Ital. cartone, de carta, papier, avec le suffixe augmentatif one.

CARTONNAGE (kar-to-na-j') , s. m. Reliure en carton. Ce volume n'a besoin que d'un simple cartonnage. Il Nom donné aux boîtes et ouvrages en Carton orné, colorié, verni, etc.

— ÉTYM. Cartonner.

CARTONNÉ, ËE (kar-to-né, née), part, passé.

Il 1° Un livre cartonné solidement. || 2° Oii l'on a mis des cartons, corrigé. Les anges [M. et Mmed'Argental] doivent avoir reçu les roués [sa tragédie du Triumvirat] cartonnés en cent endroits, volt. Lettr. d'Argental, 3 mai (764.

CARTONNER (kar-to-né), V. a. || i' Relier un livre en carton. Ij 2° Garnir de papier le canal d'une perle fausse. |1 3° Mettre un carton sur chaque pli du drap avant de le catir.

— ÉTYM. Carton.

f CARTONNERIE (kar-to-ne -rie), s. f. Fabrique

de cartons ; art du cartonnier.

CARTONNIER (kar-to-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel \'s se lie : le.-* kar-to-nié-z et les cartons) , ç. m. Celui qui fabrique et vend du carton. j| Celui qui travaille en carton, qui fabrique des objets de carton. || Adj. Cartonnier, canonnière. Guêpes cartonnières, guêpes qui produisent une sorte de matière qu'on a comparée à du carton.

— ÉTYM. Carton. I . CARTOUCHE (kar-tou-ch'), s. m. \\ 1° Ornement

de sculpture en forme de table avec des enroulements, sur lequel on met quelquefois des inscriptions. Ces noms que la gloire a tracés Dans un cartouche de lumière, volt. Ép. 66. |12° Dessin qui, mis au bas d'un plan ou d'une carte de géographie, renferme le titre ou la dédicace de l'ouvrage. Des ornements assez agréables . des cartouches recherchés qui pouvaient faire l'effet de prévenir et d'amuser les yeux de la plupart du monde, FONTEN. Delisle. \\ Dessin en encadrement mis sur une pièce officielle. Un des gouverneurs avec le secrétaire m'apportn des lettres [de bourgeoisie] conçues en des termes très-obligeants et très-honorables, et dans le cartouche desquelles, dessiné en miniature, ils avaient eu l'attention de mettre ma devise, J. J. Rooss. Lett. d'ivemois, 7 janvier ("65. Il Sorte d'anneau elliptique qui, dans les inscriptions hiéroglyphiques, entoure les noms propres des dieux, dos rois.

— ÊTVM. Ital. cartoccio, cornet de papier, cai^ touche, dérivé de carta, carte.

2. CARTOUCHE (kar-tou-ch'), s. ^. || !• Boîte de carton, contenant la charge à mitraille pour le canon. Tirer à cartouche. On dit plutôt maintenant tirer à mitraille. Le canon tirait sur eux à cartouche; mais le roi, qui sedécouvrait davantage, était le plus exposé, VOLT. Charles XII, 8. || Fig. Tirera cartouche sur quelqu'un, en dire beaucoup de mal. Des femmes

CAR

qui jamais n'ont pu fermer la bouciiu, l-.l qui sur 1« prochain vous tirent à cartouche , regnard , le Joueur, m, s. || 2" Rouleau de papier renfermant la charge entière d'un fusil, d'un pistolet, etc. Déchirer la cartouche. Par la cartouche encor toute noircie Leur bouche est prête à flatter les tyrans, bërahg. Vieux sergent. \\ 3° S. m. Terme d'artificier. Cartouche, boîte de diverses espèces, où l'on enferme les matières inflammables pour produire des effets variés.

— HIST. XVI' s.... Puis une bonne et longue pistole, avec le cartouche [le cartouchierj plein de charges, langue, 237. Ses 70 mousquetaires n'avaient que pour tirer cinq coups, tous apprestez en cartuches, harloix, vi, 45.

— ETYM. Ital. cartoccio, gargousse ; de caria, carte; espagn. carlucho ; portug. cartuxo.

». CARTOUCHE (kar-tou-ch'), s. f. Carte de congé absolu ou limité, portant le sceau du régiment et contenant l'état des services du porteur. || Cartouche jaune, cartouche qu'on délivrait à un soldat dégradé ou renvoyé par punition.

— ETY.M. Le même, étymologiquement, que les deux précédents. Les soldats font ordinairement ce mot du masculin.

t 4. CARTOUCHE ( kar-tou-ch'), s. m. Voleur célèbre qui vivait au commencement du xviu' siècle, dont le nom est devenu une appellation commune. Cet homme est un Cartouche.

t CARTOUCHIF.R (kar-tou-chié), ». m. Ceinture renfermant des cartouches. || Ancien nom de la giberne. Il Petit coffre où le soldat met ses cartouches.

— ÊTYM. Cnrtnuche 2.

t CARTOUCHIÈRE (kar-tou-chiè-r'), s. {. Boite

dans laquelle on met les cartouches.

— ÉTYM. Cartouche 2.

CARTULAIRE (kar-tu-lé-r'), s. m. Registre qui

contient les antiquités, les droits et les titres d'une église séculière ou régulière. Un vieux cartulaire de l'église de Brioude, enterré dans l'obscurité de plusieurs siècles, fut présenté au cardinal de Bouillon, ST-SIM. 167, 249.

— HIST. xiv S. Jaçoit que pour le droit nous appartiennent douze deniers pour livre d'imposition et cartulaire, du cange, cartularium.

— ÉTYM. Bas-lat. cartularium , chartularium ; à^chartula, papier, diminutif de carlo (voy. carte).

CARUS (ka-rus') , 4. m. Terme de médecine. Dernier degré du coma, caractérisé par l'insensibilité à l'action des plus forts stimulants.

— HIST. XVI' s. Aucunes ont un très long sommeil appelle des Grecs caros, dont elles sont sourdes et muettes, paré, xviii, 62.

— ÉTYM. Kàpo;, sommeil profond, f CARVE (kar-v'), s. f. Terme de pèche. Espèce

de filet en forme de chausse.

\ CARVELLE (kar-vè-l'), s. f. Terme de marine. Clous à carvelle, nom de clous sen-ant à unir deux pièces de charpente taillées en biseau, et qui ont la tête octogone ou plutôt carrée, à pans coupés.

— HIST. XVI' s. Sept solz pour deux livres de clous à crevelle , pour mectre à la dicte porte de Montevilliers , Compte de le Coq, dans jal.

— ÉTYM. HoU. karreel.

CARVl (kar-vi), s. m. Terme de botanique. PUnle

ombellifère dont la racine devient comestible par la culture, et dont les fruiU, dits graines de carvi, sont analogues à l'anis (carum carvi, L.}.

— HIST. xiV s. Karvy, c'est assavoir une semence que l'on mengue en dragée, Ménagier, u, 6.

— ÉTYM. Kifov, carvi.

CARYATIDE (ka-ri-a-ti-d"), s. f. Voy. cariatihk. fCARYOCARPE (ka-ri-0-kar-p'), adj. Terme de

botanique. Dont le fruit ressemble à une noix.

ÉTYM. Kôpviov, noix, etxapui;, fruit.

t CARYOPHVLLAIRK (ka-ri-o-fil-lè-r"), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom des coraux en forme d'-rillet.

— ÉTYM. Voy. caryophtllEe.

CARYOPHYLLÉK (ka-ri-0-fil-lée) , adj. f. Terme

de botanique. Fleur caryophyllèe, fleur de l'oeillet, et fleur qui y ressemble. Ij S. f. pliir. Les caryophyllées, famille de plante» dont l'œillet (caryophyllut) est le type.

— ÉTYM. Caryophyllta , de xapv4yj)>ov

de

xipyov, noix, et de çOiXo», feuille \voy. feuille), nom du clou de girofle transporté à l'œillet.

t CARYOPHYLUE (ka-ri-o-fil-Ue) , ». f. FamiUe des caryophyllaires.

t CARYOPHYLLINE(ka-ri-o-fil-li-n), i.^Terme de chimie. Matière cristalline trouvée dans l'essence de girofle.

— ÉTYM. Caryophyllus , clou de girofle ( voy carïophtllés).

CAS

t CARYOPSE (ka-n-o-ps'), s. m. Terme de botanique. Kspèco do fruit sco, Imléhiscent et mono- «perme, dont le péricarpe est extrêmement mince.

— ÊTYM. Katpuov, noix, et li^ii, apparence.

f CABYOTK (ka-ri-o-f), ». m. Terme de botanique. Nom d'un palmier. Caryoto brûlant (caryota uretu).

— ÉTYM. KapuwT*;, qui est en forme de noix, do xâpuov, noix.

CAS (kâ ; l's se lie : un U-z étrange) , ï. m. || 1° Ce qui est advenu ou peut advenir, circonstance, fait, histoire, hypothftse. Personne n'est responsable des cas fortuits. En cas de guerre. Au cas de mort, l.e cas advenant qu'on soit dépossédé. Agir selon le cas. L'exigence du cas. Il pleut : en ce cas je prends un manteau. C'est le cas ou jamais. Cola change bien le cas. Dans le cas contraire. I.e cas écliéant. Juge si sa colère implacable en ce cas.... corm. Polycucte, III, 6. Vous auriez aperçu Jeannette sous vos pas, Dont l'oreille sublile a découvert le cas, MOL. l'iit. IV, 8. En la quittant, Gulpliar alla tout droit Conter ce cas, le corner par la ville. Le publier, le prêcher sur les toits, la font. Avare. M' commère, dit-elle, un cas est arrivé.... la font.

Fabl. VIII, 6 à moins que la figure Ne soit d'un

éléphant nain, pygmée, avorton; Auquel cas où l'honneur d'une telle aventure? iD. ib. x, ii. C'est le cas plus que jamais d'invoquer Dieu, boss. Letl. )62. Pour justifier la conduite du concile, il ne faut que poser un cas pareil, m. Déf. com. Posons le cas que vous ayez tout le bien qu'il faudrait, HAMILT. Gram. 7. Des cartes en cas de Ijesoin, sÉv. 4<0. Il Cas fortuit, événement accidentel. || En cas de, quant à. En cas de fruits, je n'en mange pas de crus. Cette tournure vieillit. || Cas métaphysique , hypothèse par impossible. Vieilli. I| 2° Terme de jurisprudence. L'espèce d'une loi, cause, délit, crime. Ce n'est pas là le cas de la loi que vous citez. Les cas que la loi n'a pas prévus. On lui soumet le cas suivant. Quand les deux parties eurent exposé leurs cas. La polygamie est uacas pendable, mol. Pourc. n, <3. Et si, par un malheur, j'en avais fait autant, Jem'irais, de regret, pendre tout à l'inslant. — Je ne vois pas pour moi que le cas soit pendable, id. Mis.i, i. [Dans ces lois] on distingue avec finesse les cas, on y pèse les circonstances, MO.NTESQ. Espr. XXX, 19. Ce n'étaient pas seulement les actions qui tombaient dans le cas de cette loi, mais des paroles, des signes, id. Rom. H. Il Les cas royaux et prévôtaux étaient certains crimes dont connais.saient les juges royaux et prévôtaux à l'exclusion des subalternes. || Cas privilégiés, royaux, crimes dont les juges royaux pouvaient seuls connaître, sans exception de condition. La fausse monnaie, le duel, étaient cas privilégiés. Il X l'égard des ecclésiastiques, le cas privilégié, cas où il s'agissait de prononcer une ]ieine aldictive contre un ecclésiastique, malgré le privilège clérical. L'offlcial jugeait le prêtre, mais le juge royal assistait pour le cas privilégié, attendu que l'église ne condamne pas à peine afllictive. || On dit des affaires qui se font extraordiuairement en considération du mérite de quelque personne ou de quelque circonstance importante, que c'est un cas privilégié, qu'il ne tire point h conséquence. || Il a été condamné pour les cas résultant du procès, c'est-à-dire il a été condamné non pas pour le fait même du procès, mais pour plusieurs choses dont il y avait preuve au procès. || Son cas va mal, n'est ]ias net, est véreux, sale, se dit d'un homme en danger pour un crime, une mauvaise affaire. 11 sent son cas véreux, il a la conscience de son méfait, du danger qu'il court. Il est dans un vilain cas, il est dans une affaire vilaine, dé.sagréable, honteuse. Il En général, espèce particulière défait. Mon cas est embarrassant. Le feuilletiint avec négligence, il tomba -sur son cas, pasc. Prov. s. Il 3" Cas de conscience, difficulté ou question sur un point de morale rehgieuse. Or, toi qui te connais au cas de conscience, béonieh, Sat. viii. Mais, censeurs, ne vous tourmentez pas autour de ces cas de conscience, Diderot, Ess. sur Claude. Votre père Erade Bille, professeur des cas de conscience a Caen, pa.sc. Prou. (2. Quand vous avez entrepris de décider les cas de conscience d'une manière favorable et accommodante, iD.ib.i3. || Cas, absolument, pour cas de conscience. On ne saurait, dit le père, écrire pour trop do monde, ni particula- ' ,h^'' '^ ^^M^^' "' '■^Péter trop souvent les mêmes choses en différents livres, id. ,(,. 8. Il y a de certains cas dont la résolution serait encore difficile , quoique fort nécessaire pour les Rentilshommes.ir .fc - t e* vrai qu'ils%xcepîent''un 1^

CAS

auquel Us obligent à restituer, in. ib. 8. || Par extension, scrupule. Je me ferais un cas do conscience de rien faire qui pût augmenter sa peine. C'est un cas de conscience de déranger un homme aussi occupé. Il Cas réservés, péchés dont on no peut être absous que par l'évèque ou môme le pape. || Cas s'est dit autrefois familièrement pour confession, péché. Ce confe.s.seur entend ordinairement mon cas. Il 4° Chose qui convient, qui faitl'affaire. N'allez point chercher plus loin , c'est là votre cas. On dit qu'on vous marie ; Je sais l)ien votre cas , un homme grand , adroit.... Il ÉGNIER, Sot. XIII. || Familièrement. Dans le cas de, en état de, capable de. Ils ne seraient pas dans le cas de te secourir. Il n'était pas dans le cas de se tenir debout. Vous vous mettrez dans le cas de partir avec moi. || C'est un grand cas, c'est chose importante, considérable, difficile. Cette tournure vieillit. Bertaut, c'est un grand cas [c'est malaiséj, quoique l'on puisse faire.... bégnier, Sat. v. Ce n'est pas peu de cas de faire un long voyage, id. Ép. 2. Je sais bien que mon cœur en a l'ait pénitence, Mais quoil si peu de cas ne me rend satisfait, MALH. I, 4. Ce que de plus que vous on en pourrait avoir [d'âge] N'est pas un si grand cas pour s'en tant prévaloir, mol. Mis. m, b. ||6° Faire cas de.... Estimer, tenir compte de. Comment faites-vous cas de chose si petite? malh. iv, 3. Je ne peux pas faire cas de cette règle, pasc. Prov. 5. Et de sa propre gloire il fait trop peu de cas, corn. Hor. v, <. Donc de ce que je dis on ne fera nul cas? mol. 'fart, il, 2. Ma fille fait cas de vous, mol. Am. magn. i, 2. Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile, LA FONT. Fabl. VI, 9. A Dieu ne plaise que je fasse peu de cas de vos peines, boss. I^lt. Corn. 84. Il ne fit pas grand cas de cette promesse, iiamilt. Grainm. 5. Je fis de telles offres le cas que je devais, sÉv. < 10. Voilà le cas qu'on fait de votre exploit, bac. Plaid. II, 3. Des animaux dont on ne fait cas qu'autant qu'ils rendent des services, fén. Tél. ïvm. Il ue fait aucun cas d'une paix forcée, id. Tél. xi. || 6" Terme de grammaire. Désinence variable des mots qui se déclinent. La déclinaison latine a six cas. Nous n'avons point de cas en français ; nous nommons l'objet de notre pensée; et les rapports sont marqués par des prépositions ou par la place du mot, duclos. Item, sur la gramm. ii, «. || 7° Eu langage de médecine, maladie considérée dans le sujet particul'er qui en e.st affecté. Il y a eu dans la ville des cas nombreux de choléra. Le cas est grave. Un cas très-digne d'être observé attentivement. || Cas rare, en anatomie, physiologie et pathologie, ce qui présente quelque chose d'extraordinaire. || 8« Terme d'algèbre. Cas irréductible , celui où les racines d'une équation du 3* degré sont réelles et inégales. Il 9° Familièrement, excrément, oitlurc, obscénité. Il a fait son cas au pied d'un mur. || Fig. Il montre son c:is, il .se découvre d'une manière déshonnête. Il 10° En tout cas, loc. adverb. Quoi qu'il arrive, à tout événement. Vous n'avez plus rien à craindre; cependant en tout cas soyez prudent. Eu tout cas comptez sur moi. {| 11° Au cas que, loc. conj. qui veut le subjonctif. Supposé que. Je ne donnerai ici que les règles de la première méthode, et encore au cas qu'on ait accordé les principes, pasc. Penséei, i, 3. Il n'est hérétique qu'au cas qu'il soit conforme à ces erreurs condamnées, id. Prov. n. Je vous écrirai au cas qu'il me dise quelque nouvelle, sév. 4)0. Il En cas que, loc. conjonct. qui veut le subjonctif. Môme sens. En cas qu'il vienne. Je demande la permission à l'académie de prendre cette tâche [commenter Corneille] , en cas que personne ne s'en soit emparé, volt. Leit. Duclos, io avril iiei. En cas que j'apparusse devant vous sans vous avoir prévenu, HONTESQ. Correspondance, 54. || 12° En cas, pris substantivement, cho.se préparée en cas de besoin chez les princes. Une volaille froide pour l'en cas de nuit. Il Dans une promenade, un en cas, une voilure en cas de pluie. De ce lourd carrosse on fait un en cas, bébang. s. Espr. \\ Dans le langage familier, un en cas est tout ce qui peut servir en un cas imprévu. S'il nous vient du monde, nous avons un en cas. Il Un en-cas, un parapluie; un en-tout-cas, un petit parapluie, qui peut senir aussi d'ombrelle, ou plutôt une grande ombrelle qui au besoin sert de parapluie. Il Proverbes. Tous vilains cas, tous mauvais cas sont reniables, se dit quand, par honte ou par crainte, on nie quelque faute grave. |1 Au cas que Lucas n'eût qu'un oeil, sa femme aurait épousé un borgne; réponse qu'on fait à un homme qui prévoit trop d'accidents.

— REM. 1. Bien que l'on dise: faire beaucoup de cas de quelqu'un ou de quelque chose, on ne dit pas faire du cas de quelqu'un, de quelque chose.

CAS

Il 3. L'Académie a tort de ne pas mettre un traii d'union h en cas pris substantivement : en-cas.

— HIST. XII' s. Si l'a contre son pis [poitrine] levé, Xun desruban [préciiiice] l'a porté Entre ses bras trestout pasmé, Ouvri ses mains, lascha sei bras; Cil fu pesans, si prist tel cas [chute] Aval Is faloise el rochier, N'i remest [reste] os à despechier [dépecer]. Roman du brut, ms. f" 9, dans LACUBNE. Il XIII" s. Car de toz cas d'armes sont !amet excusées en lor persones, beaum. xxix, <9. Quan« enfes qui est sous aagiésfet aucun cas de crieme, on doit regarder le [la] manière du fet,. id. xvi, 9. Il xiv s. Car en y ver à cas d'aventure peut l'en veoir unearondo, oresme, E(/i. x(t6).... ettoutevoiesilferist aucun à cas d'aventure, m. ib. 62. En cas où combattre [ils] ne se voulissent, bercheube, f" 70, t)er«o. En cas que nous ou nostre hoir achèterions.... DU GANGE , auxilium. Tailles sont levées par cas de neces.sité et de volonté "de prince, id. ib. \\ xv* s. Le traité seroitnul, au cas qu'il viendroit aucun hoir, FROiss. 1, I, <Bt. Certes vous seriez de tel cas peu prisé et amendé, id. i, i, (66. Ces chevaliers, qui en tous cas se vouloient acquitter envers le roi, leur seigneur, id. ii, ii, 4. Receu toutevoyes son serement, que, au cas que non, il ne tourneroit en la prison, chr. de fis. Charles V, i, 3). Les grans robes sages ne les font [les hommes], Ne sos aussi; riens n'y font en ce cas Poures habit, fors science approuvée, E. desch. L'hab. ne fait pas l'homme. Conclusion, vecy mon cas : De nulle rien je ne me dueil, CH. d'orl. Rondeau. Et ne croye mie qu'il y ait en vostre royaulme homme à qui on les refusasl en vostre chancellerie en cas pareil, Juv. des urs. 44(4. Au cas que, au plaisir de Dieu, il auroit paix avec le roi de Chypre, son désir estoit de grever les ennemis. Boue, ii, 4 3. Il avoit commis un cas très horrible, car il avoit pris son père prisonnier, coMM. IV, 4. L'ung luy desplaisoit d'ung cas, l'autre de l'autre, id. v, 13. Pour commencer à faire cas de nouvelieté, ils mirent hors de prison le duc de Gueldre, id. v, <7. Et en son cas, qui estoitde marchandise, estoit la plus grand' maison que je croy qui jamais ait esté au monde, id. vu, 5. Et nostre armée qui estoit en la Remanie [Romagne] , comliioii qu'elle fust la plus foible, toutesfois faisoit prospérer nostre cas, lu.vii, 6. ||xvi's. Minoslejuge est de cela soigneux. Qui devant lui, pour entendre le cas.... MAROT, I, 248. C'est un grand cas, dije lors, s'il n'advient Quelque mechef bien tost en cestuy regue, iD. m, 300. Je l'ay secouru en tous cas que ay peu cognoistre son advantaige, h,vbel. Garg. i, 28. Si par cas il estoit Bevenu furieux.... id. i6. Au cas que [tandis que] les aultresroys l'eussent misérablement traicté, il le traicta courtoysementj ID. ib. 1, 60. Feut décrété que ja ne seroyent là les femmes, au cas que [à moins que] n'y feussent les hommes, id. ib. i, 52. Que la mort deshumains est attachée à peu de cas, puisqu'une espingle est suffisante pour nous tuer, yveb, 623. C'est grand cas que les choses en soyent là, en nostre siècle, que.... MONT. I, <"5. Au cas que l'un d'eux vienne à défaillir, id. I, 2111. Sophocles, voyant de cas de fortune passer un beau garson, iD. i, 227. Je ne fais cas du iHjire que pour la suitte du manger, id. ii, i 8. Pour les quatre ce ne seroit que douze mille escus l)ar an : qui est bien peu de cas pour le grand fruit qui en proviendroit, langue, <28. Jeprea le casque vous ayez de la fortitude, id. 4 63. Tous vilains cas sont reniables, loysel, 8o;î. L'on tient maintenant que le cas privilégié attrait à soi le délit commun, ID. 804. Un satyre admonesta un jour Minerve, que ce n'estoit point bien son cas que de jouer des flu.stes, AMYOT, Refréner la colère, 42.

— ÉTYM. Provenç. cas; espagn. et ital. coso; de casus, chute, cas, événement, désinence, dont le radical se trouve dans eadere, tomber (voy. choir).

CAS, CASSE (kâ, kâ-s'), adj. Qui sonne le cassé D'une voix rauque et casse ainsi me répondit, rE- GN1ER, Dial. As-tu pris garde? il parlait d'uu ton cas, LA FONT, llcrm. Mot vieilli.

— UtST. xii* s. X ses clers [il] prist conseil qui nel déçurent pas : Li quels direit sa cause; il s'en firent tout quas [ils s'y refusèrent] , Th. Te mari. «7. Brisié et cas, Sax. t. li, p. 48B. || xui' s. Et tous les autres estrumens Qui sunt piliers et argumens X soutenir nature humaine. Qui sans eus fust et casse et vaine, la Rose, 0996. Il fut semons; li prestre» vient : Venuz est, respondre convient X son evescpie de cest quas Dont li prostrés doit estre quas, ruteb. 276. Il XV* s. Cloez l'oeil de, je hay telz fais; Les paupières de je m'en tais; L'oreille de, tout ftinne cas, COQUILL. Droit nouv. || xvi" s. Autres manières de chansons, Leaus on chante à voix contraintes,

CAS

CAS

CAS

Ayans casses etmeschans sons, marot, i, <8i. Puis ma voix rauqiie et casse Empescheroit que bien ne les contasse, ID. I, 3U. Parler d'une voix casse, PABÊ, VI, 2. Un soldat recreu et casse, mont, i, 82.

— ÉTYM. Provenç. eass ; du latin ca.i.ms, vide, inutile, ou de quassiis, endommagé, affaibli, les deux mots s'étant probablement confondus pour former le mot roman.

CASANIER, lÊREOta-za-nié, niè-r'; \'r ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : des gens ka-za-nié-z et paisibles) , adj. || i' Oui aime à demeurer chez soi , et, en parlant des choses, qui appartient aux gens aimant à demeurer chez eux. Toute profession casanière ne lui plaît ni ne lui convient, J. J. Ronss. ^m. ni. Les gens casaniers et sédentaires, id. ib. ii. Il n'est point d'assemblage plus bizarre que l'aspect guerrier de l'Allemagne entière et le genre de vie casanier qu'on y mène, staél, Allem. i, i, Mœurs. Crois-moi, suis plutôt l'exemple De tes amis casaniers, Et reviens goûter au Temple L'ombre de tes marronniers, J. B. Bou.ss. Odes,u, 8. || î» Substantivement. Il nous vaut mieux vivre au sein de nos lares, Et conserver, paisibles casaniers, Notre vertu dans nos propres foyers, gresset, Vert-Vert, i.

— HIST. xiv s. Comme li casenier italien demourans en nostre royaume.... no cange, casana. Il XVI' s. Si vous me laissez ici, j'estime la condition des casanières da village meilleure que la mienne, tver, B64. 11 voulut bien montrer qu'il avoit vu du pays, et s'amusa à faire le casanier [courir les festins, les danses], disant qu'estudier estoit à faire à ceux qui ne savent rien, id. 63i. Et environ huict ou dix mille bons chevaulx des arrierebans de la noblesse casanière de mon royaume, car- LOix, IV, <0. Qu'un roy casannier s'amuse à affiner ceste drogue en son escurial, Sat. Hén. Vertu du eathnl. 3. Je hay plus que la mort un jeune casanier. Oui ne sort jamais hors, sinon aux jours de feste, DU BEi.LAT. VI, <l, verso. Consumant, casanier, le plus beau de ton âge En ta pauvre maison ou dans un froid vilage, hons. Bocage roy. 4" partie, Dialogue entre les muses. Voyez, aux provinces esloignées de la court, le train, les subjects, les officiers, les occupations, le service et cerimonie d'un seisneur retiré et casanier, nourry entre ses valets, MONT. I. 833.

— ÊTYM. Bas-lat. casana, dérivé de casa, maison

(voy. CASK).

CASAOÛE (ka-za-k') , s. f. || l'Habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a ordinairement des manches fort larges. On portait alors des casaques par-dessus un pourpoint orné de rubans , VOLT, louis XIV, 28. Jésus-Christ, revêtu d'une casaque de pourpre, fut présenté aux Juifs par Pilate, CHATEAUB.Ktn. n, 233. || Casaque, nom donné aux manteaux que portaient les mousquetaires, les gardes du corps. Il a pris la casaque, il a rendu la casaque , se disait pour : entrer dans les compagnies des mousquetaires ou en sortir. || Fig. Tourner casaque, abandonner. Moles, ambassadeur d'Kspagne à Vienne, finit en tournant casaque et se donnant à l'empereur, sT-snr. »< , (99. On me mande qu'il m'a tourné casaque publiquement, volt. ifJJ. «^rs, 36. Cette locution vient de ce que tourner casaque veut dire ou tourner le dos, fuir, ou retourner son hahit. Il 2° Surtout fait d'étoffe grossière. Une casaque de forçat. || 3° Sorte de raanteaude femme ajusté ou demi-ajusté à la taille.

— HIST. XVI* s. Ouelquesfois par boutade et par caprice je prenois quelque casaque d'un des pionniers de sa compaignie, d'aub. Fœn. iv, 7. Il eut sa casaque percée d'une arqueliusade, ID. Vie, xliv. Il y a eu trois tournures de casaques en France qui ont bien porté dommage, M. de Bourbon, Moron et André Doria, bbant. Doria. Il sembloit à ce pauvre homme [qui se donnait pour partisan du roi] qu'au travers de son masque et des croix de sa casaque on iroit lire jusques dans son cœur ses secrettes intentions, mont, ii, 44.

— ÊTYM. Espagn. etportug. casaca; ital. casacca; sans doute de casa (voy. case) : vêtement de maison. Diez, qui adopte cette opinion, indique à l'appui du sens le bas-latin casula qui, signifiant petite maison, a pris le sens de cape, et à l'appui du suffixe {cas-cœca), l'italien guarn-acca, robe de chambre. Ajoutez à ces arguments le bas-latin cateta, sorte de vêtement.

CASAOUIN (ka-za-kin), s. m. || 1» Espèce de corsage de femme avec de petites basques dans le dos, formant deux gros plis à l'endroit de la ceinture et relevant en l'air; il était facile à mettre et commode; il ne sert plus qu'à la campagne. || 2° Anciennement, sorte de petite casaque à l'usage des hommes. Avoir

quatre chaussons do laine Et trois casaquins de futaine. Cela se peut facilement, brrtelot. Contre Malherbe, dans l'édlt. de Ménage, p. 497. M.'Poussatin couvert d'un petit casaquin noir, hamilton, Gramm. 9. || Fig. et populairement. Donner sur le casaquin à quelqu'un, le battre.

— HIST. ivi" s. Le voila donc vestu d'un grand casaquin noir, et de chausses de mesmes, d'aub. Ilist. IV, 4. 11 n'y avoit soldat qu'il ne fust à cheval; et la pluspart des goujarts, qu'il n'eust une cappe, manteau o\i casaquin, carloix, v, 8. Qui sons couleur d'un cazaquin de livrée.... proumenteau. Finances, 3« livre, p. 410.

— ÊTYJI. Casaque; bourguig. quaisaiquin.

f C.XSACBA (ka-zô-ba) , t. f. Palais du souverain dans les villes barbarosquos.

— ÉTYM. Arabe, casbah, forteresse qui défend une ville.

f CASBAH (ka-sba), s. f. Le même que casauba.

CASCADE (ka-ska-d'), s. f. || 1° Chute d'eau; eau qui tombe de rocher en rocher. L'onde bondit en limpides cascades, mii.i.ev. Charles â Parte, ch.iv. Un fleuve, par une cascade magnifique, épanche ses flots d'or à l'aspect d'un couchant railieux,' cha- TEAtiB. Cénie,\i,y ,s. Un nombre infini de sources s'y précipitaient par cascades du haut du mont, la font. Psyché, 11,^1. <I7. Il Construction en gradins pour une chute d'eau artificielle. {| Par extension et famili^rement, chute en dégringolade. 11 cria, faisant la cascade :AmiPhorbas, cher camarade.... scahron, Virgile travesti , liv. v. US» Fig. En parlant de ce qui arrive par saccades, par secousses, ou de ce qui arrive par ricochet et non d'emblée. Il est arrivé à la fortune par cascades. Cette couronne tomba à Jeanne II après diverses cascades et de grandes guerres, st-sim. 188,6. Le maréchal de Lorge avait eu les appointements du gouvernement de Guyenne, qui n'avaient cessé que lorsque, par la cascade que fit la mort du maréchal d'Humières, il eut le gouvernement de Lorraine, id. 27, 56. Ouand les ordres de Votre Altesse faisaient tant de cascades de Paris à Bar-!e-Duc, volt, lettres, Prusse, B(. Votre paquet m'est venu à Paris, après bien des cascades, m. Lett. Tressnn , 28 fév. (767. || De cascade en cascade, par ricochets. || Ce discours va par cascades, est plein de cascades, se dit d'un discours où la liaison manque. || 3° Faute de jugement, inégalité. Jugement de l'auteur, où étiez-vous, quand vous files cette magnifique cascade? balzac, dans furetiêhe. Il 4° Terme de mathématiques. Ce qui a le plus brillé , a été sa m.éthode des cascades, qui résout les équations déterminées de tous les degrés; on approche toujours de la valeur de l'inconnue par des équations différentes et successives, qui vont toujours en baissant ou en tombant d'un degré, et de là est venu le nom de cascades, fonten. Rolle.

— ÊTYM. Ital. caseata, chute, cascade, de cnscare, tomber, dérivé de cadere, tomher(voy. ciioir).

t CASCANE (ka-ska-n') , s. f. Ancien terme d'art militaire. Puits de mine.

f CASCARET (ka-ska-rè) , s. m. Homme d'apparence mince et chétive. Terme populaire.

f CASCARILLE (ka-ska-ri-ll'. Il mouillées), s. f. Terme de pharmacie. Écorcc amère et aromatique, qui vient du clutia eluteria, L. arbre qui croît particulièrement à Éleuthère, l'une des Antilles.

— ÊTYM. Espagn. eascarilla, proprement petite écorce, de cascara, écorce, qui se rattache au verbe cascar, rompre, briser; lequel eascar est une dérivation espagnole de quas.iare, casser (voy. casser).

CASCATELLE (ka-ska-tè-l') , s. f. Petite cascade. On aperçoit à la fois le temple do Vesta et les cascatelles [à Tivoli] qui sortent d'un des portiques de la villa de Mécène, chateaub. Italie, 23 La poussière des cascatelles .Sevile a mouillé son luth [d'Horace] de myrtes couronné! v. hiigo. Odes, m, ).

— ÉTYM. Ital. cascatella, diminutif de caseata, cascade.

CASE (kA-z'), s. f.\\ 1* Petite et chétive maison. Les cases des nègres aux colonies. Voyez-vous ces cases étroites Et ces palais si grands, si beaux, si bien dorés? la font. Fabl. m, ». [Le rat] va courir le pays, abandonne son trou; Sitôt qu'il fut hors de sa case.... m. ib. vm, 9. La case do Marguerite se trouvait au milieu du bassin, bern.de s. -p. Paul et Virg. Qui est-ce qui demeure là-haut dans ces petites cases? 10. ib. |{ Familièrement. Le patron de la case, le maître, ou bien celui qui agit en maître do la maison. t| 2° Au trictrac, chacune des places marquées d'une espèce de flèche. Faire une case , mettre deux dames sur la même (lèche. La case du diable, la seconde du grand jan ou la septième à partir du tas do bois, ainsi nommée parce qu'on la

croyait plus difficile à faire que les autres. || Aui échecs et aux dames, chacun des carreaux hianfl ou noir qui partagent l'échiquier. || 8* Compartiment d'ins un tiroir, dans une botte. || Compartiment dam un registre, fait à l'aide de lignes qui coupent tran»< versalement les colonnes. Cet acte est enregistré folio 2 verso , case 3. îi Fig. Encore un certain nombre de faits, et il faudra briser les cases [refaire la classification] de la chimie moderne, cHAtRAnB. Cénie, m, ii, 2. || Les cafés du cerveau, se dit quelquefois par allusion au système phrénologique qui place les facultés dans des parties circonscrites du cerveau, dans des sortes de cases. || 4* Caisse placée sous Us bluteau, dans un moulin. || Dans les chemins de fer, case se dit des compartiments d'un wagon-écurie. || 5° On trouve quelquefois, mais c'est une faute, en termes d'imprimerie, case au lieu de casse (voy. ce mot).

— HIST. XIII* S. Renars flst en Constantinoble Bien ses aviaus. Et en cases et en caviaus; N'i laissa vaillant deux naviaus L'empereor, Ainz en fist povre prechenr, hltfb. t96. jj xvi* s. Sans difficulté ilz entrarent en la case chaulmine, mal bastye, mal meublée, toute enfumée, rab. Panl. in, <7. 11 couvroit son entreprise sur la restitution de la casa [maison, famille] de Medicis en leur pristine authorité, M. DU BELLAY, (63. Maison que j'ay autant chère que maison du monde; mon Dieu, quelle case, de laquelle il n'est jamais sorti acte que d'homme de bien, mont, Lett. s. La case monstre le messer, Proverbe dans cotghave.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. casa ; du latin casa, mai.son.

CASÉ, lîR (kft-zé, T.ée), pari. patte. || 1" Placé. Ce vieil employé casé par le ministre dans une recette. Il 2* Fig. Un homme casé, bien ca.sé, un homme qui est établi, bien établi. || 3* Disposé par cases. Les damiers [sorte d'oiseau] aux ailes ca.séej de noir et de blanc, bebn. db st-p. llartn. ii, Anim.

t CASÉATE (ka-sé-a-t") , ». m. Terme de chimie. Sels formés par l'acide lactique et nommés au jourd'hui lactates.

— ÊTYM. Voy. CASÉIQUE.

f CASÉATIOX (ka-zé-a-sion\ t. f. Terme didactique. Conversion du lait en fromage.

— ÉTYM. Voy. CASÉOM.

CASÉECX, ECSE (ka-zé-eû, eO-ï'), adj. Tenns didactique. De la nature du fromage. La partie caséeuse du lait.

— ÊTYM. Ca.teus, fromage.

t CASÉIFOR.ME (ka-zé-i-for-m"), adj. Terme didactique. Qui ressemble à du fromage. Précipité caséiforme.

— ÉTYM. Casevs, fromage, et forme.

\ CASÉINE (ka-zé-i-n') , s. f. Terme de chimie. Substance organique naturellement liquide dans l'économie, coagulable par les acides et par la présure, mais non pas par la chaleur. On dit aussi caséum. .

— ÊTYM. Caseus, fromage.

+ CASÉipCE (ka-zè-i-k'), adj. Terme de chimie. Acide caséique, acide ainsi nommé parce qu'on le trouva d'abord dans le fromage, et qui est l'ancien nom de l'acide lactique.

— ÊTYM. Caseus, fromage.

CASEMATE (kà-ze-ma-f) , î. f. || 1* Terme de tortllication. Souterrain voûté à l'épreuve de la bombe. Il Autrefois, plate-forme à loger du canon, qui était pratiquée dans la partie du flanc proche de la courtine, et qui faisait une retraite ou un enfoncement vers la capitale du bastion. || Par extension et dans le langage des soldats , cachot. On le laissera pourrir dans un trou de casemate. Dans le même langage il signifie aussi quelquefois latrines. Il i' Terme de chasse. Trou dans lequel les blaireaux et les renards font tête aux bassets.

— HIST. XVI* s. Les autres vuidoyent chasmates, rembarroyent faulses brajes, erigeoyent cavaliers, RAB. Pant. m. Prologue. Encores que les bastions ne soyent pas défendus d'artillerie d'aucunes casemates basses, ils ne laissent de l'estre très bien de l'harquebuserie des courtines, langue, 337. Assisté de dix compagnons , il de.s.sendit dans le fossé do la ville, se précipite dans une casemate, que ne pouvant garder, il mit en feu, d'aub. Jtist. m, 3» {aliat : casemate). Fortiffié à la vieille mode, sans flancs, parapects, boulevarts, ravelins, cases-matles, plates-formes , ny aucun rempart, carloix, v, 14. Ca.semattes, id. vi, 40. Casmates, II). vn, <o.Nous voyons souvent une milliasse de pauvres hommes fricassés sous une mine ou eux»mate, pars, ix, Préf. Nous gagnasmes auasi deux

CAS

de leurs casemattes que nous leur avons rendues inutiles, sully, Mém.t. m, p. 262, dans lacuhnk.

— ÊTYM. Kspagn. casamata; de l'iial. casamalla. Ce mot paraît se décomposer en cota, maison, et matia, folle, dénomination bizarre et qui serait venue on ne sait de quel caprice. Aussi des étymoloRisles, et Diez entre autres, le rattachent au grec yioiia, fossé, pluriel xâ'(«icTa; mais on ne voit pas comment ce mot serait entré dans l'italien et sous cette forme.

CASEMATE, ÉE (ka-ze-ma-té, tée), part. passé. Rempart casemate.

t CASEMATER (ca-ze-ma-té) , v. a. || !• Garnir de casemates. || 2" Fortifier en forme de casemate. Casemater une poudri&re.

— ÊTYM. Casemate.

CASER (kâ-ser), V. a. || !• Mettre en place, installer dans un lieu, dans une position, dans un emploi. Casez cela avec soin. U a bien casé tousses enfants. Il le ca.sera dans une administration. Il Fig. Casez bien cela dans votre tête, faites-y attention, souvenez-vous-en. jj 2° Ranger dan? des coses. Il 3" V. n. Terme de trictrac. Mettre deux dames sur une flèche. Caser bien , csser mal. || 4° Se caser, V. réfl. S'installer comme on peut, dans un lieu, dans un emploi. Il n'y a pas de chambre disponible : casez-vous là provisoirement. La salle est pleine; casez-vous comme vous pourrez; tftohez de vous caser sur cette banquette. Tous les emplois sont tellement recherchés qu'on ne sait où se caser.

— HIST. xu* s. Qu'à lui irai o mil de mes casez [gens qui tiennent de moi casement, fief], iionc. 6. Et duc et conte et chevalier chazé, ib. («s». L'arcevesques i fu testemonies [témoin] numez. Qui de l'arceveschie de Ruem esteit chasez. Th. le mart. tt9. Il XIII* S. Cil qui à lui ira de moi iert [sera] aflé.s. Que tous jors tenraquitece dontilest chasés. Si 11 croistrai sa rente de mil mars d'or pesés, Ch. d'Ànt. V, 469. Les poigneours de France, les chevaliers membres. Et les ducs et les contes, lès princes, les casés, m. i, <94.

— ÉTYM. Provenç. casar ; espagn. casar; ital. casare; du bas-lat. casare, donner en fief, du casa, maison (voy. case).

t CASEREL (ka-ze-rèl), s. m. Voy. caserette. t CASERETTE (ka-ze-rè-f) , s. /. Moule à fromage.

— ÉTYM. Caseus, fromage.

CASERNE (ka-zèr-n'), s. (. Bâtiment destiné au logement des troupes. || Par extension, les soldats qui sont dans une caserne. On a fait prendre les armes à toute la caserne. || Familièrement. C'est une caserne, une vraie caserne, se dit d'une grande maison divisée en petits logements, ou d'une maison mal habitée, ou encore d'un établissement où l'on est tenu de rentrer à heure fixe comme dans une caserne. || Des habitudes de caserne, des habitudes soldatesques. Voilà Dorante busard, sentant la caserne, si ce n'est peut-être le bivouac, p. l.

COURIER, l, 227.

— ÉTYM. Bourguig. casane; provenç. des-caiernar, déloger; espagn. et portug. caserna; ital. caseima; du latin casa, maison (voy. case) , à l'aide d'un suffixe semblable à celui de cav-erna, dérivé de cava.

CASERNE, ÉE (ka-z5r-né, née), part, passé. Mis dans une caserne. Les troupes casernées. || En parlant des élèves des écoles spéciales, on dit qu'ils sont casernes quand ils sont pensionnaires et retenus ainsi toute la semaine k la maison, comme à l'école polytechnique, à l'école normale, à la différence des écoles en droit et en médecine où les élèves sont libres. Il Familièrement, renfermé. Nous avons été tenus casernes tout l'hiver par les neiges.

CASERNEMENT (ka-zèr-ne-man), s. m. Action de caserner. Le casernement des troupes. Effets de casernement. Il Le temps pendant lequel des troupes sont casernées. || Système d'après lequel les élèves d'une école spéciale sont casernes. Le casernement n'a pas toujours eu lieu aux écoles normale et polytechnique.

— ÊTYM. Caserner.

CASERNER (ka-zèr-né). || 1» T. a. Loger dans des casernes. On casernera la garnison. || 2" V. n. Élre logé dans des casernes. Les troupes ne sont plus guère logées chez l'habitant, elles casornent dans les villes de garnison.

— ÊTïH. Casrme.

+ CASEUNET (ka-zèr-nè), s. m. Terme de marine. Cahier sur lequel on inscrit ce qui se liasse pendant la durée de chaque quart.

-• ÊTYM. Diminutif du provenç. cazern , nadem, «h^^'T'^-''"^^' "^''"'en- cuadn;,,,; portug. et Ital. quade'no: d" latin q«a(,Tn«m, cahier do

CAS

quatre feuilles, et, en général, cahier, de quatuor (voy. quathe; voy. aussi cahier à l'étymologie).

t CASEIINIER (ka-zer-nié), s. m. Concierge d'une caserne.

— ÉTYM. Caserne.

f CASET (ka-zù), s. m. Terme de pêche. Appât.

t CASETTE (ka-zè-f), s. f. H 1° Petite mai.son, chaumière. Vieux. || 2° Enveloppe des poteries dans le four.

— HIST. XVI' s. Un gentil pasteur en sa caselte champestre, yver, p. 658.

— ÉTYM. Diminutif de case; ital. casetta; espagn. caseta.

t CASÉDM (ka-zé-om'), s. m. Terme de chimie.

Voy. CASÉINE.

— ÉTYM. Caseus, fromage.

CASIER (kà-zié; l'rne se lie jamais; au pluriel l's .se lie : des ka-zié-z élégants), s. m. || 1° Assemblage de plusieurs cases pour classer des papiers, dos livres etautresolijets. {| 2°Terme de marine. Compartiments pour renfermer les sacs de l'équipage. || 3° Terme de pêche. Engin qu'on descend souvent à une grande profondeur pour prendre les langoustes, les homards, etc.

— HIST. XIV» s. Le suppliant print furtivement en un casier un fromage dur, du cange, casiatum. Il XV" s. Un casier est un garde-manger en la façon d'une huche, long et estroit pour raison et assez profond, louis xi, Nouv. lxxiii. Ils ouvrirent le casier, où ils trouvèrent ce pauvre prisonnier doré et empapiné d'oeufs, de fromage et de lait, ID. ib.

— ÉTYM. Le mot paraît dériver de case; cependant il y a dans l'historique casier, lieu où l'on serre le fromage, et casier, sorte de huche, qui viennent de caseus, fromage (voy. caséum); et rien n'aurait été si facile que de passer de l'idée de huche à celle de casier. Il est très-vraisemblable que casier, dérivé de case, et casier, dérivé de caseus, se sont confondus; confusion fréquente entre des mots qui , bien que provenant de racines toutes différentes, se ressemblent pour la forme et, jusqu'à un certain point, pour le sens.

CASILLEUX. EUSE (ka-zi-Ueû, Ueû-z', Il mouillées), adj. Terme de vitrier. Verre casiUeux, verre qui, sous le diamant, casse au lieu de se couper.

— ÉTYM. Peut-êjre quelque forme irrégulièrement tirée de casser.

CASIMIR (ka-zi-mir) , s. m. Etoffe de laine croisée, fine et légère.

— ÉTYM. Mot récent et qui est sans doute le nom propre Casimir dont on a fait quelque application.

t CASINO (ka-zi-no) , s. m. Nom profire d'un lieu de réunion pour lire, causer, jouer ou danser, qu'on applique quelquefois, par imitation, à d'autres lieux pour des réunions semblables. || Au plur. Des casinos.

— ÉTYM. Ital. casino, maison de campagne, diminutif de casa, maison (voy. casej

CASOAR (ka-zo-ar), s. m. Nom d'un oiseau échassier, à ailes plus courtes que celles des autruches, presque aussi gros que l'autruche et ne volant pas. Nos gros oiseaux sont fort petits, si on les compare au casoar, buff. Casoar.

— ÉTYM. Espagn. casobar. Dans Furetière il est nommé casuel ou gasuel; du malais cassuwaris , nom de cet oiseau.

tCASPIEN, lENNE (ka-spiin , spié-n') , adj. Terme de géograp^hie. Disposé, en parlant d'un amas d'eau salée, de manière à être complètement erirormô par la terre.

— ÉTYM. Ainsi dit de la mer Caspienne, qui n'a aucune communication avec les autres mers.

CASQUE (kas-k'), s. m. \\ 1» Arme défensive dont on se couvre la tête. Casque de dragon, de pompier. Marcher casque en tête. Ce simple bouclier, ce casque sans couleurs, volt. Tancr. m, I, Gaîment frappons sots et fripons. En casque, en mitre, en cotte, iiÉRANG. Ilarotte. Utourne au moindre vent, il tombe au moindre choc. Aujourd'hui dans un casque et demain dans un froc, doil. Sat. viii. || Fig. Vois-tu , parmi ces grands , leurs compagnes hardies.... Opposer aux mépris un front toujours serein. Et du vice endurci témoignant l'impudence. Sous leur casque de plume étouffer la décence, Gii.- BHRT, le Xr VU' siècle. || Familièrement. S'en donner dans le casque (c'est-à-dire dans la tête), boire un coup de trop,, s'enivrer. Ils furent dans un cabaret boire quelques pots de bon vin.... si bien que le malheureux Jean s'en donna dans le casque, L'An de plumer la poule sans la faire crier, i\' aven tnre. p. io3. || Par plaisanterie, casque à mèche, bonnet do colon. Du casque à mèclie blanc, dit bonnet du coton, pommiir, Co/^ev. || ï° Terme de

CAS

bla.son. Représentation d'un casque sur l'écusicn des armoiries. Porter le casque de face. 11 n'y a que les souverains qui portent le casque ouvert et couronné. Qu'est devenue la distinction des casques et des heaumes? Le nom et l'usage en sont abolis; il ne s'agit plus de les porter de front ou de côté, ouverts ou fermés, et ceux-ci de tant ou de tant (H. grilles.... LA BRUT. 4 4. || 3° Terme de zoologie. Tubercule qui surmonte la tête de quelques oiseaux. Il Le squelette cutané de la tête des insecte.s. || Masque voûté des larves des demoiselles d'eau. || 4" Terme de botanique. Fleur en casque, fleur dont la forme ressemble à cette armure, telle que les aconits et les labiées. || Casque militaire, espèce d'orchis. Il 5° Espèce de grande cuiller pour transporter des boulets rouges. || 6° Cuir très-fort.

— HIST. XV' s. U vaut bien mieux cacher son nez dans un grand verre ; Il est mieux assuré qu'en un casque de guerre, basselin, xix.

— ÊTYM. Espagn. et ital. casco. Ménage tire ce mot du latin ca.ms, casque, par l'intermédiaire d'une forme cassicum, qui n'aurait pas donné l'italien casco. Diez le tire, avec toute raison, ûe l'espagnol casco, crftne, et aussi tête; de sorte que coscn signifierait primitivement quelque chose de cassé, de l'espagnol cascar, briser, tiré par un suffixe ic (quassicare) de quassare (voy. casser). Casque a chassé et remplacé le mot heaume qui seul se trouve dans les anciens textes.

t CASQUÉ, ÉE (kas-ké, kée), adj. \\ 1° Couvert d'un casque. Istobad ne doutait pas qu'étant ca.squé, brassardé, il ne vint à bout du champion, volt. Zadig.it. Il 2°Termedenumismatique.0uiaun casque. Tête casquée. || 3° Terme de zoologie. Qui porte des tubercules en forme de casque; dont la tête est d'une autre couleur que le corps.

— ÊTYM. Casque.

t CASQUET (ka-skè),s.ni. || l'Ancien terme militaire. Ca.sque léger et ouvert. || 2° Sorte de râteau de bois.

— HIST. XVI' s. Et s'ils vouloyent avoir un casquet et un rondache àpreuve.... langue, 2«7. Ses espions et ses casquets Et ses boucliers bien espais,

AM. JAMYN, Poésies, p. B7, dans LACURNE.

— ÉTYM. Diminutif de casque.

CASQUETTE (kas-kè-f), s. f. Coiffure d'homme,

faite d'étoffe ou de peau, garnie ordinairement d'une visière. Casquette de chasse. Sortir en casquette et en veste. |t Populairement. Il est un peu casquette. Il a bu un coup de trop, il est gris. Pour cette locution, voyez casque.

— ÉTYM. Casquet.

t CASSABLE (kâ-sa-bl'), adj. Qui peut être cassé facilement.

— HIST. XVI' s. Cassable, oudin.

— ÉTYM. Casser.

CASSADE (kâ-sa-d'), s. f. || 1» Bourde qu'on invente , mauvaise excuse , défaite. Donneur de cassades. Un valet.... L'avait galantement payé d'une ca.ssade, Régnier, Sat. x. || 2° Au brelan, etc. Renvi fait avec vilain jeu, afin d'obliger les autres joueurs à quitter. Faire une cassade.

— HIST. XVI' s. [M. de Vieilleville était] en la chambre de Mme d'Estampes jouant au flux à toutes restes avec elle, et M. le cardinal de Lorraine, car la première [la prime] n'estoit encore en usage: auquel lieu il [le Dauphin] s'achemina incontinent; et après avoir vu donner trois ouqiKitre cassades, il fit à M. de Viailleville ce commandement, CARL0IX, 1, -35. Ce que M. de VieilleviUe, aux escoutes de l'événement de sa cassade [ruse] , vint incontinent faire entendre à M. de Saint-André, m. II, 9. Luy donnoit fort souvent des cassades, et luy racomptoit pour vrayes des nouvelles qu'il venoit promptement d'inventer, des accords, Contes de Gaulard, p. 46, dans lacurne. Il est bien vray qu'il [le connétable de Bourbon] fut fort bien compris dans le traité de Madrid; mais le roy le rompit tout à trac quand il fut de retour en France, si bien que M. de liourbon eut la cassade, brant. Capit. estrang. t. I, p. 2(2, dans lacurne.

— ÉTYM. Ital. cacciata, cassade au brelan, de cacciare, chasser, pousser (voy. chasser). Cassade s'est dit d'abord au brelan, puis pour toute espèce de feinte, de bourde.

t CASSAGE (ka-sa-j'), s. m. Action ou opération de casser. Le cassape des minerais.

— ÉTYM. Casser.

t CASSAILLE (kâ-sa-U, Il mouillées), s. f Terme d'agriculture. La première façon qu'oc donne à un champ en jachère. ,

— ÉTYM. Casser.

t I. CASSANDREtta-san-dr^. || 1° S. ». Persoc

CAS

CAS

CAS

nage de la comédie italienne, et de là, un vieillard ridicule. \\i°S.f. Fille de Priam, qui, prédisant l'avenir, n'était jamais crue des Troyens.

— ÉTYM. Ital. Cassandro, de Kàaoctvîpoc, Kâoirav- 6pa, noms propres, dexàui;, frère, et àvT|p, homme.

t î. CASSANDRE (ka-san-di') , s. f. Danse célèbre du temps de Konsard.

— ÉTYM. Cassandre, nom de la maîtresse de Ronsard.

CASSANT , ANTE (kft-san , san-t") , adj. || f Sujet à se casser, àse rompre; qui se casse aisément. || Poires cassantes, àchalr cassante, poiresqui cassent et résistent légèrement sous la dent, par opposition aux poiresdites fondantes. {| Métal cassant, métal douéde la propriété opposée à celle qu'on nomme ductilité et malléabilité, et qui est ordinairement le i)artage de corps très-durs, etc. L'acier trempé très-dur est cassant. LaboissiJre ramassa les deux morceaux de nacre et les regarda un instant avec une affectation d'inquiétude : Savez-vous que vous me faites peur? dit-il; serais-je sans m'en douter aussi cassant que cela? CH. DE BERNARD, le Gendre, § 5. || 2" Fig. Q\n tranche durement, qui contredit avec roideur. C'est un homme ca.ssant. Là, au milieu des chefs rassemblés, entouré de leurs regards inquiets et qu'il suppose désapprobateurs, il semble vouloir les repousser de son attitude sévère, et d'une voix brusque , cassante et concentrée, ségur,//w(. deffapol. viii,< 1 . il Un air, un ton cassant, sec, insolent, querelleur.

— REM. Cassant est pris dans deux sens, l'un passif, l'autre actif. Un métal cassant est un métal qui est ca.ssé facilement, tandis qu'au figuré un homme cassant est celui qui casse en quelque façon ceux qui l'approchent.

— HIST. XVI» s. Oa sçeit bien que ung voyage finy, les nouvelles bandes vont à Saint Cassant [sont licenciées], carloix, iv, 49.

t CASSARD (kâ-sar), s. m. Un des noms vulgaires de la buse.

— ÉTYM. Casser.

CASSATION (ka-sa-tion) , s. f. || 1° Terme de jurisprudence. Acte juridique par lequel on casse des jugements, des actes et des procédures. Demande, recours, pourvoi en cassation. Se pourvoir en cassation. Il y a ouverture à cassation. || Cour de cassation, le tribunal suprême qui casse et annule en dernier ressort, pour vice de formes ou violation des lois II 2° Droit de cassation, droit qu'eut longtemps l'ancienne Université jusque sous Louis XU, de suspendre à volonté les leçons des auditoires et les sermons des paroisses, pour faire triomplier ses réclamations.

— ÉTYM. Casser.

CASSAVE (ka-sa-v') , s. f. Sorte de galette préparée avec la racine râpée de manioc cuite sur des plaques chaudes; cette racine, brisée et réduite en grumeaux, est appelée farine de manioc; c'est en cet état qu'on la mange, sans en faire de pain; ces galettes sont d'un kilogramme et demi sur les marchés de Cayenne, et du double au Brésil, legoarant.

<. CASSE (kâ-s'), s. /. || l' Terme d'imprimerie. Sorte de botte plate et découverte, composée de deux parties, le haut de casse et le bas de casse, et divisée en petites cases pour chaque caractère. Haut de casse, la partie supérieure, qui contient les capitales et différents autres caractères. Bas de casse, la partie qui est sous la main du compositeur, et qui contient les lettres ordinaires, dites pour cette raison, lettres du bas de casse. || 2" La partie de l'écritoire de poche où l'on met les plumes. Laçasse de l'écritoire est rompue.

— HIST. XIV» s. La casse qui soutient la lunette du miroir, IKodus, f° Lxm. |{ xvi" s. Que les escus seroiont nombres et mis en des casses de bois, puis seroient emballées les dites casses et scellées, M. du

— ÉTYM. Le même que caisse.

2. CASSE (ka-s'), s.f. || 1° Casse à rôt, lèchefrite. H 2° Terme de fonderie. Bassin formé vis-à-vis de l'ouverture d'un fourneau pour recevoir le métal fondu. Il Poêlon de cuivre, servant dans une savonnerie pour puiser l'eau ou le savon. || Grande cuiller de fer à l'usage des verriers. || Coupelle pour affiner l'or. || Chaudière de fer ou de potin.

— HIST. xv s. Olles, chauderons, casses de cuivre, DU GANGE, cassa. Ilxvi's. Faut bouillir la cassonade, en abondance d'eau, dans une poésie ou casse bien nette, sur un feu de flamme, o. de SERRES, 852. La composition, mise dans la ba.ssine ou casse pointue sur petit feu de charbon, y sera achevée de préparer, id. 866.

— ÉTYM. Picard et Berry , cosse, casserole; génev. eaue ou caffe; catal. cassa; espagn. caio ; ital.

Miîo; pays de Coire, coi; bas-lat. ca:a, crizia, cazeola, catiola; de l'anc. haut-allem. cheii; anc. Scandinave, kati, d'où l'allemand moderne Kessel, chaudron. Ce cjui fait que casse 2 ne peut avoir la même étymologie que cuisse ou casse i , c'est que, dans les langues congénères, le premier de ces mots prend un î ou deux i, tandis que le second prend deux s; d'où l'on est conduit à des radicaux différents.

3. CASSE (ka-s'),. s. f. Pulpe des fruits du canéficier (ca.vsia fistula, /,.), dont les gousses nous viennent particulièrement des Antilles, sous le nom de casse en biltons, ca.s.se des boutiques. C;usse aromatique, casse giroflée, ancien nom de la cannelle.

— HIST. xv-' s. yu'on ne m'ap[)0rle [lointde cas.se, Et qu'on ne courre au médecin; De vin qu'on emplisse ma tasse. Qui me voudra rendre bien sain, BASSELiN, XXV. Il XV]* S. Il preiioit clysteres refrigerans ou ca.sse mondée toute seule, pahê, v, m. Casse fistulaire mondée, lo. xx, 21 . Escorce de canue de cas.se ratLssée, id. xxiv, 41.

— ÉTYM. Provenç. et ital. cassia; du lat. casia, du grec xaaîa, qu'on regarde comme phénicien : kidèah ou kniah, signifiant couper ou peler dans les langues sémitiques.

4. CASSE (kil-s') , s. f. Il 1" Action de casser. La caisse est mal faite, les objets sont mal emballés, il y aura de la casse. Les domestiques ont tant de gage dans cette maison, et tant de casse, ou laçasse est à leur charge. Le voiturier ne répond pas de la casse. Il 2° Surface mise à nu, quand on casse du fer, un métal ou tout autre corps, jj 3° l'eine militaire qui consiste dans la perte d'un grade. Et pour s'être mal dé'endu, on lui donna de la casse, Lctt. cur. dans LEROUX, Dicl. comique. \\ Fig. Donner de laçasse, déposséder quelqu'un d'un emploi, d'un poste. Il Anciennement. Leilies de casse, lettres par lesquelles le roi ordonnait de casser un officier.

— HIST. xvi" s. Et sur le bruit qui avoit couru de la casserie générale qu'il avoit faicte de ceste valletaiUe, carloix, ii, 18.

— ÉTYM. Casser.

t 5. CASSE (ka-s'), s. f. Terme de commerce. Sorte de toile de coton à imprimer, qu'on tire de l'Inde, du Bengale et de Coromandel.

CASSÉ, ÉE (kâ-sé, sée), part, passé. || 1° Mis en deux ou plusieurs fragments. Un bras cassé. Le mât cassé par la violence du vent. Cette nuit j'ai songé de poissons morts et d'œufs cassés, et j'ai appris du seigneur Anaxarque que les œufs cassés et le poisson mort signifient malencontre, mol. Am. magn. 1,2. Il Fig. et familièrement. Avoir le nez cassé, échouer dans une affaire. || 2° Annulé. Un arrêt cassé par la cour supérieure. || 3» Renvoyé de son emploi, de son grade. Un sergent cassé par ses supérieurs. Il 4» Affaibli par l'âge. Tout cassé que je suis, je cours toute la ville, corn. Cid, m, 5. Ulysse entre sous la figure d'un mendiant et d'un vieillard fort cassé, FÉN. XXI, 468. Le pape [Jules IIJ , cassé de vieillesse, était sous les armes, volt. JWœwrs, H3. Ton noir Domingue est bien cassé; Marie est infirme , BERN. D1-: ST-p. Paul et Yirg. X l'instant même je vis paraître un homme cassé de vieillesse, chateaubr. Han. :171. Il 5° Voix cassée, voix usée qui se fait à peine entendre. Ce Paris, à la voix cassée. Bourdonne encortrop près de moi, v. hugo, F. d'aut. XXXV, 3. Il 6° Terme de marine. Vaisseau cassé, vaisseau dont les extrémités sont aliaissées et font paraître le milieu relevé. || 7° Substantivement. Sucre au cassé , sucre cuit de manière qu'une goutte projetée dans l'eau froide s'y fige et en sori cassante. Il Proverbe. Il en payera les pots cassés, il subira les mauvaises conséquences de l'afl'aire.

t CASSE-AIGUILLE {kâ-sè-gui-ll', H mouillées; prononcez Ht comme dans huile), s. m. Ouvrier employé dans les salines. || jlu p/ur. Des casse-aiguille ou casse-aiguilles.

— ÉTYM. Casser, aiguille.

CASSEAU (ka-sô), s. m. \\ i' Terme d'imprimerie. Moitié de casse à compartiments plus grands et servant de réserve pour différents caractères. Il 2° Petit étui de fuseau à dentelle. || 3° .S', m. plur. Terme de vétérinaire. Cylindre d« bois résistant, di\isé, selon son axe, en deux moitiés exactement semblables et souvent creusées, dans leur partie plane, d'une rigole longitudinale pour y placer des suKstances caustiques. Les casseaux sont employés aussi pour la ca.stration des animaux.

— ÉTYM. Cosse I.

t CASSE-BOUTEILLE (kft-se-bou-tè-U' , H mouillées), s. m. Ternie de physique. Récipient de cristal, portant une lame de verre qui se brise par le poids de l'air, quand on fait le vide dans la machine

pneumatique. || Au plur. Des casse - bouteille ou casse-bouteilles.

t CASSE -BRAS (kâ-se-brâ), ». m. Revers, embarras soudain. Terme populaire. || Au plur. Dej • casse-bras.

— ÉTYM. Casser, bras.

CASSE-CGC (kâ-se-cou) , ». m. || 1» Endroit où l'on court giand risque de tomber. C'est un cassecou que cet escalier. || 2° Au jeu de colin-maillard, casse-cou se dit pour avenir celui qui a le bandeau qu'il va se heurter contre quelque objet. || 3' Espèce d'échelle qui n'est soutenue que par une queue. Il 4° Terme de manège et de maquignon. Homme employé à monter les chevaux jeunes ou vicieux. || Homme qui monte à cheval avec plus de hardiesse que d'habileté. || Fig. et familièrement, personnage peu important, qui est chargé de quelque négociation hasardeuse, et, dans un autre .sens, homme qui .se lance avec hardiesse, mais qui n'a ni soin ni prévoyance. C'est un casse-cou. Il Au plur. Des casse-cou ou casse-cous.

— «ÉTYM. Casser, cou.

I CASSE-CROÛTE (kâ-se-krou-f) , ». m. Instniment qui .sert à broyer la croûte pour les vieillards qui n'ont pas de dents. || Au plur. Des casse-croûte ou casse-croûtes.

t CASSE-CCL (kâ-se-ku), ». m. \\ 1° Sorte de jeu . d'enfants. || 2° Chute i|u'on fait en tombant sur le derrière. Il s'est donné un casse-cul sur la glace. Il Au plur. Des casse-cul ou casse-culs.

— ÉTYM. Casser, cul.

f CASSE-FIL (kâ-se-fil), ». m. Instrument propre à apprécier la ténacité des fils écrus. || Au plur. Ûes casse-fil ou casse-fils.

— ÉTYM. Casser, fil.

t CASSE-LCNETTE (kâ-se-lu-nè-l") , ». m. Terme de botanique. Ceiitaurée-bluet , euphraisa officinale, plantes auxquelles on attribue des vertus pour les maladies des yeux. \\Au plur. Des casselunette ou casse-lunettes.

— ÉTYM. Casser, lunettes.

t CASSEMENT (kâ-se-man), ». m. || 1» Action de casser. || 2° Fig. Cassement de tête, sorte de fatigue intellectuelle causée par le travail ou les affaires, ou par un grand bruit. || 3° Terme de jardinage. Rupture complète du rameau lorsqu'il est à l'état ligneux, pratique analogue au pincement, mais qui en diffère par l'époque, le pincement se faisant quand le rameau est herbacé.

— HIST. XV* s. Et nous ferons souldoyer et contenter vous et ceux de vostro compagnie du jour de vostre parlement jusques à votre cassement, GODEFROY, Annotations sur l'Ilisl. de Charles Vl , p. 777, dans lacurne. Telle chose sera soufisante d'effacer la faute du cassement de nostre vœu, louis XI, ffouv.xxx.

— ÉTYM. Casser.

I CASSE-MOTTE ( kâ-se-mo-t" ) , ». m. Instrument pour briser les molles de terre. || Nom du motteux, oiseau. Il j4u plur. Des casse-motte ou casse-mottes, il On dit aussi brise-motte.

t CASSE-MUSEAU, s. m. \\ 1* Terme populaire. Coup sur le visage. 1| 2° Terme de cuisine. F.spèce de pâtisserie. || Au plur. Des casse-museau ou cassemuseaux.

— ÉTYM. Casser, museau.

CASSE-NOISETTE (kâ-se-noi-zè-f), ». m. Petit

instrument avec lequel on cas.se des noisettes ou des noix. On dit au.ssi un casse-noix. || FamiUèrement. Figure , menton de casse-noisette , en casse-noisette, meoton qui se relève et se porte vers le nez. \\ Au plur. Des casse-noisette ou cassenoisettes.

— ÉTYM. Casser, noisette.

CASSE-NOrx (kâ-.se-noi), ». m. || 1* Synonyme de casse-noisette; c'est le même in.strument, mais un peu plus grand. 'Ij 2° Oiseau qui vit de noix, de graines et aussi d'insectes {nucifrage lachelt). || Au plur. Des casse-noix.

— ÉTYM. Casser, noix.

f CASSE.NOLE fkâ-se-no-l") , ». f. Nom vulgaire de la galle de chêne dans les contrées méditerranéennes de la France. || Quelques dictionnaires font ce mot du masculin.

t CASSE-NOYAUX (kâ-se-noi-io), ». m. Nom d'un oiseau, le gros-bec commun. || Au plur. Des casse-noyaux.

— ÉTYM. Casser, noyau.

i CASSE-PIERRE (kâ-se-piè-r") . ». m. Outil du tailleur de pierre. Il Nom de plantes, la pariétaire, la saxifrage, la criste marine. |l Au phir. Des casse- ])ierre ou ca.sse-pierres.

— ÊTYM. Casser, pierre

CAS

t CASSR-POITRmK (kA-s&-poi-tri-n'), s. m. Nom qu'on donne populairement à de l'e;ui-de-vie rendue plus brûlante par l'addition de substances acres.

— ÈTYM. Casser, poitrine.

■f CASSF>POT (kâ-se-po), s. m. Nom vulgaire d'un arbre du Pérou (cestremi vMineux), dont le liois éclate en brûlant et brise les poteries qu'on expose à sa flamme. || Au plur. Des casse-pot ou ca.^sepots.

— ÉTYM. Casser, pot.

CASSKR (k.1-sé), V. a. ||1* Faire, d'un objet qui est frappé, deux ou plusieurs fragments. Casser du sucre, tîasser du bois. Casser des œufs pour la cuisine. Une poutre cassa les jambes à l'athlète, la FONT. Fabl. l, H. Pourvu que le nourrisson ne se casse ni bras ni jambe, i.J. ROU.ss. Ém. 1. 1| Casser la tête à quelqu'un d'un coup de fusil, de pistolet, le tuer d'une balle dans la tête. Que d'une force sans seconde La mort sait ses traits élancer Et qu'un peu de plomb i)i!iit casser I.a |ilus belle tête du monde, voit. dansiiiciiRLET. Soiipiv.quo les boulets no vous respectent gutre, Kt qu'un ploinb, dans un tube enfassé par des sots. Peut casser d'un seul coup la tête d'un héros, VOLT. Ép. lu. Au rni de Pnsse. || Se casser la tête, se faire une fracture au crâne; et par exagération, se faire une ble.ssure à la tête. || Fig. Se casser la tête, s'appliquer avec une grande contention d'esprit. Je le ferai avec toute la diligence possible sans pourtant me casser la tête, boss. Lett. quiét. 227. Il se casse la tête d'application, sêv. 387. || Se casser la tête, se désespérer. Elle se cassait la tête contre les murs, sév. 409. |{ Fig. Casser la tête, importuner par un grand bruit, par des propos. Le père Payen, à-qui l'on casse la tète, sév. 446. On dit aussi d'un vin capiteux, qu'il casse la tête. || Casser les os à quelqu'un , le battre. Et le moi que voici , chargé de lassitude, A trouvé l'autre moi, frais, gaillard et dispos. Et n'ayant d'autre inquiétude Que de battre et casser les os, mol. Amphitr. ii, < . || Se casser le cou, faire une chute dans laquelle on se tue ou se blesse grièvement. || Fig. Se casser le cou, ruiner ses affaires, sa fortune. On dit de même, casser le cou à quelqu'un. || Par exagération. Se casser le nez, faire une chute sur la face, et plus souvent, se frapper le nez contre un obstacle qu'on ne voit pas ou auquel on ne fait pas attention. Je me suis cassé le nez contre un arbre. || Fig. Se casser le nez à la porte de quelqu'un, no pas le trouver chez lui. Il Se casser le nez, échouer dans un projet, une entreprise. Que je traite avec vous des choses où Aristote, Platon, St Thomas et St Bonaventure se sont cassé le nez, volt. Lett. d'Argenson, Ai déc. <770. Il Comme les coups qu'on se donne sur la nez sont rarement dangereux et toujours ridicules, l'expression casser le nez est toujours prise en moquerie, en dérision, à la dilTérence decasser la têtCj II Fig. Casser les vitres, ne garder aucuns ménagements. || Fig. Cela me casse bras et jambes, cela paralyse tous mes moyens d'action ou bien me stupéfie d'étonnement. Ce n'est pas moi qui ai trouvé le secret de faire traîner deux mois cette opération, presque tenninée en huit jours, quand le roi et l'état-major me vinrent casser les bras, p. l. codr. Lett. i,<»3.Lapeurca3se lesjambes à l'homme; pourquoi ne briserait-elle pas bien les ailes à l'oiseau? cha- TEAUB. Amer. 24. || Casser la croûte, casser une croûte, manger un morceau. Cassez la croûte avec nous. Il Fig. N'en casser que d'une dent, n'en pas tâter, s'en passer. Faites moins la sucrée otchangez de langage; Ou vous n'en casserez, ma foi, que d'une dent, coarJ. Le Menteur, iv, 9. || Populairement et fig. Je t'en casse , c'est-à-dire ce n'est pas pour toi, tu n'en auras pas. || Fig. et bassement, on dit qu'une femme a cassé ses œufs, quand elle a accoijphé avant terme par quelque chute ou accident. |J 2° Terme de droit. Annuler. Casser une condamnation, des jugements. Casser un testament. Casser un jnariage.... Non, je m'y veux tenir; Quelque sensible tort qu'un tel arrêt me fasse. Je me garderai bien de veuloir qu'on le ca.s.se, mol. Mis. v, t. [ils] m'ôtent tout le pouvoir de casser l'alliance, mol. Sgan.ii. Il fit casser son mariage avec Anne, boss. Var. 7. Après la grâce obtenue, nous cassons un acte si solennel, ip. Pin. t. J'empêchai qu'on ne cassât cette adoption qui rend aujourd'hui le jeune César si audacieux, VERTOT, Rév. rom. xiv, p. 3I7. || 3* Destituer. Casser un magistrat. L'empereur cassa le centurion. Casser un officier, c'est le chasser du servwe; casser un sous-officier, c'est le priver de son graue On le menace tous les jours d'être cassé, sév. ..Lr.?" ^'*!';"' «"'^ ofS'^'ers sous peine d'être ^«Îta^'^-M"^*^*" """ P«'°e fie mort, de s'écart«r pour pOIer, yolt. rXarUs XII, * || Cas-

CAR

ser aux gages, ôter un emploi rétribué; et flgurément, retirer sa confiance à un inférieur. || 4° Affaiblir, débiliter. Des corps que les fatigues ont cassés. Des rôles fatigants ont cassé la voix de ce chanteur. Il 6° Terme de marine. Casser l'erré, arrêter par degrés une embarcation. || 6° V. n. fxre cassé. Le verre casse aisément. La corde cassa. Le bois ne casse jamais sans avertir, à moins que la pièce ne soit fort petite ou fort .sèche, buffon, Exp. sur les vigd. l" mém. || 7° Se casser, e. réft. Être mis en morceaux. Le pot se cassa en tombant. S'il se casse quelque chose, je m'en prendrai à vous, et je le rabattrai sur vos gages, mol. l'Avare, m, 4. Il Devenir débile, perdre sa force. Il commence à se casser. C'est un homme qui se casse. La voix de ce chanteur s'est cassée promptement. || Proverbe. Qui casse les verres les paye, c'est-à-dire l'auteur d'un dommage doit le réparer. || Si c'est du grès, on vous en casse, se dit à quelqu'un pour exprimer qu'oô refuse de faire ce qu'il désire.

— PYN. CASPKR, ROMPRE, BRisF-R. Ces trois mots expriment que, dans un objet, la continuité détruite. Ils diftùrent en ce que casser, c'est la détruire en un coup, en une fois; rompre, c'est la détruire avec un effort, avec le temps; briser, c'est mettre en pièces. Un coup de barre cassa l'essieu; un coup de feu le brisa; une charge trop pesante le rompit. Il faut ajouter que l'étymologie de casser est complexe, venant à la fois de cassus, vain, vide, nul, el de quassare , briser; de ce côté casser n'a plus de synonymie avec rompre : on casse un contrat, im testament, un officier, mais on ne les rompt pas; on rompt une alliance, mais on ne la casse pas

— HIST. XI" s. Quassit son haume, si l'ont navrét au chef, Ch. de Roi. clii. || xii' s. De tous royaumes devez estre cassé [déchus] , lioncisv. 1 9. L'haume [il] lui froisse, 11 os lui sont quassé, ib. (04. Il xin* s. Li rois quasse la cire, s'a au brief esgardé, Berte, Lxvii. Sans defîense la porte quassent, Ouassée l'ont ; outre s'en passent, la Rose, 42676. Bien seroit sa jangle [caquet] quassée, ib. 7432. [Tibullus] Por cui mort [pour la mort de qui] ge brisai mes flèches, Cassai mes ars [arcs].... ib. 40641. Par cens iert li chastiaus cassés. Se chasoun i met bien s'entente, ib. 40770. Moslrant raisons et semblances de dreit por cel dit casser et varier, Ans. do Jér. 4 18. Tuit sunt un, saches à délivre. Et vie d'oume [homme] et oez [œufs] quasseiz, ruteb. 13I. Et li rois cassa l'establissement , et commenda que tôt viegne en partie, Liv. dejust. 4 0. || xiV s. Et certes se ne me cassez Ces trois.... [ne me privez de ces trois], machault, p. ♦. y xv" s. Et se mettoient au retour, petit à petit, ceux qui estoient cassés de leurs gages et tous hodés de la guerre, froiss. m, III, 88. De balader j'ay beau loisir. Autres déduis me sont cassez, ch. n'oRL. Rail. 40. Tellement quellement Me faut le temps passer. Quant ne puis nullement Ma fortune casser, id. Rond. B). Casser un privilège, comm. ii, 4. || xvi" s. Et qui s'applicque X tel' trafficque. Le plaisir casse, J. marot, v, 246. Car la fortune est pour un verre prise, Qui tant plus luit, plus tost se casse et brise, marot, i, 329. Guida, dit-il, messieurs, je le ferai, mais que j'aie disné; et cassoit [bâfrait] toujours, b. despeh. Contes, cv. La nufïieme légion s'estant mutinée, il la cassa avec ignominie, mont, m, 468. II cassa la compagnie de 300 satellites, que Romulus avoit toujours euz autour de sa personne, AMYOT, ATuma, 4 2. L'edict par lequel il cassoit et annuUoit toutes debtes, id. Solon, 25. Révoquer et ca.sser une ordonnance, id. Péricl. 7(. Quand j'ai veu qu'ils me cassoient [mes chevaux de chasse], je les ai cassez, et puis l'âge en cassoit sa part, e'aub. Fcen. i, 6. Lui casser la teste d'un coup de pistolet, m. Vie, xix. La sentence fut modérée à estre dégradé des armes et cassé, m. ib. Lxxxiii. Puis l'accident passé, ils sont cassés de leurs gages, PARÉ, xxiv, 4 3. Vingt hommes d'armes des plus lestes de la compaignie de M. le mareschal de Saint- André se ca.sserent [se démirent] , et vindrent trouver M. de Vieillevjlle, carloix, vi, 13. D'une voix cassée et enrouée , mont, ii, 20. On rencontre la substance de l'os dure, qui sonne cassé, paré, XI , 21 . ô prompts désirs d'espérance cassez, 0 douce erreur, ô pas en vaintrassez, bons. 9i.

— EtyM. Provenç. cassar, caissar,cachar, quassar ; catal. cassar ; espagn. casar; ital. cassare; du latin quassare, secouer, ébranler, fréquentatif de quatcre. Il y a aussi le latin cassus, vide, nul, dont la forme et le sens se sont confondus avec quassus, quassare.

CASSEROLE (ka-se-ro-V, et non ka-stro-l' , mauvaise prononciation répandue dans le peuple), t. f.

CAS

Il !• Ustensile de cuisina en métal, Il quetie, à fond plat et à parois droites et cylindriques. Casserole de cuivre bien étamée. || 2* Fig. et familièrement. Passer à la casserole, subirun traitement antivénérien. Il fut clair qu'on ne m'avait pas soupçonné d'aller y faire [à Montpellier] un tour de casserole, j.i. bous- SEAU, Conf. VI. Il 3° Grosse montre.

— ÈTYM. Diminutif de casse s. Catse répondant à l'italien caxsa, l'italien casserola contredirait cette dérivation; mais easserola n'est pas un mot ancien dans cette langue, et il est sans doute emprunté de françai.'!.

t CASSEROLÉE (ka-iîe-ro-lée) , ». f. Contenu d'une casserole.

— f.TYM. Casserole.

t CASSEHON (ka-se-ron), s. tn. Un des noms du calmar.

— Hl.ST. XVI* s. Dea, fault il que vous autres parliez aussi de la guerre, qui ressemblez proprement , aux casserons : car vous avez bien un cousteau, 1 mais vous n'avez point de cueiir, amvot, TMm. 24. 1

— firv.M. Forme dérivée de casse * , caisse, à cause qu'il contient une liqueur noire.

fCASSETÊE (ka-se-tée), s. f. Le contenu d'une cassette, d'une casse.

CASSE-TÊTE (kâ-se-tê-f), s. m. \\ i' Massue de guerre de certains peuples sauvages. Une troupe d'habitants des montagnes bleues qui descendaient armés de casse-tête, volt. Jenni, 7. Ton casse-têt» est orné de dents de crocodiles, chateaub. Natc. ix, 39S. Il 2" Petit bâton très-court, plombé aune de ses extrémités et qui, étant flexible, peut casser la tête ou donner quelque coup dangereux. || 3° Fig. et familièrement, vin qui porte à la tête. || 4'' Travail, calcul, jeu qui, exigeant une grande attention, fatigue la tête. La progression en nombres impairs dans laquelle tombent les corps graves, et autres ca.çse-tête, volt. Lett. vers, B3. || Casse-tête chinois, sorte de jeu où, avec de petites pièces en bois égales et diversement colorées, il faut former des dessins ou compartiments agréables à l'œil. Il Fig. Travail mécanique et fatigant, et qui ne produit rien de vraiment beau. Il [un pareil résultat] aboutit à tourner dans un cercle invariable, et il finirait par transformer l'art [dramatique] en une sorte de casse-tête chinois, F. wey, Préface de Stella. Il S" Bruit continu et fatigant. |1 6° Terme de marine. Grand filet étendu pour garantir les hommes de la chute de ce qui pourrait tomlier des mâts. Il Au plur. Des casse-tête ou casse-têtes.

CASSETIPTOîa-se-tin), s. m. Terme d'imprimerie. Compartiment d'une casse d'imprimerie. Chaque lettre a son cassetin. || Réservoir dans un fourneau, pour recevoir le métal qui entre en fusion.

— ÊTYM. Casse 4.

CASSETTE (ka-sè-f), s. f.U l' Petit cofîre destiné à serrer des bijoux, de l'argent. Et dans quoi est-ce que cet argent était? Dans une cassette, MOL. l'Av. V, 3. Il 2* Absolument, la caisse particulière d'un prince. Il n'y a rien pour lui sur la cassette [il n'y a pas de i)ension] , la biiuy. xiii. Bardes que la cassette inspire. Traitez mon sujet, il piaira, bérang. Nabuchod. || Biens de la cassette, les domaines de la couronne. || 3° Petit coflre à compartiments à l'usage des taiUeurs.

— HlST. XVI* s. Le jus sera mis dans le poëslon ou cassette, et sur icelui le sucre pulvérisé, o. dk

— ÉTYM. Diminutif de casse ou caitse; provenç. caisseta; catal. capseta; ital. cassetta.

CASSEUR, E0SE (kâ-seur, seû-z'), s. m. tif. Celui, celle qui casse beaucoup par maladresse. j| Fig. Un grand casseur de raquettes, un homme vigoureux. Il Un casseur d'assiettes, un tapageur, un querelleur.

— HIST. xvi' s. Il frappoit comme un casseur d'acier [et non d'assiettes, qui est ce qui se dit aujourd'hui], desper. Contes, x.

— ÉTYM. Casser.

I CASSE-VESSIE (kâ-se-vè-sie) , s. m. Terme dr physique. Récipient ouvert à l'une de ses extrémités, fermé à l'autre par un morceau de vessie mouillée, et servant à faire des expériences sur la pression atmosphérique. || Au plur. Des casse- vessie ou cassevessies.

t CASSICAN (ca-ssi-kan), s. m. Nom d'un oiseai: omnivore des terres australes. '

t CASSIDGINE (ka-ssi-doi-n'), t. f. Sorte dr pierre piécieuse dont les anciens se servaient pou; faire des vases.

tCASSlE (ka-sie), s. f. Terme de botanique Graines de cassie, graines de l'acacia famesiana. qui sont employées dans la parfumerie.

CAS

CAS

CAS

4. CASSIER (ka-sié), s. m, CauéScier, arbre qui porte la casse.

— ÉTYM. Casse 3.

fa. CASSIEU (ka-sié), *. m. Terme de typographie. Armoire où l'oa range des casses.

— ÉTYM. Casse i.

t CASSIN (ka-sin) , s. m. Partie du métier à étoffes de soie. || Terme de teinturier. Seau pour la soie.

t. CASSJNE (ka-si-n'), s. f \\ 1° Terme de guerre, l'élite maison détachée au milieu des champs, où l'on peut i'embusquer, se retrancher. || 8" Petite maison d« plaisir hors de la ville. M. de Villars l'est allé recevoir dans sa cassine, sÊv. 307. {| 8" Familièrement, maisonnette de chétive apparence, et aussi, maison mal tenue. Comment peut-il demeurer dans une pareille cassine?

— HlST. XVI* s. Geste faute advint pour sauver une cassine estant au seigneur Jean Jacques Trivulce , M. DU BELLAY, 6. Ils n'avoient point de terres ny de seigneuries, methairies, olozeries, borderies, cassines, ny bastides, dont ils se peussent, à la françoise, qualifier ou anoblir, carl. ii, <7. Et là trouvai les plus beaux lieux du monde, bellesgaleries, belles prairies, force vignes, et une infinité de cassiiios à la mode italique , parles champs pleins de deUces, bab. Font. Il, 32. j'ai là-bas une petite cassine au bout de vostre grande prée qui est sur la rivière , Moyen de parvenir, dans lacurne. Ma pauvre cassine, REMYBELLEAu, Berger, t. i, p. 70 , dans lacurne. Plus ne blanchissent de bruines, Ny paresseux en leurs cassines Plus ne chomment les laboureurs, ID. ib. p. (07. Allez, et n'ayez peur que les dents assassines Des vieux loups affamés n'abordent vos cassines, ID. dans le roux, Dict. comique.

— ÉTYM. Bas-lat. cassitta, chaumière , domaine de campagne, dans les lois des Lombards; du baslatin cassa, qui s'est dit pour casa, maison (voy. case). L'italien n'a pas cassina; il a casino, à peu près de même sens que cassine, et cascina, fromagerie, qui est un autre mot.

t 2. CASSINE (ka-si-n'), s. f. Terme de botanique. Nom de la viorne luisante^ quiou emploie en Amérique, en guise de tllé. On boit dans de grandes calebasses une préparation de cassine, ciiateauu. Amer. 4<. Mila ne voulait pas qu'on se donnât le temi>s de servir la cassine au religieu.\,iD. Natc. iii, 3.

t CASSINOÏDE (ka-ssi-no-i-d'), s. f. Terme de géométrie. Courbe que Cassini voulait substituer à l'ellipse de Kepler dans l'explication des mouvements planétaires.

— ÉTYM. Cassini, célèbre astronome du temps de Louis XIV.

t CASSION (ka-si-on), s. m. Nom par lequel Faraday, physicien anglais, désigne tout élément d'un corps composé, qui est susceptible de se rendre au pôle positif d'une pile.

CASSIOPÉE (ka-ssi-o-pée), s. f. Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère septentrional.

— ÉTYM. KaauioTiEta , personnage mythologique, femme de Céphée, roi des Éthiopiens, et mère d'Andromède.

I CASSIQUE (ka-ssi-k'), s. m. Nom d'un oiseau d'Amérique {oriolus citrinus).

1. CASSIS (kasi ; quelques-uns prononcent l'ï, ca-sis' : ce qui est moinsbien), s. m. || 1" Groseillier à fru'.is en grappes, noirs et aromatiques. || Le fruit lui-même. || 2° Sorte de ratafia fait avec le fruit du cassis. Un verre de cassis. || On écrit aussi cacis.

— ÉTYM. Mot entré tardivement, ce semble, dans la langue ; on ne le trouve ni dans les auciens Dictionnaires de l'Académie ni dans Furetière ni dans Kiuhelet; l'origine en est inconnue.

t 2. CASSIS (ka-si), s. m. Terme de ponts et cliaussées. Nom d'une rigole pratiquée eu travers lie la route, et ordinairement au bas d'une pente, pour l'écoulement des eaux. || Petit ruisseau de moellon pour conduire les eaux d'égout ou de source.

t CASSITÊRIDE (ka-ssi-té-ri-d') , s. m. Nom d'un groupe de corps analogues à l'étain.

— ÉTYM. KafKJÎTtpoç, élain.

CASSOLETIE (ka-so-lè-f) , s. f. || f Réchaud de métal où l'on fait brûler des parfums. || L'odeur même de la cassolette. |{ 8° Par antiphrase, pot de chambré rempli d'ordures.... Mais, pour vous régaler. Du souci qui pour elle ici vous inquiète, Elle vous fait présent de cette cassolette. — Fil cela sent mauvais, et je suis tout gâté, mol. l'Étour. ni, «2. Il Quelle cassolette I Voilà une terrible cassolette I se dit en parlant d'une mauvaise odeur. || Autrefois, toiaieroiu de gadouard qui, vidant les lieux, infectait !33 rues par où il passait. {| 3" Terme d'architecture. Vase de sculpture, qui paraît jeter des

flammes ou de la fumé*. On dit plus souvent put-àfeu.

— HIST. XVI* s. Puis commença à asperger l'eaue qu'elle tenoit en la cassolite, D. Flores de Grèce, f" xci, dans lacurne. Maintes sortes d'eaues distilécs qu'elle mit dans une cassolite, ib.

— ÉTYM. Diminutif de c<M6oW«; espagn. caioleta. t CASSOLLE (ka-so-l'), s. f. Héchaud pour chauffer la colle dans les papeteries.

— HIST. xvi's. Battez-les, puis les mettez dedans une cassole sur le feu, paré, xxv, 44.

— ÉTYM. Diminutif de coise, poêlon (voy. casse 2); espagn. caiuela. Paré emploie aussi cassolle dans le sens de boite, alors il vient de casse, caisse.

i. CASSON (ka-son), t. m. Pain informe de sucre fin. Sucre en cassons.

— ÉTYM. Casson pourcot'sson (voy. ce mot) : sucre ainsi appelé à cause des caisses où on le met.

f 2. CASSON (kâ-son), t. m. Se dit des noyaux de cacao brisés. || Rognure de glaces. || Fragment de verre cassé.

— ÉTY.M. Casser.

t 3. CASSON (kâ-son), s. m. Voy. calcin.

CASSONADE (ka-so-na-d', et non castonade, prononciation condamnée par l'étymologie et par le bon usage, mais qui est encore celle de beaucoup do gens, et que Ménage notait, de son temps, comme aussi reçue que l'autre) , s. f. Sucre qui n'a été raffiné qu'une fois.

— HIST. XVI* s. Des succres, cassonades, miels, 0. DE SERRES, S42. Pour la confiture hquide, la cassonade est meilleure que le sucre fin, id. 85). Des cassonades, cette distinction sera faite, que de préférer la blanche à la noire, id. 852.

— ÉTYM. Casson t .

fCASSOT (ka-so), s. m. Terme de papeterie. Caisse à compartiments pour le triage des chiffons.

— ÉTYM. Casse t .

CASSCllE (kâ-su-r'), s. f. \\ 1° L'endroit où l'olijet est cassé. La cassure de ce corps est nette. || Aspect que présente une substance quelconque qui a élé çitssée, Casstire vitreuse, résineuse. || i* Fente qui se fait en travers d'une lame d'acier qu'on trempe.

— HIST. XIV" s. Metez la penne cassée endroit la cassure, dedens la fente , Modus, f xciv. Se vostre espervier a la teste d'aucunes de ses plumes quassées, si la mouJliez tantost de vostre salive endroit laquasseure, Ménagier, m, 2. Peu après cette cacheure , il chut au lit, dont il morut , Lettre de rt'misii'o», dans BAYNùUARD. Il xvi" s. Quand la foy est navrée, c'est comme si le bouclier d'un gendarme recevoit quelque casseure de la violence d'un coup, .seulement jusqu'à estre faussé et non percé, calvin, Inslit. 438. Fracture du crâne se fait par contusion, c'est à dire cassure ou froissure de chose contondante, PARÉ, VIU, 1.

— ÉTYM. Casser; provenç. cassadura, cachadura; ital. cas.mtura.

f CASTAGNEAU (ka-sta-gnô), s.m. Nom vulgaire d'un poisson très-commun dans toute la Méditerranée (type du genre chromis de Cuvier).

-f CASTAGNETTE (ka-sta-gnè-f), s. f. Terme de commerce. f;toffe de soie, laine et fil.

CASTAGNEri'ES (ka-sta-gnè-t ) , s. f. plur. Instrument d'origine espagnole, consistant en deux petites écailles d'ivoire ou de bois, creuses, qui, étant jointes ensemble par une petite corde et attachées aux poignets, sont battues l'une contre l'autre par un danseur avec les doigts de chaque main pour marquer ses mouvements et ses cadences. Une paire de castagnettes. Armée de castagnettes et d'effronterie, lUMiLT. Grain. 9. Les Zingari allaient par troupes avec des tambours de bas([ue et des castagnettes, VOLT. Hieurs, t04. Les castagnettes des bohémiens sont les cymbales des prêtres syriens, tu. ib. \\ Au singuUer, la castagnette est un des deux petits morceaux de bois qui composent l'instrument.

— ÉTYM. Espagn. caslanelas : ainsi dites de la ressemblance qu'on leur a trouvée avec des coques de châtaignes (voy. cnixAioNE).

\ CASTAGNEUX (ka-sta-gneû), s. m. Sorte d'oiseau de rivière (le petit grèbe).

— HIST. XVI* s. Sa grosseur est d'une petite sarcelle, de la couleur d'une chastaignelle, dont il semble que la cause pourquoy on l'a nommé castaigneux est venue, belon, Ornith. Zoucet.

fCASTAGNOLE (ka-sta-gno-l') , ». f. Terme de marine. Morceau de bois percé de deux trous et fixé sur les galères à chacune des raUngues de la tenie. || Nom vulgaire d'un poisson sur les côtes de la Méditerranée.

— ÉTYM. Ital. cctstagnolla, nom du poisson.

t CA8TAL1DE8 (ka-sta-ll-d') . <. ^. plur. Nom doonô

aux Muses à cause de la fontaine de Cast^ie.

t CASTALIE (ka-sta-lic), t. f. Nom d'une fontaine de Itéotio. consacrée aux Muses. Les eaux de t-a*talie, la poésie.

CASTE (ka-sf), ». f. || 1* Chacune de» tribus en lesquelles la société de l'Inde est partagée. Il y a quatre castes: les prêtres, les guerriers, les marchanda et agriculteurs, les gens de condition servile, en sanscrit brahmanes, kshatria, vaisia, sùdra. || t* Par dénigrement, classe do la société, que l'on cooaidère alors comme exclusive et fermée. L'esprit de caste. Il a les préjugés, les prétentions de sa caste. (I 3° Familièrement. Je ne le crains pas ni lui ni toute sa caste, c'est-à-dire ni les siens, ni les gens de son bord.

— REM. Caste, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, n'est dans le Dictionnaire do l'Académie qu'à partir de l'édition de <740.

— ÉTYM. Espagn. et porlug. easta, caste, proprement quelque chose de non mélangé; du latin casius. chaste (voy. cmaste).

CASTEL (ka-stèl), ». m. S'est dit pour ehftteau. C'était un petit castel blanc qui se voyait de partout, ST-siM. 4u, 214. M. de Crac, dans son petit Ciistel, titre d'une comédie de tXillin d'Harleville. Il Aujourd'hui terme familier et de plai-santerie. Vers son vieux castel. Ce noble mortel Marche en brandissant Un sabre Innocent, bêeano. Carabas. J'ai une autre nièce que Mme Denis, qui se mêle aussi de jouer quelquefois la comédie dans son castel, VOLT. Letl. Hichelieu, 4» sept. (7«».

— HIST. XI* s. N' i ad castel qui devant lui r»raaigne, Chron. de Hol. i. Les castiax fraiz [brisés], mainte cité brosèe, lionc. p. 33. || xji*s. Et quant il 11 conquist casteals e hérité. Th. le mar. 6*-. || xm* s. Et quant 11 empereres vit que il tenoient contre lui son castiel, se il en fust dolanset courechiés, ce ne fait pas à demander, h. de val. xv. Es les vous venus au castel De Montoire, Où il fisl moult bel, FI. et Bl. S6I. Noz l'entendons des forteroaes qui ne sont pas castiax, liquel sont apelé castel par la raison qu'il sont chief de le [la] conté, beadm. xm, 19.

— ÉTYM. Aulre forme de château (voy. ce mot). I CASTELANE (ka-ste-la-n'), s. f. Sorte de prune

verte.

t CASTELLAN (ka-stèl- lan), s. m. Nom donné autrefois en Pologne ai« dignitaires qui Tenaient après les palatins.

— ÉTYM. Castellum, château.

t CASTELOGNE (ka-ste-lo-gn') , ». f. Terme de commerce. Couverture de laine pour les lits.

— ÉTYM. Dit, d'après Ménage, pour Catalogne, pays d'où venaient eus sortes de couvertures.

t CASTICE (ka-sti-s'), ». m. Indien né à Goa de père et de mère portugais.

— ÉTYM. Caste, dans le sens de sang non mélangé.

t CASTILLAN, ANE (ka-sti-Uan, lla-n', U mouillées) , adj. Qui appartient à la Castilte. Langue ca»tilUme, ou, substantivement, le castillan, la langue espagnole. || S m. Castillan, monnaie d'or valant « fr. 42 c.

CASTILLE (ka-sli-U*; Il mouillées, et non ka-sUye), ». ^. Il 1° Autrefois combat dans une lice. Il fout ranger dans cette espèce [de jeux] les joutes, les castilles, les pas d'armes, chateaib. Amer. 81. Il 2* Aujourd'hui, terme familier qui se dit pour querelle, démêlé de peu d'importance. Chercher castille. Ils sont toujours en castille. Le soled, en se levant, vit notre castille, et fut témoin comme elle me jeta un pot à la tête. Francion, liv. vu, p. 2«i!. Aveccpie nous, si l'alnianach ne ment. Les Castillans n'auront plus de castille; Même au printemps, on doit de leur séjour Nous envoyer avec cerUin» fille [la reine Marie-Thérèse] Les jeux, les ris, les grâces et l'amour, la font. Poésies milles, xa.

HIST. XV* s. Le roy s'en vint à Montferrant, Et

puis fit faire une bastille. Auprès de Lormont accourant Pour à Bourdeaux faire castille, iiAaTiAi. ua PARIS, Viqilesde Chariet Vil, t. u, p. 4»<, dans LACUHNB. Vous savez que le chevalier au daulphiu et moy eusmes castille ensemble, PerxrfomI, t. ui, f» 141, dans LACURNB. X la rcscous-se des deux chevaliers fut grosse la casUlle et grande, tant de l'une partie comme do l'autre, *. t. iv ^ BJ. Si tous requiers que vous me laisser paisible, ou, par la morbieu! je vous livrerai castille. locis xi, Souv. xxiii. Robin Paumier et icellui Thierry eurvntgro*»É castille ensemble, do cang», catiKare. || -xyT s. Je prends noise ou castille, p^lsgr. p. 757.

— ÉfVM. Espagn. castiUo, peut chitaau, d« ca

CAS

itellum (voy. ciiATEAn); il dôaignait, dans les anciens tournois , dos imitations de chftteaux , de tours, etc. (iu'on attaquait, et de là il a été conservé'pour débat, querelle. Dans le xvrsiMe, on avait le verhe .se castiller et l'adjectif castilleux.

CA.STINK (ka-sti-ii'),i. f. Pierre calcaire que l'on mélanfçe au minerai de fer pour en faciliter la fufinn. Les fourneaux y sont pour fondre la mine de fer avec l'aide d'une matière appelée castine, qui est une terre pierre, coquille, Uist. du Nivernais, dans MÉNAOE. .

— ÊTY.vi. M\em. Kalkstein, pierre à chaux , de Knlk, tiré du latin catx (voy. cnAOx), 4 Stein, pierre.

<. CASTOR (ka-slor), s. m. \\ 1» Quadrupède mammifère de l'ordre des rondeurs, qui habite dans les lieuj aquatiques, au nord de l'ancien et du nouveau continent. Le castor d'Europe se terre. Au Canada les castors construisent des digues et des habitations. Ils y construisent des travaux Qui des torrents grossis arrêtent le ravage, Et font communiquer l'un et l'autre rivage; L'édifice résisteet dure en son entier: Après un lit de bois est un lit de mortier; Chaque castor agit; commune en est la tflche; Le vieux y fait marcher le jeune sans relâche; Maint mallre d'œuvre y court et lient haut le bâton ; La république de Platon Ne snrait rien que l'apprentie De cette famille amphibie, LA FONT. Fabl.x,*. Il 2° Chapeau, drap, ras de castor, chapeau, drap, ras fait de poil de castor. Chacun ordonna que je prendrais la valeur d'un chapeau de castor sur les deniers de ma recette, Francion, liv. vi, p. ?23. || Un castor, un chapeau de poil de castor et , dans le langage familier, un chapeau quelconque, vieux, fripé, même un chapeau de femme. || Demi-castor, chapeau de poil de castor mélangé. Vous trouverez , dans les ballots (le M. l'ambassadeur, un étui où il y a deux chapeaux pour vous, un castor fin et un demi-castor, rac. Lettres à son fils, 22. || Fig. et familièrement. C'est un demi-castor , c'est un homme suspect.

— HIST. XV]' s. On mettra en Ijcreille huile de castor [castoréum] ou de girofle, paré , xv, 26. Prenez demie dragme de castor dissout en vin blanc,

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