‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 36 sur 504 · BENOIT, II · texte numérisé non relu

BENOIT, II

— ÉTYM. Abaisser ; provenç. abaisamen ; anc. catal. al>axament ; espiga. abaxiamento ; ital. abhassamento^

ABAISSER (a-bè-sé ; quelques-uns disent a-bé-sé. Ai prend le son èou ê, quand la syllabe qui suit est muette : ila-bè-se-ra ou a-bê-se-ra), v. a. \\ 1° Rendre moins haut, faire descendre. Abaisser un terrain. Il faut abaisser ce mur d'un mètre. Abaisser la paupière. Abaisser un store. Abaissez vos regards sur lui. Ayant un corps qui vous aggrave et vous abaisse vers la terre, PA.sc.édit. Cousin. Abaissons la [l'âme] àla matière, ID. tb. Jamais étode, lune, aurore, ni soleil, Nevirent abaisser sa paupière [du dragon] au sommeil, CORN. Ife'd. 11, 2. Disposez de sa main, et pour première loi. Madame, ordonnez-lui d'abaisser l'œil sur moi,iD. Tite et Bér. iv, 3. |{ 2° Fig. Rendre moins élevé, faire décroître, diminuer. Abaisser la voix. Abais.ser le prix des denrées. La découverte des gisements de la Californie a abaissé la valeur de l'or. Car enfin n'attends pas que j'abaisse ma haine, corn. II. de Pomp'. m , 5. De moment en moment son âme plus humaine Abaisse sa colère et rabat de sa haine, iD. Méd. III, 2. Il 3° Déprimer, humilier, ravaler. Abaisser le pouvoir de quelqu'un. Abaisser l'orgueil. Abaisser la majesté des lois. Abaisser la vertu. Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection, PASc. édit. Cousin. Aujourd'hui devant vous abaissant sa hauteur, volt. Brut. 1,4. Une esclave chrétienne et que j'ai pu laisser Dans les plus vils emplois languir sans l'abaisser, id. Zaïre, iv, 5. Ils abaissent les Grecs, ils triomphent du Maure, ID. Tancr. 11, 4. Pensez-vous abaisser les rois dans leurs ministres? ID. Brut. V, 2. Plutôt que jusque-là j'abaisse mon orgueil.... id. Zaïre, i, 2. Mais nous aurons bientôt abaissé son audace, Ducis, Oth. i, 2. Je mourrai satisfaite après cet orgueilleux , Sous qui César m'abaisse à force de l'accroître, rotrou. Bel. 11, 4 7. Mais, croyez^moi, l'amour est une autre science, Burrhus, et je ferais quelque difficulté D'abaisser jusque-là votre sévérité , bac. Bril. m , 4. || 4° Abaisser pris absolument. Oue s'il plaît au Seigneur, qui selon les conseils de sa sagesse élève et abaisse... , BOURD. Pensées, t.ii, p.24!i. || S* En termes dechirur-

gie, abaisser la cataracte, faire descendre, à l'aide d'une aiguille introduite dans la chambre postérieure de l'œil, le cristallin au-dessous du niveau de la pupille. Il è'Entermesd'algèbre, abaisser une équation, eu diminuer le degré. || 7°En termes de géométrie, abaisser une perpendiculaire sur une droite, menet d'un point pris hors d'une ligne une perpendiculaire à cette ligne. || 8° En termes de pâtisserie, abaisser la pâte, l'étendre avec le rouleau et la rendre aussi mince qu'on veut. || 9° En termes d'horticulîure, abaisser une branche d'arbre, la raccourcir. Il 10° En termes de fauconnerie , abaisser l'oiseau, diminuer la nourriture habituelle de l'oiseau, afin de le rendre plus léger au vcl et plu» avide à la proie.

s'abaisser, u.r^/l. || 1° Devenir plus bas. Cesnuages s'abaissent vers la terre. Le terrain va en s'abaissant. Là où les collines commencent à s'abaisser. Le soleil s'abaisse. Sur le chaume de ces demeures Déjà le soir s'est abaissé, MILLEV. Élég. 1. Et vous, sous sa majesté sainte, Cieux, abaissez-vous, ^ac. listli. m, 9. Il 2° Fig. S'abaisser, devenir plus bas, se proportionner à, condescendre. La voix s'abaisse. S'abaisser à la portée de ses élèves. Cheiniher la popularité en s'abaissant. Il s'abaissait jusqu'à converser avec uue femme de Samarie, mass. av. Disp. Faites bien concevoir à M. Despréaux combien vous êtes reconnaissant de la bonté qu'il a de s'abaisser à s'entretenir avec vous, bac. Lettres à son fils. Et fait comme je suis, au siècle d'aujourd'hui , Qui voudra s'abaisser à me servir d'appui ? boil. Sat. 1. Peut-elle s'abai.sser jus«{u'à soufl"rir ma vue? CORN. Perlh. 11,4. ||3° S'humilier, en bonne et en mauvaise part, se courber, se dégrader. S'abaisser devant Dieu. S'abaisser sous la main divine qui châtie. S'abaisser aux prières. S'abaisser jusqu'à plaider sa cause. Je ne m'abaisserai pas au point de.... Votre fierté, Porus, ne se peut abaisser, rac. Alex, v, 3. Est-il juste après tout qu'un conquérant s'abaisse Sous k servile loi de tenirsa promesse ? ID. Andr. iv, 6. Vous voulez que le roi s'abaisse et s'humilie.... ID. Ilithr.in, t. Vestibules profonds, parvis silencieux, Où viennent s'abaisser les cœurs religieux, lej.ie.rc. Fréd. et Brun. 1, 4 . De savoir si peu m'abaisser , céder dans les rencontres, supporter un mépris... . bourd. Pen-v^es, 1. 11. p. 406. Je rougis que mon père, Pour l'intérêt d'un iils, s'abaisse à la prière, volt. Ali. i, 4. Voudrat-il qu'on s'abaisse à ces honteux moyens? id. Zaïre, u, 4. D'un cœur tel que le sien l'audace inébranlable Ne sait point s'abaisser à des déguisements, id. Ad. II, 5. Ne vous abaissez pas à soupirer pour elle, id. Orphel. iv, 2. S'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante.... Forcé à s'abaisser d'une ou d'autre manière.... Et s'il ne s'abaisse à cela, pasc. édit. Cousin. Qui nous retrace dans le souTenir comment il a quitté le sein de son père et il s'est abaissé jusqu'à nous, BOURD. Pensées, t. m , p. 300. Est-il une démarche si humiliante où il ne s'abaisse, dès qu'il croit qu'elle peut le conduire à son terme? id. ib. t. u, p. 472.

— SYN. Il 1° baisser , abaisser. Faire descendre, faire aller de haut en bas. Baisser est absolu et Abaisser est relatif. Baisser une chose, c'est la mettre plus bas qu'elle n'était; abaisser, c'est la mettre plus bas qu'une autre ou du moins la faire descendre jusqu'à une autre qui était plus bas qu'elle. Au fond, abi.isser, c'est baisser vers , lapaye. C'est là le fond de la difl'érence entre baisser et abaisser. Toutes les fois qu'on voudra faire sentir cette idée de direction, on préférera abaisser à baisser. Ainsi le chevalier baissa la lance ou abaissa la lance ; on dira plutôt le premier pour indiquer que la lance est baissée sans aucune intention ; on dira plutôt le second pour indiquer que le chevalier la baisse vers un objet déterminé, la met en arrêt par exemple.

Il 2' abaisser, rabaisser, RAVALEB, HL'MIUER,

AVILIR. Tous ces mots ont le sens général de déprécier. Abaisser n'a rien de plus que le sens général. La malignité humaine abaisse la vertu. Rabaisser est plus fort ; on rabaisse ce qui est beaucoup trop élevé, l'arrogance, la présomption. L'envie , ne pouvant s'élever jusqu'au mérite, pour s 'égaler à lui, tâche à le rabaisser. Ravaler exprime une idée analogue à rabaisser, mais avec plus de violence et d'emportement. Avilir attire la honte, imprime la flétrissure. Le grand homme peut être humilié, ravalé, mais non pas avili. De grands motifs nous engagent à nous humilier, à nous abaisser, aucun à nous avilir. L'homme modeste s'abaisse, on rabaisse la présomption, l'esprit de parti ravale les hommes éminents, le lâche s'avilit, le pénitent s'humilie, roubaud.

6 ABA

imT. XII* •• D«»M gdOTrtâ teraoMBt Ut Phl- \Mm « non» I* ■»*'*•• **' <♦•■»« pwt ^nMb [MT*] tbdtMt, Jlofie. p. s«. Btinu IgUM

liMlifle !« el«n »• Urran, 77i. <« mari. 11. Moult dnnoMirt whIoI en lr« [le roi) •••nn«inta, Kt trS» bian loi pnunrt Ipromttl qua II l'«b«lMeni, K« là où Il to prM qoa il I* r«n«m, ib. m. Il ('»Ui«u [m Mim], it k pH* un eulUlM; U portier [:l) Aert Bumi M kMMpier lu nuqiMl; Umim«d ebiat diu- «■•MltlMihrTter, Bat. tAUtthatu, »»it».\\mi't. in mmU JofroU qu'il alMt à Andranobto et qu'il iDtbl eonMil à M qiM eaeia guerre rutt «iMlMle [finie], rtUMM. aux. Cl( feuf iee feu] fu li grani et si oribUi que net pot niui tbaiieier ne e«tetndre, m. xa. Bien fost U creitieotA enaucie [ exhtusete] et non mie abaiHie, 10. xxxiv. Mai* or M p«ne« plu* pour rieni Que je m'unour donner f«ai doie (ooite]; Trop durement [je] m'etnlMerole, Blonde H Jihtm, m*. On ne doit pa* penre [prendre] garde l'il (le prix] monte ou abaiue an marehi, biadw. xxxvn , 4. I)e la fonUioe lU'inpriMel [m'approchai]; Quand je fui prfti, si m'tMlieel Pour veoir l'iauo qui couroit, la Jtoif, 4sai. |] XIV* s. leellfl femme desmenti plusieurs fois le suppliant en abaiaaaot honneur de sa personne et de mmofSce, do caror, abauar». \\ xv« s. Certes, •êifneart, Jean Lyon se souffre maintenant et (balsa* U teste bien bes, moiss. n, n, 6a. Or en- Mndax an sonstenir [soutenez-le] ; Car je le voy bien qu'il s'abeaee, In Piui. d» N. S. J. C. |]xvi' s. Le peintre eut charge d'abaisser de couleur l'endroit

SI aetoit par trop enluminé, d'aub. Fan. iv, il. ne se preseoient pas beaucoup de partir et attendoient U ehaleur à s'abaisser [que la chaleur fiU tombée], !>■« PEMERS, «onlM, 8*.

— tTTM. X et baUi*r; prorenç. abaittar; esftgn. abaaari ital. abbastare.

ABAISSm (a-bk-seur, ou, suivant la prononciation de quelques-uns, a-bé-seur). a4j. mate, et t. m. ]) 1* Terme d'anatomie. Nom donné à dos muscles qui abaissent certaines parties du corps. Le muscle abaisseur de l'angle des 16vres. L'abaisseur del'nil. |]1* Terme de chirurgie. Abais.^eur de la langue , instrument de forme variée destiné à abaisser et à maintenir la langue, quand on examine le fond de la bouche.

t ABATT (a-bé),s. m. Terme de p£che. Appftt. Peu usité.

— BUT. XIII' s. Car la vielle set trop d'abet (ruse) , Bmart, t. m, p. six.

— tm. Norm. o6«l, appftt pour le poisson; abé- Itr, mettre un app4t; provenç. a6«l, ruse; angL abêt, instigation ;l>as-Ut. oftelfum; de detde l'ancien français freirr, mettre un mors, du germanique; anglo-sax. batan; flamand , tieeleni allem. bfixen, lUre mordre la hrido, pi aussi nxciter.

ABAJOUK (a-ba-joûe) , (. f. Poche située de chaicAt^d* la bouche, entra les joues et les maires, chez certains mammifères quadrumanes, chiroptères et rongeurs, qui y mettent leurs alimenta en réserve pendant quelques instants.

— tmi. Ce mot parait venir de d et bajoue (voy. ce mot). Cependant l'espagnol offre abaiones, q«i ne se rapporterait pas k cette étymologie, et mi d'ailleurs n'a pas non plus de mot espagnol d'où U iMiiase provenir.

t ABALOI'RDI, IK(a-ba-lour-di, dlo),par«. po*i^. Kntut abalourdi par de mauvais traitements.

t ABAUKIRDni (a-b*-loui^ir), v. a. Rendre balourd, hébété. Populaire.

— RTTII. A et balnurd.

ABANDON (a-ban-don), $. m. On verra k l'fSymologie quelle est la série réelle des signiflcation.s. Il 1* Remise entre les mains de.... L'abandon jt la ProTidnea. U faut tout trancher par l'abandon nnitn Mm, aoaa. Mt. Corn. 1. [t:\]e] lui gagnerait l«e«rar d'un prince libéral, F.t de tous s« trésors l'abandon >4Béral, c sn. Méd. n, 1. 1|>> Terme de dralt CiMon, acte par lequel un débiteur délaisse Mt biaoa fc *•• oréandars. Il a fait k se* créancier* l'abandon d* •** torr**. || S* Facilité dan* 1* diseoun, liinpUeité, négllgno* bourrai*. Parler avec abamian. Cott* nmàio a du* «*■ nanitros un ahaadoa «édalsant Gracletn abandon. Doux ahandoo. On trouve dans l'axécution de ce Ubieau un bourmn abandon. Rock en son lyrique abandon Dit mrti dévora la couronna Dont Phébus lui pro- ■til 10 don. Apparammaat Pbébua lui donne Une Morano do abardon, tOLLiT. JfMfr. || «• Conflanea «Mra. n m'a parlé avoe abandon, tnc un entier •Madoa. Dana l'abandon da sa viva amitié, Hier k •OB rival Montfoil *'•*! eonSé. c. orlav. r. Sic i

ehoi

ABA

a. P.t daa* eo tranbla bonroox dont j'aimais Pabandon, iD. Porto, i,».|H« Action d'abandonner. L'abandon das iotéréts communs. Or ca péché ne peut être mieux puni que par l'abandon de Dieu, bourd. Car^«,t. I, p.aïa. Kt de se* intéréu un si grand abandon, coai». Sert, iv, a. Ce sont là de eaa exemplaa raies *t tarriblas de U justice de Dieu sur les bommaa; ot s'il y an a au sur la terre. 11* prouvent seulomeat Jusqu'où pout aller quelquefois son abandon et la puisaance de sacolire, mass. Car. évid. de la loi .11 y aurait un Iftcba abandon da moi-même k souff ri r qu'on me déshonore , volt, dans Laveauat. \ 1 6* Etat d'une personne ou d'une chose aliaiuionnée. Ca vieillard est dans l'abandon. L'homme sent alors son néant, son abandon, paec. ^di'l. Cotwin. Mes mains désespérées Dans ce grand abandon seront plu» asaurées, yolt. (ifid. iv, *. || Abandon aie sens actif et le sens passif. L'abandon des amis |)eut également signifier ou qu'on abandonne ses amis ou qu'ils nous abandonnent L'abandon du sénat, l'abandon où le sénat est laissé, et l'abandon oA il laisse. Il faut donc, toutes les fois qu'on ne servira de cette construction , prendre garde k l'amphibologie et, s'il reste du doute sur le sens, changer la tournure. || T X l'abanoom, loe. adv. Sans soins, sans réserve. Camp k l'abandon. Son enfant fut k l'abandon. Il laissa ses terres k l'abandon. On le loKoa et on lui mit toute la maison à l'abandon. Tout l'occident est k l'abandon, soss. llùt. III, 7. Comme un pays laissé k l'abandon , 10. Polit. Vous laisserez k l'abandon votre santé et votre vie, ro. Dév. i. Tu laisses aller tes affaires à l'abandon, mol. Mal. imag. t- interm. L'épargne de mon père entièrement ouverte , Lui met k l'abandon tous les trésors du roi, corn. JT^d. u, 4. Hais je m'étonne fort de voir à l'abandon Du prince Héraclius les droits avec le nom, id. Hir. u, e. A l'une ou l'autre enfin votre ftme k l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon, m. Perth. iv, I. Après avoir.... mis à l'abandon ton pays désolé, regnier, Ép. 1. L'œil farouche et troublé, l'esprit k l'abandon, m. Sat. II. Il 8* Terme de bourse. Acte par lequel l'acheteur renonce k tm marché conclu en consentant k payer la prime.

— HIST. xiu's. Va, si li di qu'il vigne (vienne] à mei ; M'amor li métrai à bandun, hahie dk fr. I, 488. Mais tost s'en parte k habandon , Fabl. et Cont. anc. l, 70. Amis, ques [<(uel] hom es-tu? Di moi com tu as nom, Oui le sépulcre Dieu baises si abandon? Ch. d'An!. !, 184. Et li bourgeois le rcchurent^reçurent] volentiers et lui mirent k abandon cor et avoir et ville, Chr. de Reims, aao. Nuls hom ne peut penre [prendre] de son plege [gage] par abandon, sans soi plaindre à justice, rkaum. xiiii , 1 3. Il rv* s. Et mettrons tout le royaume k vostre abandon, FROiss. i, i, 14. Vous perdez le temps ; car, sur l'abandon do nos testes, les Escots s'en sont allés tri^s devant mie nuit, id. i, i, 44. || xvi" s. De tout autre butin il y avoit une quantité si grande que ou l'on n'en faisoit compte, ouonlecon.sommoit en tout abandon, amtot, Lueul. as. Comme le vent souffle k son abandon I.e duvet blanc du vieux chenu chardon... m. Moralet, t. iv, p. 444.

— ÊTYM. Provenç. abandon; espagn. aCxmdono; ital. abhandOno. Par les exemples historiques on voit que abandon est un mot composé de à et bandon. Bandon, en vieux français et en provençal, signifie permission, autorisation, décret; il répond k un mot ba-vl.itin bandn, handonit, de même signification que hnndum, band en danois, bantimen allemand, ordre, prescription; et en définitive c'est simplement une autre forme de notre mot ban (voy. ce mot). Dès lors on voit U série des significations : mettre k bandon, c'est mettre k permission, k autorité ; c'est donc remettre , céder, confier, laisser aller et finalement délaisser.

t ABAPfDONNATAIRB (a-ban-do-na-têr) , i. m. et f.TcTv nidence. Celui ou celle au profit de

qui (•?! Il don de biens.

ABA.N... ,,..;,, KB (a-ban-do-né, née), || l'Parl. poiti de abandonner. Abandonné par ses parents. Abandonné de ses amis. U faut être bien abandonné de Dieu et des hommes pour faire telle chose. Un enfknt alwndonné. Inquiet de se voir ainsi abandonné. Propriétés abandonnées (sans maître). Postes abandonnés. Othon avait eu une enfance abandonnée. Ville abandonnée au pillage. Abandonné k soi-m^me. Les chevaux abandonnés k aux-Oêmea. CMIa earritra est abandonnée de la jeunaaaa. Uiagos abandonate. Abandonné des médeeina. Pononno n'ait a***c abandonné de Dieu pour cala, paac. iProv. e. Non pas que ce Dieu, dont il atl séparé et enln remant abandonné, ne

mes

ABA

soit plus la IHau de l'univers, aouac. Pmuies, t. p. et. J'entre dans le lieu saint; at qv'est-ce k yeux qua cette maison de DieuT c'est un désert, et le désert le plus abandonné, n>. ib. p. no IJk, pouraoiri d'une populace animée, abandonné aux plu* indignes traitements d'une insolente et brutale soldatesqua, n>. Pensées, t. m, p. 176. Si Dieu les eût livré* k la corruption de leur cœur, il n'y eût point eu do péch*nr« plus pordus et plus abandonnés k tous 1m vicos, D. ib. t. u, p. ita. Je n* vous croi* pa* assez abandonné du Seigneur pour y songer, bahilt. Cramm. e. Une femme, nommée PantÂe, était abandonnée de tous laa médecins. Fin. Empéd. Loin de ses parants, aux for* abandonnée, von.Zaire, lu, 4. Aux bourreaux sa vit abandonné, id. Àli. m, 4. C'est un da ca* mortel* du sort abandonnés, id. Mérope, 11, 1. Un vieil oiseau qni se sent abandonné de ses ailes vient s'abattre auprès d'un courant d'eau, chaibaob. Génie, i, v, •. Ces paisibles vertus au peuple abandonnées, A mon héros aussi le ciel les a données, GILBERT, Au Pr. de Salm. Alors je compris par expérience ce que j'avais souvent oui dire k Mentor, que les hommes mous et abandonnés aux plaisirs manquent de courage dans les dangers, fB.n. Tél. IV. Il i'Adj. et, pris aussi dan* oaaen*, substantivement. Oui est sansfrein , et, parsuite, san* mœurs. Si nous étions assez abandonnés pour dire.... C'est une abandonnée. Quelque libertin et quelque abandonné qu'il puisse être, il y a toujours de secrets reproches de la conscience qui le troublent. BODiiD. Penséei, t m, p. »4. J'ose dire qu'il n'y a point de pécheur si abandonné qui porte jusque- Ik le désespoir, id. 16. t. i, p. 38«. Il faut que vous passiez pour les plus abandonnés calomnialeura qui furent jamais, pasc. Pror. le. J'aime fort la beauté qui n'est pas profanée , Et ne veux pa» brûlerpourune abandonnée, wol. l'Étourdi, m, ». Celte lettre était un tissu d'ordures k faire trembler les plus abandonnés, s. -suc. ei, 8«. Si nous étions assez abandonnés pour vouloir persuader au public... VOLT. Moeurs, Moïse. Il y a bien peu de femmes assez abandonnées pour aller jusque-li, WONTBSQ. Let. pers. 26.

— HIST. XVI* s. I.es autres ont escrit que ceste Phaa estoit une brigande, meurtrière et abandonnée de son corps, amtot, TMsée, H. U nous fit da merveilleuses caresses et abandonnés traitement»,

ABANDONPnEaiEyr (a-ban-do-ne-man), ». m.

Il 1* Remise à.... I.'abandonnement des plus chers intérêts entre les mains d'un ami. On prendra soin d'entretenir les malades dans un saint abandonnement k la Providence, boss. lUgle. Son abandonnement k la Providence de Dieu, »LecH. Servi». I, lai. Il i' Cession. L'abandonnementde ses biensk ses créanciers. On dit plutôt aujourd'hui aliandon. Ahandonnement que je lui ferai de tout ce que j'ai de biens, PEt.Liss. n, H5. || 8* Action d'abandonner • état d'une personne abandonnée. Dans l'abaodonnement où il est de tous ses ami». Ne tenir nul compte du triste ahandonnement où votre inflexible roideur le précipite, BomiD. PefU(?«,t. n, p. i a «.L'entier ahandonnement de sa personne entre les mains de ses supérieurs pour se laisser conduire selon leur gré et selon leurs vues .rn.ib. p. 367. On me fait les offres les plus engageantes; et, si je les rejette, me voilà dans le dernier ahandonnement at dan» la demi^re misère, id. ih. t i, p. i». Vous devriax vous attendre, de la part du ciel, k un fUneste ahandonnement, ID. tb. t. n, p. 461. L'abandonnement le plus général qui me réduirait dans la demi'-re misère, id. ib. t I, p. a»i. L'abandonnement où sont tous ceux qui manquent de fortune, la mothb lk VATKR, p. SI 5. Dans l'abandonnement où je mo .suis trouvée, MOL. Scapm, ai, a.Cet ahandonnement de sa propre cause , bourd. Cartme , m ; Passion, lut , Il toml)e dans un affreux abandonnemenl li" la panda Dieu , o. Pensées , t m, p. S6I. I.'al'amtonnement des pauvre», flKch. Serm. l, lia. Dans l'abandonnement et la disette, id. i, I8ï. La reine l'avait aimée [la duchesse de Marlborough ] avec une tendresse qui allait jusqu'k la soumission et k l'abandonnement de toute volonté, volt. S. d» L XIT, chap. aa. Il 4' Action de se laisser aller avec trop de facilité. L'entier ahandonnement de ca prinoo k d'indignes favori». Votre ahandonnement k une passion funeste. Votra ahandonnement k d'infimes fo»sions qui corrompant le sang , tolt. Jen»i , *. Il S* Pris absolument. Dérèglement excessif dans la conduite, dans les mnuis. Vivre dans le dernier ahandonnement Le funeste abandonnementoù il vit, BotiRD. Domin. iv. Désir et diqoit, aao. Tant d'am-

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portements honteux I tant de faiblesse et d'abandonuementl lui qui s'était piqué de rafson, d'élévation, de fierté devant les hommes , «dAss. Uort du pécheur. Quand il s'agit de retourner à votre Dieu et de réparer une vie entière de corruption et d'abandonnement. id. Car. Pécheresse. Ce degré d'abandonnement qui fait les âmes égarées et criminelles, ID. ib. Tiédeur. Un abando'inement qui ne connaît plus ni règle, ni pudeur, ni bienséance , id. l'araph. Psaume *3. Votre cœur que vous avez prostitué avec tant d'abandonnement aux créatures, id. ib. Psaume <4.

— SYN. 1° ABANDON, ABANDONNEMENT. L'idée commune est qu'on laisse une personne ou une chose, qu'une personne ou une chose demeure laissée. Abandon est plus souvent passif et exprime l'état d'une chose ou d'une personne délaissée ; abandonnement est plus souvent actif et exprime qu'on délaisse une personne ou une chose. Mais, dans le fait, ces deux mots se prennent souvent l'un pour l'autre , et tous deux ont le sens passif ou le sens actif. Cela est laissé à l'écrivain ; pourtant on remarque que abandon , ne provenant pas d'un verbe , indique quelque chose d'absolu et de vague, et abandonnement, provenant d'un verbe, quelque chose de relatif et de plus déterminé. Au fond ia nuance est que abandonnement a de soi l'idée d'un fait, d'un acte , et que abandon ne l'a pas ; les deux mots peuvent, il est vrai , s'employer l'un pour l'autre , l'usage le permet. Mais la pensée quand elle sera précise, et le langage quand il sera délicat, tâcheront de tenir compte de la nuance. || 2° abandonnement, abdication, BENONCIATION, DÉMISSION, DESISTEMENT. On fait

un abandonnement de ses biens, une abdication de sa dignité et de son pouvoir, une renonciation à ses droits et à sesprétentions, une démission de ses charges, emplois et bénéfices, et l'on donne un désistementde ses poursuites. Il ne faut abandonner que cequ'bn ne saurait retenir, abdiquer que lorsqu'on n'est plus en état de gouverner, renoncer que pour avoir quelque chose de meilleur, se démettre que quand il n'est plus permis de remplir ses devoirs avec honneur, et se désister que lorsque les poursuites sont injustes ou inutiles ou plus fatigantes qu'avantageuses, gihard.

— msT. XIII' s. Ses oscus ert [était] moult renommés; Despit de mort estoit nommés ; Boi-dés fu d'abandonnement À tous périls... , io flo«e, <5743. Il XV* s. Au mois de janvier fut publié parmi Paris l'abandonnement de toutes gens d'armes qui seraient trouvé» surles champs, juv. desursins, m6.

— ÉTTM. Abandonner ; ital. abhandonamento.

t ABANDONNÉ.MENT ( a-ban-do-né-man ) , adv. D'une manière abandonnée , sans réserve. Le premier président leur était trop indignement et trop abandonnement vendu pour être plaint de personne, ST-siMON, B(8,<26. Mot usité encore, comme on voit, au xviii» siècle et bon à employer.

— HIST. xiii* s. Nos mariniers veoient la montagne par-dessus la bruine, et pour ce firent nager habandonnéement, joinv. 283. || xiv s. Le marquis demanda qui il estoit qui si abandonnéement rouvoit ouvrir la porte, du cange, abandonnore. || xv s. Et entrèrent les Anglois abandonnéement dedans les

fossés, FROISS. II, II, 66.

— Etym. Abandonnée dm féminin, et ment (voy. ment); provenç. abandonadamen; ital. abbandonatamente.

ABANDONNER (a-ban-do-né) , t). o. || 1° Remettre à !a discrétion de.... au soin de... , céder, faire cession. Abandonner son sort â la Providence. J'ai abandonné le soin de mes affaires à un homme intelligent. Abandonner tout au vainqueur. Abandonner le-reste au ciel. Abandonner cela à la fortune. Abandonner un ecclésiastique au bras séculier. Vous vous plaignez de cet homme ; je vous l'abandonne : c'est-à-dire pensez-en ce qu'il vous plaira ; faites à son égard ce que vous voudrez. Je vous abandonne ce point, je vous cède là-dessus. Il abandonne ses biens à ses créanciers. Apprends de leurs indices L'auteur de l'attentat, et l'ordre, et les complices; Je te les abandonne.... corn, ilortde P. iv, i. Un nombre de mots.... Que mutuellement nous nous abandonnons, mol. Femmes sav. m, 2. Porte aux Grecs cet enfant que Pyrrhus m'abandonne, hac. Andr. m, t. Dites au roi. Seigneur, de vous l'abandonnei, ID. Esth. n, ^. Au cours de mes destins j'abandonnais ma vie, nucis, Othello, u, 7. || 2° Livrera. Abandonner une ville au pillage. Abandonner à la merci de.... Il abandonna la barque au courant du fleuve. Dieu abandonne souvent les méchants à leur sens réprouvé. Nous savons à quel désespoir Judas fut abandonné de Dieu, et à quelle fin mal-

heureuse il s'abandonna lui-môme, Bomo. Pensées, t. m, p. 368. On peut dire de certaines matières que l'Eglise les abandonne à nos vues particulières et à nos raisonnements, id. ib. t. ii, p. 340. J'abandonnai mon âme à des ravissements.... corn. Hor. i, s. J'abandonne ce traître à toute ta colère, rac. Phèd. IV, 2. Dieux! ne puis-je à ma joie abandonner mon âme? ID. Andr. m, 3. J'abandonnai ma vie à des malheurs certains, volt. (Md. v, 2. Tandis qu'à la frayeur j'abandonnais mon âme, id. il», iv , t. Il 3° Renoncer à. Abandonner une bâtisse. Abandonner ce qu'on a pris. Abandonnerune entreprise, une guerre commencée. Abandonner la lutte. Abandonner le barreau. Abandonner ses travaux. Abandonner une vaine tentative. Abandonner une profession. Abandonner son opinion pour celle d'un autre. J'abandonne le reste , c'est-à-dire j e le passe sous silence. Trône, à t'abandonner je ne puis consentir, corn. Rod. V, i. J'avais fait serment d'abandonner plutôt la vie que de me résoudre à perdre cette liberté, MOL. Prin. d'Él. iv, l . La Grèce et la Sicile ont vu des citoyennes Abandonner nos lois pour ces fiers Musulmans, volt. Tancr. ii , 4. Que je vois de sujets d'abandonner le jour! rac. Théb. v, ^. Par moi seule éloigné de l'hymen d'Octavie, Le frère de Junie abandonna la vie, m. Brit. i, ^. || 4* Délaisser, déserter, laisser sans secours, se séparer de.... Abandonner son général, son poste, le parti qu'on avait embrassé. U abandonna le parti du sénat pour celui du peuple. J'abandonne la cause commune. Philoctète fut abandonné dans l'île de Lemnos. Abandonner un enfant, l'exposer et le laisser à la charité publique. Abandonner sa femme et ses enfants. Les médecins ont abandonné ce malade, c'est-à-dire ils l'ont laissé, ne sachant plus lui être utiles en rien. Avec un nom de chose pour sujet : Son courage l'abandonna. L'appétit, le sommeil l'ont abandonné. Mon esprit, volage et sans arrêt, m'abandonne et se porte partout ailleurs, bourd. Pensées, t. II, p. < 3. Abandonnant le corps, n'abandonnez pas l'âme, rotrou, Venc. v,4. Si vous l'abandonnez plus longtemps sans secours.... rac. Brit. v, 8. Elle me dédaignait, un autre l'abandonne, id. Andr. u, <. Tout semble abandonner tes sacrés étendards, ID. Eslh. Prol. Le courage les abandonne, FÉN. Tél. XVI. Comme un malade désespéré qu'on abandonne, m. ib. vu. || 5° Quitter, lâcher. Abandonner l'Italie. Abandonner Paris. Abandonner la ville pour les champs. Abandonner ses armes. N'abandonne pas le gouvernail. Tenez ferme; n'abandonnez pas cette corde. Abandonner les étriers, les quitter et quelquefois les perdre. Comme il avait un désir extraordinaire de s'instruire et de connaître les mœurs des étrangers, il abandonna sa patrie et tout ce qu'il avait pour voyager, fén. Philos. Pythag. Il fallait en fuyant ne pas abandonner Le fer qui dans ses mains sert à te condamner, rac. Phèd. IV, ?. Il 6° Négliger, ne pas cultiver. Il ne faut pas abandonner vos liaisons dans le monde. N'abandonnez pas votre voix, sÉv, 3. || 7° En fauconnerie, abandonner l'oiseau, le lâcher dans la campagne pour l'égayer.

s'abandonner, v. réft. || 1° Se remettre à, se laisser aller à, se livrer à. S'abandonner à la fortune, au vainqueur, au gré de la tempête. S'abandonner au chagrin, à la douleur, à la joie, aux pleurs, à toutes sortes de plaisirs, à la débauche. U s'abandonne sans réserve au goût de la magnificence. Personne ne s'abandonne à ce point à sa colère. Le tout est de savoir s'amindonner à Dieu en pure foi, boss. Lett. Corn. 4. Mon âme à tout mon sort s'était abandonnée , rac. And. iv, B. Souffre qu'à mes transports je m'abandonne en proie, ID. Théb. v, 4. Allons, àtes conseils, Phœnix, je m'abandonne, id. Andr. u, 5. Vous vous abandonniez au crime en criminel, id. Andr. iv, B. Quoil tandis que Néron s'abandonne au sommeil... ID. Brit. 1, t. Télémaque s'abandonnait à une douleur amère, fén. Tél. xvi. Astarbé s'abandonna à son ressentiment, id. ib. ui. U s'abandonna à l'amour des femmes, Bûss. Uist. i, 6. Non, non, à trop de paix mon âme s'abandonne, mol. Sgan. ». Ce monarque étonné A ses frayeurs déjà s'était abandonné, corn. Nie. v. 8. Je connais Marianne, et sais qu'elle est trop sage Pour s'être abandonnée à tenir ce langage, tristan, Marianne, i, 3. Il 2° Perdre courage, se manquer à soi-même. Vous êtes perdu si vous vous abandonnez. Il les exhorte à ne pas s'abandonner. || 3° Se négliger. Il ne faut pas s'abandonner ainsi (se négliger dans le maintien, dans l'habillement), quand on veut plaire. || 4° Se lancer sans ménagement. Dans l'improvisation, cet orateur t'abandonne. L'épée à la

main, il s'abandonna sur son adversaire, au risque de s'enferrer. Plus il s'abandonnait, plus il était terrible, volt. Tancr. y, t. \\ S° Avoir de l'abandon. Ne vous roidissez pas, abandonnez-vous. Cet acteur ne s'abandonne pas assez. || 6* En parlant des enfants. Il s'abandonne déjà, il commence à faire quelques pas seul et sans être soutenu. |{ 7° En parlant des femmes, se livrer. Elle s'est abandonnée à ceux qu'elle aimait, boss. ffouv. Cath. Anne de Boulen eut l'adresse de ne se pas abandonner entièrement et d'irriter la passion du roi, volt. Mœurs, i 36. Votre amour qui s'abandonne Ne refusa jamais personne, Régnier, Mac. \\ 8» Terme d'équitation. Ce cheval s'abandonne, il ralentit sa marche.

— REM. Abandonner peut se construire avec à ■ suivi d'un infinitif. Aussi n'aurais-je pas Abandonné mon cœur à suivre ses appas, mol. i'c. des Mar. ii , 9. Le moindre défaut des femmes qui se sont abandonnées à faire l'amour, c'est de faire l'amour, la- ROCHEP. Iléfl. ^3^.

— SYN. 1° ABANDONNER, DÉLAISSER. Abandonner se dit des choses et des personnes ; délaisser ne se dit que des personnes.Nous abandonnons les choses dont nous n'avons pas soin ; nous délaissons les malheureux à qui nous ne donnons aucun secours. Au participe, délaisser aune énergie d'universalitéqu'ou ne donne au premier qu'en y joignant quelque terme qui la marque précisément. Ainsi l'on dit : C'est un pauvre délaissé; Il est abandonné de tout le monde,

GUIZOT. Il 2° QUITTER, ABANDONNER, RENONCER. Idée

commune , cesser de garder une chose , de s'en occuper ou de la demander. Les thérapeutes abandonnent leurs biens à leurs parents ou à leurs amis ; ils quittent leurs pères, leurs mères; ils renoncent à tous les attachepients terrestres, condillac. On renonce toujours volontairement, avec quelque peine, avec regret, en se faisant violence; on renonce au plaisir, au monde, à une profession qui convenait. Quitter et abandonner n'impliquent pas l'idée de renoncement, et signifient seulement qu'on se sépare d'une chose agréable ou pénible, utile ou nuisible. La différence entre quitter et abandonner est que l'on quitte de toutes les manières, ce mot en lui-même étant indifférent, au lieu que dans abandonner il y a toujours l'idée d'une sorte de délaissement, de désertion , comme dans ce vers de Racine : Je quittai , mon pays, j'abandonnai mon père, lafaye.

— HlST. XI" s. Franceis mourront, si à nous s'abandunent, Ch. de Bol. lxxii. [l'I] broche [pique] le bien [son cheval], le frein lui abandune, ib. cxv. Il XII* s. Or vus abandoins jo mun règne et mon pais. Estampes, Orliens, e Chartres et Paris, Th. le Mart. <04. || xin* s. Et le Soudan leur abandonna que il s'alassent venger de.... joinv. 27<. Et plus punis devroient estre Devant l'empereor celestre Clers qui s'abandonnent aux vices. Que les genslaiz [laïques], simples et nices, la Rose, 48865. Cis [celui-ci] m'abandonna le passage De la haie moult doucement, ib. 2806. Mais jà certes n'iert [ne sera] femme bonne. Qui, por dons prendre, s'abandonne, ib. 4B78. Quant il sevent que lor femes s'abandonnent à autrui.... beaum. lvii,40. || xiv* s. Jà n'en seroit meilleur tant comme il fust habandonné à telles passions, oresme, Éth. 4. || xv* s. Elle ne vouloit mie que le roi s'abandonnast trop de la regarder , FROISS. i, I , <92, Ceux du chastel ne furent onques si recrus qu'ils ne s'abandonnassent au défendre si vaillamment, par quoi ceux de l'ost pussent rien gagner sur eux , m. i , i, 2b». Il n'a point de regret Au cidre qu'il nous donne ; En eust-il une tonne, Il l'abandonneroit, bassblin, 42. L'un vers l'autre desloyaument se mené ; Aux mauvais est la terre abandonnée, DESCHAMPS, Souffrance du peuple. Onques sanglier escumant ni loup enragé plus fièrement ne s'abandonna, Hist. de Boucicaut, i, 24. C'est assavoir, se le doffin [dauphin] rompoit la pais, qu'il abandonnoit à ses gens de aller servir le duc Jehan, p. DE FENIN , 4 4< 9. Il xvi' S. Il y en eut deux qui abandonnèrent l'entreprise de peur, amïot, Lyc 9. Cette hardiesse et constance assurée qu'il avoit en bataille contre l'ennemy l'abandonnoit incontinent qu'il se trouToit en une assemblée du peuple à la ville , id. Marius, 48. Les propriétaires lesluy abandonnoient à bien vil prix , iD. Crassus, 3. 11 résolut d'abandonner sa vie [se laisser mourir], u>. Démétr. b2. U seroit estrange que nous qui voulons estre tenus pour gens de bien, laississions porter par terre nostre vertu et l'abandonnissious, m. De la mauv. honte, 24. La meilleure part de l'entreprinse, ils l'abandonnent à la fortune , mont, i , 4 33. Estant abandonné des médecins pour un aposteme, id. i, 264. S'abandonner aux délices, id. u, 4. Il abandonna [s'éloigna] de si peu son fort, u>. i , ?6. Le»

ABA

flllwia pmiveot tii«ndonn«r [m livrer à un hommej ,

lO.I, <H.

— «TYM. Àlandan; bourgulg. ebmdtnat ; pro- TWf. *t wpagn. abandonar; itaL abbandxmnare.

ABAQUE (a-l)i^k'J, i. m. ||l-Terme d'arcliilpcturs. Tailloir, partis iup4rieuro du cliapitetu dos eolonnaf, aur laquelle porte l'arcliitrave. I|2' Tcr- IM d'antiquité. Tableau couvert de [«jusai^re, sur ImmI on traçtit dea nombre* et un euseignait le calcul; el «utai lortt de carré long, évidé, qui éuit muni de boule* pinéei dan* de* flU tendu* et ijui ■errait à compter.

— ETTH. l'roTenç. oboc; itaL abbacoida abacut, de liai, table ou tablette.

t ABAS, >. m. Voy. àBàt.

ABASOITRDI, IK (a-U-zour-ili, die), jMTt. patte. Abaaourdi par un coup do tonnerre, par un malbci'- ■ -■'• ■:

.\ IR (a-ba-xour-dir; d'autre* disent a-

ba ' . a. Il 1* Assourdir par un grand

biii I soudain et violent nous a abasourdis.

Il 1 r. VoilA dan* *a famille une mort im-

prévuequt l'abasourdira. Bruit abasourdis*aat. Nouvelle abaiourdiiiante.

— STYM. Oéner. abajiourdi'r; bourguig. ébaxodi; de tourd (voy. ce mot) el Aeaba, qui ei*. ^x-obubl»mont la mfime que dans abajoue, c'est-à-dire formé de à et ba ou bt indi<iuant une mauvai.ie dispolition.

f ABAT ou ABAS (a-ba ou a-bft), $. m. Averse, pluie abondante. Ces vapeurs peuvent causer un vont d'aba*, desc. Météor. 7. L'accumulation des «e'ges, le* pluie* et les orages y déterminent des •ralanches et de* abat* de boues et de pierres, qui descendent dans le* vallée* jusqu'à des altitudes do mille mètres, burat, Conttitutionnel du 3 teptembre )8*».

-r fiTm. À et battre. Dans l'arrondissement de Caen, la pluie d'abat est une pluie alxindante, Dict. du patoù normand par MM. Uum6ril. Si on suivait l'orthograpbe de Descarte*, l'étymologie serait à et bat.

ABATAGR (a-ba-ta-j") ,t. m. || t* Terme fore.ttier. Action d'aliattre. L'abatage des bois sa fait en automne. Il ï" Kn termes de mvine, l'alialaged'un bàtiniful est l'opération par laquelle on l'incline sur le côté (>our l'abattre en carène. || 8" Kn ternies d'administration militaire, l'abatage des besiiaui est la mise à mort des animaux destinés à la nourriture de la troupe. || 4* En termes de police sanitaire, l'abatage est la mise à mort de* grands animaux domestique*, *oit parce qu'il* sont vieux ou incurables, aoit par précaution , quand il* *ont suspects ou atteint* d'une maladie contagieuse. L'abauge des chevaux est nécessaire en cas de morve. || S* Kn terme* de vétérinaire, action de renverser et de flier le* grands animaux sur un lit de paille, quand il> doivent subir des opérations chirurgicales.

— REM. L'Académie n'y met qu'un seul (; mais elle en met deux à abattre; la consécjuence veut qu'on mette deux I à abatagi, ou qu'on n'en mette qu'un à abattre.

— IIIST. un* s. Et si a li cuens [comte] à l'abataige des pourceaux soixante dix sols par an, vu CANGK, abattre.

— ÊTYM. ,lba«r«.

I M'«iMvr (a.)a.tan),,. m. ||1 Piècedu métier à 1 rendre les platines à plomb. || 2* Partic L , ird'un marcband qu'on lève et qu'on

ABÂTARDI, IR (a-bi-tar-di , die), part. pat»!. Plantes abâtardies. Ames abâtardies. Restas abâtardi* d'un» nation puissante. Jamais on n'a vu votrv • 'che, si abâtardi, si indigne des an-

OiPl . rCN. t. XIX, p. 4M).

AliAi.tiiiilH (a-bà-tar-dir : quelques-un* disent a-ba-tor-dir |>ar un a bref; mais la plupart disent M ooouae daiu iid(ard), r. a. \\ 1* Faire dégénérer, au pr«mr« et au figuré. La mauvaise culture ab&tardit Im plantes, ils ne voyaient li que des moyens d'abâtardir les courages. || I* S'abâtardir , r. nf/l. Dégfo4f«r. Les arbres fruitiers s'abâtardissent si on ne ta soigne constamment. S'abttardir dans l'oisi- TtU. La pureté de la doctrine était abâtardie par les .Vudoto, »osa.Kar. xi.

— RBT. m* s. Com nostre lois est bui abutardl«. loac p. <<«. Il xm« s. Bien est t'>anc« abas- •toîolt, S«isDMr baron, entendes. Quant femme [te nùM Blancbel l'a en baiUie, Et tele comme sa- »M^tm M t* tmn, ttom, p. «au. || xn« *. Ceste •nogaiie» grteqne, adiairaUica seulement de ses Mtwitioas, n'avoit loi ki privilège de légitimer ■ioii st nMkM, «t aUstardir la* autrea, do ml-

ABA

LA T. 1,4, recto. La peur deaconvre un coeur abastardi, m. iv, e. esrso. Silost qu'on le détourne de U parole, l'orauon est quant et quant abastardie, CALV. Intt. 704. Ils se sont abastardis en dégénérant de leur* pere«, m. ib. 747. Ceux qui seront convaincu* de s'estre abastardis de leur origine, id. ib.

— RTYM. À et bâtard; provenç. abaitardir; anc. cspagn. abailardar.

AI1ATAKIJLS.SKMENT (a-b»-tar-di-*'-man) , t. m. Dégénération au propre et au figuré. L'abâtardissement de* arbre* fruitiers, des esprits.

— REM. De.<( grammairiens ont désiré que l'Académie supprimât l'accent circonflexe. 11 est de fait (|uo certains prononcent al»atanlissemcnt, a bref, au lieu de a long ; mais la plupart suivent dans eu mot la prononciation do bfttard où l'a est long. L'accent circonflexe qui indique ici et l'étymologie et la prononciation doit donc être conservé.

— IIIST. XVI' s. De ceux là, y en a aucuns qui se trompent eux mesmcs ; et les autres sont trompés l>ar l'abastardissemcnt des coustumes, lanoue, ii7. I.a trop grande et indoctc multitude des escrivains qui de jour en jour s'eleve en France, au grand desiionnour et abastardissement de nostre langue, du iiEL. m, a, recto.

— ÉTYM. Abâtardir.

ABATÉE (a-ba-tée), t. f. Terme de marine. Mouvement par lequel un navire, obéissant au vent, à la lame, k la marée, tourne sur une verticale qui passerait par son centre de gravité , et écarte la proue do la ligne du vent. Le mouvement par lequel le navire revient de l'abatée à la ligne du vent se dit aulnlfée , lkgoahant. L'abatée est involontaire ; l'aulofTéé est volontaire.

— HEM. L'Académie ne met qu'un (; mais il en faudrait deux, à moin.s qu'on n'en retranche un dans abattre; faire autrement, c'est multiplierinutilement les exceptions et les difBcultés de l'orthographe.

— F.TVM. Abnitre.

t ABATELLEMEXT (a-ba-tê-le-man) , I. m. Terme de commerce du Levant. Sentence portant interdiction contre ceux qui désavouent leurs marchés, ou qui refu-sonl de payer leur» dettes, Acad. 1762.

t ABAT-FAl.M (a-ba-fln) , *. m. au plur. des abatfiiim. Terme du cuisine. Pièce de résistance qu'on sert la premiire .sur table.

— ETYM. Abattre et faim.

t ABAT-FtJIN (a-ba-foin;, t. m. au plur. dosofcatfnin. Terme il'économie rurale. Ouverture pratiquée dans un grenier au-dessus de l'Asurie ou do l'élalile et par la>|uclle on jette le foin ou la paille.

— ÊTYM. Abattre et foin.

ABATlS(a-ba-ti), s. m.Ilfaudraitécrirc afcaJIwou

écrire abatre. \\ 1* Amas de choses abattues. Abatis d'arbres. Faire un abatis de liois. Embarrasser la plaine par de larges abatis d'arbres. || 2" En termes de chasse, fai.-e un grand abatis de gibier. || 3° Au figuré. À !.i guinguetle instruisant ces recrues. D'obscurs lauriers j'ai fait large abatis, bér. in-8. jl 4" Terme de chasse, petit chemin que se font les jeunes loups en allant et venant au lieu où ils sont nourris. || 6* Terme de cuisine, les pattes et la tête, le cou et les ailerons d'une volaille. || 6* Terme de boucherie. Peau, graisse et tripes des bétes tuées par les bouchers.

— HIST. XII* s. Dedans la maistre porte fut grans l'abatels, Ch. d'.Indo. vi, 9a.

— Rtym. Abattre. L'ancien mot est abateît, venant d'une forme du bas-latin :a6a<«ltetiu, dérivé du verbo al>attcre.

ABAT-JOUR (a-ba-jour) , i. m. au plur. dos abatjour. Il 1* Sorte de fenêtre dont le plaifond et l'appui sont inclinés en biseau de dehors en dedans , afin que le jour qui vient d'en haut se communique plus verticalement dans le lieu où elle est pratiquée. Il 2* Cadre ou réfiecteur en métal ou en papier que l'on place sur les lampes pour en rabattie la lumière. Il 8* Volet plein ou à claire-voie, toile plus ou moins serrée, que l'on place devant les ouvertures des habitations pour arrêter les rayons solaires et les insectes.

— ÊTYM. j4 battre et )our.

t ABAT SONS (a-ba-son),<.m.S« dit des lames de bois recouvertes de plomb ou d'ardoises qui garantissent le* beffroi* de la pluie et renvoient le son Ter* le lol. Au plur. des ahat-tont.

t ABATrAHl.K(a-l>a ta-br), a<<;. Qu'on peutaliattre. Ces chevaux sont aiuittables.

ABATTEMENT ( a-ba-te-man ) . t. m. || 1* Action d'abaure ; état de ce qai est abattu. Être dans l'abattement. RaltTW quelqu'un de l'abattement. Un douloureux abatiament de cœur. L'abattement pro-

ABA

fond de son ime. L'abattement du désespoir. L'abattement du parti vaincu éutit extrême. Des langueurs et de* abattements. 11 ne supporte pas la ( haleur ; elle le jette dans des abattements auxquels il ne peut résister. On a honte de sa faiblesse passée et de l'aliattement où l'on est tombé, boubdal. Petit. t. II, p. 2 t. Pourquoi cesabatlements et ces désolations où vous tombeiT lo.ib. p. 360. Et cet abattement que lui cause la peste, corm. fJl-:d. v, t. A cet abatt«ment que vous laissez paraître. J'ai, s'il faut l'avouer, peine à vous reconnaître, leuerc. Frid. et Br. i, S. Sans tristesse, sans abattement, s£vio. 388. 11 est des jours d'ennui .d'abattement extrême. Où l'homme le plus ferme est à charge à lui-même, ui-as, Macb. m, M II 2* Terme de médecine. L'abattement exprime une lésion fonctionnelle dont les condition* organiques nous échappent et qui a pour symptôme une diminution notable et soudaine des phénomènes vitaux dépendant de l'action ncr>-euse, du mouvement, des sensations, de l'entendement, des affections, des instincts.

— ÊTYM. Abattre; provenç. abalemen, abatamem cat. ahatiment; espagn. abatimiento ; itaL abbalimento.

ABATTEUR (a-ba-tcur), t. m. Celui qui abat. Ce bûcheron est un grand abatteur de bois. Vous êtes, je vois bien, grand abatteur de quilles , bKckieb, .Sat. II. Cette locution se dit d'un homme qui fait beaucoup de besogne, et souvent, par ironie, d'im homme qui se vante de prouesses qu'il n'a pas faites.

— IIIST. XV* s. Et plus do cent mille choses que ces abatteurs de femmes savent tout courant et par cœur, L. XI, ATour. 22.

— ÊTYM. Abattre; herry , abattus éCouvrage.

ABATTOIR (a-ba-loir) , *. m. Lieu destiné à l'abatage des animaux, tels que bœufs, veaux, moutons, etc. qui servent à la nourriture de l'homme. I.es abattoirs sont placés hors des murs d'enceinte des villes.

ABATTRE (a-lia-tr"),». a. \\ 1* Jeter à terre d'une façon quelconque. Abattre un cheval, un cavalier. Abattre des oUves, des noix. Abattre im arbre. Abattre une maison. Il lui abattit une main d'un coup de sabre. Abattre la tête. Il l'abattit d'un coup de fusil. Ce chasseur abat bien du gibier. Puisque l'arbre est si près de sa chute et que le coup qui doit l'abattre va bientôt partir et le renverser.... bourd. Vent. t. III , p. 72. C'est ainsi qu'il abat de leur trône les potentats qui se confiaient on leur pouvoir, m. tb. p.i43. Pour le faire tomber, j'abattrai son appui, corh. Jiod. y, t. Il a de votre sceptre abattu le soutien, m. Cid, n, 9. Et j'abattrai d'im coup sa tête et son orgueil, ID. H(t. m, s. Les livres sur EvTard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux. Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, boil. Lutr. v. Sous le glaive étranger j'ai vu tout abattu, volt. Orphel.t, 2. Chacun se disputait la gloire de l'abattre , luc. Andr. v, a. .... mais, lorsque tu m'abats, Je me relève encor pour insulter ton bras , laiiart. Jonath. 33u. Comme la pluie abat et fait languir le soir une fleur qui était le matin , pendant la naissance de l'aurore, la gloire et l'ornement des vertes campagnes, FÉN. TH. XXI. Il 2* Fig. Abattre la puissance romaine. Il résolut d'abattre celui qui l'avait élevé. Dieu abat les puissants. Ce combat avait abattu les forces des ennemis. L'orgueil des Chaldéens est abattu, Boss. Ilitt.n, 4. Le peuple romain, ayant abattu les Gaulois et les Africains, ne voit plus rien à craindreet combat dorénavant sans péril, r:. ib. I, 8. Les victoires de I>éonce avaient abatt* les Sarrasins et rétabli la gloire de l'empire er Orient, ID. ib. i, 4 1. 1| S* Laisser lomlier, abaisser Abattre sa robe. Il abattit sa toge. || 4* Faire retomber. Aliattre la poussière. Abattre les bouillons d'un liquide en ibuliition. || 6* Otcr les forces du corps ou de l'&me, faire tomber. Aliattre les forces d'un malade. La moindre fièvro l'abat. Abattre le courage. La peur nous alat. I.e sage ne sa laisse pas abattre par le malheur. Abattre l'audace, l'insolence. La pluie, dit-on, abat le vent Me Uinant al«ttre à te plus légère infirmité qui m'arrivc.noiRD. Prn*. tu, p. «08. On lui en cache une partie, afin de ne le |>as étonner drs l'entrée de la carrière et de ne lui pas ab.ittre le cœur, id. ib. t. i. p. f9. Elle est tellement abattue de U perte de M. de la Rochefoucault, sEv. 421. Sas malheurs n'avaient point abattu sa

fier:' (''i. il, 6 tu ne vrétends pas qu'il

[le .^ttele corui- Jusqv a la mdre hom-

tniif,: . . lu ii...iimcr so^gntur, coaic. Mort de Pompée, m, 4. Abattons sa superbe avec sa liberté, ta ih. 1. I l'i <iu pH'Mier ri;vers la fortune ral>al, m.

aba

Cinna, rv, 5.Xes pensées pures qui le rendraient heureux, s'il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent, pasc. édit. Cousin. Le vrai courage ne se laisse jamais abattre, fén. Tél. xx. Pour abattre leur orgueil, m. ib. ii. La prospérité nous élève, l'affliction nous abat, mass. Mart. La plus petite mortification abat votre corps, id. Tiéd. \\ Prov. Petite pluie abat grand vent, c.-à-d. peu de chose sufct pour calmer une grande querelle. || 4° Police. Mettre à mort, en parlant d'animaux. || 5° Abattre du bois, ou Abattra de la besogne, faire beaucoup d'ouvrage. Il 6° En termes de marine, abattre un navire, le mettre sur le côté pour le réparer. Abattre, v. n. se dit d'un bâtiment qui tourne sur lui-même autour de son axe vertical. Le navire abat. || 7° Au jeu de trictrac, abattre du bois, jouer beaucoup de dames do la pile, afin de caser plus aisément. || 8° Aux cartes, abattre son jeu, le mettre sur téible pour le montrer. ||9*Fauconn. Abattre l'oiseau, le tenir serré entre les deux mains pour lui faire prendre quelque médicament. || 10° Corroierie. Abattre les cuirs, dépouiller les animaux tués. || 11* Vétérinaire. Abattre un cheval, le coucher sur un lit de paille, dans une position favorable soit pour l'opérateur, soitpour l'opération. || 12° En maréclialerie, abattre du pied, enlever une partie de corne qui est sur la face inférieure du sabot. C'est avec le rogne-pied ou le boutoir que le maréchal abat du pied. || 13° Manège. Abattre l'eau d'un cheval, essuyer l'eau d'un cheval lorsqu'il sort de l'eau ou lorsqu'il est en sueur. Il 14° Abattre la frisquette et le tympan, se dit du mouvement que fait l'imprimeur après que sa feuille a été placée sur le tympan.

s'abattre, V. réfl. \\ 1° Se jeter à terre, et aussi tomber, descendre en volant. Ces deux rivaux veulent s'abattre. Le cheval s'étant abattu. Le vautour s'abattit sur.... Aigle qui s'abat doucement L'oiseau s'abattit mourant. De la force du coup pourtant il [le sanglier] s'abattit, la font. Fab. vm,27. Si dessous sa valeur ce grand guerrier s'abat, cosn. Cid, ii, 5. Nous comparions notre France à la Grèce, Quand un pigeon vient s'abattre à nos pieds, bérano. Pig. Il est tombé en ruine par sa volonté dépravée , le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement, boss. La YMière, Profession. || 2* S'apaiser. Le vent s'abat. Son ressentiment s'abattit peu à peu. Dès le premier effort sa colère s'abat, mair. Uorl d'Asdr. iv, <.

— SYN. abattre, nÉMOLIH, RENVERSER, RUINER,

DÉTRUIRE. Idée générale, faire tomber. L'idée propre d'abattre est celle de jeter à bas : on abat ce qui est élevé, haut. Celle de démolir est de rompre la liaison d'une masse construite : on ne démolit que ce qui est bâti. Celle de renverser est de mettre à l'envers ou survie côté, ce qui était bien placé ou debout, droit, sur pied : on renverse ce qui peut changer de sens et de direction. Celle de ruiner est de faire tomber par morceaux : on ruine ce qui se divise et ce qui se dégrade. Celle de détruire est de dissiper entièrement l'apparence et l'ordre des choses : Le temps détruit tout, guizot.

— HIST. XI* s. Ki abate femme à terre pur faire lui force.... L.deGuill. <9. DeSaragoce [il] a la porte abatue, Ch. de Roi. 267. Mort il l'abat sur un buisson petit, xb. 243. 0 ses cadahles les turs [il] en abatiet, ib. 8. || xii' s. Des abatus est la terre jonchée, Ronc. p. < 37 Diex sait bien du félon abattre la bobance, tb. p. <97. En mi la place [il] l'abat toutestendu, ib. p. 6t lororguels qu'est si grans Fust

abatus.... ib. p. 27.11 [les guerriers] fauchentetabatent com vilain en essart. Saxons, <9. Toute plaine sa lance [il] l'abat mort au sentier, ib. u.\\ xm' s. Et li Venicifen firent abatre les murs et les tors, vil- LEH. B6. S'il |le faucon] abat aue [oie] ou autre oisiel, l'Escoufle. Li cuens [comte] de Champaigne Et li rois d'Espaigne Fussent vil et abattu , Et France fust en vertu, bues dk la ferté, Romane. (9). Je m'ocirai s'autres que Garin m'ait [pour femme]; Dieus le me doint! Tous ces maus [il] abatrait, ib. p. 72. Maint chastel abatu , mainte vile essilie [ruinée], Berte, 2. Le servise que il li fera doit estie

onté raisnablement et abatu de la dette. Au. de .Mr. I, 4 89. Il est tenu et gardé à droit que les loi» soient abatues par desacostumance. Livre de juslice, 6. Mahom [Mahomet], chou [ce] dist li sains hermites. Tu desloiaux et pleins de rage, Abateras saint mariage, Rom. de Mahomet, bh. Et s'il iere si bien apris Qu'el [l'envie] ne peûst de tôt son pris Rien abatre ne desprisier.... la Rose, 274. Et dit l'en que ces choses viennent du paradis terrestre, que le vent abat des arbres qui sont en paradis, JOINV. 220. Iceulx Blancs [Manteaux, ordre religieux] furent abatus au concile de Lyon, que

r,(3T. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

ABA

Grégoire le x" tint, m. 299. L'an mil deux cens

soixante trois furent abatus li mansois [sorte de monnaie], du cange, abatare. || xivs. Toutes autres monnoyes soient abatues [démonétisées], id. abatere. ||xv' s. Les cardinaux apaisoient les Romains et abatoient leur ire ce qu'ils pouvoient, frois. ii, II, 20. Et à mes pieds t'a abattu à terre, ch. d'or- LÉANS, ). Il xvi" s. Il faut dire que le zèle est bien débile, quand il s'abat pour si peu, calvin,275. Le sacrifice plaisant à Dieu est un esprit abbatu, id. Inst. 692. Les chevaux s'en coururent à bride abbatue avec leur charriot devers la ville de Rome, AMYOT, Publ. 26. Valerius fait abattre sa maison et la razer jusques en terre, id. ib. 48. L'on commencea à user d'engins de baterie pour abbatre grosses murailles, ID. Péric. 62. Elle fit serrer les portes et abbatre les grilles et les harses qui se fermoient à grosses serrures et fortes barrières, n.Antoi. 99. Il fut contraint d'abattre sa barbe, des périehs, Cent. t9. Les forces abbattues par l'aage, mont. II, 49. Les courages sontabbattus,iD. i, 24. Ilm'advient souvent en telle sorte de propos abbattus et lasches, propos de contenance, de.... id. m, 277.

— ÉTYM. À et battre ; bourguig. aibailre; wall. abate; prover^. abatre; catal. abatrer; espag. abatir; ital. abbaltere.

ABATTU , UE (a-ba-tu , tae) , part, passé. 1 1 1° Jeté à terre. Des arbres abattus par le vent. Perdrix abattue d'un coup de fusil. Les statues de Néron abattues par l'ordre du sénat. On te croirait toujours abattu sans effort, corn. Cid. ii, 2. Et ma tête abattue ébranlerait la vôtre, id. Sert, iv, 2. J'adorerais un Dieu sans force et sans vertu. Reste d'un tronc par les vents abattu. Qui ne paut se sauver lui-même, rac. Esth. n, 9. Mon coBur, respectant sa vertu. N'accable pas encore un rival abattu, id. Alex, m, 2. Il 2° Affaibli, privé de son pouvoir, de ses forces, de son courage, de son énergie. Abattu par la maladie. Parti abattu. Carthage abattue par les revers de la deuxième guerre punique. Je me sens tout abattu. Abattu par le chagrin. Esprits abattus. Il n'est pas abattu, malgré les mauvaises nouvelles. Le cœur de son père se repose sur elle, comme un voyageur abattu par les ardeurs du soleil se repose à l'ombre sur l'herbe tendre, fén. Tél. XXII. La douce vapeur du sommeil ne coule pas plus doucement dans les yeux appesantis et dans tous les membres fatigués d'un homme abattu que les paroles flatteuses de ladéesse s'insinuaient pour enchanter le cœur de Mentor, id. t6. vu. Moi-même, Arnauld, ici, qui te prêche en ces rimes. Plus qu'aucun des mortels par la honte abattu. En vain j'arme contre eux une faible vertu, bûil. £p. m. Ces mortels ennemis, sur qui l'on avait eu l'avantage, et qui semblaient abattus et vaincus, commencent à se relever, bourd. Pensées, t. m, p. 406. Vous êtes l'âme la plus abattue au premier péril, mass. Car. Par. Visage abattu, corn. Sert, v, 3. Je demeure immobile et mon âme abattue Cède au coup qui la tue, id. Cid. 1, 1. Pison a l'âme simple et l'esprit abattu, id. Oth. n, 4. La main qui me tue Rend sous mes déplaisirs ma constance abattue, id. Cinna, iv, 4. Je m'agite, je cours languissante, abattue, rac. Bérén. iv, 4. Sa vue a ranimé mes esprits abattus, iD. Ath. u, B. Et que puis-je au milieu de ce peupla abattu? ID. Ath. i, 4. Cœur abattu, m.Alex. v, 4. Du vieux père d'Hector la valeur abattue Aux pieds de sa famille expirante â sa vue, id. Andr. iv, 5. Sous le joug étranger j'ai vu tout abattu , volt. Orph.

I, 2 Et le peu qui m'en reste [d'amis] Sous un

joug étranger baisse un front abattu, id. Uér. v, 4.

t ABATTUE (a-ba-tue), s. f. || 1° Terme d'archit. peu usité aujourd'hui et ayant le même sens que ke- TOMBÉE(voy. ce mot). || 2°Salines. Travaild'une chaudière pleine d'eau salée, depuis le moment où on allume le feu jusqu'à celui où on la laisse reposer.

ABATTURE{a-ba-tur'),i./'. 1| 1° Terme forestier. L'action d'abattre , particulièrement les glands. Il 2° f. plur. Terme de chasse. Trace qu'un cerf laisse dans les broussailles où il a passé. Le cerf se reconnaît à ses abattures.

ABAT-VENT (a-ba-van) , *. m Au plur. des abatvent. Appefuis, claie, paillasson, mur, pièce aetoiie7 bois, etc. place au-dessus des ouvertures des habitations, et au-devant des plantes, pour les abriter contre le vent et la pluie. Les abat-vent des clochers senent aussi à rabattre le son des cloches.

ABAT-VOIX (a-ba-voî), s. m. Au plur. des abatnoix. Le dessus d'une chaire à prêcher, lequel sert à rabattre vers l'auditoire la voix du prédicateur. Les abat-voix sont utiles à celui qui parle et à ceux qui écoutent.

ABBATIAL, ALE (a-ba-«i-al, si>al'; au plur. a>

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