OUDIN
— ÉTYM. Chercher.
i CHERCONNÉE (chèr-ko-née), s. f. Terme de coinmprce. Étoffe indienne moitié coton moitié soie.
CHÈRE (chè-r'), s. f. Il l°Visage.Ce sensa vieilli. |l 9' Bon accueil, réception caressante. Voulant cacher ma honle et sa colère, Elle couvrit son front d'une meilleure chtjre, Régnier , Élég. iv. Ne sachant quelle chère me faire, sév. 29t. X qui la mère Pour
CHÈ
ne se découvrir fait plus mauvaise chère, r^gnieh, Snl. 11. S'il y avait auprfs de vous une personne bien faite, qui vous fît bonne chère, voit. Lett. «87. Il Cliez les cabareliers, tant pour la bonne cht're, tant pour le couvert et les autres menus frais. Ce sens a virilli. Il 3° Par extension, faire bonne clièrea passé (lu sens de faire bon accueil à faire un bon repas, parce qu'un bon repas est une partie d'un bon accueil. DarLs ce sens chère comprend tout ce qui regarde la qunnlilé, la qualité et la préparation des mets. Aimer la bonne chère. Le lieu de la ville où l'on faisait la chère la plus délicate, iiamilt. Cramm. m. Faisimt chère et vivant sur la bourse publique, la font. Fabl.
IV, 12. Mêlas! que sert la bonne clière Qunnd on n'a pas la liberlc? id. ib. iv, 3. Je dois faire aujourd'hui bonne chère ou jamais, id. ib. viii, 9. Alexandre disait que la bonne chère n'était point de saison, quand on avait de grandes affaires, du bvf.r, Supplément de QuiiHe-Curce, liv. 11, ch. 8. Itcpose-toi, fais grande chère, boss. Char. 1. Elle disait hier à table, qu'en Basse-Bretagne on faisait une chère admirable, sÊv. 08. Votre inlendant jure qu'on ne peut pns faire une meilleure chère, ni plus grande, ni plus polie, ID. 427. Comment appelez-vous ce traiteur de Limoges qui fait si bonne chère? mol. Pourc. I, 0. Nous feras-tu bonne chère? id. l'Av. m, 6. Il Faire petite chère, maigre clière , avoir un repas insuffisant en quantité ou en qualité. || Homme de boime clière, celui qui aime la table et s'y connaît. C'était un homme de bonne chère; et il devient sobre et tempérant, bourd. Pensées, 1, 392. Vousavez dilqnec'élait u;i homme de bonne chère, MASS. Panég. St. Jean-Bapt. || Chère entière, grand repas suivi de plusieurs divertissements. || Chère de commissaire, un rep<:s où l'on sert viande et poisson, locution qui vicLt du temps où il y avait des chambres mi-parties ue catholiques et de prolestants, les commissaires faisant les uns maigre les autres gras. || Faire grande chère et beau feu, faire une très-grande dépense. || Faire chère lie, faire bonne chère et vie joyeuse. La galante fit chère lie, LA FONT. Fabl. m, <7.... lui-même ayant fail grand fracas, chère lie.... Il devint pauvre tout d'un coup, ID. ib. vu, I4. || Proverbes. Il n'est chère que de vilain, c'est-à-dire lorsqu'un avare se résout à donner un repas, il y met plus de profusion qu'un autre. || Chère d'homme fait vertu, c'est-à-dira la face, la présence de l'intéressé fait vertu, rien ne vaut la présence d'un homme pour le succès de ses affaires.
— IIIST. XI* s. [11] plore des oilz, toute sa chère embroiiche, Ch.dcfio/.ccLvi. || xii's. Li cons [comte] BoUant 0 [h] la chiere hardie, Ronc. p. to. Le nez [il] ot beau et chiere de baron, ib. p. 20. || xiii' s. A moi pert [parait] bien au vis et à la chiere, Que vostre amor m'est trop estrange elfiere.EUST. lepicintre, dans Coiici. X tant es vous la vieille qui fait moût lie chiere, Berte, xn. Sa fille [elle] a embracée, si la baise en la chiere, ib. [Elle] Moût faisoit laide chiere, et moul erl [était] emplorée, ib. xvi. Ysengrin n'iert pas endormiz, Saut sus, ne fist pas chiere morte. Tien. 20384. Car l'en a la chose moult chiere Qui est donnée à bêle chiere, la Rose, 227(. A regarder lores me pris Les cors, les façons et les chiercs. Les semblances et les manières Des gens qui ilec karoloient, ib. 803. Ne ne faites chiere nesune De haine ne de rancune, ib. 7375. Combien qu'il faceiit fiere chiere, ib. 7050. Les gardes dou champ doivent partir le soleil, si qu'il ne soit contre la chiere de l'un plus que de l'autre, Ass. de Jérus. i, 109. Il xiv s. Le corps a grant et fort, et le viaire fier; Il a moult bien la chiere de niaisement paicr, Guescl.
V. 13090. Car nuls homs n'est, s'd pert, qui ail la chiere lie, Raud. de Seb. vu, 154. || xV s. Et fit la porte de la ville ouvrir, et fit bien chère et manière de défense, froiss. i, i, 80. [Le roi d'Angleterre à ses chevaliers avant la bataille de Crecy] et leur disoit ces langages de si lie chère, que qui fust tout desconforté, si se pusl il reconforter en lui oyant et regardant, id. 1, i, 284. Quelque chère que ils fissent, ils n'esloient pas bien à seur, Bouciq. 11, ch. 0. Il nous fera, sans faillir, bonne chiere, ch. d'obl. t. El sur ce leur monstra plusieurs inconveniens qui leur pourroient advenir, le plus gratieusement qu'il peut, et feirent bonne chaire au gentilhomme, juv. DES URsiNS, Charles VI, 4 382. Il fut loué de sa fuyte; et plus encores de son retour lui fist chascun bonne chère, comm. i, 4. Après disner le duo et le roy se veirenl en grant chiere, id. ii, (3. Homme de bonne chère et de plaisir, id. v, 10. 11 me fil la plus grande chère du monde, id. vu, (. Le pelletier en fut content, Car il ne vouloyt que repaistre, Et alla tout incontinent Faire grant chère
CHÉ
avec le prestre, villon. Repues. Je ne vous ai dit chose que je ne fasse, et faites bonne chère [soyez
tranquille], Lons xi, Nouv. XLvii. || xvi' s Et
puis appaisoit sa cholere Tout soudain <|u'on 'uy faisoit chère, dubfll. vu, 40, verso. Où recueillis y furent à bonne chère Des hahitans et sans la vendre chère, J. marot, v, I60. Tout ainsi que si une lemme impudique, pour navrer davantage le cœur de son mari, devant ses yeux faisoit chère à son paillard, CALVIN, Instit. 284. Le tout est que je laissay le roy fai.sant, dieu mercy, très bonne chère [en santé], et commençant bien à se fortifier, marg. L. 46. Le roy faict tousjoursla chère que vous m'aviés promise, dont je sçay de plus en plus l'obligacion que j'ay à vous, ID. ib. 140. Faicles leur tant de bonne chera qu'il vous plaira, mont, i, "I. Au milieu de leurs festins, et par my leur meilleure chère, id. 1, 76. Avec une chère basse et morne sans motdire,AMYOT, .Viima, 18. Il voulut que ceulx qui avaient porté leur part du labeur de cultiver la terre, eussent aussi part au plaisir de faire bonne chère des premiers fruicts d'icelle, id. l.xjc. et Num. comp. 2. Valerius adonc descendit avec un bon visage sur la place, et avec une chère ouverte fut le premier qui jura.... ID. Puhl. 3. Il ne .se laissa escliapper de la bouche pas une parole insolente, ny ne monstra à sa face une chère joyeuse, id. Marcel. 50. Belle cliere et cneur arrière. II. est. Précellence, 216 et 217. Belle chère vaut bien un mets, id. ib.
— ÉTYM. Norm. chère, visage; wallon, caire, mine, air; provenç. et espagn. cara; du latin cara, face, qui se trouve pour la première fois dans Corippus, poète du vi' siècle, et qui est le grec xipa, lète. On voit la série des sens: visage, puis bon accueil, c'est-à-dire-bon visage, et enfin bon repas, qui est une des manières du bon accueil.
CHÈREMENT (chè re-man) , adv. || 1° D'une manière alTectueuse et tendre. Vous n'êtes aimée en nul lieu du monde si chèrement qu'ici , sév. 8. Cela pourrait bien être , il m'aimait chèrement, corn. Poly. i, 4. Cela peut être encore , ils s'aimaient chèrement, id. Sertor. i, 2. Ne sois point rebelle à mon commandement Qui te donne un époux aimé si chèrement, id. Cid, v, 7. Si l'histoire de l'Eglise garde chèrement la mémoire de cette reine, boss Reine d'Anglet. Conservez ce livre chèrement, mol. Éc. des f. m, 2. Jamais elle [ma douleur] ne quittera Un cœur qui chèrement toujours la gardera, id l'tlouT. Il, 6. Il 2° A haut prix. Payer, acheter, vendre chèrement une marchandise. On achète des étoffes chèrement, pasc. Pror. 8. Hazael m'acheta chèrement, fén. Tél. iv. La cour ne voulut pas les [Coligni et Bouteville] acheter assez chèrement, volt. Loia's J/F, 0. Ah! c'est trop fort; vit-on jamais pareille usure? — Monsieur, je ne crois pas mériter cett« injure Pour avoir obligé monsieur votre neveu; Je l'aimais chèrement. — 11 y paraît, morbleu! andrieux, les Étourdis, m, 3. || Fig. 11 paya cette ".ourle joie chèrement. Une dignité qu'à la fin il voi lut quitter comme trop chèrement achetée, BOSS. e Tellier. || Vendre chèrement sa vie ou faire achet-:r chèrement sa vie, ne succomber qu'après avoir ait beaucoup île mal à l'ennemi. Maison, dans une plaine rase avec sept à huit cents hommes seulement devant des milliers d'ennemis, perdit tout espoir; déjà même il ne songeait plus qu'à gagner un bois pour vendre plus chèrement sa vie. quand.... SÉCUR, Ilist. de Napol. xi, )2. || On dit au môme sens, mais dans le langage familier, vendre chèrement sa peau.
— lllST. xi« s. La mort Rolant [je] lur cuid chèrement vendre, Ch. de Roi. ccxiv. || xii' s. .Moût chierement [la trahison] sera gueredonèe , Ronc. p. 49. Ne me voul [voulut] pas Diex por néant donner Tous les soûlas qu'ai eus en ma vie; Ains les me fait chierement comparer [payer], Cuuci, xxii. Il XIII' s. Et il les achetoienl moult volentiers et chierement, joinv. 234. {| xv's. Si les pria le dit roi chèrement, qu'ils volsissent si bien penser, froiss. I, I, 126. Puisqu'ainsi est que loinglain de vous suis. Ma maistresse, dont Dieu «cet s'il m'ennuye, Si chierement vous requiers (|ue je puis, Qu'il vous plaise. ...cil. d'orl. Rai. (î. || xvi' s. De tint de peine endurée Je ne me plains nullement. Mais de l'avoir dectairèe Je me repens chèrement, st-cel. 1*0. Qu'ilz ne mourussent point sans vendre chèrement leur mort aux vainqueurs, amvot, Arist. 41. Oultrâ de douleur et de regret pour la mort de luy qu'il avoit aimé si chèrement, id. Eum. 3, Leurs filles, lesquelles tant chierement avoient nourries en, tout exercice vertueux, bab. Pant.lii, 46. Cettuy-ci [un prèceiiteur] qu'il avoit fait venir exprès et qui estoit bien chèrement gagé, hont. i, *»3.
CHE
— ÉTYM. Chère, «t le suffixe ment; proveriç. caramen; espagn. et ital. caramenta.
CIIÉIII, lE (clié-ri, rie), part, passé. Ce prince cliéri (le SCS peuples. Une image chérie. Des cendres chéries. Femme et mère irès-cliérie et tr&s-hoiiorce, Doss. Reine d'Anglel. Le jiis;e .semblera plus avantagé, si on pùseson mérite; elle pécheur plus cliéri, si l'on considère son indignité, boss. Ilarie-Tlie'r. Mânes aux yeux charmants, vos images chéries Accourent occuper ses belles rêveries, a. chP.n. Élég. XIV. Il Le peuple chéri de Dieu, les Juifs. La nation chérie a violé sa foi, luc. Esth. i, 4. || Substantivement. C'est son chéri. C'est sa chérie. Pour en boire un peu [de vin], mon chéri, Vends mon anneau de mariage, BiinANG. Jacq.
CIIÉRIF (ché-riP) , s. ni. Prince descendant de Mahomet par sa fille Fatinie. || Prince arabe ou maure. Le chérif de la Mecque. Une fontaine bâtie par un chérif répandait son eau dans le chemin,
CIIATF.AUB. Itin. 37.
— Ktym. Portug. xarife; de l'arabe sharif, noble, éminent.
t CllfiltIFAT (chéri-fa), s. m. Dignité de chérif. fCHËIlIP (ché-rip'), s. m. Moineau franc.
— ÉTYM. Ce paraît être le verbe anglais to chirp, gazouiller.
CIlÉRiU (chè-rir), i-. o. || 1° Avoir beaucoup d'affection pour quelqu'un. Chérir ses enfants. Un homme comme lui, de mérite et d'honr.eur, El qui vous chérissait avec idohUrie, mol. Mis. v, 0. Jamais œillade de dame, Propos flatteur et gracieux, Mot d'amitié ni doux sourire. Déifiant le pauvre sire, N'avaient fait .soupçonner qu'il fût vraiment chéri, LA FONT. Fabl. IX, 15. Il est aimé des grands, il est chéri des belles, boil. Sat. viii. || 2" Aimer d'un amour qui a quelque chose du culte. Chérir sa patrie. Chérir la mémoire de ses amis. || 3° Tenir beaucoup à. Oui chérit son erreur ne la veut pas connaître, corn. l'oly. m, 3. Alzire, jusque-là chérissions-nous la vie? VOLT. Alz. v, 5. J'ai chéri plus que toi la gloire de ta vie, m. il. de Ces. i, < . || Par analogie. L'occasion est belle, il nous la faut chérir, COHN. //or. Il, 3. Je chéris, j'acceptai, sans tarder davantage, L'heureuse occasion de sortir d'esclavage, BAC. Baj. V, 4. Je ne suis pas de ces médecins qui ne chérissent que leurs opinions et qui, plutôt que d'en démordre, aiment mieux laisser mourir vn malade, HAUTEnociiE, Ciispin méd. Il, 9. || 4° Se chérir, ti. rép. Avoir une affection mutuelle. Très-sots enfants de Dieu, chérissez-vous en frères, volt. Ép. »7. Il Avoir de l'affection pour soi-même. || Être chéri. La vertu ne peut trop se chérir.
— lllST. xii* s. Ne Olivier qui tant fit à chérir, llonc. p. 101. Et li reisLoewiseFranceis l'unt chéri, Th. le mart. 95. Li prélat sunt serf Deu, li reis les deit chérir, ib. 70.||xni's. Ma primeraine famme [j'] amai moût et chieri, Berle, cvui. || xv s. Se je vous ay en mes dictez [vers] chéri [caressé, célébré], E. DESCH. Poésies inss. f°3eo, dans lacurne. S'avança le roy, et embrassa Garifer le jeune, et le baisa par moult de foys; si fist-il Nestor; et quant il eut les enfants assez chéri [caressé].... Perce forest , t. II, f° 4, dans LACLRNE. Il xvi's. Combien qu'il eust entendu qu'en son absence le roi la cherissoit, si n'en put-il rien croire, marg. A'out'. m. Pourquoi il cherissoit ainsi ce jeune homme là .seul, et abominoit tous les autres, AMVOT, Anton. 91. Madame, ces vers méritent que vous les chérissiez; car vous serez de mon advis qu'il n'en est point sorty de Gascoigne qui eussent plus d'invention et de gentillesse, mont. 1, 222. Tout du long du chemin venoient chérir la belle Les loups et les lyons à la face cruelle, baïe, ÛEueres, p. )07, dans lacurnb.
— ÉTYM. Cher.
CHÉBISSABLE (ché-ri-sa-bl') , adj. Digne d'être chéri. La gloire la plus chérissable est celle qui naît de la vertu. Et me rendre peut-être, à moi seul, chérissable La gloire périssable Des stériles travaux qui font tout mon emploi, i. b. rouss. Odes, iv, 2.
— HIST. xv s. Mais manière plus convenable, Plus cheritable et resonnable Ne saroit nulz ymaginer.Conu. de i;(-/)enw.l| XVI' s. Chérissable, coiORAVE.
— ÉTYM. Chérir.
t CIIÊKOLLE (ché-ro-l') , s. f. Espèce de vesce.
t CUEUPILLE (chèr-pi-U' . Il mouillées), s. /'.Usage du Beaujolais suivant lequel les pauvres pouvaient faire la récolte malgré les propriétaires, quand le grain était à maturité.
— ÉTYM. Ancien verbe c'iarpitler, prendre, voler, dérivé de cKarnir. {Voy. charpir.)
+ CUEKSIE (kèr-sie), s. f. ou CUERSITE (kèr- Bi-l), j. m. Terme de zoologie. Tortue de terre. — ETYM. Xtpsoç, terre.
CHË
CHERSONKSE (kèr-so-nê-z'), s. f. Terme de géo-
grapiiie. Presqu'île. Chersonfcse Taurique ou Pontique, la Crimée. Chersonèse Cimbrique, le Julland. Chcr.sont'se deThrace, la Komanio. Chersonèse d'or, la presqu'île au delà du Gange.
— ÊTYJl. XjjS^ovr.oor, de /épii&î ou yéfaoi;, terre ferme, etvriffo;, île, c'est-à-dire Ile tenant à la terre ferme.
t CIIERSYDRE (kér-si-dr") , f. m. Terme de zoologie. Espèce de serpent de l'archipel indien.
— ÉTYM. Xépio;, terre, et uSwp, eau.
CHERTÉ (chèr-té), s. f. \\ 1° Prix des denrées qui
excède le prix ordinaire. Grande, excessive cherté de vivres. Le peuple était incommodé par la cherté des'''?s, d'ablancoubt, Tacite, dans biciielet. Il Lacne..- y est, se dit de certaines marchmdises qui se vendent beaucoup, dont tout le monde veut avoir. Je n'y mettrai pas la cherté, je n'en achèterai pas. Il 2' Prix élevé relativement à un prix antérieur. Nous entrons dans une période de cherté. Il Proverbe. Cherté foisonne, c'est-à-dire quand les choses sont chères, on les ménage; et aussi les marchands, attirés par le haut prix, en apportent des quantités.
— IllST. XII' s. E quan il li conquist casteals e hérité, Tant le deUst il plus tenir en grant chierté, Th. le mari. 54. || xiii' s. Fors Certain la rnj'ne que [ils] tiennent en chierté [tendresse], Uerte, lxvii. Cens qui plus les ont en chi-irté [alTection], ia /lose, 768U. Por ce avinlsi grant chierté en l'ost, que, tantost que la l'Hsque fu venue, un beuf valoit en Tost quatre vins livres, joiNV. 230. || xv* s. Et lui conseille, comme doy. De toujours haïr faulceté; Car quiconque l'a en chierté, Amo'^r chaslier l'en fera, on. u'oul. Bal. 30. ||xvi" s. Hz avoient expressément procuré et moyené que ceste grande cherté advinst, amyot. Cor. lo. Combien c'est un sot déduit, qui ne le feroit valoir par fantasie et cherté,
— ÉTYM. Picard, guerf^; provenç. caritat , carla!; espagn. caridad; ital. carilà; du latin carita- (l'm, de rarus, cher (voy. cher). Dans l'ancien français, cherté signifie également cherté et charité, tendresse.
CHÉRUBIN (ché-ru-bin), s. m. || l" Ange qui est nommé dans l'Ancien Testament. Dieu mit un chérubin à la porte du paradis terrestre, saci, sur la ('•enèse, dans richelet. || Nom de figures dont la forme n'est pas bien connue, mais qui du moins avaient des pieds de \e!iu{Ézéchiel, i,7),elqui étaient placées dans le temple de Jérusalem. Voulez-vous que d'impurs assassins Viennent brise;' l'autB', brûler les chérubins? bac. Alhalie, v, 2. || 2' Dans le christianisme, nom des anges du second rang de la première hiérarchie. || Familièrement. Il a une face de chérubin, il a un visage rond et coloré, jj Kouge comme un chérubin. Joli comme un chérubin. Il Terme d'amitié. Mon chérubin, mon petit cliérul)in. Il 3° En peinture et en sculpture, tète d'enfant, avec des ailes, figu.'ant un ange.
— HIST. xrs. Deus y tramist son ange chérubin, Ch. de Roi. clxxui. || xii* s. E nostre sires muntad sur chérubin e volad, Roii, 208.
— ÉTYM. Cherubim, pluriel de cherub, mot hébreu qui est le nom d'un ange et des figures du temple.
t CHfiRUBIQUE (ché-ru-bi-k') , adj. Qui a rapport aux chérubins. |{ Hymne cbérubique, hymne qui, dans l'église grecque, se chante pondant la messe.
CUERVIS (chèr-vî),s. m. Plante ombellifère et potagère {siumsisarum. L.).
— KIST. xvi' S. Les racines sont naveaux, paslonnades, carrotes, chervis ou giroules, o. de serres, 507. La plus asseurée manière de se pourvoir de chervis ou giroles, est par racines; ils sont originaires du païs sejitentrional, car c'est d'Alemaigne d'où l'empereur Tibère en fit transporter la race en Italie, iD. 531.
— ÉTYM. Origine inconnue. Espagn. chirixia; portug. chcriria.
t CUESTER (tchè-steur, ou, à la française, chèslèr), s. m. Fromage anglais renommé.
— ÉTYM. Chçster, ville d'Angleterre.
CUÉTIF, l'VE (ché-tif , ti-v'; les paysans desenvirons de Pins disent chéti et même cheli), adj. Il 1° De peu d'imporlance, de peu de distinction, de peu de force, en parlant des personnes. Unchétif garçon de boutique, patbu. Plaid. 2, dans richelet. A l'égard de ces hommes chél'ifs, la bruy. vi. Leinonarqueluidit [au cerf] :Chétif hôte des bois, Tu nsl tune suis pas ces gémissantes voix, la font. fafe. vin, (4. 11 vint des pûrlis d'importance, La belle les trouva
CHÊ
trop chétifs de moitié, ID. ib. vu, 5. Tout chétif et tout misérable qu'il est, il a été détroussé en France^ BAI.Z. lir. VI, lett. 5. Depuis les plus chétifs jusques aux plus fendants, régmkb, .Ça(. xiii. Un chétif centenier des troupes de Mysie, coRn. Iléracl. i, 2. Ou'entrcprends-je, chétif, en ces lieux écarlés?R0TH. SI Gen. m, 2. Éryphilo n'est encore digne ni de vous ni du public, ni môme de moi, chétif, volt. Ixtt. versetprose. I7. Et celui qui chétif aux misères succombe. Sans vouloir autre bien que le bien de la tombe, MALH. 1,4. Quand Crésus vil Esope, il s'étonna qu'une si chétive créature lui eût été un si grand obstacle, LA FONT. Vie d'Ésope La chétive pécore S'enlla si bien quelle creva, iD. fa6. 1,3. Quel ton, quel ascendant ne prennent-ils pas [les riches] sur les savants, quelle majesté n'cbservent-ils pas à l'égard de ces hommes chétifs que leur mérite n'a ni placés ni enrichis et qui en sont encore à penser et à écrire judicieusement ! la bbuï. vi. || 2° En parlant des choses, qui n'a pas force, qualité. Une chétive récolte. Une plante chétive. Une mine chétive. Comme un chien qui fait fête Aux os qu'il voit n'être pas trop chétifs, la font. Jum. Une flamme pieuse autant comme chétive, corn. Pomp. v, i. Et mon bras n'est du sien qu'un chétif instrument Qui ne meu* et n'agit que par son mouvement, botr. liéUs. I, I. Notre vigne n'est point si chétive qu'on le voudrait bien faire croire, p. l. cour. 2' lettre particulière. Il Avoir chétive mine, avoir la mine basse, et aussi avoir l'air malade. || 3° Mirérable, pauvre. Une vie, une chère chéiive. Dans quelque urne chétive en ramasser la cendre, corn. Pomp. ii, 2.
-- IllST. XI' s. [Elle] Trait seschevels, si se clame cailive, Ch. de Roi. cclxxiv. D'st l'uns à l'autre : Caitit que devienurons? ib. cxc. Que deviendrai, douloureuse caitive?ib. cxci. En France douce [elle] ert [.sera] menée caUlve, ib. ccLXvni. ||xii' s. Ainsi nos, caitif, compenons [payerons] Les guerres de ces haus barons, crestien de troies, dans holland, p. 200. Corne jhaitis [captif] mené, Jtonc. p. l«. Meurent paien come cliaiiif dolent, ib. p. 77. À la chaitive [malheureuse] qui au mosUer aient, ib. p. 173. Ceste chaitive qui de son dueil moira, ib. p. 174. Vous deUssiez querre leur délivrance [des prisonniers]: C'est grant pochés, ses [si les] i laissez chaitis, QUESNES, Romancero, p. loo. || xiii" s. Oui caitif sert caitif loiier en sent, l. passy, Fragm. d'Iiist. lut. p. 89. Hé! las, chelif, où irai? que feraif ANONYME, dans CoKct. Et li consaus de l'emiiereour fu tiex qu'il s'iroit à luicombatre, pour secorre les chaitis et les chaitives que il enmenoit, villeu. CLXiv. Neis [même] Avarice la cheli ve N'ert pas si à prendre enlentive,io Rose, 1438. Moult est chetis et fox nais Oui croit que ci soit son pais, ib. 5049. Et se ne vousplet,si vous preingne pitié de ceste chietive qui ci gist, que vous attendes que je soie relevée, joiNV. 252. Car qui à chétif seigneur sert,
lien aient chétif loier, les Vers du monde Dan
Macrohe Vestu d'une chétive robe, Bat. des 7 arts. Il XV' s. Le plus petit, maigre et chelif cheval qu'il
put trouver, froiss.i, i, 23 Uiex ! douxvaJet,
Di-je lors, es-tu si quatis [caché]? Par ma foi, tu es uns quetis, Ouant tous seuls tues en prison, FROi.ss. Le dit dou (lorin. Ainsi ma vie se compassé, Maleureuse, chétive et lasse, En paineet maulxdont trop recueil, en. d'orl. Rond. Nuz [Dieu] les créa, et puis l'ame leur mist Ou chelif corps, sans faire différence, e. descii. L'habit ne fuit pos l'homme. Vaut-il pas mieux avoir la couleur rouge et vive, Riche de beaux ruhis, que si pale et chétive .\insi qu'un buveur d'eau? basselin, ii. || xvi* s. Aux cœurs chétifs tu remets l'espeiance, rons. 703. De tous les animaux qui marchent sur la terre L'homme est le plus chelif; car il se fait la guerre Luy-mesmes à soy-mesme.... id. 8(5. Il [l'homme] n'est pas assez chestif , si par art et par estude il n'augmente sa misère,, mont, i, 227.
— ÉTYM. Bourguig. cheti; Berry, ch'ti, au féminin ch'tite, chaitis; provenç. captiu, caitiu; anc. calai, caitiu; anc. espagn. captiva; espagn. mod. caulifo; por;ug. catito; ital. ca/(ii'o;ciu latin cap- (it'HS, prisonnier (voy. captif). Chétif, envieux français, signifie captif, et de là, faible, misérable.
CIIÉTIVEMENT \3bé-ti-ve-man), adc. D'une manière chétive. Cet homme vit chétivement. Entretenir une personne chétivement, patru, Pioidoyer *, dans RiciiFLET.
— ÉTYM. Ciiétive, et le suffixe ment.
t CUÉTIVbTÉ (ché-li-ve-té), s. f. Qualité de ce qui est chtiif.
— lllST. xiu' s. La chaitivitet de Sion.... la nostre cailivetct. Psautier, dans raitjouard, captivilat. Car se ta l'avoies pressé jton coeur], je 1' tearoie
CflE
CHE
CEIE
& chetiveté, la liose, 2202. || xV s Gens qui
dissent vérité Pour son iionour et pour leur conscience, Sanz mal engin et sanz chetiveté, E. descii. Ce qui Ait necestaire aux roys. Et aprbs qu'il eut rolié toute la cité de Mcos.e, et rettuit le peuple en chetiveté, MONSrKEI.. Il, 39.
— ÉTYM. Provenç. captivitat; espagn. eautividad; ital. caHimtà;t\\i latin caplnttofem, de captivus (voy. CAPTIF et ciiétip). Chetiveté, dans l'ancien français, signifie captivité et état chétif.
t CHÉTODON (ké-to-don), s. m. Terme de zoologie. Nom d'un genre de poissons qui ont les dents fines comme du crin. Les chétodons.
— ÉTYM. XatTTi, crinière, et ô5où«, dent.
t CHÉTOPODE (ké-to-po-d'), s. m. Terme d'entomologie. Qui a des soies pour pattes. || S. m. Les chétopodes.
— ÉTYM. XaîiTi, crinière, et itoîi;, noSôç, pied, t CHÉTOPTÈRE (ké-to-ptê-r' ), s. vi. Terme de
toologie. Sorte d'annélide chétopode rapportée des Antilles. Leschétoptères sont dds annélides nageuses.
— ÉTYM. XatTYi, crinière, etTiTefov, aile.
t CHÊTRON (ché-tron) , s. m. Terme de métier. Tiroir sur le côté d'un cofTre.
t CKEVAGE (che-vii-j') , s. m. Terme de droit féodal. Droit dû par tout chef de famille bâtard ou aubain (Étymologie : chef).
fCHEVAGE, s. m Action de donner au verre ramolli par 1 a cha leiirla forme d'u n moule (Êtym .chever) .
t CHEVAINE (clie-vè-n) ,.«. f. Syn. de chevanne.
CHEVAL (che-val), s. m. || 1° Animal domestique de la famille des solipèdes, qu'on emploie à tirer ou à porter. Cheval de charrette, de carrosse, de main, de bataille. La bouche d'un cheval. Panser, étriller, ferrer, seller, brider un cheval. Un cheval fin, ardent, plein de feu, souple, léger à la main , obéissant. Cheval qui porte bien sa tête. Un cheval vicieux, ombrageux, pesant à la main. De rage et de douleur le monstre bondissant Vient aux p-eds des chevaux tomber en mugissant, rac. Phèd. v, 6. J'ai vu, seigneur, j'ai vu votre malheureux fils Traîné par les chevaux que sa main a nourris, lu. ib. Sous les pieds des chevaux cette reine foulée, id. Athal. i, 4. On commença la course des chariots, que l'on distribua au sort; le mien se trouva le moindre pour la légèreté des roues et pour la vigueur des- chevaux, fèn. Tél. v. Lâchant les rênes à ses chevaux fumantsde sueur, ID. ib. Mes chevaux s'animèrent et se mirent peu à peu en haleine, ID. ib. Hippomaque poussant trop ses chevaux, le pius vigoureux s'abattit, id. tb. Mes chevaux, mieux ménagés que les siens, étaient en état de le devancer, m.ib. Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant. De peur que, tout à coup efflanqué, sans haleine, Il ne laisse en tombant son maître sur l'arène, Boa. Ép. x. || Cheval de relais, cheval tout préparé dans les postes pour prendre la place de celui qui vient de faire une traite. On avait préparé des chevaux de relais, sur lesquels ils furent sur-lechjmp conduits à Leipsio, où on les enferma étroitement, VOLT. Charles XII, 2. lien est ainsi de poste en poste dans le royaume; vous changez de jurisprudence en changeant de chevaux, id. Dial. 2, Il Cheval de service, dans le langage de la féodalité, cheval dû par le-vassal au seigneur. || 'lirer un criminel à quatre chevaux, écarteler un criminel, en attachant un cheval à chacun de ses membres. || Fig. N'avoir ni cheval ni mule, être fort gueux. || Chercher quelqu'un à pied et à cheval, faire toutes les diligences pour le trouver. || C'estun cheval échappé, c'est un jeune homme qui n'écoute ni autorité ni conseil. Athamare est un jeune cheval échappé, amoureux comme un fou, volt. Lett. d'Argental, 27 avril (767. j| C'est un vrai cheval à la besogne, c'est un homme dur à la peine, grand travailleur. Mon esclave travaille comme un cheval, je le nourris mal, je l'habille de même, volt. Dial. xxiv, s. Il Fig. et familièrement. Cheval de carrosse, cheval de bftt, gros cheval, ou, simplement, cheval, homme rude, grossier, intraitable. C'est un vrai cheval. C'était [le chevalier de Nogent] une manière de cheval de carrosse qui était de tout temps ami de Saint-Pouange, sT-siM. -loi, b8. Comment, grand cheval de carrosse! mol. Bourg. 11, 3. || Fig. C'est le cheval de bat, se dit d'un homme chargé, dans une maison, dans une communauté, de la grosse besogne, il Dans le pa.s d'un cheval, c'est-à-dire facilement, sans peine, sous les pieds. Croit-il que mille cinq cents livres se trouvent dans le pas d'un cheval"? MOL. Fourb. Il, <i. Cinquante mille francs, c'est un joli denier; et, comme on dit, ça ne se trouve pas tous les jours dans le pas d'un cheval, eu. de ber- WARD, le Cendre, § «. || Aux enseignes des hôlelle-
MCr. DK I.A LANGUE FRANÇAISE.
ries, un tel loge à pied et à cheval, c'est-à-dire un tel donne le logement aux hommes et aux chevaux. Il Fig. C'est son cheval, son grand cheval de bataille, c'est l'argument dont il s'appuie, l'idée à laquelle il est attaché. La cérémonie est le cheval de bataille de lanoblesse campagnarde, hamilt. Gramm. 10. || Monter sur ses grands chevaux, prendre les choses avec ré.solution, avec hauteur, se gendarmer; locution venue de ce que les chevaliers allant en guerre et chevauchant sur de petits chevaux montaient, pour combattre, sur de grands chevaux. Je vous vois montée sur vos grands chevaux, sÉv. 637, Dessus ses grands chevaux est monté mon courage, mol. Sjan. 21. Voyant qu'elle montait sur ses grands chevaux, hamilt. Gramm. 8. Elle monta sur ses grands chevaux au lieu de se justifier, ID. ib. 1 1 . 1! Brider son cheval par la queue, s'y prendre à contre-sens dans une affaire. || Fièvre de cheval, fièvre violente. Il Médecine de cheval, médicament très-fort. || Familièrement. Écrire à quelqu'un une lettre achevai, écrire une lettre où on le gourmande vertement. || 2° Homme de cheval , un cavalier. Une troupe de gens de cheval. Soit de gens de cheval ou ."îoit de gens do pied, régn. Sat. xi. Il n'y avait point de meilleurs hommes de cheval que les Egyptiens, Boss. Uist. m, 3. Du Plessis, écuyer de la grande écurie et le premier homme de cheval de son siècle, ST-siM. 37, (74. Les Romains tireront de leur? alliés 700 000 hommes de pied , et 70 000 de cheval, monteso. Rom. 4. || Monter à cheval signifie quelquefois apprendre à monter à cheval. 11 a monté à cheval sous un tel. || Mettre quelqu'un à cheval , lui enseigner l'équitation. C'est un tel écuyer qui a mis ce jeune homme à. cheval. || Eu termes de manège, cheval de deux coeurs, celui qui ne se manie que par contrainte. Cheval dans la main, celui dont l'encolure, la tête et le corps sont dans un parfait équilibre. Cheval entier à une main, celui qui refuse de tourner d'un côté. Cheval de pas, celui qui va un grand pas fort à l'aise. || 3° Â cheval, loc. adv. Sur un cheval. Se promener -à cheval. Montrez-lui comme il faut.... Passer les jours entiers et les nuits à cheval, corn. Cid, l, 7. Pour les faire monter à cheval, boss. Uist. m, B. M. le Chantre sera toujours prêt à monter à cheval, id. Lett. abb. 72. Sortis, il me demande : êtes-vous à cheval? Régnier,Sa«.viii. Il Elliptiquement, achevai, messieurs! c'est-à-dire montez à cheval. |{ Par analogie, à califourchon, jambe deçà, jambe delà. Il était à cheval sur le haut du mur. || Terme de guerre. Etre à cheval sur un fleuve, sur une rivière, sur une route, avoir des troupes placées sur l'une et l'autre rive, sur l'un et l'autre côté de la route. |1 Fig. Être à cheval sur quelque chose, n'en pas démordre, s'en prévaloir, y revenir sans cesse. Etre à cheval signifie aussi être solidementétabli. 1| Fig. Être mal à cheval, être mal dans ses afi'aires. || Il se tient mieux à table qu'à cheval, se dit d'un écornifleur. || 4° S. m. plur. Terme de guerre. Cavaliers. Il avait dix mille hommes de pied, avec deux mille chevaux. C'était vous, intrépide Nemours, qui meniez ces fameux chevaux aux combats, chateaub. Natch. 1, 92. ||Les grands chevaux, nom qui était donné aux quatre principales familles de la noblesse de Lorraine. Les petits chevaux, la noblesse inférieure de Lorraine. || 5° Cheval fondu, jeu d'enfants dans lequel l'un saute pardessus l'autre qui a le corps plus ou moins fléchi. Il 6° Cheval de bois, figure de bois sur laquelle on apprend à voltiger. [Il| fait crever les courtauds en chassant aux forêts. Court le faquin, la bague, escrime des fleurets. Monte un cheval de bois.... Régnier, Sat. V. Il Anciennement. Cheval de bois, pièce de bois qui, taillée en arête et mise sur des tréteaux, servait à une punition de soldat. Ce soldat, ayant fait un faute, fut mis pendant deux heures sur le cheval de bois. || Cheval de Troie , cheval de bois renfermant des guerriers dans ses flancs, au moyen duquel les Grecs prirent la ville de Troie. Il Les courtisans du cheval de bronze, s'est dit jadis à Paris des filous et personnes de mauvaise vie qui se tenaient sur le pont Neuf auprès de la statue d'Henri IV, pour y attraper quelqu'un. || 7° Cheval de frise, en termes de guerre, grosse poutre carrée, traversée par trois rangs de pieux de bois, dont les bouts sont armés de pointes de fer, ainsi dite parce que cet engin a d'abord été employé dans la Frise. Il Cheval de frise ou patte de coq, espèce de support dans une fabrique de poteries. || 8° Terme d'astronomie. Un des noms vulgaires de la constellation de Pégase. Il Petit Cheval, constellation de l'hémisphère septentrional. || 9" Cheval-vapeur ou simplement cheval, unité conventionnelle dont on se sert pour évaluer la force motrice des machines à vapeur,
et qui équivaut à une force capable d'élever un poids de 75 kilogrammes à la hauteur d'un mètre dans l'unité de temps ou seconde. || 10° Dans les carrières de marlre, on appelle cheval de terre, un espace où le marbre manque et qui se trouve rempli d'une masse de terre, jj Trou rempli de terre qu'on trouve quelquefois dans un bloc. || 11° Terme de zoologie. Cheval cerf, nom d'un mammifère observé en China et qui paraît être l'antilope gnus (ruminants^ dite vulgairement gnou. || Cheval du Cap, nom donné par quelques voyageurs au cheval quaccha, qui est le couagga de BulTon. || Cheval marin, cheval de rivière, hippopotame, et plusieurs poissons. Il Cheval du bon Dieu, grillon. || Cheval marin, animal fabuleux, qu'on représente avec le devant d'un cheval et le derrière d'un poisson. || 12" Terme de métier. Siège sur lequel l'ouvrier s'assoit pour façonner l'ardoise. || Proverbes. Cheval de foin, cheval de rien; cheval d'avoine, cheval de peine. Il Fermer l'écurie quand les chevaux sont dehors, c'est-à-dire prendre des précautions quand le mal est arrivé. || Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, c'est-à-dire il fait bon être maître de ses affaires, de son bien. || 11 est bien aisé d'aller à pied quand on tient son cheval par la bride, c'est-à-dire on souffre volontiers de petites incommodités quand on peut s'en délivrer pussitôt qu'on veut. || Des femmes et des chevaux, i\ n'en est point sans défauts. || Un coup de pied de jument ne fait point de mal au cheval, c'est-à-dire un nomme doit prendre galamment les malices que lui font les femmes. || X un cheval hargneux, il lui faut une étable à part, c'est-à-dire il faut se tenir loin des hommes querelleurs, diflicultueux, méchants.|| Lei chevaux courent les bénéfices, et les ânes les attrapent, c'est-à-dire les récompenses ne vont pas à ceux qui les méritent. || Je lui ferai voir que ooii cheval n'est qu'une bête, c'est-à-dire je lui ferai voir qu'il se trompe lourdement. Je voudrais bien qu'elle eût soufflé devant moi et qu'elle s'avisât de traverser ce que j'aurais résolu; je lui ferais bien voir que son cheval ne serait qu'une bêle, hauterocïie, Crispin médecin, 1, 2. || Qui aura de beaux chevaux si ce n'est le roi? c'est-à-dire il n'est pas étonnant qu'un homme riche et puissant ait ce qu'il y a de mieux. Il II n'est si bon cheval qui ne devienne rosse, c'està-dire l'âge affaiblit les corps, les esprits les plus vigoureux. Et, en sens inverse, jamais bon cheval ne devint rosse. || X jeune cheval vieux cavaher, c'està-dire pour conduire un jeune cheval, et figurément, pour diriger des gens inexpérimentés, il faut un homme expérimenté. || Il est bon cheval de trompette, c'est-à-dire le bruit, les menaces ne l'effrayent pas. || Changer son cheval borgne contre un aveugle, changer une chose mauvaise contre une autre plus mauvaise encore. || À cheval donné on ne regarde point àla bouche, à la bride, c'est-à-dire un don est toujours bienvenu. || Il n'est si bon cheval qui ne bronche, c'est-à-dire le plus sage, le plus habile peut commettre des fautes. || Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à Rome, c'està-dire on ne se corrige pas en voyageant. || L'œil du maître engraisse le cheval, c'est-à-dire il faut surveiller ses affaires. || Après bon vin, bon cheval, c'est-à-dire quand on a un peu bu, on est plus hardi. Il L'ftgo n'est que pour les chevaux, c'est-à-dire il ne faut pas s'enquérir de l'âge des personnes. Laissons l'âge à part; aussi bien, comme on dit, il n'est que pour les chevaux, hauter. Crispin médecin, I, t. Il A méchant cheval bon éperon, c'est-à-dire il faut de la fermeté dans les afi'aires difficiles,
— SYN. HOMMES de cheval, GENS DE CHEVAL. Les
gens de cheval, c'est la cavalerie. Cette locution a toujours un sens collectif qui n'appartient pas à hommes de cheval; c'est pour cela qu'on dit mille hommes de cheval, et qu'on ne peut dire mille gens de cheval.
— HlsT. XI* s. Cil ki aveir [bétail] escut [retire] u chivalz u buefs, iois de Guill. 6. Puisque il sont as chevals et as armes, Ch. de Roi. lxxxv. Sur Veillantif, son bon'cheval courant, ib. Lxxxix. Sire, k pied estes, et je sui à cheval, ib. CLvn. {| xii- s. Chevausde pris, Ronc. p. 7. Seschevaus [son cheval] fu en vingt Ueus assenez, ib. p. »6. Je le defen à cheval etàpié, ib.p. 1H7. Sur leschevax [ilsj montèrent qu'on leur tint au perron , Sax. xxii. Les cnevali Saint Thomas tuz ensemble [ils] enmenerent, Th le mart. p. I6Î. Il XIII" s. Et chascuns chevaus donra quatre mars, et chascuns homs dui [deux], villbh. iiv. Lors furent li cheval trais des huissiers [vaisseaux], iD. Lxiii. Chevaus, or et argent leur fist on présenter, Berle, m. U doit deus deniers de tonlieu pour chascun cheval, se li chevaus est vis [vif]. Livra
CHE
des mi'l. 318. Et la court deit connolstre que la bataille deit estre à chevau, au quarantisme jor, Ass. I de Jér. i, '02. Je voi que qui cheval acheta, N'ieit ja si fox que riens i mete, Comment que l'en l'ait bien couvert, Se toutnel voit à descouvert, \a «ose, 8707. Kt quand les chevaus aus Sarrazins et aus Beduins avoientpoour [peur] d'un hisson [buisson], joinv. 203. Oui n'a cheval si voist [adle] à piét, leroux dk lincy, Vrox). t. I, p. (63. Miex vault le i;heval Bertran, Oui souvent menjue [mange] avaine Oue cil qui faitia crevaine [qui crève], Ane. poésies fr. du Vatican, dans LACtJBNE. Se ses quevax muert ou afole, BKAUM. 64. Il XIV' s. Là OÙ li chevaux chiet [choit], on le vait escorchant, Guescl. )083i. || xv s. Par mafoy, mes chevaulx se lasse, Et dit que les nois [neiges] et la glace L'ont destruit.... e. descii. Poésies, (' 368, dans LACUBNE. Dix huyt cens hommes <le cheval, comm. iv, l. Se l'autre son compagnon avoitbien fait du mauvais cheval et en maintien et en paroles, encore en fit il plus, louis xi, jVoud. xxxiir. Un cheval a quatre pieds et si chiet [et pourtant tombe] , LEROUX nE lincy, Prov. 1. 1, p. 464. En vérité il m'est mescheu ; dont je suis dolent, mais c'est sur le tard, et me puis comparer à celluy qui ferme l'estable quant on lui a emblé son cheval, Perceforest, t. m, f° 88. || xvi* s. Un esclave qui vint à tue cheval l'avertir, Mém. surD. G. ch. xviii. Voyant rapporter le corp.s d'un homme de cheval, mo.nt. I, 8. Se sentant eschapper du [tomber de] cheval, ID. 1,16. Apprendre à montera cheval, m. i, J60. En sa mort, on sent Caton tousjours monté sur ses grands chevaulx, ID. iv, <«3. Il y eut quelques chevaulx légers numidiens, qui par le chemin rencontrèrent.... AMYOT, Marcell. BO. Il y mourut, non en capitaine, ains en cheval léger et en avant coureur, ID. Pélop. et Marcell. comp. 5. Dix mille hommes de pied, mille chevaux, et une flotte de cent voiles, ID. ib. B(. Faire du cheval eschappé, id. Caton, 56. Où'es-tu toy? archer, picquier, homme d'armes ouchevalleger?iD. Que lavertu se peut apprendre, 8. La Rivière, le plus diligent et laborieux caval léger qui fust au service du roi, d'aub. Hist. i, 333. On faisoit bouillir les cuirs, les peaux de cheval et de chiens, id. ib. ii, B6. Ils firent du pain de paille hachée et d'ardoise, y meslant du fumier de chevaux, ID. ib. II, 67. Ne trouvant dedans autres garnisons que quelque peu de soldats pour garder les grands chevaux de Joieuse, id. ib. ii, 58. Il perce un grand païs de BeSusse tout semé de chevaux-legers, m. ib. ii, (88. En cheval léger, id. ib. m, ÎI3. Pour forcer les villes : béliers, chevaux, vignes, tortues, balistes, par^, ix, Préface. Leurs trompettes et clairons ronfloient et sonnoient boutte selle, boutte selle, monte à cheval, monte à cheval, boutte selle, monte à caval, h caval, id. t. IM» p. 703. Tu resembles au viel cheval de mon père, tu ne veulx poynt marcher jusques à tant que tu soyes picqué, palsgr. p. 427. Et comme l'on dict, nous vendons nostre cheval pour avoir du foin, charron, Sagesse, i, 22. N'achapte cheval jouant de la queue, génin. Récréât, t. ii, p. 245. Quand plus ne peult ne haut ne val, à la charrue va le cheval, id. ib. p. 248. Se houser et n'avoir cheval,», tli. p. 249. Cheval courant, sépulture ouverte, LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 169. Cheval fait et valet à faire, cheval fait et femme à faire, id. ib. Cheval rogneux n'a cure qu'on l'estrille , ID. ib. X nouveau cheval, nouvelle selle, iD.t'b. p. )60. X cheval rueur, d'avant passe, id. ib. Aux chevaux maigres va la mouche , ID. ib. Bien mérite d'aller à pied qui n'a soin de son cheval, in.ib. p. toi. Bride et esperon font le cheval bon , ID. ib. Il fait comme les bons chevaux, il s'eschauffe en mangeant, id. ib. p. I62. Il ne faut pas lier les asnes avec les chevaux, id. ib. Un bon cheval fait les heues courtes, id. ib. p. t63. Un cheval est bien meschant [mauvais] s'il ne peut portersa selle, id. ib. p. <84. Comment, dit Mandragor, vous parlez achevai et fort glorieusement pour une femme ; par Dieu, si vous ue lussiez aussi bien au pouvoir de la royne vostre maistresse qu'elle mesme est en celuy du roy mon maistre, je vous ferois bien abaisser vostre caquet. Don Flores de Grèce, f'x.\xvi, dans lacurne. Ny estoit coustume de venir à telz biens par force ny en parlant à cheval, veu que tous ceux qui se humilioient jusqu'à terre et qui ne servent que d'ob«!r et complaire, à grand peine y peuvent ilz parvenir, Aresta amorum, p. <3C, dans lacurne. On «toit estre maistre de son cheval , compagnon de son chien et valet de son oiseau, favin, Théâtre d'honn. t. Il, dans LACURNE. On touche touiours sur le cheval qui tire, coTORAVE. Il n'y a cheval si bien ferré qui ne glisse, id. Qui n'a cheval ne chariot, il ne «harge pas quand il veut, id.
CHE
— ÉTYM. Picard, kevau, guevau, gval, keval ; wallon, cWt'd.-hourguig. chevau; Berry, gwau, un chevau, des chevals ; Sainlonge, chevau; provenç. cat;a(/»;catal.caboW; espagn. caballo; ital. cavallo ; du latin caballus, cheval de fatigue; grec, -/.agiX- ),Ti?, qui parait être un mol de la Grande-Grèce, et, par conséquent, de l'Italie et qu'on rapproche du sanscrit tchapala, rapide. Dans l'ancien français, nominatif singulier chevals, chevax, chevaus, régime cheval; nominatif pluriel cheval, régime cherals , cheiax, chevaus. On voit que notre distinction de cheval, chevaux, est un reste de la déclinaison de l'ancien français.
f CUEVALÉE (che-va-lée), i. f. Charge d'un cheval.
— HIST. xv S. Et lors de la monnoie dessus dite valoit une chevalée de blé sept ou huit francs, mons-
TRELET, liv. I, ch. 247.
— ÊTYM. Cheval.
CHEVALEMENT (che-va-le-man) , s. m. Terme d'architecture. Appareil formé par des planches ou madriers placés sur des étais pour supporter un mur qu'on reprend en sous-œuvre.
— ÉTYM. Chevaler.
CUEVALER (che-va-lé), V. n. || 1° Faire des allées et venues, des démarches pour une affaire. Il m'a bien fait chevaler. Vieilli en ce sens. || 2° Terme de manège. Chevaucher, passer sur les voiles en croisant les jambes de devant. || 3° Faire usage d'un chevalet. Les scieurs de long chevalent. || 4° V. a. Chevaler les cuirs, les travailler sur le chevalet. 1 1 8° Chevaler un mur , l'élayer avec des chevalements.
— HIST. XV" s. Vous cheez par une recrue souffrance en leur servitute, comme les perdris qui, en fuiant à despourveue négligence le perdrieur qui les chevale [poursuit], clieent en sa tonnelle, A. char- TiER, l'Espérance, p. 272, dans lacurne. || xvi' s. Avec les caphardes paroles De ces moines à testes folles Qui vous chevalent [tâtonnent] pour leur bien, marot, IV, 187. Ainsi font les grands voleurs et les fameux coursaires : les uns descouvrent le pays, les autres chevalent les voyageurs, la boétie, 64. é'estoient de son costé principalement, que l'une des poinctes de la bataille des ennemis s'approchoit le plus prés, et le chevaloit pour l'environner par derrière, amyot, Crassus, 47. Il ne luy voulut pas courir sus à toute oultrance, ains seulement le feit chevaler tout alentour, commandant à ses soudards qu'ilz l'espargnassent luy et ses gens, id. Brutus, 32. Ces trois harpies avoient, tout le matin, au desceu l'un de l'autre poursuivi, importuné et chevale sa majesté, pour engloutir ce bénéfice, carl. II, to. .Se voyant à toute force chevalé, picqué, esperonné et, pour mieux dire, suborné, pasquier, Lettres, t. ii, p. 38, dans lacurne. Dans Lyon on avoit projette de faire assassiner le roy, soudain après sa conversion; et sur ce projet il avoit esté chevalé jusques dans Melun par un meschant homme , lequel y fut prins, id. ib. p. 272. Et après l'avoir par longs ambages chevalé, lasté et tenté, id. ib. p. 343. Ce pauvre esprit, de cesle façon chevalé, se laisse aller à la volonté et discrétion de celui qui le mené d'une parole amadouante, id. Recherches, liv. m, p. 298. Jamais personne accusée ne fut tant chevalée par un juge pour estre surprise que la pucelle d'Orléans, et toutesfois personne ne respondit plus à propos que cette-cy, m. ib. liv. vi, p. 472.
— ÉTYM. Cheval.
CHEVALERESQUE (che-va-le-rè-sk') , adj. Qui appartient à un chevalier; digne d'un chevalier. Bravoure, franchise chevaleresque. Conduite chevaleresque.
— ÉTYM. Ital. cavalleresco ; catal. caballeresc; espagn. caballeresco (voy. chevalier). Ce mot est récemment emprunté à l'italien; il ne se trouve ni dans les éditions du Dictionnaire de l'Académie avant celle de 1 836, ni dans Furetière ni dans Richelet. L'ancien français disait chevalereux, usité jusque dans le XVI' siècle. On a dit aussi chevaleresse pour femme de chevalier, litière chevaleresse pour litière appartenant à un chevalier.
t CUKVALERESQPEMENT(che-va-le-rè-ske-man) , adv. D'une manière chevaleresque.
— ÉTYM. Chevaleresque, et le suffixe ment. CHEVALERIE (che-va-le-rie) , s. f. \\ 1° Institution
militaire, propre à la noblesse féodale et consacrée par la religion. Les siècles de la chevalerie. Voilà où aboutit une aventure [descente du prince Edouard en Ecosse] qui eût réussi dans les temps de la chevalerie, mais qui ne pouvait avoir de succès dans un temps où la discipUne militaire, l'artillerie et surtout l'argent décident de tout à la longue, volt. LouisXV, 25, Il La chevalerie errante, les chevaliers
CHE
errants. Il Romans de chevalerie, romans oà sont décrits les exploits, les caractères, les maurs, les aventures, les amours des chevaliers tels que l'imagination les avait idéalisés. || Faire chevalerie, se disait, dans la langue du moyen âge, des actes de vaillance ou de courtoisie que faisait un chevalier. Il 2° Le corps des chevaliers, la cavalerie noble. Rodrigue, à la tête de sa chevalerie, subjugua le royaume de Valence, volt. Mœurs, 44. || Fine fleur de chevalerie, se disait pour l'élile des chevaliers e' aussi pour un chevalier accompli. 113° Qualité, rang de chevalier.il 4° Ordre de chevalerie, distinction honorifique instituée par divers souverains. Être décoré de plusieurs ordres de chevalerie. Non, d'aucune chevalerie Je n'ai le brevet sur velin, bérang. Vilain. || 5° Race noble. Celte maison est d'ancienne chevalerie. || La noblesse. Un roi entouré de sa chevalerie.
— HIST. XI' s. Donc aurez fait gente chevalerie, Ch. de Roi. xliii. N'i a paien de tel chevalerie, ib. Lxxv. Il XII' s. Tant est Rolans pleins de chivalerie [vaillance], Ronc. p. 28. [11] Va demandant pris de chivalerie, ib. p. 68. Et là doit-on faire chevalerie. Où on conquiert paradis et honor, quesnes. Romancero, p. 93. Si faisons assembler nostre chevalerie, Sax. xxxii. Il XIII' s. X Paris la cité [il y] ot grant chevalerie, Berte, il. Je vueil qu'o vous s'en voist [aille] noble chevalerie [nobles chevaliers], ib. Lxxii [Roland] Qui fut preus et hardis, pleins de chevalerie, ib. cxliv. Atant se parti li chevaliers dou roi, sans saluer, et passa mer et trouva le roi Richart à Londres à tout grant chevalerie et li dist, Chr. de Rains, p. 59. Est- il greignor forsenerie Que d'essaucier chevalerie, Et d'amer gens nobles et cointes Qui robes ont génies et jointes? la Rose, t2t32. Et li fust ostés li estas de chevalerie, beaujj. xi.v, 29. Fié [fief] qui ne deit servise que d'une chevalerie ne se part mie entre suers, Ass. de J. i, 224. Avec le conte de Brienne avoit un vaillant clerc qui. estoit evesques de Rames, qui maintes "bêles chevaleries avoit faites en la compaingnie le conte, JOINV. 271. Chevalerie aniors resanble. Si ont pris corapaignie ensemble; Hardi covient estre ameor [amant], Ausi corn le combaleor, Ovide, Dearte, ms. f'97, dans lacurne. 1| xiV s. Si comme médecine quert un bien, et chevalerie un autre bien, ORESME, Eth. vu, 13. ||xv' s. Si s'avisera qu'il la conforteroit [Tournay] tellement et y envoieroit si bonne chevalerie que la cité seroit toute seure et bien conseillie, froiss. i, i, 126. Peu en affiert à moy de mercy, je ne suis que ung seul homme; la chevalerie qui avec moy estoit, qui les prouesses firent, en doivent avoir l'honneur. Sire chevalier, dit le roy, vous dictes vustie plaisir, mais le bon chef fait la bonne chevalerie, Perceforest, t. ii, f° 90. |1 xvi's. Loyaux aides sont coutumieremenl dus pour chevalerie [réception comme chevalier] du seigneur ou de son fils aine, loysel, 605. Masistius, gênerai de la chevalerie des Perses, amyot, Arist. 34.
— ÉTYM. Chevalier; provenç. cavalaria, cavalayria; espagn. caballeria; ital. cavalleria.
CHEVALET (che-va-lè ; le t ne se lie pas ; au pluriel l's se lie: les che-va-lè-z et...; chevalets rime avec' traits, jamais, succès), s. m. || 1° Support pour tenir l'objet sur lequel on travaille. Chevalet de corroyeur, de scieur de bois, de peintre. |1 Terme de peinture. Tableau de chevalet, tout tableau d'une étendue quelconque et autre que les fresques et les plafonds. Il Terme d'astronomie. Chevalet du peintre, petite constellation méridionale. || 2° Instrument de punition , sorte de cheval de bois dont le dos était fait en talus et sur lequel on mettait de» soldats qui avaient commis quelque faute , en leur attachant des boulets aux pieds. || Instrument de torture analogue usité dans l'antiquité. Il expira sur le chevalet. || 3" Mince pièce de bois qui supporte les cordes tendues sur la table d'un violon, d'un alto, d'un violoncelle et de tous les instruments de la même famille. Le chevalet repose sur la table supérieure de l'instrument et lui communique les vibrations des cordes. || 4° Terme de construction. Grand tréteau en charpente. || Pièce d'étai dans les réparations. || Natte de paille que le couvreur place sous les échelles étendues sur les combles. || 6° Terme de chasse. Bâton garni de chevilles pour apprendre au chien d'arrêt à rapporter. IIB" Terme de pêche. Instrument du fabricant d'hameçons. Il 7° Terme de métier. Banc de travail dans plusieurs métiers. || Boîte à l'usage du cartier. || Pi "ce d'une presse d'imprimerie. || Armature d'une fuséa de guerre. (| Machine à forer dont se servent les serruriers. || 8° Espèces de chevaux de frise en Iravers des rivières. || 9* Appareil de support pour let
CHE
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armes dans un camp. || 10° Terme de marine. Chacun des deux montants qui portent la roue du gouvernail. !j Machine pour passer les cibles d'un lieu à un autre. |H1° Terme de botanique. Nom vulgaire de Varum vulgaire.
— HIST. XV' s. Et avec eux vinrent gens pour gagner, qui amenèrent sur petits chevalets [chevaux] et sur petite» mules, pain mal cuit, povro vin, FROîss. I, I, 39. Et chargèrent douze petits chevalets de douze sacs. id. i, i, oi. Si devez savoir que tantcst il monta sur son chevalet [se fâcha], car il avoit la teste chaude et fumeuse, louis xi, Nom. y. Il XVI' s. Ils les detiroient sur le chevalet [supplice], AMYOT, LucuU. 36. H fist desmonter environ 70 harquebuzes à croq de dessus leurs chevalets, et les fist porter par ses gardes, cabloix, vi, <5.
— ÉTYM. Diminutif de cheval; wallon, chafolè ; espagn. caballete ; ital. cavalletlo.
CHEVALIER (che-va-lié ; \'r ne se lie jamais ; au pluriel l'ï se lie : les che-va-lié-z et leurs dames) , s. m. Il l" Citoyen du deuxième des trois ordres dans la république romaine. Romulus partagea le peuple en patriciens, chevahers et plébéiens. Ce nom leur fut donné parce que les chevaliers avaient un cheval entretenu aux frais de l'État. X la fin de la république les chevaliers avaient la ferme des revenus publics. Cicéron appartenait à l'ordre des chevaliers. Il î° Au moyen âge, celui qui avait reçu l'ordre de la chevalerie. Le chevalier se disait miles dans le latin du moyen âge. Des chevaliers français tel est le caractère, volt. Zaïre, ii, 3. || Armer quelqu'un chevalier, le recevoir chevalier, cérémonie dans laquelle on remettait au nouveau chevalier ses armes, ce qui se disait dans l'ancienne langue l'adouber. Il Chevalier errant, chevalier qui allait par le monde se présenter aux tournois, jouter contre tout venant, et ainsi acquérir los et renom. Ferons-nous d'Emile un chevalier errant, un paladin?;. J. rouss. Ém. IV. Il Fig. Se faire le chevalier de quelqu'un, prendre sa défense avec chaleur. || Le chevalier d'une dame, celui qui lui rend des soins assidus. || 3° Membre d'un ordre religieux et militaire. Les chevaliers du Temple, de Malte. || 4°Celui qui à obtenu la décoration d'un des ordres institués par un souverain ; et, spécialement, celui qui a le dernier grade dans les ordres qui en comptent plusieurs. Chevalier de la Légion d'honneur. || Chevalier des ordres du roi, chevalier de Saint-Michel et du Saint-Esprit. || Chevalier de l'ordre du roi , chevalier de Saint-Michel. Il Chevalier de l'ordre, chevalier du Saint-Esprit. Il Chevalier est un titre de noblesse au-dessous de baron en France, et de baronnet en Angleterre. Votre fils le chevalier. || 5° Chevalier d'honneur, le principal officier de la maison de la reine ou d'une princesse, chargé de lui donner la main quand elle sort; et même quelquefois celui qui accompagne une dame, qui lui donne le bras. Si j'avais l'honneur insigne d'être le chevalier d'une aussi charmante femme que madame Gastoul , en. de Bernard , la Cinquantaine , § l. || 6° Anciennement, chevaliers es lois, ceux qui avaient obtenu le titre de chevalier à cause de leur capacité dans la jurisprudence. Les chevaliers es lois prenaient le titre de maîtres. || Chevalier d'honneur, conseiller d'épée, qui avait séance et voix délibérative dans les cours souveraines. 117° Chevalier du guet, commandant d'une compagnie de gardes qui faisaient le guet. || 8° Fig. Chevalier d'industrie, homme qui vit d'expédients, escroc. Grand auteur de la confrérie Des chevaliers de l'industrie, Adorable roi de Tunis.... En moi, ton pauvre LazariUe.... Influé un trait de ta clarté, Le voyage de Sens, v. 93 {Poésies et lettres de m. dassouci, Paris, I6B3, petit in-l2, p. 139). Vous vous faites nommer monsieur le chevalier, Et vous êtes de ceux dont la chevalerie N'eut jamais à Paris d'ordre que l'industrie, montfleury, La fille capitaine, I, 8. Je n'ai pas besoin de connaître votre grief contre Laboissière pour savoir que c'est un vrai chevalier d'industrie, CH. de Bernard, le Gendre, StO. Il 9° Chevaliers de l'arc ou de l'arquebuse, bourgeois formés en compagnie et s'exerçant au tir de l'arc ou de l'arquebuse. Je l'ai vu cette nuit, ce charmant petit dieu [l'Amour]; il planait dans les airs ; il était à la tète de toutes les brigades des chevaliers de l'arquebuse, dancourt, le Prix de l'arquebuse, se. 5. Il 10° Chevalier s'est dit autrefois au jeu des échecs pour cavalier. |1 11° 'ferme de chasse. Petit chevalier, bécasseau. || 12° Ombre-chevalier, ou, simplement, chevalier, poisson du genre salmone. || 13° Au féminin, chevalière, femme qui a le rang de chevalier, ou épouse d'un chevalier. Ce terme n'est guère employé que dans lo stjlu badin. Voili notre famille fort anoblie; mon capitaine
fera aussi ma sœur chevalière; il lui donnera tantôt l'accolade, dancourt, les Vacances, se. 23. Je suis son chevalier, elle est ma chevalière, id. le Prix de l'arquebuse, se. <». || Fig. Pourvu que seulement La tour hospitalière Où je pendrai mon nid, Ait, vieille chevalière. Un panache de lierre Sur son front de granit, v. hugo. Odes, v, 25. || 14° Bague à la chevalière, ou, simplement, chevalière, anneau large et plat. || Proverbes. Nul chevalier sans prouesse. || Faveurs, femmes et deniers font de vachers chevaliers.
— HIST. XI' s. De vasselage [vaillance] fut assez chevaler, Ch. de Jiol. m. Sur pailes blancs siedent cil cevaler, ib. viii. Il nen i a chevaler ne baron.... ib. CLxxiv. Il XII' s. Entrez est à certes li cavaiUers Pharo , ot [avec] carres et ot cavalers en la mer. Liber psalmorum, p. 238. [Il] Se part di Cordes otout si chevalier, Itonc. p. 3). Il les regrete com chevavaliers gentis, ib. p. 86. Itel valor doit avoir cheliers, ib. p. 87. Gautiers de Luz fut moût bon chevalier, ib. p. 94. Se je Savoie un courtois chivalier. Qui de ses armes fu loués et prisiés. Je l'aimeroie de gré et volontiers, Romancero, p. Ti. Dune enveia li reis à lui ses chevaliers, Th. le mart. 43. Il XIII' s. Grans chevaliers ne va mie sens [seul], LEROUX DE LiNCT, Prov. t. II, p. 74. Trois ans [il] fu chevaliers, pleins fu de courtoisie, Berte, ii. Que Aleman estoient chevalier de haut prix, i6. v. Chevaliers ne bourgeois, vilains ne païsant, 16. cvii. Il dist qu'à Pentecoste chevaliers [il] les fera, ib. cvitl. Chevaliers de plaiz et d'assises. Qui par vos faites vos justices Sans jugement aucunes foiz, Cuidiezvos toz jors ensi faire? ruteb. H9. Nis se li pères estoit chevaliers et il espousoit une serve, si seroient tuit li enfant serf qu'il aroit de li, beaum. xlv, (5. Et je dis au connestable que je seroie son chevalier, et il m'en mercia moult, joinv. 227. Quant je reving à ma nef, je mis en ma petite barge un eseuier que je fiz chevalier, id. 2)4. || xiV s. Et pour ce les chevaliers semblent estre fors et avoir la vertu requise en batailles, oresme, Eth. 84. |1 xV s. Et mirent tantost et incorîinent grand foison de clercs en œuvre pour assembler chevaliers et escuyers de tous costés, froiss. 11, m, 77. Si elle te eust mené ainsy que doit mener chevalier errant son varlet, lequel il ne doit trop plaindre de ses travaulx, ne trop louer de ses bons services, ne trop enrichir devant la fin, Perceforest,t. 11, f° <o<. Chevalier sans espée n'est que femme sans quenoille, ib: t. IV, f° (57. Il XVI' s. La jeune vigne sera labourée de cette sorte d'oeuvre appellée houer ou fousser à chevalier; ce mot de chevalier vient de ce que le travailleur assemble la terre entre ses jambes, se faisant un relevenient sur lequel il se treuve comme à cheval; plus belle et plus utile œuvre est le double-chevalier, qui.... o. de serres, (69. Les chevaliers [pièce aux échecs] sont mes escrits et vers. Qui font un saut aux autres tant divers, stgelais, 80. Chevaliers et gendarmes, brigands, Leroux DE LINCY, Proverbes, t. ii, p. 74. Faveurs, femmes et deniers Font de vachiers chevaliers, id. t'b. Hier vacher, huy chevalier, iD.ift. Nul chevalier sans prouesse, id. ib. On appeloit communément messieurs de I5ay:ird, de la Crotte et le capitaine Frontailles, chevaliers sans peur et sans reproche; qualité certes très-belle et des plus belles du monde à qui l'a mérité porter, voire plus que tous les noms des seigneuries du monde, brant. Cap. fr. t. i, p. (20, dans LACURNE.
— ÉTVM. Cheval; bourguig. chevôlai; provenç. cavallier, cavayer; e.spagn. «ofiaHero ; portug. cavalleiro ; ital. cavalière.
CHEVALINE (che-va-li-n'), adj. f. Bête chevaline, un cheval ou une jument. Les races chevalines, les diverses races de chevaux. La population chevaline de la France s'élève à environ 3 000 000 de tètes. J'ai, dit la bête chevaline. Une aposlume sous le pied, LA FONT. Fabl. v, 8. On a compté dans ladite élection, un peu devant l'année (899, (794 bêtes chevalines que nous estimons à vingt sols de dlme par an , vaub. Dime, p. ) 57. || Substantivement. Faire la chevaline, faire le commerce de chevaux.
— HIST. xvr s Et la chevaline source [l'Hip-
poerène] De sa course Avoit arresté les pas, du Bellay, v, to, v(rso. L'herbe appellée férule est aliment à l'asne, et est venin à toutes autres bestes chevalines, PARiî, XXV, t. Le naturel de la chevaline et de la muletaillo est, qu'estans bien traictées au soir et repaissans à la disnée, d'employer le reste du jour au labourage, comme en voiageant, 0. de SERRES, 85. Ce sout eux [les orges d'automne] qu'on appelle chevalins, pour estre leur herbe très bonne pour purger et engraisser les chevaux à la prime-
vère, id. «08. Par la chevaline s»nt entendus les chevaux, juments, asnes, asnesses, mulets, mules. — Les bestes chevalines, id. 269.
— ÉTYM. Provenç. cabalin; du latin cabalUnut, de caballus (voy. cheval).
fCHEVALIS (che-va-li), !. m. Passage pratiqué dans une rivière dont les eaux sont basses.
— ÉTVM. Chevaler.
I CHEVALON (che-va-lon) , s. m Un des noms vulgaires du bluet.
CHEVANCE (che-van-s') , s. f. Le bien qu'on a. En leurs greniers le blé, dans leurs caves les vins : Tout en crève; commentranger cette chevance? la PONT. Fab. vn, 8. Et rendre sa chevance à lui-môme sacrée , id. ib. iv , »0. Ces gens sont sur le point d'emporter leur chevance, id. Orais.... tout 1 univers ne vaut pas la chevanceQue je rencoi.tre ici.in. Pe(. chien. ïl est force que le peuple croisse, ayant repos, biens et chevance, peu de soldats et point de moines, p.L.couB. I, 48». S'il triomphe, il épousera Yseult en dépit des clercs; s'il est vaincu, je confisquerai sa chevance, dusillet, Yseult de D6le, ch.i. ||C9 mot vieillit, mais il peut encore être très-bien employé.
— HIST. xii' S. Pour ce vaut mieux Dieu servir, je vous di. Qu'en li n'affiert [n'importe] ne aeur [heur, fortune] ne chevance, quesnes, Bomancero, p. 98. Il xin' s. Nos ne poons mais de ci movoir devant la Pasque, quar nous ne troverions mie chevance en autre leu, villeh. xlix. Espérance confort li livre [lui donne confort]. Qu'il se cuide veoir delivre Encor par aucune chevance. la Rose, 2029. Por Dieu vos pri, frans rois de France, Que me douiez queilque chevance : Si feriez trop grant charitei, RUTEB. <. Le roy amoit toutes gens qui .se metoient à Dieu servir et qui portoient habit de religion ; ne nulz ne venoit à li qui faillist à avoir chevance de vivre, joiNV. 298. Il xiV s. Et vous jure que co sont et estoient les plus honorables et notables de corps, de chevance et d'ancesterie de la ville de Calais, FROiss. I, i, 32). Il XV' s. Qui bon con.seil croit et quiert. Honneur et chevance acquiert, christ, de px- SAN, Charles V, 1, ch. (6. Il se devoit mieulx dira de luy qu'il perdit honneur et chevance ce jour, que l'on ne fist du roy Jehan de France, qui vaillamment fut prins à la bataille dePoictiers, comm. v, i. Kcitune, qui ennemie et déplaisante estoit de leur bonne chevance, fit tant, que le mari trouva la brigade en présent mefet, louis xi, Nouv. lxvii. || xvr s. J'ay ainsi ma chevance mieulx logée qu'en des coffres,. MONT. IV, i>. Stilpon estant eschappé de l'embrasement de sa ville, où il avoit perdu femme, enfans et chevance, id.' i, 277. Feraulez, qui avoit passé par les deux fortunes et trouvé que l'accroisl de chevance n'estoit pas accroist d'appétit au boire, manger, dormir.... ID. 1, 3)7. Perseus ne voulut pas, pour sauver sa propre personne, ses enfans et son royaume, despendre un peu de sa chevance, amyot, P. Mm. 1 9. Il [Persée] trainnoit après luy une grande chevance, id. ib. 37.
— ÉTYM Ital. civanza, civanxo , profit, bénéfice, et civire, se procurer. Ce mot a même radical que chcvir, c'est-à-dire chef ; la chevance est ce dont on est venu à chef, ce qui sert, ce que l'on po.ssède. Comme l'italien civire ne peut venir de capo, qui répond à chef, Diez suppose que civire a été emprunté de chevir; ce qui vient, outre la forme du mot, à l'appui, c'est que civire, civanza ne sont cités que de Boccace dans le Dictionnaire de la" Crusca.
f CHEVANNE (che-va-n'), s. f. Petit poisson du genre des ables, dit aussi meunier.
— ÉTYM. Origine inconnue. Génev. châtaine; wallon, givenne, gevenne, ch'fenne.
t CUEVAUCUABLE (cbe-vô-cha-bl'), adj. Propre à être chevauché; où l'on peut aller à cheval.
— HIST. XV s. Temps chcvauchable [temps pendant lequel on peut chevaucher], 0. ue la marche, tlém. liv. I, p. 385, dans LACURNE.
— ÉTVM. Chevaucher.
t CHEVAUCHANT, ANTE (che-vO-char, chan-t'), adj. Se dit des parties qui empiètent l'une sur l'autre et se croisent un peu. || En botanique, feuilles chevauchantes , feuilles pliées en gouttières , qui s'embotlent réciproquement les unes dans les autres.
CHEVAUCHÉE (che-vô-chée) , J. f \\ 1' Promenade à cheval. || 2°Toumée à cheval que faisaient autrefois certains fonctionnaires inspecteurs. {| 3° Procès-verbal pour reconnaître l'étendue et les limite: d'une juridiction. || 4° Droitqui remplaçait les corvées de chevaux et de charrois au passage du roi. Il B° Tout lo terrain que peut parcourir tii^e brie de somme en un temps donné. || 6" Terme do fi adalité.
CHE
Service à cheval envers le roi ou quelque seigneur. ;| Spécialement, service militaire dû par le vassal en verlii du lien féodal, à la diiïéren(:e du service d'ost dû par tout habitant de la seigneurie (voy. osï). Il Incursion hostile; course de gens armés.
— HIST. xii* s. Service et chevauchie [il] nous requiert tantes fois, Sax. xviii. || xiii* s. Et les dames de la vile alerent encontre leur amis, à grans chevauchiées, villeh. xcii. Lors fist Henris, li frères le conte Baudoin, une chevauchie, et mena avec lui grant partie de la bone gent de l'ost, ID. xcix. Kt cil des cités maintindrent moût riguereusement la guerre encontre lesGrieus [Grecs], et firent maintes chevalchies, id. clv. Ne fu nus jors k'o sa maisnie Ne fust li rois en chevaucie, FI. et Bl. 67. Il voit une grant chevauchie Où mainte dame avoit.... Ben. 4(7Bl. Se ses sires le semmonnoit d'ost ou de cevaucie ou por sa meson garder, beaum. xxix, i9. Il XV s. Par lui se faisoient les emprises et les chevauchées, froiss. ii, ii, <39. Chacun cuidoit rapporter autant d'argent que les autres en avoient rapporté, qui avoient esté en l'autre chevauchée [expédition] en Angleterre avec lui , id. i , i , 2». Ainsi se défit et rompit cette grosse chevauchée [les deux armées française et anglaise], id. i, i, 94. || xvi* s. Chausser ses bottes pour une utile chevauchée, mont, iv, 304.
— ÈTYM. Chevaucher; provenç. cavalcada; espagn. cahalgada; ital. cavakata.
t CHEVAUCHEMENT (che-v6-che-man) , s. m. Il i° Croisement de deux pièces. || 2° Terme de botanique. Disposition des feuilles chevauchantes. Il 3° Terme de chirurgie. Déplacement des fragments d'un os fracturé, lorsque, au lieu d'être bout à bout, ils sont parallèles l'un à l'autre dans une plus ou moins grande étendue.
— HIST. xV s. On se dissimule de nostre chevauchement; on ne vaut point que nous chevauchons, afin que nous n'ayons point cause de demander argent, FHOISS. II, n, <39.
— ÉTYM. Chevaucher.
CHEVAUCHER (che-v6-ché) , V. n. || !• Aller à cheval. [Le chevalier] ainsi chevauchant, il mettait à fin toutes ces aventures chantées par nos poètes, CHATEAUB. Génie, IV, V, 4. Il 2° Terme de manège. Chevaucher court ou long, se servir d'étriers trop courts ou trop longs. || Chevaler. Voy. ce mot. || Se dit aussi de l'action du cheval faible et incertain dans ses allures, qui se taille des boulets en mar- •chant. Il 3° Terme de fauconnerie. L'oiseau chevauche, lorsqu'il s'élève par secousses au-dessus du vent. Il 4° Par extension, être à califourchon. Cet enfant chevauche sur un bâton. || 5° Terme de métier. Se croiser, empiéter l'un sur l'autre. Ces ardoises ne chevauchent pas régulièrement. || Terme de chirurgie. En parlant des fragments d'un os fracturé, éprouver le chevauchement. || On dit de même de dents qui se croisent, qu'elles chevauchent. Il 6° Terme d'imprimerie. Être mal aligné. Ces mots, ces lignes chevauchent. || 7° Y. a. Michel chevauche un cheval de prise qu'il a choisi entre tous, p. l. COUR. Lett. I, 94.
— SYN. ALLER À CHEVAL, CHEVAUCHER. Ces motS
veulent dire tous deux faire, à cheval , du chemin; ce qui les distingue .c'est l'emploi qu'on en fait : aller à cheval est la locution vulgaire et de l'emploi journalier; chevaucher se trouve réservé pour le style relevé et surtout pour les narrations relatives au moyen âge.
— HIST. XI' s. Guenes chevalchet souz une olive haute, Ch. de Roi. xxvii. Tant chevauchèrent es veies et chemins, th. xm. Ne mul no mule que puisse/, chevalcher, ib. xxxv, Charles chevauche et les valz et les monz, ib. r.cLxix. || xii' s. Chevauchez. rois, ne soiez atarjans, lionc. p. 84. [Je] ne quesisse jamais en ester chevauchier, Sax. xvi. Et li baron chevauchent ambleûre et troton , ib. xxu. Il XIII' s. Après, prisrent congié pour retorner en lor pais, et chevauchierent tant par leur journées que.... VILLEH. XX. Et li quens de Flandres, qui la première bataille conduisoit, chevaucha, et les autres batailles chascune emprès, ID. Lxxi. Li marchis Bonifaces de Monferrat chevaucha toute la marine [le long de la mer] droit vers le palais de Bouchede-Lion, id. cvii. Par Ardenne [ils] chevauchent sans nul detriement, Berte, ix. Car ce content nostre voisin. Que une asnesse parla jà, Que un prophète chevaucha, lien. 210. Tant se haste et tant ï'esploite, Tant chevauche bois etgarane. Qu'il est venus h Theroane, id. )82IB. Mais li vaillant homme l'assaillent. Et la chevauchent [la richesse] et norsaïUent, Et tant as espérons la bâtent, Qu'il s'en aesent et esbatent, la Itose, bi38. Et s'il a si le choyai chier, Qu'il le gart pour son cbevauchier, ib
CHE
UI828. S'aucuns me preste son ceval por fere mon labor ou por cevaucier, beaum. xxxvii, 4. Ainsi fut li cuens de Poitiers, Qui toz jors fu boens et entiers, Chevaucha cest siècle terrestre. Et mena paradix en destre, ruteb. 49. Li messager le roi arrivèrent au port d'Antioche; et dès Antioche jusqu'à leur grant roi [des Tartares] , trouvèrent bien un an d'aleure, à chevauchier dix lieues le jour, jomv. 202. I| xiv s. Art de faire frains est dessoubz art de chevaucher , oresme , Eth. 11. Et Bauduins chevauche, qui fu gais et jolis, Baud. de Seb. vi, 3«7. Les deux pans doivent chevaucher l'ung sur l'autre, quant ilz sont liés , près de demy pié , Uodus, t" cxxvi, verso. \\ xv s. Il monta à cheval et partit par derrière, et chevaucha tous les bois à couvert, FROiss. i, I, 129. Et toudis chevauchoient les François les grands galops devers le pont.... id. i, i, 139. Elle chevauchoit ung hobin ardant, comm. vi, 7. Il xvi" s. C'estoit royal honneur de chevaucher un éléphant, mont, i, 366. Le courtisan dist qu'avant son temps c'estoit reproche à un gentilhomme d'en chevaucher [des mules], id. 1, 366. Terre chevauchée [ofi il faut aller à cheval à cause de l'éloiçnement] est à derai-mangée, loysel, 126. Les jsunes chevaulx demandent toujours ceulx qui ont accoustumé de les chevaucher, amyot, Philop. <8. Hz ne feirent que courir et chevaucher tout .'e païs, n'arrestans en pas un lieu, id. Lucull. 25. Ceux qui ont les denti de devant chevauchans les unes sur les autres, pj\\é, iv, 2.
— ÉTYM. Provenc. cavalcar , cavalguar; catal. cavalgar; espagn. cabalgar; ital. cavalcare; du baslatin cabai/tcare, de caballus, cheval (voy. cheval).
t CHEVAUCHEUR (che-vô-cheur), s. m. Celui qui chevauche.
— HIST. xiii' s. Et moult i a do boins chevaucheours, et moult savent de guerre, Ch. de Bains, H9. Il XIV' S. Des mariniers, des cheraucheurs, ORESME, Eth. 84. Il XV' s. Les chevaucheurs et les archers, froiss. 1, i, 296. Nostre guet estoit de cinquante lances qui se tenoient vers la Grange aux Merciers et avoient des chevaucheurs le plus près de Paris qu'ils povoient, comm. i, 8. || xvi' s. Le troisième jour du mois de février, un chevaucheur d'escurie [sorte de courrier du roi] fut déposé de son office, et sur un echafault par un des autres chevaucheurs liiy feut arraché l'esmail royal, et luy banny du royaume de France, pour avoir falsifié les lectres du roy , jean d'auton , Annales de Louis m, p. <47, dans lacurne. Il envoya devers eulx un chevaucheur parti de Syracuse, qui leur apporta ceste nouvelle, amyot, Timol. 27. Ces choses descouvertes par un chevaucheur, d'aub. Uist. Il, 233. Comme un mauvais chevaucheur et estourdi,
CALV. Instit. 223.
— ÉTYM. Provenç. cavalcaire; espagn. cabalgador; ital. cavalcatore; du bas-latin càvalcatorem (voy. chevaucher). Dans le provençal et le vieux français, nominatif singulier cavalcaire, chevauchere; régime singulier cavakador, chevaucheor; nominatif pluriel cavalcaclor, chevaucheor; régime pluriel cavalcadors, chevaucheors.
t CHEVAUCHONS (A) (che-v6-chon), loc. adv. Jambe deçà, jambe delà, comme si l'on était à cheval.
— HIST. XV' s. Â un grant homme monté sur un grant cheval [il] saïUoit de terre à chevauchon sur Sds espaules, Bouciq. l, 6. || xvi' s. Pour estre tombé à chevauchons sus quelque chose dure, paré, vi, ao. X chevauchons sur un baston, mont, i, 2)r.
— ÉTYM. Chevatuher.
t CHEVAUCHURE (che-vô-chu r'), *. f. Terme de construction. Disposition de parties qui empiètent les unes sur les autres.
— HIST. xir s. [Il] prist sa chevalchure et un servant, Bois, 368. Il xiir s. Li avoirs fu moût grans, car en vindrent bien huit cens mil mars d'argent et bien dis mil chevaucheùres [harnachements], villeh. CVIIl.
— ÉTYM. Chevaucher; provenç. cavalcadura; anc. catal. caralgadura; espagn. cubalgadura ; ital. cavalcalurx.
CHEVAU-LÉGERS (che-vô-lé-jé), s. m. plur. Il l'Nom qu'en donnait à une compagnie de cavalerie composée de gens de naissance et d'honneur, qui faisaient partie de la garde du roi. Il y a eu aussi des chevau-légers de la reine, du dauphin et de Monsieur. La difi"érence ancienne des gendarmes et des chevau-légers cijnsistait en ce que les premiers étaient armés pesamment, de pied en cap, et les autres légèrement. || 2° Au singulier. Un chevau-léger, un cavalier de ces compagnies.
— HIST. xv:' s. Ne pourra aucun estre gendarme
CHE
qu'il n'ait esté archer ou cheval léger un an continuel, Ordonn. de Blois, art. 289, dans ménage.
— ÉTYM. Cheval, léger. L'orthographe devrait être chevaux-légers; l'usage du temps où cette troupe existait a supprimé l'x.
t CHËVECERIE (chè-ve-se-rie) , s. (. Qualité ou bénéfice du chèvecier.
— ÉTYM. Chèvecier.
t CHEVÊCHE (che-vê-ch'), s. f. Espèce de chouette. || Termede fauconnerie. Oiseau nocturne de proie que l'on dreose à la chasse.
— HiST. XIII' s. Dant Ysengrin en pié se drece, .S'ahiert Renart par la chevece, Del point ii donne tel bofTet, Ben. dans du cange, capitium. |i xvi' s. Hz leur engraverent sur le front des chevesches, pource que la chevesche est la marque de la monnoie d'Athènes, amyot, Pér. 6i.
— ÉTYM. Saintonge , chavèche. Chevece, dans l'ancien français, signifie tête, vêtement de tête; ce nom a pu être attribué à une espèce de chouette, ces oiseaux ayant la tête remarquable.
CHEVECIER (chè-ve-sié), s. m. Dignitaire qui avait soin du chevet de l'église, c'est-à-dire du fond de l'église depuis l'endroit où la clôture commence à tourner en rond; le même que le trésorier en d'autres églises , parce qu'il garde le trésor de l'église; il a soin aussi du luminaire de l'église. Kt son rare savoir, de simple marguiUier, L'éleva par degrés au rang de chèvecier, boil. Lut. 1. Moi, dit le chèvecier, je suis maître du chœur; qui me forcera d'aller à matines? la bruv. xiv.
— REM. L'Académie écrit chèvecier, sanr accent; cependant la prononciation n'est pas po.ssibleàmoins d'accentuer che ou de donner à cet e le son de eu.
— HIST. XV' s. Frère Guillaume, chevassier .lu sépulcre du dit moustier , du canoë , capitium. Il XVI' s. Maistre Pierre Legendre, prestre chèvecier curé de l'église Nostre Dame d'Estampes, Cousfumier gén. 1. 1, p. <46.
— ÉTYM. Ital. capicerio; baslat. capicerius et capitiarius qui est la vraie orthographe, du bas-latin capitium, chevet d'église, de caput, tête (voy. chef).
f CHEVEL (che-vèl), s. m. Terme de serrurerie. Eiau portatif.
CUEVELÉ, ÊE (cheu-vo-lé, lée), adj. Terme de blason. Tête chevelée, tête dont les cheveux sont d'autre émail ou d'autre couleur que la tête.
— ÉTYM. Cheveu.
t CHEVELÉE (cheu-ve-lée), s. f. Terme de jardinage. Quand on a couché en terre un sarment au pied du cep dans une petite rigole, en laissant deux yeux hors de terre, le proQuit de ce sarment séparé du pied-mère avec ses racines s'appelle chevelée ou marcotte.
— ÉTYM. Cheveu.
CHEVELU, UE (cheu-ve-lu,lue. Les deux e muets dans deux syllabes consécutives ne se peuvent prononcer; Rir.helet met un accent sur le premier de ces e, ce qui montre que de son temps on prononçait ché-ve-lu; aujourd'hui on renforce l'e maet, et on lui donne le son de eu), adj. [\ 1° Qui porte de longs cheveux. ClodionleChevelu. Les rois cnevelus, les rois de la première race ou méroviLgiens. Chevelu sur le front et chauve par derrière, Régnier, Sot. X. D'abord ce sont des chapeaux et puis des turbans et puis des têtes chevelues et puis des têtes rasées, fonten. Ifonrffî, ("soir. || Poète chevelu s'est d't, par moquerie, pour poète romantique, parce que, durant les querelles de l'école classique et de l'école romantique, plusieurs jeunes gens appartenant à celle-ci laissaient croître leur chevelure. Paturot, poète chevelu, heybaud, Jérôme Paturot, I, <. Il La Gaule chevelue, partie des Gaules dont les habitants portaient de longs cheveux. || Terme d'anatomie. Le cuir chevelu, la partie de la peau au-desso-s de laquelle sont implantés les cheveux et qui est traversée par eux. || 2° Poétiquement. J'ai vu la nymphe Echo porter ses doux concerts Sur les monts chevelus, sur les rochers déserts, J. B. rouss. Églogue. à lac, fils des torrents, ô Thoun, onde sacrée! Salut, monts chevelus, verts et sombre» remparts, a. chén. Élég. 4o. ||3° Comète chevelue, celle qui a une traînée de lumière diffuse. Vois l'astre chevelu, qui, royal météore.... v. Huoo, Odes, iv, n. Il 4° Racine chevelue, cellequi a un grand nombre de filaments déliés. || Plante chevelue, celle qui a beaucoup de rameaux. Les palmiers chevelus, pendant au front des tours. Semblaient d'en bas des touffes d'herbes, v. hugo. Orient, i. À travers les herbes chevelues du rocher, la lune éclairait la léte du jeune homme, chaieavb, Duthor.a, 239. j| Graine chevelus, graine qui porte une louflc <'c poils
CHE
déliés. Il S' S. m. Le chevelu, l'ensemble des divisions les plus ténues des racines, par lesquelles l'arbre pompe les sucs nourriciers. On nous a montré, en Angleterre, une espèce de cresson fort curieux; il porte plusieurs chevelus dans ses cimes; lorsque ceux qui se trouvent à l'une des extrémités de la masse sont assez longs pour atteindre au fond de l'eau, ils y prennent racine, chateaob. Génie, i, V, H.
— HIST. xii's. Il n'i fistjoie necheveluz ne chauz [chauve], Ronc. p. U9. ijxui's. Se vou?;viés passé le flum Jotdain, vous n'i atenderiés ne cauf ne kevelu, Chr. des Raiiis, '203. Il n'i remest ne bons ne maux Fors eulx, ne chevelox ne caui [chafve], Ren. (2672. Il XVI* s. Par l'espaisseur des forets chevelues, DUBELL. II, )3, recto. Allez, filleE de la N jict. De longs serpens chevelues, id. ii, 43, recto En d'aucuns endroits, la vigne donne des chevelues et des margoutes dont on tire de l'argent par chacun an, o. DE SERRES, M5. On attend à y mettre la cracete ou la chevelue, après en avoir universellement desrompu le fonds, id. 159. Autant se fasche le chevelu comme le chauve qu'on luy arrache le poil,
— ÊTYM. Cheveu ; espagn. cabelludo; ital. capelluto. CHEVELURE (cheu-ve-lu-r'; voyez à chevelu, la
remarque sur la prononciation ; Richelet écrit chevelure), s. f. I! 1° L'ensemble des cheveux. Avoir une belle , une longue chevelure. Il n'y avait autrefois que les rois de France qui eussent droit de chevelure, thiehs, llist. des perruques, ch. ii, dans RICHELET. Moi aussi, j'ai eu la physionomie dévastée et une chevelure renouvelée des rois mérovingiens, HEYBAUD, Jér. Paturot, 1, t. Grands mâts rompus, traînant leurs cordages épars. Comme des chevelures, v. hugo. Orient. 2. || Enlever la chevelure, seditdes sauvages del'Amériquedu Nord, qui enlèvent une portion du cuir chevelu d'un ennemi vaincu et en font un trophée. Ontalissi et Miscou qui ont enlevé plus de cent chevelures aux héros Muscogulges, ciiATEAUB. jKaio, 2U. || 2° Par analogie et poétiquement, la feuillage des arbres. La verte chevelure du pin. Les arbres ont perdu leur chevelure verte, godeau, dans richelet. || 3° Terme d'astronomie. La chevelure d'une comète, traînée de matière lumineuse et diffuse qu'elle emporte avec elle. Une comète dont la chevelure menace la terre, BALZ. Socr. chrétien, dise. iO. || La Chevelure de Bérénice, constellation de l'hémisphère septentrional. Il 4° Terme de botanique. Espèce d'aigrette formée par un faisceau de poils longs et mous qui couronnent certaines graines, et qui est inhérent à la tunique propre. || Touffe de feuilles qui couronne i'ananas.
— HIST. XI' s. [Il] tranche la coife et la cheveleûre, Ch. de Roi. eu. || xii" s. Sa cheveleare bloie, Ses blansdois Ions et traitis. Coud, p. (20. || xiii' s. C'est une chose moult plaisant Que biauté de cheveleûre, la Rose, <3786. || xvr s. Hérissant sa chevelure, DUBELL. m, 78, recto. La vigne sera tous-jours propre à planter, pourveu qu'elle aie belle chevelure [racines], o. de serres, <89.
— ÉTYM. Picard, carelure; Berry, cheverlure; provenç. cabelladura; ital. capellatura; du latin capillatura, de eapillus, cheveu (voy. cheveu).
tCHEVER (che-vé), v. a. || 1" Creuser une pierre précieuse par-dessous, pour affaiblir la couleur lorsqu'elle est trop forte. || i' Rendre concave une pièce de métal, jj 3°Kaire subir au verre le chevage. Vwres chevés, verres pour montres et pendules.
— HIST. XIII* s. Prestre Martin se porpensa, Qu'une grant fosse chevera, Ren. 7408. || xvi« s. Nul ne peut chpvor ne faire entreprinse sur la chausseure [chaussée] d'icelle ville, Coustumier gén. i. i,p. 528.
— ÉTYM. Chever, ancienne forme de caver (voy. ce mot).
CHEVET (che-vè; le { ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : les che-vè z et...; chevets rime avec traits, succès, jamais), s. m. Il l" Partie du lit où l'on met la tête. Pecquet était au chevet de mon lit [me soignait] pour un épouvantable rhume, sÉv. 28. Mme de Mouchi est à son chevet, m. 389. || Poétiquement. Dans mon réduit où l'on voit l'indigence Sans m'éveiller assise à mon chevet, bérang. Dieu des bonnes gens. || 2" Sorte d'oreiller allongé qui se met à la tête dulit, autrement dit traversin. || Kig. Il a trouva cela sous son chevet, il l'a rêvé, imaginé ou inventé. Allons sur le chevet rêver quelque moyen, corn, le Ment, tu, e.jjÉtre brouillé avec le chevet, ne pouvoir s'endormir, avoir des insomnies. Je croyais qu'il n'y eût que les amants qui fussent brouillés avec le chevet. Femme poussée à bout, comédie, dans le roux, Vict.com. || Droit
CHE
de chevet, certaine somme qu'un officier des compagnies supérieures payait à ses confrères quand il se mariait. || 3° Êpée de chevet, poignard que l'on tenait, la nuit, à sa portée. || Fig. Toujours de l'argent! Voilà leur épée de chevet, de l'argent! mol. l'Av.iw, 5. Il Livre de prédilection, celui qu'on lit avant de s'endormir. L'Iliade d'Homère était l'épée de chevet d'Alexandre. || 4° Tout ce qui sert à appuyer la tête pendant le sommeil. Un sac de blé lui servait de chevet. || Fig. L'insouciance est, en quelques circonstances , le meilleur des chevets. Il 5° Partie qui termine le chœur d'une église où est l'autel, où se célèbrent les mystères, et qui est souvent plus élevée que le reste. || 6° Rebord de plomb, qu'on met aux chéneaux d'un toit, près de la gouttière, pour empêcher que l'eau ne s'échappe. Il Lit ou mur d'un filon. || 7° Terme de marine. Garniture pour garantir du frottement. |{ Terme d'artillerie. Coin de bois propre à faire varier l'inclinaison du mortier. Gros billot de bois qui, placé sous le derrière de l'affût d'un canon, en soutient la culasse.
— HIST. XIII* s. Et soit li caves du lit haus et bien couvers de dras, alebrant, f" 7. Lors se torna Merlins lez le chevez, et li conseille moult bas en l'oroille, MERLIN, f-' 70, verso. Desos le chevès à l'enfant, Grégoire le Grand, p. 2?. Monte au chevaisà destre main. Où gist le corps de St. Romain, du GANGE, capitium. Que Herodefist martirer. Le chevet [tête] k glaive trancher, id. ib. Et se il ne se piieent concorder, li vallés puet aler en la place au chevet Saint-Gervais, devant la meson la converce, Livredes met. 1 32. Frère Yves trouva un livre au chevès du lit au vieil, JOINV. 260. || xiv* s. Vostre ymage richement parée et mise haut du chevet de mon lit, macuault, p. 144. Il XVI* s. Le triumvirat, estant de retour au camp, haussa le chevet à leurs demandes [les rendit plus exigeants], d'aub. Hist.i, (42. 11 les mettoit la nuict dessous son chevet de hct avec quelques autres armes, iD.it. i, 337. Point qui, depuis Philippe de Commines, n'a esté gueres bien connu par ceux qui ont écrit, pour n'avoir pas fait leur chevet au pied des rois, comme lui et moi, m. ib. ii, 346. Portant quelques chevets de licts sur les murailles, où ils sejournoient jour et iiaict, id. ib. n, 44) . Elle prend son arc turquois. Recoiffe sa tresse blonde. Met pour chevet son carquois. Puis s'endort au bruit de l'onde, rons. 433.
— ÉTYM. Picard, eavet. La forme régulière est l'ancienne forme chavais ou chavès, de capitium signifiant dans le bas- latin chevet d'église, et dans le latin classique vêtement couvrant la tête, et qui, ayant l'accent sur p<t , donne régulièrement e/iei!ots; la finale atium, itium donnant d'ordinaire as, ais, es. Chevet, diminutif de c/w/", signifie proprement tête, et a été assimilé par confusion à chevais.
i CHÈVETEAU (chè-ve-tô), s. m. || 1" Dans un moulin, grosse pièce de bois, sur laquelle tourne le tourillon de l'arbre. || 2" Terme de charpenterie. Solive d'enchevêtrure.
— ÉTYM. Chevet.
CUKVËTOE (che-vê-tr'), s. m. \\ i° Licou. Chevêtre de cuir. |1 2° Terme de chirurgie. Bandage que l'on emploie pour maintenir réduites les fractures et les luxations de l'os maxillaire inférieur. || 3° Terme de charpenterie. Pièce de bois dans laquelle on emboîte les soliveaux du plancher. || Terme de serrurerie. Barre de fer servant de soutien.
— HIST. xt* s. Les altres quatre [chevaux] chaceûrs e palefreiz à freins et à chevestres. Lois do Guill. 22. Il xii's. En cheveslre et en frain lur maix«le3 [des chevaux] cunstrain [contrains, à l'impératif]. Liber psalm. p. 39. || xin*s. Cordier de Paris si soiit quite pour les chavestres que il doivent ans soumiers lou Roy, Liv. des met. 291. Ne pues-tu pas trover à vendre Ou hars, ou cordes, ou chevestres? la Rose, 8779. Li mondes nous assaut à destre et à senestre ; Et deables chevauchent sans frein et sans chevesire, J. de meung. Test. 1428. || xv* s. Lors se leva la roine et fit lever les six bourgeois [de Calais] et leur ester les chevestres d'entour leur cou.... FROiss. 1,1, 324. Un suaire sur son braz, le chevestre au coul et le coustel au poing, al. chart. l'Espérance. Ma chère dame, j'ay un maistre. Un grand bourgois sy mal chevestre, Que je ne puys à
lui durer, Mir. de Ste Genev. |i xvi* s L'enferme
et clost : et du rude chevestre Lye son col, qui n'a mérité d'eslre Ainsi traicté, marot, iv, 46. Il va prendre le chevestre de son mulet, qui estoit de cordes, lequel il vint approprier au col de sa femme, YVER, p. 647.
— ÊTYM. Provenç. cabestre ; espagn. cabestro; ital. capes Iro ; du latin capistrum, de capere , prendre (voy. capable).
CHE
tCKEVÊTRIER (che-vè-tri-é) , s, m. Pièce qui sert de support à un tourillon. || Solive d'enchevêtrure.
— ÉTYM. Chevêtre.
CHEVEU (che-veu; le pluriel cheveux se prononce che-veù, c'est-à-dire le singulier comme feu, et le pluriel comme feux), s. m. \\ 1° Poil particulier à la partie de la peau qui recouvre le crine dans l'espèce humaine. De beaux cheveux. Des cheveux bouclés. Touffe, poignée, boucles, tresses de cheveux. Cheveux d'ébéne. Fin comme un cheveu. Les cheveux comme les ongles n'acquièrent de l'accroissement que du côté de la racine. Les Gaulois portaient de grands cheveux; mais quand la monarchie française fut bien établie, les Français les portaient courts, et il n'y avait que les rois et les princes du sang qui les portassent longs, thiers, }list. des perruques, ch. II, dans richelet. Les ridicules aventures D'un amoureux en cheveux gris, MALH. III, 3. Je sais que les uns lui mettront, Comme à toi, les rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même outrage qu'à tes cheveux, id. iv, te. Ils récitent force prières, ils portent les cheveux courts, desc. Pass. (90. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes, RAC. Mithrid. ni, 5. Quelle importune main, en formant tous ces noeuds, A pris soin sur mon front d'assemblermescheveux?iD. P/iédre, I, 3. Et qu'une main savante avec tant d'artifice Bâtit de ses cheveux l'élégant édifice, boll. Sat. x. J'aime en lui ces cheveux tout couverts de lauriers , corn. Sertor. II, (. Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honneur, in. Cid, m, 6. || Familièrement. Il ne lui a pas touché un cheveu, se dit pour exprimer qu'il n'a pas porté sa main sur lui ou sur elle, soit pour battre, soit pour faire quelque tentative trop libre. Il C'est la sagesse qui lui a fait tomber les cheveux, se dit par antiphrase de quelqu'un qui a perdu ses cheveux pour n'avoir pas été suffisamment sage, réglé dans sa conduite, à cause qu'une opinion vulgaire attribue aux excès une calvitie prématurée. C'est mon avis, moi de qui la sagesse A fait tomber tous les cheveux, bérang. Mes cheveux. \\ Être coiffé en cheveux, n'avoir pour coiffure que ses cheveux arrangés de telle ou telle façon. Dans le mémo sens, être en cheveux. On dit aussi, sans le verbe être: Cette femme ne se tient pas bien, elle sort en cheveux. Il Faux cheveux, ceux qui ne tiennent pas à la tête, mais qui y sont apphqués en tresses, tours ou perruques. |I Tour de cheveux, bandeaux de faux cheveux que les femmes portaient par devant en place des leurs. || Se prendre aux cheveux, se dit de gens qui, dans une rixe, se saisissent par les cheveux, lisse prennent, ils se tiennent aux cheveux. Il Fig. Se prendre aux cheveux, discuter avec une grande animosité. Les mères, les maris me prendront aux cheveux. Pour dix ou douze contes bleus, LA FONT. Oies. Il Prendre une occasion aux cheveux, ne pas la manquer. C'est une occasion qu'il faut prendre vite aux cheveux, mol. l'Av. i, 7. Locution qui vient de ce que les anciens représentaient l'occasion chevelue par devant et chauve derrière; lorsqu'on l'avait laissée passer, on ne pouvait plus la saisir par les cheveux. || S'arracher les cheveux, arracher ses cheveux; et fig. être en proie à un violent désespoir. Livré au désespoir, il s'arrache les cheveux , FÉN. r^/. XIV. || Faire dresser les cheveux à la tête, ou, simplement, faire dresser les cheveux, faire horreur. Les cheveux me dressent à la tête, je suis saisi d'horreur. Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux, bac. Phèd. iv, o. Des passages qui font dresser les cheveux à la tête des simples, pasc. Prov. I6. Une terreur qui me fit dresser les cheveux, J. J. Rouss. Ém. ii. Dans le songe d'Énée, le silence d'Hector, son soupir suivi du : (uge. eripe flammis, font dresser les cheveux sur la tête, chateaub. Génie, ii, v, U. || Familièrement. Il ne s'en faut pas da l'épaisseur d'un cheveu, il s'en faut très-peu. Vendôme, après avoir mis le roi d'Espagne à un cheveu de sa perte, manqua encore de finir la guerre d'un seul coup, en détruisant l'armée 'de Staremberg, st-sim. 283, (00. Il Fendre, couper un cheveu en quatre, subtiliser. Je l'ai dit du duc de Chevreuse, je le répèle ici do ce chancelier [d'Aguesseau], il coupait un cheveu en quatre, st-sim. 453, (23. || Raisonnement tiré par les cheveux, raisonnement forcé, péniblement déduit. Il y a d'autres figures qui semblent un pe\i tirées par les cheveux, pasc. Fig. (O. C'eût été trop tirer les choses par les cheveux, Boss. Lett. quiét. 97. Il Populairement, avoir de beaux cheveux sa dit ironiquement pour être dans une position uu un état misérable, même en pariant des choses.
CHE
Il 2" S. m. phtr. Tormo de botanique. Cheveux d'évêqiie, la raiponce. H Cheveux de Vénus, l'adiantB de Montpellier. || Cheveux de la Vierge, plusieurs «sprces de by.s.sus et aussi la fleur de la viorne. Il Cheveux de la Vierge, se dit quelquefois improprement pour fils de la Vierge. || Cheveux de paysan, chicorée sauvage nommée à Paris barbe de capucin. Il S» Cheveux d'ange, espèce do confiture décorée do citron ou de cédrat. || 4° Terme de marine. Lever une ancra par les cheveux, la lever à l'aide de son orin. || Proverbes. Tous nos cheveux sont comptés, c'est-.Vdire la Providence a soin des moindres choses q>ii nous regardent. || On ne peut prendre un homme rasé aux cheveux, on ne peut rien prendre à qui n'a rien.
— HIST. XI* s. Jusqu'à la terre M chevoel lui balient [balayent] , Ch. de «ol. Lxxvi. [Kilo] trait ses chevels, si se clame chetive, t*. ci-xxxiv. || xii's. Et la roïne qui ot les chevolsblons, ib. p. 1)6. Très qu'es chevols li est li brans couru, ib. p. <*5. Elle comence ses cheveuz à tirer, *. p. t7<. [Dame] Bêle et gente et avenant, Chcveusblons, sourcisplaisans. Coud, p. 123. Rogiers del Punt i'Evesque n'i pout 6un quer [cœur] celer : Thomas, Thomas, fait-il, mar m'i faites passer ; X vostre chief ferai mal che- Tex atorner, Th. lemart. 133. Cil comença à pen- Bier à son aage, à ses cheveus qui estoient chanu, Machab. ii, ch. 8. || xiii's. Et les cheveus plus blons que onques n'eut Helaine, Berte, L. Mainte paume batue, et mains cheveus tirés, ib. cxxxii. S'il nel veut reprendre [l'amour], Por ce ne l'irai-je pas prendre Par ses biaus chevex.... Lai de l'ombre. Moult fort commence à sopirer, Et ses cevols à délirer, Ren. 12406. Ysengrin l'ot en grant despit. Et sa force prisa petit, Ainz n'i daigna oster cheyoil, ib. 14617. Si cheveul tuit de.strecié furent. Et espandu par son col jurent [furent gisants], la Rose, mo. Detouailles [toiles] sont entorteillées leur testes [des Bédouins], qui leur vont par desous le menton, dont ledes gens et hydeuses sont à regarder; car les cheveux des testes et des barbes sont touz noirs, JoiNV. 230. Il XV" s. Tous les cheveux de la teste lui churent, froiss. u, ii, 70. Vous seriez plus chetif en ce pays, ni de tous vos conquests nous ne donnerions quatre cheveus, ]D. II, III, 39. Elle fut guidée en la chambre où son serviteur estoit, qui voulentiersla vit en cotte simple et en cheveux, louis xi, Noun. xxxvii II XVI' s. Prenons l'heure aux cheveux, l'homme rappelle en vain La sourde occasion alors qu'elle est absente, dubeCl. m, 6l, recto. Comme l'autonna saccage Les verds cheveux du boccage, id. m, 77, reclo. Quelques uns les tordans h. force, et les tirans, comme l'on dit, par les cheveux, en expositions allégoriques.... amyot, Comm. lirelcs ■poët. )3. Il fit dresser les cheveux à la teste des capitaines et soldats qui le visitoient, en leur confessant.... d'aud. Vie, XXI. Ce méchant lui fit donner du poison dans un potage, qui lui fit faire 80 selles dans un jour, tomber les cheveux et peler la peau, id. ib. xxxvi. Au fort du combat il prit son espée de la main gauche pour sauver un bracelet de cheveux de sa maistressa qui estoit attaché à ce bras, id. ib.XLV. Ils saisirent cette occasion aux cheveux pour charger leur ami de divers projets qu'ils avoient formez, id. t(». lui. Cheveux-de-Venus, d'autant que ceste herbe embellit les cheveux; et parce que les anciens peignoient leur déesse Venus avec belle chevelure, ce mot de Venus y est ajousté, o. de sEKRf;s, on. Cheveul en teste ne luy tient, pons. 47).
— ÉTYM. Wallon, chevè; namur. chefia; picard, cavie»; provenç. cabelh; catal. cabell ; espagii. cabello; ital. capello; du latin capiliui, cheveu. Dans le vieux français, nominatif singulier cheveli, cheveus , régime chevel.
t CHEVErU, s. m. Ouvrier qui chève le verre.
fCIIEVILLAGE (clie-vi-l!a-j' , H mouilbes), .«. m. L'ensemble des chevilles d'un ouvrage. || Adion de cheviller.
t CHEVILLA Kn ( che vi-llard. Il mouillées), s. m. Boucherqui vend à la cheville.
CHE'VILLE (che-vi-U', i< mouillées, et non chevi-ye), s. f. || 1° .Morceau de bois ou de fer court etarrondi.donton se sert pour boucher, ou assembler, ou accrocher. Cheville de bois, de fer. Planter, ficher une cheville. || On dit d'un bâtiment qui est achevé, qu'il n'y manque pas une cheville. || 2° Cheville ouvrière, grosse cheville qui joint l'avant-train avec le train de derrière d'une voiture. {| Kig. Cheville ouvrière, l'agentpnncipal, indispensabled'unechose.ll En termes de marine, cheville ouvrière, lige de fer qui traverse le chissis de l'alTiU d'une caronade ainsi que le pilon de sabord. || 3° ChevUle à tourniquet, b!\ton quon passe dans une corde et dout o i fait une es-
CHE
pèce de tourniquet. |1 4° Petite pièce de bois ou de métal qui sert à tendre les cordés d'un violon, d'une guitare, d'une harpe, d'un piano. Tourmenter ses chevilles, ou les chevilles d'un violon, se dit d'un joueur inhabile qui ne sait pas bien s'accorder ou qui est obligéde s'y reprendre à tout instant. HB" La cheville du pied, saillie des os de l'articulation du pied, formée en dedans par le tibia, en dehors par le péroné. || Fig. Il ne lui va pas à la cheville, c'est-àdire il lui est trÈs-inférieur. Je répondis au P. Letcllier que je n'avais jamais cru nos ducs aller à la cheville du pied d'un comte d'Orient [empire de Constantinople], st-sim. 360, (28. || 6° Fil de métal qui traverse les chamons d'une charnière. || Pièce d'une presse d'imprimerie. || Sorte de grand clou de fer. Il 7° S. f. plur. Terme de vénerie. Andouillers qui sortent des perches de la tête du cerf, du daim, du chevreuil. || En termes de blason, ramures d'une corne de cerf. || S" Atteler en cheville, atteler un cheval devant un limonier. || Aux jeux de l'hombre, (lu quadrille et du tri, être en cheville, n'être ni le premier ni le dernier en carte. || 9° Vendre à la cheville, revendre en gros et en demi-grosla viande dépecée : expression en usage parmi les bouchers de Paris. On dit dans le même sens commerce à la cheville. Locution tirée de ce que la viande était accrochée à des chevilles. |I 10° Fig. Terme de littérature. Toute expression qui, inutile à la pensée, ne sert qu'à tenir une place dans la phrase ou dans le vers. Cette épithète est une cheville. Vers remplis de chevilles. Cheville! redondance inutile! J. J. bouss. Ém. II. Il Par analogie. C'est une cheville très-inutile que l'énoncé qu'il [le cardinal de Bouillon] fait que le roi est grand maître de l'ordre, st-sim. 279, 27. Il Proverbes. Pour un trou il a vingt chevilles, c'est-à-dire il est plein d'expédients. || Autant de trous, autant de chevilles, et autant de chevilles que de trous, autant de reproches, autant de raisons et d'excuses. || Le voilà bien, il ne lui faut plus qu'une cheville pour le bien tenir, se dit d'un homme que la fortune a mis dans un bon poste.
— HIST. XIII' s. Il ostent la cheville , n'i font delaiement, Berfe, xcv. Et se il i a un nuef fust où il i ait neu fort, il i puet ferir une cheville sans meffet, Liv. des met. (03. Nus seller ne puet mètre sele à fenestre, bas ne haut, seur voie, se n'est à cheville, Liv. des met. 2tl. Ou sur charbons ou sur greïlles. Ou tournoies à grans chevilles, Comme Ixion à trenchans roes, la Rose, (9478. Cil qui lo tient à louage [le moulin], sans depecier etapeticier le loier, doit livrer quevilles, fuisiax, aubes et teles menues cozes, beaum. xxxviii, 17. N'i out keville ne closture Ke ne fut tute d'ebenus, marie, Gugemer. Si les couchent sur leur costez et leur mettent les jambes parmi les chevilles dedans [sorte de punition] , joiNV. 243. Les bendes sont de fer, et roifies les chevilles, Ch. d'Ant. Compl. (07. ||xv's. En ce parti que je vous di furent les François.... et se tinrent tout cois es marais et en la bourbe et ordures jusques aux chevilles, froiss. ii, ii. (83. Adonc se releva un des deux; et prit les clefs de la porte qui pendoient à une cheville, id. ii, ii, 99. S'entredonnerent telz coups que toute la vallée en retentist; mais à Lyonnel mal en prit, tellement que les chevilles de sa selle rompirent; si fut renversé par terre, Perceforcst, t. m, f» 90. Vous cuidez bien, par vos engins, Â tous pertuis trouver chevilles, Cil. d'orl. yiondeau. Il xvi's. Ils poulsoient et chassoient hors du siège impérial les empereurs les uns par les autres, ne plus ne moins qu'une cheville chasse l'autre, amyot, Galba, 2. L'os de la jambu de sa partie intérieure fait la malléole interne, autrement dit la cheville, pariî. iv, 36. Je trouveray autant de chevilles que tu trouveras de pertuis, GftNiN, Récréai, t. ii, p. 241. Faire compter les chevilles [faire attendre quelqu'un longtemps dans une chambre], «ui'W de Straparole, t. 11, p. 228, dans lacurne. Pendre son manteau à faible cheville, COTGRAVE. Des santez vigoreuses , les mortelles maladies; ainsi des rares et vifves agitations de nos âmes, les plus excellentes manies et plus destracquées ; il n'y»a qu'un demi tour de i.heville à passer de l'un à l'aultre, mont. 11, 214.
— ÉTYM. Picard, keville; provenç. caviUa; portug. cavilha; ital. cavicchia, caviglia, caviahio, caviglio ; du latin clavicula, petite clef, d'oii cheville, diminutif de clavis, clef (voy. clef), transformé par les langues romanes en clavicla , el , çat euphonie, cavicla.
CHEVILLÉ, f:E (che-vi-Ué, liée, Il mouillées), part, passé. |l 1° Navire solidement chevillé. || Fig. Avoir l'.irne chevillée dans le corps, résister aux blossuips, aux maladies les plus grave.-.. || 2" Terme
CHE
de botanique. Oui a la forme d'un clou. || 8* Terme de manège. Cfieval chevillé, cheval dont les épaules sont trop serrées. || 4° Terme de vénerie. Une tête de cerf qui a beaucoup de bellrs pointes, se nomme une tête bien cheviliu. || Tunue de blason. Garni d'andouillers. Il porte d'azur à deux bois de cerf, chaque branche chevillée de six pièces d'argent. Il 5° Fig. Rempli de chevilles, c'est-à-dire de mots inutiles, mis uniquement pour faire le vers ou arrondir la phrase. Que dites-vous de ces vers chevillés. De ces discours ob.scurs, entortillés? j.B. Rouss. dans le iHn. de dochïz.
1 . CHEVILLER (che-vi-llé, Il mouillées, et non che-vi-yé), v. a. || 1° Assembler avec des cheville». Cheviller une porte. || 2° Fig. Cheviller des vers, y faire entrer des mots inutiles. Ce beau nom de machine ronde. Que nos flasques auteurs, en chevilvillant leurs vers. Donnaient à l'aventure à ce plat univers, VOLT. ÎÉp.xxxix. || Absolument. Maisce n'est rien auprès des versificateurs; Le dernier des humains estcelui qui cheville, A. de musset , .4prc« un* lecture. || 3° Tordre la soie pour qu'elle se décolle.
— HIST. xnr S. Mairien kivilliet, tailliar, Becuei7,p. 482. Les eschielessont faites grans et bien cheviilites, H. de valf.nc. xxxv. Il est cheOz enz el broion [piège]. Qui chevilliez fu el roion, Renarl, (2726. Planches bien chevillées, jomv. 26o.|| xiv'.s. Ceste roys [ce rets] est quevillée en telle manière qu'elle est plus longue que large, Uodus, ^cxxx, ter«o. Il XVI' s. Il y en a [des sorciers] qui empeschent que l'homme n'a rendu son urine, ce qu'ils appellent cheviller, pabé, xix, 32.
— ÉTYM. Cheville; provenç. coriUar; portug. cavilhar.
t 2. CHEVILLER (che-vi-llé. Il mouillées),*, m. La partie d'un instrument à cordes où les chevilles sont fixées.
— ÉTYM. Cheville.
t CHEVILLETTE (che-vi-llè-f, U mouillées), î.^. Petite cheville. || Broche de fer dont se servent les charpentiers. || Morceau de cuivre plat et troué dont le relieur se sert pour attaquer les nerfs des livres. Il Clef de bois des anciennes fermetures. Tire la chevilletle , et la bobinette cherra [tombera] , Conle du petit chaperon rouge.
— ÉTYM. Diminutif de cheville.
t CHEVILLEUR (che-vi-llenr, Il mouillées), î. m. Nom qu'on donnait à des sorciers qu'on prétendait capables de nouer l'aiguillette.
— HIST. xvi* s. Pierre Masse du Mans a escrit de l'imposture et tromperie des diables, devins, enchanteurs, sorciers, noueurs d'eguillettes, chevilleurs.... et autres qui par art diabolique, aris magiques et superstitions abusent le peuple, dl'
VERDIER, Biblioth. p. (025, dans LACDRNE.
— ÉTYM. Cheviller.
t CHEVILLIER (che-vi-Ilé, Il mouillées), *. jii. Cheval qui est placé en cheville.
-[ CUEVILLIÈRE (che-vi-llô-r'. Il mouillées), s. f. Terme de commerce. Rubans grossiers de fil roux.
I CHEViLLOIR (che-vi-lloir, Il mouillées) , i. m. Instrument qui tient au métier à fabriquer des étofi'es de soie.
t CHEVILLON (che-vi-Uon , H mouillées), s. m. Il 1° Bâton à l'usage des tourneurs et des ourdisseurs. Il 2° Terme de marine. Morceau de bois qui sert à lancer les manœuvres.
— ÉTYM. Cheville.
f CHEVILLOT (che-vi-Uo, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Grosse cheville de bois dur tourné.
— ÉTYM. Cheville.
t CHEVILLURE (che-vi-Uu-r', ii mouillées), s. f. Terme de \énerie. Andouillers de la perche du cerf, du daim et du chevreuil.
— ÉTYM. Cheville; provenç. cavilladura.
f CHEVIN (che-vin), t. m. Voy. chevanne.
f CHEVIR (che-vir), t'. n. Disposer de quelqu'un, en venir à bout. Cet enfant est si malin qu'on ne peut chevir de lui. Nous ne saurions en chevir [d'un chien], MOL. Festin, iv, 3. || Terme d'ancienne coutume. Traiter, composer, capituler.
— HIST. XII' s. Et nus et nostre cause contre li [il] maintiendra. Et, s'en vus ne remaint, très bien la chevira. Th. le mari. (S3. || xiu' s. Si vous [je] pri donques qu'il en isse [de prison] Et de la besoigne chevisse, la Rose, (5260. Gentil homme, li quel ne se mellent pas de marceander, ançois se cevissent de lor héritages, qu'il tienent en franc fie! du signeur, beauman. iv, (4. Li soudans de Hamant ne se sot comment chevir du soudanc de Babiloine [le Caire] , Jomv. 2 1 3. 1] xiv s. Mais qui a de l'argent toujours a bien chevi, Guescl. (8(18. Un potu'e homme ilom.-înilc coni i^en' il se porr;i chevii de
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leus [loups], de quoy il y a tant en son pays qu'il/. lui détruisent toutes ses bestes, Itodus, f" lxx. Il XV' s. Pour avoir conseil comment il se [louvoit chevir de ceste aventure, Fnoiss. i, i, (oo. || xvi's. 91 les choses se rendent à nostre merci, pourquoi n'en chevirons-nous? mont, i, 294. Ses créanciers vindrent crier après luy, et l'importuner pour estre payez sur son partement; et ne pouvant chevir à eux, il fut contraint de recourir à Crassus, amyot, César, <3. Concluant h despescher vers le grant maistre, lui oster l'espoir de secours, l'avertir de composer et chevir comme il pourroit, d'aub. //ist. I, »44.
— ÈTYM. Che^, bout; chevir, c'est proprement venir à chef, à bout. Wallon , chèvi, chercher, chèvihant, entreprenant, actif.
CHËVRE (chè-vr') , s. f. \\ i' La femelle du bouc, animal agile, aimant à grimper, à sauter. Le lait de la chèvre. Sauter comme une chèvre. Un ver, uns fourmi, Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi. Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme? oui sans doute, DOIL. Sat. VIII. Dès que les chèvres ont brouté. Certain esprit de liberté Leur fait chercher fortune, LA FONT. Fabl. XII, 4. || Ménager ou sauver la chèvre et le chou, c'est-à-dire se comporter entre deux personnes qui sont divisées d'intérêts ou de passions, de manière à n'indisposer aucune d'elles. [[ Vin qui fait danser les chèvres, vin âpre et acerbe. {| Familièrenient. Prendre la chèvre, se choquer, s'irriter sans raison. Ils sont prompts à prendre la chèvre, ré- GNIEB, Sat. xm. Et n'est Job, de dépit, qui n'en eût pris la chèvre, id. Sat. x. D'un mari sur ce point j'approuve le souci ; Mais c'est prendre la chèvre un peu bien vite aussi, mol. Sgan. t2. Notre accueil t'a fait prendre la chèvre, id. Bourg, m, iO. On vient civilement pour s'éclairer d'un doute, Kt Monsieur prend la chèvre, il met tout en déroute, re- GNARD, le Joueur, m, 40. Elle est prompte à prendre la chèvre, dancourt, le Chevalier à la nwde, lu, t. Prendre la chèvre, c'est se faire chèvre, avoir un caprice ; l'italien dit d'une façon analogue pigliar la monna, prendre la guenon, pour s'enivrer. Il Barbe de chèvre , barbe qu'on laisse venir au menton et qui a de la ressemblance avec celle d'une chèvre. || Barbe de chèvre, espèce de spirée, plante. || 2° L'étoile principale ou Alpha du Cocher est nommée vulgairement la Chèvre. J'ai vu la Chèvre. La Chèvre était cachée. || La chèvre Amalthée, constellation de l'hémisphère septentrional. Il 3° Pied-de-chèvre , levier de fer dont une extrémité est taillée en pied de chèvre. || 4° Machine qui sert à élever des fardeaux considérables et qui est composée de trois longues pièces de bois réunies en leur sommet et formant sur le sol un triangle plus ou moins large qui est la base de la machine. Au haut est accrochée une poulie sur laquelle passe une corde qui vient s'enrouler sur un cabestan fixé au bas de la chèvre. C'est cette corde qui élève les fardeaux. || 5° Dans les moulins à soie, la chèvre est un instrument qui sert à tenir la fusée. |{ 6° Table à trois pieds pour faire des fromages. || Support sur lequel le charron pose les pièces de bois qu'il veut scier. || Terme de pêche. Pieux sur lesquels on pose les rets. || Proverbes. Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute, c'sst-à-dire il faut s'accommoder de ce qui nous lie, de ce qui ne peut être changé dans notre situation. || Cela est lié comme crottes de chèvre, se dit d'un discours, d'une conversation sans liaison et sans suite. || La chèvre a pris le loup , se dit de ceux qui , pensant prendre ou tromper des gens plus faibles ou plus simples qu'eux, demeurent pris eux-mêmes. || Il serait amoureux d'une chèvre coiffée, c'est-à-dire c'est un homme qui s'éprend de toutes les femmes, quelque laides qu'elle soient.
— HIST. XII' s. E aspre haire aveit de piel de chievre gros, Th. le rriart. t02. || xni' s. Dont veissiés ribaus et garchons et à piet et à cheval espandre parmi Biauvoisis, et chevaus et liievres et paysans amener en l'ost, dehors Gisors où on estoit logiet, Chr. de Rains, et. Se je baille mes chievres à loage en garde, et larrons les emblent sanz la colpe à celi qui les garde, Liv. de just. )7i . || xv' s. Tant grate chèvre que mal gist, vill. Bail. || xvi' s. Ny dessous moy, pauvres chèvres chetives. Plus ne paistrez le trèfle fleurissant, marot, iv, 7. L'aigle est représenté emportant à la chèvre morte [sur son dos] vers le ciel ces âmes déifiées, mont, ii, 269. J'en ay veu prendre la chèvre, de ce qu'on leur trouvoit le visage frez, id. iv, U2. Un moins rusé en eust pris la chèvre; mais l'admirai.... d'aub. Hist. 1, 88. [Les François etc.] ont les yeux de chèvre, ou tannés, PAïÉ, Introd. 7. Seulement quelque peu
de foin donne-on aux chèvres preignes les plus avancées, o. de serres, 327. X la chandelle la chevra semble demois'dle, le roux de lincy, t. i, p. i04. C'est un donneur de chievre à moytié [c'est un donneur de bourdes; voy. canard], id. ib. Quand la chèvre .saute au chou, le chevreau y saute itou, id. ib.
— ÊTYM. Berry, c/iicure, chieiibe , chievre , chieuvre ; picard, cape, cabe , cabre, kève , kèvre ; provenç, et espagn. cabra; ital. capra; du latin capra, chèvre, caper, bouc; grec, xànfoi;; ancien Scandinave, hafra.
CUEVKEAU (che-vrô), s. m. Le petit d'une chèvre. Les chevreaux et leur mère. Moi, je me plais auprès de mes jeunes chevreaux; Je m'occupe à leurs jeux, j'aime leur voix bêlante, A. chénier, Idylle.^, Liberté. Il 2° Peau de chèvre ou de chevreau préparée. Gants de chevreau. || 3° S. m. plur. Terme d'astronomie. Petite constellation placée dans celle du Cocher.
— HIST. xiii* s. Les chevaliers de nostre bataille chassoient une beste sauvage que l'en appelle gazel, qui est aussi comme un chevrel, joinv. 287. Quant Thobie, qui Dieu nule foiz n'oblioit, Entendi d'aventure le chevrel qui crioit, j. de meuno, Tent. 4(54. Il xiv s. Quartier de chevrel est meilleur que aignel, ilénagier, ii, 4. || xvi* s. De moy auras un double chalumeau.... Lequel à peine ay eu pour un chevreau, MAROT, III, 286. La chevre chevrota quelque temps après un chevreau qui avoit la teste de figure humaine, PARÉ, XIX, 20.
— É TYM. Diminutif de chèvre; provenç. cabrel. CHÈVREFEUILLE (chè-vre-feu-U', /i mouillées,
et non chè-vre-feu-ye), s. m. Arbrisseau grimpant, à fleur odoriférante (io/iicera caprifolium , L.).
— REM. Mme de Sévigné écrivait chèvrefeuil : Tout est plein de chèvrefeuils, 143. Boileau aussi : Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, Ép. xi.
— HIST. xm" s. D'euls deus fu il tut autres!, Cume del chevrefoil esteit Ki à la codre [coudrier] se preneit, MARIE, Chèvrefeuille.
— ÉTYM. Avranchin, chèvrefin; provenç. caprifuelh; ital. caprifoglio ; du latin caprifolium, de capra, chèvre, et folium, feuille : plante ainsi nommée' peut-être parce qu'elle grimpe comme une chèvre.
CHÈVRE-PIED (chè-vre-pié) , adj. m. Qui a des pieds de chèvre. Dieux chèvre-pieds, les satyres. C'était [le fils de Mme d'Hendicourt] une manière de chèvre-pied , aussi méchant et encore plus laid que son père, st-sim. 2I8, 183.
— REM. Des grammairiens ont dit que, comme un seul satyre aurait aussi des pieds de chèvre, on devrait écrire, môme au singulier, chèvre-pieds. Mais c'est une erreur, on peut écrire un chèvrepied, c'est-à-dire un pied-de-chèvre comme on dit dans le célèbre roman de Cooper, Œil de Faucon, et non Yeuxde Faucon, pour désigner un chef à la vue perçante.
— ÉTYM. Chèvre, pied.
t CHEVRER (che-vré), t'. n. b'agiter comme une chèvre, s'impatienter. Tes lambineries me font chevrer. || Mot populaire dans quelques provinces.
— ÉTYM. Chèvre.
t CHÈVRETER (chè-vre-té), V. n. Mettre bas, en parlant de la chèvre.
— HIST. xvr s. Seulement quelque peu de foin donne-on aux chèvres qui ont chevreté, un ou deux jours après leur terme, o. de serres, 327.
— ÉTYM. Chèvre.
CHEVRETTE (che-vrè-f) , s. f. \\ 1° Petite chèvre. Une chevrette dans le pré. Il 2° La femelle du chevreuil. La chevrette, lorsqu'elle veut mettre bas, se recèle dans le plus fort du bois pour éviter le loup, qui est son plus dangereux ennemi, buff. Chevreuil. Blanca caressait cette chevrette du désert [la gazeïlel , chateaub. il. Abenc. 180. || 3° Petite écrevisse de mer appelée plus souvent crevette. Les chevrettes qu'on sert sur les tables de Paris sont principalement des espèces du genre palémon, et surtout le palémon porte-scie ; on y ^bint le crangon vulgaire et d'autres crangons. Les chevrettes de mer ont été ainsi nommées à cau.se des petits sauts qu'elles font, jj 4° Petite barre de fer à deux pieds pour soutenir le bois du foyer. || Morceau de fer recourbé sur lequel on pose le bois dans les poêles. Il 5" Pot de faïence à goulol ;,'; ur mettre les sirops. Il Outil do cirier et de paum.-^r. || Châssis au haut de la scie d'un scieur de long. || Petitq machine de trois pieds et demi de hauteur, composée de deux pièces de bois avec un bouton de fer qui les maintient , et une cheville de fer qui hausse et qui baisse, dans des trous faits exprès, à proporlioa que
l'on veut hausser ou baisser les fardeaux qui posent dessus. Il 6° Sorte d'ancienne musette.
— mST. XIII' s. Citole prent, trompe etchievrete [sorte d'instrument] , Si citole, trompe et chievrete, la lUise, 2)3o:i ||xiv's. Jehan rompy la pel de la chieuvrete, laquelle demoura au dit meunier avec les chalemeaulx , du cange , capriola. || xv s. Et aussi faire dedans les boisgranl nombre de chevretes [sorte d'engin de siège] et tauldis de bois avecque» des eschelles à assaiUir Villes et forteresses, j. de TROYES, Chron. (477. (| xvi' s. Les Genevois [Génois] commencèrent à sonner leur assault de trompeté» et gros tabourins, à grand bruit de cris et tumulte de peuple et avec grand nombre d'eschelles, pavois, manteaulx, chevretes et autres choses nécessaires pour donner assaults, jean d'auton. Annales de Louis XII, p. I2(, dans lacuhne. D'un lieu loingtain mené cy mes chevrettes Accompagnées d'aigneaux et brebiettes, marot, iv, 2. Mais quand partout le ventre fut grossy De la chevrette [cornemuse].... HONS. 739.
— ÉTYM. Diminutif de chèvre; provenç. cabrela : espasn. cabrila; ital. capretla.
CHEVREUIL ( che - vreuU' , Il mouillées ; au xvii* siècle la prononciation était autre : d'après Chifflet, p. 209 et 20, au singulier 1'/ ne s'articulait jamais, même devant une voyelle, et au pluriel on disait les chevreux), s. m. Espèce de cerf commune en Europe, à bois court, cylindrique, ne portant qu'un andouiller; la femelle met bas deux petits.
— HIST. xii* s. L'enfes Bernier lait corre les galos; Plus tost li vient que chevrieus parmi bos Un chevaber qui moult avoit grant los, liaoul de C. 92. Ou vergier ot daims et chevrions. Et moult grant plenté d'escoirions [écureuils] , Qui par ces arbres gravissoient, la Rose. <383. || .\iv« s. Chevraul est une petite beste qui n'a mie le corps plus grant qu'un mouton , mais il est plus haut sur piedz , Ifodus, f" xxix. Il XVI' s. Mes pieds à ceux des chevreux [il] fait égaux, Pour monter lieux difficiles et hauts, MAROT, IV, 268. Ils le menèrent en un parc peuplé de dains et de chevreulx, carl. ii, 4. Bondissant comme un chevreuil, id. vi, 6.
— ÉTYM. Wallon, chivrou, chèvreu ; provenç. cabrol , cabirol ; anc. espagn. cabriolo ; ital. cavriolo, capriuoio; du latin capreolus, dérivé de capra, chèvre (voy. chèvre).
CHEVRIER (che-vri-é ; l'r ne se lie pas ; au pluriel \'s se lie: les chevriers et les chèvres, dites: les che-vri-é-z et ....) , s. m. Pâtre do chèvres. || S. f. Chevrière, la femme qui garde les chèvres.
— HIST. xiu* s. Et cil qui tienent les lévriers Moult meillors que chiens à chevriers, Ren. 4fil58.
— ÉTYM. Provenç. cabrier; catal. cabrer; espagn. cafirero ; portug. cabreiro ; ital. caprajo, capraro ; de caprarius , de capra, chèvre.
CHEVRILLARD (che-vri-llar, /i mouillées , et non che-vri-yar) , s. m. Le faon de la chevrette.
— ÉTYM. Chevreuil.
f CHEVRIN (che-vrin) , s. m. Creux que l'eau forme dans les berges et sous les rives des cours d'eau, et où le poisson se retire et dépose son frai.
— ÉTYM. Probablement pour cheverin , de ûiever, creuser (voy. chever).
t. CHEVRON (chevron), s. m. \\ 1° Pièce de bois sur laquelle on attache les lattes, dans le toit d'un bâtiment. 1| Terme de menuiserie. Échantillon de bois. Il Terme de marine. Morceau de bois pour maintenir un afl'ût dans les gros temps. || Dans les chantiers, nom de pièces de bois qui n'ont pas plus de 17 centimètres d'équarrissage. || 2° Sorte de météore. Les comètes ou chevrons de feu qu'on voit quelquefois dans le ciel, desc. iléléor. 7. || 3° Terme de blason. Nom de deux bandes plates, qui sont jointes par le haut , et qui s'élargissent en forme de compas à demi ouvert; les difl'érences en sont marquées par quelque épithète qui les exprime. Chevron brisé, celui dont la pointe est fendue en sorte que les pièces ne .se touchent que par un de leurs angles. || 4° Mom de deux morceaux de galon que les soldats portent joints en angle au bras gauche au leur habit, pour marquer leur temps de service. Mon père. Fier vétéran âgé de quarante ans de guerre, Tout chargé de chevrons, v. hugo, F. d'aul. 6. Il 5° Terme de grammaire. Isom donné à l'accent circonflexe, à cause de sa forme. || 6° Terme de mine. Allure d'une couche ou d'un filon qui se replie suivant un angle plus ou moins aigu. Il 7° Terme de jardinage. Bande de gazon en iraver» d'une allée.
— HIST. XIII' s. Fourches, fleaus, restiaus, fauches, ne doivent riens de tonlieu, ne cbaretil ne chevron dolé, Liv, des met. 323. Et les parois, dont
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miex [je] les prniso, Simt csposses demie toiso, Et si fiaut resunt li clievroii Que tuit seOr estre devon, la Rose, teen. Li clievron sont d'autre mesrien, FUTEB. II, 34. Li droi/. des leneuresde citez est tel: de mètre gotere en la meson son vesin ou non, ou de melre chevrons ou non en la mesiere, Liv. de jusl. »38. Il XV' s. Et aussi mourut [au siège de Duras] un escuyer de Bretagne qui s'armoit de gueules à douï chevrons echiquetés d'oi- et d'azur, fboiss. 11, II, H. Les armes de Moriîumez sont barrées, contrebarrées à deux chevrons de gueules.... iD. i, i, i.')4. Il XVI' s. On rue îi bas les gros chevrons de fresne , dubell. iv, 46, recto. Le capitaine Mor l'envoia d'un coup de chevron sur la teste au bas de la rivière, d'aub. Hisl. ii, 2C4. Ils eurent plusieurs mauvaises augures, comme de quelques feux qui leur donnèrent l'espouvante ; mais surtout des lances et chevrons de feu d'une grandeur et clarté inouïe, id. ib. m, 498. Pour en leur champ d'argent marquer le chevron de cinabre, m. ib. m, 538.
— ÉTYM. Picard , caveron; wallon , ch'firon, ch'furon; provenç. cabrion , eabiros; espagn. cabrio ! dérivé de capra, chèvre, et dit pour solive par une assimilation à celle qui a fait nommer par les latins un chevron capreolus.
I 2. CHEVRON (che-vron), s. m. Terme de pêche. Frai de poisson.
t CHEVRONNAGE (che-vro-na-j"), s. m. Ensemble des chevrons d'un bâtiment. || Action de chevronner. || Ouvrage fait en chevrons.
— ÉTYM. Chevronner.
CHEVRONNÉ, ÉE (che-vro-né, née), part, passé. Terme de blason. Pièce chevronnée, écu chevronné, piÈce, écu chargé de chevrons.
— HIST. xiii' s. Toz [tout] estoit blans li chevaliers, Et ses escus et ses destriers; El la cote fu chevronée, Qu'Ilot soz la broigne endossée, Blanchandin. ms. f° 93, dans lacurne.
t CHEVRONNER (che-vro-né) , V. a. Garnir de chevrons.
— HIST. xiu* s. Se terre est commune ou voie commune, il n'empesche pas servise d'aler et de venir, et d'élever sa maison plus haut, ne de chevroner, ne de covrir ne d'abatre, Liv. dejust. 138.
— CTYM. Chevron t .
fCUEVROTAIN (che-vro-tin), s. m. Voy. che-
YBOTIN.
CHEVROTANT, ANTE (che-vro-tan , tan-t') , adj. Qui chevrote. Ma vieille voix chevrotante ne sera jias entendue au milieu des concerts de ses louanges, VOLT. Leil. Chabanon, 3 août 1776.
CHEVROTÉ, ÉE (che-vro-té, tée), part, passé. Trilles chevrotes.
CHEVROTEMENT (che-vro -te-man), s. m.
Il 1° Tremblement de la voix qui ressemble au bêlement de la chèvre. || 2° Terme de musique. Action de chevroter, faiblesse de la voix qui, surtout chez les vieillards, ne leur permet pas de maintenir le son dans une parfaite égalité. Un seul chevrotement au milieu du plus beau chant du monde suffit pour le rendre insupportable et ridicule, j. j. nouss. Dict. de mns. Chevroter.
— ÊTYM. Chevroter.
CHEVROTER (che-vro-té), v. n. || l" Faire des chevreaux. Cette chèvre a chevroté. || 2° Chanter d'une voix tremblotante, défaut qui se trouve d'ordinaire chez les vieillards et aussi chez les chanteurs dont la voix est fatiguée. Certain fat.... En se mirant, chevrotait, fredonnait, volt. Goût. \\ Dans la musique, battre d'une manière inégale les deux notes d'un trille ou d'une cadence, ou même n'en battre qu'une seule, et remplacer le trille par un tremblement désagréable de la voix. 11 est actif aussi : chevroter un trille.
— ÉTYM. Chevrot, diminutifde chèvre qui n'existe pas dans le français.
CHEVROïl.V (che-vro-tin), s. m. \\ l' Peau de chevreau corroyée. Gants de chevrotin. || Fig. Tirer au chevrotin [outre] , boire à l'envi. || 2° Terme de chasse. Faon de la chevrette, pendant les six ilerniers mois de la première année. || 3° Chevrotin ou chevrotain, mammifère de l'ordre des ruminants qui porte le musc; nommé aussi musc et portemusc.
— HIST. xiv s. Que nulz ne teigne peaulx à au- Iruy rouges ne noires ne chevrotins, si ce n'est pour lui [le maître] faisant le dit mestier, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. .170. || xvi' s. Ce qui est manifeste h. voir à une aiguillette de chevrotin lorsqu'on l'eslargit, et estant eslargie s'accourcit, pari!, yii, B. U [le connétable de MontmorencI] le rendit Ue peuple de Paris] souple et maniable comme un grand chevrotin de Vendosme , dont le roy en eut
un très (trand contentement, brant. Cap. fr. t. il,
p. 440. dans LACURNE.
— ÉTYM. Diminutif de chevrot, qui est lui-même un diminutif ancien de chèvre.
CHEVROTINE (che-vro- ti-n'), s. f. Balle de petit calibre pour tirer le chevreuil, et chasser la grosso bêle
— ÉTYM. Chevrotin.
t CUEVROTINER (che-vro-tl-né) , V. n. Faire comme le chevrotin ; bondir à la manière du chevrotin.
CHEZ (ché; le s se lie; chez eux, dites : ché-z eux), prép. || 1° Dans la maison de, au logis de, dans lademeurede. Souperchezquelqu'un. J'étais chez lui comme chez moi. Vous êtes chez vous. Se renfermer chez soi. On ne pouvait les retenir chez elles. Venir chez quelqu'un. Admettre quelqu'un chez soi. Il n'a pas mis le pied chez lui. Se réfugier chez quelqu'un. Chacun est maître chez soi. Qui doute que, si de ses armes Ilion avait eu l'appui, Le jeune Atride avecque larmes Ne s'en fût retourné chez lui?
MALH. 111,3 Heureux qui vit chez soi, De régler
ses désirs faisant tout son emploi! la font. Fables, vu, 12. Chéri de tout le peuple, honoré chez le prince, id. Poly. iv, 3. || 2° Dans le pays de. Ce qui se passait chez les ennemis. Nom peu connu chez les barbares. Prendre un roi chez un peuple voisin. Meninon voulait qu'on les allât [les Macédoniens] attaquer chez eux, boss. JHst. m, v. La profession de comédien était infAme chez les Romains et honorable chez les Grecs; qu'est-elle chez nous? la BRUY. XII. Il 3° De ches, préposition composée signifiant qu'on sort de la demeure de quelqu'un. Je ne sais qui sort de chez mol. Je viens de chez mon juge. No pas sortir de chez soi. Tu m'as mis hors de chez moi. J'entendais de chez moi. Mais puisque, par ce triste et prudent souvenir. De chez Antiochus elle l'a fait bannir, corn. Mcom. i, B. 114» Par chef, préposition composée signifiant qu'on passe par la demeure de quelqu'un. Passer par chez quelqu'un. Nous irons par chez les Africains. Vous feriez un voyage charmant; mais je voudrais que vous passassiez par chez nous, volt. Ijett. Marmontel, 23 avr. 1786. Il 5° Près de chez, loin de chez. Il demeure près de chez nous. Loin de chez lui, loin de son pays. Il 6° Fig. Parmi. Chez nos ancêtres. Coutume reçue chez les anciens. Chez les barbares la fidélité dépond de la fortune. Que de restitutions, de réparations, la confession ne fait-elle pas faire chez les catholiques! J .J. Rouss. Ém. m. || 7° Dans l'esprit ou le caractère de quelqu'un. C'est une conviction chez lui. Ce n'est pas une habitude chez moi de rendre compte.... Ch&tier en autrui ce qu'on souffre chez soi, CORN. Poly. 111, 5. Pour un fourbe chez vous la pitié trouve place, m. Perthar. m, 5. Et vous serez fameux chez la postérité, id. Cinna, ii, <.||8'' Dans un auteur. Chez le même poète. Je lis chez certains auteurs. Il 9° Substantivement. Un chez-sol. Un chezmoi. Son chez -lui. Cela rend mélancolique, mais cela fait aussi un grand bien ; car on en aime mieux son chez-sol, volt. Lett. Villette, 8 juiUet 1766.
— REM. 1. Vaugelas a condamné la locution : chez Plutarque, chez Platon, pour dire dans Plutarque, dans Platon ; Marg. Buffet etChiffiet sont de son avis; Th. Corneille ratifie cette sentence, admettant toutefois qu'en parlant de toute une nation on peut fort bien dire ches: chez les Grecs, chez les Romains. A quoi on répondra d'abord que la locution est ancienne puisqu'elle est dans Montaigne, ensuite qu'elle se justifie, n'étant qu'une extension de clwi sigoifiant dans l'esprit de. Une fois que chez a été ôtéda sa signification propre, rien n'empêche qu'il aitpris celle que Vaugelas lui conteste. |] 2. Ckex ne prend pour complément que des noms de personnes ou d'êtres personnifiés : Patte blanche est un point Chez les loups, comme on sait, rarementen usage,
LA FONT. Fu.bl. IV, 15.
— HIST. xu' s. Vos voliez venir à nos [nous] e à ceaus [ceux] qui sont à ches nos, Machab. Ii, il. Aval au bourc, ches son hosle Florent, Ronc. p. 189. Chiesun lioste [Ils] hébergent qui moult estoit prudhom, Snx. xxt. || xiii" s. Que se venir [je] pooie ches Symon le voler, Berte, xlvii. Et vint droit au castiel où li rois estoit en prison, et se hiebrega clés une vaine feme, Chr. de Rains, p. 63. Et ele n'i met riens ne oste Que ce c'en trueve en chiés son oste, hl'TEb. ii, 59. || xv' s. Piètre du Bois s'en vint un soirch eax ce Philippe, froiss. u, ii, lOl. Et do là suyvit tant le chevalier la pucelle qu'il la trouva cheuz une sienne cousine, Perceforest, t. vi, f" 51, dans LACURNE. Il xvi« s. Qu'il ne tarde plus à amener sa fille, car nous allons cheux M. Deschenais, où elle pourroit bien se rendre, marr. l,. 12.
Comme dict ce poète chez Plutarque, mont, i, «.1. Se retirer chez soy, m. i. 32.
— ÉTYM. Berry, cheux; picard, cheux, chu; Saintonge, cheux; iiLac. espagn. en cas; de casa, la maison (voy. CASE), dont il y avait une forme au masculin (voy. chai). Chez est elliptique, et on a la loculio'i complète dans l'ancien français à ches, en chiés, qui signifie exactement à la maison.
t CUÈZE (chè-z'), s. f. Nom vulgaire d'une espèce do mésange.
CHIAOUX (chi-a-ou), s. m. Espèce d'huissier ou d'envoyé turc. Un chiaoux, dépêché par le Grand Seigneur, arriva en France, st-sim. 469, 203. Le chiaoux, homme de sens, Lui dit : Je sais par renommée Ce que chaque électeur peut de inonde fournir, la font. Fabl. i, 12.
— ÉTYM. Voy. CHAOUCH, qui est le nom véritable, seul usité dans l'Algérie française, chiaoux étant le mot turc,
+ CHIaSMA (ki-a-sma), s. f. Voy. chiasme.
t CHIASME (li-a-sm'), s. m. \\ l" Croix mise en marge des manuscrits, en forme de Xi <■■' indiquant un passage désapprouvé. || 2° Terme d'anatomie. Chiasme ou chiasma, lieu d'entre-croisement des nerfs optiques sur le corps de l'os sphénoïde.
— ÉTYM. Xta<j[i.a, croisement: mot formé de la lettre grecque x-
CHIASSE (chi-a-s'), s. /■. Il 1° Excréments d'insectes. Chiasses de mouches. || Fig. et bassement, ce qu'il y a de plus vil. Ce n'est que de la chiasse.Cet hommo est la chiasse du genre humain, richelet. Pendant que nous sommes la chiasse du genre humain, volt. Lett. d'Argental, 4 avril 1762. || 2'' Ecume de métaux.
— ÉTYM. Chicr.
t CHIBOD (chi-bou), s. m. Résine jaune, aromatique q.ii découle du chibou, grand arbre des Antilles (btirsera gummifera, L).
t CHIBOUQUE (chi-bou-k'), s. f. Pipe turque & long tuyau de bois au bout duquel est placé le foyer.
— ÉTYM. Mot turc.
t CHIC (chik), s. m. || 1" Autrefois, mot du style familier signifiant abus des procédures, finesses, subtilités captieuses. Cet homme entend le chic, est versé dans les détours de la chicane. La discorde, qui sait le chic, En fait faire un décret public, La îlenridde travestie, ch. v, p. 68, dans fr. michel, Arijot. Il 2° Aujourd'hui, terme d'atelier : on dit d'un peintre qu'il a ou qu'il entend le chic, quand il produit rapidement et avec facilité des tableaux à effet. J| J'use de mots de l'art, je mets en marge hic; J'es- m père avec le temps que j'entendrai le chic, les Satijres de dulorens, Sat. xu, p. 97, dans PB. michel, ^r.70«. Il Fig. Il a le "chic, se dit, dans un langage très-familier, d'un homme adroit, qui sait s'y bien prendre. |{ En un autre sens, il a du chic, se dit d'un élégant, ou d'une chose élégante et bien tournée : ce chapeau a du chic; cette toilette a du chic.
— ÉTYM. 11 est possible que ce mot, dans le second sens, vienne de l'allemand Schick, aptitude, façon, tournure. Quant au premier sens, qui est ancien puisqu'il se trouve dans Trévoux, le doute est grand, à moins qu'on n'y voie une abréviation comique de chicane.
t CHICABAUI) (chi-ka-bô), s. m. Terme de marine. .Sorte de bout-dehors sur lequel on amure la misaine des lougres. On trouve aussi chicambaut.
CHICANE (chi-ka-n'), s. f. || 1° Par dénigrement, procès en général. Quoi! vous poussez celle chicane [vous poursuivez ce procès] ? sÉv. 636. Ce meuble de chicane [un sac à procès] appartient sûrement X quelque homme du Maine ou quelque bas-Normand, regnard, Ménechm. i, 2. || 2° Abus des ressources et des formalités de la justice. Lui souffie avec ces mots l'ardeur de la chicane, boil. Luir. I. Et dans l'amas confus des chicanes énormes, Ce qui fut blanc au fond, rendu noir par les formes, m. Sat. i. Il 3° Poétiquement, le démon des procès. Là, sur (les tas poudreux de sacs et de pratiques. Hurle tous les matins une sibylle élique; On l'appelle Chicane; et ce monstre odieux Jamais pour l'équité n'eut d'oreilles ni d'yeux, boil. Lutr. v. La Chicane en fureur mugit dans la grand'salle, id. Sat. viu. 114" Les gens de chicane, ceux qui vivent des procès et des procédures. Je défie votre chicane de Rouen d'être plus chicane que celle de Bruxelles, volt. Lett. en vers et en prose, 74. || 5° Subtilité captieuse en toute matière, difficulté mal fondée et de mauvaise foi. Soulever, faire naître une chicane. Chercher de' chicanes. Dans les livres que les anciens ont écrits de la prudence civile, il y a du galimatias de l'ocoK' et de la chicane philosophique, balz. Entret. 26. No croyez pas que ce soit seulement 'a qi'.erelle ûo
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Vépiscopat ou quelques cliicanes sur la liturfçie anplicane, qui aient ému les communes, boss. Heine ti'Anfjlct. Oue dit-on pour autoriser la supposition du Pcntateuaue?... Rien de suivi, rien de positif, rien d'imporlant; des chicanes sur des nombres, sur des lieux ou sur des noms, uoss. llist. ii, 13. On sera fatigué en voyant ces variations et tant de fausses subtilités do la nouvelle réforme; tant de chicanes sur les mots; tant d'équivoques et d'explicacations forcées sur lesquelles on les a fondées, id. Var. jïreface. \\ 6» Terme d'art militaire. Guerre de chicane, guerre où l'on ne livre que de petits combats, pour disputer le terrain. |) 7° Manière de jouer au mail, au billard et à la paume.
— HIST. XVI" s. Du plus grand chicaneur qu'on pourra jamais voir. En ce tombeau glacé gist la despouiUe morte; Pluton, hoste commun, ne le veut recevoir, De peur qu'en son pays la chicane il ne porte, DES ACCORDS, Bigarr. Epilaphes. Chicane, certain cercle fixe en terre pour y faire passer la paume, oudin.
— ÉTYJI. Wallon, chakine; bas-grec, T^u'/aviov, jeu du mail; T'vxaviÎEiv, jouer au mail. Ménage le tire de l'espagnol chico, petit; Diez approuve cette étymologie; et Génin, la complétant (car il faut rendre raison de chicane signifiant jeu de mail), dit que le jeu a été ainsi nommé de la petite boule qui en fait le sujet et que l'on a comparée à quelque chose de petit (chico). Mais cette étymologie ne peut se soutenir en présence du bas-grec qui vient du persan tchavgan, raquette et jeu de mail, mot qui rend raison del'affixe ane. Dés lors la série des sens est : jeu de mail, puis action de disputer la partie, et enfin manœuvres processives.
CHICANÉ, ÉE (chi-ka-né, née), part, passé. Disputé. Une partie longtemps chicanée. || Se dit aussi en parlant des personnes, soit dans!e sens de tourmenté par des chicanes : chicané par la partie adverse; soit, très-familièrement, dans le sens de contrarié : chicané fiar toute sorte de contre-temps.
CHICANER (chi-ka-né) , «. n. || l" User de chicanes en fait de procès. Ce procureur, cet avoué ne fait que chicaner. Quiconque est touché de l'envie De ne payer qu'après sa mort. Doit chicaner toute sa vie, MAYNABD, Poésies , dansRiCHELET. || 2° Par extension, contester sans fondement, par des subtilités captieuses. On en vient au partage, on conteste, on chicane, la font. Fab. iv, t8. Ils chicanaient sur leurs serments, BOSS. llist. m, 6. 11 chicane sur tous les mots de l'exposition , id. Trad. Que sert de chicaner sur un fait constant? id. Comm. Après avoir un peu chicané sur la manière de me recevoir, ID. Lett. abb. 2B4 . Vous chicanez donc inutilement sur îe principe, lorsque vous êtes obligé de vous taire sur les conséquences, pasc. Réful de larép. à la (2' lettre. || 3° V. a. Chicaner quelqu'un, lui intenter un procès sans beaucoup de raison. Cet homme est processif; il a chicané tous ses parents. || Disputer par procès une chose. Jamais contre un renard chicanant un poulet, On renard.... boil. Sat. viii. Il Fig. Qui l'eût dit [Napoléon] Que trois cents avocats oseraient à ta cendre Chicaner ce tombeau? v. ui'GO, Cre'p. 2. Il Familièrement. Cela me chicane, celam'ennuie, me tourmente. || En termes de guerre, défendre pied à pied. Chicaner le terrain ; et, par assimilation, dans la discussion philosophique, débattre longtemps une question sans la résoudre. Il 11 chicane sa vie, se dit d'un accusé qui.se défend avec présence d'esprit. || Terme de marine. Chicaner le vent, gouverner au plus près. || 4° Reprendre, critiquer sur des bagatelles. On nous chicane sur des mots, BOss. Culte. Ma première et ma seconde pièce forment un système d'action théâtrale dont il ne s'agit pas de chicaner un endroit, dider. Letlr. à Mmeliiccoboni. Si l'auteur m'émeut, s'il m'intéresse, je ne le chicane pas, je ne sens que le plaisir qu'il m'adonné.voLT. ie((./,o/iarpe, décembre 1775. || 5° Se chicaner, v. réfl. Se harceler l'un l'autre par des chicanes. Ils se sont longtemps chicanés.
— ÉTV.M. Chicane.
CHICANERIE (chi-ka-ne-rie) , s. f. Fait de chicane; difficulté faite par malveillance. J'ai grand' peur que tout ceci ne soit une pure chicanerie , pasc. Prov. K Monsieur, je n'entends rien à la chicanerie, RÉGNIER, Sat. VHi. On lui vint ravir son bien par des procès et des chicaneries, patru. Plaidoyer 7, dans RICHELET.
— lllST. XV' s. Détestant merencoUe Et chiquanerie. Qui puisse estre forbannie De nos maisons, BASSELIN, xxxiii.
— ÉTV.M. Chicaner.
CHICANEUR, EUSE (chi-ka-neur, neû-z'), .t. m.
et f. Il 1» Celui, celle qui ne fait que chicaner, surtout
on affaires. Je ne suis chicaneur et n'aime à disputer, RfioNiER, Sal.xiv. Il Celui qui conteste de mauvaise foi, par exemple au jeu. || Adj. Esprit chicaneur. Il 2° Par dénigrement, homme appartenant à la classe des gens de procédures. .... Un bavard en robe, apprenti chicaneur, volt. Ép. 50.
-- ÊTYV7. XVI* s. Sergents, huissiers, appariteurs, chicquaneurs, procureurs, rab. Pant. ut, 40. C'estoit afin que les chicanneurs fussent retenus d'approcher d'un terrain si dangereux, bolchet. Serres, IX. L'evesque le manda vers luy venir par une belle citation par ung chicaneur. Cent Nouvelles nourelles, 06. Puis quand les chiquaneurs se tourmentoient d'envie De quoy vous reformiez les procès et leur vie, bons. Bocage royal, i" partie, Aucardinal de Lorraine.
— ÉTVM. Chicaner. Rabelais parle beaucoup des chicanoiix, une gent qu'il a rendue célèbre.
CHICANIER, 1ÈRE (chi-ka-nié, niè-r'), s. m. et f. Celui, celle qui aime à chicaner sur les moindres choses, pour des vétilles. C'est un vrai chicanier. Il Adj. Homme chicanier. || Cela est chicanier, cela est contrariant. Locution qui a vieilli.
— ÈTYM. Chicane.
t. CHICHE (chi-ch'), adj. || l" Peu abondant, en parlant des choses. La moisson sera chiche. || 2° En parlant des personnes, parcimonieux. Être chiche. Qu'il est chiche! Bel'.e leçon pour les gens chiohes, la font. Fab. v, 13. || Fig. Être chiche de ses paroles. N'être pas chiche de promesses. La belle.... n'était chiche de ses regards, la font. Sic. Elle n'en était guère plus chiche [de ses faveurs], hamilton, Gramm. e. Eussiez-vous tout le bien dont le ciel vous est chiche, Régnier, Sat. xiii. || Proverbes. Il n'est festin que de gens chiches, c'est-à-dire quand un avare se met en frais , il n'épargne rien. || Autant dépense chiche que large, c'est-à-dire une épargne faite mal à propos cause des pertes dans la suite. Il II n'est pas riche qui est chiche.
— BEM. Au xvii* siècle, les puristes essayaient de bannir le mot chiche: « Ces gens sont fort chiches, il faut dire : ils sont vilains; ce mot de chiche est ridicule, « marg. buffet, Observ. p. 58.
— HIST. XII* s. Kt au p'ovre [la dame] se fait et chiche et morne, quesnes. Romane, p. 86.|| xiu's. N'iert [il n'était] pas vers ele avers ne chiches, Ren. 15209. Ne soyés orguilleus ne chiches, Ayés por enseignier les riches Large cuer et cortois et gent, Et piteus à la povre gent, la Rose, G607. Moult est fos [fou] haus homs qui est chiches, ib. (154. Car li leus d'oisiaus herbergier N'estoit ne dangereusne chiches ; One mes ne fu nus leus si riches D'arbres,
ne d'oisillons chantans, ib. 473. || xiv s Nel
troverez pas chiche , Ne vous doint [qu'il ne vous donne] tant d'avoir que tuit en serez riche, Girart de RoiS. V. 985. Tous jours [il] seroit com povre et chiche. Dolent, subjet et serf au riche, bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 26. Ne soies pus larges, mais chiches; Ainsi seras-tu tantost riches, id. î7). Il XV* s. Prince, je suy sicne, pour abregier, Prodigueaussi, nonchadant, diligent, en. d'orl. Bal. 109. L'empereur son père estoit trop extrêmement chiche, comm. VI, 7. Il XVI* s. Chiche à priser la dignité, caltin, Iiistit. 898. Les putres le blasmant d'avoir esté fort chiche et mechanique, jusques à envoyer vendre des presens de viande qu'on luy donnoit, amyot, Thémist. S. Cato n'estoit jamais chiche de célébrer et prescher les louanges.... id. Caton, 28. Charles, cardinal de Lorraine, esprit sans borne, très chiche et craintif de sa vie, prodigue de celle d'autrui, d'aub. Uist. 11, <43. Amitié de chiches gens à deux boulets ressemble bien [parce qu'ils ne se touchent qu'en un point], génin, Récréât, t. ii, p. 234. Ce que chiche espargne, large despend, lerol'X de LiNCY, Prov. t. II, p. 258. Il n'est pas riche qui est chiche, iD. ib. p. 3(5. Les plus riches sont les plus chiches, id. ib. p. 334.
— ÊTYM. Catal. iic, c/iic, petit, de peu de valeur; e.spagn. chico, petit; ital. cica, petite chose; du latin cicctm, petite chose.
2. CHICHE (chi-ch'), s. m. Nom ancien du pois qu'on ne nomme plus que pois chiche (voy. pois).
— HIST. xir s. E fèves et lentilles et ceire quite (frixum cicer), Rois, (85. || xiii* s. Je ne priseroie trois chiches Socrates, combien qu'il fust riches, la Rnse,69A>. Cices, de leur nature, sont caudes et sèches, alebrant, ^5l. || xiv* s. Honneur est grains, richesse est paille; Donc qui a honneur, il est riches; N'il ne doitor prisierdeux chiches, machault, p. (02. Il XVI* s. Prenés deux onces de farine de ciches rouges, o. de serbes, 940. Des farines de ciches blancs, de faseols.... id. 972. Cicer en langage lalin signifie un poy chiche, amyot, Cicéron, I.
— ÊTYM. Provenç. cezer, seîer ; espagn. chicharo; ital. cpcr; du latin cicer.
t CUICIIE-FACE (chiche fa-s') , s. m. Terme familier. Homme qui a la face d'un avare. || S. f. Nom, dans le moyen âge, d'un monstre fabuleux (comme Croque-mitaine).
— mST. XV' s. Gardez-vous de la chiche face; Il vous mordra s'il vous rencontre, Myst. de SIe. Geriev. Laurence la grant chiche face, coquill. Enqueste entre la simple et la rusée. \\ xvi* s. Celui qui, pour espargner, fait le retenu, on l'estime un chiche-face, lanoue, 299.
— r;TYM. Chiche, et face.
CHICHEMENT (chi-che-man), adv. D'une manière chiclie. I.e galant, pour toute besogne. Avait un hrouet clair; il vivait chichement, la font. Fab. i, (8.
— HIST. XVI' S. La faim commença de l'affliger, les moulins estans rompus, ce qui fit distribuer le pain bien chichement, d'aub. llist. i, 300. Feu monsieur de la Boeiie me donna, mourant, ses papiers et ses livres, qui m'ont esté, depuis, le plus favory meuble des miens, je ne veulx pas chichement en user moy seul, ny ne mérite qu'ils ne servent qu'à moy, mont. Lettr. 3, à sa femme.
— ÊTYM. Chiche, et le suffixe ment.
t CHICHETÊ (chi-che-té) , s. f. Épargne basse et sordide. La faute vient premièrement du père qui, par sa chicheté, a comme forcé son fils à lui ravir ce qu'il ne lui a pas voulu bailler de bon gré, francien, liv. VIII, p. 34(.
— HIST. XV* s S'en mocquoient et disolent
que c'estoit par chicheté, comm. ii, 8. Son mari est si fort donné A chicheté et avarice. Qu'il est du tout délibéré .Ne lui quérir point de nourrisse, coquill. Les droils nouveaux. \\ xvi* s. 11 retumba de rechel en la maladie qu'il avoit de longue main enracinée et néeenhiy, c'estoitl'avariceet la chicheté, amyot, P. jEm. 38. Faute de moiens ou quelque chicheté empescherent cela, d'aub. Hist. ii, 44(. Les despenses prodiguées à telle splendeur ne sentoient plus ce prince [Henri IV], surla peau duquel les misères avoient laissé longtemps la crasse de la chicheté, ID. ib. III, 544. Qu'il se contente de l'espargne et chicheté de sa table, mont, ii, 79.
— ÉTYM. Chiche.
CHICON (chi-kon) , *. m. Laitue romaine.
— ÉTYM. Même radical que chicot.
CHICORACÉE (chi-ko-ra-sée) , s. /'. Terme de botanique. Famille de plantes à fleurs composées, dont le type est la chicorée. Une chicoracée. Les tliicoracées.
— ÉTYM. Chicorée.
CHICORÉE (ohi-ko-rée), s. f. || 1° Plante potagère, dite aussi chicorée endive ou chicorée des jardins (chicnrium endivia, L.), dont on mange les feuilles en salade, et qui fournit une variété connue sous le nom de chicorée frisée, et une autre sous celui de scarole. Le pis fut que l'on mit en piteux équipage Le pauvre potager; adieu planches, carreaux; Adieu chicorée et porreaux, la font. Fabl. iv, 4. jj Chicorée sauvage {chicorium inttjlns, L.) , chicorée que l'on mange en .salade, et qui est aussi employée en infusion, comme tonique et apérilive. |] Eau de chicorée, boisson préparée avec la chicorée. Que Madame avait été empoisonnée dans un verre d'eau de chicorée, volt. Louis XI f. 26. || Café de chicorée, ou, simplement, chicorée, poudre de chicorée grillée, que plusieurs personnes mêlent au café. || .\mer comme chicorée, très-amer. || Chicorée de mer, nom vulgaire de plusieurs espèces du genre uha, qui, sur quelques parties de nos côtes, sont mangées avec avidité parles bêtes à cornes. || 2° Terme de jeu. Chicorée se dit des caries de celui qui a en main trois ou quatre atouts, dont deux as noirs et un neuf rouge.
— KEM. La prononciation cichorée est notée et condamnée par Ménage et Marg. Buffet.
— HIST. xvi* s. La chicorée ou endivie est espèce de laictue, neantmoins de goust différent à elle, carde son naturel il est amer, immangeable, sans estre addouci dans terre par blanchir, o. iiE serres, 536. Le syrop de cicorée avec rubarbe est bon contre la vermine, id. 94I. La cichorée verrucaire [contre les verrues], id. 978.
— ÉTYM. Cichorium, de xixûpiov, chicorée. CHICOT (chi-ko; le t ne se lie pas dans le parler
ordinaire; au pluriel Vs se lie: les clii-ko-z et...; chicots rime avec repos, faux, etc.), s. m. jj 1* Cb qui reste hors de terre d'un tronc, d'une racine, d'une blanche cassée. || Dans l'horticulture, branche morte ou couverte de chancres. || Terme de blason. Baion noueux, rejeton d'arbre. || 2° Terme de vétérinaire. Petit fragment de bois rompu. On dit qu'un
CHI
cheval a pris un chicot dans le pied, quand il a été blessé (le cette façon. || 3" Fragment de dent resté dans l'alviiole après destruction de la tolalitû ou d'une partie de la couronne par rupture ou par carie.
— IIBT. XVI' s. En plantant l'arbre, on l'esleatera sur terre, sept ou huit pieds, sans lui laisser aucunes branchiis, ains seulement des longs chiquots en l'endroit où mieux s'accorderont, o. de SF.RRf:s, 189. Sa cour estoit pleine de bons esprits et de gens d(! savoir en lieu de fols, de chicots, de flateurs et ri'harlequins, Div. leçons de du vehdier, p. 487,dans i.AciiHNE.
— ÉTYM. Berry, sicnt; diminutif dont lo radical est le même que chiquet (voy. ce mot).
CUICOTER (chi-ko-t6), V. n. Terme populaire. Contester sur des bat,'alelles.
— HIST. XVI' s. Ciceron dit que ce ne sera jamais fait, qui voudra chiquoter tous les mots, ce qu'il ai> pelle verba aucupari, des accords, lligarr. Les entends-trois.
CHICOTIN (chi-ko-tin) , s. m. || 1° Suc extrait de l'aloès. Il 2° Poudre ou suc amer de la coloquinte, dont les nourrices se frottent le mamelon quand elles veulent sevrer les enfants. || Familièrement. Cela est amer comme chicotin. Mais dans les fers, loin d'un libre destin, Tous les bonbons ne sont que chicoiin, GRESS. Ver-vert, ch. iv. || Dragées de chicotin, ou, simplement, chicotins, certaines dragées fort amères où l'on a mêlé du chicotin.
— HIST. xvi' s. Deux drachmes d'aloes cicotrin en poudre, o. de serres, 902. Prenez antimoine cru, Bubtilemeul pulvérisé et passé par le cicotrin , paré,
— ÉTYM. Mot altéré pour sucotrin, nom. d'une ospfce d'alors, ainsi nommé de l'Ile de Socolora.
CHIÉ, fiE (chi-6, ée), part, passé de chler.
CUIE-EN-LIT (chian-li), s. m. Nom que les enfants et les gens du peuple donnent aux masques qui courent les rues pendant les jours gras. || X la chie-en-lit, cri dont on accompagne ces masques. Il Au plur. Des chie-en-lit.
— REM. Voltaire a mis chiant-lit. Les amours en cliiant-lit déguisés dans ces lieux Sont toujours les amours.... Poésies mêlées, 23. C'est une orthographe fautive; mais la prononciation est bonne; chie-enlit se prononce en deux syllabes.
— ÉTYM. Chier, en, lit.
CHIEN (chiin), s. m. (le mile), CHIENNE (chièn'), s. f. (la femelle). || 1° Quadrupède domestique, le plus attaché à l'homme, gardant sa maison et ses troupeaux, et l'aidant à la chasse. Chien de garde. Chien de berger. Chien de Malte. Chien de Terre- Neuve, grand chien à long poil, aimant à aller à l'eau. Chien danois, grande espèce de dogue. Chien de St-Bernard, grande espèce de chien des Alpes. Chien de trait, chien habitué à traîner de petites voitures. Ce chien, voyant sa proie en l'eau ruprésentée, La quitta pour l'image et pensa se noyer, i.a FONT. Fables, vi, 17. Ce chien , parce qu'il est mignon. Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame, lu. ib. tv, 5. Et votre petit chien Brusq uetgronde-t-iltoujoursaussi fort, et mord-il toujotirs bien aux jambes les gens qui vont ch'iz tous? mol. Don Juan, iv, 3. Deslainbeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux, bac. Ath. ii, B. Dans son sang inhumain les chiens désaltérés, m. ib. i, ). || Chien de manchon, chien de petite espèce que les dames portent dans leur manchon. || Chien d'Artois, sorte de chien camus; d'où la locution camus en chien d'Artois, pour signifier confus, désappointé. Madame votre fille est pleurante en un coin. Monsieur voire neveu grommelle sur du foin. Camus en chiens d'Arloisd'avoircompté sans hôte, la font. Je vous prends sans vert, se. ti. Les chiens courants, les dogues, les turcs, les ciiiens d'Artois, les mittins, SEGUAis, l'Ile imaginaire , t. il, p. 200. || Chienlion, sorte de chien qui paraît provenir du croisement entre l'épagneul et le petit danois. || Chien traître, chien qui mord sans aboyer. \\ Chien fou, nom que l'on donne quelquefois au chien atteint de la rage; et fig. Maigre comme un chien fou. || Chien savant, chien dressé à certains exercices. || En termes de l'Écriture, il retourne comme le chien à son vomissement, se dit de celui qui retombe dans ses vices. 112» Chien de chasse, chien dont l'homme se sert pour prendre le gibier. Chien courant, chien qui chasse les bêles à la course. Chien couchant ou cftien d'arrêt, chien qui arrête le gibier. Chien d'aiguail chien qui n'est bon que le matin. Chien allongé, chien qui a les doigts étendus par quoique blessure. Chien i belle gorge, chien qui crie bien.
cm
Chien buté, chien qui a la jointure de la jambe fort grosse. Il Chien sage, chien qui ne s'emporte pas après le gibier. || Fig. Faire le cliien couchant, flatter bassement quelqu'un pour gagner ses bonnes grâces. On dit de même : c'est un bon chien couchant. Il Rompre les chiens, les arrêter, les détourner de la voie; et, figurément, rompre bru.squement une conversation embarrassante. Mais le mari rompait les chiens, la font. Fér. Le duo de Tresmes voulut rompre les chiens plus d'une fois; à toutes Cauinartin l'arrêtait, haussait le ton et continuait, STsiM. 277, 243. Il 3° Locutions diverses. Être comme un chien d'attache ou M'attache, être assujetti à un travail continuel. || N'être pas bon à jeter aux chiens, en pailantdes personnes, ne valoir rien du tout. On ne me trouve pas bonne à jeter aux chiens, sÉv. 235. Il Jeter sa langue aux chiens, renoncer à deviner quelque chose. Ne .sauriez-vous le deviner? jetezvous votre langue aux chiens? sÉv. 248. || Jeter ou donner sa part aux chiens, faire fi de quelque chose; et avec un sens contraire, ne pas jeter sa part aux chiens. 11 était désolé, il eût jeté sa part aux chiens, sÉv. 431. Mlle de la C"" n'en jette pas sa part aux chiens, sÉv. 350. || Jeter ses louanges aux chiens, les prodiguer msl à propos. Ces gens-là ne jettent point leurs louanges aux chiens, sEv. 491. Il Droit comme la jambe d'un chien, se dit d'une chose tortue. || Battre quelqu'un comme un chien, étriller quelqu'un en chien courtaud, le battre trèsfort. Si vous voulez des nouvelles de nos armées, le régiment de Champagne s'est battu comme un lion et a été battu comme un chien, volt. Lettr.d'Àrgent. 24fév. 1761. Il II fait un tempsàne pas mettre un chien dehors, il fait un temps atïreux. ||Cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien, c'est-i-dire cela ne vaut absolument rien, puisqu'un chien n'est pas ferré. Il C'est saint Roch et son chien , c'est-à-dire ces deux personnes vont toujours ensemble. || Venir là comme un chien dans un jeu de quilles, arriver très-mal à propos dans une société, y être très-mal reçu. On (lit dans le même sens : recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles. || Fig. Fréquenter le chien et le chat, fréquenter toute sorte de personnes. Il n'est pas étrange que M. le duc se soit avantagé de l'exemple de 1688, pour la promotion qu'il fit signer toute faite au roi en <724, et où il fourra le chien, le chat et le rat, st-sim. 328, 43. Il Fig. Battre le chien devant le lion, ou devant le loup, réprimanderune personne inférieure devant une personne .supérieure, àqui cela doit servir de leçon. Il Kntrecliienelloup, àpetitjour, le soirou lematin, c'est-à-dire quand le jour est si sombre qu'on ne saurait distinguer un chien d'avec un loup. Que pen- .sez-vous que tout cela fasse entre chien et loup?sÉv. 22). Substantivement. Je crains l'entre chien et loup quand on ne cause pas, id. 232. || Fig. Leurs chiens ne chassent pas ensemble, c'est-à-dire ces personnes ne sont pas en bonne intelligence. || Vivre comme un chien, vivre dans la débauche et le libertinage. Mourir comme un chien, mourir dans le mépris et l'abandon, et aussi sans avoir reçu les sacrements. Il Mener une vie de chien, mener une vie pénible et misérable. || Il est fou comme un jeune chien, se dit d'un jeune garçon étourdi et folâtre. || 11 est fait à cela comme un chien à aller à pied, à aller nu-tête, c'est-à-dire il est-tout à fait accoutumé, endurci à une chose, ]| Entrez, nos chiens sont liés, se dit à quel()u'un pour le prévenir qu'il peut aller de l'avant, n'y ayantaucun risque. || C'est une charrue à chiens, ce sont des associés qui n'avancent pas, ne font rien de bon ni d'utile. || Ils s'accordent, ils vivent comme chiens et chats, c'est-à-dire ils sont toujours en querelle. || 4° Fig. et familièrement, un individu qu'on maltraite, qu'on méprise. C'est un chien. Pour cet homme orgueilleux les domestiques sont des chiens. Que je suis un grand chien ! Parbleu je te saurai. Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai, regnard, le Joueur, i, 4. M. le duc de Villarsne s'y connaît-il point? ma nièce est-elle sans goût? suis-je un chien? que coûte-t-if d'essayer ce qui fait chez nous le plus grand eff'et? volt. Lett. d'Argcntal, 27 sept. tieo. \\ Populairement, une personne rude et sévère. Quel chien I II n'est pas trop chien avec (ou pour) ses ouvriers. C'est un mauvais chien. || Populairement et bassement. Cela n'est pas tant chien, cela n'est pas trop mauvais. Il 5" Chien de, avec les noms masculins, chienne de, avec les noms féminins, locution qui se dit, parune sorte de dépréciation, des personnes et des choses. Un chien d'homme. Une chienne de femme. Chien de chrétien, dénomination injurieuse que les musulmansdonnent aux chrétiens. Quelle chienne de mine vous a-t-il faite? hamilt. Gramm. 4i. Moi j'aurais
CBI
I de l'amour pour ta chienne de fac«, mol. h Dép. iv,4. Quel chien de commerce avez-voui là? sév. cy. Que ne vous défaites-vous de cette chienne de mai son aussi? dancoubt, la Maison de campagne, se. 7. Maugrebleu de la chienne de parente, id. ib. se. 46. Quiconque veut vivre sans boire Fera trè.sbien de voyager Dans votre chien de territoire, volt. Ép. 65. Je vous serai attaché fout le temps de ma courte et chienne de vie, volt. Lett. verset prose, 3». Quel chien de train! quelle chienne de vie! J. B. Rouss. Épigr. IV, 6. Je cours toujours pour ma chienne de vente; j'ai eu ce matin de bons renseignements, p. l. COUR. ie(«. II, <23. Voilà une bonne chienne de condition, direz-vous, volt. LM. Mme du Deffant, 24 mai (764. Ces occupations sont satisfaisantes; combien elles consolent de ces chiens de bureaux, de ces chiens de commis! volt. Lett. d'Argental, 45 févr. 4 760. Il De chien, même sens. Un temps de chien. Une pluie de chien. Querelle de chien, bruit de chien, train de chien, grande querelle, grand bruit. Ne soyez point en peine de mon écriture, c'est que j'ai une plume de chien, sÉv. 3)4. Allez, philosophe de chien, mol. Bourg, ii, 4. Il 6* Terme de zoolojiie. Genre de mammifères auquel le chien appartient. Le loup, le chacal sont des chiens. || 7' Nom de différents animaux qui n'appartiennent pas au genre chien. Chien cribier, un des noms donnés au chien cancrivore (digitigrades), appelé chien des bois par Buffon, dit aussi raton. Il Chien-rat, mangouste du Cap. || Chien d'eau, cabiai. || Chiende mer, chien marin, nom vulgaire de la grancle roussette {scyllium canicula). \\ 8° Terme d'astronomie. Le Grand et le Petit Chien , constellations de l'hémisphère austral. || Chiens de Chasse, petite constellation boréale entre la Grande Ourse et le Bouvier. || 9° Chien de faïence, petite figure de chien qui se mettait souvent sur les chemi- nées, une d'un côté, l'autre de l'autre. De là la ■ locution, se regarder en chiens de faïence, c'est- 1 à-dire se regartier fixement et d'un air surpris ou hébété. Il 10° Chien de fusil, pièce qui tient la pierre d'une arme à feu, et dans les armes à percussion, pièce qui vient frapper la capsule et en produit l'inflammation. || Sorte de sergent de tonnelier. Il Fer plat du métier à tisser. || Sorte de chariot ou de brouette da:is les mines. || Brossa des blanchisseuses, faite ordinairement de chiendent. Il En termes de marine, sorte de grappin. || Proverbes. C'est un beau chien s'il voulait mordre, c'est-à-dire il a belle apparence, mais il est sans courage. || C'est un chien qui aboie à la lune, c'est-à-dire il crie inutilement contre plus puissant que lui. || Il ne faut point se moquer des chiens qu'on ne soit hors du village, c'est-à-dire il faut se mettre à l'abri du danger avant de s'en moquer. || Il est comme le chien du jardinier, qui ne mange point de choux et n'en laisse pas manger aux autres, se dit de ceux qui, ne pouvant pas se servir d'une chose, ne veulent pas que les autres s'en servent. || Ils veulent faire comme les grands chiens, ils veulent pisser contre la muraille, se dit des petits garçons qui veulent faire comme les grandes personnes. || Pendant que le chien pLsse, le loup s'en va, c'est-à-dire le moindre retardement fait manquer l'occasion. || Il y a trop de chiens après l'os, c'est-à-dire c'est une affaire où il y a trop de partageants. || Ce sont deux chiens après un os, c'est-à-dire le même objet est poursuivi de deux personnes. || Il mourrait plutôt un chien de berger, se dit en parlant d'une personne peu reoommandable et qui est revenue d'une maladie grave. || C'est un chien au grand collier, c'est-à-dire il a le principal crédit dans une compagnie, dans une maison. || Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée, c'est-à-dire il arrive toujours quelque accident aux gens querelleurs. |{ Chien en cuisine souper ne demande, c'est-à-dire il le prend. || Il a du crédit comme un chien à la boucherie, se dit d'un homme sans crédit, sans importance. || Petit chien, belle queue, proverbe qui équivaut à celuici pour le sens : dans les petites boîtes, les boas onguents. Il Si vous n'avez pas d'autre sifflet, votre chien est perdu, se dit à ceux qui ont une mauvaise cause. |{ Jamais à un bon chien il ne vient un bon os, se dit d'une bonne fortune qui ne vient point à ceux qui en seraient dignes. || Bon chien chasse de race, c'est-à-dire les enfants ont les qualités de leurs parents, ou, ironiquement, leurs défauts, leurs vices. || Il n'est chasse que de vieux chiens, c'est-à-dire les gens qui ont de l'expérience, qui ont vieilli dans une chose, sont ceux qui rendent les meilleurs services. || Je lui garde un chien de ma chienne, c'est-à-dire je me vengerai d'un mauvais
cm
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office. Il II vaut autant Ctro mordu d'un chien que d'une chienne, c'est-à-dire entre des risques égaux il n'y a pas de raison d'être plus efi'rayé de l'un que de l'autre. Il On ne lui demande pas es-tu chien? es-tu loup? se dit d'un misérable qu'on abandonne. Il II a été mordu d'un chien, il veut l'être d'une chienne, c'est-à-dire il n'a )ias as,sez du mal qu'il a reçu déjà. Il Qui m'aime, aime mon chien, c'est-àdire quand on aime (|uelqu'un, on aime tout ce qui loi appartient.il C'est le chien de .tean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, se dit d'un homme qui s'en va quand on veut le retenir ; proverbe venu de ce que Jean de Nivelle, fils du duo de Montmorency, ayant été sommé pour quelque méfait, à son de trompe, dans les carrefours de Paris, de comparaître, se hâta de gagner la Flandre, où étaient les biens de sa femme, le roux, Dict. comique. Suivant cette explication, il s'agirait non pas du chien de Jean de Nivelle, mais de ce chien de Jean de Nivelle. Une traîtresse voix bien souvent TOUS appelle; Ne vous pressez donc nullement; Ce n'était pas un sot, non, non, et croyez-m'en. Que le chien de Jean de Nivelle, la. font. Fabl. vin, 2). Il Chien en vie vaut mieux que lion mort, c'est-à-dire il vaut mieux être pauvre et misérable qu'être riche et mourir. || Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage, c'est-à-dire on ne manque jamais de prétexte pour se débarrasser d'une personne qui déplaît. Me voilà bien chanceuse ! Hélas I l'on dit bien vrai : Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, mol. Fem.sav. ii, 5. || Chien qui aboie ne mord pas, c'est-à-dire ceux qui crient beaucoup ne sont pas les plus à craindre. || Un chien regarde bien un évêque, c'est-à-dire que, quelque élevé que soit un homme, il ne doit pas trouver mauvais qu'un autre s'adresse à lui. || Â chien qui mord il faut jeter des pierres, on ne doit pas avoir pitié des gens malfaisants. Il Chien sur son fumier est hardi. || Jamais chien ne mordit l'Église qu'il n'enrageSt, s'est dit de ceux qui se sont élevés contre l'Eglise et qui ont fait une fin malheureuse. || X mauvais cliien on ne peut montrer le loup, on ne peut décider im homme couard à s'exposer en rien. || Les coups de bâton sont pour les chiens, se dit quand quelqu'un, traité en parole ou en action d'une façon qui ne lui convient pas, remet à sa place celui qui le traite ainsi. Il II ne faut pas tuer .son chien pour une mauvai.se année, on ne doit pas se désespérer pour une seule ou une petite disgrSce.|| Êcorcher son chien pour en avoir la peau, sacrifier une chose importante pour un petit bénéfice. || L'hôpital n'e.st pas fait pour les chiens, se dit quand on réclame l'usage d'une chose qui est destinée au public.
— HlST. XI" s. Vous lui durrez [donnerez] ours et hons et chens, Ch. de Roi. m.
— xii" s. Mult-par fu fel, orrible et chien: Suz [sous] ciel n'out si mal crestien, benoît, Chron. t. I, p. 348. Muetes de chiens lui donez pour chasser, Ronc. p. 3. Dune veïssiez entr'els les beaubelez [bijoux] duner, E les chiens enveier, e les oisaus porter, Th. le mart. Oîi.
— xiii's. II fait trop bon le chien chuer. Tant qu'on ait la voie passée, la Rose, 7430. Cum chien honteus en uncoignet, ib. 450. Si l'en envoie sanz targier As chiens de mer et as balaines Conter les noveles certaines, Fabl. bakbaz. t. iv, 85. En un carrefour [il] 6st un feu Lez un cerne entre chien et leu [loup]. Bataille des sept arts. Ki volontiers fiert vostre chien, Ja mar crerés qu'il vus aint [aime] bien, MARIE, Graelent. Elle avoit tort d'esveiller le chien qui dort, Ilist. Htlcr. t. xxiii, p. r.7l. Si dist on souvent.... Que d'aire [race] est le ciens qui devient Vénères [chasseur] sans aprendeour, pu. MOUSKES, ms. p. 449 et 4.50, dans lacurne. Chien en cui.sine son per [ compagnon ] n'i désire, le- Boux DE LiNCY, Prov. t. I, p. 165. On ne peut pas deffendre bien le chien à abaier ne le menteor à jaingler [faire des contes], id. ib. t. ii,
— xiv» s. Plaindre se fait autant qu'un chien qu'on voit crier, Guescl. I5t90. Cellui qui s'entremet des noises d'autruy est semblable à cellui qui prent le chien par les oreilles, Ménagier, i, 9. Et est la brette aussi comme chien de mer, ib. ii, 6. Nul ne soit si hardi qu'il mesle les rayes ne chiens de mer avec autre poisson en un mesme panier, Ordonn. des rois de Fr. t. iij p. 350.
— XV" s. Et ne demeura ouques chien en la ville, que tous ne fussent morts ou jetés dedans les fossés, rROiss. H, II, tai. Qui à nul bien de présent ne s'apphque, Kors à avoir condition de chien , e. DEscH. Poésies mss. ^ Ï44, dans iaciirne. Chiens Ue mer, marsouins, saumons, Congres, turboz et
leurs semblames,it). fî). !*■ 485. Ils nous sont venus assaillir sur nostre fumier, monstrons défense comme fait le chien, Perceforest, t. m, f" 47. Il estoit jà moult anuyté; car il estoit ainsi que entre chien et leu, ib. t. i, f° 07. Chien en cuisine ne demande pas son compaignon. ib. t. m, f°429. Par avant ilz se entre-hayoient comme chiens et chas, Chron. du siège ri'Orl. Bibl. des Chartes, t. m, t" série, p. 609. Et mon gosier est sy torchié Qu'il est soc comme dent de chien, Mir. de St. Genev. Foy que doy vous. Sire Robers, Ce sont gens plus cruels que chiens, ib. La estoit grand pitié à veoir ces nobles seigneurs.. . amener liés de cordes estroitement par ces chiens Sarrasins laids et horribles qui les tenoient durement. Rouciq. i, ch. 25. Tel le chien nourrit, qui puis mange la courroie de son soulier, le roux de lingy, l'rov. t. i, p. 47). Tel huchia le chien es brebis, qui ne le peut retraire, ID. ib. t. a, p. 422.
— XVI" s. Courez toujours après le chien, jamais ne vous mordra; et buvez toujours avant la soif, jamais ne vous adviendra, bab. Garg. i, 5. Où est vostre chenil? je ne vois ni chiens courans, ni auseaux. — One meutte de chiens, de Umiers, des aboieurs, des chiens pour le fauve, chiens pour le noir, lévriers de compagnon et d'attache, d'aub. Fœn. i, 5. Lequel l'attendoit au coin d'une rue avec deux pistolets, dont le chien estoit levé, m. Vie, XLi. Et comme à chien maigre vont les mousches, id. F<vn. i, 3. Il lui mit tant de chiens aux fesses, qu'il fut contraint de se sauver de vistesse, id. I[ist. l, (90. Il avoit accez en la place par lemoien d'un chien couchant, dont il fSisoit manger force perdrix au gouvcriienr, id. t&. n, H4. Les chefs coururent pour rompr.^ les chiens, mais la nuit les sépara plus que leurs commandemens, id. ib. ii, 367. Quelques poissons se perdirent en la suitte des dauphins, comme font les chiens, les barbues, les maquereaux, etc. id. Conf. I, 9.... Et les poulces dedans le chien de la harquebuze.... CARL. VI, 23. L'herbe dite langue de chien, paré, XVI, 35. Si le coq chante incontinent après le soleil couchant (comme l'on dit entre chien et loup), c'est signe de pluye. paré. Animaux, 2. Et sans morsure De chiens enragez et fous, bons. 92(. X petit chien, petit lien, n. ïst. Préeell. (S8. Je sçais qu'il s'est trouvé dos simples paisans s'estre laissez griller la plante despiedz, ecrazer le bout des doigts à tout le chien d'une pistole, avant que de s'estre seulement voulu mettre à rençon, mont. m. 462. Car, dict un ancien, l'on est mieux en la compagnie d'un chien cognu, qu'en celle d'un homme duquel le langage est incognu, charron, Sagesse, I, t2. Le cliien se frotte à la charongne, génin. Récréât, t. ii, p. 243. Par petits chiens le lieuvre e.st trouvé, et par les grands est happé, id. ib. p. 246. Le chien au matin à l'herbe va pour son venin, m. ib. p. 242. Plus fol que chien qui aboyé à ses soupes, les cuidant par ce refroidir, id. ib. p. 247. Chien affamé, de bastonnade n'est intimidé , leroux i>e lincy, Proverbes, t. i, p. tes. Chien couart voir le loup ne veut, ID. ib. Chien enragé ne peut longuement vivre, ID. ib. Chien rioteur a volontiers les oreilles tirées, ID. ib. X meschant chien, court hen, iD. ib. p. 4 66. Disnerde chien, pain et eau, id. ib. En lict de chien n'a point d'oingture [parfum] , id. ib. Fien de chien et marc d'argent seront tout un au jour du jugement, ID. ib. Qui chien s'en va à Rome, mastin s'en revient, ID. ib. p. 170. Qui hante chiens puce remporte, ID. ib. Qui perd un chien et retrouve un chat, c'est toujours une beste à quatre pieds, iD.i'b. p. (7). On ne congnoist pas les gens aux robbes ne les chiens aux poilz,iD. ib. Qui veutavoir bon .serf ou chien, il faut qu'il lui couste du sien, ID. ib. t. ii, p. 409.11 y va douanant comme un badin, et trotte de côté comme un chien qui vient de vespres [ainsi dit à cause des coups de fouet que les bedeaux distribuaient aux chiens voulant suivre leurs maîtres dans l'église]. Moyen de parvenir, n° i,x\n, élégie. Je m'apperçus assez tost que son mal procedoit d';iilleurs que de moi , et qu'il ne s'attachoit à moi que pour battre et gourmander le chien devant le lyon, Item, de villeroy, t. I, p. 42, dans lacurne.
— ÉTYM. Picard, /tien, et, dans le Santerre , tchèn; rouchi, tien; wallon, chen; Berry, chen, chin; chian, chine, chienne ;Saintonge, chein, et cheune, chienne; bourguig. chen; provenç. can; ital. cane; du latin canis ; au même radical appartiennent le grec y.'j(i)v, le gaélique en, le bas- breton ki, le gothique ftwnfs (allemand//u«d, anglais /toitnd) , le lithuanien szu, le zcndcpa, le sansirit si'an.
t CHIÊNAILLE (chié-na-ll'. Il mouillées), s. {. Canaille.
— Hisr. xiu' s. Entre moi et ceste chienallle.
Ren. 1903. Il XV" s. Que il vendroit cher à ceste chiennaille sa mort, Bouciq. i, 24.
— F.TYM. Chien. Chiénaille est l'ancienne forme française, dépossédée par la forme italienne canatJi*.
crilENDENT (chiin-dan), t. m. Espèce de gr.v minée à racines longues et traçantes {triticum repens, /,.). Il Chiendent pied de poule, nom vulgaira du panic dactylon, dit aussi gros chiendent. || Chiendent aquatique , la fétuque fioltante. || Chiendent queue de renard, l'alopécure agreste. || Chiendent marin, varech. || Chiendent fossile, amiante. || Fig. et familièrement. C'est là le chiendent, c'est l'cudroit difficile ; locution qui vient de la difficulté qu'on a à débarrasser un terrain du chiendent.
— HIST. xvi" s. De l'eau bouillie avec orgo et chiendent, paré, xx, 44.
— ÉTYM. Chien, dent; ainsi nommé à cause du goilt quç les chiens malades ont pour cette plante.
t CHIENNE (chiê-n'), adj.f. La gent chienne, les chiens, locution plaisante créée par la Fontaine. Son frère, ayant couru mainte haute aventure. Fui le premier César que la gent chienne ait eu, Fabl. vui, 24.
t CHIENNÉE (chié-née) , s. (. U. portée d'une chienne.
— ÉTYM. Chienner.
CHIENNER (chié-né), v. n. Faire ses petits, en parlant des cuiennes.]| 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi's. Après que la chienne aura chienneté, on la logera chaudement, o. de serbes. 344.
— ÉTYM. Chien.
t CHIENNERIE (chi6-ne-rie), s. f. Terme bas. Se dit des choses dégoûtantes et qui révoltent la pudeur. C'est de la chiciinerie. Quelle chienneriel
— ÉTYM. Chien.
CHIER (chi-é). Il 1° F. n. Se décharger le ventre; mot populaire et bas, qui ne se dit pas en compagnie honnête. || Fig. Il a chié dans mon panier, ou dans ma malle, il m'a offensé. || Chier sur la besogne, travailler et ne faire rien qui vaille. 1| 2° V. a. Chier des cordes, aller péniblement à la selle.
— HIST. xm" s. Et il chia .seur le musel Au vilain, tant que s'esveilla, i{cn. 6O02. ||xvi' s. Il la mena [David, ministre protestant], qui lors esloit à Fontainebleau; mais, ayant parlé à M. le cardinal de Lorraine, le dit David chia sur la bible [abandonna le protestantisme], brant. Cap. fr. t. m, p. 237, dans lacurne. Pleurez donc et chiez bien des yeux, Moyen de parvenir, p. 60, dans lacurne. Autant chie un bœuf que mille moucherons, oudin, Curins. fr. p. 104. (Discours de Villars à Sully]: Vous estes bien loin de vostre compte, et vostre roy de .Navarre aussy: car, par le corps bien, il a chié au panier pour moy. et s'il n'a pas d'autre valet i|ue de Villars , croyez qu'il .sera mal servy, Mém. de sully, t. ii, p. 4 43, dans lacurne. Et, jusques en l'autre monde, quel mauvais ménage a faict Jupiter averques sa femme qu'il avoit premièrement practiquée et jouie par amourettes? c'est ce qu'on ditchier dans le panier, pour après le mettre sur sa teste, mont, m, 32*. Ci gist un roy [Henri de Navarre, depuis Henri IV], par grand merveille. Qui mourut, comme Dieu permet. D'un coup de serpe et d'une vieille. Comme il chioit dans une met, d'aubioné, Mém. édit. lalanne, p. 3«.
— ÉTYM. Picard, hier ; provenç. et espagn. cagar; ital. cacare; du latin cacare.
CUIEUR, EUSE (chi-eur, eû-z'), s.m. et/". 1 elui, celle qui se décharge le ventre, et aussi qui ne fait qu'aller à la selle. Populaire et bas.
— ÉTYM. Chier.
CHIFFE (chi-f ), s. f. || 1» Chiffon à faire le papier. Il 2° Étoffe légère et de mauvaise qualité. Cela n'est que de la chiffe. || Fig. Un homme mou comme une chiffe, un homme très-faible de caractère.
— HIST. XIV" s. [Que] Ses fils le nom de .;omte port [porte]. Qui n'iert mie vestuz de chippes,
GUIART, t. I, p. 28, V. 74.
— ÉTYM. Rouchi, chife, coupures. Grandgagnage demande si chife ne se rapporterait pas au wallon cnfu . objet sans valeur, qu'il rattache à caf de blé (dans le dialecte d'Aix-la-Chapelle) , bas-écossais cauf, anglais chaff, balle de blé ; Diez rapporte cette opinion sans se prononcer. Génin voit dans chiffô une forme de chippe (ce qui paraît très-plausible), et dès lors le rattache à chipper, anglais to chip, couper par morceaux; de sorte que de la chifl'e serait de la rognure. On a parlé aussi de l'arabe sephen, pelure, ce qu'on balaye; mais on ne voit pas comment ce mot arabe serait entré dans le français.
CHIFFON (chi-fon), s. m. || 1° Morceau d'e quelque vieille étoffe. Du blanc, un peu de rouge, un
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cliifl'on de rabat, niîGNiEii, Sal. xi. || i° Bout de papier, écrit ou non, sans aucune importance. No sachnnt pas votre ndre.sse, j'ai prié M. d'Argental de TOUS rendre ce chifTon, volt. Leilr. en vers el en projc, 36. Kxcusezle chifTon sur lequel je vous écris, rien n'est plus rare que le papier en ce pays-ci, p. L. coiJB. I.ett. I, 172. 113° Tout ajustement defemme ce .servant qu'à la parure. On l'allait consulter sur chaque événement, Perdait-on un chiffon, avait-on un amant, la font. Fofc. vu, <5. Plus brillante que n'eussent fait les brillants chiffons de la Duchapt, 3. J. nouss. itm. v. || Un chiffon d'enfant, une petite fille, ou même une jeune fille. Avouez, mon ancien ami, que la destinée de ce chiffon d'enfant pa descendante de Corneille] est singulii're, volt. Letir. Cideville, 20 janv. <7fi3. || Par extension. Je porte tous ces chiffons sacrés [les amulettes] par une longue habitude, HONTESQ.ie/J. pers. H3. || 4° En termes de jardinage, chiffonne, adj. fém. Branche chiffonne, petite branche grêle du pêcher qui a des boutons à fruit dans toute son étendue. Il faut ôter ]es branches petites et chiffonnes, LAQuiNTiNYE,J'ard. dans picHELET.
— HIST. XVI' s. Une chose chiffonne, oudin, Dict. Cela est bien chiffon, id. Curiosités fr.
— ÉTYM. Chiffe. On trouve, dans le bas-latin, chiffones qui semble signifier une chaussure grossière, et qui est trop isolé pour qu'on voie aucun moyen sûr de le rattacher à chiffon. Quelques provinces disent un chiffon de pain, pour un morceau de pain; voycz-en, à chiquer f , l'explication.
t CHIFFONNADE (chi-fo-na-d') , s. f. Sorte de potage.
f CHIFFONNAGE (chi-fo-na-j') , s. m. Action de chiffonner. || Terme de peinture. Draperies chiffonnées.
— ÉTYM. Chiffonner.
CHIFFONNÉ, ÉE (chi-fo-né, née), part, passé. Il 1° Froissé comme un chiffon. Robe chiffonnée. Il 2° Une mine chiffonnée, une figure dont les traits sont peu réguliers, mais agréables. C'était un petit minois éveillé, chiffonné, l. J. Houss. Conf. v. Il 3° Terme de botanique. Pétales à préfloraison chiffonnée, pétales irrégulièrement plissés en tous sens dans le bouton.
CHIFFONNER (chi-fo-né). || 1° V. n. Travailler sur des chiffons ou sur de petits morceaux de linge que les femmes du monde nomment collectivement chiffons. Je me suis brûlée en chiffonnant autour de cette bougie, beaom. Barb. de Sév. n, ) 1. 1| 2° V. a. Mettre on chiffon. Chiffonner du linge, un vêtement, du papier. Son mari a pris la lettre et l'a chiffonnée, SÉV. 32 1 . Quelque 'ettre qu'il déchire ou chiffonne un moment après, j. j. nouss. Hél. ii, 2. Il 3° Déranger l'ajustement, particulièrement d'une femme. C'est un badin qui la chiffonne , gombaud, Ép. liv. I, dans richelet. Elle [la duchesse de Bourgogne] les embrassait [le roi et Mme de Maintenon] , les bai sait, les caressait, les chiffonn lit, st-sim. ''lat , ■<»•■>. Et sans nuire à sa toilette, Je la chiffonne à mon gré, BÉRANG. Jeannette. Mondor.... Devant moi te chiffonne. Sans te mettre en courroux, m. Inf. de Lisette. || i°Kig. Chagriner, intriguer. Cela vous chiffonne. M'interrompre à tous coups, c'est me chiffonner l'âme, POISSON, Com. sans titre, dans le roux, J)ict. com.
— ÉTYM. Chiffon; wallon, chifôder, chifouder.
t CHIFFONNERIE (chi-fo-ne-rie) , s. f. Petit souci qui chiffonne l'esprit.
CHIFFONNIER , 1ÈRE (chi-fo-nié, niê-r') , s. m. elf. ||l»Celui, celle qui va, la nuit principalement, ramasser les chiffons par la ville. Ce monsieur du journal m'appelle jacobin, homme horrible, ordurier, chiffonnier, p. l. cour, i, 284. || Fig. Ces! un chiffonnier, ce n'est qu'un chiffonnier, se dit d'un homme qui, ramassant partout des nouvelles de mauvais aloi, les débite au hasard; se dit aussi d'un homme traoassier. || 2° S. m. Petit meuble à tiroirs, où les femmes serrent leurs chiffons et leurs travaux d'aiguille. || On trouve aussi, en ce sens, chiffonnière au féminin, beaucoup moins usité. Ils passent leur vie dans leurs appartements où ils ne voient que des lustres, des bougies, des glaces, des secrétaires, des chiffonnières, bern. de st- PIERRE, Étude IV.
— ÉTYM. Chiffon.
CHIFFRE (chi-fr'), s. m.||l° Caractère qui relirésenle les nombres. Les chiffres arabes (l , 2, s, *, », 6, 7, 8, 0, 0). Les chinVes romains (I, V,
A ^' '^'i.'^' **'■ '' familièrement et fig. C'est un aéro en chiffre, se dit d'un homme qui n'a aucune imjortAnce. 1| Outre les chiffres romains, on se servait au moyen Sge, dans les comptes, de chiffres
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particuliers, qu'on appelait chiffres financiers, et qui différaient très-peu des chiffres romains. j| Anciennement, chiffre s'est dit au singulier pour désigner les chiffres en général. Apprendre le chiffre. Il 2° Le montant ou total. Le chiffre du budget s'élève de plus en plus. Le chiffre de nos dépenses augmente chaque année. || 3° Par extension, caractères de convention pour une correspondance secrète. La clef du chiffre, l'alphabet qui sert à écrire en chiffres ou à lire ce qui est écrit en chiffres. Les dépêches de Pomponne étaient en chiffres, et celui qui déchiffrait se trouva à l'Opéra, st-sim. 7(, tes. J'ai lu votre lettre, quoique le chiffre fût un peu brouillé, boss. Leur, quiét. I&i. Ces légats ont un chiffre avec le pape: c'était une invention alors très-peu commune, volt. Mœurs, <72. ||4° Façons de parler dont certaines personnes font usage pour s'entendre sans être comprises des autres. C'est un chiffre entre eux. || Par analogie. Il n'y a nul chiffre à tout ceci, SÉV. lOG. Le vieux Testament est un chiffre, pasc. Fig. 6. || 5° Marques que les commerçants, ceux surtout qui font le détail, mettent sur des étiquettes qu'ils attachent aux marchandises pour en désigner le prix d'achat et de vente; la valeur de ces caractères est tout à fait arbitraire et connue d'eux seuls. || 6° Entrelacement des lettres initiales. Faire dessiner, graver son chiffre. Ces fleursFormaient le chiffre des sœurs, la font. Tabl. Ce fer porte le chiffre et le nom du coupable, ro- TROU, Vencesl. iv, c. Dieu sait quels lacs d'amour, quels chiffres, quelles fleurs, biîgnieb, Sat. xi. Je dois vaincre; j'ai de ma belle Et les, chiffres et la couleur, BÉRANG. Charles Vil. Arbre, croissez, disais-je, où nos chiffres tracés Consacrent à l'amour nos noms entrelacés, chaulieu, Au chev. de Bouillon, iH2. Il 7° S. m. plur. Dans lamusique, caractères numériques qu'on i)lace au-dessus des notes (le la basse pour indiquer les accords qu'elle comporte. Ainsi 5 ou 3 avec le 5 au-dessus indique l'accord de tierce et quinte, c'est-à-dire l'accord parfait majeur; l'accord parfait mineur met un bémol à la place du 3.
— HIST. xiii* s. Li première figure fait ( , la seconde fait 2, la tierce fait 3, et les autres ausi jusc'à la darraine qui est apelée cyfre.... cyfre ne fait riens, mais ele fait les autres figures multeplier, Coniput, f° )B. Tues U cyffres[zéro] d'angori.sme [numération], Qui ne fait fors tolir le lieu D'autre figure, Les vers du Monde. || xv s. Et venoit de piteuses lettres en chiffre, et en grand difficulté [des assiégés de Novarre], comm. viii, 9. Aussi bien n'y suis fors que une ciffre donnant umbre et encombre, chastel. Chron. des ducs de Bourg, ii , 20. || xvi« s. Il fut remis en prison pour des lettres escrittes en chiffre, qu'un gueux portoit dans un baston creux, d'aub. Hist. Il, 89. Les Polonois admirèrent les confusions bien desmeslées, les chiffres bien formez du ballet, les musiques différentes, id. ib. ii, 404. Ces lettres estoient en chifre double et très-difficile, ID. ib. m, 236. Avecques euli [les Vénitiens] leur duc Serenissime, Qu'on peult juger un chiffre [zéro] en algorisme. Lequel tient heu et de soy n'a pouvoir. Mais seulement fait les autres valoir, j. marot, i, 80. Une chesne de perles enfilées dans de l'or, avec des chiffres du Roy, esmaillée de gris, prisée cinq cens escus, DELABORDE, Émaux, p. 2)3 Quelques sots et glorieux Italiens se sont voulus affubler de tel honneur pardessus nous, qu'ils semblent, par leurs escrits,nousreputer comme chiffres [zéros], pasquier. Lettres, 1. 1, p. 4b, dans lacurne. La dixiesme figure [des nombres] de soy ne vault ou signifie rien ; mais elle, occupant ung ordre, faii. valoir celles qui sont après elle ; et pour ce est appelée chiffre ou nulle, ou figure de nulle valeur, de laroche, Artsmelique, S° 7.
— ÉTYM. Espagn. et portug. cifra; ital. cifra, cifera. Le chiffre est primitivement le zéro, de l'arabe çafar, vide, à cause que le zéro est vide de toute valeur. De la signification de zéro, chiffre a passé à la signification générale de signe de numération.
CHIFFRÉ, ÉE (chi-fré, frée), part, passé. || 1° Numéroté. Des pages chiffrées. || 2» Écrit en chiffres, caractères secrets. Une lettre chiffrée.
CHIFFRER (chi-fré), V. n. || 1° Calculer avec les chiffres. Je l'ai vu calculer, nombrer, chiffrer, rabattre, J. B. Rouss. nép. à Chaul. Peut-être devraient-elles apprendre à chiffrer avant tout, J. j. ROUSS. Ém. v. Il 2° V. a. Numéroter. Chiffrer les feuillets d'un registre. || Évaluer en chiffres. On veut tout chiffrer aujourd'hui. || S» Ecrire en chiffres. Chiffrir une dépêche. Albéroni avait écrit et chiffré de sa main tout ce qui concernait les négociations