SYN. CHIQUENAUDE, CROQUIGNOLE, NASARDE
pichenette. Le lieu où la chiquenaude et la pichenette se donnent est indéterminé; la nasarde est restreinte au nez d'après son étymologie; et la croquignole se donne sur toute partie du visage.
— HIST. XVI" s II ne lui faisoit mal en plus que feriez baillant une chinquenaulde sus ung enclume de forgeron, rab. Pant. u, 29. Chicquenode , PALSGRAVE, p. 220. J'ay veu des hommes , des femmes et des enfants ainsi nays, qu'une bastonnade leur est moins qu'à moy une chiquenaude, MONT. I, 4 65.
— ÉTYM. Origine inconnue. Génin propose le radical de chique, chicot, et naude pour nasaud, nez : petit coup sur le nez; mais naurfe pour imsaiid n'est pas admissible. L'orthographe chmijiupnnuWe de Rabelais ne conduit à rien. Le picard dit pikenote où l'on semble voir le verbe piquer et une terminaison note qui serait la même que naude, mais dont le sens est inconnu.
I CHIQCENILLE (chi-ke-ni-U', Il mouillées) , s. ^. Ancienne forme de souquenille. Encore met-il une chiqueniUede toile par-dessus ses vêtements, dès qu'il est à la maison, Francion, liv. vui, p. 340.
— ÉTYM. Voy. SOUQUENILLE.
t. CHIQUER (chi-ké). |1 1° V. n. Mftcher une chique de tabac. || Tabac à chiquer, tabac qui a reçu une préparation, et est" mis en rouleaux ou autrement. Il V. a. Chiquer du tabac. || 2» Terme populaire. Manger de bon appétiL || 3° Se chiquer, ». ré/l. Ëlre chiqué. Ce tabac se chique très-bien.
— ÉTYM. Picard, chiquer, manger; chicon, gros morceau de pain (voy. chique 2). Chiquer, manger, c'est mettre en petits morceaux, comme l'ancien français menuiser, de menu. Chicon signifiant en picard un morceau de pain, chique signifiant en normand un chiffon, on conçoit comment en normand, chiffon de pain s'est dit pour chicon.
t 2. CHIQUER (chi-ké), V. a. Terme d'atelier de peintre. Faire habilement
— ÉTYM. Chic.
t S. CHIQUER (SE) (chi-ké) , e. réfl. Se couvrir de chiques, être dévoré par les chiques.
— ÉTYM. Chique I .
CHIQUET (chi-kè; le l ne se lie pas dans le parler ordinaire : chi-kè à chi-kè), s. m. Petite partie d'un tout, d'une pièce, d'une mesure. Un chiquet de vin, d'eau-de-vie. || Chiquet à chiquet, par très-petites parties. Payer chiquet à chiquet. De l'argent et du pain, il n'y en mit [à l'armée de Flandre] que chiquet à chiquet, et elle se trouva abandonnée souvent à sa propre industrie, st-sim. 232, 102. Chiquet à chiquet, dans quelques dixaines d'années, l'Héritier de village, Paris < 729, in-S", se. vu, p. 37, dans Fil. MICHEL, Argot.
cm
— HIST. XVI* S. Chiquet à chiquet, oudin, Curiosités.
— ÉTYM. Picard, chiket, petit chanteau, chiketic, petit morceau; du même radical que chique, chiquer, chiche.
t CHIQUETAGE (chi-ke-ta-j'), s. m. Action de chiqueter.
fCHIQUETER (chi-ke-té), v. a. Terme de métier. Mettre en morceaux. || Déchirer la laine avec le» cardes. {| Tracer des raies sur une piùce de pâtisserie, sur une poterie, pour l'orner. |{ Faire un semis de taches sur un fond de marbre peint,
— ÉTYM. Chiquet; picard, chikeler, couper p.ir petits morceaux.
tCHIQUETTE (chi-kè-f), s. f. Le môme que chiquet. M. le président Hénauk ne veut point que jo donne Pierre [ l'histoire de Russie] cliiquette à chiquette, volt. Lett. Mme du Deffant, <0 oct. 4 760.
fCHIQUEUR (chi-keur), s. m. Celui qui chique, qui mflche du tabac. || Populairement, celui qu' aime à faire bombance.
— ÉTYM. Chique 2.
tCHIR.... CHIRC... Préfixe qui signifie main et qui est le grec ytip. C'est une faute de représenter, comme cela a lieu dans certains termes techniques, y.e(p par cheir : I'ei grec se rend en français par «'. " CHIRAGRE (ki-ra-gr'), s. ^. || l-Terme'de médecine. Goutte qui attaque les mains. || Terme de fauconnerie. Espèce de goutte que les oiseaux ont quelquefois aux pattes. || 2° Àdj. Qui a la goutte aux mains. Un homme chiragre.
— HIST. xvr s. J'ay souventesfois ouvert les veines et artères du mesme lieu, comme à la chiragre et podagre, les veines du pied ou de la main, et à la migraine les artères et veines des temples, PARÉ, XV, 66. Ce chiragre nous voyant rire et moquer de sa main, bouchet, Serées, liv. m, p. 89,
dans LACURNE.
— ÉTYM XetpâfP»! «ie chir (voy. cmR....), et lÎYpa, prise, capture, mot qui paraît demême racine que ôfoio;, sauvage, àfpo;, champ (voy. agreste).
f CHIRAZ (chi-raz'), J. m. Petit chir.iz, cépage qui, avec la roussane et la marsanne, sert à fairo le vin de l'Ermitage.
— ÉTYM. Chirax, ville et canton de Perse où croît un vin renommé.
t CHIRITE (ki-ri-f), s. f. Terme de minéralogie. Stalactite ayant l;i forme d'une main.
t CUIROBALISTE ki-ro-ba-li-sl ) , s. /'. Arbalète.
CHIROGRAPHAIRE (ki-ro-gra-fê-r*), adj. Terme de droit. Créancier chirographaire, celui qui ne peut prouver ce qui lui est dû , que par une écriture privée, sans acte authentique. On dit de môme créance chirographaire. {| Celui qui n'est pas créancier hypothécaire ou privilégié, parce qu'autrefois toute créance constatée par acte authentique emportait hypothèque.
— HIST. XVI* s. En déconfiture, tous créanciers viennent à contribution au sol la livre sur les meubles, et les chirographaires et sceduliers sur les immeubles, loysel, 685.
— ÉTYM. Chirographarius , de chirographum , chirographe.
f CHIROGRAPHE (ki-ro-gra-f), s. m. Terme de diplomatique. Diplôme revêtu d'une signature. Il Charte, pièce sur laquelle le même acte est écrit deux fois. || Bref du pape non publié, non promulgué.
fliST. XII' s. Le cyrogrefe al rei li arcevesques
prent,rh. lemart. 67.||xiii's. Etporçouque ce soit ferme chose et estaule, si en est fait cyrograpbies et livres en la main des eskievins, tailliar, Recueil, p. 30. Ly abbes et ly couvens m'ont baillié, des convenemens devant dits, lettres seellées de leur seaulx et cyrographes, nu cange, chirographum.
— ÉTYM. Chirographum . de/Etpôfpaçov. de xs'p. main (voy. chir....), et ypiçeiv, écrire (voy. grabhique).
t CHIRGGirMTNASTE (ki-ro-gi-mna-sf ), s. m. Terme de musique. Appareil destiné à exercer les doigts des élèves qui étudient le piano.
— ÉTYM. Chir.... (voy. chir....), et gymnaste. qui s'exerce.
CHIROLOGIE (ki-ro-lo-jie) , s. f. Art de parier par signes faits avec lesdoigts. On ditplutfitdactylolalie.
— ÉTYM. Chiro.... (voy. CRiR....), et )ÔTro;, discours (voy. LOGIOUF.).
I CHIROLOGIQUE (ki-ro-Io-ji-k') , ad}. Oui a rapport à la chirologic.
CHIROMANCIE (ki-ro-man-sie), s. f. Art prétendu de connaître ce qui doit arriver à quelqu'un par l'inspection de sa main. Il suffira de dire qu'il s'est raiMé de deviner, sans exprimer si t;'esl par la
CHI
CUL
CUL
chiromancie ou par un pacte avec le démon, pasc. Prou. <0. Quelques prêtres égyptiens exerçaient la chiromancie, volt. Mœurs, I04. || On trouve aussi chiromance.
— ÉTYM. Xeipo[ioivT£ia. de chiro et v\ancie. CHIROMANCIEN, lENNE (ki-ro-man-siin, siè-
.1') , s.m.QX f. Celui , celle qui pratique l'art prétendu delà chiromancie.
— HlST. XVI* s. Autres sont nommés cheiromanciens, parce qu'ils devinent par certains lineamens qui sont es mains, paré, xix, 31. U advient de là qu'il n'est rien creu si fermement que ce qu'on sçait le moins ; ny gents si asseurez que ceulx qui nous content des fables, comme alchymistes, prognosticquéurs, judiciaires, chiromantiens , médecins, mont.
— ÉTYM. Chiromancie.
t CIIIRON (chi-ron) , s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères qui renferme trois espèces attaquant toutes trois les olives.
t CIIIRONECTE (ki-ro-nè-kf), s. m. Terme de zoologie. Espèce du genre sarigue, qui est aquatique.
— ÉTYM. Xeip, main, et vTjxTri;, nageur.
I CHIRONIEN, lENNE (ki-ro-niin, niè-n'), adj. Terme de chirurgie. Ulcère chironien, nom donné anciennement à des ulcères invétérés, à. bords durs et calleux, d'une guérison difficile.
— HIST. xvi» s. Ulcère telephien, parce que Telephus en a esté malade; chironien, parce que Chiron en a guéri le premier, paré, xi, (.
— ÉTYM. Le centaure Chiron.
t CHIRONOME (ki-ro-no-m') , s. m. Celui qui enseigne la chironomie.
t CHIRONOMIE (ki-ro-no-mie) , s. f. L'art de régler le mouvement des mains, c'est-à-dire d'approprier les gestes aux discours.
— ÉTYM. XEipovonta, de chiro.... (voy. chir....), et vôijioî, règle.
i CIIIRONOMIQUE (ki-ro-no-mi-k') , adj. Qui a rapport à la chironomie.
t CUIROPLASTE (ki-ro-pla-sf) , s. m. Terme de musique. Instrument pour faciliter l'étude du piano.
— ÉTYM. Chiro.... (voy. chir....), et itAâsaeiv, former (voy. plastique).
f CUIROPTÈRE (ki-ro-ptê-r') , s. m. Terme' de zoologie. Les chiroptères, ordre de mammifères dont les membres antérieurs ont les os très-allongés et réunis par une membrane (d'où la faculté de voler comme les oiseaux), et qui ont les dents aiguës des carnas.siers. Telle est la chauve-souris.
— REM. On trouve, dans les livres d'histoire naturelle, chéiroptères; mais c'est une mauvaise orthographe (voy. chir....).
— ÉTYM. Chiro.... (voy. chir....), et icrepàv, aile. -\ CHIROTONIE (ki-ro-to-nie), s. f. Terme de
théologie. Imposition des mains. || Terme i'anliquité grecque. Action de voter en levant la main.
— ÉTYM. Chiro.... (voy. chih....), et xsiveiv, étend.re.
CHIRURGICAL, ALE (chi-rur-ji-kal, ka-l"), adj. Qui appartient à la chirurgie. Les moyens chirurgicaux. Il y a dans presque toutes les maladies des secours antérieurs à l'opération chirurgicale, dider. LcUre.
— ÉTYM. Chirurgie.
CHIRURGIE (chi-rur-jie), s. f. Partie de l'art de guérir qui s'occupe des maladies externes, do leur traitement, et, particulièrement, des procédés manuels qui servent à leur guérison.
— HIST. xii* s. X faire chevalerie N'estes vous mie aloses; Ainçois estes mieus moulés  savoir de sirurgie, hues de la ferté. Romancero, p. 188. Il XV' s. Guérir ne se peut maladie Par phisique ne cireurgie, CH. d'oul. Bail. 88. || xvi" s. La première partie de la médecine est dicte chirurgie, qui par manuelle opération guarit les maladies, paré, Préface.
— ÉTYM. Xeipoupifla, dexEÎp, main (voy. chir....) et SpTov, œuvre (voy. organe).
CHIRURGIEN (chi-rur-jiin), s. m. \\ 1° Celui qui exerce la chirurgie. Un bon chirurgien. U s'était élevé un procès entre les médecins et les chirurgiens , espèce de guerre civile qui divisait les citoyens d'un même état, fonten. Geoffroy. Il vint à Paris à dixhuit ans s'instruire à l'hôtel-Dieu, la meilleure de toutes les écoles pour de jeunes chirurgiens, m. Mery. C'est ainsi que Dieu, comme un: chirurgien, avec son couteau affilé et à deux tranchants à la luain, qui est sa parole, pénètre les jointures, les moelles, les pensées, les intentions les plus secrètes B03S. Pensées chrét.wni. \\ Chirurgien herniaire, s'est dit de ceux qui s'occupaient spécialement des her-
nies. Il Chirurgien bandagiste, s'est dit de ceux qui fabriquaient des bandages et qui étaient , comme les autres chiruigiens, reçus à Saint-Côme (c'était autrefois i'école de chirurgie, distincte de l'école de médecine). || 2° Poisson des mers de l'Amérique, ainsi nommé de deux arêtes fort tranchantes, et plates comme des lancettes, qu'il porte à cflté des ouïes. Il Proverbe. 11 faut avoir jeune chirurgien, vieux médecin et riche apothicaire.
— REM. On fait, si l'on veut, envers chirurgien de quatre syllabes. Vite un chirurgien. — Qu'il vienne à l'audience, rac. Plaid, n, <3.
— HIST. xiu* s. Pour ce que il puet avenir que, quant murtrierou larron sunt bleciez ou blecent autrui, vienent celéement aus cyrurgiens de Paris, et se font guérir celéement..... Zi«. des met. 4(9. Je sai une fisicienne Qui à Lions ne à Viane, Ne tant comme h siècles dure. N'a si bone serurgienne, RU- TEB. 37. Quant il vint là, il ne pot parler : pluseurs des cyrurgiens et des phisiciens de l'ost alerent à li, JOINV. 218. Fisique, Ypocras, Galien, Et cil hardi cirurgien, Bat. des 7 arts. || xiv* s. El se un cyrurgien fendoit ou tranchoit aucun membre pour guarir un homme et il le oecioit, oresme, Elh. 62. Il xv s. Ni surgien ni médecin n'y purent oncques remédier, qu'il n'en mourust, froiss. ii, m, 96. Et bien avoit [le roi Charles] la connoissance [de sa maladie], aussi avoieiit ses eu urgieiis et médecins, ID. Il, II, 70. || xvi° s. Le chirurgien qui avoit pînsé la playe du chevalier Bayard montra à son barbier comme il le pensoit et lui donna un onguent pour faire un emplastre qu'il devoit lui appliquer tous les jours, llist. du chevalier Bayard, p. 286, dans LACURNE. Nous defondons et inhibons par tous les trois edits (porte le langage latin) que, dans la ville et vicomte de Paris, nuls chirurgiens et chirurgiennes ne puissent exercer l'art de chirurgie, soit publiquement ou en privé, s'ils n'ont esté préalablement examinez etapprouvezparlesautresmaistres chirurgiens jurez demeuranz à Paris, à ceexpre.ssement appeliez. Chose de prime face estrange et toutefois excusable, si par nos anciens romans (images de nos coustumes anciennes) nous trouvons que nos chevaliers ayans esté casuellement blessez parla campagne, ils avoient recours aux plus proches chasteaux, dans les quels ils trouvoient leur guérison' par le ministère des preudes dames et damoiselles, PASQUIER, Recherches, u., p. 820, dans la-
CUHNE.
— ÉTYM. Chirurgie; génev. cérusien, c&ugien.
L'anglais surgeon vient de la forme serurgien , surgien. Dans le moyen âge, \e cyrurgien était le même que notre chirurgien d'aujourd'hui ; le médecin se disait physicien (qui est devenu le nom du médecin en anglais, et qui dérive de physique), oumiege, de medicus, ou mire, de pûpov, onguent. Du reste, ces trois appellations prenaient souvent l'acception générale d'homme qui traite les maladies soit internes soit externes.
CUIRURGIQUE (chi-rur-ji-k'). || 1° Àdj. Qui appartient à la chirurgie. Synonyme moins usité de chirurgical. || 2° Subst. Il se rencontre tous les jours une infinité de cas particuliers oii le chirurgique et le'médicinal ne se démêlent point, dider. Lettre.
— HIST. XVI* s. Des instrumens propres pour l'opération de nostre art chirurgique, paré. Dédie.
— ÉTYJI. Chirurgiens, de xs'povipYixô; (voy. chiburgie).
CUISTE (ki-sf), s. m. L'Académie donne ce mot ainsi orthographié ; mais c'est une fausse orthographe, puisqu'il vient de xOfftic. Il faut l'écrire kyste (voy. ce mol).
f CHITE (chi-f) , s. f. Sorte de toile de l'Inde imprimée avec des planches de bois et dont les couleurs sont très-durables.
CHIURE (chi-u-r'), s. f. Excréments que font les mouches et d'autres insectes, hannetons, etc.
— ÉTYM. Chier.
CHLAMYDE (kla-mi-d'), s. f. Sorte de manteau des anciens, retenu au cou ou sur l'épaule droite par une agrafe.
— ÉTYM. Le latin chlamys, de y>aiiû;.
t CHLAMYPHORE (klami-fo-r'), s. m. Terme de zoologie. Genre de la famille des tatous.
— ÉTYM. Le latin chlamys, tunique, et ipopiç, qui porte.
t CHLÉNACÉ, ËE (klé-na-sé, sée), adj. Terme de botanique. Dont la capsule est enveloppée par l'involucre épaissi.
— ÉTYM. XXaîva, tunique.
t CHLOASMA (klo-a-sma), s. m. Terme de médecine. Nom donné aux taches hépatiques.
— ÉTYM. XXiia(T|xa, de x),oà!;eiv, pàUr,
t CHLORACIUE (klo-ra-si-d') , s. m. Terme de chimie. Acide dans lequel le chlore joue le rôle de principe acidifiant.
— ÉTYM. Chlore, acide.
t CHLORAL (kio-ral) , s. m. Terme de chimie. Mot formé des syllabes chlor et al, pour indiquer un composé de clilore et d'alcool.
t CHLORANTHE (klo-ran-f) , adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs vertes. || Qui est affecté de chloranthie.
— ÉTYM. XXcopôc, vert, et âveoç , fleur.
t CHLORANTHIE (klo-ran-tie) , s. f. Terme de botanique. Ëtat tératologique dans lequel les organes floraux revêtent la couleur verte, la consistance, et même quelquefois la forme des feuilles.
— ÉTYM. Chloranthe.
CHLORATE (klo-ra-t'), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels, appelés autrefois muriates suroxygénés, qui résultent de la combinaison de l'acide chlorique avec les bases.
— ÉTYM. Chlore.
CHLORE (klo-r"), s. m. Terme de chimie. Corps simple, gazeux, d'un jaune verdâtre, d'une odeur forte et suffocante, d'une saveur caustique, d'une densité de 2,44, et l'un des corps les plus électronégatifs. Le chlore a été découvert par Scheele en 1774, étudié par Lavoisier qui le croyait composé; enfin, en 1809, Gay-Lussac et Thenard en France, et Davy en Angleterre, le reconnurent pour un corps simple. Il Chlore liquide, eau saturée de chlore et jouissant des mêmes propriétés chimiques que le chlore gazeux.
— ÉTYM. Xî.topà; , iaune , verdâtre , nom donné au chlore par Ampère, à cause de sa couleur.
t CHLORÉ, ÉE (klo-ré, rée), adj. Terme de chimie. Qui contient du chlore.
— ÉTYM. Chlore.
f CHLOREUX (klo-reû) , adj. Terme de chimie Acide chloreux, corps gazeux, soluble dans l'eau, d'une odeur analogue à celle du chlore, qui possède une action désoxygénante des plus puissantes.
— ÉTYM. Chlore.
t C1IIX)RHYDRATE (klo-ri-dra-f) , s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chlorhydnque avec les bases, et dits autrefois hydrochlorates.
— ÉTYJI. Chlorhydrique.
f CHLORHYDRIQUE, (klo-ri-dri-k'), od/. Termedo chimie. Acide chlorhydnque, Jiydracide composé de volumes égaux d'hydrogène et de chlore, dit autrefois hydrochlorique, et plus anciennement encore muriatique.
— ÉTYM. Chlore, ethydr, qui représente hydrogène, avec la finale adjective ique.
t CHLORIBASE (klo-ri-ba-z'), s. f.lerme de chimie. Composé binaire du chlore qui se comporte comme une base.
— ÉTYM. Chlore, et hase.
f CULORIDE (klo-ri-d'), s. m. || 1» Nom donné par Berzelius aux combinaisons électro-négatives du chlore avec les corps métalliques et méuilloïdes, lesquelles se comportent à la manière des acides. Il 2° Nom donné par Ampère à une famille de corps simples comprenant le chlore, le lluor, le brome, l'iode et le sélénium.
— ÉTYM. Chlore.
CHLORIQUE (klo-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide chlorique, acide formé de chlore et d'une plus grande proportion d'oxygène que l'acide chloreux.
— ÉTYM. Chlore.
t CHLORIS (klo-ris'), s. prop. f. Bouquet à Chloris, petite pièce de vers galante.
— ÉTYM. Chloris, épouse deZéphyre, et la même que Flore, nommée ainsi, c'est-à-dire la verte, de x'Awpô; (voy. chlore).
t CHLORISTIQUE (klo-ri-sti-k') , adj. Terme de chimie. Qui a rapport au chlore. Théorie chloristique.
— ÉTYM. Chlore.
t CHLORITE (klo-ri-f) , s. m. Terme de chimie Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chloreux avec une base.
t CHLOROFORME ( klo-ro-for-m'), s. m. Terme de chimie. Substance liquide, incolore, oléagineuse, aromatique, obtenue en traitant l'alcool par les hypoohlorites, particulièrement par celui de chaux, et qui a, comme l'éther, la propriété de produire l'anesthésie.
— ÉTYM. Cette substance fait partie du groupe de corps dont la composition élémentaire représente l'acide formique, dans lequel l'oxygène serait remplacé par autant d'équivalents de chlore: de là cette dénomination de chloroforme , c'est-à-dire chlore et jormique (voy. formique).
CHO
f CHLOROFORMER (klo-ro-for-mé). Voy. chi.o- RoroRMisRR.
f CIILOROFORMIQUE ( klo-ro-for-mi-k' ) , adj. Terme (ie chimie. Qui a rapport au chloroforme. Insensibilité ou anesthésie chloroformique.
— ÉTYM. Chloroforme.
f CULOROFORMISATION (klo-ro-for-ml-za-sion) , s. f. Administration du chloroforme pour produire l'insensibilité.
f CHLOKOFORMISEn (klo-ro-for-mi-zé), «. a. Mettre dans l'insensibilité par l'administration du chloroforme.
— ÊTYM. Chloroforme.
I CHLOROMÈTRE (klo-ro-mè-tr') , s. m. Terme de chimie. Appareil ou moyen à l'aide duquel on détermine la proportion de chlore contenue dans une liqueur ou co-nbinée à l'état d'hypochlorite.
— ÉTYM. Chlore . et |xéTpov , mesure.
t CnLOROMÊTRlE (klo-ro-mé-trie), s. f. Terme de chimie. Méthode d'analyse pour déterminer la quantité de chlore contenue dans une combinaison.
— lîïYM. Chloromètre.
tCHLOROPHANE (kio-ro-fa-n'). || 1° .Idj. Terme
d'histoire naturelle. Qu' aune teinte jaune. || 2° S. m. Nom d'un genre de coléoptères d'un vert tendre. Il 3° 5. f. La chlorophane, variété de fluorine de Sibérie, de couleur violette, qui, chauffée, devient phosphorescente d'une belle lumière verte.
— ÉTYM. XXwpo;, vert, et çaiveiv, paraître.
t CHLOROPHYLLE ( klo-ro-fi-r ) , s. f. Terme de chimie. Matière colorante verte des feuilles.
— ÉTYM. XXtupoi;, vert, et çOXXov, feuille.
CHLOROSE fklo-rô-z') , s. f. \\ 1° Terme de médecine. Maladie qui affecte spécialement les jeunes filles non réglées, caractérisée par la pâleur excessive, la teinte jaunâtre ou verdâtre de la peau, la flaccidité des chairs, la blancheur de la conjonctive, et divers autres accidents. || 2° Terme de botanique. Étiolement ou décoloration des plantes.
— ÉTYM. X),(i>pèç, jaune et verdâtre (voy. chlohe).
t CHLOROSEL (klo-ro-sèl), s. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de deux chlorures.
— ÉTYM. Chlore, et sel.
CULOROTIQUE (klo-roti-k') , adj. \\ l-Oui est atteint de la chlorose. Une jeime fille chlorotique. I| Substantivement. Une chlorotique. Des chlorotiques. Il 2" Qui appartient à la chlorose. Accidents chlorotiques.
— ÉTYM. Chlorose.
CHLORCRE (klo-ru-r"), s. m. Terme de chimie. Combinaison du chlore et d'un corps simple, autre que l'oxygène et l'hydrogène. Un des principaux est le chlorure de sodium, nom scientifique du sel do cuisine, sel marin, ou, simplement, sel.
— ÉTYM. Chlore.
t CHLORURÉ, ÉE (klo-ru-ré, rée), part, passé. Oui contient du chlore ou du chlorure. Une liqueur chlorurée. || Roches chlorurées, dépôts de sel gemme.
t CHLORURER (klo-ru-ré), o. a. Terme de chimie. Imprégner de chlorure ou de chlore. 11 faut chlorurer ce mélange.
t CUOANOÏDE (ko-a-no-i-d'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un entonnoir.
— ÉTYM. Xoocvri, entonnoir, et sTSoc, forme. CHOC (chok), s. m. Il 1° Rencontre violente d'un
corps avec un autre. Le choc le renversa. Non-seulement les comètes ne troublent point sensiblement par leurs attractions les mouvements des planètes et des satellites; mais si, dans l'immensité des siècles écoulés, quelques-unes d'elles ont rencontré ces corps, comme cela est très-vraisemblable, il ne paraît pas que leur choc ait eu sur ces mouvements une grande influence, la place. Mécanique cél. t. IV, p. 266. Il tombe au moindre choc, boil. Sat. vjii. D'un carrosse en passant il accroche une roue, Et du choc le renverse en un grand tas de boue, id. ib. vu. Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée ; Le paroissien en plomb entraîne son pasteur, la font. Fahl. vu, \\. Mourir d'un coup de lance ou du choc d'une pique, hé- GNiiîR, Sal. VI. Il Le choc des verres, l'action de trinquer. Préférons, puisqu'enfin nos cœurs flambent encor. Aux discours larmoyants le choc des coupes d'or, V. HUGO, Voix intér. vi. || 2° Terme de physique. Action qu'un corps mis en mouvement exerce, on vertu de sa masse et de sa vitesse acquise, sur les corps qu'il rencontre. || Choc en retour, se dit du coup de foudre qui va frapper un objet à une assez grande distance du point où la foudre a éclaté. Il 3° ferme de guerre. Rencontre, attaque vigoureuse entre deux corps armés. Le choc de deux eseaarons. Les ennemis furent renversés au pre-
CHO
mier choc. Il Action de choc, action où les combattants s'abordent corps à corps, par opposition à action de feu. || Fig. Conflit, lutte, opposition. Le choc des intérêts. Le choc des élément», l'orage. Le choc des opinions. Les fastes de l'histoire Me montrent des Ëtats l'un par l'autre abattus. Le choc des nations et trop peu de vertus, st-lambsrt. Saisons, /iitier. Il 4° Par extension, atteinte, revers subit. Ce choc ébranla sa fortune. Tel qu'on l'avait vu dans tous ses combats, résolu, paisible, occupé sans inquiétude de ce qu'il fallait faire pour les soutenir, tel fut-il à ce dernier choc [l'article de la mort], Boss. lauis de Bourb. Supposons toutefois qu'encor fidèle et pure, Sa vertu de ce choc revienne sans blessure, boil. Sat. x.
— HIST. XVI" s. Cette armée deffaite du premier choc, d'aub. Hist. i, <49. Combien à bon compte nostre vie se peult maintenir, il ne se doibt exprimer mieulx que par cette considération, que c'est si peu qu'il eschappe la prinse et le choc de la fortune par sa petitesse, MONT. IV, t55. S'il y a plusieurs enfans représentant un docedé, iceux font une teste et chocq [souche] contre chacun de leurs oncles ou autres aux quels ils doivent succéder, Coustum. gén. t. ii, p. 897.
— ÉTYM. E.spagn. choque; ital. cioco, souche; picard, choque, souche. Le choc est le heurt contre une choque ou souche (comp. souche).
t CHOCHE-PIERRE (cho-che-piê-r'), s. m. Un des noms provinciaux de l'oiseau dit gros-bec.
— ÉTYM. Choche et pierre. Choche est une forme picarde qui signifie frapper, presser, et qui se trouve dans cauchemar (voy. ce niot).
t CHOCHE-POULE (cho-che-pou-V), s. m. Un des noms provinciaux du milan.
— ÉTYM. Choche ( voy. choche - pierre ) , et poule.
CHOCOLAT (cho-ko-la; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. || 1° Pâte alimentaire préparée avec des amandes de cacao, du sucre ou du miel et souvent quelques aromates. Une tablette de chocolat. Du chocolat à la vanille. || 2° Boisson préparée avec cette pâte, dissoute dans de l'eau ou du lait. Une tasse de chocolat. D'abord deux filles jolies et proprement mises servirent du chocolat, qu'elles firent très-bien mousser, volt. Cand. 26. Il 3° Adjectif invariable. Couleur chocolat. Teinte chocolat. Étoffe chocolat.
— ÉTYM. Espagn. chocolaté; ital. cioccolala; du mexicain calahuatl, chocolatl, chocolat.
CHOCOLATIER (cho-ko-la-tié) , s. m. Fabricant, marchand de chocolat.
CHOCOLATIÈRE (cho-ko-la-tiê-r'), s.f.\&seoù l'on prépare le chocolat pour le prendre en boisson. Chocolatière d'argent.
— ÉTYM. Chocolat.
t CUOCOTTE (cho-ko-f) , s. f. Un des noms vulgaires du choucas.
— ÉTYM. Voy, CHOUCAS.
iCUOÉPHORE (ko-é-fo-r'), s. f. Terme d'antiquité grecque. Femme qui porte les offrandes destinées aux morts.
— ÉTYM. XoT], libation, et çopo;, qui porte. CHOECTR (keur) , î. m. || 1° Terme de l'antiquité
grecque. Ensemble de gens qui dansent ou marchent en cadence : ce sens n'est guère usité que dans la poésie ou en parlant des anciens. Apollon musagète dirige le chœur des muses. Diane guide les chœurs des nymphes. Formant des chœurs de danse, portant des corbeilles, J. J. Rouss. Ém. v. Faunes, sylvains, bacchantes et dryades. Autour de moi formez des chœurs joyeux, déranger, Vinde Chypre. Il 2" Dans la tragédie ou comédie grecque, réunion de gens qui marchaient ou dansaient ensemble en chantant ou déclamant des vers lyriques; sorte de personnage collectif et chantant, soit qu'il occupât les intermèdes, soit qu'il intervint dans le cours même de la pièce. La tragédie, informe et grossière en naissant. N'était qu'un simple chœur où chacun, en dansant. Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges, BOIL. Art p. m. Sophocle .... intéressa le chœur dans toute l'action, id. ib. \\ Par extension de l'antique, les membres d'un corps de ballet qui dansent ensemble. Les coryphées sont employés utilement dans les chœurs qui offrent l'image de ceux des Grecs, noverre, Letl. xxv. Sur les arts imilateurs. Il Dame de chœurs, celle qui danse dans les' chœurs et qui ne danse pas seule. || Par extension, ce que les chœurs chantent ou sont supposés chanter. Les chœurs d'Eschyle. Il y a de beaux chœurs dans cet opéra. Racine a mis des chœurs dans Esther et dans Athalie. j| 3" Réunion de per-
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sonnes qui chantent ensemble, sans figurer marche ni danse. Les chœurs de l'opéra. Un chœur de vieillards, déjeunes filles. Être engagé dans les chœurs. Pourquoi une actrice des chœurs discordants de l'Académie royale de musique a-t-elle été trois jours dans sa cave [avant d'être enterrée]? VOLT. Dial. XXI. Il Terme d'église. Ceux qui chantent. Le chœur répond au célébrant. || Terme de théologie. Les neuf chœurs desanges.lesneufordresde la hiérarchie céleste. De tous les chœurs des cieux va remplir les souhaits, ROTR. St. Ce/i. iv, 6. || 4° Partie de l'église où l'on chante l'office divin, et qui est en tête do la nef. Avoir place au chœur. || Le service du chœur. Userait bien dur qu'un grand chanoine fût sujet au chœur, pendant que le trésorier, l'archidiacre, le pénitencier elle grand vicaire s'en croient exempts, la brut. XIV. Il Enfants de chœur, enfants employés dans le chœur au chant des offices, et, plus souvent encore, aux petites besognes d'église, comme servir le vin au prêtre, etc. |{ Tondu comme un enfant de chœur, se dit d'un homme dont les cheveux sont coupés de trè.s-près, ou même qui est chauve. || Dans les couvents de filles, religieuses du chœur, dames du chœur, toutes les religieu.ses qui ne sont point converses. || 5° Terme de musique. Composition de musique à plusieurs parties et exécutée par plusieurs voix pour chaque partie. Le chœur des démons dans Orphée. Le chœur des chasseurs dans Hobin dis bois. Le chœur des soldats dans CEdipe à Colorie est un chœur à trois parties qui commence par un unisson. Ce chœur est écrit à cinq parties. Il Chœur réel, quatuor dans lequel chaque voix a une mélodie distincte. || Se dit encore en parlant des grandes subdivisions d'un orchestre. Le chœur des cuivres. || 6° Dans le langage ordinaire, chant exécuté par plusieurs voix ensemble. Chanter en chœur. On répéta le refrain en chœur.
— HIST. XIII* s. Quant il furent entré el cuer, Chascunsvousist bien estre fuer [hors],Cartrestuitsi grant paor orent, ruteb. 3t6. El s'en entre dedenz le cuer à ses barons qui portent sa corone et la pome, Ass. de Jér. i, ao. || xvi" s. Et le maistre du chœur [des poètes, Virgile], après avoir estalé les noms des plus grands Romains en sa paincture, finit en ceste manière : Ilis dantem jura Catonem, mont. I, 267. Pensons-nous que les enfants de chœur prennent grand plaisir à la musique? la satiété la leur rend plus lost ennuyeuse, id. i, 3.3t.
— ÉTYM. Le latin chorus, de /.opô;, danse.
f CHOINE (choi-n') , adj. Pain choine , pain blanc. Terme vieilli.
— HlST. XV' s. Etdevent estre serviz honestement de rost et boest [bouilli] et leur sauxe appartenante avesques eulx,du paen de fouace, du paen choene, du vin blanc... Bibl. des chartes, 4* série, t. iv, p. 373.
—ÉTYM. Abréviation de chanoine: pain choina ou pain de prêtre, pain blanc.
CHOIR (choir), je chois, tu chois, il choit; chu, chue, il se conjugue avec l'auxiliaire être : ils sont chus ; les autres temps et les autres personnes ne sont pas usités; cependant Bossuet a dit : il chut, et on pourrait se servir de ce temps ; on pourrait aussi employer le futur je choirai, et sous une autre forme, je cherrai; il faut autant que possible résister à ces désuétudes mal fondées qui frappent certains mots. || V. n. Tomber. Le Pô.... dans sa caverne profonde. S'apprête à voir en son onde Choir un autre Phaélhon, malh. il, 2. Fais choir en sacrifice au-dessus de la Fiance Les fronts trop élevés de ces âmes d'enfer, id. n, t2. Tout va choir en ma main, ou tomber dans la vôtre, corn. Rodog. I, 5. Et pour te faire choir je n'aurais aujourd'hui Qu'à retirer la main qui seule est ton appui, m. Cinna, v, <. Vous laissez choir ainsi ce glorieux courage, id. Cid, ii, 5. Et ma tète en tombant ferait choir sa couronne, id. Cid, ii, t. Combien en trompe un tel espoir [d'une longue vie] , Et combien en laisse-t-il choir Dans le plus beau de leur carrière? id. Imit. i, 23. Mai.» plus dans un haut rang la faveur vous a mis. Plus la crainte de choir vous doit rendre soumis, th. cok;i. Essex, i, 2. Pour nous saluer lais.sant choir son chapeau, Régnier, Sal. X. Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir En badinant sur les bords de la Seine, la pont. Fabl. I, <9. Je l'ai laissé choir, mol. Sgan. 22. Nous l'avons, en dormant, madame, échappé belle: Un monde près de nous a passé tout du long, Est chu tout au travers de notre tourbillon, id. Fem. sav. IV, 3. Ainsi qu'on voit, sous cent mains diligentes, Choir les épis des moissons jaunissantes, volt. dansGiRAULT-DUViviER. J'ai très-bien pu, jiar distraction, faire choir sur le bouquin la bouteille
M'encre, p. l. couh. i, 93. Cet insolent chut du ciel en terre, boss. ii, Démons, 2.
— REM. Prenez garde de choir, façon de parler bourgeoise, dit de CailUÈres, 1690; ce qui montre (]ue, bien (ju'alors les meilleurs i''crivains. Corneille, Molière, La Kontaine, usas.sent du mot choir, les puristes l'écartaienl comme vulgaire. |{ La forme du futur jp cherrai, due à la prononciation normande de la diphlhongue oi, est une des traces de la confusion des prononciations dialectiques qui s'est r.iile.
— SYN. cnoiB, TOMBER. Des auteurs de synonymes mit dit que choir désignait particulièrement un choc, un coup, une impulsion qui fait perdre l'équilibre, tenverse et porte de haut en bas, tandis que tomber marque une chute d'un lieu très-élevé. Dislinclion illusoire; ces deux mots, venus l'un du latin, l'autre des idiomes germaniques, expriment exactement la même idée, comme on le voit dans le vers de Corneille cité plus haut: Tout va choir en ma main ou tomber en la vôtre; et dans cet exemple de Chapelle et Bachaiimont : Toute la nuit don- .■pies il plut. Et tant d'eau celte nuit il chut, Que.... La seule différence c'est que choir vieillit, ta.ndis •pie tomber est en plein usage. Si l'on ne dit pas i|iie la pluie ou la foudre choit, cela tient uniquement à la désuétude qui frappe le verbe choir; et la preuve que rien d'intrinsèque n'empêche de le (lire, c'est que nos pères le disaient.
— HIST. XI* s. Quant [il] le dut prendre, si lui c.iïl à terre, Ch. de Roi. xxv. Charles verrat son f.'iant orguil cadeir, t&.XLii. Queil [l'arc] me chedet I tombe, au subjonctif], com tist à Guenelon, ib. i.x. i'aut lui li cuer, si [il] est chaeit avant, ib. clxui. i harles chancelé, pourpo [peu] qu'il n'est cailt, ib. ccLxm. De bons vassals confondue et chaiete [déchue], ib. cxLvi. Il XII* s. Quant [il] le dut prendre |le gant], as piez li qiet devant, iionc. p. 17. Pluie ti'i chiet, ni erbe n'i vergie [verdoie] , ib. p. 4). [Il] ompoint le bien, si le fait jus chair, ib. p. 60. Et choent foudre et menu et souvent, i6. p. 68. En grant dolor en est France cheUe, ib. p. 69. Selles tournées et les resnes châties, ib. p. 80. Je charrai jà, se vous ne me tenez, ib. p. 94. Car le rei sun seigneur il a mult avillié, E vers lui en charra en grant enemistié. Th. le mort. 38. Hum vus deit bien miistrer que ne faciez tel fait, Dunt saint iglise chioce en plus dolereus plait, ib. 83. || xiii* s. Et li quens ot esté cheOs, villeh. cxliii. Dont li cbaïrent ans pies tout en plorant, ID. xxviii. Et nous commenderent [les barons] que nous vous cheissiens as pies, ID. XVI. Dont fu jus boutés li empereres Maichutles, et chaï de si haut que, quant il vint à terre, )1 fu tout esmiés, m. cxxvii. Quant de si haute honor [je] sui cheûe en la boe, Ilerte, xxxiii. Et li vens est cheus, et li tems s'asseûre, ib. xui. Chascuns redoutoit moût en leur mains à cheïr, ib. lxiii. S'or ne set moult Renart de frape, 11 est chaoit en maie trape, lien. (3670. Or sui cheois, ce m'est avis. De grant enfer en paradis, te Rose, 3305. Riens ne puet tant homme grever. Comme cheoir en povreté, ib. 803. Qui bien vesquit tant que ii dent Li fussent cheoit par viellesce, ib. 6397. Et fortune la mescheans. Quant sus les hommes est cheans, ib. 4966. Se ge veï.sse ilec plovoir Quarriaus et pierres pelle-melle, Ainsinc espés comme chiet grelle, ib. I79S. Quant aucuns caoiten pavei-té, beaum. l, (9. Si tost que la terre a sa derraine roie por semer blé, ele quiet en deflfense, par nostre coustume, m. ui, 3. Il n'en perderoient pas le cors, mais il querroient en la merci du segneur de lor avoir, id. xxi, 20. Ou quant eles [les maisons] caoient, se on ne les voloit réfère, m. xxiv, 3u. Et s'il ne le veut porsivir, il en quiet en autele amende comme cil seroit qu'il avoit fet ajorner, id. 65. Et sembloit que foudre cheist des ciex, joinv. 2)5. Et ce qui chiet du bois sec ou [au] flum. nous vendent les marcheans en ce [laïs, ID. 220. De peu de pluie chiet grant vent. Fabliaux, édit. Ju binai,, 3ii.||xiv*s. Et celles qui sont involuntaires, il y chiet pardon et aucunes fois miséricorde, obesme, H'/h. 47. Celui qui est beneuré n'en cherra pas en telles fortunes comme en chaît le roy Priant, id. ib. 25. Quant ses enfans cherroient en misère, il perdrait sa félicité, id. ib. 23. || xv" s. Us estoient perdus davantage et chus es mains de leurs ennemis, fboiss. i, i, 18. Messire Jean Délie leur chey en la main, et tantost l'avisèrent, id. ii, II, 240. Et sont en chemin que ce trou no leur fauldra de grant pièce ou au moins la craincte d'y cheoir, comm. v, 9. Comment les Croyois [la famille de Croy] cheurent sur leurs pieds du viel temps, G. CHASTELAiN, Chroti. de Bourg. 222. || xvi* s. Le premier homme est cheut, pource que Dieu avoit
DICT. DE LA LANGIIE FBANÇAISE.
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jugé cela estre expédient, calv. Inslit. 764. Afin qu'ils no cheussont point en telles ofTeiises, id. ib. 834. Si un aveugle mené l'autre, tous deux cheent en la fosse, id. ib. 94). Encor posé le casque l'eusse faict. Au pis aller n'y cherroit qu'une amende, ma- ROT, II, 89. Les murailles cheurent d'elles mesmes par faveur divine, mont, i, 254. Duquel coup estant cheute de son long esvanouïe, id. m, )8i. Perdition certes qui estoit à déplorer de tant d'ames cjui estoyent cheutes en si horribles précipices, langue, 375. La berce es'ant cheute sur un gros homme bien armé.... d'aub. Ilisl. i, 3)7. Le plus grand des elephans, par cas d'adventure, estoit cheut de travers tout au beau milieu de la porte, amyot, Pyrrh. 75. Les renés luy cheurent des mains, id. ib. 78. Quand quelqu'un chet du haut en bas d'une brèche, paré, X, ).
— ET YM. Saintonge , chère, choir, thet, chu, tombé ; Berry, cheir, prononcé cher; picard, Uher, kère, ki'U, keute, tombé, tombée; norm. quaire ; bourg. choi, et aussi chezai; ital. cadere. L'ancien français cheoir, en deux syllabes, vient de cadëre, 2* conjugaison, au lieu de la vraie conjugaison latine cadê're avec l'accent sur cd, qui, si elle eût donné un mot français, aurait produit chedre, et à laquelle l'italien cadere est fidèle.
CHOISI, lE (choi-zi, zie), part, poîîe'. ||1* Pris de préférence. Le terrain choisi par le général pour livrer bataille. Israël, peuple choisi de Dieu. || 2°Têtes choisies, terme de statistique, quand il s'agit des tables de mortalité. Les chances de mort n'étant pas les mêmes pour toutes les conditions, on est obligé de distinguer les probabilités calculées sur tout le monde et celles qui ne s'appliquent qu'à des têtes choisies. Asseoir une rente viagère sur une tète choisie. || 3° Qui excelle, qui est meilleur. Société choisie. Morceaux choisis. Œuvres choisies. La cour était moins grosse chez la duchesse, mais elle y était plus choisie, hamilt. Gramm. 6. Termes choisis, CORN. Othon, 11, ). [La femme de Law] haute, altière, impertinente en ses discouis, recevant les hommages, rendant peu ou point, et faisant rarement quelques visiteschoisies,ST-siM. 445, )H4. Il Substantivement. Aussitôt cl^iorus d'applaudissement du choix [de la dame d'honneur] et de louanges de la choisie, st-sim. 275. 212. || Familièrement. C'est du choisi, c'est ce qu'il y a de mieux.
CHOISIR (cboi-zir) , ». o. || 1° Prendre de préférence. Il choisit dans le panier les plus belles cerises. Ne voulant me donner pour toute l'affection que vous me devez, que des paroles, vous les avez choisies si riches et si belles que.... voit. [.elt. 1. Mais où son adresse parait principalement, c'est à choisir de tous ces accidents ceux qui marquent davantage l'excès et la violence de l'amour, boil. Sublime, s. Et nous ne recevons ni crainte ni désir De celte liberté qui n'a rien à choisir? corn. Œdipe, m, 6. Choisis une heure propre à rentrer en toi-même, A penser aux bienfaits de la bonté suprême, corn. Tmil. i, 20. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un poui être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours, boss. Reine d'Anglel. On n'a pas des plaisirs à choisir, sÉv. 340. Roinulus choisit parmi tout le peuple ce qu'il y avait de meilleur pour en former le conseil public, boss. JHst. univ. m, 7. Chrétiens, ne murmurez pas si Madame a été choisie pour nous donner une telle instruction, id. Duch. d'Ôrl. Rome a choisi mon bras, je n'examine rien, corn. Hor. II, 3. Quoi! Roxane, Seigneur, qu'Amurat a choisie Entre tant de beautés.... rac. Raj. i, <. D'avoir choisi mon père au fond de l'Idumée, id. BérM. 11, 2. Si Néron, irrité de notre intelligence, Avaitchoisi la nuit pour cacher sa vengeance, id. Brit. v, 1. Assurément Trophonius choisissait .ses gens et ne recevait pas tout le monde, FONTEN. Oracles, ch. xv. Il Se choisir, faire choix pour soi. Celle qu'il s'est choisiepour sa compagne inséparable, la bruy. xiv. Il Familièrement. Choisir de l'œil, fixer son regard sur l'objet qu'on préfère, jj Choisir se construit avec de et un infinitif. Quiconque choisira de faire mes volontés, PASC. Prnph. 33. Il a choisi d'y demeurer, ID. dans cousin, à qui choisiriez-vous, mon fils, de TRssemUeTl KAC. Athal.iv, i. \{ Absolument. Il y a chez ie marchand de quoi choisir. Donner à choisir. Qui choisit mal pour soi choisit mal pour un autre, CORN. Àgésil. II, <. Mais vous me choisirez si vous savez choisir, volt. Triumv. 11, ). || 2° Faire une option entre deux choses. C'est à vous de choisir mon amour ou ma haine, corn. Rodog. m, 4. Je puis choisir, dit-on, ou beaucoup d'ans sans gloire Ou peu de jours suivis d'une longue mémoire, rac. lyh. I, 2, Il Choisir d'une chose ou d'une autre. Choisir de partir ou rester. Choisis de leur donner
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ton sang ou de l'encens, cobn. Poly. v, 2. Chjisissez d'être reine ou d'être Laodice, id. Nicom. m, ), Choisis d'épouser, dans quatre jours, mon.sieur ou un couvent, mol. Hal. im. 11, 8. Choisissez de la cour ou de la retraite, mass. Car. Respect humain. Choisissez de César, d'Achille ou d'Alexandre, boil. Sat. V. Qu'il choisisse, s'il veut, d'Auguste ou de Tibère, rac. Brit. i, 2. || Choisir si.... Choisissez si vous voulez payer ou avoir un procès. Choisissez r aujourd'hui Si vuus voulez tout perdre ou tout tenir 1 de lui, RAC. Alex. 11, 2.' || Absolument. Devine, si I tu peux, et choisis, si tu l'oses; L'un des deux est ton fils, l'autre ton empereur, corn. Iléracl. :v, 5. : Il 3* Se choisir, v. réft. Faire choix l'un de l'autre. ' Il Proverbe. Souvent qui choisit prend le pire. Mais aussi bien que moi vous avez ouï dire Que fille qui choisit bien souvent prend le pire, th. cobn. Don Bertran de Cigaral, iv, i.
— REM. Quand choisir prend un second complément ou un complément indirect pour indiquer le but du choix, il faut toujours exprimer la préposition pour, au passif comme à l'actif. On ne dit pas : il a été choisi gouverneur, mais : il a été choisi pour gouverneur.
— SYN. ÉLIRE , cnoisiH. D'après l'étymologie , élire, c'est tirer hors; et choisir, c'est fixer le regard sur, remarquer, et de là préférer. Un général choi.sit son terrain, mais il ne l'élit pas. Un auteur choisit ses mots, mais il ne les élit pas. Au contraire on choisit un homme et on l'élit; Louis XIV choisit Colbert , c'est-à-dire le remarqua, le préféra; Louis XIV élut Colbert, c'est-à-dire l'éleva à un ministère (il faut ajouter que l'usage attribue d'ordinaire à élire l'idée de suffrages doiiné.s). Israël fut choisi entre les peuples, c'est-à-dire préféré; Israël fut élu de Dieu, c'est-à-dire appelé à des destinées particulières; de sorte que la distinction étymologique se poursuit dans les acceptions.
— HIST. xii* s. [Il] a la lelre choisie [vue] , Rnnc. p. 25. Des Sarrazins [il] n'i put un seul cosir [apercevoir], ib. p. )55. Grant joie ot Aude qu'ot la clarté coisie, ib. p. )73. Ne nule riens n'est tant à mon désir; Moût [j'] aim [aime] mes jeuz qui me firent choisir, Couci, xix. |i xiir s. Et Reniers estoit ans bretesches [échalàuds en bois] des murs, quant il choisi l'avant-garde que Joffiois li mareschaus faisoit, VILLEH. CLXii. Mais plus hardie chose [que Pépin] ne fu onque choisie, Berte, 11. La clarté [elle] fait oster, qu'on n'i put rien choisir, ib. xiii. ,' Qui bien la regardas! à droit et à loisir, Bien deïst I que plus belle ne peUst on choisir, ib. Lxm. Quaire de ses serjans il meismes choisit [élul],t6. xci. Quand ele les choisi [vit], tost errant s'est levée, ib. cxxvi. Dont gardent devant els, si ont les Blas [Valaques] coisis, qui tout estoient entalenté d'aus[àeux] faire anui, H. DE VALENC. IV. Ou [au] miroer entre mil choses, [il] Choisi [vit] rosiers charriés de roses, ta Rose, )624. Tanlvont parler journées qu'ilonlNique coisie, Ch. d'Anl. i, 284. Quant il vint à terre, et il choisi [aperçut] les Sarrazins, il demanda quelle gent c'e-stoient, joinv. 215. || xiv* s. A la fausse posterne s'en vint sans arresler. Et choisi [vit] les Juifs de sus les murs ester, Guescl. »467. ||xv* s. Et le connestable jetoit l'oisel, et cil faucon montoit si haut que à peine le pouvoient-ils choisir en l'air, FROiss. 11, II, 164. Un permis, par lequel maislre cordelier pouvoit apertement le choisir, loui.s xi, A'OiJt;. II. Il XVI* s. Lequel plus grand que tout mon desplaisir. Cent fois le jour vient remettre à loisir Devant mes yeux les biens qi'on peut choisir [voir] En sa personne, st-gel. p. 72. Chascun choisit plustost à discouriùdu mestier d'un aultre que du sien, MONT. I, 57. Elle n'a pas de quoy les distinguer, ny de quoy choisir la vérité du mensonge, ID. II, 3)7. Ses gardes n'avoient pas eu le loisir ds coucher une mesche, voiant la chambre pleine et sa personne choisie [prise] , tous les logis pillez avec aussi peu de résistance, d'aub. Ilist. m, «75. Là les deux chefs signalez de panaches blancs et rouges
se choistrent devant leur troupe, Breauté tua son ennemi d'abordée, id. ib. m, 527. Entre lesquels [portraits] je choisis [j'aperçus] cclluy de l'empereur aujourd'huy regnajit, carl. vi, 34. Je voy le bien et je choisi le mal! bons. 64). Si meirent quelquss brisées et enseignes sur les plus haultes croupes de» rochers, et que l'on pouvoit choisir à l'œil de plus loing, AMYOT, Cat. 26.
— ETYM. Picard, couésir, kcusir ; wallon, chûst; rouchi, chusir; provenç. causir.chausir; anc. espagn. cosido, vu; anc. portug. cousimenlo, action de choisir; anc. ital. ciausire; du gothique kausjan, goûter, essayer, qui, à cause du j, a pu donner la conjugaison en ir, ancien haut-allemand, chiosan,