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372. Il XV* s. Ni aura bois si fort ramé, Koce, moDtiijrno no ciicrno [anlrc^, No liuu qui coiiforto et gouveriiD l)esiu.... FBOiss. Puiiies mss. p. I7h, dans Lacuii.ne. Il XVI* s. La cilerne est un réceptacle <l'cau (le pluie. 0. nE sebkf.s, 774. Une aiilre sono de cisieriie [fillraïue] a csié inventée par lo seigneur ManTredo I!ull>ani, iii. 781.
— f.TV.M. llourfjiiig. cilane ; provenç. cisleriia ; espagn. et ilal. ciUTiia ; du latin càlerna; de ciata, ColIVe. de •/.•ityi.
CITKUXK.KU (si-ler-nù), s. m. Tctite cilerne oil l'eau laisse déposer les maliôrcs les plus grossières; Icscilerncaux reçoivent l'eau avant la grande cilerne.
— IIIST. .\vi* s. Ce polit puils |i|ui reçoit la pluie et l'envoie dans le (ilue ilo la cilerue] est appelle Cisternon, o. ue skrues, 78I.
— KTVji. Diminutif de cilerne.
t CITIl.vr.E (si-la-r'^ s. f. Sorte d'instrument à cordes en usage chez les anciens. Nous suspend!ines nos cilliares Aux .«aules qui bordaient ces rivages déserts, m.vlfilàtre, Tradiict. du j^\anine <3fl. Il Aujourd'hui, en Allemagne, sono de lympanon donl les cordes sont pincées avec les doigis, au lieu d'èlre, comme dans lo tympanon, frappées avec un piccirc.
— ilisr. XIII" s. Et et [il y eut] violes et ciloles, la Itose, <8£.8t. Il xiv's. Citliaro, ce est cyiliole, ORES.ME. dans meunier.
— ÊTYJI. Lemême motqne(7!(i'(are(voy. cemot). Provenç. eidiara, cidra, cilltola; espagn. cilara; portug. ciihara; ital. cilara; du latin cilliara, du grec xiOàpa. 11 y a, pour ce mot, deux accenlualions : l'accentuation latine, cilltara, qui a donné le provençal dira; et l'accenliuilion grecque Uilhnra, quiadonnéc'7ara, el le vieux français ci/oii;. On a dit cithariser pour jouer de la guilare : Vous, Orpheus, tant bien cilharizant, jea.n u'alto.n, Annales de Louis Ml, ms. f" KU , dans lacehne.
f CirilAKi:i)K (si-la-rù-d), 4-. m. Terme d'antiquité. Celui qui joue de la cilliaro.
— Etym. Cillwrœdus, de Xiûafuco;, do xiOàpa, cithare, et io.^o;, chantre.
t CITIIAUISTK (si-ta-ri-sf) , s. m. Synonyme de cillidréde.
f ClTllARISTIOUE (si-ta-risli-k'), s. f. Terme d'iinticpiilé. Ail de jouer de la cilliare.
t CrriUKADE (si-ti-gra-d'), adj. Terme de zoologie. Qui marche avec rapidité.
— ETYM. I.alin Cl/IIS, vile, proprement poussé, de cteo, pousser, radical de cilarc (voy. citer), cl yradi. marcher (voy. cuabe).
•f CITOLE (silo-l'K î. f- Nom qu'on donnait dans le moyen âge à la ciihare.
— KTYM. Voy. crrUAiiE.
CITOYEN', E.NXE (ci-lo-iin, iè-n'; plusieurs disent ci-toi-iin, iè-n'), s. m. el f. || 1" Celui, celle qui jonil du droit de ciié dans un Élat. Exercer les droits de ciloyen. Le tiire glorieux de ciioyen romain, coun. Nicoin. I, 2. J'espère de vous faire voirqu'Archias esl ciioycn romain, i'atiiu, Tradiiclion dit diicuurspoiir Archias. Les comédiens n'avaient qu'.\ déclarer i|u'ils n'exerceraient plus leur profession, jiisqu'.'l ce ([u'on eût Iraiié les pensionnaires du roi comme les autres ciloyens qui n'ont p,as l'honneur d'appartenir au roi, VOLT. Un. à Mlk Clairnn. 27 aoùl i7fli. Athènes élait libre, c'était le centre d'une républii|ue, ses citoyens étaient égaux, la uiiuv. Discours sur Théopli. Les ciloyens de l'aris el tout ce qui lenait à la robe voyait tlans lo parlement un corps auguste qui.... VOLT. I.nuis MV, 4. || Un bon citoyen, un homme soumis aux lois. Aussi bon citoyen cpie véritable amant, CORN. Ilor. I, 4, Vous pensez en excellent citoyen, et vous vous exprimez en grand poêle, VOLT. I.etl. Abbé Dclillc, 13 juin I7iil. || Absolument, dans le même sens que bon ciioyen. Nous sommes tranquilles, et tous ces gens-li sonl des lienurbaleiirs ; nous sommes citoyens, el ils sonl séîlilieux, ID. Leil. Ilcliélius, 27 ocl. I7«0. Enfin le prince de Comlû se résolut à une guerre qu'il eut di\ commencer du temps do la l-'ioiide, s'il avait voulu être lo mallre de l'Êiut, ou qu'il n'auiaildil jamais lairo .s'il avait été citoyen, m. Louis .{IV, f>. Les excellentes méthodes que vous avez données pour élever des jeunes gens en ciloyens, m. icil. laClialolais, 27 sept. iTOt. Je me suis avi.sé de <leveuir citoyen, après avoir été longtemps rimailleur et mauvais plaisant, lo. I.ell. l'Abbé Irait, 4 déc. tim. Un lui snl à l'aris beaucoup plus mauvais gré (le la suppre.ssion de (pielques rentes, qu'on no fui sensible au bien général qu'il faisait : il y avaU plus de bourgeois que «le citoyens, id. Louis .\IV, 2a. Il Un grand citoyen, un homme dont tous les actes ont le bien du pays pour objet. || Titre qui, pendant
la république française, avait remplacé le mot de monsieur. Donjour, citoyen. Le citoyen un tel. || Familièrement et par plaisanterie. De voir autour de soi croître dans sa maison. Sous les paisibles lois d luiu ugréablo mère, Lie |X;lils ciloyens duul on croit èlru père, uoiL. Siit. x. |j l'ius fur.iilièreincut encore. C'est un drôle de citoyen, c'est un homme bizarre, fantasque. || 2* llabilaiil d'une cité, d'un pays. Les diverses classes de citoyens. Hien n'est privé dans leur vie [des grands); l'étranger, dans les cours les plus éloignées, a les yeux sur eux comme le citoyen, mass. l'élit carime, l'uiifica-
lion Que je ne conseillerais ni i une Parisienne
d'aller dans les Alpes ni à une citoyenne do nos rochers d'aller ■\ l'aris, volt. LcII. Mme du Delfant, 22jiiillel 1701. On ordonnait, sous peine de la vie, à tous les ciloyens de sortir en armes hors de leurs maisons, et de se ranger sous les drapeaux de leurs qiiariiers, iD. Louis .\V, 21. Nous voyons cent fois plus do diamants aux oreilles, au cou, aux œains do nos citoyennes de Paris el do nos grandes villes qu'il n'y en avait chez toutes les dames de la cour lie Henri IV, m. Llioniine aux ioécus, i'réaiubulc. Il y avait beaucoup pins de gens de rolie el do simples citoyens que d'officiers, m. iouis .l'K, I. || Citoyen du momie, citoyen de l'univers, homme qui met les iniérùls du Ihiimanité au-dessus de la pairie. Celui-li se pouvait dire citoyen du monde, avec autant de droit que cet autre des Athéniens qui s'en vantail, voit. Letl. (20. || Kig. 11 perd le droit cl lo privilège de citoyen des saints, mass. l'rosp. On ne sera pas étonné qu'il [M. de Malezieu, de l'Académie des sciences el de l'Académie française] lût citoyen de deux Klats si dillérenls, foxtkn. ilaUzicu. || Kaniilièreuionl. Les citoyennes des élaiigs [les grenouilles] , la fo.nt. Fabl. VI, 12. Comme ils sonl dodus el gras Ces bons citoyens du Maine ! iiéuang. Chapons. \\ Dans le sens de concitoyen. Ils le vinrent prier de leur rendre leurs ciloyens qu'il avait faits prisonniers, u'aiila.n- COLKT, Arrien, liv. i, dans hjuielet. Eairo du bien à ses ciloyens , iioss. Ilisl. ii, u. || 3" Adj. Dévoué aux intérêts de son pays. Ministre, soldat citoyen. Oh! si ces vers, vengeurs de la cause publique.... Obtiennent de mon roi quelques regards anus, S'il prèle il ma faiblesse un bras qui la soulienno. Ou verra de nouveau ma muse ciloycnne Flétrir ces novaleurs.... (.ii.ii. /-'.' \y 111" siècle. Supiiosez quo la passion de faire le bien do l'État, passion qui anime lo gouvernement actuel sous un roi citoyen.... Ephémérides, t. ii, p. t.», 1700.
— iiiST. xu* s. V. se tu vols parler do mun ])ovre lignage. Des cilehains de Lundrcs fui nés en cel estagc, ï'/i. le luart. »7. || xiif s. Li cilien des villes ne doivent issir hors de la cité par allors que par les imnes, Lir. de jusl. oi. Noie que trois manières de causes sunl: crimiiiu:-, esperilel el cileenne; el la qiniile esl mesiée, i(j. || xiv" s. El aiicor (luoit il plus ou doit quérir félicité pour soy el pour lesciloiens de sa ciiè, oresme, KiU. 3io. Ceulx qui mellonl cl ordeiienl les loys, esludienl, labeurcnl el font |iar leurs loys que les ciloiens se acousliimeul i eslre bons par bonnes operacions, ib. ^4. El Clorians chevauche. Il danioisiaus adrois, Les chiloicns assaut à six mil lioulenois , liaud. de Seb. IV, 32. Ueuonçons à toutes delTcnses de fait el de droit canon ou ciiojen [civil], nu caxce, cirtlis. Il xv s. Quand les citoyens virent la manière d'eux, ils fermèrent leur \ille, afin que plus n'y en enliasl, Fiiojss. II, m, fcS.
— Etym. Provenç. ciuladan , cipladan ; catal. ci'i((a(/(i ; cspagn. ciiidadano, portug. ciduddo; ital. (.'(irui/iiio ; d'un bas-lalin ci tifuiîuHiii', de ciiilas,cHé.
f Cri'K.VllO.N (si-lra-gon), s. m. Un des noms de la mélisse, à cause du l'odeur de cilrun que, froissée, elle exhale.
crniATE (si-lral'), s. m. Terme de cliimio. Sel foi nié par la combinaison de l'acide citrique avec une base.
— ETYM. Cilriqiie.
ClTItlN, INE (si-irin, tri-n"), adj. Qui est de la couleur du citron. Couleur citriue. || .l.m. Le cilrin.
— IIIST. xiv s. SeinblableiiiL'iil uielal parfait, Ou'esl or, vient i ung ineMiie ellect. Mais ipi il demeure d.'ins sa luiiie. Lt nieurtsse on couleur ciirine. Trait. d'alcU. 424.||xvi's. [I.i^s cholériques] oui la couleur ciliine ou jaunaslie, i'auR, Intiod. 0. Uoiigeiir tirant sur le cilriu ou jaunaslre , m. viu, tu. La couleur de visaige doit eslie cilriucou brune, Hozier liùlor. i, 4.
— ETYM. Latin cilci'ius, de cilrus (voy. citron). t CITKLNE (si-ui-n'), s. f. Terme de pharmacie.
Huile essentielle de citron.
t CITItlMTÉ (si-tri-ni-té), (. f. Couleur citriue.
— ItlST. XVI' s. Et combien que la partie apparoisse rouge, toutes fois clic tend plus à citrinité, c'est à dire couleur jaunaslre, qu'à la couleur sanguine. l'ARÊ, XX, V.
— ETYM. Citrin; provenç. cilrinilal; ital. citriniià.
CITHIQCE (Si-tri-W), 0(//. Terme de chimie. Acide citrique, acide qui se trouve, libre ou combiné, dans un grand nombre de productions végétales, notamment les citrons, les groseilles.
— ETYM. Latin cilrus (voy. ctTiiON),
CITUOX (sinon), .v. m. || 1" Kniil du citronnier, d'un jaune clair cl de s.iveur aciile. Jus de citron. Citrons confus. Glace au citron. Sciilez-voiis le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'œuf mêlés ilans du verjus? doil. Sal. m. Ses cheveux blonds étaient farcis de ce ruban couleur de citron, iiamilt. Cramm. 7. || l'ire jau.ie comme un citron, avoir le leint, la peau très-jaune, soit naiurellement, soit par maladie. || 2" Nom de tliien, tiré de la couleur. Son père s'appelait Casiille, comme un chien citron, ST-siM. 140, 134 Citron, Votre chien, vient làbas de manger un chapon, rac. Plaid, ii, <3 Il 3* Adj. inrariahle. Oui est de la couleur du citron, ■fairetas citron. ÊtolTes citron.
— IIIST. XIV' s. Noisettes confites, chitron, ilénagier, li, *. || xvi» s. Jus de limon ou cilron, v\Ri VIII, M. les citrons, limons,... o. de serres, 707.
— ETYM. Dérivé, à l'aide de la finale on, du latin cilrus, cilron.
+ CII'KO.NNAT (si-tro-na), t. m. Conserve de citron. Il Dragées qui contiennent de l'écorce de citron.
— ETYM. Cilron.
t ClTllOXXÉ, f.E (si-tro-né, née), pari, passé. Où l'on a mis du jus de citron. Tisane citronnée.
CrritOXXELLE (si-lro-iiù-r), î. f. Nom de l'aurone et de la mélisse officinale. || Li(|ueur qui se nomme aussi eau des liarUules, cl qui se fait avec des écorcesexléricures de cilron, bien mûres et séchées au sfjlcil. sur les<iuelles on verse une quaulilé proporlionnée de la meilleure eau-devic.
— ETYM. Cilron.
tCITltOXXER (si-tro-né), f. a. Terme de (^sine. Imbiber de jus de citrou.
— ETYM. Cilron.
ClTItOX.XlEK (si-tro-nié; l'r no se lie jamais; au pluriel l'ï se lie : les citronniers et les orangers, dites : si-lro-nié-z cl), s. m. Genre do végétaux qui renferme deux espèces principales, l'oranger {cilrus auranlium, /..)et le citronnier proprement dit ou de Médic {cilrus medica, /..).
— itlST. XVI' s. 11 semble que les antiques n'aient cogneii que le seul cilronier, pour ne faire mention aucune des oranges, limons, ne poncilcs, o. de serres, 707.
— ETYM. Cilron.
ClTItOUll.l.E (ci-trou-ir, Il mouillées, et non ciirou-ye), j. f. || 1' Nom do certaines variétés de la courge (ci/ciirfciio pepo, L. cucurbila ciirullus, L.). Il 2° Le fruil qui se mange de diverses façons, cl dont les semences, regardées comme adotcissantes, consliliienl une des (|iialrc semences froides majeures des anciens, l'otage à la citrouille. Citrouille fricassée. Dieu fait bien ce qu'il fait; sans en cherclier la preuve En toiil cet univers et l'aller parcourant, Dans les citrouilles je la treuvc : Un villageois considéi ani Combien ce fruit esl gros cl .sa lige menue : A quoi songeait, ilil-il, l'auleur ilo tout cela? Il a bien mal placé celle ciliouille-là! Eli parbleu? je l'aurais peiuliie \ l'un des chênes que voihl, la ko.nt. Fabl. IX, 4. Tout le monde esl coinine Slaibn-u Garo qui recherche pourquoi les citrouilles ne viennent pas au haut des chênes, volt. ieiJ. ilinc du Vif- (anI, ittfév. 1700.
— itlST. XIII* s. Cilrolos sont froides plus que concombre. Al EiiRAXT, {• t.7. Il XVI' s. Prenez îles ciiroiidles pistées [pilées], cl soyeiil appliquées dessus, PARE, XXI, 21. Ouaiit aux courues, de trois principales suites en avuiis-noiis, di>tinguécs parces mots, courges, ciMiguurdes, citrouilles.... Ouant aux citrouilles, l'iiige iiice nous en e>l venue des ruiaumes lie .Naplesel d'Kspaigiie, de dilTciciitcs espèces, dont les aucunes sonl de moiislriicuse gio.s.sciir el pBsanlenr, o. he serres, !it7. Le cilie esl une autre espèce de ciiruuille ipi'oii csleve, principalenieiit poui la graine servant en luiulecine, el sa chair pour viande aux pourceaux clic est noire, iD. HT.
— ETYM. lierry, cilrullt; ilal. dlriuolo; du latin ci(ri(i.cil!-on. à cause de la couleur, qui est jaune.
+ CIVADE (si-va-d'), S. f. Nom de l'avoine dan» quelques cantons.
— ÉTYM. Espa(?n. cebada, orge; du latin cibare, nourrir, alimenter.
CIVADIÈUE (si-va-diê-r"), t. f. Terme de marine. Nom d'une voile à peu près abandonnée aujourd'hui, qui s'attachait à une vergue suspendue sous le màt de beaupré. Un coup de gouvernail donné et une civadière mise mal à propos mirent le vaisseau hors de son rang; mais Kuyter, qui était blessé, ne profita pas de cet avantage, Mém. de YUUtte, dans jal.
— HIST. XVI' s. 11 abat et amure sa grand voile tout d'un coup, et hinsant la civadière.... d'aub. Hist.n, 60.
— ÈTYM. Espagn. cebadera, sebadera, cevadera; portiig. cevndeira; ital. zevadera, citada, ciiadcra, chadiera; génois, sivadea; grec mod. i!^\.f,iôa.
CIVE (si-v') ou CIVETTE (si-vi-f) , s. f. Nom donné à plusieurs petites espèces ou variétés du genre ail , et principalement à Vail scliœttopruison de Linné, lesquelles sont appelées aussi ciboulette.
— H!ST. XIII' s. Oingnons, pciriauz, naviaus, civos, qui viennent par eaue ne parterre, doivent de chascune charetée deux deniers de lonlieu, Liv. des met. 334. As autres biens qui sunt forain. Ne tu, ne nul homme qui vive, N'i avés vaillant une cive, la Rose, B350. Lede estoit et sale et foulée Celé ymage, et megre et chetive, Et aussi vert cum une cive, ib. «88. ||xv's. En sang qu'on met en poyleltes sécher Chez ces barbiers, quant plaine lune arrive, Dont l'ung est noir, l'autre plus vert que cive, villon. Ballade. D'aulx et civols qui causent forle aloine, N'en mangeassent bise crouste frottée, id. Contredits de Franc Gantier.
— ÉTYM. Provenç. ceba; catal. cebeta; du latin ciKpa, oignon.
CIVET (si-vè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel \'s se lie : des si-vè-z épicés; civets rime avec traits, succès, paix), i. m. Ragoût de lièvre dans lequel il entre beaucoup de cives et d'oignons. Il On dit aussi civet de chevreuil, d'oie, d'outarde.
— REM. Régnier écrit eivi (Blanchir en un civé, non en une lessive, Sat. xi) comme anciennement, ce qui est, vu l'étymolog'e, la bonne orthographe. C'est aussi celle de Furelière, de Uichelet et du Dictionnaire de l'Académie jusqu'à l'édition de <702 où elle écrit civet.
— HIST. XIII' s. Lièvres et connins au civé, Fabhaux, BARBAZAN, t. IV, p. 88. ||xv's. Fortes sausses, oingnons ne aulx, Civez aguz, poivre ne graigne Ne usez, car trop font mal et paine, E. descii. Foésies inst. t°t8&, dans lacurne. || xV s. Or y avoit un gros seigneur notable.... Kail'eu l'alloit bien fort souvent esbaltre, Et pour certain, sans faire long civé, X la maison il estoit fort privé, Légende de maistre Pierre Faifeu, ch. xxii.
— ÉTYM. Latin c.7-po(»m, de c.rpo, cive (voy. cive) : mot à mot, plat à l'oignon. Csrpatum étant un participe passé a donné civé, comme amatus, aimé.
i. CIVETTE (si-vè-f), s. f. Voy. cive.
2. CIVETTE (si-vè-f), s. f. \\ 1° Quadrupède Carnivore semblable à une martre, dit aussi chat musqué (viverra civetta, L.). \\ 2° Substance onctueuse, d'une forte odeur de musc, sécrétée par des glandes situées au-dessous de l'anus de la civette. Qui n'avait pas le goût du musc, civette, ou d'ambre, Régnier, Sot. XI. Il Fig. L'on a beau faire bien, et semer ses écrits De civette, benjoin, de musc etd'ambre gris,
RÉGNIER, Sat. IV.
— HIST. XV s. Une petite boistelecte d'argent à meetre cyvecte, de laborde. Émaux, p. 242. Four une cage pour mettre une civelle nouvellement venue de Levant, id. ib. p. 243. Mais que ce jeune bachelier, Laiss.-ist ces jeunes bachelettss; Non, et le deust-on vif brûler.... Plus doulces lui sont que civettes, VILLON, Cr. Teslam. double bail.
— ÉTYM. Bas-grec, ÇanÉTiov, de l'arabe gabsd, la substance onctueuse que fournit la civette, de^obad, écume.
CIVIÈRE (si-ïiê-r'), s. f. || l'Engin propre à transporter des fardeaux, qui a quatre bras et est porté par des hommes. Bris.sao me mit sur une civière à fumier et il me fit perler par deux paysans, betz, iv, S24. Il 2' Terme de marine. Cordage tenant lieu de racage, à la vergue de civadière. Sorte d'élingue pour changer les canons d'alTùt. || 3° Nom du bou- Treuil, dans quelques cantons. || 4° Dans la papeterie, sorte de filtre. Il Proverbe. En cent ans baimière, en cent ans civière, ou cent ans bannière, ceiitans civière, se dit pour exprimer que les plus illustres familles rentrent, à la longue, dans la foule vulgaiie, en un mot que toutes les fortunes changent.
— HIST. xiu's. C'est com le jeu de la civière, Lun va devant, l'autre derrière, C'en est l'usage,
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Choses qui faillcnt en ménage. || xiv's. Et buvons tant do vins, parmi no chervellere [vins qui nous portent à la cervelle, à la tôle]. Qu'il nous convient porter dormir à la chiviere, Baud. de Scb. i, 887. Il XVI' s. Il y a un vieil proverbe françoisqui dit, en cent ans bannière, en cent ans civière: qui a esté inventé pour signifier, chacune chose avoir son acroissement et sa déclinaison, langue, 225. L'n laquais, qui rouUe une civière et une malle verle dessus, d'aub. Fœn. iv, i3. Et ceux qui [les peuples nomades] toutes saisons Leurs maisons Roulent sur une civière, rons. 442. Nostre Jacques, roy de Naples et de Sicile, qui, beau, jeune et sain, se fai.soit porter par pays en civière, couché sur un meschant oreiller en plume, mont, m, 287.
— ÉTYM. Picard, c/iivîèrc; bourguig. seveire, civeire ; vénitien, ciriera; milanais, scivera ; ital. ci'f^o, citéa; du bas-lat. cœno-vehuni, de cœnutn, boue, et vehere, porter (voy. véhicule), la civière servant d'ordinaire à porter du fumier. L'italien, civé", civéa, représente directement le bas-latin, dont les aulres formes proviennent par dérivation.
CIVIL, ILE (si-vil, vi-1'; au pluriel \'s ne se lie pas : des employés civils à tout le monde; dites civil-à.... cependant plusieurs prononcent celle s: ci-vil-z à....) , adj. Il 1° Qui concerne les citoyens. La vie, la société civile. Guerre civile, guerre entre les citoyens. I.a France, sortie enfin des guerres civiles, commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe, boss. le Teliter. La vigueur qui, durant cinq ans, lui fit dévouer sa tête aux fureurs civiles,m. ib. Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles? corn. Ilor. i, 4. Et les proscriiitioiis et les guerres civiles, id. Cinna, l, 3. Un parti qui causa quelque émeute civile, mol. l'Étnur. iv, i. Soit qu'en sa dernière tête L'hydre civile t'arrête, malh. ii, c. Les venus civiles, qui font toute la douceur et toute l'harmonie de la société, massillon, Contij. || Année civile, l'espace de temps qui est réglé, dans cha(|ue État, pour la durée des alTaires du barreau, des cours de justice, etc. |] Année civile se dit par opposition à année astronomique. Comme celle-ci vaut à très-peu près 365 jours et un quart, pour éviter cette fraction de jour, on compte trois années de 365 jours, et la quatrième qu'on nomme bissextile en a 306. D'un autre côté, l'année aslrononiic]ue commence au solstice d'hiver, le 2i décembre, et l'année civile au ("janvier qui suit. || État civil, la condition d'une personne résultant de sa filiation, de .ses alliances, de ses droils de famille. Il Actes civils, actes qui constatent l'état civil des personnes. || Officier de l'état civil, fonctionnaire qui est chargé d'enregistrer les naissances, les mariages et les décès. || Droit civil, l'ensemble des lois qui règlent l'état des personnes, les biens et les diverses manières d'acquérir la propriété. Se dit par opposition à droit politique, droit criminel, droit commercial, droit des gens, droit canonique. || Droits civils, ceux dont la jouissance est garantie par la loi civile à tout Français. Mo.-t civile, privation complète des droits oivîls. || Liste civile, somme allouée sur le budget de l'État au souverain. || Jour civil, espace de vingt-quatre heures qui se comptent d'un minuit à l'autre. || 2' Terme de jurisprudence. Civil se dit par opposition à criminel. Code, procès civil. Tribunal civil. Matière, procédure civile. {| Partie civile, celui qui agit en son nom et dans son propre intérêt contre un accusé. || Intérêts civils, le dédommagement dl sur les biens d'un criminel à celui qui a souffert du crime. Les effets civils d'un jugement criminel. {| Requête civile, voie extraordinaire admise par la loi en certain cas pour faire rétracter un jugement ou arrêt rendu en dernier ressort. Il Substantivement. Le civil, la voie civile, par opposition au criminel. Vous pouvez le poursuivre au civil, mais non au criminel. j| 3° Civil se dit paropposilion à milituire. Courage civil. Emploi civil. Les autorités civiles, militaires, ecolésiasli(|ues. Bâtimentscivils. || Substantivement. Lecivil par opposition au militaire. {| Les militaires disent aussi un civil, pour un bourgeois. Il 4° Se dit aussi par opposition apolitique. Ordre civil. USe dit enfin par opposition à religieux. || 5° Qui appartient à la société, paropposilion à sauvage. Ces peuples ne se sont point formés eux-mêmes par degrés; ils ont été transportés du fond des forêts et de l'état sauvage au milieu des cités et de l'état civil, ciiateaub. Génie, m, m, 2. Il 6° Affable, poli, courtois. Civil à ceux h qui il ne pouvait être favorable, fléch. I.ainoiyn. Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs. D'une façon fort civile, À des reliefs d'ortolans, la font. Fabl. I, i>. La recherche [de ma fiUe] en pouvait être honnête et civile, mol. le Dép. m, 8. Becon-
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naissez le héros ■(«!, toujours égal à lu'- même; sans se hausser pour paraître grand, sans s'abaisser pour être civil et obligeant, se trouve naturellement tout ceqii'ildoit être envers tous les hommes, BOSs. iouis de Dourbon,
— HIST. xiv s. Qu'il Tousist se recorder de ta civile compeignie en laquelle il estoit nez, bebciieurE; f° 64, recto. Il a convenu que les civiles privées discordes aient esté remises et delaiées, m. f" 42, verso. Et celle apertestre science civille, oresme, Eth. )H. Toute paine criminelle, corporelle et civille, qu'il devroit ou poiirroit avoir encouiue ou deservie, Bibl. des chartes, 6' série, t. i, p. 82. || xV s. Adono (dit Tuiles) un homme de grande autliorité leur monstra le grand bien de la vie civile, c'est à dire .le la communauté de gens, Bouciq. iv, ch. lO. Malet qui estoit civil et subtil home, nu cange, civilit. Oster et meurtrir toute vie civile du roy et du royaume, gerson, Harangue au roi Charles VI, p. (5. Il xvi" s. Il est plus respectueux et civil de.... MONT, i, 51. Guerres civiles, m. i, 122. Le debvoir des armes et le debvoir civil, id. i, <I9. Uequeste qui sembla raisonnalile et Civile, AMVOT, FioniiB. 7, 3.
— ÉTYM. Provenç. et cspagn. civil; ital. civile; du latin citilis. de civis, citoyen. Comparez à civis l'anglo-saxon, hii; ;gnlh. hetv.
CIVILE.MENT (si-vi-le-man) , adv. || l'En matière civile. Poursuivre, juger civilement. || Être mort civilement, être frappé de la privation de tous ses droits civils. En cet état-là il est mort civilement, et s'est comme déposé soi-même, balz. 7* Discours sur la cour. || Être civilement responsable du dommage causé par une personne sur laquelle on a autorité, être tenu des réparations qui dépendent du droit civil, en cas de délil. {| 2° Avec civilité, d'une façon honnête et polie. Il m'a reçu fort civilement. 11 en a usé le plus civilement du monde, hamilt. Gramm. 6. Je ne laisse pas de vivre civilement avec ceux qui ne le croient pas, fonten. Les mondes, 2' soir. Je n'ai garde d'insulter sur vos misères, M comme vous le reprochez civilement, balz. Liv. v, m Iclt. 3. C'est une grande bonlé à vous de prendre la peine de m'écrire et de me traiter aussi civilement que si je ne vous avilis pas les infinies obligations que je vous ai, voir. I.ett. 129.
— HIST. XIV' S. Home est ordené à vivre civilment et en communité, oresme, F.th. via, I4. L'on dit que telz gens conversent civilment, ID. ib. <80. Il xvi' s. Qui repond pour un criminel corps pour corps, avoir pour avoir, n'en est pourtant tenu que civilement, loysel, 07 i. Et pource qu'il y a deux voies de se justifier, l'une civile et l'autre chevaleresque, je m'ofi're à defTendre civilement, que.... M. DU BELLAY, 489. Sylla ayant du commencement usé moderéement et civilement de sa fortune , AMVOT, St/lla, 64. En quoy je ne sçay s'il feit sagement ne civilement, de prendre inimitié capitale à rencontre d'un tel personnage, id. Flam. 37.
— ÉTYM. Civile, et le suffixe ment; provenç. ciritmenl; ital. civilmenle. Dans l'ancien français, civilment, civil est aussi au féminin, par la règle des adjectifs latins en is qui sont des deux genres.
t CIVILISABLE (si-vi-li-za-W) , adj. Qui peut être civilisé.
— ÉTYM. Civiliser.
t CIVILISATEUR, TRICE (si-vi-li-za-teur, tris'),
adj. Qui civilise, qui porte à la civilisation. Peuple civilisateur. Opinion, religion civilisatrice. || Substantivement. Pierre le Grand, lecivilisaieurde la Russie.
— ÉTYM. Ciriliser.
CIVILISATION (si-vi-li-za-sion; en poési<j, de six
syllabes), s. f.\l l'Action de civiliser; ttatdecequiest civilisé, c'est-à-dire ensemble des opinions et des mœurs qui résulie de l'action réciproque des arts industriels, de la leligion, des beaux-arts et des sciences. Au commencement de la civilisation, turgot , Petts. et frag. ]\ 2° Dans l'école de Fourier, civilisation signifie la période particulière de la vie sociale où sont présentement lesiiaiions européennes.
— REM. Civilisation n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de <835, et n'a été beaucoup em|iloyé que par les écrivains modernes, quand la pensée publique s'est fixée sur le développement de l'histoire.
— ÉTYM. Civiliser.
CIVILISÉ, ÉE (si-vi-li-zé, zée), part, passé. Doté
de civilisation. La Grèce civilisée par l'Orient. Las nations civilisées, par opposition aux nations barbares. Il S. m. Celui qui vil dans un pays civilisé.
CIVILISER (si-vi-h-zé) , V. a. || 1° Autrefois rendre civile une matière criminelle. Civiliser un procès. Civiliser une matière criminelle. || 2° Rendre civil , courtois. La société des daines l'a civilisé.
av
CLA
CLA
l| Par plaisanterie, corriger, baltre. Xtnoi, rustaiit, à moi, que je vous civilise, scAiin. Jodelel, i, 2. Il 3° Polir les mœurs, donner la civilisation. Le commerce des Grecs a civilisé les barbares. Je civilise autant que je peux les Allobroges, volt. lelt. Albergali , 5 .sept. <700. || 4° Se civiliser, v. réfl. Fig. et familièrement, s'apaiser, s'arranger. La querelle se civilise. Cette afTaiio se civilise. Locution prise du droit, 01^ uneafTaire,dc criminelledevenant civile, se civilisait et devenait moins grave. |{ On dit, dans un sens analogue, qu'une nouvelle se civilise, pour exprimer que la chose annoncée est moins grave qu'on ne l'avait cru d'abord. || 5° Devenir civilisé. Les peuples se civilisent lentement. La France a été longtemps b;irbare, et, aujourd'hui qu'elle commence à se civiliser, il y a encore des gens attachés à l'ancienne barbarie, volt. Dialogues, 2). |{ 6° Devenir poli. Cet homme se civilise.
— HIST. XVI' s. 11 avoit quelque façon externe qui pouvoit n'estre pas civilisée à la courtisane, MONT. I, (47.
— ÉTVM. CivU.
CIVILITÉ (si-vi-li-té), s. f. || 1° Bonnes manières à l'égard d'autrui; usage du monde. On doit traiter tout le monde avec civilité. User de civilité. Et comme je connais sa générosité, Nous ne nous combattons
que de civilité, corn. Poly. ii, 5 Tant qu'on
m'a laissée en quelque liberté, J'ai voulu me défendre avec civilité, m. Iléracl. i, 2. Et vers moi tout l'effort de son autorité N'agit que par prière et par civilité, id. Mcoinède. i, 2. Mais enfin elle est reine, et cette dignité Semble exiger de nous quelque civilité, ID. ib. u, 4. Mais la civilité n"est qu'amour en Camille, Et l'amour en Otiion n'est que
civilité, ID. Olhon, ii, 2 Votre espoir trop
prompt prend trop de vanité Des termes obligeants de ma civilité, id. Rodog. iv, (. La politesse flatte les vices des autres, la civilité nous empêche de mettre les nôtres au jour, momtesq. Rspr. xix, te. 11 faut trop de savoir et de civilité [à la cour]. Et, si j'ose parler, trop de subtilité, Régnier, Sat. m. Vous lâchez à me contenter d'ailleurs et à couvrir une injustice avec beaucoup de civilité, voit. Lelt. 30. Elle pensa hier rompre en visière à un neveu de Mme le Challeux, qui lui faisait entendre, par manière de civilité, qu'il la trouvait bien faite, BAC. l.ett. XXXIII, à son jVs. Les députés de Hollandenefurentpointreçusdes ministres de LouisXlV avec cette politesse française, qui mêle la douceur (le la civilité aux rigueurs mêmes du gouvernement, VOLT, lovis XIY, 10. Il 2° S. f. plur. Démonstrations, protestations de civilité. Faire mille civilités à une jiersonne, combler quelqu'ua de civilités. Souffrez que je réponde à vos civilités, corn. Serlor. 111, 2. Se fit-il un art de les attirer [les femmes dévotes] ou de les attacher à lui par des civilités, des visites de bienséance? flEciiieb, Panég. ii, p. 421. Les civilités qu'il lui fit faire, Boss. Yar. (O. Il vous a fait des civilités, sÉv. 568. La Loire à qui vous avez fait tant de civilités, id. )». Je reçois mille civilités, iD. 155. Je fus proraptement retrouver mon janséniste, à qui je dis, aprèsies premières civilités.... PAsc. l'rov. \ . Et tandis que tous deux étaient précipités Dans les convulsions de leurs civilités, mol. Fâcheux, I, I. Il Au sing. La masque encore après lui fait civilité, mol. Sgan. v, ). Une visite dont je veux lui faire civihté, m. Festin, ni, 7. || La Civilité puérile, ancien livre fait pour apprendre la civilité aux enfants. || Familièrement, il n'a pas lu la Civilité puérile, se dit de quelqu'un qui manque aux devoirs de civilité.
— HEM. Voltaire, dans ses remarques sur Kicomède, dit que civilité ne doit jamais entrer dans le langage héroïque. Cet arrêt est trop absolu, et tout dépend de la place et de l'emploi.
— SYN. CIVILITÉ, POLITESSE, COURTOISIE. Etymo-
logiquement, la civilité est ce qui préside aux relations civiles, c'est-à-dire entre concitoyens; la politesse est la qualité do celui qui a élé poli; la courtoisie, celle qui émane de la fréquentation de la cour, ou plutôt des cours féodales; c'est de là que le mot est provenu. Ces étymologtes distinguent suffisamment les trois mots. La civilité est le premier degré; elle a son cérémonial, ses règles, qui sont de convention. La politesse est quelque chose lie pljs; elle ajoute, à l'idée de civihté, des manières et une façon de s'exprimer qui ont quelque chose de noble, de fin, de déhcat. Pour pratiquer la civilité, il faut connaître les usages; pour avoir la politesse, la connaissance de ces usages n'est pas absolument nécessaire; et l'homme distingué d'esprit et d'éducation aune politesse naturelle. I.a courtoisie implique, en plus, des sentiments chevaleres-
ques, c'est-à-dire le culte envers les femmes, la générosité envers les adversaires et les ennemis, sentiments que ne renferment ni la civilité ni la politesse.
— HIST. XIV* s. Distribucion de honeurs ou de pecunes ou de quelconques autres choses qui sont partables entre ceulx qui communiquent en une civilité ou policie, oresme, Elh. 144. Civilité, c'est la manière, ordenance et gouvernement d'une cité ou communité, id. ib. 34. Et difl'ere leur civilité de la civilité de ceux qui entendent à faire les citoiens bons en la manière que une bonne chose diffère d'une malvoise, id. ib. 34. || xV s. Tant de ce les enliorta que il les attira à icelle civilité, et que il s'assemblèrent ensemble, Bnuciq. iv, ch. )0. Pour la subtilité et civilité [adresse] du dit Malet, nu CANGE, civilis. Il xvi' s. Ceux qui vont en Allemagne, où les coustumes et civilitez [usages] sont différentes dos nostres, quand ilz sont revenus, on les trouve grossiers, lanouk, (20. Ayant esté nourry à la guerre en discipline militaire plus que es civihtez de la ville, amvot. Marins, 2.
— ÉTYM. Provenç. civilitat; espagn. civilidad; portug. civilidade ; ital. civilità; du latin civililatem, lie civilis, civil.
CIVIQUE (si-vi-k'), adj. \\ 1° Qui concerne les citoyens. Devoirs civiques. Droits civiques, droits qui appartiennent au citoyen. L'élection des citoyens chargés de voix se renouvelant tous les ans, on serait moralement sûr que les voix civiques seraient portées sur les plus dignes, turgot. Œuvres, (844, t. II, p. 615. Il Serment civique, serment d'attachement au nouvel ordre de choses qu'on demandait durant la Révolution. || Garde civique, garde composée de citoyens, autrement garde nationale. Gloire à la garde civique. Piédestal des lois! bErang. Restaur. Il 2" Qui appartient à un bon citoyen. Les vertus civiques. L'objet de l'institution générale d'une bonne et civique éducation.... turgot, CEuv. t. ii, p. 534. Il 3° Couronne civique, couronne de chêne qu'on décernait chez les Romains à celui qui, dansune bataille, avait sajvé la vie à un citoyen. Ces citoyens sauvés aux remparts de Noia, Qui d'un rameau civique honorèrent Sylla, jouv, Sylla, i, 4.
— ÉTYM. Lat. civicus, de eivis, citoyen (voy. civil). CIVISME (si-vi-sm'), s. m. Sentiments qui font
le bon citoyen; attachement à la cité, à la patrie. Il Dans les lois de la Révolution, dévouement au gouvernement établi. Certificat de civisme.
— REM. Ce mot est un néologisme et ne se trouve dans aucune des éditions antérieures à <836 du Dictionnaire de l'Académie. On a dit qu'il était dans Montesquieu : a Le civisme, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières. j> Cette citation est fausse; la phrase est : Cet amour [des lois et de la patrie] demandant.... montesq. Espr. iv, 5.
— SYN. CIVISME, patriotisme. Le civisme est du bon citoyen; le patriotisme est de celui qui aime et sert sa patrie. On voit dès lors que patriotisme est plus étendu que civisme; car, pour avoir du civisme, il faut être citoyen, tandis que, pour le patriotisme, il suffît d'avoir une patrie. Les serfs russes montrèrent beaucoup de patriotisme dans la grande invasion que fit Napoléon en leur pays. Hampden, en refusant une taxe modique qui n'était pas légale, fit un acte de civisme.
— ÉTYM. Voy. CIVIQUE.
CLABACD (kla-bô), s. m. || 1° Terme de vénerie. Chien à oreilles pendantes, qui aboie mal à propos, c'est-à-dire sans être sur les voies de la bête. Le veneur n'a point confiance en ce chien; c'est un clabaud. Il 2° Par extension. Ce chapeau fait le clabaud, il est clabaud, il a les bords pendants. Un chapeau clabaud par-dessus mon bonnet, j. J. rouss. Conf. vi. Demandez à votre écuyer si vous n'aviez pas votre chapeau en clabaud et si vous n'étiez pas noir comme undiable et poudreux comme un courrier, à labataille de Fontenoi, volt. Leltr. Richelieu, (6 juillet 1750. Il 3° Fig. Personne qui crie beaucoup et sans cause.
— HIST. XVI" s. Ces clabaux de village, desper.
Contes, LVi Sans levrie/s, sans clabauts Avez
forcé le cerf et par monts et par vaux, Œuvres de
BAÏP, p. 57, danSLACURNE.
— ÉTYM. Picard, clabaud, qui a les oreilles pendantes; wallon, clabnt, clochette pendue au cou des animaux; du germanique : holland. klappen; allemand klo'ffen, bavarder, faire du bruit; ancien haut-allem. klafj'ôn (comp. glapih). On voit la série des sens : chien qui aboie mal à propos; mais, ce chien ayant les oreilles pendantes, le mot prend aussi l'acceptinn de pendant, tombant. Ce mot, qui n'est pas m'-s-ancien dans la langue, paraît être venu par nos provinces du nord.
CLABACDAGE (kla-bô-da j'), s. m. || I°Aboi de chiens, ùe clabaudage des cliiens dans un chenil. |l 2° Fig. Criaillerie sans motif. Son clabaudage ne m'efTraye point.
— ETYM. Clabauder.
t CLABAUDEMENT (kla-bô-de-man) , ». m. Action de clabauder.
— HIST. XVI' s. Aussi n'oyez-vous plus aux classes ce clabaudement latin des regens, SoJ. Mén.f. so.... Et ce clabaudement et abbayememl est un pleur pour l'impatience de leur ire, paré, Animaux, <2.
— ÉTYM. Clabauder.
CLABAUDER (kla-bô dé), V. n. [|l'Terrae de vénerie. Aboyer sans être sur les voies , en parlant d'un chien. Voilà maint basset clabaudant; Voilà notre renard au charnier se guindant, la font. Fabl. XII, 23. Il 2° Fig. Crier sans cause. Il clabaude contre tout le monde. Il jura qu'il s'en vengerait, et clabaude aujourd'hui contre moi chez monsieur le procureur général, VOLT. Lelt. d'Argental, 20 oct. nc4. Un peuple aimable et vain [les Parisiens].... Qui vole au moindre bruit, et qui tourne à tout vent, Y juge les guerriers, les ministres, les princes. Rit des calamités dont pleurent les provinces, Clabaude le matin contre un édit du roi. Le soir s'en va siffler quelque moderne ou moi, volt. Ép. cix.
— HIST. xvi's. C'est un vertueux office, Avoir pour son exercice Force oiseaux, et force abbois, Et en meutes bien courantes Clabauder toutes ses rentes Par les champs et par les bois, dubell. m. 87, recto. Les chiens abbayent et clabauJent oyans le bruit des trompettes, paré, Animaux, <2.
— ÉTYM. Clabaud.
CLABAUDERIE (kla-bô-de-rie) , s. /•. Criaillero sans raison et sans sujet. Peu troublé de toutes ces clabauderies. Mais le seigneur plein de furie Fit cesser la clabauderie, scarron, Virg. trav. liv. vi.
— HlST. XVI' s. Vous diriez, à les ouir criailler, que l'Estat s'en va perdu s'il manque de clabauderies affinées et de ruses pedantesques, sullï, dans le Dict. de DOCHEZ.
— ÉTYM. Clabauder.
CLABAUDEUR (kla-bô-deur) , s. m. \\ 1' Terme de chas.çe. Synonyme de clabaud. || 2° Fig. Clabaudeur, clabaudeuse, celui, celle qui crie beaucoup et sans raison. Quel clabaudeur assommant!
— HIST. xvr s. Les pedans clabaudeurs, après avoir questé avec grande estude et science par les livres, en font monstre et.... charron, i'agesse, 1, *o.
— ÉTYM. Clabauder.
t CLADOPODE (kla-do-po-d'), adj. "lerme de zoologie. Qui a les pattes divisées comme des branches.
— ÉTYM. KXdSo;, branche, de xXâu, fendre (voy. clastique), et tioû;, îtoSà;, pied (voy. pied).
t CLADORRHIZE (kla-dor-ri-z'), adj. Terme de botanique. Qui a des racines rameuses.
— ÉTYM. K'/âSo;, branche, et ^iÇ», racine. CLAIE (klê), s. f. Il 1° Ouvrage de vannier, en
osier, plat, long de quatre ou cinq pieds et large d'environ trois ou quatre, selon les choses dont on a besoin. Une claie à faire sécher des prunes. Une claie à nettoyer les habits. || Passer à la claie, jeter avec une pelle de la terre pierreuse contre une claie ■qu'on tient entre droite et couchée, de sorte que la bonne terre passe et que les pierres retombent au bas de la claie du côté du ja.-dinier. 1] Traîner sur la claie, punition infligée autrefois aux cadavres de ceux qui s'étaient tués volontairement, ou qui avaient été tués en duel, ou de condamnés à mort. Bruquement et Cavagnes furent traînés à la Grève sur la claie, volt. Èœurs, I7l. i|Fig. Ils ont beau traîner sur les claies Ce Dieu mort dans leur abandon ; Ils ne font couler de ses plaies Qu'un intarissable pardon, V. HUGO, Voix, 6. Il 2' Treillage en bois ou en fer servant de clôture pour les parcs à bestiaux, les propriétés, d'abri pour les plantes, d'abat-jour, etc. Il 3° Terme de pêche. Synonyme de nasse. || 4° Terme militaire. Assemblage de branches d'arbres qu'où charge de terre et dont on couvre un logement pour le garantir des feux d'artifice de l'ennemi. || Terme de fortification. Assemblage de branche» entrelacées qu'on jette sur la boue d'un fossé récemment saigné, afin de pouvoir le passer sans enfoncer. Il 5° Terme d'orfèvre. Espèce de faux plancher en bois, divisé en chambrettes, qui est mis sous l'établi pour recevoir les parcelles d'or et d'argent qui se détachent de l'ouvrage.
— HIST. XIII' s. El n'a, ce semble, point de ventre, Que tout le pis [poitrine, devant du corps].... Peut à la cloie de l'escfaine, la Rose, I02)e. Or est Raimbaus Créions à l'estaque où s'est pris; Contremont est rampes com chevaliers gentisDe ci qu'à une clcie;
CLA
•Uiàgenous s'est mis, Ch. d'Ant. iv, 847. Sos une cloie s'est rauciés, Lai de Melinn. Formaiges qui dedons esteient Kt sur une cloie glseient, mahie, Fable <♦. La charretée de cloies à cscliafauder, Liv. des met. 323. Quant fête fu [la fosse] à sa devise, Une perche a par desus mise, Sur la perche met une cloie, Ren. 74H. ||xiv's. Que le faulcon siée droictement sur le poing, non pas sur la cloie [dos] de la main, ne dedens sur les dois, Modus, f° Lxxvm, ■vcrio. Le cop clieï sur elle, tellement qu'il lui fist une plaie à sanc sur la cloie de la main, ducange, claia. Le suppliant lui donna de laclaye de la main par le visage,m. ih. Il XV" s. Lesup(iliiuit portoitune clede ou claye qu'il avoit faite, m. ib. cleda. La claye ou clide du champ, id. ib. Le suppliant s'enfouit au dit villaige jusques au dedans d'une due près et au rez des maisons,iD. ib. Et avoient fait [les Flamands] ponts de nefs et de clayessur l'Escaut, fboiss. ii, ii, 58. ||xvj" s. Les deux furent traînez sur des clies, et le peuple les poursuivit, et couvrit de fanges et d'opprobres, d'aud. Jlist. II, 32. Les païsans roullerent dans le fossé force gabions, madriers, claies et fassines, ID. l'b. II, 50. Ceux du fort, qui n'avoient qu'un parapet de clies, l'abandonnèrent, id. ib. Ii, 193. Sur des clies doubles, id. ib. m, 20. Les commissaires de l'artillerie, k cause des mauvais chemins, eurent quelquefois la peine de faire cheminer demie lieue l'artillerie sur des clies, id. ib. m, 226.
— ÊTYM. Picard, cloie; génev. die; wallon, cleûse; provenç. cleda; bas-lat. clida, clia, dans les lois des barbares et dans de vieux glossaires; le diminutif c^efeiJo dans Grégoire détours; du celtique : anc. irlandais, cho(/i; kymri, clwyd; Cornouailles, cluil; bas-breton, cloued; tous mots qui signifient claie. La. cloie de la main, la cloie de l'échiné s'est dit, dans l'ancienne langue, par comparaison de la structure osseuse de ces parties avec une claie.
t t. CLAIN (klin), s. m. Biseau que le tonnelier forme sur l'épaisseur de chaque douve.
— ÉTYM. Sans doute pour clin, de cliner inusité, mais se trouvant dans in-cliner, dé-cliner, en-clin.
f 2. CLAIN (klin), s. m. Terme de coutume. Saisie. 11 y avait deux sortes de clains, l'un réel qui se pratiquait sur les biens du débiteur, l'autre personnel qui s'exerçait sur sa personne. || Clain de rétablissement, procédure pour rétablir le bailleur de fonds à rente foncière dans la possession de l'héritage, faute par le preneur de payer la rente.
— ÉTYM. L'anc. verbe français clamer, qui signifiait réclamer en justice, du latin clamare{yoy. clameuh).
CLAIR, CLAIRE (klêr,klê-r'),ad'j.|| l"Oui a l'éclat du jour, de la lumière. Le bois sec fait un feu trèsclair. Mais, ô planète belle et claire.... malh. ii, 4. Adieu donc, clairs soleils si divins et si beaux, Adieu l'honneur sacré des forêts et des eaux! régnier. Plainte. L'étoile reparaîtra avec un nouvel éclat; vous la verrez marcher devant vous plus claire que jamais, et, comme les mages, vous serez transportés de joie, boss. Elévations sur les myst. vi. il 2» Oui reçoit beaucoup de jour. Cette chambre est fort claire. || Transparent. Des vitres bien claires. Clair comme le cristaL || 3° Luisant, poli. Des armes claires. Vaisselle claire. || Argent clair ou clairs deniers, argent comptant, et, parsuite, argent qu'on est certain de toucher. Sa Majesté, dans les premiers jours de sa régence, épuisa l'épargne des plus clairs deniers, larochef. Ifem. 23. || Parextension.Leplus clair de son bien, de sa fortune, la partie la plus sûre, la plus incontestable, par exemple de bonnes terres, de bonnes maisons, de bonnes rentes. Lesquels deux mille écus Du plus clair de mon bien seront pris et perçus, regnard. Légat, iv, 6. Son plus clair revenu consistait en bon vin, volt. Finances. Il Argent clair s'est dit, ainsi que argent sec, pour argent comptant, i cause de l'éclat, ou, plaisamment, à cause de l'état sec que présentent des pièces de monnaie comptées pour un payement. Il 4° Qui est d'une nuance peu foncée, en parlant des couleurs. Vert clair. Brun clair. Un teint clair. 11 suivait une pente où l'herbe, usée à peine. Sous
le sombre sapin et sous le clair bouleau masson,
Ilelv. II. Il Clair-brun, clair-brune, qui est d'un brun clair. Cheveux clair-bruns. Cette fille estclair- 1)1 une. Dans cette orthographe, qui est celle de l'Académie, clair est adverbe. || 5° Qui n'est pas trouble. Vin clair. Eau claire. Le long d'un clair ruisseau buvait une colombe, la font. Fabl. ii, <2. Ainsi qu'un clair ruisseau, captif entre ses bords, CAS. DELAV. Ép. à Lamartine. Clairs rui.<.seaux, sombres bois, qui la vîtes fidèle. Cessez de retracer à ™°Ln'*"'' ''^"'^^ L'image d'une ardeur et si vive et U beUe, CHAUUBU, Sur une infidélité. Savoure ce
CLA
nectar plus clair que le rubis, Gilbert, Nouvel Épicure. Il Fig. Faire de l'eau claire, ne pas réussir. Mais quoi! que feras-tu que de l'eau toute claire? MOL. l'Étour. m, <.||Par extension. Le temps, le ciel est clair. Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux, rac. Phèd. iv, «. Pour toi, toute fumée ondulant, noire ou gaie, Sur le clair paysage.... y. HUGO, Voix inlér. 19. || 6° Qui a peu de consistance, par opposition à épais. Cette purée est trop claire. || Un oeuf clair, œuf qui a été pondu par une femelle d'oiseau non fécondée. {| Lait clair signifie quelquefois petit-lait. |{ 7" Qui n'est pas assez serré, dont les parties ne sont pas rapprochées. Une toile claire. Les blés sont clairs. || Bois clair, bois dont les arbres sont assez éloignés les uns des autres. 118° Net, aigu, en parlant de la voix et des sons. La voix des femmes est plus claire que celle des hommes. Et là d'une voix claire. Devant quatre témoins assistés d'un notaire, rac. Plaid, ii, 4. Il 9° Fig. Aisé à comprendre. Cet auteur n'est pas clair. Des termes clairs. Des idées claires. Un système suivi, méthodique, clair, marchant de conséquence en conséquence, volt. Dict. phil. Philosophie. Ne doit-on pas interpréter des édits vagues et obscurs par des lois claires et reconnues qui les expliquent? VOLT. ie«. delaVoute, 4 février (700. Il Cette affaire n'est pas claire, elle est embrouillée. Il Ce procédé, cette conduite, ces discours ne sont pas clairs, ils sont équivoques. {| Famdièrement. Est-ce clair? c'est-à-dire ai-je parlé d'une façon intelligible? || Le plus clair d'une affaire, tout ce qu'on peut y comprendre. || 10° Qui comprendaisément, en parlant de l'esprit. Avoir l'esprit clair. Élaient-ce impressions qui pussent aveugler Un jugement si clair? MALH. V, 4. Il 11° Évident, manifeste. Son droit est clair. La loi est claire et précise. Vous déguisez en vain une chose trop claire, corn. Hor. i, 2. Et vous pourrez avoir des visions plus claires , id. Nicom. Il, 3. Le jour est déjà grand; et la honte plus claire De l'apôtre ennuyé l'avertit de se taire, malh. l, 4. Maintenant ces deux âmes pieuses contemplent ensemble à découvert les lois éternelles d'où les nôtres sont dérivées; et si quelque légère trace de nos faibles distinctions paraît encore dans une si simple et si claire vision, elles adorent Dieu en qualité de justice et de règle, boss. le Tellier. Qui cherche la peifection, Loin de tout croire en téméraire. Pèse avec mûre attention Tout ce qu'il entend dire et tout ce qu'il voit faire; La plus claire apparence a peine à l'engager, corn. Imitation, i, 4. Ce que l'on peut prendre pour la cause de cet effet, étant clair que c'est la même chose de faire faire un pouce de chemin à cent livres d'eau que de faire faire cent pouces de chemin à une livre d'eau, pasc. Équil. des liqueurs, ii. Que dirai-je des difficultés qu'on suscite dans l'exécution, lorsqu'on n'a pu refuser la justice à un droit trop clair? boss. le Tellier. Des prophéties plus claires que le soleil, boss. Hist. Il, 4. J'exigerais de ceux [les esprits forts] qui vont contre le train commun et les grandes règles, qu'ils fussent plus que les autres, qu'ils eussent des raisons claires et de ces arguments qui emportent conviction, la bruy. xii. || Familièrement. C'est un profit tout clair, un profit manifeste. Au lieu de dépenser mon argent, je l'ai placé, c'est un profit tout clair. Détaillons un peu les obligations que je vous ai : premier acte [de Tancrède], premier remercîment; la première .scène du second, supprimée, profit tout clair, volt. Leit. d'Argental, 24 sept. t760. ||12° Clair, s. m. Clarté. Au clair de la lune. Notre promenade fut charmante auclairdelune,siiv. 2t4. Les bigots.... criaient tous Disant : au clair de lune II [Guilain] fait danser les loups, BÉRANG. Ménétr. de Meudon. ||Terme de peinture. Un clair de lune, tableau d'une vue prise au clair delà lune. || 11 fait clair, il fait jour, et aussi on voit clair. 11 fait clair dans cette galerie. || 13° Terme de peinture. Parties éclairées d'un tableau. C'est ainsi que la peinture divise en grande masse ses clairs et ses obscurs, montesq. Goût,Yariété. \\ 14° Dans une tapisserie, les clairs, les laines, les soies de couleur claire. Cette tapisserie est presque achevée, il n'y a plus que les clairs à mettre. H Endroit d'une étoffe ou d'un bas où, les fils étant à moitié usés, le jour se voit à travers sans qu'il y ait un trou. Raccommoder, faire les clairs d'un bas. |1 15° Tirer un liquide au clair, le mettre en bouteilles quand il a bien reposé. Il Fig. Tirer une affaire au clair, l'éclaircir, en étudier toutes les circonstances. || Dans le môme sens, mettre au clair. Chavigny, se voyant mis au clair [dévoilé], n'eut recours qu'au pardon, sr-siM. viii, 98. Il 16° Clair, adv. D'une manière claire, distincte. Voir clair. On lui vient dire qu'il verra clair [ne .sera
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pas aveugle J,*Év. 6. || Entendre clair, aroir l'ouïe bonne. Moins u-sité que voir clair. || Fig. Voir clair être pénétrant, se rendre compte d'une chose. Et le sort, qui détruit tout ce que je consulte. Me fait voir assez clair que jamais ce tumulte N'aura paii qu'au tombeau, malh. v, 21. Us se vantent de voir fort clair en leurs affaires, la font. Fiancée. L'œil qui voit dans les cœurs clair comme dans les cieui, Sait quelle aversion j'eus depuis pour tes dieux, ROTR. St. Gen. m, o. Je commence à voir clair dans cet avis des cieux, rac. Athal. n,e. Dieu voit clair dans nos cœurs, boss. i, Pent. 2. Elle voit bien clair à l'intérêt que j'y prends, sÉv. 382. On voit clair au travers de mes paroles, id. 45. En venant à vouloir voir clair aux effets de notre marquise, mol. l'Av. IV, i. Qui peut aisément voir clair dans l'histoire que vous ferez, m. 16. v, 5. Vous avez vu clair et dans la vanité de toutes les choses humaines et dans les grandes vérités de l'éternité, mass. Car. Inconstance. Qui voudraient voir clair dans les secrets de Dieu, ID. Car. Temples. Ceux qui voudraient voir clair dans les voies étemelles de Dieu, id. Avent, Noël. Ma musique est une musique de conséquence, il faut voir clair à ce qu'on fait, regnard, Sérén. se. (8. Il Parler clair, parler avec une voix grêle et aiguë. Il Fig. Parler clair, parler clair et net, parler ouvertement, sans réticence ni ménagement. Déclarant haut et clair que celui qui se dit mon ami ne l'est point. || Fig. Cette ferme lui rapporte clairet net quatre mille francs par an, c'est-à-dire tous frais déduits. Il Clair, en espaçant, de loin en loin. Semor clair. Des épinards plantés clair.
— HIST. xi' s. Que nous perdons clere Espagne la bêle, Ch. de Roi. iv. Bels fut Ii vespres, et Ii soleils fut cler, ib. xi. Cler en riant [il] l'a dit à Guenelon, ib. XLVii. Montjoie [il] escrie et hautement et cler, ib. cxlv. Li sanz touz clairs par mi le cors lui raie, ib. cxlvi. ||xii' s. Princes e très cliers e granz les [tu es] en ceste cité , Machab. i , 2. Mil graille sonent, moût en sont cler li son, Ronc. p. 7). Clere est la nuit et la lune luisant, ib. p. tu. L'espée [il] ceint, dont li pons [la poignée] reluit cler, ib. p. (25. À cleres armes, à riches gonfanons, ib. p. 4 33. ■Cler luit la lune par la cité antie, ib. p. (47. Plus [j'] en auroie le cuer del ventre cler [satisfait] , ib. p. )68. Mais se vos leus, où l'on se puet mirer. Qui tant sont cler.... Couci, 11. Queli faus enfes [enfant] qui crie Pour la bêle estoile avoir. Qu'il voit haut et cler seoir, ib. m. Mais son cler vis et sa fresche bouchete, ib. vi. Et vos [votre] douz front qui plus est cler que glace, ib. xi. Le front poli et cler, les oils vairs et rianz. Soi. v. Ce fu à Pentecoste, que il fait hel et cler, ib. xiii. || xiii« s. La fille [de] Blancheflor la royne au cler vis, Berte, xxx. [Elle] cuida que il fust jour, pour ce qu'il faisoit cler, ib. XLiii. S'en départ la royne, car la lune luist clere, 16. XLiv. [Votre père] Qui ça vous envoia bêle, plaisant et clere, ib. xcviii. Et l'autre partie par clers usages et par cleres coustumes, usées et acoustumées de lonc tans pesivlement [paisiblement], BEAUM. (3. Bien seilst veoir cler. Qui i veïst un mauvais cas, ruteb. 306. Gis siècles est moult fel, si nous veut enganer; N'i a vraie justice; nus n'i peut veïr cler. Moult i convient grant garde por nos âmes salver, Ch. d'Ant. 1, 96. Si que je leur monsterrai tout cler, que je n'enporte point d'argent, joiNV. 282. Il xiv°s. Il est tout clalr que telles petites fortunes ne font pas.... oresme, Eth. 24. Et dit cilz d'Alebret : Je le dirai tout cler : On dit que vous tenez et faites enserrer Ung chevalier prison que je doi bien amer, Guescl. (3405. La paste est plus clere et est' comme boulie clere, Jlénagier, 11, 6. Laissiez reposer vos rainsseures; puis vuidiez le cler, et le coulez, ib. || xv s. De nuit on oyt moult clair, FROiss. II, II, 2(3. Et le comte qui sage et subtil estoit, et qui à ses besognes assez clair veoit, id. 11, ui, 6. Et chevauchèrent ces François tous armés au clair, m. i, i, 316. Je vois bien cler; jà ne faut qu'on me maine, eu. d'orl. Bail. 97. Pour estre de cette chose certainement et au clair informé, Bouciq. m, ch. 4. Le jour estoit ung peu au cler et esclarcy, COMM. i, ( I. Ayant clere congnoissance de gens, ID. II, 6. Sire, dit elle qui de loing traire vouloit clere eaue [tirer des éclaircissements], plaise vous moy nommer celles qui sont mariées et à qui, Perceforest, t. III, f" 74. Il xvi' s. C'est une chose claire comme le soleil en plein midi, calv. Instit. ((5B. Au lieu que je declaire. Le fleuve Lot couve son ea» peu claire, marot, i, 258. J'ay mis au clair le plus grand de mes doutes, J'ay descouvert cent secrets d'un traict d'œil, st-gel. I8(. Le nom tout seul da François de la Tour Dira assez au clair sang de Turené Qu'il n'est pas mort, id. (98, U y voyoit ii
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clair, d'un jugement si sain que.... mont, i, K7. Voir clair en ses affaires, id. ii, 80. 11 faict clair [il fait beau soleil], m. ii, 358. Les accidents qui sont advenus aux cinq roys, qui régnèrent à Rome depuis Nunia, ont rendu sa gloire encore plus claire et plus illustre, amyot, Numa, 36. Galba en prit la hardiesse de dire publiquement hault et clair, qu'il.... iD.P.jEm 6t. Si tost donquesque lejour futclair.... in. t.'). 62. Si feit ses rencs clairs du commencement, pour engarder que les ennemis ne le peussent envelopper, ID. Crassus, 44. Des sachets de toile claire, 0. DE SERRES, 2S5, Comme dans un miroir, on voit toutes les grâces Au clair de votre teint.... OEuvres de. DES PORTES, p. (65, dans lacurne. Suppose que l'héritier offre accomplir le testament, et ce de bailler caution, ou de laisser es m.iins de l'exécuteur autant que se monte le cler du dit testament, Coustnm. génér. t. i, p. 77.
— ÉTYM. Wallon, clér; Berry, clar, cl mouillés; bourguig. clar; provenç. clar; espagn. claro; ital. chiaro; du latin clnrus, clair.
t CLAIRÇAGE (klèr-sa-j') , s. m. Dans les fabriques do sucre, indigène ou exotique, opération qui consiste ;\ filtrer, à travers le sucre cristallisé et encore enfermé dans les formes, un sirop de sucre blanc fait à froid, afin que ce sirop dit clairce, incapable de dissoudre d'autres sucres, remplisse les vides qu'il produit en déplaçant et faisant écouler les parties colorées dont les cristaux sont salis, le-
GOARANT.
— ÉTYM. Claircer.
t CLAIRCE (klèr-s'), S. f. Sirop de sucre blanc qui sert au clairçage.
— ÉTYM. Clair.
t CLAIRCÉE (klèr-sée), s. f. Voy. clairée.
t CLAIRCER (klèr-sé), t). a. Dans les fabriques de sucre, épurer le sirop, et, mieijx, pratiquer le clairçage.
— ÉTYM. Clairce.
t . CLAIRE (klêr'), s. f.\\ 1° Terme d'affineur. Cendres lavées, os calcinés dont on fait des coupelles. Il 2° Chaudière du raffineur de sucre. || 3° Pour les bas, une claire, im endroit oii les mailles sont rehkhées, rompues. Refais tes claires avec soin, Georgette, si tu veux que tes bas n'aient jamais de trous, nuMBFRT, Gloss. génev.\\On le fait d'ordinaire masculin, un clair, du moins à Paris. || 4° Claire des gardes, nom donné à l'étoile la plus brillante du carré de la Petite Ourse ; elle a une teinte rougeûtre.
— ÉTYM. Clair.
t 2. CLAIRE (klê-r') (SAINTE-), s. f. Nom d'unordre religieux de filles, fondé au treizième siècle par saint François d'Assise. Il s'est divisé en deux branches, l'une nommée les Damianites, qui sont les anciennes; l'autre, qui prit le nom d'Urbanistes, du pape Urbain IV, qui mitigea leur règle.
— ÉTYM. Claire, nom de la première supérieure. Claire, nom propre, n'est pas autre chose que l'adjectif clair au féminin.
t CLAIRÉE (klè-rée) ou CLAIRClÎE (klèr-sée), s. f.\\l° En termes de raffinerie de sucre, synonyme de clairce. || 2° Clairée, réservoir d'un marais salant.
— ÉTYM. Clair.
t CLAIRE-ÉTOFFE (klê-ré-to-f), s. f. Voy. clairesoudure.
CLAIREMENT (klê-re-man) , adv. D'une manière claire, nette. J'ai clairement entendu ce que vous dites. Parler clairement. Tu penses que d'Ivry la fatale journée Où ta belle vertu parut si clairement, MALH. VI, 22. Que nous apprendrez-vous, bon vieillard, qui sans yeux Lisez si clairement dans le secret des cieux, rotrou, Antig. v, 5. C'est ce que de la tour j'ai clairement pu voir, id. t't. i, 2. Ce silence forcé parle trop clairement, id. Bélis. m, 3. Si vous vous expliquiez un peu plus clairement, CORN. Serlor. iv, 1. Je vois trop clairement quelle main le produit, id. Perlhar. m, 4. Vous voyez clairement que votre songe est vain, id. Poly. ii, 3. [Elle].... fait voir clairement les merveilleux efl"ets Qu'en un cœur irrité produisent les bienfaits, id. Wc'déc, IV, 4. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, BOiL. v4r( p. I.
— SYN. clairement, distinctement. On voit clairement un objet toutes les fois qu'il est assez éclairé I our qu'on puisse le reconnaître en général; on ne le voit distinctement que lorsqu'on approche d'assez près pour en distinguer toutes les parties.
— Ill.ST. xu' s. Et s'escria clerement h haut ton, Konc. p. !>8. Qui voldreit clerment à la raisun guaraer, Mielz vient de basse gent estre bon e munter. Que de halte gent estre e en enfer aler, Th. le mart. 88. Il XIII* s. Et clerement fu seU prochainement des Grieus et des François, comment il avoit esté es-
tranglés, vilieh. xcviii. Et peut-on clairement connoistro leur afaire, llerte, lxix. Il voit tout clerement qu'ele a esté traie, ib. xc. Si comencha haut et clerement à canter le premier vier [vers], car il cantoit très bien, Clir. de Raiiis, p. 56. Il fu regardé que le [la] première convenence fu fête par fraude tout clerement, beaum. xxxiv, 49. Quand il oj ce, si commença à rire moult clerement, joinv. 268. Il XIV" s. Et par ce appert-il clerement que, pour dire un homme beneuré, il ne convient pas ensuir les fortunes, oresme, Eth. 23, || xv* s. L'escuyer de Portingal qui est ici venu le m'a esclairci moult clerement , froiss. II, III, 32. Mesmement le comte leur sire ne s'osoit clairement tenir en Flandre son pays [craignant d'Artevelle] , id. i, i, 67. || xvi" s. Cela se pourra plus clairement veoir par le récit de ses faits, AMYOT, Flamin. m.
— ÉTYM. Claire, et le suffi.xe ment; provenç. clarament; espagn. claramente ; ital. chiaramenle.
t CLAIRER (klè-ré), 1). o. Terme de fonderie. Laver.
— ÉTYM. Clair,
t CLAIRE-SOUDURE (klê-re-sou-du-f) ou CLAIRE- ÉTOFFE, s. f. Nom d'une sorte d'alliage, qui est compo.sée de plomb et d'étain.
CLAIRET (klê-rè), adj. m. || 1» D'un rouge clair, en parlant du vin. Le suc des raisins noirs se convertit en vin clairet, desc. L'homme. \\ Substantivement. Boire du clairet. || 2° S. m. Infusion de plantes odorantes dans du vin miellé et sucré. || 3'" Terme de joaillier. Pierre d'une trop faible couleur. || 4° Terme de pêche. Maille de la partie supérieure d'un filet.
— HIST. XII' s. Li rois l'acointe del plus riche barné ; Puis le servi del vin et del claré, Raoul de C. 48. Il xiii" s. Et de l'iauve simple bevoient , Sans querre piment ne claré, N'onques ne burent vin paré, la Ruse, sue. \\ xiv" s. Car en che paradis est un riex [ruisseau] establis, Qui se partist en trois, en che noble pourpris; En l'un coert li clarés, d'espisses bien garnis, Baud. de Seb. xi, 5H.||xv*s. Et donnoit cette fontaine, par ses conduits, claret et piment très bon et par grands rieus, froiss. m, IV, (. Et que le vin clairet, qui est de sa contrée, basselin, xxvjii. Après il print les e.sguieres, Le vin, le clairet, l'ypocras, villon. Repues fr. \\ xvi's. Leur bruvage est faict de quelque racine et est de la couleur de nos vins clairets, mont, i, 237.
— ÉTYM. C!aiV;génev. claret, vin; provenç. claret; espagn. clarete , sorte de vin ; ital. chiaretto, clairet, claretto, sorte de vin.
t CLAIRETTE (klê-rè-f) , s. f. || 1" Maladie des vers à soie'dans laquelle ils deviennent demi-transparents. Il 2° Un des noms de la mâche. || 3° Sorte de vin blanc, mousseux et très-léger du midi de la France. La clairette de Die. || 4° S. f. plur. Bernardines.
CLAIRE-VOIE (klê-re-voî) , s. f. || 1° Ouverture fermée seulement par un grillage en bois ou en fer. Il Au plur. Des claires -voias. || X claire-voie, loc. adv. A jour. Une palissade faite à claire-voie. Une porte à claire-voie. Toile k clairo-voie, toile à tissu peu .serré. Il Semer à claire-voie, jeter la graine à terre en la dispersant le plus possible. || 2° Terme de marine. Sorte de panneau formant toit pour l'écoulement des eaux. || 3° Terme de manufacture. Le jour qui reste quelquefois entre les fils de la chaîne, après que les draps ou autres étoffes de laine sont travaillées en toile.
— HIST. XVI" s. Il se vid avoir affaire à trois troupes et non à une, si bien que pour fournir aux diverses faces chacun prit parti A ce qu'il devoit affronter; cela fit faire une clair-voie entre ce qui donnoit aux deux cousins, d'aub. Hist. m, 64, 65. Une couppe plate, d'argent doré, à tout son couvercle, dont le pyé est faict à clervoises et lectres,
DE LABORDE, ÉmaUX, p. 2<6.
— ÉTYM. Norm. claire-vaie. L'étymologie paraît être claire et rote; pourtant, outre que le sens n'est pas satisfaisant, on remarquera que dans les exemples, peu nombreux il est vrai, de l'historique, clair demeure invariable; ce qui porterait à croire que, dans la fin du mot, il faut chercher autre chose que foie, peut-être quelque formation irrégulière du verbe voir.
t CLAIRIER (klè-rié), s. m. Levain plein de mousse.
— ÉTYM. Clair.
CLAIRIÈRE (klè-riê-r"), s. f. || l" Certaines parties de bois où les arbres ne sontpoint si touffus que dans d'autres. Dans la brune clairière où l'arbre au tronc noueux Prend, le soir, un profil humain et monstrueux, v. HUGO, Voix inte'r. vu. Bien des fois, ii'est-ce pas? à travers la clairière. Pâle, effaré,
n'osant regarder en arrière. Tu t'es hAté.... id. ib, X. Il 2° Partie claire d'un tissu. Il y a des clairières dans cette toile. || 3" Terme de manufacture. Voy.
ÉBOULAOE.
— HEM. Au xvir siècle, on disait clarière. On faisait environ deux mille pas dans le bois, puis on rencontrait une clarière qui servait comme de parvis au temple, la font. Psyché, ii, p. (58.
— ÉTYM. Clair.
CLAIR-OBSCCR (klê-rob-skur, au pluriel comme au singulier), s. m. || 1° Terme de peinture. En général, manière de traiter les jours et les ombres. On dit d'un peintre qu'il entend bien le clair-obscur, lorsqu'il détache bien ses figures, par une heureuse disposition des ombres et de la lumière. Les Italiens ignoraient l'art de la perspective et du clair-obscur, voi.T. Mœurs, (2) . || Un dessinau clairohscur, ou, simplement, un clair-obscur, dessin dont les ombres sont de couleur brune et les jours rehaussés de blanc. I! 2» Effet de la lumière, éclairant les surfaces qu'elle frappe, et laissant dans l'ombre celles qu'elle ne frappe pas. Ajoutez à cela le clairobscur du soleil et des ombres, j. j. rouss. Hél.u, s. Il Au -plur. Des clairs-obscurs.
— ÉTYM. Clair, obscur.
t. CLAIRON (klè-ron), s. m. ||1" Sorte de trompette à son clair et perçanL C'était le clairon des barbares Qui vous annonçait nos revers, déranger. Orage. \\ Dans les régiments d'infanterie, cornet des voltigeurs. || 2° Celui qui sonne du clairon. {| 3° Un des jeux de l'orgue, à l'octave de la trompette. Il Proverbe. X bête sOre il ne faut pas de clairon, c'est-à dire quand on est plein de confiance en l'honnêteté d'une personne , il est inutile de la surveiller.
— lllST. XIII* s. Leroy qui venoit à un terrible tempestier de trompetes, clerons et cors, du cange, clarasius. Il XV" s. Quand ce vint le samedi au matin . on sonna trompettes et claronceaux à grand foison parmi l'ost, FROISS. II, m, 19. Et moy tantost depietonner;Car, quant on ouyt clarons sonner, 11 n'est couraige qui ne croisse, villon, Archer de Bagnolet. Et les menestriers se mirent tous devant, sonnans trompes, clairons et cors sarrasinois, cimballes et labours, et menoient si grant deduyt.... Perce forest,l. i, f° i05.
Il XVI' s Chanta les vers que dessus déclarons,
Plus haut et cler que trompes et clairons, marot, II, 282. Il n'a point les trompettes et clarons sonans autour de luy, ains marche à pied avec des pantoufles, AMYOT, Uarcell. 35. Sonnant grand nombre de clairons, de cornetsetdetrompettes, id. Sylla, 3|. X pain et oignon, trompette ne clairon, cotgrave. Les clairons, hault-bois et trompettes du tournoy, coNDÉ, Xém. p. 546. Il est accoustumé de mectre en la dicte gallere trompettes et clairons, Us faits de mer, dans jal, clairon.
— ÉTYM. Bas-lat. clario; ital. chiarina; du latin clarus, clair : instrument qui donne un son clair.
f 2. CLAIRON (klè-ron), s. m. \\ 1" Terme de marine. Partie du ciel qui paraît dans une nuit obscure. Il 2" Terme de pêche. Torche de paille allumée pour éblouir le poisson la nuit.
— ÉTYM. Picard, clairon, éclat passager de lune ou de soleil pendant une nuit ou un jour obscur; de clair : c'est-à-dire chose qui donne de la clarté.
CLAIR-SEMÉ, ÉE (klêr-se-mé, mée), adj. Peu serré, répandu de distance en distance. Du blé clair-semé. Desorges clair-semées. Un bois de chênes clair-semés. |{ Fig. Les beautés sont clair-semées dans ce poème. L'argent est clair-semé chez lui, il en a fort peu.
— HEM. Clair est invariable dans ce mot, qui signifie : semé à clair.
— HIST. XIII" s. Cels pris [je prise] , cels aim [j'aime ceux-là], et si je doi; Cels doit l'en bien motistrei au doi; Qu'il sont el siècle clersemé, ruteb. 230 Il XIV" s. Et est vraisemblable que teles amistés soient cler semées et non pas communes, oresme, Eth. 235. Il XVI" s. Qu'on loge un philosophe dans une cage de menus filets de fer clair-semez, mont, u, 366. Tels à la vérité sont si clair-semez, qu'il seroit bien difficile d'en trouver quinze à la douzaine, froumenteau. Finances, m" livre, p. 437.
— ÉTYM. Clair, et semé.
t CLAIRURE (klè-rur'), s. f. Terme de manufacture. Endroit d'une étoffe de laine où les fils ne se joignent pas bien.
— ÉTYM. Clair.
CLAIRVOYANCE (klêr-TO-ian-s' ; plusieurs disent klêr-voi-ian-s'), «. (. \\ 1* Discernement par lequel on voit le fond des choses. Il a trop de clairvoyance pour qu'on puisse le tromper. || 2' Vue attribuée aux personnes endormies du sommeil magnétique et qui
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leur permettrait de voir à distance ou à travers les cliosos opaques. ,. , „ .
— nEM. On a dit que ce mot était dû à Port- Royal; il est beaucoup plus ancien.
— HIST. xv:« s. Ce n est pas par discours ou par nostre entendement que nous avons receu nostre religion, c'est par auctorité et par commandement estrangier; la roiblo.'se de nostre jugement nous y aydfl plus que la force, et nostre aveuglement plus que nostre clairvoyance; c'est par l'entremise de nostre ignorance plus que de nostre science que nous sommes sçavants de ce divin sçavoir, mont.