NOUV. LXXII
— XVI* s. Ils recoloyent par cueur quelques plaisans vers de Virgile, rab. Garg. i, 24. Il se saisit du baston de la croix, qui estoit de cueur de cormier, ID. ib. I, 27. Dieu vous doint ce que vostre noble cueur désire, m. Pant. u, (6. Je boy à luy de bien bon cueur, et à vous aussy, messieurs les recordz, ID. ib. iv, (B. Le dyable se représente on lieu , accompaigné d'ung escadron de petitz dyableteaulx de cueur, id. th. iv, 46. Je croy qu'il s'addoucira. Ou sera Plus dur que le cœur d'un arbre, DUBELL. IV, 29, rccto. AU cœur de l'hiver, marg. Nouv. XXXVIII. Le neuple n'eut pas le cœur de prendre seulement les balotes en main , mont, i , 3. Faulte de cœur [courage], id. i, 26. Non en leur action seulement, mais surtout en leur cœur, m. i, (08. Faire mal au cœur [donner des nausées], id. i, ((0. Sçavoir par cœur n'est pas sçavoir, id. i, (63. Ayant extrême peur de faillir une chose qu'il avoit tant à cœur, it>. i, (96. ii leur remeit par ce moyen le cœur au ventre, id. i, 353. Aulcun homme de cœur ne daigne s'advantager de.... id. u , 66. Nous prenons trop à cœur ces substitutions, id. ii, 86. Il a disné par cœur pour l'affection qu'il avoit de médire des femmes, tver, p. 555. Montrer qu'ilz n'avoient point le cueur failly , amyot , P^rtc. 62. Sans s'arrester aux larmes des passagers qui se tourmentent d'effroy et tirent du cueur, id. th. 03. Au cueur d'esté, id. ib. 66. La perte de celuy là seul luy attendrit le cueur, id. th. 69. Avoir le cueur [courage] bon, id. P. jEm. 43. U n'y eut si dur cueur en toute la vilie de Rome, à qui ce grant accident ne feist pitié, id. th. 57. Quant à moy, ja n'aurois jamais le cueur de vendre le bœuf qui auroit longuement labouré ma terre, id. Coton, 41, Homme de bas et petit cueur, id. Crassus, (33. Du filz autant m'est la personne chère. Comme j'ay eu à contrecœur le père, id. Pomp. (. Homme du tout fait à la dévotion et selon le cueur de Pompeius ID. Caton d'Ut. 45. Elle ne pardonnoit jamais depuis qu'elle avoit pris une chose à cueur. lo.
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Artax 24. Monsieur, j'ai sur le cœur tant de sang versé (les nostres , d'aub. Ilisl.x, <32. Venons au cœur (le la Krance et des affaires, id. t(;. I, <30. Le vaivode fait attaquer la ville avec la chaleur de coeur que la victoire passée donnoit à ses pens, m ib. u, <»». Ouand on vous decouvriroit implacable tenant votre cœur [rancune] et inexorable, CADLOix, I, 38. Ils avoicnt prouiis U garder ou y mourir; mais le cœur leur devint foye, et se rendirent leurs vies sauves, m. du bf.llay , 80. Ceste gresse est trouvée principalement au mésentère, et base ilu cœur , p/aft , i , «. Le ventricule a deux orifices, h. scavoir un supérieur nommé l'estomach et vulgairement cœur; et l'autre inférieur nommé pylorus, m. I, 14. La figure du cœur est pyramidale, à sçavoir large en sa ba.se et estroite sur sa pointe, ID. II, II. Et où il failloit, coups de baston ne luy manquoient pas, luy diminuant sa portion, le faisant souvent jeusner par cœur, ID. Animaux. 18. Cœurs ou cerises heaumécs, o. ce sekres. Mahe moy donc, mon cœur [m'amio] , car j'aime mieux Ton seul baiser, que si quekiuo déesse.... bons. 109. J'aime de tout mon cœur, je veux aussi qu'on m'aime, id. 254. Us sont toujours après pour lui [à la jeunesse] faire apprendre par cueur (ainsi parlent-ils) ce que les livres disent.... Charron , Sagesse, I, 14. Tl a eu le tœur do ce faire, pasquier, liedieixlies, liv. viii, p. 075, dans lacurne. Estant allé à Beigamo, il trouva son maistru qu'il salua joyeusement; et le maistre luy rendit le salut en disant : que dit le cœur [comment va la santé] ? Suils de Straparole, t. i, p. 268 , dans lacurne. Sans davantage nous tuer le cœur et le corps, ib. t. II, p. 386. Prenez vostre cœur à autruy, oiiDiN. Cœur content, et manteau sur l'espaule, cotgrave. Le cœur fait l'œuvre, et non pas les grands jours, m. Le cœur ne veut douloir ce que l'œil ne peut voir, ID. X cœur dolent, l'œil pleure, id. À povre cœur petit souhait, id. Belle chère, et cœur arrière [semblant d'amitié, sans que le cœur y soit], id. Qui n'a cœur [mémoire] ait jambes, id. Le cœur me dit qu'il faut que je meure, l'Amant ressuscité, p. 633, dans lacurne. Au trésor gist le cœur, Leroux DE LiNCY, Prov. t. II, p. 233. Bruler np peut cueurQui par venin meurt, in.id. p. 264, Cœur blessé ne se peut ayder, m.i'b.p. 276. Cœur de verre, cœur loya\ et ouvert, iD. ib. Quand bien vient, cœur fault, ID. ib. p. 377. Item jilus, est nécessaire de sçavoir tout de cueur la multiplication d'une chascune des dix figures jiar soy mesme et aussi par une chascune des aultres, de LAROcnE, Arismetique, ^ 8, verso.
— ETYM. Bourguig. cœu ; picard (environs d'Amiens), tcheur; provenç. cor; ilal. cunre ; du latin cor, cordis; grec, xocpSia; allem. Ileri ;a.ng\. heart; goth. hairtd; gaél. chridhe ; sanscrit, hrid. Cœur Bl pris le sens de mémoire, parce qu'il s'est étendu à l'âme tout entière; et l'on voit nettement comment il l'a pris, dans cette phrase provençale : En vostre cor devetz saber que tuit li adjectiu.... [en votre cœur devez savoir que tous les adjectifs....], Gramm. prove'içales , publiées par guessard, p. 78. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li cuers, au régime le cuer; au nominatif pluriel li cuer, au régime les cuers.Du reste, cuer se prononçait copur.
t COEURET (keu-rè), s. m. Variété de cerisier.
— ÉTVM. Diminutif de cœur, dit ainsi parce qu'il produit la variété de cerise nommée cœur.
t COÉVÉQUE (ko-è-vê-k'), s. m. Collègue dans l'épiscopat. Il y a schisme entre moi et vos coévèques, BOSS. Unité, 3.
— ÉTVM. Co.... préfixe, et évéque.
COEXISTANT, ANTE (ko-è-gzi-stan, stan-l'), adj.
Qui coexiste, qui est simultané. Deux faits coexistants. COKXISTENCE (ko-è-gzi-stan-s'), s. f. Existence simultanée. Les Ariens niaient la coexistence éternelle du Verbe divin avec son Père. 11 fait nier aux pères la coexistence dos trois personnes divines, BOSs. Aïert. e. Science des lois qui président aux coexistences des formes des. diverses parties dans les êtres organisés, cuv. Itév. p. 8.
— ÉTYM. Coexister.
COEXISTER (ko-ègzi-sté), v. n. Exister ensemble. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— RTYM. Co.... préfixe, et exister.
tCOFFlÎACÉ, ÊE (ko-fé-a-sé, sée), ad;. Terme
de botanique. Qui ressemble au café.
— ÊTVM. Voy. CAFÉ.
t COFKIN (ko-fin), s. m. Ëtui plein d'eau où est «ne p;erre à aiguiser et que le faucheur porte & sa ceinture.
— HIST. xv s. Tout plain ung sac de joyeuse promesse, Soubz clef fermé, en ung coffin d'oublié, CH. u ORL. Hondeau. \\ xvi« s. Avec des pleins coffins
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d'eau de senteur, yver, p. 662 toutes ayant en
leurs fresches mains blanches Un beau cofin tissu de jeunes branches, bons. 740.
— Rtvm. Voy. COFFBE. Coffin signifiait un petit coffre, un petit panier; il est resté dans les patois: Berry, coffin, corbeille; norm. coffin, cornet; picard, cofin, étui, coffret, panier; provenç. cofin; catal. co/i;espagn. cofin.
t COI'TINE (ko-fi-n'), s. f. Espèce d'ardoise convexe.
— ÉTYM. Coffin.
t COFFINER (ko-fi-né), v. a. Terme de m4tier. Courber, voûter. || Se coffiner, v. réfl. Se courïer, se déjeter.
— ÉTYM. Coffin.
■\ COFFINET (ko-fi-nè), s.'m. Petit coffre, petit panier.
— ÉTYM. Diminutif de co/jîn ; Berry , coffinot, corbeille, manne.
t COFFRAGE (ko-fra-j'), s. m. Terme d'art militaire. Charpente du coffre d'une mine de guerre.
— ÉTYM. Coffrer.
COFFRE (ko-fr'; quelques-uns prononcent kô-fr'; mais cette prononciation n'est justifiée par rien), s. m. Il 1° Meuble en forme de caisse , dans lequel on serre toute sorte de choses. Un coffre plein. Le coffre au linge, à l'avoine. || Piquer le coffre, attendre longtemps dans l'antichambre du roi, d'un grand seigneur, parce qu'à la cour il y avait des salles où l'on ne trouvait à s'asseoir que sur des coffres. Locution aujourd'hui inusitée. || U s'y entend comme à faire un coffre, se dit d'une personne qui fait mal quelque chose. || Rire comme un coffre, rire à gorge déployée, par assimilation plaisante de la bouche qui rit à un coffre qui s'ouvre. || Familièrement, raisonner, chanter comme un coffre, raisonner, chanter très-mal; par un assez mauvais jeu de mots entre raisonner et résonner. || 2° Caisse où l'on serre l'argent, et l'argent même qui est ainsi serré, les fonds, la fortune. X force de faire de nouveaux contrats ou de sentir son argent grossir dans ses coffres, on se croit enfin une bonne tête et presque capable de gouverner, la bruy. vi. Une pareille somme est comptée dans ses coffres pour chacun de ses autres enfants qu'il doit pourvoir, id. ib. Les biens d'un homme ne sont point dans ses coffres, mais dans l'usage de ce qu'il en tire, J. J. rouss. Hél. iv, to. Vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n'ouvrez aussi votre cœur, id. Ém. u. || Elle est belle au coffre, se dit d'une fille laide, mais riche. ||Cela sera sur ses coffres, se dit des pertes qui retombent sur quelqu'un. Il Les coffres du roi, les coffres de l'État, le trésor public. Il mit tout l'argent de l'Egypte dans les coffres du roi, BOSS. Potit. || Coffre-fort, coffre de fer ou de bois fort épais, dans lequel on serre l'argent. et les objets précieux. Ces coffres-forts qui défient les voleurs. Ton beau-père futur vide son coffre-fort, boil. Sat. x. La clef du coffre-fort et des cœurs est la même, la font. Le petit chien. || Coffreforfse dit aussi de l'argent, de.la fortune. || 3° Par extension. Le coffre d'un carrosse, la partie d'un carrosse sur laquelle on met les coussins pour s'asseoir , et dont le haut se lève en couvercle comme celui d'un coffre. || Le coffre d'un autel, la table d'un autel avec l'armoire qui est dessous. Il L'assemblage et le corps d'un clavecin, d'un fortepiano. Il 4° La partie du corps que renferment les côtes. Il était temps, l'abcès gagnait le coffre, et se manifestait par de grands frissons, st-sim. <30, I9I. Pourquoi il a fallu faire ce coffre de la poitrine de plusieurs pièces qu'on appelle côtes, Boss, Conn.u, 7. Il Avoir le coffre bon, être bien constitué quant aux fonctions de la respiration et de la digestion. Étant bien conformé par le coffre et ne faisant d'excès d'aucune espèce, j. j. nouss. Conf. v. Soixantedix ans et un catarrhe.... il ne pourra aller loin. — Et voilà ce qui vous trompe; il ira loin, il ira Irèsloin; le coffre est bon, bayard et o. de wailly, Sla place et ma femme, ii, il. || Terme de chasse. Corps d'une bêle fauve dont on a fait la curée. Il En termes d'hippiatrique, cette jument a un grand coffre, un beau coffre, elle a les (lancs fort larges. Il Des coffres à avoine, se dit de grands chevaux auxquels il faut beaucoup d'avoine. || 5° Terme de jardinage. Carré long formé de planches posées de champ pour recevoir des châssis ou panneaux. On dit aussi caisse. || Terme de marine. Coffre d'amarrage , corps flottant muni de deux org.ineaux. || Terme d'art militaire. Charpente qui soutient les terres dans une mine de guerre. || Logement creusé dans un fossé sec, peu différent de la caponière, qui sert aux a,s.siégés pour empêcher qu'on ne passe le fossé. Il Terme de ponts et chaussées. Caisse sans fand.
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formée de pièces de bois et de madriers. || Terme do maçonnerie. Faux tuyau dans une souche de cheminée. Il Tuyau que l'on enfonce dans un trou de sonde. Il Terme d'hydraulique. Synonyme de chambre d'écluse.
— SYN. coffre, BAHUT. La différence entre ces deux meubles, c'est que le bahut a le couvercle en rond, tandis que le coffre peut avoir le couvercle plat ou arrondi.
— insT. xiu* s. [Il] N'i ot sommiers à coffres ne dras troussés en malle, Berte, xxvii. Deux coffres bien garnis d'or et d'argent, Chron. de Itains, p.«. Marcis, marcis [marquis], où sont li mil chevalier que vous déviés faire salir de vos cofres? ib. 4fi. Forgier, escrin, cofre, Liv. des met. 105. Mais au venir li mesavint. Car sa droiture ert en son coffre, Si fu pilliez en roi de coffre, ruteb. ii, 71. Enmi la sale sus un coffre Est assise mate et pensive, id. n, 31. Le roy emporta dix mille livres de parisis que il avoit en ses cofres, et chascun an autant, joinv. 207. Il xiv s. X dens saisi le coffre, sans point de l'alargier, Baud. de Seb. v, 908. Godefroy le Fevre, varlet de chambre et garde des coffres de monseigneur duc d'Orléans, DE labohde, Émaux, p. 2(9. || xv s. Etces brigands brisoient maisons, coffres et escrins, et prenoient quant qu'ils trouvoient, froiss. i, i, 324. Et moult de maisons et de femmes robées et pillées, violées et destruictes, et des coffres effondrés, id.
11, II, 168. Promis avez sur le mois de février Que J vous serez sa besongue ordonnans. Et le ferez sur vos -^ coffres payer, e. desch. Poésies mss. 1° 208, dans LACURNE. Et enclos, pour plus grant seurté. Ou [au] coffre de ma souvenance, ch. d'obl. Bail. 32. || xvi"s.
Il commença à faire une barricade sur le bout du pont levis, en y plaçant un buffet et deux coffres, d'adb. Vie, XX. X attendre dans la garderobe de son maistre assis sur des coffres, id. ift.xL. L'équipage fut de douze chevaulx, deux mulets de coffres, etc. CARL. m, «. Je dis à Barbaut que je ne pouvois retourner arrière que je n'eusse mandement de monsieur de Barie, et que, si la ville se perdoit, tout cela tomberoit sur mes cofres, montluc, t. ii, p. 73, dans LACURNE. Lettres patentes, afin de faire ouvrir les coffres des prisons, et mectre en liberté les prisonniers detenuz pour le faict de la religion, condé, Mémoires, p. 571. En coffre ouvert le j uste pèche, cotgrave.
— ÉTYM. Berry, couffre; provenç. et espagn. cofre; ital. cofano; du latin cophinus; grec, xoçivoç.
COFFRÉ, ÉE(ko-fré, frée), pùrt. passé Mis en prison. Ton affaire allait bien, le drôle était coffré, MOL. l'Étour. v, 1. Un mot du maire du lieu et me voilà coffré, p. l. cour, ii, 300. || Terme de marine. Navire bien coffré, navire qui a la muraille des gaillards élevée et bien fermée.
t COFFRE-FORT, S. m. Voy. coffre.
COFFRER (ko-fré) , v. a. Terme familier. Emprisonner. Savez-vous bien que je suis las de venir sans trouver votre maître? S'il ne me paye aujourd'hui, je le ferai coffrer demain, REGNARD,îeBefourimpr^i-u,
12. Je voudrais que cela [cette aventure de passeport] vous dégoûtât d'un pays où l'on coffre les gens pour si peu de chose, p. L. cour. Lett. u, 79. Ma foi, sire, on ne veut plus faire crédit à Votre Majesté ni à moi non plus; et nous pourrions bien être coffrés cette nuit vous et moi, volt. Cand. 2C.
— HlST. XVI" s. U y avoit à la marge de la tapisserie une grosse gibecière qui acouchoit d'un estui de bonnet, cest estui d'une malle coffrée [faite en coffre], etc. d'aub. Fœn. iv, 20.
— ÉTVM. Coffre.
COFFRET (ko-frè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des coffrets élégants, dites : des ko-frè-z élégants; au pluriel coffrets rime avec succès, traits, jamais, etc.) s. m. Petit coffre.
— IIIST. XIII' s. Car il mit en son vil coffret ta. pomme que cilz lui offret. Que Dieu avoit jà maley [maudit], J. DE MF.UNG, Tr. 475. || xiv* s. Un coffret couvert de cuir, ferré bien et joliment. Un coffret ( de cristal, de laborde. Émaux, p. 218. || xv« s. Un coffret long, tout de fin acier, proiss. m, iv, 23.
Il XVI* s. L'Impudence qui est assise sur le coffret de derrière [du carrosse], par une petite fenestre lui donne courage, d'aub. Fœn. iv, 20. Alexandre le Grand, ayant rencontré, parmi les despouilles de Darius, un riche coffret, ordonna qu'on le lui reservastpour y loger son Homère, mont, m, 189.
— ÉTYM. Diminutif de coffre.
COFFRE riER (ko-fre-tié; l'rnese lie jimais; au pluriel l's se lie : les ko-fre-tié-z et....), i. m. Celui qui fait des coffres.
— ÉTYM. Coffret.
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COG
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COFIDÉJUSSEUft (ko-fi-dé-ju-sseur),«. m. Terme de jurisprudence. Chacun de ceux qui ont cautionné un même débiteur pour une même dette.
— ÊTYM. Co.... préfixe, et fidi'jusseur. tCOGENT, ENTE (ko-jan , jan-t') , adj. Terme
de philosophie. Qui contraint.
— HIST. xiv's. Sans cogente nécessité, bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 40. {| xv" s. Kt pour cause bonne cogente, Mir. de S'.e Genev.
— ETYM. Le latin cogère, forcer, de co, et agere, pousser.
t COGITABIUTË (ko-ji-ta-bi-li-té), s. f. Terme de philosophie! Faculté de réfléchir sur nos propres sensations.
— RTYM. Voy. COGITATION.
t COGITATIF, IVE (ko-ji-ta-tif , ti-v') , adj. Terme de philosophie. Qui a rapport à la cogitation.
— HIST. xiv s. Les vertus de dedens comme la cogilative et ymaginative, oresme, Eth. xi, t7.
— ÉTYM. Voy. COGITATION.
t COGITATION (ko-ji-ta-sion),s. f. Terme de philosophie. Action de fixer la pensée sur un objet.
— HIST. xii* s. Deus [Dieu] de science est sire, e à lui sunt aprestedes cogitaciuns, Lib. psalmorum , p. 235. Il XIV' s. Les malvaises operacions qui sont faites par cogitacion etdeliberacion, oresme, Eth. 03.
Il XV* s. Et toutes ces imaginations et cogitacions proposoit en lui-mesme le duc Jean de Lancastre, FROiss. I, IV, 3). Le flux des cogitacions, e. descii. Poésies- mss. f° BOS, dans lacurne. || xvi» s. Fermir son ame en certaines et limitées cogitations où elle puisse se plaire, mont, i, 287. Avoir l'ame pressée de cogitations pénibles, ID. ii, B4.
— ÉTYM. Provenç. cogilatio ; anc. espagn. cogitacion; ital. cogitasione; du \a.l\n cogitationem, decogi-
. tare qui avait donné le verbe cuider. L'ancien français avait cuixançon, formation en rapport avec cuider.
f COGNAC (ko-gnak), s. m. Eau-de-vie venant de Cognac, et, par extension, très-bonne eau-devie. Du vieux, du bon cognac.
— ÉTYM. Cognac, ville du département de la Charente, dans les environs de laquelle se fait cette eau-de-vie. .
COGNASSE (ko-gna-s'),«. f. Petite espèce de coing sauvage.
— ÉTYM. Coing.
COGNASSIER (ko-gna-sié ; IV ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : les ko-gna-sié-z et les coings), s. m. Arbre de la famille des rosacées, qui produit les coings.
— HIST. XVI' s. Grenadiers, coudriers, coigners, et semblables plantes de rejet, o. de serres, t49. Entant le greffe de l'aubespin blanc sur le tronc du coigner, de ce mariage sort un fruit nommé arseirole, iD. 691.
— ÉTYM. Cognasse ;Berry, couignier, qui vient de coing, comme le mot du xvi' siècle.
COGNAT (kog-na), s. m. Terme de droit. Celui qui est uni par un lien de parenté; parent par les femmes. Les agnats et les cognats, Montesquieu, Esp. 27.
— ÉTYM. L^t. eognatus , de cum, avec, etgnatus, né (voy. naître).
COGNATION {kog-na-sion),s. f. Terme de droit. Lien de parenté qui unit les cognats. || En droit romain, parenté naturelle.
— HIST. xvi' s. Pour monstrer aux Juifs que la grâce de Dieu n'est pas liée à la semence d'Abraham, et mesme que caste cognation charnelle, par soy, n'est d'aucune estime, calv. Instil. 1075. Vous supplier avoir esgard à la cognacion ancienne et tant souvent renouvellée, à l'amitié.... m. du Bellay, 313.
— ÉTYM. Lat. cognatio, de cognatus, cognât.
t COGNATIQUE (kog-na-ti-k'), adj. Terme d'ancienne jurisprudence. Succession cognatique, succession dévolue aux cognats à défaut de parents en ligne masculine.
— ÉTYM. Cognât.
COGNÉ, ÉE (ko-gné, gnée), part, passé. || 1° Un clou vigoureusement cogné. || Fig. Les règles de la grammaire cognées dans la tête de cet enfant. Il 2° Populairement, battu. Cogné d'importance.
COGNÉE (ko-gnée), s. f. Sorte de hache pour couper le gros bois. Un bûcheron perdit sou gagnepain. C'est sa cognée...^ la font. fa!4. v, i. Sur son épaule il charge une lourde cognée, boileau, iu(r. ii. Et c'est en attaquant le chêne après le chêne Que la cognée abat les plus vastes forêts, masson, Jlclvétiens, VI. || FIg. Mettre la cognée à l'arbre, au pied de l'arbre, commencer une entreprise. L'âme, de ses défauts saintement indignée, Doit jusqu'à la racine
enfoncer la cognée, corn. Imitation, i, <(.|| Jeter le manche après la cognée, se rebuter par découragement, par dégoût. || Aller au bois sans cognée, entreprendre quelque chose sans avoir ce qui est indispensable pour réussir.
— HIST. xi° s. X mailz de fer, à cuignées qu'il tinrent, Ch. de Ilol. cci.xviii. || xii' s. Les ustils as ovriers qui firent lesdegrez, Be.sague e cuignies en unt 0(1 els portez, Pur depecier les uis, ses [s'ils les] trovasseut fermez. Th. le mart. 144. Le paliz [ils] tranchent à coignies d'acier; De sous lor pies lefontjus trebuchier, iiaoMÎ de C. 58. ||xiii'§. Deus cùingnies fist aporter. Le chesne prenent h coper. Tien. 1(925. En tel cas ne doit on pas faire l'execussion de la justice par fu [feu], mais abatre à cuignies et à martiax la partie du malfeleur tant solement, beaum. lu, 17. Et je regardai une coignée qui gisoit illec; si la levai etdis que je feroie la clef le roy, joinv. 260. || xV s. Et aussi une cognicte Abat bien souvent un grant arbre, llir. de Ste Genev. Entre ces archers avoit autres assaillans qui portoient cognies grands et bien tranchans, froiss. i, I. 207. Lors commencerent-ils à ferir et à frapper contre l'huis de grandes guignies pour derompre et briser la porte, id. ii, m, 23. La deuxième porte rompue et brisée par force quingnies, id. ii,iii, 99. Il xvi' s. Il ne faut pas ruer le manche après la coignée, leroux de lincy, Prow t. ii, p. 104. Advint qu'il perditsa coingnée; qui feut bien fasché et raarry, ce feut il; car de sa coingnée dcpendoitson bien et sa vie; par sa coingnée vivoit en honneur et réputation entre tous riches buscheteurs ; sans coingnée mouroit de faim, eab. Pant. iv. Nouveau prologue. Le capitaine Martin du Bellay recite, au voyage de Luxembourg, avoir veu les gelées si aspres que le vin de la munition se coupoità coups de liache et de congnée , se debitoil aux soldats par poids, et qu'ils l'emportoient dans des panniers, mont, i, ai.
— ÉTYM. Berry, cognie, cougnée, cougnie; genev. cor'pnré ; Saintonge, cougin^e; picard, quignie; bas-lat. cuniada, dans un texte du viii" siècle (capitulaire de villis, 42); du latin cuneus, coin (voy. ce mot). La cognée, employée à enfoncer les portes, se disait aussi la clef le roi, parce que la justice avait le droit d'enfoncer une porte fermée ou qu'on refusait d'ouvrir.
COGNE-FÉTU (ko-gne-fé-tu) , s. m. Celui qui se fatigue beaucoup pour ne rien faire. || Au plur. Des cogne-fétu ou cogne-fétus. || Cogne-fétu a signifié cardeur de laine. C'est comme si je disais que les cogne-fétus et cardeurs de laine.... garasse. Recherche des recherches, p. 239, dans lacurne.
— HIST. XVI' s. Il ressemlile coignefestu, il se tue et ne fait rien, oudin, Curios. fr. 11 sembloit un coignefestu, et il ne vouloit rien faire ny laisser faire les autres, montluc, Mém. t. 1, p. 72, dans lacurne.
— ÉTYM. Cogner, fétu.
COGNER (ko-gné), V. a. \\ 1° Frapper sur un clou, une cheville, pour l'enfoncer. Cogner une cheville. Il Cogner un fétu, s' occuper de choses sans importance. Ficsque, loin des soins superll us. Fera quelque chose d'utile. Et, moins altéré, plus trancjuiUe , Ne cognera plus de fétus, CIIAUL. A Mme de Lassay. || Fig. Nous tâchons de cognerdanslatête de votre fils l'envie de.... SÉV. 503. Il 2" Cogner quelqu'un, le frapper avec quelque chose. Cet homme m'a cogné avec une planche qu'il portait. || Se cogner la tète, se heurter la tête contre quelque chose. || î"ig. Se cogner la tête contre le nnir, s'ot>stiner à une chose impossible. || 3° Populairement, battre, rosser. Tu te feras cogner. || 4° V. n. Frapper contre, heurter. Cogner à la porte. || 5° Se cogner, v. réfl. Se heurter, donner contre. Se cogner contre quel(|uo chose. Il Se battre, en parlant de plusieurs. Us se sont joliment cognés.
— HIST. xii' s. Il s'entrefierent et des cors et des pb-î [poitrines]. Ensemble ceignent les forz escuz voltiz [bombés], Li coronemens [.ooys, v. 2537. Il XIII' s. En un trou de tarière [ils] lui boutent erramment Les deux pois [pouces], et les coigneiit moût angoisseuserneiit, Verte, xcv. || xv s. Alez-en que je ne vous coigne; De vos preschements n'ay-jo cure, Slir. de Ste Genev. Il s'employe de bon cueur X relier ses tonnaux. Et lui mesmo congne; Pour remplir tost ses vaisseaux, Haste la besongne, bas- SELiN, L. Il XVI' s. Le pero y alla, le combattit et coigna [accula] jusques en Marroche, d'aub. Uist. 1, 37. 11 trouve la garnison dehors, la congne avec tel effroi qu'elle abandonne la ville, id. ib. i, 154. Les chevaliers et ceux de la garnison de la cité troublèrent son loisir, et le congnerent jusques dans son
gros, id. ib. i, 239. Qui fut bien aise? Ce fut André Doria, lequell'ayant là accuUé et coignié, qu'il n'en pouvoit jamais sortir sans sa miséricorde.... brant. Capit. franc, t. 11, p. <n.
— ÉTYM. Cognée; Berry, cougner; wallon, counii, gounii. Dans l'historique on trouve à coigne» le sens de frapper, et celui de pousser en un coin, acculer.
t COGNET (ko-gnè), *. m. Rôle de tabac form# en cône.
— ÉTYM. Diminutif de coin.
t COGNEUX (ko-gneû),s. m. Outil du fondeur en sable.
— ÊTYM. Cogner.
t COGNITIF, IVE (kog-ni-tif, ti-v'), aJj. Terme de philosophie. Qui est relatif à la connaissance. Il Qui est capable de connaître. Les conditions de la cognition humaine, la constitution de l'organe cognilif de l'homme influent sur toutes ses connaissances, impriment leur sceaux tous les objets, sans qu'ils puissent lui apparaître d'une autre manière, viLLERS, Kant, p. no.
— HIST. xiV s. Puissance cognitive, oresme. Thèse de meunier. La puissance cognoscitive , ORESME, Eth. 05. Il XV' S. Des vertus qui sont cognoiscitives, une chascune, moins est matérielle, plus a perfaicte cognoiscence, christ, de pisan, Charles V, m, 65.
— ÉTYM. Voy. cognition ; provenc. cognitiu.
t COGNITION (kog-ni-sion), s. /".'Terme de philosophie. Acte intellectuel par lequel on acquiert une connaissance. Ces hommes sages qui avaient jeté un regard savant sur la nature de la cognition humaine.... viLLERS, Kant, p. 59. Le problème premier et par conséquent fondamental de la métaphysique est de livrer une bonne et scientifique théorie de la cognition humaine, d'expliquer comment l'homme connaît.... id. ib. p. 64.
— ÉTYM. Provenç. cognicio; anc. espagn. cognicton;ital. cognizione ; du latin cognitionem, decognoscere (voy. connaître).
f COGNOIR (ko-gnoir), s. m. Morceau de bois pour .serrer et desserrer les formes typographiques.
— HIST. XVI' s. Coignoir, oudin, Dict.
— ÉTYM. Cogner.
t COGRAINS (ko-grin), s. m. pi. Terme de métallurgie. Parcelles de fer qui s'attachent à la filière dans les tréfileries.
— ÉTY'M. Co.... préfixe, et grain.
t COGIIENOSCO (ko-ghe-no-sko), s. m. Terme de marine. Sorte de mastic dont on remplit les gélivures du bois, pour empêcher l'eau d'y pénétrer.
COUABITATION (ko-a-bi-ta-sion) , s. f. Terme de droit. Il 1° État de deux personnes qui habitent ensemble. Il 2" État du mari et de la femme, qui vivent ensemble, || Se dit aussi de la vie en commun de deux personnes libres.
— HIST. XVI' s. La sentence de Paphnutius fut reçue : lequel declaira que c'estoit chasteté, cohabitation de l'homme avec la femme, calvin, Instit.
— ÉTYM. Cohabitatio, de cohabilare', cohabiter. COHABITER (ko-a-bi-té), v. n. Vivre ensemble
en parlant des époux, ou de personnes libres vivant comme époux. Ils ont longtemps cohabité. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI' s. Il a fallu que les prestres levitiques, quand ils approchoient de l'autel, ne cohabitassent point avec leurs femmes, calv. Instit. 1004.
— ÉTYM. Cohabitare, déco ... préfixe, et/»a6i(are habiter (voy. ce mol).
t COIIEN (ko-èn'), s. m. Dans la religion juive. sacrificateur.
— ÉTYM. Hébreu, cohcn, prêtre.
t COIIÉREMMENT (ko-é- ra-mau), adv. D'une manière cohérente.
— ÉTYM. Cohérent, et le suffixe ment.
COHÉRENCE (ko-é-ran-s'), s. f. || 1° Terme de
physique. État de ce qui est cohérent. Dans le bois, la cohérence longitudinale est bien plus considérable que l'union transversale, buffon, Exp. sur les végét. l" mém. || 2' Fig. Des idées sans coliérence Nos âmes se sont touchées par tous les poiuls, et nous avons senti partout la même cohérerce, j. J. nouss Uél. I , H .
— HIST. xvr s. Ce qui se fait par ine cohérence et glutinosilé de matière visqueuse, ou de quelque excoriation, paré, iv, 14.
— ÉTYM. Coh.vrentia, de coharens, cohérent. COHÉRENT, ENTE (ko-é-ran, ran-f), adj. \\ l'Qui
tient réciproquement ensemble. Les grains du grès sont très-cohérents. Les molécules du fer sent bien plus cohérentes que celles du plomb. || En bolunique,
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Mamines cohérentes, étamines qui tiennent les unes aux autres, soit par des poils, soit par une substance glutineuse. || 2" Fig. Ce discours est collèrent dans toutes ses parties. Rien de moins cohérent que ce mémoire.
— ETYM. Lat. coh.vrens, de cohxrere, être cohérent, do co, ot/î.rrcrf, être attaché (comp. hérétique).
f COIIÉIUTER (kô-é-ri-té), V. n. Être cohéritier.
— ETYM. Cil..., préfixe, et hériter.
COIIÊRITIEU, 1ÈRE (ko-é-ri-tié, tiê-r'), s. m. etf.
Terme de droit. Celui, colle qui hérite avec un autre.
— ETYM. Co.... préfixe, et héritier.
COHÉSION (ko-è-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Terme de physique. Force en vertu de laquelle les particules des corps solides se tiennent entrj elles. Dans les corps la cohérence est l'efTet de la cohésion. |{ Fig. La cohésion dos parties d'un empire.
— ÉTYM. Cohœsum, supin de cohxrere (voy. cohéhi'Nt).
t COHIBANT, ANTE (ko-i-ban, ban-t'), adj. Terme didactique. Oui isole. La propriété cohibante de la résine à l'égard de l'électricité.
— ÊTYM. Lat.cohibere, arrêter, de co,e\habere, »voir, tenir.
t COHIBITION (ko-i-bi-sion), s. f. Terme didactique. Empêcliement d'agir.
— ÉTYM. Voy. COniBANT.
t COIIIER (ko-ié), s. m. Terme d'eaux et forêts. Espèce do chêne pédoncule.
— ÉTYM. Queue : c'est-à-dire qui a une queue, un pédoncule.
COUOBATION (ko-o-ba-sion), s. f. Terme de pharmacie. Action de cohober.
— ÉTYM. Cohober.
COUObÉ, ÉE (ko-o-bé, bée), part, passé. Une liqueur cohcbée. || Ce mot technique est assez mal employé dans ce passage de Rousseau, où il n'a pas un sens exact : Les esprits vivifiants retenus et cohobés dans son sang, :. j. rouss. Ém. iv.
COllOBER (ko-o-bé), V. a. Terme de pharmacie. Distiller plusieurs fois de suite une liqueur sur son résidu, ou mieux sur de nouvelles substances, pour qu'elle se charge davantage des principes volatils.
— ÉTYM. Origine inconnue.
COHORTE (kn-or-f), s. f. || 1° Terme d'antiquité. Troupe d'infanterie chez les Romains qui était la to* partie de la légion. || 2° En général, troupe de combattants. Pouvions-nous le surprendre ou forcer les cohortes Qui de jour et de nuit tiennent toutes les portes? corn. Iléracl. iv, s. Il parle, et, défiant leurs nombreuses cohortes. Du palais à ces mots il fait ouvrir les portas, rac. Mithr. v, 4. De ses fiers étrangers assemblant les cohortes, lo. Athal. i, 2. N'y resle-t-il que vous et vos saintes cohortes [les lévites]? iD. ib. m, 7. Il sort demi-paré; mais déjà sur sa porte II voit de saints guerriers une ardente cohorte. Qui tous, remplis pour lui d'une égale vigueur.... BOIL. Lutrin, v. || 3° Familièrement, toute sorte de gens réunis en troupe. Et bravant des sergents la timide cohorte, boil. Sat. v. || 4° Sous l'Empire de Napoléon 1", division déterminée de la Légion d'honneur. || Troupe de gardes nationaux mobilisés, en I8I4, au début de l'invasion.
— HIST. xiV s. Cohorte n'estoit autre chose que une certaine ilote ou compaignie de genz armez, BERCHEURE, f*2. Les cohortes esleurent leurs centurions, iD.fli. Il xvi's. [ils] Sontvenusvoirlaroyalle cohorte. Amour, triumphe, et beauté souveraine, MAROT, u, 250.
— ÉTYM. Le latin cohors.
COUCE (ko-ue), s. f. || 1° Autrefois, dans quelques provinces, nom du lieu où les petites justices se tenaienL Le procureur était à la cohue. || 2" Assemblée bruyante et tumultueuse. Toute cette cohue se dispersa, iiamilt. Gramm. 3. Si.... En pareille cohue on me peut retenir, boil. Sat. m. Minerve seule à Samos descendue Avait du ciel suivi les souverains; Mais du Dieu Pan, des Faunes, des Sylvains, Elle évitait l'indécente cohue, MALKiL. Narcisse, ch. m. El votre complaisance un peu moins étendue De tant de soupirants cliasserait la cohue, mol. Mis. ii, t. Je serais mort en quatre jours, s'il me fallait vivre en homme du monde: je suis tranquille au milieu du tintamarre et solitaire dans la cohue, volt. Lett. Mme Florian, 4» oct (767. Il 3" Confusion dans une assemblée trop nombreuse. Il y avait trop de cohue à ce bal. || 4' Anciennement, criaillerie, clameur. On lui a fait une cohue dont il a été fort touché, scarron, dans ri-
CUELET.
.•.~ \"^^- ""' *■ ^"''"^ [sorte de tribunal], dans un litre de 1235, Bihl. des Chartes, 4«sér. t. lù, p. 469. / •yv». A Raoul est donnée la garde du guichet pi
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do la cohue de la vicomte de Pontiaudemer, du can je, cohua. Les dis Anglois .se logèrent en la ditte ville, et visitèrent une parrigue forte de muraille et une cohue près du dit fort.... bouta le feu en la ditte cohue et ou [au] ditparrin, jn.ib. Que les baillifs et vicomtes soient diligens d'aller en cohue dedens prime le premier jour de leur auditoire, m. ib. Il xv s. Servir les maçons et couvreurs au chastel et es cohues et estaux comme au chastel, delisle, Agric. normande au moyen âge, p. 83. Je n'irai plus à la cohue Où chascun joue ou brait ou hue, Pathelin mourant, dans lacubne. |{ xvi" s. Il n'y a pas tant de chiquaneries aux cohues, comme on en trouve entre les courtizans pour destourner un démenti, pasquieh, Lettres, t. 1, p. 612, dans
LACUKNE.
— ÉTYM. Sans doute, comme le propose Diez, de co, «t huer, h cause de bruit qui se fait aux halles ou dans les juridictions des halles; halle, juridiction des halles, étant le sens primitif de cohue. Bas-lat. cohua.
COI, COITE (koi, koi-f), adj. || l'Qui se tient là sans'se remuer, sans rien dire. 11 était coi près du feu. Le bon sire le souffre et se tient toujours coi, LA FONT. Fabl. ni, 4. Dans les visites qui sont faites, Le renard se dispense, et se lient clos et coi, m. ib. VIII, 3. Tenez-vous coi, m. Rém. Il souffre en silence et se tient coi, j. j. rouss. Ém. i. |{ Chambre coite, chambre bien fermée et bien chaude. Cette locution a vieilli. || Adv. Lors le manant les arrêtant tout coi [tout à coup] , la font. Vill. Sur ce propos l'autre l'arrête coi, id. Serv. || 2° Où règne le repos. Ces fertiles vallons, ces ombrages si cois, la font. Joe. Qui préférait à la pompe des villes Vos antres cois, vos chants simples et doux, m. ÉpUre v. Sous les ombrages toujours cois De Sully, ce séjour tranquille, VOLT. Lelt. envers et en prose, 7. || Substantivement. Sur le coi de la nuit, la font. Cloch. Locution qui vieillit.
— HIST. XI' s. Por Pinabel [ils] se contienent plus quei, Ch. de Roi. cclxxvii. ||xii's. L'empereor ferez ster à son coi, Ronc. p. 27. Je trop redout [redoute] celle qu'amer [je] souloie, La grant, la gente, et la simple et la coie, Couci, p. 125. Moût me semont amors que je m'envoise[m'égaye], Quant je plus doi de chanter estre cois, ouesnes, Romancero, p. 83. Rele Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailes desploie, Coust un fil d'or, l'autre de soie, ib. p. 53. Courtois ameor. Qui à sejor [en repos] Gisez en chambre coie, tb. p. 68. Lireisde Egypte se tint tut coi en sa terre. Rois, 432. || xiii' s. Et quant Grieu les virent venir, si ordenerent leur batailles, et les atendirent tuit coi devant leur paveillons, VII.LEII. Lxv. Moût [elle] fu taisant et quoie, Derle, cxvii. Et il me dit : tenez-vous tout quoy; car jevous weil demander.... joinv. 258. La mer, qui estoit moult quoye, id. 287. || xv's. Et conviendroit qu'ils [les Escots] se combatlssent à leur mesohef, ou ils demeureroient tous coys en Angleterre pris à la trappe, fhoiss. i, i, 36. Adonc fit-on arrester l'ost tout coi pour avoir autre conseil, m. 1, 1, 4). Le roi Charles de France fut durement sage et subtil, et bien le montra tant comme il vesqui; car tout quoi estoit en ses chambres et en ses déduits, id. ii, ii, 45. Il XVI" s. Quand marys gardent leurs femelles. Ils ont droit, je m'en tais tout coy, marot, m, 68. Si les ennemis vous courent sus, attendez les de pied coy, mont, i, 365. Nature [caractère] lente, coye et reposée, amyot, Fab. 2. Le peuple se teut etluy donna coye audience pour ouïr ses raisons, id. Cor. 26. Le plus désert d^in séparé rivage. Et la frayeur des antres les plus cois, rons. 5.
— ÉTYM. Wallon, keût, keûte fém. ; picard, à l'coyette, à l'aise; Berry, coué, se mettre à la coi, se mettre à l'abri; provenç. qucts ; catal. quiet; espagn. et ilal. quieto; du latin quietus, de quies, repos.
t COÏ (ko-i), s. m. Conduit en bois pour le nettoyage d'un marais salant.
COIFFE (koi-n , s. f. Il 1» Ajustement de tête en toile ou en tissu léger, autrefois l'i l'usage de toutes les femmes, aujourd'hui à l'usage seulement des femmes de la campagne ou des femmes des villes qui se mettent comme i la campagne. Vos coiffes sont faites, MOL. Éc. des f. i, 4. Une coilTe, un bout de ruban sont pour les filbs autant d'afl"a>es importantes , fén. xvii , B3. La coiffe , la paroisse , la chapelle, l'assiduité aux offices et des jargons de dévotions l'avaient lavée [Mme de Vendatour] de toute tache, st-sim. )30, I87. Pour moi je riais sous ma coitfe, siiv. 44. || Brider sa coiffe, se cacher avec les brides de sa coiffe. SiQuinlo [Mme de Montespan] avait bridé sa coilfe, elle ne serait pas
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dans l'agitation où elle est, id. *20. i| Autrefois, au pluriel, les coiffes, la coiffe avec le voile et ce qui en dépend. Elle ôta ses coiffes, son écharpe, hamilt. Gramm. 4. || Coiffe de nuit, coiffe ie toile qu'on mettait dans le bonnet de nuit. || Fig. Être triste comme un bonnet de nuit sans coiffe, être chagrin et mélancolique. Aujourd'hui on dit seulement, être triste comme un bonnet de nuit. || Coilfe à perruque , tissa portant les cheveux de la perruque. Il 2° Coiffe de chapeau, sorte de coiffe qui garnit l'intérieur d'un chapeau. || 3» Terme d'anatomie. Portion des membranes fœtales que l'enfant pousse quelquefois devant lui, et qui se trouve alors sur sa tête dans l'accouchement ordinaire. Cet enfant avait la coiffe en naissant. Nous devenons chrysalides dans l'utérus, lorsque nous sommes dans cette enveloppe qu'on nomme coiffe, volt. Newton, i, 8. Il Terme de botanique. Enveloppe membraneuse ou sorte de bourse qui recouvre l'urne ou cupule des mousses, et qui se rompt circulairement par son milieu. || 4° Terme de marine. Morceau de toile en croix de Malte pour recouvrir le bout des haubans. Il 5° Terme de pêche. Kilet à grandes mailles et évasé, qui se place à l'embouchure d'un filet à manche. || 6° Terme de boucherie. Membrane séreuse dans laquelle on fait cuire le foie de porc. On dit aussi toilette. Il 7° Terme de mécanique. La coiffe d'une chèvre, la partie supérieure de cette machine.
— lilST. XI" s. [Il] tranchela coife entresquesà la char, Ch. de Roi. col. ||xii"s. Ne fust la coife du blanc haubert safré.... Ronc. p. 01. Ain.si [ils] fièrent de haches com vilain de flael; N'i avoient garant ne coife ne chapel, Sax. ix. Desor la coife de l'auberc doublentin, Raoul de C. t8. |lxiii" s. Bauduins de Soriel ne les va de riens espargnant, ains le fiert de l'espée parmi la coilfe de fier [fer] , h. de va- . LENC. xxvi. Ouvrières de coiffes à dames, et taies à orilliers, et de paveillons que on met par desus les autez [autels] ,Liv. de; met. 85. Les chevaliers qui se combatent por murtre ou por homecide se doivent combatre à pié et sans coifes, les testes roigniées t la reonde, Ass. de J. 1 , t65. Il m'ala maintenant qucrre coiffes blanches et me pingna moult bien, JOINV. 253. Laissons huer ceste chicnnaille; parla quoife Dieu, ainsi comme il juroit, encore eu parlerons nous de ceste journée es chambres des dames, ID. 228. Il XIV" s. Gardez, belle seur, que vos cheveulx, vostre coiffe, vostre cueuvrechief et vostre chapperon soient bien simplement ordenés, àlénagicr, 1, *■ Coiffe et habit fourré [il] portoit, bruyant, dans Uénagier, t. 11, p. 24. Puis oste [en découpant le cerf] une coiffe de grosse qui est appelée fouUie, et l'osle avec l'autre gresse que lu trouveras ez boyaux, Modus , f" xxii , lerso. Les assistans direct que le dit Jehan gaignoit bien à avoir deux bun"es ou coiffes [coups sur la tête] , DU GANGE , coifeta. || xv s. Et demoura messire Regnault tout nud hors mis de quafe, froiss. u, m, 69. Il XVI" s. Epiploon, vulgairement la coëffe, paré, I, i3. Le semblable se fait à l'enfant laissant sa coëffe [amnios] au ventre de sa mère, id. xvin, te. — ÉTYM. Wallon, coif, s. m.; provenç. cofa ; espagn. cofia et escofia; portug. coifa; ilal. cuffia elscuffia; lia.s-lat. co/V'a dans FortunatusVenanti us, cuphia dans Alcuin. On l'a tiré de l'ancien hautallemand scu^, chevelure; mais icu^ n'aurait donné ni dans le provençal ni dans le français un mot sans s; d'un mot hébreu kota, que Diez rejette et qui est en effet très-peu probable ; de l'allemand Ilaube, bonnet; holland. huif; suédois, hufra, à quoi Diez objecte que 1'/- de l'allemand ne se change pas en c roman dans les noms appellatifs ; enfin Diez propose le haut-allemand kuppa , kuppha , mitre, qui, par une dérivation très-facile en cette langue, a pu donner ktiphja , d'où le bas-latin cofea, cuphia; à quoi il ajoute, comme kuppha n'a point de tenants et aboutissants dans l'allemand, qu'il vient du latin cuppa, vase, vaisseau, coupe, une assimilation de forme ayant fait la transition de sens. On remarquera que l'italien prend facilement une 1 épenthélique, qui n'a rien d'étymologique; c'est do là que vient scuf/ia et le français cscofion.
COIFFÉ, ÉE(koi-fé, fée), part, passé. || 1° Qui porte une coiffe. Une femme coiffée à la mode de son pays.Un escadron coiffé d'abord court à son aide; L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède, boil. Sat. X. Il Qui porte un vêlement de tête quelconque. Coiffé duo rhapeau, d'une perruque. Ij Qui ï une coiffure quelconque. Une femme coiffée en cheveux, c'est-à-dire qui n'a d'autre coiffure que ses cheveux. Madame Aubert parait avec un air m.i. destc. Bien coiffée en cheveux, un déshabillé leste, volt. «^ Pépositaire , iii, 2. || Spécialement, qui
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a les cheveux arrangés d'une certaine manière. Coiffé à la Titus. Coiffée à la chinoise. || Être bien Coiffé, avoir une coiffurn qui va bien , et aussi avoir les chpveux bien plantés. l| Cheval bien coiffé, celui qui a les oreilles petites et bien placées; mal coiffé, celui dont les oreilles sont longues et pendantes. Il Un chien courant ou épapneul est bien coiffé , lorsqu'il a les oreilles larges , longues et bien pendantes. |[ Fig. J'habitai plus que toi ces fortunés rivages [Savoie], J'adorai, j'aime cncor ces mcnts coiffés d'orages, lamart. Ilarm. m, *. !| 2° Terme d'échecs. Pion coiffé, pion au(|uel on attache un signe, et qui a un emploi déterminé. Il 3° Terme de vénerie. Mordu par le chien. H Fig. Je ne pouvais douter de l'extrême mauvaise volonté pour lui [Chamillart] de Mme de Maintenon et de Mme la duchesse de Bourgogne , et il était sans cesse coiffé par de rudes lévriers, st-stm. 2:!2, ao. Il 4° Fig. Infatué. Un prélat, riche et fortuné, En est, s'il le faut ainsi dire, Coiffé [de Boisrobert], MALLEviLLE, Épi()r. conlrc UoisTobcTt, dansLF.KOux, Dict. comique. Oue de son Tartuffe elle paraît coiffée ! MOL. Tari. I, 2. Ton sermon me paraît un tant soit peu brutal; Mais, tant que tu voudras, parle, prêche, tempête, Ta maltresse est coilTée [amoureuse], REGNARD, le JoueuT , I, 2. C'cst un goût vif dont je me sens coiffé , volt. Bf.gueulc. |j Avoir le cerveau coiffé^ être pris de vin. || 5° Né coiffé, né avec la coiffe sur la tête, circonstance fortuite à laquelle la superstition attribua de singulières vertus. !|Fig. Être très-heureux. Pauline est née coiffée, SÉV. 587. Il 6° Terme de vétérinaire. Crottins coiffés, crottins qui sont recouveris d'une couche de mucosités provenant de la muqueuse intestinale. 1| Proverbe. Il aimerait une chèvre coiffée, se dit d'un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient. || On dit aussi d'une personne laide : il, elle ressemble à un chat coiffé. COIFFER (koi-fé) , v. a. \\ 1° Couvrir la tête d'une coiffe. Il Couvrir la tête d'une coiffure quelconque. Coiffer les grenadiers d'un bonnet à poil. || Friser, natter les cheveux. Coiffer une femme en cheveux. Il Coiffer sainte Catherine, rester fiUe. Ste Catherine étant la patronne des demoiselles, on dit que la demoiselle qui ne se marie pas lui met la première épingle à vingt-cinq ans, la seconde à trente; et à trente-cinq la coiffure est finie. |1 Absolument. Ce perru:iuier coiffe bien. ||2°0rner, parer la tète. Cette couronne de bluets la coiffe i merveille. || 3°Mettre, jeter sur la tête. On le coiffa d'un seau d'eau. On renversa la table, on coiffa d'un potage le pauvre Vinevillequi n'en pouvait pas davantage, rktz, m, o. j Il 4° Coiffer une bouteille, mettre une enveloppe par-dessusle bouchon. || 5" En termes de mécanique, coiffer la chèvre, fixer sur la coiffe de cette machine le cAble qui sert à soulsver les objets. |1 S" Coiffer un livre, en arranger le cuir à chaque extrémité du dos. Il 7° Terme de vénerie. Happer le sanglier aux oreilles en parlant d'un chien. || Par extension. Le tigre ne peut coiffer le rhinocéros sans risquer d'être éventré. || 8° Infatuer. Les beautés qu'une prévention aveugle avait coifiées du mérite de Germain, HAMiLTON, Gramm. 6. II s'était laissé coiffer de chimères et de visions, ID. ib. <o. || 9° Familièrement, enivrer. Il est aisé à coiffer. Quel est le cabaret honnête Où tu t'es coiffé le cerveau? mol. Amph. ni, 2. || 10° Coiffer son mari, en parlant d'une femme, lui être infidèle. [Perruquier] prétendant n'avoir point coiffé de jolies femmes dont il n'eilt coiffé les maris, j. j, ROuss. Conf. ni. || 11° V. n. Terme de marine. On dit qu'un navire coiffe, lorsque le vent vient frapper les voiles par l'avant. Il 12° Se coiffer, v. réfl. Porter comme coiffure. Les Turcs se coiffent d'un turban. || Secoiffsren cheveux, ou avec ses choveux, n'avoir aucun ornement dans les cheveux arrangés en coiffure. || Se couvrir la tête, en parlant d'un homme. Coiffez-vous. || Arranger .sa coiffure. Elle met un temps infini à se coiffer. Il 13° Terme de marine. Les voiles se coifTent, quand elles se collent aux mâts. || 14° S'enivrer. Cet homme se coiffe souvent. || 15° S'infatuer. Fille se coiffe volontiers D'amoureux à longue crinière, la font. Fabl. IV, I . Faut-il de ses appas m'être si fort coiffé? MOL. École des f. m, 5. C'est un bonheur de n'être point sujette à se coiffer d'un de ces oisons-là, sÉv. 239. Comment ce garçon s'était coiffé d'un visage à faire peur, iiamilt. Gramm. 10. Si on y songe trop, on s'entéle et on s'en coiffe, PAsc. Disp. 3. L'inquiétude Dont Damons'estcoiffési malheureusement, LA FONT. Coupe. Elle se coiffait de toute sa force en faveur de Matta, iiamilt. Gramm. i. il est difÊcile de comprendre comment M. de Turenne s'en coiffa [de M. lîoucherat], st-sim. 69, I3i.
— illST. xni* s. [La femme] Or est lavée, or est peignfée. Or est coifée, or est tressiée. Contenance des femme.':. \\ xvi' s. [Vénus] Le transmit [un chapeau de rcses] à son cher enfant. Qui de bon cœur le va coiffant, marot, i, 74. Toutes choses qui sont coiffées. Ont moult de lunes en la teste, ID. ii, 128. Je crois que vous eussiez pris une chèvre coiffée pour une belle fille, marg. Noxtv. viil Qui fut oncques plus coiffé de femmes que lui de Me.ssalinc? LA BCÈTiE, "t. Alors les matrones présagent que l'enfant est heureux, par ce (disent-elles) qu'il est né coiffé. PARÉ, xviii, 10. Dirai-je encore de tel qui est coiffé et meurt pour une qu'il sçaitestre laide, vieille, souillée.... charron. Sagesse, l, 38. Nous nous suyvons à la piste, voire nous nous pressons, eschauffons,. nous nous coiffons et investissons les vices et passions les uns aux autres, lu. ib. n, Préface. La table est desjà coiffée [servie] , Contes de
CHOLIÈRES, f° 00, daUS LACURNE.
— ÉTYM. Coi/fe; bourguig. couiffay, coifféi COIFFEUR, EUSE (koi-feur, feù-z'), s. m. et f.
Celui, celle qui coiffe, qui arrange, coupe, frise les cheveux. Un habile coiffeur. Mlle de St-Yves fit venir une coiffeuse de St-Malo, volt. Ingénu, 3. Cet argent va aux marchands, aux coiffeuses et aux brodeuses. ID. Dialect. Le soldat d'antichambre de monsieur vaut bien la coiffeuse de madame, Marivaux, les Jeux de l'amour et du has. m, 7. || Adj. Perruquier coiffeur.
— ÉTYM. Coiffer.
COIFFURE (koi-fu-r'), s. f. |] 1° Partie de vêtement destinée à couvrir la tête, à la garantir. Le casque est la coiffure de la grosse cavalerie. Le turban est la coiffure des Turcs. Je veux une coiffure, en dépit de la mode, Sous qui toute ma tête ait un abri commode, mol. Éc. des maris, i, 1. H 2° Ajustement pour la tête. Une coifi'ure de fleurs. || Arrangement des cheveux. Coiffure à la Ninon.
— IllST. XVI* s. Tous ces esprits portent la teste ceincte Du blanc attour d'une coyfure saincte, dubell. IV, 58, rec(o. Il Coiffure à la Sévigné, s'est dit d'une coiffure avec de petites boucles sur le front, de grosses boucles aux côtés du visage, et, autour de la tête, un gros bourrelet de cheveux.
— ÉTYM. Coiffe.
f COIGNAGE (koi-gna-j'), J. m. Portion de la maçonnerie du fourneau des grosses forges.
— ÉTYM. Coin.
t COIGNET (koi-gnè), s. m. Terme de marine. Un petit coin.
— ÉTYM. Diminutif de cotn; picard, cuignet, coin i fendre.
fCOIGNEUX (koi-gneû), s. m. Batte pour comprimer le sable des moules, dans la fonte des monnaies.
— ÉTYM. Cogner.
t COIMENT (koi-man), adv. D'une manière coite, paisible. 11 était là coiment. Vieux.
— IllST. XI* s. Mult quiement il dit à sei meîsme, Ch. de Uol. cxii. || xu' s. Bien et tut choiement vengier vus en purrez. Th. le mnrt. 135. Si coiement Ij'] ai ma dolor menée, Qu'à mon sembl.tnt ne la reconoist on, Couci, vi. || xuf s. Ne demora mie granment Que Renart vint tôt coiement, Iten. 274. Il XV s. Et si ne s'en osoient descouvrir, fors l'un à l'autre quoiement et secrètement, froiss. ii, ii, 239.
— ÉTYM. Coie, et le suffixe ment; provenç. quedament, quietament r esi^^gn. et ital. quielamente.
COIN (koin), s. m. || 1° Instrument de fer, taillé en angle solide, et dont on se sert pour fendre du bois. Il Coins de mire, morceaux de bois qui servent à hausser ou à baisser un canon, un mortier, suivant la distance du but à atteindre. || Faire coin de même bois, se servir, pour mettre une chose en œuvre, d'une partie de cette même chose, et aussi user de ce qu'on tire d'une personne pour agir contre elle. |] En mécanique, angle solide représentant deux plans inclinés adaptés par leur base, et servant à divers usages; c'est une des machines simples étudiées en statique. || Un coin do beurre, pièce de beurre à peu près en forme de coin qu'onvendàlahalle. || Petit ornementautourdes bouquets qui sont sur le dos des livres reliés. Petit fer qui sert à faire ces ornements. Ij La partie d'un bas dessinée en forme de coin, et dont la base correspond à la cheville du pied. |1 Autrefois, pièce de bas de chausse qui est en pointe et qui, prenant depuis la cheville du pied, s'étend jusque sous la plante. Il Morceau de drap qui couvre l'espace compris entre les barrures d'une balle de paume. || Terme de cordonnier. Petit morceau de bois pour hausser le cou-de-pied des souliers, lorsqu'ils sont sur la forme. |l Terme d'antiquité. Formation d'une troupe eu un
bataillon triangulaire dont une pointe était tournée vers l'ennemi. || 2* Terme de monnaie. Morceau do fer trempé et gravé, qui sert à marquer les monnaies et les médailles. || Monnaie, médaillée fleur de coin, celle que le frottement n'a pas encore usée et telle qu'elle est sortie de dessous le coin. Il Anciennement, avoir coin, avoir droit de battre monnaie. Il Fig. Cela est frappé, marqué à tel coin, on y reconnaît tel caractère, tel cachet. Des vers marqués au coin de l'immortalité, boil. Ép. x. Toi qui sais à quel coin se marquent les bons vers, in. Sat. n. Il ne s'y voit rien qui ne soit marqué au coin de l'ouvrier, LA BiiUY. xvi. Les riches étant, pour ainsi dire, marqués au coin du monde, boss. Serm. Sept. C'est presque le seul ouvrage marqué au bon coin, depuis trente ans, volt. Lettr. CidevUle, 4 février 17C5. Il Poinçon pour marquer la vaisselle plate, les bijoux. Il Marque, empreinte. Ce petit Feuquières a un coin d'Arnaud dans la tête qui le fait mieux écrire que les autres, sÉv. 204. J'ai un coin de folie qui n'est pas encore bien mort, m, 423. Je ne saurais croire que, quelque coin d'anachorète que vous ayez, ces honneurs et ces respects sincères puissent vous déplaire, ID. 558. || 3' Angle rentrant ou saillant formé par la rencontre de deux ou de trois lignes, de deux ou de trois surfaces, ainsi dit jiar comparaison avec le coin de fer ou de bois. Le coin d'une maison. Dieu doit faire de cette pierre le chef du coin, PA3C. Proph. 21. || Les quatre coins d'une chambre, les quatre angles que forment les quatie parois d'une pièce faite en carré ou en carré long. Les quatre coins d'une étoffe, les points où les bords se joignent. Des officiers portaient les quatre coins du poêle en cette pompe funèbre. || Les quatre coins et le milieu d'un bois, d'une ville, etc. tout l'espaco embrassé par un bois, par une ville. Je l'ai cherché dans les quatre coins et le milieu du quartier. || Les quatre coins du monde, l'espace entier du monde. Les quatre coins de Paris. 11 a parcouru les quatre coins de la ville, sans pouvoir découvrir son logement. Ne dirait-on pas que le feu est aux quatre coins de l'univers? dider. Nouv. pensées philosophiques, 67. Les orages .sont venus des quatre coins du monde, et ont fondu sur ma petite barque que j'ai bien de la peine à sauver, voltaire, lett. Damilaville, 31 déc, 1704. M. Cromelin est un peu ardent; on aui.iit dit que le feu était aux quatre coins de Genève, m. Leil. d'Argental, 4 février 1700. Il Jeu des quatre coins, jeu dans lequel quatre personnes occupent les quatre angles d'un carré; et une cinquième personne placée au centre du carré tftclie de saisir une de ces places à la course, aussitôt que le tenant l'abandonne pour en changer avec un autre. L'amour, l'iuiien, l'intérêt, la folie, Aux quatre coins se disputent no» jours, bérang. Cotn de l'am. Où l'ambition '. 'igné, La gaieté perd son coin, ID. ilénétiier de ileudon. |j Le coin de la rue, l'endroit où deux rues 30 cojpent. Envoyez des solilats h chaque coin des rues, corn, lléracl. w, «. Il Le marchand du coin, le marchand logé au coin d'une rue voisine; et, figurément, le coin, le voisinage. Le géomètre dit qu'il en fallait parler au théologien du coin, volt. l'Homme aux 40 écus. Mariage. Il y a dans tous les coins des gens qui ont des remèdes infaillibles contre toutes les maladies imaginables , montesq. Lclt. pers. S8. || Lo coin d'un bois, l'endroit où une route coupe un bois. 11 a été assassiné au coin d'un bois. La na'ive bergère, assise au coin d'un bois. Chante et roule un fuseau qui tourne sous .ses doigts, st-lambebt. Saison.s, printemps. || Mourir au coin d'un bois, d'une haie, mourir loin de toute assist;mce. || Cet homme a la mine do demander l'aumône au coin d'un bois, sa ditd'un homme de mauvaise mine, de mine menaçante, qui demande l'aumône. || Fig. Il n'est coin cl recoin que je n'aie tenté, Régnier, Sat. xiv. La sagesse vous éclairera par quelque coin inespéré, bosî. Lettr. Corn. 02. i| Petit meuble en forme d'armoiro que l'on place dans les coins d'une chambre. || En termes de manège, coin se dit des quatre angles de la volte, lorsque le cheval travaille eu carré. Entrer dans les coins, pénétrer, autant qu'il est possible, dans les angles du manège. Travailler sur les coins ou faire les quatre coins, diviser la volte en quatre quarts. || Terme du jeu de trictrac, grand coin, coin de repos, ou, simplement, coin, la dernière case de chaque pan, de chaque partie de la boîte. Coin bourgeois , la dernière case du petit jan, et la première du grand. || Au jeu de paume, on dit qu'un homme tient bien son coin quand il «ait bien soutenir et renvoyer les coups qui viennent de son côté. || Fig. Tenir son coin , tenir une place honorable dans un cercle; prendre part avec avantage
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à une discussion , etc. Mme de Coulanges tenait son coin, sRv. 480. Il peut tenir son coin parmi les beaux esprits, MOL. Femmes sav. m, 5. Le baron de Beauvai» avait tenu son coin, mêlé avec l'élite de la cour, ST-SIM. M, 159. Le chevalier de Lorraine, du temps des Guises, eût tenu un grand coin parmi eux, id. 96, U. Il *• Le coin du feu, les côtés de la cheminée où l'on s'assied pour se cliaufTer. Je me suis livré dans cotte lettre au plaisir de causer avec vous, comme si j'étais au coin de votre feu, volt. Lett. Mme du Deffanl, 20 nov. I705. || Ne bouger du coin du feu, être très-sédentaire, mener une via retirée. C'était un temps à garder le coin du feu, SÉV. 610. Il .^l'aimer que le coin de son feu, aimer la vie retirée. || Cela ne se dit, ne se fait qu'au coin du feu, en famille, entre amis, chez soi. Au théâtre, il faut parler au cœur plus qu'à l'esprit; Tacite est fort bon au coin du feu, mais ne serait guère à sa place sur la scène, volt, lettr. Chauvelin, 9 oct. t704. Il Fig. Allez lui dire cela au coin de son fou, ou allez lui dire cela et vous chauffer au coin de son feu, c'est-à-dire vous ne seriez pas bienvenu à lui parler ainsi dans un endroit oii il serait le maître. Il B° Le coin de la bouche, l'angle formé, de chaque cûté, par la rencontre des lèvres. || Le coin de l'œil, l'angle formé, de chaque côté, par la rencontre des paupières. Regarder du coin de l'œil, regarder à la dérobée, sans faire semblant de rien. Elle regarde les rochers du coin de l'œil, mourant d'envie d'aller s'y reposer, SÉv. 660. Messire Jean... .La regardait toujours du coin de l'œil, la font. Jum. Il Les coins, faux cheveux que l'on ajoute sur les côtés de la tête. || Terme de vétérinaire. Dents incisives du cheval, les plus voisines des crochets et les plus courtes; elles sont au nombre de quatre, deux à chaque mâchoire. || En termes de fauconnerie, les coins, les plumes qui forment les deux côtés do la queue de l'animal, [l 6° Endroit retiré, peu fréquenté. Il vit tranquille dans un coin de sa province. Va, furie exécrable; en quelque coin de terre Que t'emporte ton char, j'y porterai la guerre, corn. J/cde'e, V, 8. Ah! ne languissons plus dans un coin du Bosphore, nAC. Mithr. i, 3. Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré. Vit content de soi-même en un coin retiré! boil. Ép. vi. Je voudrais être caché dans un coin de Toulouse, le jour que l'innocence de Sirven sera reconnue, volt. /.e((r. yludra,6mai 17C9. Il Petit espace de terrain. Ce coin de terre suffit à ses besoins. Supplier le roi de daigner mettre la paix une seconde fois dans ce petit coin de terre [Genève] dont il a déjà été le bienfaiteur, voltaire, Lclt. Richelieu, ta mars 1706. Je ne suis qu'un laboureur malade qui défriche des champs incultes et qui marie des filles dans un coin de terre ignoré, id. ib. 23 août 17C5. Il Endroit peu expo.sé à la vue. Jetez cela dans un coin. Dans un coin du jardin, sous un épais nuage, Je l'enveloppe encor d'un sommeil
assez doux, corn. Toison d'or, v, 6 Cachée en
un coin decevasteédifice, racine, .4J/». v, (.Tandis que dans un coin en grondant je m'essuie. Souvent, pourm'achever, il survient une pluie, boil. Sat. vi. — HIST. xiu' s. Ne coingnet (petit coin] nul à reverchier [fouiller'j. Que 11 gorpiz [renard] n'i fust cachiez, fien. 22066. Deus coins de chiesne toz entiers Y avoit mis 11 forestiers, ib. 10283. Illordonne formes veroies En coinz de diverses monoies, laRose,<62iH. Et il et les autres seignors et roys dou roiaume, qui après lui furent, donnèrent à aucuns haus humes el dit roiaume, baronies, seignories, cours et coins et juslise, Àss. de Jér. i, 24. || xiv" s. Si corne qui disposeroit quatre choses en une figure quarrée là oii il aroit quatre cuignes ou angles, oresme, FAh. 160. Si trouva un grant arbre abalu que l'en avoit voulu fendre à coings, m. ib. 44. || xv s. Pipeur ou hezardeur de dés, Tailleur de faulx coings, tu te brusles Comme ceux qui sont eschaudez, Villon, Bail, de bonne doctrine. \\ xvi' s. Lesmonnoies forgées de coins bien différents, calv. Inslil. t09. Nous commencerons par la partie qui fait le coin devers la mer athlantique d'un costé, de l'autre vers le destroit, d'al'B. Hist. i, 34. Faisans un coin de leur bataillon de lansquenets, m. ib. i, 323. Les coins ou angles de l'œil, paré. Enter en coin, o. de BF.RRES. Par le feu et violence de coings, nous ramenons un bois tortu à sa droicture, mont, iv, 204. Le tyran asservit les subjects les uns par le moyen desaultres, et est gardé parceulx des quels, s'ils va.o.ent rien , il se debvroit garder ; mais, comme on dict, pour fendre le bois, il se fait des coings du bois même, la bf.RTiE, .Senti. t'o/on(. dans mont. I.ssais, t. lY, p. 37n. X dur neud, mauvais coing, cotgrave. Fol est qui de son poing fait coing, id. Meschantc [pavitre] vie quierl le cuiig, lu.
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— ÉTYM. Wallon, eoine; provenç. cunh, conh, eong; espagn. cuno; portug. eun/io; ital. conio; du latin cnneus.
t COINÇAGE (koin-sa-j"), s. m. Terme de marine et de chemin de fer. Action de disposer des coins.
— ÉTYM. Coincer.
t COINCER (koin-sé. Le second c prend la cédille devant o et o), v. a. Enfoncer des coins. || Garnir de coins les rails.
— ËTYM. Coin; Lorraine, coincer, tenir dans un coin, acculer dans un coin.
COÏNClUI-;NCE(ko-in-si-dan-s'),s.^. || !• Terme do géométrie. État de lignes ou de surfaces qui peuvent se superposer, ou de volumes qui peuvent se remplacer. || 2° Dans le langage ordinaire , simultanéité, rencontre. La coïncidence de deux événements.
— ÉTYM. Coïncident.
COÏNCIDENT, ENTE (ko-in-si-dan, dan-l'), adj. Il 1° Terme de géométrie. Qui coïncide. Lignes, figures coïncidentes. Il 2° Simultané. Symptômes coïncidents. Un fait est coïncident à un autre, lorsqu'il est arrivé dans le même temps.
— ÉTYM. Co'incider.
COÏNCIDER (ko-in-si-dé), v. n. || 1° Terme de géométrie. Avoir la coïncidence, en parlant des lignes, des surfaces, des volumes. Si son centre [du soleil] coïncidait avec celui de la terre, son volume embrasserait l'orbe de la lune, et s'étendrait une fois plus loin; d'où l'on peut juger de son immense grandeur, laplace, Expos, n, t. || 2" Arriver en même temps. Ces deux événements coïncidèi-ent. Il II se conjugue avec l'auxiliaire oi'Oi'r.
— HIST. xiv" s. Coïncider en partie et non pas en tout. — Coïncider et estre semblable en aucunes choses, ORESME, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et incidere, tomber sur (voy. incident).
t COÏNDICANT, ANTE (ko-in-di-kan, kan-t'), adj. Terme de médecine. Signes coïndicants, ceux qui concourent à indiquer l'emploi de tel ou tel moyen curatif.
— HIST. XVI* s. De ces choses les unes sont indicatives, les autres coïndicatives; coïndicatives sont celles qui monstrent et enseignent le mesme que les indicatives, mais seulement par accident, et non proprement et essentiellement, paré, Introd. 23
— ÉTYM. Co.... préfixe, et indiquer.
t COÏNDICATION, s. f. Terme de médecine. Concours do plusieurs indrcations qui tendent toutes à motiver telle ou telle médication. ■
— HIST. XVI" S. L'air nous donne quelque indication ou plus tost coindication ; car , s'il est semblable à la maladie, il symbolyse en indications avec la maladie, paré, Introd. 22.
— ETYM. Co.... préfixe, et indication.
i COÏNDIQUER (ko-in-di-ké), v. n. Terme de médecine. Indiquer concurremment, donner une coindication.
— HIST. XVI' s. Les choses non naturelles peuvent faire indication semblable que les choses naturelles, c'est à dire coindiquent avec les choses naturelles, forces et tempérament de nostre corps, paré, Introd. 22.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et indiquer.
COING (koin ; le g ne se lie jamais : un koin excellent; au pluriel l'ï se lie : des koin-z excellents), s. m. Le fruit du cognassier. De beaux coings. Compote, gelée de coings. || Faniilièrement. Être jaune comme un coing, avoir le teint fort jaune. Elle était arrivée plus jaune qu'un coing, hamilt. Gramm. 7. C'était [ M. l'Avocat ] un grand homme, maigre, jaune comme un coing, st-sim. 74, 2)8.
— HIST. XIII* s. Manger coins, poires et autres pesans fruis, alebrant, f° 4, Totes manières de cooins confortent l'estomac et donnent appétit de mengier, ID. f° 53. Il xiv" s Le grain de l'or ne plus ne moins Que les cerises et les coings Ou que les pommes et les poires. Ont tous chacun leur heure.... Traité d'alcliim. 394. || xvi* s. La pomme de coin, 0. db
— ÉTYM. Saintonge, eoudin; provenç. codoing ; ital. cotogna. L'italien vient du latin cy don ta, le provençal et le français, du latin cydonium ; du grec xuî(iviov, de Cydon, ville de Crète, d'où provint le cognassier. Com3 «st une contraction de l'ancien français rooin, répondant à cydontum.
COÏNTÊRESSÉ, ÉE (ko-in-té-rè-sé, sée), s. m. et f. Terme de droit. Celui, celle qui a un intérêt commun avec d'autres, dans une affaire, une entreprise.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et intéressé.
COÏON (kou-ion), s. m. Poltron, liche. Mot trèsbas et très-libre.
— Kl'ViM. Provenç. colhn; e.<pagn. cnjnn ; ital. co-
COL
glione; du latin coleus, testicule, de xoieô;, sac. Coton a pris dans le français comme dans l'italien, par antiphrase sans doute, le sens de lâche. L'étymologie du mot français est prouvée par les formes des autres langues romanes.
t COÏONNADE (kou-io-na-d'), s. f. Acte, propos de coîon. Mot bas et libre.
— ÉTYM. Coion.
COÏONNER (kou-io-né). Il 1" V. a. Traiter quelqu'un decoîon. || 2° Se moquerde quelqu'un. 1| S" V. n. Faire ou dire de mauvaises plaisanteries. || Manquer do courage. || Mot bas et libre.
— ÉTYM. Coion.
COÏONNERIE (kou-io-ne-rie) , t. f. \\ 1" Bassesse, lâcheté. Il 2* Badinerie impertinente. || Mot bas et libre.
— ÉTYïI. Coionner.
COÏT (ko-i) , s. m. Terme de physiologie. Accouplement du mâle avec la femelle.
i — HIST. XVI* s. Les femelles des hestes brutes abhorent le coït après la conception, paré, xviii, 3.
j — ÉTYM. Le latin coitus, de coire, de co, et ire,
I aller (voy. j'irai).
i COITE (koi-f) , s. f. Il 1° Voy. couette. || 2° Terme de marine. Les coites sont deux longues pièces de bois qu'on pose parallèles sous un navire pour le porter quand on veut le tirer du chantier et le mettre à l'eau.
j COIX (ko-iks'), s. m. Genre de la famille des graminées; les graines servent à faire des chapelets et des colliers.
COJOCISSANCE (ko-jou-i-san-s") , s. f. Terme de jurisprudence. Jouissance commune à deux ou à plusieurs.
— ÉTYM. Co.... préfixe, el jouissance.
+ COJUSTICIER (ko-ju-sti-sié), s. m. Terme de droit féodal. Celui qui a droit de justice avec un autre seigneur.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et justice.
COKE (ko-k'), s. m. Charbon minéral artificiel, qui est le résidu de la distillation de ia houille, et qui diffère de cette dernière par l'absence du bitume.
— ÉTYM. Angl. coke.
COL (kol), s. m. Il 1° Cou, partie du corps qui supporte la tête. En ce sens il ne se dit que par euphonie; et encore l'usage s'en perd de plus en plus; serait bon cependant de le conserver pour la poésie Un col court. Un col apoplectique. [Il] tend à te «nnemis Un co! à ton saint joug heureusement sou mis, ROTR. St-Gen. m, 7.X l'État j'en dois le sacrifice.—Hé bien, achevez-le ; voilà ce col tout prêt, id. Yencesl. v, 4. Avant que de parler du teint. Je devais vous avoir dépeint, Pour aller par ordre en l'affaire, La posture du dieu; son col était penché; Cest ainsi que le Somme en sa grotte est couché, LA FONT. Psyché, I, p. 83. Il 2° Terme d'anatomio. Embouchure de certaines parties. Col de la vessie, sorte de prolongement de la partie antérieure inférieure de la vessie, repré.sentant un goulot trèscourt. Il Nom de parties qui sont plus minces que le reste do l'organe dont elles dépendent. Col de la matrice, canal étroit, cylindrique, qui conduit de l'orifice à l'intérieur de l'utérus. || Rétrécissement entre la tête et le corps de certains os. Le col du féiour, de l'humérus. || 3° Par analogie, le col d'une bouteille, d'une cornue, la partie entre le goulot et le ventre. || 4° Terme de géographie. Passage étroit entre deux montagnes. Le prince Eugène était entré dans le Dauphiné par le col de Tende, volt. Louis XIY, 21. Il 6" Col de chemise, partie de la chemise qui entoure le cou. || Col de cravate, ce qu'on met dans une cravate pour lui donner de la fermeté. Il Par extension, sorte de ciavate qui s'attache derrière le cou avec une boucle. Col de soie, de velours. Le Czar [Pierre I"] ne portait qu'un col de toile, une perruque ronde brune, st-sim. 487, (39. Il Faux col, façon de col de chemise qui s'attache autour du cou. {| Sorte de petit collet en toile, en mousseline brodée ou en dentelle, monté sur un fond de fichu, que les femmes mettent autour de leur cou, dépassant le corsage de la robe, et généralement rabattu sur ce corsage. || 6° Terme de marine. Col de cygne, bosse de fer qui sert à retenir les câbles-chaînes. Il 7°Terme de serrurerie. Toute courbure que l'on fait subir à une tringle.
— HIST. xu*s. El chemin s'esleit mis, ne l'a pas atendu; L'evesque le siwi tut à col estendu. Th. le mart. no. || xiu* s. Soit qu'il amaine de dehors la ville, ou qu'il envoit dehors la ville, soit sur cheval , ou à col, Liv. des met. 247. || xvi* s. Le col de la vessie, le col de la matrice, paré, Introd. 2. Il n'escliet point de partage du costé ny du chef ou du col du père ou de la mère encore vivant soit en ligne
COL
COL
COL
directe ou collateralle , Nouveau eoustum. gén. t. i,
— ÈTYM. Voy. cou.
COLAO (ko-la-o), s. m. Sorte de ministre d'État & la Chine. L'empereur de la Chine envoie ses ordres par lies colao, volt. Dial. xv, 2.
— ÉTYM. Portug. eoioo, du chinois ko-lao, membre du conseil privé, de&o, pavillon, chambre du conseil, et lao, vieillard.
COLARIN (ko-la-rin), s. m. Terme d'architecture. Ts'om de la petite frise du chapiteau des colonnes toscanes et doriques.
— ÉTYM. Ital. coUarino, diminutir de coUo, col (voy. col).
t COL.\S (ko-lâ) , s. m. Il 1° Dans le langage familier, homme stupide. Rester là comme un colas. Il 2" Un des noms du corbeau.
— ÉTYM. Colas, nom propre, employé comme injure et comme nom d'animal, et abréviation de Nicolas.
t COLATITODE {ko-la-li-tu-d'), s. f. Terme d'astronomie. Complément de la latitude, c'est-à-dire distance angulaire du pôle au zénith de chaque lieu.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et latitude.
COLATURE (ko-la-tu-r'), s. f. Terme de pharmacie. Il 1° Action de faire passer un liquide à travers un tissu de toile ou de laine peu serré, plutôt pour en séparer le marc que pour l'obtenir d'une transparence parfaite, ce en quoi elle diffère de la filtration. Il 2° Liqueur ainsi dépurée. Colature de sirop de chicorée.
— HlST. XVI* s. Puis on les coulera par une estamine, et d'icelle coulature on en trempera des linges,
— ÉTYM. Colatura.iecolare, couler (voy. couleb). COLBACK (kol-bak), s. m. Sorte de bonnet à poil
en forme de cône tronqué renversé. || Familièrement et populairement, chapeau.
— ÉTYM. Turc, kolbâk, sorte de bonnet garni de fourrure, porté en Turquie par les drogmans, les médecins, les Arméniens et les Juifs. Les chasseurs à cheval en firent usage pour la première fois, en France, au retour de l'expédition d'Egypte.
t COLCHICACÉ, ÉE (kol-chi-ka-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble au colchique. Il S. f. plur. Les colchicacées, famille de plantes, dont le colchique est le type.
— ÉTYM. Colchique.
t COLCHICINE (kol-chi-si-n'), s. f. Terme de chimie. Alcaloïde trouvé dans les semences de colchique.
— ÉTYM. Colchique.
COLCHIQUE (kol-chi-k') , s. m. Terme de botanique. Plante bulbeuse cultivée à cause de la beauté de ses fleurs et de ses propriétés médicinales, dite aussi tue-chien, veillotte, lis vert, chiennée, safran des prés (colchicum autumnale, L).
— ÉTYM. Colchicum, de Y.oly iy.6i , ainsi dit de la Colchide, patrie de l'empoisonneuse Médée.
COLCOTAR (kol-ko-tar) , s. m. Terme de chimie. Peroxyde de fer rouge provenant de la décomposition du protosulfate de fer par le feu.
— HlST. xvi's. Soulphre, colcotar, litharge d'or, PA^É, t. III, p. 636.
— ÉTYM. 11 paraît être un mot inventé par Paracelse, chimiatre du xvi* siècle.
f COLÉE (ko-lée), s. f. Terme de la chevalerie. Coup qui se donnait sur le cou et qui était partie des cérémonies pour faire un chevalier.
— HIST. xiu" s. Et li dona li uns une colée et dit : Chevaliers soyés, beaum. xxxv, 26. Li rois meïsmes de sa main A à chascun ceinte l'espée. Et si lor doue la colée, Ren. 26302.
— ÉTYM. Col.
COLÉGATAIRE ( ko-lé-ga-tê-r' ) , s. m.etf. Celui, celle quia part avec d'autres aux legs d'un testament.
— ÉTYM Co.... préfixe, et légataire.
f COLÊODERME (ko-lé-o-dèr-m'), adj. Terme de zoologie. Couvert d'une enveloppe en forme de sac.
— ÉTYM. Ko),£o;, étui, et derme.
\ COLÉOPIIYLLE (ko-lé-o-fi-l'), s. f. Terme de botanique. Gaîne membraneuse qui occupe la base de la plumule.
— ÉTYM. KoXe4;, étui, et çOXXov, feuille.
I COLÉOPODE (ko-lé-o-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes cachées dans un étui.
— ÉTYM. KoXeè;, étui, et itoùç, pied.
COLÉOPTÈRE (ko-lé-o-ptè-r') , s. m. Ordre d'insectes dont les deux ailes .'iupérieures, dures, épaisses, servent d'enveloppe aux inférieures, qui, étant membraneuses, se replient sous elles dans l'état du repos. Le hanneton est un coléoptère.
— ÉTYM. KoXtôicTepo;, de xoXsèî, étui , et icTspèv, aile.
fCOLÊOPTILE (ko-lé-o-pti-l'), s. m. Terme de botanique. Synonyme de coléophylle.
— ÉTYM. KoXto;, étui, etitTÎXov, plume.
t COLÉORRUIZE (ko-lé-0-rri-z') , s. f. Terme de botanique. Gaine membraneuse qui enveloppe la radicule de l'embryon de certaines plantes monocotylédones.
— ÉTYM. KoXti;, étui, et fiÇa, racine.
COLÉRA-MORBCS. Voy. ciioléra-morbos.
I. COLÈRE (ko-lê-r'), s. f. Sentiment d'irritation contre ce qui nous blesse. Je l'ai vu dans ses colères, dans des colères affreuses.. Vous vous mettez en colère contre votre fils, pasc. Prov. 18. Mais que sert la colère où manque le pouvoir? corn. Sertor.
I, 2 Si pour moi vous êtes en colère, ID. Nicom,
IV, 4. Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur. Et dans un même instant, par un effet contraire. Leur front pâlir d'horreur et rougir de colère, ID. Cinna, i, 3. Qui foule aux pieds pour vous vos vainqueurs en colère, rac. Andr. m, 8. D'autant plus dangereux en leur âpre colère. Qu'ils prennent contre nous des armes qu'on révère, mol. Tart. i, 6. Il n'y a morale qui tienne, je me veux mettre en colère tout mon soûl, quand il m'en prend envie, m. Bourg, gentilh. n, 6. Un certain Grec disait à l'empereur Auguste Que, lorsqu'une aventure en colère nous met, Nous devons, avant tout, dire notre alphabet. Afin que dans ce temps la bile se tempère, ID. Éc. des femmes, n, 4. La colère est superbe et veut des mots altiers, boil. Art p. ni. Le tyran est toujours dans une colère à faire poufl"er de rire, VOLT. Leit. d'Argental, 27 févr. ues. La douceur, selon l'Écriture, rompt la colère, fléchier, Serm.
II, )5. J'oubliai ma colère et ne sus que pleurer, RAC. Iphig. II, 1. D'autant plus malheureux qu'il aura su lui plaire, Narcisse, il doit plutôt souhaiter sa colère, m. Brit. ii, 2. Je n'épargnerai rien dans ma juste colère, rac. Andr. i, 4. Vous avez vu quelle ardente colère Allumait de ce roi le visage sévère, m. Esth. n, 9. La colère du roi, comme dit Salomon, Est terrible, et surtout celle du roi lion, LA FONT. Fabl. viir , 1 4. La colère lui avait bouché les oreilles, vaugel. Q. C. viii, I. ||La colère de Dieu. Pressé de toutes parts des colères célestes, Il en vient dessus vous faire fondre les restes, corn. Pomp. I, ) On m'accable et les astres sévères Ont contre mon amour redoublé leurs colères, mol. Fdch. m, 1. Mais, seigneur, s'il le faut, si le ciel en colère Réserve h d'autres yeux la gloirede vous plaire.... RAC. Andr. iv, 5. Marie ignore les saintes colères du Seigneur, elle reste toute bonté, chateaub. Génie, I, I, 5. Il Terme de l'Écriture. Les enfants d'Adam sont enfants de colère, indignes de l'héritage céleste, FÉN. XVIII, 167. Comme un esclave et un enfant de colère, mass. Myst. Purification, 2. 1| Se dit aussi en parlant des animaux. La colère du lion. Chien en colère. || Fig. La colère des flots, la colère des vents, c'est-à-dire le soulèvement des flots, le souffle impétueux des vents.
— SYN. colère, courroux, EMPORTEMENT. L'em-
portement se distingue tout d'abord des deux autres, en ce qu'il est la manifestation extérieure .-^oit de la colère soit du courroux. Une violente colère, un violent courroux peut être dans le cœur sans qu'il s'en montre rien au dehors; mais dès qu'il se montre par des gestes ou des paroles passionnées, alors il y a emportement. Entre colère et courroux, il est difficile de trouver aucune nuance dans le sens; on n'en trouve que dans l'emploi, colère étant du langage ordinaire comme du langage élevé, tandit que courroux appartient seulement à ce dernier et se dit surtout de la colère des personnes de haut rang, de grande condition, ou des êtres célestes.
— HIST. XV" Je ne vai point en cholere Tempester à la maison , basselin , xv. || xvi« s. Les nobles ne se pouvans plus contenir, ains estans par cholere transportez hors d'eulx mesmes, amyot. Cor. 27. Nous reprenons en cholere ceuh qui se corroucent et cholerent, id. Comment refréner la colère, 42. Â la fin ils vomissoient grante quantité de cholere [bile] et mouroient soudainement, id. Anton. 58. Le reste des capitaines advertis de ce collere, demeurèrent
tous entredicts, carl. vi, 5 De quoy il entra en
un merveilleux colère, id. vi. 4». Il se retira en colère picarde, id. vi, 60. La cholere [bile] est chaude et seiche, paré, Introd. 5. Rien n'est âl'amant impossible pour parvenir à son intention; mais, sa grande colère [passion] refroidie, il trouve en fin de compte avoir servy d'une grande fable et risée à tout le peuple, PASQUIER, ffonophi!«, p. 63, dans la- CURNE. Ayans cogneu que je ne tenois compte de leur indiscrète façon de faire et que leurs choleres et artifices ne me pouvoyent divertir du chemin que
j'avoye commencé dp tenir, cordé, Mémoires, p. 67(.
— ÉTYM. Bourguig. quelère; provenç-. colera, colra , bile; espagn. colera; ital. collera; du latin choiera, bile, colère; du grec yoXspa, qui signifie non pas bile, mais choléra. Colère n'est entré qu'assez tard dans la langue ; le mot habituel dans les âges anciens était ire; puis est venu choie, bila (yoXri, bile); chaude choie, pour dire emportement, a été longtemps usité.
2. COLÈRE (ko-lê-r'), adj. Qui se met souvent en colère. Un prince avare et colère, fléch. Panég. Il, p. 445. Il est fier et colère, corn. Attila, iv, 2. S'il est vrai que les riches soient colères, la bhuy. vi. Ton ombre [Xerxès] est encore bien colère et bien superbe; tu n'étais pas plus emporté quand tu faisais fouetter la mer, fén. xix, (70. Mais quelle erreuri non Dieu n'est point colère; S'il créa tout, à tout il
sert d'appui, bérang. Dieu des b. gens Ma femme
est terrible avccque son humeur; Du nom de philosophe elle fait grand mystère. Mais elle n'en est pas pour cela moins colère, molière, F. sav. ii, 9. Il Par extension. La vanité ne me donnait que trop de penchant à cette humeur colère , i. J. ROuss. Ém. IV. Elle me frappe; et moi je feins, dans mon courroux. De la frapper aussi , mais d'une main légère. Et je baise sa main impuissante et colère. A, CHÉNIER, Élég. 29.
— REM. Dans le langage populaire, on dit souvent être colère, pour avoir un accès de colère : j'étais colère en ce moment-là. C'est une faute : colère signifie non pas l'homme saisi d'un accès de colère, mais l'homme qui se met souvent en colère.
— SYN. COLÈRE, COLÉRIQUE. Le coIère est celui qui se met souvent en colère; le colérique est celui que son tempérament porte à la colère. Un homme, dit Rouhaud, peut être colérique, sans être colère, s'il parvient à se vaincre lui-même.
— HIST. XVI* Celuy qui est cholere semble remuant et actif, AMYOT, Cor. 32. Pelopidas estant de sa nature plus cholere, m. Pélop. 44. Les femmes sont plus aigres et plus choleres que les hommes, m. Comment refréner la colère, 15. Ce n'est pas ma faute, disons-nous, si je suis cholere, si je n'ay en- • coros establi aucun train asseuré de vie; c'est la faulte de la jeunesse, mont, m, t07.
— ÉTYM. Colère 1.
t COLÉRÊ, ÊE (ko-lé-ré, rée), part, passé. Misen colère.... les combattants à l'égal colères, régmbb, Ép. II.
I COLÊRER (SE) (ko-lé-ré), v. réfl. Se mettre en colère. Qu'il ne se colère pas si fort. La colère t'emporte.—On se colère à moins, hauteroche. Nobles de province, ii, 3. || Ce mot a vieilli; il peut pourtant être encore employé.
— HIST. XVI* s. Les Italiens ont plus souvent porté les marques des François colères, que les François n'ont porté les marques des Italiens désespérés, DESPER. Contes , cxxi. Puis , se colorant en lui mesme, de ce que.... id. ib. cm. Mais bien a il semblé à plusieurs léger, prompt et soudain à se cholerer , de sa nature , amtot , Flam. 33. Archias adonc commencea à se cholerer et à le menacer en courroux, ID. Démosth. 42.
— ÉTYM. Colère t.
1 . COLÉRIQUE (ko-lé-ri-k') , adj. Dont le tempérament est enclin à la colère (voy. colère 2, à la synonymie). Je hais de tout mon cœur les esprits colériques, MOL. Sgan. <7.
— HIST. XIV* s. Le colérique a l'assault le plus fort de ire et de discorde, Ménagier, i, 3. Si comme un homme trop colérique est enclin à ire, oresme. Eth. 77. Il XVI* s. Ce fut seulement pour servir à une passion cholérique, qu'il mit en combustion et en trouble plusieurs contrées de l'Italie, AMïOT,.4/cii). et Cor. comp. 3. Nous disons qu'un oedème est faitde sang phlegmatique , un scirrbe du melancholique, un erysipelas du bilieux et cholérique, pabé, Introd. 6.
— ÉTYM. Colère I ; provenç. colerie; espagn. colerico; ital. collerico.
2. COLÉRIQUE (ko-ié-ri-k'), s. m. etf. Atteint de choléra. -Voy. cnoLÉRiQUE.
t COLÉRIQUESIENT (ko-lé-ri-ke-maE) , adv. Avec colère.
— HIST. XV* s. Il faut avoir un peu de patienco et ne débattre point coUeriquement avec eulx,