XXV
— ÉTYM. Provenç. colliri; espagn. colirio ; ital. collirio; du latin coUyriiim, de xoXXûpiov, de x'y),- XOfot, sorte de paiu et, en pharmacie, trochisque.
] COLMAR (kol-mar), s. m. La poire deColmar, ou, simplement, le colmar, espèce de poire.
— ÉTYM. I.a ville de Colmar, Haut-Rhin.
t COLMATAGE (kol-ma-ta-j') , I. m. Opération agricole qui a pour but d'exhausser le niveau des terrains trop bas ou marécageux, au moyen de dépôts qu'y laissent des eaux bourbeuse? , détournées de leur cours. Le colmatage a pris nais.sance en Toscane; en )78) , un arrêté de Léopoid I*» le rendit obligatoire.
— ÉTYM. liai, eolmare, eombler. Voy. combler. t COI. -NU (kol-nu), s. m. E»pèce de corbeau.
,1 Au plur. Des cols-nus.
t COLOBOME (ko-lo-bô-m'), I. m. Terme de
COL
COL
COL
médecine. Mutilation en général, et, en particulier, Tice de conformation de l'œil, qui consiste en une Assure de la paupière supérieure et de l'iris.
— ÉTTM. Ko>66w|ia, mutilation.
t COLOCASE (ko-lo-ka-z') ou COLOCASIE (kolo-ka-zie), s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire et spécifique de Varum colocasia, L.
— ÊTYM. Ko>oxaata.
t COLOCYNTUINE (ko-lo-sin-ti-n') , s. f. Terme de chimie. Principe très-amer, résinoîde, qui est dans la coloquinte.
— ÉTYM. Voy. COLOQUINTE.
COLOMBAGE (ko-lon-ba-j'), s. m. Mot qui s'emploie dans la cliarpente, au lieu de colonnade, pour signifier un rang de colonnes ou de solives, dans une cloison ou une muraille.
— mST. XV* s. Partie chevrons à maison et partie à coulombage, ducange, columba.
— ÊTYM. Colombe , qui s'est dit pour colonne
(voy. COLOMBE 2).
t ) . COLOSIBAIRE (ko-lonbê-r") , adj. \\ l- Terme d'histoire naturelle. Qui appartient aux pigeons. Il 2° Terme de minéralogie. Êpithète donnée aux grains d'une roche grenue quand ils sont de la grosseur d'un œuf de pigeon.
— ÊTYM. Colombe.
t 2. COLOMBAIRE (ko-lon-bê-r'), s. m. Terme d'antiquité. Voy. columbaire.
I. COLOMBE (ko-lon-b'),i./'. 111» Pigeon, en style élevé. Le Saint-Espritdescendsous la figure d'une colombe. Notre-Seigneuradit : Soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes. || En termes d'histoire naturelle, nom moderne du genre pigeon. Il Colombe du Groenland, nom vulgaire du genre eephns, palmipèdes ne contenant qu'une espèce, laquelle est connue sous le nom de petit Guil- ,emot. Il 2° Fig. Jeune fille pure et candide. C'est lui [Louis XIV] qui rassembla ces colombes timides, Éparses en cent lieux sans secours et sans guides, PAC. Esth. Prot. L'Esprit-Saint, qui de Dieu fait entendre la voix, Parle-t-il à ton cœur, a-t-il dicté ton choix? Et, t'appelant parmi ses colombes fidèles. Pour voler jusqu'à lui t'a-t-il prêté ses ailes? ST-ANGE, ^pi/rc à une novice. Oui, reprend la sainte colombe [la sœur de charité] .... X descendre en paix dans la tombe Ma voix préparait les mortels, BÉRANG. Les deux sœurs de charité. || 3° Vase de métal où l'on enfermait l'eucharistie. || Terme d'astronomie. Petite constellation méridionale.
— HIST. x« s. In figure de colomb volât à ciel, Zulalie. \\ xui' s. S'ot [Franchise] les chevous et blons et Ions, Et fu simple comme uns coulons, la Rose, 4 204. Ensement com li faus [faucon] vole après le coulon, Ch. d'Ant. ii, 8I6. Les Sarrazins envolèrent au soudanc par coulons messagiers par trois foiz, que le roy esloit arrivé, joinv. 215. || xv« s. Noti-e bonne bourgeoise abandonna son mari en ce colombier, et le laissa roucouler toute la nuit avec les coulons, louis xi, Nouv. lxxxviii. || xvi" s. Et est un mesme propos comme si quelcun disoit que tout coulomb fust le Saint-Esprit, pourtant qu'il est apparu en telle espèce, calvin, Instit. im. On a beau dire, une colombe est noire, Un corbeau blanc... MAROT, 11, 60. Mais au coussin plume trèsblanche et pure D'un blanc coulomb le grand ouvrier a mis, ID. II, 261. L'une plantoit herbes en un verger; L'autre paissoit coulombs et tourterelles, iD. m, 296. L'herbe Robert, le pied de coulon, le plantain, paré, xvi, 35. Mon plaisir en ce mois c'est de voir les coloms S'embouclier bec à bec de baisers doux et longs, rons. 242. X colombes saoules cerisessontameres,LEROux DE LiiNCY, Prou. t. i,p. 172.
— ÉTYM.Saintonge, cou/omhe ;provenç. columba, colombe, coiomb, pigeon; catal. co/oma, coiom;ital. co(omi;a,coio?n6o;du latin columha, co/umbus;grec, x6X'ji;êo;, plongeur, par une confusion des oiseaux plongeurs et des pigeons. L'ancien français disait Colomb, au masculin, pour pigeon.
t 2. COLOMBE (ko-lon-b'), î. /".Grosse solive, posée à plomb pour faire des édifices de charpente. || Sorte de grande varlope renversée, jj Billot de bois carré, sur lequel les tonneliers joignent et rabotent les fonds.
— HIST. XIII" s. Une église.... Sor bieles [belles] colombes de marbre, pu. mousses, ms. p. 291, dans LACUBNE. || xiv S. Jehan frapa tant à la porte, que il rompi la columbe d'icelie, et par force se ouvri, DU CANGK, columba. Emporter la coulombe ou le maistre huis, ID. ib. \\ i\' s. Hubert s'eflorra d'entrer ou dit hostel entre deux coulombes, id. ib.
— ÊTYM. Forme altérée de columna, colonne, par attraction de Vm pour b ou p ; provenç. colompna. Od remarquera comment les noms de métiers
conservent parfois des formes archaïques, partout ailleurs effacées, t COLOMBEAU(ko-lon-b6), s. m. Petit pigeon. - lilST. xni* s. Ains les veïssiez entre aus [eux] dsus Baisier comme deus columbiaus, lallose, (283. Il xvi' s. Les petits colombeaux s'apprennent à aller
par les nids pépiant, yver, p. 66.1 Voyez les
passereaux Qui démènent l'amour, voyez les colombeaux. Regardez le ramier.... rons. (50.
— ËTYM. Diminutif de colomb, pigeon.
t t. COLOMRELLE (ko-lon-bè-1'), s. f. Petite colombe, au propre et au figuré. Je vois paraître au bout de ma ruel'e Non un pigeon, non une colombelh. Mais vingt corbeaux de rapine afîamés, volt. la Bastille.
— HIST. XVI» S Un char Conduit par douze
colombelles, marot, i, <74. Se baisotter comme folastres colombelles, yver, p. 663. Mon doux plaisir, ma douce colombelle. Mon passereau, ma gente tourterelle , RONS. t48. Icysur les ormeaux se plaint la tourterell'î, Icy le colombeau baise sa colombelle, ID. 742.
— ÉTYM. Diminutif de colombe ).
t 2. COLOMBELLE (ko- lon-bè-1') , s. f. En typographie, espèce de filet qui sépare deux colonnes.
— ÉTYM. Dirrinutif de colombe 2, c'est-à-dire petite colonne.
t COLOMBETTE (ko-lon-bè-f) , s. f. Champignon bon à man."°r.
— HIST. x/i"s. Cueillir vos salades, les herbesde vos potages, et des champignons columelles et diablottes, que vous accommodiez vous mesme, mettant d'ordinaire la main à la cuisine, sullv, Mém. t. I, p. 260, dans lacubne.
— ÉTYM. Diminutif de coîomie, ainsi dit par comparaison avec une petite colonne (voy. colombe 2).
+ COLOMBIDÊE (ko-lon-bi-dée) , s. f. Terme d'ornithologie. Famille de l'ordre des passereaux ayant pour type le genre pigeon.
t COLOMBIENNE (ko-lon-biè-n'),«. f. Presse d'imprimerie en fonte.
COLOMBIER (kolon-bié; \'r ne se lie jamais; au pluriel \'s se lie : les colombiers et les pigeons; dites : les ko-lon-bié-z et....), i. m. || 1° Bâtiment oii l'on élève des pigeons. || Colombier à pied, colombier qui a des boulins ou trous depuis le sommet jusqu'au rez-de-chaussée. || Fig. Attirer, faire veni:- les pigeons au colombier, attirer la clientèle, procurer des profits; et dans le sens contraire, chasser les pigeons du colombier. Il Fig. Toute la bande des amours Revient au colombier; les jeux, les ris, la danse. Ont aussi leur tour à la fin, la font. Fabl. vi, 21. Après avoir en grand courrier Voyagé pour chercher un sage. J'ai regagné mon colombier, volt. Letirea en vers et en prose, 72. || 2° Dans le langage familier , les places les plus élevées dans une salle de spectacle. Je n'ai trouvé place qu'au colombier. On dit aujourd'hui plus communément poulailler. Il 3° Terme do papeterie. Papier d'un grand format. || 4° Terme d'imprimerie. Trop grande distancequeleccmpositeurmetentre les mots. 1] 5°Terme de marine. Forte pièce de bois qui fait partie dub'jr d'un biUiment en construction,
— HIST. xiii" s Et vola tant pe pigeon] qu'il
vint au colombier où il avoit esté nouris, Chron. de Rains, p. 05. En leu dechevaus atelés Ot es limc-îs huit colombiaus. Pris en son colombier moult biaus, la Rose, 15988. || xiv s. Ne m'eschapperez pas ainsi que le coulon Qui ist [sort] du columbier et va sur le buisson, Guescl. I226B. 11 est li colomiers de touz lesesgarez, Cirart de Uoss. v. 1521. ||xv" s. I-à dit une haute parole le comte de Devcnsiere : Et comment, seigneurs! en nostre nouvelle chevalerie nous tiendra [arrêtera] meshui ce colombier [cette bicoque]? FROlss. II, 71, 6j. Il XVI* s. Nul ne peut bastir coulombier à pied, sans le congé de sou seigneur,
LOïSEL, 2-10.
— ÉTYM. Berry, coulombier; wallon, colèbire; namurois, colèbt; provenç. colombier; anc. catal. colomcr; ital. colombajo; du latin columbarium, de columba (voy. colombe t).
rCOLOMBIN, INE (ko-lon-bin, bi-n'), adj.
Il 1° Qui est de la couleur de la gorge des pigeons, couleur variable, mais qui, déterminée précisément et pour la teinture , est celle des Heurs de l'arbre de Judée (coffme l'a reconnu M. Chevreul, d'après un passage d'Olivier de Serres). TafTetas colombin. Il 2° S. m. Un des mineiais, d'où l'on tire le plomb, il 3° S. f. Terme de peinture. Colombine, espèce de laque. || 4* S, f. Terme d'agriculture. Colombine, engrais de fiente de volaille.
— HIST. XIII* s. Et nos font chiere colombine, Fabl. et contes anc. 1. 1, p. 3«S. j|xvi' s. les bai-
sers colombins ne vous défaillent point, nous. 785. Que la simplicité colombine fust instruite par I astuce serpentine, camus de belley. Diversités, 1. 11, ^ 422, dans RAYNOUARD. Ses fleurs colombinos [de l'arbre de Judée] augmentent la grâce de l'arbre, 0. DE serres, 0* lieu, ch. vi. Cent œillets colombins et mille fleurs vermeilles, amad. jamin, Poésies, p. IB2, dans LACUHNE. On te doit, colombin, louer de tous costez. Voyant comme tu plais à la fleur des princesses; Les colombes, qui sont d'amour sages raaistresses. En ont la gorge peinte; et le» jardins plantez En ont, comme les champs, leurs honneurs augmentez, id. «6. p. 271.
— ÉTYM. Colombe i ; provenç. colombin; ital. colombino. Dans le xn* siècle, colombin avaitlesens générai de : qui appartient à la colombe, au pigeon.
t 2. COLOMBIN (ko-lon-bin), s. m. Bassin dans lequel se met la composition de la fritte du faïencier.
t t. COLOMBINE (ko-lon-bi-n'), s. f. Un des noms de l'ancolie.
t 2. COLOMBINE (ko-lon-bi-n'), s. f. Personnage de la comédie italienne; la fille de Cassandre et la prétendue d'Arlequin. || Au masculin, colombin, jeune homme qui a un air de colombe; se dit par plaisanterie. C'est un vrai colombin.
— ÉTYM. Ital. Colombina , nom propre, tiré luimême de colombe, pour désigner la douceur de caractère.
t COLOMBICM (ko-lon-bi-om') , s. m. Terme de chimie. Nom d'un métal plus généralement connu sous celui de tantale.
t COLOMBO ou COLUMBO (ko-Ion-bo) , s. m. Terme de phaimacie. Racine d'une plante sarmenteuse (menispermum pa'matitm, L.), qui est amère et astringente.
— ÉTYM. Colombo, ville de l'île de Ceylan, d'où cette racine est apportée.
t COLOMINE (ko-lo-mi-n'), s. f. Variété talqueiise d'argile à poterie.
t COLOMNAIRE (ko-lo-mnê-r'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une colonne. Structure colomnaire.
— ÉTYM. Le latin columna, colonne.
t COLOMNANTHÊRÊE, ÉE (ko-lo-mnan-té-ré, Tée),adj. Terme de botanique. Dont les étamines sont réunies en colonne.
— ÉTYM. Columna, colonne, et anthère.
t COLOMNIFÈRE (ko-lo-mni-fô-r'), adj. Terme d'architecture. Qui porte une colonne.
— ÉTYM. Le latin columna, colonne, et ferre, porter.
(. COLON (ko-lon), s. m. || 1° Cultivateur d'uno terre. |{ Colon partiaire, cultivateur qui partage avec le propriétaire les produits de la récolte. L'esclave qui cultive doit être le colon partiaire du maître, montesq. Esp. xm, 3. || Spécialement, celui qui afferme une terre moyennant une part des fruits, par opposition à celui qui paye en argent. || 2* Dans ies derniers temps de l'empire romain et au moyen âge, personne de condition non libre, dépendante d'un maître et attachée au sol. || Du viu* aux* siècle, personne non libre, de condition supérieure à celle du serf. Las colons d'un fisc, d'une abbaye. On dit au féminin, une colone. || 3" Celui qui fait partie d'une colonie, ou qui en exploite le sol. |1 Celui qui habite les colonies, par opposition aux gens de la métropole. Un riche colon. Les colons se sont opposés autant qu'ils ont pu à l'affranchissement des nègres. || Celui qui est né aux colonies d'une famille de colons, par opposition aux personnes venues d'Europe.
— HIST. XIV* s. Et les coulons, c'est les habitants de la ville, ber:heure, f'-s, «erio. ||xvi*s. Les colons ou conducteurs d'aucun héritage ne peuvent intervertir la possession du propriétaire , Coust. génér. t. i, p. <09.
— ÉTYM. Lj latin colonus, de coI«re, cultiver (voy. culture).
t 2. COLON (ko-lon), s. m. Terme de grammaire grecque. Membred'une période, et, quelquefois aussi, incise. || Dans la métrique, colon signifie deux pied» au commencement d'un vers finissant avec les mots eux-mêmes, sans aucune syllabe de reste. || Pause marquée par un point en haut, qui équivaut à deux points ou au point et virgule.
— ÊTYM. KwJ.ov, membre d'une période (voy.
CÔLON).
CÔLON (kô-lon) , î. m. Terme d'anatomie. Ctlui des gros intestins qui fait suite au cxcum. Est-ca la vessie ou 1* côlon qui vous tourmente? vclt. Oreilles, m.
— HIST. XVI* s. Ces humeurs le plus souvent s'amassent au boyau nommé colon, par£, fntrod. vl. Partie transverse du colon, m. i, t,
COL
— ÉTYM. XûXov, membre du corps, et, en particulier, un des intestins.
t COLONAGE (ko-lo-na-j'),«. m. Exploitation par un colon partiaire.
— F.TY.M. Colorij t.
t COLONAILLE (ko-lo-nâ-Il', Il mouillées), s. f. Terme <le mélier. Brin d'osier plus gros que les autres dans un ouvrage de vannerie.
— ËIYM. Colonne.
t COLOiVAT (ko-lo-na), s. m. Sous l'empire romain, étal des agriculteurs, qui, sans en faire fies esclaves susceptibles d'être vendus, les attachait au sol qu'ils ne pouvaient quitter. || Condition des colons de l'empire romain et du moyen âge. La période du colonat succède à celle de l'esclavage.
— ËTYM. Colon, 1.
COLONEL (ko-lo-nêl), s. m. Le chef d'un régiment. Il Ollicier qui, sans avoir de régiment, a le grade de colonel. Colonel d'état-major. || Autrefois, colonel général , dignitaire placé à la tète de tous les corps d'une même arme. Colonel général des hussards, des Suisses. || Colonel-lieutenant, nom qu'on donnait à l'officier qui commandait les régimentsdesprincesdu sang. || Colonel général de l'infantcrie, celui qui commandait toute l'infanterie; charge supprimée en t06l.
— HIST. xvi' s. Sur la fin de ce différant arrivèrent les deux coronnels, rab. iv, 37. De la raesme façon que depuis nous appelasmes coronal de l'infanterie celuy qui la conduisoit : mot qui approche de la royauté, pasq. Uech. 44. Le couronnel des compaignies, LA BOÉTiE, 134. C'est à elle de faire la revue de tout ce qui est, comme à un couronnel de la faire de ses compaignies, in. tsfi. Un coulonnel de mille hommes, amyot, Galba, tl. Ce qu'ils firenten l'absence (le leur coronal, sans oi'dre ni conduitte, m. du BELL. eo2. Le duc d'Albe eut pour mestre de camp gênerai ou, pour mieux dire, colonel commandant à tous (car tel l'avoit esleu le duc d'Albe) Chiapin Vicelly.BRANT Capit. eslrang. t. i,p. 79, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. et Berry, coroneî, prononciation qui est un provincialisme devenu fautif, comme colidor pour corridor où la permutation des liquides r et l est inverse; espagn. coronel; non pas de corona, couronne, comme le ferait croire cette prononciation, mais de l'italien colonello, qui vient de eolona, colonne, qui a aussi le .sens d'une troupe de guerre.
t COLONELLAT (ko-lo-nél-la) , s. m. Ancien terme qui désignait l'emploi d'un colonel propriétaire de son régiment.
COLONELLE (ko-lo-nè-l"), adj. f. || f La compagnie colonelle, ou, substantivement, la colonelle, la première compagnie d'un régiment d'infanterie, qui était commandée par le major. D'autre part la porte St.-Antoine était gardée par une colonelle de bourgeois, LA Rocii. Hem. 200. Ici, d'KsIampes devait, à l'heure donnée, faire battre le tambour par toute sa colSnelle, retz, i, 40. Le bruit qu'il y eut dans le palais obligea le parlement à faire garder les portes du palais par les compagnies colonelles de la ville, ID. u, 339. Officier aux gardes de son métier, anspes.sade de la colonelle, danxourt, les Yendanget, t2. 112" La femme d'un colonel. Madame la colonelle.
— HIST. XVI* s. Il prit dix légions avec trois cohortes prétoriennes qui sont les compagnies coulonelles, ordonnées pour la garde du capitaine, amyot, Ant. 48. Prévost, enseigne de la coronalle de monsieur de l'Archan, pahè, vui, 30. X mon regret diray cavalerie, infanterie, enseigne colounelle, esquadrons, au lieu de chevalerie, piétons, enseign» coronale, PASQmER, Lettres, t. i, p. (05, dans lacurne.
— ÉTYM. Colonel.
t COLONIAIRE (ko-lo-ni-ê-r'), adj. Qui a rapport à une colonie romaine. Soldat coloniaire. || Qui est relatif aux colons du moyen âge. Un manse coloniaire.
COLONIAL, ALE (ko-lo-ni-al, a-l'), adj. Qui provient des colonies, qui est relatif aux colonies. Produits coloniaux. Questions coloniales. || Système colonial, celui qui réserve lemarchédes colonies à la métropole et réciproquement, ou celui qui développe les établissements coloniaux en vue de l'extension des débouchés. Dans le premier sens on dit pacte colonial. Colbert et les autres partisans du système colonial. L'Angleterre a renoncé au système colonial.
— ÉTYM. Colonie.
COLONIE (ko-lo-nie) ,t.{.\\i' Établissement fondé par une nation dans un pays étranger. Envoyer une colonie. Leurs terres où jjls fondent une colonie, Boss. Hut. I, 8. Les Grecs qui font sur cette côte des colonies. F8N. TH. XI. Il *■ Possession d'une naUon europcciine dans une autre partie du monde. ||Absolu-
COL
ment, les colonies, se dit pou ries Antilles françaises. Il est mort aux colonies. || 3° Réunion d'individus qui ont quitté un pays pour en peupler un aytre Il Le lieu où ils se sont transportés. || Les gens d'un même pays habitant une localité étrangère. || Absolument, la colonie. On désigne ainsi dans certaines localités les résidents qui ne sont pas originaires de cette localité. || 4"" Colonies agricoles, établi.ssements agricoles institués à l'effet d'offrir du travail aux indigents et aux jeunes détenus, et d'augmenter les produits du sol en l'améliorant. || Colonie militaire, territoire dont les cultivateurs sont des soldats comme en Croatie, ou que des soldats habitent comme en Russie.
— HIST. xrv* s. Colonie ou coulongne est appelée quant aucune ville est gaigniée et aquise, et l'en [on] trametoit nouvel pueple pour habiter, ber- CHEUHE, f° to, verso. Colonie romaine estoit aucune ville qui ou commencement avoit esté fondée et peuplée de Romains, id. ^ 2.
— ÉTYM. Le latin colonia, de colonus (voy. colon 1 ). On remarquera , dans Bercheure , l'hésitation entre colonie et colongne; colonie est la forme moderne, calquée surlalettre latine; colongne, Cologne est la forme antique calquée sur l'accentuation latine, colônia.
t COLONISABLE (ko-lo-ni-za-bl'), adj. Qui est susceptible d'être colonisé.
— ETYM. Coloniser.
t COLONISATEUR (kolo-ni-za-teur) , s. m. Celui qui colonise. Les colonisateurs de l'Amérique. || Adj. Un peuple colonisateur.
— ÉTYM. Coloniser.
COLONISATION (ko-lo-ni-za-sion), s. f. Action de coloniser; le résultat de cette action. La colonisation de l'Algérie. Colonisation civile. Colonisation militaire.
— ÉTYM. Coloniser.
COLONISÉ, ÉE (ko-lo-ni-zé, zée), part, passé. L'Amérique colonisée par les Européens.
COLONISER (ko-lo-ni-zé), v. a. Peupler par une colonie. |1 Se coloniser, v. réfl. Devenir colonisé. Avec le temps l'Algérie se colonisera.
— ÉTYM. Coloniser.
COLONNADE (ko-lo-na-d'), s. f. Terme d'architecture. Suite de colonnes qui forfnent galerie, et décorent un édifice. La colonnade du Louvre. L'or du commerce a élevé les fastueuses colonnades de l'hôpital de Greenwich, cuateaub. Génie, m, i, e. Là leurs gigantesques fantômes [des nuages] Imitent les murs des cités.... Là s'élèvent des colonnades... LAMART. Ilarm. i, <o.
— ÉTYM. Colonne; ital. colonnato.
t COLONNAISON (ko-lo-nè-zon) , s. f. Terme d'architecture. Façade ornée de colonnes.
— ÉTYM. Colonne.
t COLONNATION (ko-lo-nna-sion) , s. f. Terme d'architecture. Disposition, proportion des colonnes. Il Peu usité.
— ÉTYM. Colonne.
COLONNE (ko-lo-n'), s. f. \\ 1° Terme d'architecture. Sorte de filt cylindrique avec base et chapiteau, portant UD entablement. Auprès d'une colonne et loin de la clarté Qui suffisait à peine à ce lieu redouté, VOLT. Sémir. v, 6. Comme une colonne dont la masse solide parait le plus ferme appui d'un temple ruineux, lorsque ce grand édifice quelle soutenait fond sur elle, boss. Reine d'Anglet. || Colonne toscane , colonne qui a dans sa hauteur sept fois son diamètre; c'est la plus courte et la plus simple des linq reconnues par Vignole. Colonne dorique, colonne qui a huit diamètres de hauteur, avec un chapiteau et une base un peu plus riches que la toscane. Colonne ionique, celle qui a neuf diamètres, et dont le chapiteau a des volutes. Colonne corinthienne, colonne qui a dix diamètres, et dont le chapiteau est orné de deux rangs de feuiUes, avec des caulicoles, d'où sortent de petites volutes. Colonne composite, c'est la colonne corinthienne, sauf que l'on met au haut du chapiteau la volute ionique. Il Colonne cannelée. Colonne torse. || Demi-colonne, colonne dont la moitié sort du mur, l'autre est présumée entrer dedans. || Colonne monumentale, monument qui a la forme d'une grande colonne isolée. La colonne de la place Vendôme, et, absolument, la colonne. Ah! qu'on est fier d'être Français, Quand on regarde la colonne! Chanson populaire. Il Colonne milliaire, borne qui indique les distances sur une route, jj Les colonnes d'Hercule, les montagnes de Calpé et d'Abyla, au détroit de Gibraltar, où l'Océan communique avec la Méditerranée et où Hercule borna, dit-on, ses voyages. || Fig. Le point le plus éloigné de la terre. Fais trembler
COL
sous tes pas les colonnes d'Hercule, corn. Hor. X, t. Fusses-tu par delà les colonnes d'Alcide, Je me croirais encor trop voisin d'un perfide, rac. Phèd. IV, 2. Il Fig. Ce sont autant de colonnes que vous
élevez à votre gloire, BOSS. Proi;. ( Du temple
des arts que la gloire environne. Vos mains ont élevé la première colonne, A. chén. 2. || Les colonnes (>• l'Etat, de l'Église, les personnes ou les choses qui en sont les soutiens. Recommander la cause de Dieu à ceux qui en ont toujours été les plus fermes colonnes, DESC. Éplt. ôter.... Un ministre à l'État, un père à la patrie, Au trône une colonne, au prince un favori, rotr. Bélis. m, B. Qui rencontre à son
trône une ferme colonne, id. Yencesl. v, 9 Du
plus ferme empire ébranlant les colonnes, racine, Alex, n, 2. Bèze, Calvin qu'on regardait coisme les colonnes du calvinisme, boss. Var. (4. C'était une des colonnes du parti protestant, ID. Var. 8. Bientôt l'Etat, privé d'une de ses colonnes. Se plaindrait d'un repos qui trahirait le sien, J. B. Rouss. Odes, liv. m, 0. Tu es le fléau du vice et la colonne de la fidélité, M0NTESQ. Lett. pers. 2. || 2° Colonne de lit, pièce de bois tournée qui pose à terre et qui aide à soutenir le fond du lit. || Terme de charpente. Pièce de bois qui se pose à plomb et qui soutient le faîtage d'un bâtiment. |] Terme d'architecture. Colonne d'air, vide formé par le limaçon d'un escalier à vis suspendu. || 3° En physique, on dit une colonne d'air, d'eau, de mercure, etc. jiour indiquer une quantité de ces fluides d'une hauteur et d'un diamètre déterminés. || Colonne d'eau se dit aussi pour trombe. || Terme de fontainier. Quantité d'eau qui entre dans le tuyau montant d'une pompe. || Terme d'anatomie. Colonne vertébrale, nom donné à l'ensemble des vertèbres superposées. Il Colonnes charnues du cœur, faisceaux musculaires plus ou moins nombreux qui sont dans les cavités du cœur. || 4° Colonne dans un li"re , dans une page d'écriture, partie d'une page séparée du reste par une raie ou seulement par un espace blanc. Ce tableau a huit colonnes. Une colonne de chillres. La colonne des unités, des dizaines. Les journaux ont deux, trois ou quatre colonnes. M. de Cambrai fil un livre qu'il intitula Maximes des saints, et le mit en deux colonnes, st-sim.45, (3. || 5° Terme de guerre. Corps de troupes disposé par sections plus ou moins éteudues, ayant peu de front et beaucoup de profondeur. Serrer, déployer la colonne. L'ordre en colonne. Colonne serrée, lorsque la di.stance d'une section e.st moindre que le front des sections. Colonne d'attaque. Plusieurs brigades, prises de la nuit, couchèrent en colonne, comme elles se trouvèrent, stsiM. 12, (44. D'un pa- ferme et pressé, d'un front toujours égal. S'avance vers nos rangs la profonde colonne Que la terreur devance et la fiamme environne, VOLT. Fontenoi. || Colonne mobile, corps détaché chargé do parcourir un pays pour contenir les mouvements hostiles. 1| 6° Terme d'horticulture. Arbre en colonne, tige simple, verticale, s'élevant jusqu'à la hauteur de G mètres et plus, garnie seulement et régulièrement de rameaux à fruit depuis sa base jusqu'à son sommet. || 7" Colonne torse, jolie coquille univalve.
— HIST. XII* s. Columpnesrundeskifurentasmurs justées. Rois, 247. || xiii' s. Il avoit [il y avait] une colombe en Constantinoble el milieu de la ville qui estoit une des plus hautes et des mius ouvrées de marbre qui onques fust veûe, villeh. cxxvii.
— ÉTYM. Provenç. colonna, colompna, coronda; espagn. columna; ital. colonna; du latin columna, decolumen, soutien.
+ COLONNETTE (ko-lo-nè-f) , s. f. || 1- Terme d'architecture. Petite colonne. || 2°Terme d'anatomie. Portion de la dent. M. Owen a dit que les molaires des antilopes se distinguent de celles des chèvres, parce qu'elles ne portent point de colonnettes interlobaires, GAUDRY, Comptes rendus, Acad. des se. t. m, p. .297.
— ÊTYM. Diminutif de colonne.
COLOPHANE ( ko-lo-fa-n' ) , s. f. Matière résineuse, sèche, transparente, jaune ou brune, qui est le résidu de la distillation de la térébenthine. Il Résine avec laquelle on frotte l'archet des violons, basses et autres instruments de la même famille.
— HIST. XVI* s. Ferez fondre vostre colophone et résine avec la cire et l'huile, paré, xxv, 26. Vous ferez lentement fondre la cire, adjoustant la poix et colophane, id. i6. 27. Colofaigne, palissy, 208.
— ÉTY.M. Provenç. colophonia : espagn. et ital. colofonia; de xoXoçmvît), sous-^ntendu résine, résine de la ville de Colophon, en Asie mineure. Colophone. qui s'est dit d'abord, était plus correct.
t CO^OQUINELLE (ko-lo-ki-nè-1') , *. f. Variété de coui-ge, dite coloquinte fausse.
COL
COL
COL
— ÊTYM. Voy. COLOQUINTE
COLOQUINTE (ko-'.o-kin-t') , s. f. Concombre fort amer {cucutnis cnloajnihis, L.). Amer comme coloquinte. Les bignonias, les coloquintes s'eiilrelacenl au pied de ces arbres de toutes les formes, cha- I TEAUB. >l/a/a, 204. Il Coloquinte fausse, variété de courge qui n'a aucune amerlume. || Dans un langage Irès-lrivial, la têle, ainsi dite par assimilation de forme. Un coup de poing sur la coloquinte.
— IIIST. XVI' s. Faites fumigation de graines de joloquinles, et de moutarde, paré, xv, 20. Rue, poudre de colocjTithe, ID. xxii, 5.
— ÊTYM. Ko),oxûvOoi, citrouille; Suidas dit ce mot médique. Espagn. et ital. coloqninlida.
COLOUANT, ANTE (ko-lo-ran, raii-t'), adj. Qui colore. Substance colorante. Les principes colorants.
f COLOll.ATION (ko-lo-ra-sion ; en poésie , de cinq syllabes), s. f. Action par laquelle un corps devient coloré; résultat de cette action. La coloration des fruits par la chaleur du soleil. || État, apparence d'un corps coloré. La coloration de la peau, du visage.
— HlST. XVI* s. Coloration , oddin.
— ÉTYM. Colorer; provenç. coloratio; espagn. eoloracion; ital. colorasione.
COLORÉ, ÉE (ko-lo-ré,rée) , part. passé. \\ 1° Qui a reçu de la couleur. L'horizon coloré par l'aurore. Il Avoir le teint coloré, l'avoir rouge et vermeil. Il Vin coloré, vin plus rouge que paillet. Il En botanique, feuille colorée, feuille qui a une autre couleur que la couleur verte. || Fig. Style coloré, style dont on compare les effets à des teintes vives et agréables. Il 2°Qui a une apparence capable de séduire, de tromper. Il n'a pas même un titre coloré. Vous nous payez ici d'excuses colorées, mol. Tart. iv, i. Cette offre peut-elle être un refus coloré? corn. Tois. d'or,
I, 3. On ne pouvait pas proposerîi un roi une vue politique mieux colorée, uoss. Polit. Cette Église n'a pas même une succession apparente et colorée, w-Iiéfl.
t COLOREMENT (ko-lo-re-man) , s. m. Terme de dessin. Colorement de l'ombre, manière d'ombrer d'après les teintes du modèle.
— ÊTYM. Colorer ; provenç. colorament; anc. espagn. coloramiento ; ital. coloramento.
COLORER (ko-lo-ré), V. a. \\ 1° Donner de la couleur. Le soleil colore les fruits. J'ignorais [ce] que ce pouvait être, Oui lui colorait ce beau teint, MALH. IV, <. Celte noble pudeur colorait son visage, RAC. Phèd. Il, 5. Il le revit [l'incendie de Moscou] dans toute sa violence; toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu qui s'élevait en tourbillonnant jusquau ciel et le colorait fortement, skgur, llist. deNapol. vm, 7. || 2<'I''ig. EmbeUir. Son imagination lui colore tout. || 3° Présenter sous un jour, sous un aspect favorable. Je n'ai point d'éloquence Pour colorer un fait, ou détourner la foi, Régnier, .Sa(. ni. Je ne sais pas -ce qu'on peut dire pour colorer tant de violences, patru. Plaid, v, dans hiciielet. Pour en rompre les nœuds et colorer ses crimes, rotrou, Vencesl. ii, t. Et pour en colorer l'emportement honteux, corn. Sertor. i, t. L'ingrat d'un faux respect colorant son injure, rac. Brit. i, *. Et par là de son fiel colorant la noirceur, ID. Athal. i, 1. Dans leur rébellion les chefs des janissaires Cherchent à colorer leurs desseins sanguinaires, id. Baj.
II, <. Ouelle excuse pouvons-nous trouver pour colorer nos rébellions? Boss. Purif. 2. Le monde n'a plus rien à nous dire pour colorer ses dérèglements, mass. Panég. StLouis. Des raisons dont la llatteuse adresse X mes yeux éblouis colorant vos refus.... VOLT. Zaïre , iv, 2. Que d'un prétexte heureux la trompeuse apparence Colore ces apprêts.... dixille, Enéide, iv, 416. || 4° Se colorer, v. réfl. Prendre de la couleur. Les raisins commencent à se colorer.
— SYN. colorer, colorier. Colorer, c'est donner une couleur naturelle ou artificielle , mais sans autre intention que cette couleur même. Colorier, c'est apposer avec art des couleurs sur quelque chose. Un verre coloré est un verre qui a une teinte de couleur quelconque comme un verre bleu, un verre rouge, et en général les vitraux de nos églises; un verre colorié est un verre qui représente quelque dessin qu'on a tracé dessus, comme les verres de la lanterne magique, sur lesquels on a peint en couleurs transparentes des figures qui se reproduisent am)ilifiées sur un linge blanc.
— HIST. XII* s. Trois fois se pasrae sur l'erbe colorie, Konc.p. H 5. Blanche char [elle] ot comme flors espanie ; Face vermelle com rose coulorie, Baoul de C. (43. |( xm* s. [La femme] Or est un peu descolorée ; Par temps sera bien colorée, Contcnartce des femmes. ||xiv*s. Ce que il dit eust aucune couleur, mais comme pourroit il coulourer son dit?
ORESME, Eth. 297. Les petiz [corps], disons nous que il simt bien formez, bien mesurez ou bien colorez, ID. ib. il». Il le dist pour applaudir [faire approuver] et coulourer son fait , du cange , opplausirus. || xv s. Et leur fit dire et démontrer tant de belles raisons colorées que.... froiss. i, i, 3io. Ne jamais il ne doibt estre receu à dire le contraire de sa confession, ne à la coulourer ou justifier aytrement, juven. Charles YI, iHI. Tous se coulouroient sur le bien publique du royaulme, comm. i, 2. Il xvi* s. Il employoit à tout propos ce qu'il avoit appris de Anaxagoras , coulourant ses raisons de philosophie naturelle par l'artifice de rhétorique, AMYOT, Péricl. XIII. Ces beaux pavois de pourpre coulourez, D'yvoire et d'or richement labourez.... ID. Timol. 41. Luy qui ne demandoit que quelque occasion colorée, m. César, I6.
— ÉTYM. Berry , couleurer ; Saintonge , coulourer; provenç. et espagn. cnlorar ; portug. corar ; ital. colorare ; du latin colorare, de color, couleur.
t COLORIAGE (ko"-lo-ri-a-j'), s. m. La mise en couleurs. Le coloriage des cartes de géographie.
— ÊTYM. Colorier.
COLORIÉ, ÉE (ko-lo-ri-é, ée), pari, passé. Planches, cartes coloriées. |1 Fig. Nos historiens ne songent qu'à faire des portraits fo-iement coloriés, j. J. Rouss. Ém. IV.
COLORIER (ko-lo-ri-é). ij 1° F. a. Appliquer des couleurs sur un objet. Colorier un dessin, une statue. Il 2° V. n. Terme de peinture. Employer les couleurs. Ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine.
— ÉTYM. Colori, ancien participe du verbe co(onr, dit à côté de colorer; ital. colorire.
t COLORIFIQUE (ko-lo-ri-fi-k'), adj. Terme de physi'fue. Qui produit de la couleur.
— ÊTYM. Le latin color, couleur, et facere, faire, t COLORIGRADE ( ko-lo-ri-gra-d' ) , s. m. Voy.
C0L0RIMÈTRE.
— ÊTYM. Lat. color, couleur, et gradus, degré.
t COLORIMÈTRE (ko-lo-ri-mè-tr') , s. m. Terme de physique. Appareil imaginé pour déterminer le pouvoir colorant de certaines matières colorantes, garance, indigo.
— ÊTYM. Le latin color, couleur, et mètre, mesure. I COLORINE (ko-lo-ri-n') , s. f. Sorte de teinture
jaune.
— ÉTYM. Le latin color, couleur.
COLORIS (ko-lo-ri),s. jn. || 1° Partie de la peinture par laquelle on donne aux objets qu'on peint la couleur qui leur convient. Ce tableau pèche par le coloris. Il 2° Par extension, éclat des couleurs au teint et .sur les fruits. Le coloris d'une prune. L'autre broie en riant le coloris des moines, boil. Lutrin, u. Quand j'ai bu du vin de Champagne, j'ai, le lendemain, le coloris obscur , les nuances brouillées et des erreurs au teint qui me vieillissent de dix années, re- ONARD. Critique du lég. 8. || 3° Fig. Éclat du style qui permet de le comparer aux reflets de la peinture. Il n'y a point de si petits caractères qu'on ne puisse rendre agréables par le coloris : le fleuriste de la Bruyère en est la preuve, vauven. Nouv. max. 05. Né avec cet enjouement qui répand un coloris de finesse sur la raison, et d'aménité sur les vertus, DiDER. À mon frère. Il ne s'agira plus que de retoucher le tableau et de lui donner du coloris, volt. Lett. d'Argcntal, 42 sept. (704. De sa main triomphante il [le roi de Pru.sse] me trace une épitre, Une épître où son cœur a paru tout entier; Je vois le bel esprit, et l'homme et le guerrier; C'est le vrai coloris de son âme intrépide, id. Ép. u. \\ Fig. Ce qui masque. J'ai vu mille peines cruelles Sous un vain masque de bonheur. Mille lâchetés infidèles Sous un coloris de candeur, gresset, Chartreuse.
— ÉTYM. Ancien participe colori (voy. colorier). Si compaignon fièrent [frappent] de lor brans coloris , Ch.d!Ant. viii, 977. Ital. colorito. L'orthographe de ce mot aurait dû être colori, et non coloris, où Vs ne s'explique pas.
f COLORISATIOîf (ko-lo-ri-za-sion), s. f. Terme de physique. Apparition d'une couleur quelconque. Il Terme de pharmacie. Changement de couleur qui arrive aux substances en diverses opérations de la nature ou de l'art. |{ Action d'appliquer des couleurs. Colori-sation électro-magnétique.
— ÉTYM. Verbe fictif coïorùer, de coloris. COLORISTE (ko-lo-ri-sf), s. m. || 1* Peintre habile
dans le coloris. C'est dans les écoles vénitienne et flamande qu'on trouve les meilleurs coloristes. Jean- Jacques aura toujours entre les littérateurs le mérite des grands coloristes en peinture, mder. Ess. s. Claude. || Les coloristes, les peintres qui se distinguent par la couleur, par opposition à ceux qui se distinguent par le dessin. || Se dit aussi des écrivains.
C'est un coloriste. ;| 2* S. m. etf. Celui, celle qui colorie des e.stampes, des cartes.
— ÊTYM. Coloris.
COLOSSAL, ALE (ko-lo-sal , sa-l'), adj. \\ l'Qui est extrêmement grand , comme l'est le colosse. De» monuments colossaux. Statue colossale. lUleurspas, ébranlant les arches colossales, Troublent les mort» couchés sous le pavé des salles, v. iiuco. Bail. (4. Il Par extension, qui appartient à im colosse de puissance ou d'orgueil. Du meurtrier [du duc d'Enghien] les nations vassales Courbent leurs fronts tremblants sous ses mains colossales, v. nuGO, Odes, lu, B. Il 2° Fig. Vaste, étendu. L'empire dos califes fut de peu de durée, mais colossal.
— ÉTYM. Colosse.
COLOSSE (ko-lo-s') , I. m. Il 1° Statue d'une grandeur extraordinaire. Le colosse de Rhodes. || 2° Par extension, homme, animal de haute et forte stature. Qui n'admira que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible.... soit à présent un colosse? pasc. dans COUSIN. Il jugea qu'à son appétit Dame baleine était trop grosse; Dame fourmi trouva le ciron trop petit, Se croyant, pour elle, un colosse, la font. Fabl. I, 7. [Le comte de Bagliani] C'était une espèce de colosse en hauteur et en grosseur, st-sim. 406, (28. Il 3° Fig. Empire ou souverain très -puissant; personnage très-considérable. Un colosse d'État qui de vous seul attend L'Ome qu'il n'a pasdelui-même, COBN. Agésil. i\\, \. Voici de quoi détruire et de quoi renverser Ce colosse orgueilleux si fort à terrasser, ROTR. Bélisaire, iv, 5. Ce colosse effrayant dont le monde est foulé, volt. Xort de César, m, 4. Cet effroyable colosse, Cazaux, l'appui des mutins, A mis le pied dans la fosse.... malh. ii, b. J'ai du regret de voir Tite-Live jeter ses fleurs sur ces énormes colosses de l'antiquité; je voudrais qu'il eût fait comme Homère, qui néglige de les parer, montesq. Romains, &. Ces colosses d'orgueil furent tous mis en poudre, malh. ii, )2. Trente années détruiront ces colosses de puissance qu'on ne voyait bien qu'à force de lever la tête; nous disparaîtrons, moi qui suis si peu de chose, et ceux de qui j'espérais toute ma grandeur, la bruy. viii. Que c'était un assez grand résultat pour y sacrifier Moscou tout entière; que peut-être le ciel, pour leur accorder une aussi grande victoire, voulait un aussi grand sacrifice, et qu'enfin il fallait à cet immen.se colosse un immense bûcher, séguh, llist. de Napol. viii, 6. Il Le colos.se du Nord s'est dit très-souvent pendant un temps pour le c/ar de Russie, l'empire russe.
— HIST. xvi* s. Le bruit sempiternel du colosse érigé sus la sépulture de Hemnon, rab. Pant. v, t. Le sage peult bien, sans interest de son debvoir. lour quitter [accorder aux passions humaines] d'en baster ou retarder son pas, et ne se planter jomme un colosse immobile et impassible, mont, i, 339.
— ÉTYM. Le latin colossus, de y.oXoaaoi, statue colossale.
t COLOSTRATION (ko-lo-stra-sion), *. f. Terme de médecine. Maladie des enfants nouveau-nés, qu'on supposait produite par le colostrum.
— ÉTYM. Colostrum.
COLOSTRUM (kolo-strom'), i. m. Terme de médecine. Le premier lait des femmes après l'accouchement.
— ÉTYM. Lat. colostrum.
t COLOUGLI (ko-lou-gli) ou CODLOCGLl (koulou-gli), s. m. Nom des habitants de l'Algérie nés de pères turcs et de femmes indigènes.
— ÉTYM. Mot turc, de koula, esclave, et oghli, fils.
t COLPOCÈLE (kol-po-sè-l'), s. f. Terme de chirurgie. Hernie du vagin.
— ÉTYM. K6)moç, vaïin, et ya\\r\, hernie.
t COLPOPTOSE (kol-po-ptô-z'), s. f. Terme d« chirurgie. Procidence du vagin.
— ÉTYM. KoXtio;, vagin, ot ttciôiji;, chute.
t COLPORRHAGIE (kol-po-rra-jie), s. f. Terme de médecine. Hémorrhagie du vagin.
— ÊTYM. KoXno;, vagin, et ^ayri, éruption.
COLPORTAGE (kol-por-t;i-j). s. m. Action de colporter; métier de colporteur. Les règlements sur le colportage.
— ÉTYM. Colporter.
COLPORTÉ, ÉE (kol-por-té, tée), part, passé. Des marchandises colportées dans les campagnes. Il Fig. Des bruits colportés par la malveillance.
COLPORTER (kol-por-té), V. a. \\ 1* Porter dans les villes ou les campagnes des marchandises pour les vendre, marchandises qui sont dans une banne portée sur le dos ou sur une petite voiture. Colporter des livres. || Par extension. Colporter une nouvelle, une histoire, aller la raconter à l'un et à l'autre
COL
Il Fig. Imitant noblement ces grâces mercenaires, Oui, par couples nombreux, sur ledéclin (lu jour, Vont aux lieux fréquentés colporter leur amour, cii-a. Le <8's. Il 2" Se colporter, v. réfl. Être colporté, être ditçà et là. Celte nouvelle se colporte depuis hier.
HIST. xiii's. Nus ne puet ne ne doit conporter ne
faire conporter par la vile de Paris, lAv. des mit. 88.
— ETYM. .Sans doute de col et porter: porter sur son cou. Cependant la forme ancienne est conporter, qu'on peut expliquer en disant qu'elle est pour conporter,ics syllabes on et ou se confondant facilement dans l'ancienne prononciation. Quoi qu'il en soit, conporter reste et rappelle le latin comportare. On trouve aussi au xvi' siècle cnntreporler.
COU'ORTEUU(kol-por-teur), s. m. || 1" Originairement, petit marchand ambulant qui colporte ses marchandises sur son dos. || Marchand ambulant, (|ui porte ses niarchandi.sesdans les campagnes pour les vendre à des particuliers, et, p.irliculiérement, marchand de livres. Mais dans les vers tous s'estiment docteurs, Bourgeois, pédants, écoliers, colporteurs, j. D. Houss. Éptt. m, I. Il Par extension. Les Hollandais ont été les colporteurs des autres nations. || 2° Celui qui crie et qui vend dans les rues, avec permission de la police, las bulletins, les journaux, etc. || Fig. Un colporteur de nouvelles, celui qui va les débiter adroite et à gauche.
— HIST. xiii* s. Nus chauciers de Paris ne puet conporter ne fere conporter par la ville de Paris chauces neuves de soie ne de toile, pour les fraudes qui sont telesque li conporteur ne sont conneu, Liv. des met. (39. ||xvi's. La dite dame en lournissoit [de nouvelles] les conlreporteurs, Sat.Mén. p. <97. Les revendeurs de livres, qui les portent à leur col par la ville, sont appeliez conlreporteurs, d'un mot corrompu au lieu de colporteurs, pasquieb, Rech. VIII, p. 754 , dans lacurne.
— ÉTYM. Colporter.
t COLTIS (kol-ti), s. m. Terme de marine. Couple qui correspond aux points où commence la saillie des bossoirs.
tCOLUBRIN, INE(io-lu-brin,bri-n'), odj. Terme de zoologie. Qui appartient à la couleuvre. || S. m. Nom d'une famille de reptiles établie sur le genre couleuvre.
tCOLUBRINE(ko-lu-bri-n'), s. ^. || l" Variété d'argile à poterie grise et sans fâche. {| 2° Un des noms de la bryone.
— ÉTYM. Colubra (voy. couleuvhe).
tCOLUMBAIKE ko-lon-bê-r) et COLUMBARIUM
(ko-;on-bd-ri-om'),s. m. Terme d'antiquité. Bâtiment sépulcral, qui contenait plusieurs niches propres à recevoir des urnes mortuaires.
- ÉTYM. Lat. columbarium, pigeonnier; les niches des urnes ressemblant à des trous à pigeons.
tCOLUMELLAIRE{ko-lu-mèl-lê-r'), ad}. Terme didactique. Qui a rappo.'t à la columelle d'une coquille.
— ÉTYM. Columelle.
t COLUMELLE (ko-lu-mè-l'), s. f. \\ 1° Terme didactique. Petite colonne. Il 2" Nom qu'on donne au fût, à la rampe, ou à l'axe intérieur d'une coquille, depuis le haut jusqu'en bas. || 3* Axe central de l'urne des mousses.
— ÉTYM. Le latin eolumella, diminutif de columen (voy. colonne).
t COLUMELLE, ÉE ( ko-lu-mèl-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est garni d'une columelle.
COLURE(ko-lur'), s. m. Chacun des deux grands cercles géographiques, qui s'entre-coupent à angles droits aux pôles du monde et qui passent, l'un par les points solsticiaux, et l'autre par les points équinoxiaux de l'écliptique. De là ils tirent les noms, l'un de colure des solstices, l'autre de colure des équinoxes , parce qu'ils déterminent ces quatre grandes divisions et marquent par conséquent les quatre saisons de l'année. Comme on sait que les étoiles fixes ont un mouvement en longitude d'un degré en 72 ans, f\ on sait une fois qu'au temps de Chiron le colure des équinoxes passait par certaines étoiles fixes, on saura, en prenant leur distance à celles par où il passe aujourd'hui , combien de temps s'est écoulé depuis Chiron jusqu'à nous,roN- TEN. Neroton.
— ÉTYM. KôXoupo;, SOUS- entendu Ypa[i|Jn^, ligne colure, de xoXoupo;, qui a la queue mutilée, de «oXo;, mutilé, et oùpà, queue; ainsi nommés, dit Proclus, parce que quelques-unes de leurs parties ne sont pas accessibles à la vue.
COLZA (kol-za), s. m. Nom donné à une variété de chou champêtre (crucifères), dont les graines fournissent une huile bonne & brûler.
— ÉTYM. Wallon, coiio, golxa; rouchi, colta;
COM
du hoU. kooUaad, mot à mot semence de chou, de kool, chou, et Xaad, semence. Ce mot est écrit, dans rtichelet, cohat, qui est plu» conforme à l'étymologie.
COMA (kô-ma), s. m. Terme de médecine. Sorte d'assoupissement dans lequel le malade retombe aussitôt qu'il ce.sse d'être excité.
— ÉTYM. Kw|ia, assoupissement (comp. cimetAre).
t COMARCHIE (ko-mar-chie), s. f. Fonction de comarque.
t COMARQUE (ko-mar-k'), s. m. Terme d'antiquité grecque. Gouverneur d'un village.
— ÉTYM. Kw[ji.apxoî , de xûhïi, village, etâpxsiv, commander.
COMATEUX, EUSE (kô-ma-teû , teû-z') , adj. Terme de médecine. Qui concerne le coma.
— ÉTYM. Coma.
COMBAT (kon-ba; le ( se lie; au pluriel l's se lie : des combats opiniâtres, dites : des kon-ba-z opiniâtres; combats rime avec appas, mâts, etc.), s. m. Il 1° Action dans laquelle on attaque et l'on se défend. Un ange contre qui il eut un combat, noss. Ilist. I, 3. Je dois aux yeux d'Alcmène un portrait militaire Du grand combat qui met nos ennemis à bas, MOL. Amph. i, t. Si son esprit est haut, il le veut faire bas; S'il est propre à l'étude, il parle des combats, théopiule, Sat. i. Qu'il lui suffise que l'Espagne, Réduite par tant de combats X ne l'oser voir en campagne, A mis l'ire et les armes bas, malh. III, I. Il Combat naval, combat sur mer. || Combat singulier, duel. || Combat judiciaire, dans le moyen âge, combat, autorisé par le juge, de deux champions; le vaincu perdait sa cause. Il Terme de l'ancienne chevalerie. Combat à outrance, celui qui se faisait avec l'épée tranchante , à fer émoulu. Combat à plaisance, tournoi que l'on faisait pour divertir les dames et qui était suivi de danses. || Être hors de combat, être par ses blessures hors d'état de combattre. Il Mettre hors de combat, blesser ou désarmer son adversaire, de manière qu'il ne puisse plus combattre. Et fig. L'affaire du syndic m'avait mise hors de combat , siiv. 1 92. Vous étiez hors de combat , iD. 611. Il F.n parlant des animaux. Combat de taureaux, de coqs. || 2" Au pluriel et dans le style soutenu, la guerre. Je chante les combats, iioiL. Art p. m. Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats, rac. Esth.
I, 5. Nos défenseurs se pressaient sur vos pas; Les ficurs pleuvaient, et des vierges pudiques Mêlaient leurs chants à l'hymne des combats, bérano. Déesse. Il 3° On donne ce nom à certains exercices, à certains jeux dans lesquels deux ou plusieurs champions disputent un prix. Le combat du ceste. Les combats du cirque. || Fig. Combat littéraire, dispute d'un prix littéraire, ou lutte des écrivains qui se disputent la faveur publique. Dans les combats d'esprit fameux maître d'escrime. Enseigne-moi, Molière, où tu trouves la rime, boil. Sat. ii. || 4° Par extension, lutte de forces contraires, physiques ou morales. Le combat des éléments. La fortune en tous lieux à l'homme est dangereuse; Quelque chemin qu'il tienne, il trouve des combats, malh. v, 2. Cette vie est un combat perpétuel, et la philosophie est le seul emplâtre qu'on puisse mettre sur les blessures qu'on reçoit de tous côtés, volt. Lcttr. Urne du
Deffant, 3 oct. (764 Sans rendre combat, tu
veux qu'on te surmonte, corn. Cid,v, 3. Je n'avais contre Attale aucun combat à rendre, id. Nicom. m, 4. Ce cœur si généreux rend si peu de combat, ID. Cinna, iv, 6. Lej combats qu'il a fallu rendre, BOss. Anne. Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus! rac. Mithr. ii, i. Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats, id. Phèd. i, 3. Où sont-ils ces combats que vous avez rendus? id. Iphig. iv, 4. Sa douleur a si peu de combats [U se livre si facilement à sa douleur] , malh. i, 4. ô rigoureux combat d'un coeur irrésolu! corn. Cinna, iv, 2. Mais en ce dur combat de colère et de flamme II déchire mon cœur sans partager mon âme, id. Ciii,iii, 3. Votre amour en tous deux fait ce combat d'esprits, ID. Cinna,
II, t. Que je sens de rudes combats, id. Cid, i, 9, Je n'ai plus de combat à faire contre moi, id. D. Sanche, V, <. Ce qu'on ne dit point qu'après de longs combats, mol. Uis. iv, 3. La vie chrétienne est toujours une vie de combat, mass. Panég. mnrt. Quand le sort à ta mince étoffe Livrerait de nouveaux combats, BÉRANG. ilabil. Napoléon ne se décide encore ni à rester ni à partir; vaincu dans ce combat d'opiniâtreté, il remet de jour en jour à avouer sa défaite, sêgur, Hist. de Nap. viii, ii. || 6» Louable émulation. Ce fut entre eux un couibat de générosité. Qui de civilités avec tous font combat, mol. Mis. I, 1. Il 6° Terme de féodalité. Combat de fief, con-
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testation entre deux seigneurs qui réclamaient In mouvance d'un même fief.
— REM. L'Académie dit : donner un combat; dea grammairiens ont condamné cette expression, mais sans fondement.
— HIST. XVI' S. Assister au combat de taureaux, MONT. I, 02. La douceur d'iceux vents et leur plaisant combat, EAP. Pant. V, 18. Qu'il ne laisse devenir à ma court, l'asseurant, s'il demande la jouste, qu'elle ne luy sera refusée; si le combat, encores moins, D. Flores de Grèce, f" cl, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. COMBATTRE.
t CO.MBATIVITÊ (kon-ba-ti-vi-té), s. /".Voy. COM-
BATTIVITFÎ.
t COMBATTABLE (kon-ba-ta-W) , adj. Qui peut être combattu.
— HIST. xui's. Et Gauvain le bien combatable, | la Rose, (9092. Il XV* s. Le mareschal et bon combatable, eust. desch. Kir. du mar.
— ÉTYM. Combattre. Dans l'ancien français combatable a le sens actif: qui combat.
COMBATTANT (kon-ba-tan) , *. m. jj !• Homme armé pour la guerre. Thébes pouvait faire sortir ensemble dix mille combattanls par chacune do ses portes, BOss. Ilisl. m, 3. Sous couleur de punir un injuste attentat. Des meilleurs combattants il affaiblit l'Etat. CORN. Cid, IV, 6. Il Champion. Nommons des combattants pour la cause commune; Que chaque peuple aux siens attache sa fortune, corn. Ilor. I, 3. Et croire que nous seuls armons ce combattant, CORN. Pomp. V, (.112° Soldat qui prend part à un combat. Le nombre des combattants était égal de part et d'autre. La déroute fut entière. Quoi que pût faire Artarpax, Psicarpax, Meridarpax, Qui, tout couverts de poussière. Soutinrent assez longtemps Les efforts dos combattants, la font. Fabl. IV, 6. Et le combat finit faute de combattants, corn. Cid, IV, 3. Une nuée de traits obscurcit l'air et couvrit tous les combattants, fén. Tél. xx. Allez, Vils combattants, inutiles soldats. Laissez là ces mousquets trop pesants pour vos bras. Bon., hp. iv. Il Les combattants, ceux qui, dans une armée, prennent part aux combats, par opposition aux non combattants, c'est-à-dire les officiers d'administration, les musiciens, les chirurgiens, etc. Napoléon, entré dans Moscou avec quatre-vingt-dix mille combattants et vingt mille malades, en sortaitavec plus de cent mille combattants, séour, Hist. de Napol. IX, (. Il Familièrement. Le bal, le jeu finit faute de combattants, faute de danseurs, de joueurs. || 3° Chacun des assistants et des tenants d'un tournoi. || 4° Par plaisanterie, combattant se dit de gens qui se battent à coups de poing; en ce sens il a un féminin, combattante. On fut d'avis de jeter deux eu trois seaux d'eau sur les combattants.
— HIST. XII" s. Vingt mile combatant , Ronc. p. 27. Sire, dit Guenes, Ogier li combatanz [le guerrier], ib. p. 3(. Près [il] trovera le fort roi combatant, ib. p. 122. Vingt mille sont, hardi et comi)atant, ID. p. 132. Il XVI» s. Chascun pouvoit assembler cent mille comb:ittiints, mont, i, 229.
— ÉTYM. Combattre. L'ancien français avait le substantif combalere, combateor, qui a subsisté j isque dans le x/i* siècle. Irrépréhensible, de bonne doctrine, non pas combateur ni avaricieux, calv. Instit. 870. Combattant ne remplace pas exactement comballeur : comme il n'est autre que le participe présent decumbaltrc, pris substantivement, ila le sens de celui qui combat actuellement, tandis que conbatteur, c'est celui qui a l'habitude ou qui fait le métier de combattre.
t COMBATTIVITÉ (kon-ba-ti-vi-té), s. f. Terme du système phrénologique qui exprime le penchant que les animaux et l'homme paraissent avoir pour le combat.
— ÉTYM. Combattre.
COMUATTRE (kon-ba-tr") , je combats, nous combattons; je combattis; je combattrai; que je combatte; que je combattisse: combattant; combattu, 1). o. Il 1° Se battre contre un ennemi, soit qu'on attaque, soit qu'on se défende. Combattre un adversaire. Combattre les bêtes féroces. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches; les premiers héros se signalèrent dans ces guerres, BOSs. Ilist. i, (. || Faire la guerre. Combattre les ennemis de son pays. || Dans le langage élevé ou poétique. Mon père.... plein du grand combat qu'il avait comb:iltu. En racontant sa vie enseignait la vertu, lam. llarm. m, 2. Bien: aimez vos amours et combattez vos guerres, v. hugo, Odes, II, 10. Cet emploi se justifie par l'exemple célèbre de Bossuet : Dormez votre sommeil, grands de la terre, le Tellier. \\ %° Fig. Combattre les préjugés. Combattre l'hérésie. Un scrupule continuel la
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combatdaiis cette juuissance, pasc. Cviir. des l'. Koliri^ue (l.nnsmoncœurcombatencor mon père, cobn. Cid,iii,3.Car enfin ce n'est ricnd'avoir à combattre l'indifl'érence ou les rigueurs d'une beauté qu'on aime, joh. Sicilien, 3. De cent peuples pour lui combattre larigueur, RAC. ^ndrom. i, 4. Me faudra-t-il combattre encor vos cruautés? m. ib. i, 4. C'est une ingratitude de combattre les intentions de son bienfaiteur, PATRU, Plaidoyer 3, dans richelet. Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes, et Louis combat ceuxlà plus que tous les autres. Boss. Marie -Thérèse. Il Conibatire la nature, lutter contre les obstacles qu'elle présente à l'bomme. 11 nous a fallu reprendre Corbie.... en une saison en laquelle, outre les hommes, nous avions encore le ciel à combattre, voit. I.ett. "4. Les chefs et Mortier lui-même, vaincus par l'incendie qu'ils combattaient depuis trente-six heures, y vinrent{au K remlinj tomber d'épuisement et de désespoir, sÉ0UR,//is(.dff iVopoLviii, 6. || Essayer de réfuter ou de détruire les opinions qu'un autre avance. Cet oraleur combattit le ministère. Aristote combat souvent Platon. Je tiens aussi difficile do combattre unouvrageque le public approuve, qued'en défendre un qu'il condamne, mol. Fdch. Préface. On voit que les pirands noms ne lui en imposaient pas; il combat quelquefois Morgagni en le respectant, et Haller en l'estimant, condorcet, liertin. || 3° Combattre un mal, une maladie, y opposer les moyens qui peuvent en procurer la guérison ou en arrêter les progrès. {| 4° V. n. Livrer combat. Â ce que je puis voir vous avez combattu. Prince, par intérêt plutôt que par vertu, corn. Aficoin. ii, 3. Je combattais, Seigneur, avec Montmorency, volt. Zaïre, II, 3. Mon Dieu, j'ai combattu soixante ans pour ta gloire, ID. ib. n, 3. Je suis l'un des guerriers qui sont venus de France Combattre parmi vous pour votre indépendance, masson, Ilelv.u. Deux taureaux combattaient à qui posséderait Une génisse avec l'empire, la font. Fabl. u, 4. Les Machabées étaient vaillants, et pourtant il est écrit qu'ils combattaient par leurs prières plus que par leurs armes, boss. Marie - Thérèse. \\ Par extension. Et comptez-vous pour rien Dieu qui combat pour nous? bac. Ath. I, 2. C'est ainsi que M. de Beaumont défend à Paris l'innocence des Sirven, après avoir si glorieusement combattu pour les Calas, volt. Lett. à M*", mars 1767. Il Lutter Pollux.... ne combattait pas mieux du ceste, fén. Tél. xvi. {| Fig. Être en état de lutte, faire des efforts. Pour ne la plus aimer j'ai cent fois combattu, rac. Bére'n. v, 7. Par elle [la tentation] sa vertu plus vivement éclate. Et l'on doute d'un cœur jusqu'à ce qu'il combatte, corn. Imit. i, 13. Il 6° Combattre contre, au propre et au figuré, lutter, engager, souterir la lutte. Il combattit contre les ennemis. Combattre contre les tentations. Combattre contre la faim. U essaye, il fait des efforts, il combat contre le danger, mass. Àvenl. Délai de la convers. \\ Dans le style élevé [lie] Bordée de rochers affreux contre lesquels la mer va follement combattre, fén. Tél. VIII. Il Combattre pour, concourir au succès au triomphe de. Les maladies qui désolèrent l'armée ennemie combattirent pour Louis XIV, VOLT. Louis XIV, 21. Il Combattre de civililé, de politesse avec quelqu'un, faire assaut de civilité. {| 6° Se combattre, V. réft. Se battre l'un contre l'autre; être opposé l'un à l'autre. Us se combattirent avec fureur. || Fig. Ces raisons se combattaient dans son esprit. L'auteur se combat lui-même, BOss. Somin. de la doctr.
— IIIST. XI' S. [Je] Puis m'en cumbatre [avec nos chevaliers] àCharle et à Franceis, Ch. de Roi. xlii. As.sez est mieux que [nous] moriops combatans, ib. cxiv. X cels d'Espaigne moût s'i est cumbatuz, ib. CL. S'il ne cumbat à celé gent hardie, ib. clxxxiv. Li emperere, s'il se cumbat odmei, ib. cuxxxviii. One [je] ne vi gent qui si fust cumbatant, ib. CCLVI. Il XII* s. Bien [tu] peus combatre au roi et as Franzois, Honc. p. 27. Et toute terre en [de mon épée] ai-je combatue, ib. p. t05. Là se combat chascuns pour garantir sa pel, Sax. ix. L'arcevesque Thomas pur els se conbateit, Th. le mart. 20. || xiii* s. Bien furent jusques à seize seur le mur, et se combatirent main à main de haches et d'espées, villeh. lxxvi. Et en cheval se comLatti Pompons de Rome contre Julius César, h. de valenc. xv. Pour combattre à vos ennemis avez passé une rivière à noue [à la nage], JOINV. 229. Il XV' s. Ainsi que ces garçons se combattoient à aucuns de ces Anglois, froiss. i, i, 3|. Et savoit bien [le roi d'Angleterre] que le roi de France le suivoit à tout son effort, et en grand volonté de lui combattre, ID. i, i, 278. llsnecuidoient mie que nul François osast se com'oattre conti-e un Anglois, ID. II, II, 69. Mais à pre^ent Dieu pour îoy se combat, cH. d'orl. Bail. 77. Et fut cette bataille
mCT. DK LA LANGUE FRANÇAISE.
fort combatue, comm. m, 7. Monseigneur qui aux Sarrazins se combatoil, lolis xi, A'our. xvi, Il xvi' s. Quiconque comi at les lois menace les plus gents de bien de.... mont, i, (65. Combattauls cette opinion contre f'ialon, id. u, 2&3. Ceste bataille fut si asprement combatue de part et d'autre, que.... AMVOT,rai).o. U s'en alla trouver Hannibal, non point en l'intention de le combattre, ains.... m. Fab. <i. Ils s'amusèrent à piller l'or et l'argent, se combattans à qui en auroit, id. Lucul. 31. Nous les frères puinez combaterons ensemble, Je dy Castor et moy, ou vous si bon vous semble, rons. 864. Et se combat furieusement do ceste corne , paré, Licorne, 13. Toute personne est tenue de combatre pour son pays, Rozier histor. i, 2.
— ÉTYM. Le latin cum, et battre ; provenç. eombaMre/espagn. combatir; ital. co»ifca»cre. Dans l'ancienne langue, combattre est un verbe neutre qui quelquefois, comme lo\is les verbes neutres d'alors, se conjugue avec le pronom réfléchi; ce n'est qu'à partir du xv' et du xvi' siècle qu'il devient actif.
COMBATTU, UE (kon-ba-tu, lue) , part. passé de combattre. L'ennemi combattu pied à pitd ne fit que peu de progrès. i| Fig. De mes plaisirs pas.-és mon jme est combattue, Régnier, Plainte. D'un soin cruel ma joie est ici combattue, rac. Iphig. ii, 2. Oreste vous adore, Mais de mille remords soncsprii combattu.... id. Andr. v, 2. Son cœur fut combattu |iar deux passions contraires, fén. Tél.xwii. Combatlus et flottanis pendnnt tout le cours de notre vie. j. J. Bouss. Ém. I. Et de quelques remords que je sois combattu, CRÉBli.L. Rhadam. m, 2. Arrête.... malheureuxl que je suis combattu! U est donc vrai que l'homme en proie à la misère Malgré lui vers le crime est souvent entraîné, gilb. Plaintes du malhexircux. Sachez que d'une fille on risque la vertu, Lorsque dans son hymen son goût est combattu, mol. Tart. u, 2. Les agitations d'un cœur combattu par la tendresse et le repentir, volt. Lett. Caillcau, 1 772.
I CO.MBE (kou-b'), s. f.\\l' Petite vallée, pli de terrain, lieu bas entouré decollines. Dans ces espèces de plaines au-dessus des montagnes, il se trouve des terrains enfoncés, des vallons secs et froids qu'on appelle des combes, buff. Exp. sur les vcgèl. 2* mém. Dans une combe, à vingt pas, j'aperçois une manufacture de bas, j. j. rouss. Promen. 7. Mais au fond d'un« combe ignorée et stérile Qui pourrait attirer les cupides soldats? mass. Helv. ii. Il 2° Terme d'art militaire. Esplanade peu étendue.
— IIIST. xii' s. h\ os chevauche par tertres et par combes, Garin le Loherain, t. i, p. 96. Si descendirent lis une basse comlie, ib. dans iiu cange, cumba. Li rois li çainst l'espée fort et dure; D'or fu li pons et toute la heudure, Et fu forgie en une combe oscure, R. de Camb'^ai, (9. Par les grans combes la poudrere lever, Roncitv. p. )09. Ne combe oscure qui tant soit ennublée, ih. p )67. ||xiv' s. [Ils] courent de toute part joiant [joyeux] à celle tombe, Qui estoit à l'iglise assise en une combe [crypte] , Girart de Ross. v. 62H. || xv' s. Icellui Carmen qui aloit en une combe ou valée pleine de bois, DO GANGE, cumbo. || XVI' S. En approchant de Bonne- Val, et prenant à droite le chemin qui tourne à Chartres, il trouve sortant d'une combe le nouveau gouverneur de Chartres, d'aub. Hisi. m, 472. Il s'embusque dans un hameau abandonné , à la couverture duquel et d'une combe qui y touchoit, il se tient clos et serré, ID. ib m, 389.
— ÉTYM. Bourguig. combe, comme, vallée étroite; provenç. et espagn. tomba ; piémont. conba ; pays de Côme, gomba; dialectes anglais, comi, un vallon. Mot d'origine incertaine. U se trouve déjà dans un texte latin du vir siècle comme nom géographique. U n'est pas non plus isolé dans les langues romanes : le provençal a comb, et l'espagnol combo, qui signifient courbé; et l'espagnol combar, courber. Du Cange y voit le latin cumba ou cymba, barque , par assimilation de la concavité d'une barque à celle d'un vallon. Diez, qui trouve cette assimilation difficile, propose concava , qui, ayant l'accent sur la première syllabe, a pu donner comba, l'a bref disparaissant, et conc'ta passant à cowa ou comba. On a mentionné le latin inusité cumbere (radical de in-cumbere) , être couché; mais cuinbcrc, outre le sens qui ne va pas de soi, n'a dans le roman aucune dérivation (voy. catacombes). On a proposé une origine celtique : bas-breton comb; kymri, cwm, vallée; à quoi Diez objecte que comb peut venir du français, et que, avec le gallois cwm, l'apparition du b dans les langues romanes fait difficulté; pourtant, jusqu'à plus ample informé, la dérivation celtique a le plus d'apparence.
CO.MBIEN (kon-biin) , adv. || 1° A quel point; dans
ce cas ciiinbien piécède d'onliiiaire li! vorbe. Combien il m'est pénible de vous parler ainsi! Vous voyez combien il vous aime. Combien tout ce qu'on dit est loin (le cequ'on pen.se! rac. lirit. v, I. Vois donc ciimbien c'est peu que la gloire ici-bas, a. de musset. Poésies nouv. Sonnet. || Cependant combien peut, dans le style élevé, aussi précéder immédiatement l'adjectif. Qui ne voit combien vaines, mais combien courtes et combien fragiles sont encore ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'hor: eur de la mort! Doss. le Tell. Tu sais combien terrible en ses soudain.» transports, De nos desseins souvent il rompt tous les res.sorts, rac. Esth. ii, i. || i' Quelle quantité, quel nombre; dans cet article, combien est, grammaticalement, un véritable substantif. Combien de livres y a-t-il dans cette bibliothèque? De combien d'hommes était-il suivi? X combien de personnes n'a-t-il pas rendu .service ? En combien de lieux trouve-t-on ce coquillage? Par combien de liens n'est-il pas retenu? Combien d'argent avezvous? Dites-moi combien de blé est produit par ce champ. Combien de gens s'imaginent qu'ils ont de l'expérience, par cela seul qu'ils ont vieilli! Vous verrez l'enchaînement des affaires humaines; et par là vous connaîtrez avec combien de réflexion et de prévoyance ellesdoivent être gouvernées, boss. ffist.
Dessein général Je sais tout ce que j'ai commis.
Et combien de devoirs en un jour j'ai trahis, volt. Zulime, iv, B. Combien de pleurs m'eût épargnés celte philosophie que vous traitez de grossière, baetdél. Anachars. ch. 79. Combien de projets a-t-il faits ou reformés! combien d'ouvertures a-t-il données! combien de services a-t-il rendus, dont il a dérobé la connaissance à ceux qui en ont ressenti les effets! KLficii. Lamoign. Combien à vos malheurs ai-je donné de larmes! rac Andr. i, l. Avec combien de joie on y trahit sa foi! in. Bril. v, i. Combien de rois, de princes, de héros nous a-t-il représentés? racine, Disc. Thom. Corn, ù combien lors aura de veuves La gent qui porte le turban! MALii. m, I. De combien de tragédies, Sans ton assuré secours. Étaient les trames ourdies Pour ensanglanter nos jours? id. ii, 2. Combien en as-tu vu (je dis des plus huppés) A souffler dans leurs doigts dans ma cour occupés! rac Plaid, i, 4 Combien en a-l-on vus Qui, du soir au matin, sont pauvres devenus Pour vouloir trop lôtêtre riches! la font. Fabl. v, I3. Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné. De combien ont rougi les champs de Macédoine, Combien en a versé .a défaite d'Antoine! corn. Cinna. iv, 2. || Absolument, combien se dit pour combien de gens. Combien se sont perdus par leur imprudence! Combien qui ont ia science et la piété, mais une piété sans expérience! fén. t. xvii, p. B43. {| Combien, se dit aussi absolument quand le sens supplée sans peine le substantif qui est sous-entei.du. Combien vaut cela? i combien vous revient cet habit? U y a je ne sais combien que j'enrage du peu de liberté que mon père me donne, mol. Mar. forcé, 4. Je songe avec respect de combien je suis née Au-dessous des grandeurs d'un si noble hyménée, rac. Mithr. iv, 4. De combien près la menace a-t-elle été suivie du coup! BOSS. Duch. d'Orléans. Car de combien peut-on retarder le voyage ? la font. Fab. \in. 1. 1| Combien que, loc. conjonct- Quelque prix que, quelque quantité que. Combien qu'on vous en demande, il faut l'acheter. Il Combien que, quoique, encore que, bien que. Et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, malh. v, 24. Et combien qu'il ne sente Rion que le ciel présente! la terre présente, Pen.se qu'en se voyant tout le monde l'a vu, ID. I, 4. Aussi combien qu'après la vie Son flmo, d'honneur assouvie. Possède ce bonheur entier, Qu'à ses vertus le ciel octroie, racan. Ode au rui. Cette locution a un peu vieilli; mais elle mérite d'être conservée. || Le combien, taux, prix non encore fixé. Il veut me vendre sa terre; mais le combien fait difficulté.
— liF.M. 1. Combien de larmes il a donnéesà cette perte; combien il a donné de larmes à cette perte. Lorsque le substantif joint à combien précède le verbe, le participe s'accorde avec le substantif; si, au contraire, ce substantif suit le verbe, le participe s'accorde avec le nom de quantité combien qui est du masculin et du singulier. |{ i. Le comliien du mois tenons-nous? le combien est-ce aujourd'hui, le combien es-tu dans ta classe? sont des phrases détestables, qui se disent souvent, mais qu'il faut écarter loin du bon langage. On dira quel jour du mois avons-nous? quel jour du mois est-ce aujourd'hui? quelle place as-tu dans ta classe?
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HI8T. XIII* S. Par les oscriz des projihetes mons-
terra il combien il aime ccle cité, Psautier, !' iOi. Combien que débonnaire soie, Se por lionlo ne le laissole, Ne me tendroie de vous batre, la Itose, 8657. Geste amor, combien que profite, N'a los, no blasme, ne mérite, ib. 6811I. Combien que liaient melTct, ne de quelque mcffet il soient pris, soient cler, soient lai, il y doivent avoir garant, beaum. XI 16, Il xiV s. Il verroient de combien doleur seroit plus hardie à recouvrer Iibert6 perdue que n'estoit convoiliseàmaintenirinjusleseignourie, iiEiicuEUHE, 1» 63, versQ. Combien que tu soies de jeune aago, toutesvoies de jour en jour t'assault la mort, llénagier, I, 0. Combien que les stoycicns dient que.... OBESME, Eth. 223. Nez [même] il ne lui cbaura combien on vende blé, Guesd. 19289. Endurer aventures Paciemment convient, combien que soient dures.... Complainte sur la bataille de Poitiers. Uibliot. des Chartes, 3- sirie, t. 11, p. 203. || xV s. Ceux là firent remparer la ville et fortifier malomont, combien qu'elle fust forte assez devant, fhoissaht, II, n, <. BellB, combien que de mon fait Je croy qu'avez peu souvenance, cii. d'oiil. Bail. 22. Combien que aucunefTois les saillyes soient bien nécessaires, si sont elles bien dangereuses pour ceuli de dedans une place, coMM. II, <*. Il XVI' s. L'odeur du vin, 0 combien est plus friant que d'huyle I rab. Garg. i, prol. Combien que la chose soit telle que, tant plus seroit remembrée, tant plus elle plairoit à vos seigneuries, ID. ib. i, i. Combien qu'il n'est ja besoin d'amasser passages pour prouver une chose si notoire, CALV. Instit. 320. Combien y en a-il d'entre eux qui face mesmcs semblant d'exécuter sa charge? id. 16. 876. Nous voyons de quelles et combien ameres reprehensions il use, id. ib. 877. J'avanceray mes journées le plus qu'il me sera possible, combien que je ne puis faire grant nombre de lieues, HABO. Lett. 43. Ce porteur vous dira combien de larmes de joye il a veu verser à ceste compaignie, id. W. 84. Plus je voys en avant, et plus je congnois combienje suis obligée à vous, id. 16. 12a. Ce qui n'a encores esté ofi'ert de nul serviteur, combien qu'il y en ait à qui il ne default que le bon vouloir, id. 16. (2). Voyez combien César se desploye largement Jinous faire entendre.... MONT, i, 57.11 leur demanda pour combien ils vouldroient.... id. i, lia. Là, sans faire autres aproches, on se mit sur le combien, et la place fut prise à coups de pistoles, je ne puis pas dire le prix, d'aub. Ilist. iii, i03.
— ÊTYM. Wallon, kiben; bourguig. combi ; de l'anc. franc, com, qui signifie comme, et bien, adv.
f COMBÎNABLK (kon-bi-na-bl'), ad]. Qui peut élro combiné.
— ÊTYM. Combiner; espagn. combinable.
COMlîINAISOIV (kon-bi-nè-zon), s. f. || 1» Assemblage de plusieurs choses deux par deux, trois par trois, ou, en général, nombre par nombre, dans un ordre déterminé. Faire des combinaisons de chiffres, de caries, de couleurs, de lettres. La mer et le continent semblent être dans une guerre éternelle ; chaque instant produit do nouvelles combinaisons, montesq. Lett. pers. <I3. || Terme d'algèbre. Produit qu'on peut former avec un nombre donné de lettres, chaque groupe différant des autres au moins par une des lettres qui y entrent. Il Terme de chimie. Union do plusieurs corps en un certain nombre de proportions, toutes déterminées et constantes, d'où résulte un composé possédant des propriétés diiférentes de celles do ses composants. L'azote et l'oxygène sont dans l'air atmosphérique en simple mélange, tandis' qu'ils sont en combinaison dans l'acide azotique. || 2° Mesure que l'on dispose en vue du succès d'une entreprise. Faire bien ses combinaisons. Les combinaisons de la politique. La combinaison réussit. Toutes les combinaisons que ce plan exige demandent beaucoup de temps, VOLT. Lett. d'Argental, I8 août (703. || Combinaison ministérielle, composition d'un ministère dans lequel on fait entrer des hommes politiques qui puissent agir d'accord. || Esprit de combinaison, aptitude à combiner les choses. Ceux qui ne peuvent atteindre à l'esprit de combinaison, vauven. 2^u jeu.
— iilST. xiv 3. Et une conjugacion ou combination qui est faite selon dyametre fait la retribucion calre selon proporcionalité , obesme , Elk. I60. H xvi- s. 11 y a une combination de masle et lemello aux choses végétatives, paré. Animaux, 21.
— ÊTYM. Lat. coin((iiia(io, de coiiibtnare, combiner; espagn. combinacion; liai, combinaiione.
+ COMBlN.vrKUK (lion-bi na-teur), s. m. \\ 1° Celui qui combine. Un Kcossais, grand joueur et grand eon,liinateur[Law],éUit venu en France dans les
derniers temps du feu roi, st-sim. 44i, (44. || 2° /Idj. Toutes les combinaisons s .t parties de l'Ctrc combinateur de toute éternité, volt. Dial.xxiw, 17.
— ÉTYM. Combiner; ital. combinalore.
t CO.MIlINATOinE (kon-bi-na-toi-r"), adj. Terme didactique. Oui a rapport aux combinaisons; qui les produit. Art combinatoire.
— ETV.M. Combiner.
COMUIA'É, ÉE (kon-bi-iié, née), part, passd. 1) 1° Objets combinés deux à deux. || Armée, flotte combinée, armée, flotte formée des forces réunies de deux ou plusieurs puissances. || Terme de chimie. Réuni par combinaison. L'oxygène et l'hydrogène combinés font l'eau. || Substantivement, un combiné, le produit d'une combinaison. || Dans la minéralogie, cristaux combinés, cristaux composés de plusieurs ordres de facettes. {| 2° Kig. Disposé pour un but, pour une réussite. Mesures bien combinées.
COiMBINER (kon-bi-né), V. a. \\ 1» Faire une combinaison. Combiner des cartes , des lettres, des chiffres. Combiner des idées. || Absolument. Ceux qui ont l'esprit assez net et l'imagination assez forte pour combiner sans géométrie et calculer sans algèbre, BL'FP. Homme, arithm. morale. \\ Terme de chimie. Unir, en proportions aeterminées, les substances qui ont de l'affinité. Combiner l'oxygène avec l'hydrogène. || 2° Kig. Disposer ses moyens en vue d'un résultat. Henri 111 combina l'assassinat du duc do Cuise. Il combina sa marche avec celle du premier corps d'armée. |{ 3° Se combiner , v. rcjl. Recevoir combinaison. Les quatre lettres a, b, c, d, se peuvent combiner de vingt-quatre manières différentes. Les vérités en se combinant se multiplient. Nos idées .se combinent de plusieurs manières. Le gaz oxygène se combine avec les métaux pour faire les oxydes. Cette opinion fait le malheur des hommes, lorsqu'elle se combina avec la religion, DERN. DE ST-p. Chaum. ind.
— IIIST. xiv S. Hz peuvent estre combinez ensemble, OBESME, thèse de meunier. || xv' s. Un petit pont si estroit que un seul homme h. cheval seroit assez ensonnié [embarrassé] de passer outre: deux hommes ne s'y pourroient combiner, fboiss.
— ÊTYM. Provenç. combinar ; du latin combinare, de ciim, avec, et bini, deu.x.
t CO.MBLAU ou COMBLEAU (kon-blô) , s. m. Nom, dans l'artillerie, de grosses cordes servant à traîner le canon. Quelques-uns disent comblan.
4. CO.MBLE (kon-bl'), s. m. \\ l°Ce qui tient audessus dos bords d'une mesure déjà pleine. Le comble d'un boisseau. || 2° Fig. Le dernier degré, le plus haut point. Cette ombre de pitié n'est qu'un comble d'envie; Vous m'avez envié le bonheur de ma vie, corn. Œdipe, m, 3. S'il ne m'obéit point, quel comble à mon ennui! m. Cid, 11, 3. La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces, bac. Baj.
II, 3. Sans doute, c'est pour moi le comble des malheurs, ID. llithr. II, 0. Que le trouble [dans une pièce de théâtre] , toujours croissant de scène en scène, X son comble arrivé se débrouille sans peine, BOIL. Art p. III. Lorsque les abominations de Sodomo furent montées à leur comble, mass. Carême, Imp. Les opinions s'élèvent peu à peu jusqu'au comble de la probabilité, pasc. J'roi'. i3. Elle nous mène jusqu'à la mort qui est un combleéternel, id. Vraibicn, i. C'était là le comble de ses souhaits, la bbcy. VI. Les vieux capitaines dont la réputation et l'expérience étaient au comble, fén. Télém. xv. Encore une parole, j'éiais au comble du bonheur, ID. ib. IX. L'iniquité vint à son comble, Boss. Ilist. u, 4. Les iniquités nétaient pas au comble où il les attendait, ID. ib. Il, 3. Sa gloire parut alors élevée au comble, id. Hist. 1, 9. Ses iniquités étaient montées jusqu'au dernier comble, ID. Bonté, 2. La mesure semble être au comble, id. Atert. 1. Ses plaisirs sont au comble, et n'ont rien de mortel, gilb. Le jugement dern. Le comble à cette vraisemblance éuiit que les marées sont plus hautes à la nouvelle et à la pleine lune, volt. Neict. m, )0. || Mettre le comble à quelque chose, en combler la mesure. Pour mettre le comble à leur malheur, fén. Tel XIV. Pour mettre le comble à sa félicité, iiamilt. Gramm. 7. || Pour comble de, pour dernier surcroît. Et demandons aux dieux, nos clignes souverains, Pour comble de bonheur l'amitié dos Romains, corn. Nicom. V, (0. Veu,\-tu qu'un médisant, pour comble à sa misère. L'accuse d'y souffrir l'assassin de son père? ID. Cid, m, t. Pour comble à sa noire aventure, id. Pomp. Il, 2 Pour comble d'ennui. Mou
cœur, mon lâche cœur s'intéresse pour lui, hac. Andr. v, (. Pour comble de gloire et de magnifi-
COjM
cence, m. Esth. 11, 6. Pour comble de malheur, 1p« dieux, toutes les nuits. Me venaient reprocher ma pitié sacrilège, jd. Iphig. i, i. La fortune pour comble de maux me l'a enlevé, fên. Tél. iv. || Absolument. Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison, uoiL. Sat. V.
— lilST. XV' S. Quiconque amènera poissons en panier à Paris, il convient que ses paniers soient emplis loyaument, ou à comble ou sans comble, Ord. des rois de h'r. t. 11, p. 3fi9. On ne trouveroit nul homme terrier à qui nostre seigneur donnast tant de grâces comme il te appreste : il te donna beaullé à comble; il te donna sens et discrétion à congnoistre le bien du mal, Loncelol du lac, t. m, f°78. Il XVI' s. Comment nous oserionf nous glorifier d'avoir adjousté quelque comble à la juste mesure, CALV. Instit. CI4. Sa libéralité vient jusrfues à ce comble, de ne rejetler pas nostre obéissance imparfaite, id. ib. 2.i'j. Ce que dessus suffira pour faire conoisi re que l'injuslicis aproche de son comble, langue. (3. Droit de mouture est que les meuniers doivent rendre du rès [mesure de grain rase ] le comble [mesure de farine comble], loysel, 282.
— ÉTYM. Provenç. comol; espagn. et ital. colmo; portug. cumula, etciJmoro, combro, tas déterre; du latin cumulus.
2. CO.MBLE (kon-bl'), adj. || 1" Qui est rempli jusque par-dessus le bord. Boisseau comble. || Fig. i»i mesure est comble, c'est-à-dire les choses sont arrivées à ce point iju'on ne peut plus les endurer. Voyant enfin la mesure comble, uoss. i, Pass. 3. Les temps étaient changés, la mesure était comble, volt. Mœurs, 128. || Par extension. La salle de spectacle était comble, elle était |ileine à ne pouvoir contenir personne de plus. || 2° Terme de vétérinaire. Pied comble, nom donné au sabot dont la sole porte seule à l'appui, dépassant, par cette convexité morbide, le bord plantaire do la muraille.
— IIIST. XII' s. Estre comble, Boncisv. p. 3. Il xm' s. De joie fu sa famé pleine. Quant el vit son seignor venir. Les pocins à son col tenir; Por comble se tient et por riche, lien. 17785. || xiv» s. Et regardez si le cheval a pies gras et combles, Uénagier, 11, 3. {| xV s. l'rinces, ceulx des citez sont grans. Bien aisicz, riches, combles, frins. Et de jour en jour s'enrichissent, E. descii. Poésies nus. f° 448, dans LACURNE. Ta grand richesse et tes combles trésors sont bien vains, lol'IS xi, }iouv. c. Il xvi* s. L'amitié en seroit plus pleine cl plus comble, MONT. !, 210. U en a sa brassée toute comble, il n'en peult saisirdavantage, 1». i, 35». Quand tous mescinq sens dénature seroient combles de liesse... ID. II, 2-52. Lesquels il fit encore couvrir de tcrn-, jusqu'à ce que la fosse fust comble , desper. Cent. XV.
— f.TYM. Comble t ; provenç. eomol; ital. colmo.
3. CO.MBLE {kon-bl'), s. in.]| l'Construction couronnant le sommet d'un édifice. Du temple tout à coup les combles s'entr'ouvrireiit, volt. OEdipe, iv, t. 11 n'est guère plus vain d'avoir paru à la tranchée que le couvreur d'avoir monté sur de hauts combles, LA BRuv. II. L'aigle déjà perché sur le comble des tours semblait dire : Ici je bâtirai mon aire, ciiateaub. Gaul, 204. Apprends à monter sur un comble, J. J. Rouss. Ém. m. L'homme est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement, bosï. la J'o/Zièrc. Il Terme d'architecture. Comble brisé, celui qui est disposé sur deux pentes, l'une inférieure fort roide, l'autre plus douce. || Terme de vannier. Intervalle entre les tètes d'un ouvrage. || Terme do blason. Le chef do l'écu lorsqu'il esldiminué. {[ 2° De fond en comble, loc. adv. Entièrement. La ville fut renversée de fond en comble, loss. Ilist. u, 8. Cette conduite de Gervaise n'allait pas à moins qu'à la chute d'un si merveilleux édifice [la frappe]; .M. de la Trappe le sentait, lui qui l'avait construit et soutenu de fond en comble, st-sim. ci, 22. || Ruiner quelqu'un de fond en comble. Ruiner un système, une doctrine, de fond en comble. || 3° Fig. Monter au comble, s'élever au plus haut point. Le mérite en repos s'endort dans la paresse; Mais par les envieux un génie excité Au comble do son art est mille fois monté, BCiL. Ép. vu. Qu'ils n'arrivent jamais au comble frivole de notre gloire, plutôt que de l'acheter au [irix des vices et des malheurs où elle nous a précipités, MASS. Louis le Grand. Il est au comble de ses vœux, bac. .4'idr. v, 2. Quand je vous élevais au comble de la gloire, m. Uitlir. iv, 4. Au comble des duuieurs tu m'as fait parvenir, id. ^liidr. v, 6.
— UEM. De même que comble l , qui vient de cumulus, et comble 3, qui vient de culmen, oui
COM
COM
influé l'un sur l'antre pour s'assimiler dans la forme, de munie on trouverait dans les emplois fignrés de comble * des exemples qui iraient aussi bien à comble 3; mais il a paru qu'il valait mieux laisser ensemble des locutions si voisines plutôt que de les disséminer, en suivant rigoureusement un principe étymologique. D'ailleurs on peut conserver dans l'esprit celte nuance-ci : quand on dit qu'un homme ou nn être personnifié arrive au coml)le de..., on doit cnlendro qu'il s'agit du faite; quand on dit qu'une cho.se est ti son comble, arrive à son comble, on doit entendre qu'il s'agit du surcroît que comporte une mesure.
— IIIST. xni"s. Et avoit nntrau el comble doseure, par quoi il reprendoit s'alainc, Clir. de Bains, p. 96. ||xiv« s. Une litière fist tantost aporterli. Et dessus la litière, sus le comlile, rouva A mètre sa baniore, si que on la verra, Baud. de Scb. ix, 40g. Il xV s. Ces engins jetoient nuit et jour pierres et mangonneaux à grand foison, qui enfondroient et abattoient les combles des tours, des chambres, des salles. Kiioiss. i, i, Ub. Messire Guillaume de Douglas, qui s'arme d'azur à comble d'argent, et dedans le comble trois estoiles de gueules, id. i, i, tes. Si tost que la nef fut approcliée des deux basteaulx, ung chevalier se mist au comble [tillac] de la nef, Perceforcst , t. vi, p. 4C, Caileir frappa premièrement le roy en la lumière du beaulme et lui abattit jus du chief; le roy le va atteindre siu- le comble de l'escu, ib. t. I, p. 25. Il XVI' s. Ce temple fut reedifié par Vespasien de fond en comble, amyot. Public. 28. La couverture est un seul comble rond, id. l'cricl. 29. L'office du censeur, qui esloit à Rome la cyme de dignité, et le comble d'honneur le i)lus hault où pouvoit atteindre un citoyen, id. Calon, 32. Tout i'exercite en armes luy dressa un comble de terre en forme de tombeau, id. Alex. 94. Lorsque le peuple athénien estoit au comble de sa pj-osperité, AMYOT, Péricl. el Fab. comp. t.
— ÉTYM. Espagn. cumbre; portug. cuvie ; liai, coimo; pays de Coire, culm, montagne; du latin culmen, faite.
CO.MIîLÉ.ÉE (kon-blé, blée), par/, possf/. || 1° Rempli ju.squB par-dessus le bord. Un boisseau comblé. 'I 2° Rem[ili. Un fossé comblé avec des gravats. Los tranchées comblées de morts. Quand un carros-se fait de superbe manière. Et comblé de laquais et devant et derrière, mol. l-'dcltciix, l, <• || 3" Fig. Il est comblé d'honneurs. Je partage les maux dont je !a vois comblée, corn. Serior. iv, 3. Comblé de douleur amère, sÉv. 4i2. Ainsi pour vous venger tant de rois assemblés. D'un opprobre éternel retourneront comblés, RAC. Iphig. i, 2. || Absolument, très-satisfait. Vous êtes trop boruie, j'en suis comblée, SÉV. 71. M. d'Arrouy est comblé de vos honnêtetés, ID. 73. Ce bon homme en paraît l'ime toute comblée, corn. /). San. v, 6. W. de Bicvre se promenait à la campagne avec un trè.s-gros homme qui s'arrêta au bord d'un fo.ssé et dit : Je le sauterais bien, mais je pourrais tomber dedans. — Ah! mojisieur, repartit de IJièvre, il serait comblé de vous recevoir, Bicvriana, p. os.
COJl ELEMENT (kon-ble-man), s. m. Action de combler un creux, un vide. Le comblement d'un puits. Il En termes de géologie, terrain de comblement, terrain formé par des matières qui ont rempli un' vide.
CO.MliLEU (kon-blé), V. a. || 1° Remplir une mesure, un vaisseau jusque par-dessus le bord. Combler un boisseau. || Fig. Combler la mesure, commettre une dernière action qui rende toute patience, toute indulgence impossible. Mes crimes désormais ont comblé la mesure, rac. Phèd. iv, o. || Fig. Ou plutôt il fallait, comblant ta perfidie. Lui ravir tout d'un coup la parole et la vie.RAC. i'/ié(i. iv, 2. Quand le ciel en colère De ceux qu'il persécute a comblé la misère, voi.t. Orphel. v, t. Ses prédécesseurs avaient commencé la ruine desmceurs; il la comble, DinF.R. Ess. sur Claude. || 2° Rem|ilir un creux ou un vide. Combler un fossé, l'rends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit; Comble-moi cette ornière.... la FONT, l'abl. VI, <8. Il Par extension. Cette ligne, fournie par les manuscrits, comble une lacune dans le texte. Il Combler un déficit, fournir l'argent qui manque dans une caisse. ||Fig. Combler les vœux, les désirs, lessouliaitsdequelcpi'un, lui procurer tout ce qu'il souhaite. || 3° Faire avoir en surabondance. J'étais lasse d'un trône où d'éternels mallieurs Me comblaient chaque jour de nouvelles douleurs, corn. Rcdog. II, 3. Qu'il comble d'épouvante et Grenade et Tolèd'^, ID. Cid, iv, 3. Puisse d'un prompt succès votre grande entreprise Combler vos ennemis d'un mortel désespoir, id. Uédée, iv, G. Ce choix pouvait
combler trois familles do gloire, corn. Ilor. i, 2. Cette déesse qui nous comble de biens, fén. Tél.l. Il nous combla de présents, ID. ib. i. Vous me comblez de joie en m'apprcnant que les stoïciens subsistent encore, fonten. Scnèijue et Scarron. Cet hommage rendu ji l'Académie par un savant illustre que l'Europe avait comblé de titres littéraires, honore à la foiscetti; compagnie et la nation, condorciît, Linnd. Il 4° Elliptiquement. Combler quehju'un, le satisfaire entièrement. Vous me coml)lez. Entre ces tilleuls sans feuillage. Nous regarder comblait nos jours, BiîRANG. Maudit printemps. \\ 5° Se combler, V. r(fl. Être comblé. On a vu plusieurs vallées se combler par des éboulements.
— IllST. XII' s. Por de besans pleine mine comblée Ne vous voudroie.... cuill. d'orange. Variantes, t. Il, p. 294. Il xiv s. Et de draps y avoit mainte pile empilée, Et de lange et de linge mainte huche comblée, Guescl. 2039,s. Et en l'un des bachins pûmes [pommes] je meteroie. Et l'autre par dechà de florinscomlileroie, Baud. de Seb. i, t037. Les gens de guerre avoient rompu et comblé en partie ung puis qui estoit en la maison, du cange, abosalio. || xv's. Le cheval n'estoit mye frais; car il avoit erré grant journée ; et il se combla des pieds de devant et cheut on une crevace moult grande, et le chevalier tomba de.ssoiibz, Lancelot du lac, t. I, f' 43. || xvi' s. La mer comblant de limon et de sable les fosses d'entre deux, MONT. I, 231. Combler un bras de mer, amyot, Thémisl. 31. Je vous conseille de combler ici vos victoires, et de pendre vostre espée au croc, d'aub. llist. II, 483. Celuy est bien mon oncle qui le ventre me comble, cotgrave.
— ÉTYM'. Provenç. cumular; espagn. calmar ; ital. colmare, citmulare; du latin cumulare, combler. Dans l'exemple de Lancelot du lac, se combler veut dire chopper, et vient du bas latin colmus, embarras dans un chemin, qui se trouve dans encombrer (en-combr-er), et qui vient de cumulus { voy. COMBLE 1).
COMBLKtE (kon-blè-f) , s. f. Terme de vénerie. Fente du pied du cerf.
— lllST. xvi° s. Comblette, cotgrave.
— ÉTYM. Coniblcte paraît venir du mot combe, enfoncement, vallée, et signifier un petit enfoncement. On a, dans le provençal, comben\ent , enfoncement, cavité.
f COMBOCRGEOIS, EOISE (kon-bour-joî, joî-z") , s. m.elf. Celui, celle qui est de la même ville qu'une autre personne, qui a le droit de bourgeoisie dans la même ville ; s'est dit particulièrement dans la Suisse.
— IIIST. xvi" s. Il ne laissa pas de vouloir reschauiïer les cœurs à garder le chasteau, plus pour espérance de s'en prévaloir avec ses combourgeois, que pour opinion qu'il eust de tenir la place , d'al'B. llist. II, 278. Ceste science ou autrement ceste foy vous enseigne et certifie que vous estes combourgeois des cic'.ix et que par Jésus Chri.<^t vous avez esté arraché des pattes du grand Pharao qui est le diable, lanou:;, p. t83, dans lacurne.
— r.TYM. Lat. ciim, avec, et bourgeois.
t COllBOURGEOlSIE (kon-bour-joi-zie), s. f. Anciennement et particulièrement en ."^uisse, qualité de combourgeois.
— IIIST. xvi's. Pour la religion que les dits de Berne ont mise au plus [ ont fait prévaloir 1 dans un bailliage qu'ils ont en commun avec ceux de Fribourg; ce qu'ils prétendent leur estre permis par leur combourgeoisie, villeroy, Jliém. t. vi, p. 37, dans lacurne.
— Rty.M. Combourgeois.
COMIiRlÈUE (kon-bri-è-r') , î. f. Terme de pêche. Filet à prendre les gros pois.sons, et, en particulier, les thons.
— ÈTYM. Mot qui vient sans doute, à cause de la forme du filet, d'un radical comb : provenç. comb, courbe; espagn. combar , courber, cambrer (voy. combe).
COMI3UGI5, ÉE (kon-bu-jé, jée) , part, passé. Futailles combugées.
CGMISDGEH (kon-bu-jé ; le g prend un e devant a ou o; combugeant, combugeons), v. a. Imbiber d'eau une futaille, pour la mettre à l'épreuve.
— iVrVM. Peut-être com, et buée, lessive.
t CO.MliURANT, ANTE (kon-bu-ran, ran-t'), adj. Terme de chimie. Principe comburant, tout corps qui, en se combinant avec un autre corps, donne heu i\ la combustion de ce dernier. Lavoisier avait donné k l'oxygène le nom de comburant par excellence. Il S. m. Le soufre, le chlore, l'iode, ayant la propriété de se combiner à certains corps avec dégagement de calorique et de lumière, sont des comburants.
— iilST. x' S. Delir e tota la civitate combunr. Fragm. de Val. p. 4C9.
— ÉTYM. Provenç. comhurir ; du latin comburere.. de cum, et burere, briller, radical inusité d'où vient bustum, bûcher. Au reste comparez usnoN.
t CCMBUSTIBILITE ( kon-bu-sli-bili-té) , s. f. Propriété dos corps combustibles. || Combustibilité du tabac, faculté que les tabacs po.ssèdent, à des degrés très-variés, de demeurer en ignilion pendant un certain temps après chaque aspiration du fumeur.
— f.TYM. Combustible.
CO.^IIiUSTIBLH (kon-bu-sti-W), adj. ||1° Qui a la propriété de brûler au feu. Matière combustible. Comme si c'était un feu spirituel, ou que l'ime, toute spirituelle qu'elle est, devint, ainsi que le corps, un sujet sensible et combustible, bourdal. Pensées, t. m, p. 67. Le feu s'assimile et se rend propres toutes les choses combustibles, buff. Animaux, iifprod. Il S. m. Toute matière dont on fait ordinairement du feu, comme le bois, la houille. Cette province manque de combustible. || En termes de géologie, les combustibles, roches comprenant le? débris de matières organiques végétales. || 2" Terme de chimie. Corps combustible, tout corps susceptible de se combiner avec un principe comburant, tel que l'oxygène , en dégageant du calorique. Il 3° Fig. Qui s'enfiamme facilement. Ayant le malheur de se sentir un tempérament combustible, j. J. nOL'Ss. Ém. v. La nature en naissant vous fit l'âme sensible. — Le soufre préparé n'est pas plus combustible, regnard, Démocr. ii, 7.
— lllST. xvi' s. Comme nous voyons que le feu s'esteint , cessant sa matière combustible, paré, IX, t5.
— RTYM. Voy. COMBUSTION.
COMBUSTIO.V (kon-bu-sti-on),s. f. \\ 1° État d^un corps qui se dissipe en produisant de la chaleur et de la lumière. || Action de brûler entièrement. La combustion des morts était en usage chez les anciens. Il Incendie. C'était l'instant où ces flammes furieuses étaient dardées de toutes parts et avec le plus de violence sur le Kremlin; car le vent, sans doute attiré par cette grande combustion, augmentait h chaque instant d'impétuosité, séGur , Mist. de Napol. viii, 6. || 2° Terme de chimie. Combinaison de deux ou jilusieurs corps qoi s'accomplit avec dégagement de calorique et de lumière. || Combinaison sans dégagement de lumière et avec un dégagement de calorique qui n'est pas apparent. En ce sens, la rouille est le produit de la combustion du fer; mais on dit plutôt oxydation. Il 3° Fig. Désordre et elTervescence. Frédégbnde avait mis toute la France en combustion, boss. Uisl. i, \\. Étrange succès d'une dispute qui avait mis en combustion tout l'univers, montesq. llom. *f>. Cette maxime en fit tant naître [de calomnies] en peu de jours et tant de médisances et tant de faux rappprts que cela mit toule la cour en combxstion, pasc. Prov. t6. Les soldats grecs que le roi avait disposés par colonies autour de Bactres, entrèrent en combustion les uns contre les autres, valg. Q. C. 620. Quoi qu'il en soit, cet altercas Mit en combustion la salle et la cuisine, la font. Fabl. xii, 8. C'est là une doctrine capable de bouleverser tout le monde et de mettre l'univers en combustion, d'ablancourt, Lucien, dans leroux, Dict. comique. Il fait plus de bruit que quatre autres et met tout en combustion, la bruy. xii. Jean Jacques, que vous avez si bien réfuté, met tout en combustion dans sa petite république, VOLT. Lelt. de Bordes, 4 janv. (705.
— HIST. XIV" s. X Hais [il] ne trova riens fors que destruction Des gen; murtris à glaive et grant combustion , Girart de Ross. v. 4339. |1 xvi' s. Les consulz, voyans le peuple mutiné accourir de loujes parts en la place, eurent peur que toute la ville n'en tumbast en combustion, amvot. Cor. 24. Il conseilla à Ciceron, lequel estoit desja poursuivy par Clodius, qu'il n'ontrast point en combustion avec luy, ID. C. d'Uliq. 4G. Il m'interrogua comme on traitoit les coups d'harquebuse et les 6ombust:ons faites par la poudre à canon, paré, ix, (•' dise.' Es combustions les doigts se joignent ense'mble, ID. XII, 6. Avoir mis toute la France en trouble et en combustion, condé , iicmoircs, p. ii58. Elles [tes femmes] preuvent plus tost par là qu'elles ne les aiment que morts [leurs maris); la vie est pleine de combustion; le trespas d'amour et de courtoisie, MONT, m , 177. Si faut-il qu'ils [les habitants de Nismes] avisent qu'il y a des menées secrettes pour les disjoindre et mettre en combustion avec ceux de Montpellier, froumenteau, Finances, m' liv. p. 172,
— ËTYll. Provenç. eonibusdo; esj^vign. combustion;
COM
ita). eombustione; du latin eombustionem (voy. comburant ).
+ COMK (ko-m'), s. m. Synonyme de comité.
— ÊTYM. Voy. COMITE, dont corne est une forme plus régulière.
t COMfiDUTECR (ko-mé-di-a-teur) , s. m. Celui qui est médiateur dans une affaire de concert avec une ou plusieurs personnes.
— ÉTYM. Co, et médiateur.
COMÊDIB (ko-mé-die), s. f. || 1° Pi'jce de théAire qui est la représentation, en action, des caractères et des mœurs des hommes, et d'incidents ridicules, plaisants ou intéressants. Voici une comédie dont on a fait beaucoup do bruit, qui a été longtemps persécutée; et les gens qu'elle joue ont bien fait voir qu'ils étaient plus puissants en Franc; que tous ceux que j'ai joués jusqu'ici, mol. Tari. Pn'f. Je dis que le grand art est de plaire et que, cette comédie ayant plu à ceux pour qui elle est faite, je trouve que c'est assez pour elle, et qu'elle doit peu se soucier du reste, MOL. Critique, 7. Moquolis-nous de cette chicane où ils veule.il a.ssujettir le goût du public, et ne consultons dans une comédie que l'effet qu'elle fait sur nous, ID. ib. 1. Il est très-assuré, sire, qu'il ne faut plus que je songe à faire des comédies, si les tartuffes ont l'avantage; qu'ils prendront droit par là de me persécuter plus que jamais, et voudront trouver à redire aux choses les plus innocentes qui pourront sortir de ma plume, mol. Tart. 2' placet. Il Personnage de comédie, personnage qui n'a que l'apparence de l'autorité, du crédit. Je doutais qu'il put être une âme assez hardie Pour ériger Carlos en roi de comédie, corn. D. San. iv, 2. || 2° Chez les Grecs, la comédie ancienne, celle où l'on mettait sur la .scène les citoyens mêmes d'Athènes avec leurs noms; la comédie moyenne, celle où on les y mettait sans les nommer; la comédie nouvelle, celle où l'on ne mit pi us que des personnages d'imagination. Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la comédie antique, boil. ^r( p. ii;. Le théâtre perdit son antique fureur; La comédie apprit à rire sans aigreur, ID. l'b. || Comédie latine, celle que les Romains imitèrent de la comédie grecque, et surtout de la comédie nouvelle. Ils distinguaient la comédie palliala, où les personnages étaient grecs, ou revêtus du pailiura; la comédie togata, où ils étaient revêtus de la toge, c'est-à-dire romains; la comédie pr.rlcimw, où les personnages étaient romains, mais des hautes familles; et la comédie laliernaria, où l'on faisait agir et parler les habituésdes tavernes. || Comédie française, la comédie illustrée par Molière, Regnard et leurs successeurs, produit d'un art beaucoup plus développé. || Comédie historique, celle où un trait d'histoire, un événement historique est représenté. || Comédie héroïque, celle où les personnage» appartiennent à un ordre supérieur, rois, princes, etc. Tel est le Don Sanched Aragon de Corneille. || Comédie pastorale, celle dont l'action se passe entra des bergers. || Comédie de ballet, comédie mêlée de ballets. || Comédie de genre, comédie comparée aux tableaux de genre et où l'on représente quelque scène d'intérieur. || Comédie féerie, celle où l'on fait intervenir des fées, des génies, des enchanteurs et autres personnages de ce genre, et qui permet, au moyen de machines, d'exécuter des changements à vue de décors ou de costumes. On l'appelait autrefois comédie à machines. Il Comédie à couplets ou à ariettes, ou mêlée de couplets, c'est ce qu'on appelle plus souvent comédie-vaudeville, ou, par abréviation, vaudeville; c'est une comédie dans laquelle on intercale des couplets, uni((uement à cause de l'agrément du olicitit. Il Comédie italienne ; c'est au fond la même chose que nos anciennes soties : c'est la représentation d'une action qui se passe entre des personnages de convention qui représentent par une sorte d'assimilation comprise de tout le monde les membres de la société réelle. Ces personnages sont surtout le père Cassandre, vieux bourgeois ou maître de maison ridicule et trompé; Colombine ou Isabelle, sa fille; Arlequin, l'amoureux de Colombine; Paillasse, le valet fainéant et gourmand; Cilles, le beau Léandre, le fat ou le pelit-maltre ridicule, etc. Il Comédie de caractère, celle qui a pour objet le dévetoppemenl d'un caractère. Comédie de mœurs, celle qui offre la peinture des mœurs. Comédie d'intrigue, oelle qui, par la multiplicité des inciaents, a pour but d'intéresser et d'amuser. Comédie anecdfitique, celle dont le fond est une anecdote. Comédie épisodique, plus souvent nommée comédie à tiroirs, cella dont les scènes ont peu de liaison entre elle*. Il Comédi« larmoyante, ceUe où, pour intéresser le •p«cUleiT, on cherche les situations touchantes et
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tristes, comme dans Mélanide de La Chaussée. La comédie larmoyante était fort estimée dans le siècle dernier. La comédie larmoyante qui, à la honte de la nation, a succédé au seul vrai genre comique, porté à sa perfection par l'inimitable Molière, volt. /,(•((. Somarokof, 26 février <70». || La haute comédie, celle qui se propose particulièrement la peinture des mœurs et des caractères et qui n'emploie que des personnages delà meilleure compagnie, comme le Misanthrope. || Kigurément. Ceci est d» la haute comédie, se dit de quelque tromperie, de quelque dissimulation bien menée ou très-effrontée. || 3° Représentation d'une pièce. 11 joue très-bien la comédie. Kl j'ai maudit cent fois celte innocente envie. Qui m'a pris, à dîner, de voir la comédie, mol. Fdch. i, I. Ainsi, quand Richelieu revenait de Mahon, Partout sur son passage il eut la comédie, volt. Les trois manières. || 4° Théâtre, lieu où jouent les comédiens. Il est allé à la comédie voir le Cinna de Corneille, le Tartuffe de Molière. La duche.sse était à la comédie avec sa sœur, hamilt. Gramm. <0. Il Comédie-Française, le Théâtre-Français à Paris. Je neconnaispasMIleDubois; je ne savais pas môme quelle sorte d'emploi elle avait à la Comédie, volt. Letl. Richelieu, lo mars, t7a7. || Portier decoméilie, s'est dit autrefois do celui qui se tenait à la porte du théâtre pour recevoir l'argent. || Fig. Celui qui n'ouvre pas la porte sans se faire payer. J'étais un franc portier de comédie, rac. Plaid, i, ). || 5° La troupe des comédiens d'un même théâtre. Toute la comédie paraît dans la cérémonie du Malade imaginaire. Il 6° L'art de composer des comédies. La comédie a été portée par Molière à ure très-grande perfection. Que la comédie était, comme beaucoup d'autres chose.s, fort on décadence, VOLT. Letl. d'Argental, 4 janvier (767. Aussi, madame, n'ai-je rien dit qui aille à vous; et mes paroles, comme les satires de la comédie, demeurent dans la thèse générale, MOL. Crid'quc, 7. La tragédie, sans doute, est quelque chose de beau quand elle est bien touchée; mais la comédie a ses charmes, et je tiens que l'une n'est pas mwns difficile que l'autre, m. ib. 7. Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, mol Tart. t" piaccl au roi. Je ne puis pas nier qu'il n'y ait eu des Pères de l'Église qui ont condamné la comédie; mais on ne peut pas me mer aussi qu'il n'y en ait eu quelques-uns qui l'ont traitée un peu plus doucement, m. Tart. l'réf. Si l'emploi de la comédie est de corriger les vices, je ne vois pas par quelle raison il y en aura de privilégiés, m. Tari. Préface. Il ne serait pas difficile de leurfaire voir que la comédie, chez les anciens, a pris son origine dô la religion et faisait partie de leurs mystères; que les Espagnols nos voisins ne célèbrent guère de fête où la comédie ne soit mêlée; et que, même parmi nous, elle doit sa naissance aux soins d'une confrérie à qui appartient encore aujourd'hui l'hôtel de Bourgogne, in. ib. L'aimable comédie, avec lui [à la mort de Molière] terrassée. En vain d'un coup si rude espéra revenir. Et sur ses brodequins ne put plus se tenir, BOiL. Ep. vit. Il 7° Fait qui excite le rire. C'était une vraie comédie de voir la dispute de ces deux hommes. jl Donner la comédie, faire ou dire des choses qui sont comme une comédie pour ceux qui les voient ou les entendent. Je vous dirai tout franc que cette maladie. Partout où vous allez, donne la comédie, mol. Ilis.i, t. Il disait au parterre; ris donc, parterre; ce fut une seconde comédie que le chagrin de notre ami, il la donna en galant homme à toute l'assemblée, mol. Critique, 6. || Donner la comédie au public, tenir une conduite scandaleuse qui attire l'attention. Il 8» Feinte. Se donner dans l'église la comidiedeson propreenterreroent, volt. Mœurs, (26. Le cœur se donne la coménie en lui-même, boss. Parole de Dieu, 3. Ohl que, pour 'a punir de cette comédie, Ne lui vois-je une viaie et longue maladie! BOIL. Sat. X. Il Jouer la comédie, affecter dos sentiments qu'on n'a pas. Je ne crois point qu'ils puissent jouer longtemps la comédie, sÉv. 683. Cela nous fit voir qu'on joue longtemps la comédie, in. 149. Il 9° La Divine-Comédie, titre du poëme dans lequel Dante a décrit l'enfer, le purgatoire et le paradis. Il Proverbes. C'est le secret de la comédie, c'est-à-dire cela est su de tout le monde, comme les secrets des personnes de la comédie qui sont sus du public. Cela [les réunions chez Monseigneur] ne dura pas longtemps sans devec'.r le secret de la comédie, ST-SIM. 173, 6ï.
— HIST. xiv* s. Et ce peut assez apparoir par les comédies des anciens et pur celles que l'en fait à présent, ORKSME, Eth. <39. Il xvi* S. En ces comédies, il y a plusieurs paroles dites de luy, les unes à bon
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escient, les autres en jeu et avec risée, amtot, Péricl. 13.
— ÉTYM. Provenç et e.spagn. comedia; itaL eommedia; du latin ciimcedia; de %o[Uf<,ii, de x/ôvio; (voy. comique), et(j>ôi?i, chant (voy. ode).
CO.MÉDIEN,IENNE (ko-mé-diin, diè-n') ,s. m. et f. Il l°Celui, celle dont la profession est de jouer la comédie sur un théâtre. Un misérable libraire de Pari» a imprimé mes pièces de la façon détestable dont les comédiens les jouent, volt. Leit. d'Argental, t9 àéc. (705. Je conclus donc qu'il faut faire imprimer sa drogue; ensuite les comédiens donnent notre orviétan sur leur échafaud, s'ils le veulent, m. Leit. Chabanon, 22 déc. (7C6. C'est en quoi vous faites mieux voir que vous êtesuneexcellente comédienne, de bien représenter un personnage qui est si contraire à vot.-c humeur, mol. Impromptu, t. J'avais songé une comédie où il y aurait eu un poète qui serait venu pour offrir une pièce à une troupe de comédiens nouvellement arrivés de campagne, ID. ib. l. Si j'étais à la place de vous autres comédiens, j'aimerais mieux tirer la langue d'un pied de long que de représenter de pareilles sottises, regnard, Cril. du Lég. 1. Il Les comédiens français, les comédiens du Théâtre-Français. || Les comédinns ordinaires de S. M., les comédiens du Théâtre-Français. || Comédiens de campagne, ou ambulants, comédiens qui vont de ville en ville donner des représentations. Il 2° Fig. Celui , celle qui feint des sentiments qu'il, qu'elle n'a pas. Quelque grand comédien qu'il fût [le duc de Gesvres], il ne put cacher sa rage, st-sim. 36, (66. Quand la meurtrière de Marie Stuart parlait de la crainte de Dieu, celle reine faisait la comédienne, VOLT. Mœurs, l M. Avec son ton radouci, sa face minaudière, je le crois un grand comédien, LESAGE, Turciir. 1, t.||3°yldj. Feint, affecté. 11 faut empêcher les enfants de contrefaire les gens ridicules; car ces manières moqueuses et comédienne.s ont quelque chose de bas et de contraire aux sentiments honnêtes, fén. xvii, is.
— ÉTYM. Comédie; espagn. comediante; ital. commedianle.
t COMÉDON (ko-mé-don), s. m. Terme de médecine. Nom de petits cylindres vermiformes qu'on fait sortir de la peau du nez, de celle des joues et du front, et qui proviennent des follicules pileux.
— ÉTYM. Lat. comedo, mangeur, parce qu'on croyait qu'il y avait érosion.
t COME PRIMA (ko-mé prima), COME SOPRA (ko-mé so-pra), loc. adv. Termes de musique. Comme ci -dessus; ce qui indique qu'on doit répéter un passage qu'on a déjà vu.
— ÉTYM. liai, corne, comme, et prtma, première (voy. premier), sous-entendu tolla, fois, ou conte, comme, sopra, ci dessus (voy. sua, prép.).
t COMESTIBILITÉ (ko-mè-sti-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui e.st comestible.
— ÉTYM. Comestible.
CO.MESTIBLE (ko-mè-sti-bl'), arf;. Hl-Qui peut être mangé ; qu i est bon à manger. Les chanïpignons et les mousses, dont quelques espèces sont comestibles, BERN. nE sT-p. Ilarm. i. Tabt. gdnér. Je rencontrais toujours quelque plante comestible qui avait survécu à la ruine des cultivateurs, ID. Ch. lud. \\ 2° S. m. Un bon comestible. Une boutique de comestibles.
— HIST. XVI* s. Comestible, nicot.
— ÉTYM. Espagn. comestible; ital. commettibilc . du latin comestibilis , de cum, avec, et et, radical du verbe edcre, esse, manger.
t CO.MÉTAIRE (ko-mé-tê-r"), adj. Qui a rapport aux comètes. Les hypothèses cométaires. Densité cométaire, densité des comètes. La matière amenée à l'état de densité cométaire. Quelques astronomes prétondent que les noyaux cométaires, ceux-là même qui, par la vivacité de leur lumière, ressemblent le plus aux planètes, jouissent d'une •jomplète diaphanéité; que les comètes, en un mot, sont de simples amas de vapeurs, arago. Annuaire, (832, det comètes, p. 220.
— ÉTYM. Comète.
CO.MÈTE (ko-mè-f), j. f. Terme d'aslronomie. Il l'Astre qui porte une chevelure lumineuse, qui est constitué par une matière excessivement rare et qui décrit autour du soleil des orbes extrêmement allongés. Les comètes, que l'on a regardées pendant longtemps comme des météores, sont des astres semblables aux planètes : leurs mouvements, leurs retours sont réglés s-iivant les mêmes lois que les mouvements planétaires, lapl. Ezp. n, 6. Le sentiment de ceux qui croient les comètes des corps éternels, aussi bien que les planètes, avait élé attaqué par M. Montanari, sur ce fondemtnt que celle dernière comète, qui avait disparu à la fin de
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février 4681 , n'était point alors assoï éloignée de I» terre pour disparaître par son éloignement seul et qu'il devait y avoir eu, par conséquent, quelque dissolution physique, fonten. Gugliclmini. Il conclut que les comètes sont des corps éternels et que leurs retours peuvent être prédits, ce qui est aussi la pensée de M. Cassini, m. Bernoulli. Je suis trèspersuadé qu'aucune comète no peut prendre aucune planète en flanc, volt. Letl. DionU du Séjimr, 18 janv. 1775. Tout Paris, en dernier lieu, était en alarmes; il s'était persuadé qu'une comète viendrait dissoudre notre globe le 20 ou 2t de mai, volt. Letl. Hamilton, (7 juin 1773. Dès qu'une comète a été observée trois fois avec exactitude, on calcule ses éléments paraboliques, et l'on s'empresse de rechercher si, dans le catalogue où de tout temps ces éléments sont inscrits et qui s'appelle le catalogue des comètes, il en est d'à peu prî;s semblables à ceux qu'on vient de trouver, arago, Annuaire, (833, des comètes, p. 172. |{ Vin de la comète, vin recueilli dans l'année tau, célèbre par l'apparition d'une très-belle comète, par la chaleur de l'été et de l'automne , et par l'excellence de ses vins. Il 2° Terme d'artifice. Fusée à queue lumineuse. Il 3° Sorte de ruban étroit qui a beaucoup d'apprêt. Il 4° Terme de biason. Étoile à huit rayons, qu'on peint avec une queue flamboyante. || 6" Jeu de cartes qui se joue avec deux jeux de cartes, dont on ôte les as; l'un des deux jeux est de couleur noire, l'autre de couleur rouge; il y avait une des cartes sur laquelle était repré.'entée la figure d'une comète ; ou bien on faisait servir de comète le neufde carreau dans le jeu noir, et le neuf de trèfle dans le jeu rouge. Il est vrai qu'elle a fait plus de progrès dans la comète et le trictrac que dans l'orthographe, et qu'elle met la comète pour neuf plus aisément qu'elle n'écrit une lettre, VOLT. Lctt.d'/trffenmi, 23 janv. 1763.
— REM. Comf le fut d'abord du féminin; auxvi's. on fit ce mot du masculin pour se conformer à l'étymologie; plus tard on hésitait entre l'ancien genre et le nouveau : Ces affreux comètes, Mcrc. de Fr. oct. t779, p.?3; aujourd'hui comète est du féminin.
— HIST. XIII* S. Mes les comètes plus n'aguetent [regardent]. Ne plus espressement negietent Lorinfluances ne lor rois [rayons] Ne sor rois que sor povres hommes, la Rose, IS745. Les comètes fonlil [les cieux] paroir, Qui ne sunt pas es ciex posées, Ains sont parmi l'air embrasées. Et poi durent, puis que sont faites, ib. 18738. |{ xiv" s. Aussi fu l'estoile cornée [comata, à chevelure], En semblanco de feu couée. Oui de feu et d'occision Faisoit pronostication, MACHALLi, p. 68. || xvi' S. Etlànotoieut les comètes, si aulcuns estoyent, rab. Garg. i, 23.
— fiTYM. Provenç. espagn. et ital. comela; du latin cometa, de xoiiTirr,;, de xô|j.ri, chevelure : astre chevelu.
tCOUrÊTÉ, ÊE (ko-mé-té, tée), ad). Terme de blason. Se dit de pièces qui ont des rayons ondoyants et mouvants du cief; au lieu que les rayons flamboyants sont mouvants de la pointe da l'écu.
— ÉTYM. Comète.
t COMftTOGRAPnE (ko-mé-to- gra-f) , s. m. Celui qui étudie .'es comètes, qui traite des comètes.
t C0M>;T0GRAPUIE (ko-mé-lo-gra-fie) ou COMfi- TOLOGIE (ko-mé-to-lo-jie), s. f. Terme d'astronomie. Histoire des comètes.
— ÊTi'.M. Comète, etypàçeiv, décrire, ou Xô^o;, traité.
COMICES (ko-mi-s'), s. m. plur. Terme d'antiquité. Nom que les Romains donnaient à leurs assemblées pour l'élection des magistrats, et pour d'autres affaires publiques. Et quel est aujourd'hui l'ordre de vos comices '/ volt. Catil. iv, 2. Demain au point du jour j'assemble les comices, M. J. ci:én. Gracques,\, 2. || De nos jours, nom que l'on adonné aux assemblées primaires appelées à voter sur des plébiscites. || Comice agricole, société libre formée par des cultivateurs, des éleveurs, etc. à l'effet de discuter en commuât les meilleurs procédés en agriculture, et de perfectionner la culture des terres et l'élève des bestiaux par des encouragements djrers. Ce nom a é'.é donné, par assimilation avec lej comices romains, à ces réunions agricoles, vers la fin du siècle dernier, peu avant la Révolution (1788).
— IIIST. XIV* s. Quant aucun lieu estoit dédié aux choses publiques, comme estoit le cirque, le comice, BEScnEUnE, f'i, rerso. Sachez que, le lieu où l'eleccion des nouveaux magistrat et officiers se fesoit chascun an estoit apellé comice au singulier, et le fait et l'estat des dites eleccions estoit apellé les co- •j^ices au plurier, id. «6.
— ÊTYM. Le latin comtlium, de cuni , avec, et ire, aller (voy. j'irai).
t COMIFERE (ko-mi-fè-r'),adj. Terme didactique.
Qui porte une chevelure.
— ÉTY.H. Lat. coma, chevelure (voy. comète), et ferre, porter.
COMINGE (ko-min-j'),ï. f. Sorte de grosse bombe. Vieux.
— ÉTYM. Le comte de Cominges, aide de camp de Louis XIV au siège de Mons, à la taille duquel le roi avait comparé ces bombes en badinant.
COMIQUE (ko-mi-k') , adj. || 1° Qui appartient à la comédie. Le genre, le style comique. Troupe comique, l'oëte, pièce comique. Il n'avait point de répugnance à suivre l'avis que lui donnait le père de sa femme, sachant mieux qu'elle que la vie comique n'est pas si heureuse qu'elle le parait, scarr. Rom. corn, ii, ch. 3. Théodote, avec un habit austère, a un visage comi([ue et d'un homme qui entre sur la scène, la bruy. vin. {| Avoir le masque comique, avoir, en parlant d'un acteur, un visase habile h exprimer toutes les nuances d'un rûle plaisant. Il 2° Par extension, plaisant, qui fait rire. Propos, aventure comique. J'aime mieux Arioste et ses fables comiques, boil. Art poét. m. Il est comique que le bien d'un Parisien soit en Souabe; mais la clioseestainsi, volt. ic(t. Flnrian, 1 1 avril (767.01il tu prends au tragique Un débat qui pour moi ne sera que comique, GflESSET, Méchant, il, ).||3°S. »7i. Lecomi iue, le genre comique, la comédie. Comique de situation, de caractère, larmoyant. Que la nature donc soit votre étude unique, Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique, boil. Art p. m. Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs, id. ib. Le paysan ou l'ivrogne fournit quelques scènes à un farceur; il n'entre qu'à peine dans le vrai comique; comment pourrait-il faire le fonds ou l'action principale d'une comédie? la bruy. i. p Le haut comique, la comédie de caractère ou de mœurs, quand les personnages sont de bonne compagnie dans leurs actions et leurs paroles. 11 y a deux acteurs excellents, mais rien pour le tragique ni pour le haut comique, volt. l.etl.d'Argental, tosej)!. (760. Il Le bas comique, les pièces qui se rapprochent de la farce par les actions, les idées, les plaisanteries. Il Avoir du comique dans la figure, dans l'esprit, avoir une figure qui fait rire, un esprit qui plaisante. Il Par extension, ce qu'il y a de comique. Le comique de l'affaire, c'est que.... || 4° Auteur comique. Molière est notre premier comique. Quel homme on aurait pu faire de ces deux comiques [Térence et Molière] ! la bruy. i. || Le comédien chargé de représenter les personnages comiques. La troupe a un très-bon comique. Jouer les comiques, tenir l'emploi de comique. || Fig. C'est le comique de la troupe, se dit d'une personne qui, dans une société, amuse d'ordinaire les autres par ses plaisanteries ou sesbouifonneries. jl Aujourd'hui chanteur comique et quelquefois comique tout court, chanteur de salon qui chante des chansonnettes, des romances bouffonnes. .
— HIST. XVI* s. Dit l'ancien comique grec... mont, l, 104.
— ÉTYM. Le latin comicus, de xuiitxè:, de xw- [jLoç, gala, le dieu Comus.
COMlQL'EJIENT(ko-mi-ke-man), adv. D'une manière comique, lia traité ce sujet comiquement. On représente comiquement ce qui se passe de ridicule en divers lieux, st-évrem. Discours sur la comédie anglaise, dans richelet.
— ETYM. Comique, et le suffixe ment.
f COiMlTAT (ko-mi-ta), s. m. Nom donné aux divisions civiles et administratives de la Hongrie.
— ÉTYM. Latin comitalus (voy. comté).
COMITE (co-mi-t'), s. m. Officier préposé à la
chiourme d'une galère. Pontchartrain était envieux et jaloux de tout, et, dans sa marine, comme un comité sur ses galériens, st-sim. 305, 23t. Ces forçats qui gémissent sous l'inhumanité d'un comité, flécii. Aig. Li révocation de l'édit de Nantes mit nobles, riches, vieillards, gens aisés, faibles, délicats, à la rame et sous le nerf très-efl'ectif du comité, st-si.m. 4(3, (81.
— HIST. xiii* s. Et fu comité et chevetaine Raymont, llisl. occid. des crois, t. u, p. I70. Raimont, qui estoit comistre des galles, ib. p. 207. || xvi° s. Et fault en chasquo galère ung comité, qui doibt avoir par moys dix livres, Stulonomie, dans jal.
— ÉTYM. Espagn. comiire ; ital. comité ; bas-lat. comilus, forme dérivée de cornes, comte (voy. comte). Le bas-latin cornes, le bas-grec xôiiri; se sont dits pour chef do navire, et, à l'origine, il y eut des comtes de toutes sortes d'offices.
COMITÉ (ko-mi-té), s. m.||l° Réunion d'un nombre relativement restreint de personnes, ou, plus
spécialement, de membres d'un corps plus nombreux, d'une assemblée, laquelle réunion est chargée de s'occuper d'afl'aires déterminées, de donner un avis, de préparer une délibérai ion. || Assemblée do commissaires choisis par autorité, et chargés de la discussion particulière de quelque affaire. Les membres, le bureau, le président du comité. Comité consultatif Comité exécutif. Comité de surveillance. Le régent me dit qu'il formerait un comité (car on ne parlait plus qu'à l'anglaise) de quelques-uns du conseil de régence, st-sim. 406, |16. || Nom des sections du conseil d'Étal. || 2° Comité secret, délibération d'une as.semblée à laquelle If; public n'est pas admis. || Familièrement. Petit comité, réunion composée seulement d'un petit nombre de personnes intimes. Nous serons ce soir en petit comité. Il 3° Au thé.ttre, le comité de lecture, ou, simplement, le comité, réunion d'acteurs ou d'hommes de lettres, qui, écoutant la lecture des pièces soumises à leur appréciation, les admettent ouïes rejettent.
— ÉTYM. Angl. committec , participe l'éiiiinin ar.glo-francais de commettre.
t COiilITlAL, ALE (ko-rai-si-al, a-1'), adj. Qui a rapport aux comices. || Maladie comitiale, l'épilepsie, à cause que les comices se séparaient quand quelqu'un y tombait du haut mal.
— IllST. xiv* s. Jours comicialz estoient ceux qui estoient establiz à eslire les magistraz et à publier les loys, liERCiiEunn, !'6i, verso.
— ÉTYM. Le latin comitialis, de comitia, comices.
CO.MMA (ko-mma), s. m. || l»Terme de grammaire grecque. Une partie du membre ou colon, c'est-à-dire une incise. || Pour les mélriciens, une des parties du vers hexamètre séparées par la césure. Il Nom de la virgule. || 2° ferme de musique. Trèspetit intervalle. Les Anciens reconnaissaient plusieurs con.ma. Le conima moyen est l'excès du mi calculé comme quatrième quinte de Vvt, sur le mt calculé comme sa tierce. La différence est de 8( à-80, ce qui fait à peu près un neuvième de ton. Lccomma est la différence du domi-ton majeur au demi-ton mineur, comme d'ut dièze à ré bémol. Quelques-uns même s'imaginent que le ton majeur n'est point différent du ton mineur, de sorte que le comma, qui en est la différence, leur est insensible, maleb. Recherche, VI, 4. Dites-moi si vous divisez à Siam le ton majeur en deux comma et deux semi-comma, volt. Dial. 22. Les musiciens entendent par comma la huitième ou la neuvième partie d'un ton, la moitié de ce qu'ils appellent un quart de ton; mais on peut assurer qu'ils ne .savent ce qu'ils veulent dire, en s'exprimant ainsi, puisque pour des oreilles comme les nôtres un si petit intervalle n'est appréciable que par le calcul, J. J. Rouss. Dict. de musique, mot comma. |] 3° Terme d'imprimerie. Ponctuation qui se marque par deux points l'un au-dessus de l'autre. Il Au phir. Des comma.
— ÉTYM. K6(ji[ia, ce qui est coupé, de xônTeiv, couper.
CO.MMAND (ko-man), s. m. || l°Terme de jurisprudence. Celui pour lequel on fait une acquisition sans que son nom soit porté dans l'acte. |i Celui pour lequel l'adjudicataire déclare avoir enchéri. || Déclaration de cnmmand, acte par lequel un avoué nomme la personne pour le compte de qui il s'e.st rendu adjudicataire. || 2° Autrefois, lieutenant. Le père de Villars est donné pour avoir été mis command dans Condrieux par le duc de Nemours, st-sim.
- HIST. XI* S. Et cil rcspondent : sire, à vostre commant, Ch. de Roi. lxxiv. Jà prist il Noples sans le vostre commant, ib. cxxxii. || xii's. Si me mellr.* du tout à son commant, quesnes. Romancero, p. 9o. Il XIII' s. Par le commant le rai est Symons retournés, Rerte, GX.xi. || xvi* s. Un acheteur d'aucuns héritages vendus par décret de la justice, peut retenir pour luy les dits héritages ou faire et denora.mer son command recevable et luy transporter et délaisser iceui héritages, A'oui'. coust. génér. t. ;, p. 4((.
— ÉTYM. Voy. coMMANnER; provenç. cornait ; espagn. comando; ital. commando. Commarid, dans l'ancicr. français, signifie commandement.
COMMANDANT. ANTE (ko-nian-dan, dan-l').
Il 1° Adj. Qui commande. Une parole commandante j Un ton commandant. || Fig. et dans le langage re- j cherché du temps. Un vin à sève veloutée, armé J d'un vert qui n'est point trop commandant, mol. le Bourg, iv, (. || 2° Qui a un commaudemciit militaire. Oflicier commandant. Capitaine commandant. Il 3* S. m. Chef. Tout parti demande un commandant,
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conn. Serior, i, <. Il 4° Tonne mililaire. Celui qui commande. Commandant d'un détachement, d'un poste. Un commandant de pl;ice, celui qui commando une place, quel que soit son gr.ido; et aussi chefde baiaillon attaché i l'éial-major des places. || Oualilication donnée au chefde bataillon ou d'escadron.
— f.TYM. Commander.
f COMJIANDANTK (ko-man-dan-f), s.f. Femme d'un commandant.
COM.'tlANDEdio-man-d'), s.f. \\ 1° Terme de commerce. Demande, pour une époque déterminée, d'unecertaiuequanlilé d'objets fahriqués, ou do marchandises. On lui a fait plusieurs commandes. || Ouvrage de coiii'.nando, ouvrage fait sur l'ordre e.vprès d'une personne. Il y a des ouvrages de commando, lA BBUY.vi. Il 2" De commande, /oc. adi'. D'obligation; obligatoire. Fêtes, jeûnes do commande, qu'on est obligé d'observer. L'Iiospitalilé n'est point de commande aux musulmans envers les infidèles, volt. Charles XII, B. || Kig. Joie, douleur, maladie de commando, joie, douleur, maladie qu'on feint. Dieu me garde de vous faire des réprimandes de commande ! Boss. Lcit. ahb. 77. Le mercredi des cendres mit fin à toutes ces tristes réjouissancesde commande, ET-siM. 4, 01. D'Antin, d'ailleurs si maître de soi, s'aigrit de commanile dans la dispute, in. 232, 08. Qui de moi voudra de beaux vers. Que jamais il ne les demande; Je ne fais rien que de travers. Quand la besogne est de commando, ue caili.i, dans ni- CHELET. Ce n'était point cet enthousiasme de commande que s'efTorcent do montrer pour tous les objets les hommes qui n'en ont véritablement pour aucun, coNDORCET, Bucquel. \\ 3° Terme de marine. Commandes, petites cordes portées à la ceinture, pour servir au besoin. || Commande! réj^onse de l'équipage quand le maître, appelant de la voix ou du sifflet, prévient qu'il va transmettre quelque commandement. || 4" Terme de pèche. Bout de corde servant à retenir un bâton ou un filet dans une situation fixe, ainsi nommé parce que ce bout de corde commande et retient.
— IIIST. xui" s. 11 est assés sires du cors, Oui a le cuer en sa commande; Outrageus est qui plus demande, la Ilote, 2007. Ou s'aucuns baille en commande [garde] aucune coze, la quelc est porsivie qu'eleest toluo ou emblée, le [la] commande ne doit pas estro rendue devant que le [la] justice.... Bf.aum. XXXVI, ( . Et quant cil qui pro.sto ou met en commande, demande que on li rende.... in. xxxtv, su. Vous savés que nous recevons les commandes en tel manière, que par nos seremens nous ne les poons délivrer mes que h. cculz qui les nous baillent, ;oiNV. 24». Il XV' s. Manyant toute la viande, Comme docteur en médecine Oui tient malados en commande, villon, Tiepucs franches. L'un des ditz variez, qui besongnoit avec le suppliant [un tisserand], dist à la ditte femme: maistrossc, commandez ceste commande, en lui monstrant un fil do laine qui estoil rompu, et lui voulant dire qu'elle noast le dit fil, du canoë, commenda. \\ xvi" s. Permets que je coupe Sous heureux sort la commande [amarre] qui lient Ma nef au bord.... bons. 004.
— ÉTYM. Voy. COMMANDER ; provenç. «manda , commanda.
COM.M.\NDÉ, ÊE (ko-man-dé, dée), pari, passé. Il 1" Ordonné. Le meurtre des Guise commandé par Henri III. || 2° Qui est sous le commandement. Le régiment commandé par son colonel. Une expédition commandée par un chef habile. || Qui est de service. Un officier dit; Je ne peux pas m'absonter, je suis commandé. Ircz-vous à cet enterremenf? Oui, je suis commandé. || 3" Dominé. La ville commandée par la liauleur voisine.
COMMANDEMENT (ko-man-do-man), s.m.\\ 1° Action de commander. l'ar vos commandements Cliimène vient vous voir, corn. Cid , i, 5. Cet amour qui m'expose à vos res,sentiments N'est point le prompt effet do vos commandements, m. Cinna. v, 2! Des vaisseaux dans Ostie armés en diligence N'attendent pour partir que vos commandements, rac. Bérén. i, 3. M. le comte do Guichen, qui venait lui rendre compte du commandement d'une grande flotte et de trois batailles glorieuses qu'il avait livrées, CONDORCET, Maurepas. \\ Ordre. Messieurs les maréchaux, dont j'ai comuiandemenl, Vous mandent de venir les trouver prouiptement, mol. Uis. 11, 0. Il Ju.ssion. Le roi a envoyé un commandement exprès au parlement de vérifier tel éuit. Hors qu'un commandement exprès du roi me vienne Do trouver bons les vers dont on se met en peine, mol. Uis. 11, 8. Il Secrétaire des commandements, le principal secrétaire d'un prince. On m'a mandé qu'il [Kréron] allait êlre-^rétiire des commandements de la reine.
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volt. Lell. en vers et en prose, (44. || Dans l'ancienne monarchie, secrétaires d'Etal et des commandements, les quatre secrétaires d'Rlat. || Lettres signées en commandement, lettres signées par un secrétaire d'État. || Terme militaire. Ordrejjref pour faire exécuter certains mouvements. Attention au commandement ! || Terme de marine. Bâtiment commandé. Cet officier va rcjoin<lre son commandement. Il Terme de civilité. Je n'ai p.is voulu partir pour Lyon, sans recevoir vos commandements. Je suis venu à votre commandement dès que vous m'avez averti de venir. || Avoir quelque chose à son commandement, pouvoir s'en servir à volonté. J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement, corn. le Ment, iv, 3. || Avoir une chose à commandement, l'avoir à souhait. S'énoncer clairement et avoir toujours le mot propre à commandement, volt. I.elt. envers eten prose, 37. On n'a pas toujours des idées à commandement; c'est un coup de la grftce : elle vient quandillui plaît, volt. I.clt. d'Argenlal, 27 juillet t703. ji 2° Manière de commander. Il a le commandement doux, rudo, bref. || Avoir le commandement beau, se dit d'un officier qui commande de bonne grilce; et, ironiquement, d'un homme hautain et despotique qui commande une chose sans en avoir le droit, ou de celui qui commande des choses difficiles ou impossibles à exécuter. || 3° Terme de jurisprudence. Acte d'huissier à la requête d'un créancier, par lequel on commande au débiteur de satisfaire à son obligation, en vertu d'un titre authentique ou exécutoire. 114° Loi, précepte. Les commandements de Dieu. Les commandements de l'Église. Celte pratique est de commandement, Doss. Var. t4. L'élat monacal n'est pas de commandement, ID. Projet. Il 5° Pouvoir de commander, autorité. Aspirer au commandement. Prendrelecommandemenl. Il ajouta qu'il était d'avis qu'on lui donnai, comme on avait fait à Pompée, le commandement généial sur toutes les flottes de la république, vertot, llévot. rom. liv. xiv, p. 287. Vous comptez maintenant le nombre de vos campagnes, la distinction de vos commandements, mass. Aient, Mort du pécheur. Tel a été à la mode pour le commandement des armées et la négociation, ou pour l'éloquence de la chaire, ou pour les vers, la bruy. xui. || BiMon de commandement, baion qui est pour certains officiers le signe du commandement. || 6" On dit qu'une place a plusieurs commandements, c'està-dire qu'elle peut être battue du canon par des hauteurs qui la dominent. Commandement de front, celui d'une liauleur qui est opposée à un poste, qui le bat par devant. Commandement de revers, celui qui bat le poste par derrière. Commandement d'enfilade, celui qui bat d'un seul coup toute une ligne droile.
— SYN. commandement, ordre, injonction. Étymologiquemont , le commandement est l'action de recommander; l'ordre, l'action de disposer; l'injonction, l'action d'imposer une obligation. De là découlent" les nuances de l'usage. Commandement tantôt incline du côté du sens de précepte, comme les commandements de Dieu, de l'Église, où ordre ne peut pas se dire, tantôt exprime une action directe, comme dans les commandements qu'un officier fait à ses soldats; ici encore ordre ne conviendrait pas. Au contraire, toutes les fois qu'il s'agira d'un ensemble de dispositions, on emploiera ordre et non pas commandement : le régiment, la troupe reçut l'ordre de partir, et le commandement du colonel la mit en mouvement. Injonction, qui, d'ailleurs, appartient de préférence au langage du pouvoir judiciaire et à l'administration, impose une obligation: Dieu, dit Bourdaloue, enjoint au riche d'entretenir le pauvre. C'est dans ce .sens que l'autorité fait des injonctions à ses agents.
— IIIST. XI' s. Adeinplir [je] vuil vostre comandement, Cli. de Roi. xxn. || xii' s. Pour ce est elo [Eve] en son commandement [de l'homme), 7lonc. p. 452. Or faites, belle, vostre comandoment, ib. p. 4 72. Mais ma dame servir et honorer, Et faire adès à son commandement, Couci, xiii. As reis d'antiquiiê devriez rcguarder, Qui les comandemens Deu ne voldrcr.t guarder, Th. le mart. 78. ||xiu' s. Et il firent tanlo-t son commandement, villeh. Lxxvin. Il ne savoient quant Dieu feroit son commandement d'ans [d'eux], id. lxx. La royne .s'en va au Dieu commandement [à la recommandation de Dieu], Bertc, ix. El comment tu accompliras Nuit et jour les commandemens Que ge commande as fins amans, laliose, 2U5). Sire, tel vient dev.anl vos corne devant son seignor , et vos fait assaveir que Dieu a fait .son coniandement de tel.... Ass. de J. I, 232.... Si comme aucuns bons de poesté connoil une dete et on li fet commandement qu'il ail paie dedans
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sept jors et sept nuis, bealm. xxm, 2. £t pour ce ne font force li assacis [assassins] , se l'en les occisi, quant il font le commandement du Vieil de la Montaigne, JOINV. 'iSti. Vous me jurerez, que vous tendres mes commandemens, id. 2113. || xiv s. Du commandement de très noble et très excellent prince Charles quintde ce nom, par la grâce de Dieu, roy de l'rance, ohesme, l'rnl. || xv s. Pour ce qu'il avoil trespassé le commandement de son seigneur le roi, FROiss. I, I. 4 54. Nostre roy qui avoil bien la parolle à commandement, comm. iv , 40. Plusieurs femmes ont larmes à commandement, louis xi, A'oMi). xiii. Comment vous va? — El bien vrayement, Tout à vostre commandement, Patelin. || xvi* s. Pleust or à Dieu, pour fuir mes malheurs, Que ja vous tinse à mon commandement! mabot, 11, 333. lîobertct, secrettaire des commandemens, langue, 506. 11 n'a point cerché ambitieusement les commandemens et honneurs, ID. 703. Hz allèrent loger en lieu où ilz eussent l'eau plus à commandement, amvot, Arist. 3«. Mais son commandement fut tard entendu de chascun, id. Mcias, 50. Il a ses gageures de cent pistoles fort à commandement, d'aub. Fœn. m, 0. Celte ville est commandée d'un costeau de vignes, où les assicgeans logèrent leurs moindres pièces et firent broche à la faveur du commandement, ID. //i4(. I, 219. Ville en très heureuse assiette, franche de tous commandemens, ivt.ib.u, 257. La ville fortifiée de brique, et, quoi que près des montagnes, hors de grand commandement, lu. 16. m, 405. Ils perdirent 24 hommes, parmi ceux-là six de commandement, iD. ib. m, 40'j.
— f-TYM. Commander; Berry , c' mandement ; provenç. comandamen ; anc. catul. comandainent ; anc. espagn. cnmandamienio ; ital. comandamend;. COSl.M.VNDER (ko-raaii-dé), r. a. || 1° Prescrire qu'une chose soit faite. Faites ce que je vous commande. Puisqu'enfin ma prière a si peu de pouvoir, Vous avez entendu ce que je vous demande. Madame, je le veux, et je vous le commande, bac. IphiO- m, 4. Il Par civilité. Vous n'avez qu'à commander. Il Se commander, c'est-à-dire commander à soi-même, s'imposer l'obligation de.... Si ce cœur, trop puni d'avoir été sensilile.Ne s'étaitcommandé de rester inflexible, delille, h'néide, iv, 27. Il 11 se dit des choses. L'honneur vous commande ce sacrifice. Les circonslances commandent ces mesures. Il Imposer par une sorte de contrainte morale. Commander l'estime, le respect, l'admiration. Il 2° Terme de guerre. Avoir le commandement d'une armée, d'une flotte, d'une troupe. Vous, nourri dans les camps du saint roi Josaphat, Qui sous son fils Joram commandiez nos armées, bac. Atlial.i, t.Cekan de la petite Tarlarie ne commandait point les armées du grand seigneur , volt. Hussie, II, I. || Diriger. Commander une ex|iédition, une altaque. || Mènera la guerre une troupe, du commandementde laquelle on est chargé. Commander l'artillerie, l'infanlerie. || Donner l'ordre d'exécuter une chose. Commander le feu. Commander l'attaque, la retraite. {| Commander un certain nombre d'hommes pour un coup de main, donner l'ordre de les tenir prêts pour l'opération dont il s'agit. Commander de service, ou, simplement, commander un officier, des soldais, les prévenir qu'ils seront de service. || 3° Élie le supérieur de.... Ne saurais-tu juger que, si je nomme un roi, C'est pour le commander et combattre pour moi? corn. Itodog. II 2. Je ne sais pourquoi Un roi que je commande ose se nommer roi, in. Agésil. i, t. Le duo d Engliien joint à la gloire de commander encore Turenne celle de réiiarer sa défaite, volt. A.'ièc/e de Louis XIV, 3. ie me souviens toujours que j'étais né pour les commander [les femmes], montepq. icJ(. vers. 0. Il 4° Terme de commerce. Faire une commande à un fabricant, à un artiste, à un ouvrier, etc. Commander un ameublement. Commander un tableau. Commander un dîner. {| 5" Terme de fortification. Dominer par son élévation, pouvoir battre. La citadelle commande la ville. || On a dit aussi dans ce sens commander à, qui est aujourd'hui moins usité. La montagne commandait au chemin par oii I l'ennemi devait passer, vaucel. Q. C. in, 4, dans I BICI1ELET. Il Par extension, il se dit de tout lieu plus élevé qu'un autre. Les cimetières de la Suisse sont quelquefois placés sur des rochers, u'où ils commandent ces lacs, cîiateaub. tente, iv, 11, 7. Nous le suivîmes dans ce lieu qui commandait une vuu immense, id. Alala. |{ 6° V. n. Faire commandement. Il commande au soleil d'animer la nature, BAC. Atbal. i, 4. Commande à mes tyrans d'épargner ma mémoire, voltaire, Dartamne, t, 3. Il Avoir un commandement militaire. Ils avaient lové
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jusqu'à soixante mille hommes de [liuil, et choisi (rois braves chefs pour leur commander, vaugel. C*. C. 600, l| Avoir, exercer l'autorilé supérieure. Je veux bien un Romain, mais je veux qu'il commande, CORN. Sertor. il, 2. Mol qui commande ailleurs, puis-je .servir sous vous? m. ib. m, 2. Qui n'a fait qu'obéir saura mal commander, id. l'ukh. ii, 2. C'est aux rois d'obéir alors qu'elle [Home] commande, COBN. Nicom. i:, 3. Kt pourquoi conimaiulent les hommes, si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi? Boss. Heine d'Anglel. Douce, familière, agréable autant que ferme et vigoureuse, elle savait persuader et convaincre aussi bien que commander, id. ib. Cessez de vous troubler, vous n'èles pas trahi ; Quand vous commanderez, vous serez obéi, iîac. Iphir/, IV, 4. Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux Est le seul qui commande aux cieux, id. Eslh. i, 5. Sur cent peuples nouveaux Bérénice commande, id. Bérén. II, 2. Ô vous qui commandez avec tant d'expérience sur des peuples innombrables, fKn. Tiil. xx. Le droit de commander n'est plus un avantage Transmis par la nature ainsi qu'un héritage, volt, ilirope, i, 3.
I Commander à la baguette, avec hauteur et dureté, et aussi avec une autorité absolue. || Familièrement et figurément. Commandez à vos valets, se dit à une personne qui parle trop impérieusement à des gens qui ne dépendent point d'elle. || On dit absolument d'un chef militaire, d'un colonel, etc. qi.'il commande bien, c'est-à-dire qu'il sait bien commander les manœuvres. || Fig. Commander i ses passions, y résister, les maîtriser. Commander à ses pleurs en cette extrémité. C'est montrer, pour le sexe, assez de fermeté, cokn. //or. i, l.'l'on cœur.... Prévoit qu'il ne pourra commander à tes larmes, rac. Andr. iv, i. Commandez à vos yeux de garder le secret, id. ib. \a, <. Ou si nous ne pouvons commander à nos pleurs, id. Bérin. tv, 6. Tu veux commander seul à mes sens éperdus, volt. Za'ire, IV. 2. Répondez-vous à mes questions? — Oh I qui pourrait m'en exempter, monseigneur? vous commandez à tout ici hors à vous-même, beaumarcii. Uar. de Fig. v, )2. |{ Absolument. l'ardonne, par mes pleurs, au feu qui me commande, hêo.mer, Elég. 2. Il ne faut que j'attende Ni pitié, ni faveur au mai qui me commande, id. ib. (. || L'heure me commande, se dit de l'obligation où je suis d'être quelque part ou de faire quelque cliose à. une heure dite. Il 7° Terme de guerre. Cette place forte commande à tout le pays, c'est-à-dire qu'on ne peut s'établir dans le pays sans s'être rendu maître de la place. || 8° Se commander, u. re'/ï. Se maîtriser, ll'se commanda et contint son émotion. Dans les choses de peu si tu ne te commandes. Dis, quand te pourras-tu surmonter dans les grandes? corn. Imil. 1,(1. Il 9° Être obtenu par commandement. La gaieté ne se commande pas. Ce sentiment ne se commande point, ne dépend pas de la \olonlé.
II 10° Se commander l'un à l'autre, v. réjl. indirect, avoir un commandement l'un sur l'autre. Ces chefs fiers et du même âge, compagnons de guerre.... n'étaient guère propres à se commander l'un à l'autre, SÉGUR, Iliit. de Nap. vi, io.
— UE.M. Une colline commande la plaine, la domine; une citadelle commande la ville, la domine et jjeut tirer dessus de haut en bas. Une place forte commande à un pays, elle empêche qu'on ne puisse s'établir en sûreté dans ce pays.
— IIIST. xi' s. N'en parlez mais, si je nel vous cumant, Ch. de Bol. xix. Jointes ses mains, iert fil sera] vostre comandet, ib. un. Par pénitence [il] les [leur] cumande à [de] fcrir, ib. Lxxxvii. Je vous cumant qu'en Saragoce aillez, ib. clxx.xix. || xu' s. [U] Comande les mules establer, Ronc. p. ». Mais comandez qu'il ait ajue [aide] grant, ib. p. 35. Un mien service vous voudrai comander, ib. p. t57. Naymes chevauche, com Charles comanda, ib. p. '.78. Li rois comande Guenelon à juger, ib. p. 184. A Josu Christ tu soies comande, ib. p. <88. Se mes sires commande, nous irons voirement, Sax. x.xi. Veez-en ci la chartre, commandez (ju'un la lise, ib. xxiii. Charles mande et comnnande que treû [nous] lui devon, ib. 25. Par les oilz Deu, fait-il. •ute la guerpirai, E mun fil e mua règne tut vus comenderai. Th. le mart. M 5. As esteilles s'en vunt e à la tenebrur. Et se sunt comande à Deu nostre segnur, ib. 49. || xui* s. Mais la comtesse de Brie, Cui commar.s je n'os [ose] veer, Jl'a commandé à chanter, auu. de sezanne, llomancero, p. 125. Et l'avant-garde fu commandée à Joflroi le maresclial do Cbampaingne et de Romenie, villEH. CLXi. Je vous commant à Dieu, qui est vrais gouvernere, Berle, iv. Et lors ferez vous ce que m'orrez [vous m ouïrez ] commander, id. xvii.
Lors fist li rois ordener ses batailles et les comenda as dix plus preudhomes de s'ost, Chron. de /{oin.?, p. (40. Quant la roïnevit cou, si l'en pesa, etcomenda que cius [celui] fust pris'qui cou li avoit fait, ib. p. 192. Et li juges, selonc l'esloire. Le commanda lantost à prendre Por li mener ocir ou pendre, la Rose, 6005. Li eschieles s'en vont, es les vous aroutées; Al l)on duc de BuiUon ont les os [l'armée] comandées. Et il les conduit bien.... Ch. d'Ant. Il, 27. Sitosl comme il commença à cheoir, il se commanda à Nostre Dame, et elle le soustint par les espaules dès que il che'i, jusque à tant que la galie le roy le requeiUi, joiNV. 287,||xiv' s. Nulle chose il ne font de ce que il leur ensaignent ou commandent, ORESME, Eth. 4). Il xv« s Puis se commandèrent en la garde [de] Notre Seigneur, et se mirent en chemin parmer, froiss. i,i, i 7. Après les messes, le roi commanda à toutes gens eux armer, id. i, I, 84. Il XVI» s. Le gentilhomme voyant que c'estoient femmes, ne put pis faire, que de les commander à tous les diables, leur fermant la porte au visage, MARO.iVoiiu.xvi. On corrompt l'office du commander, quand on y obéit par.... mont, i, 59. Pytbagoras, qui tant commandoit et recommandoit le silence à ses disciples, amyot, Numa, 14. Mon honneur me commande de mourir icy, id. Sylla, 46. Il présenta son filz aux gens de guerre en le leur commandant comme son successeur et héritier, id. Dcmc(r. 37. La ville et le chasteau sont commandez, mais l'estoffe des parapets y remédie en quelque façon, d'aud. //i6-(. Il, 239. Le ciel.... Qui me commande à mourir pour vos yeux, noNS. 47.
— ÉTYM. Berry, c'mander , quémander; Saintonge, coumandcr (d'après Palsgrave, au xvi» siècle, on prononçait coumander); provenç. comandar ; catal. comanar; espagn. comandar; ital. comandare;d\i latin cum, avec, et mandare, mander, ordonner (voy. mander).
COMJIANDERIE (ko-man-de-rie), s. f. || 1° Espèce de bénéfice, qui appartient à un ordre militaire, et qui se donne aux chevaliers, par rang d'ancienneté, ou pour récompense de leurs services avec le titre de commandeur. Les chevaliers de Malte menèrent Zizin dans une de leurs commanderies , volt. Slœurs, 107, Nous sommes voisins d'un commandeur de Malte.... Une partie des terres de la commanderie est enclavée dans celle de noire gendre Dupu'Hs, von. Lelt.d'Argental,'i\> oct. 1704. ||2°L'édifice même. Là [au-dessus de Neustadt] se trouvait une commanderie ruinée oii on jeta quatre bataillons, ST-SIM. 40, 213.
. — ÉTYM. Commander.
COMMANDEUR (ko-man-deur) , s. m. || 1° Chevalier pourvu d'une commanderie dans les anciens ordres militaires. Commandeur de Malte. Seigneur commandeur, mon maître don Juin vous demande si vous voulez lui faire l'honneur de venir souper avec lui , MOL. le Festin, iii, 7. Le commandeur voulait la scène plus exacte; Le vicomte indigné sortait au second acte, boil. Ép. vu. L'aiïaire eût été plus loin, si le commandeur ne l'eût interrompu avec tant d'impétuosité qu'il fut contraint de .se taire, st-évremond, Lettre au comte d'Olonne. Il Terme de pharmacie. Baume du commandeur de Permes , ou, simplement, baume du commandeur, sorte de préparation stimulante, due à une personne qui se nommait le commandeur de Permes. il 2° Aujourd'hui, titre d'un grade élevé dans les ordres de chevalerie. Commandeur de la légion d'honneur. || 3° Commandeur des croyants, titre que portaient les califes. || 4° Aux Antilles, celui qui est chargé de l'inspection d'une exploitation, .spécialement de la surveillance des nègres. Le fouet du commandeur. Vois-tu ce commandeur, hélas ! comme eux esclave. Du fouet armé, debout sous l'arbre du chemin? Un chien est à ses pieds; lui, sur un bloc de lave, 11 surveille pensif son noir bétail humain, LACAtssADE. cHè ilims J. des Débats , li mai I80i.
— IIIST. xui" s. Et lors refu Uters oonmenderes de la terre ainz que il fust rois, Slerlia, f° 52, verso. Entre frère Robert de Noers comandeor de Launei et les frères de la maison, Bibl. des chartes, 3« série, t. V, p. 87. Nous preismes quarante livres pour nos despens, et le remenant commendasmes à garder au commandeur du palais du Temple, joinv. 254. Il xvi' s. Ils maintienent que, quand les grands commandent, on doit fermer les yeux et obéir: car cncoies que la chose fust injuste , que l'exécuteur est excusé et le commandeur responsable, LANGUE, 217. Commandeur gênerai de toutes les armées et provinces unies, d'aud. Ilist. m, 2u3. L'eminence de ces haultes fortunes et comnianderesses, MONT. IV, 28. Joincl qu'il semble requis que celuy
qui commande soit meilleur que ceux à qui il commande, C8 disoit un grand commandeur, Cyrus, ciiABRON, Sojfssc, i, 6(. Cyrus, Alexandre, Caisar, trois grands commandeurs des hommes, id. ib. i, B.
— ÉTYM. Provenç. comandaire , comandador ; espagn. corr.endador ; ital. commcndalort'; du latin commcndatnrem , si l'on considère l'espagnol et l'italien ; de commendalor et commendatorem, si l'on considère le vieux français et le provençal. Le français comandere et le provençal comandaire sont le nominatif, venant de commenddtor, avec l'accent sur da; comandeor et comandador sont le régime, et viennent de commendatorem, 3.ve.c l'accent sur to.
CO.MMANDITAIUE ( ko- man-di - tè- r') , s. m. Il 1° terme de commerce. Bailleur de fonds dans uns société en commandite. || 2" Adj. Associé commanditaire. L'associé gérant est engagé, pour tous ses biens, envers les créanciers de l'entreprise, tandis que l'associé commanditaire n'engage que sa mise de fonds, J. n. say, Cours, <840, t. u, p. 77.
— ÊTYM. Commandite.
COM.MANDITE (ko-man-di-t'), s. f. Terme de commerce. Société en commandite, ou, simplement, commandite, société oïl l'on prête seulement son argent, sans faire aucune fonction d'associé et sans avoir aucune responsabilité. L'association en commandite est une manière de prêter aux entreprises industrielles, i. d. say. Cours, (840, t. u, p. 77. Il Fonds remis par un commanditaire.
— ÊTYM. Commander , dans le sens de confier.
f COM.MANDITE, ÉE (ko-man-di-té, tée) , part passé. Comioandité par des bailleurs de fonds.
t COMMANDITER (ko-man-di-té), t). a. Fournir à un commerçant, à un industriel, les fonds nécessaires à une exploitation, moyennant une part d'intérêts dans les profits, mais sans contracter soimême aucune obligation commerciale.
— ÊTYM. Commandite.
\ CO.MMATISME (ko-mmd-ti-sm'), j. m. Terme de grammaire très-peu usité et signifiant le style coupé.
— ÉTYM. Comma.
CO.MME (ko-m'), adv. \\ l" De la façon que, ainsi que, de même que, autant que. Les métaux précieux, comme l'or, l'argent, sont moins utilesque le fer. Une âme comme la sienne. Une sorte de bras dont il s'élève en l'air Comme pour prendre sa volée, la font. Fabl. vi, 5. Les éclairs de ses yeux Étaient comme d'un tonnerre, malii. ii, i. Mars.... N'a rien de si tragique aux fureurs de la guerre, Comme ce déloyal [l'Amour] aux douceuro de la paix, id. vi, 5. Il y a des héros en mal comme en bien, larociief. Max. 185. Mais un monarque enfin comme un autre homme expire, corn. Nicom. IV, 3. J'admire deux choses, le flegme de celui qui a tout remué, comme l'embarras de ceux qui n'ont rien fait, la' bruy. i. Vouloir être justes et ne voir, autant qu'on le peut, les choses que comme elles sont, von. Lett. lime du Veffant, 29 juillet 1771. Les peuples, comme les hommes, ne peuvent être heureux que dans un état de calme, et loin des grands efforts qui supposent de grands besoins, tiiomas. Essai sur les éloges, ch. 23. La reconnaissance est le plus doux comme le plus saint de nos devoirs, id. ib. Si votre roi revient dans ses États comme et dans le temps que je vous ai dit.... PÉN. XXI, 447. Mais tu n'aimes qu'un temps comme notre hirondelle. Moi , je t'aime comme je vis, V. iiUG0,0des,iv, 7. Dieu, dont elle a tant de crainte, au moins comme elle dit, Régnier, Éltg. 3. Mais je n'en ai point vu de faux, comme je crois, mol. l'Étour. II, G. Notre heureuse pécheresse n'est pas timide dans le bien , comme elle ne l'avait pas été dans le mal, mass. Car. Pécheresse. \\ Comme entre dans la multitude infinie de comparaisons brèves qui donnent au style de la conversation un caractère original et plaisant. Traité comme un chien. lUre comme un bossu. Muet comme une tanche. Crier comme un aveugle. |{ Tout comme, tout pareillement. Vous vous en apercevrez tout comme moi. Il Familièrement. C'est tout comme, c'est la même chose. C'est justement tout comme: La femme est en elïet le jiotage de l'iiomme, mol. Éc. des f. ii, 3. Il Dans cet emploi , quand comme est suivi d'un infinitif, on intercale d'ordinaire la préposition de; pourtant l'omettre ne serait pas une faute. Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang com.me d'avoir su éviter de faire une sottise, la bruy. xi. Rien ne rafraîchit le sang comme de secourir les malheureux, volt. Lett. Boisgelin, mars 1707. Rien ne la console comme d'entendre parler du Dieu qu'elle a aimé, mass. Car. ilorl. \\ Comme il faut, précédé d'un mol exprimant commandement, signifie qui oblige, qui contraigne. Ayez un ordre
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comme il faut que je parti;. Olilenez un arifit comme il faut que je dorme, hac. Plaid, i, 4. || Kn un autre sens et dans le laiig.ige familier, un homme comme il faut, des gens comme il faut, celui, ceux qui appartiennent à la bonne sociùlé, qui ont de bonnes manières. On prononce le filus ordinairement en cet emploi , commet faut. || Cc.mme aussi. Le contrat porte que...., comme aussi que, etc. Son chien dormait aussi, comme aussi sa mu.selle, la font. Fabl. III, 3. Il Comme en effet, façon de parler qui sert à confirmer. S'il est homme do bien, comme en effet il est. On emploie aussi comme sans en effet, dans le même sens, et en répétant le verbe être. Ouand je ne serais pas votre serviteur comme je suis. Puis étant son mérite infini comme il est, MAUIEBBE, dans VAUGEi.AS, /i«m. Il Comme si, de même que si. Bien des hommes vivent comme s'ils ne devaient jamais mourir. Comme si d'occuper ou plus ou moins de place Nous rendait, disait-il, plus ou moins importants, la font. Fabl. viii, )5. Et comme .s'ils vivaient des misères publiques. Pour les renouveler ils font tant de pratiques Que ([ui n'a point de peur n'a point de jugement, malii. ii, t. Il Un homme comme lui, un homme de son mérite, de son rang, etc. || Familièrement. Comme cela, qu'on prononce ordinairement comms ça, ni bien ni mal. Comment se porte-l-il ? Comme cela. || 11 est comme cela, c'est son caractère. |{ Comme qui dirait, en queliiue sorte, une sorte de.... Il portait sur sa tête comme qui dirait un turban. Cette locution a été condamnée par des grammairiens; mais, outre qu'elle est ancienne (voy. L'iiisTOrfiQUE), elle n'a en soi rien d'incorrect, et elle s'explique jiar une ellipse. Il a taillé ce bout de bois comme qui taillerait une plume, c'est-à-dire comme le taillerait celui qui taillerait une plume; il porte sur la tête comme qui dirait un turban , c'est-à-dire il porte comme dirait celui qui dirait un turban. Il Commeçal Terme demarino. Commandement fait à un timônnier de maintenir la barre du gouvernail, de manière à ce que le navire dévie le moins po.ssible du point où se trouve le cap. || 2' Prcs- (jue, quasi, en quelque sorte. Ce sens n'est qu'une extension du précédent et s'explique par une ellipse: Ce fut comme un éclair, c'est-à-dire ce fut de la façon que serait un éclair. Enfin on abjurait le monde où l'on avait reçu sa première naissance, pour se vouer totalement à l'Église, où l'on prenait comme une seconde naissance, pasc. Comparaison des chrétiens. Le ciel en sa faveur produit comme un miracle, mol. l'Étour. v, I4. On se donne à Pa ris, sans se parler, tomme un rendez-vous public, mais fort exact , tous les soirs , au cours et aux Tuileries, pour se regarder au visage et se désapprouver les uns les autres, la bhuy. vu. C'est une offrande comme encore souillée qu'on va mettre sur l'autel, MASS. Panég. St Benoit. Un goût qu'on apporte comme en naissant et qui semble ne pouvoir venir que du maître de la nc'.ure, ID. Car. Vocation. La suite ordinaire et comme infaillible d'une vie pécheresse, c'est la mort dans le péché, ib. ib. Impénit. finale. Tout ce qui s'y décide sans nous et comme malgré nous ne peut tarder d'être désavoué de nous-mêmes, m. ib. Vocation. Des fautes qui lui sont comme inévitables, iD, Car. l'ausie confiance. Je pourrais môme aller plus loin ci vous demander si l'innocence de la vertu ne vous eilt pas été comme plus naturelle, plus douce, plus aisée que le dérèglement du vice, ID. il». Le désir de souffrir pour Dieu fut comme sa passion dominante, FLÉciiiEU, Panég. ii, p. 260. Le pardon qu'elle obtenait lui était comme un nouveau lien qui l'attachait, m. ib. p. 261. 11 n'y a eu rien ou comme rien de pillé dajis la ville, PF.i.i.iss. n, 257.113" En qualité de. On le cite comme le plus savant lielléiiiste. Regarder la chose comme faite. Elle [l'ûmej comprend qu'elle ne doit plus penser ici-bas qu'à adorer Dieu comme créateur, lui rendre grftce comme redevable, lui satisfaire comme coupable, le prier comme indigente, pasc. Conv. du pécheur. Comme à de mes amis il faut que je lo cliante Certain air que j'ai fait de petite courante, mol. Fdch. i, 6. Un gentilhomme f.-ançais , qui, comme curieux d'obliger les honnêtes gens, a bien voulu prendre ce soin, MOL. Sicilien, (t. Comme sage, J'ai pesé mûrement toutes choses, ID. Tart. n, 2. {| 4° Dp quelle manière, par quels moyens. Je ne sais comme il me sera possible de m'accommoder au tera|is, va'JO. y. C. 309. Voilà comme l'amour succède à la coKre, couN. Rodog. m, l. Je sais trop comme agit la vertu véritable, m. Wor. iv, l . J'ai su par son r? pport, cl je n'en doutais pas, Comme de vos deux fils vous portez l(! trépas, ID. ib. v, 2. Et je vous montre à tous par
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là c»mme il faut vivre, in. Poly. v, 2. .\fiii d'être témoin, comme après nos débats Je chéris sa mémoire et venge son trépas, ID. Pomp. III, Ii. Mais je no comprends pas toute cette conduite. Ni comme à cet éclat la reine vous contraint, m. Nicom. m, 3. Montrez-lui comme il faul s'eiidur. ir.... ID. Cid,l, :i. Un cœur né pour servir sait mal comme on commande, ID. Pomp. IV, 2. Je vais savoir comme enfin tout se passe, m. Hor. m, i. Qui sait comme en ses mains ce portrait est venu? mol. .Sgan. 6. Je m'étonne comme le ciel les a pu souffrir si longtemps, ID. Von Juan, v, (. Qu'importe comme ils parlent, pourvu qu'ils me disent ce que je veux savoir? i.'). Poure. II, t2. On n'est pas en peine sans doute comme il faut faire pour vous louer, m. Ép. dédie, de l lie. des f. Je ne sais comme il est demeuré sur ma table, iD. D. Gare, n, o. S peine pouvoz-vous dire comme il se nomme, ID. Mis. i, t. On ne savait comme en venir à bout, la font. Court. Voici comme, à peu près, Ésope le raconte, LA FONT. Fabl. VI, I. Je t'attraperai bien, dit-il [l'ours] ; et voici comme. Aussitôt fait que dit, ID. ib. viii, 10. Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature. L'une un jour pourtant s'en moqua, Et ne. sais comme il y manqua : Car il est bonne créature, m. ib. viii, il. Il rêve la veille par où et comme il pourra se faire remarquer le jour qui suit, la bruï. xiii. Je lui demandai comme il se portait, sÉv. 12B. Prenez bien garde comme je parle, boss. Lett. abb. (04. Voilà comme je crus étouffer ma tendresse, rac. Andr. i, t. Le voyez-vous comme il vole ou à la victoire ou à la mort? boss. Louis de Bourbon. Voilà comme il conserva son innocence dans le grand monde, fléch. Panég. i, p. 353. Écoutez comme l'apôtre consolait autrefois les premiers fidèles , MASS. Car. Mort. [Ils] Nous ont assez appris comme on peut la dompter, volt. Tancr. i, t. Je ne sais point encore comme on manque de foi, id. Œdipe, m, 2. Il Intorrogativement. En cet emploi il a vieilli. Comme y fournirez-vous, quand il aura vingt ans? MALH. IV, I. Comme échapperons-nous en des nuits si profondes? id. h, i. Commea-t-clle reçu les offres de ma flamme? CORN. Pomp. m, S.Albin, comme est-il mort? id. Poly. m, B. Comme est-ce que chez moi s'est introduit cet homme? mol. Éc. des f. ii, 2. Il Comme que, avec le subjonctif, de quelque façon que. L'abbé d'Estrées se promettait je ne sais comme une foilune, ensa cramponnant, comme que ce fût, dans son triste emploi, st-sim. fSi, loa. Tout ce qu'on fait par autrui se fait mal, comme qu'on s'y prenne, J. J. souss. Ém. iv. Comme qu'on s'y prenne, il e.st impossible qu'on en vienne à bout, m. ib. n. Comme que je fasse, il m'empoisonnera, in. Conf. i. Il Familièrement. Dieu sait comme, locution qui signifie médiocrement, assez mal. Et peu d'amis, même amis. Dieu sait comme, la font. Faucon. Je croyais voir le président Faire bâiller en réponJant Que l'on vient de perdre un grand homme. Que moi je le vaux. Dieu sait comme, béhang. Acad. et Cav. Léandre me fait lui prêter De l'argent qu'il rend Dieu sait comme! id. a' mari. \\ Comme quoi, de quelle façon. Voilà comme quoi il est fort dangereux d'avoir demi-étudié, balz. lie. m, lett. o. Vous savez comme quoi je vous suis tout acquise, corn. Rodog. I, 7. Comme quoi est aussi interrogatif mais très-peu usité en cet emploi. Comme quoi n'êtesvous pas persuadé? || Comme quoi est de difficile explication. Comme a parfois le sens de comment; et l'on dit, interrogativement, ayant mal entendu : comme quoi? Cette étoffe est comme du salin ; si on a mal entendu, on dira dans le langage très-familier : comme quoi ? Comme quoi est devenu de la sorte une locution faite, qui s'est introduite pour ne signifier rien do plus que comment. || 5° Combien, à quel point. Comme il est changé! Vous voyez comme il travaille I Comme il est bon ! Comme il est aimable 1 Vous ne croirez jamais comme cliacuu l'admire, CORN. Cid, IV, (. Vous ne sauriez croire comme elle est affolée de ce Léandre! mol. Héd. m. lui, m, 7. Et par la fermeté dont ce cœur est armé, Titus, tu connaîtras comme il t'aurait aimé, volt. Brutus, IV, 0. Il 6° Conj. Quand, dans une période , deux membres expriment une comparaison, comme se met au commencement du premier, et le second a pour corrélatif ainsi, quelquefois aussi, et d'autres fois n'a point de corrélatif du tout. Comme la raison n'a plus de frein, ainsi l'erreur n'a plus de bornes. Comme il est inconstant dans ses projets, aussi voit-on qu'il réussit rarement. Et comme elle a l'éclat du verre. Elle en a la fragilité, corn. Poly. IV, 2. Et si c'est un bienfait qu'il faut rendre aujourd'hui , Comme il parla pour vous, vous parlerez pour lui, id. Pomp. i, t. Comme nous
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devinons, vous pouvez deviner, lu. Surina, iv, i. Comme tout est pur à ceux qui sont purs, tout devient souillé à celui (|ui l'était déjà par sa transgression, MASS. Car. Danger des prospérités temporelles. Il 7° Dans le temps où, au moment où. Comme il était à Paris, la révolution éclata. Comme il fut sorti de Delphes et qu'il eut pris le chemin de la Pliocide, LA font. Vie d'És. Comme il eut aperçu que, dans ce mélange infini de sectes, le plaisir de dogmatiser sans être repris était le charme qui possédait les esprits.... boss. Heine d'Anglet. Comme il fut arrivé à un pont, Pomponius et Licinius, pour faciliter sa fuite, firent ferme les armes à la main, VF.RTOT, Hévol. rom. liv. ix, p. 359. On dit que, comme on lui eut amené un cheval, un peu avant que le combat commençât, il tira son épée, le tua, et, se tournant vers ses soldats.... id. ib. liv. xi, p. (43. Vers le soir, comme elle était seule avec Virginie, il entra chez elle un grand homme vêtu d'une soutane bleue, berk. de st-p. Paul et Virginie. Il 8° Parce que, vu que, puisque, attendu que. Comme ses raisons paraissaient bonnes, on s'y rendit. Comme notre héros se voit près d'achever. C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver, CORN. Hor. IV, 2. Et comme pour toi seul l'amour veut que je vive, lu. Cinna, us, 4. Et comme à l'échauffer j'appliquerai mes soins, id. Nicom. l, 5. Comme toute disgrâce peut leur arriver [aux hommes], ils devraient être préparés à toute disgrâce, LA liRUY. XI. |{ Comme signifiant vu que et dans le temps où, peut être remplacé par que dans les membres de phrase subséquents. Comme vous êtes un fort galant homme, et que vous savez comme il faut vivre, mol. Slar. for. 4. Comme elle possédait son affection.... et que son heureuse fécondité redoublait tous les jours les sacrés liens.... boss. Beine d'Anglet. || Proverbe. Comme on fait son lit on se couche, c'est-à-dire celui qui n'a aucune prévoyance éprouve des désappointements de toute nature.
— REM. 1. Il faut prendre garde à l'emploi du comme avec une négation ; ce qui amène parfois de l'amphibologie. Ainsi dans cette phrase : la terre ne produit pas comme la mer des animaux qui..., cela peut vouloir dire : ou que ni la terre ni la mer ne produisent des animaux qui.... ou : la terre, à la différence de la mer qui en produit, ne produit pas des animaux qui.... Il faut donc éviter cette tournure dans les cas où le sens n'est pas clairement déterminé. Il 2. Comme quoi est nouveau et bien reçu, pour dire comment, dit Marg. Buffet, Obscrv. p. 70, en 1668. Vaugelas observe aussi que celte locution n'est pas ancienne. Thomas Corneille ajoute qu'aile a déjà vieilli. Mais depuis elle est rentrée dans l'usage. Il 3. Comme ainsi suit que e.st une locution qui était encore usitée au commencement du xvii* siècle, mais qui depuis lors est tombée en désuétude. Voyez-en des exemples dans l'Iiistorique, auxvi' siècle. Ellesignifie :commeilestvraique.... || 4. Comme s'est dit après autant, aussi, tant, si. Ce n'est pas tant Ib mouvement comme l'action qu'il faut prendre, DEsc. Diopt. I. Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui, corn. Poly. m, 3, Ma foi, vous en tenez aussi bien comme nous, id. le Menteur, V, I . Il n'est rien de si beau Comme Caliste est belle, MALH. V, 12. Mais en quel autre cœur est la douleur si vraie Comme elle est dans le mien? ID. VI, II. Cette construction ne s'emploie plus, du moins dans le style ordinaire; car, en vers et dans le style élevé, elle serait acceptable et ne paraîtrait pas surannée. || 5. Comme tout est une locution populaire, depuis longtemps condamnée et quin'arien en sa faveur. Voici un terme des plus barbares où bien des provinciaux tombent : ils diront : cet homme est riche comme tout; il faut dire : est très-riche, MABG. liUPFET, Observ. p. 75, en toas. || 6. Comme de juste, pour dire comme il est juste, est une locution populaire qu'il faut aussi écarter. De juste n'est pas français et ne le devient pas davantage pour être joint à comme.
— HIST. IX' s. Si cum on, per dreit, son fradra [frère] dist [doit]. Serment. \\ x' s. Enz en '1 fou la getterent, corn arde tost, Eulalie. Si astreient [seraient] Ii Judei perdut, si cum il ore sunt, Fragm. de Valenc. p. 4C8. || xr s. Pur tant cum il pusscnLle dreitservise faire, L. de Guill. 33. Conseilez meicume mi home salve, Ch. de Roi. ii. Terres et fiés [fiefsj tant cum vous en vuldrez , ib. v. Par main [matin], en l'aube, si cum Ii jorz esclaire, ib. lu. Si cum il put, du pin est avalet, ib. Lxxix. Cum il le vit, à lerir le [il] désire, ib. cx;i. Cum [comment] faitement lui manderons novelles? ib. cxxvi. Pour ce sont Franc si fier cume lion, ib. CXL. Laissez les morz tout ainsi cum il sont, ib. CLZXiv. Cum il eotrereol
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en la chambre voltice, U fireul.... ib. cxcj. Cum decliera [déchoira] ma force el ma haldur! ib. cciv. Il xii' s. Si voiremtnt com nous bien le créons, Rone. p. 4S, Com s'el m'eUst dedenz son corps portée, 16. p. ICI. Aussi com vous le me poez douer, Ount vous plaira, le me poez rctraire, Couci, II. Si con fait nés [nef] que vens guie [guide], ib. m. Tant COM [je] fu miens [je m'appartins], [elle] ne me fist se bien non, ib. vi. Mais se clamer m'i volez vosire ami, Comme [il y] auroit ci très glorieus secours! ib. vu. De ceste amor qui tant me fait pener, Ne voi-je pas com je puisse partir, 16. x. Si [je] me merveil cun vostre cuers l'endure, 16. xi. Car quant je me repourpens Comme ele est bele à veoir, )(i. XII. Pour une qu'en ai haïe, J'ai dit aux sinres folie Come irous [inité], quesnes, llomancero, p. 87. Lors [ds] sauront comme Charles nous a le jeu parti, Sax. xxiv. || xiii' s. Ha! biau sire Dieu, con grant domages ce l^u que celé assemblée, qui fu ileo, ne fust avoec les autres devant Andrenoble! viLLEit. cxLix. Ha Dex! com périlleuse bataille, de si peu de genl encontre tant! ID. clx. Comme droit hoir de France [ils] font Pépin courone-, nerle, m. Il surent aussi bien le françois de Paris Com se il fussent né au bour à St-Denis, 16. v. i vous [je] l'envoierai si com pour là gésir, 16. xiii. Ainsi come [elle] eûst deuil, [elle] prent fort à souspirer, ib. xvii. Vermeille ert [elle était] comme rose, blanche com flor de lis, ib. xxx. Si [elle] saignoit com ce fust perceûre de clou, ib. xxxii. Aliil mère, fait-ele, com auriez cœur mari, Se voiis saviez.... ib. i.ix. Il l'amoient [Berte] de cuer comme bien enseignée. 16. Lx. Il XIV' s. Kt est semblable, comme qui feroit comparaison d'une chose qui a ame à celle qui n'a point d'ame, oresme, Elh. 207. |l xv* s. U a fait votre traité tout comme vous l'avez demandé, FROiss. II, m, 23. Etn'y avoit aucun, comme grand qu'il fust, qui de rien osast trespasser son commanrlement, ni contredire [d'Arteve.'le], ID. 1,1, 66. Je iroie volontiers assaillir ce fort chaslel, comme travaillé que je sois, pour essayer si nous y pourrions rien conquester, id. i, i, 4 82. Si devez savoir que la joiefut très grande, quand [les Anglais] sçurentque [les Ga.scons] estoient, com durement que ce fust, arrivés ei venus à port de salut, id. 11, 11, 120. 1! fut commanîé et dit que quiconque avoit prisonnier que tantost il l'occist, et que nul n'y fust excepté ni dis- .siniulé, comme vaillant, comme puissant, comme noble, comme gentil ni comme riche qu'il fust, m. II, IH, 20. Et fut prouvé sur eux, si comme je fus adonc informé, id. ii, 11, 2. Il me faut regarder comme hastivement je me puisse venger de ce despit que l'on m'a fait, ID. i, i, loo. Consul de Rouie, qui astoit office comme nous dirions duc et connestable (le la chevalerie, liouciq. i, ch. (8. Ledit duc, comme il veit les portes fermées, fist saillir les gens lie sa cliambre, coM.'iï. 11, 7. Tout ainsi comme cecy avoit esté conclud, il fut exécuté, iD. iv, a. Se agenouilla comme à demy pied de terre, id. iv, 10. Hardy autant comme homme qui ait régné de son temps, ID. V, 0. 11 receut lettres comme la duchesse d'Austriche esloit morte, ID. vi, 7. Estoit là avec plusieurs de ses enlans comme trois fils et ung filz, m. 1, 2. Et n'estoit point si forte comme elle est à
présent, ID. i, ? Lui escripvoit comme [que] le
roy partoit, iD. i&, El tous lesautrea se mettoientàla suytte comme ils venoient , id. 1 , 3 Comme la nuy t fut toute close, on ordonna cinquapte lances pour veoir où le roy estoit logé, id. i, 4. Et gaignerent une petite isle qui estoit comme au meillieu, id. i, (i. Les Lyegeois en très grant nombre degens comme ilo trente mille personnes, id. 11, 2. Quand la pièce lie bœuf fût comme toute depeschée, Louxs xi, Nouv. i.xxxiii. Il XVI' s. Il le faisoit contourner en uug cercle, tant à dextre comme à seneslre, rab. Car. I, 23. Lesquelles façons n'accordent non plus avec la nature du sacrement comme [que] le feu avec l'eau, C.U.V. 316. Comme ainsi soit que Dieu ne puisse recevoir aucun bien-fait de nous.... m. liulil. m, <3. Comme leur oserions nous ester l'héritage de vie? m. ib. 369. Tcui cela est autant comme s'ils plaidoyent contre Dieu, de ce qu'il a créé le monde si lard , comme ainsi soit qu'il l'eust peu laire dès le commencement, id. tb. 351. 11 nous a voulu, comme en passant, signifier la grandeur de sa miséricorde, 1 d i'!;. 288. Car suyvre faut la reigle et loy de Christ, Comme il l'a baillée par escrit, marpt, i, 272. La plus grosse besle qui soit, Monsieur, comme est-ce qu'on l'appelle'? id. m, (44. Martin ne veut point de Catin; Je le trouve aussi fin comme elle, id. m, 176. Oue sçais-tu quel j'estois devant qu'aller à Rome' Quel j'en suis retourné? quel j'ay vescu, et comme? duuei.l. vi, 60, verso. Comme quelques
DILT. ni; I.A I.AMU'K FRAM.AISK.
jours aprez un de ses gents voiiit à mourir, mo.nt. I, 6. Comme .si nulle contenance ne pouvoit représenter ce degré de dueil, m. i, 7. Ils accusc.ent celle pratique, comme ennemie de.... ID. I, 23. Comme grant capitaine el philosophe, id. i, 28. Gomme nous voyons des terres, ainsi est il des esprits, m. I, 31. Comme est-il po.ssiblc d'aller? id. I, 72. Comme il feut en sa présence, il lui dict, in. I, 127. Penses tu qu'il cherche comme il se rendra plus homme de bien? id. i, 278. H en est peu, ou comme point, qui n'aient essayé quelque»fois en eux mesmes la cruauté du tyran, la boétie. 68. Je te ftray doncques de surcroist le conte comme c'est que je me prins garde de ce beau mot, id. 162. Voyià comme j'en use, in. 217. Comme le père lui demandast combien il vouloit avoir pour lui instruire et enseigner son lils, langue, <i3. Le mal de quoy on a bonne conoissance est comme demi guéri, id. (58. On regarde seulement comme son voisin fait, m. 167. C'estoit comme on dit : aprts la mort le médecin, id. 254. Et comme pourroit-il souffrir qu'on l'allast attaquer jusques dedans sa caverne, sans se défendre, comme font les bestes généreuses? id. 441. Les exemples ne monstrent pas seulement comme il faut faire, mais aussi impriment affection fie le vouloirfaire, amyot, l'réf. iv, 30. Comme tout le monde se trouvast estonné d'un conseil hardy et si avantageux, id. Cimon, 9. Homme consommé en tout rare .sçavoir, ainsi comme ses œuvres ne laissent douter à qui les a entièrement leues, id. VréÇ. xxi, 48. On surnomme celle déesse Kpitragia, comme qui diroit, la déesse du bouc, id. Thésée, 21. Thésée y alla comme les autres, id. tb. 5. Le menu peuple saccagea ceiilx que l'on appeloit prosagogides, comme qui diroit les courratiers, id. Dion, 37. Elle ne peut trouver mary d'aussi noble maison comme elle, pour sa pauvreté, m. Cimon, 8. J'auray pillé du feu qui cause voslro perte, Pleurant vostre douleur comme l'ayant soufferte, ro.ns. fl09. U vous fera pardon, il est dieu débonnaire. Et, comme les humains, ne tient pas sa colère, id. 870.
— ËTY.M. Bourguig. qneme ; Berry etSaintonge, coume (d'après Palsgrave, ji. 57, au xvi* siècle on prononçait co unie); piovenç. com, co, cum; ano. catal. anc. espagn. anc. portug. anc. ital. com; espagn. et (lortug. mod. cnmo; ital. mod. come; sicil. coma; du latin quomodo, composé de quo et modo: de la façon que, en quelle façon. Ce qui écarte tout à fait de l'élymologie la conjonction latine cum, ce sont les formes come, como, incompatibles avec elle. Si l'on passe en revue les exemples depuis le ix'sièclejusqu'au XVI' siècle, on verra que, dans les siècles antérieurs au XVI', cum, cnm ou comme pourrait être remplacé par quomodo soit directement, soit par une dérivation d'idée facile à saisir; mais qu'à partir du xvi'siècle, comme est assimilé à la conjonctionlaline quum,et même on vajusqu'à faire legir à commele subjonctif devant l'imparfait, demémeque quum le régit en latin. Dans un tjxte cité du x« siècle, come, suivi du subjuuctif, a la signification : de façon que : Ils la jetèrent au feu, de façon qu'elle brûle tôt. Cet emploi se rapproche, pour le sens, de notre tournure : Obtenez un arrêt comme il faut que je dorme, rac. Plaid.
COiMMÊMOIlAlSO.V (ko-nimé-mo-rè-zon) , s. f. Terme de liturgie. Meiilion faite d'un saint le jour consacré à la fête d'un autre. L'Église fait commémoraison de tel saint.
— ÈTYM. Korme ancienne de commémoration.
t COMMÉMOKATIF , IVE ( ko-mmé-mo-ra-tif, ti-v'), adj. Qui rappelle le souvenir. Fête commémoiative. || Dans le langage médical, signes commémoratifs, les marques iju'a laissées le passé sur le corps du malade. Circonstances commémoritives, circonstances passées, tant celles qui résultent des signes commémoratifs, ijue celles qui ne se savent que par les aveux du malade, ou les déclarations des assistants.
— lÎTYM. Voy. COMMÉMORATION.
COMMÉ.MORATION (ko-mmé-mo-ra-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Cérémonie établie pour rappeler le souvenir d'un événement. La communion est une douce commémoration du sacrifice de la croix, Boss. Lctt. Corn. 56. Encore que ce sacrifice soit une commémoration de celui de la croix, PASC. Prov. 16. Les Béotiens en faisaient commémoration [de Cadmus] dans leurs cérémonies, volt. Mœurs, de'/uf/e. || La Commémoration dos morts, la fête que l'Eglise célèbre le jour des .Morts. |{ 2' Eu général, souvenir. Je garde chèrement ce portrait en comméiiioratioii de notre ancienne amitié. || Familièrement et en plaisantant, faire commémoraiioiil de quelqu'un, en faire mention.
— IIIST. XVI* s. Vous ferez ceci en commémoration lie moy. calv. Inslit. <088. I.a passion de nos' tre Seigneur, dont la commémoration se faisoit en ces jours-là, marg. Nouv. xi.
— f.TYM. l'rovenç. comemoracio ; espagn. commemoracinn ; ital. commernorazione; du latin commemnrahonrm, de cfmimcmoiare, commémorer.
t CO.>I.MP..MOItÉ, ÉK (komm':-nio ré, rée), part, passé. Des faits commémorés par nos grands-pères
t CO.^IMÉ.MOUER (ko-mmé-mo-ré), ». a. Néologisme. Happeler au souvenir.
— ÉTYM. Le latin cnmmemnrare, de cum, et memorare, avoir mémoire (voy. mémoraule).
COMMENÇANT, ANTE ( koman-san.san-t'), i. m. et /'.Celui, celle qui est aux premiers éléments d'un art ou d'une science. L'auteur du SjTectacle de la Nature est tombé dans une méprise qui peut égarer les commençants, VOLT. Netcl. II, (. Cette forme de leçon était plus propre à encourager les com.mençant3, qu'il faut sans cesse distraire de ce que l'étude a de pénible par quelque altrait de curiosité ou par l'intérêt de quelque appiicîtioii utile, condorcet, Buequel.
COM.MENCÊ, ÊE (koman-sé, sée), part, passé. Il 1' Une construction commencée. L'année étant commencée. Le cœur qui n'était encore que commencé à former, desc. i-œ(i«. 4. Serons-nous fort contents d'une pénileiice commencée à l'agonie, qui n'aura jamais été éprouvée , dont jamais on n'aura vu aucun fruii? boss. Anne de Gnns. Quelle est donc sa pensée et que cache un discours Commencé tant de fois , interrompu toujours? rac. Phèd. V, 4. Elle a trois fois écrit, et, changeant de pensée. Elle a trois fois rompu sa lettre commencée, ID. ib. V, 5. Je suis au comble de ma joie de voir l'affaire des Sirven commencée, volt. Leit. Bfaumont, (5 sept. )780. Pour persécuter un homme légalement, il faut du moins quelques preuves commencées, VOLT. Leil. d'A rgeiual. i 3 sept. 1 7fio. || 2° Qui a reçu les premiers éléments d'un art, d'une science. Cet élève commencé par un habile maître.
COMMEN'CEMENT ( ko-min-se-man ; quelques pers'^nnes prononcent ke-man-se-man; celte prononciation, qui est un provincialisme, n'est pas reçue; du reste il est constant que nos ancêtres avaient une certaine tendanie à assourdir le sonde l'o en e muet; d'après Palsgrave, p. 57, au xvi' siècle, on pro.'îonçait coumanceman), s. m. || 1" La première partie d'une chose qui a étendue ou durée. Bon, mauvais commencement. Le commencemei.t d'un livre, de l'année. Les vieillards qui lui conseillaient d'affermir les commencements de son règne, mass. Pctit-Caréme. Toit, des jrands. Pour reprendre un fait dès ses commencements, la bruy. Théophr. il. Dès le commencement de nos entreliens, dil-il, je me suis engagé à vous expliquer les maximes de r.J3 auteurs pour toutes sortes de conditions, pasc. i'rot;. 8. Les hommes s'ennuient enfin des mêmes choses qui les ont charmés dans leurs commencements. LA BRUY. XI. Le poème tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine dans tout son progrès la liberté de respirer.... id. i. Ce que je sais le mieux c'est mon commencement, RAC. Plaid. III, 3. Il Prendre son commencement, prendre commencement, en parlant des choses, commencer. La guerre prit commencement, ou prit son commencement au printemps. || Au commencement, dans le commencement, dans les premiers temps. Au commencement tout allait bien. || Au commencement que.... Au commeijcement que l'évêque avait seul entre les mains tout le revenu de son église, en était-il plus fastueux? mass. Ci>n(. Usage des reicnus ecclésiast. \\ Dans le style de l'Écriture, au commencement, c'est-à-dire au commencement du monde. Au commencement. Dieu créa le ciel et la lerre. Il 2° Terme de théologie. Premierprincipe. Dieu est le commencement et la fin deloutesclioses.|i 3° 'Terme de jurisprudence. Con?menccmenlde preu\e, indice qui commence une [ireuve, qui met sur la voiedola preuve, qui autorise à fournir lapreuve. || 4° Ébauche. Ronsard, qui de son temps a passé pour le prince des poê'.c^ français, quoique au jugement de M. de Balzac il ne .soit tout au plus cjue la matière et le commencement d'un grand poète.... mëmage. Préface aux Œuvres de Malherbe. || S' Au plur. Les premiers développements d'un État, d'un homme. Les grandes forlunes viennent souvent de petiiscoramencomenls. Il ne faut pas prendre, de la ville de home dans ses commencements, l'idée que nous donnent les villes une nous voyons aujourd'hui, uoNTESQ. liom. 1. Tout le reste de sa conduite répondit à do si beaux commencements, boss. le Tellier. La plupait des hommes, pour arriver à leurs
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fins, sonl plus ca- ailles d'un grand effort que d'i:.. longue persévérance; leur paresse ou leur incon^ gtance leur fait perdre le fruit des meilleurs commencemenls, la iinuY. xi. Les commencements de ceux qui n'ont pour eux que leur mérite sont assez obscurs et assez lents, fonten. Dodart. \\ Les premières leçons ou notions d'un art, d'une science. Les commencements sont toujours difficiles. Avoir lie bons commencements. Donner de bons commencements. Il l'roverbe. Il y a commencement à tout, c'est-à-dire il faut faire son apprentissage en toutes choses, on ne peut bien faire tout d'abord.
— REM. On entend souvent des phrases comme celle-ci : nous allâmes demeurer tout auprès de lui, et du commencement l'on se visitait. Il faut dire : av. commencement', dans le commencement. Le bon u.sage n'a point adoptécette locution, bien qu'elle soit construite comme du (emps (du temps de Louis XIV), et qu'on ait dit autrefois : de commencement.
— HIST. XII' s. Commencement de douce saison bêle, Que je voi revenir, Couci, xviii. || xiii" s. Comme ele l'arrea [la trahison] dès le commencement, Berte, xcv. Kle [la dame] commence avenanment [son récit]; Or oyés le commencement, Flore et Bl. 56. Quant li avocat pledent por autre, il doit dire à celi qui tient le [la] cort el commenchement se [sa] parole, beaum. v, 7. || xiV s. Pour ce que riens ne vaull li bons commencemens Ne li moiens [le milieu], se bons n'est li deffinemens, Girart de lioss. v. 69G9. Et semble que le commencement ou principe soit plus de la moitié de toute la besoigne, onESME, Elh. xi, t7. Selon Aristote.le monde est perdurable, mes en vérité il eut commencement, ID. ib. 06. Il xV s. [Les archers] se boutèrent au hahay, et navrèrent de commencement tout plein des garçons des Hainuyers, froiss. I, I, 31. La fin en sera mauvaise; Ains que vostre œuvre soit usée; Commencement n'est pas fusée, j. ciiARTiER, Ilisl. de Charles VU, p. 1 1 1 , dans la- CURNE. L'on dit : commencement n'est pas fusée mais advantaige grant, Perceforest, t. vi, p. 84. Il XVI' s. Mourut ce bon capitaine et honnorabie seigneur, qui ne pouvoit mourir autrement; car qui a bon commencement abonne fin, brant. Capil. fr. t. I, p. 82, dans LAGURNE. Zenon, tout au commencement des livres de la republique, declaroit inutiles toutes les libérales disciplines, mont, ii, 239.
— ÉTYM. Commencer; lîerry, c'minccment, c'mencement; provenç. comemamens ; catal. comensanien(;anc. espagn. comenzamiento ; ital. cominciamento. L'ancien français avait aussi commencence et cnmensaille.
COMMENCER (ko-man-sé ; quelques personnes prononcent ke-man-sé, provincialisme non reçu; le c prend la cédille devant a et o; commençant, commençons),D.a. Il i-Donnercommencemenlàquelque chose. Commencer une construction, un discours. J'ai commencé la lecture de ce livre. Ce que j'ai commencé je ne l'achève point, eac. Iphig. m, (. Notre grand flandrin de vicomte, par qui vous commencez vos plainles, moi-. Mis. v, 4. L'on en sait d'autres qui ont commencé leur vie par les plaisirs et qui ont mis ce qu'ils avaient d'esprit à les connaître, que les disgrâces ensuite ont rendus religieux, sages, tempérants, la bruy. xi. || 2° Être au commencement de. Commencer l'année, commencer la journée, être aux premiers jours de l'aimée, aux premières heures de la journée. Je crains que cet enfant ne commence une maladie grave. Commencez donc par là cette heureuse journée, rac. Iphig. m, 4. || 3" Être en tête, au commencement, en parlant des choses. Le mot qui commence la phrase. {| 4° Ébauclier. La nature commence avec nous ce .sentiment, noss. Conn. de Dieu, iv.|| 5° Commencer un élève, lui donner les premières leçons. Il Cette nourrice a commencé cet enfant, elle est la première qui lui ait donné à teter. |1 Terme de manège et de vénerie. Commencer un cheval , commencer un chien, commencer à dres.ser un cheval, un chien. {| 6° Y. n. Prendre commencement, en parlant des choses. Notre année commence au premier janvier. La leçon commence à telle page. Voilà qui commence bien, luidis-je, pasc. Prot;. 4. Près de la borne où chaque État commence, Aucun épi n'est pur de sang humain, rérang. Sainte alliance det peuples. Ce serait ignorer sa nature, de s'imaginer qii'elle ait commencé, pasc. Préf. ride. || Être au début, en parlant des personnes. J'ai pris ce livre pour l'étudier, et je commence. 11 a mal commencé. U y a un jeu dans la conduite: on a commencé, il faut finir, on veut fournir toute la carrière, la brit. XI. Il Commencer par, faire d abord, parler d'abord, i'en prendre d'abord à.... Commençons par nous
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préparer, ensuite nous agirons. Ciel, que lui vais-je dire et par où commencer? bac. Phèd. i, 3. Pour commencer par Néron, il faut se souvenir qu'il est ici dans les premières années de son règne, qui ont été heureuses, rac. Brit. 2" préface. Il commence, il est vrai, par où finit Auguste; Mais crains que, l'avenir détruisant le passé. Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé, ID. t'b. i, 1. 1| Commencer à avec un infinitif. Commencez par Sabine à faire de nos vies Un digne sacrifice à vos chères patries, CORN. //or. II, 6. S'il cesse de m'aimer, qu'il commence à me craindre, corn. Médée, i, B. Tant de précaution commence à me lasser, m. Sertor. iv, 2. On commence en Europe à la moins redouter, volt. Tancr. i, t. Après trente-trois ans sur le trône perdus. Commençant à régncri il a cessé de vivre, corn. Sonnet .mr Louis XIII. Ce n'e.st pas être tiansporlé d'un lieu à un autre que de commencer à entendre ce qu'on n'entendait pas, Boss. Connaiss. iv , <o. La vie est un sommeil; les vieillards sont ceux dont le sommeil a élé plus long; ils ne commencent à se réveiller que quand il faut mourir , la bruv. xi. Il Commencer de. 11 a commencé d'écrire sa lettre. Albe où j'ai commencé de respirer le jour, corn. Ilor. I , < . Vous avez commencé tantôt d'y consentir , ID. Il&acl. V, 6. Puisque j'ai commencé de rompre le silence.... rac. Phèd. ii, 2. Ma vie à peine a commencé d'éclore, m. Esth. i, 5. Ses transports dè.s longtemps commencent d'éclater, m.. Brit. m, 3. .le commence d'avoir plus d'espérance de mon retour que je n'en avais eu jusqu'ici, voit. Lett. 37. Le conte qu'il a commencé de faire à quelqu'un, LA BRUY. XI. Le Vésuve ne commença d'être un volcan dangereux que quand l'Etna cessa de l'être, VOLT. Mœurs, Inirod. chanq. Ô rives de la Saône, où ma faible paupière X la clarté des cieux commença de s'ouvrir, Lieux où l'on sait au moins respecter l'innocence. Vous ne me verrez plus!.... ciLB. Le poète malheureux. Avant d'avoir commencé de vivre, J. J. Eouss. Ém. Ii.... tout ce qui pense et tout ce qui respire Commença de souffrir, lamart. Méd. i, 7. Il commença d'exercer son ministère, BOSs. Jlist. u, to. Un loup qui commençait d'avoir petite part la font. Fabl. m, t. La renommée enfin commença de se plaindre , la font. Fabl. vi, 20. Nous commençons de vivre par degrés, et nous finissons de mourir comme nous commençons de vivre, buff. De la vieillesse et de la mort. Le roi Henri VIII commença d'ébranler l'autorité de l'Ëglise, boss. Heine d'Anglet. Et déjà mon rival commence de paraître, mol. D. Carc. v, 3. Nous commençons d'être connues, m. les Précieuses, ta. X demi-lieue de là, Létoile commença de se plaindre, SCARR. Ilom. com. ii, t2. Il Impersonnellement. Il commence. Il commence à pleuvoir. 11 a commencé à faire nuit. || 7° Se commencer, v. réfl. Prendre commencement. Cette étude , cet a'ppren lissage doit se commencer de bonne heure, si l'on veut réussir. || Proverbes. N'a pas fait qui commence, c'est-à-dire il ne suffit pas de commencer, il faut poursuivre et continuer. Dans un sens analogue : A moitié fait qui commence bien.
— REM. Les grammairiens ont essayé de distinguer entre commencer à et commencer de, disant par exemple que ; Cet enfant commence à marcher signifie que l'enfant prend l'habitude de faire des pas, et que ' ;t enfant commence de marclier signifie que l'enfant, qui était immobile, se met à faire des pas. Cctie distinction subtile n'est pas justifiée par l'usage des auteurs.
— IIIST. X' s. Quant oi comenciest [quand vous commencez aujourd'hui], Fragm. de Valenc. p. 489. Il xi° s. [Il] baisse son chef, si cumencet à penser, Ch. de Roi. ix. Que je ne fu à l'estor cumencer, ib. CLXxiii. ||xii° s. Commenciez est li dex [dcuilj eiii, estriz, Banc. p. 72. Toutes ses plaies comencent à saigner, ib. p. 90. Moût fait l'amors que vilaine. Qui comence por faillir, Couci, iv. En aventure [peut-être] [je] comens Ma daerraine chanson, ib. XV. Et la mauviz [alouette] qui commence à tentir, ib. xviii. Au commencier [je] la Irovai si doucete, ib. VI. Quand il commençad à régner. Bois, p. 4i. Il XIII* s. Et nostre sires les en commenclia mains [moins] à amer que il n'avoitfait, villeh. cviii. X ce tems dont vous ai l'histoire commencie, Berte, ii. Lors commence la dametenrement à plorer, ib. xliii. Il XV" s. Folie parmaintenue vaut pis que folie commencée, FROISS. Il, m, 38, U m'apperceu, si commença à rire, en. b'orl. io. ^t luy commença la parolle disant, comm. i, (2. ||xvi' s. Peu de temps aprez elle commencea à souspirer, lamenter et crier, RAB. Garg. i, o. Lors commencea le monde attacher les chausses au pourpoinct, id. ib. i, 8. S'ils com-
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mencent une fois de la reputer selon leur» œuvre.^, CALV. /njlif. 0)8. Depuis mercredi, madame s'est trouvée beaulcoup plus mal qu'elle n'avoit esté despuis qu'elle a commencé à se lever, marg. Lett. xl. J'ay commencé de les mettre en roolle, mont, i, 33. Les oracles avoyent commencé à perdre leur crédit, m. i, 42. Les voiles aegyptiennes, qui commençoieni à les approcher, m. i, 03. Et, pour commencer à luy oster son plus grand advantage, id. i, 70. Que l'amitié commence de ce jour d'huy entre nous, id. I, t30. Encore l'injuria il bien plus oultrageusement, et ce en une chanson, qui se commence, ô muse ! ID. Thém. 4t.
— ÉTVM. Berry, c'mtncer , c'mcncer; Saintonge , coumencer, coumincer; bourguig. quemancé; provenç. comensar, comenchar ; catal. comensar ; anc. espagn. compenzar, avec un p intercalaire; espagn. mod. comenzar ; portug. comezar ; anc. ital. comenlare ; ital. mod. cominei'are; du latin c«m, et tniti'are, commencer (voy. initier).
I COM.ME^•CEUR (ko-man-seur), s. m. Celui qui commence.
— IIIST.xv's.Sainlré, quijàestoit en point comme le commenceuret entrepreneur de l'emprinte, monta à cheval, /. de Saintré, 33.
— ÉTVM. Provenç. comensaire, comensador ; ilai. cominciatore. Dans le provençal, comensaire est le nominatif, et comensador \e régime.
COMMENDATAIRE (ko-man-da-tê-r'), adj. Qui tientun bénéfice en commeude. Abbé commendataire, ecclésiastique séculier nommé par le roi aux abbayes en commende. || Qui est tenu en commende. J'allai me réjouir avec M. delaTrappe [de Kancé] delà solidité que le roi venait de donner à son ouvrage; c'était une abbaye commendataire de tiooo ou 42000 livres de rente, st-sim. 32, 1 17. Les abbayes comrtiendataires allaient à 4 BOO «00 livres, volt. Louis XIV, 35.
— ETYM. Commende.
t. COMMENDE (ko-man-d'), j. f. \\ 1° Originairement, la provision d'un bénéfice qu'on donnait à un séculier pour en jouir par économat, en attendant qu'on eneût pourvu un titulaire. || Plus tard, titre de bénéfice donné par le pape à un ecclésiastique séculier ou à un laïque nommés par le roi (il s'agit des bénéfices ecclésiastiques qui étaient à la nomination du roi, depuis le concordat de Léon X et de F-ançois I"). Une abbaye en commende était celle où le roi nommait un ecclésiastique séculier, qui jouissait, en vertu de cette faveur, d'un tiers du revenu, sans aucune autre obligation que d'en faire un bon usage; des deux autres tiers l'un restait à la communauté, et l'autre devait être employé aux réparations de l'église et aux aumônes. Les cardinaux, les premiers ministres, les princes du sang, qui l'eurent eij commende [C.luny], prétendirent les mêmes droits que les abbés réguliers, st-sim. 279, ifl. Il 2° Par extension. C'était une coutume dans l'Amérique espagnole de réduire les Indiens en commende et de les sacrifier aux travaux des mines, CHATEAtiB. 6'e'nie, iv, iv, 4.
— HIST. xvi" s. Le pape ne peut lever aucune chose sur le revenu du temporel des bénéfices sous prétexte d'emprunt, impost, vacant, incompatibilité, commande, neufiesme, décime.... p. piTiiou, t4.
— ÉTYM. Bas-lat. commenda, de commendare (voy. commanoer).