‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 412 sur 504 · COMMENDE (ko-man-d') , s. f. Terme de pêche · texte numérisé non relu

COMMENDE (ko-man-d') , s. f. Terme de pêche

Voy. COMMANDE.

I CO.MMENDER (ko-man-dè) , v. a. Donner un bénéfice en commende.

— ÉTYM. Commende.

COMMENSAL (ko-mman-sal), s. m. \\ !• Chacun de ceux qui mangent habituellement à la même table. C'est mon commensal. Nous sommes commensaux. Nos commensaux ont fait faux bond, sCv. 40. L'un qui se piquait d'être Commensal du jardin, l'autre de la maison, la font. Fab. m, t2. Ber trand avec Raton, l'un singe, l'autre chat, Commensaux d'un logis, avaient un commun maître, ID. ib. IX, 17. Il Au fdm. La mouche voltige impunément autour du maître des animaux dont elle se fait la commensale malgré lui, bern. de st-p. Ilarm. liv. Il, Anim. || 2" Officier de la maison du roi ayant bouche à la cour en temps de service.

— HIST. XVI' s. Commensal (rendu en anglais par boorder that gothe to borde), palsgr. p. t»9.

— ÉTYM. Com, avec, et mensa, table; espagn. cnmmensual.

COMMENSALITÉ(ko-mman-sa-li-té),s./'.||l'Qualité de commensal. Notre commensalité a duré troii ans. Sa commensalité est fort agréable. Il [Huniboldt] frappe fort sur le roi de Prusse avec lequel il

COM

COM

COM

a dtné, auprès duquel il couche à Potsdam; cette commensalité, cette domesticité le gênaient, il en tire vengeance, ph. ciiasles, J. des Débats, 20 mai 1880. Il 2° Droit d'être commensal à la table du souverain. L'Académie française jouissait du droit de commensalité.

— HlST. XVI* s. Est avisé que partie n'y sera point venue [devant un tribunal], s'elle ne dit qu'il est son conseiller, advocat procureur ou solliciteur et de sa commensalité, Ordonn. des ducs de Bretagne,

(04, dans LACURNE.

— ÊTVM. Commensal.

COM.lIENSIîRABILITÊ (ko-mman-su-ra-bi-li-té),

s. f. Terme de mathématiques. Qualité d'être commensurable.

— f.TVM. Commensurable.

COM.MENSDRABLE ( ko-mman-su-ra-bl' ) , adj.

Terme de mathématiques. Qui a une mesure commune, c'est-à-dire où celle mesure peut s'appliquer exactement un certain nombre de fois. Ainsi la toise ancienne et la brasse ou pas géométrique étaient commensurables parce que la toise valant six pieds, la brasse en valait cinq; et qu'ainsi le pied était la commune mesure de l'une et de l'autre. Au contraire, le côté d'un carré et sa diagonale ne sont pas commensurables, parce qu'il n'y a pas de longueur, si petite qu'on la suppose, qui s'applique un nombre de fois juste sur tous les deux. C'est par la monnaie que les biens d'espèces diverses deviennent commensurables, J. J. Rouss. Ém. m.

— mST. xiv s. Aussi est ce simplement impossible que ledyametredu quarré soit commensurable àsoncostû, ORESME, Thèse de meunier.

— ÈTVM. Com, et mensurable, inusité, de mensurabilis, mesurable (voy. ce mot). •

t CO.MMEN'SURATION (ko-mman-su-ra-sion), s. f. Terme de mathématiques. Recherche d'une commune mesure entre deux grandeurs.

— HIST. xiv s. Oui excède et passe la commensuration et proporcion qu'il doit avoir, oresme, Thèse

de MEUNIER.

— ÉTYji. Com, et mensuration.

COMMENT (ko-man), adv. || 1° De quelle sorte, de quelle manière. Voulez-vous savoir comment il faut donner, mettez-vous à la placede celui qui reçoit. Il Je suis, je me trouve tout je ne sais comment, je suis dans un état de santé ou d'humeur qui n'est pas le bon état de santé ou d'humeur. || Comme, à quel point. Vous ne sauriez croire comment l'erreur s'est répandue, et de quelle façon chacun s'est endiablé à me croire médecin! mol. iléd. m. lui, m, t.||2°ll exprime rinterrogation,etsigniflede quelle manière, par quel moyen. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? i\j^c.Athal. m, 7. Comment se sont-ils vus? depuis quand? dans quels lieux ?iD.P/ièd. iv, 6. Et je saisque de moi tu médisl'an passé. — Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né? la font. Fabl. i, 10. Une femme.... qui vécut toute sa vie en péché mortel et mourut enfin en cet élat, et qui ne laissa pas d'être sauvée par le mérite de cette dévotion. Et comment cela, m'écriai-je? c'est, dit-il, que notre Seigneur la fit ressusciter exprès, pasc. Prov. 9. Il Comment.... que, locution dans laquelle autrement est sous-entendu, et qui signifie : comment.... si ce n'est. Comment réparerez-vous vos plaisirs illicites, qu'en vous abstenant...? mass. Carême, Jeûne. || Comment? que dites-vous? Se dit quand on n'a pas bien entendu ou bien compris. || Pour quelle cause? pour quel motif? Comment vous êtes-vous avisé de venir ici? Comment n'avez-vous pas appréhendé.... {| Expression d'étonnement. Comment! est-il donc vrai qu'il soit mort? mais, mon père, qui répondra pour le P. Barry? Gomment! dit le père, il est de notre compagnie [les jésuites] ; et ne savez-vous pas encore que notie société répond de tous les livres de nos pères? PASC. Proti. 9. || 3° S. m. Le comment, la manière dont la chose s'est faite. Ainsi je n'irai plus ravir si loin de moi, Dans les secrets de Dieu, ces comment, ces pourquoi, lamabt. Jfed. i, 20. Cet admirable ouvrage de l'institution d'un prince [de M. du Gué] , dont on voit le comment dans le court avertissement qui se trouve au devant de ce livre, ST-siM. 87, t33. || Le Comment et le pourquoi, en langage philosophique, désignent le premier les conditions qui font que les choses sont comme elles sont, le second l'enquête téléologique de l'origine des choses. L'esprit humain est apte, dans une certaine limite, à trouver le comment des choses; le pourquoi lui est interdit. || 4° Comment que, de quelque façon que. Locution vieillie. Toutes ces gardes, comment qu'elles soient établies, ne sont point difficiles à passer, p. l. cour. ii. <86.

—HIST XI* s. Cument qu'il seit [quoi qu'il eu soit] ,

[il] ne se veut Celer mie, Ch. de lUti ccLvii. Deus sait assez cument la fins en ert [ser»;, ib. cclxxxii. Il xii's. Si m'aiderez de Rollant le marquis, Cument il soit engonbrez et ocis, Ronc. p. 30. Et cil respondeut: Comment les severons? ib. p. 454. Coument que je me desespoir, Bien m'a Amours guerredonné, Couci, m. Comment que longue demeure [j'] Aie faite de chanter, Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doive retourner, ib. iv. Beauz sire Diex, comment porrai avoir Vraie merci, que tant aurai requise? ib. xvir. Comment me peut li cuersau cors durer, Qu'il ne s'en part? ib. xxii. 11 n'est pas droit que l'on me desconfise; Et si dirai bien la raison comment, ouesnes. Romancero, p. 89. 01 avez de Karle le mortel encombrier, Comment il a perdu Rolland et Olivier, Sax. vi. || xiii* s. Comment que je chant ne rie, Je devroie mieus plurer, aub. Ije SEZANNE, Rom. p. 120. Biaus très dous fils, fait-cle, comment osas penser...? Berle, m. |je] Ne sai comment [il] otnom, ib. xi. La manière comment [elle] seporra trairearriere, ib. xii. Comment que la chose après aille, la Rose, CI86. Mes, comment que de moi aviengne. Je li pri que illi soviengne, ib. 4221. Ne fortune ne puet pas faire, Que nules des choses lor soient [soient leurs, aux hommes]. Comment que conquises les aient, ib. 5334. || xiv* s. Aus autres chresliens demandèrent briefment Pour coy cilz apparailz se fasoit tellement ; Et ceulx lor ont compté et pour COI et comment, Guescl. lf.397. || xv* s. Vous avez bien entendu eu l'histoire ça devant comment le roi d'Angleterre avoit grands guerres.... FROiss. I, I, <9<. Je vueil chevaucher contre les Anglois, et les combattre, comment qu'il soit, id. I, I, 273. Le temps va je ne sçay comment, en. d'obl. Dali. 52. Toutes les fois que vjus voy, Je suis je ne sçay comment, id. Rond. .Ma's, comment que ce fust, ledit seigneur Ludovic les prit en grand amour, comm. vu, 2. || xvi* s. Comment doncques eussent peu entendre ces vieulx resveulx le texte des loiz, qui jamais ne veidrent bon livre de langue latine? BAB. Pant. Il, )0. Comment Panurge raconta la manière comment il eschappade la main desTurcqz, m. ib. II, 14. Qui ne sçait donc Amour bandé bien pa Indre, Mevienne voir, il apprendra comment, marot, III, )38. 0 si je pouvois deux fois naislre. Comment jeleserviroismieuxliD. m, <3S. Voilà comment nostre seigneur appelle le baptesme régénération , calv. Imtit. 108». Enquiers toy là où descend le soleil, de là où il monte; cherche comment est-ce que la lune a perdu une si grande lumière, d'où est-ce qu'elle l'a depuis recouvrée, amyot, De la curiosité, 9.

— ÉTYM. Bourguig. quement; provenç. cornent; sarde, comenti. Diez le tire de quomodo mente; mente employé ici comme il l'est dans les adverbes en ment, de sorte que comment serait un adverbe formé de comme et ment, comme bonnement. On peut proposer quomodo inde, inde ayant donné ent dans l'ancien français, devenu en dans le français moderne (voy. en pronom); ce qui expliquerait que, pour un mot aussi ancien, on ne trouve jamais conimement à côté de comment; si on examine de près l'emploi de comment dans les anciens textes, on verra que l'idée de inde s'y accommode.

COM.MENTAIRE (ko-mman-tê-r'),s. m. || l" Suite de notes et d'explications sur toutes les parties d'un ouvrage. Cette compilation [livres sibyllins] fut publiée plusieurs fois avec d'amples commentaires, surchargés d'une érudition presque toujours étrangère au texte, que ces commentaires éclaircissent rarement, volt. Dict. phil. art. Sibylle. J'en connais un dont j'ai lu un commentaire sur Job, boss. Or. B. Aussi ne prétends-je pas vous en faire un commentaire, id. Ilist. ii, 2. 11 ne faut ni réilexion ni commentaire, m. Polit. || Commentaire perpétuel, commentaire qui suit le texte phrase par phrase. || Terme de législation. Explication d'une matière en suivant l'ordre du texte législatif, par opposition au traité où l'on suit l'ordre logique. On dit en ce sens : adopter l'ordre du commentaire. Il Figurémenl. Marquez cet endroit : la suite des événements vous en fera bientôt un beau commentaire, BOSS. Ilist. II, 4. La vie d'un écrivain distingué par une très-grande originalité e.st le meilleur commentaire de ses écrits, carrel. Œuvres, t. v, p. 175. Il Familièrement. Cela n'a pas besoin de commentaire, cela n'a pas besoin d'explication. || Point de commentaire, se dit quand on veut imposer silence à un inférieur qui s'explique ou se justifie. Il 2° Interprétation plus ou moins maligne qu'on donne aux actes et aux discours des autres. Sa conduite équivoque a donné lieu à bien des commentaires. Il 3° S. m. plur. Nom qu'on donne à des histoires anciennes ou à des mémoires ainsi intitulés à

l'imitation dos anciens; histoires et mémoires où l'écrivain est le principal acteur. Les commentaires de César. Les commentaires de Monlluc. On n'est entré ici dans aucun détail des victoires du roi de Prusse, il les a écrites lui-même; c'était à César à faire ses commentaires, volt. Louis XV, 17. Alors l'ennui de six mois d'hiver, qui l'aurait retenu sur ces lleuves [laDUnaet le Borystlicne], lui paraissait son plus grand ennemi, et, pour le combattre, ce^ autre César y eût dicté ses commentaires, séguh Ilist. de Napol. x, 0.

— HIST. xvi's. Montluc a intitulé son œuvre com mentairea ce qu'en nosire langue un Commines e, après luy un Martin du Bellay voulurent appeller mémoires; car, pour bien dire, sans nous eslongner de Bostre vulgaire françois, après avoir recité chaque mémorable exp-loit par luy faist, il apporte tout d'une suite un beau commentaire, pasquieb. Lettres, t. ii, p. 387, dans lacurne.

— f.TVM. Le latin eommentarius ,(\e commeniari, méditer (voy. co.mmenter). Espagn. comenlario ; ital. comvtentario. Auparavant ou disait commenl, du latin commentum. Et fist un command là-dessus [les œuvres de Denis l'aréopagite] , christ, de pisan, Charles V. m, 13.

COMMENTATEUR, TRICE (ko-mman-ta-teur, tri-s'),ï. BLet/l Celui, celle qui commente. Les commentateurs de la Bible. Madame, votre mari [Dacierl n'est pas le seul traducteur et commentateur, et vous êtes la seule traductrice et commentatrice, VOLT. Diclionn. phil. d.rl. Scoliaste. Que tous les disciples d'Arislote assemblent tout ce qu'il y a de for' dans les écrits de leur maître ou de ses commentateurs pour rendre raison de ces choses par l'horreur du vide, PASC. Pesant, de l'air, Conc/usion. || Surnom d'Averrhoès, ainsi nommé parce qu'il fut, parmi les Arabes, le commentateur par excellence d'Aristote. || Les commentateurs, les juristes qui, à la fin du moyen âge, ont commenté les textes du droit romain.

— ETYM. Le latin commentator (voy. commenter) ; espagn. comentador ; ital. commenlatore.

CO.MMENTE, ÊE (ko-man-lé, tée) , part, passé. D'autres passages [de la Bible] étaient commentés dans le même esprit, ciiateaub. Natch. ii, 2(5. Vous aurez incessamment le Corneille commenté, VOLT. Lett. I)amila<:ille, 20 mars (764.

COMMENTER (ko-man-té). || 1° V. a. Expliquer par un commentaire. Commenter la Bible. Il a commenté le code civil. || Par extension. Se plaît à l'entretien, commente les bons mots, bégnieb, Sat. v. Il 2° V. n. Amplifier quelque peu par malice les faits et les choses. Il aime à commenter. || Commenter sur tout, interpréter malignement toute chose.

— HIST. XVI* s. Je ferois un registre commenté des morts diverses, mont, i, 8i. G.Guerente, qui a commenté Aristote, id. i, (94.

— ÊTYM. Le latin commentari , commenter, proprement méditer, de cum, et mens, esprit (voy. ment, suffixe); espagn. comentar; ital. cummentare.

GOMMER (ko-mé), v. n. Faire comparaison. Vieux et inusité.

— HIST. xvi* s. Si je ne comme bien, qu'un autre comme mieux pour moi [à propos des exemples qu'il cite], mont, i, (02.

— ÉTYM. Comme, iiar l'addition de la finale verbale er; c'est-à-dire : mettre comme, dire comme.

COMMÉRAGE (ko-mé-ra-j') , s. m. Propos, conduite de commère. C'était, si l'on peut s'exprimer ainsi, le commérage de la bonne compagnie, stael, Corinne, liv. i, ch. 3. Il y avait des commérages vers la maison de Socrate, ciiateaub. Itin. (78.

— ÊTYM. Verbe fictif commérer, de commère. COMMERÇABLE (ko-mèr-sa-bl'), adj. Qui peut

se négocier dans le commerce. Billets commerçables (on dit de préférence aujourd'hui négociables). Des emprunts en viager, si souvent renouvelés par les besoins insatiables de notre gouvernement, n'au-raient pu se réaliser, si ce viager n'était pas devenu un fonds ccmmerçable, MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 206.

— ÊTYM. Commercer: espagn. comerciable.

COMMERÇANT, ANTE (ko-mèr-san, san-t') , odj.

Il l" Oui fait le commerce. Les peuples commerçants. Ville commerçante, ville où il se fait beaucoup de commerce. || 2* S. m. Un riche commerçant. On sait combien l'intérêt particulier fascine les yeux et rétrécit l'esprit; je ne dis pas seulement Imiérêt d'un commtrçant, mais d'une compagnie, mais d'une ville, volt. Louis XIV, 29. On peut juger avec quelle idolâtrie le czar Pierre fut reçu [en Hollande] par un peuple de commerçants et de gens do me i

COM

Page 1