‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 414 sur 504 · COMMETTRE · texte numérisé non relu

COMMETTRE

COMMITTIMUS (ko-mi-tti-mus' ) , s. m. || 1° Lettres royales que le roi donnait à ceux qui avaient leurs causes commises aux requêtes du Palais, ou au grand conseil, ou à quelque autre tribunal particulier; et, en général, privilège accordé à certaines personnes de plaider devant certains juges et d'y faire évoquer les causes oi'i elles avaient intérêt. Appliqué à se servir d'un comniittimus, la bruv. XI. Il Committimus du grand sceau, celui qu'on obtenait pour les causes qui étaient hors du res.sort du parlement de Paris. || Committimus du petit sceau,

celui qui n'était valable que. dans le ressort d'un parlement. || 2* Le droit de committimus. On ôta le committimus à plusieurs communautés.

— ÉTYM. Latin committimus , nous commettons, de committere. commettre (voy. commettre).

CO.MMITTITUU (ko-mi-tti-tuV), s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Ordonnance mise au bas d'une requête pour commettre un conseiller. || Requête de committitur, requête par laquelle on demandait qu'un rapporteur fût commis dans une affaire.

— ÉTYM. Latin, committitur, il est commis, de committere , commettre (voy. commettre).

t COMMIXTION (ko-mik-stion), s. f. Terme didactique. Mélange intime de plusieurs choses différentes.

— - HIST. XV" s. Les elemens par proportionnée comniistion, Prouffits champestres , ii, 2. || xvi" s. X plusieurs qui au paravant ne s'entreconnoissoyent quasi pas, il [le vin] leur a donné un commencement de commixtion et incorporation des uns avec les autres, lanoue, B23. La nature du corps humain, qui dépend de la commixtion et température des quatre premiers elemens, paré, Introd. 3. Cette commixtion et meslange est si grandement confuse qu'on ne peut séparer ny muscle ny cuir,

— ÉTYM. Le latin commixtio, de cum, avec, et mixtio, mélange (voy. mixtion).

t COMMODANT (ko-mmo-dan), s. m. Celui qui prêle par le contrat de commodat.

COMMODAT (ko-mmo-da), s. m. Terme de jurisprudence. Contrat par lequel une chose est prêtée gratuitement à l'emprunteur, à la charge de la restituer en nature. Le commodat est le prêt à usage.

— ÉTY'^M. Lat. commodatum, prêt, de cnmmodare, prêter, de commodus (voy. commode).

t COMMODATAIRE (ko-mmo-da-tê-r'j, s. m.

Terme de jurisprudence. Celui à qui l'on prête par le contrat de commodat.

). COMMODE (ko-mo-d'), adj. || 1° Qui se prête à l'usage requis; qui offre des facilités; qui est favorable. Habit commode. Maison commode. Nous ne .sommes pas ici dans un lieu commode. Jamais l'occasion.... Ne s'offre assez commode aux poltrons comme toi, rotr. Bélis. m, 5. 11 y a cela de commode qu'on peut supposer que les morts sont gens de grande réflexion, fonten. à Lucien, L'Egypte était le pays le plus riche, le plus commode, boss. Hisi. 111,3. Ils [les Carthaginois] ne cessèrent depuis de faire de nouveaux desseins sur une Ile [la Sicile] si commode à leur assurer l'empire de la mer que leur république affectait, lo.ib.i, 8. || 'Vie commode, vie agréable et tranquille, et aussi, vie dans laquelle on a l'aisance, les commodités. Ce n'est point l'or et l'argent qui procurent une vie commode, c'est le génie ; un peuple qui n'aurait que ces métaux, serait trèsmisérable, volt. Louis XIV, 30. Il Cela est commode comme une chambre basse, c'est-à-dire cela est à portée. Il Ironiquement. C'est commode, se dit à quelqu'un qui a trop de sans-gêne, ou d'une chose faite trop sans façon. |j 2° D'un caractère facile et qui ne gêne pas les autres. Personnes commodes, agréables, riches, qui prêtent et qui sont sans conséquence, LA BRUY. VIII. Il Etre commode à vivre, être d'une humeur facile. || Cet homme n'est pas commode, c'est un homme sévère, exigeant, ou bien avec lequel on ne peut plaisanter. {| Substantivement. La gouvernante n'aurait voulu faire la commode qu'en tout bien et tout honneur, hamh.t. Gramm. 9. Il 3°Reliiché. Dévotion, morale, doctrine commode. Il Mari commode, mari qui souffre les déportements de sa femme, ou même qui s'y prête. Si, pour vous plaire, il faut n'être jamais jaloux. Je sais certaines gens fort commodes pour vous. Des hommes en amour d'une humeur si souffrante.... hol. M'âch. II, e. Il Dans le même sens, ou à peu près. Une mère commode, une mère qui se prête aux galanteries de sa fille. || 4" S. m. U faut distinguer troischoscs, le nécessaire, le commode, le superllu : le nécessaire que la raison demande; le commode que la sensualité recherche; le superflu dont l'orgueil se pare et qui entretient le faste, bourd. i'fnsées, t. II, p. 493.

— HIST. xvi" s. La petitesse de la ville et la force du chasteau leur sembloit estre commode pour ia défense et seureté de leurs personnes, condê, Uimoires, p. B4fl.

— ÉTYM. Berry, c'mode; bourguig. quemode; espngn. et ital. coHiodo; du latin commodus, dec«m, et modus-, mesure, convenance (voy. mode).

2. CO.MMODE (ko-mo-d'), s. f. || 1° Espèce d'armoire, en forme de bureau, dont le dessus est de bois ou de marbre, avec des tiroirs pour y renfermer

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du linge et des habits. || 2* Anciennement, sorte de coiiïure. On portait dans ce temps-là des coiffures qu'on appelait des commodes, qui ne s'attachaient

point, ST-SIM. 625, 240.

—ÉTYM. Commode). Dans 'm dictionnaire de 1700, on dit que c'est un meuble d'invention nouvelie et que sa commodité a rendu bien vite trfts-commun.

COMMODÉMENT(ko-mo-dé-man),adu. || 1" D'une manière commode. Être logé commodément. Ils ne pouvaient commodément tendre l'arc, vaijgkl. Q. C. VIII, <», dans riciielkt. Les empereurs n'ont jamais triomphé à Rome si mollement, si commodément, ni si sûrement mSme, contre le vent, lapluift.-...que le bourgeois sait à Paris se faire mener par toute la ville, LA BRuy. VII. Il a trouvé le secret de monter et de descendre autrement que par l'escalier, et il cherche celui d'entrer et de sortir plus commodément que par la porte, ID. xiv. || Vivre commodément, avoir la vie commode. || 2° Avec opportunité. On parlera pluscommodément, en un autre endroit, des magnificences de Salomon, Boss. Polit. À moins qu'on désirât les grandeurs pour offenser Dieu ou l'Etat plus commodément, Pksc. l'rov. 9.

— UEM. Cet adverbe devrait être commodément; mais il y a longtemps que la prononciation y met un accent aigu ( abus autorisé par l'usage, dit Chifflet au XVII' siècle).

— HIST. XVI' s. Après l'avoir gardé trois jours, elle le fit conduire commodément à Gien avec toute la bande, d'aub. Fie, viii. Du labeur de tes mains tu vivras commodément, ID. Conf. i, 8. C'est la vraye solitude et qui se peult jouir au milieu des villes et des courts des rois ; mais elle se jouit plus commodément à part, mont, i, 278.

— ÊTYM. Commode, et le suffixe merd ; provenç. comodament ; espagn. et ital. comodamente.

COMMOKITÉ(ko-mo-di-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est commode. Le voisinage du parc nous procure la commodité de la promenade. C'est d'une grande commodité. Avoir une chose à sa commodité. U fait le plan des bâtiments, exagère la commodité des appartements, ainsi que la richesse et la propreté des meubles, la bruy. v. Quelques auteurs traitent la morale comme on traite la nouvelle architecture, où l'on clierche avant tout la commodité, VAUvçN. Hax. XXIX. Les travaux de César ont procuré à tous la commodité de ne rien faire, dider. /•'.«s. s. Claude. Il semble d'abord qu'il entre dans les plaisirs dos princes un peu de celui d'incommoder les autres: mais non, les princes ressemblent aux hommes, ils songent à eux-mêmes, suivant leur goût, leurs passions, leur commodité, la bruy. ix. Ce fut en ce temps-là qu'on inventa la commodité magnifique de ces carrosses ornés de glaces et suspendus par des ressorts, volt. Louis XIV, 29. Le comte de Fiesque régla les dégagements, les commodités et jusqu'aux ornements de sa maison, STsiM. 76, 229. L'art de diriger les grands chemins à travers la montagne, en conciliant lacommoditéavec l'économie, volt. Louis XIV, 29. || Au plur. Aises, agréments. Les commodités de la vie. Nous voulons tropavoir nos commodités. Boss. ii, Pr. depol. 2. On veut bien prêcher la pauvreté de Jésus-Christ, mais on veut vivre dans les commodités et l'abondance, FLÉCH. Panég. p. 309. Répandant en charités ce qui reste de leurs commodités ou du moins de leurs nécessités particulières, id. ib. ii, p. 323. Hermippe est l'esclave de ce qu'il appelle ses petites commodités, LA BiiUY. XIV. Il 2° Fortune aisée. Vieux en ce sens. Jamais homme n'a eu moins que lui [d'Elbœuf] l'art de se faire plaindre dans sa misère; la commoliité ne le releva pas; et, s'il fiU parvenu jusques à la ricliesse, on l'eût envié comme partisan, retz, !i, 2te. Il 3° Facilité qu'offre le caractère. La commodité de l'humeur. Ces traits flatteurs qui enlevaient le peuple d'.\thtnes, ces manières insinuantes qui prennent les hommes par leurs commodités ne sont plus d'usage ici, rtn. xix, t20. || 4° Temps opportun, occasion. Faites cela à votre commodité. La confession, si l'on en a la commodité, pasc. Prov. 4 0. Ma sœur devait vous en faire un récit plus exact à sa première commodité, id. Lell. 4. Voici le fer encor destiné pour sa perte; Mais la commodité ne

s'en est pas offerte , rotr. Bélis. m, h Et leurs

jambes [des sourisj coupées Firent qu'il les mangeait à sa commodité. Aujourd'hui l'une et demain l'autre, LA PONT. Fabl. XI, 9. il 5° Service de voitures; occasion de message. Avoz-vous une commodité pour aller là? Je vous enverrai jiar la premiÏTe commodité un ouvrage, boss. UU. 78. X toutes les tlemi-heures il part de ces commodités qui vont... REonard, Voy.de l-landre.\\%' Auylur. Lieux d'ai lances. La inncesse d'Harcourt no se fai'iail f.iuli

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de ses commodités au sortir de table, qu'assez souvent elle n'avait pas ie loisir de gagner, et salissait le chemin.... ST-SIM. «13, 230. Il Commodités à l'anglaise, siège dont le tuyau s'ouvre et se ferme à volonté à l'aide d'un tampon mobile. || Proverbe. On n'a pas toutes ses commodités dans ce monde.

— IllST. xv s. Tandis que ils avoient lieu et commodité,/iouctq. Ii, ch. 25. Il XVI' s. Montgommeri avoit depesché le capitaine la Meausse avec cinq barques chargées de pojdre et autres commoditez, d'aub. llist. II , 60. Pour très grand ornement s'acompte le bon voisin, à cause des infinies commodités qu'on reçoit de sa douce et vertueuse conversation, o. DE szRRES, 9. 11 nepouvoit bonnement prendre la peine d'aguetter ses commodités, comme font les jeunes gens, desper. Contes, x. Y a-t-il profit, y a-t-il commodité, y a-t-il grandeur qu'on deust achepter si chèrement? condé, Mémoires, p. 076.

— ÉTYM. Bourguig. quemôdilni: provenç. comoditat; espagn. comodidad; ital. comodità; du latin comtnoditatem , decommodus, commode (voy. commode).

t <• COMMODO (ko-mmo-do). De commoih et incommodo, locution usitée dans lo lang.igo de l'administration et do la justice, et qui signifie : de l'avantage et de l'inconvénient. Enquête decommoilo et incommodo. Certaines usines ou maimfactures ne peuvent être ét.iblies avant que lo juge de paix ait reconnu les lieux et rédigé uu procès-verbal de commodo et incommodo, pour faire connaître les avan tages ou les inconvénients de l'établisseinenl jjrojeté.

— ÉTYM. Latin de, sur, commorfo,ce qui est commode, et incommodo, ce qui est incommode.

t 2. COAIMODO (ko-mmo-do). Terme de musique qui signifie à l'aise, .sans se presser, et indique un mouvement intermédiaire entre la lenteur et la vitesse.

— ÉTYM. Ital. comodo, commode.

t COMMODORE (ko-mmo-do-r'), s. m. Titre, dans la marine hollandaise, d'un capitaine charge du commandement de plusieurs bâtiments de guerre réunis. Il Dans les marines anglaise et américaine, grade intermédiaire entre celui de ca])itaiiie de vaisseau et celui de contre-amiral, et correspondant au grade de chef de division, qui a existé dans la marine française. On fit Anson Commodore, c'est-à-dire chef d'escadre; on lui donna cinq vaisseaux, une espèce do petite frégate de huit canons, et deux navires chargés de provisions et dï marchandises, VOLT. Louis XV, 27.

— ÉTYM. Les étymologistes anglais regardent ce mot comme étant probablement une corruption de l'espagnol eomendador , commandeur.

tCOMMORATION (ko-mmo-ra-sion), t. f. Figure de rhétorique par laquelle un oialeur insiste sur un des points qu'il a traités pour le graver plus profondément dans l'esprit de l'auditeur.

— ÉTYM. Le latin commoratio , action de s'arrêter, de cum . et morari, demeurer, tarder.

COM.MOTION (ko-mmo-sion; en poésie, do quatre syllabes), s. f. \\ l'Ebranlement violent. La poudrière sauta, et la commotion fut ressentie très-loin. || Commotion électrique, .secousse produite par une décharge électrique. || En chirurgie, ébranlement, secousse communiquée à un organe par un coup ou une chute sur une partie, qui en est plus ou moins éloignée. La commotion du cerveau. || 2° Fig. Violente émotion morale. Cette dernière commotion a mis fin à ses jours. {| Commotion politique, troubles violents dans un pays.

— llIST. xa' s. Icil qui par ceste mer vunt. Ce sunt li home de cest munt [monde]. Qui siint eu grant comocion, wace. Vierge ilarie , p. 64. || xiV s. Conspi raclons, commocions de pueple et autre ileliz, Bibl. des Chartes, 6' série, t. i, p. 81. || xv's. Imposicions dont la commune des halles s'esmut à coramocion, Geste des nobles, dans virivillk, p. (00. Il XVI' s. Quand je parlcray de la commotion du cerveau, paré, m, 4. En la commotion de l'air faite par le tonnerre ou artillerie, in. iv, <o. Il advient commotion ou esbranlementau cerveau, id. viii, (.Commotion ou esbranlement et concus.siondu cerveau, ID. VIII, 9. Pour obvier à tout scandale, sédition et commotion populaire, condé, Mémoires, p. 674.

— ÉTYM. Provenç. commocio; espagn. conmocion ; ital. commo;io>:e; du l.itin coinmo/ionem, de commoierc, de cum, clmorere, mouvoir (voy. mouvoir).

t COMMOUVOIU (ko-mmou-voir), v. a. Causer des commotions.

— lllST. XII' S. EooMimuverat li sire le désert Cades, l.ibrr psalm. p. 34. Ij xv" s. Et qu'est venu faire ce duc Clirrles ... ani vient commouvoir tout

COM

le »t-}tiume?o. ciiASTELAm, dans le Dictionnaire di nociiEZ.

— ÊTYM. Le latin commovere, de cunt, et movere,

mouvoir (voy. mouvoir).

t COMMUABILITÉ (ko-mmu-a-bi-lité) . s. f Terme didactique. Qualité de ce qui peut être commué. La commuabililé des peines.

— ÉTYM. Cnmmuable.

COM.MUABLE (ko-mmu-a-bl'), adj. Terme do jurisprudence criminelle. Qui peut être commué.

— ÉTYM. Commuer.

COMMUÉ, ÉE (ko-rnmu-é, ée), part, passé. La peine de mort fut commuée en celle de l'exil, i. J. ROt'SS. Écon, i. Obtenir que telle peine qui lui est enjointe et à laquelle il n'est pas en pouvoir de satisfaire, lui soit commuée selon la plus juste compensation dans une autre à peu près égale, sourd. Pensées, t i, p. 338.

COMMUER (ko-mmu-è), v. a. Terme de droit criminel. Commuer une peine, la changer en une peine moindre. Ils commuent les supplices éternels dans ces peines passagères, boss. Satisf. \.\\ On dit aussi commuer un vœu.

— lllST. XVI' s. Commuer une peine, d'aub. Vie, Lxxxiv.

— ÉTYM. Le latin commutare, de cum, etmuïare, changer (voy. muer).

COM.MUN, UNE (ko-mun, mu-n'; au singulier masculin, l'n se lie devant une voyelle ou une h muette: un commun intérêt, dites : un ko-munn intérêt; d'autres, ne conservant pas à la syllabe un la nasalité, disent : nn ko-mu-n intérêt), adj. Il 1' Qui est de participation à plusieurs ou à tous. L'air, la lumière sont communs. Par un mouvement commun à la nature Quelque maligne joie en son cœur s'élevait, corn. Pomp. ni, t. Tout doit être commun entre de vrais amants, id. Cinna, v, 2. Le sentiment de l'immortalité leur est commun à tous, MASS. Carême. Vérité d'un avenir. Hélas! on ne comprenait point alors que tout ne dût pas être commun parmi ceux qui étaient obligés de n'avoii (|u'nn cœur et qu'une âme , qui avaient la même foi, la même espérance.... MASS. Confér. Usage des revenus eccUfiastiques. Vous voyez de là que l'amour de la retraite et du silence n'est pas commun à tous les dévots, pasc. Prov. 9. || La maison commune, l'hôlel do ville. || Terres communes, terres qui, n'ayant pas de possesseur particulier, servent aux usages d'une communauté, dans le territoire de Laquelle elles se trouvent situées. || Dos araiscommuns, des amis qui le sont des deux parties. Nos ennemis communs, rac. Andr. i, 4. || Le droit commun, la loi établie dans un état, l'usage général. || Terme de jurisprudence. Dont la jouissance est permise à plusieurs personnes à titre égal. Escalier, puits, chemin commun. || Jugement ou arrêt commun, jugement exécutoire contre une personne qui n'a point été mise en cause ou qui a fait défaut, aussi bien que contre la partie qui a comparu. || Époux communs en biens, époux mariés sous le régime delà communauté. || Choses communes, les choses qui ne sont pas susceptibles de propriété publique ou privée comme l'air, la mer. || En termes de palais et de généalogie, l'auteur commun des parties, se dit quand on parle du père de deux frères ou sœurs qui plaident ensemble. || En arithmétique, diviseur commun, nombre qui divise exactement deux ou plusieurs autres nomlircp. 4 esi un diviseur couiuiou ,\c ao, de 28 et de 62. |l Le plus grand commun diviseur, le plus grand de tous les diviseurs communs à deux ou plusieurs nombres. Ainsi 84, 42, 60, ont pour diviseurs communs 2, 4, 7, I4. Ce dernier est le plus grand commun diviseur des trois nombres donnés. || Dénominateur commun , celui qui appartient à plusieurs fractions données ou réduites au même dénominateur. || Terme de physique. Réservoircommun, en parlant de l'électricité, la terre où s'écoule et d'où semble sortir toute l'électricité sensible produiie jar nos machines. || Termedegéométrie. Oui appartient à la fois Xdeux figures que l'on compare. Il 2' Qui se fait en société, ensemble; qui est conjoint. X Sparte les repas des hommes étaient communs. Le travail commun resserre leur union. Un commun naufrage. F lisons de notre haine une commune attaque, rac. Andr. ii, 2. Nos crimes communs, lu. tiril. ni, 3. Sa cause à tons les rois n'est-elle pas commune? rac. Athal. m, 6. || Faire cause commune, se dit do personnes qu'un intérêt, un motif quelconque pousse à réunir L'urs efforts, à combattre pour un même objet. Elle s'était promis qu'il ferait cause commune avec elle contre son époux.... d'UEr. Esiai sur Claude. |1 Faire bourse commune, se du au peisuiinos lueilaul e'jst;tii:,;u

l'argent qu'elles ont ou qu'elles gagnent, et vivant ainsi avec l'avoir les uns des autres. || Kaire vie commune, vivre à frais communs. || La vie cummune, la vie des communautés. || Avoir quelque chose de commun avec, n'avoir rien de commun avec, avoir ou n'avoir pas des analogies, des rapports, des ressemblances avec. Qu'a de commun la censure de Rome avec celle de Franco? pasc. l'rov. 6. Leur histoire n'a rien do commun avec celle du peuple de Dieu, Boss. ]Hst. i, 7. Un tel mouvement n'a rien de commun avec entendre, m. Conn. de Dieu, 4. Il ne veut rien avoir de commun avec elle, mass. Avent, Conc. L'amour a cela de commun avec les scrupules qu'il s'aigrit par les réllexioris, la bruy. iv. Qu'auraient donc de commun cette secte et ma llamma? volt. Zaïre, iii, i. |! 3° Général, public. L'intérêt commun. L'opinion commune. Je n'ai pour ennemis que ceux du bien commun, corn. Seitor. III, 2. Je ne m'oppose point à la commune joie, id. Iléracl. V, 8. Déférez quelque chose au sentiment commun, rotrou, Àiilig. iv, O. Asservi maintenant sous la commune loi, rac. Phèd. ii, 2. Eh! qui n'éprouve hélas! dans la perte commune Les tristes sentiments de sa propre infortune? volt. Orphel. i, i. Vos greniers [des fourmis] sont témoins que chacune de vous Tâche à contribuer au commun bien de tous, L.v FONT. CapJtri(^i/e5Mfo(c. Il La langue commune, Ja langue qui se parle le plus généralement dans un pays. En Alsace, l'allemand est la langue commune. || D'un commun accord, de concert, sans opposition aucune. ||» D'une commune voix, unanimement. Vous m'avez avoué mille fois Que Rome le louait d'une commune voix, sac. lirit. Il, 6. Il La voix commune, l'opinion générale. Il Faire preuve par la commune renommée, c'est-àdire par l'opinion publique, au moyen d'une enquête. !| 4° Ordinaire. Devenir d'un usage commun. i la mode commune. 11 sait les bruits communs, les historiettes de la ville, la bbuv. u. Après l'invtctive commune coiatre les honneurs, les richesses et le plaisir, le prédicateur.... le. xv. || La vie commune, les mœurs générales, les événements ordinaires de la vie. La vie commune ne saurait être une vie chrétienne, mass. Carême, Élus. || Sens commun, faculté de j'uger raisonnablement des choses, en tant qu'elle appartient à la plupart des hommes. Le simple sens commun nous tiendrait lieu de code, la font. Fabl. i, 21. || Les mots, les termes communs de la langue, ceux qui sont usuels entre tout le monde, par opposition aux termes techniques. || Style commun, style qui n'a rien de remarquable ni d'élégant. || Vers commun, vers de dix syllabes, ainsi nommé par opposition au grand vers ou vers alexandrin, qui estde douze syllabes, et au petit vers, qui e.st de huit syllabes. || Le commun peuple , le vulgaire. C'est le commun peuple qui veut que ses maîtres soient les esclaves des évêques, volt. Mœurs, 46. Mais pour moi qui, caché sous une autre aventure , D'une âme plus commune ai pris quelque teir.ture, corn. Iléracl. m, i. Personne .l'a tiré d'une destinée plus qu'il n'a fait : l'extrême et le médiocre lui sont connus; il a brillé, il a souffert, il a mené une vie commune, la bruy. ix. Il Expédier en forme commune, eu style de ladalerie de Rome, e.xpédier sans grâce etsans remise; et, figurément, être expédié en forme commune, éprouver un sort fâcheux, uns malencoritre , perdre tout scn argent au jeu, mourir entre les mains de mauvais médecins, etc. || Délit commun, se disait d'un délit commis par un ecclésiastique et justiciable du juge ecclésiastique, par oppcsition à cas privilégié. Il 5° Fréquent, abondant, qu'on trouve facilement. Les bons muscats sont communs en Languedoc, hien n'est plus commun que ce nom [d'ami] , Rien n'est plus rare que la chose, la font. Fabl. iv, n. Le changement, madame, est commun à la cour, rac. Brit. v, 3. L'exemple en est commun, m. Baj. 11, t. Les grands talents sont rares; mais la science et la raison sont communes, volt. Lett. Gallitîin, U août 1767. || 6° Qui ne s'élève pas audessus du niveau ordinaire. Un livre et un sermon, si communs qu'ils soient, apportent bien plus de fruit, PASO. Lett. d Mme Périer, B nov. (648. On ne doit jamais refuser de lire ni d'ouïr les choses saintes, si communes et si connues qu'elles soient, iD. ih. Je ne murmure point qu'une amitié commune Se range du parti que flatte la fortune, rac. Bril. lu, 7. Faites, faites paraître une âme moins commune, mol. F. sav.v, 4. || 7" Privé de noblesse, de distinction. U a l'air commun, la figure commune. U n'y avait rien que de très-commun en lui , SCARR. nom. corn. ch. I3. || 8° Terme de grammaire. Nom commun ou substantif appallatif, celui

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qui convient à tous les individus de la même espèce; homme, cheval sont des noms communs. Il Nom commun ou épicène, nom qui jhange de genre, ou nom qui convient aux deux sexes: un bel enfant ou une belle enfant; une perdrix, qui se ilit également du mâle et de la femelle. || Adjectif commun, adjectif qui, comme fidèle, a la même terminaison au masculin et au féminin. {| Syllabe commune, syllabe qui, dans les langues où la quantité des syllabes fait le vers, peut être longue ou brève. Il Terme de grammaire grecque. Verbes communs, verbes qui ont à la fois le sens actif et le sens passif, avec la terminaison passive. || Dialecte commun, par opposition aux dialectes locaux, la langue littéraire commune à tous les écrivains crées après Alexandre. Il Terme de rhétorique. Lieux communs, sorte de points principaux, auxquels les anciens rhéteurs rapportaient toutes les preuves dont ils faisaient usage dans leurs discours ; et par extension et en mauvaise part, idées usées, rebattues, pensées ouexiiressions banales. Une dit que des lieux communs. || 9° Année commune, l'une portant l'autre, bon an, mal an. J'ai vérifié qu'année commune il n'y naît [à Rome] que 3500 enfants, volt. P/it'i. m, 348. \\ S. /■. Terme de bourse. Faire une commune ou moyenne, se dit d'une personne, qui, après avoir acheté des valeurs à un prix, les voit subitement baisser, sans que .son opinion sur la hausse ait changé; qui alors achète en baisse la même quantité de valeurs qu'elle possède déjà (ce qui diminue le prix de revient de la totalité) ; et qui , quand la hausse reprend , vend aussitôt que les cours ont atteint ce nouveau prix de revient sans attendre, au risque de ne pas le revoir, son prix d'achat primitif. || 10° S. m. Le commun, ce que deux ou plusieurs personnes mettent en société. Il faut prendre cette dépense sur le commun. || Vivre sur le commun, vivre aux frais d'une société, sans rien faire; et aussi, vivre sur le tiers ej le quart. Il En commun, loc. adv.Oe société, deconcert.Vivre, travailler en commun. Ils mettaient leurs biens en commun, boss. ii, Penl. 2. || 11° Le plus grand nomb'"e, la généralité. Le commun des lecteurs. Elle était plus grande que le commun des femmes, hamilt. Gramm. o.U passe le commun des amants, MOL. Psy. IV, 2. Des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions, corn. Cid, 11, (. Ils naissent instruits, et ils sont plus tôt des hommes parfaits que le commun des hommes ne sort de l'enfance, la bruy. n. || Cette chose est du commun, elle n'a pas grand prix. Soyez plutôt maçon si c'est votre talent. Ouvrier estimé dans un art nécessaire. Qu'écrivain du commun et poète vulgaire, boil. Art p. iv. 1| 12° La roture, les basses classes. Un homme du commun, mol. Mis. II, 5. Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses, corn. Nicom. m, 7. Quand il en aurait eu [un sceptre, une couronne], c'aurait été tout un : Le nez royal fut pris comme un nez du commun, la font. Fabl. xii, 12. Le patron ne croyait mener que des gens du commun, sfiv. 498. Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes, pasc. P. div. 22. Ses proches eux-mêmes, plus accoutumés à le voir de près [Moïse] , le regardaient presque comme un homme du commun, MASS. Couf. Fuite du monde. Sentiments qui distinguent les âmes royales d'avec les âmes du commun, FLÉCH. ^foji(. Il Terme de liturgie. Le commun des martyrs, les martyrs pour lesquels l'Eglise prie en masse; et fig. Il est du commun des martyrs, c'est un homme que rien ne distingue. || 13° Le commun chez les rois, chez les princes et les grands, nom collectif qui signifie les bas officiers. U a mangé à la tabla du commun. || Chez le roi, grand commun, les offices destinées à la nourriture de la plupart des officiers de la maison du roi. Petit commun, certaines offices détachées du grand commun pour la nourriture de quelques officiers privilégiés de la maison du roi. Il y avait les jésuites du grand commun et surtout les jésuites des femmes de chapibre, volt. Ingénu, 13, U acheta une charge de médecin du grand commun à Versailles, CONDORCET, Malouin. || 14° Dans les grandes maisons, les communs, les bâtiments affectés aux cuisines, écuries, remises, etc. D'Aubigné se mit à bâtir un vaste et superbe château, d'immenses basses-cours et des communs prodigieux, ST-siM. 314, t03. ||15°Les communs se dit dans quelques provinces pour les commodités. || Proverbes. Qui sert au commun ne sert â pas un, c'est-à-dire personne n'a soin de ce qui n'est la propriété de personne. On dit dans le même sens : il n'y a pas d'âne plus mal bâté que celui du commun. || En ce monde tous les biens sont communs, c'est-à-dire ils sont là, et il ne reste que les moyens de les avoir.

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— REM. Une commune roix est la réunion de tous les sufi'rages prononcés unanimement; une toit commune est une voix ordinaire, qui n'a rien de plus remarquable qu'une autre : Le parterre a prononcé d'une commune voix que ce chanteur n'avait qu'une voix commune. Cependant, en certains cas, voix commune peut avoir aussi le sens d'opinion générale : Suivant ou selon la voix commune.

— HIST. IX* s. Pro Dei amur et nostro comun salvament. Serment. ||xr s. E les choses qui sunt remeses [restées] en la nef, scient départies en comun. Lois de Ouill. 38. La bataille est merveilluse et cumune, Ch. de Itol. eu. ||xni"s. Ensi furent des» cointié ii Franc et li Grieu, et ne furent mie s< comun corne il avoient esté devant, villeh. xci. Je ne voi orendroit nul home en noslre comun qui, avant moi, vous seûst conduire ne guerroier, id. X.XX1X. Et se il au comun de Venise pooit faire graer ce qu'il i avoit trové, iD. xiii. Entre aus [eux] deus doit estre tout un, Solaz el joie de commun. Lai du, Conseil. Ce n'est mie chose commune. Comme le Soleil et la lune. Que dam Denier [l'argent], Choses qui [aillent en minage. Ains nous fit, biau filz, n'en doutés. Toutes por tous et tous por toutes, Chascune por chascun commune. Et chascun commun por chascune, la Rose, 14091. Et l'autre partie par le droit qui est communs à loz es coustumes de France, bbaum. n. Toutes justices qui sont à plusors parchonniers [co-propriélaires] doivent estre fêtes en liu commun as seigneurs, et doivent tenir lor jugemens en liu commun, la ù le [la] justice est commune, id. xxii,<I. Et porce que li communs peoples sacen t comment il doivent estre puni s'il meffont.... ID. xxx, ) . Cil qui sont procureur por le commun d'aucune vile en le [la] quele il n'a point de commune, doivent estre mis el establi de par le segneur, id. ib. 80. Toz ciaus [ceux] et totes celles qui sont dou comun dou murtri ou do la murtrie, se il est de comune, Âss. de J. (31. Dreit deit estre comun et igual, et il ne le sereit mie en cest cas, seeinsi n'esteit, ib. <02. ||xiv's. L'en dit que choses d'amis sont communes entre eulz, et est dit pour ce que amis' 5 est en communication, ores.vie, Eth. 245. Il xv s. Le commun peuple, froiss. u, ii, 4. Le commun [les gens de la commune] avoit grand pitié du chevalier qu'ils aimoient durement, ID. 1, l, t6u. Seigneurs, vous allez en grand péril, car il y a mauvais commun [gens de la commune] en celle ville, ID. II, II, 67. Et aussi attendoient ils que tou.') les gens d'armes, les archers et les communes gens des bonnes villes et des villages fussent passés outre. IR. I, I, 29. Qui commun sert, nul ne l'en paye; et s'il mesprent, chacun l'abaye, gehson. Harangue au roi Charles VI, p. (7. Vous estes alez pluseurs foisVeoir Helot etEudeline, Et coucher aux femmes communes [filles de joie], E. desch. Poésies mss. f*» 610, dans lacurne. Jours communs [jours ouvrables], ib. ^387. Et ont les Anglois ung mot commun que autreffois m'ont dit traictant avec eulx; c'est qu'aux batailles qu'ils ont eues avec les François, tousjoursou le plus souvent ils ont eu le gain; mais en tous traitez qu'ils ont eu à conduire avecques eux, ils y ont eu perte et dommage, comm. m, 8. U y estoit contrainct [Edouard] tant par le duc de Bourgongne que par le commun d'Angleterre, ID. iv, 5. Il XVI' s. Le droit de commander a esté commun au Fils et au Saint Esprit aussi bien qu'au Père, calv. Instit. 95. [Cela]appartientencommunàJe3usChrist et à tous ses membres, ID. ib. ) ib. Seroit-ce que la hardiesse lui feust si commune que.... mont, i, 5. C'est un usage commun, ID. i, 22. Toutes les règles nous conduisent d'un commun accord à.... id. i, 70. Le chargeant seul de leur faulle commune, id. 1, 97. Ailleuis les femmes sont communes sans péché, ID. 1, <<4. Cette considération n'a rien de commun avecques les offices de l'amitié, id. I, ai 8. Ils les rostissent et en mangent en commun, id. i, 23o. Et sont les mariés communs en tous bien, loyski.,

I H . 11 estoit commun [connu de tous] dès Piémont qu'on alloit à Perpignan, M. du beu,. bi3. Despuis ceste parole est demeurée en usage entre les Grecs, comme un proverbe commun, amvot, Pélop. :iO. Qu'il possedoit luy seul les cueurs de tous les citoyens, qui dévoient estre communs, id. Agésil. ». U n'bst pas tousjours nécessaire de multiplier toi^s les dénominateurs particuliers l'ung par l'aultre, pour trouver dénominateur commun, est. db la roche, Arismetique, fia, verso.

— KTYM. Provenç. comun, como; catal. cornu; espagn. lomun; ital. commune; du latin communù, anc. latin, comoim's, de cum , et mosne ou moinus , munus, mur, devoir (voy. munir).

CO.MMUNAL, ALE (ko-mu-nal,na-l'),adi. || !• Qui

apparlient à une commune; qui la concerne, l'roiiriélé communale. lîois communaux. Collège comniunul.collèKoqi" est entretenu par une commune. Il 2* .S", m. Un communal, et, plus souvent au pluriel, les communaux, terre dont l'usage est commun aux haliilants d'une commune ou de plusieurs communes Vache paissant dans le communal.

— IIIST. XI' s. [Ils] tiennent renchalz [la poursnite], luit en sunt cumunel [tous y prennent part], Ch.deliol. 176. Il XII' s. Kerez, Franzois, tuil somes comunal, lioncisv. p. 6t. Hespondent Franc comunal à un ton, ib. p. 7i. Vers lui chevauchent tuit maistre et comunal, ib. p. 78, Deux mille pauvres i meirai comunaus , ib. ta;). Et pe.sout [pesait] la chevelure dous cens sicles al peis cumunal,Ro<s,t7). Il xiir s. Paradis est celestiaus; Mes n'est mie à toz communaus, lien. 6774. |! xV s. i ce ne failloit mie nostrc prince : douls et humain, communal entre ses amis, fier et liardy contre ses adversaires, chr. DEPiSAN, Cliarl. V, III, 10.

— ÊTYM. Commun; wallon, kimonei, kimogneg, terres communales ; namurois, comugnei , même sens; provenç. cominal, eomunal , cumunal; espagn. comunal ; ilal. comiinale.

t COMMUNALISTE (ko-mu-na-l)s-t') , s. m. Nom donné dans quelques sociétés religieuses aux membres de la communauté. || Dans certains diocèses, ecclésiastique habitué dans une paroisse.

t COMMUNADTAIRE (ko-mu-nô-tê-r'),, adi. Qui a rapport au système de la communauté de biens. Régime, principe communautaire.

COMMUNAUTÉ (ko-mu-ii6-té) , s. f. \\ 1° Participation en commun. Communauté de plaisirs et de peines^ Communauté de sentiments. {| 2° Terme de jurisprudence. Société de biens ou de gains. La loi remet en communauté les biens qui ont été partagés, Boss. Polit. I, B. Il État d'indivision entre plusieurs propriétaires. |{ Communauté taisible , société qui se formait, dans certaines coutumes, par une habitation et une vie commune pendant un an et un jour. Il C!iez les auteurs de droit naturel, communauté négative, état de communauté antérieur à rétablissement de la propriété. |1 Fig. Il ne touche point à tout le détail immense de la y ysique; sur quoi il semble que les modernes seraient bien généreux, s'ils voulaient se mettre en communauté de biens avec Aristote, fonten. Leibnitx. Ne vous accoutumez pas à être en communauté avec la fortune, et distinguez toujours ce qui est d'elle et ce qui sera de vous, VOIT. Lett. 89. || Société de biens entre époux. Communauté légale , celle qui a heu sans contrat. Communauté conventionnelle, celle qui est restreinte ou étendue par un contrat de mariage. |{ Le régime de la communauté, celui où les époux met- ;ent tiut ou partie de leurs biens en communauté. Il Dans le langage général, communauté de biens, organisation sociale proposée par certains philosophes ou sooialisles, dans laquelle les biens sont possédés non par l'individu, mais par l'État qui en fait la répartition. Platon établit la communauté de biens dans sa République. || Communauté des femmes, état de société rêvé par certains sectaires, oii les femmes seraient communes. || 3° La généralité des citoyens , le peuple, l'État. L'intérêt de la communauté l'exige. Il 4° Groupe plus ou moins étendu, réuni par les mêmes croyances, les mêmes usages, etc. Les premières communautés chrétiennes. || Autrefois, corps des haljitants d'une ville, d'un bourg, d'un village. Il Autrefois, corporation. La communauté des notaires. Il Terme <le blason. Armes de communauté, armes des Étals, provinces, villes, corporations. Il 5" Société de jjersonnes vivant ensemble et soumises à une règle commune. Communauté religieuse. Je suis religieux et en communauté, pasc. Proi;. 2. Les Perses eurent des communautés de cénobites, volt. Mœurs, Ou. lit ne voyons-nous pas que c'i;st justement dans les communautés les plus régulières et les plus austères qu'on témoigna plus de satisfaction? dourd. Pensées, t. ii, p. 307. Il La maison religieuse même. Nous visitâmes la communauté. Il Dîner à la communauté, dîner au réfectoire avec les autres. || Chez les capucins, la chambre où sunt les babils.

— iiisr. xiii' s. Et ccste compaignie se divise en deus manières, car l'une des communallés, si est par reson de commune olroiée de segneur et par chartre, beaum. xxi, as.Le [la] communaltés du siècle, cil qui avoient talent de vivre en pes, id. XLv, 3i. Il xiv's. Et dient li bourjois . briefment responsR aur.-, Mais parlé aions à la communaltez, Gue^d. .KSU7 II xv s. Au voir dire, ils n'esloient qu une poiKuée de gens au regard de la communauté du royaume d'Angleterre qui li estoit assem-

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blée, FBOiss. 1,1, 32. Et envoya quatre chevaliers en la ville de Valencienncs, pour aider ,^ garder et conseiller la ville, les bourgeois et la communauté, ID. I, i, t06. Je le dis aussi bien pour les princes et seigneurs allyez ensemble, comme je faitz pour les vilïes et communaultez, comm. il, l, Venyse, Florence, Gènes, villes de communaulté, ID. v, 8. Il xvi' s. La quelle perfection ne se pourroit jamais trouver en la communauté des hommes, cai.v. Instil. (tôt. Epaminondas remonstra à la communaulté, comme la guerre alloit augmentant la ville de Sparte seule, amyot, Agésil. 46. 11 y avoit eu entre eulx [César et Pompée] une si longue intelligence et société au maniement des affaires publicques, tant de communauté de fortunes, tant d'offices réciproques et d'alliances, mont, i, 2fl8.

— ÉïYiM. Commu>iaZ ; bouiguig. quemenautai ; provenc. cominaltat, commxtnautat ; ital. comunallà.

t COMMUNAUTIEU (ko-mu-nô-tié), s. m. Celui qui, chez les capucins, a soin de faire les habits.

— ÉTYM. Communauté.

COMMUNAUX (ko-mu-nô), s. m. pi. Voy. communal.

COMMUNE (ko-mu-n'), s. f. || 1° Dans le régime féodal, le corps des bourgeois d'une ville ou d'un bourg ayant reçu charte qui leur donnait droit de se gouverner eux-mêmes. || Affranchissement des communes, acte par lequel Louis le Gros et en général tout seigneur octroya la liberté aux serfs sous certaines conditions. Nous avons considéré que, bien que l'autorité soit entière dans la personne du roi, nos prédécesseurs n'avaient point hésité à en modifier l'exercice, suivant la différence des temps; que c'est ainsi que les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, Préambule de la charte constitutionnelle de t8i4. Des libertés immémoriales prenaient l'air de concessions récentes; toute commune semble une pure émanation de la volonté royale, et Louis le Gros, comme premier en date, a l'honneur de l'initiative; de li vient que Beauvais et Noyon passent pour les plus anciennes communes de France; assertion vraie si l'on réduit le nom de France à ses limites du xii' siècle, et fausse si on l'applique i tout ie territoire sur lequel il s'étend aujourd'hui, A. thierky, Lctt. sur l'hist. de Fr. xui. || Les communes, les milices fournies par les communes. [| 2' Aujourd'hui, agrégation de familles rassemblées dans une certaine circonscription de territoire, et unies par des relations de voisinage et des intérêts communs, que gère une administration commune. H Division territoriale administrée par un maire et un conseil municipal. |j L'être collectif représentant les habitants d'une commune, li assigna la commune devant le tribunal. || Dans l'histoire de la Révolution, quand on dit la commune, on entend la municipalité de Paris qui s'organisa en (789 sous la présidence du prévôt des marchands. || L'hôtel de ville, la mairie. 11 se rendit à la commune. |i 3° En un sens restreint, les communes, les populations rurales. Il Autrefois, les communes, biens communaux. Mener paître les troupeaux dans les communes. || 4° La bourgeoisie ou le peuiile, par opposition à la noblesse. La commune s'allait séparer du sénat, i,A font. Fab. m, i. L'Église avait tout k craindre des grands et rien des communes, cuateaub. Génie, iv, VI, tl. Il La chambre des communes, la chambre basse du parlement anglais, c'est-à-dire l'assemblée dos députés élus par les bourgs et cités du royaume.

— HIST. xii" s. J'ai le transcrit des lettres (einsi n'escliaperez). Qui vus ad de commune eclesial sevrez, ru. le mart. 124. || xiii' s. Et fist l'eudemain semonre devant li la comune de Namur, Chran. de Uains, 227. Cil qui sont procureur par le commun d'aucune vile en laquele il n'a point de commune, UEAUM. 80. Et puis convient qu'il voist [aille] manoir hors du lieu de le [la] commune, lu. x.\i, 20. Le jour meismes que elle [la reine] lu acouchée, li dit l'on que ceulx de Pise et de Gènes s'en vouloient fuir, et les autres communes, lOiNV. 2[i2.

Il xvi' s. La commune [le commun] de son armée, mont. 1,4. Laisser le gouvernement ez mains de la commune [du peuple], lu, i, «13. Le sénat ne pouvoit venir à bout de la commune, qui à toute force vouloit tenir le party de Haimibal, auvot, àlurcel. 14. Il s'amassa d'Auvergne et de Forost grand nombre du noblesse et de communes, qui furent dissipez parles Lionnois, d'aue. llist. i, <45.

— ÉTYM. Commun ; bouvguig. lai quemcugne, la commune ; provenç. comuiiu, corn um'a; ital. conmno.

COM.MDNÉMENT (ko-mu-né-man), adv. Le plus ordinairement. Cela se dit communément. On les trouve communément dans les rues, voit. Lett. 3».

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Il Commuiièmeuc pariant, à parler communément, selon l'opinion ou la façon de parler commune. Toutefois, communément parlant, semblables entreprises produisent semblables événements, balz. le Prince, chap. <2. Communément parlant et eu égard à l'ordre du monde, m. liv. iv, Lett. i3.

— IlEM. Cet adverbe devrait être communément ; mais il y a longtemps que la prononciation y met un accent aigu (abus autorisé par l'usage, dit Chifflel au xvii' siècle).

— IIIST. XI' s. Et li Français fièrent [frappent] comuiiement [tous ensemble] , Chr. de Roi. cix. Jusque il viennent au champ cumunement, ib. cxxvi. Cumunement [tous ensemble] li prometent leur feiz, ifc. ccxLviii. Il XII' s. Hylaires de Cicestre le greva durement, Gilebert Foliot de Londres ensement; Li Ciirdenal se tindrent al rei communément; Si qu'en tutela curt n'ont nul maintienement. Th. le mari. p. 100. Il xiu' s. Tousli païs i ert [était] venus communément, Berte, cxxxiii. Ensi furent communément li Grieu et li François ensemble de toutes choses et de marcheandises et d'autres biens, villeh. Lxxxvii. Il XV* s. Cils chevaliers et cils esouyers do Bigorre se recueillirent tous ensemble et firent leur amas à Tournay par où leur passage estoit communément, FROiss. u, m, 0. Les Anglois sont communément envieux sur toutes estranges gens, quand ils sont à leur dessus, id. i, i, i6. Et se deslogerent [tous les seigneurs] tout communément, id. i, i, 84. Messire Bouciquaut avoit esté en sa jeunesse communément en vojage avec le bon duc de Bourbon, Bouciq. part, i, ch. 18. || xvi s. L'office de gouverner le monde lui compote communément [eu commun] avec le Père, calv. Instit. 81. La fortune qu'on appelle communément, est possible conduite par un gouvernement caché, id. ib. 141. L'on appelle communément ces mottes les testes de chien, amyot, Pélop. 68. Les courtisans, qui n'ont communément pas l'authorité de la justice agréable, d'aub. Uist. I, 84. Je treuve que les premiers sièges sont communément saisis par les hommes moins capables, mont, i, t68. X rencontre de cette violente ordonnance, il fut veu communément des pères et mères se desfaisants eulx mesmes, et d'un plus rude exemple encorcs, précipitants, par amour et compassion, leurs jeunes enfants dans des puils, pour fuyr à la loi, id. i, 297.

— ÉTYM. Commune, et le suffixe ment; espagn. comunmente; ital. comiinemente.

t COMMUNÉRO (ko-mu-né-ro) , s. m. Partisan de la démocratie en Espagne.

— ÊTYM. Espagn. comunero, populaire, factieux; de comun, commun (voy. commun).

COM.\IUNLANT, ANTË (ko-mu-ni-an, an-t'), s. m. et/'. Celui, celle qui communie. || Premiers communiants, premières communiantes, enfants qui font leur première communion. |{ Les communiants, ceux qui sont en âge de communier.

— HIST. XIV' s. Le jeudi devant la feste de Pasques communiant, DU CANGE,pa6c/ia. Le mardi, après la quinzaine de Pasquescommunians, id. ib. ||xv's. La veille de Pasques commenians, id. ib.

tCOMMUNlCABlLlTÉ(ko-mu-ni-ka-bi-li-té),ï. f. Qualité de ce qui peut se communiquer.

— ÉTYM. Communicable ; provenç. comntunicabilitut.

COMMUNICABLE (ko-mu-ni-ka-bl'), adj. || 1" Qui peut être communiqué. Ce droit n'est point communicable. Il Terme de jurisprudence. Cause communicable, cause dont les pièces doivent être soumises à l'examen du ministère public. {] Fig. Un état plus calme vous rend communicaiile à ceux de dehors, balz. liv. vii. Lettre 3. || 2" Qui peut être' mis en communication. Ces deux appartements, ces deux rivières sont communicables. Ces pluies devinrent une plaie pour le siège; les tentes du roi n'étaient communicables que par des chaussées de fascines, ST-SIM. t , 27.

— ÉTYM. Communiquer.

t I. COMMUNlCANr.ANTE(ko-mu-ni-kan,kant'), adj. Teime didactique. Qui communique, qui établit une communication. Deux artères, toutes deux situées dans le crAne, ont reçu le nom d'artères communicantes. || 'Tubes ou vases communicants, appareil employé dans les cours de physique, pour démontrer les lois de l'équilibre des liquides.

t 2. COMMUNICANT (ko-mu-ni-kan), s. m. Nom d'une secte d'Anabaptistes du xvi' siècle qui possédaient on commun leurs femmes et leurs enfants.

t COMMUNICATEUU (ko-mu-ni-ka-teur); *. m. Terme didactique. Ce qui sert à mettre en coin nunication.

— ÉTYM. Communùiuer,

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COMMIINICATIF, IVE (ko-mu-ni-ka-lif, ti-v'), adj. Il 1° Qui se communique, se gagne. Le rire est communicalif. || 2" Qui aimo à communiquer ses pensées, ses sentiments. Voire tempérament peu communicalif, sév. 380. Cette bonté est communicative et veut se donner à tous, eoss. Or. lO. Nous avons ici un vieillard retiré de la cour, qui est le plus savant homme du royaume et le plus communicalif, VOLT. Cand. )8.

— HIST. xiv s. Pour ce que le libéral est bien communicatif en exposant les ppcunes, obesme, Eth. <07. Il XVI' s. Il se rendoit fort communicatif à toutes personnes, et s'en trouvoit bien, desper. Contes, VT. Ladite trefve de dix ans fut conclue, marchande et communicative entre les pays et subjects de leurs dites majestez, M. du bellay, 478.

— RTYM. Communiquer ; provenç. comunicatiu; espagn. et ital. comunicativo.

COMMUNICATION (ko-mu-ni-ka-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. \\ 1° Action de communiquer; résultat de cette action. Communication du mouvement. La communication des idées. Aujourd'hui l'Europe est si mêlée, et il y a une telle communication desesparlies.... montesq. Correspondance, 39. Mon préservatif est de n'avoir aucune communication avec les pestiférés, de tenir mes bœufs dans la pins grande propreté, \olt. Lett.Bourgelal, ismars t7 75. Il 2° Terme de jurisprudence. Communication de pièces , l'action d'en donner connaissance à la partie adverse. Communication au ministère public, au parquet, remise que l'on fait au parquet de toutes les piècesdu procès. On dit en ce sens donner, recevoir en communication. || Dans le langage général. Donner communication d'une chose à quelqu'un, lui en faire part. Et dans le même sens, avoir, prendre, recevoir communication d'une chose. Obtenir communication d'une lettre. Elle ne pourra entreprendre aucune affaire de conséquence sans lui en donner communication, Boss. Règl. || 3° Renseignement. J'ai une communication à vous faire. Il a reçu des communications d'un haut intérêt. || 4° Commerce, correspondance avec quelqu'un. Avoir, entretenir des communications avec les ennemis de l'Etat. J'aurais pour cela besoin de la communication de personnes savantes, pasc. Lett. à Jacqueline, 20 janvier 1848. || Relation avec des êtres supérieurs. Socrate se disait en communication avec un démon. Pour marque de la communication qu'il aavecDieu, PASC. Mir. 42. Il Communication avec les accusés, celle qui se fait, après leur interrogatoire et en vertu de la permission du juge, avec leurs défenseurs, leurs parents, leurs amis. || 6° Passage d'un lieu à un autre. Les routes, les canaux sont des moyens de communication. Faciliter, gêner les communications. Escalier de communication. Le czar coucha dans la communication qui fait à cette heure des cabinets pour la reine, st.-sim. 467, (46. Vous voyez que de la poupe à la proue il n'y a aucune communication, FONTEN. les Mondes, 2' soirée. Et par une exacte police, qui coupait les communications mortelles [dans une maladie-contagieuse] pour en ouvrir de salutaires, il sauva ce peuple, qui avait perdu toute espérance de santé, et toute mesure de prudence, Fi.ÉCH. Mo7it. On a conservé la carte sur laquelle le czar Pierre traça la communication de la mer Caspienne et de la mer Noire qu'il avait projetée, VOLT. Itussie, I, 9. X l'extrémité de la mer Rouge est cette fameuse langue de terre qu'on appelle l'isthme de Suez, qui fait une barrière aux eauxdelamer Rouge et empêche la communication des mers, duffon. Théorie de la terre, article xi. Il Terme de guerre. Communication, conservation d'un passage entre une armée et la garnison d'une place, pour le transport des munitions et des vivres. Il Lignes de communication, fossés profonds d'environ deux mètres, et larges de quatre, qu'on fait d'un fort à l'autre, d'un quartier à l'autre, pour y passer à couvert. || Communications, moyens pour une armée de communiquer avec ses dépôts, ses magasins. Garder sa ligne de communications. Intercepter l'escommunications de l'ennemi. Il 6°Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur semble ou délibérer avec son adversaire sur ce qu'il doit faire, ou entrer dans ses sentiments pour le faire entrer ensuite dans les siens; par exemple : Que ferie>.-vous, messieurs, dans une occasion semblable? Il Communication dans les paroles, figure par laquelle on rend commun à une ou plusieurs personnes ce qui ne se dit que pour d'autres; par exemple : Qu'avons-nous fait? pour : Qu'avez-vous fait?

— HlST. XIV' S. Par faire retribucion est maintenue et gardée communicacion et société humaine,

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OBESME, Eth. 4B0. Sclon amitié, qui appartient à communication dénature humaine, un ami se doit esjoîr du bien de l'autre , m.id. 28. Etdonques amisié est en communication, m. ib. 244. Et les communicacions qui semblent ostre faites pour dclettacion , si comme deceulx qui dansent, in. ib. 245. ||xvi's. Une certaine loy a esté mise d'une communication [communion] en l'année : par laquelle il a esté fait que quasi tous, quand ils ont une fois communiqué [communié].... calv. Inslit. H44. On apprend toujours quelque chose iiar la communication d'aultruy, MONT. I, 60. Toute estrangeté est ennemie de communication et société, ID. i, )84. La communication que l'homme avoit avecques les bestes en l'aage doré, m. ii, (67.

— ÉTYM. Espagn. comunicacion; ital. comunicaxione; du latin c.ommunicalionem (voy. communiquer).

t COMMUNICATIVEMENT (ko-mu-ni-ka-ti-veman), adv. D'une manière communicative.

— ÊTYM. Communicative, et le suffixe mei\t.

t COMMCNICATOIUE (ko-mu-ni-ka-toi-r') , adj. Terme didactique. Qui peut être communiqué. La partie communicatoire d'une affaire.

— ETYM. Communiquer.

COMMDNIÉ, ÉE (ko-mu-ni-é , ée), part, passé. Qui a reçu la communion. Le parlement de Paris ordonna que le malade serait communié , volt. Louis XV, 30.

\. COMMUNIER (ko-mu-ni-é). || 1° Y. n. Recevoir la communion, le sacrement de l'eucharistie. Il a communié à Pâques. Il s'est donné à communier comme mortel en la cène, pasc. /. C. 34. Quoi qu'elle ne pût assez communier pour son désir, elle ne cessait de se plaindre humblement et modestement des communions fréquentes qu'on lui ordonnait, BOSS. Marie-Thér. \\ II se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 2° V. a. Administrer le sacrement de l'eucharistie. L'Église communiait les petits enfants, DOss. Trad. Il faut que le prêtre avertisse les mourants soupçonnés de jansénisme qu'ils seront damnés , et les communie à leurs risques et périls, volt. Louis IV, 30. Lorsque , sur le point de les communier, il leur déclara.... boubdal. Pensées,

— lllST. XII' s. E de part l'arcevesque [il] lur avcit denuncié Qu'il les asoleit tuz, clers e lais, del pechié , Qu'as escumeniez orent comunié, Tli. le mart. 121. || xiii' s. Soit chascuns coiifès et commeniés, villeh. clx. Delez le flun habiterai Por toi, que g'i atenderai ; Iluec serai communiée; Por après serai déviée [morte], ruteb. h , (39. || xvi' s. Ils vinrent mettre en pièces une assemblée des Refformez, communiquans à la cène au village de la Tardiere, d'aub. Uist. m, 346.

— ÉTYM. Provenç. commuuiar, cumeniar , cumengar, cumenegar ; espagn. comulgar ; portug. commungar ; ital. communicare ; du latin communicare, communiquer (voy. ce mot) , faire participant. Communier est la dérivation ancienne et li'^gitime de communicare (la consonne se perdant en des cas pareils); communiquer a été refait ensuite sur le latin.

f 2. COMMUNIER (ko-munié), s. m. Terme d'ancienne législation. Nom donné à ceux qui étaient de la communauté d'une ville, d'une commune. La seule chose qui me fasse un peu de peine [dans un mémoire d'avocat sur des mainmortables], c'est ce malheureux aveu de vingt-quatre communiers en 1684; j'ai toujours peur que cette pièce ne serve de prétexte contre vos excellentes raisons, volt. Lett. Christin, 12 août 1776.

— HlST. XVI' s. Habitans communiez n'aulres gens particuliers ne peuvent prétendre avoir droit d'usage ne pasture en seigneurie et haute justice d'autruy , sans titre, Coustum. génér. t. I, p. 423.

— F.TYM. Commune.

CO.MMUNION (ko-mu-nion; en poésie, de quatre syllabes), s. ^.|| l-Croyance uniformedeplusieurs personnes, qui les unit sous un même chef, dans une même église. La communion des fidèles. Les diverses communions chrétiennes. Pour les fidèles qui sont dans la communion de l'Église, pasc. 2'roi'. in. Un évoque qui est mort dans la communion (le l'Église, m. ib. 18. Les Bohémiens s'étaient séparés de notre communion, boss. Var. 1. Ceux q<ii étaient en communion avec les évoques d'Italie, ID. Ilist. II, 12. Celte charité qui les lie do communion avec nous, m. Asc. 2. Il n'y a pas de communion entre Christ et Déliai, in. Avcrt. Tobie est regardé comme apocryphe par toutes les communions protestantes, volt. Phil. 11, 8. Ces Ostrogolhs n'étaient pas de la communion des empereurs d'Orient,

COM

ID. Mœurs, 27. || La communion des saints, société do tous les membres de l'Église, tant les bienheureux dans le ciel que les fidèies qui composent ici-bas la véritable Église ot les âmes du purgatoire, société considérée par rapport aux relations entre ces trois ordres de fidMes. || Dans le langage général. Communion de sentiments, d'idées , accord parfait. Il 2° Réception de l'eucharistie. Se préparer à la communion. Faire sa première communion. J'ai donné la communion de ma main à Mme Guyon. BOSs. Itelal. .1e ne pourrai pas vous donner demain la sainte communion, id. Lett. Corn. 53. Us ont pu admettre les luthériens à leur communion, ID. Euch. 2. ô grands vénérateurs de ce saini mystère, dont le zèle s'emploie à persécuter ceux qui l'honorent par tant de communions saintes, et & flatter ceux qui le dôslionorenl par tant de communions sacrilèges, pasc. Frov. lo. || 3° L'antienne et le verset qu'on chante pendant que le prêtre communie. Il La partie de la messe où le prêtre consume les espèces du pain et du vin. || Communion ecclésiastique, communion sous les espèces du pain et du vin. Communion laïque, communion sous l'espèce du pain seulement.

— HiST. XVI' s. La communion des tuniques internes, tant de la trachée artère, que de l'œsopliague, PARÉ, 11, 19. Geste iinyon de l'Eglise tant amyable, tant désirable et tant nécessaire, pjiisque, hors de la communion et société d'icelle, il n'y a ni remission de péchez ni espérance de salut, condé, Mémoires, p. 554.

— ÊTYM. Provenç. communion, comunion ; espagn. comunion; ital. comunionr; du latin communionem, de communis, commun (voy. commun).

CO.MMUNIQUÉ, ÊE (ko-mu-ni-ké, kée), part. passé. Dont on a fait part; dont on a donné connaissance. Des]iièces communiquées. Des nouvelles communiquées à l'oreille. || Transmis. Le mouvement communiqué par un choc. || Substantivement et au masculin. Un communiqué, un avis, une information donnée par l'autorité supérieure. Les journaux de ce malin contiennent un communiqué.

— REM. Saint-Simon a dit maisons communiquées, pour maisons qui communiquent; ce qui ne paraît pas à imiter : Mme Frémont, mère de la maréchale de Lorge, dont les maisons étaient contiguës et communiquées, st-sim. 2h. 64.

COMMUNIQUER (ko-mu-ni-ké), V. a. ||1° Rendre commun, faire part, transmetlro. L'aimant communique sa vertu au fer. Un corps qui communique son mouvement à un autre. || Fig. Il sut lui communiquer son zèle, sa gaieté. Il détruit son pouvoir quand il le communique, corn. Pomp. i, 2. Vous élèverez les âmes en leur communiquant la vôtre, volt. Lett. Mirarula, 40 août 1767. || Se conimuni(|uer quelque chose, communiquer l'un à l'autre quelque chose. lisse communiquèrent leurs projets. Dans les monarchies, les juges prennent la manière des arbitres, ils délibèrent ensemble, ils .se communiquent leurs pensées; à Rome et dans les villes grecques, les juges ne se communiquaient pas, montesq. Espr. VI, 4. Il 2° Donner communication. Je lui ai communiqué mon intention. ||3° V. n. Avoir des relations, être en rapport avec quelqu'un. Communiquer avec les savants. Le défenseur peut communiquer avec l'accusé. Qu'un censeur bien tyrannique De l'esprit soit le geôlier, Et qu'avec son prisonnier Jamais il ne communique, bébano. Cens. Il Avec un régime, faire part de, consulter. J'ai communiqué de cette affaire avec lui. Il a donné sa démission sans en communiquer avec ses amis. Il Être en communication. Ce canal communique &la mer. Cette porte communique à un corridor. Douze palais qui communii]uaient ensemble, BOSS. Hist. m, 3. D'autres canaux devaient faire communiquer par des lacs le Tanals avec la Duna, dont la mer Baltique reçoit les eaux à Riga, volt. Russie, I, 12. Il 4° Se communiquer, r. rcfl. Être communiqué. Le mouvement d'un corps se communique à un autre. Certaines maladies se communiquent facilement. L'incendie se communique ti'un quartier à l'autre. M. Bucquet avait fait , avec M. Lavoisier, une suite d'expériences sur la manière dont la chaleur se communique à difl'orcnts lluides plongés dans un même bain, condobcet, Bucquet. Il Être en communication. Ces deux a|)partemcntsse communiquent par un corridor. || Communiquer à autrui ses sentiments, ses idées, ses opinions. Chaque individu, jouissant de lui-môme avec une pleine indépendance, ne se communique qu'autant qu'il lui convient, bo'JI.ainvii.likrs, lléfitt. de .Vpinova, p. <47. L'attention de tous les législateurs fut toujours de rendre les hommes sociables; mais, pour

l'être, ce n'est pas assez d'être rassemblés dans une ville, il faut se communiquer avec politesse; cette communication adoucit partout les amertumes de la vie, VOLT. Ihisste, l, lo. Je me communique fort peu ; et de toys les gens que je vois je n'en connais aucun, monteso Lett- pers. U5. On se communique moins dans les pays où chacun , et com„.ti supérieur et comme inférieur, exerce et souffre nn pouvoir arbitraire, que dans ceux où la liberté règne dans toutes les condilions, ID. Esp. XIX, <2. !| Ouvrir son cœur. I.e regret qu'il a de no s'être pas communiqué à son fils et de lui rvoir laissé ignorer la tendresse qu'il avait pour l-n, sÉv. 379. Il Se rendre familier, visible, accessible. Toutes les fois qu'il veut s'a.sseoir sur le trône de ses pères et se communiquer avec les hommes, dalz. lu Prince, ch. o. Que le roi fuie le tumulte et se communique peu, MONTESQ. Leit. pers. 37. Quand les dipux se communiquent aux mortels, fên. Tél. ii. Dieu se communiquait à eux, noss. Ilist. ii, ♦. Le Soigneur se serait communiqué à lui, mass. Car. Prière.

riEM. St-Simon a dii communiquer pour faire

communiquer; cet emploi n'est plus en usage. Mon logement [à Versailles] tenait la moitié du large corridor qui est vis-à-vis du grand escalier qui communique la galerie basse avec la haute, st-sim.

— IIIST. xiv S. Or convient-il plus avant enquérir do ceste chose quant as mors [mœurs] , sssavoir se il communiquent ou participent au Ksli ou as maulx qui adviennent à lour amis vivant, orksme, Eth. 27. Nulle telle beste ne participe ne ne communique de rien en telle operacion, ID. ib. 2). Telles delettacions esquelles autres bestes communiquent avecques homme, ID. ib. 94. Ceulz qui communiquent ensemble par mariage, id. ib. 244. C'est forte clio.se de communer ou communiquer en toutes choses, ID. Thèse de meunier. || xvi« s. Celui qui est prince ou seigneur communique aucunement à l'honneur de Dieu, calv. Instit. 299. Quand nous verrons aucuns en poureté, que nous communiquions à leur indigence, et soulagions leur nécessité par nostro abondance, ID. ib. 307. Certains jours ausquels on s'exerce à pénitence, avant qu'estre receus à communiiiuer ,"1 la grâce de l'évangile, id. ib. 461. 11 ne communiqua à personne cet advertissement, MONT. I, 127. La lumière qu'il plaist au soleil nous communiquer par ses rayons, id. i, 250. Tousjours les estais et honneurs par trop communiquez sont mcsprisez, castklnau, t2. Je pardonne facilement h ceulx, qui s'opiaiastrent à soustenir que Numa et Pythagoras ayent hanté et communiqué ensemble, AMTOT^ Nurn. 35. Faisant vertu de ne communiquer point aux malheurs et misères de leur païs, id. Salon, 35. Il les advertit qu'il avoit quelque chose à communiquer à Aristides, id. Arist. 35.

— ÊTYM. Provenç. communiriuar, comunicar; espagii. comunicar; ital. comunicare; du latin comm iinicare , de coniniunts, commun.

t COMMUNISME (ko-mu-ni-sin') , s. m. Système d'une secte socialiste qui veut faire prévaloir la communauté des biens, c'est-à-dire l'aboUtion de la propriété individuelle et la remise de tout l'avoir .social entre les mains de l'Etat qui fera travailler et distribuera les produits du travail entre les citoyens. Il Application du principe communiste à un ordre de faits sociaux; toute opinion qui tend à mettre aux mains de l'État un ordre d'intérêts.

— ETYM. Voy. COMMUNISTE.

t COMMUNISTE (ko-mu-ni-sf), s. m. || !• Terme de jurisprudence. Celui qui a une propriété commune, qui possède à l'élat d'indivision. || 2° Celui qui veut faire prévaloir le communisme. || Adjectivement. Les opinions communistes.

— ÉTYM. Commun.

t COMMUNITÊ (ko-mu-ni-té), î. f. Terme didactique. Qualité de ce qui est commun. Le nombre des propriétés qui sont communes aux animaux et aux végétaux est si grand que l'on conclurait de cette communité, qu'ils sont formés sur un plan analogue, LEGOARANT.

— REM. Ce mot, qui a existé, et qui manque aujourd'hui en tant que substantif de l'adjectif commun, pourrait être repris en des cas où il serait clair et bien employé.

— llIST. XIII* s. Et soit entre eus communité De tous lor biens en charité, la Rose, 4705. |{ xiv s. Home estordené à vivre civilement et en comunité, ORESME, Eih. vin, «4. Politicques est art et science de gouverner royaumes et cités et toutes communités, 10. ProJ. Il xvi's. Toutes nos oraisons doivent Wtre tellement communes, qu'elles regardent toiis-

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jours la communité que nostre Seigneur a mise en son règne et en sa maison, calv. Instit. 7)7.

— ÉTYM. Provenç. communilat ; du latin communitatem, de communis, commun.

COMMUTATIF, IVE (ko mmu-ta-tif, ti-v'), adj. Terme de jurisprudence. Qui concerne l'échange. Contrat commiitatif, lorsque chaque contractant reçoit l'équivalent de ce qu'il donne, opposé à contrat aléatoire. Justice commutative , l'obligation de rendre, dans un échange, autant qu'on reçoit. C'est un effet de justice commutative que tout travail honnête soit récompensé ou de louange ou de satisfaction, pasc. l'rov. 8.

— insT. xiv s. Et de ceste justice commutative sont deux parties ou deux manières, oresme, Eth. 143.

— ÉTYM. Provenç. com,uiatiu; espagn. conmutativo ; ital. commutativo ; du latin commulare, changer (voy. commun).

COMMUTATION (ko-mmu-ta-sinn; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Terme de droit criminel. Action de changer une peine en une autre moins grande. Il 2°TerEl3 de grammaire. Figure qui consiste à changer dans un mot une lettre ou une syllabe; par exemple créance pour croyance. |j Terme de rhétorique. Figure dans laquelle on oppose l'une à l'autre deux propositions ayant les mêmes mots, mais dans un ordre inverse, par exemple :il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. || 3° Terme d'astronomie. Distance entre la terre et le lieu d'une planète réduit à l'écUptique. Angle de commutation.

— HIST. XIV' s. L'autre espèce de justice particu- ^'ere est celle qui nous adresche en commutacions [échanges], oresme, Eth. i45. Commutations occultes, ID. Thèse de meunier. || xvrs. C'est un métal excellent, doué de belles qualités, et fort nécessaire pour aider à ce que la commutation de toutes choses se face avecques plus grande facilité, langue, 465. Bien souvent d'un cas de petit moment, peut réussir un grand changement et commutation des choses,

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