I VOIR
I t CONCEPTACULAIUE (kon-sè-pta-ku-lê-r'), adj. Terme de botanique. Fructification conceptaculaire, fructification qui se fait au moyen de concei/taclcs.
; — ÉTYM. Conceplacle.
\ t CONCEPTIBILITÉ (kon-sfc-pti-bi-li-té) , s. [.
, Terme de philosophie. Qualité de ce qui est con-
1 ceptible.
— ÉTYM. Coneeptible.
I -j- CONCEPTIBI.E (kon-sè-pti-bl"), adj. Terme de philosophie. Oui est propre à être conçu.
— ÉTYM. Lat. conceplum, supin de concipere (voy. concevoir).
+ CONCEPTIF, IVE ( koR-sè-ptif, pti-v'), adj. Terme de philosophie. Qui est propre à concevoir. Faculté conceplive.
— ÉTYM. Voy. concevoir.
CONCEPTION (kon-sè-psion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\ 1* Terme de physiologie. Action par laquelle les animaux sont formés dans le sein de la mère. Chacun a en soi, dès sa conception, la cause qui le détruit. ||Se dit au sens actif, de la mère qui a conçu : la conception de la mère; et au sens passif, de l'enfant qui a été conçu : la conception de l'enfant. || 2'" Ternie de théologie. L'immaculée conception, rojiéralion par laquelle la Vierge fut conçue dans le sein de sa mère .sans la tache du péché originel, opinion récemment élevée au rang de dogme, et qui, durant le moyen âge, avait été combattue ardemment par les dominicains et soutenue ardemment parles franciscains. || La Coaceptipi),
CON
r«le (lo la Conception de la Vierge. L'fîglise célèbre aujourd'hui la Conceplion. H Filles de la Conception, ordre religieux de filles, d'abord sous la règle de Citeaux, ensuite sous elle de Sic-Claire. Il 8* Teruie <le philosophie. Faculté de comprendre les choses. Avoir la conception facile, lente. Sa conception était d'autant plus vive et plus nette que, son enfancon'ayantpoint étéchargéedesinutilités et des sottises qui accablent la nôtre, les choses entraient dans sa cervelle sans nuage , volt. Ingénu, 3. Il Êiat de l'intelligence qui fait apercevoir certains rapports entre les idées et les objets auxquelles elles se ra[iporienl. || Dans le langage de l'école écossaise, simple appréhension d'un objet par l'intelligence. Il 4° Par extension , création de l'esprit. Cet ouvrage est une des plus belles conceptions de l'esprit humain. Les conceptions de vos lettres sont fortes, DALZ. liv. 1, lett. t. lesconceplionsde vos lettres sont confoimes au sens commun de ceux qui ont le jugement relevé , ID. ib. Pour en parler, nous ne pouvons avoir de conceptions assez hautes, iioss. i, Pass. f . Fade discoureur qui cherche quelques femmes auprès de qui il puisse se parer de son bel esprit ou de sa philosophie , et mettre en œuvre ses rares conceptions , la nnuY. v. Ceux-là seuls seront les vrais amis du peuple qui lui apprendront qu'aux mouvements qui nous ont été nécessaires pour sortir (lu néant doivent succéder les conceptions propresà nousorganiser, MIRABEAU, Collection, t. ui, p. 352. Le caractère d'Hebadona [dans la Messiade de Klopstock] est une concei)lion heureuse, cha- TEAUB. Génie, il, I, 4.
— HIST. xiv s. Convient arester leur maie conception et voulenté , Ordonn. des rois de France, t. m, p. 347. Il xvi" s. Zenobia ne recevoit son mary que pour une charge; et cela faict, elle le laissoit courir tout le temps de sa conception [grossesse], MONT. 1, 220. Cela surpasse la conception et le désir mesme de la philosophie, id. i, 235. Mes conceptions et mon jugement ne marche qu'à tastons, ID. 1, 155. Soubs une si vile forme, nous n'eussions jamais choisi [aperçu] la noblesse et splendeur de ses conceptions admirables [deSocrate], m. iv, 192. Son parler semblablement , pour les bonnes conceptions et les beaux discours qu'il coiitenoit, estoit plein de très-utile et salutaire instruction, amyot, Phocion, VII.
— ÉTYM. Provenç. conceptio; espagn. concepcion ; ital. concezintue; du latin conceptionem , de conceplum, supin de concipere (voy. co>'Cevoir). L'ancien français disait concevement.
t CO.N'CEPTIONNAIKK ;kon-sè-psio-nê-r'), s. Kl. Celui qui soutient la conception immaculée de la Vierge.
— ÉTYM. Conception.
t CONCEPTOALISMK (kon-sè-ptu-a-li-sm') , s. m. Terme de philosophie. Doctrine d'Abeilard, qui était une sorte de moyen terme entre le nominalisme et le réalisme, et (]ui, admettant comme lo nominalisme que les idées générales ne sont pas réelles, admettait, comme le réalisme, que, à une idée générale, se joint quelque chose de réel, c'est-à-dire la conception d'un objet particulier appartenant à l'idée générale.
— f.l'YM. Conceptu'l.
t CONCEPTUALISTE (kon-sè-ptu-a-li-sf), s. m. Celui (;ui suivait le concept iialisme.
t CONCEPTUEL, ELLE (kon-sè-ptu-èl, è-1'), adj. Qui est propre à la conception, qui tient à la conceplion. Il Qui est propre au conceptualisme.
— Et .'M. Voy. CONCEPTION.
CO^'C'ÎUNANT (kon-sèr-nan), prép. Par rapport à, au suiet de. L'ne loi concernant tel objet, j'ai à vous pai>r concernant votre ami.
— ETVM. Concerner.
CONC^UNEU (kon-sèr-né) , v. a. Avoir rapport, apparie lir à. Cela me concerne. Ce qui concerne votre profession. Ces intérêts nous auraient concernés, si vous n'étiez pas venu.
— UEM. L'Académie dit que concerner ne s'emploie pas au passif. Mais, grammaticalement, cet emploi ne fait aucune difficulté : reste donc à constdter l'usage; or on dit très-communément des phrases comme celles-ci : Votre ami est concerné dans cette affaire; Les intérêts concernés par cette mesure.
— HIST. XV* s. Moult lui blasma ses grandes folies, disant que jonesses ne concemoient en quelconque manière h noble lieu dont il estoit venu, Triomphe des neuf preux, dans le Dict. de dochez. Il xvi's. F.llo ne vous concerne ny mort ny vif, MONT. I. 88.
— ÉTYM. IV)urguig. confomé; du latin concernere,
CON
proprement mêler ensemble, de cum, et cernere, proprement trier, le même que xpiveiv (voy. crise). CONCERT (kon-sêr; le ( ne se lie pas: un konsi?r agréable; au pluriel, l'-ï ne se lie pas : des konsêr agréables; cependant plusieurs disent: des konsêr-z agréables),», m. || 1" Action déconcerter. Ils ne mirent pas assez de concert dans leurs opérations. Elle fait avec le duc de Lorraine une entre|)rise pour la délivrance du roi son seigneur , dont le succès paraissait infaillible, tant le concert en est juste, Boss. Iteine d'Antjlet. || Action de se concerier; intelligence entre des personnes ou des gouvernements pour arriver à une fin. Le concert européen. 11 ne faut jias que M. le prévôt trouble notre concert, BOss. Lett. (80. L'infatigable ministre ouvre des yeux attentifs sur tous les tribunaux; animé des ordres du prince, il y établit la rîgle, la discipline, le concert, l'esprit de justice, noss. le Tellier. Mais surtout qu'un concert unanime et parl'ait De nos vastes desseins assure en tout l'eiïet, volt. Cad'/. II, 8. Il En un sens défavorable. Concert frauduleux. Il lion accord. Compteriez-vous pour rien ces entretiens si ddux , Ce concert de deux coeurs nés pour soufTrir ensemble? nvcis, Homéo , i, 2. || De concert, d'intelligence, avec ensemble. Et soyons de concert auprès des malades, pour nous attribuer les heureux succès de la maladie, et rejetler sur la nature toutes les bévues de notre art, mol. Amour nM. m , t.On agit de concert avec ces prélats, boss. hem. Un ne pouvait se mouvoir de concert, id. Ilist. m , B. L'effet naturel du grand tragique serait de pleurer tout franchement et de concert, à la vue l'un de l'autre, sans autre embarras que d essuyer ses larmes, la BRUY. I. Arasme est de concert avec mes ennemis, cnÉBiL. Itliad. v, t. || Sans concert, sans s'être concerté. On ne peut assez louer Dieu de le voir si désabusé des préventions où il a été nourri, et de voir que, sans concert, nous soyons tombés, lui et moi, dans les mêmes sentiments sur tant de points décisifs, BOSS. Variât. Déf. i" dise. §5B. || 2° 'ferme de musique. D'abord on a dit concert de musique. Malheureux de n'avoir pu donner un petit concert de musique à.... iiAMaT. Gramm. 4. Il faut qu'une personne comme vous ait un concert de musique chez soi tous les mercredis ou tous les jeudis, mol. Bourg. Cent, ii, t. || Aujourd'hui, absolument, concert, séance où on exécute un certain nombre de morceaux de chaut ou de musique instrumentale. Un morceau de concert. Donner un concert. Aller au concert. || Café-concert, café où il y a de la musique. Il Concert spirituel , concert qui se donnait, dans le siècle dernier et au commencement de celui ci, pendant la semaine sainte, lorsque les théâtres étaient fermés, et qui était composé en très-grande partie de morceaux religieux; et aujourd'hui, concert où l'on exécute de la musique religieuse. Il 3° Harmonie de plusieurs voix ou de plusieurs instruments. Sans interruption de vos sacrés concerts, X son avènement tous lés cieux sont ouverts, ROTROU, St Gen. iv, 5. Sans doute leur concert va commencer lu fête, hac. Esth. m, 2. Les harpes et les voix célestes forment un concert autour d'eÙe, CHATEAUB. Génie, l, v, b. I's n'ont ni entendu les paroles ineffables dont les concerts des anges retentissent, ni senti les formidables accès d'une fureur divine, MONTESQ. Lett. pers. 07. || Par extension. Tandis que dans les airs mille cloclies émues D'un funèbre concert font retentir les nues. Et, se mêlant au bruit de la grêle et des vents, Pour honorer les morts l'ont mourir les vivants, boil. Sat. vi. || Un concert d'acclamations. Combien de grands hommes généralement applaudis ont gâté le concert de leurs louanges en y mDIant leur voix 1 fonten. A'cu'ion. I| Au pluriel et poétiquement, les chants des poêles, des oiseaux, etc. Les concerts du rossignol. Itedou- ■blons nos concerts, mol. Amants magnif. t" intermède. Et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts, lamart. Uéd. i, <.
— HIST. XVI* s. Nous avons depuis trente ou quarante ans emprunté plusieurs mots d'Italie, comme concert pour conférence, pasquier, dans le Dict.
de DOCHEZ.
— ETYM. Ital. concerto (voy. concerteb). CONXEUTANT, ANTE (kon-sér-tr.n, tan-t'), s. m.
et/". Terme de musique. || 1" Celui, celle qui chante ou exécute sa partie dans un concert. Derrière la table s'éleva un théâtre chargé de concertants , volt. Louis XI i', 25. Tous les concertants semblaient animés du même esprit, i. J. rolss. Ilél. i, 48. || a°Fig. adj. Pc dit d'un morceau de musique où les différentes parties récitent ou chantent alternativement, par opposition à celle où une seule récite, les autres ne faisant qu'accomp.igner. Un duo, un quatuor
CON
concertant. C'est de la musique concertante. Dans la musique concertante, toutes les parties sont obligées. Il Morceaux concertants , ceux qui terminent un opéra. || Parties concertantes, celles qui ont quelque chose à réciter dans une picce ou un concert.
— ETVM. liai, concertante, de concertare (voy. concerter).
CON'CEIITÊ, ÉE (kon-sèr-té, téc), part, passé. Il 1" Combiné, arrangé. L'ordre mal concerté, l'occasion mal prise, corn. CinJta, l, t. Seigneur, se peut-il voir rien de mieux concerté? m. Nicom. v, B. Votre dessein, madame, était mal concerlé, !D Perlhar. iv, 2. L'ordre de notre fuite est trop bien concerté, id. Cinna, iv. 6. .'^achez que, passant par ici pour aller chercher mon père, une aventure, par le ciel concertée, me fit voir la charmante Élise, MOL. l'Avare, v, B. Mais bientôt en ce lieu par des mots concertés Érichtho [magicienne] fait briller des rayons enchantés, urebeui', Pharsale, vi. Pourquoi changer l'ordre entre nous concerlé? volt ilort de César, m, B. |l 2° Prudent. M. de Turenne. plus concerté que M. le Prince, st-évremond, cilé dans POITEVIN. 11 était de grande taille et fort puissant, d'une humeur ambitieuse, et concerté en toutes ses actions, pellisson, Ilist. de l'Acad. t. I, p. 290, dans pougens. 11 était très-propre à la négociation, d'un esprit souple et adroit, fort concerté et qui ne faisait presque jamais rien sans dessein, ib. p. 300. Il 3"^ En mauvaise part, étudié, affecté. Cet homme est fort concerté. Elle est trop concertée dans ses manières. Un air concerlé. Gestes concertés, corn. Othon, ii, t. Il n'est pas hors de sa maison qu'il a déjà ajusté ses yeux et son visage, afin que ce soit une chose faite quand il sera dans te public, et qu'il paiai.':se tout concerté, La bruy. ix. La conduite de ce général était si équivoque, ses démarches si concertées et ses desseins si cachés, qu'on ne pouvait compter sur son secours, vertot, Réxol. rom. liv. x, p. 62. Les expressions affeclées, Les louanges trop concertées. Sont rarement celles du cœur, lamothe. Ode, 1. 1, p.400, dans pougens. Il 4° S. m. Terme de niujique. Style de musique d'église plus brillant que le style sévèic à capella.
CONCERTER (kon-sèr-té) , v. a. || 1° Projeter de concert avec un ou plusieurs. Oui, mais je ne vois pas encor de sûreté A ce que vous et moi nous avions concerté, corn. Sertor. iv, 3. Et n'ont beaucoup duré leurs sacrilèges vies Après les vains projets qu'ils avaient concertés, la font. Poésies mêlées, Lxxiv. Il concerte avec vous des entreprises de religion, FLÉcii. Tur. Pour concerter avec lui les moyens de se venger, fén. Tel. ix. || Absolument. Mais j'aurais souhaité qu'en celte occasion L'amour concertât mieux avec l'ambition, corn. Pulch. i, 5. On voudrait bien avoir à concerter avec vous. noss. Lett. quiét. ifi'i. Le roi envoya Chamlay concerier avec le maréchal Câlinât, st-sim. 13, i5l. || 2''Terme de musique. Faire un concert, s'accorder. Des voix qui concertent depuis longtemps, la bbuy. xiv. || Par [)laisanterie. Puis les gascons elles trois péronnelles Y concertaient sur des tons de ruelles, gresset, Ver- Vert, izi. || 3° Se concerter, v. réjl. S'entendre pour agir de concert. Concertez-vous avec lui làdessus. Les faux témoins qui ont déposé contre lui, avant eu le temps de se concerier et de s'affermir dans leurs iniquités, volt. Lett. Ume de St-Julien, 4 juin (773.
— HIST. XVI* S. Il emporta quand et soy des arondélies, et les relaschoit vers leurs nids quand il vouloit renvoyer de ses nouvelles, en les teignant de marque de couleur propre à signifier ce qu'il vouloit, .selon qu'il avait concerté avecques les siens, MONT, m, 90.
— ÉTYM. Ital. concertare, du latin concertare, combattre, disputer, rivaliser, qui a pris dans l'itiilien un sens détourné, de cum, et ccrtare, fréquentatif de cernere, le même que le grec xpivciv
(voy. CRISE).
f CONCERTISTE (kon-sèr-ti-sf) , s. m. Celui qui se fait entendre dans un concert.
— ETVM. Concert.
CONCERTO (kon-sèr-to), s. m. Terme de musique. Morceau écrit pour un instrument, avec accompagnement d'orchestre, et composé do naniére à faire briller l'artiste qui joue la partie princijiale. Un concerto de piano, de violon, de flûte. Les plus anciens concertos que l'on connaisse ont été composés pour le violon, ce sont ceux de J. Torelli de Vérone, publiés de toso à t709; les premiers concertos de violon étaient destinés à être joués soit è la chambre comme on disait alors, soit à l'église; vers (740 oQ a commencé à écrire des concertos
CON
CON
CON
pour le piano, accom|iagné d'abord par le quatuor d'instruments à cordes, ensuite par l'orchestre; ilopuis on en a composé pour cha(|ue instrument, Solo
de M. FARIIENC.
— r UE>l. L'Académie n'indique pas lo pluriel; mais, comme elle écrit des duos, en doit donc écrira des concertos.
— ËTYM. Ital. concerto (voy. conxerteb).
I CONCESSKUK (kon-sè-ssëur), s. m. Celui qui concède. L'intention du roi concesseur était ciue tout mille sorti par mâle du maréchal de lirissac recueillît à son droit d'aînesse la diynité de duc et pair, ST-Sl.M. tl, 61.
— KTYM. Voy. CONCESSION.
CONCUSSION (kon-sè-ssioji ; en poésie, de (piatre syllaljes), s. f. 111" l'ctroi de quelque droit, j;r;lce, privilégie. Cette compaf;nie a olitenu la concession des milles. Tout cela n'est que par concession et privilège, F.^TRU, Plaid. 4, dans Bicni LET. |l Concession à per|iétuité, cession de terrain dans un ciMetifere. Il En langage administratif, contrat entre l'État et les entrepreneurs de travaux publics. Il Abandon de biens domaniaux à des particuliers. Il Dans les colonies françaises, portion de terrain que le gouvernement accorde à un particulier pour la cultiver et la posséder. Des concessions graluiles, depuis dix jusqu'à trente acres, furent ordonnées en faveur des pauvres qui voudraient se fixer dans les Iles, BAVNAL, }Iist. phil. xiv, 43. L'n jeune nègre cultivait une concession voisine de la cabane, CH.^TEAUD. Nalch. IX, 3ai. \\ 2" Désistement de ses prétentions, de ses opinions. Il vous a fait une grande concession. Il 'ferme de ibétorique. Figure par laquelle on acconle à son adversaire ce qu'on pouvait lui disputer. || 3° Terme de blason. Armes de concession, armes données par des princes, prises dans leurs propres armes et ajoutées à celles de la Iiersonne favorisée.
— HIST. xvi' s. Concession, amvot, Eum. t6.
— f.TYM. Provenç. concession; espagn. ci>ncesion; ital. concestione ; du latin coHCCssio/iein, de conccssiim, supin de conci'dcrc (voy. concéder).
CONCESSIONNAIUE (kon-sè-si-o-né-r') , s.m.etf. Celui, celle qui a obtenu une concession. On entend les pas d'une trou|ie de concessionnaires conduits par Fébriano. chatkaub. A'n(c/i. ii, loi.
— Ï.TY.M. Concussion.
CONCETTI (kon-tchè-lti), s. w. yl. Ten.sées brillâmes, mais que le goût n'approuve p.as. Ouvrage rempli de concetti. Les conceiti abondent djiis cette pièce de vers. Fuyez encor les tours trop délicats, Des concetti l'inutile fracas, bkhnis, Ép. I, Goilt.
— REM. C'est nne faute d'employer ce mol au singulier, et dédire : celte pensée est un concetti; on ne peut, vu l'étymologie, l'employer qu'an pluriel.
— Etyh. liai, concetti. pluriel de concello, peii- Eée brillante, de concetio, conçu, Je concipere (voy. concevoir).
CONCICVABLE (kon-se-va-bl'), adj. nui peut être conçu, compris. Seigneur, un ici succès à peine est concevable, cor.n. lïéracl. v, 8.
— F.TYM. ('(inccroir.
CONXEVOIK (kon-se-voir) , je conçois, tu conçois, il conçoit, nous concevoiis, vous concevez, ils conçoivent; je concevais; je conçus; je concevrai; je concevrais; conçois, concevez, qu'ils conçoivent; que je conçoive, que lu conçoives, qu'il conçoive, que nous concevions, que vous conceviez, qu'ils conçoivent; que je conçusse; concevant; conçu, r. a. Il 1° Devenir enceinte, on [larlant de la femme et des femelles des animaux. Le sein qui nous a conçus. Un sceptre qre jadis vos pères o:il reçu De ce fameux mortel que la terre a conçu, rac. l'hèd. 11, 2. Il Absolument. Dès l'instant qu'une femme a conçu. Lasainle Vierge ayant conçu du Très-Haut, BO.SS. Il, Concept. Il 2" Fig. Former en soi, en son cœur, en son esprit. Ft d'apaiser leur dieu j'ai conçu la pensée, rac. Athal. il, 6. Et malgré les soupçons que vous avez conçus, corn. Nicom. m, 8. Le généreux espoir qie j'en avais conçu, lu. Poly. ii. 2. Tu me parles déjà d'un bienheureux retour, Et dans tes déplaisirs tu conçois de l'amour, in. Cinna, iv, (î. L'un conçoit de l'envie, et l'autre de l'ombrage, m. Poly. m, I. Mon esiirit en conçoit une mâle assurance, m. Ilor. Il, I. Sans que tes pareils en conçns.sent d'effroi , m. l'omp. iv, 4. Et concevez des vœux dignes d'une Romaine, m. Ilor. i, t. Soitalin nue les belettes En [des aigrettes] conçussent plus (ie peur, la font. P'alil. iv, 6. Mon père ignora. t jusqu'au nom de Monime Quand je conçus pour elle lin amour légitime, rac. Mithr. i, i. J'ai conçu pour mon crime une juste terreur, in. Phèd. i, 3. Mon cœur même en conçut un malbeuieux augure, ».
mCT. DE lA LANGUE FllANÇAISE,
lirit. 1,1. N'en aurions- nous conçu qu'une vaine espérance? volt. Zaïre, i, <. || Absolument. Des esprits légers ne veulent pas se donner la peine de concevoir. Pour être clair il ne faut pas concevoir à demi. || 3° Penser, croire. Quant aux raisons d'Rtat qui vous font concevoir Que nous craignons en vous l'union du pouvoir, cohn. Nicom. u. 3. 11 est vrai, je n'ai |iu concevoir sans effroi Que Bajazet put vivre et n'être plus à moi, bac. Baj. ii. b. Soit qu'il [l'homme] fdt conçu agir en conséquence de la propre nécessité de l'être absolu, boullainvilliers, Iléfut, de Spinosa, p. (98. || 4° Comprendre, saisir. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, doil. Art pnét. 1. Ils conçoivent une période par le mr>t qui la commence, la iirly. i. || Absolument. lia l'esprit vif, il conçoit ficilement. Comme les yeux ont besoin de lumière pour voir, l'esprit aiissi a besoin d'idées pour concevoir, mallebk. Uecherche, vi, t. Je ne le conçois point, donc il est impossible, \rai syllogisme d'ignorant, la motte, Fabl iv, I7. Il 5° Se rendre raison de quelque chose, ne s'en plus élonner. Concevez-vous un pareil procédé? Je conçois mal, seigneur, ce qu'il faut ce que j'en pense, CORN. Sicont. 111, 4. Je conçois vos duulerrs, rac. Androm. m, 4. Je conçois vos raisons mieux que vous ne pensez, m. "Baj. m, 6. J'ai mes raisons, Naici.s.se, et tu peux concevoir Que je lui veiv'rai cher le plaisir de la voir. id. Brit. u, 2. Je conçois vos bontés par ses remerciments, in. ib. u:, 8. .... J'entends que votre cœur soupire Flj'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire, id. Uithr. i, 5. Vois l'homme en Mahomet; conçois par quel degré Tu f.iis monter aux cieux ton fantôme adoré, volt. Vanat. i, 4. |{ Familièrement. Je ne vous conçois pas, je ne devine pas vos inienlions. || 6° Rédiger, exprimer. Il fallait concevoir celte clause en termes plus jirécis. {| 7° Se concevoir, v. re'fl. Être formé dans l'esprit, dans le creur. Les projets qui se sont conçus dans ces moments de trouble. {| Être compris, expliqué. Un pareil procédé ne se peut concevoir.
— IIIST. xu" s. Cil conçut Anseys en la fille au vachier, Sax. iv. E la dame cunchut, e puis retiirnad à sa maisu.i, 7ioi's, 156. Perisset 11 jors en cui je fui neiz et la nuiz en cui fut dit : Conciez est li hom. Job, 43B. Nekedent [néanmoins] choient li alkant [quelques-uns] en lu voie dé montement, car il conzoivent orguiUe de la vertu, ib. 471. Une virgine, dist-il, conciverat, et si enfanterai un fil, et ses nons sereit Eumanuel apeleiz.... st bern. 629. Il XIII" s. L'eure soit ore la maudite, Que povres Iioms fu conceiis! la Rose. 459. El [Honte] fut fille Raison la .sage. Et ses pères ot non Mefîez , Qui est si hidous et si lez Qu'onques o [avec] lui Raison na jut. Mes du veoir Honte conçut, ib. 28B6. Maie volenlé ke nous arions conchieule, tailliar, Ueaieil, p. 62. Il XIV s. Le cruelle ire que conceurent ceux deVege, bercheure, f"46, recto. ||xv's. Ces quatre barons de Bretagne qui representoient le duc et qui concevoient bien toutes ces alfaires, avoient mis ces doutes en avant, froiss. ii, u, 82. Afin que mieux soient conueuies les choses que j'ai à dire , monsir. liv. I, ch. 47. Il XVI' s. Qui eust pensé que l'on peust concevoir Tant de plaisir pour lettres recevoir? ma- ROT, I, 370. Ceulx qui ont conceu quelque bonne peur des ennemis, mont, i, C4. Ils sont plus ay.sez à concevoir qu'un conte de Boccace, iD. i, t8u. Us trompent l'espérance qu'on a couceue, id. i, I8I. Ce qu'un tesnioing depcsoit, ce qu'un juge oidonnoit, estoit conceu en cette forme de parler, id. iv, 183. Agis n'advcua point pour son filz l'enfant qu'elle feit, disant qu'elb; l'avoit conceu d'Alcibiades, amvot, Agésil. 3. l'ompeius. comme voulant reparer à l'envie que l'on en eust peu concevoir contre Caesar, pour l'amitié qu'd luy iiorloil, dit.... ID. Poinp. 81. [Celte confession fut imprimée] jiour en tenues exprés et conceus faire renoncer à plusieurs la créance des reformez, d'alb. Ilist. i. 49.
— ÉTYM. Provenç. concebre; espagn. coneebir; ital. conceptre; du latin concipeic , de c«m , avec, et ciptTC pour capere, prendre (voy. capable). Cvncies, participe, vient de conceplus; conceu suppose une forme barbare concepûlus.
I CONCIlACfi, ÉE (kon-ka-sé, sée), adj. Terme de zoologie. Qui est pourvu d'une coquille bivalve.
— ÉTY.M. Conque.
+ CONÇUE (kon-ch'), s. (. Nom des seconds réservoirs des marais où se fabrique le sel.
— HlST. XVI' s. Et ayant fait une écluse au dit jard , ils ont fait au bout d'iceluy d'autres grands réceptacles, (iii'ils ont nommé couches [il s'afit de marais salans] , palissy, 252. Le tout mit pied h terre près Zerbi en une couche [anse] nommée Ro-
chelle, 01^ les galères ont accoustumé de faire algade , d'aub. Hist. I, H«.
— ÉTVM. On pourrait songer \ l'italien c.oncia ou concio, qui veut dire disposition et arrangement, et qui, sons la forme de conche, a été très-usité en français aux xvi'et xvii' siècles pour dire état, disposition. Mais il est vraisemblable que couche est uneautre forme de conque, qui, ayant signifié grand vase, a pu premlre le sens de bassin.
+ CONÇU ICOLE (kon-ki -ko- 1'). adj. Terme da 1 zoologie. Qui vit dans ou sur une coquille bivalve. ' — ÉTYM. I.elatin conc/w.conquc.etcif'erc. habiter.
t œ.NClIIl'ÈUE (kon-ki -fè-r"), odj Terme do zoologie. Qui est muni d'une coquille à deux valves.
— F.TYM. Le latin concha, conque .et /'erre, porter. CONCIUTE (!(0ii-ki-t') , .1. f. Terme d'histoire
naturelle. Pétrification qui re.ssemble à la conque ou coquille: c'est une espèce de marne, qui, infiltrée dans des coquilles vides, en a pris la forme. Les anciens nryctograplies employaient ce niot'iiour désigner les coquilles bivalves fossiles, tandis qu'ils désignaient bs coquilles univalves fossiles par les termes de corblile ou cochibte. legoarant.
— HE.M. Il faut écrire cnncliite, et non, comme on trouve dans le Dictionn. de l'Académie, cunchijte.
— F.TYM. Kov/iTr,;, de zof/'i, conque (voy. CONQUE). t CONCllOïi)ÂL, ALE (k'on-ko-i-dal. da-1'), adj.
Il 1° Terme didactique. Qui ressemble à une coquille. Des agrégats conchoïdaux. || Cassure conclioïdale (voy. co.nciioïde). || 2" Terme de géométrie. Qui a rapport , qui appartient à la conchoide.
— ETYM. Conchoide.
CONCHOÏDE (kon-ko-i-d').ll 1° .l(/. Qui ressemble à une coquille. || Cassure conchoïde, cass ire qui présente des cuncavilés et lies convexités imitant l'emiireinte de coquilles. |t 2° .S. f. Terme de géométrie. Nom donné à des lignes courbes, s'approubaiit toujours d'une ligne droite, sur laquelle elles sont inclinées et qui ne la coupent jamais. L'invention de la conchoïde est due au géomètre grec Nicomèile. Bien qu'ils aient examiné la conchoïde, BESC. Céom. 2. Il 3° Terme d'archilectu-e. Profil du fût des colonnes.
— ÉTYM. Ko'.yo^'.CTi;, de v.ciy/ri , conque (voy. ce mot), et =i3o;. forme (voy. idke).
t CONCIIOPIIOKE (kon-ko-fo-r'), adj. 'terme do zoologie. Qui porte une coquille bivalve.
— KTYM. K6fX''!> coquille (voy. conque), et fop4;, qui porte.
tCONCHYLIEN, lENNE (kon-ki-liin , liè-n'), adj. Terme d histoire naturelle. Qui contient des coquilles. || Terrain conchylien, formation supéiieure au grès bigarré, compo.sée de couches calcaires et marneuses du terrain triasique.
— ÉTYM. KoY>'J).i!iv, coquille.
t CONCUVLIOÏUE (koii-ki-li-o-i-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme (l'une coquille.
— ETYM. Kov/O/.'.ov . coquille, et sî5o;, -forme. CONCUYLIoLbtilE (kon-ki-li-0-lo-jie), s.f. Terme
d'histoire naturelle. Traité, histoire des coquilles. L'histoire naturelle éclaircie dans une de ses parties principales, la conchyliologie, l'ar Débegenville, Paris, 1767.
— ÉTYM. KcYX^'iiov, diminutif de nôy/r,, conque (vov. ce mot), et )"y'j:. discours (voy. logique).
CONCUY1.10LOlilSTE(kon-ki-li-o-lo-ji-st'),i.JH. Celui qui s'occujie de conchyliologie.
— ETV.M. t oiichiitioloyie.
t CONCHYLIOPHOllE ( kon-ki-li-o-fo-i' ) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des coquilles.
— ÉTYM. l\OYX'J)itov, coquille, et9opo<;, qui porte. CONCIERGE (kon-sièr-j') , s. »i.||l° Celui i|ui a
la garde d'un château, d'un hôtel, d'une prison. Concierges élonnés de ces sombres manoirs, X ce roi glorieux ouvrez vos cachots noirs, bacan. Psaume 23. Il Aulrefuis, nom d'un office considémble. La reine Isabelle de Bavière avait la garde royale; dès le 2.-1 février 4413, elle .s'était fait nommer concierge de la conciergerie du palais; ce poste considérable, et quelquefois rempli par les (dus éminenls personii.iges, donnait au titulaire la garde du corps ou de la personne du roi . Isabeau de Bavière, par M. VALLET DE viRiviLLB , p. 23. || 2* Portier. Parlez au concierge.
— iiisT. xiv s. Le celerier et le concierge de la court le rny. ordonn. des rois. t. vi. p. 5K7. Nous avons commis et commettons le concierge de nostro dit hostel, «6. p. 313. Au concierge de Beauvais quttre francs, Uàuigier, ii, 4.||xv« s. Cet hostel, ainsi comme coutume est, il le faisoit garder par un concierge, froiss. m. iv, 28. Elle [sobriété] e»t propice et de peu a.s30u ie, Aide de sens, etdesanto la guette. Garde iK corps et concierge de vie. ai. ciiart., Bréviaire des noble^. || xvi' s. Jehou uonnei,
CON
conchcrge de la haUe , Regittre municipal , dans JAUBEHT, Glossaire.
ETYM. Pica; ', conchierge ; espagn. conserve,
Ixis-lut. consergitis, dans un texte de l'an ilOiî. Ménage le iiro i\e conservare ; m^is cnnsenare n'a jamais pu donner eonsergius. Labbe propose ie mol hybride con-skarjo, skarjo signifianl en allemand sbirre, sergent; mais la forme du mot et aussi la sens s'y opposent. Diez, qui écarte ces deux étymologies, n'en propose aucune. La présence de la for/iie cotisergiws, dans un texte aussi ancien que l'an uoe, ne permet guère d'y voir autre chose que la représentant roman d'un bas-latin conservius, dérivé de cutn et servire ; serviut donnant serge ou sierge , comme surviens donne sergent. De sorte que con- (■iergc ne signifierait que serviteur, terme général déterminé ensuite par l'usage à un sens particulier.
CONCIERGERIE (kon-sièr-je-rie),î. f.\[ 1° Charge de concierge dans une grande maison || Le logement duconcierge. La conciergerie du chiteau. || Autrefois, étendue de la juridiction du concierge du palais du roi. Il 2° Prison attenante au palais de justice à Paris.
— lllST. XIV* s. Donné à la conciergerie du bois de Vincennes, Ordonnances des rois, t. vu, p. 675. Il XV' s. Et sur ce avons premier fait voiries traités et points, et diligemment visiter et à grand et mure délibération tant de ceux de notre sang et grand conseil, si comme prélats, barons, comme de ceux de notre conciergerie et de notre très amée fille l'université de Paris, MON'STKEi,. liv. I, ch. ne. || xvi's. Un prisonnier de qualité estant eu nos conciergeries, MONT. II, 32.
— l'.TYM. Concierge.
CONCILE (kon-si-I') , s. m. || !• Assemblée d'évêques et de docteurs pour statuer sur des questions de doctrine, de discipline. Les apôtres tiennent le conciKî de Jérusalem, Boss. Ilisl. i, io. Telle fut la décision du concile de Latrah, le plus grand et le plus nombreux qui ait jamais été tenu, dont l'autorité est si grande que la postérité l'a appelé par excellence le concile général, boss. Variât, xv, § <36. Il Concile œcuméniqueou général, assemblée qui représente toute l'Ëglise du monde catholique. Concile national, concile composé des évoques d'une nation. Concile provincial, concile tenu par les évoques d'une province ecclésiastique ; l'archevêque préside. Concile diocésain, assemblée des bénéficiers d'un diocèse ; on le nomme ordinairement synode. I! 2" Actes et décisions des conciles. On a fait plusieurs éditions des conciles.
— HiST. xu* s. Par le conseil Tyebaut a fait li rois escrire, Lesletreset les Chartres fist seeller en cire, Les barons fist venir de trestout son empire; k lleleun en France tint li rois son concire [assemblée], lloman de Rou, ms. p. 4 23, dans lacurne. Pruveires e diacnes, plusurs en i ot pris, Larruns, murdreiseiirs en la rei prisun mis; Qu'aroté niult suvent erent par le pais. As cunciles [tribunaux] mené là ù lur ert asis. Th. le mart. 26. Quand ot [apprend] li reis Henris de la pape conter Qu'il feseit par ses briefs les evesques mander, A Clarendune ail fait sun cuncilie [conseil] asembler, Th. le Uart. 6B. Il xiir s. Et fit assambler un concile gênerai de tous les ordenes desous la loi de Kome, Clir. de Rains, 88. || xvi' s. Les rois ont de tout temps assemblé ou fait assembler synodes ou conciles pro- Tinciaux et nationaux, p. piTiiou, 10. Les conciles généraux ne se doivent assembler ny tenir sans le pape, toulesfois il n'est estimé estre par dessus le concile universel, ïd. 40. '
— ÉTYM. Provenç. concili; espagn. et ital. conei- 1 Zio; du latin concilium, assemblée, de même radical que conciliare (voy. concilier).
CONCILUBLE (kon-si-li-a-bl") , adj. Qui se concilie avec une autre chose, qui ne l'exclut pas. Ces conditions sont conciliables l'une avec l'autre.
— ETYM. Concilier.
CONCILIABULE (kon-si-li-a-bu-1') , s. m. \\ i' Assemblée de prélats schismaliques ou convoqués irrégulièrement. Ce n'était pas un concile, c'était un conciliabule. || 2" Conférence secrète et oïl président d'ordinaire des sentiments de malveillance ou d'hostilité. Ce conciliabule où la mort de Jésus fut conclue, BOURDAL. Carême, m, Communion pose. 223. Les conciliabules qui se tiennent chez les fenunes de chambre, J. J. rouss. Uél. vi, to.
— ÊTYM. Le latin conci/iabufuiM, de conciliare
(voy. CONCILIER).
t CONCIUAIUE (kon-si-li-Ô-rO, adj. Qui appartient au conrile. " J ^ yt
— f-TYM. Concile.
t CONCILUIREMENT (kon-si-li-ê-re-man), adv. lui conçus. "
CON
— ÉTYM. Conciliaire, et le suffixe ment. CONCILIANT, ANTE (konsi-lian, an-t'j, adj.
Oui est propre à concilier. Homme, esprit, caractère conciliant. Paioles conciliantes.
CONCILIATEUU, TRICE (koM-.si-U-a-teur, tri-s'). Il i'S.m.clf. Celui,ceUe(|ui s'emploie pourconcilier un différend. Le conciliateur crut qu'il viendrait à bout De guérir celte folle et détestable envie [de plaider], LA FONT. Fab. XII, in. || 2° Adj. Un esprit conciliateur. Éloquence persuasive et conciliatrice. Son esprit était naturellement conciliateur et «on âme semblait s'approcher de toutes les autres, montesq. Arsace et [sménie. Leihml/., génie vaste et conciliateur, voulut que ses ouvrages devinssent comme un centre où se réuniraient toutes les connaissances humaines, TUKGoT, Ébauche du 2' dise, progrès de l'esprit humain, p. 2S0. || Terme de droit. Le juge conciliateur.
— His r. xvi* s. La civilité est conciliatrice des premiers abords de la société et familiarité, mont, i, 62.
— ÉTYM. Le latin concilialor, de conciliare, concilier.
CONCILIATION (kon-si-li-a-sion ; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Action de concilier. Apporter dans les affaires un esprit do concihation. Les voies de conciliation sont encore ouvertes. || 2* Terme de droit. Conciliation préalable, préliminaire, tentative de conciliation, comparution des parties, avant l'instance, devant un juge, spécialement le juge de paix, qui cherche à les concilier. Procès-verbal de non-conciliation. || 3° Action de faire concorder ensemble des textes qui semblent en opposition. La conciliation de ces deux articles n'est jias possible.
— ETYM. La latin conciliatio, de conciliare, concilier.
t CONCILLVTOIRE (kon-si-li-a-toi-r'), adj. Qui a pour but de concilier. Conférences oonciliatoires. Moyen conciliatoire. Procédure conciliatoire.
— ETYM. Concilier.
CONCILIÉ, ÉE (kon-si-li-é, ée), part, passé. Il 1° Apaisé. Les esprits conciliés par de sages mesures. Il 2" Mis d'accord. Ces lois conciliées par une habile interprétation.
CONCILIER (kon-si-li-é), v. a. \\ 1° Faire disparaître les causes des différends. Ahl laissez-moi l'honneur de vous concilier, volt. Catil. m, 4. Un intérêt si cher nous doit concilier, ni. Triumv. ii, 2. Terminer tous les différends d'une manière qui conciliait les intérêts les plus opposés^ BOSs. Ducheise d'Orl. Son caractère particulier était de concilier les intérêts opposés, et, en s'éievanl au-dessus, de trouver le secret endroit et comme le noeud par où on peut les réunir, id. Anne de Gonz. En 1657, il se fit à Worms, par l'ordre de Charles V, une nouvelle assemblée pour concilier les religions, boss. Variât, vin, § 3J. || 2' Accorder des choses qui semblent contraires. Concilier deux textes de lois. Il peut concilier son honneur et sa flamme, rotrou, 51 Gen. i, l. La difficulté de concilier l'Iiisloire profane avec l'histoire sainte, boss. Hist. i, 7. Cela suffit pour conciher ce saintdocleur avec lui-même ID. Rép. Oserai-jedire que lui seul concilie les choses contraires et admet les incompatibles? la bruy.iv. Il 3* Rendre favorable à, bien disposer. Il lui concilia la faveur du prince. Sa douceur lui a concilié la faveur de tous. Elle s'est concilié l'affection de sa nouvelle famille. || 4° Se concilier, o. réfl. Entrer en accord, s'entendre. Ces gens-là ne pourront jamais se concilier. Ils délibèrent ensemble, ils se communiquent leurs pensées, ils se concilient, montesq. Esp. VI, 4. Il N'avoir plus de contradictions avec... Votre système ne peut se concilier avec les principes établis.
— SYN. CONCILIER, ACCORDER. Accordor, c'est proprement mettre d'accord, ramener au même ton, à l'unisson ; tandis que concilier signifie uniquement rapprocher. C'est cette différence d'étymologio qui est la cause des nuances que ces deux mots expriment. Concilier les lilieriés de l'Eglise gallicane avec les prétentions de la cour de Hume, voudrait dire que par une interprétation on a montré ((u'elles ne se repoussaient pas, et qu'au fond elles .s'accordaient. Accorder les unes avec les autres voudrait dire que par un moyen quelconque on les a mises dans un état où elles n'ont plus de dissemblance. Un intérêt commun les concilia, signifiera qu'il leur a ouvert les yeux et leur a fait reconnaître qu'au fond rien d'essentiel ne les séparait. Un intérêt commun les accorda, signifiera qu'il leur a fait faire des concessions mutuelles et qu'ils se sont arrangés pour s'entendre.
— HIST. xvi* s. Celte rer.ordalion [d'un grand danger] me concilie aulcuneuieul à elle ^iilauortj,
CON
MONT. II, 63. Les reconciliateurs des jurisconsultes j debvroient premièrement les concilier cbascun à soy,