‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 429 sur 504 · GRADE · texte numérisé non relu

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2. CONGRÈS (kon-grê) , 1. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Épreuve qu'ordonnait autrefois la justice pour constater, en présence de chirurgiens et de matrones, la puissance ou l'impuissance des époux qui plaidaient en nullité de mariage. Le congrès a été supprimé en 1687. Et jamais juge entre eux ordonnant le congrès De ce burlesque mot n'a sali ses arrêts, boil. Sat. viii.

— ÉTYM. Même mot que le précédent, et signifiant ici coït.

t CONGRESSION (kon-grè-ssion) , j. f. Terme d'histoire naturelle. Accouplement du mâle et de la femelle.

—HIST. XVI* s. Qu'à une congression languissante, pour la remplir d'une juste et fertile chaleur, il s'y fault présenter rarement et à notables intervalles,

MONT, m, 319.

— ÉTYM. Lat. eongressio (voy. congrès 2).

f CONGRÈ'VE (kon-grè-v') , s. f. Terme d'artillerie. Fusée à la congrève, fusée qui, garnie d'une mèche inextinguible, lance, en éclatant, d'autres petites fusées très-meurtrières.

— ÉTYM. Congrève, nom d'un colonel anglais qui a inventé cette sorte de projectiles, et qui naquit en 1760.

f CONGRIER (kon-gri-é), s. m. Endroit d'une rivière que l'on entoure de pieux pour renfermer le poisson II On trouve aussi congrois.

— HIST. xvi* s. Icelluy prendeur ne porra vendre ny estranger nulz des poissons qui seront prins es dites conrryes et pescherie.... Et porra le dit prendeur tendre nasse en la conrrye d'iceulx molins, DU GANGE, cogrerium.

— ÉTYM. Congre 2.

CONGRU, DE (kon-gru, grue) , adj. || 1* Qui est conçu ou qui s'exprime en termes exacts et précis. Réponse congrue. Phrase congrue. Vous faites le savant, et n'êtes pas congru , Régnier , Sat. x. Le premier président ne connaissait point d'interjec» tiens; il n'était point congru dans sa langue, retz, II, 14.1. Il 2* Terme de théologie. GrSce congrue, grâce proportionnée à l'effet qu'elle doit produire, ou à la disposition de celui qui la reçoit. Je suppose que la direction du verbe n'est efficace que comme la grâce congrue, fénel. ni, 190. || 3° Dans le langage ecclésiastique, portion congrue, pension annuelle que le gros décimateur pajait au curé pour sa subsistance. Un curé de campagne dont les travaux pénibles ne lui procurent que sa portion congrue de 300 livres de droit, volt. Louis XIV, 35. Pourquoi M. l'archevêque de Tolède a-t-il un million de ducats de rente, tandis que je suis réduit à une portion congrue? iD. Phil. m, 336. || Par extension, portion congrue, rente, traitement fort exigu. On a mis tous ces employés à la portion congrue. || 4° En géométrie, congru s'est dit jadis de deux figures qui coïncident parfaitement. || En arithmétique, d'après Gauss, nombres congrus, nombres qui ont un rapport de congruence.

— HIST. XV* s. Certes hoc vinum est bonus : Du maulvais latin ne nous chaille. Se bien congru n'estoit ce jus, BASSELIN, Yau de Vire, 9.

— ÉTYM. Lut congruus, conforme, convenable, t CONGRUAIRE ('kon-gru-ê-r') , adj. S'est dit des

curés à portions congrues.

— ÉTYM. Congru.

f CONGRCENCE (kon-gru-an-s') , t. f. Ancien terme de géométrie. Égalité de deux figures.|| Terme d'arithmétique. Relation entre deux nombres, telle que leur différence est un multiple d'un troisième nombre dit module.

— ÉTYM. Congntent.

fCONGRUENT, ENTE (kon-gru-an, an-t'), adj. Qui convient à. Que dites-vous de ma petite oie [sorte d'ajustement] ? La trouvez-vous congiiiente à l'habit? mol. Les préc. 10.

— ÉTYM. Lat. congriicns, part. prés, de congruerc f CONGRUISME (kon-gru-i-sm'), s. m. Terme de

théologie. Système des congruistes. Les jésuites ne travaillaient qu'à établir la grâce suffisante, le congruisme et les lettres de cachet, volt. Phil. ii, 238. Molina fut inventeur de la science moyenne et du congruisme, id. Louis XIV, 37.

— ÉTYM. Congru.

t CONGRCISTE (kon-gru-i-sf), î. f». Celui qui soutient que Dieu donne aux hommes la grâce congrue. Il Adj. Théologien congruiste.

— ÉTYM. Coigru.

CON

CONOnUlTÊ (kongru-i-16), s. f.\\ 1° Terme de théologie. Efficacité (le la grâce qui agit tout en conservant l'action du lllire arbitre. La grâce qu'on appelle congrue trouve dans sa congrultô une véritable efficace, FiîN. III, 283. Le mente de cougruité ou de convenance, que les théologiens y reconnaissent, n'est pas, suivant eux, un véritable mérite, boss. Tar. 8. Il 2° Convenance. Mais dites, gouverneur, dans le siècle où nous sommes, Les princes aimentils comme les autres hommes? Je voudrais bien l'aimer dans la congruité Que requiert en tel cas ma liante qualité, th. cohn. le Geôlier de soi-même, m, 7. Il Vieux en ce sens, et du style burlesque.

— HIST. XV' s. Congruité, de incongruité plaine, en. d'oul. Bal. m.

— ÉTYH. Lat. congruilas, de congrmis, congru. CONGuCmENT (kon-gru-man), adv. || 1° D'une

manière congrue, correcte. Faut-il qu'avec les soins qu'on prend incessamment. On netepuis?e apprendre à parler congrûment? mol. Femmes sav. ii, 6. Hérodote parle congrûment et surtout noblement, p. L. COUR. Il, <28. Il 2° l'erlinemment. Parler congrûmcnt d'une chose, d'une affaire. || 3° Régulièrement. Lui , c'est un homme d'ordre et qui vit congnlment, HECNAnu, le Joueur, l, 2.

— REM. L'accent circonflexe indique qu'une a été supprimé.

— HIST. XIV» s. Et se mue [le caméléon] et varie en toutes telles couleurs comme ont les choses que il regarde congruement, exsepté deux couleurs,

ORESHE, Elh. 23.

— ÉTVM. Congrue, et le suffixe ment.

t CONICINE (ko-ni-si-n'), s. f. Terme de chimie. Alcaloïde (dit aussi conine, coniine, conéine et cicutine) qui existe particulièrement dans la grande cigug.

— f.TYM. Kwviov, ciguë.

t CONICITÉ (ko-ni-si-té), s. f. Forme conique. il Terme de chirurgie. Conicité du moignon, défaut dans l'amputation d'un membre qui fait que le moignon devient conique et le bout de l'os saillant.

— ÉTYM. Conique.

t CONIDIE (ko-ni-die), s. f. Terme de botanique. Poussière qui recouvre les lichens.

— ÉTYM. Diminutif de xévii;, poussière.

CONIFËRE (ko-ni-fè-r'), adj. Terme de botanique.

Qui porte un fruit de figure de cône. Arbres conifères. Il S. m. Los conifères.

— ÉTYM. Lat. conus , cône (voy. cône) , et ferre, porter.

t CONIKLORE (ko-ni-flo-r'), adj. 'ferme de botanique. Qui a les fleurs en cône ou chaton.

— ÉTYM. Cône, et le latin flos, fleur.

t CONIGÈNE (ko-ni-jê-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Q\.\ naît ou vit sur les cônes du sapin.

— ÉTYM. Kûvoi;, cône, et tiv^ç, né.

t CONILLE (Vo-ni-11', U mouillées), s. f. Terme de marine. Espace ménagé aux côtés d'une galère.

t CONIOTHÈQUE (ko-ni-o-tè-k') , s. m. Terme de botanique. La loge que porte l'antLère.

— ËTYM. Kovi;, poussière, et 6/|xir), loge. CONIQUE (ko-ni-k'), adj. Terme de géométrie.

Qui a la forme d'un cône. || Les sections coniques, et, elliptiquement, les coniques, les courbes qui résultent des diverses sections du cône, savoir le cercle, l'ellipse, la parabole et l'hyperbole. 11 y avait un homme qui, à seize ans, avait fait le plus savant traité des coniques qu'on eût vu depuis l'antiquité, CHATEAUB. Génie, III, II, 6. Il Pendule conique, espèce de modérateur qui, dans les machines à vapeur, règle l'ouverture du tuyau qui envoie la vapeur dans les cylindres.

— ÉTYM. Kcovtxô;, de xaivo;, cône.

t CONIUOSTRE (ko-ni-ro-str') , s. m. Famille de l'ordre des passereaux, caractérisée par un bec court et conique comme celui du moineau, du pinson, du gros bec, etc.

— ÉTYM. Cône, et le latin rostrum, bec.

t CONITE (ko-ni-f) , s. m. Terme de minéralogie. Minéral grisâtre ou rouge chair, d'Islande.

1 CONIVALVE (ko-ni-val-v'), adj. Terme de zoologie. Qui a une coquille conique.

— ÉTYM. Cône, et vahe.

CONJECTURAL, ALE (kon-jë-ktu-ral, ra-1'), adj.

Qui ne repose que sur des conjectures. Raisonnementsconjecturaux. Pour montrer qu'il ne s'agit pas d'une certitude morale ou conjecturale, boss. Variât. 4, Les conséquences que je veux déduire ne seront pas pourceUconjecturales,j.j. rouss. Orig.l.

— KEH. On a ôit aussi, dans le xviii* siècle, conjàsturel : Ce que j'ajoutais est purement conjectu- «1, BONNET, Essai analyt. dme. OEuvres,l. xiv, P «•♦ note, dans pougens. I.a langue n'a pas été

CON

conséquente pour rendre la finale latine alis ; elle a pris tantôt el, tantôt al, quelquefois les deux terminaisons ; virtuel et non virlual ; partiel el partial avec deux acceptions dillérentes.

— HIST. xvr s. Laquelle chose (avec la parfaite connoissance et gradation des temps de la maladie, et de la température des corps et parties) fait la médecine conjecturale et devineresse, pabiî, xvi, (2.

— ÉTYM. Lat. conjectaralis , de conjectura (voy. conjecture).

CONJECTURALEMENT ( kon-jè-ktu-ra-le-man ) , adv. D'une manière conjecturale.

— HIST. XVI' s. Conjectiiralement et incertainement, .mont, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Conjecturale, et le suffixe ment. fCONJECTURATIF, IVE (kon-jè-ktu-ra-tif, ti-v'),

adj. Qui fait conjecturer.

— HIST. XVI' s. Tous ces signes sont grandement eonjecturatifs, voire certains, que le crâne soit fracturé, PARÉ, VIII, 2.

— ÉTYM. Conjecturer.

t CONJECTDRATION (kon-jè-ktu-ra-sion), s. f. Action de conjecturer.

— HIST. xiv s. Prudence appefée en grec eustochie, c'est conjecturation , oresme. Thèse de meunier.

— ÉTYM. Conjecture.

CONJECTURE (kon-jè-ktu-r'), s. f. Opinion établie sur des probabilités. On peut sur le passé former ses conjectures, corn. fois, d'or, m, 4. Je ne me satisfais d'aucunes conjectures, m. Hor. l, l. Et je dirai, si j'ose en faire conjecture, id. Pomp. m, i. Non que de ma naissance il fas.se conjecture, id. Uéracl. ii, 2. Ma comédie, sire, n'a pu jouir ici des bontés de Votre Majesté; en vain je l'ai produite sous le titre de l'Imposteur et déguisé le personnage sous l'ajustement d'un homme du monde.... La cabale s'est réveillée aux simples conjectures qu'ils ont pu avoir de la chose, mol. Tart. "i'placet. Les conjectures [dans les sciences] ont toutes un droit égal de se produire, et souvent n'en ont guère de se combattre, fonten. Hartsoeker. Les conjectures sont les étincelles, au feu desquelles la bonne physique allume le flambeau de l'expérience, bonnet, Consid. corps org. OEuvres, t. v, p. 99, dans pougens.

— HIST. xv s. L'une dit que c'est enfanture; L'autre dira qu'il n'en est rien ; Et pour oster la conjecture.... coQuiLLART, Les droits nouveaux. || xvr s. Que chacun donc fasse conjecture quel tripotage ce seroit, si.... calvin, 77. Comment videra-t-on ces querelles? car, en cause douteuse, il faudra juger par conjectures, m. 77. Donner pour argent comptant des conjectures, mont, i, i03. Pour divertir les opinions etconjectures du peuple, id. m, 300. Ceulx qui nous desconseillent les femmes riches, de peur qu'elles soient moins traiotables et recongnoissantes, se trompent de faire perdre quelque réelle commodité pour une si frivole conjecture, ID. ii, 84. Qu'estil plus vain que de vouloir deviner Dieu par nos analogies et conjectures? ID. ii , 245.

— ÉTYM. Provenç. conjectura; espagn. conjetura; ilal. congeWwro; du latin con/ecturo, de conjicere, conjecturer, proprement jeter ensemble, de cum, etjacere, jeter (voy. jet).

CONJECTURÉ, ÉE (kon - je- ktu-ré, rée), part, passé. Des événements conjecturés avec une rare sagacité.

CONJECTUBER (kon-jè-ktu-ré), v. a. Juger par conjecture. Conjecturer les cho.ses futures. De là je conjecture qu'il en sera ainsi. Qu'il y en ait de plus petites, on le peut conjecturer, desc. Monde, 3. Il Absolument. Éternellement obligé de conjecturer sur des matières très -douteuses, fonten. Litlre. Qu'il me soit permis de le dire : aucun écrivain d'histoire naturelle ne s'est plus attaché que moi à ne pas confondra les cortjectures avec les faits; mais J3 n'ai pas cru qu'on ne dût jamais conjecturer en physique, bonnet, Leit. div. OEuvres, t. xu, p. 287. 11 est raisonnable de conjecturer que le passage est court; toutes les rivières qui se perdent dans la côte occidentale de la baie d'Hudson, sont faibles et petites, RAYNAL, llist. philos, liv. xvii, ch. 7.

— HIST. XIII' s. Qui bien le scet conjecturer, J. de MEUNG, Tr. 417. Ilxivs. Si comme je puis conjecturer en si grant intervalle de temps, la cause fut.... BERCHEURE, f''74, verso. Celui est bon conseiller qui scet conjetturer et trouver selon inquisition de raison le plus très grant bien des choses ouvrables, ORESME, Eth. 479. Pour ne est-il mestier à celui qui veultaltaindre et uonjecturer au moien de vertu, que il ait aucunes règles et enseignemens, id. ib. b4. Donques est vertu une chose moienne et laquelle

CON

conjecture et tent et s'adresce au moien, m. ib. 44. Il xvi* s. Après qu'il eut bien conjecturé la haiilteul de la ditte tour par en estre souvent approché, AMYOT, Marcel. 28. On conjectura anciennement à Athènes une aptitude à la mathématique en celuy h qui on voyoit ingénieusement adgencer et fagotter une charge de brossaiUes , mont, m , 69.

— ÉTYM. Conjecture.

t CONJECTUREUR (kon-jè-ktu-reur) , t. m. Néo. logisme. Celui qui aime à conjecturar.

— ÉTYM. Conjecturer.

CONJOINDRE (kon-join-dr"), c. a. |i 1° Joindra avec. Il avait fondu les filets de glace qui les coiijoignaient, nEsc. Météor. g. Votre pensée qui ne peut conjoindre les idées qui se contrarient, ID. Rép. 2. Il 2° Unir par le mariage. Il ne faut pas que l'homme sépare ce que Dieu a conjoint. || 3° .Se conjoindre, V. réfl. Être conjoint. Des choses qui se conjoignent.

— HIST. XII' s. Seiom conjoint et enterin Trestoz nos vivans [pendant toute notre vie] mais senz fin, BENOIT, II, 1066B. Et mestieis fut ke ele andous ces choses conjoinsist ensemble. Job, 442. || xiii' s. Puisque si nous entreveïsmes Por quoi nos cuers conjoins eûmes. Que bien nous entrecogneûmes, la Hose, 8t I3. Il s'est clamés de lui de deus choses ensemble, lesquelles ne peuvent ne ne deivent estre conjointes ne vouées ensemble, Ass. de J. 148. Il xiv s. 11 se conjoinsit à eux par affinités de mariages, BERCHEUHE, f°24, rccto. || xv S. Deux cucurs en ung vouloir conjoings, al. chaht. Liv. des 4 dames. Il XVI" s. La conjonction par laquelle il nous conjoinct h soy en nous recevant au sein de l'Eglise, est comme un mariage spirituel, calvi;;, Instil. 285. Ce sont vices tousjours conjoincts, mont, i, 22. Ceux-ci [ces rois] estans bien conjoincts ensemble devroyeiit jetter les fondemens d'un si magnifique dessein, langue, .'î9I. X présent qu'on ne regarda qu'à soy, il convient conjoindre avec les paroles l'authorité et la crainte, id. ib. Tous deux ont eu le bon sens conjoinct avec la force de corps, amyot. Thés. 2. Il fut l'un des principaux instruments de moyenner, que les Romains et les Sabins se conjoignissent en un mesme peuple, id. Publ. ^. Il leur persuada de tirer de longues murailles, pour conjoindre leur ville à la marine, id. AU. 25. Il l'assena au dessus de l'os qui conjoint les deux espaules, ID. Artax. H. L'homme ne séparera point ce que mesme Dieu fait conjoindre, d'aub. Vie, cXLviii. Elle avoit une pleurésie conjointe d'une peripnoumonie, PARÉ, XVIII, C8.

— ÉTYM. Provenç. conjunger, conjongner, conjoingner; ital. congiungere; du latin conjungcre, ù« cum, et jungere (voy. joindre).

CONJOINT, OINTE (kon-join, join-f), part, r.assô de conjoindre.il 1° Joint avec. Quoique j'aie un corps auquel je suis étroitement conjoint, dksc. Méd. vi. Le prix est si conjoint à l'heur de vous servir Que c'est une faveur qu'on ne me peut ravir, rotrou, VeiiceU. III, 6. Tout l'avantage qu'homme et femme conjoints par mariage se peuvent faire, mol. Mal. imag. i, 9. Puisque Dieu agit en nous comme un principe intime et conjoint.... boss. Libre arb. 9. 11 faut donc dire que les deux substances se trouvent en effet dans le sacrement et que le signe y est conjoint avec la chose, id. Variât. 9. || Terme de droit. Personnes conjointes, personnes qui agissent dans le même intérêt ou comprises dans le même legs. Légataires conjoints. Legs conjoint, legs fait conjointement à plusieurs. || Terme de botanique. Feuilles, étamines conjointes, celles qui paraissent comme soudées ensemble. || Terme de musique. Intervalles, degrés conjoints, intervalles de seconde, c'est-àdire notes qui se suivent dans l'ordre de la gamme soit en montant soit en descendant. {| Dans les anciens manuscrits, lettres conjointes, lettres liées entre elles, et, en raison de cette liaison, plus ou moins altérées dans leurs formes. || Dans les calculs du change, règle conjointe, détermination du rapport de deux nombres dont les rapports avec d'autres nombres sont connus. || S° S. m. Chacun des époux, par rapport à l'autre. Les futurs conjoints. Le conjoint survivant. Contrat fait avec la natufe aussi bien qu'entre les conjoints, J. J. rolss. Ém. I. Les conjoints se placent au centre des deux cercles [d'invités], chateaub. Amer. 42. Mais, dirat-on, n'est-il en nulles guises D'heureux ménage? après milr examen, J'appelle un bon, voire un parfait hymen. Quand les conjoints se soufl'rent leurs sottises, LA font. Belph.

CONJOINTFjaENT (kon- join-te- man) , adv.

Il 1° D'une manière conjointe, ensemble, simultanément. L'accommodement se fit effectivement par le moyen de Cléopiitre leur sœur,' à condition <iuq

CON

CON

les deux frères régneraient conjointement, rolun, Hist. anc. OEuxTes, t. viii, p. «13, dans polgens. Il eut sans doute l'administration de leur royaume conjointement avec leur mère, m. ib. t. ix, p. B63, dans POL'GENS.... Qu'est-ce à dire? Valère? Un autre ici conjointement soupire. Ah! si je le savais.... EEGNARD, le JoueuT , II, 4. Mme de la Tour me pria aussi de nommer sa fille conjointement avec son amie, bern. de st-p. Paul et Fi>j.|| Terme dejii- »isprudence Legs fait conjointement, legs fait à plusieurs légataires en termes exprès ou par le fait (verbis, re). \\ 2° De concert. Agissons conjointement. II est nécessaire que le temps travaille conjointement avec les excellents maîtres, balz. liv. v, lett. 2. Il [Bucer] persista tellement dans l'accord, que toujours depuis il fut regardé par ceux de la confession d'Augsbourg comme meml)re de leurs églises, et agit en tout conjointement avec eux, Boss. Variât. 4.

— HIST. xiv s. Ces trois choses toutes ensemble conjoinctement sont en operacions très bonnes , 0RE&ME, Eih. 20. X une fois conjoinctement, nu GANGE, avxilium. ||xvi* s. Le vray moyen pour ester la crainte aux uns, et la cupidité aux autres, c'est de s'employer conjointement en ces hautes entreprises, LANGUE, 396. Us s'engagèrent conjointement d'amener douze mil hommes, d'aub. Vie, cxL. Ceulx qui peuvent prétendre quelque matériel fruict de ma mort, en receoivent d'ailleurs, conjoinctement, une matérielle perte, mont, iv, 122.

— ÉTYM. Conjointe , et le suffixe ment ; provenç. conjnntamen; ital. congiiintamente.

CONJONCTIF , IVE (kon-jon-ktif , kti-v') , adj. Il 1° Qui conjoint, qui unit. || Terme .d'anatomie. Tissu conjonctif, substance conjonctive, tissu appelé lamineux , d'après sa disposition habituelle dans l'économie, et tissu cellulaire depuis Bichat. Il 2° Terme de grammaire. Qui sert à rattacher un mot à un mot, une proposilion à une proposition. Il Locutions conjonctives, conjonctions composées de plusieurs mots, telles que c'est pourquoi , soit que, bien que, etc. || Les particules conjonctives, et, elliptiquement, les conjonctives , les conjonctions et, ni, ou. On a cru que dans cette phrase : Ni la force ni la douceur n'y peut rien, il faut dire n'y peuvent rien, et non pas n'y peut rien au singulier, parce qu'on regarde les deux ni comme conjonctives et non pas comme disjonctives; c'est la même chose que si on disait Et la force et la douceur n'y peuvent rien, académie, Observ. sur Vaugelas, p. <<î8, dans pougens. || Pronoms conjonclifs, et, mieux, adjectifs conjonctifs, ainsi nommés, parce qu'ils ont en eux la force d'une conjonction, et peuvent servir à unir deux propositions, par exemple : J'ai entendu l'homme qui a parlé; ditesmoi quel il est. Dans cette réunion, ils forment toujours le second terme ou le conséquent du rapport. Il D'après quelques grammairiens, noms conjonctifs, conjonctions qui remplacent un nom, telles que où, quand, quoi, pour en quel lieu, en quel temps, quelle chose. Je ne sais où il est. Il ne m'a pas dit quand il reviendra. Dites-moi de quoi vous parlez. || 3° S. m. Synonyme de subjonctif. La grammaire exige ici le conjonctif. || Terme de grammaire hébraïque. Les conjonctifs, accents toniques qui servent à déterminer les rapports grammaticaux.

— HIST. xvi" s. Me voicy devenu grammairien, moy qui n'apprins jamais langue que par routine, et qui ne sçais encores que c'est d'adjectif, conjunctif et d'ablatif, mont, i, 358. Le subjonctif ou conjonctif fet son premier présent du futur de l'optatif, MEiGRET, dansLivET, Gramm. au xvi" siècle, p. 9).

— ÉTYM. Provenç. conjunctiu; espagn. conjuntivo ; ital. congiuntivo; du latin conjunctivus , de conjungere, conjoindre.

CONJONCTION (kon-jon-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° L'acte ou l'action de conjoindre. Il Union charnelle de l'homme et de la femme. Les conjonctions illicites contribuent peu h la propagation de l'espèce, monteso. Esp. xxiii, 2. li 2° Terme d'astronomie. Rencontre de deux planètes dans une ligne droite, par rapport à un certain point de la terre. Deux astres qui entrent ensemble en conjonction, boss. Jos. 4. || Les conjonctions des jilanètes jouaient un grand rôle dans l'astrologie. Un événement arrivait sous la conjonction de deux planètes, yoi-T. Mœurs, Magie. Il [le bonheur] dépend d'une conjoncture De lieux, de personnes, de temps. Non des conjonctions de tous ces charlatans, la font. l'abl. vin, 16. On le voit [Mélanchthon] sans cesse effrayé par les tristes conjonctions des astres, boss. Variât, v. || Conjonction apparente, celle où la ligne qu'on supposerait tirée par le centre de deux pla-

DICT. DK LA U.NGUE ÏKANCAISE.

nètes, ne pa.sserait pas par celui de la terre. || Absolument, la rencontre de la lune avec le soleil en un même point du zodiaque. Les marées doivent être un peu plus fortes dans la conjonction que dans l'opposition, VOLT, fiewt. m, < I . Il 3° Terme de grammaire. Mot invariable qui met deux phrases en rapport. La vertu est désirable, car elle rend l'homme heureux; car est une conjonction puisqu'il indique qu'une de ces propositions est la conséquence de l'autre. Je porte envie aux Grecs dont la langue était si abondante en conjonctions, au lieu que la nôtre n'en conserve que très peu; encore voudrait-on nous en priver, d'olivet, Prosodie fr. art. v, § 2. || Conjonctions cnpulatives, celles qui expriment une liaison pure et simple. || Conjonctions subjonctives ou subordonnantes, conjonctions qui font de la proposition qui les suit la subordonnée de celle qui les précède. || Conjonction simple, celle qui est indécomposable. Il Conjonction composée, celle où l'usage a réuni plusieurs mots pour ne former (|u'une seule locution, par exemple afin que, de manière que, de peur que. || Dans les manu.scrits, réunion de deux ou plusieurs caractères en un seul. Ai pour A E est une conjonction. |{ 4" Terme d'ancienne musique. Corde commune à deux tétracordes consécutifs. Il 5° Terme de rhétorique. Répétition d'une même conjonction liant tous les membres d'une période.

— HIST. XV' s. Après ceste conjonction Se commence opération, De la quelle, si tu poursieux. Tu auras la gloire des cieux, la font. 5<h. Et disoit [la duches.se Marguerite de Hainaut] que, si on vouloit que son fils eust Marguerite de Bourgogne, sa fille Marguerite aussi auroit Jean de Bourgogne, par quoi il y auroit plus grand conjonction d'amour, FROiss. Il, u, 222. Il XVI' S. Les conjonctions incestueuses, mont. I, 118. Ces prophanes Mahumetistes, quelle conjonction et société pouvons nous avoir avec eux? LANGUE, 456. De cette conjonction illégitime [rindi.scipline et le mauvais commandement] s'ensuivist la procréation de mademoiselle la Picorée, ID. B75. Quelle conjonction et compagnie se pourroit trouver plus estroite que de deux? yver, p. B3I. Ce avoit esté la nuict propre de la conjonction de la lune, amygt. Aie. 36. L'obscurcissement du soleil se fait tousjours en la conjonction de la lune, ID. Nie. 42. Et parce que le flanc de courtine estoit trop esloigné pour les dedans desdites cornes, j'ai tracé entre les deux une pièce de conjonction, d'aub. Vie, cxLix. Soliman irrité de la conjonction des Malthois avec le roi d'E,spagne...i id. Ilist. I, 134. La conjonction est une partie du langage indéclinable, sans articles et sans aucun gouvernement, conjoignant les mesmes espèces des parties ou clauses [phrases] aux clauses avec quelque signification ; j'ay dit les mesmes espèces des parties, comme le nom substantif au suiistantif ou au pronom, ou bien l'adjectif à l'adjectif, le pronom au pronom.... Aucunes conjonctions sont copulatives; les aucunes sont disjonctives du sens; les aucunes sont causales; les aucunes sont négatives; les aucunes sont adversatives, meigret, dans livet, Gramm. au xvi' siècle, p. t02.

— ÉTYM. Provenç. eonjunctio; espagn. conjuncion; ital. congiunsione ; du latin conjunctionem , de conjungere, conjoindre.

t CONJONCTIONNEL, ELLE (kori-jon-ksio-nèl, aè-l') , adj. Terme de grammaire. Qui tient de la conjonction.

— ÉTYM. Conjonction.

t CONJONcflONNELLEMENT (kon-jon-ksio-ntle-man) , adv. Terme de grammaire. Avec la valeur d'une conjonction.

— ÉTYM. Conjonctionnelle, et le suffixe ment.

CONJONCTIVE (kon-jon-kti-v'), s. f. Terme d'anatomie. Membrane muqueuse qui tapisse le devant de l'œil, excepté sur la cornée, et qui attache le globe de l'œil aux paupières.

— HIST. XVI' s. Son utilité est de firmer, lier et retenir ledit œil, dedans son orbite, au moyen de quoy elle est appellée conjonctive, parF., iv, 6. L'on voit souventesfois la conjonctive de l'œil par une contusion s'enfler si fort, qu'elle sort hors de la cavité de l'œil, id. x, 6.

— ÉTYM. Conjonctif.

t CONJONCTIVEMENT(kon-jon-kti-ve-man) ,adv. Terme didactique. D'une manière conjointe.

— ÉTYM. Conjonctive , et le suffixe ment.

t CONJONCTIVITE (kon-jon-kti-vi-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la conjonctive.

— ÉTYM. Conjonctive, et la finale médicale ite, signifiant inflammation.

CONJONCTURE (kon-jon-ktu-r"), s. f. Rencontre

de certains événements dans le même point. Jugez ce qu'il faut craindre en celte conjoncture, corn. Serlor. iv, 3. Je veux mettre d'accord l'amour et la nature. Être père et mari dans cette conjoncture, ro. Nicom. iv, 3. Mais la soif de ta perle en cette conjoncture Me fait aimer l'auteur d'une belle imposture, ID. Hérael. i, 2. Si tu veux triompher en cette conjoncture. Après avoir vaincu, fais vaincre la nature, in. Rodog. iv, 2. Je sais leur divers ordre, et de quelle nature Sont les devoirs d'un prince en cette conjoncture, id. Cmna,iv,4. Il [le bonheur] dépend d'une conjoncture De lieux, de personnes de temps, Non des conjonctions de tous ces charlatans, LA FONT. Fabl. viii, la. Toute confiance est dangereuse, si elle n'est entière; il y a peu de conjonctures où il ne faille tout dire ou tout cacher,

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