CO.N
CON
CON
f.Iel bien le coniiis, gueredon |]e] vous en dei, ib. ccxi.vm. L'un conuist l'autre as hautes voiz et claires, ib. ccLX. De vassebige ta conolssent ti pair, ib. CCLXXXVJ. Il xir s. Bien conoisez quels est ses lier ttalens, Honc. ji. 36. Bien le conuit Holarit li niés [neveu] Charlon As garnimenls qu'il ot et au dragon, ib. p. 47. En tant ester as esté conetiz, ib. p. 75. De pitié plore li vassaus coneûz [renommé|, ib. p. 8). Et dit au roi : cist cors [ce cor] est conoissanz [se fait connaître], ib. p. 84. Ne coneit il negun home charnel, ib. p. 9<. S'il ce conoit [avoue] que ci [je] vous ci [ouïs] conter, ib. p. iso. Connissiez [connaissez] donc la folie, Couci, lu. Ele voit bien et conoist et entent Qu'il n'en est plus qui si aimt [aime] leaument, ib. v. Et bien [je] connoiz que Ije] n'i puis avenir [arriver], ib. vin. Dont li torz est conneûs et prouvés, ib. xiv. Tel blasme amors qui en toute sa vie Leal amor ne bonne ne connut, QUESNES, Romancero, p. 88. Du servir est drois; Maintenir le devons ; ce [je] tesmoign et connais, i'oi. xviii.... Habraam à qui Deus comanda Que de sa terre eissist; e li bers s'enala, Guerpi ses conissanz, sa feme od sei mena, Th. le mari. 65. || xm* s. Mais, espoir [sans doute], ce m'a grevé Qu'on ne coiinoit boin servise Tant qu'on ait autre esprouvé, aub. de SEZANNE, Romancero, p. (27. N'est nus [nul] qui la connoisse, qui forment ne la prise, Berte, vi. Et peut on clairement connoistre leur afaire, ib. Lxix. [Je] bien sai que par mes pies conneûes [nous] serons, ib. Lxxvii. À ce qu'il a oj, [il] connoist la tricherie, ib. xc. La traïson [elle] connoist [avoue], tout ainsi faitement Comme elle l'anéa, th. xcv. Ele m'a conneû [avoué] qu'ele est Berte apelée, ib. cxv. Vous ne me cognoissiez? je sui le roi l'epin, th. cxx. Tantost [elle] connut [reconnut] sa mère, as pies lui est alée, ib. cxxvi. Li rois regarde et vit Blondiel et pensa cornent il se feroit à lui conoistre, Chr. de Rains, p. 56. Cens qui connf)issent [avouent] aussi bien corne ceus qui nient, Lit\ des met. p. 13. L'en ne doit pas mètre fil ne coton avecques soie, pour ce que c'est decevance à ceus qui ne s'i connoissent, ib. 193. X ce sunt cil bien cognoissant Qui vont les dames traïssant, la llose, 2503. Et se tu es bien congnoissans, Et vois que Diex est tous poissans, ib. 6331. Je me fais apeler oiseuse, Dist-ele, à tous mes congnoissans; Si sui riche famé et poissans, ib. 683. Acoustumance est trop poissans; Et se bien la sui congnoissans, Mainte chose desplet novele Qui par acoustumance est bêle, ib. 7178. Je vos connois bien [je reconnais] qu'il a cinq ans que je voz convenenchai à asseïr dix livrées de terre sor mon héritage, beaum. ix, 7. L uitisme vertu [du bailli] si est que il soit très bien connissans, id. 23. Vous gardez que vous ne faites ne ne dites rien à vostre escient nulle riens, que se tout le monde le savoit, que vous ne peussiez congnoistre, joinv. 194.11 [Dieu] conoist miauz [mieux] les gens que il ne se connoissent, Uerlin, f° 7i, recto. Maislres, qu'est che chi qui me lieve? Vous connissiez vous en cest mal? Théâtre français, p. 62. Sires, fait ele, or m'esbahis De ce qu'ainçbis ne vos connui. Je vos en ai fait grant ennui; Je me tieng ore molt por foie; Or vous connois à la parole, fabliaux mss. p. 365, dans lacuune. || xiv" s. Et pour ce quierent ilz et désirent ilz estre honerez des saiges et entre ceulx de qui il sont congneuz et en bien et en vertu, oresmk, Eth. v, 9. Et vous devez faire semblant devant vos gens que vous y congnoissiez et que vous l'avez à cuer, Uénagier, II, 3. Il xv s. Et ne trouvoit on médecin qui se coniiust en sa maladie, froiss. m, iv, 82. Lesquels ils ne vouloient mie connoistre [faire connaître] à ceux qui leur en demandoient, m. i, i, 03. Je ne me connois mais à l'estat de France, id. h, ii, 229. Le roi d'Angleterre, qui ouït et entendit messire Godefroy parler, connut assez qu'il disoit vérité, id. i, I, 272. Et s'ils [les princes] le [un sage homme] connoLssent, si ne leur en chaut-il, et départent leiir auctorité à ceuli qui plus leur sont agréables, coMM. I, 12. Un légat du pape envoyé pour pacifier et pour congnoistre du différent de l'evesque et du peuple, ID. II, 10.... Etprint su.spection, le regarda au visage et le congneut [reconnut], id. iv, i. Comment le roy estoit allé en Bouibonnoys, congnoissant que tous les seigneurs du royaulme se declairoient contre luy.... id. i, 2. Il faut que ayez homme qui 3e congnoisse bien en chevaulx, Jehan de Saintré, ch. i&. || xvi" s. Compte de les cognoissanls [connaissances] combien il en est mort, mont. i, 73. Il avoit cogneu longtemps un marchand à Toulouse, ID. I, 100. Je me cognois assez aux ouvrages d'aultruy, id. m, 34. Ceste prophétie luy defendoit de toucher et coguoistre femme, qu'il ne
fust de retour. à Athènes, amïot. Thés. 4, Il les mesia parmy les autres filles, sans que personne y cogncust rien, ID. ib. S7. Il donna aux nobles la charge de cognoistre des choses appartenantes au faict de la religion, id. ib. '29. Hz l'avoient envoyé quérir pour cognoistre, composer et pacifier leurs diflerents, id. l'éUip. 48.
— Ktym. Wallon, kinohe; namurois , conoche , conèche; rouchi, conoilre ; Berry, conneâlre, couneiître; bourguig. cônay , connaître, queneussu, connu ; provenç. conoscer , conoiscer , conoisser ; calai, conexer; espagn. conocer; portug. conhecer; ital. conoscere; du latin cognoicere, de eum, et gnoscere, connaître (voy. gnose). Le participe coneû dans l'ancien français suppose un suffixe bas-latin ûtus, cogne-utus, italien conosci-uto, attendu que j dans coneû (dont connu est une contraction), ci* représente deux syllabes. Palsgrave,p. 61, qui écrit je cognois , dit qu'on prononce conoi. L'orthographe de Voltaire appliquée à ce verbe ne permet plus de reconnaître pourquoi il y a un u dans je connus (cognovi) , et elle brise les relations avec les mots j de même origine : notion, notoire, etc.
t CONNATUUEL, ELLE (kon-na-tu-rèl, rè-l'), adj. Terme didactique. Qui est conforme à la nature d'autrui ou d'une autre chose.
— HIST. xiv s. Delectacions plus connatureles à nous. — Chose à la quelle passion est connaturele., ORESME, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Com, et naturel.
CONNÉ, ÉE (ko-nné, née), adj. Terme didactique. Qu'on apporte eh naissant. Terme rare. |1 Terme de pathologie. Maladie connée, maladie congénitale. Il Terme de botanique. Feuille connée, celle qui est réunie par sa base avec une semblable qui lui est opposée.
— ÉTYM. Lat. connatus,de cum, avec, et natus, né.
t CONNECTER (ko-nnè-kté) , v. a. Terme didactique. Mettre en connexion. || Se connecter, v. réft. Avoir de la connexilé. Je vous enverrai la traduction du traité de Dieu, de l'âme et du monde par Wolf, dès qu'elle sera achevée ; et je suis siir que la force de l'évidence vous frappera dans toutes les propositions qui se suivent géométriquement et connectent les unes avec les autres comme les anneaux d'une chaîne, Lettre du roi de Prusse à Volt, dans
LAVLAUX.
— ÉTYM. Voy. connexe.
t CONNECTICCLE (ko-nnè-kti-ku-l'), S. m. Terme de botanique. Petit organe auquel tient le filet des étamines dans certaines plantes. |1 Anneau élastique des fougères.
— ÉTYM. Connecter.
I CONNECTIF, IVE (ko-nnè-ktif, kti-v'), adj. Terme didactique. Qui unit. || l" Terme d'anatomie. Tissu connectif, nom donné quelquefois au tissu lamineux. || 2° S. m. Terme de botanique. Organe particulier plus ou moins visible dans une grand nombre de plantes, et qui réunit les deux loges de l'anthère.
— ÉTYM. Connecter.
CONNÉTABLE (ko-né-ta-bl') , s. m. \\ 1° Titre du principal officier dans la maison des premiers rois de France et dans celle des grands feudataires. L'office de connétable de Normandie appartenait au même titre [héréditaire] à la maison du Houmet, comme le reconnaît en 1190 une charte du roi Richard, GUizoT, Civilisation en France, t. m, leçon a", Paris, 1857. Il 2° Titre du commandant général des armées. La charge, l'épée de connétable. La charge de connétable commença l'an 1218 sous Louis VIII, et fut supprimée en 1627 après la mort du connétable de Lesdiguières. || Cette dignité avait été renouvelée en France, mais sans aucun pouvoir effectif, dans la constitution impériale du 28 floréal an xii. Le connétable était le cinquième des grands dignitaires de l'empire. || S.f. La femme d'un connétable. Mme la connétable. || 3° Titre héréditaire dans certains pays. Le connétable de Castille. || 4° Titre qui se donnait aux gouverneurs de villes, de places fortes. Il Dans l'ancienne artillerie, officiers subalternes qui présidaient à la distribution de la poudre, des boulets et de tout ce qui regarde le canon.
— HIST. XII* s. David survit [passa en revue] sa ost ; si fist cunestables sur mil chevaliers , et altres sur cent, Uois, 185. |i xui" s. Et li rois l'ot fet conestable De sa meson et de sa table, Ren. 8255. .... Par ce conniença la noise Par mal pechié et par deable Vers Ysengrin le conestable, i6. 352. Et après li prelas prent le gonfaiion dou conestable et le benetst de l'aiguë beneite, Ass. de Jér. i, 3t. Lors dit le connestable monseigneur Hymbert de Biaujeu au roy que un Beduyn estoit venu, joinv. 223.||xiv«s.
Sçavoir faisons à tous presens et à venir, que sur ce que notre très cher et féal cousin Raoul, comte de Eu, connestable de France, disoit et maintenoil qua ceux de nostre lignage, et les prince et prélats, et barons dehors de noire royaume, et toutes manières de gens de cheval et de pié, de quelque condition qu'ils soient , qui prengnent gages ou argent .sur nous, lui doibvent telles droictures, comme ses prédécesseurs ou dit office ont accoustumé à prendre sur les souldoiers qui prengnent gages, ou argent sur nous, DUCANOE, cornes. Hauthomme, noble et poisan'. monsieur de Colesbert, connestable de Boulenois el terroir d'Ostrewit, id. ib. Ledit Lotart ala querre deux sergens et les mena, ensemble le connestable delarueoùildemeuroit pourle temp3[àTournay],en la maison de ladite Jehaune, iD.ib. || xv* s. Oloferne connestable de Nabugodonozor roy des Assyriens, le Jouveneel, f° 37, dans laciirne. {| xvi* s. Le connestable de France a tel droit pour le fait des guerres : premièrement, le connestable est par dessus louf autres, qui sont en l'ost, excepté la personne le roy, se il y est, soieiH dux, barons, comtes, chevaliers, escuyers, sodoiers tant de cheval, comme de pié, de quelque estât qu'ils soient, et doivent obéir à lui.... Les mareschaux de l'ost sont des.sous lui.... Le connestable doit ordener toutes les batailles, les chevauchées et toutes les establies.... Le roi, s'il est en l'ost, ne doit chevauchier, ne les autres batailles chevauchier, fors par l'ordenance et le conseil du connestable , du cange, ib. Le connestable des dis confrères de l'arbaleste avoit intention de faire traire par esbatement à un pié de buef, quidevoit estre mis en hault à un pel, id. ib.
— ÉrY.M. Provenç. conestable; espagn. condestable; portug. condeslavel ;ila\. conestabile ; ilu\mm cornes slabuli, comte de l'étable (voy. comte et étable), officier qui, d'abord chargé du soin des étables dans la maison, devint par la suite chef d'une troupe de guerre, chef général de l'armée et aussi chef de toutes sortes de choses, un territoire, un quartier, une section d'artillerie. Voltaire a donné l'étymologie de ce mot dans son opéra du Baron d'Otrante, ii, 3 : Seigneur, je suis baronne, et mon père autrefois Dans Cirante a donné des lois; Il était connétable ou comte d'écurie.
CONNÉTABLIE (ko-né-ta-blie), s. f. || 1° Autrefois la juridiction des maréchaux de France sur les gens de guerre ; et aussi leur juridiction pour les affaires qui regardaient le point d'honneur. Le connétable avait la garde de l'épée du roi , dont il lui faisait hommage lige, et un tribunal nommé laconnétablie. Il 2° Les gens attachés au tribunal de la coinétablie. La parenté, les amis et la connélablie accompagnèrent son corps [de M. de Duras] à St-Paul, st-sim. 140, 51. Il 3° Compagnie d'hommes de guerre. Il Charge du connétable qui commandait ces compagnies.
— HIST. xu' s. II manderont la gent de leur connestablie, Sax. xx. || xiii* s. Paor ot grant connestablie. Et fu à garder establie L'autre porte, qui est assise X main senestre. devers bise, la Rose, 3889. Il xv s. [Dispositions des Hainuyers pour se garder et se défendre] et les convenoit toujours, par nuit et par jour gueter par connestablies les champs et les chemins d'entour la ville, froiss. i, i, 3i. Et chevauchoient ordonnéement et par connestablies, chacun sire entre ses gens, id, i, i, 84.||xvi's. ....Bien qu'il eust receu dans le chemin une defence par le prevost de la connestablerie accompagné d'archers portant la casaque, d'aub. Hisl. i, 205. Ce fust aux prevosts de l'hostel de la connestablie des mareschaux et des bandes à se retirer, carl. iv, 28.
— ÉTYM. Connétable ; provenç. conestablia ; espagn. condestablia ; anc. ital. conestaboleria.
CONNEXE (ko-nnè-ks'), odj. || 1" Qui a des rapports intines avec d'autres choses. Kncore que toutes ces choses soient connexes entre elles , desc. Rép. 2. Il 2° Terme de botanique. Feuilles connexes, feuilles dans lesquelles les pétioles opposés se soudent ensemble par la base.
— HIST. iiV s. Les vertus sont connexes, mais les vices ne sont oncques connexes, oresme, Thèse
de MEUNIER.
— ÉTYM. Lat. connexus, part, passé de connectere, lier, de cum, et neclere, lier.
CONNEXION (ko-nnè-ksion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de lier, d'unir des choses l'une avec l'autre; résultat de cette action. || Terme d'anatomie comparée. Principe des connexions, première règle de la méthode des analogues, qui consiste en ceci : que d'un animal à l'autre, l'organe analogue, s'il existe, rudimeutaire ou complet, se trouvera partout avec les mêmes connexions et
CON
jamais transposé. (| i' Fig. La liaison, l'enchaînement (l'une ou de plusieurs choses avec d'autres. La connexion (les idées.
— HIST. XIV* s. La connexion des vertus, osesme, Thèse de meunier. || xvi' s. La commoderation ou »anté des parties organiques, consiste en figure, magnitude, nombre, situation et connexion convenable ae chacune partie, paré, Jntrod. ti. Quant à leur connexion, il faut entendre que toutes les vertèbres ont chacune six connexions, ID. iv, 6.
— ÊTYM. Provenç. connexio; espagn. conexion; ital. eonnessione; du latin connexionem, de conneelere (voy. connexe).
CONNEXITË (ko-nnè-ksi-té), s. f. Qualité de ce qui est connexe. || Terme de droit. Liaison entre plusieurs affaires qui demandent à être jugées par un même jugement.
— SYN. CONNEXION, CONNEXITÉ. Ces deux termes, si voisins, se distinguent en ce que connexion, dérivant directement du radical qui est dans connectcre, exprime l'action de lier et le résultat de cette action; et que connexité, dérivant de connexus, exprime la qualité d'être connexe.
— HIST. XVI' s. Je suys quelques vices, mais j'en fuys d'aultres autant qu'un saint sçauroit faire; aussi desadvouent les peripateticiens cette connexité et couslure indissoluble; et tient Aristote qu'un homme prudent et juste peult estre et intempérant et incontinent, MONT. II, 426.
— ÉTVM. Connexe; provenç. connexitat ; ^pagn. connexitad.
t CONNIFLE (ko-ni-fl') , s. f. Mollusque testacé bon à manger.
tCONML(ko-nil) ouCONmN(ko-nin),s. m. Vieux nom du lapin.
— HIST. xiii' s. Connins i avoit qui issoient Toute jor hors de lor tesnieres, la Rose, <386. 1| xv' s. Et dedans la ramée grand foison de lièvres, de connils et d'oisillons qui voloient hors et y revoloient à sauf garant, froiss. m, iv, i. Courre les daims et les connins aller, E. deschamps, Le bois de Vincennes. Mon obier cousin, de bon cueur ?ous mercie. Des blancs cOnnins que vous n'tivez donnez, CH. n'oRL. Bal. t25. Il XVI" s. Ulcère cuniculeuse, ainsi dite, à cause qu'il y a plusieurs creux et cavités comme aux clapiers des connins, paré, Introd. 2(. Toutes espèces de volailles, de connils, de bestes rousses, de poissons, o. de serres, 345. Les connins du tout sauvages sont les meilleurs; les pires sont ceux de clappier; les moiens sont ceux de garene, ID. 407.
— ÉTVM. Provenç. conil; espagn. conejo ; portug. eoelho ; ital. coneglio; du latin cuniculus, mot espagnol d'après les auteurs anciens. Le français avoit le verbe coniller pour dire: user de fuites, de subterfuges, se tapir.
t CONNIN (ko-nin), s. m. Voy. connil.
CONNIVENCE (ko-nni-van-s') , s. (.\\ 1° Action de conniver, et, par suite, dessein prémédité de ne pas nuire, de cacher la faute d'un autre. Le silence serait une connivence criminelle, Boss. Biblioth. Il 2' Action de prêter les mains à quelque chose de secret ou de coupable. Ils agirent de connivence.
— HIST. XVI' s. Ceste manière de procéder ne peut estre dite connivence ne dissimulation, condé, mémoires, dans le Dict. de dochez.
— ETYM. Lat. conniventia, de connivens, connivent.
eONNIVENT, ENTE (ko-nni-van, van-t'), adj. Terme d'anafomie. Valvules conniventes, replis circulaires trés-multipliés qui sont dans le canal intestinal de l'homme seul , depuis l'orifice pylorique jusqu'à l'extrémité. || Terme de botanique. Dont les sommets tendent à se rapprocher, en parlant des divisions de la corolle, du calice. || Terme d'entomologie. Ailes conniventes, ailes qui, étant redressées , se touchent par un point de leur face supérieure. CONNIVEU (ko-nni-vé), t. n. Fermer les yeux sur ce qu'on n'ose pas ou ne veut pas apercevoir et, par suite, dissimuler en justice les faits à la charge d'un accusé, et prendre ainsi part à une mauvaise action. Mais conniver en lâche à ce nom qu'on me vole, Quand un père à mes yeux au lieu de moi l'immole, Souffrir.... corn. //^r<i»i. iv, <. On l'accuse d'y avoir du moins connivé, Boss. Variations, dé(. t" dise. Puisqu'ils connivaient à de tels crimes, id. Yar. 45. Je ne pouvais trahir madignité en connivant à un abus si préjudiciable, st-sim. 298, 80. Peut-être alors serai-je forcé moi-même d'écarter le soupçon d'avoir connivé à cet indigne procédé, DiDER. Lett. à M. Le Breton. Le clergé s'en plaignit [de l'appel comme d'abus] , et le roi [Philippe de Valoisl se contenta de conniver à cet usage, VOLT. Mœurs, 75. Nous craignons qu'on ne nous
soupçonne de conniver à ses blasphèmes, d'alemb. Hist. de l'Ac. franc, v, 266.
— HIST. XVI' s. Il sceut déxtrement conniver h cette mienne desbauche et aultres pareilles, mont. I, «07. Et pourtant fault il sur l'heure conniver en telles faullns, et ne faire pas semblant de les appercevoir, amvot, Com. rffrcner la colère, 23. Et qui ont voulu endurer toutes sortes de nécessitez plustost que de conniver à la tyrannie des estrangcrs. Satire Mén. p. 233. Et (jue l'on ne leur faisoit point de justice; en quoy le conseil du Roy connivoit de son costé, castelnau, (79. Ceux par les yeux des quels ils ont veu ont esté ou louches ou connivens, de leur avoir monstre ou laissé voir le noir pour le blanc, PARÉ, Licorne, réplique.
— ÉTY.M. Lat. connivere, cligner les yeux, de cum,et nivere, cligner; grec, veOeiv (comp. nutation).
fCONNOTATIF, IVE (ko-nno-ta-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire et de logique. Qui sert à indiquer une idée secondaire en même temps que l'idée principale. || Mot employé par Beauzée pour désigner l'article le, la, les.
— ÉTYM. Com, et noter.
t CONNOTATION (ko-nno-ta-sion), s. f. Terme de grammaire et de logique. Idée particulière que comporte un terme abstrait à côté du sens général.
■^ ÉTY'M. Com, et notation.
COIWC, UE (ko-nu, nue), part, passé de connaître. Il 1° Il est connu de tout le monde. 11 est fort connu à Paris. Ceux [les principes] de l'esprit sont des vérités naturelles et connues à tout le monde, PASC. Pens. part, i, art. 3. Aussi ce n'est pas la nature de ces choses que je dis qui est connue à tous, ID. ib. art. 2. Il [ArnauldJ vécut jusqu'en 4694, dans une retraite ignorée du monde, et connue à ses seuls amis, volt. Louis XIV, 37. Aristote, par un travail qui, aujourd'hui méprisé, n'en est pas moins un des plus beaux efforts de l'esprit humain, Aristote sut porter l'analyse à sa j)erfection, en examinant la manière dont notre esprit passe d'une vérité connue à une inconnue, tuhgot. Ebauche du 2' discours. Progrès de l'csp. hum. p. 27a. || Absolument, célèbre. C'est un homme très-connu. || Familièrement. Ni vu, ni connu, c'est-à-dire on ne sait absolument ce qui en est. || Connu! est aussi une sorte d'exclamation familière par laquelle on interrompt celui qui vous raconte une bourde, etc. On dit aussi de même : c'est connu, c'est-à-dire le moyen est usé, on n'y croit plus. || 2° S. m. Ce qui est connu. Passer du connu à l'inconnu.
t CONOCARPE (ko-no-kar-p'), adj. Terme de botanique. Qui a le fruit conique.
— ÉTYM. Ktôvoç, cône, et xapreà;, fruit.
+ CONOÏDAL, ALE (ko-no-i-dal, da-1'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un cône ou qui en approche.
— ÉTYM. Conoïde.
CONOÏDE (ko-no-i-d'), adj. || l" Qui a la forme d'un cône. || Terme d'anatomie. Le corps conoïde, la glande pinéale. Dents conoïdes, les dents canines. Il 2° S. m. Terme de géométrie. Solide formé par la révolution d'une section conique autour de son axe. Le conoïde parabolique. Le conoïde elliptique.
— ÉTYM. K(dvosi6r,ç, de xôivo;, cône, et eTSoi;, forme.
t CONOJITNATION (ko-no-mi-na-sion), s. f. Terme didactique. Indication simultanée de plusieurs êtres qui ont quelque cjose de commun.
— ÉTYM. Co, et nomitiation.
t CONONITE (ko-no-ni-t'), s. m. Sectaire qui reconnaissait trois dieux.
— ÉTYM. Conon d'Alexandrie en Egypte, hérésiarque du vi' siècle.
I CONOPIITHALME (ko-no-ftal-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a l'œil conique.
— ÉTYM. KiSvo;, cône, et Ô!pGaX(ji.ô(;, œil.
I CONQUASSANT, ANTE (kon-koua-san , san-t') , adj. Terme d'obstétrique. Qui brise. Douleurs conquassantcs, douleurs de l'enfantement, quand elles sont le plus intenses, au moment où la tête de l'enfant est engagée dans le bassin.
— ÉTYM. Lat. conquassare, de cum, et quassare (voy. casser).
t CONQDASSATION (kon-koua-sa-sion), s. f. Terme didactique. Réduction en petits fragments.
CONQUE (ton-k'), s. f. || 1° Grande coquille marine, de l'espèce des bivalves. Dans une conque de saphir. De huit papillons attelée, Elle passait comme un zéphir, Et la terre était consolée, bérang. Petite fée. Il L'animal qui vit dedans. Les conques n'ont ni tête ni cornes ni mâchoires : on ne leur voit que des trachées, des ouïes, une bouche, un anus et quel-
CON
quefois une soito de pied, bonnet, Contemplation de la nat. 3« partie, ch. 21. || Conque de Vénus, nom donné à quelques-unes de ces coquilles. Il 2° Coquille en spirale dont, suivant la Fable, les tritons se servaient comme de trompe. Après venaient des tritons qui sonnaient de la trompette avec leurs conques recourbées, fkn. Tél. iv. || Par extension. Ma conque, rappelant mes troupeaux vagabonds, Leur chanterait cet air si doux à ce» campagnes, A. chén. 4 69. || 3° Terme d'anatomie. Cavité profonde que présente dans son milieu le pavillon de l'oreille, et dans laquelle est l'orifice du conduit auditif. || 4° Vase fait en coquille. Il 5° Terme de botanique. Conque oreille, famille de champignons d'une forme t^atournée. || 6° Ancienne pièce d'artillerie dont l'àmo était plus large à la bouche qu'à la culasse. || 7° Mesure romaine qui valait la moitié du cyathe.
— HIST. XVI' s. Telle qu'estoit la nouvelle Cyprine Venant à bord dans sa conque de mer, nu bp.llat, vni; 20, verso. Le poix du bled doit estre de cinquante quatre livres pour conque [sorte de mesure] et de vingt sept livres pour demie conque, Coustum. génér. t. Il, p. 74 9.
— ÉTYM. Provenç. conca, concha, comca; espagn. et ital. conca; portug. concha, da latin concha; grec, xoYxi; sanscrit, çnnkha.
t GONQUÉRAMMENT (ko-kè-ra-man) , adv. En conquérant, en vainqueur.
— HIST. XI' s. Conquerrantment si finereit li bers, Ch. de Rnl. 201. ||xii' s. Li gentils cuens est mors conquerament, Roncisv. p. 4 06.
— ÉTYM. Conquérant, et le suffixe ment.
4. CONQUÉRANT, ANTE (kon-ké-ran, ran-t'), adj. Qui conquiert, qui fait des conquêtes. Un roi conquérant. Que sont dans leurs succès les peuples conquérants? Des sujets moinsheureux sousdes rois plus puissants, c. delav. Vêpres sicil. i, 2. David, belliqueux et conquérant , subjugue les ennemis du peuple de Dieu, eoss. Ilist. ii, 4. || Familièrement. Avoir un air conqiiérant, tirer avantage do sa bonne mine, pour gagner le cœur des belles, et aussi afficher de la présomption.
2.CONOUÉRANT(kon-kè-ra4i),s.m. 111° Celuiqui a fait de grandes conquêtes. Tous les conquérants, Pour être usurpateurs, ne sont pas des tyrans, corn. Cinna, si, 4. Seigneur, ce conquérant garde bien ses conquêtes, id. Nicom. i, 2. [Je vois] L'Arragoii recevoir ce nouveau conquérant, lu. Cid, il, 5. L'Enjpire et la Hollande se remuent contre un conquérant qui menaçait tout le Nord de la servitude, BOSS. Anne de Gong. Quand on veut parler d'ut grand conquérant, chacun pense à Alexandre, in. la Vallière. Un peu après ce premier partage du genre humain, Nemro(l, homme farouche, devienj par son humeur violente le premier des conquérants, et telle est l'origine des conquêtes, id. Jlist. I, 2. Le voyez-vous, ce conquérant? avec quelle rapidité il s'élève de l'occident comme par bonds et ne touche pas à terre! semblable dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche à ces animaux vigoureux et bondissants, il ne s'avance que par vives et impétueuses saillies, id. Louis de Bourbon. Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers, bac. llithrid. III, 4.... En vain aux conquérants L'erreur, parmi les rois, donne les premiers rangs, boil. Éyiit. 1. Un conquérant est un homme que les dieux, irrités contre le genre humain, ont donné à la terre dans leur colère pour ravager les royaumes, pour répandre partout l'effroi.... kén. Tél. viii. Mais, monsieur, les conquérants ne peuvent pas toujours dormir jusques à onze heures, voit. Lett. 4C. Quels traits me présentent vos fastes. Impitoyables conquérants? j. b. rouss. Ode à la Fortune. Il a été le premier qui ait eu l'ambition d'être conquérant, sans avoir l'envie d'agrandir ses États: il voulait gagner des empires pour les donner, volt. Charles XII, 8. Un conquérant, dans sa fortune altière, S'est fait un jeu des sceptres ei des lois, bérang. Dieu des bonnes gens. \\ On le dit au féminin. Zénobie fut une illustre conquérante. || 2° Au moral. Je l'ai vu vers le temple où son hymen s'apprête. Mener, en conquérant, sa nouvelle conquête, bac. Andr. y, 2. Et conquérant des cœurs vaincus par ma clémence, volt. Mort de Cù. i, 4. || 3° Fig. Jeune homme bien fait, qui, par son air, par ses manières et par sa bonne mine, gagne le cœur des belles. Il Au féminin. Si j'avais à revivre, je voudrais être une aimablp conquérante ; la beauté a un droit naturel de commander aux hommes, fonten. Dial. des morts, Alex, et Phryné. Non que Psyché ne pût se passer de ces cho.ses [de toilette], elle n'était pas de ces conquérantes à qui il faut un peu
CON
CON
d'aide, la font. Psyché, :, p. 70. || 3° Les conquérants, surnom des anabaptistes qui avaient Muncer pour chef.
— IIIST. XII' s. Tuit bachelier et noble conquérant, Uonc. p. Ul. Asoîs et Pépins, cil furent conquérant. Et Charlemagne d'Aii, cui Dieux parama tant, Sax. i. Hxvi» s. Pompeius conquérant de la moitié du naonde, mont, i, 6b.
— ÉTYM. ConquératU t. L'ancien français disait aussi conqueror, qui est resté dans l'anglais.
CONQUÉRIR (kon-ké-rir), je conquiers, tu conquiers, il conquiert, nous conquérons, vous conquérez, ils conquièrent; je conquérais; je conquis, nous conquîmes; je conquerrai ; conquiers, qu'il conquière, conquérons, conquérez, qu'ils conquièrent; que je conquière, que tu conquières, qu'il conquière, que nous couquérions, que vous conquériez, qu'ils conquièrent; que je conquisse; conquérant ; conquis, v. a. || 1° Soumettre par les armes. Les Romains conquirent les Gaules. Les Français ont conquis l'Algérie. C'est mon trône, c'est moi qu'on prétend conquérir, corn. Serlor. v, 3. S'il avait pu conquérir le monde entier, il en aurait cherché un nouveau pour satisfaire l'avidité de ses désirs, rollin, llist. anc. OEuvres, t. vi, p. 583, dans pouGENS. Voir, c'est avoir, allons courir. Car tout voir c'est tout conquérir, béhang. Bohémiens. Il Absolument. Et ce n'est que pour vous que vous avez conquis, corn. Nicom. ii, 3. Il aime à conquérir, mais il hait les batailles, id. Attila, iv, 4. Il semblait qu'ils ne conquissent que pour donner, MONTESQ. Rom. 5. C'était une manière lente de conquérir; on vainquait un peuple et on se contentait de l'affaiblir, m. ib. 6. L'empereur écoule encore ; le bruit augmente; est-ce donc une bataille, s'écriet-il? Chaque décharge le déchire; car il ne s'agissait plus pour lui de conquérir, mais de conserver, SÉGUR, Ilist. de Nap. ix, 2. |1 2° Fig. Conquérir le ciel. Conquérir son rang. Conquérir l'estime. J'ai conquis votre cœur au péril de ma vie, corn. Perlliar. I, i. Mais quoique sa valeur t'ait conquise aujourd'hui.... ID. Cid, V, 8. Il peut me conquérir à ce prix sans danger, rac. Andr. v, 2. Et n'apprendrez-vous point à conquérir des cœurs? volt. Ali. jv, i. Il 3° Se conquérir, v. réfl. Faire la conquête l'un de l'autre. Ces hordes se conquièrent sans cosse les unes les autres, montesq. Esp. xviii, 4 9. || Être conquis, gagné, obtenu. Ici la faveur se conquiert par le mérite.
— HIST. XI* s. Tresqu'en la mer cunquist la tere altaigne , Ch. de liol. i. Par tantes terres est alet cunquerant, ib. xl. Que Charles die qu'il [Roland] fust mort cunquerant [victorieux], ib. clxx. || xii' s. Par vous a Charles tantes terres conquis, Ronc. p. 87. Et sont 0 lui bien cent mil conquirant, ib. 1^2. Or [je] voit aler vers France conquirant, ib. p. (19. Car qui ce toit [ravit] dont [il] ne puet faire don, 11 en conquiert [s'en fait] enemis et meslée, Couci, VI. [Je] ne sai se jà l'aurai [ma dame] à moi conquise, ib. xi. Jà de mon cuer n'islra mais la semblance Dont [ma dame] me conquist as mots pleins de douçor, ib. xvi. Et là doit-on faire chevalerie. Où on conquiert paradis et honour Et prix et los et l'amour de s'amie, quesnes, Romancero , p. 93. Car vous avez plus perdu que conquis, id. ib. p. <0l. Anseys le conquist [son ennemi] à l'espée d'acier, Sax. iv. Encor ne nous a pas Charles à sers [serfs] conquis, ib. xxvi. [Il] Ne volt acunte rendre de tut ço qu'en a pris, Ne suffrir jugement, mal los i a conquis, Th. le mart. 53. || xiii' s. Nostre chevalier et nostre sergant montèrent par vive force sur les eschieles et conquistrent le mur sur aus [eux], viLLEH. Lxxvi. Et bien sembloit estoire [flotte] qui terre deUst conquerre, lu. LX. Seigneur, nos avons ceste ville conquise, la merci Dieu et par la vostre, 111. XLix. Seignor , dist-il , vostre merci. Conquis m'avez à vostre ami, Ren. 7070. Or te voil dire et conseillier Que l'Amors metes en oubli, Dont pe te voi si afoibli. Et si conquis et tormenté, la Rose, 3033. C'est celé qui fait à usure Prester mains [qui fait que maints, plusieurs prêtent à usure], par la graiit ardure D'avoir conquerre et assembler, ib. 176. Quant la sainte cité de Jérusalem fu conquise sur les ennemis de la croiz et remise el poeir des feauz Jhesu Crist.... Ass. de J. i, 2i. S'il avient que li detere [débiteur] qui à l'un donna toutes ses cozes por paier, conquiert de novel [gagne de nouveau], il n'est pas quites envers les créanciers, BEAUM. Liy, 6. si ont tuit lie leur volonté Au roi Loeys créante. Que d'Aubugois [d'Albigeois] la crois presist. Et sien fust quan qu'il conques^ist Tout quitemeut lui et son oir, pu. mol'skes, ms. p. 688, dans LACUHNE. Il XV* s. Il leur sembla qu'ils seroient
forts et puissants assez pour la conquerre [h France], FBOiss. I, I, 87. Et firent tant finalement que la porte fut conquise, id. i, i, <38. Et estions pour lors tous seigneurs des champs et des rivières, et y conquerismes, nous et les nostres , très grand finance, iD. 11, m, (5. En Flandres, où il conquit la bataille de Rosebecque, monstrel. liv. l, ch. t. Il xvi* s. Mais bel Accueil m'a faict d'assez bons tours , En me laissant maints baisers conquérir, mabot. II, 320. Tant de nations si injustement conquises, mont. IV, 85. Qu'un seul eschelle une forteresse, qu'il assaille une armée, qu'il conquière un royaume, m. iv, 349. Nous conquerrons sans difficulté tout le reste de l'Italie, amïot, Pyrrh. 130.
— ÉTYM. Provenç. conquerer, conquérir, conquerre ; espagn. conquérir; ital. conquidere ; du latin conquirere, de cum et quxrere (voy. quérir). L'ancien infinitif était conquerre, dérivé directement de conquirere, où l'accent est sur qui.
CONQUÊT (kon-kê), s. m. Tout ce qu'on acquiert par son industrie, et qui ne vient point de succession. Il Acquêt fait durant la communauté des époux. Les biens sont propres, acquêts ou conquôls, montesq. Esp. VI, t.
— HIST. XIII* s. Et tout en tele manière di je, s'il me marièrent de lor conques, beaum. vu, (9. Il XIV* s. Adont se sont logiez aux champs et es courtilz, Et là fut le conquest paisiblement partis, Guescl. 18658. Il XV* s. Et avoit esté avec lui au conquest de Bervich, froiss. i, i, 62. [Le duc d'Anjou et ses capitaines] eurent nouvel conseil, que l'assaut leur pourroit trop blesser de leurs hommes, à petit de conquets, id. ii, ii, 3. || xvi* s. Et sont les mariés communs en tous biens, meubles et conquests, immeubles, du jour de leur bénédiction nuptiale, loysel, m. One Alexandre en ses conquestz trèshau"lz. .. j. MAROT, y, 145. Conquest immeuble est ce qui est acquis par les conjoints ou l'un d'eux durant leur mariage; et acquest est un terme gênerai qui comprend les acqueremens faits avant le mariage et depuis, Coust. géne'r. t. ii, p. 211.
— ÉTYM. Provenç. conquist; ital. conquisto; de conquistus, contracté de conquisitus, part, passé de conquirere, conquérir.
CONQUÊTE (kon-kê-f), s. f. || 1° Action de conquérir. Ils iront sans frayeur de conquête en conquête, CORN. Serlor. v, 1. La conquête des Gaules porte au plus haut point la gloire et la puissance de César, Boss. Hist.in, e. Je pourrais aisémsut faire la conquête de cette Ile.FÉN. Tél. xiii. A-t-on de l'univers afl"ermi la conquête? volt. Triumv. i, 4. Dans le dessein de priver de pauvres citoyens et de braves soldats de la part qui leur était si légitimement acquise dans les terres de conquête, vertot, Révol. rom. liv. m, p. 264. Ce n'est pas que, dans le cours de ses conquêtes passées, il n'eût pris plusieurs places, volt. Charles XII, liv. viii. || Vivre comme dans un pays de conquête, vivre à discrétion, sans gêne. || 2" Résultat de la conquête; terre, ville conquise. Napoléon perdit toutes ses conquêtes. Mais quoi? Rien ne remplit Les vastes appétits d'un faiseur de conquêtes, LA FONT. Fabl. VIII, 27. || 3° Fig. De ces mêmes forfaits vous serez la conquête, corn. Serlor. V, 4. 11 a fait de l'État une juste conquête, id. Cinnu, ii, 1. Ceux qui travaillent à la conquête des âmes, BOss. Or. 7. Et s'il nous est permis d'expliquer les sentiments du Sauveur par les sentiments humains, il s'émeut plus sensiblement sur les pécheurs convertis qui sont sa nouvelle conquête, mais il réserve une plus douce familiarité aux justes, qui sont ses anciens et perpétuels amis, ID. Marie- Thér. Et l'on porta sa tête aux pieds de Médicis, Conquête digne d'elle et digne de son fils, volt. Ilcnr. II. Il Terme d'horticulture. Conquête se dit quelquefois d'une variété nouvelle d'une plante qu'on obtient par des semis. || Faire la conquête de quelqu'un, lui inspirer de la sympathie. Cet homme a des quaUtés aimables, il a fait ma conquête. Sa générosité lui fit une autre conquête, BOSS. Uist. 1, 8. Il 4° Victoire qui s'obtient sur un cœur, dans les relations amoureuses, et aussi personne conquise» C'est une jeune et jolie personne qui fera bien des conquêtes. Tant qu'ils ne sont qu'amants, nous sommes souveraines, Et jusqu'à la conquête ils nous traitent de reines, corn. Poly. i, 3. Oui, qu'un d'eux me l'apporte [la tête de Rodrigue], et je suis sa conquête [je me donne à lui], m. Cid, iv, 6. Et mes ardents souhaits de voir punir son change Assurent ma conquête à quiconque me venge , lu. Perthar. ii , < . Apr's tant de hauls fait il m'est bien doux, seigneur, De voir sous les lauriers qui vous couvrent la têle Un si grand conquérant être encor ma conquête, m. Nicom. 1, 1. La dernière main que met à sa beauté
Une femme allant en conquête, Est un ajtutement des mouches emprunté, la pont. Fabl. iv, 3. La Middleton fait impunément de nouvelles conquêtes, hamilt. Oramm. 7. Pauline commence à faire des conquêtes, sÉv. S83. Hé bien, mes^soins tous ont rendu votre conquête [en parlant de Pyrrhus], rac Andr. m, 2. .Allons, n'envions plus son indigne conquête, id. ib. ii, 1. Non que de sa conquête il paraisse (latte, id. ib. il, t. Mener en conquérant sa nouvelle conquête, ID. ib. v, <. Où vous n'osez aller mériter ma conquête, id. th. iv, 3. Mais s'il eût dit : voyez quelle est votre conquête ; Je suis un jeune dieu, beau, galant, libéral, Daphné, sur ma parole, aurait tourné la tète, fonten. Sonnet. Une belle ne partage avec personne l'honneur de ses conquêtes, elle ne doit rien qu'à elle-même, ID. Dial. des morts, Alex, et Phryné. D'un autre cependant Jocaste est la conquête, volt. OEdipe, li, 3. Lise, ne fais plus de conquêtes Pour le bonheur de tes sujets, bérang. PoK(. Mais non, c'est la coquette Du village voisin Qui m'offre une conquête En corset de basin, id. Rêverie. || Familièrement. Avoir, se donner des airs de conquête, prendre des airs avantageux et comme si on allait plaire à toutes les femmes qui se présenteront.
— HIST. XIII* s. Si auroit le quart de toute la conqueste et dedens la cité et defors , villeh. ci. Il XVI* s. Le refus que luy feirent les Macédoniens de passer outre à la conqueste des Indes, amyot^ Alex. 21.
— ÉTYM. Féminin de conquét; provenç. conquesta; espagn. et ital. conquista.
t CONQUÊTER (kon-kè-té), r. a. Conquérir, vaincre. Il est vieux. Quelle moins hautaine espérance Pourrons -nous concevoir alors Que de conquêter à la France La Propontide.... malh. m, 3. Est-il possible que je connaisse si peu la fermeté de votre majesté pour croire que je conquêterai sa faveur par les armes? retz, m, 283.
— HIST. XII* s. En veilles e en plur e en multjeoner. Que l'amur al haut rei peùssiez conquester, Th. le mart. 81. Se tuz les biens del mund aveie conquestez, Jà n'en sereie mielz devant Deu apelez, ib. 121. S'ensi fust, fiebles hum dreit mais ne conquestast, ib. 69. ||xiii*s. Que son pooir [il] ne fasse de s'amour conquester, Berte, cxii. Ysengrin, lessiez-le ester; Vosn'i porriez riens conquester, Ren. 9696. Il XV* s. Je me trouve sans recouvrance Loingtain dejoye conquester, ch. d'orl. Bail. Us avoienj nouvellement conqueste le royaume de Cypre ,