COIN
s. f. Terme de théologie. Qualité de ce qui est consulistantiel. Les Ariens niaient la consubstantialité du Fils avec le Père. Ils dressèrent le symbole où i» consubstantialité du Père et du Fils est établie, Doss. Ilist. i , < I .
— ÉTYM. Consubstantiel.
■f CONSUBSTANTIATEUR, TRICE (kon-sub-stansi-a-teur, tri-s'), s. m. et f. Terme de théologie. Celui,celle qui croit le Verbe consubstantiel à son Père; nom donné par les catholiques aux luthériens, h cause de leur opinion sur la consub.stantiation.
— ÉTYM. Voy. consubstantiel.
I CONSUBSTANTIATION (kon-sub-stan-si-a-sion), s. f. 1 erme de théologie. Manière dont les luthérieni entendent la présence réelle.
— ÉTYM. Voy. consubstantiel.
CONSUBSTANTIEL, ELLE ( kon-sub-stan-si-èl ,
è-l'), adj. Terme de théologie. Qui est un par la substance. Il se dit des trois personnes de la Trinité : le Fils est consubstantiel au Père. Les trois personnes de la Trinité sont consubstantielles.
— HIST. xvi* s. Les latins, pour interpréter le mot grec homousios, ont dit que le Fils estoit consubstantiel au Père, signifians qu'il estoit d'une mesme substance, calv. Instit. 7i. L'entreprinse se sent de la qualité de la chose qu'elle regarde, car c'est une bonne portion de l'effet et consubstantielle, MONT. I, 70. Les biens et les maulx qui sont consubstantiels à no.stre vie, ID. iv, 280.
— ÉTYM. Latin consubstantialis , de cum, et «u6stantia, substance.
CONSUBSTANTIELLE.MENT(kon-sub-slan-.si-è-leman), adv. Terme de théologie. D'une manière consubstantielle. Le Fils est consubstantiellement un avec le Père.
— ÉTYM. Consvb-Uantielle, et le suffixe ment.
+ CONSUÉTUDINAIRE (kon-su-é-tu-di-nê-r'), «. m. Terme de théologie. Celui qui a coutume de faire quelque chose.
— ÉTYM. Lat. consuetudo, coutume (voy. ce mot).
CONSUL (kon-sul), t. m. || 1" Nom de deux magistrats qui exerçaient l'autorité suprême dans la république romaine, et dont le titre, non la fonction, se perpétua sous l'empire. Elle [Rome] tient des consul» sa gloire et sa puissance, corn. Cinna, u, 1. Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres, ID. ib. II, < . Rome depuis trois ans par ses soins gouvernée Au temps de ses consuls croit être retournée , bac. Brit. I, (. L'un et l'autre consul vous avaient prévenue, ID. ib. I, 2. Rome, ayant chassé les rois, établit des consuls annuels, MONTESQ. Rom. ch. 4. Les consuls jugèrent après les rois, comme les préteurs jugèrent après les consuls, jd. Esp. xi, (8. Le cheval de Caligula fut consul, et cela ne nous étonne que parce que nous n'en avons pas été témoins, MIRABEAU, Collection, t. m, p. 232. || 2° Agent chargé de protéger ses nationaux, et spécialement les intérêts commerciaux en pays étranger. Le consul de France à Smyrne. Un consul général. || 3° Autrefois, nom, dans certaines municipalités de la France méridionale, des magistials dits dans le Nord échevins. ||4° Autrefois, juge pris parmi les marchands pour connaître d'affaires commerciales. Unjugeoon.sul. Les consuls des marchands. Les jugesconsuls. Les tribunaux de commerce ont remplacé les juges-consuls, Dict. de l'Acad. || La juridiction des consuls. Avoir une affaire aux consuls. || 6° Les trois magistrats auxquels la constitution de l'an VIII avait confié le gouvernement de la république française. Le second et le troisième consul avaient seulement voix consultative. Premier consul , titre donné à Bonaparte pendant la durée de cette constitution, et qui lui a.ssurait tout le pouvoir.
— HIST. xiu* s. Et morut Huguelin consules des Pisans d'Acre, llist. nccid. des croisades, t. ii, p. 443, Il XIV* s. Et en la manière que un consul disoit à ceulz de la cité, oresme, Eth. 212.
— ÉTYM. Lat. consul, de même radical que consi- Kum, conseil.
CONSULAIRE (kon-su-lô-r'), adj. || l'Qui appartient aux consuls. La pourpre consulaire. Je porte à Claudius le faisceau consulaire, jouy, Sylla, H, t. L'empire consulaire fut établi suivant les projets deServiusTullius; mais il fut bientôt affaibli par la jalousie du peuple, Boss. llist. i, s. \\ Comices consulaires, comices pour l'élection des consuls. || Provinces consulaires, celles où Rome envoyait des consuls. Il Homme, personnage consulaire, et, sul)stantivement, un consulaire, homme, personnage qui a été revêtu du consulat. On choisit pour celle négociation cinq consulaires, vertot, Révot. rom. liv. II, p. 2Ôl. Ce consulaire, qui avait été honoré de deux triomphes, fut précipité du haut de la
CON
roche tarpéienne, ro. ib. liv. m, p. *S7. || Sous les empereurs, magistrat qui administrait une proviice sous l'autorité du vicaire diocésain. || Famille consulaire, famillequi comptait d'anciens consuls. Il Année consulaire, temps qui s'écoulait entre deux installations successives de consuls. || Fastes consulaires, chronique gravée sur le marbre qui fut déterrée sous Paul III, et qui contient la série des consuls de Rome. || Terme de numismatique. Médaille consulaire, médaille frappée vers le temps de Marins et de Sylla. || Terme de blason. Hache consulaire, hache entourée d'un faisceau de verges. Il 2° Juridiction consulaire, juridiction des juges-consuls. || La juridiction commerciale. || Goutte consulaire, se disait par plaisanterie d'un débiteur qui n'osait sortir de chez lui [retenu comme par la goutte], de peur d'être arrêté en vertu d'une sentence des consuls rendue contre lui. || 3° Qui a rapport au gouvernement des trois consuls pendant la république française. Régime consulaire. La garde consulaire.
— HIST. xiV s. Comices consulaires, pretorians ou tribunaires, bercheure , f° i , verso. Concion digne de empire consulaire, id. f°74.
— ÉTYM. Lat. consularis, de consul.
CONSULAIREMENT (kon-su-lê-re-man), adv.
Par la juridiction consulaire. Demande jugée consulairement.
— • ÉTYM. Consulaire, et le suffixe ment.
t CONSULARITÉ (con-su-la- ri-té), s. f. Dignité des consuls honoraires.
— ÉTYM. Latin consularis, consulaire.
CONSULAT (kon-su-la; le t ne se lie pas dans
le parler ordinaire), s. m. \\ 1° Terme d'histoire romaine. La dignité de consul. Reçois le consulat pour la prochaine année, cohn. Cinna, v, 3. Non, non, le consulat n'est point fait pour son âge, volt. Brutus, II, 4. On ne voit point l'or seul présider au sénat. Et de profanes lois fixer le consulat, id. Catil. I, 2. Les dissensions se réchauffent par les nouvelles prétentions du peuple, qui aspire aux honneurs et au consulat réservé jusqu'alors aux premiers ordres, Boss. tlist. III, 7. Il Gouvernement consulaire. Les Parthes, les Persans veulent des souverains; Et le seul consulat est bon pour les Romains , corn. Cinna, ii, <. || Le temps ou l'exercice de cette charge. Sous le consulat de Cicéron. Le consulat ne durait qu'un an. || 2° La charge de juge ou de consul de commerce à l'étranger. Le consulat d'Alexandrie. Il Le lieu où siège le consul. AUer au consulat. Il Consulat de la mer. titre du code maritime attribué aux Catalans. || Terme de marine. Déclarations que les capitaines sont obligés de faire par-devant les consuls des ports étrangers. || 3° Emploi des officiers municipaux qui portaient le nom de consuls. Il Le corps des consuls. Le consulat d'Arles. || 4° En France , le gouvernement consulaire et le temps pendant lequel ce gouvernement a existé (de <799
— ÉTYM. Lat. consulatus, de consul.
+ CONSULTABLE (kon-sul-ta-W), adj. Qui peut être consulté.
— HIST. xvi* s. Consultable, oudin, Dict. CONSULTANT (kon-sul-tan) , odj . m. || 1° Qui donne
des consultations. Avocat consultant, avocat qui ne plaide pas, mais donne des consultations. || Médecin consultant, celui qui donne des consultations, soit verbales, soit par écrit; ou celui qui est appelé à conférer sur l'état d'un malade avec le médecin qui a suivi le cours de la maladie. ||S. m. Celui qui donne une consultation. L'ambition, l'envie, avec les consultants. Dans la succession entrent en même temps, LA FONT. Fabl. iv, <8. |{ L'auteur d'une consultation. Il 2° En un sens opposé, celui qui demande une consultation. Écoutez tout le monde, assidu consultant, boil. Art p. iv.
t CONSULTAT (kon-sul-ta) , s. m. Conseil qui se tenait tous les vendredis, en Espagne, et où l'on rendait compte au roi de ce qui s'était passé dans les différents conseils pendant la semaine.
— ÉTYM. Voy. CONSULTER.
CONSULTATIF, IVE (kon-sul-ta-tif , ti-v'), adj.
Que l'on consulte, qui est institué pour donner des avis. Comité consultatif. Attributions purement consultatives. || Voix consultative, droit d'opiner, mais non de voter. Il s'éleva une dispute dans ce bureau entre le premier et le second ordre, qui y prétendait ia voix délibérative ; le premier ne lui voulut reconnaître que la consultative, st-sim. 78, 7.
— ÉTYM. Consulter.
CONSULTATION (kon-sul-ta-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Action de consulter. Je vous défends de faire à ce sujet aucune consultation à d'autres qu'à moi, boss. lett. abb. 93. || 2° Avis mo-
DICT. DE LA LANGUE FRANC AlilE
tivé d'un ou de plusieurs jurisconsultes sur un point de droit. Un avocat a-t-il quelque réputation établie ? il cesse de plaider et se borne aux consultations où il s'enrichit, fén. t. xxi, p. 466. || En un sens opposé, mémoire qu'une personne présente et .sur lequel elle demande un avis motivé. || Autrefois on nommait pilier de consultation, ou, simplement, pilier, le premier pilier de la grand'salle où se rangeaient les anciens avocats; et chambres des consultations, certains cabinets voisins où ils s'assemblaient pour consulter. Il y avait aussi le banc de consultations. || 3° Réunion de médecins auprès d'un malade pour délibérer sur les moyens de le secourir. Un jour, il était en consultation avec d'autres médecins, j. j. rouss. Conf. v. || Avis que donne un médecin que l'on vient consulter; ou bien mémoire contenant l'opinion d'un ou de plusieurs médecins sur l'état d'un malade. H Le lieu et le temps consacrés aux consultations. Aller à la consultation du médecin.
— HIST. xiv* s. Celui qui fait consultation , soit bien, soit mal, il fait questions et raisons d'une partie et d'autre, oresme, Eth. 183. Il avient aucune fois que la consiliacion ou consultacion dure trop lonc temps, id. ib. 183. Sur lesquelles choses le sénat ha eu grant consultacion, bercheure, f" 28, verso. Il xvi' s. Le commencement de toute vertu, c'est consultation et délibération, mont, u, 3. Nous avons formé une vérité par la consultation et concurrence de nos cinq sens, id. ii, 359. Nous estimons grande chose nostre mort, et qui ne passe pas sans solenne consultation des astres , id. ii, 381 . Nous n'avons que faire de consultations et interprétations doctorales , ID. iv , 276. Appelans la modestie pusillanimité; la consultation et délibération prudente tergiversation palliée, langue, B5. Aux consultations des affaires nous appelions les anciens capitaines , m. du bkll. Prol. Les tribuns du peuple, qui estoient presens à ceste consultation du sénat, amyot. Cor. 23.
— ÉTYM. Lat. consultatio, de consultare, consulter.
t CONSULTE (kon-sul-f) ,s.f.\\l° Action de consulter. Qui passait au Mans pour faire une consulte de médecins sur la maladie, scabr. Rom.com. ch. 7. On trouve dans les consultes de Wepfer l'histoire d'un jeune homme.... tissot, Sanlé des gens de lettres, p. 69, édit. techener. Vieux en ce sens. Il 2° Assemblée administrative, consed, sénat, ea Italie et dans certains cantons de la Suisse. || Consulte sacrée, sorte de conseil administratif et judiciaire à Rome. Cette congrégation est comme le conseil d'État du pape , elle se tient devant Sa Sainteté , ou chez le cardinal neveu, s'il y en a; tous ceux qui ont été nonces apostoliques assistent à cette congrégation; elle s'appelle aussi la consulte, du mar- SAis, Lib. Égl. gall. part, ii, max. 17.
— ÉTYM. Voy. consulter; ital. consulta.
CONSULTÉ, ÊE {kon-sul-té, tée), yor(. passé.
Il 1°Â qui on a demandé un avis. L'avocat ayant été
consulté par son client Et sur cette promesse,
Calchas, par tous les Grecs consulté chaque jour. Leur a prédit des vents l'infaillible retour, rac. Iph. I, 3. Il 2» Sur quoi on a demandé avis. L'affaire est consultée; et tous les avocats, Après avoir tourné le cas En cent et cent mille manières, Y jettent leur bonnet, se confessant vaincus, la font. Fab. ii, 20. CONSULTER (kon-sul-té), v. a. \\ 1° Prendre conseil de quelqu'un. Ceux que l'empereur a consultés le moins, rac. Brit. i, 2. Consultons sur ce point quelque auteur signalé, boil. Lutr. iv. Le sage quelquefois fait bien d'exécuter Avant que de donner le temps à la sagesse D'envisager le fait et sans la consulter, LA FONT. Fabl. X, 14. Il Fig. Consulter le chevet, son chevet, se donner le temps de délibérer sur une chose, passer la nuit avant de prendre son parti. Dans le même sens et familièrement, consulter son bonnet de nuit. || Consulter son miroir, s'y regarder. Là, pour ne point des ans ignorer les injures, Je consulte souvent le cristal d'un ruisseau, CHAULiEU, Stances sur la retraite. \\ Consulter les astres, l'histoire, les examinerattentivementpour y chercher des indices. Vous-même, consultez vos premières années, rac. Brit. ii , 3. Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire, id. ib. m, l. On faisait comme on avait toujours fait: on consultait l'usage, et on n'imaginait pas encore de chercher dans des principes généraux ce que les peuples se doivent les uns aux autres, condillag, HtsJ. anc. Lois, ch. i. || Se diriger par. Ce ne sont pas les sens que mon amour consulte, corn. Serlor. u, 1. Je n'ai pour lui parler consulté que mon cœur, rac. Àndr. ii, 1. Mais on n'en doit p''" «ooins consulter la prudence, volt.
CON
Fanât, ii, 6. || Consulter ses forces, examiner si l'on est capable de faire, d'exécuter une chose. Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces. Et consultez longtemps votre esprit et vos forces, boil. Art p. 1. Il Consulter ses intérêts, se diriger d'après ce qu'ils suggèrent. || Dans le paganisme, consulter l'oracle, les dieux, les interroger pour connaître l'avenir ou se diriger dans le présent. Un païen qui sentait quelque peu le fagot. Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot. Par bénéfice d'inventaire. Alla consulter Apollon, la font. Fables, iv. 19. Lorsque Claudius Pulcher, consul romain et général do l'armée romaine, fut envoyé contre les Carthaginois, on consulta les sacrés poulets, qui ne voulurent point manger; le consul ordonna que, puisqu'ils ne voulaient pas manger, on les jetftt dans la mer pour les faire boire, domabsais, Mélang. gramm. plal. OEuvres,t.\, p. 348, dans pougens. || Par extension. Consulter le sorcier, la devineresse, la somnambule. Il 2° Mettre en délibération, soumettre à l'examen de quelqu'un. Consulter une affaire à un avocat. Que l'ondoit commencer par consulter ensemble Les choses qu'on peut faire en cet événement , mol. Tart. V, 1. Si Lélie a pour lui l'amour et sa puissance, Andrès pour son partage a la reconnaissance. Qui ne souffrira point que mes pensers secrets Consultent jamais rien contre ses intérêts, m. l'Étour. V, 12. La conjoncture est tout à fait heureuse, et j'ai ici un ancien de mes amis, avec lequel je serai bien aise de consulter sa maladie, id. Pourc. I, 10. 11 s'entend tout seul, je ne le consulterai à personne, sév. 3i3. Une autre fois l'un du conseil des Douze élève une difficulté , et, comme on ne tombait pas d'accord, il propose de la consulter en Sorbonne, anquet. Ligue, m, 200. Cet hornme, qui nie sa liberté, ne laissera pas de consulter ce qu'il a à faire, boss. Lib. arb. 4. M. Huyghens consultait à M. de l'Hospital ses difficultés sur le calcul difîérentiel; et quand quelque chose l'arrêtait, il ne s'en prenait pas à la méthode, mais à ce qu'il ne la possédait pas assez, fonten. L'Hospital C'est assez consulté; Rendez-moi mes liens
ou pleine liberté, corn. Sertor. m, 4. || 3° V. n. Conférer, délibérer seul ou avec d'autres pour aviser. Déjà le Tésin tout morne Consulte de se cacher, malh. 11,1. Après avoir longtemps consulté, ils arrêtèrent.... vaugel. Ç. C. 318. Il est bien plus naturel à la peur de consuUerquede décider, retz,ii, 426. Mais pourquoi consulter des choses résolues, Et ne poursuivre pas comme on les a conclues? both. Bélis. n, 8. J'ai trop par vos avis consulté là-dessus; Ne m'en parlez jamais, je ne consulte plus, corn. Cinna, iv, 4. Je ne consulte point pour suivre mon devoir, id. Cid, lu, 3. Après avoir consulté quelque temps, HAMILT. Gramm. 7. Le jour s'en va paraître et je vais consulter Comment dans ce malheur je dois me comporter, mol. Éc. desf. v, 1. Ah! faut-il consulter dans un affront si rude ! id. Amph. ni, 3. Madame, consultez, rac. Baj. v, 11. Sans consulter enfin
si je me perds moi-même, ID. Baj.l,3 Sortons, et,
sans plus consulter. De ce trouble inouï songeons à profiter, volt. Sémir.i, 6. Je consulterai sur votre mal avec les philosophes, m. Dial.3. Vous avez daigné, sire, nous appeler pour consulter avec vous au bien de l'État, Mirabeau, Collection, t. i, p. 33i. Ne répondant aux critiques qu'en guérissant les maladies, consultant sans peine avec les médecins qui, dansd'autres circonstances, avaientrefusé de consulter avec lui, CONDORCET, Tronchin. 114° Se consulter, V. réfl. Délibérer avec soi-même. Il faut vous rendre ; il faut me quitter et régner. — Vous quitter? — Je le veux; je me suis consultée, rac. Baj. 11, 5. Arsace, c'est à toi de te bien consulter, volt. Sémir. IV, 1. Il Se consulter l'un l'autre. Us se sont consultés, et leur réponse est unanime. || Être consulté. La voix de la raison jamais ne se consulte , corn. Cinna, 11, 1.
— HIST. xvi* s. Les Perses aprez le vin consultoient de leurs principaulx affaires, mont, ii, 215. Consultez-en [faites-en l'épreuve] pour veoir avecques vostre astrolabe, lu. 11, 272. U disoit qu'il falloit exécuter, non pas consulter les haultes entreprinses, id. m, 172. Je consulte peu des altérations que je sens; car les médecins.... m. iv, 269, Aux jours ensuivans puis après, ilz commenceren à consulter entre eulx des moyens de faire la guerre, AMYOT, Cor. 36. Des entreprises qu'il sembloit avoir bien consultées, id. Sylla, 11.
— ÉTYM. Lat. consultare, fréquentatif, de contu- 1ère, de même radical que corisilium, conseii.
CONSULTEUR (kon-sul- teur), s. m. Celui que l'on consulte. Les légistes, de simples consulteur», étaient devenus magistrats , st-sim. 373 , îou,
CON
Il Corisulteur du saint-office, nom qu'on donne aui
tliéologiens que le pape commet pour examiner les livres ou les propositions qui lui sont déférés ou pour donner leur avis sur des matières qui regardent la foi ou la discipline. C'est ce qui parait parfaitement par les avis des consulteiirs auxquels le pape les donna à examiner, pasc. Prov. 41. Le cardinal de Bouillon ne se contenta pas d'opiner pour M. de Cambrai de toute sa force, mais il essaya d'intimider les consulteurs, st-sim. 60, o4. ||Chez les capucins, celui qui donne avis au général.
— HIST. XVI' s. Consulteur, cotgrave.
— ÉTYM. I.at. cojisultor, de consulere.
I CONSUMABLE (kon-su-ma-bl'), adj. Qui peut être consumé.
— ÉTYM. Consumer.
CONSUMANT, ANTE (kon-su-man, man-t'). adj. Oui consume. Un feu consumant. Une ardeur consumante.
CONSUMÉ, ÉE (l£on-su-mé, mée), part, passé. Il 1° Détruit peu à peu. Ces restes d'un héros par le feu consumé, corn. Pomp. v, t. Consumé par les vers, RAC. Âlhal. m, 5. J'attendais que le temple en cendres consumé, ID. ib. v, 2. Tensez-vous y traîner les restes d'une armée Vingt fois renouvelée et vingt fois consumée? id. Alex, v, i. Près de ce gouffre horrible, épouvantable. Lieu de douleurs où le triste coupable Parmi des flots de bitume enflammé Brûle àjamais sans être consumé, i. b. rouss. AUégor. I, 1. |{ 2° Kig. Consumé par les chagrins. Consumé de regrets, bac. Andr. i, 4. Consumé de travaux, appesanti par l'âge, volt. Ali. i, t. Accablé de mépris, consumé de douleurs, j. B. Bouss. Odes, I, 4 2. Le voyageur pourtant, le mortel égaré. Consumé par la faim, par la soif dévoré. Trouve en tout temps ici la tente de mon père, ducis, Abuf. n, 7. Il 3° Passé. Ce moment si cher, madame, est consumé X louer l'ennemi dont je suis opprimé, BAC. Bril. u, 6. Il m'est honteux d'aimer, il vous l'est d'être aimée D'un homme dont la vie est déjà consumée, corn. Pulch. v, 3.
CONSUMER (kon-su-mé), v. a. || 1° Détruire en usant, en réduisant à rien. Le feu consuma ce grand édifice en moins de deux heures. La rouille consume le fer. J'ai pitié de moi-même et jette un œil d'envie Sur ceux dont notre guerre a consumé la vie, corn. Uor. n, 3. 11 arrête et consume deux grandes armées, FLÉCH. ï'ur. S'il [l'homme] était haut comme les plus grands clochers, un petit nombre d'hommes consumerait en peu de jouis tous les aliments d'un
pays, FÉN. Exist. 42 i nos vaisseaux la mer
toujours fermée Trouble toute la Grèce et consume l'armée, rac. Iphig. i, 2. Toutes leurs provisions furent consumées, volt. Cand. il. Il pense déjà voir les flammes triomphantes Embraser leurs drapeaux et consumer leurs tentes, delille, Parad. perdu, V. || Consumer son patrimoine, le dissiper. Il Fig. Consumer avec lui toute cette faiblesse, corn. Uor. II, 4. Il [le peuple] n'est donc plus à craindre : il a pris ses victimes; Sa fureur sur leur sang va consumer ses crimes, id. Nicom. v, 4. Jusqu'à ce que la mort brise ce qui te lie X cette longue infirmité, Et qu'en toi, dans le ciel, la véritable vie Consume la mortalité, corn. Imit. i, 22. Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse, iiAc. Brit. iv, 2. L'oisiveté d'un camp consume leur vigueur, m. Alex. I, I. Il 2° Par analogie. Le regret de sa faute le consume. L'esprit s'use comme toutes choses; les .sciences sont ses aliments, elles le nourrissent et le consument, la bruy. xi. Si pour me consumer Un destin envieux ne m'avait fait rimer, boil. Sat. u. La riche expression, la nombreuse mesure, Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer [les poètes] , De fatigues sans fin viennent les consumer, id. Ep. XI. Son naturel ardent le consumait dans le travail, FÉN. Tél. XIV. Je vais seule en ces lieux, où l'horreur me consume.... volt. Ali. iv, 4. Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre; Qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre, Et je mériterais qu'il [le feu] me pût consumer. Si je lui fournissais de quoi se rallumer, corn. Rodog. m, 4, C'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne, la plume me tombe des mains, je sens affaiblir jusqu'à ma haine, montesq. Lelt. pers. tel. 113° Employer sans réserve, en parlant du temps. La longueur du temps que les choses ont consumé, COBN. Ex. de Pomp.... 11 [un diable] se pouvait tirer d'affiiction Par ses bons tours et par son industrie Mais non mourir ni revoir sa patrie. Qu'il n eût ici consumé certain temps, la font. Uelph. J'ai consumé mon âge au sein de l'Amérique, volt. Ali. I, <. >ous autres hommes c'est souvent par vanité. quelquefois par intérêt , que nous consumons notr4
CON
vie dans la culture des arts, volt. Éptt. à Mme au Chdtelet, sur Alî-Wi" Se consumer, «. r^/l. Être consumé. Se consumer de travail et d'inquiétude. Ce peu, que mes vieux ans m'ont laissé de vigueur, Se consume sans fruit à chercher ce vainqueur, coRN. Cid, m, b. N'allez pas sur des vers sans fruit vous consumer, boil. Art poét. i. De vos jours prêts à se consumer, bac Phèd. i, 3. En efforts impuissants leur maître se consume, id. ib. v, 6. Hélas! je me consume en impuissants efforts, id. Iphig. v, 4. Les empereurs .se consument dans des disputes de religion, boss. Hist. i, 41. Je me consumais en regrets inutiles, fén. Tél. ii. Narcisse se consuma lui-même de douleur, m. ib. viii. 11 se consumait par ses inquiétudes, id. ib. xxiii. Les Romains laissaient le riche royaume se consumer par lui-même, et s'étendaient du côté de l'occident, boss. llist. i, 9. Le jeune amant ne pouvant obtenir sa maltresse se consumait de douleur, j. j. bouss. Conf. i. Les païens se consumaient à la poursuite de l'ombre de la vie, chateaub. Génie, m, iv, 4. Pâle lampe du sanctuaire, Pourquoi, dans l'ombre du saint lieu, Inaperçue et solitaire. Te consumes- tu devant Dieu? LAMART. Uarm. i, 4. || Absolument. Faire de vains efforts. Je cours, je me consume , etle peuple m'entraîne, VOLT. If^rope, V, 6. || Dépérir. La petite fille n'a fait que languir depuis [l'emprisonnement de son père] , et se consume peu à peu , p. l. cour.
' — HIST. XV' S. Pour ceste heure estoit consummée la force de son pays, comm. v, fl. || xvi* s. Ses préfaces, partitions, etc. consument la plus part de son ouvrage, mont, ii , 4 06. Le feu, n'ayant plus que consumer, se consume soy mesme, et n'est plus feu, iD. IV, 351. Purger, resouldre et consumer toutes les mauvaises humeurs d'un corps gasté, amyot, Lyc. VII. Ce temple fut consumé par le feu, du temps des guerres civiles, id. Publ. 28. Se consumer de melancholie, m. Timol. vu. La fouldre consumera les os des corps, sans entammer la chair qui les couvre, rab. Pant. m, 3.
— ÉTY.M. Provenç. et espagn. comumir; du latin consumere, de cum, et sumere, prendre, d'où dérive sumpfus, dépense (voy. somptueux).
t CONSUMPTIBILIXÉ (kon-son-pti-bi-li-té) , s. {. Qualité de ce qui est consumptible.
— ÉTYM. Consumptible.
t CONSUMPTIBLE (kon-son-pti-bl'), adj. Qui peut être consumé. Matières consumptibles par le feu.
— ÉTYM. Voy. CONSUMER.
t CONTABESCE>'CE (kon-ta-bè-ssan-s') , s. f. Terme de médecine. Consomption.
— ÉTYM.Lat. contabescere, de cum, et tabescere, se consumer.
t CONTABESCENT, ENTE (kon-ta-bè-ssan, ssan-t') , adj. Terme de médecine. Qui est atteint de consomption, de marasme.
— ÉTYM. Voy. CONTABESCENCE.
CONTACT (kon-takt' ; quelques personnes prononcent kon-ta; prononciation correcte, mais peu usitée), s. m. Il 1° Etat de deux ou plusieurs corps qui se touchent. Point de contact, point par lequel deux corps se touchent. || Terme de géométrie. Contact du premier ordre, le contact simple, consistant dans un seul élément commun. Contact du second ordre, communauté de deux éléments. {| Terme de physique et de chimie. Action de contact, phénomène de contact, action, phénomène qui se passe au contact des corps. || Terme de médecine. Dans les maladies contagieuses, contact immédiat, l'attouchement d'un malade atteint d'une de ces maladies ; contact médiat, l'attouchement, non du malade luimême, mais des objets qui l'ont touché. || 2° Par extension, relation, rapport. Le commerce met en contact les peuples les plus éloignés. Le contact du monde. || Point de contact, sentiment, idée par lesquels des personnes se touchent, s'accordent.
— ÉTYM. Latin contactus, de cum, et tactus, touché (voy. TACT) ; ital. contatto.
t CONTADIN(kon-ta-din),s. m. Paysan. X l'aide, contadins, aux armes, la font, dans le Dict. de
BESCHEBELLE. || IlUlsité.
— ÉTYM. Ital. contadino, paysan, de contado, campagne voisine d'une ville.proprement comté (voy. ce mot). Contadin entra un moment dans le français au XVI" siècle comme plusieurs autres mots italiens.
t CONTAGE (kon-ta-j') , s. m. Terme de médecine. Substance organique altérée, cause matérielle, qui, transportée d'un lieu à l'autre, d'un individu à l'autre, y reproduit la maladie d'où le contage provient.
— ÉTYM. Voy. CONTAGION,
CON
t CONTAGIER (kon-ta-ji-é) , v. a. Terme de m«-
decine. Communiquer une contagion.
— ÉTYM. Voy. CONTAGION.
CONTAGIEUX, EUSE (kon-ta-j i-eû, eûz'), adj Il 1' Au sens passif, transmissihle par contact ou par une communication qui ressemble au contact. Des vices contagieux. Une erreur contagieuse. Le rire est contagieux. Le voisinage de l'imagination est extrêmement contagieux en la partie intellectuelle, BALz. liv. VII, letl. 7. C'est par vous seul, infortuné Narcisse, Que cette terre, inaccessible au vice, Connut enfin le mal contagieux,MALFiL. Narcisse, ch. i. Il Terme de médecine. Transmissihle d'un corps malade à un corps bien portant par l'intermédiaire d'un virus. Je voudrais qu'on cherchât des préservatifs contre les maladies contagieuses de nos bestiaux, dans le temps qu'ils sont en bonne santé, afin de les essayer quand ils sont malades, volt. Lelt. Ilourgelat, 48 mars 1775. Et comme un mal souvent devient contagieux, hotbou , St-Genest, IV , 9. Il Dans un sens restreint, les maladies contagieuses, lesafiections syphilitiques. || 2° Au sens actif, qui transmet la contagion. Air contagieux. Miasmes contagieux. On est pieux ou l'on croit l'être ; mais on l'est selon l'air contagieux du monde que l'on respire sans cesse, bourd. Pensées, t. i, p. 434. Vous souffrez auprès de vous des gens contagieux , démons domestiques, toujours attentifs à vous séduire et à vous inspirer le poison qu'ils portent dans l'âme, id. Carême,t. i, p. 206. Ici la terre ne porte pour fruits que du poison; les hommes, contagieux, ne se parlent que pour se communiquer un venin mortel, FÉN. Tél. IV. Et du méchant l'abord contagieux N'altère point sOn innocence, bac. Athal. ii, 9, Certains livres de dévotion, écrits par des imaginations fortes et contagieuses, condillac, Art de penser, part, i, ch. 6.
— HIST. xiv s. La maladie qui estoit contagieuse, BERCHE0BE, f° 62, verso. llxV s. Tost est baillé un mal contagieux, en. d'obl. Bail, llaistre Pierre Chevalier.... Vieille contagieuse, Voulez-vous donc gouverner la contrée En beguinant, faire la précieuse Pour empescher toute vie amoureuse? eust. DESCH. Poésiei mss. f° 334, dans lacurne. || ivi" s. Le mal en est si contagieux qu'il y a danger qu'il ne se espande plus avant par toute la chrestienté, CONDÉ, Mémoires, p. 644.
— ÉTYM. Provenç. contagios ; espagn. et ital. contagioso ; du latin contagiosus (voy. contagion).
t CONTAGIKÈRE (kon-ta-ji-fè-r'), adj. Terme de médecine. Qui porte le virus ou la contagion.
— ÉTYM. Contage, et /crus, qui porte. CONTAGION (kon-ta-jion; en poésie, de quatre
syllabes), s. f. \\ 1° Communication par contact ou par ce qui ressemble au contact. La contagion du vice, de l'hérésie. Cette contagion [du mauvais goûlj infecta les provinces, boil. Art p. i. Le luxe répana sa contagion depuis le roi jusque.... fé.-j. Tél. xxii. Quand l'homme faible qui redoute La contagion du malheur Nous laisse seul sur notre route Face à faco avec la douleur, lamart. Uarm. i , 9. La contagion des dignités et de la grandeur ne lui forma pas cet œil superbe et ce cœur insatiable d'honneurs.... mass. Villars. La contagion ne s'était encore guère répandue dans les écoles publiques, maucroix, Sc/iiime, liv. Il, dans hichelet. Il est une contagion dans les mouvements passionnés, mirab. Collection, 1. 1, p. 34 4. Il La contagion des idées, l'extension que certaines idées religieuses, sociales , politiques, prennent parmi les peuples à un moment donné. Il 2° Communication d'une maladie par contact médiat ou immédiat. Ce mal se prend par contagion. Quiconque approche d'elle.... par contagion prend sa triste couleur, malh. vi, 4 4. || Contagion vive, la transmission par contact d'individu à individu : c'est la contagion immédiate. Contagion morte, la transmission par contact d'effets, provenants d'un malade : c'est la contagion médiate. Il Par extension, maladie contagieuse. Les ravages de la contagion La contagion Jusqu'au
pied de son trône a porté son poison, volt. OEdipe,. l, 4. Il Contagion s'est dit, absolument, pour la. peste. On a besoin de grande police en temps de contagion.
— SYN. contagion, raFECTioN. La contagion spécifie que la maladie est transmise soit par la communication d'un virus, soit par le contact d'individu à individu sans virus (visible du moins). L'infection au contraire spécifie que l'air est vicié et communique la maladie; l'individu malade gâte l'air, et l'air rend malade celui qui se trouve dans la sphère de l'agent morbifique.
--HIST. XVI' s. La contagion est très-dangereu.=« en
CON
CON
CON
la prdsse; il fault ou imiter les vicieux ou les haïr, MONT. I, 273. Qui a pu deffendre aux misérables d'opposer les bras aux bras , et le fer au fer, et prendre d'une fureur sans justice la contagion d'une juste fureur? u'aub. Hist. m, 467. La contagion uni- ■versello des opinions populaires et erronées, ciiAn- HON, Sagesse, i, <5.
— ÉTYM. Lat. coiUagio;de cum, avec, et tangere, toucher (voy. tangible).
t CONTAGIONNAIRE (kon-ta-jio-nê-r') , s. m.
Voy. CONTAGIONNISTE.
t CONTAGIONNISTE (kon-ta-j'io-ni-sf), s. m. Médecin qui soutient la contagion de la fièvre jaune et delà peste, et recommande les mesures de quarantaines, les barrières et les précautions sanitaires. Il On a dit aussi coiitagionnaire, aujourd'hui peu usité.
— ftTYM. Contagion.
t CONTAGIOSITÉ (kon-ta-jio-zi-té), s. f. Terme de médecine. Qualité de ce qui est contagieux. La contagiosité de certaines maladies.
— ÉTYM. Contagieux.
+ CONTAILLE (kon-tâ-Il', Il mouillées), adj. f. Terme de commerce. Soie contaille, sorte de soie de basse qualité.
t CONTAMINABLE (kon-ta-mi-na-bl') , adj. Terme de médecine. Qui peut être contaminé. Objets contaminables, objets susceptibles de contagion, c'està-dire qui peuvent communiquer la peste ou toute autre maladie.
CONTAMINATION (kon-ta-mi-na-sion), i. f. Souillure. Suivant la loi de Moïse, il y avait plusieurs sortes de contaminations.
— HIST. XVI' s. Contamination, oudin, Dicl.
— ÉTYM. Lat. contaminatio, de contaminare, contaminer.
CONTAMINÉ, ÉE (kon-ta-mi-né, née), part, passé. Ôter les habits de peur d'en être contaminé, ha- MII.T. Gramm. to. || Terme de médecine. Où règne une maladie contagieuse. Localités contaminées.
CONTAMINER (kon-ta-mi-né), v. a. Souiller. || Il est vieux.
— HIST. XV* s. Afin que dorénavant elle ne contaminasl les autres membres de J.-C, monstrel. liv. II, cft. lOB.
— ÉTYM. Lat. contaminare, de cum, avec, et taminare, souiller.
t CONTANT (kon-tan) ou CONTAUR (kon-tôr),' i. m. Terme de marine. Partie du vaisseau, qui est au-dessus de l'enceinte qu'on nomme cordon.
CONTE (kon-f), s. m. || 1° Récit, rapport, et, particulièrement, récit de quelqueanecdote, de quelque aventure. Un bon conte. 11 sait des contes de toute sorte. U fait un conte mieux qu'homme du monde. Tu fais après cela des contes superflus, corn. Héracl. IV, 4. J'ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais, mol. Scapin, m, 3. J'étais toute remplie du conte et je brûlais de le redire, ID. ib. III, 4. Des personnes qui disent de sots contes, PASC. J. C. 43. Dans la conversation, ce qu'on appelle conte est le récit bref et rapide de quelque chose de plaisant, marmont. Élém. de littér. t. vi, p. 2U7, dans pouoens. On en fit le conte à la reine, HAMILT. Gramm. s. De grâce n'allez pas divulguer un tel conte, mol. l'Étour. ii; 6. À cause des contes perpétuels qu'ils nous en font, SÉV. 243. Il nous fit l'autre jour un fort plaisant conte, m. 604. Ses ennemis [deBion] avaient fait des contes au roi Antijonus, au sujet de sa naissance ignominieuse, fén. Hion. On aura fait quelque conte. Et de dépit transportés Peut-être ils règlent le compte De leurs infidélités, BÉRANG. Bon ménage. || Familièrement. Quel conte me faites- vous avec vos dépenses? c'est-cVdire, que me parlez-vous de dépenses? c'estî;-(iire encore, vous me parlez de dépenses qui ne sont pas réelles ouauxquellesjene veux pas prendre part. Il 2° Récit d'aventures merveilleuses ou autres, fait en vue d'amuser. Les contes de fées. Les contes de Perrault. On fait en Italie un conte assez plaisant, RÉGNIER, 5o(. ix.Boccace en fait certain conte pour rire, la font. Masel. Maudit censeur, te tairas-tu? Ne saurai-je achever mon conte? id. Fab. n,\. Une morale nue apporte de l'ennui ; Le conte fait passer le précepte avec lui, id. t6. vl, *. Le conte est du bon temps, non du temps où nous sommes, lo. ib. X, 10. Jamais ce qu'on appelle un bon conte ne passe d'une main à l'autre sans recevoir quelque embellissement, ID. Contes, Préf. du tome u. Les aises delà vie, l'abondance , le calme d'une grande prospérité font que les princes ont de la joie de reste pour rire d'un nain, d'un singe, d'un imbécile et d'un mauvais conte, la bruy. ix. Oui croirait que le ménestrel Rutebeuf, Hébert et d'autres auteurs
aussi inconnus et en apparence aussi méprisables, fussent les originaux des meilleurs contes de Bocaco? fonten. Ilist. du th. fr. OEuvres, t. v, p. 1 1 , dans POUOENS. C'est à qui trouvera les meilleures cliansons, à qui fera les meilleurs contes, J. J. Rouss. Ilél. V, 7. Il Contes bleus, contes de fées et autres récits de ce genre, ainsi dits parce qu'ils étaient d'ordinaire couverts d'un papier bleu; et par extension, récits imaginaires, raisons sans fondement, billevesées. Les pères, les maris me prendront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus! la FONT. Oies. Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire, mol. Tart. i, l. Nargue des vertusl On n'en sait que faire; Aux sots revêlus Le tout est de plaire; De ses contes bleus L'honneur nous assomme, BÉRANG. Scand. \\ Récit où une aventure plus ou moins libre est racontée. J'avais résolu de ne consentir à l'impression de ces contes qu'après que j'y pourrais joindre ceux de Boccace qui .sont le plus à mon goût, la roNT.Contes , préface du tome i. On m'en peut faire deux principales [ objections] : l'une que ce livre est licencieux, l'autre qu'il n'épargne pas assez le beau sexe; quant à la première, je dis hardiment que la nature du conte le voulait ainsi , étant une loi indispensable selon Horace et selon la raison et le sens commun de se conformer aux choses dont on écrit, id. th. Ce principe une fois posé, ce n'est pas une faute de jugement que d' entretenir les gens d'aujourd'hui de contes un peu libres, ID. ib. Je ne pèche pas non plus en cela contre la morale; s'il y a quelque chose dans nos écrits qui puisse faire impression sur les âmes, ce n'est nullement la gaieté de ces conles; je craindrais plutôt une douce mélancolie où les romans les plus chastes et les plus modestes sont très-capa'bles de nous plonger, ID. ib. Il Conte gras, conte graveleux. || 3° Par extension, discours ou récit mensonger, peu vraisemblable et auquel on ne croit pas. J ugez par là combien ce conte est ridicule, CORN. i/t!raci. I, t. Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse, id. Vamp. I, 3. Je le sers aussitôt d'un conte imaginaire Qui l'ètonne lui-même et le force à se taire, corn, le Ment.
I, 6. C'est un conte à n'y rien connaître, Un conte extravagant, ridicule, importun; Cela choque le sens commun ; Mais cela ne laisse pas d'être, mol. Ampli.
II, { Je vois que d'un conte odieux Vous avez,
comme moi, sali votre mémoire , boil. Sat. x. Us nous donnent encore, avec leurs lois sévères. De cent sots contes parle nez, mol. Amph. ii, 3. || Faire des contes, dire des choses qui sont sans fondement. Ce sont apparemment mes ennemis , madame , qui vous ont fait ces contes ; ils vont criant que je suis mal en cour, volt, le taureau blanc. \\ On dit en ce sens : conte' de bonne femme, conte borgne, conte à dormir debout, conte de vieille, conte d'enfant, conte de ma mère l'oie, conte de ou à la cigogne, conte de peau d'àue. Dans ces diverses cosmogonies, on est placé entre des contes d'enfants et des abstractions de philosophes, cha- TEAUB. Génie, l, m, 1. || Conte en l'air, mensonge, duperie. Ce ne sont pas là des contes en l'air comme les vôtres, pasc. Prov. te. Mais il prend mes avis pour des contes en l'air, mol. ii'c. des mar. II, 44. Il Voilà un beau conte, de beaux coûtes I se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi aux récits, aux paroles de quelqu'un. || Conte fait à plaisir, récit inventé de toute pièce. Ce privilège [de changer le récit] cessera-t-il à l'égard des coules faits à plaisir, et faudra-t-il dorénavant avoir plus de respect pour le mensonge que les anciens n'en ont eu pour la vérité? la font. Contes, préface du tome II.
— SYN. CONTE, fable, NOUVELLE, ROMAN. Il n'y
a pas de différence fondamentale entre le conte et le roman; l'un et l'autre sont des narrations mensongères ou regardées comme telles. Tout ce qu'on peut dire, c'est que conte est le terme générique puisqu'il s'applique à toutes les narrations fictives, depuis les plus courtes jusqu'aux plus longues. Le roman ne se dit que de celles-ci. Un conte de trois pages ne s'appellera jamais un roman, tandis qu'un roman est, dans toute la rigueur du terme, un conte suffisamment long. La nouvelle ne se distingue pas non plus au fond du conte ou du roman. Dans l'usage ordinaire, c'est un roman de petite dimension dont le sujet est présenté comme nouveau ou peu ancien, ou avec des détails inconnus jusqu'ici. La fable, dans le sens d'apologue, est le récit d'une petite scène entre des animaux ou des végétaux auxquels on prête les sentiments et le langage humains. Dans la conversation, quand après un récit entendu on dit : c'est un conte, ou c'est une fable, on entend que ie récit n'est pas vrai. Quand on dit :
c'est un roman, on veut dire que les aventures racontées sont extraordinaires; elles peuvent néanmoins être vraies.
— HIST. XII' s. Ne sont que trois matières [de poème] à nul home entendant. De France, de Bretaigne et de Rome la grant; Li conte de Bretaigne sont si voir et plaisant, Sax. I. || xiii' s. Encor est-il [Artu.s] de tel renom, Que l'en conte de li les conles Et devant rois et devant contes, la llose , t)87. Il xv s. Pourquoi vous feroie-je long conte? fhoiss. I, I, 1B2. Il xvi' s. Le conte dict que Psammenitus.... MONT. I, 0. Les enfants sçavent le conte du roy Crœsus à ce propos, id. i, 65. Tu te fondes sur les contes des médecins, id. i, 73. U y en a qui estiment que ce sont toutes fables, et comptes faicts à plaisir, amyqt, Rom. 12. Un conte attire l'autre,
COTGRAVE
— ÉTYM. Provenç. conte, comte; espagn. euento; ital. £0/1(0 (voy. conter).
CONTÉ, ÉE (kon-té, tée) , part, passé. Dont on a fait récit. Une historiette contée avec esprit.
t CONTEMPÉRATION (kon-tan-pé-ra-sion) , s. f. Terme de théologie. Exact tempérament de la grâce. Dieu fait, disent-ils, que nous choisissons par les préparations et par les attraits qui nous mettent en de certaines dispositions et nous inclinent aussi doucement qu'efficacement à une chose plutôt qu'à une autre ; voilà ce qu'on appelle l'opinion de la contempération , aoss. Lib. arb. 7.
— HIST. xv s. Les vins que les chrestiens avoient et qui de Pouille et de Calabre leur venoient, estoient secs et chauds, et hors de la contemperation françoise; dont plusieurs les comparèrent [le payèrent] ; car en fièvre et en chaleur en cheurent, froiss. liv. IV, p. 84, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. CONIEMI'ÉHÉ.
t CONTEMPÉKÉ, ÉE (kon-tan-pé-ré , rée) , adj. Qui a de la modération. Elle est douce, accommodante et contempérée, soss. Excuses, t.
— HIST. XVI' s. Par medicamens qui évacuent, cuisent, contemperent, atténuent, incisent et ouvrent, paré, XX, 4.
— ÉTYM. Lat. contemperare , de cum, et temperare (voy. tempérer).
CONTEMPLATEUR, TRICE (kon-tan-pla-teur, tri-s') , î. m. et /'. || 1° Celui, celle qui contemple. Contemplateur des merveilles de la nature. Retranchons l'homme de dessus la terre; il n'y a plus de conlen> plateur des œuvres du Tout-puissaut, bonnet, Palingén. <2'part. ch.8. || 2° L'homme contemplatif. Le contemplateur, mollement couché dans une chambre tapissée, invective contre le soldat, vauven. Max. ccxxiii.
— HIST. xv* s. Homme n'est pas facteur des créatures de Dieu, mais contemplateur de ses œuvres, A. CUARTIER, daus le Dict. de docuez.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contemplador ; ital. contemplatore ; du latin contemplatorem (voy. contempler).
CONTEMPLATIF, IVE (kon-lan-pla-tif , ti-v'), adj. Il 1° Qui se plaît daus la contemplation. Esprit contemplatif. Sous ce jour sans rayon [une nuit étoilée] , plus serein qu'une aurore, A l'œil contemplatif la terre semble éclore, lamart. llarm. ii, 4. Il Livré à la contemplation. Marthe n'était-cUe pas une sainte, quoiqu'on ne dise pas qu'elle fût contemplative? Boss. Or. 9. Il Dans le sens d'intellectuel. Facultés contemplatives, par opposition à facultés affectives ou actives. || Vie contemplative, inactivité du corps et de l'esprit, si ce n'est pour la méditation ou la prière. On dit en ce sens d'un ordre religieux qu'il est voué à la vie contemplative. Il 2° Substantivement. Celui qui est livré à la contemplation. Vous rirez de me voir faire un cont mplatif, un philosophe, J.J.BOUSS. im. iv. Le pays est intéressant pour des contemplatifs solitaires, id. Prom. 6. Il Terme de théologie. Les extases dei contem|datifs. Ceux qui sont appelés à l'action et au service du prochain, veulent à contre-temps faire les contemplatifs, pléch. Serm. n, 460. C'est un raffinement de piété qu'on n'entend point ; c'est un langage presque de contemplatif, MASS. Avent, Dispos, à la comm. || Nouveaux contemplatifs, nom donné aux quiétistes.
— HIST. xii' s. Icist [ces clercs] , dementres qu'il sunt vif, Sunt apelé contemplatif; E ceste vie contemplative. Oui contre tuz deliz [plaisirs] esirive [combat].... benoît, u, ttni. jjxiv's. La tierce est vie contemplative, oresme, Elh. v, ». || xvi' s. La vie d'un philosophe contemplatif, amtot. Perte. 36. La vie contemplative ne doit point estre disjointe, ni pour tousjours ni pour longtemps, da l'active, lanoue, B33. Les platoniques ont beaucoup
CON
magnifié ceste faculté contemplative de l'ame, id.
f.TYM. Piovenç. contemplaUu; espagn. et ital.
eontemplativo ; du ûUn contemplativus (voy. coN-
tfmpliîh).
CONTEMPLATION (kon-tan-pla-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de contempler. La contemplation des astres. Belle contemplation vraiment! BERN. nu s. -p. Mort de Socrate. Il le revoit [l'incendie de Moscou] dans toute sa violence; toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu.... absorbé par cette funeste contemplation, il ne sortit d'un morne et long silence que pour s'écrier : ceci nous présage de grands malheurs, sf.avR, Ilist. de Nap. viii, 7. || En contemplation de, en vue de; tournure qui a vieilli. Le père en contemplation de celte alliance, a donné.... On lui a donné te bénéfice en contemplation de son savoir. ]| 2° Proonde application de l'esprit à quelque objet, surout aux objets purement intellectuels. Il naît xincore une opération de la liaison que l'attention met entre nos idées, c'est la contemplation : elle consiste à conserver, sans interruption, la perception, le nom ou les circonstances d'un objet qui vient de disparaître, CONDILLAC, Conn. hum. sect. ii, cil. 2. Il Habitude d'esprit qui fait rêver et méditer. Le goût de la solitude et de la contemplation naquit dans mon cœur avec les sentiments expansifs et tendres, faits pour être son aliment, J. J. Rouss. iiéuer. d'un prom. sol. Prom. 8. || Dansia vie spirituelle, méditations relevées, qui vont jusqu'à rompre toute communication de l'esprit et du corps avec les choses sensibles. S'élever par ses maux à la plus haute contemplation, Boss. Hist. ii, 3. Elle était sans y avoir songé de la plus sublime contemplation, ID. Oraison. La prière, la contemplation, le travail de leur petit ménage, et faire des paniers, partagent leurtemps [des solitaires de Mortaigne],ST-siM. I, m.
— HIST. XII" s. Ne sout [sut] nul la manière de Sun mal, se Deu nun , Que il faiseit al cors, ne de la passiun; Del tut esteit li bers en contemplatiun. Th. lemart. tOi.||xni''s. Cil qui par grantdevocion. En trop grant contemplacion, Font aparoir en lor pensées Les choses qu'il ont porpensées, la Rose, 1 8568. Il xiv s. De toutes les operacions qui sont selon vertu, la très plus delettable est speculacion ou contemplacion selon la vertu de sapience, ohesme, Eth. 3{4. Il XV' s. De notre grâce, pour amour et contemplation de nos bons sujets, avons ordonné.... FROiss. II, II, 2*1. Et [le roi] fut grandement à la contemplation et plaisance du peuple, id. n, ii, 74. Il XVI" s. Passer son temps doulcement en repos et tranquillité à l'estude des lettres, où il y a délectation conjointe avec honneste contemplation, AMYOT, Cimon et LucuU. K L'estude et la contemplation retirent aulcunement nostre ame hors de nous, MONT. I, 68. Ils ont grandement honoré la contemplation , qu'ils ont affermé estre la mère de sagesse, langue, 538. L'un pousse les âmes guidées Aux belles contemplations, X l'intellect et aux idées, Purgeant l'esprit de passions, kons. Odes, v, 7. Esveiller et purifier le sens, pour nous rendre plus propres à la contemplation, mont, i, 393.
— ÉTYM. Provenç. contemplatio ; espagn. contemplacion; ital. contemplaiione ; du latin contemplationem, de contemplari, contempler.
t CONTEMPLATIVEMENT ( kon-ten-pla-ti-veman), adv. D'une manière contemplative.
— ÉTYM. Contemplative, et le suffixe ment. CONTEMPLÉ, ÉE (kon-tan-plé, plée),par(. passé.
Les astres contemplés assidûment par les prêtres chaJdéens.
CONTEMPLER (kon-tan-plé) , V. a. || 1° Considérer attentivement, avec amour ou admiration. Le peuple qui vous voit, la cour qui vous contemple, Vous désobéiraient sur votre propre exemple, corn. Nicom. II, 2. Il tremblera dans la vue de ces merveilles, et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration , il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption, PASC. Pensées, part, t , art. 4. [Moi] Qui, des faibles mortels déplorant les naufrages. Pensais toujours du bord contempler les orages, rao. Phèd. u, 2. Quel plaisir de vous voir et de vous contempler Dans ce nouvel éclat dont je vous vois briller! id. Iphig. n, 2. Seigneur, je n'ai jamais contemplé qu'avec crainte L'auguste majesté sur votre front empreinte, ID. Eslh. II, 7. Chacun veut contempler son auguste visage, VOLT. Uérope, v, 8. Plus philosophe que Démocrile, il se contentait de voir le ridicule de ses contemporains, et ne daignait pas en rire: on eût dit qu'il contemplait de la planète de Saturne cette terre que nous habitons, d'alemb. Éloges,
CON
Terrasson. Et que ses yeux mourants contemplaient son vainqueur, delille, Enéide, x. || 2° Examiner par la pensée. Contempler les choses divines. Plus je vois mes défauts et plus je vous contemple. Plus j'admire.... corn. Poly. ii, 4. J'ai peine à contempler son grand cœur dans ces dernières épreuves, BOSS. Reine d'Anglet. Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple? rac. Athal. ii, 7. D'un œil plus recueilli contemplant ma fortune , volt. Zaïre, iv, 2. || Absolument. Passer sa vie à contempler, à méditer. Souvent vous raisonnez, lorsque nous contemplons , delille , Parad. perdu , v. Il 3° Se contempler, v. réfl. Tourner la contemplation sur soi-même. Pour vous mieux contempler, demeurez au désert; Ainsi parla le solitaire; Il fut cru, l'on suivit ce conseil salutaire, la font. Fdbl. XII, 27. Il Se contempler l'un l'autre. Ils se contemplaient en silence.
— HIST. xvr s. Après qu'il eut le tout bien contemplé, il ne se laissa eschapper de la bouche pas une parole insolente, amyot, Marcel. 60. Ce qu'il faisoit aux champs n'estoit plus que pour plaisir, et pour contempler et apprendre tousjours quelque chose de la nature, id. Caton, 52. Plusieurs ont eu ceste opinion, que le contempler esloit seulement propre aux philosophes , langue , 527. Et entre ceux-ci s'en trouve aucuns, qui ordinairement ne contemplent que dans leurs coffres, id. 532. Après que les deux troupes se furent contemplées demi heure, chacun désireux de voir l'un son frère.... id. 567.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contemplar; ital. contemplare; du latin contemplari, contempler.
CONTEMPORAIN, AINE (kon-tan-po-rin, rè-n'), adj. Il 1° Qui est du même temps. Hésiode a-t-il été contemporain d'Homère? |1 Historien contemporain, historien qui écrit les événements de son temps. Il L'histoire contemporaine, l'histoire qui s'écrit au temps même des hommes et des choses. Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte, pasc. Juifs, t. Il Par extension. D'une estime contemporaine Mon cœur eût été plus jaloux, lamotte. Ode sur la réputation. Comme les vieux rochers contemporains du monde, delillk, Imagin. viii. Plusieurs sciences ont été, pour ainsi dire, contemporaines; mais, dans l'ordre historique des progrès de l'esprit, on ne peut les embrasser que successivement, d'alemb. Èncycl. Disc, prélim. Ainsi d'un peuple entier je feuilletais l'histoire.... Et je sentais frémirmon luth contemporain Chaque fois que passait un grand nom.... V. HUGO, Odes, m, 8. 1| La raison contemporaine, l'ensemble des choses qu'une société admet comme vraies à une époque donnée. || 2° Substantivement. Les contemporains. Un contemporain. Elle fut la contemporaine de ces grands hommes. Cbênes antiques! mes contemporains de solitude! CHATEAUB. Notch. viii, 361. On met les anciens bien haut pour abaisser ses contemporains, fonten. Dial. m. Morts anciens.
— HIST. XVI' s. Les François mes contemporains sçavent bien qu'en dire, mont, iv, 83.
— ÉTYM. Lat. contemporaneus, de cum, avec, et tempus (voy. temps).
CONTEMPORANÉITÉ ( kon-tan-po-ra-né-i-té ) , s. f. Existence simultanée, à une certaine époque. La contemporanéité de l'homme avec les grands pachydermes fossiles est une question qui se débat aujourd'hui entre les géologues.
— ÉTYM. Contemporain.
CONTEMPTEUR, TRICE (kon-tan-pteur , tri-s'), s.
m. et f. Il 1° Celui, celle qui méprise, qui a l'esprit méprisant. C'est un jeune lion qui aura bientôt de la force aux ongles, et alors malheur aux oppresseurs du peuple et aux contempteurs de son autorité, MALH. Lettre, dans richelet. Uni dégoût et d'intérêt avec tous les contempteurs d'Homère , il attend paisiblement que les hommes détrompés lui préfèrent les poètes modernes, la bruy. v. Vous voyez avec douleur les premières places occupées souvent par les protecteurs du vice et les contempteurs de la vertu, mass. Carême, Mélange des bons, etc. Vous êtes des contempteurs de Jésus-Christ , id. Carême, Rechute. Et rend votre transgression aussi criminelle que celle des contempteurs de la loi même, id. Carême, Jeûne. Les contempteurs de la gloire se piquent de bien danser, vauven. Espr. hum. 27. Contempteurs de la foudre, ils craignent le mépris, bernis, Religion vengée, v. Le contempteur des dieux, l'exemple des tyrans, Mézence le premier conduit ses fiers Toscans, delille, Enéide, VII. Il 2° Adjectivement. L'attention de la première Église à dérober aux yeux contempteurs le secret des mystères, desfontainks
CON
— REm. L'ancienne Académie, dans se» Remarques sur Vaugelas, avait dit que contempteur n'était pas de la langue; ce mot, malgré cet arrêt, y a persisté; il e.st du style relevé.
— HIST. xiv s. Il mon.stre et manifeste libérale^ ment tout ce que il veult, pour ce que il est contemptif et desprisant, oresme, Eth. (24. || xvi* s Je laisse ceux-là qui se monstrent pleinement contempteurs de Dieu, CALV. 26( , etc. Ils nous poursuivent par grande clameur comme contempteurs et ennemis des Pères, id. Instit. Dédicace.
— ÉTYM. Lat. contemptor, du supin contemptum, de contemnere , mépriser, de cum, et temnere, le même que •ce'ij.veiv, couper, dans le sens de retrancher, dédaigner. On trouve aussi dans le XVI' siècle contemneur.
CONTEMPTIRLE(kon-tan-pti-bl'), adj. Qui mérite le mépris. Ma peur est que.... Ma foi, qu'en me voyant elle avait agréable, Ne lui soit contemptible en ne me voyant pas, malh. v, 23. Si dans les moindres dons tu passes X considérer leur auteur. Verras-tu rien de vil, rien de faible en ses grâces. Rien de contemptible à ton cœur? corn. Imit. ii, io.
— REM. Vaugelas trouve ce mot dur, et Th. Corneille dit qu'il serait aksolument insupportable. Malgré cet arrêt, contemptible n'est point banni de la langue.
— HIST. XVI" s. Je n'allègue point cet exemple, pour rendre l'or contemptible, lanouf-, 464. Ses anciens serviteurs relTormez, contemptibles par la pauvreté, d'aub. Hist. m, 29r Pour nous rendre encore plus odieux et contemptibles, dubellay, i, 6, recto. [L'amour] Chose si esmeue et violente, qui nous esclave à autruy et nous rend contemptibles à nous, mont. III, 379.
— ÉTYM. Lat. contempfîMKi (voy. contempteur). CONTENANCE (kon-te-nan-s') , s. f. \\ 1° Quantité
de ce qui est contenu ; capacité. Un vase de la contenance de deux htres. Ce navire est de la contenance de tant de tonneaux. |1 2° Étendue, superficie. Ce parc est de la contenance de sept hectares. || 3° Maintien, manière de se tenir, de se montrer. Sans art elle s'habille, et, simple en contenance.... régnier, Sat. xin. Je vous voyais marcher sur les précipices avec une contenance gaie, voit. Lett. 34. U [le chat] est velouté comme nous [rats]. Marqueté, longue queue, une humble contenance, la font. Fab.Yi,6. Pourvu qu'on demeure dans une contenance respectueuse, pasc. Pruv. 9. Il n'a pas encore pris la contenance d'un homme consolé, sév. 4(7. De quels yeux regardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance, à qui la clémence ajoutait de nouvelles grâces? boss. Louis de Bourbon. Il remarqua ma contenance basse, éperdue, humiliée, indice de mes remords, j. j. rouss. Hél. I, 63. || Se faire une contenance, se remettre d'un embarras. Elle fut longtemps à'se faire une contenance, sÉv. 4(2. Il N'avoir point de contenance, se tenir fort mal, être embarrassé de sa personne. Mais le voici venir triste et sans contenance, mair. Sophon. iv, 4. || Par extension. Rien ne m'attire à Paris, je n'y ai point de contenance, sév. 383. Tenir une misérable et chétive contenance, hamilt. Bélier, 443. || Se donner, prendre une contenance, se donner un maintien. Par contenance , pour se donner un maintien. Vous êtes étonnée que j'aie un petit chien; voici l'aventure : j'appelais par contenance une chienne d'une madame qui demeure au bout de ce parc, sÉv. 232. Je me vais purger pour prendre cette petite eau par contenance, ID. 388. Ce lui [à une veuve] sera une contenance que d'avoir à élever ce petit garçon, ID. 301. Vous savez tous nos succès de Brest et que nous n'avons plus que trois régiments de Bretons pour servir de contenance au maréchal d'Estrées à Brest, quand notre flotte sera partie, id. 572. M. de Lavardin fait ici l'amoureux d'une petite madame, j'ai trouvé que c'est une contenance dont il a besoin comme d'un éventail, id. 76. On dit, sans savoir pourquoi , qu'il est honnête aune femmede travailler ; mais souvent ce ne sera qu'une contenance, et elle ne s'accoutumera pas à un travail suivi, Fcn. xvii, 7. Il Faire bonne contenance, témoignerde la fermeté et de la résolution. Socrate montra si bonne contenance, que ceux qui poursuivaient lesfuyards n'eurent jamais l'audace de l'attaquer, fén. Socrate. On ne pouvait faire meilleure contenance, bgss. Var. préf. Sa fiUe tient une contenance admirable dans cette occasion, SÉV. 580. Il Perdre contenance, être subitement déconcerté et confus. Il lui arrive souvent de prdre contenance, la bruy. xiii. À qui une carte fait perdre la contenance, ID. III. Hamiltonne savait quelle contenance tenir, hamilt. Gramm. 8.
— HIST. XI' s. Gent a le cors et contenance fiere.