‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 438 sur 504 · LON · texte numérisé non relu

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Ch, de Roi. via. Quand Charles veit si bêles cuntenances [de ses guerriers], ib. ccxiv. Souz son manlel [il] en fait la cuntenance [d'homme affligé], ib. Lxv. Il xii* s. Mais pour belle Aude [il] fit gente contenance, Ronc. p. <60. ||xin« s. Or vosdiraide l'autre part La contenance de Renart, Qui Ysengrin engingnié a Par son englois que il parla, Ren. <25)0. Loés toutes ses contenances [de votre dame]. Et ses alors et ses somblances. Et serves de vostre pooir, la Rose, 78(5. Et parlerés andui [tous deux] ensemhle De la bêle qui ton cueremble.De sa biauté, de sa semblance. Et de sa simple contenance, ib.

2708 Bel-Acueil, qui tout fremist. Et tremble,

et tressaut et gemisl, Rougist, palist, pert contenance, ib. i 2885. Des nobles gens de la carole [danse] M'estuetdire les contenances, Et les façons, et les semblances, ib. 991. A tant li conte assis se sont Par contenance, sans mengier; Leans n'eut la nuit chevalier, Serjant, dame ne damoisele, Qui peQst vuidier escuele, Bl. et Jehan, 337). Et commanda l'en que en y receust celles qui vourroient faire contenance à vivre chastement, JOiNV. 298. Se tu velstrover le [la] contenance d'une plaine de 200 pies de lonc et de 200 pies de leece [largeur], Comput, f° (9. Il XV" s. L'endemain les seigneurs eurent conseil qu'ils feroient assaillir tes barrières fortement, pour voir la contenance de ceux de dedans, froiss. I, I, < 73. Le petit Saintré, qui encore n'avoit senty ne gousté des amoureux désirs nullement, avoit perdue toute contenance, Jeh. de Saintré, ch. 3. Je ne prise point tels baisiers Qui sont donnez par contenance Ou par manière d'accointance, en. d'orl. Chans. 49. Car jeunes gens perdent tost contenance, ID. ib. *. Sans vin je perds contenance; C'est ce qui mieux me convient, easselin, lvi. Quant la déesse me eut dit ces raisons, j'en fus tant joieuse que à peu sçavoye ma contenance , Perceforest , t. vi, (° 23. ToutefTois ledit conte tint la meilleure contenance qu'il peut, coMM. I, <3. Â peu que son loyal cœur ne faillist, et ne savoit sa contenance tenir, louis xi, Nouv. 1. Madame n'en sait sa contenance que de jeter larmes à grand abondance, id. ib. m. || xvr s. Le bon Pantagruel tout voyoyt et escoutoyt : mais à ces propous, il cuyda perdre contenance, rab. Pant. IV, 9. J'appelle mines, toutes les folles contenances dont ils usent, CALV. Instit. 872. Il n'estoit pas loisible de s'en venir par contenance tout saoul au lieu du convive [repas], amyot, Lyc. te. Il se mainteint en cette mesme contenance, mont, i, 6. [Les femmes], par ces contenances mineuses, querelleuses et fuyardes qui nous esteignent en nous allumant, ID. I, 96. Aulcuns feirent contenance de changer de religion, id. i, 298. Ils entreprirent avec le conseil de la dame de Retz de percer un cabinet, et de faire couler par la ruelle du lit, entre les contenances [manchons] et le rideau, une sarbatane d'œrin, par le moien de laquelle ils vouloient contrefaire un ange, d'aub. Hist. 11, 376.

— ÉTYM. Contenir; provenç. contenensa ; chIbI. contenema; ital. continema. L'ancien français a dit, pour contenance au sens de maintien, contant et contenement.

CONTENANT, ANTE (kon-te-nan, nan-t'), adj. Qui contient. La chose contenante et la chose contenue. Il Substantivement. Le contenant est toujours plus grand que le contenu.

— HIST. XVI' s. Un cylindre contenant une sphère massifve, avec une inscription de la proportion dont le contenant excède le contenu, amyot, Marcel. 27.

CONTENDANT, ANTE (kon-tan-dan, dan-f), adj. Qui débat, dispute avec un autre. Puissances, parties contondantes. || Substantivement. On ne s'entend jamais en disputant de vive voix; un des contondants s'explique mal, l'autre répond plus mal encore, volt. Dial. xxix, *i. Encore cette paix ne dura-t-elle que peu, parce que de part et d'autre les contondants voulaient la guerre, dont ils avaient besoin pour faire parler d'eux, d'alemb. Éloges, cardinal d'Estrées.

— HIST. XII" s. Car je ne sui si forz ne si hardiz Qu'envers Amor [je] me pelisse contendre, Couci, y. Tout a croisiés amoureux à contendre D'aler à Dieu ou de remanoir ci , ib. xxiv. || xiii* s. Qui contre ces trois veult contendre. Il lui convient, pour soi deffendre, Avoir foi et ferme espérance Et charité, j. de meung, Tr. 36. || xv* s. Il [le sire de la Breth] contendoit que après son décès il le voulsist mettre en possession et saisine des chasteaux.... froiss. ii, U, (67. Ainsiavoiten France deux rois, et tous deux contendoieut d'avoir le royaume, p. de fenin, (422. Il xvi* s. Que si je vouloye contendre par subtilité, j'auroye bien de quoy rabbattre ceste sophisterie de Thomas, caly. Instit. 763. Et contendoient ces sei-

CON

gneurs d'une merveilleuse affection à qui feroit le mieux, amyot, Alex. 64.

— ÊTYM. Provenç. contendre; cspagn. contender; ital. contendere; du latin contendere, s'efforcer, de cum, et Jendere, tendre vers (voy. le verbe tendre).

CONTENIU (kon-te-nir) , je contiens, tu contiens, il contient, nous contenons, vous contenez, ils contiennent; je contenais; je contins; je contiendrai; contiens, qu'il contienne, contenons; que je contienne, que nous contenions; que je continsse; je contiendrais; contenant; contenu, v. a. \\ 1° Avoir une certaine contenance, une certaine étendue. Ce vase contient tant de litres. Ce terrain contient tant d'hectares. || 2° Renfermer. Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre? corn. Pomp. v, (. Les anciennes prisons ne pouvaient contenir les prisonniers, MAUCROix, Schisme, liv. 111, dans iuchelet. Avant que de passer outre, je dois donner ici quelque idée de la situation et de la grandeur de Carthage, qui contenait, au commencement de la guerre contre les Romains, sept cent mille habitants, rol- LiN, llist. anc. OEiivres, t. 1, p. 544, dans pougens. Il 3" Avoir, être composé de. Ce volume contient quatre cents pages. Cette loi contient douze articles. Il Par extension. Ce livre contient toute la doctrine de Platon. Cette maxime contient toutes les autres. Cette lettre sincère D'un malheureux amour contient tout le mystère, rac. baj. v, 4. Ces détails doivent trouver grâce aux yeux des lecteurs philosophes, par la quantité de traits intéressants et curieux que les mémoires contiennent, d'alemb. Éloqes, Trublet. Un savant de ce siècle-ci contient dix fois un savant du siècle d'Auguste; mais il a eu dix fois plus de commodités pour devenir savant, fonten. DtVyr. anc. mod. OEuvres , t. iv, p. (85, dans pougens. Il 4° Retenir. Les gardes avaient peine à contenir la foule. Eussé-je espéré.... De contenir un fleuve inondant une terre? HOTROH, St-Gen.m, 5. ||Fig. Maintenir dans le calme, la modération, le devoir. Ici mon seul respect contient votre caprice, hotrou, Vencesl. i, (. Elle a peine à contenir sa joie, SÉV. 286. Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi? RAC. Phèd. III, t. Le peuple à contenir, ces vainqueurs à conduire, volt. Orphel. v, 7. Elle a établi que chaque corps serait composé de moitié Chinois et moitié Tartares, afin que la jalousie les contienne dans le devoir, montesq. Esp. i, (5. La présence de maîtres si respectés contient tout le monde, et n'empêche pas qu'on ne soit à son aise et gai, J. i. Rouss. Hél. V, 7. Il Absolument. Il est plus aisé d'opprimer que de contenir. |15°Se contenir, ti. réft. Se retenir, se maîtriser. Contenez-vous, madame, il sort de son palais, corn. Médée, 11, (. ô mon cœur, contiens-toi, briffaut, Ninus II, 11, 9. || Se modérer sur les choses qui peuvent être préjudiciables à la santé. Il est plus aisé de s'abstenir que dé se contenir. Le café lui est nuisible, mais il a bien de la peine à se contenir et à n'en pas prendre. || Être un obstacle, un frein l'un à l'autre. Les deux nations se contiennent l'une l'autre, montesq. Esp. x, 15.

— REM. Contenir n'est jamais verbe neutre; et il faut dire : cela ne tiendra pas dans cette corbeille; et non: cela ne contiendra pas.

— HIST. XI" s. Pour Pinabel [ils] se cuntienent plus quel [cois], Ch. deRul. cclxxvii. |j xii" s. Si te cuntiene cum bon vassal, e cumbatuns pur nostre pople e pur la cited nostre seignur, Jtots, (53. Cousins, dist-il, bien puissiés vous venir; Que fait li rois, comment se contient-il? Raoul, de C. 255. Il xiii" s. Lors parlèrent cil de l'ost ensemble, et pristrent conseil comment il se contendroient, villeh. ci. Por que sagement [il] se contengne, la Rose, 7696. Ou tierz degré sont contenues trente deus personnes par degrez, qui sont entendues par quatre manières, Liv. de just. 226. Si doit il estre contenu es Chartres des francises qu'il lor done, BEAUM. l, 2. Largement et liberalment se contenoit le roy aus parlemens et aus assemblées des barons et des chevaliers, joinv. 298. || xiv" s. Et par vertu nous nous contenons si comme nous devons en toutes delettacions et tristesces, oresme, Elh. 38. Et tel homme portera très noblement et très bien toutes les fortunes, et en tout et pour tout se contcndra et fera sagement, id. 16. 24. Mais saiz-tu, quant la paix vient. Comment tel peuple se contient? Liv. du bon Jehan, 39. Selonc la fourme des dites letres et dou mandement contenu en ycelles, Bibl. des Charles, 4' série, t. ui, p. 272. \] xvi" s. Celui qui ne se peut contenir se doit marier, calvin, Instit. 304. Que jamais vous ne m'esloigniez de votre bonne grâce , que vous me conteniez [conserviez] au degré où je suis, vous fiant en moi plus qu'en nul autre, KARQ. Nouv. X. Tantost les rivières s'espandent d'uu

CON

costé, tantost d'un aultre, tantost elles se contiennent, mont, i, 232. Toute leur science éthique ne contient que ces deux articles, m. 1, 238. Contenir sa langue sous les lois de sa secte, m. 11, m. Que les Huguenots ne se contiendroyent [ne pourroient être contenus] tant qu'ils auroient des retraites, langue, 691. Ils esperoient que sa personne refreneroit et contiendroit un petit peuple, qu'il ne fust si insolent envers eulx, amyot, Lyc. vu. L'empire de tous costez est environné de nations barbares, lesquelles il faut contenir et arrester par armes, id. Numa, 32. Les nobles ne se pouvans plus contenir, ains estans par cliolere transportez hors d'eulx mesmes, id. Cor. 27. Ces cartilages sont contenus [continus] avec les deux os externes du nez, paré, iv, 7. On approche et contient les lèvres des playes par suture ou ligature, id. vu, 6.

— ÉTYM. Provenç. contener, contenir; espagn. conlener ; ital. contenere; du latin continere, de cum, avec, et tenere, tenir (voy. tenir),

CONTENT, ENTE (kon-tan, tan-t'), adj. || 1° Qui se contente de, qui s'accommode de, se borne à. Content de peu. Le sage y vit en paix [sous l'humble toit] et méprise le reste; Content de ses douceurs, errant parmi les bois, 11 regarde à ses pieds les favoris des rois, la font. Phil. et Bauc. .... Père, sceptre, alliés. Content de votre cœur, il met tout à vos pieds, rac. ^Indr. iv, (. || Absolument. Vivre content. || Non content de, qui ne se borne pas à. Non content de le trahir, il le calomnie. Et, non content encor du tort que l'on me fait, U court parmi le monde un livre abominable.... mol. lifts. V, <. Il 2° Satisfait. Sur toutes [ces inventions] quelque jour je vous rendrai contente, corn, le Ment, m, e.Votre père est content, il connaît votre zèle, RAC. Mithr. m, ( . Non, madame, elle vit et les dieux sont contents, id. Iphig. v, 6. Quand il eut lu le second volume, il ne fut plus si content, et il conclut qu'il est plus aisé de détruire que de bâtir, volt. Ingénu, <o. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit, l'est de vous parfaitement, la bruy. v. Il S" Qui éprouve un sentiment de plaisir intérieur. Allons lui rendre hommage, et d'un esprit content Montrer Héraclius au peuple qui l'attend, CORN. Héracl. v, 8.0 dieux! que ce discours rend mon âme contente I m. Ilor. i, 4. D'un esprit content Hâtez-vous d'embrasser ma sœur qui vous attend, RAC. Brit. V, 2. Je ne l'ai jamais vu ni gai, ni triste, mais toujours content, j. j. ROUSS. llél. m, 20. Il Par extension. J'immolerai ma haine à mes

désirs contents, corn. Serlor. iv, 1 Tous vos

désirs seront bientôt contents, id. Cid, 1, 2. Seigneur, assurez-vous; vos vœux seront contents, bac. Iphig. 11,6. Il Avoir l'air, le visage content, avoir le contentement peint sur le visage. Elle prit Paul et Virginiedans ses bras et leur dit d'un air content.... BERN. de st.-p. p. et Virg. || Être content de soi, se plaire dans sa situation, n'avoir pasde reproche à se faire. Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré. Vit content de soi-même en uncoin retiré! boil. Épitre\i. Il Être content de soi, être très-convaincu des avantages de corps ou d'esprit que l'on possède. La constante hauteur de sa présomption. Cette intrépidité de bonne opinion. Cet indolent état de confiance extrême Qui le rend en tout temps si content de lui-même, mol. F. sav. i, 3. Eh bien! marquis, tu vois, tout rit à ton mérite; Le rang, la cour, le bien, tout pour loi sollicite; Tu dois être content de toi par tout pays; On le serait à moins; allons, saute, marquis, regnard, Joueur, iv, (O. || Familièrement. Être content de sa personne, de sa petite personne, avoirunair avantageux. || Étrecontentde quelqu'un, avoir heu d'être satisfait de ses procédés, de sa conduite. Il Être content de quelque chose, en éprouver delà satisfaction. Il est content de vous voir. Je suis fort content que vous ayez réussi. ||4° Être content de.... agréer, consentir. Ayez-le donc [le consentement], et lors, nous expliquant nos vœux, Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux. — Adieu, j'en suis content, mol. I>ép. am. u, 2. {| 5° Substantivement et familièrement. Avoir son content de quelque chose, en avoir tout ce qu'on en désire. Et, par ironie, avoir son content d'une chose trèsdésagréable, comme de coups, de disgrâces, de pertes. U est condamné à six mois de prison, il en a son content. Il Jeu du content, le jeu de trente et un. Il Proverbe. U est riche, qui est content.

— HIST. xv" s. Vostre vouloir suy content d'accomplir, CH. d'orl. i. Nous avons pourtant Tout nostre content De mets pour nostre repas, basselin, xxxix. Autres innombrables maux pourrois-je dniicouvrir procedans de la crainte, desquels je suis contente me taire quant à preseat pour retourner ù

CON

mes vrays amans, l'Amant ressuscité, p. <b7, dans lACUBNE. X ce propoz je suis icy contente de vous faire un petit conte, ib. p. <24. || xvi* s. Ô mon Dieu qu'elle était contente De sa personne ce jour-là! HAROT, I, 201. Mal content de l'estroitte espargne de son père, amyot, Péricl. 68. 11 remontra, d'un visage hardi et mal content.... mont, n, 36. Cœur content et manteau sur l'espaule, cotgrave.

— ÉTYM. Provenç. content; espagn. etital. contcntn; du latin contentus, participe passé de conlincre (voy. contenir) , retenu, qui se borne à, qui a sa .suffisance de, et, de là, satisfait.

CONTENTÉ, ÉE (kon-tan-té, tée), part, passé. Rendu content. Un père contenté par son fils. Ses créanciers ayant été contentés. Des passions contentées.

CONTENTEMENT (kon-tan-te-man ), s. m.

Il 1° Action de contenter; résultat de cette action. Non, non, qu'elle s'en aille à son contentement, MALH. V, 6. Pourvu que je la serve à son contentement, iD. V, 23. Il Ce n'est pas contentement, on ne saurait en être satisfait. Elle dit que ce n'est pas contentement pour elle que cinquante-six ans, et surtout elle est pour les nez qui portent des lunettes, MOL. VAv. n, 6. Mais vivre sansprocès est-ce contentement? RAC. Plaid. 1, 6. Il Éclaircissement, réussite. Il aurait contentement àla première occasion, HAMiLT. Gramm. *. Vous avez contentement sur le salut de la Brinvilliers, sÉv. 300. Je crois qu'il aurait eu contentement [qu'il aurait réussi] il y a quelques années, ID. 204. || 2° Sentiment de plaisir intérieur. Ses enfants lui donnentdu contentement. Seulement au sommeil j'ai du contentement, bégnier. Plainte. SoufTrez, pour avancer votre contentement, Que malgré votre amour je vous quitte un moment, corn. Médée, ii, 6. Le vrai contentement n'est ni gai ni folâtre,!. J.ROUSS. Ém. iv. Le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l'accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit, iD. Uêver. du prom. soUt. Prom. 9. Comme les joies des misérables ne durent guère, le lendemain que j'eus reçu votre lettre, ma colique me reprit, à laquelle je ne songeais plus, et je payai avec dix-sept jours de douleurs un jour de contentement, VOIT. Letl. 2B. Il Auplur.yoxis ne devez pas pourtant recevoir de petits contentements d'être aujourd'hui loué de vos propres ennemis, balz. liv, I, lett. 3. Que tout se dispose à leurs contentements, CORN. Cid, 1, 2. Toujours quelques soucis en ces événements Troublent la pureté de nos contentements, id. ib. m, 6. Et d'être le témoin de vos contentements, id. JVtcom. ii,2. Et que dans mes efforts pour vos contentements. Je puis à mon brutal trouver des châtiments, mol. l'Étour. ii, 9. Cherchez, prince, cherchez, pour vous trahir vousmême. Tout ce que, pour jouir de leurs contentements. L'amour fait inventer aux vulgaires amants, bac. Mithr. Il, 6. 113° Terme de jeux. Parfait contentement, se dit à l'hombre d'un coup qui consiste à jouer sans prendre avec un jeu composé de 6 matadors. || 4" Terme d'eaux et forêts. Certificat que le receveur délivre pour attester qu'il est content de la caution présentée par un adjudicataire. Il Proverbe. Contentement passe richesse.

— SYN. CONTENTEMENT, SATISFACTION. Le Contentement est beaucoup plus étendu que la satisfaction. On peut être satisfait sans être content. Ces deux termes désignent latranquillité de l'âme par rapport à l'objet de ses désirs. Il nous arrive quelque chose que nous désirions, et nous sommes satisfaits; mais, si cet événement nous laisse encore des causes de trouble, nous ne sommes pas contents. Le contentement est donc une satisfaction qui n'est pas bornée à une circonstance particulière, mais qui tient à une condition générale de l'âme, condition produite par l'ensemble des causes intérieures et extérieures.

— HIST. XVI* s. C'est une belle chose et louable que le contentement de peu, amyot, ylmt. et Cat. 9. Chascun de nous a en soy-mesme les thresors de contentement et de mescontentement, id. De la tranq. d'âme, 3o.

— ÈTYM. Contenter.

CONTENTER (kon-tan-té), v.a.\\ 1° Rendre content. Parbleu, dit le meunier, est bien fou du cerveau Qui prétend contenter tout le monde et son père, LA FONT. Fabl. m, t. Rien ne la contentait, rien n'était comme il faut: On se levait trop tard, on se levait trop tôt; Puis du blanc, puis du noir, puis encore autre chose, la font. Fabl. vu, 2. Ils contentent le monde en permettant les actions, et Ils salisfout à l'Évangile en purifiant les intentions,

Lfrtif?'"''' '■ '•' ^'^ P"''^* ''«^ choses. Contentant «saesirs, punis son parricide, corn. Cinna, iv, 2.

CON

Pour contenter ses frivoles désirs. L'homme insensé vainement se consume, hac. Esth. ii, ». Prince, dès ce moment contentez mes souhaits, id. Bérén.

III, 3. Hé bien, régnez, cruel, contentez votre gloire, id. ib. iv, 6. Hé bien, seigneur, allez, contentez votre envie, id. Alex, i, 3. Perfides, contentez votre soif sanguinaire , id. Iph. v , 4. Contentez mon désir et n'ayez point d'effroi , Je vous réponds de tout, et prends le mal sur moi, mol. Tart.

IV, B. Une reconnaissance ingénieuse et difficile à contenter n'a pu rien imaginer de plus nouveau et de plus noble qu'un pareil monument, fonten. Viviani. Il pouvait contenter tous ses désirs, fén. Tél.

V, Il ne songeait qu'à contenter ses passions, id. ib. n. Va contenter des dieux l'inhumaine justice , VOLT. Sémiram. v, <. ||2° Apaiser quelqu'un en lui accordant une chose. Cet homme ira se plaindre partout si on ne le contente pas. Faites-vous contenter par ce couple céleste, la font. Fabl. i, a. Il Payer. Vous serez pleinement contentés de vos soins, MOL. Éc. des mar. m, 5. || 3° Plaire à. Cette musique ne contente pas l'oreille. Pendant qu'elle contentait le monde et se contentait elle-même, la princesse Palatine n'était pas heureuse, et le vide des choses humaines se faisait sentir à son cœur, boss. Annede Goni. || 4°Se contenter, v. réfl. Satisfaire son envie, ses désirs. Il y a longtemps que je désire acheter cela, il faut enfinqueje me contente. Cherchez.... Contentez-vous; suivez votre humeur inquiète, la FONT. Fabi. vn, 4 2. La viduité est regardée, non plus comme un état de désolation , mais comme un état désirable où, affranchi de tout joug, on n'a plus à contenter que soi-même, BOSs. Anne de Gom. Cependant, mes disciples, contentez-vous : si les grands travaux ne rebutent pas votre courage, il peut arriver que la gloire soit votre récompense, la BRUY. Disc, mr Théophr. Je me contenterai par dire qu'il [le duc d'Uzeda] était... st-sim. <08, i6i.\\ S'accommoder de, se borner à. Se contenter de peu. Il se contentait de sa condition. Je ne me contente pas de toutes ces raisons. Contentez-vous de la demande que vous avez faite. Ainsi qui peut vous croire, aisément se contente, corn. Nicom. v, 7. Contentezvous de savoir Qu'aussi bien que ma sœur j'écoute mon devoir, m. Agésil. i, 3. Du moins co:itente-toi de l'avoir étonnée [ma vertu], in. Ilor. ii, o. J'étais heureuse sans amant; Mon cœur se contentait de régner sur lui-même , quinault , Proserp. iv , H . .... Mais du prix qu'on m'olïre il faut me contenter, BAC. Athal. V, 5. César, contentez- vous de la toutepuissance, VOLT. Triumv.y, 3. Il en est venu depuis qui ne se sont pas contentés de rire, balz. liv. vi, lett. 6. Il Se contenter que, avec le subj. Je me contente que vous ayez vu que.... boss. Ilist. m, e. Les paysans nés esclaves se contentaient qu'une agriculture grossière leur rapportât précisément de quoi vivre , FONTEN. Cxar Pierre. || Dans un sens plus étroit, en demeurer là, ne pas vouloir faire plus que ce qu'on a fait. Je me contente de lui avoir prêté de l'argent et ne veux pas le cautionner.

— HIST. XV" s. Leur fit départir moult de florins, tant qu'ils s'en contentèrent, froiss. liv. iv, p. 328, dans lacurne. Chascun se contenta [fut content] de luy, COMM. i, 4 2. Ledit roy d'Angleterre et tous les seigneurs de son royaulme se malcontenterent merveilleusement de quoy le duc de Eourgongne le faisoit si long, id. iv, b. {| xvi" s. Les plus parfaicts se sont bien contentez d'y aspirer, mont, i, 70. Si mes escripts contentent et toy et les aultrcs sages, publie-les, ID. ii, 227. En quoy, oultre le service du maistre et de vostre debvoir, faictes chose dont le très grand maistre se contente [est content], MARG. L. i B. Sy les Basques estoient aussy bonnes gens, je suis seure que vous vous en contenteriés [que vous en seriez content], id, ib. <<B. Quand on aplanie un arbre, on est tousjours soigneux d'y mettre la main, jusques à ce qu'il ait produit du fruit, et alors on se contente, voyant qu'il n'est pas stérile, langue, (I4. Il alla présenter la bataille à Lysander, lequel, se contentant de sa première victoire, ne luy sortit point à rencontre, amyot. Aie. 74. Il ne se contenta pas de la resjouir et honorer seulement, ains à son instance et prière il prit femme, sans toutefois se despartir d'avec sa mère, iD. Cor. 6. Martius déclara qu'il estoit très aise que son capitaine se contentast si amplement de luy, mais.... ID. ib. (3. Encore que l'on présuppose que les dieux soient faciles à contenter, id. P. ^m. B.

— ËTYM. Content.

CONTENTIEUSEMENT ( kon-tan-si-eû-ze-man) ,

adv. Par voie contentieuse.

— HIST. XVI» s. Es tu icy venu pour disputer contentieusement de ces propositions que tu as mis,

CON

ou bien pour apprendre et en sçavoir la vérité Tbab. Pant. II, 4 8.

— ÉTYM. Contentieuse, et le suffixe ment. CONTENTIEUX, EUSE (kon-tan-si-eû, eû-z'), adj

Il 1° Sur lequel on dispute. La divinité do votre esprit n'est plus un article contentieux parmi les personnes raisonnables, balz. liv. vu, lett. 23. Pourquoi trouvez-vous mauvais que je lui conseille de se délasser dans un genre d'écrire moins contentieux? id. liv. VI, lett. B. Encore que je ne veuille point entrer dans les matières contentieuses, Boss. Autor. eccl. Il délibéra entre la géométrie et la jurisprudence ; la géométrie l'emporta ; il sortait d'une théologie toute contentieuse; il serait tombé dans la jurisprudence, qui l'est encore davantage, fonten. Saurin. Il y avait une cour de boyards qui décidait en dernier ressort des affaires contentieuses, volt. Jtussie, II, 43. Aussi a-t-il l'art d'abréger les affaires les plus contentieuses, vauven. la Profond. \\ 2* Qui aime à disputer. Cherchez hors de cette sainte unité, vous n'y trouverez guère que des cœurs hautains, contentieux et desséchés, fén. ii, 207. Il faut encore montrer à ces esprits contentieux quelle raison on avait d'accuser les Manichéens d'arianisme, boss. Variât, xi, § 39. Si l'on observait les hommes, on verrait que presque tous mènent une vie ou timide ou contentieuse, et que la plupart meurent de chagrin, BUFF. Nature des anim. C'est à cet âge que naissent les soucis et que la vie est la plus contentieuse, ID. ib. Il 3° Contentieux opposé à gracieux (voy. ce mot), en matière de pouvoir et d'autorité. Cet acte a un caractère contentieux. La juridiction contentieuse est celle qui s'exerce par les magistrats, fevret. De l'abus, 11, 4, dans richelet. Il Terme de palais. Lieux contentieux, ce qui fait la matière d'un procès. || Terme de droit canonique. Juridiction contentieuse, celle qui inflige les peines. Il 4° S. m. Terme d'administration. L'ensemble des affaires contentieuses. Être chargé du contentieux. Bureau du contentieux. || Contentieux administratif, matières dont le jugement appartient aux tribunaux administratifs, par opposition à ce qui est du ressort de l'autorité judiciaire. Un fonctionnaire administratif peut ainsi avoir des attributions contentieuses.

— HIST. XIV» s. Et avecques ce celui qui ne repute rien grant n'est pas contentieus, oresme, Eth. 4 2B. En jugement contencieux, lejugecorrumpuqui a jugié injustement un champ à la partie, il ne prent pas le champ pour soy, mes il prent l'argent, ID. ib. 4 61. Les autres qui sont mal pensis et convoiteux et contencieus sont enclins à machiner contre les princes, id. Thèse de meunier. |{ xvi* s. Homme saige, duquel en divers et contentieux affaires il avoyt esprouvé la vertu et bon adviz, rab. Car. 1, 30. Tant de tesmoignages peuvent fermer la bouche, mesme aux plus contentieux, calv. Instit. 37). Et ne faut qu'on m'estime trop contentieux, de ce que j'insiste si fort sur ce peint, id. ib. 932. Quelle honte est-ce à eux, d'appeler une justice contentieuse, la justice de l'Eglise? id. t6. 977. Il estoit homme doulx, et non ambitieux ny contentieux de sa nature, amyot, Fab. Bi. Il estoit plus propre à deviser et disputer en privé qu'à plaider et haranguer en matière contentieuse publiquement, ID. Aie. 4 9. Le vice, de soy mesme, est opiniastre et contentieux à se deffendre, m. Comm. dise, le fiait. B5.

— ÉTYM. Lat. contentiosus (voy. contention). CONTENTIF, IVE (kon-tan-tif, ti-v'), adj. Terme

de chirurgie. Qui contient. Appareil contentif, appareil qui sert à maintenir rapprochés les lèvres d'une plaie, les fragments d'un os fracturé. Bandage contentif, bandage qui sert à maintenir en place un appareil.

— ÉTYM. Contenir; provenç. contentixi.

4. CONTENTION (kon-tan-sion; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. \\ 1° Effort qu'on fait pour exécuter quelque chose, ou pour parvenir à quelque but. Il faut toujours faire contention, Boss. iv, Prof. 3. Ne croyez pas qu'il faille se donner beaucoup de contention afin de prier Dieu, fén. xvii, 323, Ce n'est point la gêne et la contention qui font le véritable avancement, id. xviii, 223. Sa facilité à entendre et à retenir lui avait épargné ces elTorts e( cette pénible contention dont l'habitude produit la mélancolie, fonteh. Ualéiieu. Opposez à ce penchant la contention de l'habitude : Socrate n'était pas né safce, et son naturel, en se redressant, ne s'était pas estropié, marmont. Élém. litt. OEmres, t. vu, p. 25G, danspouGENS. Il Contention d'esprit, et aussi, absolument, contention, application forte et continue. S'agit-il des affaires du monde, il n'y a poiut

CON

CON

d'étude, point de contention d'esprit qu'on ne fasse pour les examiner à fond, bourd. Pensées, t. i, p. 3)9. II faut trop de contention d'esprit pour démêler ces preuves, volt. Leit. Richelieu, 25 mars i^^ h. Aussi cet ouvrage demando-t-il encore de la contention d'esprit, DIDER. Disc. prél. || 2° Débat, dispute. Il aime la souveraineté; mais il aime encore plus la contention, balz. le Barbon. La douleur que me font mes yeux me rend incapable de cette agréable contention, id. liv. vu, lett. 42. Laissons aux deux Amphitryons Faire éclater des jalousies. Et parmi leurs contentions Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies, mol. Amph. m, 7. Ils font de la vérité un sujet de contention et de vaine philosophie, MASSk Av. Épiph. Ce n'est pas ici une chaire de contention, c'est le lieu de la vérité, id. Car. Parole. D'autres guerriers avaient de vives contentions aux jeux de pailles et des osselets, chateaub. Natch. i, 7t. Il Chaleur, véhémence dans la dispute. Cette question fut agitée avec beaucoup de chaleur et de contention, perrot. Tac. 92.

— HlST. XI" s. Puis si chevauchent par moût grant cuntençun, Ch. de Roi. lxvi. || xii* s. Le destrier broche [il pique] par fiere contenzon, Ronc. p. 69. Mainte bataille [il.s] en firent et mainte occision, Et si murent ensemble mesiée et contançon, Sax. xiii. Il XIII' s. La bataille est par contençon; De .son dos volent li (locon, Ren. 8177. Delès une rivière chevauchent à bandon Li dus de Normandie, o lui si compaignon ; Et li vesques del Pui chevauche à contençon, Ch. d'Ant. IV, 7Bt. || xiv s. Leur ame est en contencion et comme en bataille contre soy meisme, oresme, Eth. 2«8. Contencion qui est ennemie et adversaire à concorde, id. Thèse de meunier. Il XV* s. Et non -pour -quant les contençons, Les assaus et les souspeçons En sont si gaies k souffrir Qu'on se doit hement offrir, Fnoiss. Espinette amour. Il xvi" s. Nous contemplions les temples et palayz magnifiques , et entrions en contention qui plus aptement les extolieroyt par louanges condignes, PAB. Pant. IV, tl. Cest esprit ne favorise point à homicides, paillardises, yvrongneries, orgueil, contention, avarice et fraude, calv. Instit. 470. Afin que les parties n'entrassent en contention de procez, m. ib. 980. De sorte que, pour quelque bonne chère qu'elle lui fist, ne pour quelque contension qu'il eust, ne voulut fausser son serment, marg. Nouv. XVIII. 11 fault fuyr toutes contentions et argumentations dialectiques, mont, i, 399. Ces oyseaux se desbattent à l'envy d'une contention si courageuse que parfois le vaincu y demeure mort, l'haleine lui faillant plus tost que la voix, id. ii, t74. On offroit à un excellent archer condamné à la mort, de luy sauver la vie s'il vouloit faire voir quelque notable preuve de son art; il refusa de s'en essayer, craignant que la trop grande contention de sa volonté lui feist fourvoyer la main, et qu'au lieu de sauver sa vie, il perdist encores la réputation, id. m, b5. Il se meit adoncun débat et une contention merveilleuse entre les chefs des bendes, amyot, Timol. 42. Il fuira contention, courroux et les passions de l'ame, paré, vu, b.

— ÊTYM. Provenç. contenso ; catal. contenciâ ; espagn. contencion; ital. contengione ; du latin contentionem (voy. contendant).

2. CONTENTION (kon-tan-sion), «. f. Terme de chirurgie. Action de maintenir en place des parties désunies et fracturées^

— ÊTYM. Voy. contentip.

^. CONTENU, UE (kon- te -nu, nue), port, passi de contenir. || 1° Le vin contenudansla barrique. Les menaces contenues dans cette lettre. || En termes de mathématiques, qui est une partie d'une quantité. Par exemples est contenu exactement 6 fois dans 18. Lorsque deux nombres ne se mesurent pas réciproquement, on lep peut comparer à un troisième, qui, étant contenu un certain nombre de fois dans l'un et dans l'autre, est la mesure commune des deux, condill. Langue du calcul, i, 5. || 2° Réprimé. La foule contenue par la présence des soldats. Les pasbions contenues par le sentiment du devoir. || 3" Qui se maîtrise, se retient, s'observe. L'air hautain et contenu, qu'il est si facile à tout le monde de se donner, staél, Allem. part, i, ch. 2. || Style contenu, style dans lequel l'auteur s'observe pour ne pas se laisser aller à ses émotions.

2. CONTENU (kon-te-nu) , s. m. || 1» Ce qui est renfermé dans quelque chose. Le contenant et le contenu. || 2° La teneur. Le contenu d'une lettre. Le contenu de l'arrêt.

~ HIST. xv" s. Princesse, lasl selon ce contenu. Mourir m'en vois [je m'en vais], a. ciiartier, Ballade. Et signifier audit duc de Bretaigne le contenu

de la paix, cojm. m, ». jj xvi' s. Mais encore quel est le contenu des vœusî calv. Instit. <022. [Un cylindre contenant une sphère] avec une inscription de la proportion dont le contenant excède le contenu, amyot, Marcel. 27. Pyrrhus, ayant leu ceste lettre, et adveré le contenu en icelle, chastia le médecin ainsi qu'il avoit mérité, id. Pyrrh. 45. Encores que l'eau soit abondante, si eUe est en lieu fort pendant, estroit canal suffira pour sa contenue, 0. DE serres, 7B5.

CONTER (kon-té) , V. a. || 1° Faire un récit. Si Peau d'âne m'était conté. J'y prendrais un plaisir extrême, la font. Fabl. viii, 5. Tu me contais alors l'histoire de mon père, rac. Phèd. i, 4. Heureux dans mes malheurs d'en avoir pu sans crime Conter toute l'histoire aux yeux qui les ont faits, m. Béri!n. i, 4. Trop heureux d'avoir pu par un récit fidèle, De leur paix en passant vous conter la nouvelle, ID. Baj. m, 2. Nos lévites.... Ont conté son enfance au glaive dérobée, Et la fille d'Achab dans le piège tombée, id. Athal. v, 6. Si vous me promettiez de tenir votre langue, je vous conterais.... mais non, car vous iriez tout dire, p. l. cour. 2' lettre particulière. || Poétiquement. Ariane aux rochers contant ses injustices, rac. Phèd. i, 4. Au pied du saule assise, et douce , et sans murmure , Elle contait aux vents sa peine et son injure, ducis, Othello , V, 2. Conte aux vents, conte au bois ses déplaisirs secrets , la font. Filles de Minée. \\ Absolument. Les vieillards aiment à conter, c'est-à-dire , ils aiment à faire le récit de ce qu'ils ont fait ou vu dans leur jeunesse. Contons, mais contons bien, c'est le point principal, la font. Oies. L'une des marques de la médiocrité de l'esprit est de toujours conter, la bruy. xii. Milord Maréchal aimait à conter, mais ne contait jamais qu'à propos, avec simplicité, quoique avec finesse, et surtout avec ce bon goût qui écarte les détails inutiles, d'alemb. Éloges, Milord Maréchal. Il aimait à conter et contait bien, paraissant moins songer à l'effet qu'il pouvait produire sur ses auditeurs que se livrer au plaisir de se rappeler ce qui l'avait occupé ou amusé autrefois, condorcet, Maurepas. || 2° Dire, relater. Ëvandre a tout conté pour excuser son maître, corn. Cinna, IV, 6. Votre cœur me contait son audace nouvelle, rac. Bérén. m, 2. Contez-nous donc maintenant, vous qui les savez, toutes les grandes qualités de la princesse Palatine, boss. Anne de Gons. Elle me nomma tous ceux qui l'avaient aimée, elle me conta tout ce qu'ils avaient fait pour lui plaire, la fayette, Zaïde, OEuvres, t. i, p. 207, dans pougens. || Familièrement. Conter ses raisons, ses petites raisons à quelqu'un, entrer dans un détail familier. || Ironiquement. Que venez- vous me conter là? c'est-àdire quelles sornettes venez-vous me débiter? || Conter des fagots, conter des choses sans vraisemblance. Il En conter de belles, conter des sornettes, conter des choses vaines, frivoles. || Dans le même sens, en conter. Il nous en conte. J'ai beau vous en conter et faire le mauvais, je m'assure que vous vous moquez de moi, balz. liv. m, lett. 19. Dorante qui tantôt nous en a tant conté, corn, le Ment, m, 2. Il En conter de beUes se dit aussi quand on apprend des choses inattendues. On vient de m'en conter de belles sur votre compte. || En contera une femme, la courtiser. Et qui veut vivre aimé n'a qu'à vous en conter, ID. Perthar. i, 2. Elle en aimait fort une [jeune fille] à qui l'on en contait, la font. Fianc. Et que s'il en contait avec attention. Le penchant serait grand à la tentation, mol. Sgan. 6. Si quelqu'un vous en contait, id. Sicilien, 7. La curiosité qu'on fait lors éclater Marque un secret plaisir de s'en ouïr conter, iD.^c. des inar. ii,5. Mme de Valentinois accusa son beau-père, non-seulement de lui en avoir conté, mais de l'avoir voulu forcer, sr-siM. 44, 2. Il S'en faire conter, écouter, en parlant d'une femme, des propos galants. Eve aima mieux, pour s'en faire conter. Prêter l'oreille aux sornettes du diable Que d'être femme et ne pas coqueter, sarazin, dans Leroux, Dict. com. On dit dans le môme sens, s'en laisser conter. || En avoir long à conter, avoir beaucoup de choses à dire, à rapporter. || Conter fleurettes, conter des fleurettes, tenir à une femme des propos de galanterie. Ils [les Français] ont cela de mauvais qu'ils s'émancipent un peu trop et s'attachent en étourdis à conter des fleurettes à toutes celles qu'ils rencontrent, mol. Sicil. (4.

— HIST. XI* s. Et Blancardin pour la raison cunter.... Ch. de Roi. \. ||xii*s. Vint as Franzois, devant toz l'a conté, Ronc. p. 4b. [La raison] Que l'arcivesque lui a dite et contée, ib. p. 83. Moût grant dolors en ert [sera] au roi contée, ib. p. 91. Au roi Marsile la nouvelle [elle] a contée, «6. p. )46. [Etant]

preus et sage, je ne vous os conter La grant dolor.... Coud, I. Et de Troie r'ai-je ol conter Qu'ele fut jade moult grant seigneurie, ouesnes, Romancero, p. (08. Ensi est del felun cum il fu del sengler, Dunt vus avez ol en Avien cunter. Qui soleit les furmenz al riche humme gaster, Ih. le mari, 31. Li reis cunctad tut à Jezabel la reine que Helyes out fait, e cume il out mort tuz les prophètes Baal, Itois, 3 1 9. Il xiii* s. Toutes leur aventures, sans mensonge conter, Berte, m. Des journées [marches] qu'il firent, trop ne vous conterai, ib. vu. Laissez m'entrer leens, tout vous sera conté, ib. xlv. Conté [elle] m'a son afaire et tout son errement, ib. xlvii. Belle, fait-il, s'il est si com m'avez conté.... ib. cxiv. Qui amer vuet or i entende. Que li romans dès or amende: Dès or le fait bon escouter. S'il est qui la sache conter, la Rose, 2074. Cil dist moult bien qui sait conter Qu'une fois doit li poz [le pot] verser, Ren. 7443. Et avant que je vous conte de ses granz faiz et de sa chevalerie, vous conterai que je vi et oy de ses saintes paroles, Jomv. 1 93. || xv* s. Venez vers moy, bonne nouvelle. Pour mon las cueur reconforter; Contez moi comment fait la belle ; L'avez vous point oy parler De moy, et amy me nommer? ch. d'orl. Bal. 31. Je n'y estoye pas, mais le roy m'en a compté, COMM. II, 8. Il XVI* s. Vrayement Protagoras nous en contoit de belles.... mont, ii, 3H.Clidemus conte ces choses d'une autre et toute différente sorte, AMYOT, Thésée, 23. On compte encore beaucoup d'autres choses sur ce propos, id. ib. 24.

— ÉTYM. Provenç. contar, comtar; catal. e-spagn. et portug. contar; ital. contart; du latin computare (voy. compter); compter ayant pris, par une dérivation facile à saisir, le sens de conter. On trouve souvent dans des textes anciens conter et compter confondus.

t CONTERIE (kon-te-rie), s. f. Terme de commerce. Grosse verroterie de Venise, dont on se sert surtout pour commercer avec les nègres.

t CONTESTABILITÉ (kon-tè-sta-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est contestable.

— ÉTYM. Contestable.

CONTESTABLE (kon-tè-sta-bl'), adj. Qui peut être contesté. Maxime contestable. Cela n'est pas contestable.

— ÉTYM. Contester.

t CONTESTABLEMENT (kon-tè-sta-ble-man), adv. D'une manière contestaiile.

— HIST. XVI* s. Contestablement, cotgrave.

— ÉTYM. Contestable , et le suffixe ment. CONTESTANT, ANTE (kon-tè-stan, stan-t'), adj.

Il 1° Qui conteste en justice. Les parties contestantes. Il En général, qui dispute. J'entends de ces esprits que Montaigne déteste. Misanthropes, chagrins, lâches, présomptueux, Contestants, aheurtés, fourbes, malicieux, scahron. Poésies, Ép. chagrine à Mlle de Scudery. \\ 2° Substantivement. Aussi tôt qu'à portée il vit les contestants.... Grippeminaud.... Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre, la font. Fabl. vu, <«. || Contestant se dit de celui qui attaque uu règlement entre des créanciers. || Celui qui refuse de reconnaître. J'apprends que vous êtes du nombre des contestants ou de ceux qui donnent la découverte à l'observateur piémontais , BONNET, Lett. div. OEuvres, t. m, p. 487, dans pougens.

CONTESTATION (kon-tè-sta-sion : en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Action de contester, de refuser d'accéder Soldats, remettez-la chez elle; Sa

contestation deviendrait éternelle, corn. Ifedt'e, ii, ». La contestation est ici superflue. Et de tout point chez moi l'affaire est résolue, mol. F. sav. u, s. Vous entrez en contestation lorsqu'on veut vous interdire les pompes du monde, mass. Car. Pécher. Il Opposition. Obtenir sans contestation. || 2" Débat de parole entre deux ou plusieurs personnes sur quelque affaire. Des contestations et des disputes qu'il avait eues, il était sorti je ne sais quelles clartés passagères qui avaient laissé quelque trace de lumière dans son esprit, fléch. M. de Montnuit'er. Il Mettre en contestation, contester, révoquer en doute. Ce qui ne devrait pas être mis en contestation, boss. Avert. ». || 3* Débat entre des particuliers ou débat politique entre des puissances. Contestation judiciaire. Former une contestation à quelqu'un, patru. Plaid. B, dans richislet. Nous avons dit dans les éloges de .MM. Viviani, Guglielmi et Cassini, quels sont les embarras et les contestations que les rivières causent dans toute la Lombard-.e, FONTEN. Manfredi. De vives contestations s'élèvent aussitôt entre les deux puissances, batnal, i/til. philos. IX, < 2.

— lllST. XVI* s. Polemon, Alcetas et Docimui

entrèrent ambitieusement en contestation contre luy, louchant la snperintendance do l'armée, amyot, Kum. «s. Ils feirent en cet endroit fin à leur contestation, et se départirent incontinent d'ensemble, II). Brutus, 42. Quant à la contestation et défense, elle fiit grande, langue, 309. 11 y eut entre eux de irrandes contestations pour le rang et sur les termes dont ils dévoient user en parlant à cette princesse, d'au». Vie, cxx.

— ÉTYM. Lat. conteslatio , de conlestari, contester; ital. conlestaiione.

CONTESTE (kon-tft-st'), s. f. Contestation, procès. Ils sont en conteste. Vieux. {| Ce mot ne s'emploie plus gu6re que dans la locution sans conteste, sans débat, sans dispute, sans contredit. Homme ou démon, veux-tu m'entendre sans conteste, mol. le Dép. ii, 7. La maison à présent, comme savez de reste, Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste, ID. Tart. v, 4.

— ÉTYM. Voy. CONTESTER.

CONTESTÉ, ÉE (kon-tè-sté, stée), part, passé. Sur quoi il y a débat. Succession contestée. Créance contestée. L'honneur de la [la ville naissante] nommer, entre eux deux contesté, Dépendait du présent de chaque déité, la font. Filles de Minée. Et comme ces personnes n'entrent pas en défiance de votre bonne foi et ne pensent pas à examiner s'il s'agit, en ce lieu-là, de la question contestée, PASC. J'rov. t3. Votre conduite est assez connue, et ce sont de ces sortes de choses qui ne sont contestées de personne, mol. Critique, se. 7. || Terme de pratique. Cause non contestée, cause que l'on peut renvoyer et sur laquelle il n'y a eu ni règlement ni plaidoirie.

CONTESTER (kon-tè-sté), V. a. || l°Ne pas reconnaître le droit ou la prétention de quelqu'un à une chose. 11 me conteste ma qualité. On lui conteste cette succession. Elle est si étonnée de trouver quelqu'un qui ose lui contester quelque chose, que cela la réjouit, sÉv. 442. Procès pour le legs au présidial de Poitiers.... Le cœur de la dame fut contesté avec plus de chaleur encore, la font. Lett. vi. Ne lui conteste point [à Fulvie] un coup digne de toi, volt. Tnumv. v, 3. {| Terme de jurisprudence. Contester une créance, dans une faillite par exemple, en nier l'existence ou la validité. || 2° Nier un fait, un principe. Cela est si généralement soutenu que Lessius le décide comme une chose qui n'est contestée d'aucun casuiste, pasc. Prov. 7. Il est heureuxà prouver ce que personne ne lui conteste, boss. Variât, i" dise. § 49. Il 3° V. n. Disputer, élever une contestation. ...allez, sans contester. Vous aurez tout loisir de vous faire écouter, cùrn. Perthar. m, 6. J'aime à vous obéir, seigneur, sans contester, m. Othon, m, 3. Tandis que leur amour en cet adieu conteste, Achillas à son bord joint son esquif funeste, id. l'omp. Il, 2. La mouche et la fourmi contestaient de leur prix, la font. Fabl. iv, 3. Après qu'on eut bien contesté. Répliqué, crié, tempêté, lo. Fabl. III, 2. Les parties contestèrent devant le roi, et s'engagèrent à justifier leurs prétentions par les termes de la loi de Moïse, boss. Hist. univ. l, ». Ta malice conteste contre les bontés de Dieu, id. Pén. 3. Nous contestons contre les décisions de l'Église, MASS. l'anég. Étien. || 4° Se contester, v. réfl. Être contesté. C'est un fait qui ne saurait se contester. Un droit si bien établi ne se conteste pas.

— HIST. XVI" s. Bataille contestée, mont, i, <9. Nous ne perdismes que la ville de Fossan, encores aprez l'avoir longtemps contestée, id. i, 44. Ce membre, contestant de l'auctorité avecques nostre volonté, ID. I, 97. Des erreurs contestées et debattables, ID. I, <22. Ce que j'auray dict sans soing, si on vient à me le contester, je l'espouse, ID. m, 29). S'estans deux esquadrons entr'afrontez, on n'a pas quasi deschargé la seconde pistolle, que l'un ou l'autre tourne; car on ne se conteste plus, comme faisoient les Romains contre les autres nations, lanoue, 313. J'adjousteray encor une dextérité que la pratique a enseignée à contester un fossé sans eau, encor qu'on ait gaigné la contrescarpe, id. 338. Les Romains seuls luy restoient dignes et assez puissans pour contester de l'empire à rencontre de Iny, AMYOT, Caton, 24. En sagesse et en doulceur il contestoil avecques les premiers, id. Brutus, 2.

— ETYM. Provenç. et espagn. conlestar ; ital. eontestare; du latin contestari, de cum, avec, et testts, témoin (voy. tester). L'ancien français ne connaît pas ce verbe et il a en place contreker (de conire et ester; voy. contraste) : Bien cuidoient contrester ii nos fouriers, villehahd. p. (78, édition oe P. PARIS. Si ke n'i ait contreste, fltst. litt. t. xiiii,

p. OUI, '

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