COTVLE (ko-ti-l') , s. m. d'après l'Académie
COU
et mieux s. f. || 1° Terme d'anafomie. Cavité d'un os dans laquelle la tète d'un autre os s'articule. Il 2° Organe semblable à une cotyle, annexé aux bras des céphalopodes.
— UEM. On fait, dans les livres médicaux , et l'Académie à leur suite, cotyle du masculin; c'est une erreur; xotû)ïi est du féminin soit pour signifier ime mesure de capacité, soit pour signifier la cavité de la hanche. Ce mot est trop technique pour qu'il y ait force d'u.sage contre la forme correcte, et pour que l'on crée l'anomalie d'avoir co(t/te féminin pour la mesure et masculin pour la cavité.
— HIST. xvi» s. La boette dedans laquelle l'os de lacuis.se est receu, nommée des Grecs cotyle, des Latins acotabulum, paré, iv, 3t.
— lîTYM. KoTÛXï) , chose creuse (voy. le précédent). COTYLÉDON (ko-ti-lé-don) , s. m. || 1° Terme de
botanique. Nom des lobes séminaux ou feuilles séminales, l'une des quatre parties essentielles de l'embryon des végétaux phanérogames. Le haricot au moment de la germination, ou lorsqu'il sort de la terre, se divise en deux parties qui sont les cotylédons. || 2° Terme d'anatomie. Lobe charnu du placenta. Il Cotylédons utérins, renflements tuberculeux et pédicules de la muqueuse utérine des ruminants à cornes, auxquels adhèrent les cotylédons du placenta. || 3° Genre de plantes à feuilles charnues et concaves.
— HlST. xvr s. Les cotylédons ne sont autre chose qu'orifice des extrémités des veines et artères menstruales, ainsi que les excrescences des cotylédons aux bestes brutes ne sont dites chorion, ains appendices d'iceluy; ainsi telle masse de ciiair aux femmes pour mesme raison ne doit estre appellée chorion, ains cotylédons tuméfiés et appendices d'iceluy, PARÉ, I, 34.
— ÉTYM. KoTu>,ri5à>v, proprement petite cavité en forme de coupe, de xotû),y) (voy. cotyle).
f COTYLÉDONAIRE (ko-ti-lé-do-nê-r'), odj. Terme de botanique. Qui a rapport aux cotylédons.
— ÉTYM. Cotylédon.
COTYLÊDONÉ, ÉE (ko-ti-lé-do-né , née), adj. En parlant des végétaux, pourvu de cotylédons. S'est dit comme synonyme de phanérogame.
— ÉTYM. Cotylédon.
t COTVLÉMÔRPHE (ko-ti-lé-mor-f) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de cotyle.
— ÉTYM. Cotyle, et (iopç:?:, forme. Mot préférable à cotyliforme , qu'on trouve quelquefois et qui est hybride.
t COTYLÉPHORE (ko-ti-lé-fo-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte de petites cupules. || Qui porte une cotyle, en parlant des bras de quelques céphalopodes.
— RTYM. KotOXy), cotyle, et çop4;, qui porte. Mot très-préférable- à cotylifère, qu'on trouve quelquefois et qui est hybride.
+ COTYLET (ko-ti-lè), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes grasses. C'est le nom donné par certains auteurs au genre de crassulacées appelé par i'Acai^^-^> cotylédon, legoaranï.
COTVi.GE'OS (k^-ti-lo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. î.'iii wi en foîFae de cotyle. Cavité cotyloïde, cellp d« 1*08 iBaqtie dans laquelle s'articule la tête dv fiîîiur.
~ STYM. Kw;ôXï), cotyle, et etSoç, forme.
■j- GOTTLOÏtvlEN, lENN'E (ko-ti-lo-i-diin, diè-n'), ûilj. Terme d''anatomie. Qui appartient à la cavité cotyloïde. .ligament cotyloïdien.
— ÈTYFî. Cotyloïde.
095T fiou) ou COL (kol), s. m. || 1° La partie du ecïps qui unit la tète au tronc. Le héron au long Iâ&3 emmanché d'un long cou, la font. Fabl. vn, ■1. t.'oyez un peu ce cou d'ivoire s'arrondir sur ces ■ î'.les épaules, marmont. Contes moraux, Lauret. Elle offre, en détournant sa tête éljlouissante. D'un cou semé de lis la beauté ravissante , delille, Géorg. 1. 11 Populairement et par pléonasme. 11 sera pendu par son cou. || Avoir un cou de grue, le cou d'une grue, avoir le cou long et grêle. || Avoir un cou de cygne, avoir le cou blanc et gracieux, en parlant d'une femme. On dit aussi pour louer le cou d'une femme ; cou d'ivoire, d'albfttre, de lis. || Se jeter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec effusion. Elle se jette au cou de ce pauvre vieillard , corn, le Ment. II, B. La petite d'Hudicourt a été huit ou dix jours à la cour toujours pendue au cou du roi, sév. 172. Télémaque se jeta au cou de Mentor, fén. Tél. XXII. Télémaque saule à son cou , id. ib. xi. Je voulus me jeter à son cou pour l'embrasser, id. ib. iv. Il Mettre la corde au cou, passer la corde autour du cou de quelqu'un pour le pendre; et lig. ruiner, perdre. La trop grande indulgence de son père lui a
COU
mis la corde au cou, Dicl. de l'Acad. || Se mettre la corde au cou, se perdre soi-même, se mettre dans une position d'où on ne peut se tirer. || Mettre lo [>ied sur le cou de quelqu'un, lui faire violence. Il Couper le cou, trancher la tête. Cette révolte n'empêcha pas Aniiochus de faire couper le cou au grand prêtre Onias, volt. Phil. m, 139. || Tordre le cou, donner la mort. Pour le dîner on tordra le cou à quelques poulets. J'aimerais.... que monsieur Satan vous vînt tordre le cou, mol. l'I^lour. I, (I. Il Être dans l'eau ju.squ'au cou. y être presque totalement plongé. Son maître était jusqu'au cou dans les boues, la font. Or. \\ Et fig. Je puis vous promettre, s'd se détermine à ce que vous voulez, de m'y mettre jusqu'au cou pour le succès, sT-siM. 510, 281. || Fig. Tendre le cou, s'offrir comme une victime, subir quelque grande violence ou injustice sans résister. || Fig. Rompre le cou à quelqu'un, à une affaire, l'empêcher de réussir. Il Se rompre, se casser le cou, se blesser grièvement en tombant; et fig. perdre tous ses avantages, toutes ses espérances. || Prendre ses jambes à son cou, s'enfuir au plus vile.... Rendez-moi mon bijou. Et je prends, pour partir, mes jambes à mon cou, regnard, Démocr. v, B. || Avoir son cou chargé de quelque chose, porter une charge considérable, avoir une grave responsabilité. || Fig. Ta main sera sur le col de tes ennemis, boss. Hist. 11, 2. Ce peuple [juif] était d'un cou roide et dur d'entendement, VOLT. Phil. II, 138. Il 2° Le cou ou le col d'une bouteille, la partie longue et étroite par laquelle on l'emplit et on la vide. || Cou de chemise, voy. col. Il 3° Cou de cygne, partie courbée de l'avanttrain d'une voiture. || Terme de marine. Cou de cigogne, cou de cygne, tige en fer fixée au pont. Il Terme de manège. Cou de cygne, encolure en cou de cygne, encolure de certains chevaux. || 4* Terme de zoologie. Cou-blanc, nom du motteux. || Coujaune, nom de la fauvette de St-Domingue [Sylvie pendante de Latham). || Cou-rouge, le rougegorge. Il Cou-tors, le torcol. || Cou-coupé, le gros bec du Sénégal. || 5° Terme de botanique. Cou de chameau, narcisse des prés (narcissus pseudo-narcissus, L). Il Cou de cigogne, géranium commun dans les bois.
— REM. Col est une forme archaïque qui est d'un usage rare, excepté quand il s'agit du goulot d'un vase, d'un passage dans une montagne, de la partie d'une chemise qui entoure le ccu, etc.
— HIST. XI' s. De son col [il] jeté ses grandes pels de martre, Ch. de Roi. xx. || xii" s. Au col le comte [au cou du comte], Ronc. p. 26. Et son col blanc, son chef blond et luisant, Couci, v. |{ xiii* s. Asseiz plus, ce poeiz savoir. L'acheta [le paradis] sainz Piere et sainz Poulz, Qui de si précieux avoir, Com furent la teste et 11 coux, L'aquistrent, se teneiz à voir [vrai], ruteb. t27. Les bras aucoldoitl'en [l'on] mener Son anemi pendre ou noier, la Rose, 7462. Il XV' s. Et ce est l'aise des Brabançons; car, où que ils soient, ils veulent estre en vins et en viandes et en délices jusques au cou, froiss. ii, m, H4.
— ÉTYM. Picard et bourguig. co ; provenç. col; espagn. cuello; ital. collo; du latin collum. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, U cols ou li cous (cou, prononciation qui est devenue la plus haliituelle parmi nous); au régime, le col (col, prononciation qui est restée dans quelques cas exceptionnels).
f COUA (kou-a), s. m. Genre d'oiseaux répandu dans les parties chaudes des deux hémisphères.
fl.CODAC (kouak), s. m. Onomatopée burlesque qui se dit pour exprimer les fautes que font avec les instruments à anche ou à bocal les débutants qui n'ont pas l'embouchure. On le dit aussi des chanteurs. Faire des couac. || Au plur. Des couac.
— HlST. XVI' s. Le renard d'une vistesse soudaine empongne la grole, la quelle ne seut tenir aucune contenance que de faire coua, palissy, 88,
f 2. COCAC (kouak), s. m. Terre argileuse dont les nègres sont très-avides.
f COUAGGA (kou-a-gga) , s. m. Terme de zoologie. Espèce du genre cheval originaire d'Afrique, à raies gris roussâtre en travers de la tête, crinière courte et droite, dit aussi cheval du cap, cheval zébroïde, dauw ou daw.
— ETYM. Onomatopée prise du cri de cet animal, t GOUAILLE (kou-a-U'), s. f. Nom, en Bretagne,
des extrémités d'un étang qui restent a sec pendant ta saison des eaux basses.
— ÉTYM. Queu£ (voy. ce mot).
t COUAQOE (kou-a-k'), s. m. Sorte de mets fait en Amérique avec la racine râpée de manioc, encore fraîche, qu'on étend sur des plaques de fer
cou
coc
cou
rondes pour la soumettre à l'action du feu, en la remuant en divers sens, LEGOAnANT.
t COUAR (kou-ar), s. m. Nom, en Sologne, de la corneille noire.
COUARD (kou-ar; le d ne se lie jamais), s. m. Il 1° Poltron, lâche. C'est un franc couard. || .Adj. On homme couard. Une femme couarde. De vaillant fait couard, de fidèle fait traître, malk. i, 4. || Terme de blason. Lion couard, lion qui porte la queue entre les jambes. || a°Terme de manège. Tronçon de la queue du cheval. || 3° Terme de boucherie. Nom d'une région du bœuf dite aussi bord du cimier, ou cimier, ou abords , ou bords du bassin, qui comprend dans son ensemble la base de la queue, la partie postérieure de la croupe, les parties latérales de l'anus (et de la vulve chez la femelle seulement), et enfin l'angle de la fesse. || 4° Extrémité par laquelle on applique le manche à la faux.
— HIST. XI" s. Pour tout l'or Deu [il] ne volt estre cuard, Ch. de Roi. lxix. ||xii's. Mais li cohart n'i auront [en paradis] ja pardon, llonc. p. 7). Et non porquant la terre d'outremer [je] Vol en si très grant balance Qu'en chantant [je] veuil prier le roi de France Que ne croie cowairt ne losengier [qui lui conseillent de quitter la croisade], quksnes, Romancero, p. <00. (juant il ont en bataille fiché leur estendart, Ne le maintiennent mie à guise de coart, Sax. XIX. Li reis ad dous [deux] privez, Sorele dan Blanchart, Tost funt del buen malvais e del hardi cuart. Th. le mart. 66. || xiii° s. Il n'i ot si coart qni maintenant ne fust garnis de hardement, ii. de VALBNC. IV. Ce dist Renart : trop ies coarde, Ce fis ge por toi esmaier, Einsi te voluic essaier, Ren. <800. Se il [le bailli] estoit couars, il n'oseroit courocier le rice home qui aroit à fere contre le povre, BEAUM. 20. Il xiv S. Il n'est pas dit couart pour ce, se il craint infâme ou que l'on ne face villanie à ses gens, ORESME, Elh. 79. ||xv°s. Si sont Lombards de leur nature riches et couards; nous y ferons nostre profit, froiss. m, iv, 20. Peu de chose est de fol espoir, Et c'est assés, au dire voir; Carie cowart il fait hardi; Et le joli, Selon les mours qui sont en li. Il li fait ordenance avoir, jd. Virelay. Il xvi* s. Auprès du feu couards tiennent gros termes, j. MAROT, p. 38, dans LACUBNE. C'est une qualité tousjours couarde et basse, mont, i, 6. Nous le rendons servile et couard [l'entendement] , pour ne luy laisser la liberté de rien l'aire de soy, m. i, J(i3. 11 n'y a homme si couard qui n'ayme mieulx tumber iHie fois, que demeurer tousjours en branle, id. i, 251. Ouy, dit-il, je suis couard, voirement timide es choses viUaines et deshonnestes, amyot. De la mauv. honte, 6. Moy plus couard, je ne requiers sinon.... Mourir oisif en ton giron, Cassandre, hons.
— ÉTYM. Provenç. coart; espagn. et porlug. co- 6<rrde;ital. codardo ; du latin couda, queue (voy. ce mol) : qui est de la queue, c'est-à-dire qui se tient en arrière, ou qui porte la queue basse comme les animaux qui ont peur. Coort est le nom du lièvre dans le roman de Renart.
t COUARDEMENT (kou-ar-de-man), adv. D'une manière couarde, lâchement.
— HIST. xiii* s. Je vous di que mieus doit plaire X tous, cil qi, sans retraire, Furnistçou q'il eutreprent. Que cil qi couardement Le laist : car j'os tesmongnier K'il le fait par cuer lanier, Bibl. des Chartes, 4'série, t. v, p. 347. ||xvi*s. Plusieurs gladiateurs se sont veus, au temps passé, aprez avoir couardement combattu, avaller courageusement la mort, ofi'rant leur gosier au fer de l'ennemi et le conviant,
— ÉTYM. Couarde, et le suffixe ment.
t COUARDER (kou-ar-dé), v. n. Se conduire en couard.
— HIST. XI' s. Mal seit du cuer qui au piz [poitrine] se cuarde, Ch. de Roi. 85. || xii* s. Geste bataille [troupe] n'ira pas cohardant, Roncùv. p. 131. Il xiii' s. Je m'en trais [de la fontaine] lors un poi en sus. Que dedens n'osai regarder;, Ains commençai <i coarder, Quand de Narcissus me sovint, la Rose, «524. Il XIV' s. Aux uns dit: prenez l'avant garde; Gardez que nulz ne se couarde. Le livre du bon Jehan, 434t. || xvi* s. Estre vaillant et couarder de crainte; Vouloir mourir et vivre par contrainte, RONS. 48.
— ÉTYM. Couard.
COUARDISE (kou-ar-di-z'), s. f. Poltronnerie, lâcheté. Ma couardise est extrême D'avoir eu le moindre effroi , la font. l'Amour mouillé.
— HIST. XI* S. Onques n'aimai cuard ne cuardie. Cl. de Roi. cxu. Home qui fasse cuardie, ib. clxx. li xii' s. Que par lui ioit coardie pensée, Ronc.
DICT. D£ LA langue b'KANvAlâE.
p. 132. Ilxiii's. El [elle] fu mero Kolaul, qui fu sans couardie. Bette, cxLiv. El toutes cas coses qu'illairoit à fere par couardise, beaum. 2o. ||xiv's. Et en celui qui est fort, ire, couardie, hardiesse ne font nulle rébellion contre raison ou peu, oresme, Eth. 32. Fortitude est plus contraire à couardise que à trop grant hardiesse, id. ib. B3. ||xv's. El dirai partout où je irai, qu'il m'aura refusé par couardise une jouste de fer de lance [le sire de Languranl défiant au combat le capitaine de CarvilacJ, FROISS-. II, 11, 43. Tant se tourmenter de la mort, c'est grande foiblesse et couardise, charron. Sagesse, p. 358, dans LACURNE.
— ÉTYM. Couard; provenç. coardia ; espagn. cobardia; ital. codardia.
t COUCHAGE (kou-cha-j'), s. m. |1 l'Action de coucher à l'auberge. J'ai payé tant pour mon couchage. Il 2° Ensemble des objets qui servent au coucher. Unboncouchage.il Terme d'administration militaire. Literie des troupes. || 3° Terme d'horticulture. Action de coucher, dans une fosse peu profonde, des rameaux destinés à y prendre racine et à devenir des marcottes. || Action de mettre les graines en couche.
— ÉTYM. Coucher.
COUCHANT, ANTE ( kou-chan, chan-t' ) , adj. Il 1° Qui se couche; mot qui ne se dit guère qu'avec c/ite» et soleil. || Chien couchant, chien d'arrêt, qui se baisse quand il sent le gibier. On dresse les chiens couchants en telle sorte que.... desc. Pass. i, 50. Contades était un gentilhomme d'Anjou dont le père était connu du roi par plusieurs présents de chiennes couchantes fort belles et fort bien dressées, ST-siM. 160, 103. Il Fig. Faire le chien couchant auprès de quelqu'un, lâcher de capter sa bienveillance par de basses soumissions. Quand il m'est inutile, il fait le chien couchant, mol. l'Étour. iv, 2. Il Soleil couchant, qui est près de disparaître sous l'horizon. Il Fig. Huet, Fontenelle ont écrit à quatre-vingts ans; il y a de très-beaux soleils couchants, VOLT. Lett. Hénault, 7 sept. (768. || On adore plutôt le soleil levant que le soleil couchant, on flatte plutôt la puissance à son début qu'à son déclin. Il 2° S. m. L'occident. Du levant au couchant, du More jusqu'au Scythe, Les peuples vanteront et Bérénice et Tite, CORN. Tile et Bérén. v, 5. Du zèle qui pour toi [Dieu] l'enflamme et le dévore, La chaleur se répand du -couchant à l'aurore, rac. Esth. Prol. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore [en y portant la guerre par nos mains], ID. Milhr. m, l. La Lusilanie est terminée au couchant par l'Océan, au nord par le fleuve Durius [le Duero], rollin. Histoire anc. OEuvres, t. i, p. 24a. Il Fig. et poétiquement. Vieillesse, déclin. En cet âge penchant Où mon peu de lumière est si près du
couchant, malh. vi, 3) Suffisamment instruit
Que le plus beau couchant est voisin de la nuit, la FONT. Poésies mêlées, Disc, à Mme de la Sablière. Sur mon couchant enfin ma débile paupière Me ménage avec soin ce reste de lumière, rotrou, Vencesl. IV, 4. Tout passé qu'est le roi dans un âge penchant. Son fils par caractère est plus près du couchant, mair. Soliman,!, 4. Tant de choses éclatantes ont eu leur orient et leur couchant, volt. Louis XIV, 19.
— ÉTYM. Coucher.
COUCHE (kou-ch'), s. /".H 1° Lit, dans le style poétique et soutenu. Qui vous a si matin tiré de votre coucheVROTROU , Vencesl. iv, 4. Son .sang à gros bouillonssur cette couche verte [lit de gazon].... corn, iiodog. v, 4. L'aurore matinale Vient frapper de ses feux la couche nuptiale, DELiLLE,ï'rois reines, vi. Sur sa couche de mort il vit pour sa famille. Sent tomber sur son cœur les larn<es de sa fille, id. ib. viii. X ces mots, sur sa couche imprimant son visage, ID. Enéide, iv. Si, par nous abrité. Il s'endort sur la couche De l'hospitalité, béhang. Exilé. \\ Souiller la couche, abuser de la femme de quelqu'un. Volage adorateur de mille objetsdivers. Qui va du dieu des morts déshonorer la couche, rac. Phèd. ii, B. Il Souiller la couche, se dit aussi do la femme qui manque à la fidélité conjugale. || Familièrement. Bois de lit. Couche de bois de noyer. || 2° Mariage. Les fruits de sa couche, ses enfants. Dieu a béni leur couche, leur a donné des enfants. Les dieux ne montrent point que sa vertu les touche ; D'aucun gage, Narcisse, ils n'honorent sa couche; l'Empire vainement demande un héritier, rac. Brit. II, 8. Et jouir de la couche et des embrassements D'un homme qui fuyait tous ces engagements, MOL. École des f. m, 2. || 3° Linge dont on enveloppe les petits enfants. Une douzaine de couches. Il 4° Enfantement. Être en couche, être dans le travail de l'enfautsment et aussi être dats
l'état qui suit l'enfantement. Kelevei de couche, sa dit du rétablissement de la santé après l'enfantement. Il arrive tant d'accidents aux femmes en couche, sÉv. 40). ]1 m'a mandé l'heureuse couche de sa femme, id. 24 9. Je sais bien que vous êtes en couche, id. 2B». La première personne qui vient au-devant de lui [pèlerin] , c'est sa femme relevée de couches, cuateaub. Génie, m, v, s. || On dit également couche au singulier et au pluriel pour indiquer un seul enfantement. Les couches de cette femme ont été heureuses. Faire ses couches. |{ Fausse couche, expulsion du produit de la conception qui survient avant le terme de la viabilité du fœtus. Il craint que cette émotion no lui cause une fausse couche, SÉV. 20. || Fig. Fausse couche, avortemenl. La raison a fait bien des fausses couches avant de mettre ces deux enfants au jour, volt. Roi de Prusse, 4 64. || Les lochies sont vulgairement appelées suites de couches. || Suite de couches, se dit aussi des maladies ou indispositions qui suivent les couches. || Les couches de la Vierge, dévotion à la Vierge où on lui chante des saints neuf jours avant Noël. || 5° Terme de jardinage. Préparation de parallélogrammes larges et épais de plusieurs décimètres, formés de fumier, de feuilles, de mousses ou de toutes autres matières fermentescibles, susceptibles de s'échauffer et de conserver leur chaleur pendant un certain temps. Nous vîmesbriller si pompeusement tous les trésors de la Hollande [des tulipes] sur quatre couches de fumier.... J. J. rolss. Hél. IV, 44. Il Couche chaude, celle qui .se fait avec du fumier de cheval dans son premier feu, ou peu de temps après sa sortie de l'écurie; elle fournit une chaleur élevée, mais qui baisse rapideftentsi on ne la ranime avec des réchauds ou bourrelets de fumier chaud renouvelé souvent. |l Couche tiède, celle qui se fait avec du fumier de cheval, de vache et des feuilles, le tout bien mélangé ; la chaleur en est moins forte que celle de la couche chaude, mais elle se prolonge plus longtemps. Ces deux couches se chargent avec du terreau pur ou une terre mélangée, par quart ou par moitié, de terreau, suivant le temps que doivent y rester les plantes. || Couche sourde, celle qu'on établit dans une tranchée creusée en terre et à laquelle on donne une forme bombée en dessus, recouverte entièrement d'une terre ameublie et mélangée de terreau. Les couches sourdes sont maintenues chaudes par un bourrelet épais de fumier chaud et sec mis dans les sentiers qui les bordent. || 6° Se dit des choses qu'on met par lits, surtout des fruits, de certains aliments, de certain» médicaments, etc. Une couche de beurre, de confitures. Une couche de lard. Arranger différentes choses par couches. || 7° Lame ou lit de substances qui ont, relativement, de l'étendue et peu d'épaisseur. Comme les différentes couches de l'atmosphère sont capables de dilatation et de compression , d'alemb. OEuvres, t. xiv, p. 29, dans pougens. Il Couches géologiques, lits de substances terreuseî ou pierreuses. Couches de Purbeck, assise inférieure du terrain wealdien. Couches de Weymouth, calcaires marneux alternant avec des marnes et appartenant à l'étage supérieurdu terrainjurassique. Dans mon ouvrage sur les ossements fossiles, je me suis proposé de reconnaître à quels animaux appartiennent les débris osseux dont les couches superficielles du globe sont remplies, cuvier, Révolut. p. 7. Il 'ferme de maçonnerie. Substance étendue qu'on applique sur une autre pour la couvrir. Revélir un mur d'une couche de plâtre. || Terme de paveur. Sable qu'on répand avant ou après un pavage. Il Terme de doreur. Feuille d'or ou d'argent qu'on laisse sur l'objet qu'on veut dorer ou argenlcr. Il Terme de botanique et d'anatomie. Portion de tissu disposée en lame plus ou moins •épaisse. Couches ligneuses. Couche musculaire. || 8° Terme de peinture. Enduit. Donner trois couches do blanc à l'huile. Il Couche de teinte, la dernière couche de peinture. || Fig. Madame, farouche et particulière, avec sa couche de gloire, n'en voulut pas faire plus que Mme la Dauphine, st-sim. 429, 472. || Tréspopulairement. Avoir ou se donner une couche, une belle couche, sa petite couche, se griser. Il Fig. Trop de peuples, trop de ravages se succédèrent; trop de couches de barbarie furent données coup sur coup , avant que les premières eussent le temps de disparaître et de céder à la force des sciences romaines, tuhgot, 2* dise, en Sorbonne. Il 9° X certains jeux , l'enjeu qu'on met sur ime carte. La moindre couche était de 20 irancs. Tant de couche et de belle, se dit pour avertir qu'on met tant sur la carte et qua celui qui est pris paje tant â ceux qui ont encore leurs cartes. {| 10° Terme
COU
militaire. Couche de fusil, disposition plus ou moins courbée d'une crosse. Plaque de couche, semelle de la crosse. |{ 11° Toile dans laquelle on met le pain pour le faire lever. || 12° Terme de brasseur. Disposition du grain dans le germoir, en un tas carré, avant la fabrication de la bière. || 13" Terme de charpente. Pièce de bois pour supporter des étais ou pour retenir des terres. || 14° S. f. plur. Terme de manne. Assemblage de pièces qui entrent dans la composition d'un mât.
— HIST. XII* s. 11 de terre levad, e sur une culche s'assist, liais, 4li. En sa culche dormeit, ib. t5S. Il xiii* s. Un grant tapis d'ovre [œuvre] entaillé Sur la cuche [il] jeta e mist. Lai del désiré. Neis [même] au soir, quant ge me couche, Ains que vous reçoive en ma couche; Si cum prodons fait sa moillier, la Rose, 8904. Sor tex [telles] couches cum pe devise. Sans rapine et sans convoitise, S'entre acoloient et baisoient Cil cui li geu d'amors plaisoient, ib. 8469. De ta fille [Jésus] feïs ta more; Tiex fu la volonté du père; De la crèche te fit-on coche. Sans orguel est qui là se couche, buteb. ii, SO. Loing [elle] trova de son hospital Une femme qui aloit mal; I.a bone dame fist la couche, Dedenz une granche l'acouche. L'enfant receut et en fut baille, iD. II, 203. Et assemblé sunt [les animaux], et en leur colche seront raloé. Psautier, f" I2b. Il XV* s. El douce main pour remuer Le pacient et le nier Doucement en lit ou en couche, eust. desch. roisies mss. f° 420, dans lacurne. X deux coups ay perdu six francs; Pour autres six voulez-vous bien? Couche, je ne refuse rien, id. ib. f°37B. Porté fu le roy de sa couche en son lit, christ, de pisan, Charles V, m, ch. 7<. || xvi* s. Couche [enjeu], I. MAROT, t. V, p. <08. Ils dormoyent à terre sans lict ne couche, calvin, Instit. <oi3. L'enfant sera puis enveloppé en une couche ou linge, paré, xvi, 37. Nous diviserons le potager par planches, couches , quarreaux , vazes , diversement nommés, 0. DE SERRES, 505. La hauteur de la couche [à melons], appellée couvoir, monlera jusques à deux ou trois pieds sur terre, iD. 543. La couche nuptiale, «ONT. I, 97. Il requit les dieux que tout ce qu'il tuucheroit se convertist en or.... son vin feut or, son pain or et la plume de sa couche, id. n, 339. De quelle espèce d'animaulx a jamais nature tant honoré les couches, la naissance et l'enfantement [il s'agit des alcyons pour qui la mer devient calme]? ID. Il, 197. En quaresme sont toutes maladies semées, c'est la vraye pépinière, la naïfve couche de tous maulx, rab. Pant. v, 29.
— ÉTYM. Provenç. colga (voy. coucher).
COUCUÉ,ÊE(kou-ché,chée),par<.poss^.||l'' Etendu sur un lit. Les gens de la maison couchés et endormis. Presque tous les hommes, quoique couchés sur des fleurs, ne sauraient dormir, s'il y eu a une seule feuille pliée en deux, fonten. Dial. des morts, Uilon et Smyndiride. \\ 2° Par extension, étendu sur le sol ou sur quoi que ce soit. 11 approche du roi couché sur la poussière, rac. Théb. v, 3. Dans ses propres États privé de sépulture, Ou couché sans honneur dans une foule obscure, id. Withr. i, 3. Le comédien couché dans son carrosse jetle de la boue au visage de Corneille qui est à pied, la bruy. xu. Quoi mortes! quoi, déjà sous la pierre couchéesl Ouoi I tant d'êtres charmants sans regards et sans voixl V. HUGO, Orientales, 83. || Terme de blason. Pièce couchée, pièce dont la face regarde le côté droit de l'écu. || Terme de botanique. Plante couchée, plante qui étale ses rameaux sur la terre, sans que ceux-ci y envoient des racines. || 3° A soleil couché, un peu après que le soleil est couché. Avant soleil couché. Après soleil couché. || 4° Rédigé. Il y eut une proposition couchée en ces termes, BOSS. Yar. <. Cette condition est couchée en termes formels dans le prophète Isaïe.... id. Paix, 2. Voici comment il [ce compromis] est couché dans les Ecritures, id. Softs/'. *. Ces cinq articles ainsi abrégés et couchés en règles générales, sont, je ne l'ignore pas, sujets à mille difficultés, J. J. Rouss. Paix perpét. \\ 5° Inscrit. Elle se trouvait encore couchée sur l'état des dépenses, HAMILT. Gramm. 7. N'étant pas couché sur l'état de sa maison, je n'eus rien, J. j. rouss. Conf. ii. Vous êtes couché sur l'état en qualité d'ingénieur dos troupes de débaniue-
ment, id. Hél. m, 25 J'aurais regret d'être
obligé d'écrire. Et de vous voir couché dans mon procès-verhal , mol. Tari, v, ♦. || Proverbe. On est plus couché que debout, c'est-à-dire la vie est bien courte à l'égard de l'éternité.
COUCHEE (kou-chée), s. f. L'endroit où l'on couche en voyage. Et la couchée encore assez distante, »AFONT, Orats, Il n'y a qu'une couchée d'ici à Vannes,
rot7
sÉv. 688. Je vou» suis à toutes vos couchées; vous serez demain à Chàlon, où vous trouverez une de mes lettres, id. 333. Mademoiselle pleura de la séparation de tout ce qu'elle connaissait; mais on sut après, qu'elle s'était consolée dès la première couchée, ST-siM. 62,35. Zadig suivit l'ermite à la dernière couchée, VOLT. Zadig, 20. Il passa la journée à méditer ce beau dessein, et il en remit l'exécution à la première couchée, le sage, Gil Bios, i, 3. Il Le souper et le logement des voyageurs dans une hfitellerie. J'y entrai sans un sou pour payer ma couchée, i. j. houss. Conf. iv.
— HIST. XVI* s. Puis après, pour faire une entrée honorable à Paris, avoit pris sa couchée à Sainct- Denis, d'aub.Wî'sî. i, 206.
— ÉTYM. Couché; provenç. colcada.
t COUCHE-POINT (kou-che-poin), s. m. Trépointe du talon d'un soulier ou d'une botte. || Au plur. Des couche-points.
t. COUCHER (kou-ché), v. a. || 1" Mettre au lit. Coucher un enfant. Les valets de chambre viennent coucher leurs maîtres. Les garçons de la noce venaient coucher l'épousée. || 2° Etendre quelqu'un ou quelque chose tout de son long sur la terre ou sur quoi que ce soit. Coucher une échelle. On coucha le blessé sur un matelas. Coucher une bouteille sur le côté, la vider. || Terme d'horticulture. Plier les rameaux jusqu'à terre et les couvrir de terre pour qu'ils prennent racine. || Terme de doreur. Coucher d'assiette, coucher une couleur rougefttre pour servir de préparation à recevoir l'or. Coucher de fond, étendre une couleur sur les rouleaux de papier avant de les imprimer. || Fig. Coucher quelqu'un sur le carreau, l'étendre sur la place mort ou grièvement blessé. Dieu dans un moment a couché ce géant [Galérius] sur la terre, chateaub. Ilart. ii, 3(4. Ainsi le trait fatal dans les rangs se promjène, Et comme des épis les couche dans la plaine, lamart. Béd. ii, <B. Ils couchèrent sur la plaine environ mille cavaliers, plus de quinze mille fantassins et bon nombre d'éléphants, le p.catrou, dans desfontaines. || 3° Incliner, pencher, rabattre quelque chose. La pluie et le vent couchent les blés. Coucher le poil d'un chapeau. Coucher des galons, une dentelle sur une étoffe. La brise qui soulève ou couche les épis, lamart. Ilarm. i, 5. || Terme de marine. Coucher un bâtiment , l'incliner pour le caréner. On dit aussi que le vent couclie un bâtiment, quand il l'incline sur le côté. || Terme de manulacture. Ranger avec la brosse le poil sur un drap tondu à fin. || Fig. Coucher le poil à quelqu'un, le flatter, le cajoler. Il 4° Coucher en joue, donner au fusil une position couchée, horizontale, en l'ajustant à l'épaule et contre la joue pour tirer. || Fig. Que l'on couchait en joue, et de plus d'un endroit. Celle dont il a vu qu'une lettre en avance Avait si faussement divulgué la naissance, mol. VÉt. iv, (. 11 crut que ces longues paupières n'avaient jamais couché que lui en joue, hamilt. Gramm. 7. La villageoise est belle et jeune, je l'avoue; Don Alphonse, en passant, peut la coucher en joue, scarron, Dom Japhet, I, 4. Si tu t'aperçois que quelque parent de don Gonzale ait de grandes assiduités auprès de lui et couche en joue sa succession, tu m'en avertiras aussitôt, le sage, Gil Bios, iv, 7. || 5° Etendre en couche. Coucher une couleur, de l'or, de l'argent sur.... Il Terme de peinture. Coucher des couleurs, les étendre avec le pinceau l'une à côté de l'autre avant de les fondre. || 6° Coucher quelque chose par écrit, mettre par écrit. Couche de ses faveurs l'histoire par écrit, RÉGNIER, Sat. X. Nous faisous profession de ne coucher dans ces mémoires que ce que nous tenons de celui même dont nous racontons les faits, hamilt. Gramm. n. Voici comment Luther coucha l'article vi du sacrement de l'autel, boss.
Variât, iv, § 35 Tu te souviens qu'au village
on t'a dit Que ton maître est nommé pour coucher par écrit Les faits d'un roi.... boil. Ép. xi. On vient d'exiler un conseiller de notre parlement, parce qu'il a prêté sa plume à coucher les remontrances que le corps a cru devoir faire au roi, montesq. Correspondance , 6i. Le vieil officier, de son côté, se piquait de savoir bien coucher par écrit, le sage, Gil nias, vu, <2.||7° Inscrire. Coucher quelqu'un sur une liste, sur l'état des pensions. Coucher un article en recette, en dépense. Dans peu de temps, j'espère Y voir coucher [dans un testament] mon nom en riche caractère, REGNAhri, Lég. I, i. ||8* Terme de jeu. Mettre comme enjeu. Il est grand joueur, il couche mille écus sur une carte. Coucher gros, jouer très-gros jeu, et fig. risquer beaucoup. || On dit, au neutre, coucher de tant. || Fig. Coucher gros, avancer quelque chose d'extraordinaire; vieux en
COU
ce sens. La corneille.... Qui, croassant partout d'ua orgueil effronté, No couche de rien moins que l'immortalité, régnikh, Sal. ii. Vous couchez d'imposture et vous osez jurer! corn, le Menteur, m, 5. 11 ne couche pas moins que de faire employer pour lui toutes les puissances, Trévoux. Tu couche» d'imposture et tu m'en as donné, mol. l'Ét. i, <o. Il 9° V. n. Prendre son repos de nuit. Coucher dan» un lit, sur un matelas. Coucher sur la dure. Chambre à coucher. Pygmalion ne couche jamais deux nuits de suite dans la même chambre, de peur d'être égorgé, FÉN. Tél. liv. m. || 10° Loger ou passer la nuit. 11 coucha dans une hôtellerie. Coucher en ville. Coucher dans la rue. Elle le retenait souvent à coucher, hamilt. Gramm. 6 Vous ennuyezvous point De coucher toujours seul? une esclave assez belle Etait à mes côtés; voulez-vous qu'on l'appelle? la font. Fabl. vm, H. J'ai couché plus mal quelquefois, dit-il; ayez seulement soin de cet enfant qui me conduit et qui est plus délicat que moi, MARMONT. Bélisairt, 1. 1| Coucher à la belle étoile, et, populairement, coucher à l'enseigne de la lune, coucher en plein air. || Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi, ou, simplement, coucher dans son fourreau, coucher tout habillé. Il 11* Coucher avec une femme, avoir commerce avec elle. Jupiter, en couchant avecAlcmène, fait une nuit de 24 heures, volt. Mœurs, miracles. On ne pouvait coucher ensemble la première nuit des noces, ni même les suivantes, sans en avoir acheté la permission, montesq. Esp. xxviii, 41. Un autre vous promet de vous faire coucher avec les esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femme, id. Lett. pers. 58. Déjà, pour commencer dans l'ardeur qui m'enflamme. Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme, Mot. Sganar.il. ||12°Se coucher, t).r^/ï. Se mettre au lit. Ils se sont couchés fort tard. Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris? boil. Sat. vi. Pour moi, fermant ma porte, et cédant au sommeil. Tous les jours je me couche avecque le soleil, id. ib. Je ne me couche point qu'aussitôt dans mon lit Un souvenir fâcheux n'apporte à mon esprit Cent histoires de morts lamentables.... id. Sat. x. Il se couche tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, LA bruy. i. T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur; Couche-toi le dernier, et vois fermer la porte, la font. Faii. xi, 3. || Familièrement. Se coucher comme les poules, se mettre au lit de trèsbonne heure. || Populairement. Allez vous coucher, c'est-à-dire laissez-moi tranquille. || 13° S'étendre. Le reste.... se couche contre terre et sans faire aucun bruit Passe une bonne part d'une si belle nuit, corn. Cid, IV, 3, Econduit, il [le courtisan] insiste; repoussé, il tient bon; qu'on le chasse, il revient; qu'on le batte, il se couche à terre, p. l. cour. Simple discours. || Terme de manège. Le cheval se couche en vache, lorsque, dans le décubitus sternal, les talons de ses sabots et les extrémités des branches du fer viennent heurter et contondre la peau du sommet du coude. Il Se coucher sur la voile, se dit d'un cheval qui, malgré son cavalier, force ses incUnaisons dans les changements de direction. || Être couché, étendu. Ce collet est mal taillé, il ne se couche pas bien sur l'habit. Sur deux tréteaux boiteux se couchait une porte, Régnier, Snt.xi.|| 14° Passer audessous de l'horizon, en parlant des astres. Le soleil se couchera bientôt. Â Paris, la Grande Ourse ne se couche jamais. || Proverbes. Pour boire de l'eau et coucher dehors il ne faut demander congé à personne. Il 11 ne faut pas se dépouiller avant de se coucher, c'est-à-dire il ne faut pas faire, de son vivant, donation de son bien à des enfants ou à des hériliers. Il Comme on fait son lit on se couche, c'est-à-dire il faut se résigner à subir les conséquences de sa conduite. ||Si vous n'en voulez point, couchez-vous auprès, se dit très-familièrement à une personne qui refuse une offre que l'on croit raisonnable.
REM. 1. 5e coucher signifie se mettre au lit,
s'étendre pour dormir: nous nous sommes couchés à minuit; et coucher, v. n. signifie passer la nuit, le temps du sommeil : il a couché en ville. Ainsi il ne faut pas dire : il est allé coucher, mais il est allé se coucher, quand on parle de se mettre au lit; mais on dirait: il est allé coucher dans la rue, c'est-à-dire il est allé passer la nuit dans la rue. || 2. Coucher, V. n. ne se construit qu'avec l'auxiliaire arotr; cependant Racine a dit : Il y serait couché sans manger ni sans boire, Plaid, i, *. C'est une licence que rien n'empêcherait d'imiter en poésie.
— HIST. XI* s. Sur un perron de marbre bloi s« culche, Ch. de llol. n. Descent à piet, à la terre se culche, ib. cxlviii, Quant il so dresse, li soleilz
cou
cou
cou
t culchet, tb. CLXXVii. S'en ma merci [il] ne se culztà mes piez.... ib. clxxxii.
— m* s. El el sepoucre cocher et repouser, Bonc. p, «. Quant à tes pies [elle] se coucha à bandon, ih. p. *8. [Il] Coche s'adens, durement s'humelie, ik. p. 65. Dès le matin jusqu'à soleil couchant, ib. p. 68. Sa chemise qu' [il] eut vestue, [il] M'envoia pour embrasser; La nuit, quant s'amour m'arguë, [je] La met delez moi couchier, Dame de faiel, dans Couci. E à la nue terre se culchout en ses dras Oue il aveit le jur, ne changout altres pas, Th. le mart. <02.
— XIII' s. De paour [elle] va à dens sur la terre couchier, Jierle, xix. En croi sur l'herbe drue doucement [elle] se couchoit, ib. xxviii. Vous deus dedens ma chambre ensemble [je] coucherai, ib. LVii. Rois, ce n'est pas ma fille qui ci estoit couchie, ib. xc. Quant il vinrent laiens, si se coucierent et reposèrent jusques à l'endemain après la messe que il alerent au castiel où li cuens estoit, H. de valenc. XVI. Li rois Loeys ses pères se coucha au lit mortiel, et le convint partir de cest siècle, Chr. de Rains, p. (0. Dont sont tous nos François cochié à genoillon; Or oîez de Jhesu, en qui croire devon, Com a fait grant vertu, por confondre Mahon, Ch. d'Ant. III, 618. Si tost com ou sépulcre [le St-Sépulcre] iert m'ofrande coucie. Et je l'aurai baisié et m'orison fenie, ib. i, 9<2. Par devant le segneur desoz qui il couque et lieve, beaum. 68. Et s'il ne le trueve d'aventure, il doivent aler fere lor semonce à lor ostel où il est couquans et levans, m. 50. Dusqu'à tant que les paroles sont couquies en jugement, id. VI, ti. Quant je fus couchié en mon lit, là où je eusse bien mestier [besoin] de reposer, joinv. 23o. Il m'apoia, au passer que je fis, de son glaive entre les deux espaules, et me coucha sur le col de mon cheval, id. 226.
— xv's. Mon très redouté et souverain seigneur, je me mets et couche du tout en vostre ordonnance et en la disposition de vostre haut et noble conseil, FROiss. II, m, 93. Après ce coup là veîssiez Autres coups aller et tenir. Et llourins aller et venir; L'un couchoit de seize tous francs, e. desch. Poésies mss. ^3»2, dans LACURNE, au mot effacer. Auquel [Brissonnet] il faisoit conseiller de se faire prestre et que il le feroit cardinal, à l'autre couchoit [promettait] d'une duché, comm. vu, 2. Qui sçauroient le coucher en meilleur langage que moy, in. Prol. Coucher une lance en arrest, id. i, 3. Il dresse le bras dextre à tout la lance au poing ....et quant il fut temps de coucher, il coucha tout droit bonne lance, et tourna sur son ennemy, Perceforest, t. v, f°6. Couchier à dix, lever à six, le houx de lincy, Prov.
t. Il, p. 4 64.
— xvi' s. Mais qu'il s'allast coucher, et qu'il couchait bien soigneusement la médaille sur ses roignons, MONT. I, 65. Au lieu de coucher ces advis sur ses meurs, chascun les couche en sa mémoire, ID. I, no. Les femmes couchant à part de leurs maris, id. i, 237. On les couchoit sur des charriotes pleines de bruyère, id.i, 238. Je couche de peu [j'avance, je risque peu], car....iD. iv, 124. Il les portoit l'un après l'autre par terre à cliacune rencontre, sans que jamais sa lance fut couchée en vain, yver, p. 634. La confiscation des meubles appartient au seigneur duquel le confisqué est couchant et levant [domicilié], loysel, 840. Drogues couchées avec le pinceau, palissy, 3|3. Nous ne laisserons pas de coucher par escript les choses dignes de mémoire que nous avons peu amasser du roy Numa, amyot, Numa, 2. Il ne luy restoit plus qu'à coucher l'edict en bons termes, id. Solon, 25. Ils les trouvèrent qu'il estoit ja soleil couché, ID. Pyrrh. 2. Il se trompoit, car il n'eust seu coucher d'un nom plus désagréable aux habitans que celui du roi , d'aub. Hist. II, 44). Se coucher en chapon le morceau au bec [se coucher de très-bonne heure]. Débat de folie et d'amour, p. 99, dansLACURNB. Qui se couche avec les chiens, se levé avec les puces, cotgravb. Qui avec malheureux couche, il a froid, quoiqu'il lui touche, leboux de lincy, Prov. t. n, p. 38S. Ils ne sont pas trestous couchez encore, qui auront malvais repos anuict, palsgr. p. 422.
— ÉTYM. Bourguig. cochai; picard et rouchi, couker; wallon, coûkt; namurois, coucM; provenç. colgar, colcar; ital. colcare, corcare, coricare;d\i latin eollocare, mettre, poser, de col, pourciim, avec, et locare, placer (voy. louer). Le sens géaéral de placer a été réduit au sens particulier de mettre dans un lit ou dans une position analogue à celle qu'on a dans le lit : coucher une lance en arrêt. L'espagn. et le portug. coigar signifient appendre.
». COUCHEB (kou-ché; Vr ne se lie jamais), s. m.
[| 1* Action de so mettre au lit. J'étais & son coucher. || Le coucher du roi ou, simplement, le coucher, réception qui précédait le coucher du roi. Je viens du coucher, où le discours n'a roulé que sur vous, HAMiLT. Gromm. 7. {| Petit coucher, l'intervalle de temps entre le bonsoir que le roi donnait à tout le monde étranger, et le moment où il se couchait eflp.ctivement, pendant lequel il demeurait avec les officiers les plus nécessaires de sa chambre ou avec ceux qui avaient un privilège particulier pour y rester. Pour aller au Louvre au petit coucher, mol. Prie. se. 8. || On écrit aussi couché. Moi, pourvu que je puisse être au petit couché, Je n'ai point d'autre affaire où je sois attaché, mol. Mis. II, 6. Il Dicton juridique. Au coucher se gagne le douaire, le douaire n'est point acquis à la femme avant que le mariage ne soit consommé. || 2° Position d'une personne étendue horizontalement. Coucher en supination ou sur le dos, coucher en pronation ou sur le ventre, et coucher sur l'un ou l'autre côté. || 3° Couchée. Il ne paya rien pour son coucher. || 4° Manière dont on couche. Un bon coucher. Il est délicat pour le boire, pour le manger et pour le coucher. Le coucher dessus la dure, la psalmodie de la nuit et le travail de la journée attirent le sommeil à ce corps si tendre, boss. la Vallière. \\ La garniture du Ht, matelas, etc. || 5° Terme d'astronomie. Moment où un astre passe sous l'horizon. Au coucher du soleil. De beaux couchers de soleil. Les couchers et les levers du soleil. Les astronomes distinguent trois couchers des étoiles: le cosmique, l'acronyque et l'héliaque. || Se dit aussi des tableaux qui représentent le soleil se couchant. Il a dans sa galerie un très-beau coucher de soleil.
— HlST. xvi* s. Il luy fut donné deux autres villes, l'une pour son vestir, l'autre pour son coucher, AMYOT, Thém. 53. La mollesse au vestir et coucher, mont, i, t83.
t COUCHERre (kou-che-rie) , s. f. Terme populaire. Commerce charnel.
— ÉTYM. Coucher.
COUCHETTE (kou-chè-t") , s. (. \\ 1° Bois de lit, et surtout petit lit, comme ceux des enfants. Une couchette de bois de noyer. Tout est aux écoliers couchette et matelas, la font. Fabl. v, il. On appelait les lits couches quand ils avaient dix ou douze pieds de long sur autant de large, et couchettes quand ils n'avaient que six pieds de long et six de large, saint-foix, Ess. Paris, OEuvres, t. m, p. 7), dans pougens. || 2» Couche. Mais le plus heureux des maris. En quittant sa couchette. Demain so pavanera, bérang. Célibat. || Un mignon de couchette, un beau fils, un jeune homme bien fait et de toilette élégante. De ce beau mignon de couchette, scarron, Virg. trav. n. Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette, Le malheureux tison de ta flamme secrète, mol. Sganar. se. 6.
— HIST. XV* s. Et incontinent s'en alla jetter dessus une couchette estant en la chambre , j. de troyes, Chron. t405. Il aperçut d'aventure, aux pieds de la couchette, un bahut qui estoit à sa femme, louis xi, ATouv. xxvii. || xvi' s. Battre très bien sa femme et la faire coucher en la couchette, et celle qu'il aimoit au grand lit, marg. JVour. xxxvii.
— ÉTYM. Diminutif de couche.
COUCHEUR, EUSE (kou-cheur , cheû-z'),î.
m. et (. Il 1° Celui, celle qui couche avec une autre personne. Son coucheur cette nuit se retourna cent fois, LA font. Gascon puni. \\ Il n'y a rien à faire avec cette veuve depuis qu'elle a un coucheur, qu'elle est remariée. || Un. mauvais coucheur est celui qui fait du bruit la nuit, qui découvre son camarade, qui l'empêche de dormir ; et fig. un homme difficile à vivre, querelleur. Soit que le lit où il coucha ne fût pas bon, ou que Doguin ne fût pas bon coucheur, il ne put dormir de toute la nuit, SCARRON, Roman com. ch. 6. || 2° Coucheur ou couchart, ouvrier qui dépose la leudle de papier sur les feutres. || Coucheuse, celle qui, dans le point d'Alençon, couche la bride ; c'est une espèce de réseau.
— HIST. XVI' s. Il avoit assez souvent ouï dire quel coucheur c'estoit, despeh, Contes, XLiu.
COUCUIS (kou-chi), s. m. \\ l" Couche de sablo et de terre sur laquelle on établit le pavé d'un pont. Il Pièces de bois qu'on pose sur les fermes des cintres pour supporter une voûte pendant sa construction. Il Couchis de lattes, le lattis d'un plancher. || Assemblage de bouts de planches posées horizontalement dans une tranchée de fondation. || 2' Terme de jardinage. Synonyme de marcotte. || Nouvelles pousses de la garance.
— ËTYM. Coucher
f COUCHOIR (kouchoir), i. m. Instrument de
relieur. || Petit instrument de buis avec lequel Im doreurs prennent les feuilles d'or. ,
— ETYM. Coucher.
t COncnURE (kou-chu-r') , s. f. Défaut des dent» d'un peigne d'acier qui se renversent. || Terme de broderie. Le point d'un fil qui, couché le long du dessin, est embrassé de distance en distance par un autre fil.
COUCI - COUCI (kou-si-kou-si) , loc. adv. X peu près, tout au plus. Ai-je pas réussi En tout ce que j'ai dit depuis? — Couci-couci, «OL. l'Étour. tv, S. Puisse l'enfant sans merci Vous forcer à rendre hommage X quelque Iris de village, Dont le cœur fourbe et volage Vous aime couci-couci, deshoolières. dans riciielet.
— ÉTYM. Ital. cosi cosi, ainsi ainsi; de eum, avec, etîi'c, ainsi. On l'a aussi écrit à l'italienne: Je prétends être noble et non pas. Dieu merci. De ceux qui seulement le sont cosl cosl , th. cor». Don Bertrand Cigaral, iv, ). Vu l'étymologie, il serait mieux d'écrire par deux ss coussi coussi que, comme on fait, par un e. C'est ainsi du reste qu'on l'a souvent écrit : Celui [feu] qui brilla notre Troie, X comparer à celui-ci. N'était qu'un feu coussicoussi, SCARRON, Virg. trav. v.
COUCOU (kou-kou), s. m. \\ l'Oiseau du genre des pies qui dépose ses œufs dans le nid des autres oiseaux. Le coucou est un oiseau voyageur. L'élégant historien du coucou a essayé de justifier les procédés singuliers et presque dénaturés de l'oiseau, bonnet, Contempl. nat. 5' part. ch. 6. Un misérable oiseau pensa me rendre fou X force de crier coucou, coucou, coucou, BOURSAULT, Jferc. gai. iii,4. Elle [Junon] tient de sa droite une grenade, symbole mystérieux qu'on n'explique point aux profaneii de sa gauche, un sceptre surmonté d'un coucou, attribut singulier qui donne heu à des contes puérils, barthél. Ànach. ch. 53. L'oiseau nommé coucou des Canaries répétait son chant monotone, cha- TEAUB. Yoy. Amer. 340. || 2° Pendule à coucou, ou, simplement, coucou, nom d'horloges venues d'Allemagne, qui, au lieu de sonner l'heure, font entendre le cri du coucou. || Se dit aussi, par extension, de toutes ces petites horloges de bois qui se font en Allemagne et ne sonnent pas l'heure, mais auxquelles on adapte souvent un réveille-matin. || Nom que les voleurs, dans leur argot, donnent aux montres. Il 3° Jouet d'enfant en forme de soufflet imitant le cri du coucou. || 4° Terme de jardinage. Fraisier qui fleurit beaucoup, mais ne fructifie pas. || 5' Petite voiture publique pour les environs de Paris. Il 6° Terme de botanique. Le narcisse des bois. || La lychnide fleur de coucou. |) Pain de coucou, la primevère officinale. || 7° Sorte de jeu de cartes, appelé aussi as qui court. || 8° Coucou! cri que fait en jouant l'enfant qui cioit être bien caché. || 9* Synonyme mitigé de cocu.
— HIST. xiii' s. Villainsvestu de gris entre les chevaliers Resanble le cucu entre les espriviers, of.f» FBOi, Notices et extraits, p. 83. Quant du coucou oient le cri. Ne sorent quex oisiaus ce fu, marie, Fable 22. || xv" s. Qui au gieu mourra, je conclus. Sur lui chantera li cucus, Ettuit li tavernier aussi; Atant fine le gieu joli, e. deschamps, le Dict du jeu. de dés. \\ xvi' s. J'ay beau lui remonstrer, je ne fais non plus que le coucou aux cannes, cotgrave,
—ÉTYM. Onomatopée. Génev. cocu; latin, cuculuji grec, xôxx'jj ; allem. Kuckuki ital. cucolo; esp. cueo
t COUCOUER (kou-kou-é) ou COCCOULER (koukou-lé), K. n. Se dit du cri du coucou.
— ÉTYM. Coucou.
f COUCOUMELLE (kou-kou-mè-1') , s. f. Nom vulgaire de l'oronge blanche, sorte de champignon.
t COU-COUPÉ (kou-kou-pé), s. m. Nom vulgaire du gros-bec fascié, qui vient du Sénégal. ||ilu plut. Des cous-coupés.
— ÉTYM. Cou, et coupé; dit ainsi à cause de la couleur de son collier qui tranche avec celle du corps.
t COUCOURELLE (kou-kou-rô-1'), *. f. Yariélé de figue.
COUDE (kou-d'), s. m. \\ 1° La partie de l'articulation du bras avec l'avant-bras qui est opposée à la saignée, ou, anatomiquement, angle saillant formé par l'apophyse olécrane à la partie postérieure de l'articulation du bras avec l'avant-bras. Il lui donna un coup de coude. [Un homme déguenillé qui al Ses grègues aux genoux, au coude .«on pourpoint, RitGNiER, Sat. II. Plusieurs se parlèrent des yeux et (lu coude en se retirant, et puis à l'oreille bien bas. ST-siM. 60, <3. Je ne puis pardonner les coups do coude que je reçois régulièrement et périodiquement, montesq. Leit. pers. 24. || Coude à coude, m
prè'! qu'on se touche les coudes. En ce cercle Mme Ja princesse était à la tête des duchesses, en retour comme elles, et coudeà coude de la première, st-sim. «i, 73. Il Fig. Mettre les mains jusqu'au coude dans quelque chose, en prendre sans réserve, et aussi s'enfoncer tout à fait dans quelque chose, dans quelque sujet. On dit dans le même sens, mettre le liras jusqu'au coude. || Kig. Haasser le coude, aimer boire, faire un excès de boisson. M. le duc de Bourgogne fut si aise qu'il en haussa le coude jusqu'à tenir des propos si joyeux qu'il ne pouvait le croire le lendemain, st-sim. 27<, (70. || Terme de vétérinaire. Région du membre antérieur ayant pour base l'olécrane ou partie principale de l'os cubitus. Il 2° Endroit de la manche qui correspond au coude. Son habit est percé au coude. Sa mère [de l'abbé de Mailly] l'y força [à l'état ecclésiastique] , et lui laissa percer les coudes jusqu'à ce qu'il se fît prêtre, ST-siM. 150. < 85. Dois-je trouver mauvais qu'un méchant pourpoint noir, Qui m'a duré deux ans, soit percé par le coude? scabron , dans richelet. Il 3° Angle saillant, brusque changement de direction. Cette muraille fait un coude. La rivière faisait un coude au pied du verger, j.j. rouss. Hél. iv, u. Ici le chemin qui se dirigeait E. et 0. fait un coude et tourne au N. CHATEAUB. /(in. n, 235. || Endroit d'un cep d'où sort la branche qui donne le raisin. || Coude de baïonnette, partie cylindrique et courbée de la baïonnette des fusils de munition. Il Bout de tuyau de plomb servant à raccorder, dans le tournant d'une conduite, les tuyaux de fer. Il Bout de tuyau en tôle par lequel on change la direction d'une suite de tuyaux de poêle. || Pro- ■verbes. 11 ne se mouche pas du coude, on le voit bien sur sa manche, locution par laquelle on fait valoir d'une façon très-familière et quelquefois ironique l'habileté de quelqu'un. On dit aussi dans le même sens : il ne se mouche pas du pied. || Quand on a mal aux yeux, il n'y faut toucher que du coude, c'est-à-dire il ne faut pas porteries doigts à un œil malade, et, figurément, il ne faut pas toucher aux choses pénibles, douloureuses.
— HIST. xn* s. Par som le coûte [la main] lui fu du cors partie, Honc. p. ^^6. Sur un cute à un moine li sainz huem s'apuia, En sun séant s'assist.... n. le mari. <39. || xni's. À genous et à coûtes [elle] va la terre incliner, Berte, xliii. Mes ce vit il bien tout sans doute Que plus la longor du coûte Fu ele levée en l'air amont , ruteb. ii, <36. Tant ont no chevalier aus Sarrazins caplé, Que desci que aus keutes en sont ensanglenté, Ch.d'Ant. m, 696. Si vous loe et conseille que toutes les foiz que il nous geteront le feu, que nous metons à coûtes et à genoulz , et prions nostre Seigneur que il nous gete de ce péril, joinv. 222. || xiv* s. Vindrent à l'église où il avoit fait espier le conte, et vint par derrière si comme le conte estoit à coudes et à genoulx sur le pavement, Chr. de St-Denis, 1° 253, dansLACURNE. Il XVI' s. Ils se font demander la paix à coudes et à mains jointes, d'aub. Hist. u, <85. Pour eslargir les coudes des Roiaux [les mettre à l'aise], id. ib. m, 218. Lui estant permis de s'en aller la mèche esteinte et le mousquet sous le coude, id. ib. m, 337. Le ply du coulde, pabé, iv, 23. Ce nom de coulde est usurpé en trois significations : car quelquesfoisil est pris pour toute la partie de la main comprise entre le bras et le poignet ; quelquesfois pour l'os intérieur de la susdite partie; quelquesfois pour la partie supérieure du dit os, laquelle tourne dans l'orbite du bras et est appellée olecranon, ID. IV, 26. La vertu assignée aux affaires du monde est une vertu à plusieurs plis, encoignures et coudes, pour s'appliquer et joindre à l'humaine foiblesse» mont, iv, 4 3l. Ce qui faict veoir tant de cruautez inouies aux guerres populaires, c'est que cette canaille de vulgaire s'aguerrit et se gendarme, iv s'ensanglanter jusques aux coudes et deschiquetter un corps à ses pieds, n'ayant ressentiment d'aultre vaillance, ID. m, 109.
— ÉTYM. Picard, keute; Berry, code; provenç. tode,coide; cataL colse; espagn. codo; ital. cubito; du latin cubitus.
COUDÉ, ÉE (kou-dé, dée), part, passé. Qui présente un coude, un angle saillant. Le mur coudé en cet endroit. Si j'ai préféré des haricots coudés naturellement, c'a été pour éviter les dérangements que j'aurais pu y occasionner en les coudant moimême, BONNET, Usage des feuilles, 6'rném. \\ Arbre, ou essieu «oudé , essieu qui porte les grandes roues de la locomotive.
COUDÉE (kou-dée), s. f.\\ 1° Mesure de longueur d'environ un pied et demi, ainsi nommée parce qu'ells représente à peu près la distance du coude
COU
au bout du doigt du milieu. On distinguait plusieurs coudées : coudée naturelle chez les Égyptiens, de 450 millimètres; coudée royale, do 625; coudée olympique, de 402; coudée baschémique, de 640. L'empereur Julien marque dans une lettre à Ecdice, préfet d'Egypte, que la hauteur du débordement du Nil .s'était trouvée de quinze coudées le 20 septembre [en 362], bollin, Hist. anc. Oeuvres, t. I, p. 36, dans pouGENS. Elle [une machine] jetait une pierre du poids de trois cents livres et une flèche de douze coudées à la distance d'un stade, c'est-à-dire à cent vingt-cinq pas de là, id. ib. t. x, p. 37. La hauteur de la figure [la Minerve de Phidias] est de vingt-six coudées; elle est debout, couverte de l'égide et d'une longue tunique ; elle tient d'une main la lance, et de l'autre une victoire haute de près de quatre coudées, barthél. Anach. ch. ii. Il 2° Familièrement, coudée prise dans le sens d'usage du coude et usitée seulement dans la locution : avoir ses coudées franches, avoir, quand on est assis avec plu.sieurs personnes, quelque espace autour de soi , de manière à n'être pas gêné par ses voisins ; etfig. n'être ni contraint ni gêné dans ce qu'on veut faire. Si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton , mol. G. Dand. I, 3. Vous avez toutes vos coudées franches pour votre syndic, sÉv. <76. Villars était ravi de se débarrasser de l'électeur et de ses troupes, pour avoir ses coudées plus franches, st-sim. <20, o<.
— HIST. XII' s. Roiz fu Nabugodonosor ; Une image fist faire d'or, Soisante coltées [lisez collés] de haut tour, Et siz coltées out de laour [largeur]. Roman de flou, ms. p. H6, dans lacurne, au mot collée. Il XVI" s. Par là, Caen eut ses coudées plus larges, d'aub. Hist. III, 226. Estendre ses coudées, oudin, Curios. fr. Respondons à l'ambition, que c'est ellemesme qui nous donne goust à la solitude; car que fuit elle tant que la société? que cherche elle tant que ses coudées franches? mont, i, 273.
— ÉTYM. Coude; provenç. copdada; catal. colsada. Il y a aussi une forme masculine : provenç. coydat. C'est une forme masculine semblable (colté) qu'il faut lire dans le passage du roman de llou cité dans l'historique; avec coltées, dans les deux vers, la mesure n'y est pas; avec colte's elle y est. Or, il est de règle que, ces vieux poètes versifiant très-bien, la mesure doit toujours être exacte.
t COlIDF,LATTES(kou-de-la-t'), s. f.plur. Terme de marine. Pièces de bois pour recevoir la tapière, dans une galère.
COU-DE-PIED (kou-de-pié), s. m. \\ 1° Terme d'anatomie. Articulation de la jambe avec le pied. Il 2" Dans le langage ordinaire, partie antérieure et supérieure du pied, sur laquelle se noue ordinairement la chaussure. i| Au plur. Des cous-de-pied.
— REM. L'Académie dit que quelques-uns écrivent, abusivement, coude-pied. C'est, en effet, une faute; non pas parce que le pied n'a point de coude, raison qu'allèguent quelques grammairiens, car il n'a pas non plus de cou ; mais parce que cou-de-pied est l'ancienne locution, et que c'est effectivement à un cou que nos anciens ont comparé cette articulation.
— HIST. XII' s. Uns grans soUers aveit, ke uns frères li porta; Entur le col del pié à nuals les laça. Th. le mart. 50. || xvi' s. Il estoit blessé sur le col du pied d'un coup d'espée , m. du bell. 475. La branche sera choisie droite, polie, grosse, comme le col du pied, o. de serres, soi.
— ÉTYM. Cou, de, et pied.
COUDER (kou-dé), v. a. Plier en forme de coude. Couder une barre de fer. J'ai fait entrer, dans un grand poudrier de verre blanc , de dix pouces de hauteur sur trois pouces de largeur, deux des haricots étiolés, en les coudant de manière que leur sommité a été inclinée en bas dans l'intérieur du poudrier, bonnet. Usage des feuilles, supplément 2'. Il Se couder, v. réfl. Prendre la forme d'un coude.
— ÉTYM. Coude.
t COUDOIEMENT (kou-dol-man) , s. m. L'action de coudoyer les autres.
— ÉTYM. Coudoyer.
t COUDOIE (kou-doir), s. m. Traverse pour poser le bras dans un canapé.
— ÉTYM. Couder.
t COUDONNIER (kou-do-nié), s. m. Un des noms vulgaires du coignassier,
— ÉTYM. Lat. cotoneum, coing (voy. coing). COUDOYÉ, ÉE {kou-do-ié, iée; d'autres disent
kou-doi-ié, iée), part, passé. Heurté du coude. Mais Evrard, en passant, coudoyé par Boirude, Ne sait point contenir son aigre inquiétude, boil. Lutr. iv.
COU
COUnO'VER(kou-do-ié; quelques-uns disent koudoi-ié), je coudoie, tu coudoies, il coudoie, nous coudoyons, vous coudoyez, ils coudoient; je coudoyais, nous coudoyions, vous coudoyiez, ils coudoyaient; je coudoierai; je coudoierais; coudoie, coudoyons, coudoyez; que je coudoie, que nous coudoyions, que vous coudoyiez; que je coudoyasse; coudoyant; coudoyé, v. a. || 1° Heurter quelqu'un du coude. 11 faut prendre garde de coudoyer les gens. Je coudoyai les plus proches pour me faire place, d'ablancourt, Lucien, t. ii, dans richelet. Jetez-vous dans la foule et tranchez du notable. Coudoyez un chacun, point du tout de quartier; Pressez, poussez, faites le diable, mol. Impr. Jlemerc. au roi. J'ai trop de répugnance à coudoyer un mort, mol. l'Étour. n, 5. || 2» Fig. La décence même y babille. Et par la gaîté qui prend feu, Se laisse coudoyer un peu, bébang. Gourmands. Le vieil arbre que l'âge ploie, Le donjon qu'un moulin coudoie, v. hugo, F. d'aut. 34. || Fig. et familièrement. On n'est pas tous les jours coudoyé par un homme de génie, c'est-à-dire un homme do génie se rencontre rarement. Sans être coudoyé par un Démosthène ou par un Cicéron, dider. Essai sur Claude, jl 3° Se coudoyer, v. réfl. Se toucher l'un l'autre du coude. Nous étions si serrés à table, qu'il était impossible de ne passe coudoyer. On s'arrête, on s'assied, on voit passer la foule Qui sur l'étroit degré se coudoie et se foule, lamart. Itarm. m, 6.
— HIST. XVI' s. Â pied je me crotte jusques aux fesses, et les petites gens sont subjects par ces rues à estre chocquez et coudoyez, à faulte d'apparence,
mont. IV, 278.
— ÉTYM. Coude.
COUDRAIE (kou-drê), s. f. Lieu planté de coudriers. Il Par extension, toute espèce de bocage. L'ébat qu'on prit sous la coudraie, la font. Troq.
— HIST. xii" s. Je l'ai vefl Là jus sous la coudroie, Itomancero, p. 67. ||xvi* s. Es olivetes, amendaies et coudraies, cinq ou six toises d'entre-fossé satisferont, 0. DE SERRES. 642. Sous ces adrosses nous édifierons la coudraie, soit ou par plant enraciné, ou par branche, m. 681.
— ÉTYM. Coudre l .
t COUDRAS (kou-dran), s. m. Terme de marine. Goudron.
— ÉTYM. 'V'oy. GOUDRON.
f COUDRANNER (kou-dra-né), v. a. Terme de marine. Tremper une corde dans le goudron.
— ÉTYM. Coudrnn.
t COUDRANNEUR (kou-dra-neur), s. m. Terme de marine. Celui qui goudronne les cordes.
— ÉTYM. Coudranner.