‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 87 sur 504 · AGU · texte numérisé non relu

AGU

populaire, cet animal engendre des ulcères dans la bouche, si on l'avale ou si l'on boit de l'eau où il a séjourné. On dit aussi agrouette.

— ÉTYM. Altération d'écrouella (voy. ce mot). tAGROUPÉ, ÉE (a-grou-pé, pée) , ad;. Terme

d'art. Disposé en groupes , ajusté. Les contrastes savants des membres agroupés. Grands, noiiles, étendus et bien développés, mol. La gloire du Vai de Grâce. Il faut que les membres soient agroupés aussi bien que le corps, dans féubien.

t AGROUPER (a-grou-pé), v. a. Mettre en groupe.

— ÉTYM. À et grouper. On a prétendu que ce mot est un barbarisme ; mais il est formé très- régulièrement de à et groupe, et Molière l'a employé.

AGUERRI, lE (a-ghè-ri, rie), part, passé et adj. Accoutumé à la guerre, ou, figurément, à tout ce qui peut être considéré comme une sorte de guerre. Soldats aguerris. Être aguerri aux coups de la fortune. Plus aguerri contre les larmes. Etait-ce par faiblesse que ce peuple demandait la paix? Vous voyez bien que non, puisqu'il est si aguerri et soutenu par des voisins redoutables, FÉN. Tél. x. Mes peuplesagucrris sous votre discipline, corn. Sertor. v, i. Ganictor né timide et dans la paix nourri, Aux belliqueux accords n'était point aguerri , millev. Élég. liv. ii. Aguerri à l'adulation, d'alemb. ii, 34.

AGUERRIR (a-ghè-rir, et non a-ghè-rrir, comme disent quelques-uns) , v. a. \\ 1° Accoutumer à la guerre. Aguerrir une armée par de fréquentes expéditions. Il 2° Fig. Accoutumer aune chose pénible. Il a peine à s'accoutumer à la raillerie; il faut l'y aguerrir. || 3° S'aguerrir, «. ré/l. Les Moscovites s'aguerrissaient tous les jours. Tâchez de vous aguerrir contre les voluptés.

— ÉTYM. À et guerre. Il est singulier que le mot ne se trouve pas avant le xvii" siècle. 11 y avait aguerroier avec un sens différent, faire la guerre à.

AGUETS (a-ghè), s. m. plur. || l" Embuscade. Être aux aguets, se tenir aux aguets, épier pour suj-prendre ou pour éviter d'être surpris. Elles sont souvent aux aguets et aux embûches, balz. 4* dite. sur la Cour. Notre cagot s'était mis aux aguets, la FONT. Iferm. Que l'innocent ne tombe aux aguets du méchant, Régnier. Sat. n. || 2* Au sing. Quand l'aguet d'un pirate arrêta leur voyage, malh. i, 4. Il 3° D'aguet, loc. adv. Je me tapis d'aguel derrière une muraille, Régnier, Sat. xi.... le laissant d'aguet, j'eusse pu faire gile, id. Sat. vm. Je passe outre d'aguet sans en faire semblant, id. Sat. x. Feignant de m'en aller, d'aguet je me retourne, id. Sat. xui.

— REM. L'Académie ne donne aguets que dans les locutions comme : se tenir aux aguets, être aux aguets, mettre aux aguets; mais on pourrait le dégager de cette chaîne et le remettre dans la circulation, non-seulement au pluriel, mais aussi , comme Malherbe, au singulier, et dire les aguets de la fraude , l'aguet avait été dressé.

^HlST. xu* s. Lors chevalchierent droitement à Soissons, Lor agait metent dedens un val parfunt, Raoul de C. 230. || xiii* s. Dont se parti par nuit de Constanti noble à grant plenté de son ost, et se mist en un aguet où cil dévoient venir, villeh. xcix. Quant Salehedin vit que sa première esciele se desconfissoit, si en fu moult coureciés et manda son aguait qu'il avoit repus [cachéj , et se ferirent tout à un es os [dans les campsj , Chr. de Rains. 26. Qu'il ne face riens , ne ne die Qui ja puist aguet resembler,2o Rose,iiH9. Murdres, si estquantaucuns tue ou fet tuer autrui en agait apensé [avec préméditation] puis soleil couquant dusqu'à soleil levant, BEAUM. XXX, 3. || XIV* S. Et pour celui qui fait mal par aguet cuide bien que celui à qui il le fait souffre injuste, oresme, Eth. <69. En la dite mellée qui estoit meue chaleureusement et sans aguet, Dr cange, aventurerius.\\xv' s. Retraiez vous, regart mal avisé; Vous cuidez bien que cuUuy ne vous voie; Certes, aguet par tous lieux vous convoyé Privéement, en habit desguisé, o». d'orl. Rondel. *o. Si se doit le prince contenir en telle manière qu'on ne cuide mie qu'il vueille partir pour fuyr, mais qu'il vueille appareillier son agait [prendre position] , CHR. depisan, Charles Y, n, ch. 33. Le vaillant mareschal par son sens et par son aguet leur estoit sur le col avant que ils s'en donnassent de garde , Bouciq. I, ch. 23. Et se mirent et establirent en trois aguets, afin que cils ne leur pussent mie eschapper, froiss. i, i, t08. jjxvi* s. Il la fault tendre [l'âme] etroidir d'aguet [par une forte volonté], MONT. Il, t26. Il fault au mariage des fondemens plus solides et plus constans, et y marcher d'aguet, ID. m, 3<». X l'heure qu'il vit ce singe en aguet, \

aHA

, k M mattr* m trtoebel eontr* U gorgt, CoiUm, m. U rr*r« om ne craint rien a(uM« de ton ftere, rm, p. tit. Il an>it ■It^MttpW le* peeMgea, pour rarprendre lee- 4Mi MlgMaia, m. do hu. 4M. Homului ■ ettA eeaoconnJ d'iToir par ifuet rail mourir Tatiu», Ak : *. Ouoy faici, U m remeil incontinenl

I ) 100 enoemy k U trace, le<)uel lui dreiM (liuMtun aguele et embaKhM, mai* jamai» U M donna dedani pu une, id. Marul. *o. Il eit phM yiapamhlable me Cie»iai ait tceu oertaioe- ■Mot te lampe auquel aUa «Mcvta ion agnal «t m trakiioa, id. inos. 7.

— tTTM. À ttgutl; wallon OWdd; aicdt; provenç. mçaek, aau<ia. miuail, agah, cgau; ctt. aguayl; Ital. og

t Adi ' > (a-fhln-p«, pée), ad}. Garni de

(uimpe. wu'4 wi montrar M parloin aguimpéei, tAfOMT. Mattl, Il Tarais vieui.

— BTïM. À el juim/x.

t AGVNAIRK(a ji nêO.od/.Tennede botanique. De Caïuiolle ooiume «iosi les fleur* forméci par lee tffunenu Ooraui et les ètaaioea transformées, et dans lesquelles le pistil manque.

— tTYM. 'A priT. •l'pivn, femme (Toy. omtcu). t AGVNIE.f (a-JI'Diio), t. wi. Terme d'histoire

eedésiastique. Chrétiens du vu* siècle, qui pruscri- TAient le msriage.

— CTYM. \ priratif, et tvrvri, femme.

t AOY.Myl'K (a-ji-ni-quc), adj. Terme de botanique. On dit que l'iniertion des étamlnes est agy- Dique, quand ces organe* n'ont pas d'adhérence avec l'ovaire.

— ÉTYM. "A priv. el ywvVi , femme (roy. orntctE). AUI (1), inlrrj. || 1* Sert à marquer U joie, la

douleur el les alTcctiuos rives de l'ime. Ah I de quel MUTeoirTicDStu frapper mon tmo T »kc. Abl Rome! abl Itéréntcel aht prince malheureux I hac. Bérén. IT,*. Abl que de la vertu lescbarmes sont puissants I TR. CORN. Estez, III, 4. Ah I que la renommée est injuste et trompeuse! volt, dont Oirault-Duvivier.

II 1* Abl souvent ne sert qu'A donner plus de force à la phiaaa. Abl gardez-vous de le croirel AUI quu me nitaa-YoasT Ah I si du filsd'Hector U |)crto6tait jurée, kAC.indr. l, 2. Abl si d'une autre cbalne il n'était point lié, ID. Baj. m, 8. || 8* 11 se redouble quelquefois; alors il etprime la surprise ou l'ironie. Abl abl TOUS en convenez enfin. Ah I ab I vous me la donnez belle. Il 4* Employé substantivement , il est favariable au plur. Il poussait des ah à chaque mol.

— REM. Différence entre ah et ha; si l'on éprouve un sentiment de joie, de douleur, une émotion vive, on l'eiprime en proférant le son prolongé ah, et c'est l'A qui, placée après ce son, peint cette dorta. Un homme , plongé dans ses réflexions , maieha «ans regarder devant lui ; il trouve quelque ehose qui l'arrête : ua fossé par exemple ; il fait un mouvement, et dans sa surprise s'écrie : ha I

AUAN (a-an), t. m. Grand effort, tel que celui que hit un homme qui fend du bols ou soulève un fardaau paaanL Suer d'ahan, faire une chose très-pé-

— MM. Ce mol populaire , très - u^té jadis , tombe es désuétude. Tourtanl il serait bon de faire de* cITorts pour le consencr: car il est expressif et a de* liaisons avec toutes les langues romane*.

— HtST. XI* s. Uoult [ils] ont eQ el peines el ahans, Ch. de Roi. xix. Que Guenes meure (lar nierveitlcu.t aban, ib. ccxci. ||ui* a. Par cui [il] scust nottre granl abanage , Aonc. p. Si. X moul grant peine et à moût grant aban , ib. p. st. || xiii* s. Cast premier an Me gart cil Diex en mon droit san. Qui por nous ot paine el aban. Et ma gart l'ame, Boni. <». I xv« s. Tu n'as ne femme ne enlkns. Ta n'u ne terre ne ahans [champs labourés] , Oui ne aolent ton* misa cesse, moiss. Buiuon de jnnece.

U xvi« s. Ce vitlam mol de concluor M'a fait d'ahan la front suer, kakot , ii, 19*. Chacun se plaincl que J'ay perdu Uilao Ka grant enhan par guerre mal menM, 1. ntaor, t, ui.

— tTTM. Pravenç. afan; calai, afamyt ano. «•- P*«n. afan; itaL afa, affanno. Mot d'oiiglno iBâer> uina. Diez le regarde comme né en Ftanoe m passé oa là aux aulras tan(;ucs romanaa. On trouve la aompoaé mJmmt, ca oui auppoaa un radical hnmm aosat dn Canga te ure-tU d'une etdamaUon de ;*»•. ^ ^OV», haut Dtet n'est paa éloigné d'a- *»»tw «2» Mymoicite; canandtant il oola te mot î."!!" •?•• ••■■■*. *nitm. Mate «n mol ainsi taaw ■• oonM itea 4a lAr

AMAHM (a-hané) , r.*». Spfo«v«r uno gnoda fatigua a* kuant qualqu* ohoea. || l>«t oeM.

AMI

— HIST. XIII* t. Sarteun ne charbonnier* ne vilain* ahanaol, Btru, cvii. Kt prendoil [Kicbard] proie* a* paysans , el lourbloit si le pays qu'on n'i •emoit n* abanoit nient , iVir. de Hatnt , p. 71. S'aucuns (Kjr foie amor se sunt enlredampné. Là seront mil ensemble, joint et enchaainè. Balu el

fromié el abané, Kt maudiront le jour d'Adam né, 1. Dt Htma. Test. <B7l.

Il 1],- i'; ai dix chcvaus dont j'aticnnc les

blez, ! ■■ gras moutons, 6'ueic/. xiv, <38.

A ces icioi.j.iu, .,» [prisonnicrsl donrai si uialdouaira, La terre abanneroni mon frère roy Islaire, Et si seront batu comme asne de Cesaire, Baud. de Sttt. V, lOJ. Il iv* s. C'est un povre homs, nez de petites gens de Ubours, qui encore banonl les terres en no*lropays,ciia. DF pisan, Charles v, liv. ui,ch.<». Il xri* s. Ne vois lu point comment ahano AtblasT luaoT, IV, 71. Mon très cher fils , je vois que tu abanes [que tu t'impatientes] D'estre à repos, 1. MASOT, V, 12s. Je sçais combien ahannemua amo en compagnie d'un corps si leiulre, momt. i, toii. Ils croyent que l'ame d'un homme accablé soubs une ruyne, traisne et abanne longtemps à sortir, 10. u, 291. Mus j'abanne à le trouver, plus je l'enfonce en l'oubliancc, 10. m, 368. Cependant que j'abanne A mon blé que je vanne A U chaleur du jour, du BxiXAT, itu tenl.

— ÊTYU. Voy. ahan; genev. affaner gagner avec peine. Dans l'ancien français, o/tunCT' veut souvent dire cultiver la terro; ahan, la culture; ahanable, cultivable.

AUEUKTÉ, f.E (a-our-lé, tée), pari, posté et adj. Oui se heurte à, qui ne veut pas aller outre. Monsieur jeta le mémoire dans le feu, el il sortit du cabinet tout aussi ahcurté , retz, iv, 82. De tout temps elle a éléaheurtéo à cela, hol. Ua!. xviag. i. 5. Ils éuicnl aheurtés à ne jamais vouloir croire que.... Boss. Conc. Entrant dans la pensée des autres , point aheurté à la sienne, id. Polit.

AUEUUTEME.NT (a-bcur-le-man),«. m. AtUcbemenl opiniâtre à un sentiment, à une oiilnion. Le régent prétendit n'avoir trouvé que abeurteinent aveugle dans le chancelier esclave de toutes formes contre les raisons péremploires de Law. STSm. *^*, (92. Ces sortes d'aheurtemenls demandent la même douceur, boss. Ult. abb. 3. Je doute fort qu'une simplicité, accompagnée d'un tel abcuriement el de tant d'opiniâtreté , doive être traitée de bonne foi, BOURD. Pensées, t. 11, p. S63.

— IIIST. XVI* s. De là sourdenl tant de schismes, tant d'erreurs et opinions perverses, tant do scandales el aheurlcments de notre foi, calvin,/ii»I. 30.

— ÊTVM. Aheurter.

AIIEURTER (S') (a-heur-té), v. réft. Se heurtera quelque chose, s'opiniâlrer, s'obsliner. S'ahcurter à un sentiment, à une opinion. Elle ne s'était jamais abeurtéo à les défendre, 1. J. rouss. Ilél. vi, «I. Mais [elle] s'aheurto oii ».-ins plus quelque appât la convie. regnier.XoI.ix. Sans cela on ne 50 serait pas «heurté à J. C. pasc. i'rop/i. 2t.

— IIIST. im* 9. Je cuido estro mescreanl, pource que je ne puis mon cucr aburter k ce que je croie ou «acrement de l'autel, joinv. (97. || xv*b. Quant [les sujets] reçoivent familiarités Des souverains, ils en sont ahurtés X faire moins devoir, obédience, t.. DKSCH. Comm«il Us roys ri les iirtnce$ etc. Il XVI* 8. Gardons nous sur toutes choses do ce rocher, auquel on no peut aburter sans malencontro, calv. Instil. 77&. Il vaull mieulx preslor au coup, que, e'abourtant à no non rclascber, donner occasion à.... «ont. i. 12e. Les plu.» abeurtez à cette si juste pcrsuasioa do l'immortalité , id. u, Ï0&. 11 y en a de si abeurtez en leurs opinions, que....LAt<otJK,t80. Depuis il passa oullro le devoir el s'abeurla trop opiniastremcnt à vouloir cmpescher l'accroissement de Scipion, AirroT,fo*. ti. Ceuli qui se aheurtent obslinéement à leurs opinions, el ne se veulent jamais accommoder à autniy. demeurent k la fin tous sfluls, amtot, Cor. w. l.» roi fut conseillé d'éluder ros demandes, aulicudes'ynhurter, d'aub. Ilùt. n , 107. Ces puissantes faimUes animée* et abourtées l'une contre r«utra , sans espoir de reooociliation, .Satyr. Ufn. p. «ib.

— tTTM. i(voy. i) et heurter; picard, ahurter.

AIIIt(a-i].tnl«rj. Cri qui exprime le sentiment d'une Tire douleur. Ahi ! abi I aoi ! vous ne m'avez pas dit que le* coups en seraient, mol. Prit. <t.

— niST. XII*». AU francs cucrs, qui tant conroil [convoite], Costa, va. Ahil fel Oucne», pourquoi ala* quaraalT... Jiofw. p. 1*1. ||xiu*s. Ciiroagarde, pui* u aaerie : Ha I balle le<i ! ihial ahiel Rcit. itli.

AID

— tTYM. Il art poatible que oAi *o<t una (implo exclamation composée de* deux vcyalle* a et «', mais il se peut aussi queaAt ou aï, et surtout a^it>. loil pour ai«, qui est une ancienne (orme d'aidt (voy. AIDE).

t AURIHAKEou AilRIMAX (a-ri-ma-n' ou a-rtman) , 1. m. Mythologie persane. Principe du nui chez les anciens l'erses.

— ETYM. Zend, o^a, méchant, etmayntous, esprit, d'un radical tnan, qui *e trouve dans la plu part des langues aryenne* et qui signifie esprii

(voy. MENTAL).

AHURI. lE (a-u-ri, rie). || 1* ParX. vassi et adj. Troublé. Je suis ahuri par la foule el le bruit. ELe est tout ahurie. || 1* .Subsl. Il a l'air d'un abun.

AUL'KIR (a-u-rir), c. a. P.tonner, interdire, troubler. Vous ahurissez ce pauvre enfant par voira brusquerie.

— IIIST. XIII* S. La gent barbée et ahurie, Hobi > . /« Diable, cité dans Diez, Elym. W.

— ET^M. À (voy. i) et hurt (voy. ce mol). //iir« a voulu dire chevelure béruisée, ahuri, hérissé, de là le sens moderne.

aY (a-i), s. m. Terme d'histoire naturelle. Quadrupède muni d'une queue et *e mouvant avec une extrême lenteur.

— IIIST. XVI* s. En Afrique le trouve une beste nommée des sauvages haiif, fort difforme , et est presque incredible qu'il en soit de tulle qui ne l'auroil veuS.... Ce baiif estant pris jette de grands soupirs, PABÈ, Monstres, App. ».

t AÏ (ai), s. m. Terme de chirurgie. Crépitation douloureuse des tendons. Celte affection, qui peut atuquer tous les tendons, siège particulièretneot dans ceux de l'avanl-bras.

— ETYM. Ce mol provient sans doute de l'exclamation de douleur qu'arrache cette affection.

t AÏ (a-i), ville de Franco (Marne), dont le* environs produisent un excellent vin. Le vin d'Aï ou simplement l'ai , s. m. est un vin de Champagne. Ciiloris, r.glé me versent de leur main D'un vin d'Ai dont la mousse pressée, De la bouteille avec force élancée, Comme un éclair fait voler le bouchon. TOLT. Mondain [Le peuple] Pour qui nos fontaines Versent, toujours pleine*, Le beauneet l'ai, bsba.>cer. Cocagne.

t AÏACT (a-ifl), I. m. Nom vulgaire du paeodonarcisse dans divers départements.

t AICIIE on ÊCIIE (é-ch"), ». m. Nom que le* pêcheurs donnent aux vers de terre employé* comme appât.

— ETVM. Esca, appât; ancien français, etche, amadou. U faudrait écrire ce mol écbe.

t AICUER (é-ché), e.o. Terme de pécbe. Amorcer une ligne.

t AIDABLK (ê-da-bl') , od;. Qui peut être aidé. U n'y a guère d'aidablesque Uâgens qui s'aident euxmêmes en quelque chose.

— ETYM. Aider. Aidable se trouve dans l'ancten français, mais avec la signification contraire de, qui peut aider, aecourable. El firent uni qu'ils furent [ dans la forteresse ] plus de quinze cents hommes tous aidable* et pounnis de vivres, frois*.!, 1, xta.

AIDANT, ANTH (ô-dan,dan-t'). || l*.4d;. Oui aide. Donc toutes choses éunt causées el causantes, aidées el aidante* , médiatemenl M immédiatement, et s'entrotenani par un lien naturel et insensible f-iii lie los pluséloignées el les plus différcnies.PASC. rentérs .yut. i , art. e. || *• S. m. ylur. Lui et umu SOS aidaou. 1! le fera malgré vous et vos aidants. On a prétendu que la locution malgré lui, malgré ses dents, est une corruption pour malgré lui et ses aidants. H len n'autorise à le penser : aidant étant un mol usuel . il eut difficile qu'il se soit altéré. Puis, malgré ses denu est une exproiston méta|>borique qui sa comprend.

— HIST. XIII* s. Kl 11 apoetoles 1< flst esrumeniier par toute cr«tienlé et tous ses .iidan» en toute manière, Chr. de Ratns, tt7. || iv- s. Malgré le propre roi et tous ses aidans, raoïsa. 1, t. Si.

— ETYU. Aidrr.

A1PK(*<I'). t. f. Il 1* S«»urs, proiaettea. Demander de l'aide k quelqu'un. Leur aMte nou fui lrè*-ulile. II reoonrra, dans la besoin, k notre aide, Ils appelèrent leierapa à leur aiiU. Il 6t oate arc; l'side de ses ami*. Voaa êtes tout* son aide. Il n'a pas eu d'auliv aida <|na te* bvres qui èlaicnl snu- *a maiii. Pompée a bMOin d'aide, il vient clMtchei la TOtra, ooaH. Powtp. 1. «.Tu t'es vengé aana aid*

et m Tpiii m'en dannar. m. ib. m , 4. Et puisou'i fan- ' .vW. ID. R

fi, I Mjii Aide

AID

AID

GNiER, Sat. X. Reposez-vous : usez du peu que ous aTons; L'aide des dieux a fait que nous le onservons, la fowt. P/ti7. et Bau. || 2° Donner aide, assister.... je puis vousdonner aide En ce besoin, LA FONT. Fais. Il 3° Être, venir en aide, seconder, secourir. || Dieu vous soiten aide! locution dont on se sert quand quelqu'un éle.mue. Toute ma conversation se passe h dire grand merci à ceux qui me disent : Dieu vous soit en aide, balz. Lett. 42, liv. vu. D'un Dieu vous soit en aide alors qu'on éternue, mol. Sganar.2. || Ainsi Dieu me soit en aide, espèce de serment pour affirmer solennellement une chose. Je le ferai, ainsi Dieu me soit en aide. Il 4° i l'aide! /oc. adv. ellivt. yenez au secours, à l'aide. Aïe! aïe! à l'aide! au meurtre! au secours! on m'assomme! mol. L'Élour. il, 9. 1 1 5° i l'aide de , loc. pr^poi. Par le moyen de. Xl'aide d'un temps favorable il débarqua dans l'Ile. À l'aide de cette erreur. Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur, Emouvoir, étonner, ravirun spectateur! BOl. Ép.viJ. Il 6° Eglise, chapelle, succursale d'une église paroissiale dont les habitants sont trop éloignés. Sainte Marguerite était une des aides de la paroisse Saint- Paul, il 7° .<>. /".p/ur. Se disait des subsides, des levées de deniers qui se faisaientsur le peuple, pour aider à soutenir les dépenses de l'Ëtai. Octroi des aides, fermier des aides. Les aides montent à tant. Les contributions indirectes ont remplacé les aides. Il me fit entendre qu'il cachait son vin à cause des aides , 1.3. HOfss. Conf. IV. Entrerai-je dans le huitième denier ou dans les aides? la bbiiy. a. \\ Cour des aides, compagnie supérieure , qui jugeait des affaires concernant ces sortes de subsides. Président, conseiller à la cour des aides. Le président Amelot fut désavoué publiquement par la cour des aides, betz, IV, 133. Il II se disait aussi du lieu où celte compagnie s'assemblait. Vous le trouverez à la cour des aides. || Au figuré etparplaisanter'e, aller à la cour des aides, aller aux emprunts, faire faire une partie de son travail par un autre. || 8° En termes de manège, aide s'entend des moyens par lesquels le cavalier agit sur son cheval. Les aides supérieures sont celles des mains ;eUes agissent par l'intermédiaire des rênes. Les aides inférieures sont celles des jambes; elles agissent par les cuisses, lesjarrets, le gras des jambes , l'éperon et l'étrier. Le cavalier a les aides fines quand il les emploie avec méthode et précision. Le cheval a les aides fines lorsqu'il est trèssensible aux aides. On le dit quelquefois au singulier: Le cheval sans aucune aide.... Donner les aides extrêmement fines , bien manier un cheval. Il Proverbes. Un peu d'aide fait grand bien. || Bon droit a besoin d'aide , c'est-à-dire quelque évident que soit un droit, il est bon de le faire appuyer.

— STO. AIDE, ASSISTANCE. SECOURS. Aide est le terme le plus général : on aide quelqu'un quand on lui rend un service dont il a besoin; il ne peut faire une chose, il n'est pas assez fort; on lui vient en aide. On lui vient en aide encore par de l'argent. Secours est plus particulier ; if indique non pas seulement que la personne a besoin de quelque chose, mais qu'elle est précisément dans un péril, dans une situation pénible, embarrassée. Celui qu'on aide fait quelque chose qu'il ne peut terminer seul ; celui qu'on secourt a besoin qu'on le tire de gêne, d'embarras, de péril. Assistance se rap-

■ procho beaucoup d'aide, sauf en un point, c'est r,ue assistance rappelle à l'esprit son étymologie qui est assister, être présent à, être auprès de ; cela limite beaucoup l'emploi de ce mot. X plus forte raison faut-il écarter de la synonymie appui , que quelquesHUis font entrer ici : appui a toujours avec lui son Sens étymologique qui indique en quelles circonstances on peut le préférer à aide, à secours, à assistance.

— HIST. IX' s. E in adjudha. Serment.

— XI" s. De Mahomet jà n'i aurez aiude, Ch. de Hol. eu. Chevauche , reis, besoin [nous] avons d'aïe, ib. cxxiv.

— XII' s. Dex me soit en aïe.... Honc. p. ?8. Mais comandez qu'il ait aïue grant, ib. p. 35. Très dont [je crains fort] qu'il faillit d'aïe [qu'il manquât à secourir] Au roi où il fut aies, hues de la kerté, Romancero,p. <26. Car bien doit losangier qui mestier Ibesoin] a d'aïe.. ..Soa;. VII. Nos forces, nos aïes [nous] lui metons en detois [refus] , ib. xvui. Si me feront aïde, seDeuplait, bonement, tb. xxi.

— xiii' s. X l'aïde de Dieu sa voi« [elle] a rassenée [reprise], Ber(e, xlvi. Bien a Diex et sa mère hui esté en m'aïue, ib. lu. Là [elle] remest [demeure] toute seule, Diex lui soit en aïe, ib. cix. Si vraiemeut me fasse Diex à la fin aïue, ib. cxxiv. Et

li autre s'en alerent à Gienes et à Pise, pour savoir quel aie il vouldroient faire à la terre d'outre-mer, viLLEH. XX. Biel signer, se vous voliés, je entreprendroie ceste besoigne et le [la] meneroie à fin à raiuwedeDieuetle[la]vostre,C/ir. de Rairu.p. t6B. Et li papes li remanda que, s'il ne le faisoit,iirescumenieroit et lui et toutes ses aydes, *. IB7. Quant Eve vit qu'ele a perdue Sa brebiz, s'ele n'a aïue, Bret et crie forment, ha! ha ! Ren. 68. Chasteé,qui dame doit estre Et des rw?s et des boutons, lert assaillie des gloutons. Si qu'el avoit mesliers [besoin] d'aïe. Car Venus l'avoit enva.ïe, la Rose, 286t.... car quant il yodront, Lor aides au roi totdront. Et li rois tous sens demcrra Si tost com li pueple verra, »'b. B324. Por ce ne doit il pas aler à l'aide de l'autre partie, BEAUM. v,t2. 11 est grans besoins que cascune juridictions metes'ayde en fere tenir lestestamens qui sont à droit fet, iD.xil, 1. Qui fet ayde au bani du segneur, ne le recelé, il quiet en l'amende du segneur à se [sa] volenté, id. xxxiv,32. L'aide que Dieu li fist fu tele, joinv. 202. Et disait li roisque le conte de la Marche l'avoit envoyéquerre; car il disoit que il trouverait grant aide en France,

— ^ Tv«s.Le duc d'Anjou avoit en Languedoc cueilli une aide si grande et si grosse qu'elle avoit bien monté à deux cent mille francs, froiss. Il, il, 28. Et si avoit [le duc de Normandie] son partage en bonne valleur, car il prenoit tailles et aydes, et n'y avoit le roy riens que son hommage et ressort, COMM. Il, ts. Les hommes fievés font à leur seigneur cinq droites aides, du ckhgk, auxilium. Tailles ne sont mie aydes ; car tailles sont levées par cas de nécessité et de volenté de prince ; mais celles aydes nul ne peut lever, si ce n'est au cas pour quoy elles sont deues, id. ib. Aydes chevels sont dits clievels pour ce que l'on les doit rendre as seigneurs chevels, ID. ib. Aide de relief est deuequand le seigneur meurt et son hoir relevé vers celui de qui il lenoit son fief, ID. ib.

— XVI* s. En cela nous avons une nonne aide pour conformer nos consciences à la foi que nous devons avoir enluy.cALV. Inst.iss.}e vous prie bien affectueusement luy donner en son dict affaire le meilleur ayde que vous pourrez, marg. teW. 80. J'ay grant peur que sansvostre bonne aide et celle de D eu, nous aurons bien affaire à sa fille, id. t6.t02. L'on doit venir par action [ea justice, non par saisie] pour loyaux aides ou chevels, loysel, 604. Loyaux aides (ou aides en 4 cas) sont coutumierement dus pour chevalerie du seigneur ou de son fils aine; pour mariage de fille ainée; pour rançon et voyage en la terre sainte, m. 606. Les catholiques qui pensaient avoir aide [part] à la prise, qui mesmes venoient avec armes pour vanter leur assistance, furent traittez de mesme,D'AUB. Hist.i, 146. Car l'esprit ne sent rien que par l'ayde du corps,

— ÉTYM. Berrv, aide; picard, ayude, eyude; provenç. ajudha ,aiuda , ahia; espagn. ayuda; ital.oifo; d'un bas-latin adjuta, du supin adjutum , de adjuvare, de od,à(voy. i), etjuvare, aider, plaire. Les anciennes fonnes françaises sont aiude , aiue, aide, aie. Les formes ahia, aita, aide, aïe, qui sont congénères, ne s'expliquent qu'en supposant qu'à côté d'adjûtum avec u long, il y a eu un adjutum avec u bref, d'où un déplacement de l'accent et par suite, otde.X Paris, dans le peuple on dit souvent ai'de.On prononçait ainsi dans le xvi' siècle, comme l'indique Palsgrave, p. <1. Dans le xvii' s. Chifflet, Gramm. p. 197, recommande de ne séparer jamais l'i, ainsi que quelques-uns qui prononcent mal.

AIDE (ô-d'), t. m. et f. Il 1° Se dit des personnes qui prêtent leur concours à un autre. Ce chirurgien a deux aides trè.s-adroif*. Cette infirmière est une aide intelligente. Si tu cherches un aide à traiter d'imposteur. Un roi qui t'a fermé la porte démon cœur, corn. Perth.iu,i. \\ 2° Aide-maçon ou aide à maçon, manœuvre qui aide le maçon. Que celui d'un fripier ou d'un aide à maçon, Régnier ,Sat. xui. I i S' Aide de cuisine , celui qui sert sous le chef de cuisine. Il 4° Aide des cérémonies, officier qui sert sous le grand maître des cérémonies. Il 5° Aide de camp, officieratlaché à un général. Au bout de quelques années, il se défit du régiment pour s'attacher plus particulièrement à la pti'sonne du roi, qu'il suivit toujours dans ses campagies, en qualité de son aide de camp, fonten. Dangeau. Il Aide-major ou aide-chirurgien, chirurgien adjoint ou chirurgien-major. Sous-aide, celui qui est subordonné à l'aide-major. || Aide-major ou aide-major de corps, officier placé sous la direction immé-

diate du major de corps et le remplaçant en cas d'absence. Ce grade n'existe plus, général bardin. Il Aide-major de place, officier sous la direction du major de place. Ce grade est aujourd'hui remplacé par celui d'adjudant de place. I! Aide-major général, titre qui se donne aux officiers généraux directement employés sous les ordres du major général. Autrefois il y avait eu sous ce nom des officiers majors de corps exerçant auprès des détachements les fonctions de major général. || Aidemajor des logis, officier dont les fonctions étaient analogues à celles des officiers d'état-major des armées républicaines. || 6° Aide de plongeur, dans la pêche des perles, pêcheur qui se tient dans une barque prêt à retirer le plongeur au premier signal que celui-ci donne au moyen d'une corde. |i 7' Aide niattre de pont ou chableur, celui qui aide à conduire les bateaux dans les passages difficiles. || 8* Aide ou assistante, religieuse qui aide celle qui est en charge. Il 9° Dans la marine, officier marinier de canonnage , de timonerie, decharpentage, sous le maître et le second maître de chacun de ces états. On appelle aussi aides deux matelots appariés pour s'assister réciproquement dans leurs fonctions. Il 10* Aide, domestique du bourreau. L'exécuteur et ses aides.

— IllST. xiu* s. Li mestre du mestier a la petite joustice et les amendes des maçons , des plastriers et des marteliers et de leurs aydes et di leurs aprentis. Livre desUét. no. || xvi* s. J'estois aide d'enseigne au régiment do Chappes. Aide-enseigne est un honneste homme qui aide à porter le drapeau ; comme on dit aide de camp, aide de sergent major, aide de sergent de bataille; on commence à dire aide de caporal, aide de tambour. Tout se fait par aides; j'ai veu qu'on ne parloit d'aides de lict qu'en Pologne, d'aub. Fœn. iv, IB J'aimerois mieux estre bon aide de sommelier, id. ib. L'un estoit aide à maçon, paré, viii, 32. •

— ÊTYM. Aide.

AIDÉ,ÉE(ê-dé, dée), part. poiï^. || 1* Aidé par tous ses amis. Aidé de ses amis. Aidé de la lecture des anciens. Aidé de son courage. || 2* Ce qui n'est pas spontané. Sa mort a été aidée. On s'appercevait bien que la vocation avait été aidée , st-

Page 1