AIA
Dtuis l'ancien français ajouster et ajuster se confondent, quant à la forme, d'une manière qu'on ne peut guère discerner. Mais dans le rvi* siècle la distinction devient évidente; elle l'est en italien, aggiustare ne venant que de giusto, juste.
AJUSTEUR (a-ju-steur'),ï. m. \\ 1° Celui qui ajuste les monnaies. \\i' Ouvrier qui, dans un art quelconque, assemble les pièces exécutées par d'autres ouvriers.
— ÉTYM. Ajuster; ilal.aggiostatore (voy. ajuster). AJDSTOIR (a-ju-stoir) , s. m. Petite balance oil
l'on pèse et l'on ajuste les monnaies. On dit présentement trébuchet.
— ÉTYM. Ajuster.
t AJCSTURE (a-ju-stu-r'), s. f. Terme de maréchalerie. Légère concavité donnée au fer pour qu'il soit approprié au pied.
AJUTAGE ou AJUTOIR OU AJOUTOIR (a-juta-j', a-ju-toir, a-jou-toir. Le premier est le plus usité), s. m. Terme d'hydraulique. Tuyau court qu'on adapte à un orifice d'écoulement pour en augmenter la dépense. L'ajutage produit cet effet en détruisant la contraction de la veine fluide.
— ÉTYM. Ajouter.
f ALABASTRITE (a-la-ba-stri-f) , S. m. Terme de minéralogie. Variété saccharoïde de sulfate de chaux, avec laquelle on sculpte des vases et des statuettes.
— ÉTYM. Voy. ALBÂTRE.
t ALAISE (a-lê-z') , s. f. Voy. alêze.
ALAMBIC (a-lan-bik), s. m. \\ l" Appanil qui sert h distiller, et qui se compose d'une cucurbite, d'un chapiteau et d'un serpentin. Les huiles qu'on fait passer plusieurs fois à l'alambic sont plus aisées à distiller, desc. Fœtus, 2. Peut-être êtes-vous occupé à présent autour d'un alambic? volt. Lett. vers, 3. Il 2° Pig. Passer une affaire à l'alambic, l'excùminer avec un très-grand soin. || 3° Mettre à l'alambic, subtilisersur. Voilà, sans mettre saint Clément à l'alambic, ce qu'il a voulu dire, Boss. Nouv. myst. <2. Ils mettent leurs avis à l'alambic et les réduisent à néant h force de les subtiliser, balz. S* dise. s. la cour. Les raisonnements [du mémoire du duc de Chevreuse] en étaient tellement tirés à l'alambic qu'ils l'impatientèrent [le chancelier ] ,
— HIST. xm' s. Por quoi donc en tristor demores? Je vois maintes fois que tu plores Cum alambic sus alutel, la Rose, 6406. ||xvi" s. Pour distiller toutes sortes d'eaux, deux vaisseaux sont principalement nécessaires, qu'on nomme en un mot alembio : l'un d'iceux est appelé proprement cucurbite ou vaisseau contenant; l'autre est dit chapiteau ou chape, auquel sont amassées les vapeurs, paré, XXVI, B.
— ÉTYM. Provenç. elambic; catal. alambi; espagn. alambique; ital. lambicco, limbicco, de l'arabe al anhiq. Ce mot, venu aux Orcidentaux par l'intermédiaire des Arabes, comme l'indique l'article arabe qu'il a conservé, dérive du grec âiiêiÇ, vase, et en particulier vase à distiller.
ALAMBIQUE, ÉE (a-lan-bi-ké, kée),part. passé. Il 1° Passé à l'alambic. Inusité en ce sens. Et [Jupiter] te répandre encor [surDanaé], Alambique d'amour, en grosses gouttes d'or, Régnier, Étég. iv. || 2° Fig. Trop subtil, trop raffiné. Ils s'égaraient dans des discours alambiqués , BOSs. Var. t (. Elles sont d'une spiritualité si'che etalambiquée, id. Lett. Corn. <02.
ALAMBIQUER (a-lan-bi-ké) , D. a. || 1° Fatiguer à des choses subtiles. N'allons pas là-dessus nous alambiquer la cervelle. Il faut donc alambiquer son esprit dans ces questions, boss. Avert. 6. || 2'" Absolument. Subtiliser. Aller au fait sans alambiquer. Il 3° S'alambiquer, v. réft. Même sens. [Ces gens] X qui l'ambition la nuit tire l'oreille. De qui l'esprit avare en repos ne sommeille, Toujours s'alambiquant après nouveaux partis, Qui pour Dieu ni pour loi n'ont .que leurs appétits, RÉONiER, Sat. xu. Pour moi j'ai déjà vu cent contes de la sorte ; Sans nous alambiquer [tourmenter] , servons-nous-en ; qu'importe? mol. l'Étour. iv, <.
— HIST. xvi* s. Mais le mal par les yeux ne s'allambique pas; De quoi donquf^s nous sert cefascheux larmoyer? DUEELL. VI, 17, recto. Ou de tes yeux appaise mes douloars. Ou bien les miens alambique en fontaine, RO^J. 97. Cacher sous un glaçon des fiammes allumées, S'alambiquer l'esprit, se paistre de fumées, iD. 2<2.. . Car sans honneur la muse , consommée De long travail, s'alambique en fumée, id.
— ÉTYM. Alambic; espagn. alambicar.
tALAMBlQlJEUR(a-lan-bi-keur),ï. m. Celui qui
alambique, qui subtilise.
— ÉTYM. Alambiquer.